Résumé
« Production de biochar pour la fabrication de bio filtre adsorbant à partir des déchets
agricoles pour la filtration de l’eau : Cas de la Côte d’Ivoire » a été réalisée dans le cadre
du Séminaire en ligne SFGP 2024, organisé par la Société Française de Génie des Procédés
le 12 mars 2024.
Auteurs et encadrants
• KOFFI Yao Guy Landry – Doctorant à l’Université de Montpellier
• Patrick Rousset – Chercheur HDR au CIRAD, directeur de thèse
• Jean-Michel Commandré – Chercheur au CIRAD
• Capucine Dupont – Enseignante-chercheuse HDR à IHE Delft Institute for Water
Education
Contexte et problématique
La recherche traite du problème d’accès à l’eau potable en Côte d’Ivoire, où une part
importante de la population ne dispose pas de services d’eau potable sécurisés. En parallèle, le
pays génère d’importantes quantités de résidus agricoles peu valorisés.
L’objectif de la thèse est donc de valoriser ces déchets lignocellulosiques pour produire des
biochars capables d’adsorber des polluants présents dans l’eau.
Objectif de recherche
La question principale étudiée est :
Comment produire des bio-adsorbants efficaces à partir de résidus agricoles grâce à des
procédés thermochimiques afin d’améliorer la qualité de l’eau ?
Méthodologie
Deux types de biomasses agricoles ivoiriennes ont été étudiés :
• les coques de cabosses de cacao ;
• les coques d’arachides.
Ces biomasses ont été transformées en biochars par pyrolyse dans un four pilote du CIRAD à
différentes températures :
• 400 °C,
• 650 °C,
• 900 °C,
et avec différents temps de séjour :
• 1 heure,
• 3 heures.
Les biochars obtenus ont ensuite été caractérisés selon :
• le rendement en charbon ;
• la teneur en matières volatiles, cendres et carbone fixe ;
• le pH au point de charge nulle (pHpzc) ;
• leurs propriétés potentielles d’adsorption des métaux lourds (Pb²⁺ et Cd²⁺).
Résultats principaux
Les résultats montrent que :
• l’augmentation de la température et du temps de séjour réduit le rendement en biochar
;
• les températures élevées diminuent les matières volatiles et augmentent le carbone fixe
;
• la nature de la biomasse influence fortement les propriétés des biochars ;
• tous les biochars présentent un pHpzc basique favorable à l’adsorption de certains
métaux lourds.
Les biochars produits à basse température, notamment :
• CPHB400-1 (biochar de coque de cacao),
• PSB400-1 (biochar de coque d’arachide),
ainsi que le charbon actif commercial de coque de noix de coco, apparaissent comme les
adsorbants les plus prometteurs pour l’élimination du plomb et du cadmium dans l’eau.
Conclusion
Cette étude démontre que les déchets agricoles ivoiriens peuvent être valorisés en biochars
adsorbants efficaces pour le traitement de l’eau. Les conditions de pyrolyse jouent un rôle
majeur dans les propriétés des matériaux obtenus. Cette approche contribue à la fois :
• à la gestion durable des résidus agricoles ;
• à l’amélioration de l’accès à l’eau potable en Côte d’Ivoire.