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Etude de La Structure Des Peuplements Macro-Invertébrés Benthiques Au Niveau Des Cours D'eau Du Bassin Versant Kébir-Rhumel (Nord-Est Algérien)

La thèse de MAMMERI Imad, présentée à l'Université de Jijel, porte sur l'étude de la structure des peuplements de macro-invertébrés benthiques dans les cours d'eau du bassin versant Kébir-Rhumel en Algérie. Soutenue publiquement le 23 novembre 2023, cette recherche vise à analyser la biodiversité et la qualité de l'eau à travers des échantillonnages effectués entre 2016 et 2018. Le document inclut des remerciements, des tableaux et des figures illustrant les résultats de l'étude.

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Etude de La Structure Des Peuplements Macro-Invertébrés Benthiques Au Niveau Des Cours D'eau Du Bassin Versant Kébir-Rhumel (Nord-Est Algérien)

La thèse de MAMMERI Imad, présentée à l'Université de Jijel, porte sur l'étude de la structure des peuplements de macro-invertébrés benthiques dans les cours d'eau du bassin versant Kébir-Rhumel en Algérie. Soutenue publiquement le 23 novembre 2023, cette recherche vise à analyser la biodiversité et la qualité de l'eau à travers des échantillonnages effectués entre 2016 et 2018. Le document inclut des remerciements, des tableaux et des figures illustrant les résultats de l'étude.

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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

‫وزارة التعليـــم العالي والبحــــث العلمي‬


République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Jijel
‫جامعة جيجل‬
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
‫كلية علوم الطبيعة والحياة‬
Département Sciences de l’Environnement et Sciences
‫قسم علوم البيئة والعلوم الفالحية‬
Agronomiques

Thèse
Présenté par :

MAMMERI Imad

En vue de l’obtention du diplôme de Doctorat En Sciences

Filière : Biologie
Spécialité : Sciences de l’environnement

Thème

Etude de la structure des peuplements macro-invertébrés


benthiques au niveau des cours d’eau du bassin versant
Kébir-Rhumel (Nord-Est Algérien)

Soutenu publiquement le 23 /11 / 2023 devant le jury composé de :

Président : DEBIECHE Taha-Hocine Professeur Université de Jijel


Rapporteur : ZOUGGAGHE Fatah Professeur Université de Bouira
Examinateurs : MAYACHE Boualem Professeur Université de M’sila
MOULAΪ Riadh Professeur Université de Bejaïa
BOULDJEDRI Mohamed MCA Université de Jijel
KISSERLI Omar MCA Université de Jijel

Année universitaire 2023/2024 Numéro d’ordre :…..


REMERCIMENTS

Avant d’entreprendre l’exposé et l’explicité de contenu de cette étude, tout d’abord, je remercie
fortement et très sincèrement en premier lieu Allah, le tout puissant de me avoir aidé et donné la
volonté et la santé pour achever cette thèse. Je remercie mes premiers professeurs dans la vie, ma
tendre mère et mon cher père, qui m’ont toujours encouragé et soutenus durant toutes mes années
d’études et dans les moments les plus difficiles. Je remercie ma chère épouse pour son soutien,
encouragement et surtout pour sa patience et sa compréhension.

Je tiens à exprimer mes sincères remerciements et mon profond respect à Mr ZOUGGAGHE Fateh,
professeur à l’université de Bouira, qui a assuré l’encadrement et le bon déroulement de cette thèse.

Je voudrais également exprimer mes vifs remerciements aux membres du jury, le Pr. DEBIECHE
Taha-Hocine d’avoir accepté de présider le jury, Pr MAYACHE Boualem, Pr. MOULAΪ Riadh, Dr
BOULDJEDRI Mohamed et Dr. KESSERLI Omar pour l’honneur qu’ils me font en acceptant
d’examiner ce travail.

Je tiens à remercier le Pr DEBIECHE Taha-Hocine, directeur de laboratoire de Génie Géologique, de


l’université de Jijel, pour m’avoir accordé l’autorisation et les moyens matériels pour les analyses
physicochimiques des échantillons d’eau. Mes profonds remerciements vont au Dr CHINE Amel
pour ses encouragements et son aide dans les analyses physicochimiques des eaux.

Enfin, je remercie vivement certains de mes amis de m’avoir accompagné durant toutes mes
campagnes d’échantillonnages.
Liste des tableaux

Tableau Titre Page

Tableau 1 Régions hydrographiques et leurs bassins versants………………………... 15


Tableau 2 Moyennes mensuelles des précipitations (mm) de la région d’étude……… 20
Tableau 3 Moyennes mensuelles des températures (°C) de la région d’étude………... 21
Tableau 4 Principales caractéristiques des stations échantillonnées………………….. 27
Tableau 5 Echelle granulométrique de Wentworth modifiée…………………………. 30
Tableau 6 Classification de vitesse du courant d’après Berg (1948) ; dans Decamps
(1967).Tableau standard de détermination des indices biotiques …………. 30
Tableau 7 Valeur de l'indice de richesse EPT selon les catégories de bio-classification
de la qualité de l'eau correspondantes………………………………………. 36
Tableau 8 Valeur de l'indice EPT/ (EPT+Chironomidae) selon les catégories de bio-
classification de la qualité de l'eau correspondantes………………………. 37
Tableau 9 Cote de qualité des écosystèmes fluviaux associée aux valeurs de l’IBGN.. 38
Tableau 10 Valeur de l'indice BMWP' (Alba-Tercedor & Pujante, 2000) et d’ASPT
(Hynes, 1998), et codes de couleur selon les catégories de bioclassification
de la qualité de l'eau correspondantes…………………… 38
Tableau 11 Matrice de corrélation (Pearson (n)) entre les variables sur l'ensemble des
stations de l’oued Kébir-Rhumel………………………………………… 53
Tableau 12 Composition et abondance des espèces de macroinvertébrés de l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)………………………………………………... 55
Tableau 13 Nombre de rangs taxonomiques récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-
2018)……………………………………………………………………….. 58
Tableau 14 Variations temporelles des abondances moyennes des classes et des
principaux rangs taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)………………………………………………… 62
Tableau 15 Variations stationnelles des abondances moyennes des classes et des
principaux rangs taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)……………………………………...…………. 66
Tableau 16 Classification des familles de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-
Rhumel (2016-2018) selon leurs fréquences d’occurrences………………... 67
Tableau 17 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Diptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)…………………. 71
Tableau 18 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Plécoptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)………...……. 73
Tableau 19 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Ephéméroptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)……….... 75
Tableau 20 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Coléoptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)…………..…. 78
Tableau 21 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Trichoptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)….…………. 82
Tableau 22 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Odonates récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)……………...… 84
Tableau 23 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Hétéroptères récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)…….………. 85
Tableau 24 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Gastéropodes récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)…….………. 87
Tableau 25 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Oligochètes récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)………………. 88
Tableau 26 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Hirudinées récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)………………. 89
Tableau 27 Variation stationnelle des abondances moyennes et de structure des
Turbellariés, Bivalves, Arachnides et des Crustacés récoltés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)…………………………………………………. 90
Liste des figures

Figure Titre Page

Figure 1 Organisation hiérarchique d’échelles spatiales dans les hydrosystèmes


fluviaux ……………………………………………..……………………... 5
Figure 2 Le concept de continuum fluvial de Vannote et al., (1980). La proportion
de groupes d'alimentation d'invertébrés correspond aux changements des
facteurs physiques dans le sens longitudinal………………………………. 9
Figure 3 Cycles vitaux des macro-invertébrés d’eau douce………………………… 12
Figure 4 Schéma global du fonctionnement trophique dans les cours d’eau……….. 13
Figure 5 Les grands domaines hydrogéologiques du Kébir-Rhumel………………... 17
Figure 6 Les grands domaines hydrogéologiques du Kébir-Rhumel………………... 18
Figure 7 Profil en long au cours principal et ses affluents du bassin versant Kébir-
Rhumel……………………………………………………………………… 19
Figure 8 Diagramme ombrothermique de Gaussen et Bagnouls de la région d’étude
(Constantine, Mila et Jijel)………………………………………………….. 22
Figure 9 Carte de Végétation dans le bassin Kébir-Rhumel…………………………. 23
Figure 10 Carte des rejets industriels dans le bassin Kébir-Rhumel ………………….. 25
Figure 11 Emplacement des stations d’étude sur le réseau hydrographique de l’oued
Kébir-Rhumel………………………………………………………………. 26
Figure 12 Evolution spatio-temporelle de la température moyenne de l'eau de l’oued
Kébir-Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………. 42
Figure 13 Evolution spatio-temporelle de potentiel hydrogène moyen de l'eau de
l’oued Kébir-Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)…………….. 43
Figure 14 Evolution spatio-temporelle de la conductivité moyenne de l'eau de l’oued
Kébir-Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………. 44
Figure 15 Evolution spatio-temporelle de la vitesse d’écoulement moyenne d'eau de
l’oued Kébir-Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)…………….. 45
Figure 16 Evolution spatio-temporelle de l’oxygène dissous moyen de l’oued Kébir-
Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)………………………….. 46
Figure 17 Evolution spatio-temporelle du Calcium le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)…………………………………… 47
Figure 18 Evolution spatio-temporelle des Chlorures le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………………………. 48
Figure 19 Evolution spatio-temporelle d’ammonium le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………………………. 49
Figure 20 Evolution spatio-temporelle de Nitrite le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………………………. 50
Figure 21 Evolution spatio-temporelle de Nitrate le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)……………………………………. 51
Figure 22 Evolution spatio-temporelle de phosphate le long de l’oued Kébir-Rhumel
(Printemps, été, automne) (2016-2018)…………………………………….. 52
Figure 23 projection des variables/stations sur le plan factoriel F1 et F2……………... 54
Figure 24 Pourcentage des différents groupes taxinomiques récoltés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)………………………………………………… 59
Figure 25 Pourcentage des différents groupes taxinomiques récoltés dans l’oued
Rhumel et Kébir (2016-2018)………………………………………………. 60
Figure 26 Variations temporelles de la richesse taxinomique moyenne des principales
classes et ordres de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir
(2016-2018)………………………………………………………………… 61
Figure 27 Variations spatio-temporelles du nombre moyen des taxons de
macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018).…….. 64
Figure 28 Variations spatio-temporelles d’effectifs moyens de macroinvertébrés
récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)………………………… 64
Figure 29 Proportions en nombre moyen d’effectifs des cinq groupes trophiques de
macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)……... 68
Figure 30 Répartition stationnelle des abondances moyennes des cinq groupes
trophiques de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir
(2016-2018)……............................................................................................. 69
Figure 31 Variations stationnelles d’effectifs moyens et de la richesse taxonomique
des Diptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)…………... 70
Figure 32 Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique
des Ephéméroptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018).…. 74
Figure 33 Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique
des Coléoptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)……….. 77
Figure 34 Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique
des Trichoptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)……… 81
Figure 35 Variations stationnelles d’effectifs et de nombre de taxons des Odonates
récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (2016-2018)………………………… 83
Figure 36 Variations spatio-temporelles de l’indice de Shannon et d’équitabilité
(2016-2018)…………………………………………………………………. 91
Figure 37 Projection des stations et des principaux taxons récoltés sur le plan factoriel
F1 et F2 de l’AFC…………………………………………………………… 92
Figure 38 Dendrogramme (carte thermique) de la distribution des stations sur la base
des effectifs des principaux taxons récoltés (2016-2018)…………………... 93
Figure 39 Analyse canonique des correspondances (ACC) des principaux taxons de
macroinvertébrés et des variables environnementales relevés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)…………………………………………………. 94
Figure 40 Variations spatio-temporelles de l’indice EPT moyen dans l’oued Kébir-
Rhumel (2016-2018)………………………………………………………... 95
Figure 41 Variations spatio-temporelles de l’indice EPT/(EPT+Chi) dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)………………………………………………..... 96
Figure 42 Cartographie de la qualité de l’eau de l’oued Kébir-Rhumel avec l’indice
IBGN (2016-2018)………………………………………………………..… 97
Figure 43 Cartographie de la qualité de l’eau de l’oued Kébir-Rhumel avec l’indice
BMWP’ (2016-2018)……………………………………………………….. 98
SOMMAIRE

