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Thèse

Cette thèse de doctorat présente une étude sur l'élimination de l'arsenic (III et V) dans les eaux souterraines du Burkina Faso en utilisant des latérites naturelles. Les résultats montrent que ces latérites peuvent éliminer efficacement l'arsenic, avec des taux d'élimination atteignant jusqu'à 99,72 % dans des conditions optimales. L'étude inclut également des analyses physico-chimiques et des tests de percolation en colonne, démontrant l'importance de divers facteurs tels que le pH et la concentration initiale sur l'efficacité de l'adsorption.
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Cette thèse de doctorat présente une étude sur l'élimination de l'arsenic (III et V) dans les eaux souterraines du Burkina Faso en utilisant des latérites naturelles. Les résultats montrent que ces latérites peuvent éliminer efficacement l'arsenic, avec des taux d'élimination atteignant jusqu'à 99,72 % dans des conditions optimales. L'étude inclut également des analyses physico-chimiques et des tests de percolation en colonne, démontrant l'importance de divers facteurs tels que le pH et la concentration initiale sur l'efficacité de l'adsorption.
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Université de Mons

Université Ouaga I ---------------


Pr Joseph KI-ZERBO Faculté Polytechnique
---------------
Ecole Doctorale
Sciences et Technologies
Thèse de doctorat en cotutelle
Présentée pour l’obtention du grade de :
Docteur de l’Université Ouaga I Pr JKZ et de l’Université de Mons
Par : Corneille BAKOUAN
Domaine : Sciences et Technologies
Mention : Chimie
Spécialité : Physico-chimie des Matériaux

Caractérisation de quelques sites latéritiques du


Burkina Faso : application à l’élimination de
l’arsenic (III) et (V) dans les eaux souterraines
Soutenue publiquement le 02 février 2018 devant le jury composé de :
Président :
Lucien D. BONOU, Professeur Titulaire, Université Ouaga I Pr Joseph KI-
ZERBO
Membres :
Philippe ANCIA, Professeur, Université de Mons
Pierre VAN ANTWERPEN, Professeur, Université libre de Bruxelles
Philippe HUBERT, Professeur, Université de Liège
Jonas Yao ANDJI-YAPI, Professeur Titulaire Université Felix HOUPHOUET-
BOIGNY (Rapporteur)
Samuel PARE, Maître de Conférences, Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO
(Rapporteur)
Directeurs de Thèse :
Boubié GUEL, Professeur Titulaire, Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO
Anne-Lise HANTSON, Professeur, Université de Mons
a
DEDICACES
A la mémoire de mon père et de mes sœurs

Reposez en paix

A ma mère

b
c
Préambule
Ce travail s’inscrit dans le cadre de l’exécution d’un projet de recherche-
développement, dont les bénéficiaires finaux sont les populations des villages de Tanlili et
de Lilgomdé dans la région du Nord au Burkina Faso qui connaissent un réel problème
d’approvisionnement en eau potable. Ce projet, financé par la Belgique à travers un
programme inter universitaire ciblé soutenu par l’Académie de Recherche et
d’Enseignement Supérieur de la Commission de Coopération au Développement (ARES-
CCD), est une contribution à l’évaluation de l’ampleur des points d’eau contaminés par
l’arsenic par la mise au point d’un outil de détermination du métalloïde d’une part et la mise
au point d’un dispositif d’assainissement des eaux d’autre part.

Remerciements
Ce travail que nous présentons ici a été financé par l’ARES-CCD, financement qui
a permis d’assurer nos mobilités à la Faculté Polytechnique de Mons, de réaliser des
analyses au sein du Service de Génie des Procédés Chimiques et Biochimiques. Qu’il me
soit permis de remercier fortement les responsables de ce programme pour ce soutien et
aussi pour leur disponibilité sans faille à écouter et aider les boursiers.
Ce travail a été réalisé en complément aux seins du Laboratoire de Chimie
Moléculaire et des Matériaux et du Service de Génie des Procédés Chimiques et
Biochimiques sous la codirection respective des Professeurs Boubié GUEL et Anne-Lise
HANTSON. Je leur sais gré d’avoir accepté de codiriger cette thèse et leur exprime ma
sincère gratitude.
Le Professeur Boubié GUEL nous a donné le goût à la recherche en nous
accueillant depuis le DEA, avant le début de ce travail, dans le Laboratoire de Chimie
Moléculaire et des Matériaux/Equipe de Chimie Physique et d’Electrochimie. Je tiens à lui
témoigner toute ma sincère gratitude pour la confiance qu’il a placée en moi, sa
disponibilité et le soutien constant dont j’ai pu bénéficier pendant ces années de thèse.
J’ai pu apprécier sa rigueur scientifique tout au long de ce travail.
Le Professeur Anne-Lise HANTSON a suivi avec intérêt les travaux menés au sein
du Service de Génie des Procédés Chimiques et Biochimiques. Je tiens également à lui
exprimer toute ma gratitude pour sa disponibilité, malgré son emploi de temps très chargé,
pour avoir suivi avec beaucoup d’intérêts ces travaux pendant ces années de thèse au
sein du Service de Génie des Procédés Chimiques et Biochimiques. Je la remercie pour
sa disponibilité continue.
Les conseils précieux, prodigués par les Professeurs Boubié GUEL et Anne-Lise
HANTSON tout au long de ces années de thèse, ont été fort utiles pour la conduite de ce
travail à son terme. Enfin, nous voudrions les remercier pour leur compréhension et leur
tolérance face aux erreurs de jeunesse que nous avons pu commettre.

a
Mes remerciements vont à l’endroit du Professeur Lucien D. BONOU responsable
de l’Equipe Chimie Physique et l’Electrochimique (ECPE) qui m’a accueilli au sein de son
équipe et pour toutes les dispositions prises qui ont abouti à la réalisation de ce travail. Je
tiens à le remercier également pour avoir bien voulu présider le jury de soutenance.
Nos remerciements sont adressés aux Professeurs Jean-Michel KAUFFMANN
coordonnateur principal du projet « Contribution à l'amélioration de l'accès à une eau
potable de qualité pour les populations de la région nord du Burkina Faso » et Issa
T. SOME coordinateur du projet côté sud. Je leur exprime ma profonde gratitude pour leur
participation au jury interne de cette thèse.
Mes remerciements vont à l’endroit des Professeurs Guy DE WEIRELD et Philippe
ANCIA pour respectivement les analyses BET et la mise à ma disposition des tamis pour
l’analyse granulométrique. Je leur exprime également ma profonde gratitude pour les
conseils prodigués pendant les différents comités de thèse et aussi pour leur participation
au jury de cette thèse.
Nous adressons nos remerciements au Professeur Philippe HUBERT et au
Docteur Eric ZIEMONS pour les conseils prodigués pendant les différents comités de
thèse et aussi pour leur participation au jury de cette thèse. Nous sommes reconnaissants
au Docteur Eric ZIEMOINS pour avoir accepté d’être rapporteur de la thèse malgré son
calendrier très chargé.
Nos remerciements vont à l’endroit du Professeur Jonas Yao ANDJI-YAPI et du
Docteur Samuel PARE pour avoir accepté d’être les rapporteurs de cette thèse et pour
leur participation au jury.
Je tiens à remercier le Professeur Yves GOSSUIN pour la mise à notre disposition
du matériel pour la digestion aux micro-ondes et pour sa participation au jury de cette
thèse.
Nous exprimons notre gratitude au professeur Pierre VAN ANTWERPEN de
l’Université Libre de Bruxelles pour sa participation au jury de thèse.
Je remercie également le Professeur Maurice GONON pour la réalisation des
spectres de diffraction des rayons X (DRX) dans le service des matériaux.
Je remercie également Monsieur Jacques DUTRIEUX, Ingénieur Système de
EMRA pour sa disponibilité pour les analyses MEB.
Mes remerciements vont à l’endroit du Professeur Abdoulaye OUEDRAOGO pour
ses conseils pendant ces années de thèse.
Ma gratitude va également à l’endroit de madame Louise CHENOY pour sa
disponibilité et pour m’avoir initié aux méthodes d’analyses par ICP, et également pour sa
disponibilité constante tout au long de cette thèse.
Ma gratitude va également aussi à l’endroit de Valérie SCIAMANNA, pour les
analyses zêtamétriques.

b
Au sein du service de Génie des Procédés Chimiques et Biochimiques, mes
remerciements vont également à l’endroit des autres membres du laboratoire, pour m'avoir
chaleureusement intégré au sein de leur équipe, à savoir Michel DELAUNOIS, Henri
VICENT, Marie-Eve DUPREZ, Aldo MIRISOLA, Joëlle CAMBIER, Julien GERVASI,
Charlotte MERLIN, Robin RONNEAU et Cristiana CASTRO. Je leur dis merci pour leur
disponibilité, pour la bonne ambiance qui a prévalu au cours de ces années passées à
leur côté.
Au sein du Laboratoire de Chimie Moléculaire et des Matériaux, mes
remerciements vont à l’endroit :
du Dr Tambi RAMDE, Maître de Conférences à l’Université de Ouaga 1 Pr J.K.Z,
membre de de l’Equipe Chimie Physique et d’Electrochimie (ECPE) pour ses conseils
précieux ;
du Dr Brahima SORGHO, Maître-assistant à l’Université de Ouaga 1 Pr J.K.Z, pour
ses contributions diverses et ses conseils ;
du Dr Mohamed SEYNOU et du Dr Lamine ZERBO , Maîtres de Conférences à
l’Université Ouaga 1 Pr JKZ, pour leurs conseils précieux.
Je remercie mes collègues doctorants et membres de l’Equipe Chimie Physique et
d’Electrochimie (ECPE) : Issaka GARIKOE, Tibo ZOROME, Ousmane TAPSOBA, Régie
Dimanche OUEDRAOGO, Mamadou OUEDRAOGO et Rodrigue Ollé KAM pour le bon
climat au sein de l’équipe.
Nous souhaitons dire merci à Mlle Rita Yeli KAMBOU pour son soutien moral et
son encouragement constant.
Ces remerciements ne sauraient se terminer sans faire une mention particulière à
Madame Dominique MERTENS qui s’est pleinement investie dans la coordination et la
gestion administrative du projet « Contribution à l'amélioration de l'accès à une eau
potable de qualité pour les populations de la région nord du Burkina Faso ».
J’exprime ma gratitude à l’International Science Program (Suède) à travers le projet
IPICS/BUF : 02 pour le soutien matériel et financier dont j’ai bénéficié.
Enfin, mes derniers remerciements iront à l’endroit de ma famille pour l’aide qu’elle
m’a apportée tout au long de mon cursus scolaire et universitaire.
Merci à tous !

c
e
RESUME
Dans ce travail, les latérites naturelles du Burkina Faso, nommées
respectivement BN, KN et LA, ont été utilisées pour éliminer l'arsenic d’une
solution synthétique. Les effets de dose d'adsorbant, de la variation du pH et de la
concentration initiale sur l'adsorption de l’arsenic ont été étudiés dans des
expériences en batch. Avant ces investigations, les latérites ont été caractérisées
par différentes méthodes physico-chimiques (DRX, FTIR, analyses chimiques
élémentaires, MEB, etc.).
Pour une concentration initiale de 5 mg/l et une dose d'adsorbant de 15 g/l
à une valeur du pH comprise entre 6,5 et 7, le taux d'élimination de As(V) était
de 99,72 ± 0,35 %, de 99,58 ± 0,45 et 85,63 % respectivement pour KN, LA et
BN, tandis que pour As(III), le taux d’adsorption était de 98,59 ± 0,64 %, 83,52
± 2,21% et 74 % pour les échantillons KN, LA et BN respectivement. Il a été
démontré que les latérites adsorbent bien l'arséniate avec une rétention maximale
en milieu acide, et la capacité d'adsorption diminue avec l'augmentation du pH,
tandis que, l’adsorption de l’arsénite est indépendante du pH pour une gamme de
pH inférieur à 9. Les résultats ont été modélisés par les modèles de Langmuir,
Freundlich et Dubinin-Rasdushkevich (D-R) et s’adaptent bien aux trois modèles
utilisés. Les études sur les résidus après adsorption de l’arsenic permettent de
montrer que l'adsorption sur la surface des latérites se fait principalement par
échange de ligands et l'interaction électrostatique serait insignifiante.
Les études menées sur les anions en solution, sur le taux d’élimination de
l’arsenic par les latérites KN et LA ont montré que seuls les ions bicarbonates
influencent le taux d’élimination de l’arsenic.
Les essais de percolation en colonne menés pour la latérite KN se sont
avérés concluants avec des temps de percées meilleurs pour des concentrations
inférieures à l’entrée de la colonne. La capacité d'adsorption dépend fortement du
débit à l’entrée de la colonne, de la concentration initiale en As, de la hauteur du
lit et de la taille des particules.
Mots clés : Burkina Faso, latérites, adsorption, arsenic, batch, colonne.

f
ABSTRACT
In this work, natural laterites of Burkina Faso named BN, KN and LA
respectively were used to remove arsenic (III, V) from a synthetic solution. The
effects of adsorbent dose, pH variation and initial concentration on arsenic
adsorption were studied in batch experiments. Before these investigations, the
natural laterites have been characterized by different physical and chemical
methods (XRD, FTIR, elementary chemical analyses, SEM, etc.).
For an initial concentration of 5 mg/L and an adsorbent dose of 15 g/L at a
pH value between 6.5 and 7, removal efficiency achieved for As (V) are 99.72 ±
0.35 %, 99.58 ± 0.45 % and 85,63 % for KN, LA and BN respectively, whereas
As(III) removal reaches 83.52 ± 2.21 %, 98.59 ± 0.64 % and 74 % for LA, KN
and LA respectively. It has been demonstrated that laterites adsorb arsenate with
a maximum retention in acid medium, and the adsorption capacity decreases with
increasing pH, while arsenite adsorption is independent of the pH for a pH range
lower than 9. The results have been modeled by the models of Langmuir,
Freundlich and Dubinin-Rasdushkevich (D-R) and adapts well to the three
models. Studies on residues after adsorption of arsenic suggest that adsorption on
the surface of the laterites is mainly by ligand exchange and the electrostatic
interaction is insignificant.
Studies carried out on the anions in solution on arsenic removal by KN and
LA laterites showed that only bicarbonate ions influence the rate of arsenic
removal.
Column percolation tests conducted for KN laterite were successful with
better breakthrough times for arsenic smaller concentrations at the column. The
adsorption capacity is highly dependent on column inlet flow, initial As
concentration, bed height, and particle size.
Key words: Burkina Faso, laterite, adsorption, arsenic, batch, column.

f
TABLE DES MATIERES

Introduction générale .................................................................................... - 1 -


Références bibliographiques ......................................................................... - 5 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées par l’arsenic
.......................................................................................................................... - 8 -
1 Introduction ............................................................................................... - 8 -
2 L’arsenic .................................................................................................... - 8 -
2.1 Généralité sur l’arsenic (As) ............................................................... - 8 -
2.2 Les propriétés de l’arsenic .................................................................. - 9 -
2.3 Les différentes formes de l’arsenic ..................................................... - 9 -
2.3.1 Les formes inorganiques ................................................................ - 12 -
2.3.2 Les formes organiques ................................................................... - 12 -
2.4 Toxicité de l’arsenic .......................................................................... - 13 -
2.5 L’arsenic dans les milieux aqueux .................................................... - 15 -
2.6 Source de l’arsenic ............................................................................ - 16 -
2.6.1 Sources naturelles ...................................................................... - 17 -
2.6.2 Sources anthropiques ................................................................. - 17 -
2.7 Contamination des eaux souterraines par l’arsenic au Burkina Faso - 17 -
3 Les méthodes d’élimination de l'arsenic ................................................. - 19 -
3.1 Les techniques physicochimiques ou conventionnelles ................... - 19 -
3.1.1 L’adsorption ............................................................................... - 19 -
3.1.2 La coagulation-floculation ......................................................... - 21 -
3.1.3 La précipitation .......................................................................... - 22 -
3.1.4 L’échange ionique ...................................................................... - 22 -
3.1.5 Les techniques membranaires .................................................... - 23 -
3.2 Principaux avantages et inconvénients des procédés physicochimiques.. -
23 -
4 La latérite ................................................................................................. - 25 -
4.1 Définition générale de la latérite ....................................................... - 25 -
4.2 La latérite du dictionnaire ................................................................. - 27 -
4.3 La latérite vue par un ingénieur ........................................................ - 27 -
4.4 Caractéristiques des latérites ............................................................. - 27 -
4.4.1 Caractéristiques chimiques et minéralogiques .......................... - 28 -
4.4.2 Caractéristiques physiques ........................................................ - 29 -
4.5 Formation des latérites ...................................................................... - 30 -
4.5.1 Facteurs de formation ................................................................ - 30 -
4.5.2 Classification des latérites ......................................................... - 31 -
4.6 Propriétés physico-chimiques des latérites ....................................... - 32 -

i
4.6.1 Espaces interfoliaires et capacité d’échange cationique (C.E.C) - 33
-
4.6.2 La granulométrie ........................................................................ - 34 -
4.6.3 Propriété de surface et surface spécifique des minéraux
latéritiques ........................................................................................... - 35 -
4.7 Utilisation des matières premières latéritiques ................................. - 36 -
5 Les adsorbants utilisés pour l’élimination de l’arsenic ........................... - 37 -
5.1 Le charbon actif ................................................................................ - 37 -
5.2 Les oxydes et hydroxydes de fer, d’aluminium et de manganèse .... - 38 -
5.3 Les latérites ....................................................................................... - 38 -
6 Cinétique d’adsorption ............................................................................ - 40 -
7 Les isothermes d’adsorption en batch ..................................................... - 41 -
7.1 Classification des isothermes ............................................................ - 41 -
7.2 Linéarisation des isothermes ............................................................. - 44 -
7.2.1 Modèle de Langmuir .................................................................. - 44 -
7.2.2 Modèle de Freundlich ................................................................ - 46 -
8 Procédés d’adsorption de As(III, V) par percolation sur lit fixe ............. - 48 -
8.1 Le lit fixe ........................................................................................... - 48 -
8.2 Une courbe de percée ........................................................................ - 49 -
9 Conclusion ............................................................................................... - 50 -
Références bibliographiques ....................................................................... - 51 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales ............................. - 61 -
1 Introduction ............................................................................................. - 61 -
2 Méthodes physico-chimiques des caractérisations des eaux ................... - 61 -
2.1 Mesures in situ .................................................................................. - 61 -
2.2 Analyses au laboratoire ..................................................................... - 62 -
3 Caractérisation des latérites ..................................................................... - 64 -
3.1 Caractérisation physico-chimique..................................................... - 64 -
3.1.1 La densité ................................................................................... - 64 -
3.1.2 Le taux d’humidité ...................................................................... - 65 -
3.1.3 La perte au feu (PF) ................................................................... - 66 -
3.1.4 La granulométrie par tamisage .................................................. - 66 -
3.1.5 La surface spécifique (SS) ........................................................... - 67 -
3.1.6 La capacité d’échange cationique.............................................. - 70 -
3.1.7 Spectrométrie d’Emission Atomique à source de plasma à couplage
inductif (ICP – AES) ............................................................................ - 72 -
3.1.8 Le carbone organique total sur solide ....................................... - 74 -
3.1.9 La matière organique ................................................................. - 75 -
3.2 Caractérisations minéralogiques ....................................................... - 76 -
3.2.1 Diffraction des rayons X (DRX) ................................................. - 76 -
3.2.2 La spectrométrie infrarouge (FT-IR) ......................................... - 77 -

ii
3.3 Analyse thermogravimétrie et la calorimétrie différentielle à balayage
(ATG/DSC) ............................................................................................. - 79 -
3.3.1 Principe ...................................................................................... - 80 -
3.3.2 Mode opératoire ......................................................................... - 81 -
3.4 Microscopie électronique à balayage (MEB) ................................... - 81 -
3.4.1 Principe ...................................................................................... - 82 -
3.4.2 Mode opératoire ......................................................................... - 83 -
3.5 La zêtamétrie ..................................................................................... - 83 -
3.5.1 Principe ...................................................................................... - 84 -
3.5.2 Le point isoélectrique (PI).......................................................... - 85 -
3.5.3 Mode opératoire ......................................................................... - 86 -
4 Essais d’adsorption de l’arsenic (III, V) par les latérites ........................ - 86 -
4.1 Matériel et produits ........................................................................... - 86 -
4.2 Essais en batch .................................................................................. - 87 -
4.2.1 Effet de dose de l’adsorbant ....................................................... - 87 -
4.2.2 Effet de la concentration initiale en arsenic .............................. - 88 -
4.2.3 Effet du pH sur le taux d’adsorption de l’arsenic ...................... - 89 -
4.2.4 Effet des ions sulfate, nitrate, phosphate et bicarbonate sur le taux
d’adsorption de l’arsenic (III, V) ........................................................ - 89 -
4.3 Adsorption de As(III, V) par la latérite KN dans une colonne à lit fixe
par percolation......................................................................................... - 90 -
4.3.1 Les courbes de percée ................................................................ - 90 -
4.3.2 Analyse des paramètres de conception de la colonne ................ - 91 -
4.3.3 Les modèles mathématiques ....................................................... - 92 -
5 Conclusion ............................................................................................... - 94 -
Références bibliographiques ....................................................................... - 95 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forage des
localités de Tanlili et Lilgomdé au Nord du Burkina Faso .................... - 101 -
1 Introduction ........................................................................................... - 101 -
2 Présentation de la zone d’étude ............................................................. - 102 -
3 Prélèvement et mesures ......................................................................... - 104 -
4 Mesures in situ ....................................................................................... - 105 -
4.1 La température ................................................................................ - 105 -
4.2 Le potentiel hydrogène (pH) ........................................................... - 105 -
4.3 La conductivité électrique (CE) ...................................................... - 107 -
4.4 L’oxygène dissous (%) ................................................................... - 107 -
4.5 Le potentiel d’oxydo-réduction (Eh) .............................................. - 108 -
5 Analyses au laboratoire ......................................................................... - 109 -
5.1 L’indice de Ryznar (IRz) ................................................................ - 109 -
5.2 La dureté ou le titre hydrotimétrique (TH) ..................................... - 111 -
5.3 Le calcium ....................................................................................... - 112 -
5.4 Le magnésium ................................................................................. - 113 -

iii
5.5 Le titre alcalimétrique complet (TAC) ........................................... - 114 -
5.6 Les bicarbonates.............................................................................. - 115 -
5.7 Les anions (Cl-, NO3-, PO43-, SO42-)................................................ - 116 -
5.8 Les cations....................................................................................... - 116 -
6 Faciès hydrochimiques .......................................................................... - 117 -
7 Conclusion ............................................................................................. - 120 -
Références bibliographiques ..................................................................... - 122 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physico - chimiques ... -
125 -
1 Introduction ........................................................................................... - 125 -
2 Matières premières latéritiques.............................................................. - 125 -
2.1 Techniques de prélèvement............................................................. - 125 -
2.2 Cadre géographique et contexte géologique ................................... - 126 -
2.2.1 Origine des échantillons........................................................... - 126 -
2.2.2 Contextes géologiques spécifiques des sites ............................ - 127 -
3.1 Caractérisations physiques .............................................................. - 130 -
3.1.1 Le taux d’humidité .................................................................... - 130 -
3.1.2 La perte au feu .......................................................................... - 131 -
3.1.3 La densité ................................................................................. - 131 -
3.1.4 La granulométrie ...................................................................... - 132 -
3.1.5 Mesure de la surface spécifique (SS) par la méthode BET....... - 133 -
3.1.6 Détermination de la capacité d’échange cationique (CEC) .... - 134 -
3.1.7 Le carbone organique total et la quantité de matière organique ...... -
137 -
3.1.8 Le point isoélectrique (PI) des échantillons de latérite ........... - 138 -
3.2 Analyse chimique élémentaire ........................................................ - 140 -
3.3 Caractérisation minéralogique ........................................................ - 141 -
3.3.1 La diffractions des rayons X (DRX) ......................................... - 141 -
3.3.2 La spectrométrie infrarouge (IR) ............................................. - 144 -
3.4 Analyse thermogravimétrie et la calorimétrie différentielle à balayage
(ATG/DSC) ........................................................................................... - 147 -
3.5 Caractérisation microstructurale ..................................................... - 149 -
4 Conclusion ............................................................................................. - 151 -
Références bibliographiques ..................................................................... - 153 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par
les latérites................................................................................................... - 159 -
1 Introduction ........................................................................................... - 159 -
2 Adsorption en batch ............................................................................... - 159 -
2.1 Investigations structurale et microstructurale après adsorption de
l’arsenic ................................................................................................. - 160 -
2.1.1 La spectrométrie Infrarouge (IR) ............................................. - 160 -
2.1.2 La microstructure ..................................................................... - 163 -

iv
2.1.3 La Diffraction des Rayons X (DRX) ......................................... - 165 -
2.1.4 Analyse thermogravimétrie et calorimétrie différentielle à balayage
(ATG/DSC) ........................................................................................ - 171 -
2.2 Effet du temps de contact et de la cinétique d’adsorption de
l’arsenic (III, V) .................................................................................... - 174 -
2.3 Effet de dose sur l’adsorption de As(III, V) ................................... - 177 -
2.4 Effet de la concentration initiale en arsenic-relevé des isothermes - 181 -
2.5 Linéarisation des isothermes ........................................................... - 182 -
2.5.1 Modèle de Langmuir ................................................................ - 183 -
2.5.2 Modèle de Freundlich .............................................................. - 187 -
2.5.3 Modèle de Dubinin-Rasdushkevich (D-R) ............................... - 190 -
2.6 Effet du pH sur l’adsorption de As(III, V)...................................... - 193 -
3 Etude comparative de l’adsorption de As(III, V) sur les latérites, la goethite
et la kaolinite ............................................................................................ - 195 -
4 Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsenic ........ - 197 -
5 Effet des anions co-existants sur l’adsorption de As(III, V) par les latérites
KN et LA .................................................................................................. - 201 -
6 Conclusion ............................................................................................. - 205 -
Références bibliographiques ..................................................................... - 207 -
Chapitre VI : Etude de l’adsorption de As(III, V) par la latérite KN en
colonne à lit fixe .......................................................................................... - 213 -
1 Introduction ........................................................................................... - 213 -
2 Etude de l’adsorption de l’arsenic en colonne par percolation ............. - 214 -
2.1 Effet de la hauteur du lit.................................................................. - 214 -
2.2 Effet du débit à l’entrée de la colonne ............................................ - 215 -
2.3 Effet de la concentration initiale en As(V) ..................................... - 219 -
2.4 Effet de la granulométrie ................................................................ - 222 -
2.5 Effet du traitement thermique de la latérite .................................... - 223 -
3 Analyse des données de l’adsorption .................................................... - 225 -
4 Conclusion ............................................................................................. - 229 -
Références bibliographiques ..................................................................... - 230 -
Conclusion générale ................................................................................... - 233 -
Annexes ....................................................................................................... - 237 -

v
LISTE DES FIGURES

Figure I. 1 : Spéciation de l’arsenic en fonction du pH : (a) As(III), (b) As(V)


[10] ................................................................................................................. - 11 -
Figure I. 2 : Diagramme d’équilibre (Eh, pH) pour les espèces aqueuses
arséniées [11]................................................................................................. - 11 -
Figure I. 3 : Principales formes de l’arsenic inorganique dans l’environnement
[12] ................................................................................................................. - 12 -
Figure I. 4 : Principales formes de l’arsenic organique dans l’environnement
[12] ................................................................................................................. - 13 -
Figure I. 5 : Cancer de la peau provoqué par l’arsenic. A : Hyperkératose des
mains et des pieds ; B : Maladie des pieds noirs [14] ................................... - 14 -
Figure I. 6 : Répartition mondiale des eaux souterraines contaminées par
l'arsenic d'origine naturelle ou anthropique et estimations des personnes
contaminées modifiée selon [10] ................................................................... - 16 -
Figure I. 7 : Principales interactions entre un atome ou une molécule et un
solide à l’interface solide/liquide [29]........................................................... - 20 -
Figure I. 8 : Exemple de sol latéritique [43] ................................................ - 26 -
Figure I. 9 : Structure d’une kaolinite, feuillet à 7 Å, en deux dimensions (A) et
en trois dimensions (B) [49] .......................................................................... - 29 -
Figure I. 10 : Coupe schématique d’un profil type de sol issu de roches
ultramafiques [51] ......................................................................................... - 31 -
Figure I. 11 : Feuillet et espace interfoliaire d’une kaolinite [49] .............. - 33 -
Figure I. 12 : Image MEB de la kaolinite montrant l’empilement des plaquettes
[49] ................................................................................................................. - 35 -
Figure I. 13 : Mécanismes d'adsorption de surface interne et externe [82]. - 40 -
Figure I. 14 : Représentation des six classes d’isothermes d’adsorption selon
l’IUPAC [85] ................................................................................................. - 43 -
Figure I. 15 : Courbe de percée expérimentale pour un lit fixe [91] ........... - 50 -
Figure II. 1 : Structure chimique de la molécule de bleu de méthylène ....... - 69 -
Figure II. 2 : Schéma de principe de l’ICP-AES [23] .................................. - 73 -
Figure II. 3 : Cycle thermique du four micro-onde ...................................... - 74 -
Figure II. 4 : Schéma du principe de la diffraction des rayons X modifié selon
Laurie PESANT [25] ...................................................................................... - 77 -
Figure II. 5 : Schéma de principe d’un spectromètre FT-IR [28] ................ - 79 -
Figure II. 6 : Schéma d’une TGA/DSC1-STARe ........................................... - 81 -
Figure II. 7 : Schéma du microscope électronique à balayage [14] ............ - 83 -
Figure II. 8 : Schéma de l’interface solide-liquide [32] ............................... - 84 -
Figure II. 9 : Schéma du Zetasizer Nano ZS servant à la mesure des potentiels
zêtas et le PI ................................................................................................... - 86 -

vi
Figure III. 1 : Localisation des sites d’études sur la carte de Yatenga (Région
du nord du Burkina Faso)............................................................................. - 103 -
Figure III. 2 : Carte géologique de la zone de Ouahigouya montrant les
concentrations d’arsenic dans les eaux souterraines provenant des forages et des
puits [4] ........................................................................................................ - 104 -
Figure III. 3 : Variation de la Température au cours de l’année ................ - 105 -
Figure III. 4 : Variation du potentiel hydrogène au cours de l’année ........ - 106 -
Figure III. 5 : Variation de la conductivité électrique au cours de l’année - 107 -
Figure III. 6 : Variation du pourcentage de saturation en oxygène au cours de
l’année .......................................................................................................... - 108 -
Figure III. 7 : Variation du potentiel redox au cours de l’année ................ - 109 -
Figure III. 8 : Variation de l’indice de Ryznar au cours de l’année ........... - 111 -
Figure III. 9 : Variation de la dureté totale au cours de l’année ................ - 112 -
Figure III. 10 : Variation de la teneur en calcium au cours de l’année ...... - 113 -
Figure III. 11 : Variation de la teneur en magnésium au cours de l’année - 114 -
Figure III. 12 : Variation du Titre Alcalimétrie Complet au cours de l’année .... -
115 -
Figure III. 13 : Variation de la teneur en ion ions hydrogénocarbonates au cours
de l’année ..................................................................................................... - 116 -
Figure III. 14 : Diagramme de Piper des échantillons d’eau de Tanlili et
Lilgomdé pour le mois de Juillet.................................................................. - 119 -
Figure III. 15 : Diagramme de Piper des échantillons d’eau de Tanlili et
Lilgomdé pour le mois de décembre ............................................................ - 120 -
Figure IV. 1 : Carte géologique simplifiée du Burkina en lien avec la location
des sites d’échantillonnage........................................................................... - 127 -
Figure IV. 2 : Carte géologique du site latéritique de Kaya-Nord ............. - 128 -
Figure IV. 3 : Carte géologique du site latéritique de Laye ....................... - 129 -
Figure IV. 4 : Carte géologique du site latéritique de Bobo-Nord ............. - 130 -
Figure IV. 5 : Courbes des analyses granulométriques des échantillons ... - 133 -
Figure IV. 6 : Isotherme d’adsorption du bleu de méthylène de l’échantillon
BN, KN et LA .............................................................................................. - 135 -
Figure IV. 7 : Détermination du point isoélectrique de la latérite à partir de la
variation du potentiel zêta avec le pH pour BN, KN et LA ......................... - 139 -

vii
Figure IV. 8 : Diffractogramme de la matière première BN ...................... - 143 -
Figure IV. 9 : Diffractogramme de la matière première KN ...................... - 143 -
Figure IV. 10 : Diffractogramme de la matière première LA .................... - 144 -
Figure IV. 11 : Spectre infrarouge de la latérite BN .................................. - 146 -
Figure IV. 12 : Spectre infrarouge de la latérite KN .................................. - 146 -
Figure IV. 13 : Spectre infrarouge de la latérite LA ................................... - 147 -
Figure IV. 14 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite BN................... - 148 -
Figure IV. 15 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite KN .................. - 149 -
Figure IV. 16 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite LA ................... - 149 -
Figure IV. 17 : Images MEB de la latérite BN ........................................... - 150 -
Figure IV. 18 : Images MEB de la latérite KN ........................................... - 150 -
Figure IV. 19 : Images MEB de la latérite LA ........................................... - 150 -
Figure V. 1 : Spectres FTIR de la latérite BN avant et après adsorption de
l’arsenic (III, V) ........................................................................................... - 161 -
Figure V. 2 : Spectres FTIR de la latérite KN avant et après adsorption de
l’arsenic (III, V) ........................................................................................... - 161 -
Figure V. 3 : Spectres FTIR de la latérite LA avant et après adsorption de
l’arsenic (III, V) ........................................................................................... - 162 -
Figure V. 4 : Image MEB de la latérite BN en contact de l’eau distillée et en
contact avec une solution de As(III,V) à 5 mg/L. ........................................ - 163 -
Figure V. 5 : Image MEB de la latérite KN en contact de l’eau distillée et en
contact avec une solution de As(III,V) à 5 mg/L ......................................... - 164 -
Figure V. 6 : Image MEB de la latérite LA en contact de l’eau distillée et en
contact avec une solution de As(III, V) à 5 mg/L. ....................................... - 165 -
Figure V. 7 : Représentation schématique des mécanismes d'adsorption de
l'arséniate sur la goethite [11] ...................................................................... - 166 -
Figure V. 8 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite BN, BN + As(III) et
BN +As(V) ................................................................................................... - 168 -
Figure V. 9 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite KN, KN + As(III) et
KN +As(V) ................................................................................................... - 169 -
Figure V. 10 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite LA, LA + As(III)
et LA +As(V) ............................................................................................... - 170 -
Figure V. 11 : Thermogrammes DSC de la latérite BN, BN + As(III) ...... - 171 -

viii
Figure V. 12 : Thermogrammes DSC de la latérite de BN, BN + As(V) ... - 172 -
Figure V. 13 : Thermogrammes DSC de la latérite KN, KN + As(III) ...... - 172 -
Figure V. 14 : Thermogrammes DSC de la latérite KN, KN + As(V) ....... - 173 -
Figure V. 15 : Thermogrammes TGA/DSC de LA, LA + As(III).............. - 173 -
Figure V.16 : Thermogrammes DSC de la latérite LA, LA + As(V) ......... - 174 -
Figure V. 17 : Effet du temps de contact sur l'élimination de l'arsenic (III, V)
par les latérites KN et LA. m = 0, 5 g d'adsorbant et C0 = 5 mg/L .............. - 175 -
Figure V. 18 : Effet de dose des adsorbants BN, KN et LA sur l’adsorption de
As(III). C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose adsorbant : 2,5 – 45 g/L ; Temps d’agitation
: 24h; 0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm ............................................ - 178 -
Figure V. 19 : Effet de la dose des adsorbants BN, KN et LA sur l’adsorption
de As(V). C(As(V)) = 5 mg/L ; Dose adsorbant : 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation : 24h ; 0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm......................... - 179 -
Figure V. 20 : Isotherme d’adsorption de As(III) sur les adsorbants BN, KN et
LA. C(As(III)) : 1 – 10 mg/L ; Dose ads : 10 g/L ; Temps d’agitation : 24 h;
0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm ...................................................... - 182 -
Figure V. 21 : Isotherme d’adsorption de As(V) sur les adsorbants BN, KN et
LA. C(As(V)) : 1 – 10 mg/L ; Dose ads : 10 g/L ; Temps d’agitation : 24h;
0,297 mm≤ granulométrie < 0,354 mm ....................................................... - 182 -
Figure V. 22 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite BN selon l’équation de Langmuir .......................................... - 184 -
Figure V. 23 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite KN selon l’équation de Langmuir .......................................... - 184 -
Figure V. 24 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite LA selon l’équation de Langmuir .......................................... - 185 -
Figure V. 25 : Représentation du paramètre RL en fonction des différentes
concentrations en As(III).............................................................................. - 185 -
Figure V. 26 : Représentation du paramètre RL en fonction des différentes
concentrations en As(V)............................................................................... - 186 -
Figure V. 27 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite BN selon l’équation de Freundlich ........................................ - 188 -
Figure V. 28 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite KN selon l’équation de Freundlich ........................................ - 188 -
Figure V. 29 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite LA selon l’équation de Freundlich......................................... - 189 -

ix
Figure V. 30 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite BN selon l’équation de D-R ................................................... - 191 -
Figure V. 31 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite KN selon l’équation de D-R................................................... - 191 -
Figure V. 32 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)
sur la latérite LA selon l’équation de D-R ................................................... - 192 -
Figure V. 33 : Effet de pH sur le taux d’adsorption de As(III) par BN, KN et
LA. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 10 g/L; Temps d’agitation = 24 heures ;
0,295 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm ..................................................... - 194 -
Figure V. 34 : Effet de pH sur le taux d’adsorption de As(V) par BN, KN et
LA. C(As(V)) = 5 mg/L ; Dose ads = 10g/L ; Temps d’agitation = 24 heures ;
0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm ...................................................... - 195 -
Figure V. 35 : Effet comparatif sur le taux d’élimination de As(III, V) entre les
latérites et la goethite. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation = 24 heures. ................................................................................ - 196 -
Figure V. 36 : Effet comparatif sur le taux d’élimination de As(III, V) entre les
latérites et la kaolinite. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation = 24 heures ................................................................................. - 196 -
Figure V. 37 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsénite
par KN .......................................................................................................... - 199 -
Figure V. 38 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de
l’arséniate par KN ........................................................................................ - 199 -
Figure V. 39 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsénite
par LA .......................................................................................................... - 200 -
Figure V. 40 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de
l’arséniate par LA ......................................................................................... - 200 -
Figure V. 41 : Diagramme schématique des mécanismes d'adsorption interne et
externe pour LA et KN................................................................................. - 201 -
Figure V. 42 : Effet des anions sur le taux d’adsorption de As(III, V). (a) effet
des ions bicarbonate pour KN et LA, (b) effet de l’ensemble des anions pour
KN, (c) effet des ions phosphate, nitrate et sulfate ...................................... - 205 -
Figure VI. 1 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe garni de l’adsorbant
KN à différentes profondeur (C0 = 1,5 mg/L et Q = 3 mL/min) ................. - 215 -
Figure VI. 2 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 2,5 cm
garni de l’adsorbant KN à différents débits. ................................................ - 218 -

x
Figure VI. 3 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 7 cm
garni de l’adsorbant KN à différents débits. ................................................ - 219 -
Figure VI. 4 : Courbe de percée de As(III) pour un lit fixe de diamètre 7 cm
garni de l’adsorbant KN à différents débits. ................................................ - 219 -
Figure VI. 5 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 2,5 cm
garni de l’adsorbant KN à différentes concentrations.................................. - 221 -
Figure VI. 6 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 7 cm
garni de l’adsorbant KN à différentes concentrations.................................. - 222 -
Figure VI. 7 : Courbes de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 5 cm
garni de l’adsorbant KN à différentes granulométries ................................. - 223 -
Figure VI. 8 : Courbes de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 5 cm
garni de l’adsorbant KN pour la latérite traitée thermiquement et non traitée ...... -
224 -

xi
LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. 1 : Propriétés physico-chimiques de l’élément arsenic [1] ........... - 9 -


Tableau I. 2 : Equilibres en solutions aqueuses et les pKa des formes acides de
l’arsenic [8] .................................................................................................... - 10 -
Tableau I. 3 : Principaux composés d’arsenic avec des valeurs de la dose létale
médiane (DL50) [6]........................................................................................ - 15 -
Tableau I. 4 : Avantages et inconvénients des procédés physico-chimiques
conventionnels [39] ........................................................................................ - 25 -
Tableau I. 5 : Composition de la latérite [44] ............................................... - 27 -
Tableau I. 6 : Valeurs de S/R en fonction de la classe granulométrique utilisée
[50] ................................................................................................................. - 32 -
Tableau II. 1 : Paramètres et méthodes analytiques utilisées pour l’analyse des
eaux in situ ..................................................................................................... - 62 -
Tableau II. 2 : Paramètres et méthodes utilisées pour les analyses au
laboratoire ...................................................................................................... - 63 -
Tableau III. 1 : Références et coordonnées géographiques des sites d’étude ...... -
103 -
Tableau III. 2 : Relation entre IRz et la tendance incrustante ou corrosive de
l’eau [15] ...................................................................................................... - 110 -
Tableau III. 3 : Norme pour la dureté des eaux de boisson d’après l’O.M. S [16]
...................................................................................................................... - 112 -
Tableau III. 4 : Teneurs moyennes des ions des eaux de Tanlili et Lilgomdé .... -
118 -
Tableau IV. 1 : Sites de prélèvement et coordonnées géographiques de nos
échantillons .................................................................................................. - 126 -
Tableau IV. 2 : Taux d’humidité des différents échantillons BN, KN et LA - 130 -
Tableau IV. 3 : Perte au feu des différents échantillons BN, KN et LA ...... - 131 -
Tableau IV. 4 : Comparaison des valeurs des densités des latérites BN, KN et
LA avec d'autres latérites ............................................................................. - 132 -
Tableau IV. 5 : Comparaison des valeurs des surfaces spécifiques B.E.T et
volume des pores des trois latérites avec d’autres latérites dans la littérature .... -
134 -
Tableau IV. 6 : Valeurs de la capacité d’échange cationique au BM et de la
surface spécifique (Ss) des latérites BN, KN et LA ...................................... - 135 -
Tableau IV. 7: Valeurs de la capacité d’échange cationique (CEC) des
échantillons bruts BN, KN et LA .................................................................. - 136 -
Tableau IV. 8 : Comparaison des valeurs de la CEC pour les latérites BN, KN
et LA avec d'autres adsorbants .................................................................... - 137 -

xii
Tableau IV. 9 : Teneur de carbone total, de carbone inorganique et de carbone
organique des échantillons bruts BN, KN et LA .......................................... - 137 -
Tableau IV. 10 : Quantités de matière organique des échantillons bruts BN, KN
et LA ............................................................................................................. - 138 -
Tableau IV. 11 : Comparaison des valeurs du point isoélectrique pour les
latérites BN, KN et LA avec d'autres latérites ............................................. - 140 -
Tableau IV. 12 : Composition chimique élémentaire de BN, KN et LA en %
massique ....................................................................................................... - 140 -
Tableau IV. 13 : Composition chimique des échantillons par type d’éléments en
% massique................................................................................................... - 141 -
Tableau IV. 14 : Comparaison des principaux minéraux présents dans les
latérites BN, KN et LA avec d’autres latérites ............................................. - 142 -
Tableau IV. 15 : Interprétation des spectres Infrarouges de BN, KN et LA- 145 -
Tableau IV. 16 : Quelques caractéristiques des latérites BN, KN et LA
comparées à d’autres latérites rapportées dans la littérature .................... - 152 -
Tableau V. 1 : Appréciation qualitative des intensités des bandes caractéristiques
des liaisons inter-atomiques après adsorption de As(III) et As(V) par les latérites
BN, KN et LA. ............................................................................................. - 162 -
Tableau V. 2 : Paramètres cinétiques et coefficients de corrélation pour
l'adsorption As (III) et As (V) sur les latérites ............................................. - 176 -
Tableau V. 3 : Quelques pourcentages d’élimination de As(III,V) pour des
latérites rapportées dans la littérature........................................................... - 180 -
Tableau V. 4 : Les paramètres de l’isotherme de Langmuir à la température de
18 ± 2 °C ...................................................................................................... - 186 -
Tableau V. 5 : Comparaison de la capacité maximale d'adsorption des latéritiques
BN, KN et LA avec d'autres adsorbants ...................................................... - 187 -
Tableau V. 6 : Les paramètres de l’isotherme de Freundlich à la température de
18 ± 2 °C ...................................................................................................... - 189 -
Tableau V. 7 : Les paramètres de l’isotherme de D-R à la température de 18 ±2
°C.................................................................................................................. - 192 -
Tableau V. 8 : Comparaison de la capacité d'adsorption selon D-R des
latéritiques BN, KN et LA avec d'autres adsorbants ................................... - 193 -
Tableau V. 9 : Résultats comparatifs des pourcentages de l’élimination de As(III,
V) par les latérites, la goethite et la kaolinite............................................... - 197 -
Tableau VI.1 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne à
différentes profondeurs de lit ....................................................................... - 215 -
Tableau VI. 2 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 2,5 cm à différents débits .............................................................. - 217 -
Tableau VI.3 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 7 cm à différents débits pour As(V) .............................................. - 217 -
Tableau VI. 4 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne à
différents débits : diamètre 7 cm pour As(III). ............................................ - 218 -

xiii
Tableau VI.5 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne ce
diamètre 2,5 cm à différentes concentrations .............................................. - 221 -
Tableau VI. 6 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 7 cm à différentes concentrations. ................................................ - 221 -
Tableau VI.7 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 5 cm à différentes granulométries ................................................. - 223 -
Tableau VI. 8 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 5 cm pour la latérite traitée thermiquement et non traitée ............ - 225 -
Tableau VI. 9 : Estimation du volume d’eau traitée pour une colonne de diamètre
50 cm et une hauteur de lit de 1 m ............................................................... - 226 -
Tableau VI. 10 : Paramètres de la colonne de lit fixe pour l'adsorption de As par
la latérite KN ................................................................................................ - 227 -

xiv
LISTE DES ABRÉVIATIONS

As : Arsenic
ADMA (III) : Acide dimethyl arsénieux
AMMA (III) : Acide monométhyl arsénieux
ATG : Analyse thermogravimétrique
BET : Brunauer, Emmet et Teller
BN : Bobo Nord
CE : Conductivité électrique
C.E.C: Capacité d’Echange Cationique
𝐂𝟎 : Concentration initiale en arsenic (mg/L)
𝐂𝐞 : Concentration à l’équilibre en arsenic (mg/L)
dpoudre : densité des poudres
D–R : Dubinin–Radushkevich
DRX : Diffraction des rayons X
DSC : Differential Scanning calorimetry
Eh : Potentiel redox
FT-IR : Spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier
ICP-AES: Inductively Coupled Plasma-Atomic Emission Spectrometry
IC : Carbone inorganique
IRz : Indice de Ryznar
KF : Constante de Freundlich
KL: Constante d’équilibre de Langmuir
KN : Kaya Nord
LA : Laye
m: Masse de l’adsorbant (g)
MEB : Microscopie électronique à balayage
MO : Teneur en matière organique
𝓝𝑨 : Nombre d’Avogadro

xiv
n: Intensité d’adsorption de Freundlich
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PF: Perte au feu à 1000 °C
𝐪𝒆 : Quantité d’arsenic par unité de masse d’adsorbant à l’équilibre (mg/g)
𝐪𝐦 : Capacité maximale d’adsorption (mg/g)
R : Constante des gaz parfaits
RL : Paramètre de Langmuir
SBET : Surface spécifique au BET (m2/g)
T : Température (°C)
TA : Titre alcalimétrie
TAC : Titre alcalimétrie complet
TC : Carbone total
TH : Taux d’humidité à 105 °C
TOC : Carbone organique total
V : Volume de la solution (mL)
Vm : Volume molaire occupé par une mole de vapeur
ζ ∶ Potentiel zêta
∆𝐆° : Energie libre de Gibbs

xv
Introduction générale

Introduction générale

La question de l’eau, problématique récurrente, est l’une des plus


stratégiques de notre temps et des plus difficiles parce qu’elle est associée à la vie
et qu’elle n’est pas le produit de l’homme. Dans les pays sahéliens et
particulièrement dans les zones rurales, la situation est préoccupante car les
ressources en eaux se raréfient et leurs traitements deviennent de plus en plus
difficiles et coûteux, car ces eaux sont souvent polluées par des métalloïdes
comme l’arsenic.
Cependant, l’arsenic est présent dans la plupart des compartiments
environnementaux. Sa présence dans les sols est issue du fond géochimique
(altération de la roche mère et activité volcanique) et des activités anthropiques
qui ont largement contribué à son accumulation et à sa diffusion dans les autres
compartiments (aquifères, eaux de surface, etc.). Deux formes d’arsenic
inorganique soluble As(III) et As(V) sont particulièrement toxiques pour les
systèmes biologiques. L’exposition chronique à ces deux formes d’arsenic
présentes dans les eaux est à l’origine de graves problèmes de santé publique. La
concentration maximale admissible d’arsenic dans les eaux destinées à la
consommation humaine a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à
0,01mg/L [1].
La présence de l’arsenic dans les eaux souterraines a été constatée dans
plusieurs localités du Burkina Faso où les concentrations en arsenic dans les puits
et les forages sont extrêmement élevées par rapport à la norme de l’OMS (0,01
mg/L). Il y a eu depuis les années 1980 des investigations menées sur la présence
de l’arsenic dans les eaux provenant de trois forages d’un village proche de
Mogtédo, au centre du pays à quelques 80 km à l’Est de Ouagadougou où la
concentration en arsenic était élevée [2]. Récemment, de fortes concentrations en
arsenic ont été mises en évidence dans des eaux souterraines de la région du Nord
du Burkina Faso où des études menées sur ces eaux souterraines ont montré que
l’arsenic est présent dans une gamme de concentration comprise entre 0,05 à
1,630 mg/L [2]. Ces études ont également révélé des signes d’imprégnation
arsenicale au sein des populations des villages de Tanlili et Lilgomdé, et des
recherches intensives sont actuellement menées. Ces signes étaient
essentiellement des hyperkératoses et des hyperpigmentations. L’arsenic se
trouve en particulier dans des sédiments de roches volcaniques qui contiennent
des minerais d’or et des sulfures. Les minéraux soufrés présents dans les filons
contiennent de la pyrite et de l'arsénopyrite qui est à l’origine de cette
contamination de ces eaux de forages.
Durant ces dernières décennies, un grand intérêt a été porté à la recherche
sur la présence et le comportement de l’arsenic dans l'environnement en raison

