Etude de La Structure Des Peuplements Macro-Invertébrés Benthiques Au Niveau Des Cours D'eau Du Bassin Versant Kébir-Rhumel (Nord-Est Algérien)
Etude de La Structure Des Peuplements Macro-Invertébrés Benthiques Au Niveau Des Cours D'eau Du Bassin Versant Kébir-Rhumel (Nord-Est Algérien)
Université de Jijel
جامعة جيجل
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
كلية علوم الطبيعة والحياة
Département Sciences de l’Environnement et Sciences
قسم علوم البيئة والعلوم الفالحية
Agronomiques
Thèse
Présenté par :
MAMMERI Imad
Filière : Biologie
Spécialité : Sciences de l’environnement
Thème
Avant d’entreprendre l’exposé et l’explicité de contenu de cette étude, tout d’abord, je remercie
fortement et très sincèrement en premier lieu Allah, le tout puissant de me avoir aidé et donné la
volonté et la santé pour achever cette thèse. Je remercie mes premiers professeurs dans la vie, ma
tendre mère et mon cher père, qui m’ont toujours encouragé et soutenus durant toutes mes années
d’études et dans les moments les plus difficiles. Je remercie ma chère épouse pour son soutien,
encouragement et surtout pour sa patience et sa compréhension.
Je tiens à exprimer mes sincères remerciements et mon profond respect à Mr ZOUGGAGHE Fateh,
professeur à l’université de Bouira, qui a assuré l’encadrement et le bon déroulement de cette thèse.
Je voudrais également exprimer mes vifs remerciements aux membres du jury, le Pr. DEBIECHE
Taha-Hocine d’avoir accepté de présider le jury, Pr MAYACHE Boualem, Pr. MOULAΪ Riadh, Dr
BOULDJEDRI Mohamed et Dr. KESSERLI Omar pour l’honneur qu’ils me font en acceptant
d’examiner ce travail.
Enfin, je remercie vivement certains de mes amis de m’avoir accompagné durant toutes mes
campagnes d’échantillonnages.
Liste des tableaux
Introduction ……………………………………………………………………………...…. 1
La plupart de l'eau à la surface de la Terre est salée dans les océans (97,61%), et le reste est
constitué de glace polaire (2,08%) et d'eaux souterraines (0,29%). L'eau restante (seulement
0,009%) existe dans les écosystèmes d'eau douce sous forme de stockage temporaire dans les lacs et
les réservoirs terrestres (Wetzel, 2001). Elle joue un rôle fondamental dans le soutien de
l'environnement, de la société et de l'économie. Les écosystèmes d'eau douce, qui occupent une
infime partie de la surface de la terre, jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité
dulçaquicole, le fonctionnement des organismes et dans les cycles de la matière organique
(Sherman & Anderson, 2002 ; Strayer & Dudgeon, 2010).
Alors que le climat et la géologie d'un bassin versant déterminent en grande partie la qualité de l'eau
dans l'environnement naturel, les modifications de la qualité de l'eau induites par l'homme dans les
régions peuplées annulent cette variabilité naturelle (Silva-Benavides, 1996). Aujourd’hui, les
masses d’eau sont gravement altérées ou détruites à un rythme plus élevé qu'à n'importe quelle autre
époque de l'histoire de l'humanité, et bien plus rapidement qu'elles ne sont restaurées. Cependant, le
développement exponentiel notamment de l’industrialisation et de l’urbanisation ont
considérablement détérioré l'intégrité écologique globale et provoque une crise de la biodiversité
(Cherniwchan, 2012). La surveillance et l'évaluation fiables des ressources en eau sont
fondamentales pour une gestion efficace de la qualité de l'eau et des écosystèmes aquatiques.
Traditionnellement, les paramètres physico-chimiques ont été utilisés pour évaluer la qualité des
ressources en eau, ainsi que de nombreuses études ont démontré que les analyses physiques et
chimiques ne reflètent la qualité de l'eau qu'au moment de l'échantillonnage (Ofenböck et al., 2004).
Cependant, ils ne permettent pas de saisir l'intégralité des systèmes aquatiques, notamment en ce
qui concerne la santé et l'intégrité des écosystèmes (Park & Chon, 2015). Diverses approches sont
applicables à l'évaluation de la santé des écosystèmes à différents niveaux de la hiérarchie
biologique. Les organismes vivants sont largement utilisés comme des outils d’évaluation et de
suivi de la qualité de l’environnement, permettant la gestion et le maintien de ces écosystèmes
aquatiques.
Les invertébrés aquatiques sont les composants les plus omniprésents, les plus diversifiés et
hautement adaptés à un large éventail de conditions naturelles dans les environnements d'eau douce
(Odum et al., 1979). L'utilisation des macro-invertébrés dans le cadre de la surveillance permet de
réaliser des analyses spatiales efficaces pour déduire les charges de pollution, ce qui explique leur
réputation de groupe le plus couramment utilisé dans la bioévaluation de la qualité des eaux.
Cependant, l'impact élevé des activités humaines a provoqué de nombreux changements dans les
communautés et la biodiversité de la macrofaune benthiques (Nedeau et al., 2003). Une meilleure
compréhension des facteurs entraînant des changements dans la structure des communautés de
1
Introduction
macro-invertébrés, le long des gradients de perturbation à plusieurs niveaux taxonomiques, est donc
importante pour prédire les changements potentiels dans les conditions écologiques des milieux
aquatiques (Trigal-Domínguez et al., 2009).
Les macro-invertébrés sont considérés comme des bio-indicateurs idéaux en raison de leur large
distribution dans les cours d’eau, leur cycle de vie relativement long, leur sédentarité, leur
sensibilité variable à la pollution organique et leur facilité d'échantillonnage avec un équipement
peu coûteux (Rosenberg & Resh, 1993 ; Moisan & Pelletier, 2008). Ainsi, l’évaluation et la
surveillance de la qualité des eaux se basent sur l’utilisation d’indices biotiques et écologiques mis
en place à partir de l’analyse des structures de macro-invertébrés à différents niveaux spatiaux et
temporels, y compris la diversité des espèces, la densité, la biomasse, la valeur de tolérance et les
variables fonctionnelles et trophiques.
Bien que les écosystèmes fluviaux en Algérie, tout autant que la vaste région de l’Afrique du nord,
présentent une diversité taxonomique remarquable ainsi que des niveaux élevés de dangerosité et
d'endémisme, plusieurs lacunes de législation ou de programmes pour gérer, protéger et étudier la
biodiversité et l'écologie de ces écosystèmes. Ces dernières décennies, les cours d'eau d'Algérie ont
fait l'objet des études de la bio-surveillence, basées sur la macrofaune benthique afin d’avoir des
connaissances sur son écologie, sa systématique ainsi que sa biogéographie, et de dresser une liste
des taxons aussi exhaustif que possible. Un certain nombre de travaux ont déjà été entrepris
auxquels viennent s’ajouter récemment plusieurs études réalisés par différents auteurs, parmi eux :
Arab et al. 2004 ; Lounaci et Vinçon, 2005 ; Zerguine et al. 2009, Zouggaghe, 2010 ; Chaib et al.
2011 ; Haouchine, 2011 ; Khelifa, 2013 ; Hamzaoui et al, 2015 ; Mammeri, 2015 ; Bouchelouche,
2015 ; Sellam et al. 2017 ; Benzina, 2019 ; Benhadji, 2020 ; Saal et al.2021 ; Mammeri et al. 2021.
Samraoui et al. 2021.
Nos investigations ont porté sur l’oued Kébir-Rhumel et ses principaux affluents, constituent l’un
des plus grands bassins versants situé dans le nord-est Algérien. En effet, les exigences du
développement dans cette partie du pays axé au sud du bassin Kebir-Rhumel, ont engendré des
activités qui constituent de plus en plus des menaces pour les milieux aquatiques, particulièrement
pour ceux de l’oued Kébir-Rhumel. Ce cours d’eau passe par des secteurs urbains et industriels où
l'agriculture joue un rôle considérable. L’oued Kébir-Rhumel a fait l'objet de nombreuses études sur
la qualité de l'eau, des sédiments et des sols des bordures, basées sur l'utilisation de mesures
physico-chimiques (par exemple : Afri-Mehennaoui,1998 ; Djeddi & Laouar, 2001 ; Sahli, 2002,
Afri-Mehennaoui, 2006 ; Sahli et al. 2011 ; Benrabah et al. 2013 ; Azzouz et al. 2014 ; Melghit et
al. 2015 ; Keddari et al. 2019).Tandis que, à notre connaissance, peu d'études ont été trouvées dans
la littérature utilisant l'application des indices biotiques pour évaluer la qualité de l'eau de Kébir-
2
Introduction
Rhumel, dont les macro-invertébrés benthiques dans ce cours d’eau sont mal connus et peu étudiés
auparavant. Dans cette perspective, nous avons mené cette étude afin d’établir un premier inventaire
faunistique de référence pour cette région.
Cette étude est née, en grande partie, de la nécessité d'établir des informations de base sur la
diversité et la distribution des assemblages de macro-invertébrés des cours d’eau d’Algérie, et
particulièrement de l’oued Kébir-Rhumel. Afin de combler cette lacune, notre objectif principal,
axé sur l’analyse des peuplements de macro-invertébrés, est d’étudier la diversité, la répartition et
l’abondance des macro-invertébrés benthiques en relation avec l’habitat et les caractéristiques
environnementales, d’autre part, d’évaluer la qualité hydrobiologique de l’eau et du milieu par les
voies biologiques.
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Chapitre I : Eléments de la problématique
1-1. L’écorégion
Les écorégions ou régions écologiques sont des zones où les écosystèmes (le type, la qualité
et la quantité des ressources environnementales) sont généralement similaires. Elles sont identifiées
en analysant les modèles et la composition des phénomènes biotiques et abiotiques qui affectent ou
reflètent les différences dans la qualité et l'intégrité des écosystèmes (Omernik, 1987). Ces
phénomènes comprennent la géologie, les reliefs, les sols, la végétation, le climat, l'utilisation des
terres, la faune et l'hydrologie. L'importance relative de chaque caractéristique varie d'une région
écologique à l'autre quelque soit le niveau hiérarchique.
Au début, la notion d’écorégion est appliquée sur les écosystèmes terrestres dans plusieurs régions
du monde, citant à titre d’exemple celle de Bailey (1976) sur les écorégions terrestres des Etats-
Unis. Par la suite, Omernick (1987) a adapté la notion d'hydro-écorégion aux écosystèmes
aquatiques afin de définir des objectifs régionaux pour la gestion et la qualité de l’eau.
1-2. L’hydro-écorégion
La notion d' hydro-écorégion se réfère aux zones géographiques dont les reliefs, la nature
géologique et le climat sont homogènes. A l’échelle du bassin versant, ces trois grands facteurs
physiques sont les déterminants primaires reconnus du fonctionnement des écosystèmes d’eau
courante, et sont à la base de la délimitation des hydro-écorégions (Frissell et al., 1986 ; Naiman et
al.,1992 ;Wasson, 1996). Ce concept s'inspire des théories de contrôle hiérarchique des
hydrosystèmes, et repose particulièrement sur l'emboîtement des échelles physiques, du bassin
jusqu'au microhabitat.
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Chapitre I : Eléments de la problématique
Figure 1 : Organisation hiérarchique d’échelles spatiales dans les hydrosystèmes fluviaux (d'après
Wasson et al., 1995)
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Chapitre I : Eléments de la problématique
1-5. Le faciès
A l'échelle ponctuelle, le faciès d'écoulement constitue l'élément principal au niveau
duquel des processus dynamiques et des fonctions biologiques peuvent être étudiées. Le faciès est
toute portion de cours d'eau présentant sur une certaine longueur une physionomie générale
homogène au plan des hauteurs d'eau, des vitesses et de la granulométrie (Malavoi, 1989).
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Chapitre I : Eléments de la problématique
1-6. Le microhabitat
Les sous-systèmes de microhabitats sont définis comme des parcelles dans des systèmes de
faciès qui ont un type de substrat, une profondeur d'eau et une vitesse relativement homogènes. Les
microhabitats à cette échelle sont des unités utiles pour l'étude de l'écologie comportementale des
invertébrés aquatiques (Hart, 1981) et des poissons (Smith & Li, 1983). Hawkins (1985) déclare
que "le modèle à petite échelle devrait fournir des informations sur le modèle à plus grande
échelle". On peut voir que les caractéristiques physiques qui contrôlent la distribution des
microhabitats contrôlent également la distribution des invertébrés. La relation entre une parcelle
d’habitat et son environnement à plus grande échelle est également importante pour la classification
des microhabitats, en tenant compte de leurs origines et de leur développement, ainsi que de leurs
caractéristiques à tout moment. Cette stratégie de classification des microhabitats a été développée
pour décrire l'organisation des communautés de macro-invertébrés benthiques échantillonnés à
faible débit, et pour interpréter les différences entre les communautés en relation avec les
différences spatio-temporelles de leurs habitats (Wasson et al., 1995).
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Chapitre I : Eléments de la problématique
Illiès et Botosaneanu (1963) ont proposé un concept permettant de classifier les différentes zones
d'un cours d'eau en fonction de la macrofaune benthiques qui les habite. En théorie, chaque zone
abrite des peuplements qui présentent une homogénéité qualitative. Schématiquement, ils
distinguent trois zones successives (Elouard & Gibon, 2001) :
En amont, la zone du crénon (la zone des sources) désigne les parties montagneuses des
bassins versants, caractérisés par des écoulements rapides, des pentes abruptes, une faible amplitude
thermique annuelle, des eaux acides ainsi que des habitats dominants rocheux. Ces zones sont
préférentiellement occupées par des espèces polluo‐sensibles, adaptés à des forts courants d’eau, à
des teneurs élevés en oxygène dissous et à de faibles températures. Dans cette partie, les taxons ont
un régime alimentaire varié ; des racleurs‐brouteurs, des broyeurs, des filtreurs, et des prédateurs
(Beauger, 2008).
La zone du rhithron (la zone intermédiaire) se caractérise par des pentes relativement
fortes (> 1.5 o/oo) favorisent le développement des peuplements rhéophiles et sténothermes. Cette
zone est caractérisée par divers habitats, des eaux fraiches et plus oxygénés. elle abrite une faune de
macro-invertébrés très diversifiée, généralement polluo‐sensible (Vannote et al., 1980 ; Statzner &
Higler, 1985 ; Carter et al., 1996). C’est dans cette zone que l’on trouve la majorité des
Insectes lotiques : Ephémères, Trichoptères, Diptères, Mégaloptères et Lépidopteres.
La zone du potamon (La zone inférieure) se caractérise par un affaiblissement de la
pente (< 1.5 o/oo) et une plaine alluviale très développée. Cette zone du système est caractérisée
par des conditions plus homogènes, une faible vitesse d’écoulement, et des substrats plus fins
constitués principalement par de gravier, de sable et de vase. Ainsi, la végétation riveraine, et les
substrats grossiers constituent des habitats idéals pour de nombreux taxons (Bournaud & Cogerino,
1986). Dans le potamon, certains taxons tel que les Mollusques, Coléoptères, Chironomidés ou
Crustacés se caractérisent par leur diversité, mais le nombre des espèces polluo‐sensibles est
fortement réduit, bien que la composition taxonomique est différente (Statzner & Higler, 1985 ;
Ivol‐Rigaut, 1998). Cette zone est principalement peuplée de filtreurs, de mangeurs de sédiments
fins et de prédateurs qui se nourrissent de matière organique fine, de phyto- et de zooplancton.
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Chapitre I : Eléments de la problématique
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Chapitre I : Eléments de la problématique
pour devenir pélagiques. Enfin, les endo-benthiques sont des invertébrés fouisseurs tels que les
oligochètes et les larves de chironomes. La désirabilité d'un type de substrat donné peut être évaluée
pour un taxon spécifique en utilisant la combinaison des caractéristiques interdépendantes
suivantes (Thorp & Covich, 2001):
Qu'elle soit minérale (allant de gros rochers à de fines particules d'argile), vivante (algues,
mousses, tiges et racines de plantes vasculaires), ou anciennement vivante (feuilles
abscisses et chicots de branches et de troncs d'arbres).
La teneur en limon et en matière organique.
Sa taille de particule, sa texture de surface et sa porosité.
Sa stabilité, à en juger par sa rétention dans le système et sa tendance à changer de position
(allant du sable qui se déplace presque constamment à des rochers qui tournent rarement).