Introduction ……………………………………………………………………………...…. 1

CHAPITRE I : Eléments de la problématique


1. Les échelles de perception d’un hydrosystème …………………………………………… 4
1-1. L’écorégion……… …………………………………………………….…..……… 4
1-2. L’hydro-écorégion……………………………………………………...……….…. 4
1-3. Le bassin versant…………………………………………………....……………… 6
1-4. Tronçon et segment………………………………………………..……………….. 6
1-5. Le faciès……………………………………………………………..……….…….. 6
1-6. Le microhabitat…………………………..………………………………………… 7
2. Les écosystèmes d’eaux courantes ………………………………..………………………. 7
2-1. Le Concept de continuum fluvial (RCC)………………….…….…………………. 7
2-2. L’adaptation à la vie dans les eaux courantes…………………..………………….. 10
3. Les macroinvertébrés benthiques des cours d’eau……………….…………………….….. 10
3-1. L’habitat de la macrofaune benthique……………………………………………… 10
3-2. Les cycles vitaux des macro-invertébrés benthiques………………………………. 11
3-3. La classification des macro-invertébrés selon les niveaux trophiques ….…………. 11
3-4. Les Macro-invertébrés et la bio-indication……………………………....………… 14
CHAPITRE II : La région d’étude
1. Région d’étude…………………………………………………………………….…..…… 15
2. La présentation du bassin versant Kebir-Rhumel……………………….…………..…….. 16
3. L’aspect Géologique et lithologique………………………………………………….…… 16
4. Le réseau hydrographique…………………………………………………………………. 17
5. Climatologie……………………………………..………………………………………… 19
5-1. Les précipitations………………………………………………….………….……. 20
5-2. La température………………………………………...……………………………. 20
5-3. Diagramme Ombrothermique de Gaussen et Bagnols……………………………… 21
6. Aperçu socioéconomique…………………………………………………………………... 21
6-1. Végétation et agriculture …………………………………………………..……….. 21
6-2. Perturbations anthropiques …………………………………...…………………….. 24
CHAPITRE III : Matériel et méthodes
1. Choix des stations d’étude ………………………………………………………………… 26
2. Caractéristiques physico-chimiques……………………….….…………………………… 28
2-1. Paramètres mesurés sur terrain……………………………………..……………………. 28
2-1-1. La température de l’eau………………………….………………………………. 28
2-1-2. Le potentiel hydrogène de l’eau (pH)…………………………….……………… 28
2-1-3. La conductivité électrique (CE)…………………………..……………………… 29
2-1-4. L’oxygène dissous (OD)……………………………….………………………… 29
2-1-5. Le substrat……………………………..…………………………………………. 29
2-1-6. Vitesse du courant………….…………………………………………………….. 30
2-2. Paramètres mesurés au laboratoire……….…………………………………………...…. 31
3. Echantillonnage, tri et détermination des macoinvertébrés benthiques……………………. 32
4. Analyse de la composition et de la structure de la macrofaune benthique…….……………. 33
4-1. Richesse spécifique (S)……………………………..…….………………………… 33
4-2. Les indices écologiques…………….………………………………………………. 33
4-3. La fréquence d’occurrence (F)………………………………..……………………. 34
4-4. L’indice de diversité de Shannon-Wiener………………….……………………….. 34
4-5. L’indice d’équitabilité de Pielou…………………………………………………… 35
5. Structuration trophique des communautés de macroinvertébrés…….…………….………. 35
6. Evaluation de la qualité biologique de l'eau…………………………………….…………. 36
6-1. Indice EPT……………………………………….…………………………………. 36
6-2. Indice EPT/ (EPT + Chironomidae)………………………………………………... 37
6-3. Indice biologique global normalisé (IBGN)……………………..…………………. 37
6-4. The Biological Monitoring Working Party- version ibérique (BMWP’)…………… 38
6-5. Average Score Per Taxon (ASPT)………………………………………………….. 39
7. Analyses statistiques…………………...…………….…………………………………….. 39
7-1. Analyses univariées……………………………………………………………………… 39
7-2. Analyses multivariées…………………………………………………………...………. 39
7-2-1. Classification Hiérarchique Ascendante (CHA)…………………………………. 40
7-2-2. Analyse en Composantes Principales (ACP)…………………………………….. 40
7-2-3. Analyse Factorielle des Correspondances (AFC)………………………………… 40
7-2-4. Analyse Canonique des Correspondances (ACC)……………………………….. 40
8. Logiciels utilisés…….……………………………………………………………………... 41
CHAPITRE IV : Résultats et Discussion
1. Etude des paramètres physicochimiques…………………………………………………... 42
1-1. Paramètres physiques.………..…………………………………………………..……… 42
[Link]érature de l’eau………………………………………………..……………. 42
1-1-2. Potentiel hydrogène (pH)…………………………………..…………………….. 43
1-1-3. La conductivité électrique (CE)…………………...……………………………… 44
1-1-4. Vitesse d’écoulement d’eau……………………...………………………………. 45
1-2. Paramètres chimiques ……………………………...…………………………………… 46
1-2-1. Oxygène dissous (OD)…………………………………………………………… 46
1-2-2. Calcium (Ca2+)………………………………………………………………..….. 47
1-2-3. Chlorure (Cl-)……………………………………………………………….……. 48
1-2-4. L’ammonium (NH4+)……………………………………………………….……. 49
1-2-5. Nitrites (NO2-)……………………………………………………………………. 49
1-2-6. Nitrates (NO3-)…………………………………………………………………… 50
1-2-7. Phosphate (PO43-)………………………………………………………………… 51
2. Typologie des stations en fonction des paramètres physico-chimiques des eaux…………. 52
3. Analyse globale de la macrofaune benthique………………………………………………. 54
3-1. Composition taxonomique globale………………………………………………… 54
3-2. Abondance taxonomique globale…………………………………………………... 58
4. Variations saisonnières et spatiales des principaux groupes taxonomiques………………. 59
4-1. Variations saisonnières……………………………………………………….......... 59
4-2. Variations stationnelles…………………………………………………………….. 63
5. Fréquence d’occurrence ou la constance des taxons………………………………………. 67
6. Structure trophique des macroinvertébrés benthiques……………………………..……… 67
7. Composition taxonomique des macroinvertébrés benthiques…………………………….. 69
7-1 Composition taxonomique des Insectes………………………………………………….. 69
7-1-1. Diptères………………………………………………………………………….. 70
7-1-2. Plécoptères………………………………………………………………………. 73
7-1-3. Ephéméroptères………………………………………………………………….. 73
7-1-4. Coléoptères……………………………..………………………………..………. 76
7-1-5. Trichoptères……………………………………………………………………… 80
7-1-6. Odonates…………………………………………………………………………. 82
7-1-7. Hétéroptères………………………………………………………...……..……... 84
7-2. Composition taxonomique des ordres des Gastéropodes……………………………….. 86
7-3. Composition taxonomique des ordres des Oligochètes….………………………………. 87
7-4. Composition taxonomique des ordres des Hirudinées……………..……………………. 88
7-5. Composition taxonomique des autres classes……………………………………………. 89
8. Variations spatio-saisonnières des indices de Shannon et d’équitabilité ……………..… 90
9. Traitements statistiques……………………………………………………………………. 91
10. Bioévaluation de la qualité des eaux de Kébir-Rhumel………………………………….. 95
10-1. Indice Ephéméroptère Plécoptères Trichoptères (EPT)………………………….. 95
10-2. Indice EPT/ (EPT + Chironomidae)………………………………………………. 95
10-3. Indice biologique global normalisé (IBGN) ………………………………………. 96
10-4. The Biological Monitoring Working Party- version ibérique (BMWP’)…………. 98
10-5. Average Score Per Taxon (ASPT)………………………………………………… 99
Conclusion …………………………………………………………………………………... 100
Références bibliographiques……………………………………………………………….. 103
Annexes
Introduction

La plupart de l'eau à la surface de la Terre est salée dans les océans (97,61%), et le reste est
constitué de glace polaire (2,08%) et d'eaux souterraines (0,29%). L'eau restante (seulement
0,009%) existe dans les écosystèmes d'eau douce sous forme de stockage temporaire dans les lacs et
les réservoirs terrestres (Wetzel, 2001). Elle joue un rôle fondamental dans le soutien de
l'environnement, de la société et de l'économie. Les écosystèmes d'eau douce, qui occupent une
infime partie de la surface de la terre, jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité
dulçaquicole, le fonctionnement des organismes et dans les cycles de la matière organique
(Sherman & Anderson, 2002 ; Strayer & Dudgeon, 2010).

