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Chapitre 3: La Traque Dans La Brume

Dans le chapitre 3, Élias, un horloger, se retrouve traqué par des créatures mécaniques appelées 'Veilleurs' après avoir récupéré une montre mystérieuse. Il utilise l'artéfact pour neutraliser ses poursuivants, mais réalise qu'il doit infiltrer l'Hospice Sainte-Valérie pour sauver une âme captive. Le chapitre 4 révèle qu'il doit rencontrer le Baron de Villon lors d'un bal masqué pour élaborer un plan, découvrant que l'hospice est en réalité une usine d'extraction d'âmes pour alimenter des machines de guerre.

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Chapitre 3: La Traque Dans La Brume

Dans le chapitre 3, Élias, un horloger, se retrouve traqué par des créatures mécaniques appelées 'Veilleurs' après avoir récupéré une montre mystérieuse. Il utilise l'artéfact pour neutraliser ses poursuivants, mais réalise qu'il doit infiltrer l'Hospice Sainte-Valérie pour sauver une âme captive. Le chapitre 4 révèle qu'il doit rencontrer le Baron de Villon lors d'un bal masqué pour élaborer un plan, découvrant que l'hospice est en réalité une usine d'extraction d'âmes pour alimenter des machines de guerre.

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Chapitre 3 : La Traque dans la brume

Le tramway à vapeur grinça sur ses rails de fer, crachant une fumée noire et grasse qui se
mêlait à la brume stagnante. Élias grimpa à bord in extremis, se glissant parmi les ouvriers
fatigués aux visages noircis par la houille. Il s’assit près de la vitre embuée, le cœur battant à
tout rompre.

Par la fenêtre, il scruta le quai qui s'éloignait. La silhouette au masque de corbeau n'avait pas
tenté de monter à bord. Elle était restée là, immobile sous la pluie, levant lentement deux
doigts gantés de noir vers son front, comme pour saluer l'horloger. Un geste de prédateur qui
sait que sa proie ne peut pas lui échapper.

Contre sa poitrine, la montre s’agita. Élias sentit une vague de chaleur traverser l’épaisse laine
de son manteau. Une nouvelle pulsation, plus rapide cette fois, résonna dans sa boîte
crânienne.

« Ne monte pas là-haut... » murmura à nouveau la voix de femme, plus pressante, presque
paniquée. « Le nid... c'est là qu'ils les gardent. Ne monte pas. »

— Qui êtes-vous ? chuchota Élias pour lui-même, s'attirant le regard méfiant d'un mineur
assis en face de lui.

Il feignit de regarder dehors pour masquer son trouble. Le tramway grimpait péniblement les
pentes abruptes de la colline de la Haute-Ville. Plus ils s'élevaient, plus les maisons de briques
crasseuses laissaient place à de sombres et imposants manoirs de pierre de taille, barricadés
derrière de hautes grilles en fer forgé. Au sommet de la colline, émergeant du brouillard
comme les griffes d'un monstre de pierre, se dressait l'Hospice Sainte-Valérie.

Le tramway s'arrêta dans un sifflement de freins hydrauliques au terminus de la ligne. Élias


descendit. L'air ici était plus froid, chargé d'une odeur de charbon brûlé et de désinfectant
chimique.

Il fit quelques pas sur le pavé glissant, s'approchant des immenses portes de fer de l'hospice.
C'est alors qu'il entendit un bruit de pas derrière lui. Un cliquetis métallique régulier, lourd.

Clic. Clac. Clic. Clac.

Élias se retourna brusquement. À l'angle de la rue adjacente, trois silhouettes venaient


d'apparaître. Elles ne portaient pas le masque de corbeau, mais leurs visages étaient
dissimulés sous des capuchons de toile grise. Plus terrifiant encore : leurs membres supérieurs
avaient été remplacés par de longues prothèses de cuivre articulées, terminées par des pinces
d'acier étincelantes. Des « Veilleurs », les sinistres gardiens mécanisés de la Haute-Ville.

« Élias Aubert, prononça l'une des créatures d'une voix synthétique, dénuée de toute
humanité. Vous êtes en possession d'un bien de la Couronne. Restituez l'artéfact
immédiatement ou nous procéderons à votre démantèlement. »

La panique s'empara de l'horloger. Il n'avait aucune chance face à trois monstres de métal. Il
recula d'un pas, puis, obéissant à son instinct de survie, il bifurqua sur sa gauche et s'enfonça
en courant dans le dédale des ruelles étroites qui redescendaient vers les bas-fonds.
« Cible en fuite, grésilla la voix derrière lui. Capture autorisée. »

La traque venait de commencer. Élias courait à perdre haleine, ses bottes glissant sur les pavés
humides. Derrière lui, le cliquetis des articulations de cuivre se rapprochait à une vitesse
effrayante. Les Veilleurs ne connaissaient ni la fatigue, ni la peur.

Il tourna à droite, puis à gauche, s'enfonçant dans une ruelle si étroite que la lumière du jour y
pénétrait à peine. C'était une impasse. Devant lui se dressait un immense mur de briques de
dix mètres de haut, noirci par la suie.

Pris au piège, Élias se retourna, le dos collé contre le mur. Il glissa sa main tremblante dans sa
poche et en sortit son petit pistolet de poche. Un seul coup. C'était dérisoire face à des
blindages de cuivre.