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Chapitre I : Eléments de la problématique
Figure 3 : Cycles vitaux des macro-invertébrés d’eau douce (Tachet et al., 2010) ;
A : (Holobiotique et Amphibiotique), B : (Holométaboles et Hétérométaboles)
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Chapitre I : Eléments de la problématique
Les déchiqueteurs jouent un rôle majeur dans les cours d'eau de montagne car elles convertissent le
matériel végétal en nutriments et en nourriture pour d'autres organismes du cours d'eau (Graça,
2001). Les déchiqueteurs convertissent la litière de feuilles d'origine riveraine en biomasse
d'insectes et en particules organiques plus petites et plus faciles à traiter (Benfield, 2006). Les
collecteur-filtreur récoltent et consomment la matière organique fine qui dérive dans la colonne
d'eau à l'aide des parties du corps modifiées comme les branchies filtrantes chez les Simulies ou
construisent des filets comme chez les larves d’Hydropsyche. Les racleurs ou gratteurs utilisent
leurs pièces buccales adaptées pour racler ou brosser le périphyton, comme les algues recouvrant les
roches (Merritt & Cummins, 2006). Les collecteurs-récolteurs ont un régime mixte partagé entre
deux types. Les prédateurs consomment des tissus animaux vivants comme certains invertébrés et
parfois de petits vertébrés. Les taxons de ce groupe ont des adaptations spécifiques pour capturer
des proies. Les espèces indifférenciées sont des invertébrés pour lesquels il est difficile d'établir leur
groupe trophique d'appartenance. Cela concerne notamment les familles où les modes alimentaires
varient en fonction de la sous-famille ou de la tribu (ex. des chironomidae), etc.
Figure 4 : Schéma global du fonctionnement trophique dans les cours d’eau (d’après
Ivol-Rigaut, 1998). MOG : matière organique grossière, MOF : matière organique fine.
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Chapitre I : Eléments de la problématique
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Chapitre II : Région d’étude
1. La région d’étude
L’Algérie s’étend entre les latitudes 18° et 38° Nord et entre les longitudes 9° Ouest et 12°
Est. Par sa superficie (2,382 millions km²). Sur le plan géographique, climatique et écologique,
l’Algérie est l’un des pays les plus originaux de la région paléarctique et par conséquence, elle est
parmi les pays les plus diversifié biologiquement du bassin méditerranéen.
Du point de vu hydrographique, le territoire Algérien est divisé en 05 régions hydrographiques
regroupant les 19 bassins versants du pays (Tab. 1).
Tableau 1 : Régions hydrographiques et leurs bassins versants
Bassins hydrographiques Bassins versants Superficie (km²)
Côtiers oranais
Macta
Oranie-Chott Chergui 77169
Tafna
Chott Chergui
Côtiers Dahra
Chéliff-Zahrez Chéliff 56227
Chott Zahrez
Côtiers algérois
Sébaou
Algérois-Hodna-Soummam Isser 47431
Soummam
Chott Hodna
Côtiers constantinois
KébirRhumel
Constantinois-Seybouss-Mellegue MedjerdahMellegue 44348
Seybousse
Hauts Plateaux Constantinois
Chott Melghir
Sahara 2018054
Sahara
L'Algérie est divisée en trois domaines géographiques distincts : le domaine de l'Atlas Tellien au
nord, celui de l'Atlas Saharien au sud et les Hautes Plaines qui les séparent. Les cours d'eau de ces
zones sont sujets à des apports saisonniers ou annuels très irréguliers, ainsi qu'à des crues violentes
et rapides. Ces crues entraînent une importante érosion latérale des berges et un ruissellement actif
sur les versants, entraînant une forte charge solide. Dans ces grands ensembles morpho-structuraux,
nous distinguons trois systèmes hydrographiques :
Les bassins tributaires de la Mer Méditerranée: ce sont les bassins des oueds qui
drainent la façade Nord de l'Atlas Tellien et les Côtiers Sahéliens;
Les bassins endoréiques des Hautes Plaines: les eaux superficiels de ces bassins
soumises à une évaporation intense dans les Chotts;
Les bassins sahariens.
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Chapitre II : Région d’étude
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Chapitre II : Région d’étude
Figure 5 : Les grands domaines hydrogéologiques du Kébir-Rhumel (Mebarki & Thomas, 1988).
4. Le réseau hydrographique
Le bassin Kebir-Rhumel présente un chevelu hydrographique très dense, totalisant un réseau
de plus de 4200 km. Quarante-trois (43) oueds ont une longueur supérieure à 10 km (fig. 6). Ce
bassin est traversé par deux cours d'eau majeurs : l'Oued Rhumel dans sa partie sud, et dans sa
partie ouest, l'Oued Enndja. La confluence de ces deux cours d’eau donne naissance au plus grand
barrage réservoir du pays, Beni-Haroune. Après la digue du barrage, l’oued El-kébir draine la partie
aval du bassin Kebir-Rhumel avant de se déverser dans la Méditerranée.
L’oued Rhumel prend sa source vers 1160 m dans les marges méridionales du Tell, au Nord-Ouest
de Belaâ. Le cours d'eau décrit suit une orientation SO-NE et traverse les sous-bassins semi-arides
des Hautes Plaines, notamment Tadjenanet et Chelghoum Laid. Il franchit ensuite le Rocher de
Constantine en creusant des gorges calcaires profondes de 200 mètres. Après cela, il continue son
chemin vers le Nord-Ouest et conflue finalement avec l'oued Enndja, qui draine la partie
occidentale du bassin, à proximité de Sidi Merouane. Tout au long de son parcours, l'oued Rhumel
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Chapitre II : Région d’étude
est alimenté par plusieurs affluents majeurs, notamment les oueds Dekri, Athmania, Seguen,
Boumerzoug, Smendou et Ktone (Mebarki, 1982 ; Mebarki & Laborde, 2005).
En amont, la jonction des deux oueds Dehamcha et Menaâ donne naissance à l’oued Enndja. Ce
dernier est bordé au nord par la chaîne numidique, et s'écoule parallèlement à travers la partie
septentrionale-Ouest du bassin versant. Durant son parcours, l’oued Endja reçoit, sur sa rive droite,
les eaux des oueds Rarama (ou Djemila), Bou Selah, Redjas et d’El Melah (Mebarki, 1982 et 2005).
En raison de leurs caractéristiques hydroclimatologiques et géologiques distinctes, les débits de
l'oued Enndja sont supérieurs à ceux de l'oued Rhumel.
L’oued Kebir prend sa naissance des deux grands cours d’eau précédents, Rhumel et Enndja,
Actuellement, ce point de jonction est représenté par le barrage réservoir de Beni Haroune. L'oued
Kebir, initialement orienté Sud-Nord, traverse avec fougue la chaîne numidique qui est fortement
exposée aux vents pluvieux venant de la Méditerranée. Ensuite, il traverse les massifs de la Petite
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Chapitre II : Région d’étude
Kabylie d'El Milia, qui sont très arrosés, avant de s’écouler dans une large vallée vers la mer, en
franchissant un cordon littoral de faible largeur (au plus 300 m), au niveau du Douar Eldjenah,
formant une large embouchure (Mebarki, 1982). Durant son parcours, l’oued Kebir reçoit les eaux
de trois affluents important, l’oued Tara, Bou Siaba et l’oued Irdjana.
En analysant les profils en long du cours principal du Kébir-Rhumel ainsi que ceux de ses
principaux affluents, il est possible d'obtenir des informations complémentaires sur la densité de
drainage. En effet, les pentes des thalwegs jouent un rôle déterminant dans le ruissellement
superficiel, ainsi que dans les vitesses d'écoulement lors des épisodes de crues (Fig. 7). Selon ces
profils, les hautes plaines montrent des plus faibles pentes des cours d’eau notamment de l’oued
Rhumel à Constantine (6.5%) et de l’oued Boumezoug à Constantine (4%), Ainsi que les pentes
abruptes sont formées par deux effluents : oued Boussiaba (16,5%) qui se rejoint en aval de la
région de Grarem avec l'oued Kébir et aussi d’oued Semdou (18,5%) qui confluent avec l'oued
Rhumel. La rupture de pente observée dans les gorges de Constantine, associée à un encaissement
profond du lit de l’oued, contribue à accélérer la propagation des crues vers l’aval, notamment après
le rocher de Constantine. Ce phénomène engendre un transport considérable de sédiments en
direction de la retenue de Beni-Haroun (Marouf, 2012).
Figure 7 : Profil en long au cours principal et ses affluents du bassin versant Kébir-Rhumel
(Mébarki, 1982 et 1984)
5. Climatologie
Lorsqu'on parle du climat d'une certaine région, on s'intéresse à la distribution de certaines
variables météorologiques dynamiques. Il est déterminé par le schéma à long terme des moyennes
et des extrêmes de température et de précipitations à un endroit. Le climat peut être décrit pour
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Chapitre II : Région d’étude
différents intervalles de temps, tels que des décennies, des années, des saisons, des mois ou des
dates spécifiques de l'année.
Les différents facteurs climatiques agissent à tous les stades de développement des animaux
en limitant l’habitat de l’espèce. Les organismes vivants ne peuvent survivre que dans des
conditions environnementales spécifiques en termes de température, d'humidité et de pluviométrie.
Souvent, les peuplements disparaissent en deçà ou au-delà de ces limites (Dajoz, 1975).
La région de Jijel est considérée parmi les régions les plus arrosées en Algérie avec une
moyenne de l’ordre de 982 mm/an. La majeure partie des précipitations dans notre région d’étude
est enregistrée en hiver et au début du printemps, alors que le mois le plus sec est celui de Juillet.
5-2. La température
La température joue un rôle crucial dans l'équilibre des écosystèmes, c’est un facteur
écologique essentiel qui limite grandement les phénomènes métaboliques et influe
considérablement sur la répartition des espèces et des communautés vivantes dans l’écosphère
(Ramade, 1994).
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Chapitre II : Région d’étude
Les valeurs moyennes de la température mensuelle recueillies par les stations météorologiques
(Constantine, Mila et Jijel) sont apportées dans le tableau 3.
Tableau 3 : Moyennes mensuelles des températures (°C) de la région d’étude.
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aou Sep Oct Nov Déc
Constantine (1988-2018) 7.47 7.96 10.67 13.29 17.96 22.88 26.43 26.44 22.30 18.12 12.12 8.42
Mila (2007-2016) 7.9 7.7 9.8 13.5 17.28 22.3 26.3 26.2 22.2 17.9 12.3 8.6
Jijel (1991-2021) 11.3 11.3 13.4 16.6 18.6 22.6 25.8 26.3 23.5 20.5 15.5 12.5
D’après le tableau 3, les valeurs les plus élevées de la température sont observées
particulièrement durant la période d’été (Juin –Septembre) avec un maximum observé au mois de
Juillet et Août. Par contre, Janvier et Février représentent les mois les plus froids avec une des
températures les plus basses 7,47 °C, 7,7 et 11.3 °C, enregistrées respectivement au Constantine,
Mila et à Jijel.
6. Aperçu socioéconomique
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Chapitre II : Région d’étude
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Chapitre II : Région d’étude
Le chêne vert (Quercus ilex du massif du chettabah) est présent en compagnie de quelques
populations de pin d'Alep (Pinus halepensis), qui occupent une surface relativement restreinte.
Dans les régions semi-arides, les forêts sont en train de disparaître pour être remplacées par une
marge matorrale sur les massifs calcaires environnants (Fig. 9).
Selon le type de culture, la région d’étude se caractérise par une agriculture traditionnelle, moderne
(irrigation par canaux d’aspersion) et mixte. Au Sud, les principales activités des périmètres irrigués
sont essentiellement les cultures maraichères et la culture de pomme de terre. Au Nord, grâce à des
conditions climatiques très favorables, la zone du Sahel et les zones littorales sont occupées par les
cultures maraîchères, l’arboriculture et plus particulièrement par la plasticulture. La répartition de
l’arboriculture ressort essentiellement avec un maximum au niveau d'El-Milia et en deuxième
position Sidi-Maarouf dont l’olivier prend sa part sur une superficie de 12796 ha.
23
Chapitre II : Région d’étude
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Chapitre II : Région d’étude
Figure 10 : Carte des rejets industriels dans le bassin Kébir-Rhumel (ABH-CSM, 1999)
25
Chapitre III : Matériel & méthodes
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Chapitre III : Matériel & méthodes
assurer une représentation adéquate des différentes espèces et des différents stades de
développement présents dans chaque section, les stations doivent être suffisamment nombreuses et
diversifiées.
Le tableau ci-dessous présente la localisation et les principales caractéristiques des sites
d’échantillonnage.
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Chapitre III : Matériel & méthodes
2. Caractéristiques physico-chimiques
Des paramètres ont été déterminés pour chaque station afin de décrire de manière précise les
conditions environnementales adjacentes. Les paramètres non conservatif (tel que : la
température, le pH, la conductivité, l'oxygène dissous) ont pu être mesurés in-situ à l’aide d’un
multi-analyseur de terrain de type WTW 305i. Des prélèvements d’eau ont été destinés au
laboratoire pour le dosage des sels nutritifs, du calcium et des chlorures.
28
Chapitre III : Matériel & méthodes
ionique et osmotique et, dans certains groupes, la perte de NaCl. Chez certains invertébrés de fond,
des troubles de la fonction respiratoire ont été mis en évidence (Muniz, 1991).
Les mesures du pH ont été faites à l’aide de pH-mètre d'un multi-paramètres.
2-1-5. Le substrat
La nature du substrat, définie principalement par la granulométrie. Les propriétés de la
granulométrie du lit des rivières dépendent de la géologie du bassin ainsi que de l'historique
climato-géologique récent. Elles dépendent de la dégradation du substratum géologique et de
l'usage du sol, qui influencent la quantité de sédiments déposés (Wasson et al., 1998).
D’une manière générale, à mesure que l'on s'éloigne des têtes de bassin, la taille des éléments
diminue tandis que leur classement granulométrique augmente. Celui-ci dépend principalement de
la nature de l'écoulement et de la variation des vitesses, qui sont tous deux généralement associés à
la pente. A l’échelle du tronçon, le substrat joue un double rôle, à la fois en tant que variable
indépendante (Schumm, 1977) qui dépend des caractéristiques du bassin et de la distance aux
29
Chapitre III : Matériel & méthodes
sources, et en tant que variable de réponse qui peut être ajustée en fonction des variables de
contrôle, notamment la granulométrie.
On note pour chaque prélèvement le substrat dominant en suivant le code donné dans le tableau
suivant :
Tableau 5 : Echelle granulométrique de Wentworth modifiée.
Classe Appellation Code Diamètre (mm)
1 Limons et Argiles L-A [0 - 0.0625[
2 Sables (fins et grossiers) S (SF, SG) [0.0625 - 2[
3 Graviers (fins et grossiers) G (GF, GG) [2 - 16[
4 Cailloux (fins et grossiers) C (CF, CG) [16 - 64[
5 Pierres (fins et grossiers) P (PF, PG) [64 - 256[
6 Blocs B [256 – 1024[
7 Dalles D > 1024
Tableau 6 : Classification de vitesse du courant d’après Berg (1948); dans Decamps (1967).
Vitesse Courant
Inférieur à 10 cm/s Très lent
De 10 à 25 cm/s Lent
De 25 à 50 cm/s Moyen
De 50 à 100 cm/s Rapide
Supérieur à 100 cm/s Très rapide
30
Chapitre III : Matériel & méthodes
L’ammonium (NH4+), les nitrites (NO2-), les nitrates (NO3-), et le phosphore(PO43-) ont été mesurés
par la méthode spectrophotométrie d’absorption moléculaire à l’aide d’un spectromètre
d’absorption moléculaire de type Odissey. Cette méthode, encore dénommée « colorimétrie », est
fondée sur le principe d’absorption de la lumière monochromatique traversant une solution
absorbante de concentration C contenue dans une cuve d’épaisseur L.
La réactionde l'ammonium (NH4+) avec les ions salicylate et hypochlorite en présence de
nitroprussiate de sodium donne un composé bleu mesuré au spectromètre à environ 655 nm. Les
ions hypochlorite sont générés par hydrolyse alcaline du sel de sodium du dichloroisocyanurate de
sodium (ISO 7150/1, 1984).
Les nitrites (NO2-) réagissent avec le Sulfanilamide en présence orthophosphorique pour
former un composé diazoïque. Ce dernier forme avec dichlorhydrate de N (naphtyl-1) diamino-1,2
éthane un complexe de coloration rose mesuré à 543 nm (ISO 6777. NA 1657, 1984).