-1-
Introduction générale

des graves problèmes posés par cet élément très toxique dont l’élimination des
milieux pollués est devenue un enjeu mondial de première importance. Ce constat
explique le nombre croissant de recherches relatives au développement de
nouvelles technologies pour l’élimination de l'arsenic inorganique présent dans
l'eau potable sous la forme d’espèces oxy-anioniques dans lesquelles l’arsenic est
principalement aux degrés d’oxydation III et V [3]. De nombreuses techniques
existent pour l’élimination de l’arsenic. Parmi celles-ci, on peut citer l’adsorption,
la coagulation-précipitation (co-précipitation à l’aide de solution de chlorure
ferrique principalement qui piège l’arsenic au sein d’un précipité d’hydroxyde de
fer amorphe), l’échange ionique, la filtration sur membranes [4-6]. L'élimination
de l'arsenic par ces techniques n'est pas toujours facilement applicable par la
majorité d’entre elles en raison de l'optimisation nécessaire à leur mise en œuvre
et de leur coût élevé.
Beaucoup de travail a été fait sur l'élimination de l'arsenic par adsorption
parce que le système est rentable et simple à utiliser. L'efficacité des méthodes
basées sur l'adsorption dépend principalement de l'adsorbant utilisé. Jusqu'à
présent, divers adsorbants d'origine naturelle et synthétique ont été utilisés pour
l'élimination de l'arsenic, parmi ces adsorbants nous pouvons citer des argiles
pilées et des oxydes de fer [7], des phosphates de fer (III) [8], une montmorillonite
modifiée au Fe (III) [9], une montmorillonite modifiée [10], une pouzzolane
naturelle [11], une zéolithe naturelle modifiée par MnO2 [12], une zéolite
naturelle échangée par le fer [13], les sols sableux [14], du charbon actif
activé [15]. Dans de nombreux procédés d'adsorption de ce type, l'arséniate est
éliminé plus efficacement que l'arsénite. Plusieurs adsorbants riches en oxyde de
fer, tels que l'oxyde ferrique amorphe [16] et mal cristallisé [17], la goethite (α-
FeOOH) [18] et les latérites naturelles [19-26] sont bien connus pour éliminer
As (III) et As (V) des solutions aqueuses. Cependant, l'utilisation d'hydroxydes
de fer dans les formes fines en poudre ou amorphes nécessite une séparation
subséquente solide/eau avec un coût considérablement élevé. La rentabilité et
l'efficacité des latérites pour éliminer simultanément les deux formes d'arsenic
constituent donc un défi pour le contexte actuel.
Dans un souci de développer une méthode efficace, moins onéreuse et
d’application facile, nous nous sommes intéressés aux matériaux latériques. Les
matériaux latéritiques sont utilisés dans plusieurs pays comme l’Inde, le Vietnam
et le Bangladesh avec beaucoup de satisfaction dans l’adsorption de l’arsenic (III)
et (V) [19, 22, 27]. L’efficacité de ces matériaux est justifiée par leur grande
surface spécifique, la présence des charges sur la surface, leur composition qui
est faite en majorité d’oxydes de fer et d’aluminium. Tous ces faits nous ont
motivé à utiliser les matériaux latéritiques comme adsorbant potentiel pour
l'élimination de l'arsenic. Ces matériaux latéritiques sont largement présents au
Burkina Faso et leur utilisation à des fins de décontamination des eaux polluées

-2-
Introduction générale

par l’arsenic pourrait être très prometteuse pour les pays en voie de
développement, car l’adsorption sur les matériaux latéritiques exige peu
d’investissement et peut être exploitée à faible coût.
La latérite désigne une vaste classe de matériaux issus de l’altération
extrême des roches, dans les zones intertropicales de tous les continents. En
d’autres termes, les latérites sont des produits d’intense altération météorique et
sont constituées d’un assemblage minéral qui peut être fait de goethite,
d’hématite, d’hydroxyde d’aluminium, de kaolinite et de quartz [28]. Dans le but
de valoriser ces matériaux latéritiques locaux dans le domaine du traitement des
eaux, trois latérites provenant de trois localités différentes du Burkina Faso ont
été utilisées dans cette étude. Les latérites sont largement exploitées dans le
domaine de la construction (carrière de Laye) et ont fait l’objet de nombreuses
études en vue de leur utilisation dans la construction des routes et des pistes au
Burkina Faso [29], mais les latérites comme adsorbants ont été moins étudiées. Il
est alors nécessaire, voire indispensable de mener des recherches sur la
caractérisation des sites potentiels de matières premières latéritiques et sur les
processus d’élaboration des produits finis.
Objectif
Cette thèse s’inscrit dans une dynamique générale de valorisation des
matériaux latéritiques à moindre coût énergétique, présents au Burkina Faso. La
valorisation de ces matériaux à des fins de décontamination des eaux polluées par
l’arsenic, accessibles à tous, permettra d’améliorer l’accès à l’eau potable pour
les populations rurales de la région Nord du Burkina Faso.
De façon spécifique, cette thèse consiste à :
 déterminer les principales caractéristiques (structurales et
microstructurales, surface spécifique, composition chimique, etc.) des
latéritiques provenant de trois sites différents par diverses techniques
physico-chimiques ;
 déterminer leur capacité à éliminer l’arsenic des eaux polluées par un
système discontinu ;
 déterminer leur potentialité à éliminer l’arsenic par percolation en colonne ;
 mettre en place un prototype d’élimination de l’arsenic par les latérites.
Structuration du mémoire
Ce mémoire est constitué de six chapitres.
Le premier chapitre dresse un état des connaissances générales sur
l’arsenic, les matières premières latéritiques, leur utilisation dans le domaine de
l’environnement, ainsi qu’un état des lieux sur les méthodes de dépollution des
eaux contaminées par l’arsenic.

-3-
Introduction générale

Le deuxième chapitre rassemble toutes les méthodes expérimentales ainsi


que l’instrumentation utilisée dans la caractérisation des latérites. Différents
protocoles mis en œuvre dans l’adsorption de l’arsenic (III) et (V) en mode
discontinu et continu sont décrits ainsi que les différentes méthodes de
caractérisation des eaux de Tanlili et Lilgomdé.
Le troisième chapitre présente les résultats des caractérisations physico-
chimiques des eaux de forage des localités de Tanlili et Lilgomdé au Nord du
Burkina Faso contaminée par l’arsenic.
Le quatrième chapitre présente les matières premières latéritiques
utilisées dans ce travail, l’aperçu sur la géologie globale des différents sites ainsi
que la présentation des zones de prélèvement des échantillons. Il présente aussi
les résultats de différentes caractérisations physico-chimiques des latérites.
Le cinquième chapitre est consacré à l’étude des phénomènes
d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites en batch. Il présente aussi les
investigations structurales et microstructurales menées sur des résidus des
latérites après adsorption de l’arsenic (III) et (V), ainsi que les résultats de
l’influence des anions sur la performance de l’adsorption de l’arsenic par les
latérites.
Le sixième et dernier chapitre présente les résultats de l’adsorption en
colonne de l’arsenic par la latérite KN en fonction des différents paramètres de
colonne.

-4-
Introduction générale

Références bibliographiques

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Introduction générale

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Introduction générale

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Faso) used in road construction. Construction and Building Materials, 22
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-7-
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic,


les matières premières latéritiques et
les méthodes de dépollution des eaux
contaminées par l’arsenic

1 Introduction

Les latérites sont des matières premières disponibles dans la croûte


terrestre. Elles ont longtemps été utilisées dans la construction routière et la
construction d’habitat. Au cours de ces dernières années, les latérites ont été
utilisées comme adsorbants dans le traitement des eaux contaminées par l’arsenic.
Leur utilisation est due au fait qu’elles sont composées de différentes phases
minérales et de minéraux associés qui ont des propriétés intéressantes comme des
surfaces spécifiques et des teneurs en fer et en aluminium importantes.
Ce chapitre dresse un état des connaissances générales sur l’arsenic, les
différentes méthodes de dépollution des eaux contaminées par l’arsenic, les
différents adsorbants utilisés pour l’élimination de l’arsenic ainsi qu’un état des
lieux sur les matières premières latéritiques.

2 L’arsenic
2.1 Généralité sur l’arsenic (As)

Découvert en 1250 [1], l'arsenic (As) est le 20ème élément le plus abondant
de la croûte terrestre et se retrouve dans toutes les matrices environnementales
(sol, eau, air et matières vivantes) [2-3]. Il est naturellement présent à des faibles
concentrations dans les sols, allant de 0,1 à 67 mg/kg [4]. Il est considéré comme
un métalloïde en raison de ses propriétés à la fois de métal et de non métal.
L'arsenic est un élément très répandu dans la nature. Il a une réputation bien
établie de poison. La contamination par l’arsenic des nappes phréatiques et de
l’eau constitue un problème majeur de santé publique dans certaines régions du
monde.
Les fortes concentrations en arsenic retrouvées dans certains milieux sont
liées aux apports issus de sources naturelles (érosion des sols, activités
volcaniques, feux de forêts, sources hydrothermales, etc.) et anthropiques
(industries chimiques et agricoles, activités minières, etc.). Les teneurs en arsenic

-8-
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

dans les eaux varient en fonction de la lithologie traversée, du climat et de la


contribution anthropique [5].

2.2 Les propriétés de l’arsenic


Grâce à ses propriétés (taille, valence, électronégativité), l’arsenic est
souvent associé aux dépôts de nombreux métaux ou metalloïdes (comme l’or, le
mercure, le sélénium, le platine, etc.). Il existe naturellement dans les roches
principalement sous forme d’arsénopyrite (FeAsS) souvent associée à la présence
d’or. C’est pourquoi, il est plus probable de trouver une contamination à l’arsenic
dans les environs de mines de métaux non ferreux. Dans ces secteurs, l’arsenic
est présent à la fois comme constituant naturel de la géologie locale et comme
sous-produit (déchet) des usines de concentration de minerai. C’est pourquoi, il a
souvent été considéré comme indicateur pour la présence d’or par exemple. Le
tableau I.1 regroupe les propriétés de l’élément arsenic. Il possède huit isotopes
dont seul l’isotope 75 est le plus stable.
Tableau I. 1 : Propriétés physico-chimiques de l’élément arsenic [1]

Numéro atomique : 33 Rayon atomique : 125 pm

Symbole atomique : As Point de fusion : ~817 ºC


Point d’ébullition : 603ºC
Masse atomique : 74,9216 g/mol
(sublimation)
Configuration électronique : [Ar]
États d’oxydation : -3 ; 0 ; 3 ; 5
3d104s24p3
Électronégativité (Pauling) : 2,18 Densité : 5,73 g/cm3 (gris)

2.3 Les différentes formes de l’arsenic


L’arsenic est un élément naturel qui, dans sa forme pure, présente
l’apparence d’un solide cristallin argenté. La configuration électronique de
l’arsenic induit quatre valences possibles : −III, 0, +III et + V [6-7], mais sa
forme élémentaire (0) est très peu rencontrée dans la nature. L’arsenic pentavalent
est la forme stable rencontrée dans un environnement oxygéné. Dans les eaux
souterraines, l’arsenic se trouve sous forme prédominante, sous deux valences +
III et + V. Les principales espèces chimiques de l’arsenic présentes dans les eaux
sont des oxyanions ou des composés neutres inorganiques. Les équilibres en

-9-
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

solutions aqueuses et les valeurs des différents pKa de l’acide arsénique (As(V))
et de l’acide arsénieux (As(III)) sont données dans le tableau I.2.
Tableau I. 2 : Equilibres en solutions aqueuses et les pKa des formes acides de
l’arsenic [8]

Acide arsénique
Equilibres en solutions aqueuses Valeurs des pKa
H3 AsO4 + H2 O ⇄ H2 AsO−
4 + H3 O
+ 2,3
H2 AsO− 2−
4 + H2 O ⇄ HAsO4 + H3 O
+ 6,8
3−
HAsO2−
4 + H2 O ⇄ AsO4 + H3 O
+ 11,6
Acide arsénieux
Equilibres en solutions aqueuses Valeurs des pKa
H3 AsO3 + H2 O ⇄ H2 AsO−
3 + H3 O
+ 9,2
H2 AsO− 2−
3 + H2 O ⇄ HAsO3 + H3 O
+ 12,1
3−
HAsO2−
3 + H2 O ⇄ AsO3 + H3 O
+ 12,7

Les espèces dominantes de l’arsenic dépendent du pH du milieu et du


potentiel redox du milieu et 90 % de l’arsenic est sous forme inorganique. Les
deux principales formes sont l’arséniate As(V) présent sous forme H2AsO4- ou
HAsO42- et l’arsénite As(III) présent sous forme H3AsO3 qui est la forme non
chargée de l’arsenic [9]. Trois espèces peuvent coexister dans les conditions
naturelles : acide ortho-arsénieux (H3AsO3), H2AsO4– et HAsO42-. Dans les
conditions oxydantes, c’est-à-dire le potentiel redox (Eh) compris entre 200 mV
et 500 mV et en zone aérobie, l’arséniate est largement majoritaire. H 2AsO4-
prédomine à pH inférieur à 6,8 alors qu’à pH supérieur à 6,8, HAsO42- dévient
prédominant. En zone anaérobie et en conditions réductrices, c'est-à-dire Eh
compris entre 0 et -200 mV, et à pH inférieur à 9,2, l’arsénite H3AsO3 est la forme
la plus stable [10].
Les figures I.1 et I. 2 présentent la spéciation de l’arsenic dans 1'eau en
fonction du pH.

- 10 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 1 : Spéciation de l’arsenic en fonction du pH : (a) As(III), (b) As(V)


[10]

Figure I. 2 : Diagramme d’équilibre (Eh, pH) pour les espèces aqueuses


arséniées [11]
Lorsqu'on tient compte du potentiel redox et du pH dans les conditions
naturelles (partie grise), trois espèces co-existent : H2AsO4- et HAsO42- et
H3AsO3.

- 11 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

2.3.1 Les formes inorganiques

Les formes inorganiques de l’arsenic sont les formes majoritaires


rencontrées dans l’environnement. On peut trouver de l’arsenic inorganique sous
plusieurs états de valence mais, dans les eaux souterraines et les sols, il se présente
sous forme d’arsénite trivalent (As(III)) ou d’arséniate pentavalent (As(V))
(Figure I.3). L’arsenic inorganique soluble est hautement toxique et son ingestion
pendant une longue période peut conduire à une intoxication chronique à l’arsenic
(arsénicisme).
L’exposition humaine à l’arsenic inorganique à des niveaux élevés se
produit essentiellement par l’intermédiaire de la consommation d’eau provenant
des eaux souterraines contenant naturellement des niveaux élevés d’arsenic
inorganique ou d’aliments préparés avec ces eaux contaminées.

Figure I. 3 : Principales formes de l’arsenic inorganique dans l’environnement


[12]
2.3.2 Les formes organiques

La présence d’arsenic organique dans les sols et dans les eaux est due à la
présence de microorganismes capables de méthyler les formes inorganiques en
formes organiques. Les formes organiques sont principalement retrouvées dans
les organismes vivants sous formes méthylées.
Les formes organiques de l’arsenic coexistent dans les sols sous des états
trivalents et pentavalents, principalement du fait de la réaction de méthylation
microbienne des oxyanions d’arsenic. Cette méthylation peut ainsi conduire à la
forme de composés tels que : l’acide monométhylarsnonique (MMAA,
CH3AsO(OH)2), le diméthylarsine (DMA, (CH3)2AsH) et le triméthylarsine
(TMA, (CH3)3As) ainsi que à l’arsine gazeux (AsH3) [8].

- 12 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

La figure I.4 regroupe les principales formes de l’arsenic détectées dans


l’environnement.

Figure I. 4 : Principales formes de l’arsenic organique dans l’environnement


[12]
2.4 Toxicité de l’arsenic
L'arsenic est toxique pour les plantes et les animaux et les espèces d’arsenic
inorganiques sont des cancérogènes avérés chez les humains. La toxicité de
l'arsenic pour la santé humaine va des lésions cutanées au cancer du cerveau, du
foie, des reins et de l'estomac. Une large gamme de toxicité à l'arsenic a été
déterminée et dépend de la spéciation de l'arsenic. En général, les espèces
d’arsenic inorganiques sont plus toxiques que les formes organiques pour les
organismes vivants, y compris les humains et d'autres animaux. De même,
l’arsenic au degré d’oxydation III est plus toxique que l’arsenic au degré V [8].
L’homme peut être exposé à l’arsenic par inhalation, ingestion ou par voie
cutanée. Cependant, pour un individu non exposé professionnellement, la
principale voie d’exposition est l’ingestion (eau de boisson ou aliments). Dans
l’eau de boisson, l’arsenic (III) et l’arsenic (V) sont les espèces majoritaires.
L’exemple le plus dramatique de contamination d’eau de boisson par l’arsenic a
été observé au Bangladesh où la situation a été qualifiée par l’Organisation
Mondiale de la Santé (O.M.S.) comme « le plus vaste empoisonnement d’une
population dans l’histoire ». L’eau contaminée provient de puits qui ont été
installés à partir des années 60 afin de procurer à la population une ressource en
eau de meilleure qualité.

- 13 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Selon une estimation, l’eau de boisson contaminée par l’arsenic au


Bangladesh a, à elle seule, été jugée responsable de 9100 décès en 2001 [13]. Les
composés arsenicaux organiques sont considérés comme étant les moins nocifs
pour les humains puisqu’ils sont facilement traités par l’organisme lorsqu’ils sont
ingérés. Par contre, les composés arsenicaux inorganiques tendent à s’accumuler
dans les tissus humains. Ils sont donc souvent liés aux effets néfastes sur la santé.
L’exposition chronique à l’arsenic induit un ensemble de symptômes connus sous
le nom d’arsénicisme. Les lésions cutanées en sont les signes les plus précoces et
les plus sensibles. Les effets cutanés résultant d’une exposition environnementale
chronique apparaissent dès la consommation d’une eau contenant de l’arsenic à
des concentrations supérieures à 0,01 mg/L. Les premières lésions cutanées à se
manifester sont les hyperkératoses de la paume des mains et des pieds
(Figure I.5).

Figure I. 5 : Cancer de la peau provoqué par l’arsenic. A : Hyperkératose des


mains et des pieds ; B : Maladie des pieds noirs [14]

Le tableau I.3 présente les principaux composés de l’arsenic avec des


valeurs de la dose létale médiane (DL50). La dose létale médiane est un indicateur
quantitatif de la toxicité d'une substance. Elle mesure la dose d’une substance
causant la mort de 50 % d'une population animale donnée dans des conditions
d'expérimentation précises.

- 14 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Tableau I. 3 : Principaux composés d’arsenic avec des valeurs de la dose létale


médiane (DL50) [6]

Espèces DL50 (mg/Kg)


Trioxyde d’arsenic 34,5
Arsénite 15
Arsénite de sodium 15
Oxyde de triméthylarsine 10600
Pentoxyde d’arsenic 20
Arsenic mono-méthyle arsénique
1800
(MMAA)
Arsenic diméthyle arsénique (DMAA) 2200

2.5 L’arsenic dans les milieux aqueux


La concentration en arsenic dans les eaux varie selon qu’il s’agisse d’eaux
souterraines, de rivières ou d’estuaires et selon la nature du sol traversé [10]. La
concentration moyenne en arsenic dans les océans est de l’ordre de 0,001 à 0,002
mg/L [15]. Parmi les diverses sources dans l’environnement, l’eau destinée à la
consommation humaine présente la plus forte menace pour la santé humaine.
L’avancée des recherches et de la connaissance sur les effets néfastes de
l’ingestion d’arsenic sur la santé humaine a entraîné une évolution des normes
concernant la concentration maximale admissible dans les eaux destinées à la
consommation humaine et des normes ont été fixées pour éviter tout risque sur la
santé.
L’arsenic est classé par l’organisation mondiale de la santé (OMS) comme
un carcinogène puissant. L’OMS recommande que l’eau de consommation n’en
contienne pas plus de 0,01mg/L. Néanmoins, de nombreux pays ont gardé pour
norme 0,05 mg/L, qui constitue l’ancienne valeur. Ces pays ont gardé cette
ancienne norme par manque de sources d’eaux potables. Le « National Research
Council Subcommittee on Arsenic in Drinking Water » (agence gouvernementale
américaine) estime qu’une eau à 0,05 mg/L place le risque de cancer entre 1 pour
100 et 1 pour 1000, ce qui est largement supérieur au risque acceptable pour les
eaux de boisson habituellement de 1 pour 10 000 à 1 pour 1 000 000. C’est pour
cette raison que le Burkina Faso a adopté une limite nationale pour l’arsenic dans
l’eau potable de 0,01 mg/L en se référant aux valeurs guide de l’OMS [16]. La
figure I.6 présente quelques pays et les risques liés aux différentes concentrations
d’arsenic.

- 15 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 6 : Répartition mondiale des eaux souterraines contaminées par


l'arsenic d'origine naturelle ou anthropique et estimations des personnes
contaminées modifiée selon [10]
1 : Nombre de personnes consommant quotidiennement une eau dont la
concentration en arsenic est supérieure à 0,05 mg/L, 2 : eau dont la teneur en
arsenic est supérieure à 0,01 mg/L. Gradation des couleurs en fonctions du
nombre de personnes contaminées, du jaune (moins intense) vers le rouge (plus
intense).

2.6 Source de l’arsenic


L’arsenic est naturellement présent dans l’environnement, en particulier
dans les roches. Il existe d’autres sources naturelles d’émission d’arsenic dans
l’atmosphère dont l’activité volcanique et les feux de forêts. Les activités
humaines responsables de l’accumulation de l’arsenic dans l’environnement
proviennent principalement des fumées des industries de production du trioxyde
d’arsenic et de combustion de produits fossiles (charbons, pétroles, huiles). La
contamination de l’environnement est également imputable à la présence de
pesticides agricoles et à des substances chimiques utilisées dans le traitement du
bois qui contiennent de l’arsenic [17].

- 16 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

2.6.1 Sources naturelles

L’arsenic est un élément ubiquiste que l’on trouve dans l’atmosphère, dans
les milieux aquatiques, les sols, les sédiments et les organismes vivants [18]. 99
% de l’arsenic total présent naturellement dans l’environnement est contenu dans
les roches. Ceci peut s’expliquer par la capacité de cet élément à se substituer à la
silice, à l’aluminium ou au fer dans les réseaux cristallins des minéraux
silicatés [19]. Les roches sédimentaires sont plus riches en arsenic que les roches
ignées. Les teneurs moyennes contenues dans les différents types de roches ignées
montrent généralement peu de variation et sont comprises entre 1 à 4,3 mg/kg.
Les roches sédimentaires argileuses contiennent des concentrations plus élevées
et plus variables comprises entre 2,6 et 33,7 mg/kg [20].
Les oxydes et silicates métalliques sont libérés de la roche par érosion et
transportés sous forme de particules. Les métaux présents dans les roches sous
forme de sulfures et de carbonates sont au contraire attaqués chimiquement et
dissous dans l’eau [21-22].

2.6.2 Sources anthropiques

Les sources anthropiques de l’arsenic émanent des activités humaines des


secteurs industriels tels que la fonderie, la combustion du charbon, les activités
d’extraction et d’exploitation de minerais. De nos jours, la principale source
anthropique est essentiellement l’exploitation des minerais comme l’extraction du
cuivre, du plomb, de l’or et l’argent auxquels ce métalloïde est associé. Il est
souvent utilisé comme indicateur dans la prospection minière [19].
Dans les activités agricoles, l’arsenic est utilisé sous forme de
diméthylarsinate de sodium dans les insecticides. L’arsenic est également utilisé
en complément alimentaire, sous forme organique (molécule Roxarsone) pour
augmenter la croissance et améliorer la pigmentation des poulets [20]. Les
activités minières sont une source significative d’apport d’arsenic dans
l’environnement. L’arsenic est présent à de fortes proportions dans les minéraux
porteurs du métal or. Pendant l’extraction minière de l’or, l’arsenic est mobilisé
sous forme gazeux ou solide en tant que produit secondaire et peut alors pénétrer
dans l’environnement. Au regard des origines des pollutions, l’homme reste un
chaînon clé dans la production de l’arsenic et en endure les répercussions.

2.7 Contamination des eaux souterraines par l’arsenic au Burkina Faso


La toute première étude relative à l’arsenic dans les eaux au Burkina Faso
remonte aux années 1980 où De Jong et Kikietta [23], rapportaient la présence

- 17 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

d’arsenic dans trois forages d’un village à proximité de Mogtédo situé à 80 km de


Ouagadougou. Ces dernières années, de fortes concentrations en arsenic ont été
mises en évidence dans des eaux souterraines du nord du Burkina Faso et des
recherches intensives sont actuellement menées [16]. La présence de l’arsenic
dans les eaux souterraines dans la région Nord du Burkina Faso a été découverte
pour la première fois en 2003 au cours de l’exécution du projet « Programme Eau
et Environnement (PEEN) – Région du Nord » [24].
Les études d’évaluation de la qualité des aquifères de cette région qui ont
suivi ont mis en évidence de fortes concentrations d’arsenic atteignant parfois
1,63 mg/L [16]. L’arsenic se trouve en particulier dans des sédiments de roches
volcaniques qui contiennent des minerais d’or et de sulfures. Bien qu’encore
artisanale, l’extraction de l’or est en pleine expansion depuis les années 1980 [25].
En effet, bien que les problèmes relatifs à l’arsenic soient relativement récents, de
nombreux cas d’intoxication de la population par l’arsenic et de pollution des
aquifères sont rencontrés. En 2005, une enquête sanitaire révélait des lésions de
la peau, des cas de mélanose et de kératose au sein de la population de trois
villages du nord du Burkina Faso. En outre, une étude plus récente menée dans la
même région par T.I. Somé et al [26] a aussi révélé des cas de mélanose et de
kératose sur des personnes dans vingt (20) villages.
L’analyse de l’eau des forages réalisée dans le cadre du PEEN a permis
d’identifier sept villages pour lesquels la concentration de l’arsenic dans les eaux
souterraines était supérieure à 0,05 mg/L. Ces villages ont notamment fait l’objet
d’investigations approfondies ayant abouti au recensement de tous les forages
contaminés. Au cours de cette étude, tous les forages dont les concentrations en
arsenic étaient très élevées ont été immédiatement fermés dans les villages de
Tanlili Bougoudougo, Margo Boutoulo, Boulonga Yarcé, Birguininga, Irbou
école [24].
L’arsenic dans les nappes phréatiques au Burkina Faso proviendrait des
roches éruptives et métamorphiques. L’espace géologique où se rencontrent ces
roches couvre un quart du territoire burkinabè. C’est la zone de minéralisation par
excellence où se pratique l’exploitation minière, notamment celle de l’or. Cette
formation géologique dite Birimienne s’étend dans les pays voisins comme le
Ghana, le Mali, la Guinée, la côte d’ivoire et le Niger, ce qui suggère que la
situation rencontrée au Nord du Burkina ne serait pas isolée.

- 18 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

3 Les méthodes d’élimination de l'arsenic


3.1 Les techniques physicochimiques ou conventionnelles
Des technologies ont été développées pour l’élimination de l’arsenic dans
les eaux de consommation. La majorité de ces technologies est basée sur les
traitements physicochimiques. Parmi les technologies disponibles pour
l’élimination de l’arsenic, on peut citer la filtration, la coagulation-floculation,
l’adsorption sur différents solides, l’échange ionique, les techniques
membranaires, et l’électrocoagulation. Le choix d’une technique dépend de sa
mise en œuvre, de son efficacité, du respect de l’environnement et de son coût
énergétique.

3.1.1 L’adsorption

Le principe de l’adsorption repose sur la propriété qu’ont les solides


adsorbants de fixer sur leur surface certains composés gazeux ou liquides. Les
interactions entre l’adsorbant et l’adsorbat sont le plus souvent de natures
électrostatiques, donc faibles et réversibles. On parle alors de physisorption par
opposition à la chimisorption, phénomène généralement irréversible qui fixe, par
liaison covalente, l’adsorbat à l’adsorbant.
L'adsorption est un procédé de traitement bien adapté pour éliminer une
très grande diversité de composés toxiques dans notre environnement. Elle est
essentiellement utilisée pour le traitement de l'eau et de l'air. Au cours de ce
processus, des molécules d'un fluide (gaz ou liquide), appelé adsorbat, viennent
se fixer sur la surface d'un solide, appelé adsorbant. Ce procédé définit la propriété
de certains matériaux de fixer sur leur surface des molécules (gaz, ions
métalliques, molécules organiques, etc.) d’une manière plus ou moins réversible.
Au cours de ce processus, il y aura donc un transfert de matière de la phase fluide
vers la surface solide. Le solide acquiert alors des propriétés superficielles
(hydrophobie ou hydrophilie) susceptibles de modifier l’état d’équilibre du milieu
(dispersion, floculation) [27].
Dans le traitement des eaux, l’adsorption est un phénomène de surface par
lequel des atomes ou des molécules, constituants les impuretés de l’eau à traiter
se fixent à la surface solide d’un substrat (adsorbant) selon divers processus. Dans
cette technique, les espèces d'arsenic sont attachées à la surface de l'adsorbant par
des forces physiques et/ou chimiques. La surface active de l'adsorbant, son
énergie de surface et le pH de la solution influencent fortement l'efficacité de
l'élimination [28].

- 19 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

La figure I.7 représente les différents mécanismes de fixation de l’arsenic


sur un support solide en fonction des interactions mises en jeu.

Figure I. 7 : Principales interactions entre un atome ou une molécule et un


solide à l’interface solide/liquide [29]
Adsorption (1) sous forme de complexe de sphère externe (a) ; perte de la sphère
d'hydratation (2) et formation d'un complexe de sphère interne (b) ; diffusion dans
le réseau cristallin (3) et substitution isomorphique (c) ; diffusion latérale rapide
(4, 5) et formation d'un polymère de surface (d) ; adsorption sur un front de
croissance du minéral (e, e’) ; formation de polymère de surface et incorporation
dans la matrice hôte après croissance cristalline (f). L'ion adsorbé peut
éventuellement repasser en solution, suite par exemple à des réactions redox de
surface ou d'un équilibre dynamique (g). (7) Complexation organo-minérale.

A. Adsorption physique ou physisorption

Ce type d'adsorption est dû à l'interaction faible, de type van der Waals,


entre les espèces adsorbées et la surface du matériau. Comme son nom l'indique,
c'est un phénomène purement physique c'est-à-dire qui se produit sans
modification de la structure moléculaire, et réversible. Ce qui n'implique aucune
énergie d'activation. Lors du processus d'adsorption physique, plusieurs couches
d'atomes peuvent être adsorbées à la surface du matériau [30].
La physisorption est un phénomène général qui se produit avec tout
système gaz-solide ou gaz-liquide quand les conditions de température et de
pression sont convenables (où l’effet de l’agitation thermique est limité).

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

B. Adsorption chimique ou chimisorption

La chimisorption se caractérise par une chaleur d'adsorption élevée entre


20 et 200 kcal/mol et implique des liaisons fortes. L'adsorption chimique
nécessite parfois une énergie d'activation et en général une seule couche d'atomes
est adsorbée. Lors du processus, les molécules de gaz diatomiques tels que
l'oxygène ou l'hydrogène sont dissociées selon l’équation I.1 :
𝐇𝟐 ⇄ 𝟐 × 𝐇𝐚𝐝𝐬 Equation I.1
La chimisorption, plus énergétique, va de pair avec la formation de liaisons
chimiques entre l’espèce adsorbée et les atomes superficiels du solide. Elle met
en jeu une ou plusieurs liaisons chimiques covalentes ou ioniques entre l'adsorbat
et l'adsorbant. La chimisorption est généralement irréversible, produisant une
modification des molécules adsorbées. Dans le cas de la chimisorption, la
molécule adsorbée peut interagir avec un ou plusieurs atomes de la surface du
solide. On parle d’adsorption de type linéaire lorsqu’il y a une interaction avec un
site monoatomique et de type ponté lorsque l’interaction est formée avec un site
biatomique [31].

3.1.2 La coagulation-floculation

Le procédé de coagulation-floculation est un processus physicochimique


dans lequel des particules colloïdales ou des solides fins en suspension sont
transformés par des floculants chimiques en espèces plus visibles et séparables
(les flocs). Les flocs formés sont ensuite séparés par décantation et filtration puis
évacués. Généralement caractérisé par l’injection et la dispersion rapide de
produits chimiques (Al3+ et Fe3+), ce procédé permet d’augmenter
substantiellement l’efficacité des traitements secondaires. Il implique le plus
souvent la dispersion instantanée d’un sel métallique trivalent comme Al(III) ou
Fe(III) qui neutralise et déstabilise les particules colloïdales pour mener à la
formation de flocs. En neutralisant totalement ou partiellement les charges
négatives sur ces particules, les interactions de van der Waals se retrouvent
prédominantes. Ce qui permet une agrégation des matières fines en suspension,
puis leur floculation [32].
L’adsorption se traduit par la formation de complexes de surface entre
l’arséniate soluble et les sites actifs des hydroxydes formés. Les coagulants à base
de fer(III) sont toujours plus efficaces que ceux à base d’aluminium pour
l’élimination de As(V), et plus efficaces pour l'élimination de As(III) à pH > 7,5
[33]. Le rendement d'élimination de As(V) dans la gamme de concentration de
0,1 à 1 mg/L approche 98% mais la quantité résiduelle est cependant supérieure

- 21 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

à 0,01 mg/L. Pour As(III), le rendement d'élimination est d’environ 60% ; ceci
s'explique par la capacité de liaison à Fe(III) plus faible pour As(III) [10].
De manière générale, on ajoute, en premier lieu, un agent coagulant et l’on
soumet l’eau à traiter à certaines conditions de brassage, puis on ajoute un
floculant qui viendra agréger les agrégats déjà formés par le coagulant. L’intensité
du brassage est habituellement faible lors du processus de floculation afin que les
particules entrent en contact plus facilement. En augmentant la taille des
particules, le procédé de floculation accroît le taux de captage des flocs lors des
traitements de filtration, sédimentation et flottation1.

3.1.3 La précipitation

La précipitation consiste en une transformation de composés métalliques


dissous en composés peu solubles qui peuvent être récupérés par des techniques
classiques de séparation liquide-solide telles que la filtration, la sédimentation ou
encore la flottation. Elle fait partie des principaux mécanismes de rétention des
éléments traces métalliques (ETM) dans les eaux. Elle correspond au passage
d’une espèce de l’état dissous à l’état solide. Les phénomènes de précipitation
peuvent avoir lieu sur la surface des phases solides du sol ou dans la phase
aqueuse interstitielle du milieu [34]. Les procédés par précipitation dépendent
essentiellement du pH, des produits de solubilité et du potentiel redox du milieu.
Il faut par ailleurs noter que cette technique ne permet pas d’éliminer la totalité
des cations dissous ; une quantité inférieure au produit de solubilité demeure en
solution après le traitement. Ces concentrations limites, souvent supérieures aux
normes actuelles, nécessitent alors des traitements complémentaires [35].

3.1.4 L’échange ionique

L’échange ionique est un procédé dans lequel les ions d’un certain signe
contenus dans une solution sont retirés de cette solution par fixation sur un
matériau solide (échangeur d’ions) pour être remplacés par d’autres ions de
mêmes signes libérés par le solide. L’échange est stœchiométrique c'est-à-dire
qu’un ion sortant de l’échangeur doit être relayé par un ion équivalent de la
solution afin de conserver l’électroneutralité dans l’échangeur et dans la solution
[36]. Les échangeurs d’ions les plus couramment rencontrés peuvent être soit de
nature inorganique comme les zéolithes, soit organique. Ces deniers, plus connus
sous le nom de résines, sont des polymères, souvent des polystyrènes réticulés par

1
La flottation est une technique de séparation fondée sur des différences d'hydrophobicité des surfaces des
particules à séparer. Elle est utilisée dans le traitement des eaux pour éliminer les graisses.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

des groupements divinylbenzènes sur lesquels sont greffés des groupements


ionisables. Dans cette technique, les espèces ioniques de l’arsenic, retenues de
manière électrostatique à la surface d’une résine échangeuse d’anions sont
échangées contre des ions de charge similaire dans la solution à partir de la résine.
L’efficacité du procédé dépend fortement du pH et de la composition de la matrice
L’échange d’ions est utilisé généralement pour éliminer les composés
indésirables d’une solution sans en changer la concentration ionique totale. En
cas d’épuration d’effluent chargés en métaux nobles ou précieux, il peut être
intéressant d’un point de vue financier de régénérer l’échangeur d’ions, tandis que
la récupération des métaux lourds est liée directement à la protection de
l’environnement. Par ailleurs, le traitement des effluents par échange d’ions et
adsorption présente des caractéristiques communes. Ainsi, ces techniques sont
parfois regroupées et désignées sous le vocable de « procédé de sorption » [36].

3.1.5 Les techniques membranaires

Les procédés membranaires sont des techniques de séparation par


perméation à travers une membrane, sous l’action d’un gradient de pression. En
ce qui concerne la production d'eau potable, la filtration sur membrane est une
technique qui peut être utilisée pour éliminer l'arsenic et d'autres contaminants de
l'eau. Typiquement, les membranes sont des matériaux synthétiques avec des
milliards de pores agissant comme des barrières sélectives, qui ne permettent pas
à certains constituants de l'eau de passer [37]. Cette technique fait intervenir une
membrane semi-perméable et sélective sous l’effet d’une force motrice. Cette
force motrice peut être soit un gradient de pression (cas de l’osmose inverse, de
la nanofiltration, de l’ultrafiltration et de la microfiltration), un gradient de
concentration (cas de la dialyse) ou un gradient de potentiel électrique (cas de
l’électrodialyse) [38].
L’arsenic est extrait de l’eau grâce à son passage à travers une membrane
semi perméable. La différence de pression osmotique est la force qui guide la
séparation. L’efficacité du processus dépend de la taille des pores de la membrane
et de la taille particulaire des espèces chimiques de l’arsenic [28].

3.2 Principaux avantages et inconvénients des procédés physicochimiques


Le tableau I.4 résume les différentes méthodes physicochimiques de
traitement contenant des ions en milieu aqueux, ainsi que leurs avantages et leurs
inconvénients. Hormis la précipitation, les procédés physicochimiques sont d’une
bonne efficacité, au vu des taux d’élimination des polluants rapportés. Cependant,
qu’il s’agisse des techniques membranaires, de l’échange d’ions ou de

- 23 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

l’adsorption sur charbons actifs, tous nécessitent un investissement de base


important, en plus des coûts d’exploitation et d’entretien.
Les techniques physicochimiques sont généralement confrontées aux
limites suivantes :
 l’utilisation de produits chimiques et leur impact sur la qualité de l’eau ;
 la production d’une grande quantité de déchets hautement contaminés en
arsenic ;
 la nécessité d’un traitement secondaire dans certains cas ;
 l’influence des interférences dues à certains anions (sulfates, phosphates)
sur l’efficacité du procédé ;
 les installations et les mises en œuvre sont coûteuses, et il y a une faible
efficacité dans plusieurs cas.
Le succès d’une technique de remédiation dépend de plusieurs facteurs :
 le niveau maximal cible de contaminant ;
 l’influence de la concentration initiale ;
 la source d’eau ;
 la coexistence d’autres solutés et la mise en place d’un système
d’élimination des déchets.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Tableau I. 4 : Avantages et inconvénients des procédés physico-chimiques


conventionnels [39]

Techniques Avantages Inconvénients


 Régénération de
l’adsorbant
Adsorption  Très efficace  Possible effets de
 Sélectif compétitions
 Influence du pH
 Ne permet pas le
 Coût très abordable ; traitement de As(III)
Coagulation-
 Mise en œuvre  Ne permet pas toujours
précipitation
relativement simple d’atteindre la norme
 Sensible au pH
 Bonne capacité  Coût des solvants de
d’élimination d’une grande régénération élevé
Échanges variété de polluants  Non sélectif
d’ions  Grande efficacité pour  Ne traite pas As(III)
As(V)  Effet de compétition
 Permet de séparer As(III) (SO42- ; Cl-)
et As(V)
 Risque de colmatage et
coût élevé
Filtrations
Très efficace  Ne traite pas
membranaires
efficacement As(III)
 Perte d’eau

4 La latérite
4.1 Définition générale de la latérite
La latérite est une formation superficielle omniprésente sous les tropiques
dont beaucoup d’auteurs, géologues et pédologues, se sont efforcés et s’efforcent
toujours de préciser la genèse et l’évolution [40].
Le mot latérite a été évoqué pour la première fois par le géographe Francis
BUCHANAN en 1807 au cours de son voyage à Madras, au travers des provinces
du Mysore, Kanabar et Malabar pour désigner un matériau ferrugineux utilisé en
Inde dans la construction [41]. Mais, au fil du temps, plusieurs définitions ont été
données au terme « latérite » rendant ainsi difficile sa compréhension, voire même

- 25 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

son étude. On est ainsi passé d’une définition liée à la morphologie à une
définition liée à la pédologie, en passant par une définition minéralogique.
De nos jours, la définition qui semble faire l’unanimité est celle de
Schellman en 1986 car elle s’appuie sur les conditions d’altération1 de la roche
mère et la composition minéralogique. Pour cet auteur, « les latérites sont des
produits d’intense altération météorique et sont constitués d’un assemblage
minéral qui peut être fait de goethite, d’hématite, d’hydroxyde d’aluminium, de
kaolinite et de quartz. Le rapport (SiO2/(Al2O3 + Fe2O3)) comparé à celui de la
roche mère doit être tel que la formation latéritique ne contienne pas plus de silice
que celle qui est retenue dans le quartz qui subsiste et celle qui est nécessaire à la
formation de la kaolinite » [42]. La figure I.8 montre un exemple de la texture
d’un sol latéritique.

Figure I. 8 : Exemple de sol latéritique [43]

Selon P. MEUKAM [44], on distingue deux processus de latéritisation


correspondant aux formes climatiques en Afrique : zone tropicale humide et zone
tropicale sèche. La composition des latérites d’une manière générale est donnée
dans le tableau I.5.

1
L’altération est l'ensemble des modifications des propriétés physico-chimiques des roches par les agents
atmosphériques.

- 26 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Tableau I. 5 : Composition de la latérite [44]

Oxydes de fer Oxydes d’aluminium Minéraux argileux

Goethite Gibbsite Kaolinite

Limonite Halloysite
boehmite
Hématite Illite

4.2 La latérite du dictionnaire


Le dictionnaire Larousse en six volumes définit la latérite de la manière
suivante : « nom féminin, du latin later-eris, brique », sol rouge vif ou rouge brun,
très riche en oxyde de fer et en alumine formé sous un climat chaud. Les latérites
sont des sols très lessivés, riches en fer et contenant de l’alumine libre. Dans la
forêt équatoriale humide, ce sont des argiles. Au nord et au sud, dès qu’une saison
sèche apparaît, on observe la formation de carapaces de latérites, roches très
dures, affleurant dans les zones les plus arides et totalement infertiles [43, 45].

4.3 La latérite vue par un ingénieur


Les ingénieurs décrivent les latérites de façon suivante : ‹‹ matériau de
structure vacuolaire, très souvent nuancé et de couleur variant du jaune au rouge
plus ou moins foncé et même noir, constitué par une croute plus ou moins
continue, d’épaisseur et de dureté variables ». La latérite est molle quand elle n’est
pas dure, fine quand elle n’est pas grosse, jaune ou rouge quand elle n’est pas
noire [45]. On parlera aussi de latérite, du point de vue de l’ingénieur, pour les
sols meubles, formés en milieu tropical, composés d’une fraction granulaire
constituée de pisolites1 ou de modules ferrugineux dans une matrice limono-
argileuse [46].

4.4 Caractéristiques des latérites


Les latérites se caractérisent par les faibles quantités de silices combinées
au regard du taux de l’aluminium et de fer. Ces oxydes présents dans les latérites
leur confèrent une distinction au regard des autres matériaux comme l’argile qui
s’observe également dans les produits de décomposition tropicale. En résumé,

1
Pisolite : concrétion calcaire subsphérique, à structure concentrique.

- 27 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

nous dirons que les caractéristiques essentielles des latérites sont basées sur le
pourcentage des oxydes de fer et d’aluminium.

4.4.1 Caractéristiques chimiques et minéralogiques

Les latérites se caractérisent par des teneurs élevées en oxydes de fer et/ou
d’aluminium par rapport aux autres composants [47].
La forte proportion en sesquioxydes de fer (Fe2O3) et d'aluminium (Al2O3),
relativement à la composition chimique de ces sols, confère aux sols latéritiques
des comportements certainement différents selon que le profil s'est développé sur
un horizon riche ou pauvre en oxyde de fer ou d’aluminium. Il existe deux
principaux types de latérites qui sont chimiquement identifiables.
Dans le premier type, l'oxyde de fer prédomine (sols latéritiques
ferrugineux). Dans certaines de ces latérites, les teneurs en oxyde de fer dépassent
les 80 % pour quelques pourcentages d’oxyde d’aluminium. Dans ce type de
latérite, le fer est sous forme d’hématite de formule chimique Fe 2O3 qui lui
confère sa couleur rouge, mais aussi, on peut trouver le fer sous forme de goethite
de formule chimique α − FeO(OH).
Dans le second type, l'aluminium prédomine (latérites alumineuses). Les
teneurs en alumine peuvent atteindre 60 % pour quelques pourcentages d’oxyde
de fer. Dans ce type de latérite, l’aluminium est sous forme d’alumine de formule
chimique Al2O3, mais aussi, sous d’autres formes comme la gibbsite (Al(OH)3)
et la boehmite (AlO(OH)).
En dehors de ces composants principaux, coexistent divers oxydes ayant
des importances relatives (TiO2, CaO, MgO, MnO, etc.) en fonction de l'origine
de la roche mère. Dans la série des minéraux secondaires, la kaolinite et
l'halloysite prédominent sur l'illite et les minéraux de type montmorillonite [48].
Les teneurs en silice combinée sont faibles dans les latérites riches en
sesquioxydes. Cependant, de nombreuses variétés de latérites peuvent en contenir
des quantités appréciables. Cette silice combinée se trouve essentiellement sous
forme de la kaolinite, argile caractéristique de la plupart des formations tropicales
(Figure I.9).
Les analyses chimiques sont beaucoup trop brutales pour révéler la
composition, la nature et l’origine des latérites [47]. Des latérites présentant les
mêmes propriétés physiques peuvent différer quant à leur composition chimique
et inversement, les latérites présentant une composition chimique comparable
peuvent posséder des propriétés physiques différentes.

