0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
2 vues19 pages

Cours EC Chèque

Le chèque est un instrument de paiement réglementé par le code de commerce, qui ordonne à une banque de payer une somme d'argent au bénéficiaire. Il doit respecter des conditions de forme et de fond, incluant des mentions obligatoires, et ne peut plus être endossé depuis la loi de 2024. De plus, le chèque doit être tiré au profit d'une personne dénommée et ne peut pas être utilisé comme instrument de crédit.

Transféré par

pnheberg1
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
2 vues19 pages

Cours EC Chèque

Le chèque est un instrument de paiement réglementé par le code de commerce, qui ordonne à une banque de payer une somme d'argent au bénéficiaire. Il doit respecter des conditions de forme et de fond, incluant des mentions obligatoires, et ne peut plus être endossé depuis la loi de 2024. De plus, le chèque doit être tiré au profit d'une personne dénommée et ne peut pas être utilisé comme instrument de crédit.

Transféré par

pnheberg1
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Titre II- Le chèque

Le législateur réglemente le chèque dans les articles 346 et suivants du code de


commerce sans le définir. Mais, il résulte de ces articles qu’il s’agit d’un titre
par lequel une personne dénommée tireur donne l’ordre à son banquier ou à une
institution assimilée (le tiré) de payer une somme d’argent préalable et
disponible au profit du bénéficiaire.
Malgré la ressemblance apparente entre le chèque et la LC payable à vue
(rapport triangulaire, mandat de payer une somme d’argent, formalisme…), le
chèque se distingue nettement de la LC puisqu’il constitue exclusivement un
instrument de paiement et qu’il est interdit, sous peine de sanctions pénales de
l’utiliser comme instrument de crédit ou de garantie.
D’ailleurs, contrairement à la provision de la LC qui peut ne pas exister au
moment de la création, la provision du chèque doit être préalable et disponible.
En outre, le chèque ne constitue plus un titre négociable en vertu de la loi du 2
août 2024 (qui a abrogé les articles du [Link] relatifs à l’endossement du
chèque), ce qui l’éloigne encore plus des autres effets de commerce.
En effet, le chèque est un titre utilisé par le titulaire d’un compte bancaire
comme instrument de paiement ou de retrait de fonds.
Chapitre I : La création du chèque:
Il convient, tout d’abord, de distinguer la création de "l’émission" du chèque qui
suppose, en plus de la création du chèque et de sa signature, la remise du titre à
son bénéficiaire.
Section 1 - Les conditions de forme :
Le chèque est un titre qui doit être établi sous forme d’un écrit + doit comporter
certaines mentions obligatoires
Paragraphe 1: les formules de chèques:
La loi exige que le chèque soit un écrit mais ne précise pas la nature de cet écrit.
En pratique, les chèques sont créés sur des formules standardisées, détachées
d’un carnet à souches. Ces formules de chèques sont délivrées par le banquier à
ses clients titulaires de comptes. Mais, la délivrance de carnets de chèques doit
être précédée d’une mesure préventive, imposant la consultation de la banque
Centrale de Tunisie sur la situation du titulaire du compte (conformément à

1
l’article 411-6 [Link] + l’article 410 nouveau, tel que modifié par la loi de
2024).
Paragraphe 2: les mentions obligatoires du chèque:
A l’instar de la LC, le chèque est un acte formaliste qui doit contenir plusieurs
mentions obligatoires prescrites par la loi, sous peine de nullité. Certaines de ces
mentions sont prévues par l’article 346 du [Link] + d’autres ont été ajoutées par
la loi du 2 août 2024.
A- Les mentions obligatoires prescrites par l’article 346 [Link]:
Cet article prévoit que le chèque contient :
1) La dénomination de chèque, insérée dans le texte même du titre et
exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ;
Intérêt : pour distinguer le chèque des titres voisins, mais le terme "chèque" est
en fait inscrit dans toutes les formules de chèques délivrées par les banques (en
arabe et en français)
2) Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
Le terme mandat est utilisé ici dans le sens courant (≠sens technique/ordre)
Il doit être pur et simple c.à.d. inconditionnel + la somme doit être déterminée
(≠stipulation d’intérêts)
3) Le nom de celui qui doit payer (tiré) ;
Le chèque ne peut être tiré que sur un banquier ou un établissement assimilé.
4) L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer ;
Il s’agit en fait de l’indication du nom de l’agence où le tireur a ouvert son
compte.
Toutefois, pour éviter la sanction de la nullité, l’article 347 a précisé qu’à défaut
d’indication spéciale, le lieu désigné à côté du nom du tiré est réputé être le lieu
de paiement + si plusieurs lieux sont indiqués, le chèque est payable au premier
lieu indiqué + à défaut de toute indication, le chèque est payable au lieu où le
tiré a son établissement principal.
5) L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé ;
- L’indication de la date permet de déterminer la capacité du tireur +
calculer les délais de présentation au paiement et les délais de recours.