Les nitrates (NO3-) donnent, en présence de salicylate de sodium, duparanitro-salicylate de
sodium d’une couleur jaune dosé à 415 nm (Rodier, 1978).
Afin de déterminer la concentration du phosphore total (PO43-), un dosage des ions
orthophosphates est nécessaire. La réaction des ions orthophosphates avec une solution contenant
des ions de molybdate et d’antimoine pour un complexe d’antimonyl-phosphomolybdate. La
31
Chapitre III : Matériel & méthodes
couleur bleu produite lors de la réduction du complexe par l'acide ascorbique, présente une valeur
d'absorption plus importante à 880 nm (ISO 6878/1, 1998).
Il est recommandé de réaliser un premier traitement sur terrain afin de concentrer les
prélèvements et d'éliminer les éléments minéraux et organiques grossiers qui pourraient
endommager les organismes lors du transport. L’échantillon composite est transféré dans une boite
en plastique porte le nom et le code de la station, et la date de prélèvement. Ensuite, il a été
conservé dans l’alcool éthylique à 70 % de volume pour leur identification ultérieure en laboratoire.
32
Chapitre III : Matériel & méthodes
Au laboratoire, les boites des échantillons ont été rincées préalablement et débarrassés de la
vase et des débris végétaux sur une série de tamis à mailles décroissantes de 5 à 0.2 mm. Le contenu
des tamis est ensuite versé dans un bec à fond blanc. Pour extraire le maximum d'organismes, la
végétation a été soigneusement séparée du reste de l'échantillon et lavée abondamment à plusieurs
reprises. Ensuite, les éléments triés ont été examinés à la loupe binoculaire dans la seconde étape du
traitement des échantillons. Les individus extraits à la pince alors sont regroupés par unité
taxonomique ou par type morphologique, puis stockés dans des flacons hermétiques à laquelle on
ajoute de l’eau et de l’alcool à 70°. Leur détermination a ensuite été réalisée principalement
jusqu’aux familles, genre et parfois à l’espèce au moyen d’une loupe binoculaire et des clés
d’identification : Micha & Noiset, (1982) ; Richoux, (1982) ; Belfiore, (1983) ; Rivosecchi, (1984) ;
Faessel (1985) ; Tachet et al. (1987) ; Vitte & Thomas, (1988) ; Himmi et al. (1995) ; Tachet et al.
(2010) ; Forcellini et al. (2012).
Notez que dans certaines occasions, une capture des odonates adultes a été réalisée à l’aide d’un
filet à papillons, dans les habitats susceptibles d’héberger des individus adultes (secteurs ensoleillés
et abrités proches de l’eau, végétation herbacée et ligneuse…etc.).
33
Chapitre III : Matériel & méthodes
Avec :
Pi= ; représente le nombre d'individus de taxon (i) par rapport au nombre total d'individus
recensés (N).
S : le nombre total de taxons
Cet indice, exprimé en (bits/individu), permet l’évaluation quantitative d’un peuplement dans un
cadre spatiotemporel.
34
Chapitre III : Matériel & méthodes
H’max : appelée aussi diversité fictive, dans laquelle chaque espèce serait représentée par le même
nombre d’individus (Ponel, 1983). Elle se calcule par la formule suivante :
35
Chapitre III : Matériel & méthodes
36
Chapitre III : Matériel & méthodes
37
Chapitre III : Matériel & méthodes
l’ordonnée du tableau de haut en bas (GFI 9 à GFI 1) et en arrêtant l’examen à la première présence
significative (3 ou 10 individus selon le cas) d’un taxon du répertoire en ordonnée du tableau. On
déduit l’IBGN du tableau à partir de son ordonnée (GFI) et de son abscisse (ST). Pour une
représentation cartographique des résultats, les valeurs de l’IBGN sont regroupées en cinq classes,
chacune déterminant une cote de qualité de la santé des écosystèmes. Cette classification est définie
dans le tableau 9.
Tableau 9 : Cote de qualité des écosystèmes fluviaux associée aux valeurs de l’IBGN
IBGN Cote de qualité Couleur
17 - 20 Très bonne Bleu
13 - 16 Bonne vert
9- 12 Moyenne jaune
5-8 Médiocre orange
0-4 Très mauvaise rouge
Tableau 10 : Valeur de l'indice BMWP' (Alba-Tercedor & Pujante, 2000) et d’ASPT (Hynes,
1998), et codes de couleur selon les catégories de bio-classification de la qualité de l'eau
correspondantes.
Bio-classification de la qualité de l’eau
Valeur BMWP’ ≤15 16-35 36-60 61-100 101-150
>150
Cote de qualité Très critique Critique Douteuse Passable Bonne
Valeur ASPT <3.9 4-4.9 5-5.9 6-6.9 >7
Cote de qualité Très mauvaise Mauvaise Moyenne Bonne Très bonne
Couleur Rouge Orange Jaune Vert Bleu
38
Chapitre III : Matériel & méthodes
7. Analyses statistiques
39
Chapitre III : Matériel & méthodes
40
Chapitre III : Matériel & méthodes
1979; Sládeček, 1986). L'analyse canonique des correspondances (ACC) est une méthode
multivariée pour élucider les relations entre les assemblages biologiques d'espèces et leur
environnement. Cette méthode est reconnue pour ses qualités théoriques remarquables, car elle
inclut de multiples autres méthodes statistiques (l’analyse factorielle des correspondances). L’ACC
est conçue pour extraire des gradients environnementaux synthétiques à partir d'ensembles de
données écologiques. Les gradients sont la base pour décrire et visualiser succinctement les
préférences différentielles d'habitat des taxons via un diagramme d'ordination (ter Braak &
Verdonschot, 1995).
8. Logiciels utilisés
L'ensemble des données ont été d'abord enregistrées, organisées et synthétisées dans le
logiciel Microsoft Excel 2013, puis analysées graphiquement et statistiquement à l'aide des logiciels
XLSTAT V.14, SPSS Statistics V.26 et CANOCO V.4,5.
41
Chapitre IV : Résultats & discussion
[Link]érature de l’eau
La température est un facteur multi-causal, car il intervient à la fois dans la physique
de milieu aquatique (solubilité, saturation en oxygène dissous…), dans la cinétique biochimique des
êtres vivants (croissance, maturité sexuelle, survie…) (Dument, 2008), et dans le déterminisme de
la répartition et la distribution longitudinale des zoocénoses (Vinçon, 1987).
Au cours de cette étude, les valeurs moyennes de la température de l’eau obtenues varient entre 10
et 29°C (Fig. 12). Les températures maximales sont atteintes en été avec un maximum de 29°C à la
station R1 en amont de l’oued Rhumel. Par contre, les températures moyennes les plus basses
s’affichent au printemps avec un minima atteigne 10°C à la station IR dans l’affluent Irdjana. Ainsi
que les valeurs médianes de la température ont été enregistrées en automne.
En général, l’évolution spatiale des températures moyennes au cours de cette étude montre
une faible variation entre les stations du cours d’eau principal, et une variation remarquable entre
ces dernières et les deux affluents du Kébir (Tara et Irdjana). Les stations affluent TA et IR
présentent des températures d’eau fraiches dépend des ressources hydriques montagneuses froides,
de l’ombrage important, et d’un écoulement de l’eau relativement rapide. D’autre part, les
variations temporelles des températures suivent une fluctuation saisonnière très marquée (test
ANOVA, p < 0.05) liée au climat de chaque région, aux températures de l’air et au débit.
42
Chapitre IV : Résultats & discussion
Des hautes valeurs de pH (de 7.9 à 8.6) ont été enregistrées au niveau de l’oued Rhumel
durant toute la période d’étude, notamment au printemps. Cela est probablement lié à la dissolution
des particules provenant de sols calcaires chargées de bicarbonates en eaux des précipitations. Par
contre, les valeurs moyennes de pH enregistrées au niveau de l’oued Kébir présentent des eaux à
faible alcalinité. En revanche, les valeurs médianes de ce paramètre ne diffèrent pas
significativement entre les trois saisons (test ANOVA, p > 0,05). Les hautes valeurs ont été
enregistrées pendant la période des basses eaux. Cela peut s’expliquer par un métabolisme
photosynthétique suite à un développement important de la végétation aquatique et des algues
filamenteuses. Selon Falconbridge (2001), les valeurs de pH obtenues dans la présente étudese
43
Chapitre IV : Résultats & discussion
situent dans les normes les plus restrictives pour que la vie aquatique se développe de manière
optimale.
44
Chapitre IV : Résultats & discussion
souvent moins exposées aux perturbations anthropiques. Selon Tfeil et al, (2018), La diminution de
la conductivité pendant la période pluvieuse réside dans la dilution des eaux par l’apport des eaux
pluviales.
Selon Bournaud (1972), Decamps et al, (1972), la vitesse d’écoulement de l’eau dépend
essentiellement du débit, de la pente, de la granulométrie du substrat, de la largeur et la profondeur
du lit. Dans cette étude, le profil de la variation spatiale de la vitesse du courant montre des faibles
variations entre les stations ce qui peut être lié principalement à une faible différence de pente entre
stations. En revanche, les valeurs moyennes d’écoulement diffèrent significativement entre les
saisons (test ANOVA, p < 0,05).
45
Chapitre IV : Résultats & discussion
Les faibles teneurs en oxygène dissous enregistrées au niveau de l’oued Rhumel sont dues à
une consommation excessive d’oxygène lors des processus d’oxydation des déchets minéraux, de la
matière organique et des nutriments. Par contre, l’oued Kébir est moins exposé aux perturbations
anthropiques, et le phénomène d’auto-épuration a lieu, ce qui permet d’enrichir le taux d’oxygène
dissous.
46
Chapitre IV : Résultats & discussion
L’évolution spatiale de calcium, montre que les stations de Rhumel présentent des
concentrations élevées, oscillant entre 82.6 mg/l et 161.92 mg/l, par rapport aux concentrations
obtenues aux stations de Kébir, elles oscillent entre 38.48 mg/l et 92.99 mg/l. Cela peut être dû aux
terrains calcaires et l’utlisation de la chaux dans le secteur de l'environnement (traitement de l'eau
47
Chapitre IV : Résultats & discussion
potable, des eaux usées et des eaux d'égouts, l'agriculture, le traitement des déchets animaux) en
amont du bassin.
48
Chapitre IV : Résultats & discussion
49
Chapitre IV : Résultats & discussion
obtenues au niveau de l’oued Rhumel, oscillant entre 0.03 mg/l et 6.16 mg/l. Cela peut être dû à
l’utilisation de fertilisants synthétiques et de fumiers, associée aux cultures et à l’élevage intensifs.
50
Chapitre IV : Résultats & discussion
51
Chapitre IV : Résultats & discussion
52
Chapitre IV : Résultats & discussion
Tableau 11 : Matrice de corrélation (Pearson (n)) entre les variables sur l'ensemble des stations
de l’oued Kébir-Rhumel
Les résultats de l’Analyse en Composantes Principales (ACP), à partir des variables enregistrées
durant cette étude sont présentés par la figure 23. L’Axe F1 (53.64 %) et l’axe F2 (26.10 %)
cumulent ensemble plus de la moitié de la variance totale (79.74 %) associée aux variables mesurés.
Le biplot de corrélation montre que l’ammonium, les nitrites, les nitrates, le phosphate et le calcium
sont fortement corrélés positivement avec l’axe F1. Selon Gaujous (1995), Ces variables décrivent
une pollution de type organique et une eutrophisation des milieux aquatiques qui a été clairement
observée durant notre étude notamment au printemps et en été. La température de l’eau et le
chlorure sont positivement corrélés avec l’axe F2.
L’analyse en composantes principales permet de déterminer de la façon suivante, la typologie des
eaux de l’oued Kébir-Rhumel. Trois (3) groupes de stations se distinguent (Fig. 23) : le groupe I
comprend toutes les stations de l’oued Rhumel à l’exception de la station tributaire SM. Selon l’axe
F1, les stations du ce groupe présentent une corrélation positive avec l’ammonium, les nitrites, les
nitrates, le phosphate et le calcium. Les eaux de ces stations se caractérisent par des eaux chargées
en matière organique sont plus menacés par les rejets domestique et industriel, faiblement
oxygénées, avec un faible écoulement et fortement pollués. Le groupe II rassemble les stations de
cours d’eau principale de l’oued Kébir. En situation opposée, les relevés du groupement II
caractérisés par des eaux à écoulement moyen, relativement oxygénées, et faiblement menacées par
la pollution anthropique.
53
Chapitre IV : Résultats & discussion
Groupe II
Groupe I
Groupe III
L’effet du facteur oxygène dissous a fait sortir un troisième groupe (groupe III) comprend les deux
stations tributaires Tara et Iradjana. Ces deux affluents sont caractérisés par une absence quasi-
totale de toute forme de pollution avec des eaux bien oxygénés et pauvres en apports nutritifs
azotés.
54
Chapitre IV : Résultats & discussion
La faune de l’oued Kébir est mieux représentée par 60 espèces et 85 genres contre 46 espèces et 67
genres identifiés dans l’oued Rhumel (Tab. 13), avec 56 taxons sont communs. Par ailleurs, 30
taxons sont localisés uniquement dans l’oued Rhumel. Ce sont principalement tous les Hirudinées,
6 taxons de Coléoptères et 5 taxons dans chacun des deux classes des Gastéropodes et
d’Hétéroptères. On dénombre 46 taxons essentiellement collectés dans l’oued Kébir. Il s’agit de
tous les Plécoptères, 11 taxons dans l’ordre des Ephéméroptères, 10 taxons de Coléoptères, 6 taxons
des Trichoptères, et 7 taxons dans l’ordre des Odonates (Tab.12).
Cette dominance des Insectes en termes de richesse spécifique serait due au fait qu’ils représentent,
près de 95 % des organismes présents dans les milieux aquatiques (Lee et al., 2006). En effet, les
Insectes sont ubiquistes du fait de leur aire de répartition très étendue.