À l'entrée de la ruelle, les trois silhouettes se découpèrent contre la brume grise. Leurs pinces
d'acier s'ouvrirent et se refermèrent dans un bruit sec.

« Utilise-moi... » supplia soudain la voix dans sa tête. « Appuie sur le remontoir. Maintenant !
»

N'ayant plus rien à perdre, Élias rangea son pistolet, sortit la montre à gousset et, de son
pouce, enfonça fermement le remontoir d'or.

Un flash de lumière d'un bleu électrique jaillit de l'artéfact, illuminant toute l'impasse d'une
lueur aveuglante. Une onde de choc invisible projeta Élias contre le mur, tandis qu'un
sifflement aigu, semblable à un cri de douleur mécanique, déchira l'air.

Quand le silence retomba, Élias ouvrit les yeux. Les trois Veilleurs étaient figés sur place,
leurs yeux de verre éteints, leurs membres de cuivre secoués de petits spasmes électriques. La
montre venait de griller leurs circuits internes d'une seule décharge électromagnétique.

Mais l'effort avait épuisé l'artéfact : la pulsation lumineuse en son cœur s'était
considérablement affaiblie, devenant un bleu pâle et vacillant.

Élias comprit qu'il n'avait plus beaucoup de temps. S'il voulait sauver la propriétaire de cette
âme — et se sauver lui-même —, il devait s'infiltrer là où tout avait commencé.

Chapitre 4 : Le Secret de la Noblesse


Pour entrer dans l'Hospice Sainte-Valérie sans se faire arrêter au premier couloir, Élias avait
besoin d'un plan. Et ce plan passait par un homme : le Baron de Villon.

D'après les rumeurs de la corporation des horlogers, de Villon était le principal mécène de
l'hospice, mais aussi un collectionneur obsessionnel d'automates et de mécanismes étranges.
Si quelqu'un savait comment fabriquer une montre capable de contenir une âme humaine,
c'était lui.

Ce soir-là, le Baron organisait son traditionnel bal masqué annuel dans son domaine privé,
jouxtant l'hospice. Une opportunité parfaite pour se faufiler parmi les invités.
Grâce à ses compétences d'artisan, Élias passa l'après-midi à modifier un vieux loup de
velours noir pour en faire un masque d'apparat acceptable. Il troqua ses vêtements de travail
contre son unique costume de cérémonie, un peu râpé aux coudes mais propre.

À la nuit tombée, il se présenta devant les grilles dorées du manoir de Villon. Des calèches
rutilantes tirées par des chevaux mécaniques à vapeur déposaient des invités vêtus de soieries
et de dentelles, dissimulés sous des masques d'animaux, de monstres mythologiques ou de
figures célestes.

Se glissant dans le flot des invités, Élias franchit les portes sans encombre. Le grand hall du
manoir était un spectacle de décadence technologique : des lustres de cristal fonctionnant à
l'électricité illuminaient des dizaines de couples tourbillonnant au rythme d'un orchestre
d'automates en cuivre jouant du violon.

Élias gardait une main crispée sur la montre dans sa poche. À mesure qu'il s'approchait des
étages supérieurs, la montre se remit à palpiter, comme si elle réagissait à une présence
proche.

« Il est là... » murmura la voix de la jeune femme. « Je sens son regard. Fais attention, Élias.
»

Élias monta l'immense escalier de marbre blanc, évitant les groupes de nobles qui riaient en
buvant du champagne au phosphore. Il s'enfonça dans un couloir plus sombre, réservé aux
appartements privés du Baron.

Au bout du couloir, derrière une porte dérobée, il entendit des voix basses. Il s'approcha et
colla son oreille contre le bois verni.

« L'expérience 407 est instable, disait une voix d'homme, froide et hautaine. Sans le
réceptacle que cet imbécile d'horloger a récupéré, son esprit va se dissiper complètement d'ici
quelques heures. Et mon chef-d'œuvre sera perdu. »

« Mes hommes le traquent, Excellence, répondit une seconde voix. Celle-ci, Élias la reconnut
immédiatement. C'était la voix métallique de l'homme au masque de corbeau. Nous fouillons
la basse-ville. Nous le ramènerons, mort ou vif. »

« Faites vite, reprit le Baron de Villon. Sans son âme pour alimenter l'automate royal, la
démonstration de demain devant le Conseil sera un échec. Et vous savez ce qu'il advient de
ceux qui me déçoivent, n'est-ce pas, mon cher Docteur ? »

Un frisson traversa Élias. L'Hospice Sainte-Valérie n'était pas un asile. C'était une usine. Une
usine où l'on extrayait les âmes des vivants pour alimenter des machines de guerre destinées à
la noblesse. Et la jeune femme de la montre était leur dernière victime.

Prenant son courage à deux mains, Élias recula d'un pas, cherchant un moyen de fuir pour
appeler à l'aide. Mais en se retournant, il se figea.

Devant lui, à moins de deux mètres, se tenait une jeune femme vêtue d'une robe de bal
blanche, le visage couvert d'un masque de porcelaine brisé. Ses mouvements étaient
étrangement rigides, saccadés.
Et ses yeux, visibles à travers les fentes du masque, brillaient d'un éclat bleu électrique
identique à celui de la montre.

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