2
Il convient de rappeler que le chèque est un titre payable à vue et qu’il est donc
inutile de le postdater. D’ailleurs, l’article 371 précise que toute mention
contraire est réputée non écrite + que le chèque présenté au paiement avant le
jour indiqué comme date d’émission, est payable le jour de la présentation.
De plus, le défaut d’indication de la date d’émission du chèque et l’indication
d’une fausse date sont passibles d’une amende de 6 % du montant du chèque.
Toutefois, et même si le défaut d’indication de la date de création du chèque est
sanctionné par la nullité du titre, cette nullité demeure sans incidence sur le délit
d’émission de chèque sans provision.
- Le lieu de création du chèque permet de déterminer le Droit applicable en
cas de conflit de lois dans l’espace.
Conformément aux dispositions de l’article 347 [Link], l’omission du lieu de
création du chèque entraîne, en principe, la nullité du titre mais le même article
ajoute une règle de suppléance selon laquelle "le chèque sans indication du lieu
de sa création est considéré comme souscrit dans le lieu désigné à côté du nom
du tireur".
6) La signature de celui qui émet le chèque (tireur).
La signature du tireur est une mention très importante puisqu’elle exprime sa
volonté + elle l’engage aussi bien sur le plan civil (il garantit le paiement du
titre) que sur le plan pénal (risque de sanctions pénales en cas de défaut de
paiement du chèque).
Cette signature doit être manuscrite et ne peut être remplacée par aucune autre
forme (griffe, cachet, timbre…) + Elle doit être conforme au spécimen de
signature déjà enregistré chez le banquier tiré.
Le défaut de signature entraine la nullité du titre en tant que chèque. Mais, le
chèque non signé ne perd pas toute sa valeur juridique puisqu’il peut constituer
un commencement de preuve par écrit.
La fausse signature entraîne également la nullité du titre. Mais, comme en
matière de L.C et conformément au principe de l’indépendance des signatures
consacré dans l’article 356 [Link], "les obligations des autres signataires n’en
sont pas moins valables". Sauf que cette disposition n’a plus de sens (en matière
de chèque) après l’interdiction de l’endossement par la loi du 2 août 2024.
+ La fausse signature sciemment apposée par le tireur afin de provoquer le rejet
du chèque par le tiré (pour signature non conforme) constitue une infraction

3
pénale qui serait punie d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 500
dinars.
B- Les mentions obligatoires ajoutées par la loi de 2024 :
- Le nom du bénéficiaire :
Conformément à l’article 410 Bis (nouveau) al.7, le chèque ne peut plus être tiré
qu’au profit d’une personne dénommée (PP ou PM), sauf les cas déterminés par
la loi. Le dernier alinéa du même article précise que le titre dans lequel le nom
du bénéficiaire fait défaut, ne vaut pas comme chèque.
Cette nouvelle disposition abroge ainsi l’article 351 du [Link] qui permettait
la création du chèque au porteur, ou à une personne dénommée avec la clause à
ordre.
Il convient, dès lors, de préciser que le chèque est désormais payable à une
personne dénommée et non pas à l’ordre d’une personne dénommée puisque ce
titre ne peut plus circuler (ne peut être endossé qu’au profit de la banque pour
remboursement).
- La valeur maximale du chèque (le plafond)
Conformément à l’article 410 Bis (nouveau), le chèque doit obligatoirement
comporter l’indication de sa valeur maximale qui ne peut dépasser 30.000 D.
PS : la banque détermine la valeur du plafond général pour chaque carnet de
chèques en fonction de la solvabilité financière de chaque client (ensuite ce
plafond est divisé sur les feuilles du carnet et chaque feuille doit comporter
l’indication de sa valeur maximale).
À défaut de cette indication, le titre ne vaut pas comme chèque. Il en est de
même lorsque le chèque comporte un montant supérieur à sa valeur maximale.
- La date d’expiration (durée de validité)
La banque fixe également pour chaque carnet de chèques une durée de validité
d’au moins six mois. Cette date d’expiration doit être indiquée sur chaque
feuille du carnet. À défaut, le titre ne vaut pas comme chèque.
La même sanction est prévue lorsque le chèque est présenté au paiement après 8
jours ouvrables de la date d’expiration de sa validité.
Il en résulte que le défaut d’indication de l’une des énonciations obligatoires, est
sanctionné par la nullité absolue. Mais, il faut préciser qu’il s’agit de la nullité
en tant que chèque ("ne vaut pas comme chèque") c.à.d. que le titre ne perd pas

