Protection Mangroves
Protection Mangroves
REGIONAL
FAO DE
LARegional
FAO POUR
L’AFRIQUE
Office for
Africa
Articles
Protection des mangroves : Le rôle du Réseau africain des mangroves
Introduction
Les mangroves couvrent la majeure partie des zones côtières de l’Afrique. Ce sont des
forêts adaptées aux sols salins, intertidales et sont restreintes aux zones tropicales et
sous-tropicales du globe. La superficie totale des mangroves en Afrique est estimée à 3,2
millions d’hectares (environ 19% de la couverture globale) répartie comme suit : 63% sur
la côte atlantique et 37% sur les côtes de l’Océan indien et de la Mer rouge. Il existe 9
espèces de mangroves sur la côte de l’Océan indien, 6 sur la côte atlantique et 4-5 sur la
côte de la Mer Rouge.
A l’instar des autres zones de mangroves à travers le monde, les mangroves d’Afrique
jouent un rôle écologique, socioéconomique et d’amélioration du climat en entretenant
une grande diversité de la flore et de la faune ; en fournissant des produits et services
ligneux et non-ligneux directs aux populations sous forme de bois de construction,
charbon, tannins, bois de chauffe, protection du littoral et également sous forme de puits
de carbone. Il a été estimé qu’une forêt primaire de mangrove sur la côte nord du Kenya
contient jusqu’à 500tC/ha de composantes aériennes et souterraines. En dépit de ces rôles
et fonctions, les mangroves ont subit des effets néfastes avec l’Afrique de l’ouest
enregistrant des pertes s’élevant à entre 20 et 30% et l’Afrique de l’est des pertes de 8%
lors des 25 dernières années. Les causes principales de la dégradation et de la perte des
mangroves en Afrique sont la surexploitation des ressources, la conversion des zones de
mangroves pour d’autres utilisations de la terre comme par exemple l’aquaculture en
étang, la décharge côtière, l’urbanisation ainsi que les effets indirects de la pollution et de
l’utilisation de la terre en amont. Les efforts nationaux et internationaux à travers divers
projets et programmes de conservation de la mangrove, ont été initiés en Afrique avec des
organisations telles que la FAO, WWF, l’UE, le Projet Grand écosystème marin du
1
Ayaa Kojo Armah, Président du RAM, Organisation pour le développement des ressources et
de l’environnement (REDO),University Post Office, Box 485, Legon.
Accra, Ghana. E-mail: akarmah@[Link] ; akarmah@[Link]
2
Abdoulaye Diame, Secrétaire exécutif du RAM, WAAME, Sénégal. PO Box 26352 Dakar,
Sénégal. Email: abdoulayediame@[Link]
3
Gordon Ajonina, Conseiller technique et Coordonateur national du RAM, Réseau
camerounais des mangroves. BP 54 Mouanko, Littoral Region, Cameroun.
Email: gnajonina@[Link] ; gordonajonina@[Link]
4
James Kairo, Coordonateur et Conseiller technique du RAM, Service d’information des
Systèmes de mangroves, Institut kenyan pour la recherche maritime et des pêches,
P.O. Box 81651, Mombasa, Kenya. Email: jkairo@[Link]; gkairo@[Link] ;
ckairo2002@[Link]
Dans le but d’encourager la collaboration régionale pour sauver les mangroves africaines
d’une destruction supplémentaire et pour contribuer collectivement à mettre la mangrove
à l’ordre du jour dans les arènes nationales et internationales, le Réseau africain pour la
conservation de la mangrove (RAM) a été établi au Cameroun en Mai 2003. Le réseau
compte actuellement 22 membres qui sont : la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la
Guinée Bissau, la Guinée, la Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo,
le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, Sao Tomé et Principe,
le Congo, la République démocratique du Congo, l’Angola, le Kenya, la Somalie et la
Tanzanie (Figure 1).