- 28 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 9 : Structure d’une kaolinite, feuillet à 7 Å, en deux dimensions (A) et


en trois dimensions (B) [49]

4.4.2 Caractéristiques physiques

Les latérites sont généralement en structure concrétionnaire et ceci se


réalise par agrégation des sesquioxydes (de fer ou d'aluminium) positivement
chargés autour des particules argileuses de charges négatives. Cette agrégation se
bâtit plus facilement dans le cas des oxydes de fer que dans celui des oxydes
d'aluminium. Cela ne suffit pas cependant pour corroborer l'idée d'une définition
des latérites basées sur un fuseau type, encore moins pour consacrer le terme à
une fraction particulière d'un ensemble plus vaste dénommé sols latéritiques. De
nos jours, ces conceptions sont certainement obsolètes. Ce qu’il y a cependant,
c'est qu'une transposition rigoureuse des modes opératoires standards conduit
souvent à des résultats erratiques. Dépendant surtout des conditions de
préparation, les écarts peuvent être considérables si on les compare à d'autres
matériaux.
La couleur des latérites est variée, mais les couleurs sont généralement
d’intensités vives. Les couleurs les plus courantes sont : rose, ocre, rouge brune.
La couleur rouge est due aux oxydes de fer libre en proportion plus ou moins
importante selon le climat, la végétation et la localisation géographique. Mais
l’appréciation des couleurs ne donne pas une idée précise de la composition de la
latérite. Elle permet cependant d’apprécier le degré d’évolution et le milieu de
formation [47].
La densité dépend de la composition chimique et varie de 2,5 à 3,6. Elle
augmente avec la teneur en fer et diminue avec la teneur en alumine.

- 29 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

4.5 Formation des latérites


4.5.1 Facteurs de formation

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la latérisation des latérites. Cette


formation est spécifique aux régions chaudes et humides. Il s’agit d’une altération
de la roche mère dont la caractéristique essentielle réside dans une mise en
solution, puis un départ de la silice, phénomène de lessivage, accompagnée d’un
enrichissement en oxyde de fer (Fe2O3) et en alumine (Al2O3) [47].
Les facteurs influençant de façon prépondérante l’altération des roches et
la formation des sols latéritiques qui en découlent sont : le climat (pluviométrie,
température, bilan hydrique), la topographie (érosion et drainage), la végétation
(matières organiques, bactéries, acides humiques), la nature de la roche mère et
le temps [50]. Les sols latéritiques sont des sols maigres, lessivés et appauvris en
éléments nutritifs fertilisants (Ca, Mg, K, Na). La végétation reste cependant
abondante sur ces sols, bien que fragile. Lors de l'altération, les cations peu
mobiles (Fe3+, Al3+) restent sur place et se concentrent dans des gîtes métallifères
exploitables. L'altération des roches à l'origine des sols latéritiques donne lieu à
la création de complexes d'altération de deux formes :
 argiles : les argiles formées dépendent du taux de lessivage subi par la
roche ;
 oxyhydroxydes de fer et d'aluminium.
La figure I.10 présente un profil d'altération typique des massifs
latéritiques contenant les grands ensembles suivants :
 cuirasse et carapace : formation massive à oxydes de fer et d'aluminium
(quartz, kaolinite) ;
 formation tachetée : formation nodulaire à oxydes de fer et d'aluminium
(quartz, kaolinite) ;
 saprolithe fine ou lithomarge : zone saturée d'eau à quartz, marquée par la
dominance des minéraux secondaires d’altération ;
 saprolithe grossière ou arène : formation dominée par la nature de la roche
mère, possédant des fragments de roche et des minéraux primaires en grains
séparés ;
 roche mère silico-alumineuse.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 10 : Coupe schématique d’un profil type de sol issu de roches


ultramafiques [51]

4.5.2 Classification des latérites

Les définitions sont nombreuses et nuancées selon les spécialistes pour la


classification des latérites. Mais on a trouvé une classification consensuelle qui
est le rapport des pourcentages massiques entre la silice et les sesquioxydes de fer
S
et d’aluminium. De très nombreux auteurs ont utilisé le rapport (Relation I.1)
R
pour caractériser les latérites [50].
SiO2
S 60
= Al2 O3 Fe2 O3 Relation I.1
R +
102 160

S et R sont respectivement les pourcentages massiques de la silice et des


sesquioxydes de fer et d’aluminium.
La règle généralement admise est la suivante :
𝐒
< 1,33 ; correspond à des latérites vraies,
𝐑

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

𝐒
1, 33 < < 2 ; correspond à des roches latéritiques,
𝐑
𝐒
> 2 ; correspond à des matières premières non latéritiques.
𝐑
Mais cette classification ne fait pas l’unanimité, la controverse venant en
S
partie du fait que si le rapport sépare les latérites des argiles telles que les
R
kaolinites, en revanche, il classe les minerais de fer, la bauxite et de nombreux
grès ferrugineux dans les latérites [45].
La controverse pour cette classification des latérites en tenant compte de
ce rapport est due au fait que ce rapport dépend de la classe granulométrique
utilisée pour sa détermination. Le tableau I.6 indique quelques valeurs de ce
rapport.
Tableau I. 6 : Valeurs de S/R en fonction de la classe granulométrique utilisée
[50]

Classe 𝐒
granulaire SiO2 Al2O3 Fe2O3
(mm) 𝐑

0/20 55,4 15,35 23,9 3

0/2 78,1 12,5 3,1 9

2/20 32,7 18,2 44,7 1,2

4.6 Propriétés physico-chimiques des latérites


Les diverses applications des matières premières (latérites et argiles) sont
liées à leurs propriétés spécifiques dont leur forme et leur surface spécifique, leur
capacité d’adsorption, leurs multiples capacités d’échange d’ions et la nature de
leurs surfaces. Les latérites sont aussi exploitées pour leurs propriétés catalytiques
: la surface étendue que forment leurs microcristaux favorise les propriétés
physico-chimiques de ces surfaces. Ce sont ces propriétés qui leur confèrent une
meilleure utilisation par l’homme dans plusieurs domaines.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

4.6.1 Espaces interfoliaires et capacité d’échange cationique (C.E.C)

A. Espace interfoliaire

On appelle espace interfoliaire ou interfeuillet l’espace qui existe entre


deux feuillets (Figure I.11). Dans les latérites ou argiles, ces espaces peuvent être
occupés ou non. L’accès des molécules d’eau à ces espaces interfoliaires entraîne
une augmentation du volume ou un gonflement du matériau. Les interfeuillets
sont vides lorsque les différents feuillets sont neutres et liés entre eux par des
liaisons hydrogène dans le cas des espèces T-O, ou par des liaisons de van Der
Waals dans le cas des minéraux de type T-O-T tels que le talc ou la
pyrophyllite [52].
Ils sont occupés par des cations dès que les feuillets de l’édifice présentent
un déficit de charge à la suite des substitutions isomorphiques. Ces cations
rétablissent l’électroneutralité du système et en même temps assurent la liaison
entre les feuillets adjacents qui sont de nature ionique [52]. Ces cations peuvent
être soit secs, soit hydratés. Les cations les plus fréquents sont Ca2+, Mg2+, K+,
Na+, Li+.

Figure I. 11 : Feuillet et espace interfoliaire d’une kaolinite [49]

B. La Capacité d’Echange Cationique (C.E.C)

La capacité d’échange cationique d’un matériau est la quantité de cations


que ce dernier peut retenir sur son complexe adsorbant à un pH donné. La capacité
d’échange cationique correspond par conséquent au nombre de sites négatifs dans
la matrice du matériau. On définit aussi la Capacité d’Echange Cationique comme
la capacité d’un constituant solide à adsorber des cations dissous et à en libérer
une quantité équivalente dans le milieu [49]. Autrement dit, la CEC est le nombre

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

de cations monovalents (équivalents chimiques) qu’il est possible de substituer


aux cations compensateurs pour neutraliser la charge électrique de 100 g de
minéral calciné. Chaque matériau a une capacité d’échange cationique bien
précise qui correspond à la somme des principaux cations : calcium, potassium,
magnésium, sodium et ammonium.
Dans les latérites, il y a deux causes principales d’existence d’une capacité
d’échange cationique : l’une interne et l’autre externe.
 La présence de substitutions isomorphiques (CEC interne)
La plus fréquente est la substitution de Al3+ par Mg2+ dans la couche
octaédrique. C'est le mécanisme principal d'échange pour une montmorillonite
(cas d’une argile). Pour ce minéral [53], la distance entre les sites négatifs situés
au niveau de la couche octaédrique et le cation échangeable situé à la surface du
feuillet est telle que les forces d'attraction sont faibles. Des substitutions de Si par
Al dans la couche tétraédrique sont également possibles.
 Les phénomènes de bordure (C.E.C externe)
Aux bordures d’un feuillet, les valences du silicium et de l’oxygène en
couche tétraédrique d’une part, de l’aluminium et de l’oxygène en couche
octaédrique d’autre part, ne sont pas saturées. Pour compenser ces valences, des
molécules d’eau s’hydrolysent et il y a apparition de groupes silanol (Si-OH) ou
aluminol (Al-OH) qui, en fonction du pH, peuvent capter ou libérer des protons.
Ces derniers peuvent être échangés avec d’autres cations. Le nombre et la nature
des charges de bordure de feuillet seront directement liés au pH [54].
La capacité d’échange cationique peut être déterminée par plusieurs
méthodes : la méthode de chlorure de cobaltihexamine, la méthode du bleu de
méthylène, la méthode du complexe d’éthylène diamine de cuivre Cu(EDA) 22+,
etc. Elle s’exprime en meq⁄100 g de matière première.

4.6.2 La granulométrie

La granularité d’une latérite est l’un des paramètres les plus importants de
sa caractérisation. Les grains ne sont pas indépendants les uns des autres car ils
peuvent s’assembler en agrégats. Ces assemblages sont contrôlés entre autres par
la composition minéralogique et la présence de matières organiques [55]. Les
grains de latérites ont une tendance naturelle à s’associer selon des géométries
bien précises correspondant à un accolement par les faces ou par les côtés des
feuillets. Cette tendance accentuée par la présence des acides humiques forme
avec ces matières organiques des agglutinats atteignant parfois une taille de
l’ordre de 50 µm. La figure I.12 présente une image MEB d’une kaolinite qui est
l’un des principaux minéraux rentrés dans les latérites.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 12 : Image MEB de la kaolinite montrant l’empilement des plaquettes


[49]

4.6.3 Propriété de surface et surface spécifique des minéraux latéritiques

A. Densité de charge surfacique


La densité de charge spécifique notée (𝝈) renseigne sur le pouvoir de la
particule à repousser les autres, cette répulsion étant la capacité de gonflement
des matières premières. Plus la densité de charge spécifique est élevée, plus la
couche est mince ou comprimée, ce qui induit une diminution de la capacité de
gonflement [56]. L’augmentation de la densité de charge spécifique réduit le
gonflement ou la pression de gonflement des matériaux latéritiques. Cette
augmentation de la densité de surface entraîne l’attraction des ions, ce qui va
provoquer une condensation de la double couche, donc une diminution de son
épaisseur [57]. Aussi, selon L. LEPLUART [52], plus cette concentration est
élevée, plus la couche est mince ou comprimée entraînant une diminution de
gonflement.
Deux types de charge existent pour les minéraux (minéraux latéritiques et
argileux) :
 une charge permanente ou structurelle liée aux substitutions ioniques (Al3+
pour Si4+ dans la couche tétraédrique ; Mg2+ ou Fe2+ pour Al3+ dans la couche
octaédrique) ;
 une charge de surface variable selon le pH du milieu liée aux réactions
chimiques qui se produisent à la surface des minéraux. La densité de charge

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

spécifique 𝝈 (Relation I.2) est égale au rapport entre la capacité d’échange


cationique (CEC) et la surface spécifique (SS) de la particule [57].
𝐂𝐄𝐂
𝛔(𝐦é𝐪⁄𝐦𝟐 ) = Relation I.2
𝐒𝐒

B. La surface spécifique

La surface spécifique d’un adsorbant est définie comme étant une surface
par unité de masse. Elle est généralement exprimée en m2/g. Son estimation est
conventionnellement fondée sur des mesures de la quantité adsorbée Q ads par
l’adsorbant en question, correspondant à un adsorbat donné ; la molécule adsorbée
doit avoir une surface connue et acceptable. Il suffit, à cet effet, de déterminer la
valeur de la capacité de la monocouche à partir de l’isotherme d’adsorption [58].
Le modèle de surface spécifique Brunauer Emett et Teller (BET) [55] est
le plus utilisé pour décrire l’adsorption physique. La connaissance de la Surface
Spécifique appelée aussi Aire Massique est d'une grande importance dans la
caractérisation d'une poudre ou d'un solide, quelques soient les domaines
d'application.
Un point à considérer est la dimension de l'adsorbat. En diminuant la
dimension de l'adsorbat, la "surface spécifique" augmente [58] à cause de
l'augmentation du nombre de sites accessibles, comme le cas des trous ou des
pores. Une surface plate expose la même surface pour les petites et grandes
molécules. Une surface avec des pores, des bords, des trous et des angles, expose
une plus grande surface aux molécules plus petites. Il existe deux types de
surfaces spécifiques : celle déterminée par la méthode au BET et celle déterminée
par la méthode du bleu de méthylène qui est la surface totale accessible. La
surface spécifique est une des caractéristiques les plus importantes des matières
premières et des sédiments.

4.7 Utilisation des matières premières latéritiques


La variabilité des espèces latéritiques naturelles et/ou modifiées de par leur
aptitude à subir des transformations par différentes voies (adsorption, échange
ionique, pontage, surface spécifique, etc.), fait que les matières premières
latéritiques interviennent à des degrés d’implications divers dans un grand
nombre d’utilisations. Les latérites sont utilisées dans la construction des habitats,
des routes, des pistes et sont aussi utilisées comme adsorbants pour l’élimination
de l’arsenic. Nos travaux porteront sur l’utilisation des matières premières
latéritiques pour l’élimination de l’arsenic dans des eaux polluées destinées à la
consommation.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

De nos jours, c’est plus de 1,5 milliards de personnes qui n’ont pas accès à
l’eau potable saine. Selon l’Organisation Mondiale de Sante (O.M.S), ce sont 15
millions d’êtres humains qui meurent chaque année après avoir bu de l’eau non
potable, ou faute de n’avoir pas accès à l’eau potable [59]. De nombreux pays
possèdent des régions où certaines eaux de puits ou de forages présentent des
teneurs en arsenic très élevées. C’est le cas du Bangladesh, l’Inde, le Burkina
Faso, etc... Pour résoudre le problème des eaux contaminées, des chercheurs se
sont attelés à trouver des méthodes de traitements moins onéreuses et
d’application facile. C’est ainsi que certains vont proposer des traitements à partir
des matières premières naturelles telles que les latérites [60-62].
Les propriétés adsorbantes des latérites jouent un rôle efficace dans le
traitement des eaux contaminées par l’arsenic. Des tests technologiques ont
montré que les latérites à l’état naturel se sont avérées d’un intérêt considérable
dans le domaine de la dépollution des eaux contaminées par l’arsenic [60-61, 63].

5 Les adsorbants utilisés pour l’élimination de l’arsenic


La mobilité de l'arsenic est contrôlée par de nombreux processus. L'étude
de l'adsorption de l'arsenic sur différentes phases solides est donc un des
paramètres importants pour estimer le risque encouru de contaminations
naturelles ou pour mettre en œuvre un système de dépollution à moindre coût et
à faible échelle.
Les adsorbants naturels et synthétiques couramment utilisés pour
l’adsorption de l’arsenic sont des argiles pilées et des oxydes de fer [64], la
montmorillonite modifiée au Fe (III) [65], la pouzzolane naturelle [66], la zéolithe
naturelle modifiée par MnO2 [67], la zéolite naturelle échangée par le fer, [68],
les sols sableux [69], le charbon actif activé [70], l'oxyde ferrique amorphe [71],
la goethite (α-FeOOH) [72] et les latérites naturelles [62, 73]. Les capacités
d’adsorption particulièrement élevées de ces matériaux sont en partie liées à leurs
structures poreuses très développées et des surfaces spécifiques importantes, ce
qui permet de maximiser les quantités adsorbées.

5.1 Le charbon actif


Le charbon actif est couramment utilisé pour éliminer des contaminants
organiques et des métalloïdes de l'eau et des eaux usées. La capacité d'adsorption
de l’arsenic sur le charbon actif (CA) est de 20 mg de As(V) par gramme de CA.
L’arsenic (III) n'est pas efficacement éliminé par du charbon actif. Cependant, le
charbon actif, imprégné de métaux comme le cuivre et le fer ferreux, a une
capacité d'adsorption plus élevée. La capacité d’adsorption est alors de 48 mg de

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

As(III) par gramme de CA imprégné de cuivre et de 200 mg de As(III) par


gramme de CA imprégné de fer [70].

5.2 Les oxydes et hydroxydes de fer, d’aluminium et de manganèse


L’adsorption de l’arsenic sur les oxydes et hydroxydes de fer est décrite
par des phénomènes de complexation de surface. Dans ce type de réaction,
l’arsenic va se fixer sur la surface du minéral sur les groupements hydroxyles
[74]. La fixation de l’arsenic est principalement liée à la surface spécifique et à la
cristallinité des oxydes et hydroxydes [75]. Les propriétés de sorption des oxy-
hydroxydes de fer, et tout particulièrement de la goethite et de l’hématite, compte
tenu de leur abondance dans tous les milieux naturels, ont été décrites par de
nombreux auteurs [76].
L’arsenic peut également être fixé par les oxydes et hydroxydes de
manganèse, mais selon des mécanismes plus complexes que ceux décrits par les
oxydes de fer. L’adsorption de l’arsenic serait liée à des processus d’oxydation de
l’arsenic et de réduction du manganèse. Relativement peu d'études ont été
réalisées sur l'adsorption de l'arsenic (V) sur les oxydes de manganèse puisque
l'intérêt de ce matériau réside dans ses propriétés oxydantes. L'adsorbant le plus
utilisé dans le traitement des eaux à base d'oxyde de manganèse est un matériau
appelé sable « vert ». C'est un composé minéral naturel, la glauconite, un
aluminosilicate de potassium, sur lequel on a fait précipiter une couche d'oxyde
de manganèse. La dénomination « vert » provient de la couleur olivâtre de la
glauconite. Des expériences en colonne avec ce sable « vert » ou des matériaux à
base de sable recouvert d'oxyde de manganèse précipité, ont mis en évidence sa
grande capacité de rétention de l'arsenic.
L’adsorption sur des adsorbants à base de fer est une technique de
traitement émergente pour éliminer l'arsenic. Des adsorbants à base de fer sont
disponibles actuellement sur le marché et comprennent l'hydroxyde ferrique
granulaire (HFG), le sable enrobé de fer (Iron Coated Sand), les composés
fer/soufre et l'oxyde de fer [25].

5.3 Les latérites


Les latérites ont été largement utilisées ces dernières années dans la
dépollution des eaux souterraines contaminées par l’arsenic. Elles ont fait l'objet
de nombreuses recherches ayant des applications potentielles dans l'élimination
de l'arsenic des eaux souterraines [62, 77- 81]. La latérite naturelle n'est pas un
matériau standardisé et sa composition varie en fonction de l'emplacement ainsi
que de l'étendue de la latéralisation [80].

- 38 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

L'efficacité de l’élimination de l'arsenic par adsorption sur les latérites


naturelles dépend fortement de leurs caractéristiques, notamment de la surface
spécifique. Les valeurs de surface spécifique rapportées dans la littérature pour
les latérites naturelles sont dans la plage 16 - 32 m2/g [62, 77, 79-81]. A. Maiti et
al [73] ont montré que des meilleurs résultats sont obtenus pour l’adsorption de
l’arsenic sur une latérite ayant une grande surface spécifique. Ils ont montré que
la latérite traitée à l’acide s'avère être plus efficace pour l'élimination de l'arsenic
de l'eau. Ainsi la surface spécifique de la latérite est passée de 18,5 m2/g pour la
latérite non traitée à 184 m2/g pour la latérite traitée à l’acide. D'autre part, la
capacité d'adsorption de As(V) de la latérite est passée de 0,17 mg/g à 9,4 mg/g
pour la latérite traitée.
L’adsorption de l’arsenic sur les phases minérales contenues dans les
latérites est décrite par des phénomènes de complexation de surface. Dans ce type
de réaction, l’arsenic va se fixer à la surface du minéral sur les groupements acido-
basiques de types « S–OH » présents sur cette surface [75]. Les oxydes de fer sont
surtout impliqués dans les phénomènes d'adsorption spécifique. De nombreux
mécanismes ont été décrits pour l'adsorption des métaux dans la littérature. Parmi
ces mécanismes, il y a les réactions d'échanges d'ions pour des sites de charges
permanentes et des réactions de complexation de surface (sphère interne et
externe). A. Maiti et al [61] ont montré, lors de l’étude de l'adsorption de
l'arsénite en utilisant une latérite naturelle, que l’adsorption est une combinaison
d'échange de ligands pour As(III) et d'échange d'ions pour As(V). Contrairement
à l'échange ionique, qui est de nature purement électrostatique, l'adsorption
spécifique implique une réaction chimique par échange de ligands.
Z. Ren et al [82] ont également montré lors de l’adsorption de l’arsenic sur un
oxyde binaire Fe-Zr que As(V) est adsorbé par la formation de complexes de
surface de la sphère interne, tandis que As(III) est adsorbé par la formation de
complexes de surface interne et externe. La figure I.13 explique les mécanismes
possibles.

- 39 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 13 : Mécanismes d'adsorption de surface interne et externe [82].


(a-1) et (a-2) : Mécanismes d’adsorption de sphère interne dans le cas de As(V)
en fonction du pH
(b-1) : Mécanisme d’adsorption de sphère interne dans le cas de As(III)
(b-2) : Mécanisme d’adsorption de sphère externe dans le cas de As(III)
L’utilisation des latérites dans cette étude a été motivée par le fait que
celles-ci sont largement présentes au Burkina Faso et que leur utilisation dans le
processus de purification des eaux contaminées par l’arsenic pourrait être
effectuée à faible coût. Les latérites naturelles du Burkina Faso ont déjà été
utilisées dans la construction de routes et de bâtiments [83] et elles ont été peu
utilisées comme matériaux adsorbants pour l'élimination de l'arsenic.

6 Cinétique d’adsorption
Dans les expériences d’adsorption, l'étude cinétique est très importante
pour déterminer le temps de contact de l'adsorbant avec l'adsorbat et pour évaluer
les coefficients stœchiométriques de réaction. La vitesse à laquelle l’équilibre
d’adsorption est atteint peut être très variable selon le système étudié ou les
conditions opératoires. Un grand nombre de paramètres peuvent influencer la
cinétique d’adsorption de façon déterminante. On peut citer entre autres la
géométrie et la configuration de l’équipement, les conditions hydrodynamiques,
l’agitation, la viscosité de la solution, sa composition, la structure, la température
et la taille des particules d’adsorbant.
Il est nécessaire de bien connaître les cinétiques d’adsorption quand on
cherche à avoir des prévisions des performances des procédés. Du point de vue
cinétique, les adsorbants peuvent être divisés en deux catégories [84] :

- 40 -
Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

 les adsorbants de surface homogène dont la structure poreuse s’étale sur


toute l’échelle d’un grain : exemples des gels de silice, des alumines
activées et la plupart des charbons actifs ;
 les adsorbants de surface hétérogène à double porosité issus de
l’agglomération des cristaux ou des microparticules.
D’une manière générale, la cinétique d’adsorption s’effectue selon ces étapes :
 transfert de masse externe (résistances de surface) : les molécules doivent
traverser les couches limites autour des grains d’adsorbant pour arriver à la
surface de ces derniers ;
 transfert de masse interne macroporeux : les molécules se propagent de la
surface des grains vers le centre à travers les macropores formés entre les
cristallites ou les microparticules. Ces transferts s’effectuent généralement
en phase fluide ;
 transfert de masse internes microporeux : les molécules adsorbées diffusent
à travers des réseaux de micropores avec un mécanisme de processus activé
(saut des molécules adsorbées entre les sites d’adsorption) ;
 cinétique d’adsorption intrinsèque : les molécules s’adsorbent en surface
avec une vitesse finie.

7 Les isothermes d’adsorption en batch


Une isotherme d’adsorption décrit la relation entre les concentrations de
l’adsorbat dans la phase liquide et dans la phase solide à l’équilibre à une
température donnée. La vitesse d’adsorption des molécules de soluté à l’équilibre
est égale à leur vitesse de désorption. Les intérêts de l’isotherme d’adsorption
pour un système adsorbant/adsorbat sont multiples. Outre son rôle indispensable
dans le dimensionnement d’un lit fixe, elle permet aussi d’avancer des hypothèses
sur le mode d’adsorption.
Il existe un grand nombre d’isothermes d’adsorption comme par exemple
celui de Langmuir, de Freundlich, de Toth ou de Dubinin–Radushkevich (D–R).

7.1 Classification des isothermes


L’isotherme d’adsorption, caractéristique de l’équilibre thermodynamique
entre un adsorbant et un adsorbat, s’obtient généralement à partir d’expériences
en batch (expériences par lot) où l’on mesure la concentration à l’équilibre de
l’adsorbat restant en phase fluide après adsorption [85]. La quantité d’adsorbat
présent sur l’adsorbant qe (exprimée en mg ou mol par g d'adsorbant) en fonction

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

de la quantité d’adsorbat restant en solution Ce (exprimée en mg/L ou mol/L) est


calculée à l’aide de la relation I.2 ci-dessous :
𝐕
𝐪𝒆 = (𝐂𝟎 − 𝐂𝓮 ) × Relation I.2
𝐦
Avec :
q𝑒 : Quantité de l’adsorbat présent sur l’adsorbant en (mg ou mol) /g
d'adsorbant
C0 : Concentration initiale de la solution en (mg ou mol) /L
Cℯ : Concentration à l’équilibre de la solution en (mg ou mol) /L
V : Volume de la solution en L
m : Masse de l’adsorbant en g.
La première classification des isothermes de Brunauer a été reprise par la
classification officielle de l’IUPAC (International Union of Pure and Applied
Chemistry) incluant six isothermes et différentes hystérésis. La figure I.14
représente cette classification.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 14 : Représentation des six classes d’isothermes d’adsorption selon


l’IUPAC [85]
Type I : il est principalement rencontré dans le cas des solides
essentiellement microporeux pour lesquels la taille des pores est proche de la taille
de la molécule d’adsorbat. L’adsorption a lieu en monocouche moléculaire et se
traduit par un phénomène de saturation [31].
Type II : le milieu est non poreux ou macroporeux. Cette isotherme est
caractéristique d’une adsorption multimoléculaire : épaississement progressif de
la couche adsorbée.
Type III : le milieu est du même type que les isothermes du type II, mais
les interactions milieux poreux et liquide adsorbé sont faibles. Ce type
d’isotherme est rarement rencontré.
Type IV : l’isotherme est identique à celle du type II aux basses pressions,
un palier de saturation se développe aux hautes pressions. Elle correspond à un
milieu méso-poreux dans lequel se produit une condensation capillaire. Le

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

phénomène n’est pas réversible. On observe en général une hystérésis entre les
couches d’adsorption et de désorption.
Type V : le milieu est du même type que les isothermes de types IV mais
les interactions milieu poreux et liquide adsorbé sont faibles. Ce type d’isotherme
est rarement rencontré.
Type VI : cette isotherme correspond à un milieu poreux dans lequel les
couches adsorbées se forment les unes après les autres.
Les isothermes de types I et II sont les plus souvent rencontrés dans les
procédés de séparation. De nombreuses théories ont été développées pour
interpréter ces différents types d’isothermes.

7.2 Linéarisation des isothermes


Dans un système d’équilibre solide-liquide, l'adsorption est le résultat d'un
transfert des molécules de solutés présentes dans la solution, suivi de leur
accumulation à la surface du solide, en considérant que la concentration du soluté
dans la solution est en équilibre dynamique avec celle accumulée dans le solide.
L'étude expérimentale des variations de concentrations permet de déterminer des
isothermes d'adsorption. On utilise le fait que, à l'équilibre proprement dit, il y a
une distribution définie du soluté entre les phases liquide et solide, qui peut être
modélisée. En effet, la modélisation mathématique fournit une relation entre la
concentration du soluté en solution et la quantité adsorbée par unité de masse. Il
existe un nombre important de modèles mathématiques disponibles dans la
littérature. Les modèles les plus utilisés dans la littérature sont les isothermes de
Freundlich, de Langmuir et de Langmuir-Freundlich [86].

7.2.1 Modèle de Langmuir

L’isotherme de Langmuir reste, de nos jours l’un des modèles


formellement plus simples pour décrire la physisorption et la chimisorption. Le
modèle de Langmuir est défini par une capacité maximale d’adsorption qui est
liée à la couverture des sites de surface par une monocouche. L’importance de
cette isotherme est qu’elle peut théoriquement être appliquée à une surface
parfaitement uniforme. Son importance dans la théorie de l’adsorption est
comparable à celle de la loi des gaz parfaits pour le cas des gaz [87].
Selon Irving Langmuir (1918), ce modèle est basé sur les hypothèses
suivantes :
 chaque molécule adsorbée occupe un site actif bien localisé ;
 un site actif ne peut contenir qu’une et une seule particule adsorbable ;

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

 tous les sites sont énergiquement équivalents ;


 il n’y a aucune interaction entre deux particules adsorbées sur des sites
voisins.
L’isotherme de Langmuir est donnée par la relation I.3 suivante :
𝐪𝐞 𝐊 𝐋 × 𝐂𝐞
𝛉 = = Relation I.3
𝐪𝐦 𝟏 + 𝐊 𝐋 ×𝐂𝐞

Avec :
qe : Quantité de soluté adsorbée par unité de masse à l’équilibre (mg/g ou
mmol/L),
qm : Quantité maximale adsorbée (mg/g ou mmol/L),
Ce : Concentration du soluté dans la solution à l’équilibre (mg/l ou mmol/L),
KL : Constante d’équilibre dite constante de Langmuir égal au rapport des
constantes de vitesses d’adsorption et de désorption (L/mg ou L/mmol).
La linéarisation de la relation I.3 donne la relation I.4.
𝐂𝐞 𝟏 𝟏
= + × (𝐂𝐞 ) Relation I.4
𝐪𝐞 𝐊 𝐋 ×𝐪𝐦 𝐪𝐦

Ce 1 1
Le tracé du graphe en fonction de Ce permet de déterminer et
qe KL × qm qm
qui sont respectivement l’ordonnée à l’origine et la pente de la droite.
Les caractéristiques essentielles d’une isotherme de Langmuir peuvent être
exprimées en termes de facteur constant (sans unité) de séparation ou paramètre
d’équilibre. Cette constante notée RL est utilisée pour prédire si un système
d’adsorption est « favorable » ou « défavorable ». Ce facteur de séparation RL est
défini par la relation I.5 suivante :
𝟏
𝐑𝐋 = Relation I.5
𝟏 + 𝐊 𝐋 ×𝐂𝟎

C0 est la concentration initiale de l’élément chimique dans la solution (mg/L).


L’isotherme est défavorable pour R L ˃ 1, linéaire pour R L → 1 et favorable pour
0 < R L ˂ 1 [62].

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

7.2.2 Modèle de Freundlich

Cette isotherme d’adsorption est une relation purement empirique1 utilisée


pour des systèmes qui sont difficiles à décrire correctement à l’aide de l’isotherme
d’adsorption de Langmuir. Sa simplicité ainsi que sa capacité à décrire
correctement de nombreux systèmes expérimentaux sont deux des raisons
principales de son succès. Il est à noter que son champ d’application se limite en
général à des solutions diluées. Une autre limitation de ce modèle est qu’il ne
prédit pas de domaine linéaire aux basses concentrations de solutés.
Le modèle de Freundlich est basé sur la relation I.6 entre la quantité de
composé adsorbé sur la surface solide (q𝑒 ) et la concentration résiduel (Ce).
𝟏⁄
𝒏
𝐪𝒆 = 𝐊 𝐅 × 𝑪𝒆 Relation I.6

Avec :
𝐪𝒆 : Quantité de soluté adsorbée par unité de masse d’adsorbant à l’équilibre
(mg/g)
n : Intensité d’adsorption
Ce : Concentration du soluté dans la solution à l’équilibre (mg/L)
KF : Capacité d’adsorption
Les coefficients KF et n sont déterminés expérimentalement à partir de la
forme linéaire de l’isotherme (Relation I.7).
𝟏
𝐥𝐧 𝐪𝐞 = 𝐥𝐧 𝐊 𝐅 + 𝐥𝐧 𝐂𝐞 Relation I.7
𝐧
1
lnKF et sont respectivement l’ordonnée à l’origine et la pente.
n

7.2.3 Modèle de Dubinin–Radushkevich (D–R)

Il est généralement utilisé pour différencier l'adsorption physique et


chimique des ions métalliques. Le modèle d'isotherme de Dubinin-Radushkevich
est un modèle empirique d'adsorption qui est généralement appliqué pour
exprimer le mécanisme d'adsorption avec distribution d'énergie gaussienne sur

1
Une relation empirique est une relation issue de faits expérimentaux, ou validée par l'expérience,
mais dont on ne connaît pas de base théorique, ou qu'on ne peut pas relier à une base théorique
simple.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

des surfaces homogènes. Cette isotherme est décrite par la relation I.8 [88-89]
qui peut être exprimée sous la forme suivante.

𝐥𝐧𝐐 = 𝐥𝐧𝐐𝐦 − 𝐤 × 𝛆𝟐 Relation I.8

Où Ԑ (potentiel Polanyi) peut être exprimée comme suit : ε = RTln [1 + (1⁄C )]


e
Avec
Q (mg/g) : la quantité de soluté adsorbé à l'équilibre par unité de masse
d'adsorbant
Qm (mg/g) : la capacité d'adsorption maximale
Ce (mg/L) : la concentration de soluté à l’équilibre
k (mol2/kJ2) : la constante liée à une énergie d'adsorption
R (kJ/mol. K) : la constante des gaz
T (K) : la température.
L’énergie moyenne d'adsorption E (kJ/mol) peut être obtenue à partir de la
valeur de k en appliquant la relation I.9 [61].

𝑬 = −√(𝟏⁄𝟐𝒌) Relation I.9

La valeur absolue de E permet de nous renseigner sur le mécanisme :


 |E| < 8 kJ/mol : l’adsorption est de nature physique (physisorption) ;
 8 kJ/mol < |E| < 16 kJ/mol : l’adsorption est de nature chimique
(chimisorption).
Il faut rappeler que cette isotherme ne convient que pour une gamme
intermédiaire de concentrations d'adsorbats car elle présente un comportement
asymptotique irréaliste et ne permet pas de prédire la loi de Henry à basse
pression. Le modèle est une équation semi-empirique dans laquelle l'adsorption
suit un mécanisme de remplissage des pores. Il suppose un caractère multicouche
impliquant les forces de Van Der Waal, applicable aux processus d'adsorption
physique, et est une équation fondamentale qui décrit qualitativement l'adsorption
des gaz et des vapeurs sur les adsorbants microporeux [90].

7.2.4 Modèle de Toth

Toth a modifié l'isotherme de Langmuir pour minimiser l'erreur entre les


données expérimentales de l'équilibre d'adsorption et les valeurs prédites.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

L'application de cette relation est plus convenable pour l'adsorption en


multicouches similairement à l'isotherme BET, qui est un type spécifique de
l'isotherme de Langmuir [87]. Ce modèle est utilisé lorsque les modèles de
Langmuir et de Freundlich ne peuvent pas corréler parfaitement l’isotherme
d’adsorption du couple adsorbat/adsorbant. La relation peut être décrite par la
relation I.10.
𝐪𝐦 ×𝐂𝐞
𝐪𝐞 = 𝟏/𝐭 Relation I.10
(𝐛 + 𝐂𝐞𝒕 )

Avec :
𝐪𝒆 : Quantité de soluté adsorbée par unité de masse d’adsorbant à l’équilibre
(mg/g)
Ce : Concentration du soluté dans la solution à l’équilibre (mg/L)
qm : Quantité maximale d’adsorption (mg/g ou mmol/L)
b et t sont les constantes de Toth

8 Procédés d’adsorption de As(III, V) par percolation sur lit fixe


Pour la conception de systèmes d'adsorbeurs à lit fixe à échelle industrielle,
les opérations de colonnes sont absolument indispensables. Les études en colonne
visent à évaluer l'effet de divers paramètres de processus tels que la concentration
initiale en soluté, la profondeur du lit et le débit à l’entrée de la colonne.

8.1 Le lit fixe


Le lit fixe est constitué d’un empilement compact et immobile de grains à
l’intérieur d’une colonne. L’adsorption par percolation en lit fixe est une
opération unitaire de séparation qui permet de retenir avec une bonne sélectivité
un nombre de molécules d’intérêt. Lors de cette opération, la molécule d’intérêt
à éliminer est transférée de la solution vers la surface d’une particule adsorbante.
Suivant la chimie caractérisant la surface de cette dernière, on peut retenir des
molécules selon leur charge, leur hydrophobicité ou leur affinité. Le procédé
consiste à faire traverser le lit immobile par une solution contenant la substance à
éliminer. Le lit est considéré épuisé lorsque la concentration de cette substance
dans le fluide sortant atteint la valeur maximale admissible [91].
Le lit fixe trouve son application dans de nombreux domaines industriels.
Dans le domaine environnemental, le lit fixe est utilisé pour éliminer les impuretés
organiques, les métaux lourds et les métalloïdes contenus dans les solutions

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

aqueuses. Dans les eaux brutes et dans la plupart des cas, l’adsorption est utilisée
comme le dernier processus de traitement juste avant la désinfection.

8.2 Une courbe de percée


Le principe consiste à injecter à l’entrée d’une colonne une solution de
concentration bien connue. La variation de la concentration de cette solution à la
sortie la colonne constitue sa « réponse » dont l’analyse nous permet de
caractériser l’écoulement et le transport dans la colonne [92]. Lors de l’adsorption
par percolation en lit fixe, la solution appauvrie en adsorbat (élément chimique
concerné) est récoltée à la sortie de la colonne, puis analysée afin de déterminer
la concentration en cet élément.
Le dimensionnement et l’amélioration des performances des colonnes
d’adsorption sur lit fixe nécessitent de pouvoir prédire la courbe de percée en
fonction de divers paramètres clés du système. Cette courbe traduit le profil de
concentrations d’un polluant à éliminer en sortie de colonne en fonction du temps.
La détermination des concentrations à la sortie de la colonne permet
d’établir des courbes de percée afin d’obtenir la capacité d’adsorption en mg de
la substance à analyser par gramme d’adsorbant. Cette capacité d’adsorption
dépend du débit du liquide à l’entrée de la colonne, de la concentration initiale,
de la température, la granulométrie, de la hauteur du lit. La courbe de percée
expérimentale (Figure I.15) correspond à l’évolution de la concentration de
soluté en sortie du lit notée ici Csortie, alimenté en continu par une solution de
concentration C0 en fonction du temps. L’examen d’une courbe de percée met en
évidence les caractéristiques particulièrement importantes suivantes :
 le temps t1 correspond au temps à partir duquel on détecte l’adsorbat à la
sortie du lit ;
 le temps de perçage tp, qui correspond au temps à partir duquel la
concentration de sortie atteint la limite maximale admissible ;
 la pente de la courbe de percée qui doit être aussi verticale que possible.
La meilleure efficacité du procédé correspond au plus grand temps de percée qui
s’obtient quand le front de percée est quasiment vertical.
S. Kundu et al [93] et G.P. Kofa et al [66] ont pu montrer lors de l’adsorption de
As(III,V) sur un adsorbant chimiquement modifié et sur de la pouzzolane
naturelle que pour un temps de percée plus grand, il faut une hauteur de lit plus
grand, un débit et une concentration en As(III,V) à l’entrée de la colonne plus
petits.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

Figure I. 15 : Courbe de percée expérimentale pour un lit fixe [91]

9 Conclusion
La revue bibliographique a permis de définir les latérites comme des
matières premières constituées principalement d’oxydes de fer et d’aluminium et
de minéraux associés. La latérite naturelle n'est pas un matériau standardisé et sa
composition varie en fonction de l'emplacement ainsi que de l'étendue de la
latéralisation. La revue bibliographique a également permis de savoir que les
latérites disposent de propriétés leur permettant d’être utilisées dans l’élimination
de l’arsenic dans les eaux polluées.
Cette revue bibliographique a permis aussi de faire un état des lieux sur les
différentes méthodes et un état de l’art sur les adsorbants utilisés pour
l’élimination de l’arsenic dans les eaux souterraines. Bien qu’il existe plusieurs
méthodes pour l’élimination de l’arsenic, ces méthodes restent très onéreuses et
les frais de fonctionnement sont exorbitants. Parmi ces méthodes, il existe
l’adsorption sur les matériaux latéritiques qui s’est révélée être prometteuse.
Dans un souci de développer une méthode efficace, moins onéreuse et
d’application facile, nous nous sommes intéressés aux matériaux latériques. Le
choix de ce matériau a été motivé par le fait que les latérites sont largement
présentes au Burkina Faso et leur utilisation dans le processus de purification des
eaux contaminées par l’arsenic pourrait être effectuée à faible coût.

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

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Chapitre I : Aperçu bibliographique sur l’arsenic, les matières premières
latéritiques et les méthodes de dépollution des eaux contaminées en arsenic

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Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Chapitre II : Techniques et méthodes


expérimentales

1 Introduction
Dans ce chapitre sont présentées les méthodes d’analyses physico-
chimiques des eaux en vue d’en déterminer la qualité générale.
Les différentes méthodes de caractérisation des latérites sont aussi décrites.
Ces méthodes de caractérisation sont la granulométrie, la diffraction des rayons
X, la spectrométrie infrarouge, la microscopie électronique à balayage, la
spectrométrie d’émission atomique à source de plasma à couplage inductif (ICP-
AES).
Ce chapitre présente aussi la description des différentes techniques
expérimentales mises en œuvre pour l’étude de l’adsorption de l’arsenic (III, V)
en batch et en colonne par percolation sur les latérites.

2 Méthodes physico-chimiques des caractérisations des eaux


Le prélèvement d’un échantillon d’eau est une opération assez délicate à
laquelle le plus grand soin doit être apporté. Il conditionne les résultats
analytiques et l’interprétation qui en sera donnée. L’échantillon doit être
homogène, représentatif et obtenu sans modifier les caractéristiques physico-
chimiques de l’eau.

2.1 Mesures in situ


Cinq paramètres physico-chimiques ont été mesurés in situ. Ces paramètres
physico-chimiques mesurés in situ sont : la température (T°C), le potentiel
hydrogène (pH), la conductivité électrique (CE), l’oxygène dissous et le potentiel
redox (Eh). Au total, quatre forages ont fait l’objet de cette caractérisation (deux
forages du village de Tanlili et deux forages du village de Lilgomdé).
Le tableau II.1 résume l’ensemble des paramètres et éléments analysés
ainsi que les méthodes utilisées.

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Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Tableau II. 1 : Paramètres et méthodes analytiques utilisées pour l’analyse des


eaux in situ

Paramètres Unités Matériel et méthodes

pH /
pH-mètre portatif 826 de marque
metrohm et mesure in situ
Température (T) °C

µS/cm un conductimètre portatif


Conductivité Electrique
Phenomenal CO 3000 H et mesure
(CE)
in situ
un stylo portatif ORP 15 et mesure
Potentiel redox (Eh) mV
in situ
oxymètre portable D200 et mesure
Oxygène dissous (O) %
in situ

2.2 Analyses au laboratoire


Pour les analyses au laboratoire, les échantillons d'eau ont été prélevés et
mis dans des bouteilles en polyéthylène basse densité de capacité 1 litre,
préalablement lavées à l’acide nitrique puis à l’eau distillée. Sur le terrain, avant
le remplissage des bouteilles, celles-ci ont été lavées trois fois avec l’eau à
prélever. Le remplissage des bouteilles a été fait à ras bord puis le bouchon vissé
afin d’éviter tout échange gazeux avec l’atmosphère. Les échantillons d’eau ont
été ensuite transportés dans une glacière à 4 °C au laboratoire pour une analyse
chimique ultérieure. Deux bouteilles séparées ont été prélevées. Le premier flacon
a été acidifié avec HNO3 (0,1% v/v, Merck) pour l’analyse des cations majeurs et
le second non acidifié pour l'analyse des anions.
Il est évident que le chimisme des eaux souterraines dépend,
principalement, de la composition lithologique des couches traversées et du temps
de séjour des eaux. Cette interaction influe sur la teneur des éléments majeurs
(Ca2+, Mg2+, Na+, K+, Cl-, SO42--, HCO3- etc.). Les concentrations de ces éléments
naturels sont conditionnées par divers facteurs tels que les paramètres
climatiques, l’activité anthropique, les échanges entre aquifères et eaux de
surface [1].
Le tableau II.2 résume l’ensemble des paramètres analysés au laboratoire
ainsi que les méthodes utilisées.

- 62 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Tableau II. 2 : Paramètres et méthodes utilisées pour les analyses au laboratoire

Paramètres Unités Matériel et méthodes


Dosage complexométrie à l’aide de l’EDTA à
TH °F pH 10 en utilisant le NET (Noir Eriochrome
T) comme indicateur.
Dosage complexométrie à l’aide de l’EDTA à
2+
Ca mg/L pH 12 en utilisant le PATTON et REEDER
comme indicateur.
Al, As, Cu, K, Filtration sur membrane en nylon de seuil de
Mn, Na, Ba, mg/L rétention 0,45µm et dosage par ICP- AES-
Fe IRIS Intrepid II XSP
mg/L de
TA ou TAC Dosage à l’aide d’acide sulfurique à 0,02 N
CaCO3
Cl-, SO42-,
mg/L Spectrophotomètre (Hach Lange DR 3800)
PO43-, NO3-

La dureté ou titre hydrotimétrique (TH) s’exprime généralement en degré


français (°F) et est défini par la relation II.1:

𝐓𝐇 = 𝟏𝟎𝟎𝟎𝟎 ([𝐂𝐚𝟐+ ] + [𝐌𝐠 𝟐+ ]) Relation II.1


1°F = 10 mg/L de CaCO3
Pour déterminer la dureté magnésienne, on retranche de la valeur de la
dureté totale la dureté calcique.
Détermination du TA et du TAC par volumétrie
L’alcalinité d’une eau correspond à la teneur de celle-ci en bicarbonate
(HCO3-), en carbonate (CO32-) et en hydroxyde (OH-).
 Le TA permet de connaître la teneur de l’eau en carbonate et bases fortes
présentes dans l’eau. Il s’exprime en degré français °F ou en concentration
de CaCO3 exprimée en mg/L.
 Le TAC est la grandeur utilisée pour mesurer le taux en hydroxyde,
carbonate et bicarbonate. Son unité est aussi le degré français °F ou en
concentration de CaCO3 exprimée en mg/L.
La méthode pH-métrique est utilisée pour la détermination du TA ou TAC.
100 mL d’échantillon d’eau sont introduits dans un bécher où plonge une
électrode de pH. Le titrage se fait avec une solution d’acide sulfurique (0,02 N)

- 63 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

et les volumes d’acide versés pour lesquels le pH prend les valeurs 8,3 (pour le
TA) et 4,5 (pour le TAC) sont relevés. Ces valeurs nous permettent d’accéder à
la concentration en bases CB de l’échantillon. L’indice de Ryznar, un indice de
stabilité, est défini par la relation II.2.
𝐈𝐑𝐳 = 𝟐 × 𝐩𝐇𝐬 − 𝐩𝐇𝐫é𝐞𝐥 Relation II.2
pHs et pHréel sont les pH de saturation et mesuré in situ respectivement.
Le pH de saturation est déterminé en mélangeant 250 ml de l’échantillon avec 2
g de CaCO3. Le mélange est mis sous agitation pendant 24 heures, et laissé au
repos pendant 6 heures. Le surnageant est recueilli pour la mesure du pH.
Pour le dosage des ions sulfate, nitrate et phosphate, nous avons utilisé des
kits spécifiques à chaque ion.
 Pour les ions sulfates, un kit de réactif SulfaVer 4 en sachet de poudre,
2 – 70 mg/L, SO42-.
 Pour les ions nitrate, un kit de réactif NitraVer 5 en sachet de poudre,
0,1 – 10 mg/L, NO3-N
 Pour les ions phosphate, un kit de Réactif PhosVer 3 en sachets de poudre,
0,02 – 2,50mg/L PO43-.