55
Chapitre IV : Résultats & discussion
Chaoboridae Chaoborus 1 -
Culicidae Culex 12 2
Tabanidae Tabanus 36 138
Psychodidae 46 -
Blephariceridae Liponeura - 3
Empididae 8 13
Tipulidae Tipula 38 53
Ephydridae 21 -
Dixidae Dixa 3 -
Hexatoma 37 140
Limoniidae
Dicranota 2 5
Syrphidae 43 3
Atherix 1 27
Athericidae
Atrichops Atrichops crassipes - 39
Stratiomyidae Stratiomys Stratiomys longicornis - 17
Rhagionidae - 6
Perlodidae Perlodes Isoperla sp. - 32
Capnioneura - 58
Capniidae
Plecoptera Capnia Capnia nigra - 32
Leuctridae Leuctra Leuctra sp. - 19
Taenioperygidae Rhabdiopteryx - 4
Acentrella Acentrella sinaica - 271
Baetis pavidus 4498 4366
Baetis Baetis rhodani 21 266
Baetidae Baetis punicus - 14
Procloeon Procloeon stagnicola 7 84
Cloeon dipterum 65 83
Cloeon
Cloeon saharense - 1
Caenis luctuosa 1064 3718
Ephemeroptera Caenidae Caenis
Caenis pusilla - 565
Electrogena - 2
Rhithrogena Rhithrogena sp - 14
Heptageniidae
Ecdyonurus Ecdyonurus rothschildi - 103
Thalerosphyrus - 2
Choroterpes (Ch.) atlas - 328
Choroterpes
Leptophlebiidae Choroterpes (E) lindrothi - 19
Habrophlebia Habrophlebia fusca - 9
Bidessus Bidessus sp. 4 5
Laccophilus hyalinus 15 25
Laccophilus
Laccophilus minutus - 2
Dytiscidae
Agabus nebulosus 13 10
Agabus
Agabus sp. - 4
Nebrioporus Nebrioporus clarkii - 16
Aulonogyrus Aulonogyrus striatus 17 83
Gyrinidae
Gyrinus Gyrinus dejeani 6 8
Limnius Limnius intermedius 41 181
Coleoptera Oulimnius Oulimnius sp. - 4
Elmidae
Esolus Esolus filum 49 54
Stenelmis Stenelmis consobrina - 69
Riolus Riolus. sp. - 11
Dryopidae Dryops Dryops sp. 40 74
Hydraena Hydraena sp. 27 16
Hydraenidae
Ochthebius Ochthebius sp. 21 17
Hydrobius Hydrobius sp 16 5
Hydrophilidae Laccobius gracilis - 49
Laccobius
Laccobius sp 35 -
56
Chapitre IV : Résultats & discussion
Crenitis 15 -
Anacaena Anacaena sp. - 16
Coelostoma 1 2
Helochares obscurus 13 -
Helochares
Helochares lividus 8 -
Hydrochidae Hydrochus 15 -
Helophoridae Helophorus Helophorus sp. 2 20
Scirtidae Hydrocyphon Hydrocyphon sp. - 16
Haliplus Helochares lineaticollis 10 -
Haliplidae
Peltodytes Peltodytes rotundatus - 23
Hydropsyche Hydropsyche lobata 500 1329
Hydropsychidae Hydropsyche maroccana 79 1186
Cheumatopsyche Cheumatopsyche lepida 13 80
pararhyacophila - 35
Trichoptera Rhyacophilidae
Rhyacophila Rhyacophila munda - 27
Philopotamidae Chimarra Chimarra marginata - 105
Psychomyiidae Psychomyia Psychomyia pusilla - 12
Leptoceridae - 3
Gomphus Gomphus lucasii - 85
Paragomphus Paragomphus genei - 24
Onychogomphus (f.) - 44
Gomphidae
Onychogomphus unguiculatus
Onychogomphus costae - 9
Ophiogomphus - 6
Boyeria Boyeria irene - 22
Aeshnidae
Aeshna Aeshna mixta - 4
Odonata
Coenagrion Coenagrion sp. 37 17
Coenagrionidae
Erythromma Erythromma lindenii 2 -
Orthetrum chrysostigma 17 20
Orthetrum
Orthetrum nitidinerve 11 -
Libellulidae Brachythomis Brachythomis impartita 11 23
Sympetrum fonscolombii 1 10
Sympetrum
Sympetrum striolatum 2 -
Platycnemididae Platycnemis Platycnemis subdilatata 8 11
Nepidae Nepa 10 9
Micronecta 1621 1452
Corixa punctata 13 12
Corixidae Corixa
Corixa affinis 8 -
Paracorixa Paracorixa concinna 28 -
Heteroptera Veliidae Microvelia 31 -
Gerridae Gerris Gerris lacustris 59 80
Naucoris maculatus 10 48
Naucoridae Naucoris
Naucoris cimicoides - 9
Notonecta Notonecta obliqua 17 -
Notonectidae
Anisops Anisops sp. 18 -
57
Chapitre IV : Résultats & discussion
58
Chapitre IV : Résultats & discussion
D’autre part, le nombre de macroinvertébrés recensés dans l’oued Kébir est presque égal à leur
nombre dans l’oued Rhumel avec respectivement 26733 et 26205 individus. Les Diptères et les
Ephéméroptères constituent les deux ordres les plus abondants dans les deux cours d’eau Rhumel et
Kébir, ainsi que les Simuliidae du genre Simulium (W.) pseudequinum, les Baetidae de genre Baetis
pavidus et Caenis luctuosa de la famille des Caenidae sont les taxons les plus inventoriés (Fig. 25).
Dans l’oued Rhumel, les Oligochètes et les Gastéropodes représentent respectivement 15% et 5%
de l’abondance, avec une dominance totale de Tubifex sp., Physa acuta et de Lithoglyphus
naticoides. Dans l’oued Kébir, les Trichoptères occupent la troisième place avec 11% de
l’abondance totale où les Hydropsyches constituent 90% des Trichoptères récoltés.
59
Chapitre IV : Résultats & discussion
respectivement 6 et 5.3 taxons. L’ordre des Plécoptère est mieux représenté au printemps avec 3.7
taxons. Les classes des Turbellariés, des Oligochètes et des Gastéropodes ont été faiblement
représentées pendant les trois saisons.
En termes d’abondance moyenne temporelle, les plus grandes abondances de macroinvertébrés sont
enregistrées durant la saison printanière. Les classes des Insectes et des Oligochètes sont les plus
abondantes durant l’étude. Les ordres des Diptères, des Ephéméroptères, et des Hétéroptères sont
les plus inventoriés pendant les trois saisons (Tab. 14).
Dans l’oued Rhumel, les classes des insectes et des Oligochètes sont les plus abondantes avec un
maximum égal respectivement à 73% (2989.7 individus) et 18% (740 individus) de l’effectif total
récolté au printemps. Cependant, Les Diptères, les Ephéméroptères et les Clitellates sont les ordres
les plus abondants notamment au printemps. Ils sont suivies des Hétéroptères et des
Basommatophores avec un maximum d’effectif en été avec respectivement 10.2% (267 individus)
et 6.56% soit 171.7 individus (Tab. 14). Dans l’oued Rhumel, trois espèces à savoir :
60
Chapitre IV : Résultats & discussion
Chironomidae, Tubifex, Baetis pavidus, et Simulium (W.) pseudequinum sont les plus représentés
notamment à la période printanière. Ils représentent respectivement 32% (1316 individus), 17.4%
(713.3 individus), 15% (652 individus) et 9.8% (401.7 individus) de l’effectif total récolté au
printemps. Ensuite vient Micronecta avec 8.8% (200.3 individus) durant l’été, et Caenis luctuosa
avec 4.26% (175 individus) de l’effectif total récolté au printemps (Tab. 14).
Dans l’oued Kébir, la classe des Insectes représente la quasi-totalité d’effectif recensé pendant les
trois saisons, avec un maximum de 3567 individus récoltés au printemps. Les Oligochètes sont
mieux représentés en été avec 151 individus contre 48.3 et 47.3 individus recensés respectivement
en automne et au printemps. Les autres classes sont faiblement représentées. Pendant l’étude, la
61
Chapitre IV : Résultats & discussion
faune benthique de l’oued Kébir est dominée par les ordres des Diptères, des Ephéméroptères, des
Trichoptères et des Hétéroptères.
Tableau 14 : Variations temporelles des abondances moyennes des classes et des principaux rangs
taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)
Classes
Turbellaria 10 4 11.7 13.3 22.7 20.7
Oligochaeta 740 321 268 47.3 151 48.3
Hirudinea 114.3 54.7 60.7 0 0 1
Gasteropoda 144 178.7 100 20 88 35.7
Bivalvia 1.7 0 0 1.3 0 0.7
Arachnida 0 55 0 0 48 79
Crustacea 105.7 17.3 57.7 43.7 57.7 33
Insecta 2989.7 1985.7 1508.7 3567 2616.7 2016
Effectif total 4105.3 2616.3 2006.7 3692.7 2984 2234.3
Ordres
Clitellata 713.3 300 151.7 0 135 0
Basommatophora 138 171.7 100 20 81 33
Diptera 1809 983.7 865 1617.3 935.3 524.7
Plecoptera 0 0 0 35 2.3 11
Ephemeroptera 845 625 415 1374 970 937.7
Coleoptera 52.3 43 20.7 110.7 73 53
Trichoptera 85 58.7 47 287 333 305.7
Odonata 15 8.3 6.3 34 33 24.7
Heteroptera 183.3 267 154.7 109 270 159.3
Au printemps, les Diptères et les Ephéméroptères sont les plus abondants avec respectivement
43.8% et 37.2% (Tab. 14). Les Trichoptères occupent la 3ème position avec un nombre moyen
d’individus oscille entre 287 et 333 individus, suivi par les Hétéroptères avec un effectif élevé de
270 individus recensé en été. Dans le Kébir, trois taxons sont les plus abondants durant les trois
saisons. Il s’agit de la famille de Chironomidae, et des espèces Baetis pavidus et Caenis luctuosa.
Au printemps, ils atteints leur effectif maximal avec respectivement 990 individus (26.8%), 709.3
individus (19.2%) et 452.7 individus soit 12.25% du total de la macrofaune échantillonnée au
62
Chapitre IV : Résultats & discussion
printemps. Dans l’oued Kébir, 64.9% et 59.4% du nombre total, respectivement, des espèces
Simulium (W.) pseudequinum et Simulium (S.) ornatum ont été récoltés au printemps. Cependant,
l’effectif moyen le plus élevé de genre Micronecta et des espèces Hydropsyche maroccana, Caenis
pusilla et Physa acuta a été enregistré à la période sèche. Quant à l’effectif total (100%) de genre
Tubifex a été recensé seulement en été (Tab. 14).
63
Chapitre IV : Résultats & discussion
représentés dans les stations de Rhumel avec un maximum de 270 individus recensés à la station
SE, suivi par 200, 191.7 et 186.7 individus enregistrés respectivement aux stations R2, R6 et R1.
Dans l’oued Kébir, cet ordre est faiblement représenté avec un maximum d’effectifs égal à
50 individus et une absence totale aux stations K1, TA, R2 et R3. Quant aux Hétéroptères, ils sont
plus abondants dans les deux stations SM et K4, où ils représentent respectivement 301.7 et 292.7
individus. Celle des Trichoptères oscille entre 8 individus à la station R1 de Rhumel et 239.7
individus au niveau de l’affluent Tara (TA). Les Basommatophores sont plus abondants dans les
stations de l’oued Rhumel, où ils représentent 157, 80.3 et 70.7 individus aux stations R1, R3 et R2
64
Chapitre IV : Résultats & discussion
respectivement. L’ordre des Plécoptères est faiblement représenté, il est compris seulement entre
0.7 individus à la station K1 et 27.7 individus au niveau de l’affluent Tara. Cependant, ils sont
totalement absents aux stations de Rhumel (Tab. 15).
Le tableau 15 montre, ainsi, les effectifs des principales familles, genres et espèces récoltés dans les
différentes stations de l’oued Kébir-Rhumel. La famille des Chironomidae est dominée dans la
majorité des stations, à l’exception de SM, R5, R6 et IR. Grâce à son régime alimentaire très varié,
la famille des Chironomidae s’avère presque toujours numériquement prédominante dans tous les
types d’habitats. Baetis pavidus est l’espèce prédominante dans les deux stations du Rhumel R6 et
R5 avec respectivement 471.7 et 364.3 individus. L’espèce Caenis luctuosa occupe la troisième
place par ordre d’abondance numérique. Cette espèce est bien représentée dans les stations de
l’oued Kébir avec un maximum d’effectifs recensés à la station K4 égal à 364.7 individus. Par
ailleurs, 76.3% (soit 273.3 individus) de l’effectif de Caenis luctuosa inventorié dans l’oued
Rhumel a été enregistré au niveau de l’affluent Smendou (SM). Le genre Tubifex est mieux
représenté dans le Rhumel et surtout au niveau de l’affluent Seguen (SE) avec 270 individus. Ainsi,
Micronecta est fortement représenté dans les deux stations SM et K4, où il représente
respectivement 27.7% (soit 283.3 individus) et 26.7% (273.3 individus) de l’effectif total inventorié
de cet genre. L’espèce Simulium (W.) pseudequinum est bien représentée dans l’oued Rhumel avec
242 et 183.7 individus recensés aux stations R6 et R5 respectivement. Par contre, Simulium (S.)
ornatum est mieux représentée à la station IR du Kébir avec 123.3 individus. Les espèces
Hydropsyche lobata et Hydropsyche maroccana sont bien représentées dans les stations du Kébir.
Hydropsyche lobata est très abondante à la station TA avec 141.3 individus, ainsi que l’espèce
Hydropsyche maroccana oscille entre 129.3 individus à la station R6 et 3 individus à la station R5.
Les espèces Caenis pusilla et Choroterpes (Ch.) atlas ont été recensées seulement dans les stations
de l’oued Kébir avec une abondance remarquable au niveau des deux affluents Tara (TA) et Irdjana
(IR). Ainsi, les espèces Physa acuta et Lithoglyphus naticoides sont bien représentées dans l’oued
Rhumel avec un maximum d’effectif enregistré à la station R1.
65
Tableau 15 : Variations stationnelles des abondances moyennes des classes et des principaux rangs taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans
l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018)
Classification Taxons
67
Chapitre IV : Résultats & discussion
derniers représentent 26 et 24%. Les Gratteurs et les Déchiqueteuses ne représentent que 4% (705.7
individus) et 1% (176.3 individus) respectivement des effectifs récoltés (Fig. 29).
Il y avait de grandes variations en termes de distribution de densité des cinq groupes trophiques aux
échelles spatiales (figure 30). Les Collecteurs-Récolteurs sont dominants dans l’ensemble des
stations. La proportion de ce groupe trophique varie entre 74% à la station R6 et 55.4% à la station
K2 de kébir. Les proportions des Collecteurs-Filtreurs les plus élevés ont été enregistrés dans l’oued
Kébir avec un maximum à la station TA. Les Prédateurs sont mieux représentés dans les deux
stations SM et K4, ils viennent en deuxième place avec respectivement 31.8% et 21.5%. Le groupe
des Gratteurs atteint son maximum à la station R1, et occupe la deuxième place avec 16%. En
revanche, les Déchiqueteures sont faiblement représentées dans l’ensemble des stations visitées et
particulièrement dans l’oued Rhumel où elles étaient totalement absents au niveau des stations SE,
R4 et R5.
Dans cette étude, les Collecteur-Récolteurs étaient dominants sur toutes les stations et pourraient
être dus au fait qu'ils peuvent se nourrir d'une gamme plus large de matières alimentaires que les
groupes de spécialistes (Merritt et al., 2002), et sont donc plus tolérants à la pollution qui peut
modifier la disponibilité de certains aliments. La représentation des Collecteurs-Filtreurs dans les
sites de l’oued Kébir indique l'importance des terres forestières drainées par ce dernier où la matière
organique particulaire a tendance à être élevée, fournissant suffisamment de matériaux filtrables. La
plupart des stations de Kébir répondait à une importante complexité de l'habitat qui a peut-être
amélioré les rétentions de matière organique et la disponibilité de la matière organique en
suspension.
68
Chapitre IV : Résultats & discussion
Figure 30 : Répartition stationnelle des abondances moyennes des cinq groupes trophiques
de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)
Les prédateurs ont une proportion similaire sur toutes les stations et leur abondance peut dépendre
proportionnellement de la disponibilité de leurs proies (Lugthart & Wallace 1992). Ils sont plus
abondants dans les petits cours d'eau intermittents où les poissons sont absents (Rieradevall et al.,
1999). En général, la faible représentation des nourrisseurs spécialisés, comme les Gratteurs et les
Déchiqueteures, était en partie dû à leur sensibilité aux perturbations qui pourraient altérer la
disponibilité de certains alimentsen diminuant la végétation riveraine et la production d'algues
(périphyton) (Barbour et al., 1996).
69
Chapitre IV : Résultats & discussion
ordres des Diptères et des Ephéméroptères sont nettement dominants avec respectivement 45.8%
(6735 individus) et 35.2% (5166 individus), viennent par la suite les Hétéroptères avec 7.8% (1143
individus) et les Trichoptères avec 7.6% (1123 individus). Les autres ordres sont faiblement
représentés avec 3.6% de l’abondance des insectes.
7-1-1. Diptères
Les diptères constituent un groupe d’insectes très diversifié et très abondant par rapport à
ceux des autres groupes. Ils peuvent être trouvés dans une large gamme de conditions
environnementales. La diversité écologique des diptères reflète des différences entre les larves et les
adultes, les larves se nourrissant et grandissant et les adultes se reproduisant et se dispersant.
Certains groupes spécifiques (notamment les Chironomidae et les Tipulidae) peuvent être présents
dans n'importe quel type d’habitat aquatique, y compris des milieux extrêmes : grands glaciers, eau
salée en bord de mer, des flaques de pétrole, sources d’eau chaude, et même dans les fosses
d’aisance (Tachet et al., 2010).
Les résultats de notre étude nous ont permis de recenser 6728.3 larves de Diptères représentées par
22 taxons qui ont été identifiés (entre familles, genres et espèces), avec 17 familles (Tab. 17). Au
total, les Diptères dans les stations du Kébir sont faiblement représentés et plus diversifiés par
rapport à ceux des stations de Rhumel. Les deux stations de Rhumel SE et R6 sont les plus
abondants avec un faible nombre de taxon, ainsi que dans la station IR, les Diptères sont faiblement
représentés mais avec le plus grand nombre moyen de taxons (15 taxons) (Fig. 31).
Ce groupe zoologique est dominé par les Chironomidae et les Simuliidae avec respectivement
69.3% et 16.7% de l’ordre des Diptères.
