Calcul différentiel
1 Rappel sur la dérivée
Rappelons la notion de dérivée. Soit f : R → R une fonction d’une seule variable. La dérivée de f en
x0 ∈ R, si elle existe, est définie par
f (x0 + h) − f (x0 )
f ′ (x0 ) = lim .
h→0 h
Exemple 1.1
La fonction f : R → R définie par f (x) = x2 est dérivable et sa dérivée est donnée par
f ′ (x0 ) = 2x0 .
En effet, lorsque h tend vers 0, on a
(x0 + h)2 − x20
= 2x0 + h −→ 2x0 .
h
2 Dérivées partielles
2.1 Définition
Définition 1.1
Soit f : U ⊂ Rn → R, où U est un ouvert de Rn . On dit que f admet une dérivée partielle par rapport à
la variable xi au point
x0 = (a1 , . . . , an ) ∈ Rn
si la fonction d’une variable
xi 7−→ f (a1 , . . . , ai−1 , xi , ai+1 , . . . , an )
est dérivable au point ai .
Autrement dit, on définit la dérivée partielle de f par rapport à xi au point x0 par
f (a1 , . . . , ai−1 , ai + h, ai+1 , . . . , an ) − f (a1 , . . . , an )
lim ,
h→0 h
si cette limite existe.
Notation
Cette limite se note
∂f
(x0 ).
∂xi
On l’appelle la dérivée partielle de f par rapport à xi au point x0 . Une autre notation est ∂xi f (x0 ) ou
encore fx′ i (x0 ).
Il y a donc n dérivées partielles au point x0 :
∂f ∂f ∂f
(x0 ), (x0 ), . . . , (x0 ).
∂x1 ∂x2 ∂xn
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Calcul différentiel
2.2 Cas des fonctions de deux variables
Dans le cas d’une fonction de deux variables (x, y) 7→ f (x, y), on a
∂f f (x0 + h, y0 ) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim ,
∂x h→0 h
∂f f (x0 , y0 + k) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim .
∂y k→0 k
Remarque 1.1
Pour une fonction d’une variable f : R → R, on distingue le nombre dérivé f ′ (x0 ) et la fonction dérivée f ′
définie par x 7→ f ′ (x).
Il en est de même pour les dérivées partielles. Pour f : R2 → R :
∂f ∂f
• (x0 , y0 ) et (x0 , y0 ) sont des nombres réels.
∂x ∂y
∂f ∂f
• et sont des fonctions de deux variables, par exemple :
∂x ∂y
∂f ∂f
: R2 −→ R, (x, y) 7−→ (x, y).
∂x ∂x
3 Exemples
Méthode. Pour calculer une dérivée partielle par rapport à une variable, on n’utilise que rarement la
définition avec les limites, car il suffit de dériver par rapport à cette variable en considérant les autres
variables comme des constantes.
Exemple 1.2
Calculer les dérivées partielles premières de la fonction
f : R2 → R, f (x, y) = x2 e3y .
∂f
Solution. Pour calculer , qui est la dérivée partielle de f par rapport à x, on considère que y est
∂x
une constante et on dérive x2 e3y comme si c’était une fonction de x :
∂f
(x, y) = 2xe3y .
∂x
∂f
Pour l’autre dérivée partielle , on considère que x est une constante et on dérive x2 e3y comme si
∂y
c’était une fonction de y :
∂f
(x, y) = 3x2 e3y .
∂y
Exemple 1.3
Soit f : R3 → R définie par
f (x, y, z) = cos(x + y 2 )e−z .
Alors :
∂f
(x, y, z) = − sin(x + y 2 )e−z ,
∂x
∂f
(x, y, z) = −2y sin(x + y 2 )e−z ,
∂y
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Calcul différentiel
∂f
(x, y, z) = − cos(x + y 2 )e−z .
∂z
Exemple 1.4
Soit f : Rn → R définie par
f (x1 , . . . , xn ) = x21 + x22 + · · · + x2n .
Alors, pour i = 1, . . . , n, on a
∂f
(x1 , . . . , xn ) = 2xi .
∂xi
Une fonction peut avoir des dérivées partielles sans être continue. Nous allons le voir sur l’exemple
suivant.