3 Caractérisation des latérites


3.1 Caractérisation physico-chimique
Les latérites échantillonnées ont été broyées grossièrement avec un broyeur
à rouleaux pour ensuite séparer les différentes fractions par tamisage. Les tamis
ont été superposés de manière croissante en fonction du diamètre. Les différents
tamis utilisés nous ont permis de récupérer les fractions granulométriques
suivantes : 0,105 – 0,297 mm, 0,297 – 0,354 mm, 0,354 – 0,595 mm, 0,595 – 0,71
mm, 0,71 – 1,19 mm, 1,19 – 2 mm, et 2 – 2,38 mm. Parmi ces granulométries, la
plus fine (granulométrie supérieure ou égale à 0,297 mm) a été séchée à 105 °C
pendant 24 heures et utilisée pour les différentes caractérisations
physico- chimiques.

3.1.1 La densité

La densité d’un matériau est une de ses propriétés fondamentales. Elle est
un paramètre physique qui permet d’estimer la composition minéralogique des
matières premières à partir des données de la littérature. En effet, elle permet de
savoir quelle espèce minérale prédomine dans un matériau [2-3]. Elle est le
rapport entre la masse de l’échantillon sur la masse du même volume de solvant
utilisé.

- 64 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

La détermination de la densité est réalisée à l’aide d’un pycnomètre à eau


préalablement bien nettoyé et essuyé de masse à vide m1. Ce pycnomètre est
rempli jusqu’au repère avec de l’eau déminéralisée et la masse de l’ensemble du
pycnomètre rempli d’eau est notée m2. Une quantité de latérite (environ 5 g) est
introduite dans le pycnomètre, l’ensemble est noté m3. Le volume du pycnomètre
contenant la poudre de latérite est complété avec de l’eau déminéralisée jusqu’au
repère en ajustant à l’aide d’une pipette pasteur. L’ensemble est pesé et
correspond à la masse m4.
La relation II.3 permet d’accéder à la valeur de la densité.
(𝐦𝟑 − 𝐦𝟏 )
𝐝𝐩𝐨𝐮𝐝𝐫𝐞 = (𝐦𝟐 − 𝐦𝟑 )+(𝐦𝟏 − 𝐦𝟒 )
Relation II.3

Avec :
m1 (g) : masse du pycnomètre à vide,
m2 (g) : masse du pycnomètre rempli d’eau distillée,
m3 (g) : masse du pycnomètre avec une certaine quantité de matériau,
m4 (g) : masse du pycnomètre avec la même quantité de matériau et remplie avec
de l’eau distillée.

3.1.2 Le taux d’humidité

L’humidité d’une matière première représente la quantité d’eau libre « dit


eau d’imbibition » qu’elle contient [4]. Le principe de la détermination du taux
d’humidité consiste à sécher à l’étuve, à une température de 105 °C, une masse
bien connue de matière. Le taux d’humidité donne des informations sur l’état
d’hydratation de l’échantillon.
La relation II.4 suivante permet d’évaluer le taux d’humidité.
𝐦𝟏 − 𝐦𝟐
𝐓𝐇 (%) = Relation II.4
𝐦𝟏

Avec :
TH (%) : taux d’humidité en pourcentage,
m1 (g) : masse de l’échantillon à la température ambiante avant le séchage à 105
°C,
m2 (g) : masse de l’échantillon porté à 105 °C pendant 24 heures.

- 65 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

3.1.3 La perte au feu (PF)

Une matière dépourvue d’humidité et chauffée à une haute température de


1000 °C subit des pertes de masses successives qui peuvent s’expliquer
essentiellement par :
 l’élimination d’eau de constitution (départ des hydroxyles) ;
 les modifications structurales et la décomposition des carbonates et des
matières organiques.
La relation II.5 donne la perte au feu en pourcentage.
𝐦𝟐 − 𝐦𝟑
𝐏𝐅 (%) = × 𝟏𝟎𝟎 Relation II.5
𝐦𝟐

Avec :
PF (%) : perte au feu en pourcentage,
m2 (g) : masse de l’échantillon étuvé à 105 °C,
m3 (g) : masse de l’échantillon après la cuisson à 1000 °C pendant 2 heures.

3.1.4 La granulométrie par tamisage

L’analyse de la granulométrie permet de classer les poudres en fonction de


la taille de leurs particules. Le tamisage est la séparation de particules solides
d’après leurs diamètres, grâce à un jeu de tamis.
Pour une analyse granulométrique d’une poudre, on superpose un certain
nombre de tamis dont les dimensions des mailles vont décroissantes (du tamis
supérieur ayant les mailles les plus larges aux tamis inférieurs ayant les mailles
les plus étroites). L’ensemble est agité pendant quelques minutes. A la fin de
l’opération, la fraction de poudre qui se trouve sur chaque tamis (refus) est pesée,
les résultats sont portés sur un graphique. L’examen de la courbe obtenue (ou
histogramme de répartition) permet de recueillir les renseignements sur la
répartition granulométrique et l’homogénéité des différentes particules d’une
poudre.
Comme mode opératoire, nous avons adopté le protocole suivant : une
masse bien précise de chaque échantillon a été pesée et placée dans le tamis
supérieur (six tamis de 200 mm de diamètre, de différentes tailles de mailles
choisies en fonction de classes à obtenir). Après avoir placé l’échantillon dans le
tamis supérieur, nous avons fermé le couvercle et nous avons mis le vibrateur en
marche pendant 10 minutes. Nous avons récupéré la poudre dans des bacs et
nettoyé chaque face des tamis (supérieure et inférieure) à l’aide d’un pinceau, et

- 66 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

incorporé les résidus dans chaque classe granulométrique correspondante.


Ensuite, nous avons pesé les quantités de granulats retenues dans chaque tamis.
3.1.5 La surface spécifique (SS)

La surface spécifique des matières premières comme les argiles et les


latérites est composée de la surface externe comprise entre les particules et la
surface interne correspondant aux espaces interfoliaires. L’augmentation de la
surface spécifique donne un pouvoir de gonflement plus important et par
conséquent un potentiel de gonflement plus élevé [5]. La surface spécifique d'une
poudre donnée est dépendante de la méthode de mesure. Les méthodes de mesure
de la surface spécifique peuvent être groupées en deux catégories principales :
 l'adsorption de gaz, qui mesure la surface spécifique externe des particules
par l'adsorption des molécules simples, tels que l'azote (N2) à basses températures
(la méthode BET) ou la vapeur d'eau ;
 l'adsorption des molécules, qui mesure la surface spécifique totale des
particules par l'adsorption des liquides polaires, tels que l'éthylène glycol (EG),
l'éthylène glycol mono éthylique éther (EGME), le bleu de méthylène (BM) et
plusieurs autres.

A. La surface spécifique par adsorption d’azote

La surface spécifique est définie comme étant l’aire massique d’un


échantillon. Il s’agit de la surface totale développée par un matériau par unité de
masse [6]. La surface spécifique demeure un paramètre d’influence en ce qui
concerne les phénomènes de surface. Dans cette méthode, la surface spécifique
est déterminée à partir de relations entre la pression appliquée et le volume d'un
gaz forcé à pénétrer à travers l’échantillon, selon la théorie d’adsorption de gaz
de Brunauer, Emmett, et Teller (BET).

A.1 Principe

L'adsorption physique d'un gaz sur un solide est en général destinée à


fournir des informations sur la surface spécifique et sur la structure poreuse du
solide. Pour un système particulier et à une température donnée, l'isotherme
d'adsorption est l'expression de la quantité adsorbée en fonction de la pression
(Relation II.6).
𝐏
𝛎 = 𝐟( )𝐭, 𝐠𝐚𝐳, 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐞 Relation II.6
𝐏𝟎

Cette technique de Brunauer, Emmet et Teller (méthode BET) est très


connue et largement utilisée pour la caractérisation texturale des matériaux

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Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

catalytiques, des adsorbants, etc. Il s´agit de l´adsorption physique de gaz à une


température proche de sa condensation, ce qui permet d´obtenir une information
sur la surface spécifique du matériau [7]. L´équation classique (Relation II.7) de
ces mesures est la suivante :
𝐏 𝟏 𝐂 −𝟏 𝐏
= + × Relation II.7
𝐕𝐚𝐝𝐬 (𝐏 − 𝐏𝟎 ) 𝐕𝐦 𝐂 𝐕𝐦 𝐂 𝐏𝟎

Avec :
P (bar) : la pression partielle du gaz qui s´adsorbe,
Po (bar) : pression de vapeur du gaz à la température d´adsorption,
Vm (cm3) : le volume du gaz adsorbé quand il y a la monocouche,
C : la constante qui dépend de la température de condensation et de l´adsorption
du gaz
Vads (cm3) : le volume de gaz adsorbé à la pression P.
Si on a les données qui correspondent à la formation initiale de la
𝐏 𝐏
monocouche, la courbe de en fonction donnera une droite (selon la
𝐕𝐚𝐝𝐬 (𝐏 − 𝐏𝟎 ) 𝐏𝟎
Relation II.7). On obtiendra ainsi les valeurs de C et Vm avec respectivement la
pente (𝛂) et l´ordonnée à l´origine (𝛃). Lorsque le volume de la monocouche est
connu, la surface spécifique est donnée par la relation II.8 [8].
𝐕𝐦
𝐒𝐁𝐄𝐓 = 𝓝𝑨 × 𝛔 × Relation II.8
𝐕

Avec :
SBET (m2/g) : la surface spécifique par adsorption d’azote,
𝒩𝐴 (mol-1) : le nombre d’Avogadro,
σ (Ǻ2) : l’aire occupée par une molécule d’adsorbat
Vm (cm3/mol) : le volume occupé par une mole de vapeur
V (cm3/mol) : le volume molaire du gaz.

A.2 Mode opératoire

Pour la mesure de la surface spécifique, l’échantillon a été prétraité. Ce


prétraitement a consisté en un dégazage et une déshydratation à 200 °C de la
latérite pendant 24 heures afin d’évacuer tous les gaz préalablement adsorbés. Le
gaz sonde employé lors de notre étude est l’azote. Une isotherme d’adsorption et
de désorption de N2 est obtenue. Les mesures sont réalisées à 77 K, température
d’ébullition de l’azote. L’aire spécifique et le volume total de pores des différents

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Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

matériaux ont été estimés à partir des isothermes d’adsorption/désorption de N 2 à


la température d’ébullition de l’azote liquide (77 K). La valeur de la surface
spécifique de chaque matériau a été déterminée avec un appareil de marque Bel
Sorp-max/Bel [Link] piloté par un logiciel Bel Japan. Inc.

B La surface spécifique par la méthode au bleu de méthylène

Le bleu de méthylène (ou chlorure de méthylthioninium) est un composé


organique dont le nom officiel est 3,7-bis-(dimethylamino) phenazathionium et
sa formule chimique est C16H18ClN3S. Il est employé pour déterminer la surface
spécifique des minéraux argileux depuis des décennies (Figure II.1).

Figure II. 1 : Structure chimique de la molécule de bleu de méthylène

B.1 Principe

Il consiste à déterminer la capacité d’adsorption ionique d’un sol (matières


premières argileuses, latéritiques, etc.) en mesurant la quantité de colorant de bleu
de méthylène nécessaire pour recouvrir la surface totale, externe et interne, de
toutes les particules de matière présentes dans la solution à étudier par une
monocouche de bleu de méthylène. On appelle cette quantité, la valeur au bleu,
notée VB et exprimée en grammes de bleu par grammes de sol, tel que décrit par
la relation II.9.
𝐕𝐁𝐌
𝐕𝐁 = (𝐜𝐦𝟑 ⁄𝐠) Relation II.9
𝐦𝐬𝐨𝐥

Avec :
VB : la valeur au bleu,
VBM : la quantité de bleu de méthylène adsorbé (cm3 ),
msol : la masse sol sec de la prise d’essai (g).
Le principe de cette méthode repose sur la base d'échanges ioniques ayant
lieu entre les cations des matières premières latéritiques facilement échangeables
et les cations de bleu de méthylène libérés lors de sa dissolution dans l'eau. Les
particules latéritiques ayant une grande surface spécifique ainsi qu’une capacité

- 69 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

d’échange ionique importante, la présence de minéraux latéritiques pourra être


mise en évidence par l’emploi de bleu de méthylène [9].

B.2 Mode opératoire

Pour cette méthode, nous avons utilisé le protocole proposé par A.


BOUKERROUI et M-S. OUALI [10]. Cette méthode consiste à mettre dans une
quinzaine d’Erlenmeyers, successivement 20 mL d’une suspension de latérite de
concentration massique de 2 g/L et une concentration variable de solution de bleu
de méthylène (concentration en bleu de méthylène variant de 0,1 à 1,6 mmol/L).
Les suspensions sont agitées à température ambiante environ une heure. Elles sont
ensuite centrifugées pendant 20 minutes à l’aide d’une centrifugeuse de marque
labofuge 200/Heraeus, SPATECH réglée à une vitesse de 1600 rpm. Le
surnageant est recueilli et analysé par colorimétrie à l’aide d’un spectromètre UV-
visible de marque SHIMADZU/UV mini 1240 à une longueur d’onde de 665 nm.
Les quantités de bleu de méthylène adsorbées au point de floculation optimum
(PFO) sont rapportées à 100 g de matériau sec. Ce point de floculation optimum
(PFO) se définit comme étant le point où la courbe de l’isotherme d’adsorption
du bleu de méthylène cesse d’être linéaire. Cette méthode permet de calculer la
CEC et la surface spécifique (SS) [10 -12].
La surface spécifique (SS) est déterminée à partir de la relation II.10.

𝐒𝐒 = 𝐌𝐟 × 𝐀𝐦 × 𝐍 (𝐞𝐧 𝐦𝟐 ⁄𝐠) Relation II.10

Avec :
Mf (méq) : quantité en milliéquivalent de bleu de méthylène adsorbé par 100 g de
matière sèche quand la surface est totalement couverte ; c’est le PFO,
Am : surface occupée par une molécule de bleu de méthylène = 130 Å2,
N : nombre d’Avogadro = 6,02.1023 [Link]-1.

𝐒𝐒 = 𝟕, 𝟖𝟑 × 𝐌𝐟 (𝐞𝐧 𝐦𝟐 /𝐠) Relation II.11

La quantité de bleu de méthylène adsorbé par 100 g de latérite quand la


surface est totalement couverte (Mf ) correspond à la capacité d’échange
cationique (CEC). Les isothermes d’adsorption permettent d’accéder à la capacité
d’échange cationique (CEC) à travers le PFO.

3.1.6 La capacité d’échange cationique

La détermination de la capacité d’échange cationique se heurte à deux


problèmes majeurs :

- 70 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Le pH auquel est effectué la mesure et le choix du cation à utiliser pour


cette mesure. Concernant le pH de la suspension, trois possibilités présentant
chacune des inconvénients, sont envisageables :
 le pH peut être fixé à une valeur arbitraire qui est généralement 7. Son
abaissement ou son élévation nécessite l’introduction d’un acide ou d’une base
dans la suspension. Le cation choisi comme témoin est alors mis en compétition
plus ou moins poussée avec le cation de l’acide ou de la base. Le risque est donc
d’engendrer une diminution de la quantité de cation témoin fixé, et de sous-
estimer la capacité d’échange cationique.
 le pH est fixé à une valeur particulière correspondant soit au point de charge
nulle, soit au point isoélectrique.
 le pH n’est pas imposé. La mesure est réalisée à pH non fixé. Ce dernier
dépendra de la solution utilisée pour la mesure et du sol étudié (effet tampon pour
chaque famille de sol). L’inconvénient est que le pH de la mesure peut ne pas être
représentatif des pH rencontrés en milieux naturels, ni des pH utilisés pour des
expériences ultérieures.
Le second point qui pose problème lors de la mesure de la capacité
d’échange cationique est le choix du cation témoin. Une revue de la littérature
montre que ce choix est très vaste et qu’un grand nombre de cations a déjà été
proposé pour servir d’indicateur. Ces cations ont été utilisés sous forme non
complexés tels que le calcium, le sodium, le potassium, le magnésium, le baryum,
l’ammonium [13] mais également sous forme de complexes organiques, tels que
l’acétate d’ammonium [14], l’argentthiourée, la cobaltihexamine [15], ou encore
l’éthylènediamine de cuivre [16], ou les ions alkylammonium [17].
Les capacités d’échange cationiques mesurées sur un même échantillon
avec différents cations témoins, peuvent varier de façon très significative [18].
Face aux différentes entraves liées à la détermination expérimentale, il apparaît
donc important de relativiser la notion de capacité d’échange cationique, qui se
révèle être une grandeur conditionnelle [19]. La capacité d’échange cationique est
une quantité qui se mesure par saturation du sol par un premier type de cations,
ensuite on le met en présence d’autres cations qui vont prendre la place des
premiers. Selon le nombre des cations récupérés, on estime la valeur de la capacité
d’échange cationique qui s’exprime en milliéquivalents par 100 g de sol (méq/100
g de latérite) [14].
Dans ce présent travail, nous avons déterminé la capacité d’échange
cationique par la méthode de chlorure de cobaltihexamine ([Co(NH 3)6]3+, 3Cl-).
Cette méthode est simple, rapide et très fiable car l’ion cobaltihexamine a un
pouvoir très élevé de déplacement de l’ensemble des cations échangeables [20].
Nous avons adopté comme mode opératoire le protocole suivant : nous
avons pesé 0,5 g d’échantillon de latérite dans 30 mL d’une solution de chlorure

- 71 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

de cobaltihexamine ([Co(NH3)6]3+, 3Cl-, Alfa Aesar) de concentration molaire


égale à 0,05 mol/L. Le mélange est agité pendant 2 heures à la température
ambiante, puis centrifugé à 1900 rpm pendant 1 heure. Le surnagent est recueilli
et dosé par spectrométrie UV-visible de marque SHIMADZU/UV mini 1240 à la
longueur d’onde de 475 nm. La relation II.12 permet d’accéder à la capacité
d’échange cationique (C.E.C).
(𝐂𝐢 −𝐂𝐞 )×𝐕
𝐂. 𝐄. 𝐂 = × 𝟏𝟎𝟎 Relation II.12
𝐦

Avec :
C.E.C : Capacité d’Echange Cationique en méq/100g
Ci : Concentration initiale (0,05 mol/L)
Ce : Concentration en équilibre (mol/L)
m : Masse de l’échantillon (g)
V : Volume de la solution (ml)

3.1.7 Spectrométrie d’Emission Atomique à source de plasma à couplage


inductif (ICP – AES)

La spectrométrie d’émission atomique, utilisant la technique du plasma


d’argon induit par des hautes fréquences (Inductively Coupled Plasma-Atomic
Emission Spectrometry ICP-AES) comme source d’ionisation et d’excitation, a
pour principale application l’analyse d’échantillons sous forme liquide. Le terme
plasma désigne des gaz partiellement ionisés.
Un aérosol contenant l'échantillon dissous passe dans un plasma HF
constitué d'argon partiellement ionisé à une température élevée (4500 à 6000 K).
Des électrons des atomes présents dans l’aérosol sont excités par le plasma. Les
longueurs d’onde du rayonnement émis au cours du retour à l’état fondamental
sont caractéristiques des éléments présents. L’intensité de l’émission observée
pour chaque longueur d’onde est directement proportionnelle à la quantité
d'atomes de l'espèce impliquée. Un photomultiplicateur, placé dans le champ,
traduit l’intensité lumineuse observée pour chaque longueur d'onde en un courant
électrique d’intensité proportionnelle à la concentration en élément dosé [21].
Les concentrations en éléments présents dans l’échantillon à analyser sont
donc déterminées à partir de courbes d’étalonnage réalisées quotidiennement avec
des solutions de référence contenant les éléments à doser en quantités connues.

- 72 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

A Principe

L’échantillon à doser est d’abord mis en solution, puis pompé et converti


en un ensemble de très fines particules liquides dans un flux gazeux par
nébulisation [21]. La solution est transformée en aérosol par injection d’argon
ultra pur, elle est ensuite transformée vers la torche à plasma à l’extrémité de
laquelle se trouve un générateur radio haute fréquence qui crée un champ
magnétique. Les électrons excités entrent en collision avec l’aérosol provoquant
une ionisation à 6000 K [22].
Le détecteur fournit des réponses linéaires pour des taux de concentrations
de l’ordre du µg/L au mg/L. L’appareil piloté par un ordinateur, transforme les
impulsions induites par les ions en concentrations grâce à des courbes de
calibration qui ont été établies pour chaque élément avec des solutions
synthétiques de concentrations connues.
Schématiquement une ICP – AES comprend quatre parties importantes :
 un système d’introduction d’échantillon qui permet d’amener l’échantillon
au plasma ;
 une torche ;
 un générateur haute fréquence ;
 un système optique qui analyse le spectre émis.
La figure II.12 illustre le principe d’une ICP-AES.

Figure II. 2 : Schéma de principe de l’ICP-AES [23]

- 73 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

B Mode opératoire

L’analyse chimique élémentaire des échantillons a été faite par ICP à l’aide
d’un ICP- AES-IRIS Intrepid II XSP. L’échantillon est mis en solution selon le
protocole suivant : 250 mg de chaque échantillon préalablement séché à l’étuve à
105 °C pendant 24 heures ont été pesés puis introduits dans un tube en téflon. A
cela, nous avons ajouté 4 ml d’acide fluorhydrique (HF, 30%), 3 ml d’acide
sulfurique (H2SO4, 96%) et 3 ml d’acide nitrique (HNO3 65%) ; le tout est placé
dans le four à micro-onde de marque MILESTONE/START D Microware, qui
est porté à 200 °C sous 30 bars. Celui-ci est programmé suivant le cycle thermique
représenté à la figure II.3. Le protocole détaillé utilisé pour les analyses à l’ICP-
AES a été illustré en annexe.

Figure II. 3 : Cycle thermique du four micro-onde

3.1.8 Le carbone organique total sur solide

La détermination du carbone organique total (TOC) nous permet d’évaluer


le taux de matière organique contenu dans les matériaux. La présence d’une
quantité importante de carbone organique présage un taux important de matière
organique.
L'analyseur de carbone utilisé au laboratoire est un appareil de la marque
Shimadzu (TOC Shimadzu-VCSH) permettant l'analyse sur phases liquides et sur
phases solides. La détermination du carbone total organique (TOC) s’effectue en
deux étapes. L'analyseur permet de doser le carbone total (TC) et le carbone
inorganique (IC), et par différence, le carbone organique total (TOC). Les
gammes de mesure s'étendent de 0,1 à 30 mg de carbone en TC solide et de 0,1 à
20 mg en IC solide. Dans notre cas, la détermination du carbone organique total
s’est faite sur des phases solides. Dans le cas de l’analyse sur solide, les mesures
du carbone inorganique et du carbone total se font sur deux échantillons distincts.
Cette technique présente comme avantages un temps de réponse court (±
15 minutes) ainsi qu’une utilisation minimale de réactifs et d’échantillons. La
relation II.13 permet d’accéder au carbone organique total.

- 74 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

%𝐓𝐎𝐂 = %𝐓𝐂 − %𝐈𝐂 Relation II.13

3.1.9 La matière organique

Le terme matière organique regroupe une somme importante et hétérogène


de substances et composés carbonés d’origine végétale et animale. La nature de
la matière organique du sol est très complexe, principalement des composés
humiques, des racines, des microorganismes. C’est pourquoi, il est plus juste de
parler des matières organiques (MO). La matière organique amplifie grandement
la capacité d’échange cationique du sol et elle retient les nutriments assimilables
par les plantes. Ainsi, la matière organique est un réservoir de nutriments
lentement assimilables.
L’action du peroxyde d’hydrogène permet de mettre en évidence la
présence de la matière organique dans un échantillon. En effet, le peroxyde
d’hydrogène (H2O2) élimine la matière organique selon la réaction exothermique
de l’équation II.1:

𝟐𝐇𝟐 𝐎𝟐 + 𝐂𝐨𝐫𝐠 → 𝐂𝐎𝟐 + 𝟐𝐇𝟐 𝐎 Equation II.1

La présence de la matière organique se traduit donc par l’échauffement du


bécher suivi d’apparition de bulles (CO2) dans la solution.
Pour quantifier la matière organique, nous avons procédé à un dosage des
échantillons préalablement broyés (granulométrie supérieure ou égale à 0,297
mm). Les échantillons sont d’abord séchés à l’étuve à 105 °C pendant vingt-
quatre (24) heures avant le dosage. Une prise d’essai de l’échantillon de masse
m1 = 10 g a été introduite dans un bécher de 100 ml avec 12,50 ml d’eau oxygénée
à 30 % (9 volumes). Le mélange a été chauffé doucement jusqu’à 60 °C et
mélangé avec une baguette en verre jusqu’à la fin du dégagement gazeux, puis
porté à l’ébullition pendant 15 minutes. L’ensemble bécher-mélange a été mis de
nouveau dans l’étuve réglé à 105 °C pendant vingt-quatre (24) heures. La masse
m2 de cet ensemble fut mise après son refroidissement dans un dessiccateur au gel
de silice. Le taux de matière organique a été évalué en utilisant la Relation II.14 :
𝐦𝟎 − 𝐦𝟐
𝐌𝐎 (%) = (𝟏 + ) × 𝟏𝟎𝟎 Relation II.14
𝐦𝟏

Avec :
m0 (g) : masse du bécher vide,
m1 (g) : masse de prise d’essai,
m2 (g) : masse de l’échantillon sans matière organique + bêcher.

- 75 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

3.2 Caractérisations minéralogiques


3.2.1 Diffraction des rayons X (DRX)

La technique de diffraction des rayons X a pour but la détermination de


l’état de cristallisation des matériaux et leur état d’amorphisation après traitement
thermique. Le matériau à analyser est finement broyé et tamisé [24]. Cette
méthode permet d’effectuer une analyse quantitative fiable si tous les composés
de la poudre sont bien cristallisés.

A Principe

La diffractométrie de rayons X (DRX) est une technique d'analyse basée


sur la diffraction des rayons X sur la matière.
Les rayons X, comme toutes les ondes électromagnétiques, provoquent un
déplacement du nuage électronique par rapport au noyau dans les atomes. Ces
oscillations induites provoquent une réémission d'ondes électromagnétiques de
même fréquence ; ce phénomène est appelé diffusion Rayleigh. La longueur
d'onde des rayons X étant de l’ordre de grandeur des distances interatomiques
(quelques Å), les interférences des rayons diffusés vont être alternativement
constructives ou destructives. Selon la direction de l'espace, on va donc avoir un
flux important de photons X, ou au contraire très faible ; ces variations selon les
directions forment le phénomène de diffraction X.
La méthode générale consiste à bombarder le matériau par un faisceau X
de rayon monochromatique et parallèle à la longueur d’onde 𝜆, produit par une
anticathode de cuivre ou de cobalt et à mesurer l’angle par rapport au
rayonnement incident des rayons X diffractés et l’intensité des rayonnements X
diffractés au moyen d’un compteur de scintillation [4]. Les directions dans
lesquelles les interférences sont constructives, appelées « pics de diffraction »,
peuvent être déterminées très simplement par la formule suivante, appelée loi de
Bragg (Relation II.15).

𝟐 × 𝒅𝒉𝒌𝒍 × 𝐬𝐢𝐧 𝜽 = 𝒏 × 𝝀 Relation II.15

Avec :
𝐝 : Distance interréticulaire hkl, c'est-à-dire la distance entre deux plans
cristallographiques ;
𝛉 : Angle d’incidence des Rayons X,
𝐧 : Ordre de réflexion (nombre entier),
𝛌 : Longueur d’onde des rayons X.

- 76 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Le diffractomètre ci-dessous (Figure II.4) est constitué d’une source de


rayon X, d’un monochromateur dissymétrique à lame de quartz pré-taillé et d’un
détecteur courbe à localisation. La poudre est placée sur un porte échantillon de
façon à former une surface la plus plane possible.

Figure II. 4 : Schéma du principe de la diffraction des rayons X modifié selon


Laurie PESANT [25]

B Mode opératoire

Les diffractogrammes des rayons X des poudres des latérites ont été
obtenus à l’aide d’un montage Bragg-Brentano dans un diffractomètre de marque
SIEMENS D5000 à monochromateur arrière en graphite, fonctionnant sous une
tension de 40 kV et une intensité de 30 mA avec une anticathode en cobalt de
longueur d’onde 𝛼 égale à 1,78897 Angstrom, piloté par un ordinateur muni d’un
logiciel DIFFRAC AT version 2. Le temps d’acquisition est de soixante minutes.
Avant la réalisation des diffractogrammes, des pastilles des poudres de latérites
d’environ 0,5 cm d’épaisseur ont été obtenues en les compactant dans un moule
à une pression de 90 kN à l’aide d’une presse.

3.2.2 La spectrométrie infrarouge (FT-IR)

La spectrométrie infrarouge est une technique d'analyse structurale


fonctionnelle basée sur l’analyse vibrationnelle des liaisons. Elle permet de
caractériser les fonctions chimiques présentes dans le matériau. Une molécule
soumise à des radiations dans l'infrarouge peut absorber certaines d'entre elles à
des longueurs d'onde qui correspondent aux fréquences de vibration des
groupements chimiques qui la constituent. La mesure de l'intensité de lumière

- 77 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

absorbée à chaque longueur d'onde λ conduit à un spectre caractéristique du


produit étudié [26].

A Principe

L’absorption des infrarouges (IR) résulte du changement des états


vibrationnel et rotationnel d’une liaison moléculaire. Elle permet de montrer la
présence de groupements atomiques spécifiques dans une phase donnée. C’est
donc un excellent moyen de détection des composés organiques et des structures
minérales. La spectroscopie d’absorption infrarouge est donc une méthode
physique rapide, économique et non destructive, couramment utilisée en analyse
structurale [27]. Lorsque la longueur d’onde (l’énergie) apportée par le faisceau
IR est voisine de l’énergie de vibration de la molécule, cette dernière va absorber
le rayonnement et on enregistrera une diminution de l’intensité réfléchie ou
transmise. Elle complète les résultats de l'analyse par diffraction des rayons X.
C’est en outre une technique quantitative, l’absorption infrarouge étant
régie par la loi de Beer-Lambert (Relation II.16).

𝐈 = 𝐈𝟎 × 𝐞(−𝛆×𝐝×𝐜) Relation II.16

Avec :
I : Intensité de la radiation transmise ;
I0 : Intensité de la radiation incidente ;
ε : Coefficient d’extinction ;
C : Concentration de l’élément absorbant ;
d : Chemin optique (cm).
Un spectromètre FT-IR comporte essentiellement cinq parties
(Figure II.5) :
 une source lumineuse ;
 un dispositif permettant de générer les interférences : l’interféromètre ;
 un compartiment échantillon qui permet d’accueillir plusieurs types
d’accessoire (porte-échantillon) dépendant du mode de mesures utilisé
(réflexion ou transmission) ;
 un détecteur ou capteur photosensible : le spectromètre FT-IR peut
comporter un ou plusieurs détecteurs, pouvant être du type :
 pyroélectrique (générant un courant proportionnel au différentiel de
température entre les deux faces du détecteur) comme les détecteurs DTGS
(Deuterated Tri-glycine Sulfate),

- 78 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

 photoélectrique (générant une différence de potentiel par l’absorption de


photons) comme les détecteurs MCT (Mercure Cadmium Tellure) qui sont
constitués d’un monocristal en alliage de mercure-cadmium-tellure déposé
sur un support inerte.
 enfin, le convertisseur analogique numérique qui interroge le détecteur à
des intervalles réguliers et transforme le signal analogique en un signal
numérique manipulable par le système informatique.

Figure II. 5 : Schéma de principe d’un spectromètre FT-IR [28]

B Mode opératoire

Les spectres IR ont été enregistrés dans le domaine allant de 400 à 4000
cm avec une résolution de 4 cm-1 à l’aide d’un appareil de marque Shimadzu
-1

FTIR-8400S. Les pastilles ont été réalisées en mélangeant 5 mg de chaque


échantillon avec 500 mg de bromure de potassium (KBr, Merck). Le mélange
obtenu est soumis à une pression de dix tonnes. La pastille ainsi formée est
analysée au spectrophotomètre.

3.3 Analyse thermogravimétrie et la calorimétrie différentielle à balayage


(ATG/DSC)
L’Analyse thermique a pour objet la caractérisation des produits et
matériaux, par l’étude de leurs propriétés ou changement d’état en fonction de la
température ou du temps.
L’analyse thermogravimétrique (ATG) est une technique dans laquelle la
variation de masse d’un échantillon est mesurée en fonction du temps ou de la
température lorsque la température de l’échantillon change de façon contrôlée
(dite aussi en mode programmée) dans une atmosphère déterminée.

- 79 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

La calorimétrie différentielle à balaye (DSC) est une technique dans


laquelle le flux de chaleur (puissance thermique) de l’échantillon et de la
référence sont mesurés en fonction du temps ou de la température lorsque la
température de cet ensemble est programmée dans une atmosphère contrôlée. En
pratique, on mesure la différence de flux de chaleur entre un creuset contenant
l’échantillon et un creuset de référence.

3.3.1 Principe

Le principe de la méthode DSC (Differential Scanning calorimetrie)


consiste à chauffer dans une enceinte de température programmée un échantillon
« actif » et un échantillon témoin, en général inerte, disposés symétriquement [20,
29]. Un dispositif à thermocouples mesure le flux de chaleur entre les deux
échantillons (Figure II.6). En l’absence de réaction ou de transformation, l’écart
de température est faible et régulier : c’est la ligne de base. Lorsqu’une
transformation de l’échantillon actif intervient, elle met en jeu une quantité
d’énergie et sa température s’écarte alors de celle du témoin. La température
différentielle est enregistrée sous forme d’un pic ou d’une succession de pics en
fonction de la température ou du temps.
Les courbes obtenues mettent en évidence les pertes d’eau (réactions
endothermiques), mais aussi les recristallisations, les recombinaisons (réactions
exothermiques) et les phénomènes d’oxydation de la matière organique.
La thermogravimétrie consiste à mesurer la variation de masse d’un
échantillon soumis à un cycle thermique : il s’agit donc d’une analyse
quantitative. Elle permet d’étudier les phénomènes chimiques, physiques ou
physico-chimiques qui se traduisent sous l’effet de la température et sous
atmosphère contrôlée par une variation de masse [30].

- 80 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Figure II. 6 : Schéma d’une TGA/DSC1-STARe

3.3.2 Mode opératoire

Les thermogrammes TGA et DSC ont été réalisés à la vitesse de chauffe de


10°C/min sous atmosphère d'air et à l’aide d’un appareil TGA/DSC1-STARe
systemn de METTLER TOLEDO. Les données ont été traitées à l’aide d’un
logiciel METTLER TOLEDO STARe. La masse d’essai, pour chaque
échantillon, est d’environ 100 mg de poudre brute légèrement tassée dans des
creusets en alumine.

3.4 Microscopie électronique à balayage (MEB)


La microscopie électronique à balayage permet d'obtenir des images de
surface de pratiquement tous les matériaux solides, à des échelles allant de celle
de la loupe à celle du microscope électronique en transmission. Ces images
frappent en premier par le rendu très parlant du relief et la grande profondeur de
champ.
Le MEB conventionnel fonctionne dans un vide ordinaire (10 -5 à 10-6
mbar) ; les échantillons peuvent être massifs, de dimension allant de quelques mm
(particules) à une dizaine de centimètres de diamètre, voire plus. Ils doivent
supporter le vide sans le polluer et être conducteurs. La préparation est en général
simple.

- 81 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Le MEB à pression contrôlée (dit environnemental ou low vacuum) permet


l'observation dans un vide allant jusqu'à 30 mbar, rendant ainsi possible l'examen
d'échantillons humides ou gras, d'isolants sans métallisation préalable
(céramiques, métaux corrodés), voire en présence de liquide. Equipé de détecteurs
appropriés, le MEB permet de faire entre autres de la microanalyse X, l’analyse
élémentaire locale.

3.4.1 Principe

Le principe de la microscopie électronique à balayage consiste à explorer


la surface d’un échantillon par lignes successives et à transmettre le signal du
détecteur à un écran cathodique dont le balayage est exactement synchronisé avec
celui du faisceau incident.
Un faisceau d'une vingtaine de nanomètres de diamètre d'électrons
monocinétiques mis en forme par une succession de lentilles électromagnétiques
balaie la surface d'un échantillon où se produisent des interactions détectées par
un capteur. Celui-ci contrôle la brillance d'un oscilloscope cathodique dont le
balayage est synchronisé avec celui du faisceau d'électrons. Le microscope à
balayage électronique (MEB) peut donc être comparé en première approximation
à un système de télévision en circuit fermé. La source d'électrons est constituée
d'un filament de tungstène parcouru par un courant de chauffage [30]. Un
microscope électronique à balayage (Figure II.7), se compose d’une colonne
optique électronique montée sur la chambre échantillon, d’un circuit de pompage
pour l'obtention d'un vide secondaire, de détecteurs permettant de capter les
différents signaux émis par l'échantillon, d’un écran vidéo pour l'observation des
images et d’un système électronique pour gérer l'ensemble des fonctions.

- 82 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Figure II. 7 : Schéma du microscope électronique à balayage [14]

3.4.2 Mode opératoire

La morphologie des différentes poudres des latérites a été observée à l'aide


d'un appareil de marque Microspec-WDX 600/OXFORD. La tension de travail
est de 20 kV, ce qui permet d’avoir un grossissement pouvant aller jusqu’à
30.000X. Les latérites, réduites en poudre de granulométrie inférieure à 100 µm
ont été déposées sur du papier collant à double face, qui, à son tour a été collé sur
le porte-échantillon. L’ensemble est métallisé par une couche d’or (Au/Ag) pour
le rendre conducteur avant l’observation.

3.5 La zêtamétrie
La zêtamétrie est une technique électrocinétique qui permet de déterminer
le potentiel zêta (ζ) des particules en suspension en appliquant un champ
électrique [31].

- 83 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Lorsqu’une particule et un liquide sont en mouvement relatif, une partie du


liquide entourant la particule et contenant des contre-ions est entraînée avec la
particule. Les parties mobile et immobile du liquide sont séparées par un plan
appelé plan de cisaillement (PC) (Figure II.8).

Figure II. 8 : Schéma de l’interface solide-liquide [32]


PC : Plan de cisaillement,
ζ : Potentiel au PC appelé potentiel zêta,
PIH : Représente le plan Interne d’Helmholtz,
PEH : Plan externe d’Helmholtz,
ψd ∶ Le potentiel au PEH,
ψβ ∶ Le potentiel au PIH,
ψ0 : Représente le potentiel de surface
V : (m.s-1) la vitesse relative du liquide par rapport à la surface du solide

3.5.1 Principe

Le principe de cette méthode est de provoquer le déplacement de particules


en suspension sous l’action d’un champ électrique. Les particules sont
considérées comme sphériques et suffisamment éloignées les unes des autres afin
de pouvoir négliger les interactions entre les doubles couches [33].

- 84 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Le potentiel zêta (ζ) des particules de latérites permet une estimation de la


charge de surface portée par celles-ci, et par conséquent, peut conduire à une
interprétation des résultats obtenus lors de l’adsorption des métaux lourds.
Le zêtamètre mesure le potentiel zêta (ζ) de particules colloïdales en
déterminant la vitesse à laquelle ces particules se déplacent dans un champ
électrique connu. Les colloïdes sont placés dans une chambre d'électrophorèse
constituée de deux compartiments d'électrode et d'une chambre de connexion.
Une tension appliquée entre les deux électrodes produit un champ électrique
uniforme dans la chambre de connexion et les particules chargées se déplacent
vers l'une ou l'autre des électrodes. La vitesse des particules est directement
proportionnelle à la magnitude de la charge de la particule au plan de cisaillement
ou au potentiel zêta [34]. Ce potentiel dépend de la viscosité du milieu, la mobilité
des particules et la permittivité selon le modèle de Smoluchowsky
(Relation II.17) :
𝛈×𝛍
𝛇 = Relation II.17 [35]
𝛆

Avec :
ζ ∶ Le potentiel zêta
η : La viscosité du milieu
μ ∶ La mobilité
ε ∶ La permittivité

3.5.2 Le point isoélectrique (PI)

C'est le pH de la solution en équilibre avec le matériau, et qui correspond


à une densité de charge électrique totale nulle. Il est déterminé par les mesures
électrocinétiques.
Le point isoélectrique est décrit par Dzomback et Morel (1990) comme ce
point de charge nulle déterminé par mesures électrocinétiques. Jolivet (1994), cité
par Aude Naveau (2005), définit le point isoélectrique comme le pH pour lequel
les charges positives et négatives de surface se compensent exactement [36]. Pour
un pH inférieur au PI, la charge de surface du solide sera positive et les espèces
anioniques en solution pourront se sorber; pour un pH supérieur au PI, la charge
de surface du solide sera négative et les espèces cationiques pourront se fixer à sa
surface.
Le point isoélectrique se détermine avec un zêtamètre. C’est la valeur du
pH pour lequel le potentiel zêta est nul, c'est-à-dire que les espèces

- 85 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

spécifiquement adsorbées à la surface du matériau neutralisent complètement la


charge intrinsèque du matériau [37].

3.5.3 Mode opératoire

Le point isoélectrique des échantillons latéritiques a été déterminé à l’aide


d’un zêtamètre Zetasizer nano ZS de marque Malvern (Figure II.9). Pour la
manipulation, nous avons adopté comme protocole le mode suivant : une
suspension de 2% en poids de chaque latérite de granulométrie ≥ 0,297 mm
préalablement séché à l’étuve à 105 °C pendant 24 heures a été préparée dans un
bécher de 100 mL. 10 mL de chaque suspension ont été prélevés et introduits dans
un tube en plastique avec un petit agitateur. Ce tube en plastique a été fixé en le
visant sur le titreur, contenant déjà trois solutions (HCl : 0,25M, HCl : 0,025M,
NaOH : 0,025M) servant à la titration et, la sonde de pH est insérée dans le tube
pour les mesures du potentiel zêta en fonction du pH.

Figure II. 9 : Schéma du Zetasizer Nano ZS servant à la mesure des potentiels


zêtas et le PI

4 Essais d’adsorption de l’arsenic (III, V) par les latérites


4.1 Matériel et produits
Toutes les solutions utilisées ont été préparées avec de l’eau ultra-pure de
résistivité 18,2 MΩ.cm. Le matériel, qui a servi à la préparation des différentes
solutions, a été trempé dans un bain d’acide (acide nitrique) à 5% pendant au
moins 12 heures et rincé avec de l’eau ultra-pure avant utilisation. Les solutions
utilisées sont des solutions d’arsenic (V) préparées à partir de Na2HAsO4.7H2O
(98 %, Alfa Aesar) et d’arsenic (III) préparées à partir de NaAsO 2 (0,05 mol/

- 86 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

L Alfa Aesar). Des solutions mères de concentration égale à 1000 mg/L d’arsenic
(V) et d’arsenic (III) ont été préparées et conservées à 4 °C. Les solutions filles
d’arsenic (V) et d’arsenic (III) qui ont été utilisées dans ce travail sont préparées
juste avant l’emploi par dilution des solutions mères.
Les autres réactifs tels que HNO3 (Prolabo), NaOH (Prolabo), NaHCO3
(Prolabo), NaNO3 (Merck), NaH2PO4.H2O (Merck) et Na2SO4.10H2O (Merck)
utilisés dans les essais étaient tous de qualité analytique.
La détermination des concentrations en arsenic (V) et arsenic (III) en
solution sont réalisées à l’aide d’un ICP-AES de marque Thermo Scientfic
(Thermo Elemental IRIS Intrepid II XSP) piloté par le logiciel d’acquisition et de
traitement des données TEVA (Limite de détection de 9 µg/L).
Des solutions étalons sont préparées à partir d’une solution standard de As
(1000 ± 0,05 mg/L, Merck) pour l’établissement d’une droite de calibration avant
chaque analyse.
Les gaz utilisés pour l’alimentation de l’appareil sont de l’argon et de
l’azote.

4.2 Essais en batch


Pour les essais d’adsorption en batch et pour des raisons pratiques, la
fraction fine inférieure à 0,3 mm des latérites a été choisie dans le but d’augmenter
la capacité d’adsorption de ces matériaux. Les latérites ont subi un traitement
thermique, c’est-à-dire qu’elles ont été chauffées au four à 400 °C pendant 2
heures afin d'éliminer les traces de carbone organique et d'éviter l'effet incohérent
rencontré lors des tests d'adsorption en batch. L’utilisation des latérites en poudre
est préconisée par de nombreux auteurs [38-39]. Pour tous les essais en batch, les
opérations ont été répétées trois fois.

4.2.1 Effet de dose de l’adsorbant

Les expériences d’adsorption ont été effectuées en adaptant les protocoles


proposés par Y. Mamindy-Pajany et al [40], H. Guo et al [41], S. Yao et al [42],
et S.P. Mishra et al [43] à notre contexte d’étude. A partir des solutions mères
d’arsenic (V) et d’arsenic (III) (1000 mg/L), des solutions filles respectivement
d’arsenic (V) et d’arsenic (III) de concentration 5 mg/L ont été préparées.
La méthode consiste à placer 50 mL d’une solution d’arsenic (V) ou
d’arsenic (III) de concentration égale à 5 mg/L dans une dizaine de flacons en
polyéthylène de capacité 250 mL. A cela, nous avons ajouté des quantités
croissantes d’adsorbant, quantité allant de 2,5 g/L à 45 g/L. Selon la littérature

- 87 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

[38, 43-44], les expériences ont montré que l’équilibre est atteint en moins de 24
heures. Pour plus d'exactitude dans le choix du temps d'équilibre, il a été décidé
de mener toutes les expériences suivantes sur un temps plus long que le début de
saturation, soit 24 h de temps de contact.
Les mélanges sont agités pendant 24 heures à l’aide d’un agitateur
mécanique Heidolph REAX 20 à la température ambiante 18 ± 2°C. Après 24
heures d’agitation, les solutions sont retirées et centrifugées à l’aide d’une
centrifugeuse de marque BECKMAN J2-MI à 1308 g (accélération centrifuge
radiale) pendant 15 minutes. Après 15 minutes, elles sont retirées et filtrées à
l’aide des membranes en nylon de diamètre 25 mm avec un seuil de rétention de
0,45 µm. Après filtration, les solutions sont analysées par ICP-AES.
Le pourcentage en arsenic est calculé à l’aide de la Relation II.18.
(𝐂𝟎 − 𝐂𝐞 )
% 𝐀𝐬(𝐕, 𝐈𝐈𝐈) = × 𝟏𝟎𝟎 Relation II.18
𝐂𝟎

Avec :
% As(V, III) ∶ Pourcentage en arsenic (V) ou (III)
C0 ∶ Concentration initiale en arsenic (V) ou (III) en mg/L
Ce : Concentration à l’équilibre en arsenic (V) ou (III) en mg/L

4.2.2 Effet de la concentration initiale en arsenic

Les expériences d’adsorption ont été effectuées par la mise en contact des
matériaux (0,5 g) avec 50 mL des solutions d’arsenic (V) ou d’arsenic (III) de
concentrations initiales différentes (1 mg/L à 10 mg/L) dans des flacons en
polyéthylène de capacité 250 mL à la température de 18 ± 2 °C. L’ensemble est
équilibré pendant 24 heures. Le solvant utilisé pour la préparation des solutions
d’arsenic est une eau pure de résistivité 18,2 MΩ.cm. Après 24 heures d’agitation,
les solutions sont recueillies et centrifugées à 1308 g pendant 15 minutes avec une
centrifugeuse de marque BECKMAN J2-MI et ensuite filtrées avec des
membranes en nylon de seuil de rétention de 0,45 µm.
La quantité (qe ) de l’arsenic fixé par gramme d’adsorbant est donnée par
la relation suivante (Relation II.19) :
𝐕
𝐪𝐞 = (𝐂𝟎 − 𝐂𝐞 ) × Relation II.19
𝐦

m : la masse de l’adsorbant (g) ;


q𝑒 ∶ Quantité d’arsenic par unité de masse d’adsorbant (mg/g) ;

- 88 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

C0 : Concentration initiale en arsenic (III, V) (mg/L) ;


Ce ∶ Concentration résiduelle à l’équilibre de la phase liquide en arsenic (V) ou
(III) (mg/L) ;
V : le volume de l’adsorbat (L).

