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Severin

Le document traite de la décohérence dans les systèmes quantiques, en se concentrant sur les sources de décohérence, le formalisme de l'équation maîtresse et les techniques de contrôle. Il analyse les qubits de Rydberg et les ions piégés comme cas d'étude, en comparant leurs performances en termes de temps de cohérence et d'erreurs de porte. La conclusion souligne que la compréhension des sources de décohérence est essentielle pour surmonter cet obstacle au calcul quantique.

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Décohérence et Contrôle Quantique

des Systèmes Atomiques


Travail de Recherche N° 10

Physique Atomique

Année universitaire 2025–2026

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Plan de la présentation
1 Sources de décohérence
Émission spontanée
Collisions et déphasage collisionnel
Bruit laser et fluctuations de phase
2 Formalisme : équation maîtresse
Matrice densité et opérateur de Lindblad
Temps T1 et T2
Limite T2 ≤ 2T1
3 Techniques de contrôle de la décohérence
Écho de spin
Découplage dynamique
Correction d’erreurs quantiques
4 Cas d’étude : deux plateformes
Qubits de Rydberg
Ions piégés
Comparaison des plateformes
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Introduction

Le calcul quantique repose sur la capacité à maintenir des superpositions cohérentes d’états quantiques,
les qubits, pendant une durée suffisamment longue pour exécuter des algorithmes. mais cette
superposition peut être perturber par un phénomène appelle décohérence. Ce phénomène, la
décohérence, constitue donc l’obstacle fondamental au calcul quantique pratique.

Objectif
Analyser, formaliser et combattre la décohérence,illustré par les qubits de Rydberg et les ions piégés.

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Visualisation d’un Bit et d’un Qubit

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I. Couplage à l’environnement : sources de décohérence

Le couplage au milieu extérieur détruit les cohérences


ρge de la matrice densité (voir equation II.1)

I.1 I.2 I.3


Émission Collisions et Bruit laser et
spontanée déphasage fluctuations

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I.1 — Émission spontanée
L’émission spontanée est la principale source de décohérence dans les système [Link] fonctionne
de la manière suivante ;
Mécanisme
• Atome excité |e⟩ −→ |g⟩ + photon Rôle de ω 3
• L’environnement « mesure » l’état du qubit • Optique (ω grand)
• La cohérence est irrémédiablement détruite Γ élevé ⇒ T1 ∼ 10–100 ns
• Micro-ondes (ω petit)
Taux d’émission (règle d’or de Fermi) : Γ ≪ 1 ⇒ T1 ∼ secondes

ω 3 |deg |2 1 ⇒ Les transitions hyperfines sont préférées


Γ= , T1 =
3π ε0 ℏ c 3 Γ pour les longs temps de cohérence.
où ω est la fréquence de la transition, deg = ⟨e| er |g⟩
l’élément de matrice dipolaire, ε0 la permittivité du
vide et c la vitesse de la lumière. Le temps de vie
radiatif est T1 = 1/Γ.

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I.2 — Collisions et déphasage collisionnel

Dans un gaz ou un nuage atomique, les collisions entre


atomes perturbent les phases relatives des qubits. On Ordre de grandeur
distingue deux régimes distincts : À T = 300 K, n = 1017 m−3 :
• Élastiques (déphasage pur) :
γcol ∼ 104 –106 s−1
perturbation de la fréquence de transition
⇒ affecte T2 sans modifier T1
• Inélastiques (relaxation) : Ions piégés
échange d’énergie interne, spin-flip Collisions supprimées par refroidissement
⇒ destruction directe de la cohérence Doppler + bande latérale.
Le taux de déphasage collisionnel est : Pression résiduelle < 10−11 Torr.

γcol = n ⟨σdep v ⟩
où n est la densité atomique, σdep la section efficace
de déphasage et v la vitesse relative des atomes.