4
toute sa valeur juridique et peut constituer un commencement de preuve par
écrit.
Section 2 - Les conditions de fond :
La structure triangulaire du chèque suppose l’existence de trois parties : un
tireur, un tiré et un bénéficiaire. Chacune de ces trois personnes doit remplir
certaines conditions pour que le chèque soit valablement créé.
Paragraphe 1: conditions relatives au tireur:
Le tireur du chèque peut être soit une personne physique, soit une personne
morale (par représentant légal).
Le tireur peut être une personne unique ou plusieurs personnes (comptes
successoraux…).
Comme tout acte juridique, l’émission du chèque doit remplir les conditions de
Droit commun prévues par l’article 2 C.O.C (capacité, consentement, objet et
cause) + lorsque le tireur agit pour le comte d’autrui, il doit avoir le pouvoir de
l’engager par chèque.
A- La capacité :
Le tireur doit avoir la capacité de disposer des fonds déposés chez le banquier
par chèque.
Ainsi, le mineur (non émancipé) n’a pas la capacité d’émettre des chèques.
Mais, son tuteur peut le faire s’il a été autorisé à exercer le commerce pour le
compte de l’incapable.
NB: Si le chèque a été émis par le mineur, il est nul à son égard, même s’il a
employé des manœuvres frauduleuses pour faire croire à sa majorité. Mais, il
demeure obligé à concurrence du profit qu’il a tiré (art.10 COC).
+ L’incapable majeur (dément, faible d’esprit…) ne peut valablement émettre
des chèques, mais son tuteur peut le faire pour son compte s’il a été autorisé par
le juge.
+ Le condamné à une peine d’emprisonnement supérieure à 20 ans + le failli
B- Pouvoir :
Comme pour la LC, le chèque peut être tiré pour le compte d’un tiers
+ peut être émis par un mandataire qui agit au nom et pour le compte du titulaire
du compte.

5
La personne physique qui agit au nom d’une PM doit avoir le pouvoir de
l’engager par chèque (le gérant d’une SARL, le PDG d’une SA…) + l’organe
social disposant du pouvoir d’émettre les chèques peut le déléguer.
C- Consentement :
Le consentement du tireur doit exister au moment de l’émission du chèque +
doit être exempt de tout vice.
Ce consentement se concrétise dans la signature du chèque qui doit être
manuscrite + doit être conforme au spécimen de signature enregistré chez le
banquier.
D- Objet :
L’objet du chèque doit être une somme déterminée (toute stipulation d’intérêts
est réputée non écrite).
E- Cause :
La cause de l’émission du chèque n’est pas indiquée sur le titre, mais elle doit
exister + doit être licite.
NB: la cause illicite n’est pas opposable au porteur de bonne foi, conformément
au principe de l’inopposabilité des exceptions qui était consacré dans l’ancien
article 368 [Link]. Mais, cette disposition a été abrogée avec les autres articles
relatifs à l’endossement du chèque par la loi de 2024.

Paragraphe 2: conditions relatives au tiré:


Conformément à l’art.348 [Link], le chèque ne peut être tiré que sur un
banquier ou une institution assimilée, ayant au moment de la création du titre,
des fonds à la disposition du tireur, et conformément à une convention expresse
ou tacite d’après laquelle le tireur a le droit de disposer de ces fonds par
chèques.
Le chèque tiré sur toute autre personne serait nul et son auteur serait passible
d’une amende de 6% du montant du chèque (art. 409 [Link]).
Conformément aux art. 349 et 350 [Link], le tiré ne peut pas accepter le
chèque, mais il peut le viser (le visa a pour effet de constater l’existence de la
provision à la date à laquelle il est donné) ou le certifier si le tireur ou le porteur
le demande (la provision du chèque certifié reste, sous la responsabilité du tiré,
bloquée au profit du porteur jusqu’au terme des délais de présentation)

6
Paragraphe 3: conditions relatives au bénéficiaire:
Conformément à l’alinéa 7 de l’article 410 bis (nouveau), il n’est désormais
permis de tirer un chèque qu’au profit d’une personne dénommée, qu’elle soit
une PP ou une PM, sauf exception prévue par la loi (mention obligatoire pour la
validité du chèque).
Ainsi, le chèque ne peut plus être tiré au porteur ou en blanc.
Mais, il résulte de l’article 352 que le bénéficiaire peut être le tireur lui-même.
Ce type de chèques est fréquent en pratique et il est utilisé pour les retraits de
fonds effectués par le titulaire du compte (chèques de caisse ou chèques de
retrait).
De même, le chèque peut être créé au profit de plusieurs bénéficiaires.
Le bénéficiaire du chèque doit avoir la capacité de recevoir la somme indiquée
sur le titre → ne peut pas être un mineur, un dément, ou un prodigue… Mais,
pour les mineurs au dessus de 13 ans (incapacité partielle), ils peuvent être
bénéficiaires, si le chèque ne leur procure que des avantages (exp: donation par
chèque).
Section 3- les effets de l’émission du chèque sur la créance originaire :
Bien que le chèque constitue un instrument de paiement, son émission et même
sa remise au bénéficiaire ne vaut pas paiement.
En effet, conformément à l’article 407 du [Link] "la remise d’un chèque en
paiement, accepté par un créancier, n’entraîne pas novation.
En conséquence, la créance originaire subsiste avec toutes les garanties y
attachées jusqu’à ce que ledit chèque soit payé."
Il convient de clarifier cette règle avant de relever ses conséquences pratiques.
Paragraphe 1- la règle de l’article 407: la remise du chèque ne vaut pas
paiement:
Il résulte de l’article 407 que le créancier n’est pas obligé d’accepter le paiement
par chèque (A) et même s’il accepte ce mode de règlement, la remise du chèque
n’opère pas novation (B)
A- L’acceptation facultative du paiement par chèque :
Le créancier est en droit de refuser d’être payé par chèque. D’ailleurs, en
pratique certains commerçants refusent ce mode de règlement, ou du moins
exigent d’être payés par chèques certifiés.