70
Chapitre IV : Résultats & discussion
Chironomidae 296.7 676.7 336.7 210 276.7 161 251.7 457.7 265 317.7 174 162.3 390.7 225.3 219.3 242
Anthomyidae Limnophora L. riparia - 0.7 1.7 2.3 - 1 - - 1.3 7.3 0.7 - - 12.3 0.7 2
S. (W.)
18.3 99.7 76.3 18 114.7 28 183.7 242 99.7 54 47.7 71.3 3.7 14.3 25 27.3
pseudequinum
S. (E.) aureum - - - - - - - - 19.0 78.3 31 13.3 - - - -
Simuliidae Simulium
S. (S.) ornatum - - 3.7 0.7 - 78.3 4 - 37.7 - 51 50.7 - 123.3 1.3 2.3
H. hispaniola - - - - - - - - - 37.3 0.7 - - 44.3 - -
S. (E.) velutunim - 7.3 16 - - - - - - - - - - - - -
Ceratopogonidae 0.3 - 3.7 2.3 1 4.3 - - 1.7 41.7 5.3 3.3 1.7 4 2 5
Chaoboridae Chaoborus - - - - - - - 0.3 - - - - - - - -
Culicidae Culex - - 0.7 1 - 2 0.3 - - - - - - 0.7 - -
Tabanidae Tabanus - 1 0.3 5.3 1 3.3 1 - 2 0.3 2 3.7 5.7 5 8.3 19
Psychodidae - 15.3 - - - - - - - - - - - - - -
Blephariceridae Liponeura - - - - - - - - - - - - - 1 - -
Empididae - 0.7 - - 1.3 0.7 - - - - 1.7 0.3 - 2.3 - -
Tipulidae Tipula 1.7 - 3.7 4 - 2.3 - 1 2.7 4 3.7 1.3 0.7 9 0.7 -
Ephydridae 7 - - - - - - - - - - - - - - -
Limoniidae Hexatoma - 0.3 - 1.3 4.3 3.7 - 2.7 2.3 8 4.7 5.7 5.7 8.7 3 8.7
Dicranota - - - - - 0.7 - - - 1.7 - - - - - -
Syrphidae 2.7 5.7 0.7 0.7 2 - - 2.7 - - - - - - 1 -
Atherix - - - - - 0.3 - - 0.7 3.3 2.3 1.7 0.3 0.7 - -
Athericidae
Atrichops A. crassipes - - - - - - - - - 1 - - - 12 - -
Stratiomyidae Stratiomys S. longicornis - - - - - - - - 1 1.3 - 3 - - - 0.3
Rhagionidae - - - - - - - - - - - - - 2 - -
Total 326.7 807.3 443.3 245.7 401 285.7 440.7 706.3 433 556 324.7 316.7 408.3 465 261.3 306.7
La famille des Chironomidae domine grâce à leur grande possibilité d’adaptations et de tolérance
dans les milieux perturbés. Ils sont présents dans toutes les stations du Kébir-Rhumel avec une
abondance relativement plus élevée dans les stations de l’oued Rhumel. Ceci est dû au degré élevé
de la matière organique issu de l’activité agricole intensive en amont du bassin versant ; ce qui
favorise la prolifération des Chironomidae. la pollution organique et la présence des nutriments sont
les principaux facteurs expliquant la distribution des Chironomidae (Alhou et al., 2008). Selon
Reynoldson (1999), les Chironomidae sont capables de remplacer les organismes polluo-sensibles
(Ephemeroptera, Plecoptera) lors des perturbations physico-chimiques ou d’habitats, ce sont donc
des polluo-résistants.
Les larves et les nymphes des Simuliidae ou des mouches noires sont strictement dulçaquicoles,
des rhéobiontes ou rhéophiles, rencontrés abondamment dans les eaux courantes à température
basse, parfois très agitées et toujours bien oxygénées (Grenier, 1946). De nombreux facteurs ont été
liés à l'assemblage des mouches noires, notamment la concurrence, la disponibilité de la nourriture,
le type de substrat, la vitesse du courant d'eau, la température de l'eau et l'altitude (Colbo & Porter,
1979 ; Hart, 1986 ; Halgos et al., 2001 ; McCreadie et al., 2005 ; Figueiró et al., 2008 ; Srisuka et
al., 2015).
71
Chapitre IV : Résultats & discussion
Dans cette étude, les Simulies sont présents également dans toutes les stations avec des abondances
moyennes varient considérablement d’une station à l’autre, où l’effectif le plus élevé et le plus bas a
été enregistrés respectivement dans les stations R6 (240 individus) et R4 (3.7 individus). De plus,
cinq espèces des Simulies ont été identifiées : Simulium (W.) pseudequinum sont dominantes par
leur fréquence et leur abondance dans la majorité des stations avec des effectifs moyennes élevés à
l’oued Rhumel. Cette espèce est largement répondue, recouvrant l’Europe et le pourtour
Méditerranéen. Elle est très commune en Algérie comme à tout le Maghreb, dans divers biotopes à
toutes [Link] par la suite Simulium (S.) ornatum qui sont présents dans la majorité des
stations de Kébir avec un maximum d’effectifs dans les deux affluents Irdjana (IR) et Smendou
(SM). Cet élément est étroitement associé dans les sources et leurs émissaires (Gagneur et Clergue-
Gazeau, 1988). Ainsi, les deux espèces Simulium (E.) aureum et Simulium hispaniola bien que
présents dans certaines stations de Kébir, étant relativement abondants dans les deux affluents Tara
(TA) et Irdjana (IR). Tandis que Simulium (E.) velutunim est présente dans deux stations de
Rhumel, SE et R2, avec seulement 23.3 individus. Selon Ya’cob et al. (2016), certaines espèces de
la mouche noire sont capables de s'adapter à une large gamme de conditions physico-chimiques des
cours d'eau leur a permis de se reproduire dans un large éventail de conditions écologiques et de se
généraliser. En revanche, les espèces rares nécessitent un habitat plus spécialisé, ce qui limite par
conséquent leur distribution à certaines conditions de cours d'eau et les définit comme spécialisées.
LesTabanidae ; genre Tabanus, Tipulidae ; genre Tipula, et Limoniidae ; genre Hexatoma, ont
été récoltés dans la majorité des stations avec de faibles effectifs. Les Culicidae de genre Culex,
Syrphidae, Psychodidae et Ephydridae ont été recensées dans une seule ou certaines stations de
l’oued Rhumel. Généralement, ces taxons sont capables de survivre dans des environnements très
pollués, peu oxygénés ou riches en nutriments. Les Athericidae et Stratiomyidae de genre
Stratiomys longicornis ont été récolté seulement dans l’oued Kébir avec de faibles effectifs. Selon
Thomas (1976), les larves d’Athericidae se trouvent dans des eaux chaudes, dans des cours
d'eau lents, souvent larges et par conséquent plus ou moins détériorés par les influences
humaines. Ainsi que les larves des espèces de Stratiomys sont généralement aquatiques et
72
Chapitre IV : Résultats & discussion
saprophages ; les habitats généraux comprennent l'eau avec une végétation riche, la matière
organique en décomposition, les endroits humides ou la zone littorale des mares. Les Chaoboridae ;
Chaoborus, Blephariceridae ; Liponeura et Rhagionidae ont été présentés seulement par 0.3, 1 et 2
individus, respectivement.
7-1-2. Plécoptères
Les Plécoptères constituent un groupe d’insectes Hémimétaboles à larves exclusivement
aquatiques. Ils sont abondants dans les eaux courantes que dans les eaux stagnantes, et plus
diversifiés dans les cours supérieurs froids et bien oxygénés, mais une diversité considérable peut se
produit dans les cours d'eau chauds de haute qualité. Les larves de cet ordre sont soit des prédateurs
d’autres invertébrés, soit des broyeuses ou racleuses de substrat (Tachet et al., 2010).
Au cours de cette étude, l’ordre des plécoptères est faiblement représenté avec 56 individus,
appartenant à cinq genres, récoltés seulement dans l’oued Kébir. Les effectifs moyens les plus
élevés ont été recensés dans les deux affluents Tara (TA) et Irdjana (IR) (Tab. 18). Durant le
printemps et l’automne, ces deux stations sont caractérisées par un écoulement rapide et des eaux
fraiches à froides, ce qui confirme le caractère sténothermes et rhéophiles connus pour les
Poléoptères. Selon Stewart & Stark (2002), les Plécoptères sont parmi les insectes aquatiques les
plus sensibles à la pollution, ils sont souvent les premiers insectes à disparaître des systèmes d’eau
douce après un léger enrichissement en nutriments, une dégradation de l'habitat ou des changements
dans les régimes thermiques aquatiques. Cela peut expliquer l'absence totale des Plécoptères dans
l’oued Rhumel.
7-1-3. Ephéméroptères
L’ordre des Ephéméroptères ou "mouches de mai" est l’un des principaux groupes de
macroinvertébrés benthique dans les écosystèmes lotiques (Studemann et al., 1992). Leur
importance repose sur le fait que leur quantité peut atteindre jusqu'à 50% de la masse animale totale
dans un cours d'eau, ce qui en fait l'un des maillons les plus importants de la chaîne alimentaire.
Certaines espèces d’Ephémères dites phytophiles ont une préférence pour habiter dans la végétation
benthique ou sur des supports qui sont couverts de débris organiques. D’autres sont lithophiles
73
Chapitre IV : Résultats & discussion
préfèrent se réfugier sur et/ou sous des substrats minéraux tels que des blocs, des galets, des
cailloux, du sable ou du limon. Les éphémères sont largement utilisés pour évaluer la qualité de
l'eau douce et les changements globaux des hydrosystèmes. Ils sont généralement très abondants,
sensibles aux altérations environnementales, suffisamment diversifiés et peuvent être considérés
comme des bioindicateurs efficaces s'ils sont identifiés à un niveau systématique pertinent (Jacobus
et al., 2019).
Les résultats de notre étude nous a permis de recenser un moyen de 5167 larves
d’Ephéméroptères représentées par 16 taxons (entre genres et espèces), appartiennent à 4 familles
(Tab. 19). En général, les Ephéméroptères sont plus abondants et plus diversifiés dans les stations
du Kébir que dans le Rhumel, où les stations des affluents Tara (TA) et Irdjana (IR) enregistrent le
plus grand nombre d’effectifs et de taxons. Durant l’étude, ces deux stations sont caractérisées par
une hétérogénéité du substrat et de l’habitat, des eaux fraiches à froide et un écoulement moyen à
rapide.
Plus en amont, les faibles valeurs ont été enregistrées au niveau des stations du Rhumel : R1, SE et
R3 (Fig. 32).
Parmi les Ephéméroptères recensés, les deux familles des Baetidae et des Caenidae sont les plus
abondantes avec respectivement 3229.3 individus (soit 62.5%), et 1782 individus soit 34.5% de
l’ensemble des Ephéméroptères récoltés. Les Leptophlebiidae et les Heptageniidae sont faiblement
représentées avec respectivement 115.3 et 40.3 individus.
74
Chapitre IV : Résultats & discussion
Les Baetidae constituent la famille la plus représentées et la plus diversifiées des Ephémères
dans tous les cours d’eau Algériens, Marocains et Tunisiens. Au cours des 10 dernières années
c'était l'une des familles d'éphémères les plus étudiées dans la région du Maghreb.
Cette famille compte quatre genres (Baetis, Acentrella, Cloen et Procloeon) dont le genre Baetis
représente presque la totalité de cette famille. Il est représenté par trois espèces dont Baetis pavidus
qui se caractérise par une grande plasticité phénotypique, ils sont les plus répandus dans l’oued
Khébir-Rhumel avec une abondance remarquable dans les stations au-dessus et au-dessous du
barrage "Beni Haroun". Nous pouvons donc, les considérés comme généralistes à large valence
écologique. Les deux autres espèces, Baetis rhodani et Baetis punicus, ont été récoltés seulement
dans l’oued Kébir avec de faibles effectifs (Tab. 19). Les autres genres sont faiblement représentés
dont les deux espèces Acentrella sinaica (Acentrella), et Cloeon saharense (Cloeon) ont été
recensés seulement dans le Kébir.
La famille des Caenidae dans l’oued Kébir-Rhumel est représentée par deux espèces du genre
Caenis ; Caenis luctuosa et Caenis pusilla. Les Caenis luctuosa sont récoltés dans la majorité des
stations avec de faibles effectifs dans les stations amont du Rhumel. Cette espèce est mieux
représentée dans la station de l’affluent Smendou (SM) et dans les stations aval de Kébir
notamment la station K4, qui se caractérisent par des faibles courants, des fonds peu profonds
composé de gravier, et des débris végétaux couvrant les pierres et les roches. Ces caractéristiques
ont été déjà mentionnées par Elouard & Gibon (2001) comme des conditions appropriées du
développement larvaire des Caenidae. D’après Boumaïza (1994), Caenis luctuosa est une espèce
75
Chapitre IV : Résultats & discussion
euryèce, la plus tolérante et la plus robuste des espèces d’Ephéméroptères. Par contre, l’espèce
Caenis pusilla a été récolté seulement dans le Kébir avec plus d’effectifs dans les deux stations
affluents TA et IR qui se caractérisent généralement par un écoulement relativement rapide, des
eaux fraiches à froides et l’absence de sources de pollutions.
La famille des Heptageniidae est habituellement trouvée dans des eaux fraîches ou froides,
qu'elles soient rhitrhiques ou lentiques. Dans les eaux courantes, les Heptageniidae se réfugient dans
des creux ou sous les rochers, tandis que dans les eaux stagnantes, ils occupent les bois morts. Ce
sont des racleuses et détritivores (Thambiratnam, 2014). Dans notre étude, quatre genres des
Heptageniidae ont été récoltée seulement dans l’oued Kébir, dont l’espèce Ecdyonurus rothschildi
(Ecdyonurus) est la mieux représentée avec un maximum d’effectifs dans la station de l’affluent
Tara (TA). Des travaux antérieurs ont montré que cette espèce endémique du Maghreb pourrait
présenter un intérêt potentiel dans la surveillance environnementale (Bouhala et al., 2020). On note
aussi que la station de l’affluent Irdjana (IR) abrite les quatre genres de cette famille avec de très
faibles effectifs. Selon Belfiore (1983), les Heptageniidae ont généralement été considérés
globalement comme des indicateurs de bonne qualité de l'eau, à l’exception de certaines espèces du
genre Ecdyonurus et, dans de rares cas, du genre Rhithrogena, sont au contraire plutôt euryèces et
relativement peu sensibles à certains types de pollution.
La famille des Leptophlebiidae récoltée dans l’oued Kébir-Rhumel est représentée par trois
espèces recensées seulement dans le Kébir, dont Choroterpes atlas est le mieux représenté avec une
abondance remarquable dans les stations affluents TA et IR. Cette espèce est une endémique
maghrébine, signalée en Algérie, au Maroc et en Tunisie (Thomas & Vitte, 1988). Les larves de
Choroterpes atlas étaient souvent trouvées dans les interstices des rochers et des galets dans des
eaux courantes et même le long des berges, dans les amas de bois et de feuilles mortes.
7-1-4. Coléoptères
Les Coléoptères représentent environ 1/5 de la faune d’invertébrés aquatiques, ils se
distinguent par leur grande diversité spécifique avec le tiers des espèces décrites actuellement. Les
Coléoptères avec les Diptères et les Trichoptères constituent une part importante de la biodiversité
des zones humides et des écosystèmes aquatiques (Fairchild et al, 2000 ; Benamar et al., 2011). Ce
sont uniques parmi les insectes holométaboles car ils sont présents sous leur forme adulte et leur
forme larvaire dans les environnements aquatiques. Ils peuvent être trouvés dans divers habitats tels
que des sources, des ruisseaux de sources, des rivières à débit modéré et des rivières quasi-
stagnantes avec une végétation abondante (Tachet et al., 2010). Les coléoptères sont des candidats
idéaux pour servir d’indicateurs de la biodiversité des écosystèmes aquatiques, ce sont des
76
Chapitre IV : Résultats & discussion
descripteurs par excellence des changements spatio-temporels dans les systèmes fluviaux, ils
sont considérés comme saproxène disparaît de la zone la plus perturbée (Bilton et al., 2006 ;
Millán et al., 2006).