Alors que le climat et la géologie d'un bassin versant déterminent en grande partie la qualité de l'eau
dans l'environnement naturel, les modifications de la qualité de l'eau induites par l'homme dans les
régions peuplées annulent cette variabilité naturelle (Silva-Benavides, 1996). Aujourd’hui, les
masses d’eau sont gravement altérées ou détruites à un rythme plus élevé qu'à n'importe quelle autre
époque de l'histoire de l'humanité, et bien plus rapidement qu'elles ne sont restaurées. Cependant, le
développement exponentiel notamment de l’industrialisation et de l’urbanisation ont
considérablement détérioré l'intégrité écologique globale et provoque une crise de la biodiversité
(Cherniwchan, 2012). La surveillance et l'évaluation fiables des ressources en eau sont
fondamentales pour une gestion efficace de la qualité de l'eau et des écosystèmes aquatiques.

Traditionnellement, les paramètres physico-chimiques ont été utilisés pour évaluer la qualité des
ressources en eau, ainsi que de nombreuses études ont démontré que les analyses physiques et
chimiques ne reflètent la qualité de l'eau qu'au moment de l'échantillonnage (Ofenböck et al., 2004).
Cependant, ils ne permettent pas de saisir l'intégralité des systèmes aquatiques, notamment en ce
qui concerne la santé et l'intégrité des écosystèmes (Park & Chon, 2015). Diverses approches sont
applicables à l'évaluation de la santé des écosystèmes à différents niveaux de la hiérarchie
biologique. Les organismes vivants sont largement utilisés comme des outils d’évaluation et de
suivi de la qualité de l’environnement, permettant la gestion et le maintien de ces écosystèmes
aquatiques.

Les invertébrés aquatiques sont les composants les plus omniprésents, les plus diversifiés et
hautement adaptés à un large éventail de conditions naturelles dans les environnements d'eau douce
(Odum et al., 1979). L'utilisation des macro-invertébrés dans le cadre de la surveillance permet de
réaliser des analyses spatiales efficaces pour déduire les charges de pollution, ce qui explique leur
réputation de groupe le plus couramment utilisé dans la bioévaluation de la qualité des eaux.
Cependant, l'impact élevé des activités humaines a provoqué de nombreux changements dans les
communautés et la biodiversité de la macrofaune benthiques (Nedeau et al., 2003). Une meilleure
compréhension des facteurs entraînant des changements dans la structure des communautés de

1
Introduction

macro-invertébrés, le long des gradients de perturbation à plusieurs niveaux taxonomiques, est donc
importante pour prédire les changements potentiels dans les conditions écologiques des milieux
aquatiques (Trigal-Domínguez et al., 2009).

Les macro-invertébrés sont considérés comme des bio-indicateurs idéaux en raison de leur large
distribution dans les cours d’eau, leur cycle de vie relativement long, leur sédentarité, leur
sensibilité variable à la pollution organique et leur facilité d'échantillonnage avec un équipement
peu coûteux (Rosenberg & Resh, 1993 ; Moisan & Pelletier, 2008). Ainsi, l’évaluation et la
surveillance de la qualité des eaux se basent sur l’utilisation d’indices biotiques et écologiques mis
en place à partir de l’analyse des structures de macro-invertébrés à différents niveaux spatiaux et
temporels, y compris la diversité des espèces, la densité, la biomasse, la valeur de tolérance et les
variables fonctionnelles et trophiques.

Bien que les écosystèmes fluviaux en Algérie, tout autant que la vaste région de l’Afrique du nord,
présentent une diversité taxonomique remarquable ainsi que des niveaux élevés de dangerosité et
d'endémisme, plusieurs lacunes de législation ou de programmes pour gérer, protéger et étudier la
biodiversité et l'écologie de ces écosystèmes. Ces dernières décennies, les cours d'eau d'Algérie ont
fait l'objet des études de la bio-surveillence, basées sur la macrofaune benthique afin d’avoir des
connaissances sur son écologie, sa systématique ainsi que sa biogéographie, et de dresser une liste
des taxons aussi exhaustif que possible. Un certain nombre de travaux ont déjà été entrepris
auxquels viennent s’ajouter récemment plusieurs études réalisés par différents auteurs, parmi eux :
Arab et al. 2004 ; Lounaci et Vinçon, 2005 ; Zerguine et al. 2009, Zouggaghe, 2010 ; Chaib et al.
2011 ; Haouchine, 2011 ; Khelifa, 2013 ; Hamzaoui et al, 2015 ; Mammeri, 2015 ; Bouchelouche,
2015 ; Sellam et al. 2017 ; Benzina, 2019 ; Benhadji, 2020 ; Saal et al.2021 ; Mammeri et al. 2021.
Samraoui et al. 2021.

Nos investigations ont porté sur l’oued Kébir-Rhumel et ses principaux affluents, constituent l’un
des plus grands bassins versants situé dans le nord-est Algérien. En effet, les exigences du
développement dans cette partie du pays axé au sud du bassin Kebir-Rhumel, ont engendré des
activités qui constituent de plus en plus des menaces pour les milieux aquatiques, particulièrement
pour ceux de l’oued Kébir-Rhumel. Ce cours d’eau passe par des secteurs urbains et industriels où
l'agriculture joue un rôle considérable. L’oued Kébir-Rhumel a fait l'objet de nombreuses études sur
la qualité de l'eau, des sédiments et des sols des bordures, basées sur l'utilisation de mesures
physico-chimiques (par exemple : Afri-Mehennaoui,1998 ; Djeddi & Laouar, 2001 ; Sahli, 2002,
Afri-Mehennaoui, 2006 ; Sahli et al. 2011 ; Benrabah et al. 2013 ; Azzouz et al. 2014 ; Melghit et
al. 2015 ; Keddari et al. 2019).Tandis que, à notre connaissance, peu d'études ont été trouvées dans
la littérature utilisant l'application des indices biotiques pour évaluer la qualité de l'eau de Kébir-

2
Introduction

Rhumel, dont les macro-invertébrés benthiques dans ce cours d’eau sont mal connus et peu étudiés
auparavant. Dans cette perspective, nous avons mené cette étude afin d’établir un premier inventaire
faunistique de référence pour cette région.

Cette étude est née, en grande partie, de la nécessité d'établir des informations de base sur la
diversité et la distribution des assemblages de macro-invertébrés des cours d’eau d’Algérie, et
particulièrement de l’oued Kébir-Rhumel. Afin de combler cette lacune, notre objectif principal,
axé sur l’analyse des peuplements de macro-invertébrés, est d’étudier la diversité, la répartition et
l’abondance des macro-invertébrés benthiques en relation avec l’habitat et les caractéristiques
environnementales, d’autre part, d’évaluer la qualité hydrobiologique de l’eau et du milieu par les
voies biologiques.

Hormis l’introduction et la conclusion, le contenu de ce manuscrit est articulé autour de quatre


chapitres dont le premier, présente une synthèse des connaissances sur les écosystèmes aquatiques
et sur les macro-invertébrés benthiques. Le second chapitre décrit la région d’étude. Un troisième
chapitre traite de la description des sites d’études, le matériel et les méthodes utilisés dans la
collecte, et le traitement des données. Enfin, le dernier chapitre est consacré à la présentation et à la
discussion des principaux résultats obtenus.

3
Chapitre I : Eléments de la problématique

1. Echelles de perception d’un hydrosystème


En théorie, six niveaux constituent essentiellement des échelles d’analyse du cadre
écologique de référence pour les hydrosystèmes fluviaux, permettront de décrire et de classer les
environnements fluviaux. Ces niveaux sont les hydro-écorégions, le bassin versant, le tronçon, le
segment, le faciès d’écoulement et le microhabitat (Fig. 1). Dans ces systèmes hiérarchisés, les
variables d’échelles fines sont sous le contrôle exercé des variables plus larges, de sorte que les
éléments de tous ces systèmes sont imbriqués les uns dans les autres.

1-1. L’écorégion
Les écorégions ou régions écologiques sont des zones où les écosystèmes (le type, la qualité
et la quantité des ressources environnementales) sont généralement similaires. Elles sont identifiées
en analysant les modèles et la composition des phénomènes biotiques et abiotiques qui affectent ou
reflètent les différences dans la qualité et l'intégrité des écosystèmes (Omernik, 1987). Ces
phénomènes comprennent la géologie, les reliefs, les sols, la végétation, le climat, l'utilisation des
terres, la faune et l'hydrologie. L'importance relative de chaque caractéristique varie d'une région
écologique à l'autre quelque soit le niveau hiérarchique.
Au début, la notion d’écorégion est appliquée sur les écosystèmes terrestres dans plusieurs régions
du monde, citant à titre d’exemple celle de Bailey (1976) sur les écorégions terrestres des Etats-
Unis. Par la suite, Omernick (1987) a adapté la notion d'hydro-écorégion aux écosystèmes
aquatiques afin de définir des objectifs régionaux pour la gestion et la qualité de l’eau.

1-2. L’hydro-écorégion
La notion d' hydro-écorégion se réfère aux zones géographiques dont les reliefs, la nature
géologique et le climat sont homogènes. A l’échelle du bassin versant, ces trois grands facteurs
physiques sont les déterminants primaires reconnus du fonctionnement des écosystèmes d’eau
courante, et sont à la base de la délimitation des hydro-écorégions (Frissell et al., 1986 ; Naiman et
al.,1992 ;Wasson, 1996). Ce concept s'inspire des théories de contrôle hiérarchique des
hydrosystèmes, et repose particulièrement sur l'emboîtement des échelles physiques, du bassin
jusqu'au microhabitat.

4
Chapitre I : Eléments de la problématique

Figure 1 : Organisation hiérarchique d’échelles spatiales dans les hydrosystèmes fluviaux (d'après
Wasson et al., 1995)

5
Chapitre I : Eléments de la problématique

1-3. Le bassin versant


Le bassin versant (ou bassin hydrographique) est l'unité géographique de base pour la
détermination du bilan hydrologique. On définit le bassin versant, comme la surface topographique
totale drainée par un cours d'eau et ses affluents à l'amont de la section droite de cet cour d'eau. Le
bassin versant fonctionne comme un collecteur chargé de recueillir les précipitations et de les
converger vers un même point, exutoire de ce bassin. Ainsi, un bassin hydrographique ou
topographique pour les eaux superficielles peut parfois différer du bassin versant réel ou
hydrogéologique.
Le bassin est dit exoréique lorsque se jette dans une mer ou un océan, où le cours d’eau comprend
trois éléments fondamentaux : une source, un cours principal et une embouchure qui peut soit
correspondre à une confluence s’il s’agit d’un affluent, soit à une véritable embouchure. Au
contraire, s’il n’y a pas d’écoulement vers la mer, on parle de bassin endoréique (Agence de l’eau
Seine-Normandie, 2006).