Exemple 1.5
La fonction f : R2 → R suivante admet des dérivées partielles en tout point mais n’est pas continue en
(0, 0) :
xy
2 + y2
̸ (0, 0),
si (x, y) =
f (x, y) = x
0 si (x, y) = (0, 0).
1. Non continuité à l’origine. Le long du chemin γ(t) = (t, t), pour t ̸= 0, on a
t2 1
f (γ(t)) = 2
= ,
2t 2
qui ne tend pas vers f (0, 0) = 0. Donc f n’est pas continue en (0, 0).
2. Dérivées partielles en dehors de l’origine. On se place en un point (x0 , y0 ) ̸= (0, 0). Dans un
voisinage de ce point, la fonction est définie par
xy
f (x, y) = .
x2 + y2
La fonction x 7→ f (x, y0 ) est donc dérivable au voisinage de x0 . Ainsi,
∂f y 3 − x20 y0
(x0 , y0 ) = 02 .
∂x (x0 + y02 )2
De même, en dérivant la fonction y 7→ f (x0 , y), on obtient
∂f x3 − x0 y02
(x0 , y0 ) = 02 .
∂y (x0 + y02 )2
3. Dérivées partielles à l’origine. Comme la fonction est définie en (0, 0) par une formule partic-
ulière, on utilise la définition par les limites.
∂f
Pour (0, 0) :
∂x
f (0 + h, 0) − f (0, 0) 0
= = 0 −→ 0,
h h
donc
∂f
(0, 0) = 0.
∂x
De même :
f (0, 0 + k) − f (0, 0) 0
= = 0 −→ 0,
k k
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donc
∂f
(0, 0) = 0.
∂y
Conclusion. Quel que soit le point (x0 , y0 ) ∈ R2 , les dérivées partielles
∂f ∂f
(x0 , y0 ) et (x0 , y0 )
∂x ∂y
existent.
4 Dérivée directionnelle
Il est possible de généraliser la notion de dérivée partielle.
Définition 1.2
Soit f : Rn → R. Soit v ∈ Rn un vecteur non nul. La dérivée directionnelle de f en x0 ∈ Rn suivant le
vecteur v est définie, si elle existe, par
f (x0 + t v) − f (x0 )
Dv f (x0 ) = lim .
t→0 t
Pour une fonction f : R2 → R, la dérivée directionnelle au point (x0 , y0 ) suivant le vecteur v = (h, k)
est donc donnée par
f (x0 + th, y0 + tk) − f (x0 , y0 )
Dv f (x0 , y0 ) = lim .
t→0 t
Exemple 1.6
Soit f la fonction définie sur R2 par
3 3
x + y
si (x, y) ̸= (0, 0),
f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0).
Étudier l’existence de la dérivée directionnelle de f suivant un vecteur non nul au point (0, 0).
Solution. Pour tout vecteur v = (h, k) non nul, on a
f (0 + th, 0 + tk) − f (0, 0) (th)3 + (tk)3 h3 + k 3
lim = lim 2 2
= 2 .
t→0 t t→0 (th) + (tk) h + k2
Donc f admet une dérivée directionnelle suivant tout vecteur non nul au point (0, 0) et, lorsque
v = (h, k),
h3 + k 3
Dv f (0, 0) = 2 .
h + k2
De façon générale, si le vecteur v est un vecteur de la base canonique, on retrouve une dérivée par-
tielle. Soit f : R2 → R.
1. Si v = (1, 0), on a
∂f
Dv f (x, y) = (x, y).
∂x
2. Si v = (0, 1), on a
∂f
Dv f (x, y) = (x, y).
∂y
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Calcul différentiel
Lorsque f est différentiable (voir plus loin dans ce chapitre), on dispose d’une formule simple pour
calculer la dérivée directionnelle. Si f est différentiable et v = (h, k), alors
∂f ∂f
Dv f (x, y) = h (x, y) + k (x, y).
∂x ∂y
Interprétation géométrique
Pour une fonction d’une variable, la dérivée en un point est la pente de la tangente au graphe de la
fonction en ce point. Le graphe est alors une courbe.
Pour une fonction de deux variables (x, y) 7→ f (x, y), les dérivées partielles indiquent les pentes du
graphe de f selon certaines directions. Le graphe est alors une surface.