Figure 1: Carte indiquant les pays membres actuels du Réseau africain pour la conservation de
la mangrove (RAM)
Structure organisationnelle
Le RAM dispose d’une constitution clairement définie qui a été récemment amendée
durant la deuxième Assemblée générale (AG) au Ghana (27 – 30 avril 2009). L’AG est la
plus haute instance de décision et comprend tous les membres du Bureau exécutif et les
points focaux nationaux ; le Conseil d’administration (CA) est dirigé par le Président du
Conseil (PC) de l’ONG REDO (Développement des ressources et de l’environnement)
basé au Ghana ; le Secrétariat est basé au Sénégal et est abrité par l’ONG WAAME
(Organisme d’appui à l’exploitation et à la préservation du milieu marin). Le Secrétariat
est dirigé par le Secrétaire exécutif (SE) qui gère les activités quotidiennes du réseau avec
l’assistance d’un comptable, d’une secrétaire, et d’un chargé de la communication et
webmaster. Un Groupe technique consultatif (GTC) fourni des conseils techniques et la
direction stratégique alors que les points focaux nationaux (PFN) coordonnent la mise en
œuvre des décisions au niveau national. Le RAM, à travers son site web
([Link]), informe régulièrement ses membres et le monde entier sur
ses programmes et sur les questions relatives à la conservation et à la gestion durable des
mangroves.
Activités
Le RAM a joué un rôle de coordonateur panafricain plutôt unique concernant la
réhabilitation, la conservation et l’utilisation durable des ressources de mangrove, en
entreprenant des programmes dans les domaines du renforcement des capacités, du
plaidoyer, de la sensibilisation, de la promotion de l’utilisation des fumoirs améliorés, du
reboisement des mangroves, de la promotion des opportunités alternatives de génération
de revenu aux développements de plans de gestion dans divers pays. Ci-après, certaines
des réalisations principales du réseau :
x Renforcement des capacités pour l’élaboration des plans de gestion des mangroves
au Cameroun et au Bénin ;
x Appui du reboisement et de l’évaluation des mangroves au Congo, en Guinée, au
Sénégal, au Bénin, au Nigeria et au Ghana ;
x Appui de l’établissement de zones de mangroves protégées au Liberia ;
x Campagne de plaidoyer sur les impacts de l’élevage de la crevette au Nigeria ;
x Amélioration de l’établissement de pépinières et de plantations de mangroves au
Kenya.
Perspectives d’avenir
Les orientations stratégiques du RAM ont été clairement stipulées dans le Plan d’action
de 2009-2014 développé lors de l’Assemblée générale au Ghana. Ce plan vise l’objectif
global de promouvoir en Afrique la conservation et le développement écologiquement
durable de la mangrove et des habitats côtiers associés pour le bénéfice des générations
présentes et futures et pour la préservation de sa biodiversité intrinsèque, ses valeurs
écologiques, esthétiques et autres. Le Plan d’action comporte les six domaines prioritaires
suivants:
En dépit des efforts ci-dessus, le RAM est confronté à des défis dans les domaines de la
mobilisation des fonds pour réaliser ses activités. Le RAM est soucieux des conséquences
graves de la perte de mangrove pour l’humanité et reconnait qu’il est grand temps de
conserver, protéger et restaurer les terres de mangroves dégradées. Dès lors, nous
interpellons la communauté internationale pour appuyer les efforts du RAM pour
résoudre, à travers la recherche et le plaidoyer, les problèmes liés aux impacts du
changement climatique sur les écosystèmes de mangrove, y compris sa vulnérabilité, sur
les communautés humaines. Nous vous invitons à vous joindre à nous pour sauver les
mangroves de l’Afrique et du monde pour assurer que les générations futures bénéficient
également des biens et services que les écosystèmes de mangrove fournissent.
Remerciements
Le RAM a reçu l’appui financier de l’Union internationale pour la Conservation de la
nature – Pays Bas (UICN-NL), de la Société suédoise pour la conservation de la nature,
des Amis de la terre (FoE) et du Fonds mondial pour la nature (WWF). L’Organisation
des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) demeure l’un des partenaires
principaux du RAM.