7
Mais, conformément à l’article 76 du code de la comptabilité publique, le
règlement des contributions, droits et revenus publics peut se faire par la remise
de chèques bancaires ou postaux.
De même, les parties peuvent convenir, d’un commun accord, d’un paiement
par chèque (ordinaire, visé, certifié…)
B- L’absence d’effet novatoire:
La remise du chèque n’opère pas novation c.à.d. qu’elle n’éteint pas la créance
antérieure parce que le paiement effectif n’est pas toujours certain.
D’ailleurs, l’article 77 du code de la comptabilité publique exprime cette idée
puisqu’il précise que le comptable qui reçoit un chèque délivre au redevable un
reçu mais "ce reçu n’est libératoire que sous réserve de l’encaissement du
chèque ".
Paragraphe 2- les conséquences pratiques de la règle de l’article 407:
La première conséquence est expressément prévue par le texte :" la créance
originaire subsiste avec toutes les garanties y attachées jusqu’à ce que ledit
chèque soit payé " → survie de la créance antérieure avec ses accessoires
+ Le lieu du paiement est celui de l’encaissement effectif≠ celui de la remise
+ La date du paiement est également celle de l’encaissement effectif
NB: cela peut poser des problèmes en pratique (surtout lorsqu’il y a des
sanctions qui sont attachées au défaut de paiement à une échéance déterminée)
parce que l’encaissement du chèque dépend de la volonté du créancier.

Chapitre II : La provision du chèque (‫)الرصيد‬:


Section 1- La notion de provision :
La provision ne constitue pas une condition de validité du chèque. Par
conséquent, le défaut de provision n’entraîne pas la nullité du titre. Mais, il a
des conséquences graves sur le plan civil et pénal.
Le législateur n’a pas expressément défini cette notion, mais il ressort de
l’article 348 al.1 que la provision est constituée de fonds existant chez le
banquier, au moment de la création du titre, à la disposition du tireur et
conformément à une convention expresse ou tacite d’après laquelle le tireur a le
droit de disposer de ces fonds par chèque.

8
Concernant, les sources de la provision, les fonds peuvent être mis à la
disposition du tireur, soit en vertu d’un contrat de dépôt, soit en vertu d’une
ouverture de crédit :
 Lorsqu’il s’agit d’une provision constituée par un dépôt de fonds,
l’article 348 précise que le tireur doit avoir le droit d’en disposer par
chèques
→ le seul dépôt de fonds n’est pas suffisant (les fonds peuvent être
déposés dans un compte bloqué + la délivrance des formules de chèques
aux déposants n’est pas obligatoire pour le banquier).
- Le chèque doit être tiré sur un compte provisionné, même en cas de
pluralité des comptes ouverts chez le même banquier, (règle de
l’indépendance des comptes consacrée dans l’article 676).
+ La provision peut être constituée par la remise d’effets de commerce
au banquier (LC ou chèques) mais il faut que les titres soient encaissés
pour constituer valablement une provision
 La provision peut être constituée par une ouverture de crédit:
- Cette ouverture de crédit peut être expressément consentie par le banquier
à son client → conformément à l’article 705 [Link] " l’ouverture de
crédit a pour objet de mettre directement ou indirectement à la disposition
du bénéficiaire des moyens de paiement à concurrence d’une certaine
somme d’argent" → tant que l’ouverture de crédit n’a pas été révoquée, le
client peut émettre des chèques dans la limite de la somme convenue + le
banquier est obligé de les honorer
+ L’ouverture de crédit peut être verbale et prendre la forme de facilités
de caisse ou de "tolérances" en vertu desquelles la banque paye à
découvert et avise le titulaire du compte pour régulariser sa situation.
NB: ces facilités de caisse posent problème au niveau de la preuve parce
que la loi n’exige pas l’écrit (contrairement aux circulaires de la BCT).
Mais, l’article 411 nouveau, tel que modifié par la loi de 2024, sanctionne
d’une amende égale à 40 % du montant du chèque ou du reliquat de la
provision tout établissement bancaire qui refuse le paiement d’un chèque
émis par le tireur ayant compté sur un crédit qui lui a été ouvert par cet
établissement bancaire et qui ne l’a pas révoqué d’une façon légale ou des
facilités de caisse que cet établissement a pris l’habitude de lui consentir
pour des montants dont la moyenne est au moins égale au montant du
chèque ou du reliquat de la provision, et sans qu’il ne rapporte la preuve
de la notification au tireur de la révocation des dites facilités.

