Le racisme
Le racisme est une doctrine qui affirme la hiérarchie des races, la supériorité
d'un groupe ethnique sur un autre. Cette idée de supériorité conduit au mépris et
à la haine et justifie l'exploitation, l'esclavage, la ségrégation, l'élimination et
l'anéantissement d'une population, c'est-à-dire le génocide.
Or, la théorie de la hiérarchie des races, aussi bien que celle de la pureté des
races, est dépourvu de tout fondement scientifique. La science nous apprend
qu'il n'existe aucun rapport entre les caractères physiques et les aptitudes
intellectuelles des individus; que les différences intellectuelles innées entre les
divers groupes raciaux sont moins grandes que les différences existant entre les
individus d'une même race. On a d'ailleurs remarqué que ceux qui ont tenté de
justifier l'idée d'une hiérarchie sont tous arrivés à la conclusion que le groupe
ethnique dont ils faisaient partie était supérieur à tous les autres.
En tant que doctrine, le racisme s'est constitué à la faveur de considérations
pseudo-scientifiques. Son extension a été favorisée par le développement des
moyens d'information. En tant que passion, le racisme a été scientifiquement
analysé, et on a tenté d'en comprendre l'origine. Il semble bien lié à des troubles
de la personnalité, à un défaut de l'équilibre, à un état névrotique. En effet, le
raciste est, en général, un homme réprimé qui souffre d'un complexe
d'infériorité et d'impuissance. Ces sentiments s'atténuent lorsque le raciste
décide qu'il est supérieur à certains individus appartenant à certaines races. Ces
individus « inférieurs », il a donc le droit de les mépriser. Le mépris engendre la
haine, et le complexe d'infériorité et d'impuissance est surmonté par l'agression.
Il est, je crois, nécessaire de noter que si les facteurs psychologiques jouent un
rôle important dans la genèse du racisme, celui-ci est favorisé par toute une
série d'éléments, en particulier, par les facteurs socio-économiques, par les
inégalités de toute sorte, par la ségrégation, qui entretiennent les différences
socio-culturelles, les différences tout court.
Cependant le droit d'être différent, d'une façon ou d'une autre, est un droit
essentiel de l'homme. La Déclaration universelle des Droits de l'Homme a
condamné toutes les discriminations fondées sur la race, la religion ou les
opinions. Nous touchons ici à la question capitale des droits de l'homme.
André LWOFF
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