1-4. Tronçon et segment


D’après Wasson et al., (1995), les limites de tronçon correspondent à des discontinuités
géomorphologiques majeures comme les changements de type de vallées, de substratum
géologique, de rang fluvial ou par des aménagements structurants. Le tronçon regroupe une
succession de segments de même taille entre deux confluences majeures et synthétise les
caractéristiques du tracé et de la vallée.
Un segment est une partie d'un système de cours d'eau traversant un seul type de substrat rocheux et
délimité par des jonctions d'affluents ou des chutes d'eau majeures. L'unité de segment peut être
classée à l'aide de cartes topographiques, géologiques, de végétation et de sols existantes. Dans la
plupart des cas, la classe de segment est déterminé par la classe du système de cours d'eau dans
lequel il réside, la lithologie et la structure du substrat rocheux sous-jacent et adjacent, la pente, la
position dans le réseau de drainage et les pentes latérales de la vallée (Frissell et al., 1986). Le
segment est caractérisé par la morphologie en plan, ainsi que d'une relative homogénéité ou
séquences de faciès.

1-5. Le faciès
A l'échelle ponctuelle, le faciès d'écoulement constitue l'élément principal au niveau
duquel des processus dynamiques et des fonctions biologiques peuvent être étudiées. Le faciès est
toute portion de cours d'eau présentant sur une certaine longueur une physionomie générale
homogène au plan des hauteurs d'eau, des vitesses et de la granulométrie (Malavoi, 1989).

6
Chapitre I : Eléments de la problématique

1-6. Le microhabitat
Les sous-systèmes de microhabitats sont définis comme des parcelles dans des systèmes de
faciès qui ont un type de substrat, une profondeur d'eau et une vitesse relativement homogènes. Les
microhabitats à cette échelle sont des unités utiles pour l'étude de l'écologie comportementale des
invertébrés aquatiques (Hart, 1981) et des poissons (Smith & Li, 1983). Hawkins (1985) déclare
que "le modèle à petite échelle devrait fournir des informations sur le modèle à plus grande
échelle". On peut voir que les caractéristiques physiques qui contrôlent la distribution des
microhabitats contrôlent également la distribution des invertébrés. La relation entre une parcelle
d’habitat et son environnement à plus grande échelle est également importante pour la classification
des microhabitats, en tenant compte de leurs origines et de leur développement, ainsi que de leurs
caractéristiques à tout moment. Cette stratégie de classification des microhabitats a été développée
pour décrire l'organisation des communautés de macro-invertébrés benthiques échantillonnés à
faible débit, et pour interpréter les différences entre les communautés en relation avec les
différences spatio-temporelles de leurs habitats (Wasson et al., 1995).

2. Les écosystèmes d’eaux courantes


Un écosystème d’eaux courantes ou un écosystème lotique, est défini comme un écoulement
plus ou moins rapide de l'eau en fonction du débit, de la rugosité du fond, de la surface de friction et
du relief. L’écoulement de l’eau forme un axe majeur de structuration et de fonctionnement, où les
caractéristiques écologiques, hydrologiques et géomorphologiques évoluent du ruisseau jusqu’au
fleuve, de l’amont vers l’aval, sur un gradient majoritairement longitudinal (Amoros & Petts, 1993).
D’après Vannote et al. (1980), la nature et l’intensité des processus écologiques présentent, de la
source jusqu'à l’estuaire, un gradient continu de conditions physiques en lien avec les propriétés
abiotiques des écosystèmes qui vont fournir aux organismes les habitats et les ressources trophiques
nécessaires. Ce concept, dans un système fluvial, découle de celui de “continuum fluvial“.

2-1. Le Concept de continuum fluvial (RCC)


Le principal objectif du concept de continuum fluvial (RCC : River Continuum Concept), est
de lier les processus géomorphiques fluviaux, de structure physique, et le cycle hydrologique à des
modèles de structure de la communauté et de chargement, de transport, d’utilisation et de stockage
de la matière organique le long d'une rivière (Fig. 2) (Vannote et al., 1980 ; Statzner & Higler,
1985). Le continuum précise que l'énergie dans le système de production biologique d'un site donné
provient de trois sources : les apports locaux ou de matière organique de la végétation terrestre
(allochtone), la production primaire au sein du cours d'eau (production autochtone) et le transport de
matière organique depuis l'amont (Fermier, 2004).

7
Chapitre I : Eléments de la problématique

Illiès et Botosaneanu (1963) ont proposé un concept permettant de classifier les différentes zones
d'un cours d'eau en fonction de la macrofaune benthiques qui les habite. En théorie, chaque zone
abrite des peuplements qui présentent une homogénéité qualitative. Schématiquement, ils
distinguent trois zones successives (Elouard & Gibon, 2001) :
 En amont, la zone du crénon (la zone des sources) désigne les parties montagneuses des
bassins versants, caractérisés par des écoulements rapides, des pentes abruptes, une faible amplitude
thermique annuelle, des eaux acides ainsi que des habitats dominants rocheux. Ces zones sont
préférentiellement occupées par des espèces polluo‐sensibles, adaptés à des forts courants d’eau, à
des teneurs élevés en oxygène dissous et à de faibles températures. Dans cette partie, les taxons ont
un régime alimentaire varié ; des racleurs‐brouteurs, des broyeurs, des filtreurs, et des prédateurs
(Beauger, 2008).
 La zone du rhithron (la zone intermédiaire) se caractérise par des pentes relativement
fortes (> 1.5 o/oo) favorisent le développement des peuplements rhéophiles et sténothermes. Cette
zone est caractérisée par divers habitats, des eaux fraiches et plus oxygénés. elle abrite une faune de
macro-invertébrés très diversifiée, généralement polluo‐sensible (Vannote et al., 1980 ; Statzner &
Higler, 1985 ; Carter et al., 1996). C’est dans cette zone que l’on trouve la majorité des
Insectes lotiques : Ephémères, Trichoptères, Diptères, Mégaloptères et Lépidopteres.
 La zone du potamon (La zone inférieure) se caractérise par un affaiblissement de la
pente (< 1.5 o/oo) et une plaine alluviale très développée. Cette zone du système est caractérisée
par des conditions plus homogènes, une faible vitesse d’écoulement, et des substrats plus fins
constitués principalement par de gravier, de sable et de vase. Ainsi, la végétation riveraine, et les
substrats grossiers constituent des habitats idéals pour de nombreux taxons (Bournaud & Cogerino,
1986). Dans le potamon, certains taxons tel que les Mollusques, Coléoptères, Chironomidés ou
Crustacés se caractérisent par leur diversité, mais le nombre des espèces polluo‐sensibles est
fortement réduit, bien que la composition taxonomique est différente (Statzner & Higler, 1985 ;
Ivol‐Rigaut, 1998). Cette zone est principalement peuplée de filtreurs, de mangeurs de sédiments
fins et de prédateurs qui se nourrissent de matière organique fine, de phyto- et de zooplancton.

8
Chapitre I : Eléments de la problématique

Figure 2 : Le concept de continuum fluvial de Vannote et al.,(1980). La proportion de groupes


d'alimentation d'invertébrés correspond aux changements des facteurs physiques dans le sens
longitudinal (Figure extraite de USDA, 2001).
9
Chapitre I : Eléments de la problématique

2-2. L’adaptation à la vie dans les eaux courantes


La quantité d'oxygène dissous ainsi que la vitesse du courant sont deux facteurs
fondamentaux qui influencent la distribution de la faune et de la flore dans les milieux aquatiques.
Les organismes de l’écosystème lotique ont des morphologies lui permettant de s’adapter à la vie au
courant. Ainsi, ces taxons rhéophiles présentent des structures spécialisées (crochets, ventouses…),
des productions de soies et des constructions (fourreaux de débris des phryganes) afin de résister au
courant. Des larves d’insectes peuvent adhérer étroitement au substrat par des fixations
temporaires : ventouses abdominales ou bien disque en forme de ventouse entourée d’une couronne
de crochets à la partie postérieure du corps (Olsen et al., 2005). Les algues benthiques se fixent au
substrat par des crampons ou un mucus, les Bryophytes par leurs rhizoïdes ou des ventouses
(Stevenson et al., 1996). Tandis que les espèces non fixées au substrat se cantonnent habituellement
dans les zones à l’abri du courant ; dans les zones d’eaux mortes, sous les blocs et galets, interstices
du substrat (Angelier, 2000). D'autres adaptations possibles à la vie en flux rapide incluent la
rationalisation, la réduction des structures en saillie, de patins de friction, de grappins, et les
sécrétions de produits adhésifs.

3. Les macro-invertébrés benthiques des cours d’eau


Le terme « macro-invertébrés » ne répond pas à un concept taxonomique mais à une
délimitation artificielle d'une partie des groupes d'animaux invertébrés. Dans les eaux courantes, on
considère généralement comme macro-invertébrés ou macrofaune les organismes qui ne disposent
pas d'un squelette interne de cartilage ou d'os et suffisamment grands pour pouvoir être capturés
avec un maillage de 250 µm, et donc clairement visibles à l'œil nu (Alba-Tercedor, 2006). Les
macro-invertébrés benthiques peuplent les substrats de fond (par exemple, les sédiments, les débris
organiques, les macrophytes et algues filamenteuses) de leurs habitats, pour au moins une partie de
leur cycle de vie (Rosenberg & Resh, 1996).

3-1. L’habitat de la macrofaune benthique


La distribution des invertébrés est influencée par les interactions entre les caractéristiques
physiques, chimiques et biologiques de l’habitat. Les substrats fournissent des sites de repos,
d'acquisition de nourriture, de reproduction et de développement, ainsi que des refuges contre les
prédateurs et les conditions physiques inhospitalières. La répartition spatiale des macro-invertébrés
benthiques est fortement influencé par la température de l’eau, la vitesse d’écoulement, ainsi que la
nature et l’hétérogénéité du substrat (Hynes, 1970).
Les macro-invertébrés peuvent être regroupés en trois catégories en fonction de leur habitat. Tout
d'abord, les épi-benthiques qui occupent l'interface entre l'eau et le sédiment. Ensuite, les supra-
benthiques qui vivent au contact du sédiment mais qui peuvent également se déplacer dans l'eau

10
Chapitre I : Eléments de la problématique

pour devenir pélagiques. Enfin, les endo-benthiques sont des invertébrés fouisseurs tels que les
oligochètes et les larves de chironomes. La désirabilité d'un type de substrat donné peut être évaluée
pour un taxon spécifique en utilisant la combinaison des caractéristiques interdépendantes
suivantes (Thorp & Covich, 2001):
 Qu'elle soit minérale (allant de gros rochers à de fines particules d'argile), vivante (algues,
mousses, tiges et racines de plantes vasculaires), ou anciennement vivante (feuilles
abscisses et chicots de branches et de troncs d'arbres).
 La teneur en limon et en matière organique.
 Sa taille de particule, sa texture de surface et sa porosité.
 Sa stabilité, à en juger par sa rétention dans le système et sa tendance à changer de position
(allant du sable qui se déplace presque constamment à des rochers qui tournent rarement).

