IPEI Monastir AU 2023-2024
DM(Espaces Vectoriels Normés)
Classes MP
Exercice1 Une norme ∥ ∥ sur Mp (K) est une norme d’algèbre si, est seulement si
∀A, B ∈ Mp (K); ∥A.B∥ ≤ ∥A∥.∥B∥.
Pour une matrice A, on note A∗ sa matrice transposée.
21
Xp
1. Montrer que A 7−→ ∥A∥2 = a2ij est une norme d’algèbre sur Mp (R).
i,j=1
p
2. On muni K d’une norme ∥ ∥ quelconque. On définit sur Mp (K) l’application
A 7−→ |∥A|∥ = sup {∥A.X∥} .
∥X∥=1
(a) Montrer que ∥| ∥| est une norme d’algèbre sur Mp (K). ∥| ∥| prendra le nom de norme
subordonnée associée a ∥ ∥.
(b) Soit A ∈ Mp (K). Montrer que ∀λ ∈ Sp(A), |λ| ≤ ∥|A∥|.
3. Dans la suite on muni Rp de la norme euclidienne
1
∥ ∥2 : M 7−→ (TraceM∗ M) 2 .
(Pour le produit scalaire canique (X, Y) 7−→ X , Y = X∗ Y, on rappelle que
∀M, N ∈ Mp (R) : MX NY = N∗ MX , Y , (X, Y ∈ R∗ ).)
Pour toute matrice A ∈ Mp (R), on appelle rayon spectral de A le nombre réel positif
ρ(A) = max |λ|, λ ∈ Sp(A) .
Soit A une matrice symetrique (A ∈ Sp (R)). On sait que A est diagonalisable, ses valeurs
propres sont des nombres réels et qu’il existe une base orthonormée de Rp qui daigonalise
A.
(a) Soit A ∈ Mp (R). En
considérant une base orthonormée de vecteurs propres de A∗ A,
∗ 2
vérifier que ρ A A ≤ ∥|A∥| .
(b) Montrer aussi que ∀x ∈ Rp : ∥A.x∥22 ≤ ρ A∗ A ∥x∥22 .
q
(c) En déduire que ∥|A∥| = ρ A∗ A .
Exercice2 On muni Mp (R) de la norme matricielle ∥|M∥| = sup {∥M.x∥2 } .
∥x∥2 =1
On rappelle que (Exercice 1) ∀M ∈ Mp (R) : |λ| ≤ ∥|M∥|, (λ ∈ Sp(M).)
1. Soit G un sous groupe borné du groupe multiplicatif
n (C∗ , ×). Eno considérant les suites
(z )n≥0 et (z )n≥0 où z ∈ G, montrer que G ⊂ U = z ∈ C∗ : |z| = 1 .
n −n 1
Soit G un sous groupe borné du groupe linéaire (GLp (R), ×) et soit M ∈ G.
1
2. (a) Soit θ ∈ [0, π] telle que ∀n ∈ Z : cos(n.θ) ≥ . Montrer que θ = 0.
2
(b) Soit λ ∈ Sp(M). Montrer que ∀n ∈ Z : |λ|n ≤ ∥|Mn ∥|.
(c) Montrer alors que ∀λ ∈ Sp(M) : |λ| = 1.
3. On suppose que M ∈ B(Ip , 1) ∩ G et soit λ = eiθ , ; (θ ∈ [0, π]) une valeur propre de M.
(a) Montrer que ∀n ∈ Z : |λn − 1| < 1.
(b) Déduire que G ∩ B(Ip , 1) = {Ip }.
4. Soit M ∈ G. On admet la décomposition de Dunford de M : Il existe un unique couple de
matrices (D, N) tel que D est diagonalisable, N est nilpotente, D.N = N.D et M = D + N.
p
X n
(a) Montrer que ∀n ∈ N : Mn = Dn−k Nk .
k
k=0
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(b) On suppose que N ̸= 0. Soit x un vecteur propre de D associée a la valeur propre λ et
p
n
X n n−k k
telque N.x ̸= 0 . Montrer que ∀n ≥ 0 : M .x = λ N .x.
k
k=0
(c) En déduire que M est une matrice diagonalisable.
Exercice3 : Lemme de Fekete
1. (an )n≥0 étant une suite réelle bornée et soit M ≥ 0 telque ∀n ≥ 0 : |an | ≤ M. On pose pour
tout n ≥ 0 les suites n o n o
vn = inf ak , k ≥ n et wn = sup ak , k ≥ n .
(a) Montrer que (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont bien définies et monotones.
(b) En déduire qu’elles convergent
et soient a et a respectivement leurs limites.