Dans notre étude, les Coléoptères constituent le groupe le plus diversifié des macroinvertébrés
récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel. Nous avons recensés un moyen de 350 larves de Coléoptères
représentées par 28 taxons (entre genres et espèces), dont 14 espèces appartiennent à 10 familles
(Tab. 20). En général, les Coléoptères sont faiblement représentés dans la majorité des stations dont
les effectifs les plus élevés ont été recensés au niveau des affluents Smendou, Tara et Irdjana. En
termes de richesse, les stations en aval de Kébir et les stations au-dessus de barrage sont les plus
diversifiés avec un maximum des taxons de coléoptères enregistré au niveau des stations TA, K6 et
K4 (Fig. 33)
La famille des Elmidae domine le peuplement des Coléoptères avec 136.3 individus, soit 39% de
nombre total recensés de cet ordre, suivie par la famille des Hydrophilidae avec 55 individus, soit
15.7% de nombre total des Coléoptères. Les deux familles des Gyrinidae et Dryopidae viennent en
troisième position avec 38 individus (soit 10.8%) chacune. Aussi, les deux familles des Hydraenidae
et Dytiscidae sont faiblement représentées, elles comptent respectivement 27 individus (7.7%), 26
individus (7.4 %). Les autres familles ; Hydrochidae, Helophoridae, Scirtidae et Haliplidae, sont
faiblement représentées avec des pourcentages inférieurs à 2%.
Les Elmidae sont de petits Coléoptères qui préfèrent les milieux aquatiques à fort courant, et sont
rarement trouvés sur les rives des lacs et des étangs. (Touaylia et al., 2010). Leur nymphes sont
enfouie dans le sable, l'humus et dans les débris végétaux. Gayoso Couce (1998) a souligné leur
77
Chapitre IV : Résultats & discussion
grand intérêt écologique en tant que bioindicateurs de la qualité des eaux qui les abritent, des
habitats en danger et des écosystèmes limniques. Dans notre étude, la famille des Elmidae est
représentée principalement par trois espèces, deux espèces Limnius intermedius et Esolus filum, se
répartissent dans certaines stations à faibles effectifs. Ils sont eurythermes et à répartition plus ou
moins large. L’autre espèce Stenelmis consobrina a été récoltée uniquement dans l’oued Kébir. Les
deux stations des affluents Tara et Irdjana sont les plus abondantes et les plus diversifiées.
Les Hydrophilidae vivent près des eaux calmes, se déplacent sur les berges riches en végétation
aquatique et se nourrissant de plantes submergées. D'autres vivent dans les excréments d'animaux.
La composition spécifique des hydrophiles dans leur ensemble ne peut pas être considérée comme
un indicateur approprié de la qualité de l'eau (Akünal & Aslan, 2017). À l'échelle du bassin versant
de l'oued Kebir-Rhumel, cette famille est la plus diversifiée parmi l’ordre des coléoptères avec 8
taxons. Les quatre taxons Laccobius sp, Crenitis, Helochares obscurus et Helochares lividus ont été
78
Chapitre IV : Résultats & discussion
récoltés exclusivement dans l’oued Rhumel, ainsi que Laccobius gracilis et Anacaena ont été
récoltés dans le Kébir. Le genre Coelostoma est rare dans nos prélèvements, il compte seulement un
individu.
La famille des Gyrinidae est représentée par deux espèces : Aulonogyrus striatus et Gyrinus
dejeani, très peu abondantes et très peu fréquentes. Les adultes sont des nageurs rapides sur la
surface de l’eau, parmi les herbes de la berge partiellement immergées, aux endroits calmes ou à
très faible courant et peu profonds. Ils sont généralement actifs pendant la journée et se trouvent en
petits ou grands groupes jusqu'à ce qu'ils soient dérangés. Dans la station R5, ils furent capturés
dans des habitats à l’abri du courant, à une profondeur supérieure à 60 cm. Les adultes des
Gyrinidae sont des prédateurs d’insectes qui sont tombés ou se sont retrouvés piégés dans le film de
la surface de l'eau.
Les Dryopidae sont représentés avec un seul genre : Dryops. Il est récolté dans la majorité des
stations avec de faibles effectifs. Les espèces appartenant au genre Dryops occupent de préférence
les fonds de graviers ou de galets, et éventuellement se trouve accrochées aux plantes aquatiques
parmi les racinessur les berges, où ils se nourrissent de matières végétales en décomposition
(Bameul & Secq, 1987 ; Rico & García-Avilés, 1998).
La famille des Hydraenidae préfèrent les habitats à courant rapide (rhéophile), habituellement
trouvés dans les milieux à faciès lotique. Elle peuple une grande variété d’habitats, y compris des
eaux froides et des eaux chaudes de basse altitude et de plaines. La plupart des Hydraenidae sont
phytophages, mais quelques espèces saprophages et prédatrices sont connues. Dans notre travail,
cette famille est très peu abondante, représentée par deux genres : Hydraena et Ochthebius. Les
Hydraena sont eurythermes et à large valence écologique. Par contre, la répartition des Ochthebius
semble se limiter aux biotopes chauds de basses altitudes et de plaine (Lounaci & Vinçon, 2005).
Les Dytiscidae constituent l’un des groupes de Coléoptère le plus importants dans les
écosystèmes benthiques. Ils sont hydrocarabiques d'eaux calmes vivent dans des mares ou des
milieux peu profondes, à courant peu faible, coulant sur des fonds meubles (sable, limons, matières
organiques) et riches en végétation aquatique (macrophytes, algues). Les dytiques, que ce soit sous
leur forme larvaire ou imaginale, sont des prédateurs redoutables qui chassent et capturent différents
types de proies telles que des insectes, des têtards, ainsi que des grenouilles et poissons de petite
taille. Dans de nombreux cas, ces Coléoptères peuvent être de bons indicateurs de la qualité de l'eau
et devraient être plus généralement utilisés à cet effet (Brancucci, 1980).
Dans l’oued Kébir-Rhumel, avec une faible abondance, la famille des Dytiscidae représente la
troisième famille la plus diversifiée (6 taxons) parmi l’ordre des Coléoptères. Le genre Laccophilus
79
Chapitre IV : Résultats & discussion
est assez abondant et assez fréquent parmi les Dytiscidae recensés. Il est représenté principalement
par les espèces Laccophilus hyalinus et Laccophilus minutus, dont cette dernière est récoltée en de
rare exemplaire seulement dans la station affluent IR. Laccophilus habite de nombreux types d'eaux
lotiques et lentiques, dans des eaux assez peu profondes avec une végétation clairsemée sur fond
sablo-argileux (Biström et al., 2015). Selon nos observations, les Agabus sont sédentaires et leur
répartition exclusivement limitée aux fosses à fond vaseux-sableux caractérisé par une mince
couche de matières organiques fortement décomposées.
La famille des Haliplidae est représentée par deux espèces : Haliplus lineaticollis et Peltodytes
rotundatus, récoltées respectivement dans l’oued Rhumel et en aval du Kébir. Selon Haouchine
(2011), ces deux genres ont été collectés dans des zones de plaines et de basses altitudes, dans des
habitats lentiques, qui présente une végétation aquatique dense et un faible courant s'écoulant sur un
substrat fin tel que du sable, du limon ou de la vase.
7-1-5. Trichoptères
Les Trichoptères sont des organismes benthiques, dont la grande majorité peuple les
milieux dulcicoles. Ils font partie des ordres d'insectes holométaboles pour lesquels les œufs, les
larves et les pupes sont particulièrement abondants et diversifiés en eau douce, tandis que les
adultes sont généralement aériens et terrestres. Les Trichoptères vivent aussi bien dans les eaux
courantes que dans les systèmes stagnants. Ces organismes ont tendance à se développer de manière
privilégiée le long de la zone littorale des lacs, où ils peuvent bénéficier d'une grande variété
d'habitats grâce à la richesse et à l'importance de la végétation environnante ainsi qu'à la diversité
du substratum. Par contre, les zones sublittorales et profondes n'hébergent qu'un nombre réduit
d’espèces. Les Trichoptères occupent une grande variété d'habitats, ils ont des préférences
trophiques diverses et sont très sensibles aux changements environnementaux.
Dans la présente étude, les larves des Trichoptères ont été représentées par une moyenne de 1119.7
individus repartis en 5 familles, 6 genres et 6 espèces d’inégale abondance (Tab. 21). En général, les
Trichoptères sont peu abondants et peu diversifiés dans l’oued Rhumel que dans le Kébir. La station
de l’affluent Tara (TA) est la mieux représentée avec 239.7 individus et 7 taxons (Fig. 34). La
coexistence de plusieurs espèces de Trichoptères dans cette station est facilitée par la partition du
microhabitat, où la taille et le type de substrat sont importants pour moduler la microdistribution des
espèces.
80
Chapitre IV : Résultats & discussion
bryophytes dans des eaux à fort courant (Tachet et al., 2010). Les populations d'Hydropsychidae ont
une prolifération favorisée par les milieux qui contiennent des matières organiques particulières ou
des sels d'azote et de phosphore, que ce soit de manière directe ou indirecte (Verneaux & Faessel,
1976). Les larves d'Hydropsychidae, parfois carnassières (Siltala, 1907), peuvent être globalement
qualifiées d'omnivores à affinité détritivore et suspensivore (Faessel, 1985).
Cette famille est représentée par 2 genres : Hydropsyche et Cheumatopsyche, dont le premier est
représenté par deux espèces dominant l’ordre des Trichoptère : Hydropsyche lobata et Hydropsyche
maroccana (Tab.21). Les larves du genre Hydropsyche constituent un élément fréquent, souvent
abondant dans les écosystèmes d’eau courante. Les Hydropsyche lobata sont répandus dans toute la
zone d'étude avec un effectifs relativement élevés au-dessous du barrage, notamment dans l’affluent
TA. Par contre, les Hydropsyche maroccana sont bien représentés dans les stations aval de Kébir et
absentes dans la majorité des stations de Rhumel. En termes d’abondance, une compétition entre
ces deux espèces, peut être distinguée dans les différentes stations. Cela peut être dû à la
compétition entre deux espèces qui peut être influencée par des exigences écologiques spécifiques
qui peuvent favoriser l'une des espèces par rapport à l'autre.
81
Chapitre IV : Résultats & discussion
La famille des Rhyacophilidae est très peu abondante, très peu fréquente, représentée par
l’espèce Rhyacophila munda (genre Rhyacophila) et le genre pararhyacophila. Dans les rivières
méditerranéennes, les Rhyacophilidae constituent avec les Hydropsychidae des bons indicateurs de
l’état de santé des eaux courantes (Edington & Hildrew, 1995). Dans notre cas, les deux espèces de
Rhyacophila ont montrés des préférences pour des eaux froides et des substrats grossiers au lieu du
substrat sableux et caillouteux.
La famille des Philopotamidae est représentée par une seule espèce Chimarra marginata, La
famille des Philopotamidae est représentée par une seule espèce Chimarra marginata, dont sa
présence est presque exclusivement à la station de l’affluent Tara (TA). L’espèce montre une nette
préférence pour habitats à substrat pierreux ou rocheux, des eaux constamment fraiches ou froides
et l’écoulement de l’eau est vif.
7-1-6. Odonates
Les Odonates ne sont pas seulement des bioindicateurs de milieu aquatique mais aussi un
indicateur de sa richesse en faune benthique (Aguesse, 1968). Ils sont capables de refléter la
dégradation de l'habitat en raison de leur sensibilité aux changements dans la structure de l'habitat
(Clausnitzer, 2003). Ceci est largement basé sur leur niveau de tolérance, car certains ne peuvent
pas tolérer une pollution légère ; certains ont une tolérance modérée à la pollution, tandis que
d'autres peuvent prospérer même dans un environnement fortement pollué (Adu et al., 2016). La
diversité de leur population dépend de leur régime thermique ainsi que de l'influence de l'ombrage,
qui peut agir comme des facteurs limitants. Selon Moubayed (1986), La densité et la diversité des
Odonates sont sous l’action combinée du couvert végétal, de la force du courant et de la nature du
substrat. Certaines espèces préfèrent les zones de bordure riches en macrophytes, un courant lent et
un substrat meuble, tandis que d'autres se trouvent dans des habitats avec une végétation dense, un
courant modéré et un substrat grossier.
82
Chapitre IV : Résultats & discussion
A l’échelle de l’oued Kébir-Rhumel, les Odonates sont répandu dans les différentes
stations avec de très faibles effectifs moyennes. Nous avons recensés seulement une moyenne de
127.3 individus représentés par 15 taxons (entre genres et espèces), avec 13 espèces appartiennent à
5 familles (Tab. 22). En termes de richesse, l’oued Kébir est mieux représenté surtout au niveau des
stations aval, tandis que dans le Rhumel, les deux stations SM et R5 ont été les mieux diversifiées
avec respectivement 6 et 5 taxons (Fig. 35). En termes d’abondance, les familles des Gomphidae et
des Libellulidae représentent respectivement 44% et 29% de l’effectif moyen total des Odonates
récoltés. Les familles des Aeshnidae, Coenagrionidae et des Platycnemididae sont faiblement
représentées avec deux ou une seule espèce.
La famille des Gomphidae a été récoltée seulement dans le l’oued Kébir. C’est une composante
importante du biote des eaux courantes, son abondance et sa diversité sont considérés comme un
indicateur fiable d'un système fluvial sain (Ferreras-Romero et al., 2009). D’après Leipelt &
Suhling (2001), le substrat est un facteur écologique important dans la distribution des larves des
Gomphidae. Au niveau spécifique, les Gumphus lucasii et Onychogomphus. f. unguiculatus sont les
mieux représentés et leur répartition montre une certaine forme de coexistence, peut-être due au fait
qu'ils partagent les mêmes habitats.
L’espèce Paragomphus genei est, selon Bernal (2017), caractéristique aux rives des substrats
sableux dans une large gamme de milieux, tant lentiques que lotiques, bien que tous bénéficient
d'une bonne exposition au soleil et de rivages clairs. Cela est en accord avec nos observations dans
la station R4.
83
Chapitre IV : Résultats & discussion
La famille des Aeshnidae est faiblement représentée par deux espèces ; Aeshna mixta et Boyeria
irene, récoltées seulement dans le Kébir. L’espèce Boyeria irene montre une préférence pour les
habitats à fond pierreux et des eaux fraiches à froides. Aeshna mixta, pendant sa période de
reproduction peut également être associée dans des forêts denses et ombragées (Samraoui et al.,
1998).
La famille des Libellulidae est représentée dans la majorité des stations à distribution fragmentée
et avec de très faibles effectifs. En général, les espèces Orthetrum chrysostigma, Brachythomi
impartita et Sympetrum fonscolombii sont largement répartis le long de l’oued, montrent une
certaine tolérance à la présence de substances organiques. Ainsi que Orthetrum nitidinerve et
Sympetrum striolatum ont été récoltés seulement en amont du Rhumel et semblent être des espèces
associées aux hauts plateaux semi-arides.
La famille des Platycnemididae est représentée par Platycnemis subdilatata, la seule espèce
endémique d’Afrique du Nord, existante en Tunisie, Algérie et Maroc. Dans notre étude, cette
espèce est très faiblement représentée, à distribution fragmentée le long de l’oued.
84
Chapitre IV : Résultats & discussion
7-1-7. Hétéroptères
Les taxons de cet ordre sont des insectes d’eau stagnantes, occupent les mares, les
marécages, les étangs et les rivières (Poisson, 1957). Chaque espèce a ses propres exigences
écologiques. La composition du substrat (qui peut être de la vase, du sable, des cailloux ou de la
végétation) est un facteur crucial dans les eaux courantes, ainsi que dans la biologie et l'écologie des
Hétéroptères, qui se protègent du courant en vivant dans des habitats aquatiques stagnants. Les
Hétéroptères vivent à la surface de l’eau, en pleine eau et dans le fond. Ceux de fond qui marchent
dans la vase sont soit absents, soit très peu nombreux dans les stations à fond caillouteux ou
rocheux. Ce qui met en évidence l’impact de la nature de fond sur la répartition. Généralement, les
Hétéroptères se nourrissent de petits invertébrés aquatiques en tant que prédateurs, bien que
certaines espèces soient des détritivores, des phytophages ou des charognards (Dethier, 1986).
La répartition des Hétéroptères dans l’oued Kébir-Rhumel révèle l’existence de ces invertébrés dans
toutes les stations avec des proportions variables. Cet ordre est très abondant dans l’oued Rhumel
que dans le Kébir, dont les deux stations de l’affluent Smendou (SM) et R4 sont les plus abondantes
(Tab. 23).
La famille des Corixidae est la plus abondante et la plus fréquente, dont le genre Micronecta
représente la quasi-totalité des Hétéroptères avec une moyenne de 1024.3 individus représentant
90% du total des spécimens prélevés. Les autres espèces des Corixidae : Corixa punctata, Corixa
affinis et Paracorixa concinna sont généralement recensées seulement dans le Rhumel avec des très
faibles effectifs.