Plus précisément :
∂f
• (x0 , y0 ) est la pente du graphe de f en (x0 , y0 ) suivant la direction de l’axe (Ox). Cette pente
∂x
est celle de la tangente à la courbe z = f (x, y0 ) et est donnée par la dérivée de x 7→ f (x, y0 ) en
x0 .
∂f
• (x0 , y0 ) est la pente du graphe de f en (x0 , y0 ) suivant la direction de l’axe (Oy).
∂y
• Plus généralement, si v est un vecteur unitaire, alors Dv f (x0 , y0 ) est la pente de la tangente au
graphe de f en (x0 , y0 ) suivant la direction v.
∂f
Sur la figure de gauche, la dérivée partielle indique la pente en un point d’une tranche parallèle à
∂x
∂f
l’axe (Ox). Sur la figure de droite, la dérivée partielle indique la pente en un point d’une tranche
∂y
parallèle à l’axe (Oy).
Enfin, la dérivée directionnelle Dv f indique la pente en un point d’une tranche suivant la direction du
vecteur v.
5 Différentielle
La différentielle est une façon de regrouper toutes les dérivées partielles dans une seule fonction.
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Calcul différentiel
5.1 Différentiabilité
Pour une fonction f : R → R d’une seule variable, une autre façon d’écrire qu’elle est dérivable en x0
est de vérifier qu’il existe ℓ ∈ R tel que
f (x0 + h) − f (x0 ) − ℓ · h
lim = 0.
h→0 h
On note alors ℓ = f ′ (x0 ), de sorte que
f (x0 + h) ≃ f (x0 ) + f ′ (x0 ) · h pour h réel, assez petit.
Autrement dit, on approche l’application
h 7−→ f (x0 + h) − f (x0 )
par une fonction linéaire
h 7−→ f ′ (x0 ) · h.
Nous allons faire ce même travail en dimension supérieure.
Définition 1.3
Soit f : Rn → R. La fonction f est différentiable en x0 ∈ Rn s’il existe une application linéaire ℓ : Rn → R
telle que
f (x0 + h) − f (x0 ) − ℓ(h)
lim = 0.
∥h∥→0 ∥h∥
L’application ℓ est appelée la différentielle de f en x0 et se note df (x0 ).
Dans le cas des fonctions d’une variable, on a
df (x0 ) = f ′ (x0 ) et df (x0 )(h) = f ′ (x0 ) · h.
Dans le cas des fonctions de plusieurs variables, on verra comment écrire la différentielle à l’aide des
dérivées partielles.
Notons que df (x0 ) est une application de Rn vers R et donc df (x0 )(h) est un réel pour tout h ∈ Rn .
De même qu’en une variable, si une fonction est dérivable, alors elle est continue.
Proposition 1.1
Si f est différentiable en x0 ∈ Rn , alors f est continue en x0 .
Preuve
Notons g la fonction définie par
f (x0 + h) − f (x0 ) − df (x0 )(h)
g(h) = .
∥h∥
Alors
f (x0 + h) = f (x0 ) + df (x0 )(h) + ∥h∥ g(h).
Il est clair que df (x0 )(h) et ∥h∥ g(h) tendent vers 0 lorsque h tend vers le vecteur nul. Donc la limite de f
en x0 existe et vaut f (x0 ), et ainsi f est continue en x0 .
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Exemple 1.7
Si ℓ : Rn → R est linéaire, alors ℓ est différentiable et sa différentielle en tout point est l’application ℓ
elle-même : pour tous x0 ∈ Rn et h ∈ Rn ,
dℓ(x0 )(h) = ℓ(h).
5.2 Différentielle
Proposition 1.2
Si f : Rn → R est différentiable en x0 ∈ Rn , alors ses dérivées partielles existent et
∂f ∂f
df (x0 )(h) = h1 (x0 ) + · · · + hn (x0 ),
∂x1 ∂xn
où h = (h1 , . . . , hn ).
En particulier, lorsqu’elle existe, la différentielle est unique.
Pour une fonction f : R2 → R différentiable en (x0 , y0 ), on a
∂f ∂f
df (x0 , y0 )(h, k) = h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 ).