[Link] cycles vitaux des macro-invertébrés benthiques


Si certains invertébrés présents qu’à certains stades de leur cycle vital en milieu aquatique
(amphibiotique), d’autres organisme sont holobiotiques, passent tout leur vie en milieu aquatique
(Fig. 3-A) (Tachet et al., 2010). Les insectes se caractérisent par un développement de l’œuf à
l’adulte qui passe par des stades successifs impliquant des métamorphoses. Les métamorphoses
complètes (insectes holométaboles) comportent toutes les phases : œuf - larve - nymphe - imago ou
adulte. Dans le cas d’une métamorphose incomplète, les larves d’insectes hémimétaboles acquièrent
progressivement des ailes et des organes sexuels, sans stade nymphe entre la larve et l’adulte, dont
la larve ressemble souvent à l’adulte, excepté sa plus petite taille et ses ailes réduites (Fig. 3-B).

3-3. La classification des macro-invertébrés selon les niveaux trophiques


Les conditions physiques (hydrologie, géomorphologie, physico-chimie) évoluent, de
l’amont vers l’aval, et forment un gradient continu de ressources trophiques disponibles. Les macro-
invertébrés jouent un rôle important dans de nombreux processus écologiques de leurs écosystèmes,
étant des consommateurs à des niveaux trophiques intermédiaires et servants ainsi de canaux par
lesquels les forces ascendantes et descendantes sont transmises (Wallace et al., 1999). Selon la
théorie du continuum fluvial, il existe une zonation longitudinale des groupes trophiques
fonctionnels des macro-invertébrés le long du cours d'eau en raison de la distribution différentielle
des apports d'énergie et des transferts de matière (Brasil et al., 2014). Les principaux groupes
d'alimentation fonctionnels ont été attribués en fonction des adaptations morphologiques et
comportementales des invertébrés pour l'acquisition de nourriture (Merritt et al., 1996).
La figure 4 indique les relations trophiques entre les différents groupes évoqués et la ressource
alimentaire.

11
Chapitre I : Eléments de la problématique

Figure 3 : Cycles vitaux des macro-invertébrés d’eau douce (Tachet et al., 2010) ;
A : (Holobiotique et Amphibiotique), B : (Holométaboles et Hétérométaboles)

12
Chapitre I : Eléments de la problématique

Les déchiqueteurs jouent un rôle majeur dans les cours d'eau de montagne car elles convertissent le
matériel végétal en nutriments et en nourriture pour d'autres organismes du cours d'eau (Graça,
2001). Les déchiqueteurs convertissent la litière de feuilles d'origine riveraine en biomasse
d'insectes et en particules organiques plus petites et plus faciles à traiter (Benfield, 2006). Les
collecteur-filtreur récoltent et consomment la matière organique fine qui dérive dans la colonne
d'eau à l'aide des parties du corps modifiées comme les branchies filtrantes chez les Simulies ou
construisent des filets comme chez les larves d’Hydropsyche. Les racleurs ou gratteurs utilisent
leurs pièces buccales adaptées pour racler ou brosser le périphyton, comme les algues recouvrant les
roches (Merritt & Cummins, 2006). Les collecteurs-récolteurs ont un régime mixte partagé entre
deux types. Les prédateurs consomment des tissus animaux vivants comme certains invertébrés et
parfois de petits vertébrés. Les taxons de ce groupe ont des adaptations spécifiques pour capturer
des proies. Les espèces indifférenciées sont des invertébrés pour lesquels il est difficile d'établir leur
groupe trophique d'appartenance. Cela concerne notamment les familles où les modes alimentaires
varient en fonction de la sous-famille ou de la tribu (ex. des chironomidae), etc.

Figure 4 : Schéma global du fonctionnement trophique dans les cours d’eau (d’après
Ivol-Rigaut, 1998). MOG : matière organique grossière, MOF : matière organique fine.

13
Chapitre I : Eléments de la problématique

3-4. Les Macro-invertébrés et la bio-indication


De nombreuses études ont prouvé que les analyses physiques et chimiques ne reflètent plus
que la qualité de l'eau d'échantillonnage, alors que les macro-invertébrés fournissent un reflet plus
fidèle des conditions environnementales puisqu'elles y sont continuellement exposées. Les macro-
invertébrés benthiques sont couramment utilisés pour l'évaluation intégrée de la qualité des rivières,
qui ont été largement rapportées et décrites dans la littérature (Rosenberg & Resh, 1993 ;
Mandaville, 2002 ; Mason & Parr, 2003 ; Romachandra et al., 2005 ; Varnosfaderany et al., 2010).
En raison de la sensibilité différente des taxons de macro-invertébrés au stress chimique et
physique, ils ont été largement utilisés comme un bon indicateur de l'état environnemental. Selon
Armitage et al.,(1983), les macro-invertébrés ne sont pas seulement affectés par différents types de
pollution physico-chimique, mais aussi par les changements physiques et la manipulation
anthropique de l'habitat aquatique, ils peuvent donc être utilisés pour l'évaluation de l'eau ainsi que
de la qualité de l'habitat et permettent une évaluation holistique de ruisseaux. Ils peuvent offrir de
nombreux avantages en bio-surveillance, ce qui explique leur réputation de groupe le plus
couramment utilisé pour évaluer la qualité de l'eau. L'analyse de la composition des communautés
aquatiques permet d'obtenir une vue d'ensemble de l'impact des perturbations subies par les cours
d'eau. Cette mesure est généralement représentée par une valeur calculée à partir de différents
indices. L'utilisation de macro-invertébrés dans l'évaluation biologique des masses d'eau présente
certains avantages: les macro-invertébrés benthiques sont répandus et peuvent être trouvés dans la
plupart des habitats aquatiques; différents groupes ont des besoins environnementaux et des
tolérances à la pollution différents; ils sont la source de nourriture de nombreuses espèces de
poissons; les cours d'eau de petite taille ne supportent souvent pas de poissons mais supportent des
communautés de macro-invertébrés; les invertébrés benthiques ont une mobilité limitée et sont donc
des indicateurs des conditions environnementales locales; leur taille corporelle est idéale pour être
facilement collectée et identifiée; l'échantillonnage est simple et économique.
À l'origine, c'est l'Anglais Woodiwiss (1964) qui a créé le premier indice biotique, appelé
Trent Biotic Index (TBI). Depuis lors, de nombreux autres indices ont été développés en utilisant le
TBI comme base. L'unification de la classification des cours d'eau et l'utilisation d'un indice
biotique commun sont impossibles en raison des différentes répartitions géographiques des espèces
de macro-invertébrés et des différences biotypologiques entre les cours d'eau. Les chercheurs ont
utilisé une variété d'indices qui ont été principalement développés en fonction des besoins des pays,
tels que l’Indice Biotique Belge (BBI) en Belgique (1983), l’Indice Biologique Global Normalisé
(IBGN) en France (1992), le Chandler’s Biotic Index en Écosse (1970), Hilsenhoff Biotic Index
(HBI) au États-Unis (1987), et l'indice Biological Monitoring Working Party (BMWP), établi en
Angleterre (1980).

14
Chapitre II : Région d’étude

1. La région d’étude
L’Algérie s’étend entre les latitudes 18° et 38° Nord et entre les longitudes 9° Ouest et 12°
Est. Par sa superficie (2,382 millions km²). Sur le plan géographique, climatique et écologique,
l’Algérie est l’un des pays les plus originaux de la région paléarctique et par conséquence, elle est
parmi les pays les plus diversifié biologiquement du bassin méditerranéen.
Du point de vu hydrographique, le territoire Algérien est divisé en 05 régions hydrographiques
regroupant les 19 bassins versants du pays (Tab. 1).
Tableau 1 : Régions hydrographiques et leurs bassins versants
Bassins hydrographiques Bassins versants Superficie (km²)
Côtiers oranais
Macta
Oranie-Chott Chergui 77169
Tafna
Chott Chergui
Côtiers Dahra
Chéliff-Zahrez Chéliff 56227
Chott Zahrez
Côtiers algérois
Sébaou
Algérois-Hodna-Soummam Isser 47431
Soummam
Chott Hodna
Côtiers constantinois
KébirRhumel
Constantinois-Seybouss-Mellegue MedjerdahMellegue 44348
Seybousse
Hauts Plateaux Constantinois
Chott Melghir
Sahara 2018054
Sahara

L'Algérie est divisée en trois domaines géographiques distincts : le domaine de l'Atlas Tellien au
nord, celui de l'Atlas Saharien au sud et les Hautes Plaines qui les séparent. Les cours d'eau de ces
zones sont sujets à des apports saisonniers ou annuels très irréguliers, ainsi qu'à des crues violentes
et rapides. Ces crues entraînent une importante érosion latérale des berges et un ruissellement actif
sur les versants, entraînant une forte charge solide. Dans ces grands ensembles morpho-structuraux,
nous distinguons trois systèmes hydrographiques :

 Les bassins tributaires de la Mer Méditerranée: ce sont les bassins des oueds qui
drainent la façade Nord de l'Atlas Tellien et les Côtiers Sahéliens;
 Les bassins endoréiques des Hautes Plaines: les eaux superficiels de ces bassins
soumises à une évaporation intense dans les Chotts;
 Les bassins sahariens.

15
Chapitre II : Région d’étude

2. La présentation du bassin versant Kebir-Rhumel


Le bassin versant Kébir-Rhumel couvre une superficie total d’environ de 8800 Km2, c’est
l’un des plus importants bassins hydrographiques en Algérie, et possède une façade maritime
d’environ 7 Km. Il est centré 36° de latitude Nord, de 7° de longitude Est. Le bassin versant est
limité au Nord-Ouest et Est par les deux bassins côtiers Constantinois Ouest et Centre, au Sud par le
bassin versant des hauts plateaux Constantinois, à l’Est par le bassin versant de la Seybouse, drainé
par l’oued Seybouse et à l’Ouest par le bassin hydrographique Algérois-Hodna-Soummam
(Mebarki, 1984).