9
Section 2- caractéristiques de la provision :
La provision du chèque doit être préalable et disponible:
Paragraphe 1- le caractère préalable:
Contrairement à la LC, la provision du chèque doit être préalable à l’émission
parce qu’il s’agit d’un instrument de paiement (payable à vue).
Ce caractère préalable est clairement exigé dans l’article 348 selon lequel " le
chèque ne peut être tiré que sur un banquier ayant au moment de la création du
titre des fonds à la disposition du tireur".
NB: le texte exige l’existence de la provision au moment de la création, mais
cette condition est excessive + un peu théorique → l’essentiel c’est qu’elle soit
disponible au moment de la présentation au paiement (d’ailleurs, ce qui est
sanctionné c’est l’émission du chèque sans provision ≠ la création)
+En plus, ce caractère préalable a été atténué par le législateur lui-même
puisqu’il permet au tireur de reconstituer la provision dans le délai de 7 jours
ouvrables suite à l’invitation qui lui est adressée par le tiré + possibilité de
régularisation
+ Les banques sont obligées de payer les chèques d’un montant inférieur ou
égal à 20 dinars, nonobstant l’absence ou l’insuffisance de la provision.
Paragraphe 2- le caractère disponible:
Cette condition signifie que la créance de provision doit être:
- Certaine: la créance ne peut pas être soumise à une condition suspensive
ou résolutoire.
- Liquide : elle a pour objet une somme d’argent déterminée.
- Exigible: ne peut pas être soumise à un terme → ainsi, par exemple,
lorsqu’il s’agit d’un compte bloqué, la provision devient indisponible.
La disponibilité de la provision, signifie que le tireur a le droit de disposer de
ses fonds par chèques, conformément à une convention expresse ou tacite avec
son banquier (article 348). Cette convention peut être déduite de la délivrance
du carnet de chèques au titulaire du compte.
Section 3- La propriété de la provision :
Il résulte de l’article 411 nouveau qui sanctionne le retrait et le blocage de la
provision, que le tireur du chèque perd tout droit sur la provision à partir de la
date de l’émission du titre. La propriété de la provision est transmise au

10
bénéficiaire du chèque (avant la réforme, cette propriété était transmise avec
l’endossement).
→ Lorsque le banquier est informé de l’émission d’un chèque, il doit bloquer la
provision au profit du bénéficiaire. Cette obligation est expressément prévue
dans l’article 410-ter nouveau relatif à la plateforme numérique. En effet, le
bénéficiaire doit, avant la réception du chèque, consulter la plateforme pour
s’assurer de l’existence de la provision dans le compte du tireur + informer la
banque et lui demander d’affecter le montant du chèque à son profit → il reçoit
une notification de confirmation affectant le montant du chèque à sa disposition
(la provision est bloquée au profit du bénéficiaire) pendant la durée de validité
du chèque (+ 8 jours ouvrables).
NB: cette propriété est transmise au bénéficiaire même si la provision est
partielle → la banque doit lui payer ce qui existe de la provision ou l’affecter à
son profit
+ En cas de saisie arrêt du compte du tireur, les créanciers n’ont aucun droit sur
la provision du chèque (sa propriété étant déjà transmise au bénéficiaire).
Preuve ?

Section 4- absence ou insuffisance de provision :


Sur le plan civil, la provision ne constitue pas une condition de validité du
chèque. Il en résulte que le défaut de provision n’entraine pas la nullité du titre.
D’ailleurs, la nullité du titre ne serait pas une sanction efficace et ne présente
aucun intérêt → en cas de défaut de provision, le chèque ne sera pas payé par le
tiré (la banque) mais le bénéficiaire conserve le droit d’agir contre le tireur qui
demeure tenu du paiement en tant que garant (art.358).
Sur le plan pénal, l’émission d’un chèque sans provision peut constituer
(lorsque le montant du chèque est supérieur à 5000d), une infraction
sanctionnée de deux ans d’emprisonnement et d’une amende égale à 20 % du
montant du chèque (article 411 nouveau). Mais, il convient de préciser que ce
n’est pas la seule infraction relative à la provision.
Paragraphe 1- les infractions relatives à la provision (commises par le
tireur):
A- L’émission de chèque sans provision ou avec une provision
insuffisante:
Il s’agit de l’infraction la plus fréquente en pratique.
11
Une révision de l’ensemble du droit du chèque sans provision a été opérée par la
loi du 2 août 2024 qui avait pour objectif principal de renforcer la prévention à
travers la multiplication des mesures préventives (remise de formules de
chèques barrés, non endossables avec un montant plafonné et une durée de
validité, l’instauration de la plateforme numérique, l’engagement des
banques…) + l’allègement de l’incrimination, aussi bien au niveau des éléments
constitutifs de l’infraction qu’au niveau des poursuites et des sanctions:
1/ les éléments matériels de l’infraction:
 L’existence du chèque: sur le plan pénal, il suffit que le titre présente
les apparences d’un chèque indépendamment de sa validité formelle
→ même si le titre ne comporte pas toutes les mentions obligatoires, il
serait nul en tant que tel en droit commercial ≠ il est soumis aux
dispositions pénales sanctionnant l’émission de chèque sans provision
 L’émission du chèque, ce qui suppose la création + la remise du
chèque au bénéficiaire
 Le montant du chèque: l’incrimination a été supprimée pour les
chèques d’un montant égal ou inférieur à 5000d
 L’absence ou l’insuffisance d’une provision préalable et
disponible:
L’article 411 nouveau sanctionne celui qui a émis un chèque sans provision
préalable et disponible ou dont la provision est inférieure au montant du
chèque…mais il précise n’ayant pas compté sur un crédit qui lui a été ouvert
par l’établissement bancaire tiré ou des facilités de caisse que cet établissement
a pris l’habitude de lui consentir pour des montants dont la moyenne est au
moins égale au montant du chèque ou du reliquat de la provision et qui n’ont
pas été révoqués d’une façon légale.
2/ l’élément moral de l’infraction:
Cet élément a été supprimé en droit tunisien depuis 1977 → la mauvaise foi du
tireur n’est pas exigée en tant qu’élément de l’infraction.
Cela se justifie par la possibilité ouverte au tireur pour régulariser sa situation→
après l’expiration du délai de régularisation, le tireur est présumé de mauvaise
foi.
B- Le retrait de la provision:
L’article 411 nouveau sanctionne également celui qui retire, après l’émission du
chèque, tout ou partie de la provision.