Contacts:
Secrétariat du Réseau africain pour la conservation de la mangrove (RAM)
PO Box 26 352 Dakar
HLM Hann Maristes, villa 193
Dakar, Sénégal
Tel/Fax:+221 33 832 51 23
Mobile: +221 77 553 31 03
Courriel : mangroveafrica@[Link]
Site Web : [Link]
Résumé
La zone de mangrove au Ghana a subi un appauvrissement important lors des 30
dernières années. Les pertes sont causées par des pressions anthropogéniques qui
augmenteront avec la croissance de la population et la variabilité du climat. L’impact de
cette perte de couverture de mangrove réduit les services rendus par l’écosystème tels
que la pisciculture et l’alevinage ainsi que la lutte contre l’érosion. Ces pertes ont un
impact néfaste sur les populations côtières marginalisées, en particulier les femmes et les
personnes âgées. L’approche systémique de la gestion des ressources naturelles
pratiquée par la FAO et la CDB arme le gouvernement pour réexaminer le problème de
la gestion des mangroves au Ghana en utilisant la gestion adaptive, l’engagement
participatif avec les communautés locales et une approche holistique impliquant les
différentes disciplines. L’évaluation immédiate de cadres de travail tels que le Plan
d’action de l’OIBT pour les mangroves ; le Code de conduite de la Banque mondiale
pour les écosystèmes de mangroves pour leur mise en œuvre dans le contexte ghanéen,
devrait être mise en œuvre par le gouvernement. La capacité à appliquer le système de
gestion écosystémique de la FAO doit être renforcée au Ghana.
Introduction
Les écosystèmes côtiers du Ghana fournissent des services uniques et sont les habitats
d’espèces côtières importantes telles que les oiseaux aquatiques, les crabes, les crevettes,
les tortues marines et les phases juvéniles des pêches commerciales (Dankwa & Gordon,
2002 ; EPA/UNOPS 2004 ; Tweneboah, 2009). Les mangroves sont des arbres et des
arbrisseaux qui poussent dans des habitats côtiers salins sous les tropiques et les sous-
tropiques, principalement entre la latitude 25° N et 25° S. Le terme ‘mangrove’ est
également appliqué aux écosystèmes de mangroves de forêt marécageuse en général. Les
mangroves sont étroitement liées aux secteurs forestiers et des pêches, et à d’autres
écosystèmes de marécages côtiers (Clark, 1992 ; Lawson, 1986 ; Sackey et al., 1993).
Elles sont gravement en danger et ont perdu la majeure partie de leur zone au Ghana
(Coleman et al., 2005 ; Gordon, 1998 ; Rubin et al., 1998) en partie en raison du fait
qu’elles sont considérées comme un patrimoine ‘commun’ (Hardin, 1968). Ce sont des
liens importants dans la chaîne côtière écologique, fournissant la base pour les moyens
d’existence de plusieurs communautés côtières marginalisées (Diop et al., 2001 ; Porter &
Young 1998). Le Ghana a développé une stratégie de gestion et de protection des réserves
1
Chris Gordon, Volta Basin Research Project, University of Ghana, Legon
P.O. Box LG 209, University of Ghana, Legon, Accra, Ghana. E-mail: cgordon@[Link]
2
Elaine Tweneboah , Centre for Social Policy Studies, University of Ghana, Legon P.O. Box LG
209, University of Ghana, Legon, Accra, Ghana. E-mail: elainetweneboah@[Link]
3
Adelina Mensah, Department of Oceanography and Fisheries, University of Ghana, Legon
P.O. Box LG 209, University of Ghana, Legon, Accra, Ghana. E-mail: ammensah@[Link]
4
Jesse Ayivor, Volta Basin Research Project, University of Ghana, Legon P.O. Box LG 209,
University of Ghana, Legon, Accra, Ghana. E-mail: jsayivor@[Link]
naturelles ainsi qu’une stratégie pour la gestion des marécages ; cependant il n’y a pas eu
de règles et règlements juridiques spécifiques pour la gestion des mangroves (Agyepong
et al., 1990). La grande valeur des mangroves du Ghana, les pressions actuelles et
potentielles qu’elles subissent ainsi que leur état de gestion sont des problèmes
d’importance croissante, particulièrement pour les gestionnaires, les planificateurs et les
décideurs aux niveaux central et local en particulier (Gordon & Ibe, 2006). Un plan de
protection et de développement des forêts de mangrove au Ghana est nécessaire puisque
les pressions croissantes sur les ressources et la menace de la montée du niveau de la mer
et le phénomène associé de changement climatique aggraveront la situation à l’avenir. Le
quatrième Rapport du panel intergouvernemental sur le changement climatique prévoit
avec sureté que la variabilité et le changement climatiques pourraient entrainer
l’inondation des terres basses, avec des impacts sur les villages côtiers (Boko et al.,
2007). La variabilité et le changement climatiques conjugués aux changements provoqués
par les hommes, affectent les écosystèmes tels que les mangroves avec des conséquences
sur les pêches et le tourisme. Boko et autres (2007) déclarent que non seulement la
projection selon laquelle la montée du niveau de la mer pourrait augmenter l’inondation
a-t-elle des implications pour la santé, la montée du niveau de la mer pourrait également
potentiellement augmenter la grande vulnérabilité socio-économique et physique des
villes côtières. Le coût d’adaptation à la montée du niveau de la mer s’élève à au moins 5-
10% du produit intérieur brut. Il faut noter que ce chiffre est dans la même gamme que le
taux annuel de croissance prévu pour l’économie ghanéenne pour les 50 prochaines
années (MOFEP, 2007).
