L'HYPOTHYROÏDE
PLAN
PLAN...........................................................................................................................1
INTRODUCTION.......................................................................................................2
I. RAPPELS SUR LA PHYSIOLOGIE THYROÏDIENNE.......................................3
II. ÉTIOLOGIE : QUELLES SONT LES CAUSES DE L'HYPOTHYROÏDIE ?.....3
1. Hypothyroïdie primitive (95% des cas)................................................................3
2. Hypothyroïdie centrale (moins de 5%)....................................................................4
2. Hypothyroïdie périphérique (rarissime)................................................................4
III. MANIFESTATIONS CLINIQUES : LE RALENTISSEMENT GÉNÉRALISÉ 4
IV. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE.............................................................................5
V. TRAITEMENT.......................................................................................................6
VI. ÉVOLUTION ET PRONOSTIC...........................................................................6
CONCLUSION...........................................................................................................7
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L'HYPOTHYROÏDE
INTRODUCTION
Définition : L'hypothyroïde est un syndrome clinique lié à un déficit de production
et de sécrétion des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) par la glande thyroïde. Ces
hormones sont essentielles au métabolisme de toutes les cellules de l'organisme.
Prévalence : Très fréquente, surtout chez la femme (jusqu'à 10 fois plus que chez
l'homme). Sa fréquence augmente avec l'âge.
Clinique:L'expression clinique est très variable, allant de formes asymptomatiques à
des formes sévères (myxœdème). La plupart des signes sont peu spécifiques, d'où
l'importance du diagnostic biologique.
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L'HYPOTHYROÏDE
I. RAPPELS SUR LA PHYSIOLOGIE THYROÏDIENNE
Avant de comprendre l'hypothyroïdie, il faut comprendre le fonctionnement normal
(axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien) :
1. Hypothalamus (dans le cerveau) : Sécrète la TRH (Thyrolibérine).
2. Hypophyse (glande sous l'hypothalamus) : Stimulée par la TRH, elle sécrète la
TSH (Thyréostimuline).
3. Thyroïde (glande en forme de papillon dans le cou) : Sous l'influence de la TSH,
elle fabrique et libère la T4 (inactive, forme de stockage) et la T3 (active, issue de la
conversion de la T4 dans les tissus cibles).
4. Rétrocontrôle : Si la T3 et T4 sont basses, l'hypothalamus et l'hypophyse sont
"stimulés" pour produire plus de TRH et TSH. C'est la clé du diagnostic.
II. ÉTIOLOGIE : QUELLES SONT LES CAUSES DE L'HYPOTHYROÏDIE ?
On distingue trois grandes catégories :
1. Hypothyroïdie primitive (95% des cas)
Le problème vient directement de la glande thyroïde. Les causes principales sont :
La thyroidite chronique auto-immune (Maladie de Hashimoto) : La plus fréquente.
Le système immunitaire produit des anticorps (anti-thyroperoxydase -TPO, anti-
thyroglobuline) qui détruisent progressivement la thyroïde.
Conséquences de traitements : Thyroidectomie totale (ablation chirurgicale),
traitement à l'iode radioactif (pour une hyperthyroïdie).
Carence en iode : Rare dans les pays développés (sel iodé), mais reste la cause
principale dans le monde. L'iode est indispensable à la synthèse des hormones.
Médicamenteuse : Lithium (troubles bipolaires), amiodarone (troubles du rythme
cardiaque), interférons.
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L'HYPOTHYROÏDE
Thyroïdite silencieuse ou posts-puerpérale (inflammation temporaire).
2. Hypothyroïdie centrale (moins de 5%)
Le problème vient de l'hypophyse (insuffisance hypophysaire) ou de l'hypothalamus
(tumeur, traumatisme, maladie infiltrative). La TSH est anormalement basse ou
normale malgré une T4 basse.
2. Hypothyroïdie périphérique (rarissime)
Défaut de réponse des tissus aux hormones thyroïdiennes (résistance aux hormones
thyroïdiennes).
III. MANIFESTATIONS CLINIQUES : LE RALENTISSEMENT
GÉNÉRALISÉ
Les symptômes sont insidieux, s'installant sur des mois voire des années. Ils
traduisent un ralentissement du métabolisme :
Généraux : Fatigue intense, frilosité inhabituelle, prise de poids malgré un appétit
diminué, ralentissement psychomoteur.