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I.3 — Bruit laser et fluctuations de phase

Le contrôle des qubits atomiques repose sur des impulsions laser ou micro-ondes. Les fluctuations de ces
champs de contrôle constituent une source majeure de décohérence dite technique. Trois types de bruit
laser affectent la cohérence :
• Bruit de phase (linewidth ∆ν) :
Déphasage aléatoire ∝ ∆ν · t ⇒ T2 ∼ 1/(π ∆ν)
• Fluctuations d’amplitude (δI/I) :
Erreurs de rotation de la fréquence de Rabi Ω sur la sphère de Bloch
• Fluctuations de fréquence (jitter) :
Vibrations mécaniques, dérives thermiques, bruit acoustique ⇒ déphasage cumulatif

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II. Formalisme de l’équation maîtresse et temps de cohérence

II.1 II.2 II.3


Matrice densité Temps T1 Limite
et Lindblad et T2 T2 ≤ 2T1

La mécanique quantique ouverte décrit rigoureusement


l’évolution d’un système couplé à un environnement.

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II.1 Matrice densité et équation de Lindblad

Matrice densité d’un qubit : Équation de Lindblad–Kossakowski :


 
1−p ρge
ρ= Xh i
ρeg p ρ̇ = − ℏi [H, ρ] + Lk ρL†k − 12 {L†k Lk , ρ}
k

• Diagonale : populations
Opérateurs de saut :
• Hors-diagonale : cohérences |ρge |
√ q
L1 = Γ σ− , L2 = γφ /2 σz

où σ− = |g⟩⟨e| et σz = |e⟩⟨e| − |g⟩⟨g|.

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II.2 Temps caractéristiques T1 et T2

En résolvant l’équation maîtresse, on obtient deux temps fondamentaux :

T1 — Relaxation longitudinale T2 — Cohérence transversale


Décroissance de la population excitée : Décroissance des cohérences :

ρee (t) = ρee (0) e −t/T1 ρge (t) = ρge (0) e −t/T2

T1 = 1/Γ — durée de vie du qubit T2 — durée de vie quantique utile

Relation fondamentale
1 1
= + γφ
T2 2T1
Le déphasage pur γφ réduit T2 en dessous de la limite 2T1 .

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II.3 — Limite fondamentale T2 ≤ 2T1

Contrainte quantique Record expérimental


La cohérence ne peut persister plus longtemps que Ions 43
Ca+ dans des états clock :
l’énergie.
En pratique : atteindre T2 → 2T1 revient à éliminer T2 > 10 min
tout déphasage pur.
⇒ quasi-absence de déphasage pur

Exemple — Ions piégés :


• T1 (hyperfin) ≫ plusieurs heures
• T2 limité uniquement par γφ
• Fluctuations de champ magnétique ambiant

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III. Techniques de correction de la décohérence

III.1 III.2 III.3


Écho de spin Découplage Correction
dynamique d’erreurs (QEC)

Des stratégies complémentaires, du plus simple au plus ambitieux.

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III.1 Écho de spin (Spin Echo)

Principe (Hahn, 1950)


Les perturbations lentes sont réversibles : Gain en cohérence
1 Impulsion π
: superposition • Sans écho : T2∗ (court)
2
2 Déphasage pendant τ • Avec écho : T2 ≫ T2∗
3 Impulsion π : renversement de phase • Facteur typique : 10 à 100×
4 Refocalisation après τ : l’écho
Limite : efficace seulement contre le bruit
lent.
E (2τ ) ∝ e −2τ /T2
l’amplitude de l’écho décroît inexorablement avec 2τ

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III.2 Découplage dynamique

Généralisation de l’écho de spin :


Séquence de n impulsions π répétées pour filtrer le bruit Principales séquences
sur une large bande de fréquences. • CPMG : n impulsions régulières
• XY-4 / XY-8 : alternance des axes,
α corrige les imperfections
T2 (n) ∝ n , α>0
• UDD : positions optimisées
mathématiquement

Résultat expérimental
Gains de T2 de 1 à 100× démontrés sur ions piégés et défauts NV dans le diamant.