L’objectif de cet examen est d’évaluer comment le Ghana a administré ces mangroves à
ce jour. Nous aimerions également explorer comment l’utilisation de cadres de travail tels
que le modèle ‘Déterminant-Pression-Etat-Impact-Réponse (DPSIR), et l’utilisation des
principes de l’approche écosystémique telle qu’adoptée par la FAO (FAO 2003 ; De
Young et al, 2008), ainsi que la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) peuvent
être appliquées à la gestion des mangroves.
Le modèle Déterminant-Pression-Etat-Impact-Réponse
Arthurton et autres (2002) ont utilisé le modèle Déterminant-Pression-Etat-Impact-
Réponse pour illustrer le lien entre le duo déterminant/pression de la déforestation et de la
culture, et leur impact sur la côte. Cette dernière inclue la dégradation des habitats
marécageux qui résultent de la rétention d’eau réduite dans le bassin versant et de la
gravité accrue de la crue (Finlayson et al. 1998 ; Gordon 1998, 2000). Mensah (2009)
souligne que le DPSIR et les modèles associés ont été décriés pour avoir trop simplifié la
réalité, ignorant les autres liens au sein du système socio-écologique, n’incorporant pas
les relations entre les éléments où les réactions à une pression peuvent devenir à leur tour
une pression sur une autre partie du système, et ne prenant pas en compte le fait que
certains éléments peuvent être plus pertinents que d’autres (Berger et al., 1998 ;
Rekolainen et al., 2003). D’autres commentaires suggèrent que le DPSIR a des défauts
dans sa fonction d’outil neutre et est partial lorsqu’il a été conçu pour établir une
communication appropriée entre les chercheurs et les parties prenantes/décideurs ; avec le
besoin de rechercher l’incorporation effective des besoins sociaux et économiques de
toutes les parties prenantes (Svarstad et al., 2008).
Les directives techniques de la FAO sur l’approche écosystémique des pêches (FAO,
2003) définit l’AEP comme suit : « Une approche écosystémique des pêches s’efforce
d’équilibrer des objectifs sociaux divers, en prenant en compte les connaissances et les
incertitudes concernant les composantes biotiques, abiotiques et humaines des
écosystèmes et leurs interactions et en appliquant une approche intégrée des pêches à
l’intérieur de limites écologiques significatives. » La FAO considère que l’AE est basée
sur trois piliers : le bien-être social, le bien-être écosystémique et la ‘capacité
d’accomplir’ qui fait référence au cadre de la gouvernance et de la politique nécessaire
pour réaliser les deux premiers piliers.
En dépit de la définition claire donnée par la FAO et la CDB, il existe toujours un élément
d’incertitude au niveau de la mise en œuvre de l’approche écosystémique. L’essentiel de
la confusion se situe dans le fait que l’AE est une approche de gestion, et non une science,
mais en tant qu’approche de gestion, elle a des implications pour la science. Pour les
mangroves, cette situation est aggravée par la position ambiguë des écosystèmes de
mangrove pour les gestionnaires ; appartiennent-ils aux unités administratives qui gèrent
la terre ou la mer, devraient-ils être gérés par les départements gouvernementaux des
pêches ou de la foresterie ?