12
C- Le blocage de la provision:
L’article 411 nouveau sanctionne également celui qui fait opposition au
paiement du chèque auprès du tiré, en dehors des cas prévus par l’article 374 (en
cas de perte ou de vol du chèque ou de faillite du porteur).
Paragraphe 2- les infractions qui peuvent être commises par le bénéficiaire:
 L’acceptation en connaissance de cause d’un chèque sans
provision:
Le même article sanctionne dans son 3ème alinéa celui qui, en connaissance de
cause, a accepté un chèque émis dans les conditions visées aux alinéas
précédents.
 l’article 411 nouveau sanctionne également toute personne qui reçoit
un chèque à titre de garantie
 L’article 412 sanctionne celui qui exige ou provoque la remise d’un ou
de plusieurs chèques dont le montant est égal ou inférieur à 20d, et ce
pour payer un montant supérieur à 20d (parce que l’établissement
bancaire est obligé de payer, nonobstant l’absence ou l’insuffisance de
la provision tout chèque tiré sur lui d’un montant inférieur ou égal à
20d).
Paragraphe 3- les infractions qui peuvent être commises par le tiré:
 L’article 412 sanctionne d’une amende de 500 à 5000d tout
établissement bancaire tiré qui indique sciemment une provision
inférieure à la provision existante
 Le refus du paiement d’un chèque émis par un tireur ayant compté sur
une ouverture de crédit ou des facilités de caisse habituellement
accordées qui n’ont pas été révoquées de façon légale (sanction d’une
amende égale à 40% du montant du chèque ou du reliquat de la
provision).
Chapitre III : L’interdiction de l’endossement du chèque:

Chapitre IV : paiement du chèque et recours faute de paiement:


Section 1 – Le paiement :
Le paiement du chèque est régi par les articles 371 à 382 [Link] qui
ressemblent, dans une grande mesure, aux articles qui régissent le paiement de
la LC. Mais, il présente certaines spécificités inhérentes à sa fonction
d’instrument de paiement.
13
Paragraphe 1- les obligations du bénéficiaire:
La philosophie du droit cambiaire est axée sur l’idée de la protection du porteur
et a pour objectif principal de garantir son droit au paiement. Mais, le porteur ne
mérite cette protection que s’il est diligent et s’il respecte les obligations mises à
sa charge par la loi (surtout celle de présenter le chèque au paiement).
A- Les obligations préalables à la présentation :
Dans le cadre des mesures préventives prévues par la loi de 2024, l’article 410
ter nouveau a ajouté une obligation préalable à la présentation du chèque au
paiement et qui consiste dans la consultation de la plateforme numérique. Ainsi,
le bénéficiaire doit, avant la réception du chèque, consulter la plateforme pour
s’assurer de l’existence de la provision dans le compte du tireur + informer la
banque et lui demander d’affecter le montant du chèque à son profit.
B- L’obligation de présentation :
 Lieu de présentation:
Le chèque doit être présenté au paiement au lieu indiqué sur le titre (mention
obligatoire). Le lieu de présentation est généralement celui de l’agence où le
compte du tireur est ouvert.
A défaut d’indication spéciale, c’est le lieu indiqué à côté du nom du tiré qui est
réputé être le lieu du paiement + si plusieurs lieux sont inscrits → le premier
lieu indiqué + à défaut de ces indications → le lieu où le tiré a son principal
établissement).
Le chèque peut être peut être présenté à une chambre de compensation (entre
banques).
 Délai de présentation:
Le chèque est un titre payable à vue → il peut être immédiatement présenté au
paiement (dès sa création), indépendamment de la date indiquée sur le titre (il
est inutile de le postdater). D’ailleurs, l’article 371 précise que "le chèque
présenté au paiement avant le jour indiqué comme date d’émission, est payable
le jour de la présentation". Mais, le chèque doit être présenté dans les délais
fixés à l’article 372 : délai de 8ours pour les chèques émis et payables en
Tunisie / délai de 60 jours pour les chèques émis hors du territoire tunisien. Le
point de départ du délai est le jour indiqué sur le chèque comme date
d’émission.
Malgré la rigueur du droit cambiaire, l’article 374 précise que " l’établissement
bancaire tiré doit payer, même après l’expiration du délai de présentation.."