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III.3 — Correction d’erreurs quantiques (QEC)

Principe : encoder l’information dans un espace de


Hilbert plus grand Condition de seuil
La QEC n’est utile que si
Code de surface
p < pseuil ≈ 10−3 –10−2
• 1 qubit logique ⇒ d 2 qubits physiques
• Tolère des taux d’erreur jusqu’à ∼ 1 % En dessous : taux d’erreur logique décroît
exponentiellement avec d.
• p = probabilité d’erreur sur un qubit physique (ou une porte physique) — c’est ce que vous
mesurez expérimentalement, par exemple "erreur de porte à 2 qubits : 0, 3 %"
• pseuil = ∼ 0, 1 % à 1 % selon l’architecture
• d = distance du code, c’est-à-dire le nombre de qubits physiques par côté (il en faut d 2 au total
pour encoder 1 qubit logique)

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IV. Cas d’étude : Qubits de Rydberg et ions piégés

IV.1 — Qubits de Rydberg IV.2 — Ions piégés


Atomes neutres excités au laser Ions dans un piège de Paul
Mise à l’échelle facile Records de cohérence

⇒ Comparaison des performances (IV.3)

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IV.1 — Qubits de Rydberg

Principe : atome (Rb, Cs) dont un électron est excité


très loin du noyau (n ∼ 50 : atome 2500× plus grand). Performances (2025)
Qubit : |g⟩ ↔ |r ⟩ via blocage de Rydberg (portes à 2 • T2 ∼ 1–5 ms (avec DD)
qubits). • Erreur porte 2Q : 0,3–1 %
Sources de décohérence : • Réseaux de plusieurs centaines de
• Durée de vie limitée (∼ 100 µs) qubits
• Rayonnement corps noir (refroidissement à qq K)
Plateforme la plus prometteuse pour la
• Mouvement dans les tweezers
mise à l’échelle.
• Champs électriques parasites

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IV.2 — Ions piégés

Principe : ion chargé (40 Ca+ , 171 Yb+ ) piégé par un


piège de Paul. Performances (2025)
Vide ultra-poussé (< 10−11 Torr). • T2 > 10 min (qubits horloge)
Encodage du qubit : • Erreur porte 2Q : 0,01–0,1 %
• Optique : T1 ∼ 1 s (limité par Γ)
• Hyperfin (horloge) : T1 ≫ 1 h — choix optimal
Limite
Mise à l’échelle difficile au-delà de quelques
dizaines d’ions (chaînes linéaires).

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Les sources de decoherence sont :
• Chauffage moteur : l’ion vibre légèrement dans le piège. Des fluctuations élec triques résiduelles
amplifient cette vibration et perturbent les portes quantiques.
• Fluctuations magnétiques : les qubits Zeeman sont sensibles au champ magnétique ambiant. On
utilise des blindages magnétiques et des états horloge insensibles au champ au premier ordre.
• Bruit laser : les imperfections du laser de contrôle introduisent des erreurs de rotation sur la
sphère de Bloch.

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IV.3 — Comparaison des deux plateformes

Paramètre
Qubits de Rydberg Ions piégés

Espèce Rb, Cs (neutres) 40


Ca+ , 171
Yb+
T1 ∼100–500 µs ≫ 1 h (hyperfin)
T2 (sans DD) ∼100 µs ∼1–10 s
T2 (avec DD) ∼1–5 ms >10 min
Erreur porte 2Q ∼0,3–1 % ∼0,01–0,1 %
Mise à l’échelle Facile (tweezers 2D) Difficile (chaînes)

Conclusion comparative
Rydberg : scalabilité ↑ | Ions piégés : précision ↑↑

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Conclusion

Ce que nous avons vu :


• 3 sources : émission spontanée, collisions, Perspectives
bruit laser • Atteindre le seuil de faute tolérante
• Formalisme de Lindblad : T1 , T2 (p < 10−2 )
• Techniques : écho, découplage, QEC • Combiner scalabilité (Rydberg) et précision
(ions)
• Deux plateformes de référence
• QEC pratique à grande échelle

Message clé
La décohérence est l’obstacle fondamental du calcul quantique.
Comprendre ses sources, c’est déjà commencer à la vaincre.

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Références

[1] H. M. Wiseman & G. J. Milburn, Quantum Measurement and Control, CUP, 2010.
[2] M. A. Nielsen & I. L. Chuang, Quantum Computation and Information, CUP, 2000.
[3] C. Gardiner & P. Zoller, Quantum Noise, Springer, 2004.
[4] E. L. Hahn, Spin Echoes, Phys. Rev. 80, 580 (1950).
[5] D. Bluvstein et al., Nature 626, 58 (2024).

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