Bien-être de l’écosystème
Le résumé suivant de l’état des écosystèmes de mangroves du Ghana est basé sur le
compte rendu de Gordon & Ayivor (2003) et Diop et al. (2001). Sur les 81,342km² de la
zone forestière totale du Ghana, les mangroves couvrent environ 140km². Elles sont
limitées à une zone côtière très étroite discontinue autour des lagunes à l’ouest du pays ;
et à l’est, sur les bords en aval du delta du fleuve Volta (UNEP, 2007). Elles s’étendent
plus vers l’ouest dans l’étendue entre Cape Three Points et la Côte d’Ivoire, en particulier
dans les zones autour de Half Assini, la lagune d’Amanzure, Axim, Princes Town et
Shama, entre autres. A l’est du pays, elles sont mieux développées à Apam, la lagune
Muni, Winneba, la Lagune Sakumo-1, Bortiano, la lagune Korle, Teshie, la Lagune
Sakumo-2, Ada, Sroegbe et la lagune de Keta. Six espèces de mangroves qu’on trouve au
Ghana sont les Acrostichum aureum, Avicennia germinans, Conocarpus erectus,
Laguncularia racemosea, Rhizophora harrisonii, et Rhizophora racemosa (Tableau 1).
Les lagunes ouvertes sont communément dominées par l’espèce Rhizophora racemosa,
alors que les lagunes fermées à haute salinité contiennent les espèces Avicennia
germinans, Conocarpus erectus, Laguncularia racemosa et Acrostichum aureum (UNEP,
2007).
Gordon et Ibe (2006) notent que l’altération physique et la destruction des habitats le long
de la côte ouest africaine est très courante, en particulier près des embouchures de fleuves
et de lagunes. Cela est évident dans l’érosion du littoral, les types hydrologiques
changeants, et le captage et la retenue d’eau par l’ouverture de chenaux à la mer ou par
des structures physiques telles que les ports. Tweneboah (2009) indique que les
problèmes affectant directement la zone côtière du Ghana incluent : l’accroissement des
populations et la pauvreté ; la perte d’habitat et de terre à travers l’érosion côtière ; la
dégradation des terres humides et des mangroves ; la dégradation des pêches ; l’accès
insuffisant à l’eau potable ; la mauvaise hygiène publique, la pollution industrielle de la
terre et la pollution de l’eau.
2005, la zone de mangrove a diminué de 182 km² à 137 km², ce qui représente une perte
de 24% (FAO, 2007).
Figure 2. Dragage dans les mangroves de la Basse Volta pour maintenir l’accès à l’eau par les
communautés
Bien-être social
Les communautés locales sont bien conscientes de l’importance des mangroves pour leurs
existences mais en raison du manque d’options à leur disposition ils n’ont d’autre choix
que de continuer à les détruire. Tweneboah (2003) a noté que dans la plupart de cas, ce
sont les femmes, les enfants et les personnes âgées qui sont les plus touchés puisque ces
groupes marginalisés n’ont pas d’autres alternatives.
Les bailleurs de fonds sont désormais plus conscients du besoin d’avoir des projets
intégrés en ce qui concerne les mangroves. Comme exemple, le projet « Régénération,
utilisation et gestion durable des mangroves sur le Site Ramsar du Complexe de la lagune
de Keta ». Ce projet financé par un micro-financement de la Convention Ramsar, est basé
sur un site Ramsar qui se trouve dans un état de dégradation avancée en raison de la
surexploitation, avec des impacts néfastes sur les ressources de la pêche et les aires de
reproduction des tortues. Il y a deux composantes principales : la conscientisation et le
renforcement des capacités parmi les communautés locales pour favoriser la restauration
et l’utilisation durable des mangroves, et la création d’activités alternatives de création de
revenus. Les plantations de mangrove et les parcelles boisées seront établies ainsi que des
ateliers d’élevage de chèvres, crabes et agoutis, et de pisciculture.
Capacité à réaliser
Les ministères et les agences dont les activités touchent les mangroves et la biodiversité
en général comprennent : la Commission nationale de planification du développement ;
les Ministères de l’environnement et de la science, des Terres et des forêts, de
l’Alimentation et de l’agriculture, de la Justice ; les collectivités locales et le
développement rural ; l’Agence pour la protection de l’environnement ; la Commission
des pêches ; la Commission des ressources en eau et la Division de la faune sauvage de la
Commission des forêts. En dépit de l’existence de ces institutions et départements, la
gestion et la conservation des mangroves est loin d’être satisfaisante. Une contrainte
majeure identifiée a été le manque de coordination, de collaboration et de communication
parmi les institutions d’élaboration des politiques d’un côté, et les institutions de mise en
œuvre des politiques d’un autre côté. Il y a également le problème de l’insuffisance des
capacités de certaines institutions. Cela entraine un manque de données de base et des
déficiences dans la gestion de l’information.