Justifier que Adh(a) ⊂ a , a .
(Adh(a) est l’ensemble des valeurs d’adhérence de la suite (an )n≥0 .)
(c) Montrer que (an )n≥0 est convergente si est seulement si a = a.
2. Une suite (un )n≥0 est dite sous additive si est seulement si
∀n, m ∈ N : un+m ≤ un + um .
Soit (un )n≥0 une suite positive et sous additive.
m et n deux entiers naturels tels que 2n ≤ m et que m = q.n + r où 0 ≤ r < n et q ∈ N.
(a) Montrer que um ≤ qun + ur .
um q un M
(b) En déduire que ≤ + .
m m n n
um
(c) Montrer alors que la suite am = , (m ≥ 1) est bornée et que a ≤ an , ∀n ≥ 1.
m
u
n
(d) En déduire que la suite est convergente.
n n≥1
1
3. Soit A ∈ Mp (R) et ∥| ∥| une norme matricielle sur Mp (R). Montrer que la suite ∥|An ∥| n , (n ≥ 1)
est convergente (Discuter d’abord le(s) cas triviaux).
Exercice4
1. Montrer que GLp (K) est un ouvert non borné de Mp (K).
r
z }| {
2. Soit Jr = Diag 1, . . . , 1, 0, . . . , 0 , (0 ≤ r ≤ p).
(a) Construire une suite de matrices inversibles qui converge vers Jr .
(b) Soient P et Q deux matrices quelconques. Montrer que l’application X 7−→ PXQ est
continue.
(c) Soit M ∈ Mp (K) de rang r ≤ p. Déduire qu’il existe une suite de matrices inversibles qui
converge vers M. Conclure.
3. En déduire que l’ensemble Jp des matrices dont le rang est inférieur ou égale a p − 1 est
d’intérieur vide.
4. (a) Démontrer que l’application χ : A 7−→ χA est continue.
(χA étant le polynome caractéristique de A).
(b) Montrer que si A ∈ GLp (K) et B ∈ Mp (K), χA.B = χB.A .
(c) En déduire que ∀A, B ∈ Mp (K) : χA.B = χB.A .
5. Soit T = (tij )1≤i,j≤p
une matrice
triangulaire superieure et pour tout n ≥ 1 on pose
1 2 p
Tn = T + Diag , ,..., .
n n n
(a) Montrer qu’il existe un rang n0 à partir duquel χTn est scindé a racines simples.
(b) En déduire que l’ensemble des matrices diagonalisables Dp (C) est dense dans Mp (C).
6. (a) Soit K un compact dans Mp (C). Montrer qu’il existe r > 0 telque K ⊂ B(0, r).
+∞
X Mn
(b) Montrer que l’application exp : M 7−→ exp(M) = est bien définie sur Mp (C).
n=0
n!
(c) Soit M ∈ Mp (C). Montrer que
∀P ∈ GLp (C) : exp P−1 MP = P−1 exp(M)P.
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X Mn
(d) Montrer que la série de fonctions est normalement convergente sur tout com-
n!
n≥0
pact de Mp (C).
(e) Montrer que l’application M 7−→ exp(M) est continue.
7. Montrer que ∀M ∈ Mp (K) : det (exp(M)) = eTrace(M) . (On vérifie d’abord la relation sur
l’ensemble Dp (C).)
Exercice5 Cet exercice utilise les résultats de l’Exercice 5 du TD.
On note par Sp+ (R) (resp Sp++ (R)) l’ensemble des matrices symetriques positives (définies posi-
tives)).
Partie I On admet le théorème suivant :
Décomposition Polaire Soit A ∈ GLp (R). Il existe un unique couple (S, Q) ∈ Sp++ (R) × Op (R) tel
que A = S.Q.
1. (a) Montrer que l’application f : Sp++ (R) × Op (R) 7−→ GLp (R) : (S, Q) 7−→ SQ est continue.
(b) Montrer aussi que les applications M 7−→ M∗ − M et M 7−→ M∗ M − Ip sont continues.
(c) En déduire que ∀M ∈ Mp (R), il existe (S, Q) ∈ S+ × Op (R) tel que M = S.Q.
2. On suppose que p = 2.
(a) Soit
M ∈ O2 (R) telle
que det(M) = 1. Montrer qu’il existe θ ∈ [0, 2π[ telle que M =
cos(θ) − sin(θ)
.
sin(θ) cos(θ)
(b) Montrer que O2 (R) a deux composantes connexes par arcs.
(c) Montrer que S2++ (R) est étoilé par rappot a I2 .
(d) En déduire que GL2 (R) a exactement deux composantes connexes par arcs.