14
→ sanction du dépassement du délai? → en cas de présentation tardive, le
bénéficiaire est considéré négligent + sanctionné par la déchéance → art. 386 :
il perd le droit d’agir contre les endosseurs, le tireur et les autres obligés! + il
conserve le droit d’agir contre le tireur qui n’a pas fait provision et contre les
autres obligés qui se seraient enrichis injustement (art. 398 dernier al).
NB (-) : ces dispositions auraient dû être abrogées ou modifiées suite à
l’interdiction de l’endossement.
L’importance du délai de présentation apparaît également dans le calcul des
délais de prescription qui commencent à courir à partir de l’expiration du délai
de présentation.
+ si le chèque est certifié, la provision ne reste bloquée au profit du porteur,
sous la responsabilité du tiré, que jusqu’au terme du délai de présentation.
Paragraphe 2- les obligations du tiré:
A- L’obligation préalable à la présentation:
D’abord, avant la présentation du titre au paiement, et dans le cadre des mesures
préventives prévues par la loi de 2024, lorsque le banquier est informé de
l’émission d’un chèque, il doit bloquer la provision au profit du bénéficiaire.
Cette obligation est expressément prévue dans l’article 410-ter nouveau relatif à
la plateforme numérique. En effet, lorsque le bénéficiaire informe la banque et
demande l’affectation de la provision, il reçoit une notification de confirmation
affectant le montant du chèque à sa disposition (la provision est bloquée au
profit du bénéficiaire) pendant la durée de validité du chèque (+ 8 jours
ouvrables).
Ensuite, lorsque le chèque est présenté au paiement dans les délais, une
obligation de vérification pèse sur le banquier. Cette vérification porte
essentiellement sur l’identité du bénéficiaire et la régularité formelle du titre
B- L’obligation de vérifier l’identité du porteur:
Cette obligation s’impose pour que le paiement soit libératoire.
La vérification est devenue plus facile avec la réforme de 2024 puisque
l’indication du nom du bénéficiaire constitue désormais une mention obligatoire
+ l’endossement est désormais interdit → le porteur légitime = le bénéficiaire
≠ avant la réforme, le chèque pouvait être émis au porteur + possibilité
d’endossement → le banquier avait une obligation de vérifier la qualité du
porteur qui présente le titre au paiement + obligation de vérifier la régularité de
la chaine des endossements.
15
C- L’obligation de vérifier la régularité formelle apparente du titre :
Le banquier doit vérifier la régularité formelle du chèque → existence de toutes
les mentions obligatoires + notamment la conformité de la signature au
spécimen déposé par le titulaire du compte.
Paragraphe 3- L’interdiction des oppositions :
Le législateur interdit au tireur de s’opposer au paiement après l’émission du
chèque → art. 374 " il n’est admis d’opposition au paiement du chèque par le
tireur qu’en cas de perte ou de vol du chèque ou de faillite du porteur". → en
dehors de ces hypothèses, l’opposition -irrégulière- constitue un délit pénal
(blocage de la provision).
Section 2 – Le défaut de paiement :
Le défaut de paiement du chèque ouvre au porteur des recours qui sont soumis à
une procédure préalable et qui sont régis par des règles qui rappellent dans une
large mesure celles relatives à la LC (quoique plusieurs modifications ont été
apportées par la loi de 2024).
Paragraphe 1- procédure préalable au recours (le protêt):
L’art.386 [Link] permet au porteur impayé d’exercer ses recours (contre les
endosseurs, le tireur et les autres obligés) "si le chèque présenté en temps
utile n’est pas payé et si le refus de paiement est constaté par un protêt".
NB : ce texte aurait dû être modifié et limité au recours contre le tireur (suite à
l’interdiction de l’endossement).
→ Le recours est subordonné à une double condition : présentation dans le délai
+ établissement du protêt → rigueur et formalisme
Conformément à l’art. 387, le protêt doit être établi par un huissier de justice,
avant l’expiration du délai de présentation (8 jours) + si le chèque est présenté le
dernier jour du délai, le protêt peut être établi le premier jour ouvrable suivant.
Ces délais sont prolongés en cas de force majeure (art. 394).
Le protêt doit être fait au domicile du banquier sur qui le chèque était payable
(art. 400). Il contient la transcription littérale du chèque et des endossements
ainsi que la sommation de payer le montant du chèque + les motifs du refus de
paiement + en cas de paiement partiel, le montant de la somme qui a été payée
(art.401).
L’art. 402 affirme que "nul acte de la part du porteur ne peut suppléer l’acte de
protêt hors les cas prévus par l’art. 379 et ss relatifs à la perte ou au vol du