3. L’aspect Géologique et lithologique


Le bassin Kébir-Rhumel se caractérise par une opposition structurale marquée, se
manifestant par un substratum relativement simple au sud, principalement composé de vastes
étendues sédimentaires émergentes des massifs calcaires isolés. Au nord, l'édifice est bien plus
complexe, constitué d'une multitude de séries hétérogènes qui se sont accumulées au cours de
phases tectoniques successives (Marouf, 2012). La géologie de l’importante surface du bassin
versant du Kébir-Rhumel reflète clairement l’aspect lithologique de la zone centrale de l’Est
Algérien. Le bassin est composé de domaines géologiques très différents (Fig. 5) (Mebarki &
Thomas, 1988):
 Le domaine des Hautes-Plaines sud-constantinoises (D-I) : est principalement caractérisé
par les massifs carbonatés du néritique constantinois et les plaines captées alimentent
les oueds notamment haut-Rhume1 et Bou Merzoug. Ces derniers drainent les
différentes plaines quaternaires, qui sont cloisonnées par les djebels calcaires
 Le bassin néogène à dominance argileuse de Constantine-Mila (D-II) : ce bassin est
principalement composé d'argile, bien que l'on puisse trouver localement quelques
affleurements de calcaire lacustre contenant des ressources exploitées dans la région. De
plus, de nombreux horsts de calcaires néritiques datant du Jurassique-Crétacé, formant
des aquifères karstiques hydrothermaux.
 Le domaine des nappes tectoniques de Djemila (D-III) : les nappes de Djemila sont
formées d’une alternance de marnes et de calcaires marneux (Jurassique-Crétacé-
Eocène).
 La dorsale Kabyle et les massifs gréseux numidiens (D-IV) : ce domaine est localisé au
niveau de la confluence de l’oued Enndja et de l’oued Rhumel au nord de Grarem, Il est
constitué essentiellement de grès numidiens sous lesquels apparaissent des calcaires
jurassiques très tectonisés de la dorsale kabyle.

16
Chapitre II : Région d’étude

 Le socle granitique et cristallophyllien de la petite Kabylie d’El-Milia (D-V) : au sud d’El


Milia, la vallée du Kébir s’encaisse dans les formations du socle. De telle vallée, large de
1 à 2 Km, renferme des graviers et des sables alluviaux très abondants.

Figure 5 : Les grands domaines hydrogéologiques du Kébir-Rhumel (Mebarki & Thomas, 1988).

4. Le réseau hydrographique
Le bassin Kebir-Rhumel présente un chevelu hydrographique très dense, totalisant un réseau
de plus de 4200 km. Quarante-trois (43) oueds ont une longueur supérieure à 10 km (fig. 6). Ce
bassin est traversé par deux cours d'eau majeurs : l'Oued Rhumel dans sa partie sud, et dans sa
partie ouest, l'Oued Enndja. La confluence de ces deux cours d’eau donne naissance au plus grand
barrage réservoir du pays, Beni-Haroune. Après la digue du barrage, l’oued El-kébir draine la partie
aval du bassin Kebir-Rhumel avant de se déverser dans la Méditerranée.
L’oued Rhumel prend sa source vers 1160 m dans les marges méridionales du Tell, au Nord-Ouest
de Belaâ. Le cours d'eau décrit suit une orientation SO-NE et traverse les sous-bassins semi-arides
des Hautes Plaines, notamment Tadjenanet et Chelghoum Laid. Il franchit ensuite le Rocher de
Constantine en creusant des gorges calcaires profondes de 200 mètres. Après cela, il continue son
chemin vers le Nord-Ouest et conflue finalement avec l'oued Enndja, qui draine la partie
occidentale du bassin, à proximité de Sidi Merouane. Tout au long de son parcours, l'oued Rhumel

17
Chapitre II : Région d’étude

est alimenté par plusieurs affluents majeurs, notamment les oueds Dekri, Athmania, Seguen,
Boumerzoug, Smendou et Ktone (Mebarki, 1982 ; Mebarki & Laborde, 2005).

Figure 6 : Les grands domaines hydrogéologiques du Kébir-Rhumel (Agence du


bassin hydrographique Constantinois- Seybousse- Mellegue, 1999).

En amont, la jonction des deux oueds Dehamcha et Menaâ donne naissance à l’oued Enndja. Ce
dernier est bordé au nord par la chaîne numidique, et s'écoule parallèlement à travers la partie
septentrionale-Ouest du bassin versant. Durant son parcours, l’oued Endja reçoit, sur sa rive droite,
les eaux des oueds Rarama (ou Djemila), Bou Selah, Redjas et d’El Melah (Mebarki, 1982 et 2005).
En raison de leurs caractéristiques hydroclimatologiques et géologiques distinctes, les débits de
l'oued Enndja sont supérieurs à ceux de l'oued Rhumel.
L’oued Kebir prend sa naissance des deux grands cours d’eau précédents, Rhumel et Enndja,
Actuellement, ce point de jonction est représenté par le barrage réservoir de Beni Haroune. L'oued
Kebir, initialement orienté Sud-Nord, traverse avec fougue la chaîne numidique qui est fortement
exposée aux vents pluvieux venant de la Méditerranée. Ensuite, il traverse les massifs de la Petite

18
Chapitre II : Région d’étude

Kabylie d'El Milia, qui sont très arrosés, avant de s’écouler dans une large vallée vers la mer, en
franchissant un cordon littoral de faible largeur (au plus 300 m), au niveau du Douar Eldjenah,
formant une large embouchure (Mebarki, 1982). Durant son parcours, l’oued Kebir reçoit les eaux
de trois affluents important, l’oued Tara, Bou Siaba et l’oued Irdjana.
En analysant les profils en long du cours principal du Kébir-Rhumel ainsi que ceux de ses
principaux affluents, il est possible d'obtenir des informations complémentaires sur la densité de
drainage. En effet, les pentes des thalwegs jouent un rôle déterminant dans le ruissellement
superficiel, ainsi que dans les vitesses d'écoulement lors des épisodes de crues (Fig. 7). Selon ces
profils, les hautes plaines montrent des plus faibles pentes des cours d’eau notamment de l’oued
Rhumel à Constantine (6.5%) et de l’oued Boumezoug à Constantine (4%), Ainsi que les pentes
abruptes sont formées par deux effluents : oued Boussiaba (16,5%) qui se rejoint en aval de la
région de Grarem avec l'oued Kébir et aussi d’oued Semdou (18,5%) qui confluent avec l'oued
Rhumel. La rupture de pente observée dans les gorges de Constantine, associée à un encaissement
profond du lit de l’oued, contribue à accélérer la propagation des crues vers l’aval, notamment après
le rocher de Constantine. Ce phénomène engendre un transport considérable de sédiments en
direction de la retenue de Beni-Haroun (Marouf, 2012).

Figure 7 : Profil en long au cours principal et ses affluents du bassin versant Kébir-Rhumel
(Mébarki, 1982 et 1984)

5. Climatologie
Lorsqu'on parle du climat d'une certaine région, on s'intéresse à la distribution de certaines
variables météorologiques dynamiques. Il est déterminé par le schéma à long terme des moyennes
et des extrêmes de température et de précipitations à un endroit. Le climat peut être décrit pour

19
Chapitre II : Région d’étude

différents intervalles de temps, tels que des décennies, des années, des saisons, des mois ou des
dates spécifiques de l'année.
Les différents facteurs climatiques agissent à tous les stades de développement des animaux
en limitant l’habitat de l’espèce. Les organismes vivants ne peuvent survivre que dans des
conditions environnementales spécifiques en termes de température, d'humidité et de pluviométrie.
Souvent, les peuplements disparaissent en deçà ou au-delà de ces limites (Dajoz, 1975).

5-1. Les précipitations


La pluviosité est un facteur climatique très important qui conditionne l’écoulement
saisonnier et influence directement les régimes hydrologiques. Le bassin de Kébir-Rhumel est
caractérisé par un climat méditerranéen. Dans la région nord du bassin, le niveau bioclimatique est
sub-humide avec un régime monomodal marqué par une forte concentration de pluies en hiver,
suivie d'une diminution régulière jusqu'à un minimum en été. La région centrale du bassin connaît
un régime de transition Tellien, caractérisé par une période de forte pluviométrie maximale en
décembre, suivie d'une diminution progressive à partir de mars et avril. Au Sud, le régime est
continental correspond à un étage bioclimatique exclusivement semi-aride, caractérisé par une
abondance relative des pluies du printemps-été (moins de 400 mm/an), avec un maximum en hiver
(décembre, janvier) et au printemps (mars et avril).
A partir des données établies par les stations météorologiques de Constantine, Mila, et de Jijel
(Achouat), nous disposons, dans le tableau 2, les valeurs moyennes mensuelles des pluviométries de
la région d’étude.
Tableau 2 : Moyennes mensuelles des précipitations (mm) de la région d’étude.
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aou Sep Oct Nov Déc
Constantine (1988-2018) 65.22 51.14 53.71 51.41 42 16.51 5.33 17.95 35.84 35.24 54.75 74.79
Mila (2007-2016) 84.7 65.4 80.9 44.6 30.1 6.9 01 5.5 37.9 39.1 78.4 101.51
Jijel (1991-2021) 134 114 98 91 67 21 4 17 66 92 137 141

La région de Jijel est considérée parmi les régions les plus arrosées en Algérie avec une
moyenne de l’ordre de 982 mm/an. La majeure partie des précipitations dans notre région d’étude
est enregistrée en hiver et au début du printemps, alors que le mois le plus sec est celui de Juillet.

5-2. La température
La température joue un rôle crucial dans l'équilibre des écosystèmes, c’est un facteur
écologique essentiel qui limite grandement les phénomènes métaboliques et influe
considérablement sur la répartition des espèces et des communautés vivantes dans l’écosphère
(Ramade, 1994).