3. Soit T = (tij )1≤i,j≤p ∈ GLp (C) une matrice trigonale superieure.
(a) Montrer que C∗ est connexe par arcs.
(b) En déduire qu’il existe un chemin continu dans GLp (C) joignant T et Ip .
(c) Montrer alors que GLp (C) est connexe par arcs.
r
z }| {
4. Soit 1 ≤ r ≤ p − 1 et Jr (K) = M ∈ Mp (K) : rg(M) = r . On pose Jr = Diag 1, . . . , 1, 0 . . . , 0 .
(a) Montrer que l’application ψ : GLp (K) × GLp (K) −→ Jr (K) : (P, Q) 7−→ PJr Q est une surjec-
tion continue.
(b) En déduire que Jr (C) est connexe par arcs.
(c) Soit p = 2. Trouver le nombre de composantes connexes par arcs de J1 (R).
Partie II
Pour tout M ∈ Mp (K), on note par SK (M) sa classe de similitude :
n o
SK (M) = P−1 MP, P ∈ GLp (K) .
1. Soit M0 ∈ Mp (K) et posons
n o
HM0 = A ∈ Mp (K) : Trace(A) = Trace(M0 ) .
(a) Montrer que HM0 est un fermé d’intérieur vide.
(b) En déduire que SK (M0 ) est d’intérieur vide.
2. (a) Montrer que Φ : P 7−→ P−1 M0 P est une application continue sur GLp (K) et que Φ(GLp (K)) = SK (M0 ).
(b) En déduire que SC (M0 ) est connexe par arcs.
3. On suppose dans la suite de l’exercice que p = 3 et soit M ∈ M3 (C). Posons pour tout
n ≥ 0 : Dn = Diag 3n , 32n , 33n ).
(a) Justifier l’existence d’une matrice triangulaire superieure T = (tij )1≤i,j≤3 telle que SC (M) =
SC (T).
(b) Calculer pour tout n, Mn = Dn TD−1
n .
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4. (a) On suppose que 0 ∈ SC (M). Montrer alors que χM (X) = Xn et par suite M est nilpotente.
(b) On suppose que M est nilpotente. En considérant la suite (Mn )n≥0 montrer que 0 ∈ SC (M).
5. On suppose que SC (M) est un ensemble fermé.
(a) Que peut on dire de SC (M) lorsque M est nilpotente ?
(b) On suppose que M n’est pas nilpotente. En utilisant la suite (Mn )n≥0 montrer que M est
une matrice diagonalisable.
6. On suppose inversement que M est diagonalisable. Soit πM son polynome minimal.
(a) Montrer que πM est une application continue.
(b) Soit (An )n≥0 une suite de SC (M) qui converge vers une matrice A. Montrer que πM (A) = 0.
(c) Déduire que SC (M) est un ensemble fermé.
Exercice6 Sous groupes du groupe (R, +). Soit (G, +) un sous groupe du groupe additif
(R, +). On sait que contient l’élément neutre 0, tout élément a un symétrique et que la somme
de deux éléments de G est un élément de G. Par exemple, Z, 2Z, aZ, (a ∈ R), Z + 2πZ sont des
sous groupes de R. On sait que si a ∈ Z et 1 ∈ aZ, alors aZ = Z.
De plus Q et l’ensemble des nombres dyadiques D sont des sous groupes de R.
On veut démontrer que :
Tout sous groupe G est soit discret de la forme aZ, (a ≥ 0) soit partout dense (G = R.)
Soit G ̸= {0} un sous groupe de (R, +) et posons
a = inf G ∩ R∗+
(G ∩ R∗+ est minoré par 0 et cela donne un sens pour la constante a qui peut être 0 ou a > 0.)
1. On suppose que a > 0.
(a) Montrer que si a ∈
/ G, alors l’intervalle ]a, 2a[ contient au moins deux points x < y de G.
(b) Aboutir a une contradiction et déduire que a ∈ G et enfin que G = aZ.
2. On suppose que a = 0. On veut démontrer que tout intervalle ]α −ε, α +ε[ (α, ε ∈ R∗+ ) contient
un élément de G (Intérpréter).
(a) Soit ε > 0. Montrer que l’intervalle ]0, ε[ contient un élément de G. Soit g ∈]0, ε[∩G.
α
(b) Posons n = . Montrer que α − ε < ng < (n + 1)g < α + ε
g
(c) Conclure.