La famille des Gerridae est répandue dans toute la zone d'étude, elle est représentée par une seule
espèce ; Gerris lacustris. L'une des principales raisons de sa large distribution est probablement sa
modestie concernant ses préférences d'habitat. Les Gerris lacustris se rencontrent sur des eaux
85
Chapitre IV : Résultats & discussion
calmes et en bordure des cours d’eau très lentes sous les arbres, souvent dans des habitats
ombragés. De préférence, ses habitats sont couverts de végétation pour se cacher, se reposer et
pondre, au moins dans la zone littorale (Vepsäläinen, 1973). En effet, ce genre de surface est
difficile à capturer à cause de leur mobilité et leur rapidité. D’après Guthrie (1989), Gerris lacustris
est l’espèce des Gerridae la plus tolérante à la pollution.
La famille des Notonectidae est représentée par deux taxons Notonecta obliqua et Anisops. Ils
sont récoltés seulement dans l’oued Rhumel avec de très faibles effectifs. Les Notonectidae sont
principalement associés aux berges avec des peuplements de macrophytes. En raison de leur
préférence pour la végétation et de leur faible affinité pour la surface, les Notonectidae se
débrouillent mieux dans un environnement complexe où éviter la surface et avoir suffisamment de
végétation (Giller & McNeill, 1981). Les facteurs importants qui influent sur la répartition de cette
famille sont la taille de l'habitat, la quantité d'ombre, la profondeur, le type de substrat, la
température de l'eau, les caractéristiques des macrophytes, la présence de prédateurs et la diversité
des proies (Schilling et al., 2009).
La famille des Naucoridae est faiblement représentée par deux espèces : Naucoris cimicoides et
Naucoris maculatus. Selon nos observations, ces espèces généralement trouvés associées à des
substrats vaseux-sableux caractérisé par une mince couche de matières organiques fortement
décomposées, sur les bords ou dans la végétation émergente des eaux calmes ou stagnantes peu
profondes.
La famille des Nepidae récoltée dans l’oued Kébir-Rhumel, est représentée par un seul genre :
Nepa. Ce genre est récolté dans la majorité des stations avec un ou deux individus. Ces prédateurs
carnivores, on les trouve dans des eaux calmes, comme les étangs ou les cours d’eau à faible
courant, avec des fonds boueux ou riche en végétation submergée, qui sont facilement camouflés,
mais si tout à coup l'étang se tarir où deviennent des proies rares, n’hésites pas pour voler à la
recherche d'une autre résidence.
86
Chapitre IV : Résultats & discussion
produisant des fèces riches en matière organique de façon continue. Le régime de ces organismes
aquatiques est microphage, ils sont phytophages et détritivores, et plus rarement omnivores (Adam,
1960 ; Ellis, 1978 ; Falkneret al., 2002).
Au cours de notre travail, la classe des Mollusques a été représentée principalement par l’ordre
des Basomatophora, qui compte la quasi-totalité de l’effectif avec une moyenne de 556.3 individus,
soit 98% des Gastéropodes récoltés. Les deux espèces : Physa acuta (Physidae) et Lithoglyphus
naticoides (Hydrobiidae) sont les plus abondantes et les plus fréquentes (Tab. 24)
Les Physa acuta sont répandus dans toute la zone d'étude avec une abondance relativement élevée
dans l’oued Rhumel. Il semble que cette espèce a un large spectre écologique. On la trouve en
abondance sur les berges dans des eaux calmes ou lentes, sur les mauvaises herbes aquatiques, le
bois et les galets immergés. Autant dire que l’espèce peut être observée dans tous les types de
milieux et notamment ceux influencés par les rejets industriels ou dégradés par une eutrophisation.
Cette espèce d'eau douce se nourrit d'algues vertes et de détritus (Kerney, 1999 ; Ponder et al.,
2022).
La répartition des Lithoglyphus naticoides est restreinte, presque exclusivement, aux stations des
hauts plateaux, notamment à la station R1. Nous suggérons que cette espèce occupe de préférence
les habitats à faibles courants d'eau sur les cailloux ou à la surface des fonds sableux ou vaseux.
87
Chapitre IV : Résultats & discussion
sont des animaux qui se nourrissent de débris organiques et qui ont tendance à s'enfouir dans les
sédiments. Leur présence est souvent utilisée pour identifier les pollutions et mesurer leur impact
sur l'environnement (Rodríguez & Reynoldson, 2011).
La famille des Tubificidae est l’une des familles les plus abondantes récoltées dans l’oued
Rhumel-Kébir. Elle est représentée par un seul genre : Tubifex, qui constitue 82% des Oligochètes
recensés. Il est très abondant et très fréquent dans les stations de Rhumel (Tab. 25). Les Tubifex
présentent une plus grande tolérance aux températures élevées et aux milieux saumâtres, ainsi
qu’une résistance élevée au manque d’oxygène. Plusieurs espèces de ce groupe sont eurythermes, et
certaines sont particulièrement résistantes à la pollution organique (Martin & Ait Boughrous, 2012).
La famille des Naididae est bien représentée dans les stations aval et au-dessus du barrage. La
majorité des espèces de cette famille possèdent une grande capacité d'adaptation écologique ainsi
qu'une forte résistance aux conditions de faible oxygène, aux températures élevées et/ou à la
pollution organique (Martin & Ait Boughrous, 2012).
88
Chapitre IV : Résultats & discussion
La famille des Erpopdillidae est représentée principalement par l’espèce Dina lineata. Cette
dernière était souvent trouver soit au chenal à un fort écoulement, accrochée à des roches, soit sur
les berges dans des habitats à courant lent, attachée à des pierres, des bûches ou des plantes
submergées. Selon nos observations dans la station R6, les Dina lineata occupent de préférence les
fonds à dépôt organique fin à la base des algues, ou à galets immergés posés dans la vase, et
éventuellement se trouve associées avec des Chironomidés et des Gastéropodes.
La famille des Glossiphoniidae est représentée par Helobdella stagnalis. Cette espèce a été
récoltée en abondance dans les stations de l’amont, qui se caractérisent généralement par un substrat
sablonneux- caillouteux. Ils se nourrissent principalement d'Oligochètes (Tubifex sp.), de larves
d'Insectes (Chironomus sp.) et des Gastéropodes (Lymnaea sp.) (Young et al., 1993).
La classe des Turbellaria a été représentée par deux familles et deux espèces Dugesia
gonocephala et Planaria felina. Les Dugesia gonocephala ont été récoltées dans la majorité des
stations avec de très faibles effectifs. Cette espèce pourrait être considérée eurytherme et rhéophile
(Pattee, 1970). Elle est présente dans tous les types de cours d'eau propres et non pollués, souvent
sous les pierres dans les eaux peu profondes sur les rivages pierreux abrités, en raison de leur
sensibilité photonégative (Reynoldson & Young, 2000).
La classe des Crustacés est dominée par les ordres des Ostracoda et des Decapoda. Les
Ostracodes sont tous récoltés dans la station R1, durant le printemps et l’été. On les trouve dans les
sédiments aux endroits calmes, peu profonds et éclairés, parmi les algues vertes qui constituent leur
nourriture principale.
L’ordre des Décapodes a été représenté par l’espèce Atyaephyra desmarestii ou crevette d'eau
douce. Elle fut capturée généralement dans des habitats sur les berges dont les eaux à écoulement
lent ou stagnant et à fond meuble (limons, sables, détritus végétaux) riche en végétations
aquatiques, parmi les racines des plantes émergentes. Selon Meurisse-Génin et al. (1985),
89
Chapitre IV : Résultats & discussion
Atyephyra desmaresti est un organisme principalement détritivore qui se nourrit en grattant les
algues vertes filamenteuses qui se trouvent sur les pierres de la rivière.
90
Chapitre IV : Résultats & discussion
9. Traitements statistiques
Pour décrire la structure du peuplement étudié au niveau de l’oued Kébir-Rhumel, nous
avons procédé à une Analyse Factorielle des Correspondances (AFC). Cette dernière permet
d’obtenir une image représentative et descriptive de l’ensemble des différences, des similitudes et
des relations entre la faune récoltés et les sites étudier. Notre analyse AFC a été effectuée sur une
matrice des données de base constituée de 16 stations et 19 taxons les mieux représentés. Elle a
donné deux axes expliquent 62.32 % de l’inertie totale, dont l’axe 1 représente 38.46 et 23.92%
pour l’axe 2 (Fig. 37). D’après le diagramme de l’analyse AFC, quatre groupes peuvent être
clairement distingués. Un premier groupe s’écarte sur le côté négatif de l’axe 1 et évoque des taxons
peuplant la majorité des stations de l’oued Rhumel. Ces dernières abritent des taxons dits polluo-
résistants, adaptés au facteur limitant pollution (domestique et industriel), notamment les
Chironomidae et les Tubifex. A l’opposé sur le côté positif, se concentrent tous les taxons restants
formant trois groupes, dont le plus grand concordant avec les six stations de Kébir. Un deuxième
91
Chapitre IV : Résultats & discussion
groupe est composé d’une station de Kébir (K4) et une station de Rhumel (SM) associées
principalement avec les Micronecta et les Atyaephyra desmarestii. Ces derniers taxons montrent
une préférence pour les fonds meubles et une végétation aquatique émergente. La station de
l’affluent Tara (TA) de Kébir constitue un troisième groupe formé par des taxons qui montrent une
préférence pour les eaux froides ou fraiches, dans des biotopes à courant rapide à modéré et à
substrat grossier, parmi eux les Choroterpes atlas et les Ecdyonurus rothschildi.
En effet, les résultats obtenus par l’AFC peuvent être confirmés par une analyse de la classification
hiérarchique ascendante (ACH). Sur la base d’un tableau croisé d’abondance des principaux taxons
et des stations d’étude, l’analyse ACH montre clairement le regroupement mentionné
précédemment. Les analyses de la classification ascendante hiérarchique (CAH) montrent qu’à une
distance d’agrégation de 45 (distance euclidienne), deux grands groupes (I et III) et un singleton (II)
peuvent être identifiés (Fig.38). A une distance d’agrégation d’environ 30, le groupe (III) peut être
subdivisé en deux sous-groupes (a et b).
Figure 37 : Projection des stations et des principaux taxons récoltés sur le plan factoriel
F1 et F2 de l’AFC.
Tub : Tubifex, D. lin : Dina lineata, P. acu : Physa acuta, Chi : Chironomida, A. des : Atyaephyra desmarestii,
S .pse : Simulium pseudequinum, B. pav : Baetis pavidus, Nai : Naididae, Mic : Micronecta, C. luc : Caenis
luctuosa, H. mar : Hydropsyche maroccana, H. lob : Hydropsyche lobata, S. orn : Simulium ornatum,
Uni : Unionicola, Elm : Elmidae, C. atl : Choroterpes atlas, C. pus : Caenis pusilla, S. aur : simulium auteum,
E. rot : Ecdyonurus rothschildi.
92
Chapitre IV : Résultats & discussion
Figure 38 : Dendrogramme (carte thermique) de la distribution des stations sur la base des effectifs
des principaux taxons récoltés (2016-2018)
Une analyse canonique des correspondances (ACC) a été ainsi réalisée pour établir une relation
entre les principaux taxons de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel, et les variables
environnementales relevées aux différentes stations. Elle a porté sur deux tableaux : un tableau
constituée de 19 groupes faunistiques récoltés dans les 16 stations, sur lequel ont été appliquée
l’AFC, et un tableau contenant les 11 variables environnementales mesurés dans les mêmes stations
sur lequel a été précédemment appliquée l’ACP.
La figure 39 représente les plans factoriels des axes ACC1 et ACC2 de l’analyse canonique des
correspondances. L'analyse de la carte factorielle montre que l'axe ACC1 est positivement corrélé à
la majorité des variables environnementales à l’exception de la vitesse d’écoulement et de
l’oxygène dissous. Cependant, la teneur en oxygène dissous est négativement corrélée à cet
93
Chapitre IV : Résultats & discussion
axe. L'axe ACC2 est relativement corrélé à la vitesse de l’eau dans le sens négative. En général, la
projection montre une distribution des taxons en fonction de leur sensibilité aux perturbations. Des
valeurs relativement élevées de la température, la conductivité et des nutriments (NO3-, NO2- et
PO43) montrent une nette corrélation aux abondances des Tubifex, Chironomidae, Dina lineata,
Physa acuta et les Simulium pseudequinum.
La vitesse de l’eau est en corrélation avec les Baetis pavidus. Au côté opposé, un groupe de taxon
est en corrélation avec les concentrations élevées en oxygène dissous. Il s'agit probablement des
taxons associés à des eaux bien oxygénées à écoulement rapide, ils sont sténothermes et polluo-
sensibles qui ne supportent pas des teneurs élevées en nutriments et en éléments minéraux. Ce
groupe est représenté essentiellement par les Simulium ornatum, simulium auteum, Hydropsyche
lobata, Elmidae, Choroterpes atlas, Caenis pusilla et les Ecdyonurus rothschildi.
94
Chapitre IV : Résultats & discussion
95
Chapitre IV : Résultats & discussion
Dans le Kébir, la qualité de l’eau des stations TA, IR et K6 a été « non altérée » durant le printemps
et l’été. De plus, la station K3 montre une qualité de l’eau « non altérée » pendant le printemps et
l’automne. Cependant, les autres stations du Kébir qui enregistrent des valeurs de l’indice oscillant
entre 50 et 75%, ont des eaux « légèrement altérées ».
Les valeurs de indice EPT/(EPT+Chi) et EPT ont corroborés les résultats de la classification
écologique des stations de Kébir-Rhumel. L’oued Rhumel présente des charges polluantes
relativement élevées car il reçoit des rejets d'activités humaines (domestiques et industrielles), ce
qui a favorisé le développement de certains groupes de macroinvertébrés tolérants à la pollution,
notamment les Chironomidae, et la réduction des groupes sensibles à la pollution tels que les EPT.
96
Chapitre IV : Résultats & discussion
une moyenne à bonne qualité au niveau des stations K3, K5 et K6. Cette amélioration de l’état de la
qualité de l’eau observé dans le Kébir pourrait être s’expliqué par une augmentation de la diversité
de familles suivi par l’apparition en petit nombre du certains groupes polluo-sensibles tel que les
Plécoptères, les Ephéméroptères (Heptageniidae et Leptophlebiidae) et les Trichoptères
(Philopotamidae, Leptoceridae, Rhyacophilidae et Psychomyiidae).
97
Chapitre IV : Résultats & discussion
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Chapitre IV : Résultats & discussion
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Conclusion
L’analyse des résultats relatifs aux paramètres environnementaux révèle qu’au niveau
saisonnier, la majorité des paramètres ont variés significativement entre le printemps, l’été et
l’automne. Par contre, ces paramètres présentent des variations spatiales relativement faibles au
niveau de chaque oued, avec une chute remarquable des valeurs moyennes de Calcium,
d’Ammonium, de Nitrites et de Phosphate dans l’oued Kébir par rapport à l’oued Rhumel. De plus,
il faut noter que les valeurs enregistrées au niveau des affluents sont souvent plus ou moins
différentes par rapport à celles relevées au niveau des stations du cours d’eau principal. D'après ce
qui précède, nous suggérons que l’oued Rhumel est relativement perturbé par des charges en
matière organique, en sels d'azote et de phosphore, résultants des activités agricoles et des rejets en
eaux domestique et industrielle. Ces charges de nutriments circulent et s'accumulent dans le barrage
de Beni-Haroune, et cela pourrait être la raison d’une diminution drastique de leurs concentrations
en aval du barrage le long de l'oued Kebir.
Les résultats des analyses des interrelations entre les principaux taxons récoltés, les facteurs
environnementaux mesurés et les stations d’échantillonnages ont permis de mettre en évidence
l’opposition entre les stations de Kébir et celles du Rhumel. De plus, la classification ascendante
100
Conclusion
hiérarchique (CAH) et l’analyse factorielle des correspondances (AFC) ont permis d’individualiser
quatre noyaux d’affinité visualisent les associations spatiales des stations, mais aussi des
espèces caractéristiques. En outre, l’analyse canonique des correspondances (ACC) réalisée entre
les paramètres environnementaux et les principaux taxons des macro-invertébrés benthiques montre
une forte corrélation entre les espèces polluo-résistantes et tous les autres variables
environnementaux, à l’exception de la température et de l’oxygène dissous. Ce dernier est fortement
associé avec des espèces relativement sensibles, caractéristiques à des cours d’eau fraiches ou
froids, à écoulement rapide, et aux substrats rocheux. En effet, un écoulement rapide du cours
d’eau favorise leur l’oxygénation.