Conclusions
Il est clair que les mangroves au Ghana ne font pas partie des priorités en termes
pratiques. Les mangroves sont présentement dans une situation grave et l’approche
‘comme si de rien n’était’ n’arrangera pas la situation. Il y a un nombre de goulots
d’étranglements institutionnels et opérationnels dans le système qui entravent le progrès
vers le développement d’un plan de gestion détaillé des mangroves.
Recommandations
Les actions nécessaires pour sauver les mangroves du Ghana sont variées et incluent les
meilleures pratiques forestières suivantes :
Les activités alternatives de création de revenu sont une autre initiative qui pourrait
réduire la pression sur les mangroves. Elles comprennent :
x Evaluation de la capacité des mangroves à produire des tanins ainsi que la qualité de
tannin
x Fourniture de puits d’observation pour la surveillance de l’hypersalinité de l’eau
souterraine
x Surveillance du programme pour la collecte des données hydrologiques, c'est-à-dire, le
débit, le ruissellement de surface et la variation du niveau de l’eau
x Démarcation et cartographie pédologique de l’étendue des sols à sulfates acides dans la
zone de mangrove.
x Essais sur le terrain par l’approche participative de l’efficacité du chaulage des sols à
sulfates acides avec des matières premières disponibles au niveau local.
x
x Un système amélioré de gestion est nécessaire pour encourager les propriétaires et les
contractants à retirer le maximum de bénéfices. Cela pourrait être fait à travers :
x Une plus grande interaction entre l’Assemblée du District et les parties prenantes à travers
la promotion de stratégies communautaires de gestion des mangroves ; les structures
politiques locales et les parties prenantes traditionnelles doivent être impliquées.
x L’éducation des populations locales sur la situation présente sur le terrain en matière de
mesures à prendre pour maîtriser la coupe non planifiée des mangroves ;
x La création d’une conscience environnementale est impérative pour mettre en œuvre avec
succès les recommandations ci-dessus.
x
Références
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Résumé
Le statut de conservation des forêts de mangroves le long du littoral kenyan a été évalué
à l’aide de photos aériennes, de vérification intensive au sol et d’un SIG. Les peuplements
primaires de mangroves sur la côte nord du Kenya à Kiunga, avaient des taux de
repeuplement et une biomasse restante de 2142,0 et 497,1 tonne/ha respectivement.
Cependant, sur la côte sud du Kenya, les mangroves sont plus dégradées en raison de la
pression exercée par l’exploitation du bois. Les taux de repeuplement des peuplements de
mangrove à Gazi étaient de 678 tiges/ha avec une biomasse restante de 43,5 tonne/ha. La
régénération naturelle des forêts secondaires de mangroves à Mida semble appropriée,
ainsi elle ne nécessitait par de repeuplement.
Introduction
Les mangroves sont des forêts poussant au bord des mers tropicales (Spalding, et al.,
1997). En plus de fournir une gamme de produits dont les populations ont besoin, y
compris les matériaux de construction, le bois de feu, les tannins, le fourrage et les
médicaments à base de plantes, les mangroves ont une importance écologique,
économique et sociale inestimable aux niveaux local et global (FAO, 1994). Les
mangroves servent d’aire de reproduction et d’alimentation pour plusieurs espèces de
poissons, de mollusques, de crustacés et d’oiseaux (Saenger, 2002). Etant situées au bord
des mers, les mangroves contrôlent l’érosion côtière et la montée du niveau de la mer
(FAO, 1994).
1
James Gitundu Kairo, Programme de reboisement des mangroves, Kenya Marine and Fsheries
Research Institute, P.O. Box 81651, Mombasa, Kenya.