∂x ∂y
Preuve
Prouvons la formule pour deux variables. Soit f : R2 → R différentiable en (x0 , y0 ). Soit ℓ(h, k) = ah+bk
sa différentielle. Par définition,
f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) − ℓ(h, k)
−→ 0.
∥(h, k)∥
Pour (h, k) = (t, 0) avec t → 0, on obtient
f (x0 + t, y0 ) − f (x0 , y0 )
− ℓ(1, 0) −→ 0,
t
d’où
∂f
(x0 , y0 ) = ℓ(1, 0) = a.
∂x
De même, avec (h, k) = (0, t),
∂f
(x0 , y0 ) = ℓ(0, 1) = b.
∂y
Ainsi,
∂f ∂f
ℓ(h, k) = h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 ).
∂x ∂y
Pour montrer qu’une fonction est différentiable, on peut utiliser que la somme, le produit, l’inverse
(d’une fonction ne s’annulant pas) et la composition de fonctions différentiables est différentiable.
Sinon, il faut revenir à la définition.
Par exemple, pour f : R2 → R :
∂f ∂f
1. on calcule les dérivées partielles (x0 , y0 ) et (x0 , y0 ) ;
∂x ∂y
2. on écrit le candidat à être la différentielle
∂f ∂f
ℓ(h, k) = h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 );
∂x ∂y
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Calcul différentiel
3. on prouve la limite
f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) − ℓ(h, k)
−→ 0.
∥(h, k)∥
Exemple 1.8
Étudier la différentiabilité en tout point de la fonction
x − 3y + x4
si (x, y) ̸= (0, 0),
f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0).
Solution.
• En dehors de (0, 0), la fonction est différentiable car elle est somme, produit et inverse de fonc-
tions différentiables.
• En (0, 0), on étudie la différentiabilité à l’aide de la définition.
Dérivée partielle par rapport à x :
∂f f (h, 0) − f (0, 0) h + h2
(0, 0) = lim = lim = 1.
∂x h→0 h h→0 h
Dérivée partielle par rapport à y :
∂f f (0, k) − f (0, 0) −3k
(0, 0) = lim = lim = −3.
∂y k→0 k k→0 k
Le candidat à être la différentielle est donc
ℓ(h, k) = h − 3k.
On calcule :
f (h, k) − f (0, 0) − ℓ(h, k) h4
0≤ √ = 2 ≤ |h| −→ 0.
h2 + k 2 (h + k 2 )3/2
Donc f est différentiable en (0, 0) et
df (0, 0)(h, k) = h − 3k.
6 Lien avec les dérivées partielles
6.1 Dérivées partielles
On a vu dans la proposition précédente que si f : R2 → R est différentiable en (x0 , y0 ), alors
∂f ∂f
df (x0 , y0 )(1, 0) = (x0 , y0 ), df (x0 , y0 )(0, 1) = (x0 , y0 ).
∂x ∂y
En dimension n, pour f : Rn → R différentiable en x0 et ei le i-ième vecteur de la base canonique :
∂f
df (x0 )(ei ) = (x0 ).
∂xi
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6.2 Dérivée directionnelle
Plus généralement, si f : Rn → R est différentiable en x0 ∈ Rn , alors
df (x0 )(v) = Dv f (x0 ), ∀v ∈ Rn .
Pour f : R2 → R et v = (h, k), cela signifie :
∂f ∂f
D(h,k) f (x0 , y0 ) = h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 ).
∂x ∂y
Si f n’est pas différentiable, cette formule peut être fausse.
6.3 Gradient
Le gradient est une autre façon de coder la différentielle. Le gradient de f en x0 est le vecteur
∂f
∂x1 (x0 )
grad f (x0 ) = ..
.
.
∂f
∂xn (x0 )
Si f est différentiable en x0 , alors
df (x0 )(v) = ⟨grad f (x0 ), v⟩,
où ⟨u, v⟩ désigne le produit scalaire de u et v.
6.4 Résumé
Lorsque f est différentiable, la différentielle, la dérivée directionnelle et le gradient codent la même
information :
Dv f (x0 ) = df (x0 )(v) = ⟨grad f (x0 ), v⟩.
7 Exemple 9
Exemple 1.9
Soit f la fonction définie par
f (x, y) = ln(1 + x + y 2 ).