4.2.3 Effet du pH sur le taux d’adsorption de l’arsenic

Pour l’effet de pH, des solutions de As(III) et As(V) de concentration égale


à 5 mg/L ont été préparées par dilution des solutions mères d’As (III) et As(V) de
concentration 1000 mg/L. Dans une dizaine de flacons en polyéthylène de
capacité 250 mL, nous avons placé 50 mL d’une solution d’As(III) ou As(V). A
cela, nous avons ajouté une quantité de 0,5 g d’adsorbant. Les pH des suspensions
sont ajustés dans la gamme de 2 à 12 à l’aide des solutions d’acide nitrique HNO3
(0,1 – 0,5 M) et de NaOH (0,1 – 0,5 M) et contrôlés à l’aide d’un pH-mètre
Consort multiparameter analyser C3010. Le mélange est agité à la température
ambiante pendant 24 heures à l’aide d’un agitateur mécanique Heidolph REAX
20. Les solutions sont retirées après les 24 heures et centrifugées à l’aide d’une
centrifugeuse de marque BECKMAN J2-M. Après 15 minutes de centrifugation
à 1308 g, les solutions sont retirées et filtrées à l’aide des membranes en nylon de
seuil de rétention de 0,45 µm, et analysées à l’ICP-AES pour la détermination des
concentrations de As(III) et As(V) à l’équilibre.

4.2.4 Effet des ions sulfate, nitrate, phosphate et bicarbonate sur le taux
d’adsorption de l’arsenic (III, V)

Les essais en batch pour la détermination du taux d’élimination de l’arsenic


(III) et (V), ont été menés sur 24 heures en mettant en contact une solution
d’arsenic (III) ou (V) de concentration égale 5 mg/L contenant des concentrations
croissantes en anions avec 1 g de latérite traitée thermiquement à 400 °C. Pour les
ions bicarbonate, nous avons fait varier la concentration de 50 à 200 mg/L, de 1 à
6 mg/L pour les ions sulfate et phosphate et de 1 à 20 mg/L pour les ions nitrate.
Les mélanges sont retirés après les 24 heures d’agitation et centrifugées à
l’aide d’une centrifugeuse de marque BECKMAN J2-M pendant 15 minutes à
1308 g. Les solutions sont filtrées à l’aide des membranes nylons de seuil de
rétention de 0,45 µm et la concentration résiduelle en As(III, V) a été déterminée
par ICP-AES (limite de détection = 9 µg/L).

- 89 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

4.3 Adsorption de As(III, V) par la latérite KN dans une colonne à lit fixe
par percolation
4.3.1 Les courbes de percée

Après avoir étudié le phénomène d’adsorption de l’arsenic dans un réacteur


discontinu (Adsorption en batch), il serait intéressant d’étudier le même
phénomène dans un réacteur continu (mode dynamique) afin d’appréhender les
phénomènes dynamiques, étant donné leur caractère limitant dans l’utilisation
éventuelle de la latérite pour le traitement des eaux. Le principe de
fonctionnement consiste à percoler les solutions contaminées dans une colonne
remplie de latérite et à suivre l’évolution de la concentration des solutés à la sortie
de la colonne d’adsorption en fonction du temps.
Les expériences ont été effectuées sur trois colonnes différentes de
diamètres internes 2,5 cm, 5 cm et 7 cm respectivement. Toutes les trois colonnes
ont été couplées à une pompe péristaltique de marque Watson Marlow 120U
permettant de régler le débit d’écoulement à l’entrée de la colonne.
Les colonnes ont été remplies avec de la latérite de granulométries
différentes. La première colonne de diamètre interne 2,5 cm a été remplie avec
une granulométrie comprise entre 0,595 mm et 0,71 mm et entre deux couches de
laine de verre (~2 cm) afin d’empêcher la prise flottante de l’adsorbant et
l’écoulement gravitationnel. La seconde colonne de diamètre interne 5 cm a été
utilisée pour l’effet de la taille des grains (0,595 – 2,38 mm) sur le taux
d’adsorption de l’arsenic. Quant à la troisième colonne (diamètre interne 7 cm),
elle a été remplie avec une granulométrie plus importante (entre 1,19 mm et 2
mm). La figure II.10 montre un exemple du montage de la colonne au laboratoire.
Les effluents ont été recueillis à la sortie des colonnes à des intervalles de temps
réguliers (60 min à 120 min) en fonction du débit d’écoulement ou de la
concentration en arsenic et ont été analysés à l’ICP-AES.

- 90 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Figure II.10: Schéma du montage de la colonne au laboratoire

4.3.2 Analyse des paramètres de conception de la colonne

L’analyse des données de la colonne a été effectuée selon la


littérature [45- 47]. Le temps d’échappement (te) est défini comme étant le point
sur la courbe de percée à partir duquel on détecte l’adsorbat en sortie de la
colonne, tandis que le temps de percé (tp) correspond au point sur la courbe de
percée où la concentration d’arsenic atteint sa valeur maximale admissible de 0,01
mg/L [48], valeur pour laquelle la latérite contenue dans la colonne est considérée
comme épuisée [49].
C
La courbe de percée est généralement exprimée par ( t⁄C ) en fonction du
0
temps ou du volume traité pour une profondeur donnée de lit.
Le volume traité, V (ml) peut être calculé à partir de la relation II.20.

- 91 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

𝐕 (𝐦𝐥) = 𝐐 × 𝐭 𝐭𝐨𝐭 Relation II.20

Avec :
Q : Le débit volumétrique en ml/min
t tot : Le temps total d’écoulement (min)
La quantité totale de l’arsenic adsorbée dans la colonne (𝑞𝑡𝑜𝑡 )(𝑚𝑔) est
calculée à partir de l’aire sous la courbe de percée au moyen de la relation II.21
suivante [48].
Q t =tot Q t =tot
qtot (mg ) = ∫ Cad dt = ∫ (C0 − Ct )dt Relation II.21
1000 t =0 1000 t =0
Avec :
mg
Cad (
L
) : La concentration de l’arsenic adsorbée au temps t (s).
La capacité maximale d’adsorption de l’arsenic à l’équilibre de la colonne
mg
qeq ( ⁄g) (Relation II.22) est calculée comme suit [47] :
mg q
qeq ( ⁄g) = tot Relation II.22
m
Avec :
m : La masse seche de l’adsorbant dans la colonne en g
La quantité totale de l’arsenic introduit dans la colonne est calculée en
utilisant la relation II.23 [48].
C0 ×Q×ttot
mtot (mg) = Relation II.23
1000
Avec :
mg
𝐶0 ( ): La concentration initiale en arsenic.
L

Le pourcentage de l’élimination de l’arsenic 𝑅(%) peut être obtenu à partir


de la relation II.24 [50].
qtot
R (%) = × 100 Relation II.24
mtot

4.3.3 Les modèles mathématiques

Dans des travaux antérieurs, plusieurs modèles mathématiques ont été


utilisés pour décrire et analyser les phénomènes d’adsorption en colonne. Palas
Roy et al. [51] ont utilisé le modèle Adams-Bohart et le modèle de Thomas pour
déterminer le modèle qui décrit le mieux la dynamique de l'adsorption de As(III)
et As(V) sur les adsorbants à faible coût modifiés chimiquement dans la colonne.

- 92 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

Ainsi, dans cette étude, les modèles d’Adams-Bohart et de Thomas ont été
développés pour identifier le meilleur modèle pour prédire le comportement
dynamique de la colonne à lit fixe. Ces modèles sont décrits les paragraphes
suivants :

A Modèle de Adams-Bohart

Le modèle d’Adams-Bohart est souvent appliqué aux données


expérimentales pour la description de la partie initiale de la courbe de percée. La
principale hypothèse de ce modèle est que le taux d'adsorption est proportionnel
à la capacité résiduelle de l'adsorbant et la concentration de l'adsorbat [52].
Adams et Bohart (1920), sur la base de la théorie de réaction de surface,
C
ont mis en place une équation fondamentale, qui décrit la relation entre ( t⁄C )
0
et le temps (t) dans un système d’écoulement en continu. Ce modèle suppose que
cet équilibre n’est pas instantané. Il est utilisé pour décrire la partie initiale de la
courbe de percée [46]. La relation II.25 décrit l’équation de Adams-Bohart [53].
𝐂 𝐙
𝐥𝐧 ( 𝐭 ) = 𝐤 𝐀𝐁 × 𝐂𝟎 × 𝐭 − 𝐤 𝐀𝐁 × 𝐍𝟎 × ( ) Relation II.25
𝐂 𝟎 𝐅

Avec :
C0 (mg/L) est la concentration initiale de l’arsenic, Ct (mg/L) est la concentration
de l’arsenic à la sortie de la colonne à l'instant t (min), k AB est la constante
L
cinétique ( . min) de Adams-Bohart, N0 est la concentration de saturation
mg
(mg/L), Z est la hauteur du lit fixe (cm) et F est la vitesse superficielle (cm/min)
définie comme le rapport entre le débit volumétrique Q (cm3/min) de la surface
C
de section transversale A en cm2) du lit. Le tracé de ln ( t ) en fonction de t
C0
permet de déterminer les différents paramètres.

B Modèle de Thomas

Le modèle de Thomas est un modèle théorique largement utilisé pour


décrire le fonctionnement de la colonne, ce qui suppose un comportement
d'écoulement piston dans la colonne [53].
La forme linéaire de cette équation est donnée par la relation II.26
𝐂𝟎 𝐊 𝐓𝐡 ×𝐪𝟎 ×𝐦
𝐥𝐧 ( − 𝟏) = − 𝐊 𝐓𝐡 × 𝐂𝟎 × 𝐭 Relation II.26
𝐂𝐭 𝐐

Avec :

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Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

C0 (mg/L) est la concentration initiale en arsenic à l’entrée de la colonne, Ct


(mg/L) est la concentration de l’arsenic à la sortie de la colonne à l'instant t (min),
K Th (mL/[Link]) est la constante de vitesse de Thomas, q0 est la quantité
maximale d’adsorption par g d’adsorbant (mg/g), m est la masse d'adsorbant (g)
C
et Q est le débit de solution (ml/min). Le tracé de ln ( 0 − 1 ) en fonction de t
Ct
permet de déterminer K Th et q0 qui sont respectivement la pente et l’ordonnée à
l’origine à l’origine.

5 Conclusion
Les différentes techniques de caractérisation des matières premières que
nous avons présentées dans ce chapitre sont complémentaires. Elles apportent des
informations nouvelles ou confirment les informations obtenues. L’ensemble des
techniques décrites dans ce chapitre va nous permettre de disposer de données sur
les latérites afin de mieux les utiliser dans la dépollution des eaux contaminées
par l’arsenic.
Les analyses physico-chimiques vont permettre de déterminer la qualité
des eaux des forages de Tanlili et de Lilgomdé. Cette caractérisation permettra de
préparer une eau dont la composition est proche de ces eaux dans les essais de
décontamination des eaux contaminées par l’arsenic.

- 94 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

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- 98 -
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- 99 -
Chapitre II : Techniques et méthodes expérimentales

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques


des eaux de forage des localités de
Tanlili et Lilgomdé au Nord du
Burkina Faso

1 Introduction
L'eau est essentielle pour la santé des humains et des autres êtres vivants,
et l'approvisionnement adéquat de l'eau potable est important pour le
développement socio-économique d'une nation [1]. Les eaux issues des nappes
souterraines et les eaux de surfaces sont des ressources exploitées par l’homme
pour divers usages. La composition chimique d’une eau issue du milieu naturel
est très variable et dépend de la nature géologique du sol d’où elle provient et
aussi des substances réactives qu’elle rencontre lors de l’écoulement [2]. Par
conséquent, l’eau qui est source de vie pour les populations rurales, peut devenir
source de maladies à cause de la consommation des eaux dont les teneurs en
arsenic est élevée.
Les eaux souterraines sont traditionnellement les sources en eau
privilégiées pour l’eau potable, car plus à l’abri des pollutions que les eaux de
surface. Toutefois, certaines caractéristiques minimales sont exigées pour qu’elles
puissent servir à la production d’eau potable qui doivent elles-mêmes satisfaire à
des normes de qualité physico-chimique et biologique [3]. La qualité naturelle des
eaux souterraines peut être altérée par l’activité anthropique ou par des
phénomènes naturels. Les contaminations d’origine géogène les plus fréquentes
dans le monde sont celles dues à l’arsenic et au fluor.
La présence de l’arsenic dans les eaux souterraines a été constatée dans
plusieurs localités du Burkina Faso où les concentrations en arsenic dans les puits
sont extrêmement élevées par rapport à la norme de l’OMS (0,01 mg/L). Ces
dernières années, de fortes concentrations en arsenic ont été mises en évidence
dans des eaux souterraines de la région du Nord du Burkina Faso où des études
ont révélé des signes d’imprégnation arsenicale au sein des populations des
villages de Tanlili et Lilgomdé. Ces signes étaient essentiellement des
hyperkératoses et des hyperpigmentations. L’arsenic se trouve en particulier dans
des sédiments de roches volcaniques qui contiennent des minerais d’or et des
sulfures. Bien qu’encore artisanale, l’extraction de l’or est en pleine expansion
depuis plusieurs années dans le pays. Les minéraux soufrés présents dans les

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

filons contiennent de la pyrite et de l'arsénopyrite qui pourrait être à l’origine de


cette contamination de ces forages.
Une étude menée sur les eaux souterraines de la région du Nord Burkina
Faso montre que l’arsenic est présent dans une gamme de concentrations comprise
entre 0,05 à 1,630 mg/L [4].
Les eaux souterraines constituent la principale source d’approvisionnement
des habitants des localités de Tanlili et Lilgomdé. Le présent chapitre s’intéresse
à l’étude de la qualité physico-chimique des eaux de forages des localités de
Tanlili et de Lilgomdé, ainsi qu’à la détermination des principaux faciès
chimiques. Il est important de connaître certains paramètres physico-chimiques,
qui pourraient être la cause de nombreux problèmes car la mauvaise qualité de
l’eau de boisson est un problème de santé publique.

2 Présentation de la zone d’étude


Les sites d’étude (Figure III.1) appartiennent au degré carré de Kaya situé
entre le parallèle 13° et 14° de latitude Nord et les méridiens 1° et 2° de longitude
Ouest. Les zones d'étude se situent à proximité de la ville de Ouahigouya dans les
provinces du Yatenga et Zondoma au Nord du Burkina Faso. Comme la région se
trouve à la lisière Sud du Sahel, le climat est aride avec une pluviométrie annuelle
généralement inférieure à 600 mm [4].
Les villages de Tanlili et Lilgomdé dont les forages ont fait l’objet de cette
étude sont situés respectivement à environ 40 km et 10 km de Ouahigouya chef-
lieu de cette région. La région est caractérisée par une longue saison sèche
d’octobre à mai et une saison pluvieuse de juin à septembre. La végétation se
compose de steppe boisée et il n'y a pas de cours d'eau permanents dans la région.
L'agriculture et l'élevage sont les activités dominantes des populations locales.
Les études des caractérisations physico-chimiques des eaux ont été menées
du mois de janvier au mois de décembre 2015 avec un intervalle de prélèvement
de deux mois. Les coordonnées des forages des villages de Tanlili et Lilgomdé
qui ont fait l’objet de cette étude sont consignées dans le tableau III.1. La Figure
III.2 représente la zone de Ouahigouya avec les différentes concentrations en As
dans les forages et puits.

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tableau III. 1 : Références et coordonnées géographiques des sites d’étude

Coordonnées
géographiques
Villages Forages Références
Latitude Longitude
Nord Ouest
1 1996/DRHN/28057/001 13°24’19,8’’ 02°09’34,1’’
Tanlili
2 1997/DRHN/28057/002 13°24’18,1’’ 02°09’32,6’’

1 1990/DRHN/290715/003 13°36’53,7’’ 02°22’22,8’’


Lilgomdé
2 1986/DRHN/290715/001 13°36’43,8’’ 02°22’15,1’’

Figure III. 1 : Localisation des sites d’études sur la carte de Yatenga (Région
du nord du Burkina Faso)

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Figure III. 2 : Carte géologique de la zone de Ouahigouya montrant les


concentrations d’arsenic dans les eaux souterraines provenant des forages et des
puits [4]
3 Prélèvement et mesures
Pour atteindre les objectifs assignés à cette étude, la méthodologie suivante
a été adoptée pour la caractérisation des eaux de forage. Les échantillons d'eau
ont été prélevés dans des flacons en polyéthylène et conservés à 4 °C pour les
analyses au laboratoire. Deux flacons séparés ont été prélevés. Le premier flacon
a été acidifié avec HNO3 (0,1% v/v) pour l’analyse des cations majeurs et le
second non acidifié pour l'analyse des anions.

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

4 Mesures in situ
4.1 La température
La température d’une eau est un facteur important dans l’environnement
aquatique du fait qu’elle régit la presque totalité des réactions physiques,
chimiques et biologiques [5, 6]. Ceci vient du fait qu’elle affecte les propriétés
physiques et chimiques de celle-ci, en particulier sa densité, sa viscosité, la
solubilité de ses gaz (notamment celle de l’oxygène) et la vitesse des réactions
chimiques et biochimiques [7]. Dans la région d’étude, les résultats obtenus
montrent que la température ne présente pas de grandes variations d’un puits à
l’autre (Figure III.3). La température des eaux des forages varie entre 28 et 33
°C, avec des moyennes autour de 31,4 ± 1,6°C ; 31,1 °C ± 1,7 ; 31,6 °C ± 0,5 °C
et 31,5 ± 0,9 °C respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé
2.

Tanlilie 1 Tanlilie 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


33

30
Température ( C)

27

24

21

18
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 3 : Variation de la Température au cours de l’année

4.2 Le potentiel hydrogène (pH)

Le pH est l’une des mesures que l’on doit effectuer le plus fréquemment
car il est relié à la teneur en ions hydronium (H3O+) et donc à l’acidité et
l’alcalinité de l’échantillon. Il représente le degré d’acidité ou d’alcalinité du
milieu aquatique. Ce paramètre caractérise un grand nombre d’équilibres physico-
chimiques et dépend de facteurs multiples dont l’origine de l’eau [8].
Le pH diminue en présence de teneurs élevées en matière organique et
augmente en période d’étiage lorsque l’évaporation est importante. Les valeurs

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

du pH des eaux étudiées ne montrent pas une variation notable, avec un minimum
de 5,8 et un maximum de 8,5 (Figure III.4). Les pH sont voisins de la neutralité
avec un caractère plus ou moins alcalin à l’exception du forage N°1 de Tanlili qui
a un caractère acide. La plupart des eaux présentent un caractère alcalin
bicarbonaté du fait que le pH est inférieur à 8,3. Les pH enregistrés au cours de
cette campagne ont une moyenne de 6,6 ± 0,6 ; 7,8 ± 0,2 ; 7,4 ± 0,4 et 7,7 ± 0,4
respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2. Tous nos
échantillons se situent dans la gamme recommandée par l’OMS (6,5 – 8,0) [9].
Un contact prolongé, notamment la stagnation de l’eau dans les tuyaux en acier
pendant les pauses de la nuit peut engendrer le phénomène de corrosion selon la
réaction suivante [9].

𝐅𝐞 + 𝟐𝐇𝟑 𝐎+ → 𝐅𝐞𝟐+ + 𝟐𝐇𝟐 𝐎 + 𝐇𝟐 Equation III.1

La présence des ions Fe2+ engendrés par ce mécanisme expliquerait la


coloration rougeâtre de l’eau dans les premières heures de pompage dans la
matinée.
D’une manière générale, les valeurs de pH obtenues pour ces eaux
souterraines sont conformes aux résultats obtenus par d’autres études publiées
dans la littérature car dans la plupart des eaux souterraines, le pH est compris
entre 6 et 8,5 [8,10].
Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2
9

7,5

6
pH

4,5

1,5

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre

Mois

Figure III. 4 : Variation du potentiel hydrogène au cours de l’année

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

4.3 La conductivité électrique (CE)


La conductivité électrique (CE) représente la capacité de l’eau à conduire
un courant électrique. Elle est proportionnelle à la minéralisation de l'eau, ainsi
plus l'eau est riche en sels minéraux ionisés, plus la conductivité est élevée. Elle
est également fonction de la température de l'eau, elle est plus importante lorsque
la température augmente [11].
Les valeurs de la conductivité électrique obtenues varient d’une part entre
64 µS/cm et 386 µS/cm pour les forages de Tanlili et d’autre part entre 290 µS/cm
et 465 µS/cm pour les forages de Lilgomdé (Figure III.5). Il est à noter que tous
les forages à l’exception du forage N°1 de Tanlili sont fortement minéralisés. Le
forage N°1 de Tanlili a une moyenne annuelle en dessous de la norme de l’OMS
et très variable au cours de l’année, tandis que le forage N°2 de Tanlili et les deux
forages de Lilgomdé ont des moyennes respectivement autour de 323,6 ± 76,3
µS/cm ; 375,8 ± 20,7 µS/cm et 397,8 ± 59,2 µS/cm. Ces valeurs sont toutes au-
dessus de la norme de l’OMS qui est de 300 µS/cm [12]. Ces valeurs élevées au
niveau du forage N°2 de Tanlili et les deux forages de Lilgomdé pourraient être
dues au fait que les eaux sont riches en ions monovalents et divalents, et aussi à
la salinité totale [13].
Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé2
500

400
CE (µS/cm)

300

200

100

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 5 : Variation de la conductivité électrique au cours de l’année

4.4 L’oxygène dissous (%)


La teneur en oxygène dissous renseigne sur les activités métaboliques du
milieu. L’augmentation de l’oxygène dissous dans les eaux souterraines traduit
une nette dégradation de la qualité des eaux de forages.

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Le pourcentage de saturation en O2 dans les eaux de forage est représenté


sur la figure III.6 et varie entre 16% et 68% au cours de la campagne d’étude
avec des moyennes autour de 47,7 ± 11,1% ; 26,3 ± 6,7 % ; 21,9 ± 7,2% et
46,9 ± 3,9% respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2.
Ces valeurs du pourcentage de saturation de ces eaux sont en accord avec les
valeurs du potentiel redox.
Tanlili 1 Tanlili 2 lilgomdé 1 Lilgomdé 2
75
Pourcentage en Oxygène (%)

60

45

30

15

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 6 : Variation du pourcentage de saturation en oxygène au cours de


l’année
4.5 Le potentiel d’oxydo-réduction (Eh)
Dans les systèmes aqueux, le potentiel redox affecte les états d’oxydation
des éléments (H, C, N, O, S, Fe etc). Dans une eau bien oxygénée, les conditions
d’oxydation dominent. Quand les concentrations en oxygène diminuent, le milieu
devient plus réducteur, ce qui se traduit par une diminution du potentiel redox.
Le potentiel redox des échantillons varie entre 90 mV et 274 mV (Figure
III.7). Des valeurs faibles ont été enregistrées au cours de la première campagne,
et avec les campagnes qui ont suivi, les valeurs moyennes enregistrées étaient
autour de 185,50 ± 47,25 mV ; 152,7 ± 48,7 mV ; 213,8 ± 22,5 mV et 216,7 ± 34,2
mV respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2. Ces
valeurs sont bien en accord avec celles de l’oxygène dissous qui sont faibles dans
des eaux de Tanlili et Lilgomdé.

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


300

250

200
Eh (mV)

150

100

50

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 7 : Variation du potentiel redox au cours de l’année

5 Analyses au laboratoire
5.1 L’indice de Ryznar (IRz)
L’indice de Ryznar (IRz) permet de définir la tendance agressive ou
entartrante d’une eau. Des classes de risques de corrosion sont établies en fonction
des valeurs de IRz (Tableau III.2).
Nous avons des valeurs moyennes au cours de l’année autour de 9,4 ± 0,7 ;
8,9 ± 0,2 ; 9,3 ± 0,5 et 9,2 ± 0,3 respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé
1 et Lilgomdé 2. Toutes les eaux analysées ont un indice de Ryznar supérieur à
8,5 °F (Figure III.8), ce qui explique le caractère corrosif de ces eaux.
Pour confirmer ou infirmer l’agressivité des eaux des localités de Tanlili et
Lilgomdé, nous avons calculé d’autres indices donnant une idée sur l’agressivité
des eaux. Il s’agit de l’indice Langelier et de l’indice de Leroy.
L’indice de Langelier (IL) est défini par la relation III.1 [14].

𝐈𝐋 = 𝐩𝐇 − 𝐩𝐇𝐒 Relation III.1

Si l’indice de Langelier est positif, l’eau est incrustante et fait précipiter le


carbonate de calcium sous l’action de CO2 et s’il est négatif l’eau est agressive.
L’indice de Leroy (ID) est défini par la relation III.2 [14].

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

𝐓𝐀𝐂
𝐈𝐃 = Relation III.2
𝐓𝐇
TAC et TH sont le titre alcalimétrie complet et la dureté totale
respectivement.
Il permet de confirmer ou non la tendance à la corrosion d’une eau, avec
des concentrations exprimées en meq/L. L’eau est considérée comme faiblement
corrosive si l’indice est compris entre 0,7 et 1,3 et corrosive si l’indice est
supérieur à 1,3.
Les indices de Langelier calculés à partir de la relation III.1 sont -1,4 ; -
0,6 ; -1 et -0,7 pour Tanli1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2 respectivement.
Ces indices sont tous négatifs, ce qui suggère un caractère agressif des eaux.
Pour les indices de Leroy, calculés à partir de la relation III.2, et qui sont
de 1,7 ; 3,2 ; 2,3 et 2,4 respectivement pour Tanlili 1, Tanlili 2, Lilgomdé 1 et
Lilgomdé 2. Ces indices sont tous supérieurs à 1,3, ce qui suggère un caractère
corrosif des eaux des deux localités.
Les indices de Langelier et de Leroy ont permis de confirmer la corrosivité
et l’agressivité des eaux de Tanlili et Lilgomdé.
Tableau III. 2 : Relation entre IRz et la tendance incrustante ou corrosive de
l’eau [15]

Indice de Ryznar (IRz) Tendance

IRz ≤ 7 Eau non corrosive

7 < IRz ≤ 7,5 Eau faiblement corrosive

7,5 < IRz ≤ 8 Eau moyennement corrosive

8 < IRz Eau corrosive

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Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


10,5

7,5
IRz

4,5

1,5

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre

Mois

Figure III. 8 : Variation de l’indice de Ryznar au cours de l’année

5.2 La dureté ou le titre hydrotimétrique (TH)


La dureté totale d'une eau est produite par les sels de calcium et de
magnésium qu'elle contient. Elle s’exprime généralement en degré français (°F).
Plus elle en contient, plus elle est dure. Selon le guide de l’OMS, boire de l’eau
calcaire ou dure n’est pas contre-indiqué. L’eau calcaire participe à l’apport
journalier en calcium dont l’organisme a besoin (solidification des os,
fonctionnement des muscles, transmission de l’influx nerveux, processus de
coagulation du sang).
La dureté des échantillons analysés varie entre 2 et 5,7°F pour les forages
de Tanlili avec des valeurs moyennes autour de 3,4 ± 1,3 et 4,9 ± 0,7 °F
respectivement pour Tanlili 1 et Tanlili 2, et de 6,0 à 7,8 °F pour les forages de
Lilgomdé avec des valeurs moyennes autour de 6,3 ± 0,7 et 7,6 ± 0,1 °F
respectivement pour Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2.
En se référant au tableau III.3, nous pouvons noter que tous les
échantillons d’eaux des deux localités présentent des valeurs de dureté faibles et
peuvent être classées parmi les eaux douces. La figure III.9 présente la variation
de la dureté au cours de l’année.

- 111 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tableau III. 3 : Norme pour la dureté des eaux de boisson d’après l’O.M. S [16]

TH (°F) 0–7 7 – 15 15 – 25 25 – 42 ≥ 42
Très Moyennement
Eau Douce Dure Très dure
douce dure

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


8
TH ( F)

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 9 : Variation de la dureté totale au cours de l’année

5.3 Le calcium
Il est le composant majeur de la dureté de l’eau, et l’élément dominant des
eaux naturelles. Lorsque sa teneur dans l’eau dépasse la norme, il provoque
l’entartage dans les canalisations.
La teneur en calcium des échantillons est comprise entre 4,8 et 25,2 mg/L
au cours de la campagne d’étude avec des moyennes autour de 9,4 ± 4,7 ;
16,1 ± 2,4 ; 16,4 ± 8,1 et 17,7 ± 4,1 mg/L respectivement pour Tanlili 1, Tanlili
2, Lilgomdé 1 et Lilgomdé 2 (Figure III.10). Ces valeurs sont inférieures à la
norme de l’OMS qui est de 270 mg/L [12].

- 112 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


25
[Ca2+] (mg/L)

20

15

10

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 10 : Variation de la teneur en calcium au cours de l’année

5.4 Le magnésium
Le magnésium constitue le deuxième élément significatif de la dureté de
l’eau après le calcium. Il est un élément indispensable pour la croissance. Il
intervient comme élément plastique dans l’os et comme élément dynamique dans
les systèmes enzymatique et hormonaux.
Les teneurs en magnésium sont comprises entre 1,9 et 3,1 mg/L pour le
forage N°1 de Tanlili, 1,4 et 2,4 mg/L pour le forage N°2 de Tanlili, 0,7 et 11,5
mg/L pour le forage N°1 de Lilgomdé et pour Lilgomdé 2 la concentration est
comprise entre 4,3 et 11,1 mg/L. Les variations des teneurs en magnésium sont
très faibles au cours de la campagne d’étude. Les valeurs du magnésium sont
présentées sur la figure III.11.

- 113 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


12
[Mg2+] (mg/L)
10

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 11 : Variation de la teneur en magnésium au cours de l’année

5.5 Le titre alcalimétrique complet (TAC)


Les valeurs relatives du titre alcalimétrique (TA) et du titre alcalimétrique
complet (TAC) permettent de connaître les quantités d’hydroxydes, de carbonates
ou de bicarbonates alcalins ou alcalinoterreux présents dans l’eau. Le TAC
caractérise le pouvoir tampon de l’eau, c'est-à-dire la capacité d’influence d’un
produit acide ou basique sur le pH de l’eau. Le titre alcalimétrique complet (TAC)
dans les eaux analysées est essentiellement dû aux ions bicarbonates (HCO3-) car
le TA est nul.
La variation du TAC (Figure III.12) au cours de l’année ne montre pas
une grande variation pour l’ensemble des forages étudiés à l’exception du forage
1 de Tanlili où les valeurs décroissent au cours de l’année passant de 140 mg/L
de CaCO3 à 11,7 mg/L de CaCO3. Quant aux autres sites, le TAC varie de 156
mg/L de CaCO3 à 187 mg/L de CaCO3 pour le forage 2 de Tanlili, 136 mg/L de
CaCO3 à 156 mg/L de CaCO3 et 153 mg/L de CaCO3 à 199 mg/L de CaCO3
respectivement pour les forages 1 et 2 de Lilgomdé. Plus le TAC est élevé, plus
il est difficile de faire varier le pH de l’eau. Ainsi, les alcalinités assurent la
protection des métaux contre la corrosion [9].

- 114 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


200

160
TAC (mg/L de CaCO3)

120

80

40

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 12 : Variation du Titre Alcalimétrie Complet au cours de l’année

5.6 Les bicarbonates


La teneur en bicarbonates dans les eaux souterraines dépend surtout de la
présence des minéraux carbonatés dans le sol et l’aquifère. La teneur en
bicarbonates des eaux souterraines, non soumises aux influences anthropiques,
varie entre 50 et 400 mg/L. Les valeurs médianes des teneurs en bicarbonates se
situent autour de 302 mg/L dans le domaine des eaux souterraines non polluées
[6].
Les teneurs en bicarbonates dans nos échantillons d’eau ont été
déterminées et représentée à la figure III.13. Ces ions peuvent provenir de la
dissolution de formations carbonatées selon la réaction suivante :

𝐂𝐚𝐂𝐎𝟑 + 𝐇𝟐 𝐎 + 𝐂𝐎𝟐 → 𝟐𝐇𝐂𝐎−


𝟑 + 𝐂𝐚
𝟐+
Equation III.2

Les teneurs en bicarbonates des forages étudiés varient comme suit : 14,3
mg/L à 170,8 mg/L (Tanlili 1), 170,8 mg/L à 217,2 mg/L (Tanlili 2), 16,9 mg/L à
190,3 mg/L (Lilgomdé 1) et 186,7 à 242,8 mg/L (Lilgomdé 2). Le forage 2 de
Lilgomdé présente les valeurs les plus élevées de dureté, de conductivité et de
bicarbonate par rapport aux autres forages. Ces valeurs élevées peuvent

- 115 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

s’expliquer par le fait que la minéralisation se traduit par la teneur globale en sels
dissous tels que les carbonates, les bicarbonates, les sulfates, etc.

Tanlili 1 Tanlili 2 Lilgomdé 1 Lilgomdé 2


250

200
[HCO3-] (mg/L)

150

100

50

0
Janvier Mars Mai Juillet Septembre Décembre
Mois

Figure III. 13 : Variation de la teneur en ion ions hydrogénocarbonates au cours


de l’année

5.7 Les anions (Cl-, NO3-, PO43-, SO42-)


En milieu naturel, la concentration en nitrate dépasse rarement 0,45 mg/L.
Au niveau de la zone d’étude, les teneurs en nitrates sont très faibles et varient
durant la période d’étude entre 5,32 mg/L et 19,64 mg/L (Tableau III.4). Ces
teneurs restent très inférieures à la valeur admissible par la norme OMS qui est
de 50 mg/L [9], de ce fait les eaux étudiées ne sont pas sujettes à une pollution
par les nitrates. Quant aux trois autres anions, à savoir les ions sulfate, chlorure et
phosphate, les teneurs sont très variables et faibles au cours de la campagne
d’étude. Nous pouvons dire que les teneurs de ces anions sont très faibles dans les
forages des villages qui ont fait l’objet de notre étude.

5.8 Les cations


Les concentrations en As, K, Na, Al, Ba, Cu, Mn et Fe déterminées par
ICP-AES sont consignées dans le tableau III.4. Les teneurs de ces éléments sont
faibles et inférieures aux valeurs guides de l’OMS, à l’exception de l’arsenic et
de l’aluminium dont les teneurs sont supérieures à la norme de l’OMS. Nous
remarquons dans ce tableau que les teneurs en arsenic total sont supérieures à la
norme de l’OMS (0,01 mg/L). Le forage 2 de Tanlili a une teneur en As total très

- 116 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso

élevée atteignant plus de cent fois la concentration autorisée par l’OMS pour les
eaux destinées à la consommation humaine.
Le fer est indispensable pour le corps humain, mais de très fortes
concentrations affectent les propriétés organoleptiques de l’eau et tâchent aussi le
linge. La valeur guide de l’OMS du fer total dans l’eau de boisson est de
0,3 mg/L [17]. Les forages d’eau analysés ont une concentration en fer total
supérieure à la valeur guide de l’OMS, à l’exception du forage 1 de Lilgomdé.

- 117 -
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina
Faso

Tableau III. 4 : Teneurs moyennes des ions des eaux de Tanlili et Lilgomdé

Concentration en éléments chimiques (mg/L)


Forages Al As Ba Cu Fe K Mn Na Cl- NO3- PO43- SO42-
0,23 0,10 0,004 0,07 2,17 0,002 35,65 3,64 19,64 1,49 0,99
<LD
Lilgomdé 1 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ±
*
0,07 0,01 0,001 0,02 0,08 0,001 2,19 0,01 0,01 0,01 0,01
0,29 0,13 0,03 0,007 0,44 3,89 0,003 29,08 1,11 6,49 0,13 4,59
Lilgomdé 2 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ±
0,02 0,01 0,01 0,001 0,01 0,08 0,001 1,35 0,01 0,01 0,01 0,01
0,69 0,24 0,16 0,36 1,64 1,61 4,12 3,38 3,13 13,91 0,78 1,96
Tanlili 1 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ±
0,12 0,05 0,01 0,02 0,07 0,19 0,23 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01
0,41 1,99 0,01 0,09 1,09 3,76 0,09 46,42 0,24 5,31 0,93 1,60
Tanlili 2 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ±
0,11 0,06 0,01 0,01 0,37 0,12 0,01 1,77 0,01 0,01 0,01 0,01
Valeurs
0,2 0,01 1,3 2 0,3 ** ** ** ** 50 ** **
OMS

*Limite de détection
** Pas de valeur guide OMS

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CHAPITRE III : CARACTÉRISATIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE
FORAGES DES LOCALITÉS DE TANLILI ET DE LILGOMDÉ AU NORD DU
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA FASO

La minéralisation des eaux souterraines des localités de Tanlili et Lilgomdé


est contrôlée par la nature des formations géologiques présentes dans la région.
En effet, l’origine des ions dans les eaux souterraines est contrôlée par le contact
eau-roche. La géologie de la région est dominée par des roches volcano-
sédimentaires et plutoniques, des roches granitiques et alcalino-granitiques et de
l’arsénopyrite.
Les ions calcium présents dans les eaux de cette localité sont issus de
l’altération des roches et de l’hydrolyse des minéraux silicatés. Le rapport
Mg 2+ /Ca2+ des eaux des forages varie entre 0,1 et 0,8 à l’exception de Lilgomdé
1 qui a un rapport de 1,6, ce qui reste pour l’ensemble des forages inférieur à 1.
Cela indique que les ions Mg2+ sont issus de la décomposition des minéraux ferro-
magnésiens dans les roches de la région [18].
Les ions chlorure, sulfate, nitrate et une partie des cations majeurs
proviennent des eaux de pluie et du lessivage des sols. En effet, les teneurs en
chlorures et sulfates sont habituellement faibles dans les réservoirs du socle
cristallin de l’Afrique de l’Ouest [19]. Dans la zone d’étude, l’origine du fer dans
l’eau est essentiellement liée à la nature des formations géologiques. En effet, cet
élément se retrouve dans les eaux souterraines après altération de la roche mère.
La teneur importante de l’arsenic dans les eaux souterraines est
généralement liée à la nature géologique du sol faite en partie de minéralisation
de l’arsenic et de roches volcano-sédimentaires du Birrimien [20]. Ces sols
renferment des minéraux tel que l’arsénopyrite dont la proportion en élément
arsenic est relativement élevée.

6 Faciès hydrochimiques
L’étude du chimisme des eaux a pour but d’identifier les faciès chimiques
des eaux et la qualité de potabilité. Elle permet de suivre aussi l’évolution spatiale
des paramètres physico-chimiques et d’estimer leur origine en les corrélant avec
la géologie et la piézométrie. Dans le but de bien identifier les faciès
hydrochimiques et d’avoir une indication sur l’aspect qualitatif des eaux
souterraines, la représentation graphique des résultats d’analyses s’avère un outil
inévitable. On a eu recours au diagramme de Piper pour pouvoir répondre à ces
questions. Ces diagrammes ont été réalisés en utilisant le logiciel Diagrammes
5.6, conçu par Roland Simler (Laboratoire d’hydrogéologie, Université
d’Avignon, 2007) [21]. Il est composé de deux triangles permettant de représenter
le faciès cationique et le faciès anionique et d’un losange synthétisant le faciès
global. Ce type de diagramme est particulièrement adapté pour étudier l’évolution

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CHAPITRE III : CARACTÉRISATIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE
FORAGES DES LOCALITÉS DE TANLILI ET DE LILGOMDÉ AU NORD DU
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA FASO

du faciès des eaux lorsque la minéralisation augmente ou bien pour indiquer les
types de cations et anions dominants et pour distinguer des groupes
d’échantillons.
Les diagrammes de Piper (Figures III.14 et 15) des localités de Tanlili et
Lilgomdé correspondent aux échantillons d’eau de deux campagnes de
prélèvement.
A l’analyse du diagramme de Piper, il ressort que les eaux des villages de
Tanlili et de Lilgomdé sont majoritairement carbonaté sodi-potassiques.
Sur le diagramme de Piper représenté à la figure III.14 et correspondant à
la campagne du mois de juillet qui est un mois en pleine saison pluvieuse, on
observe dans le triangle des anions une prédominance des carbonates, qui traduit
un faciès bicarbonaté. Dans le triangle des cations, aucun ion ne prédomine, ce
qui traduirait un faciès mixte sodique, potassique et calcique. A l’analyse du
losange, qui est la synthèse des deux triangles (anions et cations), on en déduit
que ces résultats sont confirmés par un faciès global bicarbonaté, sodique et
potassique.
Sur la figure III.15, nous avons représenté le diagramme de Piper
correspondant aux échantillons de la campagne du mois de décembre qui est un
mois correspondant à la fin de la saison pluvieuse. Comme pour la campagne de
juillet, nous observons sur le triangle des anions une prédominance des
carbonates, ce qui traduit un faciès bicarbonaté. Quant au triangle des cations, un
faciès mixte sodique, potassique et magnésien est observé avec une faible
empreinte calcique. Le faciès global nous confirme les résultats observés sur les
deux triangles. Ce losange présente un faciès bicarbonaté calcique et magnésien
avec une faible empreinte bicarbonaté sodique et potassique.

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CHAPITRE III : CARACTÉRISATIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE
FORAGES DES LOCALITÉS DE TANLILI ET DE LILGOMDÉ AU NORD DU
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA FASO

Figure III. 14 : Diagramme de Piper des échantillons d’eau de Tanlili et


Lilgomdé pour le mois de Juillet

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CHAPITRE III : CARACTÉRISATIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE
FORAGES DES LOCALITÉS DE TANLILI ET DE LILGOMDÉ AU NORD DU
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA FASO

Figure III. 15 : Diagramme de Piper des échantillons d’eau de Tanlili et


Lilgomdé pour le mois de décembre

7 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons analysé les paramètres physico-chimiques des
eaux des forages des localités de Tanlili et Lilgomdé utilisées comme source
d’eau potable pour les populations rurales en vue d’évaluer leur potabilité. Ces
forages constitueront les sites pour l’installation d’une unité pilote de traitement
des eaux contaminées à l’arsenic. Cette étude a révélé que les eaux des deux
localités ne sont pas conseillées pour la consommation humaine. Le paramètre qui
déclasse ces eaux souterraines comme une eau de boisson est la teneur élevée en
arsenic. Il y a donc lieu de procéder à une purification de ces eaux en vue de
l’élimination de ce métalloïde très toxique. Le digramme de Piper a permis de
montrer que les eaux de ces deux localités sont bicarbonatées calciques et
magnésiennes avec une faible empreinte bicarbonatée sodique et potassique.

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CHAPITRE III : CARACTÉRISATIONS PHYSICO-CHIMIQUES DES EAUX DE
FORAGES DES LOCALITÉS DE TANLILI ET DE LILGOMDÉ AU NORD DU
Chapitre III : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA FASO

La minéralisation des eaux souterraines est contrôlée par la nature des


formations géologiques présentes dans la région. La teneur importante de
l’arsenic dans les eaux souterraines est liée à la nature géologique du sol en partie
de minéralisation aurifère et de roches volcano-sédimentaires du Birrimien et
renfermant de l’arsénopyrite dont la proportion en élément arsenic est
relativement élevée.

- 121 -
Chapitre IV : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA

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Chapitre IV : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
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- 123 -
Chapitre IV : Caractérisations physico-chimiques des eaux de forages des localités
de Tanlili et de Lilgomdé au Nord du Burkina Faso INA

[21] S Roland, Diagramme 5.6. Logiciel libre du laboratoire d’Hydrologie,


Université d’Avignon, France, 2007.

- 124 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Chapitre IV : Matières premières et


caractérisations physico -
chimiques

1 Introduction
Les latérites sont des matières premières minérales complexes dont l’usage
nécessite une caractérisation préalable. Cette caractérisation permettra d’avoir
une base de données sur les matières premières latéritiques afin de les utiliser dans
des domaines appropriés, notamment le traitement des eaux contaminées par
l’arsenic.
Cette partie est consacrée à la présentation des contextes géologiques des
différentes localités où ont été prélevées les matières premières latéritiques
servant de support à ce travail. Par la suite, nous déterminerons quelques
propriétés minéralogiques, chimiques, et microstructurales des latérites.
Ces propriétés seront déterminées en utilisant plusieurs techniques qui sont
entre autres la diffraction des rayons X (DRX), la spectrométrie infrarouge (IR),
l’analyse chimique élémentaire, l’analyse thermique (TGA/DSC), la microscopie
électronique à balayage, la capacité d’échange cationique et le point isoélectrique.
Pour cette caractérisation, les échantillons de latérites ont été finement broyés et
la fraction inférieure à 0,3 mm a été utilisée.

2 Matières premières latéritiques


2.1 Techniques de prélèvement
La méthode d’échantillonnage adoptée consistait à un fonçage de puits d’au
moins cinquante centimètres de profondeur afin d’éliminer les déchets organiques
et les impuretés. Des échantillons d’une masse d’environ 20 kg sont alors prélevés
et ensachés pour les travaux de laboratoire dans des emballages bien étanches. La
prise d’échantillons a été programmée sur des terrains assez différents sur le
territoire national dans le mois de février.

- 125 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

2.2 Cadre géographique et contexte géologique


2.2.1 Origine des échantillons

Les échantillons servant de support à ce travail proviennent de trois


localités (sites) du Burkina Faso. Le premier site, Kaya nord, est situé entre Kaya
et Kongoussi, à environ cent kilomètres de Ouagadougou. Le deuxième site est
celui de Laye, situé à trente-cinq kilomètres de Ouagadougou et le troisième est
celui de Bobo nord situé à environ 15 kilomètres de Bobo Dioulasso. Les trois
sites latéritiques sont indiqués sur la carte du Burkina Faso (Figure IV.1). Les
échantillons ont été référencés KN, LA et BN respectivement pour Kaya Nord,
Laye et Bobo Nord afin de faciliter leur désignation dans le texte (Tableau IV.1).
Ces latérites sont de couleur rouge clair pour KN, rouge brun pour LA et BN.
Tableau IV. 1 : Sites de prélèvement et coordonnées géographiques de nos
échantillons

Coordonnées géographiques
Sites
Références Observation
Latéritiques
Latitude Nord Longitude Ouest

KN Kaya Nord 13°07’13,47’’ 1°06’52,28’’ Rouge clair

LA Laye 12°31’27,05’’ 1°47’07,22’’ Rouge brun

BN Bobo Nord 11°09’36,31’’ 4°11’59,99’’ Rouge brun

- 126 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 1 : Carte géologique simplifiée du Burkina en lien avec la location


des sites d’échantillonnage

2.2.2 Contextes géologiques spécifiques des sites

Le territoire Burkinabè est divisé en degré carré et chaque site appartient à


un degré carré dont le détail géologique est matérialisé sur les différentes cartes
de positionnement réalisées pour les différents sites.

A. Contexte géologique du site de Kaya Nord

Ce site appartient au degré carré de Kaya situé entre le parallèle 13° et 14°
de latitude Nord et les méridiens 1° et 2° de longitude Ouest. Les formations
géologiques sont dominées par des roches volcaniques et volcano-sédimentaires
(Figure IV.2). Ces roches constituent des zones de relief alors que les vastes
zones plates du reste de la carte, d’altitude variant entre 300 et 350 m, sont faites
de matériaux granitiques comme le protolithe. Du point de vue géologique, le site
latéritique de KN est localisé dans un environnement de roches birimiennes.

- 127 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 2 : Carte géologique du site latéritique de Kaya-Nord

B. Contexte géologique du site de Laye

Le site de Laye appartient au degré carré de Ouagadougou. Le degré carré


de Ouagadougou est localisé entre les parallèles 12 et 13° de latitude Nord et les
méridiens 1 et 2° de longitude Ouest. Ce degré carré est, à la différence de celui
de Kaya, dominé par les formations granitiques corroborant ainsi son relief assez
plat dans l’ensemble. D’une manière plus rapprochée, le site de Laye est implanté
sur des formations latéritiques très indurées issues d’un protolithe granitique
(granite alcalin). Cette zone, d’un point de vue géologique, n’est située que dans
un environnement de roches précambriennes (Figure IV.3).