20
Chapitre II : Région d’étude

Les valeurs moyennes de la température mensuelle recueillies par les stations météorologiques
(Constantine, Mila et Jijel) sont apportées dans le tableau 3.
Tableau 3 : Moyennes mensuelles des températures (°C) de la région d’étude.
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aou Sep Oct Nov Déc
Constantine (1988-2018) 7.47 7.96 10.67 13.29 17.96 22.88 26.43 26.44 22.30 18.12 12.12 8.42
Mila (2007-2016) 7.9 7.7 9.8 13.5 17.28 22.3 26.3 26.2 22.2 17.9 12.3 8.6
Jijel (1991-2021) 11.3 11.3 13.4 16.6 18.6 22.6 25.8 26.3 23.5 20.5 15.5 12.5

D’après le tableau 3, les valeurs les plus élevées de la température sont observées
particulièrement durant la période d’été (Juin –Septembre) avec un maximum observé au mois de
Juillet et Août. Par contre, Janvier et Février représentent les mois les plus froids avec une des
températures les plus basses 7,47 °C, 7,7 et 11.3 °C, enregistrées respectivement au Constantine,
Mila et à Jijel.

5-3. Diagramme Ombrothermiquede Gaussen et Bagnouls


Le diagramme ombrothermique de Gaussen et Bagnouls (1953) est la combinaison de deux
paramètres climatiques principaux : température et précipitations. Ces deux auteurs ont définis un
mois sec comme étant "celui où le total mensuel des précipitations exprimé en millimètres est égal
ou inférieur au double de la température moyenne mensuelle exprimé en degrés centigrades (P>
2T)" (Dajoz, 1975).
D’après ce diagramme ombrothermique (Fig. 8), la région de Constantine subit une période sèche
de cinq mois qui s’étale de mois mai jusqu’au mois d’octobre. Même chose pour la région de Mila
où nous avons une période sèche de presque quatre mois et demi, allant de mois de mai jusqu’à mi-
septembre. Tandis que la période humide, elle couvre les mois restants de l’année. Enfin, la région
de Jijel subit une période sèche de trois mois et demi, allant de la mi-mai jusqu’à la fin de mois
d’août.

6. Aperçu socioéconomique

6-1. Végétation et agriculture


En hydrologie, il convient d'aborder la végétation non pas sous l'angle botanique ou
phytogéographique, mais plutôt comme une couverture du sol qui peut être plus ou moins altérée
par l'activité humaine. Son rôle est d'autant plus efficace qu'il intervient comme élément
différenciateurs au niveau de la dégradation des sols et assure une très bonne protection.
Les massifs côtiers de la petite Kabylie constituent la grande partie de la couverture végétale dans la
région d’étude, où le chêne liège (Quercus suber) forme de belles forêts (Fig. 9). Ce dernier est
remplacé, dans la partie Sud, par le chêne zéen (Quercus canariensis) ou par le chêne afarès
(Quercus afares).

21
Chapitre II : Région d’étude

Figure 8 : Diagramme ombrothermique de Gaussen et Bagnouls de la région d’étude


(Constantine, Mila et Jijel)

22
Chapitre II : Région d’étude

Le chêne vert (Quercus ilex du massif du chettabah) est présent en compagnie de quelques
populations de pin d'Alep (Pinus halepensis), qui occupent une surface relativement restreinte.
Dans les régions semi-arides, les forêts sont en train de disparaître pour être remplacées par une
marge matorrale sur les massifs calcaires environnants (Fig. 9).

Figure 9 : Carte de Végétation dans le bassin Kébir-Rhumel (Mebarki, 1982)

Selon le type de culture, la région d’étude se caractérise par une agriculture traditionnelle, moderne
(irrigation par canaux d’aspersion) et mixte. Au Sud, les principales activités des périmètres irrigués
sont essentiellement les cultures maraichères et la culture de pomme de terre. Au Nord, grâce à des
conditions climatiques très favorables, la zone du Sahel et les zones littorales sont occupées par les
cultures maraîchères, l’arboriculture et plus particulièrement par la plasticulture. La répartition de
l’arboriculture ressort essentiellement avec un maximum au niveau d'El-Milia et en deuxième
position Sidi-Maarouf dont l’olivier prend sa part sur une superficie de 12796 ha.

23
Chapitre II : Région d’étude

6-2. Perturbations anthropiques


Le réseau hydrographique du Kebir-Rhumel est gravement menacé en raison des multiples
agressions anthropiques auxquelles il est confronté. Une grande partie des déchets urbains des villes
et agglomérations sont rejetés dans des décharges non contrôlées contribuent donc à la
contamination des milieux aquatiques via les ruissellements des lexiviats en période hivernale.
Aux alentours du notre région d’étude, les principales unités industrielles sont surtout concentrées
autour des grandes agglomérations notamment à Constantine, El Khroub, Chelghoum Laid, Hamma
Bouziane et à Mila (Fig. 10). A Constantine, il s’agit des rejets générés par les unités de textiles et
les unités de produits laitiers de Constantine, par le complexe tabagique de la commune d’Ibn
Badis, par le dépôt d’hydrocarbures d’El Khroub, par la cimenterie de Hamma Bouziane, et par les
unités de matériaux de construction, ainsi que ceux des industries de construction mécanique de
oued Hamimime et d’Ain Smara. Ces rejets sont déversés dans l'Oued Rhumel et son principal
affluent, Oued Bou Merzoug.
Les industries dans la région de Mila (briqueterie, vaissellerie), de Chelghoum Laid (détergents),
d’Ain El Kébira (cimenterie, unité boulonnerie), et de Ferjioua (matériel électroménager, minoterie)
produisent également des rejets non négligeables. Dans la région de Jijel, il s’agit des rejets des
industries de céramique et de tannerie d’El Milia.

24
Chapitre II : Région d’étude

Figure 10 : Carte des rejets industriels dans le bassin Kébir-Rhumel (ABH-CSM, 1999)

25
Chapitre III : Matériel & méthodes

1. Choix des stations d’étude


Afin de bien étudier l’assemblage des macro-invertébrés benthique dans le bassin Kebir-
Rhumel, les stations de prélèvement ont été choisies de façon à nous permettre d'obtenir des
échantillons les mieux représentatifs possible de la région d'étude, ce qui permet de dresser la liste
la plus exhaustive possible de la faune benthique. Nous avons donc choisis 16 stations réparties sur
quatre (04) confluences tout le long de l’oued Kebir-Rhumel. Nous avons prélevé des échantillons
en amont et en aval de chaque zone de confluence, ainsi qu’au niveau de la confluence et de son
affluent (Fig. 11). L’échantillonnage a été réalisé au printemps, en été et en automne durant les trois
années 2016, 2017 et 2018, soit un total de 144 prélèvements durant notre étude.

Figure 11 : Emplacement des stations d’étude sur le réseau hydrographique de


l’oued Kébir-Rhumel.

Le choix de l’emplacement des stations s'effectue après avoir assuré l'accessibilité et la


possibilité de pratiquer des échantillonnages biologiques aux milieux étudiés. Il est important que
les sites d'échantillonnage reflètent la variété des faciès d'écoulement des tronçons. Ainsi, pour

26
Chapitre III : Matériel & méthodes

assurer une représentation adéquate des différentes espèces et des différents stades de
développement présents dans chaque section, les stations doivent être suffisamment nombreuses et
diversifiées.
Le tableau ci-dessous présente la localisation et les principales caractéristiques des sites
d’échantillonnage.

Tableau 4 : Principales caractéristiques des stations échantillonnées


coordonnées Altitude Largeur lit
Code Oued (m) Substrat Végétation aquatique
GPS (m)
limons, argiles,
36° 13.700ꞌ N Typha sp, phragmites
R1 O. Rhumel 655 6 graviers,
6° 23.149ꞌ E sp
cailloux
limons, argiles,
O. Seguen 36° 12.809ꞌ N
SE 657 6 graviers, non
(affluent) 6° 24.423ꞌ E
cailloux
36° 13.744ꞌ N limons, graviers, Algues filamenteuses
R2 O. Rhumel 646 10
6° 24.656ꞌ E galets en été
36° 14.059ꞌ N sables, graviers,
R3 O. Rhumel 642 7 non
6° 24.992ꞌ E cailloux
36° 29.111ꞌ N graviers,
R4 O. Rhumel 211 14 non
6° 27.181ꞌ E cailloux, pierres
Potamogetonsp, Typha
O. Smendou 36° 29.853ꞌ N limons, cailloux,
SM 213 11 sp, Scirpussp, Algues
(affluent) 6° 27.590ꞌ E galets
filamenteuses
36° 29.369ꞌ N limons, cailloux, Phragmites sp,
R5 O. Rhumel 208 17
6° 26.905ꞌ E pierres, rochers Scirpussp, Juncussp
36° 28.736ꞌ N limons, cailloux,
R6 O. Rhumel 207 21 non
6° 26.613ꞌ E pierres, rochers
Typha sp, Scirpussp,
36° 36.933ꞌ N cailloux, pierres,
K1 O. Kebir 78 18 Algues filamenteuses
6° 16.698ꞌ E rochers
en été
O. Tara 36° 37.178ꞌ N cailloux, pierres, Algues filamenteuses
TA 94 10
(affluent) 6° 15.502ꞌ E rochers en été
sables, graviers,
36° 37.373ꞌ N
K2 O. Kebir 64 36 cailloux, pierres, non
6° 16.396ꞌ E
rochers
36° 38.312ꞌ N Algues filamenteuses
K3 O. Kebir 60 30 cailloux, pierres
6° 16.668ꞌ E en été
36° 48.354ꞌ N graviers, Juncussp, Algues
K4 O. Kebir 9 15
6° 10.190ꞌ E cailloux, pierres filamenteuses en été
O. Irdjana 36° 47.367ꞌ N Algues filamenteuses
IR 21 16 cailloux, pierres
(affluent) 6° 9.164ꞌ E en été
36° 48.307ꞌ N
K5 O. Kebir 8 18 cailloux, pierres Non
6° 9.320ꞌ E
36° 48.773ꞌ N sables, graviers, Algues filamenteuses
K6 O. Kebir 7 26
6° 8.749ꞌ E cailloux, pierres, en été

27
Chapitre III : Matériel & méthodes

2. Caractéristiques physico-chimiques
Des paramètres ont été déterminés pour chaque station afin de décrire de manière précise les
conditions environnementales adjacentes. Les paramètres non conservatif (tel que : la
température, le pH, la conductivité, l'oxygène dissous) ont pu être mesurés in-situ à l’aide d’un
multi-analyseur de terrain de type WTW 305i. Des prélèvements d’eau ont été destinés au
laboratoire pour le dosage des sels nutritifs, du calcium et des chlorures.