Email: jkairo@[Link]; gkairo@[Link] ; ckairo2002@[Link]
2
Jared Bosire, Programme de reboisement des mangroves, Kenya Marine and Fisheries
Research Institute, P.O. Box 81651, Mombasa, Kenya. Email: jbosire@[Link]
La présente étude avait pour but de maintenir le ravitaillement en biens et de services par
les mangroves sans occasionner des effets néfastes sur la résilience de l’écosystème
forestier. Plus particulièrement, les objectifs de l’étude étaient les suivants :
Les mangroves dans le nord du Kenya, à Kiunga, sont des forêts vierges à demi-vierges
(Kairo et al., 2002a). Ces forêts sont généralement des formations de mangroves côtières
et sont situées dans des zones à faible densité humaine. La crique de Mida représente une
forêt exploitée en cours de régénération naturelle rapide (Kairo et al., 2002b) ; alors que
les mangroves de Gazi sont des forêts dégradées qui ne récupéreront jamais naturellement
leur santé d’antan sans l’intervention des hommes (Kairo, 1995, Kairo et al., 2001, Kairo
et al., 2008). L’observation superficielle des mangroves dans les sites d’étude suggère
qu’elles diffèrent en matière de structure (physiognomonie) d’où la description
quantitative des populations a été effectuée pour fournir des informations de base et une
meilleure compréhension de leurs types écologiques naturels.
Kiunga
Figure 1. Le littoral du Kenya comprend des zones importantes de mangroves. Dans la presente étude,
les mangroves du Kenya ont été divisées en deux grandes régions ; la zone au nord et au sud du delta du
fleuve Tana. Les valeurs numériques représentent les zones pilotes : 1 – Kiunga, 2 – Crique de Mida, 3 –
Baie de Gazi.
Résultats et discussions
pied moyen pour les tiges au dessus de 5,0cm de diamètre était de 145,88 m³/ha (champ :
6.85 - 710.0 m³/ha) ; correspondant à 1736 tiges/ha. En raison de leur potentiel important
de productivité et de régénération naturelle, les mangroves de Kiunga ont des
perspectives excellentes d’exploitation durable.
b. Caractéristiques structurelles
Le Tableau 1 résume les résultats des inventaires de végétation de mangroves dans les
zones pilotes. Les indices de complexité élevés (IC) enregistrés dans les forêts de
mangroves au nord du fleuve Tana, en particulier la haute surface terrière et la hauteur de
canopée à Kiunga (IC = 62,81) en comparaison avec les mangroves du sud à la crique de
Mida (6,97) et à la baie de Gazi (0,35) – Tableau 1. A Kiunga, 50% des arbres avaient un
dhp de 16 – 27 cm (hauteur : 9-17m) alors qu’à Mida, 50% des tiges avaient un dhp de 14
– 25 cm (hauteur 6 – 12) – Fig 2. Par rapport aux mangroves se trouvant au nord du
fleuve Tana, les forêts au sud du fleuve Tana sont gravement degradées en raison de la
densité de la population dans la zone (Kairo et al., 2002a, 2002b, Dahdouh-Guebas et al.,
2004).
Fig. 2. Répartition de la croissance en hauteur des forêts de mangroves dans les zones d’étude.
Les diagrammes à surface montrent une répartition centile dans chaque cas (Source :
Kairo et al., 2002a, 2002b)
Conclusions
Les évaluations récentes des ressources forestières mondiales indiquent qu’environ 50%
des mangroves dans le monde ont été perdues lors des 50 années écoulées et que la
plupart des mangroves à travers le monde risquent de disparaître dans les décennies à
venir (FAO, 2005, Duke et al., 2007). Les causes sous-jacentes de la perte et de la
modification des mangroves au Kenya sont associées à la croissance de la population
dans les zones côtières qui entraine la surexploitation des ressources, la conversion des
zones de mangroves à d’autres utilisations telles que la pisciculture d’étang ; la dérivation
des cours d’eau douce, l’envasement important associé à la mauvaise utilisation des terres
et à la pollution. Les pertes de mangroves ont affecté les économies locales et nationales
comme indiqué par la pénurie de bois de feu et de bois de service, l’augmentation de
l’érosion côtière et la réduction des pêches (Dahdouh-Guebas et al., 2000 ; Abuodha et
Kairo, 2001). Il y a un besoin urgent de reboiser les zones dégradées en vue d’atteindre
les objectifs d’une gestion forestière durable.
Remerciements
Cet article est extrait d’une thèse de doctorat plus détaillée rédigée par l’auteur principal.
Les auteurs possèdent une vaste expérience en matière de gestion des mangroves dans la
région occidentale de l’océan Indien, y compris les mangroves d’Egypte et de
Madagascar où nous avons travaillé comme consultants de la FAO et du PNUE. Nous
remercions le bureau régional de la FAO pour l’invitation à contribuer à ce magazine.
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