- 128 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 3 : Carte géologique du site latéritique de Laye

C. Contexte géologie du site de Bobo Nord

Ce site appartient au degré carré de Bobo-Dioulasso situé dans la région


des hauts-Bassins entre les parallèles 11° et 12° de latitude Nord et les méridiens
4° et 5° de longitude Ouest (Figure IV.4). L’environnement géologique de cette
zone associe des formations aussi bien granitiques, volcano-sédimentaires et du
bassin sédimentaire de Taoudéni.

- 129 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 4 : Carte géologique du site latéritique de Bobo-Nord

3 Caractérisations physico-chimiques des latériques


3.1 Caractérisations physiques
3.1.1 Le taux d’humidité

Le chauffage à 105 °C à l’étuve des matières latéritiques provoque le départ


de l’eau « dit d’imbibition ». Le taux d’humidité a été déterminé sur les
échantillons bruts de granulométrie supérieure ou égale à 0,297 mm. Il permet
d’avoir des informations sur l’état d’hydratation d’un échantillon. Ce taux
d’humidité présente le pourcentage d’eau absorbée par un matériau. Le taux
d’humidité de chaque échantillon a été évalué à l’aide de la relation II.4 du
chapitre II et est consigné dans le tableau IV.2.

Tableau IV. 2 : Taux d’humidité des différents échantillons BN, KN et LA

Echantillons Nombre d’essai TH (%)

BN 3 1,5 ± 0,1

KN 3 1,6 ± 0,1

LA 3 2,1 ± 0,1

- 130 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Les taux d’humidité (TH) des trois échantillons sont peu élevés. Ces taux
indiquent que les échantillons latéritiques sont peu hydratés par l’eau
atmosphérique.

3.1.2 La perte au feu

La perte au feu correspondant au pourcentage de matières volatiles par


rapport à chaque matériau est consignée dans le tableau III.3. Elle a été
déterminée à l’aide de la relation II.5 du chapitre II.

Tableau IV. 3 : Perte au feu des différents échantillons BN, KN et LA

Echantillons Nombre d’essai PF (%)

BN 3 7,7 ± 0,1

KN 3 11,5 ± 0,1

LA 3 10,4 ± 0,2

Ces pertes au feu correspondraient à la déshydroxylation des minéraux


argileux présents dans les échantillons et à leur décarboxylation.

3.1.3 La densité

La densité des différents échantillons a été déterminée avec un pycnomètre


à eau sur l’échantillon total séché à 105 °C. Les résultats des différentes valeurs
de la densité sont consignés dans le tableau IV.4.
Les densités apparentes des échantillons sont de 2,5 ± 0,1, 2,9 ± 0,1 et
2,6 ± 0,1 respectivement pour BN, KN et LA.
Les valeurs de la densité obtenues dans ce travail ont été comparées avec
des valeurs rapportées dans la littérature pour d'autres types de latérites utilisées
dans l’adsorption de l’arsenic (Tableau IV.4). Les densités des latérites BN, KN
et LA sont dans le même ordre que celles des latérites naturelles décrites dans la
littérature.

- 131 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 4 : Comparaison des valeurs des densités des latérites BN, KN et LA
avec d'autres latérites

Latérites Densité Références


Latérite de Midnapore
2,5 [1]
Ouest (Inde).
Sol rouge 1,3 [2]

Latérite modifiée 1,89 [3]

Latérite (Vietnam) 0,45-2 [4]

Latérite brute (inde) 2,46 [5]

Latérite BN 2,5 ± 0,1

Latérite KN 2,9 ± 0,1 Présent travail

Latérite LA 2,6 ± 0,1

3.1.4 La granulométrie

La connaissance de la granulométrie d’une poudre donne des orientations


sur son utilisation. Les courbes granulométriques des trois échantillons
déterminées sur les échantillons brutes broyés sont représentées sur la
figure IV.5.
L’examen de ces courbes montre que :
 BN contient 27,6 % de particules qui ont une taille inférieure à 150 µm et 99,5
% des particules passent au tamis de 1,18 mm.
 KN contient 7,7 % de particules qui ont une taille inférieure à 150 µm et 99,1
% des particules passent au tamis de 1,18 mm.
 LA contient 23,7 % de particules qui ont une taille inférieure à 150 µm et 98,4
% des particules passent au tamis de 1,18 mm.

- 132 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

100

Pourcentage des passants (%) 80

60

40

20

KN LA BN
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Diamètre des mailles (µm)

Figure IV. 5 : Courbes des analyses granulométriques des échantillons

3.1.5 Mesure de la surface spécifique (SS) par la méthode BET

La méthode B.E.T nécessite un prétraitement des échantillons (dégazage et


déshydratation entre 150 °C et 300 °C) afin d’évacuer tous les gaz préalablement
adsorbés. Dans notre étude, les échantillons ont été dégazés à 200 °C. Il est
nécessaire d’indiquer que dans cette méthode, seule la surface externe accessible
aux molécules de l’adsorbat est prise en compte.
Les valeurs des surface spécifiques déterminées par la méthode BET sont
de 58,65 m2/g, 41,15 m2/g et 34,88 m2/g respectivement pour KN, LA et BN. Ces
valeurs de surface spécifique sont significativement élevées par rapport aux
valeurs rapportées dans la littérature pour les latérites naturelles qui sont dans la
plage de 16 – 32 m 2/g [1-3 ; 6-8]. Le tableau IV.5 présente les valeurs des
surfaces spécifiques B.E.T et le volume des pores de trois échantillons qui ont fait
l’objet de cette étude ainsi que les surfaces spécifiques d’autres latérites. Les
matières premières (les argiles et les latérites) de type 1/1 présentent une surface
spécifique moins importante par rapport au type 2/1 [9-12].

- 133 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 5 : Comparaison des valeurs des surfaces spécifiques B.E.T et


volume des pores des trois latérites avec d’autres latérites dans la littérature

Surface
Volume des
Latérites spécifique (SS) au Références
pores (cm3/g)
B.E.T (m2/g)
Latérite brute (Inde) 15,3 0,013 [1]
Sol rouge brute 16,1 - [2]
Laterite brute (inde) 17,5-18,5 0,011 [3]
Latérite modifiée 178-184 0,22 [3]
Latérite brute (Vietnam) 10,9 0,01 [4]
Latérite brute 24,7 0,08 [6]
Latérite riche en fer 32,0 - [7]
Latérite calcinée
187,5 0,04 [13]
(Philippines)
Latérite BN 34,9 0,11
Présent
Latérite KN 58,6 0,14
travail
Latérite LA 41,1 0,10

3.1.6 Détermination de la capacité d’échange cationique (CEC)

A. La méthode du Bleu de Méthylène (BM)

La figure IV.6 représente respectivement les isothermes d’adsorption du


bleu de méthylène de BN, KN et LA.
Les valeurs de la capacité d’échange cationique (CEC) des échantillons
sont déterminées à partir des isothermes (Figures VI.6). Celles de la surface
spécifique (SS) ont été calculées à partir des valeurs de la capacité d’échange
cationique. Les valeurs de la surface spécifique au BM est déterminée à l’aide de
la relation II.11 du chapitre II et sont consignées dans le tableau IV.6.

- 134 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 6 : Valeurs de la capacité d’échange cationique au BM et de la


surface spécifique (Ss) des latérites BN, KN et LA

Capacité d’échange
Surface spécifique SS
Echantillons cationique CEC (meq/100g
(m2/g)
de matériau)
BN 61,2 478,9

KN 50,5 395,4

LA 55,1 431,3

Au regard de la composition minéralogique des échantillons latéritiques,


les valeurs de la capacité d’échange cationique (CEC) sont justifiées du fait de
l’absence des phases smectiques qui pourraient augmenter la CEC. Les valeurs
des surfaces spécifiques au bleu de méthylène sont supérieures à celles
déterminées par la méthode BET. Selon la littérature [12, 14-17], la surface
spécifique au bleu de méthylène correspond à la surface totale accessible.
70
BM adsorbé( en meq/100g de matériau)

Mf
60
Mf
50 Mf

40

30

20

10
BN KN LA
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6 1,8
BM additionné en mmol/L

Figure IV. 6 : Isotherme d’adsorption du bleu de méthylène de l’échantillon


BN, KN et LA

- 135 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

B. La méthode au chlorure de cobaltihexamine ([Co(NH3)6]3+, 3Cl-)

Les résultats de la mesure des CEC par la méthode de chlorure de


cobaltihexamine des trois latérites sont consignés dans le tableau IV.7.
Tableau IV. 7: Valeurs de la capacité d’échange cationique (CEC) des
échantillons bruts BN, KN et LA

Echantillons BN KN LA

CEC (en meq/100g de matériau) 67,7 52,3 58,7

Les capacités d’échanges cationiques (CEC) obtenues avec la méthode du


cobalt sont relativement proches de celles déterminées avec la méthode du bleu
de méthylène. Les valeurs calculées par la méthode du cobalt sont légèrement
supérieures à celles calculées par la méthode de bleu de méthylène. Cela peut être
expliqué par le fait que l’ion cobalt complexé a un pouvoir très élevé de
déplacement de l’ensemble des cations échangeables [17]. En comparant les
résultats des deux méthodes de détermination de la CEC, nous constatons que BN,
KN et LA ont une CEC élevée (CEC ≥ 40 meq/100g) [12].
Nous ne pouvons pas faire de comparaison avec les données de la littérature
car ce paramètre n'a pas été documenté pour les latérites naturelles. Cependant,
les valeurs de la CEC obtenues dans la présente étude ont été comparées avec
d'autres adsorbants et sont consignées dans le tableau IV.8. On déduit que les
valeurs de la CEC des échantillons de latérites BN, KN et LA sont du même ordre
de grandeur avec celles rapportées pour d'autres adsorbants naturels dans la
littérature.

- 136 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 8 : Comparaison des valeurs de la CEC pour les latérites BN, KN et
LA avec d'autres adsorbants

C.E.C (méq/100 g de
Adsorbants Références
matériau)
Argile naturelle 42,38 [18]
Bauxite 24-33 [19]
Fer concretion 59-65 [19]
Argile naturelle 18,66 [20]
Kaolinite 13 [21]
Argile bentonite 67 [22]
Latérite BN 61,2-67,7
Latérite KN 50,5-52,3 Présent travail
Latérite LA 55,1-58,7

3.1.7 Le carbone organique total et la quantité de matière organique


Les valeurs des quantités du carbone organique total et celles de la matière
organique des trois échantillons sont consignées respectivement dans les
tableaux IV.9 et 10. Elles ont été déterminées à partir des relations II.13 pour le
carbone organique total et la relation II.14 pour la quantité de matière organique
du chapitre II.
Tableau IV. 9 : Teneur de carbone total, de carbone inorganique et de carbone
organique des échantillons bruts BN, KN et LA

Echantillons %TC %IC %TOC

BN 0,10 0,01 0,11

KN 0,15 0,01 0,16

LA 0,07 0,01 0,09

- 137 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 10 : Quantités de matière organique des échantillons bruts BN, KN


et LA

Matière
Echantillons m0 (g) m1 (g) m2 (g) organique MO en
% massique
BN 52,4 10,0 62,3 1,2
KN 52,0 10,0 61,9 0,7
LA 53,8 10,0 63,6 1,3

La quantité de matière organique dans les échantillons BN, KN et LA est


faible et représente moins de 2% de la masse des échantillons. L’analyse de ces
résultats révèle que KN (0,7%) contient moins de matière organique que BN
(1,2%) qui, à son tour, contient moins de matière organique que LA (1,3%). Ces
quantités de matière organique, bien que faibles, pourraient contribuer à une
meilleure adsorption à la surface des matériaux latéritiques.
Quant à la quantité de carbone total organique, l’analyse révèle que les trois
échantillons contiennent moins de 0,2% en carbone organique total. L’analyse de
ces résultats indique 0,10% en TOC pour BN, 0,15% pour KN et 0,07% pour LA.

3.1.8 Le point isoélectrique (PI) des échantillons de latérite

La figure IV.7 donne les courbes de variation du potentiel zêta en fonction


du pH. Ces courbes nous ont permis de déterminer les points isoélectriques (PI)
des échantillons latéritiques. Pour des potentiels zêta égalent à zéro, les PI sont de
4,40 pour BN, 3,82 pour KN et 3,78 pour LA. Selon la littérature [23-24], le point
isoélectrique calculé théoriquement sur la base du pourcentage de silice et
d’alumine en latérite est d’environ 4,61. Les valeurs du point isoélectrique
déterminées pour les échantillons de latérites sont proches de celles calculées
théoriquement. Les écarts observés peuvent être expliqués par le fait que le
pourcentage de fer dans les échantillons est supérieur à celui de l’alumine et aussi
du fait de la présence d’autres oxydes.
Les valeurs du point isoélectrique des latérites BN, KN et LA ont été
comparées aux valeurs du point de charge nulle (pHPCN) des latérites utilisées dans
la littérature. Les valeurs de PI des latérites sont moins élevées par rapport aux
valeurs rapportées dans la littérature pour les latérites naturelles qui sont dans la
plage de 6,96 – 8,64. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que les
latérites BN, KN et LA contiennent moins d’oxyde de fer par rapport aux latérites

- 138 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

rapportées dans la littérature. Le tableau IV.11 présente les valeurs du point


isoélectrique des trois échantillons qui ont fait l’objet de cette étude ainsi que les
valeurs rapportées dans la littérature.
Les valeurs faibles des points isoélectriques des latérites pourraient avoir
un effet négatif sur le taux d’adsorption de l’arsenic dans les eaux souterraines
des localités de Tanlili et Lilgomdé. Les pH des eaux de ces localités étant
compris entre 7 et 8, cela pourrait diminuer le taux d’adsorption de l’arsenic (V)
qui est sous forme anionique à ces valeurs de pH. A ces valeurs de pH, la surface
des latérites est chargée négativement. Le taux d’adsorption de l’arsenic sous
forme anion sera plus faible en raison d’une charge similaire à la surface des
latérites car le pH des eaux est supérieur au point isoélectrique des latérites.

45
KN
Potentiel zêta (mV)

30 LA
PI = 3,82 BN
15
PI = 3,78
0 PI = 4,40

-15

-30

-45

-60
0 2 4 6 8 pH 10 12

Figure IV. 7 : Détermination du point isoélectrique de la latérite à partir de la


variation du potentiel zêta avec le pH pour BN, KN et LA

- 139 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 11 : Comparaison des valeurs du point isoélectrique pour les latérites
BN, KN et LA avec d'autres latérites

Latérites PI ou pHPCN Références


Latérite brute (Inde). 6,96 [1]
Sol rouge 7,41 [2]
Laterite brute (inde) 7,49 [3]
Latérite modifiée (Inde) 7,45 [3]
Latérite (Vietnam) 7,97 [4]
Latérite brute (inde) 7,49 [5]
Latérite riche en fer 8,64 [7]
Latérite BN 4,40
Latérite KN 3,82 Présente étude
Latérite LA 3,78

3.2 Analyse chimique élémentaire


Le tableau IV.12 présente la composition chimique élémentaire des trois
latérites.
Tableau IV. 12 : Composition chimique élémentaire de BN, KN et LA en %
massique

MgO, MnO2,
BaO, CaO,
Oxydes SiO2 Fe2O3 Al2O3 K2 O Na2O TiO2 PF*
Cr2O3, B2O3,
Ga2O3
BN 57,5 14,4 7,4 2,3 1,4 1,5 ˂1 7,7
KN 50,2 20,8 14,1 1,7 1,4 2,1 <1 11,5
LA 53,7 17,6 6,74 1,8 1,4 2,1 <1 10,4

*perte au feu à 1000 °C

- 140 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

D’après la littérature [9, 25], le fer se trouverait sous forme d’oxy-


hydroxydes. Les oxydes de potassium, de sodium et de titane sont en faibles
quantités dans les trois échantillons. Ces résultats laissent penser que le quartz,
les aluminosilicates et les minéraux de fer sont prédominants dans les échantillons
étudiés. Les faibles teneurs en oxyde de potassium, de sodium et de titane
montrent que les composés riches en titane, en potassium et sodium sont en très
faibles proportions ou inexistants.
Les éléments contenus dans BN, KN et LA ont été regroupés en fonction
de leur famille dans le tableau IV.13. Notons que l’arsenic n’est pas détecté dans
les trois échantillons.
Tableau IV. 13 : Composition chimique des échantillons par type d’éléments en
% massique

Famille Alcalins Alcalinoterreux Métaux Silice

BN 3,7 0,04 23,4 57,5

KN 3,1 0,1 37,3 50,2

LA 3,2 0,2 26,6 53,7

3.3 Caractérisation minéralogique

3.3.1 La diffractions des rayons X (DRX)

Les spectres de diffraction des poudres des trois échantillons utilisés dans
ce travail sont donnés dans les figures IV.8 à IV.10.
L’examen des diffractogrammes montre que les trois échantillons sont
essentiellement composés de quartz (SiO2), de la kaolinite (Al2Si2O5(OH)4), de
l’hématite (Fe2O3) et de la goethite (FeO(OH)). Ces phases minérales sont celles
couramment présentes dans les latérites [25-27]. Les minéraux présents dans les
latérites BN, KN et LA ont été comparés avec d’autres latérites présentées dans
la littérature et utilisées pour l’adsorption de l’arsenic. Les résultats et les
principaux minéraux sont consignés dans le tableau IV.14.

- 141 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 14 : Comparaison des principaux minéraux présents dans les


latérites BN, KN et LA avec d’autres latérites

Echantillons Principaux minéraux Références


quartz, hématite, goethite,
sol rouge [2]
oxydes d’aluminium
latérite brute (Inde) hématite, goethite [3]
quartz, hématite, goethite,
latérite brute (Inde) [5]
oxydes d’aluminium
quartz, oxydes de fer, oxydes
latérite brute d’aluminium, oxydes de [6]
titane
latérite riche en fer quartz, hématite, goethite,
[7]
(inde) oxyde d’aluminium
quartz, hématite, goethite,
latérite (australie) [28]
oxydes d’aluminium
quartz, kaolinite, oxydes
sol rouge [29]
d’aluminium
quartz, hématite, goethite,
latérite BN
oxydes d’aluminium
quartz, hématite, goethite,
latérite KN présente étude
oxydes d’aluminium
quartz, hématite, goethite,
latérite LA
oxydes d’aluminium

- 142 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 8 : Diffractogramme de la matière première BN

Figure IV. 9 : Diffractogramme de la matière première KN

- 143 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 10 : Diffractogramme de la matière première LA


Avec : K = kaolinite, Q = quartz, He = hématite et G = goethite.

3.3.2 La spectrométrie infrarouge (IR)

Elle complète les résultats de la diffraction des rayons X. Les figures IV.11
à 13 présentent les spectres infrarouges des latérites de BN, KN et LA enregistrés
dans le domaine allant de 400 à 4000 cm-1.
Les attributions des bandes du spectre infrarouge de KN, LA et BN ont été
faites en s’appuyant sur les données de la littérature [25]. Ainsi, le tableau IV.15
donne les différentes attributions probables des trois latérites.

- 144 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 15 : Interprétation des spectres Infrarouges de BN, KN et LA

(𝝂 en cm-1) Attributions probables Références


Bande liée aux vibrations des hydroxyles externes (Al-
3695 [11, 30-31]
OH) de la kaolinite.
Bande liée aux vibrations des hydroxyles internes (Al-OH)
3618 localisés entre le feuillet tétraédrique et le feuillet [11,30-31].
octaédrique Al2(OH)6.
3430 Bande liée à l’eau localisée dans l’interfeuillet. [32-34]
3170 Bande liée aux vibrations da la liaison –OH de la goethite [35]
1638 Bande correspondante à l’eau hygroscopique. [36-37]
1384 Bande affectée aux groupes des micas [38]
Bande correspondante aux vibrations de la liaison Si-O de
1112 [32, 39-43]
la kaolinite.
Bande correspondante aux vibrations de la liaison Si-O de
1034 [32, 39-43]
la kaolinite et aussi de la liaison Fe-OH de la goethite.
1004 Bande liée aux vibrations des liaisons OH de la kaolinite et
[39, 43-44]
aussi de la liaison Fe-OH de la goethite.
Bande liée aux vibrations de déformation Al-OH de la [12, 32, 39,
914
kaolinite et aussi de la liaison Fe-OH de la goethite. 40, 43]
Bande correspondante aux vibrations de flexion de la liaison
791 [35, 44, 45]
Si-O-Si et aussi de la liaison Fe-OH de la goethite.
Bande correspondante aux vibrations des liaisons OH de la
752 [39, 43, 44]
kaolinite et aussi de la liaison Fe-OH de la goethite.
Bande attribuable aux vibrations des liaisons OH de la
694 [12, 32]
kaolinite et celles des liaisons Si-O du quartz.
Bande correspondante aux vibrations de déformation Si-O- [12, 32, 35,
539
Al de la kaolinite et aussi de la liaison Fe-O de l’hématite. 39, 40].
Bande liée aux vibrations des liaisons de flexion de Si-O-Si [35, 42,
470
et aussi de la liaison Fe-O de l’hématite. 45].
Bande liée aux vibrations des liaisons Si-O-Si de la
421 [39]
kaolinite

- 145 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Les résultats du dépouillement du spectre infrarouge confirment la


présence des minéraux tels que la goethite, l’hématite, le quartz et la kaolinite qui
ont été mis en évidence lors de l’analyse du diffractogramme des rayons X.

100

%T

80

60 Al-OH,
Fe-OH Si-O-Si
H2O
40
Si-O-Al
OH
H2O
20
Si-O,
Al-OH Al-OH Si-O, Fe-OH OH Si-O-Si;
OH Fe-O
0
3900 3300 2700 2100 1500 900 300
cm-1

Figure IV. 11 : Spectre infrarouge de la latérite BN

80

%T

60

Al-OH,
40 H2O Fe-OH
Fe-O,
Si-O-Si

20
-OH OH
H2O Si-O, Fe-OH
Al-OH OH
Si-O, -OH
Al-OH Si-O-Si
0
3900 3300 2700 2100 1500 900 300
cm-1

Figure IV. 12 : Spectre infrarouge de la latérite KN

- 146 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

80
%T

60

Fe-OH, Si-O-Si
H2O Al-OH
40
Si-O-Si,
Fe-O

20
H2O -OH
Si-O,
Fe-OH Si-O, -OH
Al-OH -OH
Al-OH
0
3900 3300 2700 2100 1500 900 300
cm-1

Figure IV. 13 : Spectre infrarouge de la latérite LA

3.4 Analyse thermogravimétrie et la calorimétrie différentielle à balayage


(ATG/DSC)
Les courbes ATG/DSC des trois échantillons, enregistrées à la vitesse de
10 °C/min, sont données dans les figures IV.14 à 16.
Plusieurs phénomènes thermiques sont observables. Ces phénomènes,
caractéristiques d’une phase minérale, correspondent soit à une déshydratation,
soit à une déshydroxylation, soit à une décarbonatation ou à une réorganisation
structurale. Qu’il s’agisse de BN, KN ou de LA, les thermogrammes ont révélé :
 un pic endothermique entre 94 °C et 110 °C, observé au niveau des trois
courbes DSC. Cet incident thermique est relatif à la perte d’eau hygroscopique ou
d’hydratation contenue dans les échantillons. Cet incident est associé à des pertes
de masse de 1,4 %, 1 % et 1,5 % respectivement pour BN, KN et LA au niveau
des courbes TGA.
 des pics endothermiques autour de 296 °C suivis d’une perte de masse de
1,6% au niveau de BN, 356 °C suivis d’une perte de masse de 4,1% observée au
niveau de KN et de 328 °C suivis d’une perte de masse de 1,3% au niveau de LA.
Ces pics endothermiques sont dus à la transformation de la goethite en hématite
(Equation IV.1) [12, 25, 30, 46-47] :

𝛂 − 𝟐𝐅𝐞𝐎𝐎𝐇 ⟶ 𝛂 − 𝐅𝐞𝟐 𝐎𝟑 + 𝐇𝟐 𝐎 Equation IV.1

 un troisième pic endothermique, observé entre 500 °C et 600 °C au niveau


des courbes DSC des échantillons, est dû à la déshydroxylation de la kaolinite. Ce
phénomène est associé à des pertes de masse de 6,3% au niveau de BN, de 7,3%

- 147 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

au niveau de KN et de 8,7% au niveau de LA, observées sur les courbes TGA. Il


s’agit de la réaction au cours de laquelle les hydroxyles structuraux sont éliminés.
Cette élimination détruit le réseau cristallin de ces minéraux. En ce qui concerne
la kaolinite, sa déshydroxylation engendre la formation d’une phase amorphe
appelée métakaolinite selon l’équation IV.2 [10, 12,25, 30, 46-48].

𝐒𝐢𝟐 𝐎𝟓 𝐀𝐥𝟐 (𝐎𝐇)𝟒 → 𝟐𝐒𝐢𝐎𝟐 − 𝐀𝐥𝟐 𝐎𝟑 + 𝟐𝐇𝟐 𝐎 Equation IV.2

Kaolinite Métakaolinite
La transformation du quartz α en quartz β intervenant environ à 575 °C
n’est pas totalement visible, étant donné que ce pic est faible par rapport au large
pic intervenant entre 500°C et 600°C.
 Le seul pic exothermique qui est observé au niveau des courbes DSC des
échantillons, intervient entre 950 °C et 1000 °C. Ce pic correspond à la
réorganisation structurale de la métakaolinite en phase spinelle et en silice
amorphe (Equation IV.3) [32, 48].

𝟐[𝟐𝐒𝐢𝐎𝟐 − 𝐀𝐥𝟐 𝐎𝟑 ] → 𝐒𝐢𝟑 𝐀𝐥𝟒 𝐎𝟏𝟐 + 𝐒𝐢𝐎𝟐 Equation


III.3

Métakaolinite Spinelle Silice amorphe


Les pertes totales de masse observée entre la température ambiante et 1000
°C sont de 9,3%, 12,4% et 11,5% respectivement pour BN, KN et LA. Ces
résultats sont en accord avec les pertes au feu à 1000 °C qui sont de 7,8%, 11,6%
et 10,4% pour les latérites BN, KN et LA respectivement.
102
Signal (Wg-1)

DSC
Perte de masse (%)

94 C
296 C TGA
-0,2 100
1,4%

1,6% 98
-0,6

547 C 96
960 C
-1

6,3% 94

-1,4
92

-1,8 90
0 200 400 600 800 1000 1200
Température ( C)

Figure IV. 14 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite BN

- 148 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

0,3 101
DSC 963 C

Perte de masse (%)


1%
0,1
Signal (Wg-1)
TGA

4,1% 97
-0,1
110 C
-0,3
7,3%
356 C 93
-0,5
710 C

-0,7
89

-0,9
558 C
-1,1 85
0 200 400 600 800 1000 1200

Température ( C)

Figure IV. 15 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite KN


Signal (Wg-1)

Perte de masse (%)


328 C 102
-0,2 TGA
110 C
DSC
1,5%
1,3% 98

-0,6

964 C 94
8,7%
-1 559 C
90

-1,4 86
0 200 400 600 800 1000 1200

Température ( C)

Figure IV. 16 : Thermogrammes TGA/DSC de la latérite LA

3.5 Caractérisation microstructurale


Les figures IV.17 à 19 montrent les images MEB des poudres de BN, KN
et LA à des échelles différentes (5 μm et 1 μm).

- 149 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Figure IV. 17 : Images MEB de la latérite BN

Figure IV. 18 : Images MEB de la latérite KN

Figure IV. 19 : Images MEB de la latérite LA


Nous observons au niveau des trois échantillons des plaquettes de formes
irrégulières caractéristiques de la kaolinite. Ces plaquettes sont souvent empilées
les unes sur les autres pour constituer des amas. Néanmoins, au niveau de KN ces
plaquettes sont mieux formées par rapport aux deux autres échantillons, montrant
que KN contient plus de kaolinite. Les plaquettes semblent plus petites que celles

- 150 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

rencontrées dans la kaolinite. Les inclusions présentes au niveau des trois


échantillons sont probablement dues à la goethite.
Enfin, nous pouvons dire que les plaquettes de la goethite ou de l’hématite
présentent une morphologie assez irrégulière, désordonnée sans aucune forme
particulière, ne permettant pas de distinguer les plaquettes élémentaires. Cela
suggère une forte tendance à l’agglomération de ces espèces. La morphologie de
ces trois échantillons suggère la présence de ces minéraux, notamment la kaolinite
où l’on distingue des plaquettes en hexagones irréguliers (kaolinite mal
cristallisée).

4 Conclusion
Les échantillons de latérites ont été caractérisés en utilisant plusieurs
techniques physiques et chimiques : DRX, FTIR, analyses chimiques
élémentaires, SEM, la granulométrie. La diffraction des rayons X a permis de
montrer que les latérites contiennent comme principaux minéraux la goethite,
l’hématite, le quartz et la kaolinite. L’analyse chimique a montré que les latérites
du Burkina sont riches en oxyde de fer et d’aluminium. Les principaux minéraux
identifiés dans les latérites du Burkina Faso sont en accord avec les minéraux
rencontrés dans les latérites décrites dans la littérature.
Les surfaces spécifiques BET des latérites KN, LA et BN sont élevées par
rapport aux valeurs déterminées dans la littérature pour les latérites naturelles
utilisées dans l’adsorption de l’arsenic. En comparant les propriétés des latérites
BN, KN et LA avec d’autres latérites utilisées dans la littérature pour l’élimination
de l’arsenic (Tableau IV.16), nous nous apercevons que les trois latérites ont des
propriétés similaires aux autres latérites.
Compte tenu de toutes ces caractéristiques physiques et chimiques, nous
pouvons conclure que les latérites naturelles du Burkina Faso pourraient être
considérées comme des candidats potentiels dans l'adsorption de l’arsenic dans
les eaux souterraines.

- 151 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

Tableau IV. 16 : Quelques caractéristiques des latérites BN, KN et LA


comparées à d’autres latérites rapportées dans la littérature

SS au
VP Principaux
Latérites Densité BET PI Références
(cm3/g) minéraux
(m2/g)
Quartz,
Hématite,
Sol rouge 1,3 16,05 - 7,41 [2]
Goethite, oxydes
d’aluminium
Quartz, oxydes
Latérite de fer, oxydes
nd 24,79 0,08 nd [6]
brute d’aluminium,
oxydes de titane
Quartz,
Latérite
Hématite,
riche en nd 32 nd 8,64 [7]
Goethite, oxyde
fer
d’aluminium
Laterite
Hématite,
brute 2,46 18,50 0,01 7,49 [3]
Goethite
(inde)
Oxydes de fer,
Latérite
0,45-2 10,96 0,01 7,97 d’aluminium, de [4]
(Vietnam)
silice
Quartz,
Latérite Hématite,
2,52 34,88 0,11 4,40
BN Goethite, oxydes
d’aluminium
Quartz, Présent
Latérite Hématite, travail
2,92 58,65 0,14 3,82
KN Goethite, oxydes
d’aluminium
Quartz,
Latérite Hématite,
2,69 41,15 0,10 3,78
LA Goethite, oxydes
d’aluminium

nd : non déterminé

- 152 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

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- 157 -
Chapitre IV : Matières premières et caractérisations physicochimiques

- 158 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption


de l’arsenic (III) et (V) par les latérites

1 Introduction
Au cours des dernières décennies, un grand intérêt a été porté à la recherche
sur la présence et le comportement de l’arsenic dans l'environnement en raison
des graves problèmes posés par cet élément très toxique, dont l’élimination des
milieux pollués est devenue un enjeu mondial. Ce constat explique le nombre
croissant de travaux relatifs au développement de nouvelles technologies pour
l’élimination de l'arsenic inorganique présent dans les eaux souterraines ou de
surface destinées à la consommation humaine, sous la forme d’espèces oxy-
anioniques dans lesquelles l’arsenic est principalement aux degrés d’oxydation
+III et +V.
Les latérites comme adsorbants ont été utilisées dans certains pays comme
le Bangladesh, l’Inde, le Vietnam pour l’élimination de l’arsenic dans les eaux
destinées à la consommation [1-2]. Au Burkina Faso, les latérites existent bien à
l’état naturel et ont fait l’objet de nombreuses études en vue de leur utilisation
dans la construction des routes, des pistes [3] et largement exploitées dans le
domaine de la construction des habitats (carrière de Laye). Les latérites comme
adsorbants à des fins d’assainissement des eaux polluées par l’arsenic ont été
moins étudiées. Cette étude pourrait constituer une solution efficace et durable au
profit des populations des villages du Nord du Burkina Faso où la concentration
en arsenic dans certains puits est largement supérieure à la norme admissible par
l’Organisation Mondiale de la santé qui est de 0,01 mg/L.
L’objectif de ce chapitre est d’étudier la potentialité d’élimination de
l’arsenic (III) et (V) en solutions synthétiques par les latéritiques BN, KN et LA.
Les études dans des solutions synthétiques contaminées à l’arsenic sont un
préalable aux études de terrain pour l’élimination de l’arsenic en situation réelle.

2 Adsorption en batch
Les études d’adsorption en batch de l’arsenic (III) et (V) se sont focalisées
d’une part sur des investigations structurale et microstructurale après adsorption
de l’arsenic, et d’autre part sur l’effet de dose des adsorbants, l’effet de la
concentration initiale en As, l’effet du pH et les effets des interférences de
quelques anions sur l’adsorption de l’arsenic.

- 159 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

2.1 Investigations structurale et microstructurale après adsorption de


l’arsenic
Le dépôt de latérite après adsorption en batch de chaque suspension de
l’arsenic à pH compris entre 6,1 et 7 et après centrifugation est recueilli dans un
bécher. Les béchers sont placés par la suite dans une étuve réglée à 105°C afin de
bien sécher les latérites pour des analyses en spectrométrie infrarouge, à la
diffraction des Rayons X, en microscopie électronique à balayage et EDX.

2.1.1 La spectrométrie Infrarouge (IR)

Les figures V.1 à V.3 montrent les spectres FTIR des latérites et des
mélanges latérites + arsenic.
Une comparaison des pics des latérites brutes et des latérites contaminées
à l'arsenic montre des pics similaires avec des modifications (diminution,
augmentation ou disparition) lorsque l’arsenic a été adsorbé sur les latérites.
Cependant, les pics à 1034, 1004, 914, 791, 752, 694 et 470 cm-1 plus nets sur les
latérites brutes ont diminué d’intensité, ou ont même disparu après contact des
latérites avec une solution d’arsenic pendant 24 heures. Par ailleurs, la diminution
du pic à 791 cm-1 est due à AsO(OH)− 2 (latérite +As(III)) [4]. Ces modifications
de pics sur les spectres de latérites + As(III, V) sont une indication des interactions
entre les espèces de l'arsenic et la surface des latérites [2, 5]. Les modifications
constatées sur les spectres infrarouges ont été mises en évidence par plusieurs
auteurs au cours des travaux antérieurs [6- 8]. Selon la littérature [4, 9], les
spectres « adsorbant + As » doivent être réalisés à des pH bien précis (acide ou
alcalin) pour que d’autres pics caractéristiques de As(III) ou As(V) apparaissent.
L’analyse par diffraction des Rayons X de la structure sera nécessaire pour
en savoir plus sur les phases minérales responsables de l’adsorption de l’arsenic
(III) et (V) étant donné que les latérites sont constituées d’oxydes mixtes. Les
données FT-IR suggèrent un mécanisme de sorption de sphère interne pour
As(III) et As(V) sur les latérites.
Le tableau V.1 résume les différentes modifications (disparition,
augmentation et diminution d’intensité des bandes) observées sur les spectres FT-
IR après adsorption de l’arsenic. Ces changements seraient dus à l’effet de
l’arsenic sur les phases minérales identifiées dans les trois latérites.

- 160 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

110
BN+As(V) BN+As(III) BN

90

70

50

30 1638 cm-1

539 cm-1
10 3450 cm-1

914 cm-1
3695 cm-1 3618 cm-1 752 cm-1 694 cm-1
470 cm-1
-10
3900 3400 2900 2400 1900 1400 900 400
cm-1

Figure V. 1 : Spectres FTIR de la latérite BN avant et après adsorption de


l’arsenic (III, V)
80
KN+As(V) KN+As(III) KN

65

50

35

1638 cm-1
20

5 3170 cm-1
3450 cm-1
-1
3695 cm-1 3618 cm 914 cm-1 791 cm-1
-10
3800 3200 2600 2000 1400 800 200
cm-1

Figure V. 2 : Spectres FTIR de la latérite KN avant et après adsorption de


l’arsenic (III, V)

- 161 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

110
LA+As(V) LA+As(III) LA

90

70

50

30
1638 cm-1

10 539 cm-1

3450 cm-1
3695 cm-1 914 cm-1 752 cm-1
3618 cm-1
-10
3800 3200 2600 2000 1400 800 200
cm-1

Figure V. 3 : Spectres FTIR de la latérite LA avant et après adsorption de


l’arsenic (III, V)

- 162 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites

Tableau V. 1 : Appréciation qualitative des intensités des bandes caractéristiques des liaisons inter-atomiques après adsorption
de As(III) et As(V) par les latérites BN, KN et LA.

Liaisons Spectres
-1
inter Bandes (cm )
BN + As(III) BN + As(V) KN + As(III) KN + As(V) LA + As(III) LA + As(V)
atomiques
3695 = − = = − +
Al-OH
3618 = − = = − +
1034 0 0 = = = =
1004 0 0 = = = =
Fe-OH 914 − − + − − +
791 − − − − − −
752 − − = = − +
539 − 0 / / 0 +
Fe-O
470 − − / / 0 +
3430 = = = = = =
H2O
1638 − − − − − −
3170 / / 0 0 / /
-O-H
694 − = − − − +
Si-O 1112 0 0 = = = =
Si-O-Si 421 − 0 / / / /

+: Augmentation ; −: diminution ; =: inchangé ; 𝟎 ∶ disparition ; / : pas de pic

- 162 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

2.1.2 La microstructure

Les images MEB (Figures V.4 à V.6) ont été effectuées grâce à un
microscope électronique à balayage (Microspec-WDX 600/OXFORD). Les
images présentent des différences qui pourront certainement nous apporter des
informations complémentaires. La surface des latérites brutes (avant adsorption)
présente une structure très poreuse avec des textures hétérogènes.
Les images MEB des résidus après adsorption à As(III,V) présentent un
aspect aggloméré (amassé ou assemblé de façon compacte) qui serait lié à la
présence de l’arsenic dans la structure et/ou à la surface des minéraux composants
les latérites. Un accolement des particules des latérites est observable sur les
images MEB des résidus après adsorption à l’arsenic. Cet accolement pourrait
être dû à un piégeage des ions arsenic par les plaquettes des latérites. En plus, les
analyses EDX indiquent la présence de Fe et Al sur la surface des particules. Ces
phases seraient donc responsables de l’élimination de l’arsenic.

Figure V. 4 : Image MEB de la latérite BN en contact de l’eau distillée et en


contact avec une solution de As(III,V) à 5 mg/L.

- 163 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

Figure V. 5 : Image MEB de la latérite KN en contact de l’eau distillée et en


contact avec une solution de As(III,V) à 5 mg/L

- 164 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

Figure V. 6 : Image MEB de la latérite LA en contact de l’eau distillée et en


contact avec une solution de As(III, V) à 5 mg/L.

2.1.3 La Diffraction des Rayons X (DRX)

Les résultats de l’analyse des poudres (50 ml de As(III, V) à 5 mg/L + 0,5


g de latérites au pH naturel) ayant servi à l’élimination de l’arsenic III et V par la
diffraction des Rayons X sont indiqués dans les diffractogrammes des figures V.8
à 10. L’identification des pics a révélé la présence des mêmes phases minérales
que dans les latérites brutes avec des modifications de certains pics. Les phases
présentes sont :
𝐊 = Kaolinite, 𝐐 = quartz, 𝐆 = goethite et 𝐇𝐞 = hématite.
A. Cas de la latérite BN
Les résultats de la DRX de la latérite BN + As(III, V) montrent qu’il y a
des modifications structurales qui s’opèrent au niveau de BN.
La comparaison des diffractogrammes de la latérite brute et ceux des
mélanges BN + As présente quelques différences au niveau des pics
caractéristiques de la goethite et de l’hématite qui traduisent que ces minéraux

- 165 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

contenus dans BN participent à l’élimination de l’arsenic. La disparition de


certains pics liés à la goethite et l’hématite seraient liées à des complexes latérite-
As.
La disparition des pics 110 et 130 de la goethite, situés respectivement à
24,75 et 38,75°, sur les spectres des mélanges et des pics 012 et 104 situés
respectivement à 28,12 et 38,75° serait liée à la formation de complexes goethite-
Arsenic et hématie-Arsenic [10] (Figure V.7).

Figure V. 7 : Représentation schématique des mécanismes d'adsorption de


l'arséniate sur la goethite [11]

B. Cas de la latérite KN

L’observation de la figure V.9 qui présente les diffractogrammes de KN,


de KN + As(III) et KN +As(V) montre d’énormes modifications au niveau des
spectres du mélange. Ces modifications traduisent le fait que tous les minéraux
contenus dans la latérite KN participent à l’élimination de l’arsenic (III) et (V).
La disparition et l’apparition des nouveaux pics seraient liées à la formation des
complexes latérite-arsenic.
La kaolinite étant un minéral de type T-O, la diminution et/ou la disparition
de l’intensité des pics 020, 002 et -201 situés respectivement à 23,15°, 28,98° et
40,84° seraient probablement liées à la formation des complexes avec les groupes
aluminols (-Al-OH) [10]. Le pic intense 002 de la kaolinite situé à 28,98° a
pratiquement disparu au niveau du spectre KN + As(V) tandis qu’il diminue
d’intensité au niveau de KN + As(III).
Les pics caractéristiques de la goethite ont pratiquement disparu au niveau
des spectres des mélanges. Les pics 020 et 110 situés respectivement à 20,82° et
24,75° ont pratiquement disparu au niveau des spectres des mélanges de KN +
As(III) et KN + As(V). Quant aux pics caractéristiques de l’hématite, on remarque
aussi qu’ils ont diminué d’intensité au niveau des spectres des mélanges. Les pics
104 (38,69°) et 110 (41,70°) caractéristiques de l’hématite ont disparu sur les

- 166 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites

spectres des mélanges, ce qui traduirait que l’hématite participe à l’élimination de


l’arsenic (III) et (V). La goethite, l’hématite et la kaolinite sont les principales
phases minérales qui participent à l’élimination des arséniates et des arsénites.

C. Cas de la latérite LA

Les diffractogrammes de la latérite LA, LA + As(III) et LA + As(V)


(Figure V.10) montrent un ensemble de modifications qui traduiraient des
réactions entre les phases minérales contenues dans LA et l’arsenic (III) et (V).
Les pics 020 et 002 de la kaolinite, observés respectivement à 23,03° et
28,92° sur le diffractogramme LA, subissent des modifications traduites par la
diminution des intensités des pics au niveau des spectres des mélanges LA +
As(III) et LA + As(V). Les causes de ces modifications sont identiques à celles
évoquées dans le cas de KN. Ces modifications seraient liées à la formation des
complexes entre les arséniates et les arsénites et les groupes aluminols (-Al-OH)
[10].
Le pic 020 de la goethite à 24,75° disparaît sur les mélanges de LA +
As(III) et LA + As(V). La disparition des pics liés à la goethite traduit le fait
qu’une réaction a lieu entre la goethite et les arséniates et arsénites.
Les pics 104 et 110 de l’hématite situés respectivement à 38,69° et 41,57°
subissent des modifications au niveau des mélanges. Ces modifications
traduiraient des réactions entre l’hématite et les arséniates et arsénites.
La DRX indique que pratiquement toutes les phases minérales contenues
dans les latérites participent à l’élimination de l’arsenic (III) et l’arsenic (V). Cela
est justifié par le fait que les pics caractéristiques de ces phases minérales
subissent des modifications après le contact avec l’arsenic (III) et (V).

- 167 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites

Figure V. 8 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite BN, BN + As(III) et BN +As(V)

- 168 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites

Figure V. 9 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite KN, KN + As(III) et KN +As(V)

- 169 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites

Figure V. 10 : Diffractogrammes des rayons X de la latérite LA, LA + As(III) et LA +As(V)

- 170 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

2.1.4 Analyse thermogravimétrie et calorimétrie différentielle à balayage


(ATG/DSC)

Les résultats de l’analyse TGA/DSC des poudres après adsorption au pH


naturel (6,6 – 7,2) ayant servi à l’élimination de l’arsenic (III) et (V) ont permis
de tracer les thermogrammes des figures V.11 à V.16. Les analyses des courbes
DSC ont permis de constater la modification ou la disparition de certains pics
observés sur les latérites brutes.
Les pics endothermiques observés sur les courbes DSC des latérites brutes
autour de 296 °C pour la latérite BN, 356 °C pour la latérite KN et 328 °C pour
la latérite LA correspondant à la transformation de la goethite en hématite ont
pratiquement disparu au niveau des trois latérites après adsorption à l’arsenic (III)
et (V), à l’exception de KN + As(III) où le pic à diminué d’intensité. Les analyses
des courbes DSC confirment les résultats obtenus par la diffraction des rayons X
et les spectres FT-IR.
0,3
296 C DSC_BN DSC_BN+As(III)
0

-0,3

-0,6

-0,9

-1,2

-1,5

-1,8
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température ( C)

Figure V. 11 : Thermogrammes DSC de la latérite BN, BN + As(III)

- 171 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

0,2
296 C DSC_BN DSC_BN+As(V)

-0,2

-0,6

-1

-1,4

-1,8
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température ( C)

Figure V. 12 : Thermogrammes DSC de la latérite de BN, BN + As(V)

DSC_KN DSC_KN+As(III)
0,3
356 C /348 C
0

710 C
-0,3

-0,6
110 C

-0,9

-1,2

-1,5
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Temperature ( C)

Figure V. 13 : Thermogrammes DSC de la latérite KN, KN + As(III)

- 172 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

0,4
DSC_KN DSC_KN+As(V)

356 C
0
710 C

-0,4

110 C
-0,8

-1,2

-1,6
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température ( C)

Figure V. 14 : Thermogrammes DSC de la latérite KN, KN + As(V)


0
DSC_LA DSC_LA+As(III)

-0,4

-0,8

328 C

-1,2

-1,6
0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Température ( C )

Figure V. 15 : Thermogrammes TGA/DSC de LA, LA + As(III)

- 173 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

0
DSC_LA DSC_LA+As(V)

-0,4

-0,8

328 C

-1,2

-1,6
0 200 400 600 800 1000 1200 1400

Température ( C)

Figure V.16 : Thermogrammes DSC de la latérite LA, LA + As(V)

2.2 Effet du temps de contact et de la cinétique d’adsorption de


l’arsenic (III, V)

Des études cinétiques ont été réalisées à un pH compris entre 6,2 et 7 avec
une dose d'adsorbant de 10 g/L et une concentration initiale d'arsenic (III, V) de
5 mg/L. Les échantillons d’eau ont été prélevés à des intervalles de temps
appropriés pendant 24h, et le taux d'élimination de l'arsenic (III, V) a été
déterminé.
La figure V.17 montre la cinétique d'adsorption de différentes espèces de
l’arsenic sur les latérites qui ont été étudiées dans la gamme de 1h à 24h. On
constate que l'adsorption de l'arsenic (III, V) se produit rapidement au cours des
10 premières heures, se déroule à un rythme relativement plus lent et atteint
l'équilibre à environ 17 heures. Ceci est dû au fait qu’au début du processus, tous
les sites actifs restent libres pour l'adsorption des espèces d'arsenic et leur
concentration diminue graduellement au fur et à mesure que l'adsorption se
poursuit avec le temps. En outre, la concentration des ions As(III) et As(V) dans
la solution diminue également avec l'adsorption au cours du temps. De ce fait, la
force motrice diminue graduellement avec le temps, alors que l'agitation reste
constante conduisant le système vers l'équilibre où aucun retrait supplémentaire
d'adsorption n'est possible avec l’augmentation du temps [12,13]. Le taux
d'adsorption lent indiqué par la figure V.17 suggère que l'adsorption est contrôlée
principalement par une diffusion intraparticulaire [12]. Ainsi, la période
d'agitation de 24 h est considérée comme une période d'agitation optimale pour la
suite des essais.