Peau et phanères : Peau sèche, épaissie (myxœdème), cheveux ternes, cassants et
chute de cheveux, ongles fragiles.
Cardiovasculaires : Bradycardie (pouls lent), tension artérielle basse, risque
d'insuffisance cardiaque et de péricardite (épanchement de liquide autour du cœur).
Neurologiques et psychiques : Troubles de la mémoire et de la concentration, signes
pseudo-dépressifs (tristesse, apathie), parésies, troubles du goût et de l'odorat. Au
stade avancé : syndrome du canal carpien.
Digestifs : Constipation sévère, météorisme.
Métaboliques : Hypercholestérolémie (mauvais cholestérol), risque d'anémie.
Muscles et articulations : Courbatures, crampes, arthralgies.
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· Chez l'enfant : Retard de croissance et retard du développement intellectuel
(cretinisme si non traité).
· Urgences : Le myxœdème est la forme grave avec hypothermie, troubles de la
conscience (coma), bradycardie extrême. C'est une urgence vitale.
IV. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
La clinique n'est pas suffisante car peu spécifique. Le diagnostic repose sur le bilan
sanguin :
Situation TSH T4 (et T3) Diagnostic
Hypothyroïdie primitive avérée Élevée Basse Le plus fréquent. La thyroïde ne
répond pas à la TSH.
Hypothyroïdie fruste / infraclinique Élevée Normale (aux limites basses) Forme
asymptomatique ou peu symptomatique. Discuter traitement surtout si anticorps
positifs.
Hypothyroïdie centrale Basse ou normale inappropriée Basse Rare. Nécessite une
IRM hypophysaire.
Examens complémentaires :
Anticorps anti-TPO et anti-thyroglobuline (pour confirmer Hashimoto).
Échographie thyroïdienne (pour voir l'aspect hétérogène et les nodules).
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V. TRAITEMENT
Objectif : Remplacer la T4 manquante.
Médicament : Lévothyroxine (LT4) . C'est une hormone thyroïdienne de synthèse
(ex : Euthyral®, Levothyrox®).
Principe :
Dose initiale faible chez la personne âgée ou coronarienne (risque cardiaque), puis
augmentation progressive.
Dose habituelle chez l'adulte jeune : entre 1,6 et 1,8 µg/kg/jour.
Surveillance : Contrôle de la TSH tous les 3 mois jusqu'à stabilisation, puis une fois
par an. Le but est d'avoir une TSH dans la normale (entre 0,5 et 2,5 mUI/L pour une
femme enceinte ou jeune).
Précautions : Prendre à jeun le matin, 30 minutes avant le petit-déjeuner, sans autres
médicaments ou suppléments (calcium, fer, café) qui diminuent son absorption.
Particularités : Grossesse : les besoins augmentent fortement, nécessité de contrôles
rapprochés.
VI. ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
Sous traitement : Excellent. La vie est tout à fait normale, sans restriction, sous
réserve d'une bonne observance.
Sans traitement : Aggravation progressive des symptômes, risque de myxœdème, de
maladie coronarienne sévère, de coma.
Surdosage (hyperthyroïdie iatrogène) : Palpitations, nervosité, perte de poids,
insomnie. Nécessite de baisser la dose.
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L'HYPOTHYROÏDE
CONCLUSION
1. L'hypothyroïdie est une maladie fréquente, aisément diagnostiquée par une simple
prise de sang (TSH).
2. Le traitement par lévothyroxine est simple, efficace et peu coûteux.
3. Une fois le traitement instauré, le pronostic est excellent, permettant une vie
normale.
4. Message clé : Ne pas confondre fatigue et "coup de mou" passager avec une
hypothyroïdie. Un bilan thyroïdien permet de faire le point. L'auto-médication avec
des "boosters de thyroïde" (compléments alimentaires à base d'iode) est dangereuse,
surtout si la cause est auto-immune.
Mots-clés : Hypothyroïdie, TSH, T4, Hashimoto, Lévothyroxine, myxœdème,
bradycardie, fatigue.