1. Déterminer le domaine de définition U de f .
2. Calculer les dérivées partielles de f .
3. Montrer que f est différentiable sur U .
4. Calculer le gradient de f en (0, 1) et exprimer la différentielle en ce point.
5. Calculer la dérivée directionnelle de f en (0, 1) suivant le vecteur (2, 1).
Solution
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Calcul différentiel
1. Le domaine de définition de f est
U = {(x, y) ∈ R2 | 1 + x + y 2 > 0}.
2. Les dérivées partielles sont :
∂f 1 ∂f 2y
(x, y) = , (x, y) = .
∂x 1 + x + y2 ∂y 1 + x + y2
3. La fonction f est différentiable sur U car elle est composée et somme de fonctions différentiables.
4. Le gradient en (0, 1) s’obtient à partir des dérivées partielles :
∂f
! !
1
∂x (0, 1) 2
grad f (0, 1) = ∂f = .
∂y (0, 1) 1
La différentielle en ce point df (0, 1) : R2 → R est l’application linéaire :
1
df (0, 1)(h, k) = ⟨grad f (0, 1), (h, k)⟩ = h + k.
2
5. Comme f est différentiable, la dérivée directionnelle en (0, 1) suivant le vecteur (2, 1) est :
∂f ∂f 1
D(2,1) f (0, 1) = 2 · (0, 1) + 1 · (0, 1) = 2 · + 1 = 2.
∂x ∂y 2
On aurait aussi pu calculer directement avec la différentielle :
D(2,1) f (0, 1) = df (0, 1)(2, 1) = 2.
8 Fonctions de classe C 1
Dans la pratique, les fonctions seront souvent de classe C 1 , ce qui implique la différentiabilité, et est
plus facile à vérifier.
8.1 Définition
Définition 1.4
Soit f : Rn → R. On dit que f est de classe C 1 si les dérivées partielles
∂f
∂xi
existent et sont continues pour i = 1, . . . , n.
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Calcul différentiel
On peut bien sûr limiter la définition à un ouvert. Par exemple, si U est un ouvert de R2 et f : U → R,
∂f ∂f
alors f est de classe C 1 sur U si et existent et sont continues sur U .
∂x ∂y
Théorème 1.1
Si f est de classe C 1 , alors f est différentiable.
Une autre façon de dire que f est différentiable est de dire que f admet un développement limité à
l’ordre 1.
Pour f : R2 → R, si f est différentiable au point (x0 , y0 ), alors
∂f ∂f
f (x0 + h, y0 + k) = f (x0 , y0 ) + h (x0 , y0 ) + k (x0 , y0 ) + o(∥(h, k)∥) .
∂x ∂y
On rappelle la notation ≪ petit o ≫.
Notation
Soit g : R2 → R une fonction définie au voisinage de (0, 0). On dit que g est négligeable par rapport à
∥(x, y)∥n au voisinage de (0, 0) et on note
g = o(∥(x, y)∥n )
si
g(x, y)
lim = 0.
(x,y)→(0,0) ∥(x, y)∥n
Exemples
Soit f : R2 → R définie par
f (x, y) = sin x · e2y .
• On a
∂f ∂f
(x, y) = cos x · e2y , (x, y) = 2 sin x · e2y .
∂x ∂y
Les deux dérivées partielles existent et sont continues, donc f est de classe C 1 sur tout R2 .
• En particulier, f est différentiable en tout point (x0 , y0 ) ∈ R2 et
df (x0 , y0 )(h, k) = h cos x0 e2y0 + 2k sin x0 e2y0 .
π
• Par exemple, pour (x0 , y0 ) = , 1 , on a le développement limité :
6
π π ∂f π ∂f π
f + h, 1 + k = f ,1 + h ,1 + k , 1 + o(∥(h, k)∥) .
6 6 ∂x 6 ∂y 6
Ainsi, √
π 1 2 3 2 p
f + h, 1 + k = e + e h + e2 k + ε(h, k) h2 + k 2 ,
6 2 2
où ε(h, k) → 0 lorsque (h, k) → (0, 0).
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Calcul différentiel
9 Résumé
Si f est différentiable, alors f est continue. La réciproque est fausse, comme le prouve l’exemple
suivant.