L’évaluation de l’état écologique des eaux par les indices biologiques (IBGN, BMWP et
ASPT), met en évidence la dégradation de la qualité biologique le long de Rhumel avec une
aggravation de l’état vers les stations amont. Les stations de ce tronçon sont caractérisées par un lit
d’une faible largeur (2 – 3 mètres) et d’un substrat vaseux. Ainsi que cette partie du bassin connaît
une activité agricole importante et un large éventail d'unités industrielles, avec une très dense
agglomération, induisant la diminution de la diversité taxonomique et la prolifération des taxons
polluo-résistants tels que les Chironomidae et les Oligochètes. Tout cela peut expliquer l’état
dégradé et les faibles scores obtenus par les différents indices biotiques dans l’oued Rhumel.
En générale, les différents indices biologiques indiquent des états écologiques plus ou moins
similaires et/ou complémentaires selon la période d'étude. Ils varient parallèlement, d’une manière
ou d’une autre, selon la diversité des groupes faunistiques et selon la présence ou l’absence des
taxons polluo-sensibles. En analysant des recherches similaires dans l'évaluation de la qualité de
l'eau avec des indices biotiques, nous pouvons voir une certaine variation et déviation dans la
classification de la qualité de l'eau. Cela peut être lié aux méthodes de chaque indice basés sur la
présence d'espèces sensibles aux changements environnementaux, il est donc difficile de préciser
l’indice le plus fiable pour être appliqué dans l'évaluation de la qualité des cours d'eau dans un pays.
Dans ce travail, après une étude sur l’assemblage de la macrofaune benthique dans le Kébir-
Rhumel, nous suggérons que la répartition des macro-invertébrés est fortement influencée par les
facteurs environnementaux notamment les caractéristiques physico-chimique de l’eau, et par le type
de substrat. De plus, le barrage de Beni Haroun sépare deux milieux nettement différents sur les
plans morphodynamique et physico-chimique. Il semble également être un facteur important dans la
diminution substantielle du débit, de vitesse d’écoulement et des concentrations de nutriments le
long de Kébir. Par conséquent, on ne peut pas négliger le rôle du barrage en tant qu’une forte
barrière écologique affectant plus ou moins la structure des macro-invertébrés benthiques au-
dessous du barrage.
101
Conclusion
Cet ensemble de base de données initial représenterait certainement dans le futur un état de
référence pouvant tracer l’évolution générale de l’écosystème benthique du Kébir-Rhumel, en
mettant l'accent sur les ensembles de traits d'histoire de vie des macro-invertébrés benthiques en
raison de leur valeur pour expliquer les schémas de distribution observés dans la nature, quantifier
les relations trophiques et énergétiques, et pour analyser les facteurs structurants les assemblages de
macro-invertébrés dans ce bassin versant. Ce travail contribue à combler le manque de
connaissances actuel concernant les communautés de macro-invertébrés du bassin versant du Kébir-
Rhumel, et à élargir l'investigation des schémas de distribution spatiale et temporelle de ces taxons
identifiés au nord de l'Algérie.
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Annexe 1 : Valeurs de l’IBGN selon le groupe faunistique indicateur et la variété taxonomique des
macroinvertébrés benthiques
Annexe 2 : Score des familles des macroinvertébrés à l’indice BMWP’
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Indice EPT/ (EPT+Chironomidae) Eté 14.14 0 33.75 27.76 45.08 65.74 71.82 52.11 62.08 76.86 36.12 74.58 59.46 92.54 56.72 75.72
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Print 19 19 53 73 39 79 48 41 49 90 40 85 76 100 57 88
BMWP’ Eté 29 5 48 48 20 72 45 38 56 87 45 75 55 73 52 53
Auto 42 41 45 53 23 74 40 36 77 85 39 90 76 80 56 76
Print 3.5 3.26 3.72 4 3.7 4.43 4 3.95 5.56 6.1 4.66 5.7 4.9 5.52 5 5.36
ASPT Eté 3.27 2.33 3.7 3.9 3.3 4 4.1 3.77 4.57 5.85 4.88 4.88 4.26 4.4 4.27 4.22
Auto 3.7 3.55 3.9 4 3.6 3.9 4.1 3.76 5.33 6.1 4.6 5.3 4.5 5 4.5 4.7
Annexe 5 : Benthic macroinvertebrate assemblages in the main confluences of the Kebir-Rhumel
wadi (Northeast Algeria). Vie et Milieu - Life and Environment, 71: pp 41-54.
20,00
Relative abundances (%)
15,00
10,00
5,00
0,00
35
2,5
30
Shannon-wienner
2
Number of taxon
25
20 1,5
15
1
10
0,5
5
0 0
R1 SE R2SE R3 R4 SM R5SM R6 K1 TA K2TA K3 K4 IR K5IR K6
Fig. 4. – Taxon richness and Shannon index at each sampling station during the spring, summer
and autumn in Kebir-Rhumel wadi.
Fig. 5. – Canonical correspondence analysis ordination plot of macroinvertebrates taxa with
environmental variables in Kebir-Rhumel wadi. The summary of ordination results is presented in
Table V and the codes for each taxon are shown in Appendix.
Table I. – Mean (±SD) values of physical and chemical parameters of the sampling sites. *P < 0.05, **P < 0.01, ***P < 0.0001, NS : not significant
Dissolved
Depth Current Conductivity Ammonia Nitrite Nitrate Phosphate
Site T (°C) pH oxygen
(cm) (cm/s) (µS/cm) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L)
(mg/L)
R1 24.3 ±4 21.7 ±10.4 19.3 ±4 6.8 ±0.8 5.4 ±0.7 1196.7 ±15.3 0.47 ±0.6 0.03 ±0.04 6.15 ±2.9 1.45 ±1
SE 18.3 ±5 25 ±13.2 20 ±3.6 8.4 ±0.5 4.3 ±0.6 1449 ±166.7 2.26 ±1.3 3.89 ±2.02 2.87 ±3 2.83 ±0.7
R2SE 28.3 ±7 26.3 ±9 19 ±3.6 7.93 ±0.3 5.1 ±0.8 1236.7 ±111 2.12 ±0.6 0.13 ±0.1 3.58 ±2.7 1.36 ±0.4
R3 23.3 ±6 29 ±11.5 19.7 ±4.2 7.84 ±0.2 5.3 ±0.8 1199.7 ±110 1.64 ±1.2 0.15 ±0.1 3.12 ±2.2 1.28 ±0.4
R4 17.7 ±2 33.3 ±12.6 19.3 ±2.5 7.77 ±0.9 4.8 ±0.4 1377.3 ±307.4 2.13 ±1.6 1.19 ±1.7 5.31 ±7.7 2.23 ±0.9
SM 21.7 ±3 22.3 ±6.4 17.7 ±2.5 7.5 ±0.5 5.1 ±0.9 1276.7 ±281.1 1.52 ±2.4 0.27 ±0.4 6.87 ±2.6 1.49 ±0.4
R5SM 28.7 ±6 30 ±10 19 ±2 8 ±0.2 5.1 ±0.5 1449.7 ±482.3 2.96 ±1.8 1.08 ±1.6 5.75 ±8 1.99 ±0.8
R6 25 ±5 35 ±10 20 ±2 8.42 ±0.2 5 ±0.5 1536 ±610.6 3.44 ±1.8 1.78 ±3 5.66 ±7.7 2.09 ±0.6
K1 26.3 ±4 19 ±5.3 19.3 ±3.5 6.87 ±0.5 6.2 ±0.2 725.7 ±56.4 0.13 ±0.02 0.06 ±0.06 0.81 ±0.3 0.5 ±0.2
TA 22.3 ±6 28.3 ±5.8 16.7 ±3.5 7.2 ±0.3 6.9 ±0.4 483.7 ±26.5 0.10 ±0.03 0.03 ±0.04 0.5 ±0.3 0.45 ±0.2
K2TA 31.7 ±6 33.3 ±10.4 18.7 ±3.5 7.03 ±0.8 6.4 ±0.5 731 ±29.5 0.13 ±0.01 0.06 ±0.06 1.14 ±0.3 0.5 ±0.2
K3 24.3 ±6 25 ±5 18.3 ±3.8 7.27 ±0.6 6.4 ±0.3 734.7 ±34.6 0.12 ±0.01 0.07 ±0.06 0.71 ±0.1 0.49 ±0.2
K4 30 ±5 24 ±9.6 19.7 ±2.5 6.5 ±1 5.9 ±0.5 807.3 ±89.2 0.11 ±0.1 0.04 ±0.06 1.81 ±1 0.49 ±0.3
IR 21.7 ±6 26.7 ±5.8 16 ±3.5 7.22 ±0.1 7.2 ±0.4 439 ±19.7 0.06 ±0.06 0.07 ±0.05 0.34 ±0.3 0.19 ±0.1
K5IR 31.7 ±3 35 ±10 18.7 ±2.3 7.05 ±1 5.6 ±0.5 843 ±108.3 0.07 ±0.06 0.01 ±0.01 2.26 ±0.4 0.45 ±0.3
K6 29 ±2 26.7 ±7.6 19 ±3 6.93 ±1.4 5.4 ±0.5 893.3 ±67.1 0.11 ±0.05 0.25 ±0.4 3.56 ±1.1 0.48 ±0.3
F ratio 2.21* 0.81NS 0.37NS 2.44** 6.44*** 7.08*** 3.52** 2.69* 1.06NS 7.20***
Table II. – Mean values and SD of total taxon richness, abundance, and diversity indices of benthic
macroinvertebrate at the study stations in the Kebir-Rhumel wadi. *P < 0.05, ***P < 0.0001, NS : not
significant.
Shannon- Pielou Margalef Simpson EPT
Abundance Taxon richness
Station Wienner index index index index family
(ind./0,72 m2) (S) ̃)
(H’) (E) (M) (𝐷 richness
R1 231±165.42 15.67±4.51 1.76±0.42 0.64±0.11 2.74±0.62 0.72±0.15 2±1
SE 345.67±191.4 9.33±6.66 1.32±0.52 0.63±0.18 1.4±0.99 0.65±0.18 1.67±1.53
R2SE 366.33±82.71 21±3.61 2.01±0.32 0.66±0.07 3.39±0.48 0.8±0.08 1.33±0.58
R3 186±88.02 19±4.58 1.66±0.39 0.58±0.18 3.49±0.78 0.8±0.08 1.33±0.58
R4 311±35,37 12.33±1.53 1.45±0.05 0.58±0.01 1.97±0.24 0.68±0.03 1.67±0.58
SM 490.33±110.8 29±4.36 2.25±0.03 0.67±0.03 4.52±0.55 0.83±0.02 3
R5SM 440±319 16.67±3.51 1.69±0.04 0.61±0.06 2.64±0.27 0.75±0.04 2.67±0.58
R6 561.67±43.32 14±4.36 1.63±0.1 0.63±0.08 2.05±0.67 0.75±0.04 2.67±0.58
K1 231±271.07 15.33±3.51 2.11±0.13 0.78±0.09 2.92±0.07 0.83±0.02 2.33±0.58
TA 388.67±163.54 28.33±5.51 2.44±0.19 0.73±0.02 4.61±0.74 0.85±0.03 8±1
K2TA 138.67±122.81 12±1.73 1.76±0.64 0.71±0.23 2.42±0.72 0.71±0.22 3.33±1.15
K3 295.33±45.08 23±3.61 2.06±0.56 0.65±0.15 3.88±0.73 0.76±0.15 4.67±2.08
K4 519±180.8 20.67±3.51 1.74±0.23 0.58±0.07 3.16±0.5 0.74±0.06 2.67±0.58
IR 406.67±141.19 27±4.36 2.03±0.45 0.62±0.12 4.34±0.52 0.74±0.14 4.67±3.08
K5IR 142.33±64.69 12.67±4.04 1.57±0.71 0.61±0.21 2.37±0.78 0.64±0.28 3.33±1.15
K6 302.67±166.07 19.33±2.52 2.05±0.35 0.7±0.15 3.28±0.16 0.8±0.1 3.33±0.58
Les assemblages de macroinvertébrés du Kébi-Rhumel, l'un des plus grands bassins versants d'Algérie, sont
insuffisamment documentés. Au cours de cette étude, des échantillons de macrobenthos et de l’eau ont été
collectés et traités sur 16 stations situées dans les principales zones de confluences le long de l'oued Kebir-
Rhumel.
L'un des principaux objectifs du présent travail était de déterminer la répartition de la faune recensée, ainsi
que l’organisation spatiale et la structure des communautés des macroinvertébrés, et aussi d’évaluer la qualité
hydrobiologique de ce cours d’eau par des voies biologiques.
Le pH, la conductivité, l'oxygène dissous, l'ammoniac, les nitrites et les phosphates étaient significativement
différents (valeur P < 0,05) entre les sites d'échantillonnage. La conductivité et les concentrations en nutriments
étaient plus élevées dans la partie amont du bassin versant Kebir-Rhumel, tandis que l'oxygène dissous
diminuait, ce qui indique que l'oued Rhumel est plus pollué. Un total de 16 069 individus et 129 taxons,
appartenant à 77 familles dans 15 ordres, ont été identifiés. L'analyse canonique des correspondances (ACC)
a révélé que l'altitude, la conductivité, l'oxygène dissous et les nitrates étaient les principaux facteurs affectant
la structure des communautés de macroinvertébrés benthiques dans la zone d'étude.
Les valeurs moyennes de la richesse taxonomique, des indices de Shannon-Wiener, et de régularité de
Pielou, indiquent que l'oued Kebir et ses affluents abritent une plus grande diversité de macrobenthos que
l'oued Rhumel. La composition des espèces et l'indice EPT (Ephéméroptères, Plécoptères, Trichoptères) ont
montré la présence de groupes de macro-benthos sensibles à la pollution dans l'oued Kebir, tandis que l'oued
Rhumel était principalement caractérisé par des taxons tolérants à la pollution, indiquant une perturbation
anthropogénique et une dégradation de l'habitat, ce qui est évident par le diagnostic de la qualité physico-
chimique de l'eau dans l'oued Kebir-Rhumel. Les indices biotiques IBGN et BMWP' confirment le diagnostic
de l'analyse physico-chimique démontrant une qualité très dégradée de l'oued Rhumel.
ملخص
تم جمع، خالل هذه الدراسة. لم يتم توثيقها بشكل كاف، أحد أكبر أحواض المياه في الجزائر،الرمال-التجمعات الالفقارية الكبيرة في الكبير
الرمال- محطة تقع في أهم مناطق التقاء األودية على طول وادي الكبير61 عينات من الالفقاريات المائية و عينات الماء و معالجتها في.
وكذلك التنظيم والهيكل المكاني لمجتمعات هذه،كان أحد األهداف الرئيسية لهذا العمل هو تحديد توزيع الالفقاريات الكبيرة التي تم التقاطها
وكذلك لتقييم الجودة المائية لهذا المجرى المائي بطرق بيولوجية،األخيرة.
ً
والفوسفات اختالفا جوهريًا بين مواقع أخذ، والنتريت، واألمونيوم، واألكسجين المذاب، والناقلية الكهربائية،اختلف كل من األس الهيدروجيني
مما يشير، بينما انخفض األكسجين المذاب،الرمال- كانت الناقلية وتركيزات المغذيات أعلى في الجزء العلوي من حوض المياه الكبير.العينات
أن االرتفاعACC كشف تحليل. عائلة77 نوعًا تنتمي إلى621 فردًا و61011 تم تحديد خال ل هذه الدراسة.إلى أن وادي الرمال أكثر تلوثًا
.والناقلية الكهربائية واألكسجين المذاب والنترات كانت العوامل الرئيسية التي تؤثر على بنية مجتمعات الالفقاريات القاعية في منطقة الدراسة
و "بيلو" إلى أن وادي الكبير وروافده تضم تنوعًا أكبر من الالفقاريات، " ومؤشرات "شانون وينر، تشير القيم المتوسطة للثراء التصنيفي
وجود مجموعات من القاعيات الكبيرة الحساسة للتلوث في الوادي الكبيرEPT أظهر تركيب األنواع و مؤشر.الكبيرة مقارنة بوادي روميل
وهو ما، مما يشير إلى حدوث اضطرابات بشرية المنشأ و تدهور الركائز، بينما تميز وادي الرمال بشكل رئيسي بأصناف مقاومة للتلوث،
تشخيص التحليلBMWP’ وIBGN تؤكد المؤشرات الحيوية.الرمال-يتضح من تشخيص جودة المياه الفيزيائية والكيميائية في وادي الكبير
.الفيزيائي الكيميائي الذي يُظهر تدهورًا شديدًا في جودة وادي الرمال