- 174 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

100

80
%As(III,V)

60

40

KN_As(V) KN-As(III)
20
LA_As(III) LA_As(V)

0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600

t (min)

Figure V. 17 : Effet du temps de contact sur l'élimination de l'arsenic (III, V)


par les latérites KN et LA. m = 0, 5 g d'adsorbant et C0 = 5 mg/L
Afin d'étudier le mécanisme de l’adsorption de l’arsenic (III, V) sur les
deux latérites, deux modèles cinétiques ont été utilisés. Ces modèles sont
représentés par les relations V.1 et V.2 qui sont des formes linéaires.
Modèle du pseudo-premier ordre [9].
𝐥𝐧(𝑸𝒆 − 𝑸𝒕 ) = 𝐥𝐧(𝑸𝒆 ) − 𝒌𝟏 × 𝒕 Relation V.1
Modèle du pseudo-second ordre [14].
𝒕 𝟏 𝒕
= + Relation V.2
𝑸𝒕 𝒌𝟐 ×𝑸𝟐
𝒆 𝑸𝒆

Où Qt est la quantité d'arsenic adsorbé au temps t en mg/g. k1 est la


constante cinétique du pseudo-premier ordre en min-1, k2 est la constante
cinétique du pseudo-second ordre en g/[Link] et Qe la quantité d'arsenic adsorbé
à l’équilibre.
La comparaison entre les constantes de vitesse d'adsorption de pseudo-
premier et de pseudo-second ordre et les valeurs expérimentales et calculées de
Qe sont données dans le tableau V.2. Des valeurs plus élevées du coefficient de
corrélation (R2) ont été obtenues pour le modèle de pseudo-second ordre par
rapport au modèle de réaction de pseudo-premier ordre. Les valeurs calculées de
la capacité d'adsorption Qe,cal sont du même ordre de grandeur que les valeurs
expérimentales Qe,exp (Tableau V.2) en utilisant le modèle pseudo-second-ordre.
Ces résultats indiquent que la cinétique de l'adsorption de As(III, V) utilisant les
deux latérites (KN et LA) s'explique par un modèle cinétique de pseudo-second
ordre.

- 175 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites.

Tableau V. 2 : Paramètres cinétiques et coefficients de corrélation pour l'adsorption As (III) et As (V) sur les latérites

Modèle du pseudo-premier ordre Modèle du pseudo-second ordre


Latérites As
Qe,exp Qe,cal Qe,exp Qe,cal
k1 (1/min) R2 k2 (g/[Link]) R2
(mg/g) (mg/g) (mg/g) (mg/g)
III 0,47 0,12 0,0027 98 0,47 0,48 0,057 0,99
KN
V 0,48 0,12 0,0024 0,92 0,48 0,49 0,051 0,99

III 0,32 0,13 0,0021 0,95 0,32 0,33 0,042 0,99


LA
V 0,31 0,14 0,0016 0,95 0,31 0,33 0,028 0,99

- 176 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

2.3 Effet de dose sur l’adsorption de As(III, V)


La concentration en adsorbant est considérée comme affectant de manière
significative l'élimination des métaux lourds en solution aqueuse, puisqu'elle
détermine l'équilibre adsorbant-adsorbat du système étudié.
Pour déterminer la dose optimale requise des latérites pour baisser la
concentration de As (III) et As (V) à la limite admissible (0,01mg/L), les
concentrations en adsorbants ont été variées dans la plage de 2,5 à 45 g/L pour un
temps d’agitation de 24 heures et une concentration initiale en As (III) et As (V)
fixé à 5 mg/L. Les pH des solutions étaient compris entre 6,6-7,1 et 6,5-7 pour
As(V) et As(III) respectivement.
Les pourcentages d’élimination de As(III) et As(V) à l’équilibre pour les
trois latérites qui ont servi de support dans ce travail sont indiqués dans les figures
V.18 et V.19. On peut voir sur les figures V.18 et V.19 que l’efficacité
d’élimination de As(III) et As(V) augmente considérablement avec
l’augmentation de la dose des adsorbants. Dans l’ensemble et pour As(III),
l’augmentation de la dose des adsorbants de 2,5 g/L à 15 g/L a entraîné au moins
un taux d’élimination de 20,5 à 74 %, 48,84 à 98,6 % et 29 à 83,5 %
respectivement pour les latérites BN, KN et LA. Quant à As(V), l’augmentation
de la dose de 2,5g/L à 15 g/L a entraîné un taux d’élimination de 25,3 à 85,6 %
pour BN, 58 à 99,7 % pour KN et 54,4 à 99,5 % pour LA.
L’augmentation du taux d’élimination de As(III) et As(V) en fonction de
l’augmentation de la dose des latérites serait due à l'augmentation des sites de
sorption sur la surface des latérites [15-17]. Cette augmentation du taux
d’élimination de l’arsenic peut être aussi expliquée par la disponibilité d’autres
sites d’adsorption qui résultent de l’augmentation de la posologie de l’adsorbant
[17-21]. Au-delà de 15 g/L d’adsorbant, on observe un léger accroissement de
l’élimination de As(III) et As(V) jusqu’à atteindre un taux d’élimination d’au
moins 96% pour As(III) et plus de 99% pour As(V). Cela peut être dû à
l’adsorption de la quasi-totalité de As(III) et As(V), et l’établissement de
l’équilibre entre les ions arsénites ou arséniate adsorbés sur la surface de
l’adsorbant et ceux restant non adsorbés dans la solution.
Avec une quantité de 15 g/L des latérites du Burkina Faso et une
concentration initiale d'arsénite de 5 mg/L, nous atteignons des pourcentages
d'élimination de 98,59 ± 0,64 % et 83,52 ± 2,21 %, respectivement pour les
latérites KN et LA. Avec une concentration initiale en arsénite de 1 mg/L, P. D.
Nemade et al [22] ont obtenu un taux d'élimination de 90 % pour une quantité de
25g/L de latérite. Avec une quantité de 15 g/L des latérites et une concentration
initiale d'arséniate de 5 mg/L, des taux d'élimination de 99,72 ± 0,35, 99,58 ± 0,45

- 177 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

et 85, 63 sont atteints respectivement pour KN, LA et BN. Les résultats dans le
présent travail sont meilleurs que ceux obtenus par A. Maiti et al [23], pour
l’adsorption de As(V) (2 mg/L) sur une latérite naturelle provenant de la zone de
Midnapore du Bengale occidental (Inde) pour laquelle un taux d'élimination
d'environ 80% a été atteint pour 15 g/L de latérite. Pour une quantité de 5g/L et
une concentration d’arsenic égale 5 mg/L, on obtient un taux d'élimination
d'environ 70 % pour les latérites KN et LA dans le cas de As(V) et un taux
d'élimination d'environ 80% pour la latérite KN dans le cas de l'adsorption As(III).
Ces résultats sont encore meilleurs que ceux obtenus par Y. Glocheux et al [9],
qui ont obtenu un taux d'élimination d'environ 60% pour l'élimination de As(III)
par adsorption sur une latérite naturelle brute, avec une concentration initiale
d'arsénite de 1 mg/L.
Pour les latérites KN et LA, nous obtenons un pourcentage d'élimination
élevé avec une quantité de latérites naturelles qui est inférieure à celles décrites
dans la littérature [18,22, 24- 26].

100
%As(III)

80

60

40

KN_As(III)
20
LA_As(III)
BN_As(III)
0
0 10 20 30 40 50

Dose adsorbant (g/L)

Figure V. 18 : Effet de dose des adsorbants BN, KN et LA sur l’adsorption de


As(III). C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose adsorbant : 2,5 – 45 g/L ; Temps d’agitation
: 24h; 0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm

- 178 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

100

%As(V) 80

60

40

KN_As(V)
20
LA_As(V)
BN_As(V)
0
0 10 20 30 40 50
Dose adsorbant (g/L)

Figure V. 19 : Effet de la dose des adsorbants BN, KN et LA sur l’adsorption


de As(V). C(As(V)) = 5 mg/L ; Dose adsorbant : 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation : 24h ; 0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm
Le tableau V.3 résume quelques pourcentages d’élimination de l’arsenic
(III) et (V) comparés aux latérites BN, KN et LA. Ces résultats pourraient être
attribués à la surface spécifique élevée des latérites KN et LA et aussi aux
quantités non négligeables en oxyde de fer. Ces résultats sont en accord avec les
données de la littérature montrant que de meilleurs résultats sont obtenus lors de
l'utilisation d'adsorbants ayant une grande surface spécifique [27].

- 179 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les latérites.

Tableau V. 3 : Quelques pourcentages d’élimination de As(III,V) pour des latérites rapportées dans la littérature

Pourcentage adsorbé Dose


[As(III,V)]
Latérites adsorbant Références
mg/L
As(III) As(V) (g/L)

Latérite (Inde). 98 95 20 0,5 [26]

Sol rouge 90 - 25 1 [22]

Latérite brute 60 70 5 1 [9]

Latérite (Inde) / 80 15 2 [23]

Latérite (Inde) 95 / 20 1 [25]

Latérite BN 74 85,63 15 5

Latérite KN 98,59 ±0,64 99,72 ±0,35 15 5 Présent travail

Latérite LA 83,52 ± 2,21 99,58 ± 0,45 15 5

- 180 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

2.4 Effet de la concentration initiale en arsenic-relevé des isothermes

Pour une compréhension plus détaillée de la capacité d’adsorption de


As(III) et As(V) sur les différents adsorbants BN, KN et LA, une étude des
isothermes a été effectuée en faisant varier la concentration initiale en As(III) et
As(V) de 1 à 10 mg/L et en maintenant la dose des adsorbants à 10 g/L, qui est la
dose à partir de laquelle le pourcentage adsorbé en As est élevé et la concentration
de l’arsenic en solution est à la limite autorisée. Les isothermes d’adsorption de
As(III) et As(V) sur les adsorbants sont illustrées par les figures V.20 et V.21
respectivement. Les isothermes d’adsorption indiquent comment les molécules
d’adsorption se répartissent entre la phase liquide et la phase solide lorsque le
processus d’adsorption atteint un état d’équilibre. Ces isothermes représentent le
comportement d’adsorption de As(III) et As(V) sur les différents adsorbants en
fonction de l’augmentation de la concentration initiale en As(III) ou As(V)
pendant une durée de 24 heures de contact.
Toutes les isothermes montrent que la quantité adsorbée augmente avec la
concentration en As(III) et As(V), mais on remarque que les quantités adsorbées
par KN sont nettement supérieures à celles de LA et BN. L’augmentation des
quantités adsorbées par la latérite KN pourrait s’expliquer par les quantités de fer
et d’aluminium plus élevées dans KN que dans LA et BN. En plus des quantités
de fer et d’aluminium, KN a une surface spécifique plus grande que les latérites
LA et BN. Cela a été montré par A. Maiti et al [25,27], qui ont étudié l’adsorption
de l’arsénite sur une latérite qui contenait des quantités élevées d’oxydes de fer et
d’aluminium et présentant une surface spécifique élevée.
P. Roy et al [28] ont montré lors de l’étude de l’adsorption de l’arsenic sur
des adsorbants modifiés chimiquement que l’augmentation de la quantité
adsorbée est due à une diminution de la résistance à l'adsorption du soluté de la
solution avec une augmentation de la concentration de l’arsenic. X. Chen et al
[29] ont aussi montré au cours de leurs travaux que l’augmentation de la quantité
adsorbée de l’arsenic sur les adsorbants pourrait s’expliquer par deux faits : d'une
part, la saturation des sites d'adsorption sur les surfaces des échantillons ; d'autre
part, la précipitation devient dominante à des concentrations élevées en arsenic.
La diminution du pourcentage d'élimination de l’arsenic avec une concentration
initiale croissante peut être due au nombre croissant d'ions arséniques dans la
solution avec le même nombre de sites d'adsorption. En outre, la concentration
initiale élevée en arsenic et la limitation de la capacité d'adsorption de l’arsenic
par l'adsorbant peuvent également être responsables de la diminution du
pourcentage d'élimination avec une augmentation de la concentration initiale en
arsenic [14, 30].

- 181 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

qe (mg/g)
0,8

qe (mg/g)
0,6

0,4
0,8
0,2 KN_As(III)

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Ce (mg/L)

0,6

0,4

0,2 KN_As(III)
BN_As(III)
LA_As(III)
0
0 1 2 3 4 5 6

Ce(mg/L)

Figure V. 20 : Isotherme d’adsorption de As(III) sur les adsorbants BN, KN et


LA. C(As(III)) : 1 – 10 mg/L ; Dose ads : 10 g/L ; Temps d’agitation : 24 h;
0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm
0,9
1
qe (mg/g)

0,6
qe (mg/g)

0,8
0,3 LA_As(V)
KN_As(V)

0
0,6 0 0,5 1 1,5
Ce(mg/L)
2

0,4

BN_As(V)
0,2
KN_As(V)
LA_As(V)
0
0 1 2 3 4 5 6
Ce(mg/L)

Figure V. 21 : Isotherme d’adsorption de As(V) sur les adsorbants BN, KN et


LA. C(As(V)) : 1 – 10 mg/L ; Dose ads : 10 g/L ; Temps d’agitation : 24h;
0,297 mm≤ granulométrie < 0,354 mm

2.5 Linéarisation des isothermes

Pour comprendre la performance de l’adsorption des ions arsénite et


arséniate, les modèles de Langmuir, Freundlich et de Dubinin-Rasdushkevich (D-
R) ont été utilisés pour décrire les différentes isothermes d’adsorption.

- 182 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

2.5.1 Modèle de Langmuir

Une adsorption en monocouche sur une surface homogène avec un nombre


fini de site et sans aucune interaction entre les molécules adsorbées est le trait
caractéristique de l’isotherme de Langmuir [31]. La forme linéarisée du modèle
de l’isotherme de Langmuir est donnée par la relation I.4 du chapitre I.
Dans cette relation, KL est la constante d’adsorption (L/mg) qui mesure
l’affinité de l’adsorbant pour le soluté et qm est la capacité d’adsorption maximale
(mg/g). Les valeurs de KL et qm , données dans le tableau V.4, sont obtenues à
𝐶
partir de l’ordonnée à l’origine et la pente de la droite ( 𝑒⁄𝑞𝑒 ) en fonction de (𝐶𝑒 )
(Figures V.22 à 24). Les valeurs calculées de qm pour As (III) sont de 0,98 mg/g,
0,67 mg/g et 0,48 mg/g adsorbées respectivement sur les adsorbants KN, LA et
BN. Quant à As(V), les valeurs de qm sont de 0,71 mg/g, 0,83 mg/g et 0,46 mg/g
respectivement sur KN, LA et BN.
Le facteur de séparation (RL), un paramètre d’équilibre sans dimension,
peut être calculé d’après l’équation de Langmuir [31] et peut être exprimé à partir
de la relation I.5 du chapitre I.
Dans cette étude, les valeurs de RL sont illustrées par les figures V.25 et
26. Elles sont toutes comprises entre 0 et 1 pour les gammes de concentrations
utilisées. Ce qui suggère que ce processus d’adsorption est favorable pour les trois
adsorbants utilisés dans ce travail.
Le changement d’énergie libre de Gibbs (∆𝐺 0 ) permet d’analyser le
processus d’adsorption qui a lieu. Selon la littérature [1-2, 32-34], la constante de
Langmuir KL est utilisée pour le calcul de ∆𝐺 0 à partir de la relation V.3.

∆𝐆𝟎 = −𝐑𝐓𝐥𝐧𝐊𝐋 Relation V.3

Avec :
R est la constante des gaz parfait (8,3145 J/mol.K)
T est la température absolue en Kelvin (K)
Sur la base de la relation V.3, les valeurs de ∆𝐺 0 (Tableau V.4) sont toutes
négatives, sauf dans le cas de l’adsorption de As(III) sur BN, ce qui suggère la
spontanéité du processus d’adsorption de l’arsenic.
Une comparaison entre les valeurs de qm obtenues dans ce travail avec des
valeurs rapportées dans la littérature pour d'autres types de matériaux est
présentée dans le tableau V.5. Les capacités d'adsorption maximale d'élimination
de l’arsenic des latérites BN, KN et LA sont dans le même ordre que celles des
adsorbants naturels utilisés dans la littérature pour l’élimination de l’arsenic.

- 183 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Ce/qe (g/L)
15

As(III) As(V)
12,5 y = 2,0657x + 2,5187 y = 2,1437x + 0,5012
R² = 0,9669 R² = 0,9903

10

7,5

2,5 BN_As(III)

BN_As(V)
0
0 1 2 3 4 5 6
Ce(mg/L)

Figure V. 22 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite BN selon l’équation de Langmuir

2,8
As(III) As(V)
y = 1,0199x + 0,1061 y = 1,4033x + 0,0702
Ce/qe (g/L)

2,4 R² = 0,9898 R² = 0,9958


KN_As(V)
2 KN_As(III)

1,6 1,2
As(III)
Ce/qe (g/L)

y = 1,0199x + 0,1061
1 R² = 0,9898

1,2 0,8

0,6

0,8 0,4

0,2
KN_As(III)

0,4
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1

Ce(mg/L)

0
0 0,5 1 Ce(mg/L) 1,5 2

Figure V. 23 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite KN selon l’équation de Langmuir

- 184 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

8 As(III) As(V)
Ce/qe (g/L) y = 1,5016x + 1,418 y = 1,2069x + 0,0799
R² = 0,9879 R² = 0,9963

6 LA_As(III)
LA_As(V) 2,5

Ce/qe (g/L)
2

4
1,5

LA_As(V)
1

2 0,5

0
0 0,5 1 1,5 2
Ce(mg/L)

0
0 1 2 3 4 5
Ce(mg/L)

Figure V. 24 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite LA selon l’équation de Langmuir

0,6
RL_As(III)_KN
RL_As(III)_LA
0,5
RL_As(III)_BN

0,4
RL

0,3

0,2

0,1

0
0 2 4 6 8 10
C0 (mg/L)

Figure V. 25 : Représentation du paramètre RL en fonction des différentes


concentrations en As(III)

- 185 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

0,2
RL_As(V)_KN
RL_As(V)_LA
0,16 RL_As(V)_BN

0,12
RL

0,08

0,04

0
0 2 4 C0 (mg/L) 6 8 10

Figure V. 26 : Représentation du paramètre RL en fonction des différentes


concentrations en As(V)
Tableau V. 4 : Les paramètres de l’isotherme de Langmuir à la température de
18 ± 2 °C

Paramètres de Langmuir ∆𝑮𝟎


Latérites
qm (mg/g) KL (L/mg) R2 (kJ/mol)

As(III) 0,48 0,82 0,97 0,48


BN
As(V) 0,46 4,33 0,99 -3,54
As(III) 0,98 9,62 0,99 -5,48
KN
As(V) 0,71 20,06 0,99 -7,25
As(III) 0,67 1,05 0,99 -0,12
LA
As(V) 0,83 15,08 0,99 -6,55

- 186 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Tableau V. 5 : Comparaison de la capacité maximale d'adsorption des latéritiques


BN, KN et LA avec d'autres adsorbants

qm (mg/g) (modèle de Langmuir)


Adsorbants Références
As (III) As (V)

Latérite naturelle 0,17 - [25]

Latérite naturelle 0,58 0,47 [9]

Sol latéritique 1,38 0,04 [26]

Latérite riche en fer 0,90 0,71 [2]

Latérite naturelle 9,4 21,60 [27]

Sol rouge 0,5 - [22]

Alumine activée 0,18 0.05 [35]

Latérite BN 0,46 0,48

Laterite KN 0.98 0.71 Présent travail

Laterite LA 0.67 0.83

2.5.2 Modèle de Freundlich

Le modèle de Freundlich, basé sur une équation empirique, traduit une


variation des énergies avec la quantité adsorbée. Cette distribution des énergies
d'interaction s'explique par une hétérogénéité des sites d'adsorption.
Contrairement au modèle de Langmuir, l'équation de Freundlich ne prévoit pas
de limite supérieure à l'adsorption, ce qui restreint son application aux milieux
dilués. En revanche, ce modèle admet l'existence d'interactions entre les
molécules adsorbées. Le modèle de Freundlich est donné par la relation I.7 du
chapitre I.
Dans cette relation I.7, KF est la constante de Freundlich qui représente la
capacité d’adsorption et n représente l’intensité d’adsorption.

- 187 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Dans cette étude, les valeurs de KF et n ont été calculées à partir de


l’intersection et la pente de l’isotherme de Freundlich (Figures V.27 à 29) et sont
consignées dans le tableau V.6.

As(V) As(III)
Lnqe

-0,9
y = 0,1816x - 1,0778 y = 0,4234x - 1,5954
R² = 0,9923 R² = 0,9987

-1,3

-1,7

-2,1
BN_As(III)
BN_As(V)
-2,5
-3 -2 -1 0 1 2
Ln(Ce)

Figure V. 27 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite BN selon l’équation de Freundlich
0,4
As(III) As(V)
lnqe

y = 0,3837x + 0,0279 y = 0,1749x - 0,4276


0 R² = 0,9873 R² = 0,9944

-0,4

-0,8

-1,2

-1,6 KN_As(III)
KN_As(V)

-2
-5 -4 -3 -2 -1 0 1
lnCe

Figure V. 28 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite KN selon l’équation de Freundlich

- 188 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

-0,1 As(III) As(V)

lnqe
y = 0,4451x - 1,1362 y = 0,2046x - 0,2769
R² = 0,9983 R² = 0,9871
-0,5

-0,9

-1,3

-1,7

-2,1 LA_As(III)
LA_As(V)

-2,5
-4,5 -3,5 -2,5 -1,5 -0,5 0,5 1,5
lnCe

Figure V. 29 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite LA selon l’équation de Freundlich
Tableau V. 6 : Les paramètres de l’isotherme de Freundlich à la température de
18 ± 2 °C
Paramètres de Freundlich
Adsorbants
KF n R2
BN As(III) 0,20 2,36 0,99
As(V) 0,34 5,51 0,99
KN As(III) 1,03 2,6 0,99
As(V) 0,65 5,72 0,99
LA As(III) 0,32 2,25 0,99
As(V) 0,76 4,89 0,99

Les valeurs élevées des coefficients de corrélation (R2) pour les deux
modèles suggèrent que l’exploitation des données expérimentales s’adapte bien
au modèle de Langmuir et de Freundlich, ce qui peut être interprété en termes de
nature de la surface des adsorbants et les affinités des différentes formes
minéralogiques présentes dans les adsorbants envers l’arsenic.

- 189 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

2.5.3 Modèle de Dubinin-Rasdushkevich (D-R)

Les isothermes de Langmuir et de Freundlich n'expliquant pas le


mécanisme d'adsorption qui a lieu, nous avons utilisé le modèle de Dubinin-
Rasdushkevich (D-R) afin de préciser le type d’adsorption. Les données ont été
obtenues à l’aide de la relation I.8 du chapitre I.
Les figures V.30 à V. 32 montrent le tracé de ln(Q) en fonction de Ԑ2. Les
constantes k et Qm de l’isotherme de D-R ont été calculées à partir de la pente et
l'interception de l’axe des ordonnées. A partir des valeurs de k déterminées, les
valeurs de l’énergie E (kJ/mol) définie comme étant le changement libre d'énergie
lorsqu’une mole d'ions est transférée depuis l'infini en solution à la surface du
solide sont calculées à partir de la relation I.8 du chapitre I.
Les valeurs de Qm, k et E sont consignées dans le tableau V.7. La valeur
de E est utilisée pour estimer le type d'adsorption. Si la valeur absolue est
comprise entre 8 à 16 kJ/mol, l'adsorption est de nature chimique, et si elle est
inférieure à 8 kJ/mol, l'adsorption est de nature physique (en raison de la faible
force de van der Waals) [1,26]. Les valeurs de E trouvées dans cette étude pour
les trois latérites sont toutes inférieures à 8 kJ/mol. Ceci indiquerait que
l'adsorption de l’arsenic (III) et (V) sur la surface des latérites serait de nature
physique (physisorption).
Il faut rappeler que cette isotherme de D-R ne convient que pour une
gamme intermédiaire de concentrations d'adsorbats car elle présente un
comportement asymptotique irréaliste et ne permet pas de prédire la loi de Henry
à basse pression. De ce fait, le modèle de D-R ne permettra pas d’expliquer
exactement les mécanismes qui ont lieu à la surface des latérites. Cela explique le
fait que les analyses de la force ionique et celles réalisées sur les résidus des
latérites après adsorptions à l’arsenic par IR, DRX et DSC expliquent un caractère
chimique de l’adsorption. Donc l’isotherme de D-R n’est pas adapté pour décrire
la nature exacte de l’adsorption de l’arsenic par les latérites car les coefficients de
détermination R2 sont faibles.
Le tableau V.8 donne une comparaison des capacités d’adsorption selon
l’isotherme de D-R des latérites BN, KN et LA avec d’autres adsorbants utilisés
dans la littérature pour l’adsorption de l’arsenic.

- 190 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

-0,5
As(III) As(V)
y = -0,053x - 1,1882 y = -0,0107x - 0,9521
R² = 0,8121 R² = 0,9321
-1
As(III) As(V)

-1,5
lnQ

-2

-2,5

-3
0 30 60 90 120 150
Ԑ2

Figure V. 30 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite BN selon l’équation de D-R
0,5
As(III) As(V)
y = -0,0145x - 0,2308 y = -0,0081x - 0,4314
0 R² = 0,9807 R² = 0,9861
As(III) As(V)
-0,5

-1
lnQ

-1,5

-2

-2,5

-3
0 50 100 150 200 250
Ԑ2

Figure V. 31 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite KN selon l’équation de D-R

- 191 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

0,5
As(III) As(V)
y = -0,0359x - 0,8687 y = -0,0092x - 0,302
0 R² = 0,8379 R² = 0,9773
As(III) As(V)
-0,5

-1
lnQ

-1,5

-2

-2,5

-3
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Ԑ2

Figure V. 32 : Linéarisation des isothermes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V)


sur la latérite LA selon l’équation de D-R

Tableau V. 7 : Les paramètres de l’isotherme de D-R à la température de 18 ±2


°C

Paramètres de Dubinin-Rasdushkevich (D-R)


Adsorbants k
Qm (mg/g) E (kJ/mol) R2
(mol2/kJ2)
As(III) 0,053 0,30 -3,07 0,81
BN
As(V) 0,0107 0,38 -6,83 0,93
As(III) 0,0145 0,79 -5,87 0,98
KN
As(V) 0,0081 0,64 -7,85 0,98
As(III) 0,0359 0,42 -3,73 0,83
LA
As(V) 0,0092 0,74 -7,37 0,97

- 192 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Tableau V. 8 : Comparaison de la capacité d'adsorption selon D-R des


latéritiques BN, KN et LA avec d'autres adsorbants

Qm (mg/g) (modèle D-R)


Latérites Références
As(III) As(V)
Latérite brute (Inde). 0,22 0,04 [26]
Latérite brute (Inde) 0,44 / [25]
Alumine activée 0,05 / [35]
Latérite BN 0,30 0,38 Présent travail
Latérite KN 0,79 0,64 Présent travail
Latérite LA 0,42 0,74 Présent travail

2.6 Effet du pH sur l’adsorption de As(III, V)

Le pH est un paramètre important qui affecte fortement l’adsorption des


ions métalliques. Il influence aussi les propriétés de surface de l’adsorbant, et
affecte la spéciation des ions en solution [27]. L’arsenic (V) existe sous forme de
H3AsO4, H2AsO4-, HAsO42- et AsO43- selon le pH de la solution. Les valeurs de
stabilité de pH correspondantes pour ces espèces sont : pH < 2 (H3AsO4), 2<
pH <7 (H2AsO4-), 7< pH <11 (HAsO42-) et pH > 12 (AsO43-) [36]. D’autre part,
l’arsenic (III) est stable à pH < 9 (H3AsO3). L’arsenic (III) est une espèce à
caractère neutre dans la gamme de pH < 9,2, donc ne présente aucune interaction
électrostatique avec la surface des latérites [36]. En conséquence l’adsorption de
As(III) est indépendante de la variation du pH de la solution entre 3 et 9. La lecture
de la figures V.33 montre que la variation du pH de la solution n’a pas d’effet
véritable sur l’adsorption de As(III) dans la gamme du pH 2 - 9. L'adsorption de
l'arsénite sur la surface des latérites dans la plage de pH 2 – 9 serait principalement
par échange de ligands et l'interaction électrostatique serait insignifiante [25].
L’échange de ligands est envisagé selon l’équation V.1.
MOH(s) + H3 AsO3 (aq) → MH2 AsO3 + H2 O Equation V.1
M = Fe ou Al
Au-delà de pH 9, la surface des latérites est chargée négativement et
l'adsorption des arsénites devient plus faible due à la répulsion d'une charge
similaire, car l'arsénite existe sous forme d’anion (H2AsO3-) au-delà de pH 9.
Quant à l’arsenic (V), la figure V.34 montre que le pourcentage
d’élimination diminue fortement avec l’augmentation du pH de la solution.

- 193 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

L’adsorption de As(V) est fortement influencée par la variation du pH de la


solution. Avec les points isoélectriques (PI) des latérites qui sont tous inférieurs à
5 (3,82 pour KN, 3,78 pour LA et 4,4 pour BN), les matériaux adsorbent mieux
plusieurs anions à un pH en dessous de leur PI. Au pH supérieur au PI, la surface
des latérites est chargée négativement et l’adsorption des espèces d’arséniate
devient plus faible et diminue avec l’augmentation du pH. Cette diminution du
taux de l’arsenic est due à une répulsion d’une charge similaire des espèces
d’arséniate qui sont tous des anions au-delà des points isoélectriques des latérites.
La figures V.34 montre que les pourcentages d'élimination de l’arsenic (V) sont
de 90%, 62,32% et 66, 86% pour KN, LA et BN respectivement dans la gamme
du pH 6,6 – 7,1 correspondant aux pH naturels des latérites. Ces résultats
montrent que même à ces valeurs de pH, le taux d'adsorption ne diminue pas
drastiquement comme prévu.
Les résultats de ce présent travail sont similaires aux résultats obtenus par
F. Partey et al [2] sur l’adsorption de l’arsenic par une latérite naturelle. Ils ont
montré que le pourcentage d’adsorption de l’arséniate est supérieur à celui de
l'arsénite dans les pH acides. A des pH supérieurs au point isoélectrique,
l’adsorption de l’arséniate devient plus faible. L’adsorption de l'arsénite ne varie
pas dans la gamme de pH inférieur à 9.

𝐇𝟑 𝐀𝐬𝐎𝟑 𝐇𝟐 𝐀𝐬𝐎−
𝟑
% As (III)

100

80

60

40

20 KN_As(III)
LA_AS(III)
BN_As(III)
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH initial

Figure V. 33 : Effet de pH sur le taux d’adsorption de As(III) par BN, KN et


LA. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 10 g/L; Temps d’agitation = 24 heures ;
0,295 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm

- 194 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

𝐇𝟐 𝐀𝐬𝐎−
𝟒 𝐇𝐀𝐬𝐎𝟐−
𝟒
105

90
% As(V)

75

60

45

30
KN_As(V)

15 LA_As(V)
BN_As(V)
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH initial

Figure V. 34 : Effet de pH sur le taux d’adsorption de As(V) par BN, KN et


LA. C(As(V)) = 5 mg/L ; Dose ads = 10g/L ; Temps d’agitation = 24 heures ;
0,297 mm ≤ granulométrie < 0,354 mm

3 Etude comparative de l’adsorption de As(III, V) sur les


latérites, la goethite et la kaolinite

Une étude comparative entre les phases pures telles que la goethite et la
kaolinite a été menée afin de comparer le pourcentage d’adsorption de l’arsenic
sur ces phases avec celui des latérites du présent travail. Les figures V.35 et 36
présentent les résultats de cette étude.
On remarque sur la figure V.35 que le taux d’élimination de As(III, V)
augmente très rapidement avec de petites doses de goethite en solution. A une
dose de 5 g/L, le taux d’élimination de As(III) et As(V) est d’environ 99%. Au-
delà de 5 g/L de goethite, le pourcentage d’élimination de l’arsenic augmente
rapidement et atteint 100%.
Sur la figure V.36 est présenté le résultat d’élimination de As (III, V) par
la kaolinite. L’augmentation de la dose de la kaolinite de 2,5 – 45 g/L n’a pas eu
d’effet significatif sur le pourcentage d’élimination de As (III) et As (V).
L’augmentation de la dose n’a entrainé qu’environ 25% d’élimination de
l’arsenic.

- 195 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

La goethite

100
%As(III,V)

80

60

Les latérites
40

20 BN_As(III) BN_As(V) KN_As(III) KN_As(V)


LA_As(III) LA_As(V) Goe_As(V) Goe_As(III)

0
0 10 20 30 40 50
Dose adsorbant (mg/L)

Figure V. 35 : Effet comparatif sur le taux d’élimination de As(III, V) entre les


latérites et la goethite. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation = 24 heures.
Kaol_As(III) Kaol_As(V) KN_As(III) KN_As(V)
LA_As(III) LA_As(V) BN_As(III) BN_As(V)

100

80
Les latérites
%As(III,V)

60

40
La kaolinite

20

0
0 10 20 30 40 50
Dose adsorbant (mg/L)

Figure V. 36 : Effet comparatif sur le taux d’élimination de As(III, V) entre les


latérites et la kaolinite. C(As(III)) = 5 mg/L ; Dose ads = 2,5 – 45 g/L ; Temps
d’agitation = 24 heures
Le tableau V.9 présente les différents pourcentages de l’élimination de
l’arsenic par les latérites, la goethite et la kaolinite pour une dose de 5g/L. La
comparaison du taux de l’élimination de As(III) et As(V) par la goethite, la
kaolinite et les latérites montre que l’élimination de l’arsenic est due à la goethite
et/ou les phases riches en oxyde de fer. L’élimination de As(III, V) par les latérites
peut s’expliquer par la synergie de l’ensemble des phases et plus précisément les
oxydes de fer présents dans les latérites.

- 196 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Tableau V. 9 : Résultats comparatifs des pourcentages de l’élimination de As(III,


V) par les latérites, la goethite et la kaolinite

Pourcentage de As adsorbé pour une dose de 5 g/L


Echantillons d’adsorbants
%As(III) %As(V)
KN 79,5 ± 10,3 88,7 ± 11,9
LA 46,1 ± 1,2 83,1 ± 11,3
BN 37,14 43,8
Goethite 99,9 ± 0,1 99,9 ± 0,1
Kaolinite 21,3 ± 1,3 14,7 ± 01

4 Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsenic


Les expériences de l’adsorption ont été conduites à température ambiante,
dans une dizaine de flacons en polyéthylène pour les latérites KN et LA. Une
masse constante de latérite (0,5 g) a été mise en contact avec 50 mL d’une solution
d'arséniate et d’arsénite de concentration 5 mg/L. Le nitrate de sodium (NaNO3)
a été utilisé comme électrolyte de fond [37]. Deux forces ioniques ont été étudiées
(0,1 M ; 0,01 M). Le pH des suspensions a été ajusté à des valeurs comprises entre
2 et 12 par addition de HNO3 ou de NaOH (0,1 M – 1 M). La mobilité de l’arsenic
entre la phase liquide et la phase solide est liée à certains mécanismes dont les
plus importants sont l’adsorption spécifique et non spécifique.
L'adsorption d'arsénite sur les latérites KN et LA est affectée par la force
ionique. Les effets sont opposés pour les deux espèces d'arsenic, bien que la
dépendance soit plus significative dans le cas de l'arsénite que dans le cas de
l'arséniate (Figures V.37 à V.40).
Le taux d’adsorption de l'arsénite sur la latérite KN (Figure V.37) diminue
avec l'augmentation de la force ionique en solution. Cette légère diminution du
taux d’adsorption de l’arsenite s’observe dans la plage de pH comprise entre 2 et
10. Ce comportement est indicatif d'un mécanisme de sorption de sphère
externe [2, 38].
Les anions adsorbés par l'association de la sphère interne montrent peu de
sensibilité à la force ionique ou répondent à une force ionique plus élevée avec
une plus grande adsorption [37]. L'élimination de l'arséniate par la latérite KN
pour différentes valeurs de pH est représentée sur la figure V.38. L’adsorption de

- 197 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

l’arséniate est maximale aux valeurs de pH acides et le taux d’élimination devient


négligeable aux valeurs de pH basiques. Compte tenu du point isoélectrique qui
est 3,82, on peut remarquer que, lorsque la valeur du pH est inférieure à 3,82 le
pourcentage de As(V) adsorbé à la surface du solide est importante. Pour des
valeurs de pH supérieures à la valeur du point isoélectrique, le pourcentage de
l’élimination de As(V) adsorbé à la surface du solide diminue. La surface de la
latérite est chargée négativement et l’adsorption des espèces d’arséniate devient
plus faible et diminue avec l’augmentation du pH due à une répulsion d’une
charge similaire des espèces d’arséniates. Cette tendance est observée quelle que
soit la force ionique étudiée, ce qui suggère que le sel de fond (NaNO3) utilisé n'a
aucun effet sur l'adsorption de l’arséniate sur la latérite KN. Ce comportement de
As(V) à la surface de la latérite montre que l'arséniate est lié par une liaison
chimique directe à la surface du solide, ce qui implique un mécanisme de sorption
de sphère interne [38, 39].
Pour la latérite LA, l'augmentation de la force ionique conduit à une légère
augmentation du taux de l’élimination de As(III) et As(V) (Figures V.39 et V.40).
Cette légère augmentation de l'adsorption se passe dans la plage de pH inférieur
à 10. Ces comportements sont indicatifs d'un mécanisme d'adsorption de sphère
interne pour l’adsorption de As(III) et As(V) sur la latérite LA. Un phénomène
similaire a été observé par E.A. Deliyanni et al [40] pour l'adsorption de As(V)
sur des nanocristaux de type akaganéite et aussi par Z. Ren et al [37] lors de
l’adsorption de As(V) sur un oxyde binaire Fe-Zr.
La taille ionique du groupe hydroxyle à la surface des latérites lorsqu'il est
en contact avec les solutions d’arsenic permet un échange de ligands entre la
molécule d'arsenic et le groupe hydroxyle à la surface des latérites formant des
complexes adsorbés spécifiques. La dépendance à la sorption de l'arséniate ou
l'augmentation de la sorption avec l'augmentation de la force ionique
(Figures V.38 et V.40) est une preuve macroscopique que l’adsorption de
l’arséniate sur les latérites n'est pas dominée par un effet électrostatique, mais est
une adsorption ionique spécifique [2, 6].

- 198 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

100

80

60
% As(III)

40

KN_0 M NaNO3
20
KN_0,01 M NaNO3
KN_0,1 M NaNO3
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH

Figure V. 37 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsénite


par KN
100

80

60
%As (V)

40

KN_0 M NaNO3
20
KN_0,01 M NaNO3
KN_0,1 M NaNO3
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH

Figure V. 38 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de


l’arséniate par KN

- 199 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

100

80
%As (III)

60

40

20 LA_0 M NaNO3
LA_0,01 M NaNO3
LA_0,1 M NANO3
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH

Figure V. 39 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de l’arsénite


par LA
100

80
% As(V)

60

40

LA_0 M NaNO3
20 LA_0,01 M NaNO3
LA_0,1 M NaNO3
0
0 2 4 6 8 10 12 14
pH

Figure V. 40 : Effet de la force ionique sur le taux de l’élimination de


l’arséniate par LA
A partir des résultats de l'expérience des effets de force ionique, des
analyses du potentiel zêta et les spectres FT-IR, des mécanismes probables pour
l'adsorption de l’arsenic sur la surface des latérites peuvent être fournis. Comme
As(V) est adsorbé par la formation de complexes de surface de sphères internes,
tandis que As(III) est adsorbé par la formation de complexes de surface de sphères
internes et externes, la figure V.41 présente les mécanismes possibles.

- 200 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

(a) (b)

(c) (d)
Figure V. 41 : Diagramme schématique des mécanismes d'adsorption interne et
externe pour LA et KN
(a) : Mécanisme d’adsorption de sphère externe dans le cas de As(III)
(b) : Mécanisme d’adsorption de sphère interne dans le cas de As(III)
(c) et (d) : Mécanismes d’adsorption de sphère interne dans le cas de As(V) en
fonction du pH

5 Effet des anions co-existants sur l’adsorption de As(III, V) par les latérites
KN et LA

Après la caractérisation des eaux de Tanlili et de Lilgomdé (Chapitre III),


quatre anions ont fait l’objet de cette étude. Il s’agit des ions phosphate, nitrate,
sulfate et bicarbonate qui ont été utilisés pour tester l’effet compétitif avec
l’arsenic sur les latérites KN et LA. Le choix porté sur ces anions est lié au fait
qu’ils ont des propriétés similaires aux formes anioniques de l’arsenic et du fait
que dans les eaux souterraines, l’arsenic se trouve principalement sous forme
d’anions. Ces anions et les formes anioniques de l’arsenic peuvent entrer en
compétition pour les sites d’adsorption sur la surface des latérites.
Les latérites KN et LA ont été choisies pour l’étude des ions concurrentiels
dans les eaux. Le choix porté sur ces deux latérites a été motivé par le fait que
nous obtenons un pourcentage d'élimination de l’arsenic plus élevé avec une
quantité de latérite qui est inférieure à celle de la latérite BN. Les pourcentages
d’adsorption de l’arsenic par les latérites LA et KN s’expliqueraient par les
quantités de fer et d’aluminium plus élevées dans KN et LA que dans BN. En plus
des quantités de fer et d’aluminium, KN et LA présente des surfaces spécifiques
importantes que la latérite BN.

- 201 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Ces ions ont été évalués à quatre niveaux de concentration en rapport avec
les concentrations trouvées dans les eaux des forages de Tanlili et Lilgomdé. Les
concentrations des essais étaient comprises entre 1 mg/L et 6 mg/L pour les ions
sulfate et phosphate, entre 1 mg/L et 20 mg/L pour les ions nitrate, et entre 50
mg/L et 200 mg/L pour les ions bicarbonate.
Pour l’ensemble des anions, l’effet a été évalué aussi à quatre niveaux de
concentrations :
 1 mg/L de SO42-+ 1 mg/L de PO43-+ 1 mg/L de NO3- + 50 mg/L de HCO3-
 2 mg/L de SO42- + 2 mg/L de PO43- + 5 mg/L de NO3- + 100 mg/L de
HCO3-
 4 mg/L de SO42-+ PO43- + 10 mg/L de NO3- + 150 mg/L de HCO3-
 6 mg/L de SO42-+ PO43- + 20 mg/L de NO3- + 200 mg/L de HCO3-
Les essais ont été effectués aux pH compris entre 6,6 et 7,1.
Les résultats des analyses sont présentés à la figure V.42. Sur cette figure,
on remarque que la présence d'anions en solution a provoqué une diminution
relative du rendement de l'élimination de l'arsenic (III) et (V). Cependant, le degré
d'influence sur le taux de l’élimination dépend du type d'anion et de l’espèce
d’arsenic.
Nous remarquons sur la figure V.42.a, une décroissance du taux
d’adsorption de l’arsenic (V). Le taux d’élimination de As (V) en présence des
ions bicarbonate décroît de 99,8 ± 0,2% à 96,7 ± 0,1% et 99,90 ± 0,02% à 72,70
± 0,50%, respectivement pour les latérites KN et LA lorsque les concentrations
augmentent et atteignent 200 mg/L. Cette décroissance du taux d’élimination de
As (V) en présence de HCO3- peut être due à une compétition entre l’arséniate et
cet anion dans l’eau. Pour l’arsenic (III), le taux d’élimination décroît de
99,3 ± 0,2% à 98,40 ± 0,01% et de 91,6 ± 0,6% à 88,8 ± 0,9%, respectivement
pour KN et LA avec une concentration de 200 mg/L des ions HCO3- en solution.
Pour l’ion HCO3-, la solution est devenue faiblement alcaline (pH (7 – 8)), ce qui
est défavorable pour l'adsorption de As (V). A. Maiti et al [27] ont montré que
les ions bicarbonate ont également un effet négatif sur l'adsorption de As(III). En
présence des ions bicarbonate, le taux d'adsorption de As(V) décroît ainsi que le
taux d'adsorption de As(III). Cela est expliqué par le fait que la solution devient
plus alcaline en présence des ions bicarbonate et la surface adsorbante devient
négative. Ceci conduit à une diminution du taux d’adsorption de l'arséniate qui
est chargé négativement. D'autre part, dans l'intervalle de pH de 2 - 9, l'arsénite
existe en tant qu'espèce neutre et par conséquent, son adsorption sur les substrats
solides en présence de bicarbonate diminue légèrement. Les mécanismes
d'adsorption compétitifs nécessitent une étude plus approfondie. Les oxyanions
d'arsenic (V) et les hydroxydes de fer pourraient former des complexes de pontage
binucléaires Fe-O-AsO-(OH)-O-Fe [41].

- 202 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Quant au mélange des différentes concentrations des différents anions


(Figure V.42.b), nous remarquons une décroissance du taux d’élimination de
l’arsenic (V) qui passe de 99,8 ± 0,2% à 91,9 ± 0,1%. Nous atteignons une
diminution de 7,9% lorsque nous avons un mélange de 6 mg/L de phosphate + 6
mg/L de sulfate + 20 mg/L de nitrate + 200 mg/L de bicarbonate. Le mélange des
différentes concentrations n’a pas d’effet sur le taux d’élimination de l’arsenic
(III) pour la latérite KN. La décroissance du taux d’élimination de As(V) dans le
cas des ions bicarbonate et le mélange des différents anions se justifierait par le
fait qu’à l’équilibre, le pH des mélanges varie entre 6 et 8 or dans cet intervalle
de pH, As(V) se trouve sous forme de H2AsO4- et HAsO42- tandis que As(III) est
sous forme neutre dans cet intervalle de pH. Cependant, sur la figure V.42.c,
aucune différence significative n’a été observée pour les ions sulfate, phosphate
et nitrate sur l'adsorption de l’arsenic en dépit de l’augmentation de la
concentration initiale de ces anions. Cela suggère que la force ionique de ces
anions n'a pas d'effet significatif sur l’adsorption de l’arsenic (III) et (V).
Néanmoins, G. Zhang et al [42] ont montré qu’à des concentrations élevées en
phosphate et sulfate, un effet négatif sur le taux d’élimination de l’arsenic (III) est
observé.
A. Maiti et al [43] ont montré, au cours de leurs travaux sur l’influence
des ions phosphate sur le taux d’élimination de As(III, V) par une latérite naturelle
provenant de Kharagpur au Bengal occidental en Inde que le taux de l’élimination
de As(III) diminue avec l’augmentation de la concentration en ion phosphate. Le
pourcentage de l’élimination de As(III) passe de 93% à 72,9% pour une
concentration initiale de As(III) égale à 1 mg/L et une dose de latérite de 20 g/L
lorsque la concentration en ion phosphate passe de 0 à 5 mg/L. Cette interférence
entre l’arsenic (III) et les ions phosphate est due à la similarité entre les espèces
chimiques de l'arsenic et les ions PO43- [44].
I. Andjelkovic et al [45] ont montré, au cours de leurs travaux sur
l’influence des ions sulfate et phosphate sur l’adsorption de l’arsénite et
l’arséniate par un adsorbant synthétisé riche en oxyde fer, que le taux
d’élimination de l’arsenic diminue légèrement. Dans une gamme de concentration
des ions phosphate et sulfate entre 9,6 mg/L et 960,6 mg/L, il n’y a eu qu’une
légère diminution du taux d’élimination de l’arsénite et d’arséniate. La diminution
du taux d’adsorption de l'arsénite était de 15% lorsque la concentration en ion
phosphate passait de 9,6 mg/L à 960,6 mg/L. Pour les mêmes concentrations des
ions phosphate, la diminution du taux d’adsorption de l’arséniate était de 18%.