3. Application : Soit a > 0 et b > 0.
(a) On suppose que aZ + bZ est un sous groupe discret (i.e il existe c > 0 telque aZ + bZ = cZ.)
b
Montrer que ∈ Q.
a
b p b
(b) On suppose que ∈ Q. Soit p et q deux entiers premiers entre eux tels que = . Soit
a q a
a
c= .
q
(α) Montrer que aZ + bZ ⊂ cZ.
(β) Conclure.
(c) Montrer que
Adh((cos(n))n≥0 ) = [−1, 1] et Adh((sin(n))n≥0 ) = [−1, 1].
(Considérer le groupe Z + 2πZ.)
(d) Déduire que Adh((exp(in))n≥0 ) = U1 , (U1 est le cercle unité).
(e) Trouver l’ensemble des valeurs d’adhérences de la suite (an )n≥0 , (a ∈ C).
Exercice 7 Théorème de Perturbation de Weyl n o
On muni Mp (R) de la norme matricielle ∥|M∥| = sup ∥M.x∥2 .
∥x∥2 =1
1. Soit M une matrice symetrique et posons λ1 ≤ λ2 ≤ . . . ≤ λp les valeurs propres de M et soit
(e1 , . . . , ep ) la base orthonormée de diagonalisation de M.
(a) Montrer la continuité de l’application φ : x 7−→ M.x , x .
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n o
(b) En déduire que pour tout m ∈ [1 , p] les quantités sup φ(x), x ∈ S1 ∩ Vect(e1 , . . . , em ) et
n o
inf φ(x), x ∈ S1 ∩ Vect(em , . . . , ep ) sont bien définies et atteintes.
(c) Soit 1 ≤ m ≤ p. Montrer que
∀x ∈ S1 ∩ Vect(e1 , . . . , em ) : φ(x) ≤ λm .
et que
∀x ∈ S1 ∩ Vect(em , . . . , ep ) : φ(x) ≥ λm .
(d) Soit 1 ≤ m ≤ p. Calculer φ(em ) et en déduire que
n o n o
∀m ∈ [1 , p] : λm = min φ(x), x ∈ S1 ∩Vect(em , . . . , ep ) = max φ(x), x ∈ S1 ∩Vect(e1 , . . . , em ) .
2. A et B sont deux matrices symétriques, λ1 ≤ λ2 ≤ . . . ≤ λp (resp µ1 ≤ µ1 ≤ . . . ≤ µp ) sont les
valeurs propres de A (resp de B) et soit (e1 , . . . , ep ) (resp (ε1 , . . . , εp )) la base orthonormée de
diagonalisation de A (resp B).
Soit 1 ≤ m ≤ p et pour simplifier on suppose que λm ≤ µm .
(a) Justifier que Vect(e1 , . . . , em ) ∩ Vect(εm , . . . , εp ) ̸= 0 . Soit x0 un vecteur unitaire dans
cette intersection.
(b) Montrer en utilisant la question 1. que µm − λm ≤ B − A x0 , x0 .
(c) En déduire l’inégalité de Weyl
∀1 ≤ m ≤ p : λm − µm ≤ ∥|A − B∥|.
3. Pour une matrice symetrique M, on note par λm (M) la m-ieme valeur propre dans l’ordre
croissant.
Montrer que l’application M 7−→ λm (M) est continue sur l’espace vectoriel des matrices
symétriques.
Exercice8 Jauge d’un ensemble convexe
˚ Pour tout x ∈ Rm on définit
Soit E = Rm et C une partie de E contenant 0 dans son intérieur (0 ∈ C).
l’application
n 1 o n o
JC (x) = inf α > 0 : x ∈ C = inf α > 0 : x ∈ αC .
α
×λx
×
0
1. Justifier la definition de JC et montrer que pour tout λ ≥ 0 : JC (λ.x) = λJC (x).
2. On suppose que C est symétrique par rapport à 0 (c’est a dire x ∈ C si, est seulement si
−x ∈ C). Montrer que JC (−x) = JC (x). En déduire que pour tout λ ∈ R : JC (λ.x) = |λ|JC (x).
3. On suppose que C est un ensemble borné. Montrer que JC (x) = 0 si, est seulement si x = 0.
4. On suppose que C est un ensemble convexe.
x y x+y
(a) Soit α, β > 0. Montrer que C et ∈ C implique ∈ C. (Autrement dit x ∈ αC et y ∈ C
α β α+β
implique que x + y ∈ (α + β)C.)
(b) En déduire que ∀x, y ∈ Rm : JC (x + y) ≤ JC (x) + JC (y).
5. On suppose que C est un compact, convexe, symétrique par rapport à 0 et que 0 ∈ C. ˚
Montrer que l’application JC est une norme sur Rm et que C est la boule unité fermée pour
cette norme.
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