16
chèque et par l’art.410 ter dans ses dispositions relatives à l’émission de
chèques sans provision"
NB : il convient de faire quelques observations sur la portée de l’exigence du
protêt qui semble être atténuée par plusieurs dispositions :
L’art. 410 ter a été modifié par la loi de 2024 + un article 410 ter bis a été ajouté
et a déterminé les obligations de l’établissement bancaire tiré en cas de refus de
paiement pour défaut, insuffisance ou indisponibilité de provision → il doit
immédiatement porter au verso du chèque la date de sa présentation + payer au
porteur ce qui existe de la provision ou l’affecter à son profit + informer, le jour
même, le tireur (par la plate-forme ou tout autre moyen laissant une trace écrite)
et l’inviter à approvisionner son compte ou à rendre la provision disponible,
dans un délai ne dépassant pas 7 jours ouvrables.
Si le tireur ne régularise pas sa situation dans ce délai, l’établissement bancaire
tiré doit établir un certificat de non-paiement comportant la transcription
littérale du chèque + l’indication de la date de présentation + le défaut ou
l’insuffisance de provision ou son indisponibilité + s’il y a lieu, tous les autres
motifs ayant fait obstacle au paiement.
→ Une grande ressemblance entre le contenu de ce certificat et celui du protêt.
NB : avant la réforme de 2024, l’art.410 quarter permettait au porteur de faire
dresser protêt en cas de refus par l’établissement d’établir le certificat de non-
paiement.
Mais, cet article a été abrogé → l’acte du protêt est-il devenu indispensable
dans tous les cas? (même si le certificat de non-paiement a été établi).
Le protêt demeure exigé en dehors des cas où le défaut de paiement est dû à une
absence ou insuffisance de la provision : opposition au paiement, refus du
banquier de payer le chèque pour signature non conforme ou pour l’omission
d’une mention obligatoire, refus du banquier de dresser le certificat de non-
paiement…
→ le certificat de non-paiement ne devrait remplacer le protêt que dans
l’hypothèse où le défaut de paiement tenait à la provision (absence, insuffisance
ou indisponibilité) ≠ dans les autres hypothèses, le porteur qui veut exercer ses
recours contre les signataires du chèque impayé, devrait faire dresser protêt.
+ L’exigence du protêt n’est pas d’ordre public→ le chèque peut comporter une
clause de "retour sans frais" ou "sans protêt" (mais cette clause n’est pas utilisée
en pratique).

17
Paragraphe 2- le recours du porteur impayé:
Le recours faute de paiement est régi par les articles 386 et ss qui reprennent
plusieurs règles du droit de la LC (solidarité des signataires, inopposabilité des
exceptions…). Mais ces dispositions qui n’ont pas été abrogées ont perdu leur
sens après l’interdiction de l’endossement du chèque
→ le porteur conserve le droit d’agir contre le tireur et ce recours est
subordonné à la double condition (présentation du chèque au paiement dans le
délai légal de 8 jours + établissement du protêt) ≠ sinon, il serait considéré
comme porteur négligent et serait déchu de son droit de recours sur le plan
cambiaire.
Dans le cadre de son recours, le porteur peut réclamer le montant du chèque
impayé + les intérêts à partir du jour de la présentation+ les frais de protêt…
+ il est supposé bénéficier des avantages et des garanties cambiaires offertes au
porteur de la LC impayée (solidarité des débiteurs, inopposabilité des
exceptions, indépendance des signatures…) mais toutes ces garanties n’ont plus
de sens après l’interdiction de l’endossement du chèque.
+ Indépendamment de l’action qu’il pourrait exercer, le porteur du chèque ayant
fait l’objet d’une attestation de non paiement ou d’un protêt, peut sur simple
présentation du chèque procéder à une saisie conservatoire sur les biens
mobiliers du tireur
+ A l’instar du porteur de la LC, le bénéficiaire du chèque impayé peut
également obtenir une injonction de payer (contre le tireur) exécutoire dans le
délai de 24 heures après sa notification, nonobstant appel (à condition de
l’établissement d’un protêt ou d’un certificat de non-paiement).
Paragraphe 3- la prescription du recours:
La prescription est réglementée par les articles 398 et 399 qui reprennent dans
une large mesure les dispositions de l’article 335 relatif à la LC.
→ Une prescription de six mois qui joue pour les recours du porteur contre le
tireur à partir de l’expiration du délai de présentation
NB : le même délai est prévu pour les recours contre les endosseurs + pour les
recours des divers obligés au paiement les uns contre les autres (ces dispositions
auraient dû être abrogées)
+ Une prescription de trois ans qui s’applique à l’action du porteur contre le tiré.

18
Paragraphe 4- la survie de l’action fondamentale:
La prescription a pour effet d’éteindre l’action fondée sur le titre + de même, la
négligence du porteur est sanctionnée par la déchéance des recours sur le plan
cambiaire ≠ le porteur conserve le droit d’agir sur le plan du rapport
fondamental.
→ L’article 398 a ajouté dans son dernier alinéa "toutefois, en cas de déchéance
ou de prescription, il subsiste une action contre le tireur qui n’a pas fait
provision ou les autres obligés qui se seraient enrichis injustement".
→ Le fondement de ces recours de droit commun?
La règle de l’article 407 : la remise d’un chèque en paiement n’entraine pas
novation + il n’y a pas extinction de la créance originaire qui subsiste jusqu’à ce
que le chèque soit payé.
→ Le porteur déchu ou dont l’action se trouve prescrite, peut en se plaçant sur
le terrain du rapport fondamental, agir contre son débiteur, en utilisant le chèque
comme promesse de payer ou comme commencement de preuve par écrit, dans
les conditions du droit commun.
NB : la même solution peut être retenue en cas de nullité du titre en tant que
chèque → il peut être utilisé comme titre de créance ordinaire

19

Vous aimerez peut-être aussi