- 203 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Blanc 50 mg/L 100 mg/L 150 mg/L 200 mg/L


100

90

80
%As(III,V)

70

60

50
KN_As(III) LA_As(III) KN_As(V) LA_As(V)

Concentration en ion bicarbonate (HCO3 -)

(a)
Blanc Mix1 Mix2 Mix3 Mix4
100
Pourcentage en As(III,V) adsorbé (%)

90

80

70

60

50
As(V) Concentration en anions As(III)

(b)
Mix1 :1 mg/L de SO42-+ 1 mg/L de PO43-+ 1 mg/L de NO3- + 50 mg/L de
HCO3-
Mix2 : 2 mg/L de SO42- + 2 mg/L de PO43- + 5 mg/L de NO3- + 100 mg/L
de HCO3-
Mix3 : 4 mg/L de SO42-+ PO43- + 10 mg/L de NO3- + 150 mg/L de HCO3-
Mix4 : 6 mg/L de SO42-+ PO43- + 20 mg/L de NO3- + 200 mg/L de HCO3-

- 204 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

100

90
%As(III,V) adsorbé

80 As(V) As(III) As(V) As(III) As(V) As(III)

70

60

50
Sulfate Sulfate Phosphate Phosphate Nitrate Nitrate
Concentration en anions

(c)
Figure V. 42 : Effet des anions sur le taux d’adsorption de As(III, V). (a) effet
des ions bicarbonate pour KN et LA, (b) effet de l’ensemble des anions pour
KN, (c) effet des ions phosphate, nitrate et sulfate

6 Conclusion
Les résultats présentés dans ce chapitre ont permis de mettre en évidence
l’élimination de As(III) et As(V) par trois latérites locales du Burkina Faso
dénommées BN, KN et LA. Les investigations structurale et microstructurale
réalisées sur les résidus des latérites après adsorption de l’arsenic (III, V) ont
montré que l’élimination de As(III) et As(V) serait due à une action synergique
des différents minéraux contenus dans les latérites. La spectrométrie infrarouge,
la diffractométrie des Rayons X, la microscopie électronique à balayage et les
analyses DSC ont effectivement permis de montrer que les minéraux tels que la
kaolinite, la goethite et l’hématite participent à l’élimination de l’arsenic (III) et
(V).
Les essais sur l’effet de dose de l’adsorbant, l’effet du pH et l’effet de la
concentration initiale en arsenic sur l’adsorption de l’arsenic (III) et (V) se sont
avérés concluants. Mais il ressort de ces essais que les latérites KN et LA se sont
avérées plus efficaces que la latérite BN. Les modèles de Langmuir, de Freundlich
et D-R ont été utilisés pour décrire les différentes isothermes d’adsorption. Les
modèles de Langmuir et de Freundlich se prêtent pour l’interprétation des
résultats avec des coefficients de corrélation élevés.

- 205 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

Quant à l’effet du pH sur le pourcentage d’adsorption de As(III) et As(V),


il ressort que la variation du pH n’a pas d’effet sur l’adsorption de As(III) dans la
gamme de pH 3 à 9 tandis que pour As(V), le pourcentage d’élimination diminue
avec l’augmentation du pH.
A partir des résultats des expériences des effets de force ionique et les
analyses des spectres FT-IR, DRX, il apparaît que l'adsorption de l'arsénite et de
l’arséniate sur la surface des latérites s’effectue principalement par échange de
ligands (adsorption spécifique) et que l'interaction électrostatique serait
insignifiante.
L’effet de quatre anions en solution sur le taux d’élimination de l’arsenic
(III) et (V) par les latérites KN et LA a également été évalué. Il ressort de ces
essais qu’à des faibles concentrations des ions sulfate, nitrate et phosphate, le taux
d’élimination de l’arsenic (III) et (V) ne varie pratiquement pas, tandis que pour
les ions bicarbonate et le mélange des quatre anions, le taux d’élimination de
l’arsenic (V) décroît avec l’augmentation de la concentration.

- 206 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

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Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

[45] I. ANDJELKOVIC, J. NESIC, D. STANKOVIC, D. MANOJLOVIC,


M. B. PAVLOVIC, C. JOVALEKIC, G. ROGLIC, Investigation of
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- 211 -
Chapitre V : Etude des phénomènes d’adsorption de l’arsenic (III) et (V) par les
latérites.

- 212 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Chapitre VI : Etude de l’adsorption de As(III, V)


par la latérite KN en colonne à lit fixe

1 Introduction
Après avoir étudié le phénomène d’adsorption de l’arsenic dans un réacteur
discontinu (adsorption en batch), il serait intéressant d’étudier le même
phénomène dans un réacteur continu (mode dynamique) afin de déterminer les
différents temps de percée en fonction des paramètres de la colonne, étant donné
leur caractère limitant dans l’utilisation éventuelle de la latérite pour le traitement
des eaux. Le principe de fonctionnement consiste à percoler les solutions
contaminées d’arsenic (III) et (V) dans une colonne remplie de latérite et de suivre
l’évolution de la concentration à la sortie de la colonne en fonction du temps.
L'observation des colonnes à lit fixe est essentielle pour prédire la percée,
ce qui détermine la durée de vie du lit et le temps de régénération. En outre,
l'observation des systèmes à flux continu est également importante pour
l'obtention de données d'ingénierie de base. Les études en batch peuvent ne pas
fournir toutes les informations précises sur le système de fonctionnement des
colonnes en raison de plusieurs facteurs indéterminés [1].
Afin de concevoir le fonctionnement dans une colonne à lit fixe et de dicter
la dynamique d’écoulement, des courbes de percée ont été réalisées avec la latérite
KN à pH 7,2. Le choix de cette latérite a été motivé par ses propriétés
intéressantes, notamment le pourcentage élevé en fer et la surface spécifique
élevée. En plus de posséder une grande surface spécifique et un taux en oxyde de
fer important par rapport aux autres latérites LA et BN, la latérite KN s’est avérée
efficace dans l’élimination de l’arsenic (III) et (V) lors des études en mode
discontinu.
Etant donné que l’objectif final de ce projet de thèse est l’installation d’une
unité pilote dans le village de Tanlili dont les forages ont fait l’objet d’une
caractérisation au chapitre III, le choix des concentrations en arsenic a été
effectué sur la base des concentrations totales dans les forages.
Ce chapitre a pour but d’étudier les différentes courbes de percée de
l’arsenic pour plusieurs paramètres de la colonne. Les paramètres qui ont été pris
en compte sont :
(i) la hauteur du lit adsorbant (la masse de la latérite),
(ii) le débit d’écoulement du liquide à l’entrée de la colonne,

- 213 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

(iii) la concentration initiale en As,


(iv) l’effet de la taille des grains (la granulométrie),
(v) l’effet du traitement thermique de la latérite.

2 Etude de l’adsorption de l’arsenic en colonne par percolation


Trois colonnes de diamètres internes différents (2,5 cm, 5 cm et 7 cm) ont
été utilisées dans les essais d'adsorption à lit fixe. Les données obtenues à partir
de ces études de la colonne ont été utilisées pour obtenir les courbes de percée en
𝐶
traçant ( 𝑡⁄𝐶 ) en fonction du temps (t), 𝐶0 et 𝐶𝑡 désignant respectivement les
0
concentrations initiale et à l’instant t.

2.1 Effet de la hauteur du lit


Pour étudier l’effet de la hauteur du lit sur les courbes de percée avec la
colonne de diamètre 2,5 cm, un débit de 3 mL/min, une concentration initiale en
As (V) égale à 1,5 mg/L et une granulométrie comprise entre 0,595 et 0,71 mm
ont été maintenus. Les hauteurs du lit étaient de 10 cm (40 g), 15 cm (60 g) et 20
cm (80 g). La figure VI.1 montre les courbes de percée pour différentes hauteurs
de lit.
Les temps de percées à la sortie de la colonne correspondant à des hauteurs
de lit 10 cm, 15 cm et 20 cm sont 224 min, 600 min et 960 min respectivement.
Les volumes des solutions traitées correspondant à 10 cm, 15 cm et 20 cm de
profondeur de lit aux points de percée étaient de 672 mL, 1800 mL et 2880 mL
respectivement (Tableau VI.1).
Ainsi, pour de meilleures performances de la colonne remplie de latérite et
pour un temps de percée plus long, la profondeur supérieure du lit est souhaitable.
Le temps de percée passe de 224 min à 600 min pour une hauteur de 10 cm à 15
cm, soit une augmentation de 6h 16 min. Pour une hauteur de 10 cm à 20 cm, le
temps de percée passe de 224 min à 960 min, soit une augmentation de temps
percée de 12h 16 min. L’augmentation du temps de percée ainsi que le volume de
la solution traitée en fonction de la profondeur du lit est liée à une grande
disponibilité de la surface de l’adsorbant, qui a fourni plus de sites de liaison pour
l’adsorption de l’arsenic [2-4].
P. Roy et al [5] ont montré que l'efficacité d'élimination de l’arsenic en
colonne en fonction de la hauteur du lit augmente avec l'augmentation de la
hauteur du lit pour As (III) et As (V). Au fur et à mesure que la hauteur du lit
augmente, la solution a plus de temps de contact avec l’adsorbant, ce qui entraîne

- 214 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

une efficacité d'élimination de l'arsenic dans la colonne. L’efficacité de


l’élimination de l’arsenic en fonction de la hauteur du lit est due à un plus grand
nombre de sites d'adsorption pour l'arsenic avec une augmentation de la surface
de l’adsorbant.
Tableau VI.1 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne à
différentes profondeurs de lit

C0 (mg/L) en
Q (mL/min) Z (cm) tp (min) Vp (mL)
As(V)
1,5 3 10 224 672

1,5 3 15 600 1800

1,5 3 20 960 2880

0,8
Z =10 cm ou 40 g
Ct/Co Z = 15 cm ou 60 g
Z = 20 cm ou 80 g
0,6
Colonne de diamètre 2,5 cm

0,4

5h d'interruption

Limite admissible
0,2

0
0 400 800 1200 1600 2000 2400 2800
temps (min)

Figure VI. 1 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe garni de l’adsorbant
KN à différentes profondeur (C0 = 1,5 mg/L et Q = 3 mL/min)

2.2 Effet du débit à l’entrée de la colonne


L’effet du débit à l’entrée de la colonne sur le comportement des courbes
de percée a été étudié pour As(V) et As(III).

- 215 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Pour As (V), la percolation a été faite à travers deux colonnes de diamètres


différents.
 Trois débits différents (2 mL/min, 3 mL/min et 4 mL/min) ont été utilisés
pour une colonne de diamètre interne 2,5 cm. La concentration initiale en As(V)
a été maintenue à 1,5 mg/L, la granulométrie étant comprise entre 0,595 mm et
0,71 mm et la hauteur du lit était de 15 cm (60 g).
 Deux débits différents (10 mL/min et 20 mL/min) ont été utilisés pour une
colonne de diamètre interne 7 cm. La concentration initiale en As (V) a été
maintenue à 1 mg/L, la taille des particules était de 1,19 mm (1,19 mn ≤
granulométrie < 2 mn) et la hauteur de la colonne était de 25 cm (1000 g).
Pour As(III), les essais ont été menés sur une colonne de diamètre interne
7 cm pour deux débits différents (10 mL/min, et 20 mL/min). La concentration
initiale en As(III) à l’entrée de la colonne était de 1 mg/L, pour une hauteur de lit
de 25 cm (1000 g) et une granulométrie de 1,19 cm (1,19 mn ≤
granulométrie < 2 mn).
Les résultats expérimentaux de l’effet d’écoulement pour As(V) sont
illustrés sur les figures VI.2 et VI.3. Le temps de percée augmente avec la
diminution du débit d’écoulement à l’entrée de la colonne. L’utilisation d’un débit
plus élevé réduit le temps de mise en contact de la solution avec l’adsorbant,
conduisant à une percée précoce [6-7]. Les tableaux VI.2 et VI.3 donnent les
différents temps de percée ainsi que les volumes traités pour atteindre ce temps.
Les résultats présents dans les tableaux VI.2 et VI.3 indiquent que la colonne
remplie de la latérite a une meilleure performance pour de faibles débits si un taux
d’élimination élevé est nécessaire. Ainsi le temps de percée passe de 180 min à
600 min, soit une augmentation de 7h lorsque le débit décroit de 4 mL/min à 2
mL/min (colonne de diamètre interne 2,5 cm) et de 180 min à 2220 min soit une
augmentation de 34 h quand le débit décroît de 20 mL/min à 10 mL/min (colonne
de diamètre interne 7 cm). Au débit d’écoulement plus élevé, la saturation de la
colonne est vite atteinte. Cette saturation plus rapide de la colonne est due au
temps de séjour du soluté dans la colonne qui n’est pas suffisant pour que
l’équilibre puisse s’établir.
Pour As(III), les résultats expérimentaux de l’effet du débit à l’entrée de la
colonne sont illustrés à la figure VI.4. Les observations faites dans le cas de
As(V) en fonction de l’augmentation du débit ont été observés. Les temps de
percée sont respectivement de 480 min, et 120 min pour des débits de 10 mL/min
et 20 mL/min. Le tableau VI.4 résume les temps de percée et les volumes
recueillis au temps de percée.
En comparant les temps de percée de As(III) et As(V) pour des débits de
10 mL/min et 20 mL/min, on remarque que pour As(V) les temps de percée sont

- 216 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

respectivement de 37 heures et 3 heures contre des temps de percée de 8 heures


et 2 heures dans le cas de As(III). Comme cela a été constaté dans les essais en
batch, As(V) s’adsorbe mieux par rapport à As(III).
A. Maiti et al [8] ont montré lors de l’adsorption de l'arsenic sur une
latérite que le temps de percée pour As(V) augmente avec un débit décroissant.
Cette augmentation du temps de percée est simplement due à l'augmentation du
temps de contact, entraînant une meilleure pénétration des ions As(V) dans les
pores de la particule adsorbante. P. Roy et al [5] ont montré également que le
temps de percée diminuait au fur et à mesure que le débit à l’entrée de la colonne
augmentait. Cette diminution du temps de percée en fonction de l’augmentation
du débit peut être due à un temps de séjour insuffisant du soluté dans la colonne.
Lorsque le débit diminue, le temps de séjour du soluté dans le lit augmente,
aboutissant à une plus longue durée de service de la colonne [9]. Les résultats
obtenus dans ce travail dans le cas de As(V) et As(III) sont en accord avec les
conclusions de la littérature [10-11].
Tableau VI. 2 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 2,5 cm à différents débits

C0 (mg/L) en
Q (mL/min) Z (cm) tp (min) Vp (mL)
As(V)
1,5 2 15 600 1200
1,5 3 15 600 1800
1,5 4 15 180 720

Tableau VI.3 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de


diamètre 7 cm à différents débits pour As(V)

C0 (mg/L) en
Q (mL/min) m (kg) tp (min) Vp (mL)
As(V)
1 10 1 2220 22200
1 20 1 180 3600

- 217 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Tableau VI. 4 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne à


différents débits : diamètre 7 cm pour As(III).

C0 (mg/L) en As
Q (mL/min) m (kg) tp (min) Vp (mL)
(III)
1 10 1 480 4800
1 20 1 120 2400

0,4
Q = 4 ml/min
0,35 Q = 3 ml/min
Ct/C0

Q = 2 ml/min
0,3
Colonne de diamètre 2,5 cm
0,25
6 heures d'interruption
0,2

0,15

0,1

0,05 Limite admissible

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (min)

Figure VI. 2 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 2,5 cm
garni de l’adsorbant KN à différents débits.

- 218 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

0,225
Q = 10 ml/min
0,2 Q = 20 ml/min
Colonne de diamètre 7 cm
0,175
Ct/C0

0,15

0,125

0,1
10 h d'interruption
0,075

0,05
Limite admissible
0,025

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (mim)

Figure VI. 3 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 7 cm


garni de l’adsorbant KN à différents débits.
0,35
As (III)/Q = 10 ml/min
Ct/C0

0,3
As (III)/Q = 20 ml/min

0,25 Colonne de diamètre 7 cm

0,2

0,15

0,1

0,05
limite admissible

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (min)

Figure VI. 4 : Courbe de percée de As(III) pour un lit fixe de diamètre 7 cm


garni de l’adsorbant KN à différents débits.

2.3 Effet de la concentration initiale en As(V)


L'effet de la concentration initiale en As(V) à l'entrée de la colonne a été
testé en faisant varier la concentration de 1,5 à 2,5 mg/L pour une colonne de
diamètre 2,5 cm et de 1 mg/L à 2 mg/L pour une colonne de diamètre 7 cm. Pour
les expériences, le débit à l’entrée de la colonne et la hauteur du lit ont été

- 219 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

maintenus constants à 3 mL/min et 15 cm (60 g) respectivement pour la colonne


de diamètre 2,5 cm avec une granulométrie comprise entre 0,595 mm et 0,71 mm,
et 10 mL/min et 25 cm (1 kg) pour la colonne de diamètre 7 cm avec une
granulométrie comprise entre 1,25 mm et 2 mm. L'effet de la concentration
initiale sur les courbes de percée avec une profondeur de lit et de débit fixes est
représenté sur les figures VI.5 et VI.6. Comme le montre les figures VI.5 et VI.6,
on peut voir qu'une augmentation de la concentration de l’arsenic à l’entrée de la
colonne réduit le volume de solution traitée pour atteindre le point de percée,
comme indiqué dans les tableaux VI.5 et VI.6. Une concentration élevée en
arsenic (V) sature la colonne plus rapidement, ce qui diminue le temps de percé.
Des résultats similaires ont également été obtenus pour l’adsorption de Pb(II) et
le bleu de méthylène sur un oxyde de graphite recouvert de sable dans une colonne
à lit fixe [12] et de l’adsorption de l'arsenic par une pouzzolane naturelle dans un
lit fixe [13].
A une concentration initiale en arsenic (V) plus élevée, le point de percée
est observé plus tôt. Le temps de percée passe de 560 min à 600 min pour une
concentration de 2,5 mg/L à 1,5 mg/L. Le volume traité à chaque point de percée
est passé de 1680 mL à 1800 mL lorsque la concentration passe de 2,5 à 1,5 mg/L
pour la colonne de diamètre 2,5 cm. Quant à la colonne de diamètre 7 cm, le temps
de percée passe de 1680 min à 2220 min lorsque la concentration décroît de 2
mg/L à 1 mg/L. Cela pourrait s’expliquer par le fait qu'un gradient de
concentration plus faible provoque un transport plus lent en raison d'un coefficient
de diffusion réduit ou d'un coefficient de transfert de masse réduit [13-16]. Des
résultats similaires ont été obtenus par S. Chen et al [4] pour l’adsorption de
Cr(VI) sur une tige de maïs modifié. Des concentrations initiales plus élevées
conduisent à une force d'entraînement plus élevée pour le transfert de masse, d'où
l'adsorbant atteint la saturation plus rapidement, ce qui entraîne une diminution
du temps de percée
A. Maiti et al [8] ont montré que l’augmentation du temps de percée en
fonction de la décroissance de la concentration est due au fait qu'à des
concentrations élevées en As(V), le lit se sature rapidement. En effet, à des
concentrations plus faibles à l'entrée de la colonne, le lit d'adsorption prend plus
de temps pour se saturer en raison du gradient de concentration inférieure. P. Roy
et al [5] ont également montré qu’à des concentrations plus élevées à l’entrée de
la colonne, on a couvert plus de sites d'adsorption, ce qui saturait le lit plus
rapidement et donc le temps de rupture diminuait.

- 220 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Tableau VI.5 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne ce


diamètre 2,5 cm à différentes concentrations

C0 (mg/L) en
Q (mL/min) Z (cm) tp (min) Vp (mL)
As(V)
2,5 3 15 560 1680
1,5 3 15 600 1800

Tableau VI. 6 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de


diamètre 7 cm à différentes concentrations.

C0 (mg/L) en
Q (mL/min) m (kg) tp (min) Vp (mL)
As(V)
1 10 1 2220 22200
2 10 1 1860 18600

0,7
Ct/C0

C0 = 2,5 mg/L
0,6 C0 = 1,5 mg/L

Colonne de diamètre 2,5 cm


0,5

0,4

0,3

0,2

Limite admissible
0,1

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
temps (min)

Figure VI. 5 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 2,5 cm
garni de l’adsorbant KN à différentes concentrations

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Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

0,03
C0 = 1 mg/L
C0 = 2 mg/L
0,025

Colonne de diamètre 7 cm
Ct/C0 0,02

0,015

Limite admissible
0,01

0,005

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps (min)

Figure VI. 6 : Courbe de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 7 cm


garni de l’adsorbant KN à différentes concentrations

2.4 Effet de la granulométrie


L'effet de la granulométrie variable utilisée pendant les expériences sur le
lit fixe a un effet important sur la performance de la colonne. Trois granulométries
différentes de l'ordre de 0,595 mm, 1,19 mm et 2 mm ont été utilisées dans une
colonne de diamètre intérieur 5 cm. Les paramètres de la colonne étaient de 200
g comme masse de l’adsorbant, 3 ml/min comme débit et 1,5 mg/L comme
concentration en arsenic (V).
La figure VI.7 montre que l'augmentation de la taille des particules
adsorbantes réduit la capacité maximale du lit et le temps de rupture. Dans la
gamme de taille de particules plus fines, les temps de rupture interviennent plus
tard que la gamme de taille des particules plus grosses.
Pour les différentes tailles de particules testées, les volumes traités au point
de percée et les temps de percée pour des tailles de 0,595 mm, 1,19 mm et 2 mm
sont de 87h 45 min, 10h et 5h 37 min, et 15,79 L, 1,8 L et 1,02 L respectivement.
Les particules de taille plus petites auront un chemin de diffusion plus court,
permettant ainsi à l'adsorbat de pénétrer profondément dans la particule
adsorbante rapidement. De plus, la surface extérieure totale par unité de volume
pour toutes les petites particules à l'intérieur de la colonne sera plus grande par
rapport aux grosses particules [17-18]. Des résultats similaires ont été mis en
évidence par W. Li et al [19] qui ont montré que l’augmentation de la capacité
d'adsorption de Cr(VI) sur une tige de maïs était due à une surface extérieure plus
grande pour les particules de taille plus petite, donc une capacité d'adsorption plus
élevée était attendue.

- 222 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Le tableau VI.7 donne les différents temps de percée ainsi que les volumes
traités pour atteindre ce temps. Les résultats présentés dans le tableau VI.7
indiquent que la granulométrie de petite taille a une meilleure performance si un
taux d’élimination élevé est nécessaire.
Tableau VI.7 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de
diamètre 5 cm à différentes granulométries

C0 (mg/L) Q m tp Vp
Granulométrie
en As(V) (ml/min) (g) (h) (L)
0,595 mm ≤ G1 < 87h 45
1,5 3 200 15,79
0,71 mm min
1,19 mm ≤ G2 < 2 mm 1,5 3 200 10h 1,8

2 mm ≤ G3 < 2,38 mm 1,5 3 200 5h 37 min 1,02

0,7
G3 G2 G1
tp = 5h 37 min
0,6

Vp = 1,02 L
0,5 0,595 𝑚𝑚 ≤ 𝐺1 < 0,71 𝑚𝑚

1,19 𝑚𝑚 ≤ 𝐺2 < 2 𝑚𝑚
0,4
Ct/C0

2 𝑚𝑚 ≤ 𝐺3 < 2,38 𝑚𝑚
0,3

0,2
tp = 10h 00 min tp = 87h 45 min
0,1
Vp = 1,8 L Vp = 15,79 L
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
Temps (min)

Figure VI. 7 : Courbes de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 5 cm


garni de l’adsorbant KN à différentes granulométries

2.5 Effet du traitement thermique de la latérite


L’étude des courbes de percées de la latérite traitée thermiquement à 400°C
et non traitée a été menée avec une granulométrie comprise entre 1,19 mm et 2
mm. L’étude a été menée sur une colonne de diamètre interne 5 cm. Les

- 223 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

paramètres de la colonne étaient de 200 g (14 cm) comme masse de l’adsorbant,


3 mL/min comme débit et 1,5 mg/L comme concentration en arsenic V. La
figure VI.8 montre que la latérite traitée à 400 °C pendant 2 heures est moins
efficace pour la rétention de l’arsenic par rapport à la latérite non traitée. Pour la
latérite traitée, le temps de rupture est intervenu plus tôt que dans le cas de celle
non traitée. Cela pourrait s’expliquer par le fait que dans le cas de la latérite
traitée, la structure de la latérite a été modifiée réduisant ainsi sa capacité de fixer
l’arsenic (V) sur sa surface. Le temps de percée pour la latérite traitée est
intervenu dès les premières minutes de la percolation. La présence des matières
organiques dans la latérite jouerait un rôle important dans l’adsorption de l’arsenic
en colonne. Le traitement thermique à 400 °C éliminerait les matières organiques
qui sont important pour le phénomène d’adsorption. La performance de la latérite
non traitée permettra une bonne reproductivité sur le terrain lors de l’installation
d’une unité pilote qui réduirait le coût des investissements. Le tableau VI.8 donne
les différents temps de percée ainsi que les volumes traités pour atteindre ce
temps.
0,6
Latérite non traitée
Latérite traité termiquement
0,5
1,𝟏 𝐦𝐦 ≤ 𝐆 < 𝟐 𝐦𝐦

0,4 G = Granulométrie
Ct/C0

0,3

0,2

0,1

0
0 1000 2000 3000 4000 5000

Temps (mim)

Figure VI. 8 : Courbes de percée de As(V) pour un lit fixe de diamètre 5 cm


garni de l’adsorbant KN pour la latérite traitée thermiquement et non traitée

- 224 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Tableau VI. 8 : Données expérimentales pour les paramètres de la colonne de


diamètre 5 cm pour la latérite traitée thermiquement et non traitée

C0 (mg/L) Q m tp Vp
Latérite
en As(V) (ml/min) (g) (min) (L)
Traitée
1,5 3 200 135 0,41
thermiquement
Non traitée 1,5 3 200 675 2,03

3 Analyse des données de l’adsorption

Le temps d'apparition et la forme de la courbe de percée sont des


caractéristiques très importantes pour déterminer l'opération et la réponse
dynamique de la colonne d'adsorption. Les courbes de percée montrent le
comportement de chargement du métal à éliminer de la solution dans la colonne
de lit fixe et sont généralement exprimées en termes de concentration de métal
adsorbé en fonction du temps ou du volume d'effluent pour une hauteur de lit
donnée [20].
A l’aide des relations II.21 à II.24 du chapitre II, les paramètres qtot, qeq,
mtot et R (%) ont été calculés au point de percée et sont consignés dans le
tableau VI.10.
Pour l’effet de la hauteur du lit, les données de la colonne de sorption ont
été évaluées et présentées dans le tableau VI.10. Comme le montre le
tableau VI.10, la capacité d’adsorption de l’arsenic dépend de la profondeur du
lit. Les capacités d'adsorption de As(V) sont de 0,025 ; 0,045 et 0,054 mg/g
respectivement pour 10, 15 et 20 cm de hauteur de lit. L'augmentation de la
capacité d'adsorption de l’arsenic (V) avec la profondeur croissante du lit dans la
colonne à lit fixe pourrait être due à une augmentation de la surface adsorbante,
ce qui fournirait des sites plus contraignants pour l'adsorption de la colonne [4,21-
22]. Un temps d'épuisement plus long a été observé dans le tableau VI.10 lorsque
la profondeur du lit a été augmentée à 20 cm.
Pour le débit, le temps de percée a diminué avec un débit plus grand
(Tableau VI.10). Une augmentation du débit pourrait diminuer le temps de
contact entre les sites de liaison de l’adsorbant et les espèces de l’arsenic en
solution. En outre, la diminution de la capacité d'adsorption de la colonne a été
observée avec une augmentation du débit à l’entrée de la colonne. A un débit plus
élevé, le temps de séjour du soluté dans la colonne est insuffisant pour atteindre
l'équilibre.

- 225 -
Chapitre VI : Adsorption de As(III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percée

Pour la concentration initiale en arsenic, la capacité d'adsorption maximale


de la latérite augmente avec l’augmentation de la concentration en As (V). La
capacité d’adsorption passe de 0,045 à 0,069 mg/L pour la colonne de diamètre
interne 2,5 cm et de 0,022 à 0,037 mg/g pour la colonne de diamètre interne 7
cm(Tableau VI.10). Au fur et à mesure que la concentration de As(V)
augmentait, le temps de percée diminuait avec l’augmentation de la concentration
en As(V). Ces résultats ont démontré que des concentrations initiales plus élevées
ont conduit à une saturation plus rapide de la colonne, ce qui a entraîné une
diminution du temps de percée [23-24].
Pour l’effet de la granulométrie, la capacité d'adsorption maximale de la
latérite augmente lorsque la granulométrie utilisée dans la colonne est petite. La
capacité d’adsorption est passé de 0,118 à 0,008 mg/g lorsque la granulométrie
est passée de 0,595 à 2 mm.
En s’appuyant sur des données déjà obtenues pour les essais en laboratoire,
nous avons essayé d’estimer le volume d’eau traitée par la latérite KN au bout de
30 h de percolation en faisant varier certains paramètres de la colonne. Les
données sont consignées dans le tableau VI.9. On remarque que pour une
colonne de diamètre 50 cm et une hauteur de lit de 1 m avec une concentration
initiale en arsenic, nous pouvons estimer le volume d’eau traitée à environ 528 L
en 30 heures de percolation.
Tableau VI. 9 : Estimation du volume d’eau traitée pour une colonne de diamètre
50 cm et une hauteur de lit de 1 m

C0 Hauteur Débit Temps Volume Diamètre


(mg/L) (m) (L/h) estimé (h) estimé (L) colonne (cm)
2 1 0,6 30 528 50

- 226 -
Chapitre VI : Adsorption de As (III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe - expérience et prédiction des courbes de percée

Tableau VI. 10 : Paramètres de la colonne de lit fixe pour l'adsorption de As par la latérite KN

Colonne de diamètre interne 2,5 cm


C0 Q Granulo mtot qeq
m (g) As tp (min) qtot (mg) Veff (ml) R(%)
(mg/L) (mL/min) (mm) (mg) (mg/g)
1,5 3 40 V 0,595 ≤ G < 0,71 224 1,001 1,008 0,025 672 0,99
1,5 3 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 600 2,68 2,7 0,045 1800 0,99
1,5 3 80 V 0,595 ≤ G < 0,71 960 4,29 4,32 0,054 2880 0,99
1,5 2 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 600 1,78 1,8 0,029 1200 0,99
1,5 3 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 600 2,68 2,7 0,045 1800 0,99
1,5 4 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 180 1,07 1,08 0,018 720 0,99
1,5 3 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 600 2,68 2,7 0,045 1800 0,99
2,5 3 60 V 0,595 ≤ G < 0,71 560 4,18 4,2 0,069 1680 0,99
Colonne de diamètre interne 5 cm
1,5 3 200 V 0,595 ≤ G < 0,71 5265 23,53 23,69 0,118 15795 0,99
1,5 3 200 V 1,19 ≤ G <2 600 2,68 2,7 0,013 1800 0,99
1,5 3 200 V 2≤ G <2,38 337 1,51 1,52 0,008 1011 0,99

- 227 -
Chapitre VI : Adsorption de As (III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe - expérience et prédiction des courbes de percée

Colonne de diamètre interne 7 cm


1 10 1000 V 1,25 ≤ G < 2 2220 21,98 22,2 0,022 22200 0,99
1 20 1000 V 1,25 ≤ G < 2 180 3,56 3,6 0,004 3600 0,99
1 10 1000 III 1,25 ≤ G < 2 480 4,75 4,8 0,005 4800 0,99
1 15 1000 III 1,25 ≤ G < 2 240 3,56 3,6 0,004 3600 0,99
1 20 1000 III 1,25 ≤ G < 2 120 2,38 2,4 0,002 2400 0,99
1 10 1000 V 1,25 ≤ G < 2 2220 21,98 22,2 0,022 22200 0,99
2 10 1000 V 1,25 ≤ G < 2 1860 37,01 37,2 0,037 18600 0,99

- 228 -
Chapitre VI : Adsorption de As (III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percé

4 Conclusion
L’étude de la colonne à lit fixe a été menée pour analyser l’efficacité de la
latérite KN pour l’adsorption de As(V) et As(III) en mode dynamique. L’étude a
montré que la latérite KN est efficace pour l’élimination de l’arsenic. L'adsorption
de l’arsenic à travers une colonne à lit fixe est dépendante de la profondeur du lit,
de la concentration de l’arsenic et du débit d’écoulement du soluté à l’entrée de
la colonne. La capacité d'adsorption de la colonne a été augmentée avec
l'augmentation de la profondeur du lit, mais a diminué avec l'augmentation de la
concentration de la solution et du débit. Le processus de sorption de la colonne
est de meilleure qualité pour des concentrations et des débits faibles à l’entrée de
la colonne avec une hauteur de lit plus grande. On constate que le délai de rupture
(le temps de percée) diminue avec l'augmentation à la fois du débit et de la
concentration initiale en arsenic à l’entrée de la colonne. Cette étude de
percolation en colonne est une étude préliminaire en vue de de la réalisation d’une
unité pilote. Ces essais ne sont qu’un début dans l’installation d’une colonne.

- 229 -
Chapitre VI : Adsorption de As (III, V) par la latérite KN en colonne a lit fixe -
expérience et prédiction des courbes de percé

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- 232 -
Conclusion générale

Conclusion générale

Cette étude a présenté la caractérisation de trois latérites prélevées sur les


sites latéritiques de Kaya Nord (KN), Laye (LA) et Bobo Nord (BN) au Burkina
Faso en vue d’une valorisation dans le domaine du traitement des eaux
contaminées par l’arsenic.
Ces matières premières latéritiques ont été caractérisées par plusieurs
techniques d’analyse (DRX, IR, Analyses Chimique, MEB, Granulométrie,
DSC/TGA, etc.). L’analyse chimique élémentaire a montré que les latérites sont
riches en oxyde de fer Fe2O3 (14,4% pour BN, 20,8% pour KN et 17,65% pour
LA), en alumine Al2O3 (7,44% pour BN, 14,09% pour KN et 6,74% pour LA) et
autres oxydes en teneurs moindres. L’analyse minéralogique à partir de la DRX
et de l’IR a montré que les latérites sont composées majoritairement de quartz, de
kaolinite, de goethite et d’hématite. L’analyse thermique (TGA/DSC) a permis de
confirmer la présence des minéraux tels que la kaolinite, la goethite, l’hématite et
le quartz. Les surfaces spécifiques déterminées par la méthode BET ainsi que les
surfaces spécifiques déterminées par la méthode au bleu de méthylène sont
importantes. Les surfaces spécifiques au BET sont de 34,88 m2/g, 58,65 m2/g et
41,15 m2/g respectivement pour les latérites BN, KN et LA. Au regard des teneurs
en oxydes de fer et d’aluminium et des valeurs élevées de la surface spécifique au
BET, ces latérites sont des matériaux avec des propriétés adéquates pour
l’élimination de l’arsenic dans les eaux de consommation contaminées.
La caractérisation des eaux des forages de Tanlili et Lilgomdé montre
qu’elles présentent un faciès bicarbonaté calcique et magnésien avec une faible
empreinte bicarbonaté sodique et potassique. Les eaux des localités de Tanlili et
Lilgomdé sont impropres à la consommation avec des concentrations élevées en
arsenic, avec des teneurs atteignant 2 mg/L dans les forages de Tanlili. Ces
concentrations en As seraient dues à la nature géologique du sol faite en partie de
minéralisation aurifère et de roches volcano-sédimentaires du Birrimien et
renfermant des minerais tels que l’arsénopyrite dont la proportion en élément
arsenic est relativement élevée. Cette caractérisation a permis de choisir les
concentrations en arsenic utilisées pour les percolations en colonne et aussi les
différentes concentrations en anions lors de l’étude de l’effet des anions co-
existants sur l’adsorption de As(III, V) par les latérites.
L'efficacité des latérites pour l'élimination de l'arsenic (As(III) et As(V))
des eaux contaminées a été étudiée d’une part en mode discontinu et d’autre part
en colonne (mode continu).

- 233 -
Conclusion générale

Les essais en batch ont été effectués sous différentes conditions


expérimentales. Il en ressort comme conclusions principales les points suivants :
i. Des rendements d’élimination de l’arséniate ont été jugés intéressants avec
des pourcentages de 99,7 ± 0,3%, de 99,58 ± 0,4 et 85,6% pour les latérites
KN, LA et BN respectivement, avec une dose d'adsorbant de 15 g/L.
ii. Des rendements d’élimination de l’arsénite avec des taux d’adsorption de
98,59 ± 0,64%, 83,52 ± 2,21% et 74% ont été obtenus pour les latérites
KN, LA et BN respectivement, à une dose de 15 g/L.
iii. Des valeurs des capacités d’adsorption de Langmuir (q m) pour l'arsenic
(III) sont de 0,98 mg/g, 0,67 mg/g et 0,48 mg/g de quantités adsorbées sur
des échantillons KN, LA et BN respectivement. Pour l'élimination de
l'arsenic (V), les valeurs de qm sont de 0,71 mg/g ; 0,83 mg/g et 0,46 mg/g
de quantités adsorbées sur des échantillons KN, LA et BN respectivement,
iv. L’adsorption de l'arséniate sur les latérites dépend de la valeur du pH. Le
pourcentage d’élimination diminue fortement avec l’augmentation du pH
de la solution. Aux pH supérieurs au point isoélectrique (pH > 4,4), la
surface des latérites est chargée négativement et l’adsorption des espèces
d’arséniate devient plus faibles et diminue avec l’augmentation du pH due
une répulsion d’une charge similaire des espèces d’arséniate qui sont tous
des anions au-delà du point isoélectrique.
v. L’adsorption de l’arsénite est indépendante de la variation du pH de la
solution entre 2 et 9. Au-delà de pH 9, la surface des latérites est chargée
négativement et l'adsorption des arsénites devient plus faible à cause de la
répulsion d'une charge similaire, car l'arsénite existe sous forme d’anion
au-delà de pH 9. L'adsorption de l'arsénite sur la surface des latérites serait
principalement par échange de ligands et l'interaction électrostatique serait
insignifiante,
vi. Les investigations structurale et microstructurale effectuées sur les latérites
KN, LA et BN après adsorption grâce à la spectrométrie infrarouge (IR),
la diffraction de rayons X (DRX), les analyses DSC et la microscopie
électronique à balayage (MEB) ont permis de montrer que les minéraux
tels que la goethite, l’hématite et la kaolinite participent à l’élimination de
l’arsenic.
vii. Les résultats des expériences de l’effet de la force ionique et les analyses
des spectres FT-IR, DRX après adsorption ont permis de montrer que
l'adsorption de l'arsénite et de l’arséniate sur la surface des latérites est
principalement réalisée par échange de ligands (adsorption spécifique) et
l'interaction électrostatique serait insignifiante. Les espèces de As(V) et
As(III) sont adsorbés sur la surface des latérites par la formation de
complexes de surface de sphères internes, sauf dans le cas de l’adsorption
de As(III) par la latérite KN qui est une adsorption de sphères externes
selon les résultats de la force ionique et de l’isotherme D-R.

- 234 -
Conclusion générale

viii. Les études menées sur les effets du taux d’élimination de l’arsenic (III) et
(V) par les latérites KN et LA en fonction de certains anions contenus dans
les eaux de Lilgomdé et Tanlili ont montré que seuls les bicarbonates ont
un effet négatif sur le taux d’élimination de l’arsenic. Quant aux ions
sulfate, nitrate et phosphate l’augmentation de la concentration en ces ions
n’affecte pas le taux d’élimination de l’arsenic. Il ressort de cette étude que
les concentrations des ions phosphate, nitrate et sulfate rencontrés dans les
eaux de forage de Tanlili et Lilgomdé étant faibles, ces anions ne pourraient
pas interférer dans l’élimination de l’arsenic dans les eaux.
ix. La latérite KN s’est avérée efficace dans l’élimination de l’arsenic (III) et
(V) par rapport aux deux autres latérites BN et LA lors des essais en batch.
Cette efficacité se justifie par des propriétés intéressantes, notamment le
pourcentage de fer (20,8%) et la surface spécifique au BET élevée (58,65
m2/g) par rapport aux deux autres latérites.
Les essais de percolation de colonne à lit fixe, sous différentes conditions,
ont également été menés pour étudier l'efficacité de la latérite KN, dans
l'élimination des espèces d'arsenic (As(III) et As(V)). Les expériences ont été
menées sur trois colonnes de diamètres différents (2,5 cm ; 5 cm et 7 cm). Les
essais en colonne ont montré que la latérite KN est efficace pour l'élimination de
l’arsenic (III) et As(V) de l'eau. La capacité d'adsorption dépend fortement du
débit à l’entrée de la colonne, de la concentration initiale en arsenic, de la hauteur
du lit et de la taille des particules. Les volumes d’eau traitée au point de percée
ont augmenté au fur et à mesure que le débit, la concentration et la taille des
particules diminuaient et quand la hauteur du lit augmentait. Au fur et à mesure
que le débit et la concentration augmentent, le temps de percée et la concentration
en arsenic adsorbés diminuent. Pour une colonne de 7 cm de diamètre, nous
atteignons un volume total traité de 22,2 litres en 37 heures pour une
concentration en As(V) égale à 1 mg/L et une hauteur en lit de 25 cm.
A l’issue de cette étude, il ressort qu’une utilisation des latérites du Burkina
Faso dans la dépollution des eaux de consommation contaminées par l’arsenic est
prometteuse. Néanmoins, les mécanismes d’adsorption restent à élucider. Cela
nécessiterait une utilisation de techniques appropriées pour confirmer ou infirmer
les résultats obtenus par les spectres FT-IR, DRX et l’étude de la force ionique.
Afin de compléter le travail mené, de trouver une solution au colmatage
lors de la percolation en colonne et de permettre l’expérimentation des résultats,
nous envisageons de :
i. Faire un traitement à l’acide afin d’améliorer les propriétés des latérites
(augmentation de la surface spécifique),
ii. Résoudre le problème de colmatage rencontré lors de la percolation en
colonne en utilisant d’autres matériaux inertes comme du sable, de la silice
pour des couches d’intercalation entre la latérite dans la colonne,

- 235 -
Conclusion générale

iii. Améliorer la performance de la colonne en utilisant d’autres matériaux


adsorbants comme le charbon actif pour des couches à l’intérieur dans la
colonne,
iv. Mettre en place un dispositif expérimental (unité pilote) d’élimination de
l’arsenic au profit du village de Tanlili,
v. Étendre l’étude pour d’autres villages qui n’ont pas accès à l’eau potable,
vi. Étendre l’étude pour d’autres sites latéritiques du pays (carrière de Dano
dans le sud-ouest du pays).

- 236 -
Annexes

Annexes

- 237 -
Annexes

Annexe A : Les différentes droites de calibration

y = 53,54x + 0,028
R² = 0,999
1,5
Absorbance

0,5

0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03 0,035
Concentration (mol/L)

Figure 1 : Droite de calibration pour la détermination de la CEC par la méthode


chlorure de cobaltihexamine

0,8
y = 66,31x + 0,009
0,7 R² = 0,999

0,6

0,5
Absorbance

0,4

0,3

0,2

0,1

0
0 0,002 0,004 0,006 0,008 0,01 0,012

Concentration (mmol/L)

Figure 2 : Droite de calibration pour la détermination de la CEC par la méthode


du bleu de méthylène

- 238 -
Annexes

Figure 3 : Droite de calibration pour la détermination du carbone inorganique

Figure 4 : Droite de calibration pour la détermination du carbone total

- 239 -
Annexes

Annexe B : Procédure pour les analyses ICP


Procédure d’analyse des échantillons

Une fois les solutions réalisées, celles-ci sont placées dans des bouteilles
en PET et disposées pendant une durée 24 heures sur un agitateur permettant
d’atteindre d’équilibre entre l’adsorbant et les ions présents en solution. Ces
solutions sont ensuite centrifugées à la vitesse de 3000 rpm pendant 15 minutes
avant d’être filtrées à l’aide de membranes en nylon de seuil de rétention égal à
45 µm. 14 mL du filtrat a été mis dans des flacons de 15 mL puis acidifié avec 1
mL d'acide nitrique et conservés à 4 °C avant d’être analysées à l’ICP-AES de
marque Thermo Scientfic (Thermo Elemental IRIS Intrepid II XSP) piloté par le
logiciel d’acquisition et de traitement des données TEVA (Limite de détection de
9 µg/L). Avant chaque analyse, une droite de calibration à dix points par dilution
successive (5 ppm, 2,5 ppm, 1 ppm, 0,5 ppm, 0,25 ppm, 0,1 ppm, 0,05 ppm, 0,01
ppm, 0,005 ppm, blanc) est établie à partir d’une solution standard commerciale
de As (1000 ± 0,05 mg/L dans 5 % d’acide nitrique, Merck). Toutes les solutions
utilisées ont été préparées avec de l’eau milliQ de résistivité 18,2 MΩ.cm. Le
matériel qui a servi à la préparation des différentes solutions, a été trempé dans
un bain d’acide (acide nitrique) à 5% au moins 12 heures et rincé avec de l’eau
milliQ avant utilisation. Pour chaque analyse les essais ont été repris trois fois par
échantillon.
40
y = 7,5322x - 0,0198
35
R² = 0,9999
30
Signal (Cts/S)

25

20

15

10

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5

Concentration (mg/L)

Figure 5 : Droite de calibration permettant de déterminer les concentrations


résiduelles en As(III,V) à partir du signal émis par ces derniers.

- 240 -
Annexes

Annexe C : Article et communications


Article

Corneille BAKOUAN, Boubié GUEL, Anne-Lise HANTSON ; Caractérisation


physico-chimique des eaux des forages des villages de Tanlili et Lilgomdé dans
la région Nord du Burkina Faso - Corrélation entre les paramètres physico-
chimiques. Afrique SCIENCE, 13(6) (2017) 325 – 337.
Communications orales
Corneille BAKOUAN, Boubié GUEL, Anne-Lise HANTSON, Elimination de
l'arsenic des eaux souterraines par adsorption sur les latérites : Cas du Burkina
Faso. 3èmes Journées Médicales Pharmaceutiques Odontologiques (JMPO).
Ouagadougou-Burkina Faso du 29-01 Janvier 2018.
Corneille BAKOUAN, Brahima SORGHO, Anne-Lise HANTSON, Boubié
GUEL ; Adsorption en colonne de l’arsenic III et V sur une latérite naturelle du
Burkina Faso. 18èmes Journées Scientifiques Annuelles de la Société Ouest
Africaine de Chimie (SOACHIM). Dakar-Sénégal du 08-08 Août 2017.
Corneille BAKOUAN, Boubié GUEL, Anne-Lise HANTSON ; Investigations
structurale et microstructurale après adsorption en batch de As(III,V) et
Adsorption en lit fixe de l’arsenic V sur une latérite locale du Burkina. 17èmes
Journées Scientifiques Annuelles de la Société Ouest Africaine de Chimie
(SOACHIM). Cotonou-Benin du 02-05 Août 2016.
Communications par affiche
Corneille BAKOUAN, Boubié GUEL, Anne-Lise HANTSON ; Etude des phénomènes
d’adsorption d’arsénite et d’arséniate sur deux latérites naturelles du Burkina Faso.
Journée Scientifique annuelle de l’Ecole Doctorale Thématique génies des procédés
(GEPROC_UGéPE), Université catholique de Louvain (Belgique) ; 6 octobre 2016.
Corneille BAKOUAN, Anne-Lise HANTSON, Boubié GUEL ; Adsorption de
l’arsenic III et V sur les latérites naturelles locales (Burkina Faso). 17èmes Journées
Scientifiques Annuelles de la Société Ouest Africaine de Chimie (SOACHIM).
Cotonou-Benin du 02-05 Août 2016.
Corneille BAKOUAN, Anne-Lise HANTSON, Boubié GUEL; L’adsorption de
l’arsenic dans les eaux souterraines en utilisant les latérites naturelles locales
(Burkina Faso) comme adsorbant. Journée Scientifique annuelle de l’Ecole
Doctorale Thématique génies des procédés (GEPROC_UGéPE), Faculté
Polytechnique de Mons ; 23 Octobre 2014.
Corneille BAKOUAN, Boubié GUEL, Anne-Lise HANTSON ; Potentialité des
matières premières latéritiques locales (Burkina Faso) dans le traitement des eaux

- 241 -
Annexes

polluées par l’arsenic. Journée Scientifique annuelle de l’Ecole Doctorale


Thématique génies des procédés (GEPROC), Liège le 15 Novembre 2013.

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