Exemples
Soit f : R2 → R définie par
f (x, y) = |x + y|.
Alors f est continue (comme somme et composée de fonctions continues), mais n’est pas différentiable. Par
∂f
exemple, la dérivée partielle n’est pas définie en (0, 0), car
∂x
f (0 + h, 0) − f (0, 0) |h|
=
h h
n’a pas de limite lorsque h → 0 (plus précisément, cette expression vaut +1 pour h > 0 et −1 pour h < 0).
Donc f n’est pas différentiable en (0, 0).
Si f est différentiable, alors f admet des dérivées partielles et des dérivées directionnelles dans toutes
les directions. La réciproque est fausse, comme le prouve l’exemple suivant.
Exemples
Soit f : R2 → R définie par
3
p y
si (x, y) ̸= (0, 0),
f (x, y) = x2 + y 4
0 si (x, y) = (0, 0).
Montrer que f admet une dérivée directionnelle suivant tout vecteur non nul au point (0, 0), mais qu’elle
n’y est pas différentiable.
Solution
1. Soit v = (h, k) ̸= (0, 0).
• Si h = 0, on a
f (tv) − f (0, 0) f (0, tk)
= = k.
t t
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• Si h ̸= 0, on a
f (tv) − f (0, 0) k 3 t2 k3
= √ ≤ |t| −→t→0 0.
t h2 t2 + h4 t4 h
Ainsi,
k si h = 0,
Dv f (0, 0) =
0 si h ̸= 0.
2. Avec v = (1, 0), on obtient
∂f
(0, 0) = 0,
∂x
et avec v = (0, 1),
∂f
(0, 0) = 1.
∂y
Le candidat à être la différentielle en (0, 0) est donc
ℓ(h, k) = k.
Mais √
f (h, k) − f (0, 0) − ℓ(h, k) k 3 − k h2 + k 4
ε(h, k) = √ =√ √
h2 + k 2 h2 + k 2 h2 + k 4
ne tend pas vers 0 lorsque (h, k) → (0, 0), car
1
lim ε(t, t) = − √ .
t→0+ 2
Donc f n’est pas différentiable en (0, 0).
Si f est de classe C 1 , alors elle est différentiable. La réciproque est fausse, comme le montre l’exemple
suivant.
Exemples
Soit f : R2 → R définie par
y 2 sin 1
si (x, y) ̸= (0, 0),
f (x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0).
Montrer que f est différentiable en tout point de R2 sans être de classe C 1 à l’origine.
Solution
En dehors de l’origine.
Les dérivées partielles
2xy 2
∂f 1
(x, y) = − 2 cos 2 ,
∂x (x + y 2 )2 x + y2
2y 3
∂f 1 1
(x, y) = 2y sin 2 − 2 cos 2
∂y x + y2 (x + y 2 )2 x + y2
existent et sont continues sur R2 \ {(0, 0)}. Ainsi, f est de classe C 1 sur R2 \ {(0, 0)} et donc
différentiable sur cet ensemble.
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Calcul différentiel
Différentiabilité au point (0, 0).
Comme f (x, 0) = 0, on a
∂f f (h, 0) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = 0.
∂x h→0 h
Comme f (0, y) = y 2 sin y12 , on a
∂f f (0, k) − f (0, 0) 1
(0, 0) = lim = lim k sin 2 = 0.
∂y k→0 k k→0 k
Le candidat à être la différentielle en (0, 0) est donc ℓ(h, k) = 0.
De plus,
k2
f (h, k) − f (0, 0) − ℓ(h, k) 1
lim √ = lim √ sin 2 .
(h,k)→(0,0) h2 + k 2 (h,k)→(0,0) h2 + k 2 h + k2
Or
k2
1
√ sin 2 ≤ |k| −→(h,k)→(0,0) 0,
h2 + k 2 h + k2
donc f est différentiable en (0, 0).
Conclusion.
La fonction f est différentiable sur R2 . En revanche,
∂f 1 1
(t, t) = − cos
∂x 2t 2t2
∂f
n’a pas de limite lorsque t → 0. Ainsi, n’est pas continue en (0, 0) et f n’est donc pas de classe C 1
∂x
à l’origine.
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