2-1. Paramètres mesurés sur terrain


Dans un hydrosystème, les paramètres physico-chimiques, hydrauliques et morphométriques
subissent des fluctuations régulières (de l'amont vers l'aval) le long d'un profil longitudinal
relativement stable.
La répartition des organismes le long d’un continuum fluvial est soumise à l'influence des facteurs
écologiques tels que la température, l'alcalinité, la conductivité, le pH, la pente, le courant, et la
granulométrie du substrat, qui ont des valeurs croissent et décroissent régulièrement sur un profil
longitudinal. Selon Angelier (2000), Les organismes ont des limites de tolérance qui dépendent de
deux facteurs primordiaux, à savoir le courant et la température de l'eau, considérés comme des
facteurs limitants qui conditionnent leur capacité à survivre.

2-1-1. La température de l’eau


La température de l'eau joue un rôle crucial dans l'écosystème aquatique du fait qu’elle
influence la plupart des réactions physicochimiques, ainsi que les cycles biologiques des
organismes benthiques (Vannote & Sweeney, 1980 ; Chapman & Kimstach, 1996). L'hypothèse de
l'équilibre thermique attribue un rôle dominant à la température dans le maintien de la
différenciation des niches dans les assemblages lotiques et la régulation des modèles à grande
échelle de diversité et de distribution des espèces (McKie et al., 2004).
Ce paramètre est mesuré au moment de l’échantillonnage où une valeur moyenne est obtenue à
partir des mesures effectuées au chenal d’écoulement et d’autres sur les rives.

2-1-2. Le potentiel hydrogène de l’eau (pH)


Le potentiel hydrogène, plus connu sous le nom de «pH» permet de mesurer le degré de
caractère acide (prédominance des ions H+ sur les ions OH⁻) ou basique d'une solution. Les valeurs
du pH dans les eaux naturelles se situent entre 6 et 8,5 (Ramade, 1984).
L'impact de l'acidification de l'eau sur les communautés benthiques se manifeste sur une courte
période en raison de la grande sensibilité à l'acidification de nombreuses espèces de mollusques, de
crustacés et d'insectes aquatiques (Moiseenko, 2005). L'effet destructeur d'un faible pH sur les
invertébrés est lié à des processus physiologiques, tels que des perturbations de la régulation

28
Chapitre III : Matériel & méthodes

ionique et osmotique et, dans certains groupes, la perte de NaCl. Chez certains invertébrés de fond,
des troubles de la fonction respiratoire ont été mis en évidence (Muniz, 1991).
Les mesures du pH ont été faites à l’aide de pH-mètre d'un multi-paramètres.

2-1-3. La conductivité électrique (CE)


La conductivité électrique (CE) est une expression numérique de la capacité d’une solution à
conduire le courant électrique (Villers et al., 2005). La conductivité électrique de l’eau permet
d’évaluer sa minéralisation globale. Elle varie également en fonction de la température de l'eau.
Rodier et al., (1996) admet que la situation est particulière au-delà de 2000 µs/cm.
Ces dernières années, l'élévation anormale de la conductivité des cours d'eau est devenue un
vrai problème écologique à la lumière de la salinisation secondaire globale de l'environnement d'eau
douce (Cañedo-Argüelles et al., 2013) liés au développement urbain, à la production agricole, aux
activités industrielles et minières, et à l'utilisation des sels de voirie (Maloney & Weller, 2011).
L’augmentation de la conductivité a des effets significatifs sur divers organismes
aquatiques, provoquant une perte ou un remplacement d'espèces sensibles par des espèces
tolérantes, puis modifie la structure de la communauté (Cañedo-Argüelles et al., 2013).

2-1-4. L’oxygène dissous (OD)


La concentration en oxygène dissous et la température de l'eau sont deux variables
étroitement liées constituent l’un des plus importants paramètres de qualité des eaux pour la vie
aquatique. La concentration en oxygène dissous dépend cependant d'une variété d'autres facteurs,
tels que : la salinité, l'altitude, le débit d'eau, la pollution organique et la consommation d'oxygène
par les organismes aquatiques (Verberk et al., 2011). De plus, des concentrations accrues de
matières organiques brutes entraînent une forte demande en oxygène par les micro-organismes qui
décomposent ces matières organiques. Ceci, à son tour, réduit la concentration en oxygène (Foley et
al., 2005).

2-1-5. Le substrat
La nature du substrat, définie principalement par la granulométrie. Les propriétés de la
granulométrie du lit des rivières dépendent de la géologie du bassin ainsi que de l'historique
climato-géologique récent. Elles dépendent de la dégradation du substratum géologique et de
l'usage du sol, qui influencent la quantité de sédiments déposés (Wasson et al., 1998).
D’une manière générale, à mesure que l'on s'éloigne des têtes de bassin, la taille des éléments
diminue tandis que leur classement granulométrique augmente. Celui-ci dépend principalement de
la nature de l'écoulement et de la variation des vitesses, qui sont tous deux généralement associés à
la pente. A l’échelle du tronçon, le substrat joue un double rôle, à la fois en tant que variable
indépendante (Schumm, 1977) qui dépend des caractéristiques du bassin et de la distance aux

29
Chapitre III : Matériel & méthodes

sources, et en tant que variable de réponse qui peut être ajustée en fonction des variables de
contrôle, notamment la granulométrie.
On note pour chaque prélèvement le substrat dominant en suivant le code donné dans le tableau
suivant :
Tableau 5 : Echelle granulométrique de Wentworth modifiée.
Classe Appellation Code Diamètre (mm)
1 Limons et Argiles L-A [0 - 0.0625[
2 Sables (fins et grossiers) S (SF, SG) [0.0625 - 2[
3 Graviers (fins et grossiers) G (GF, GG) [2 - 16[
4 Cailloux (fins et grossiers) C (CF, CG) [16 - 64[
5 Pierres (fins et grossiers) P (PF, PG) [64 - 256[
6 Blocs B [256 – 1024[
7 Dalles D > 1024

2-1-6. Vitesse du courant


La vitesse du courant d’eau est liée principalement au débit et à la pente. A une échelle plus
fine, elle est influencée par les caractéristiques locales du lit de la rivière, telles que la configuration
du fond, la largeur et la profondeur du cours d'eau.
La structure du fond et la répartition des communautés dépendent de la manière dont le
courant transporte, dépose et ramène les éléments constitutifs du substrat. Il contribue à la
facilitation des échanges gazeux, à la régénération des substances dissoutes, à l'apport des particules
alimentaires et à la transformation rapide des déchets produits. En raison de sa force mécanique, le
flux d'eau a tendance à entraîner les organismes benthiques vers l'aval, et ceux-ci ont développé une
morphologie adaptée à cette action.
Pour mesurer la vitesse d’écoulement, on lâche un flotteur sur une distance de 10 mètres en
même temps un chronomètre est déclenché. La vitesse du courant est le temps qu'il faut à ce flotteur
pour parcourir une distance de 10 m. le temps obtenu est ramené à l’unité (cm/s) puis comparé à la
classification de Berg (1948); dans Decamps (1967), qui distingue cinq classes de vitesse (Tab. 6)

Tableau 6 : Classification de vitesse du courant d’après Berg (1948); dans Decamps (1967).
Vitesse Courant
Inférieur à 10 cm/s Très lent
De 10 à 25 cm/s Lent
De 25 à 50 cm/s Moyen
De 50 à 100 cm/s Rapide
Supérieur à 100 cm/s Très rapide

30
Chapitre III : Matériel & méthodes

2-2. Paramètres mesurés au laboratoire


L’eau est prélevée dans des bouteilles en polyéthylène (1,5 L) préalablement rincés avec
l'eau de la station échantillonnée afin d’éliminer toute trace éventuelle d’une contamination. Après
l’ajout de quelques gouttes de formol à 5% pour bloquer les activités bactériennes, les bouteilles
sont complètement remplies et fermées hermétiquement sans laisser des bulles d’air. Les bouteilles
doivent êtres muni d’un étiquetage comportant le numéro de la station et la date de prélèvement.
Les échantillons d’eau sont conservés in-situ dans une glacière portative et à l’abri du soleil,
puis sont transportés au laboratoire. Au laboratoire, les échantillons ont été filtrés à l'aide d’un
papier filtre graphique en doubles annaux (qualitatif 102), avant de faire le dosage des différents
éléments chimiques de l’eau.
 Le titrage des ions calcium (Ca2+) se fait avec une solution aqueuse de l’EDTA, à un pH
compris entre 12 et 13, en présence de l’indicateur Murexide, qui forme un complexe rose foncé
avec le calcium (ISO 6058, 1984).
 Les chlorures (Cl⁻) sont déterminés par volumétrie (Titrimétrie) selon la méthode de Mohr.
La méthode consiste à précipiter le chlorure d'argent par réaction des ions chlorures avec les nitrates
d'argent, en présence d’une solution de chromate de potassium comme indicateur. Durant le titrage,
le pH est maintenu entre 5 et 9.5 afin de permettre la précipitation (ISO 9297-NA 6917).

L’ammonium (NH4+), les nitrites (NO2-), les nitrates (NO3-), et le phosphore(PO43-) ont été mesurés
par la méthode spectrophotométrie d’absorption moléculaire à l’aide d’un spectromètre
d’absorption moléculaire de type Odissey. Cette méthode, encore dénommée « colorimétrie », est
fondée sur le principe d’absorption de la lumière monochromatique traversant une solution
absorbante de concentration C contenue dans une cuve d’épaisseur L.
 La réactionde l'ammonium (NH4+) avec les ions salicylate et hypochlorite en présence de
nitroprussiate de sodium donne un composé bleu mesuré au spectromètre à environ 655 nm. Les
ions hypochlorite sont générés par hydrolyse alcaline du sel de sodium du dichloroisocyanurate de
sodium (ISO 7150/1, 1984).
 Les nitrites (NO2-) réagissent avec le Sulfanilamide en présence orthophosphorique pour
former un composé diazoïque. Ce dernier forme avec dichlorhydrate de N (naphtyl-1) diamino-1,2
éthane un complexe de coloration rose mesuré à 543 nm (ISO 6777. NA 1657, 1984).
 Les nitrates (NO3-) donnent, en présence de salicylate de sodium, duparanitro-salicylate de
sodium d’une couleur jaune dosé à 415 nm (Rodier, 1978).
 Afin de déterminer la concentration du phosphore total (PO43-), un dosage des ions
orthophosphates est nécessaire. La réaction des ions orthophosphates avec une solution contenant
des ions de molybdate et d’antimoine pour un complexe d’antimonyl-phosphomolybdate. La

31
Chapitre III : Matériel & méthodes

couleur bleu produite lors de la réduction du complexe par l'acide ascorbique, présente une valeur
d'absorption plus importante à 880 nm (ISO 6878/1, 1998).

3. Echantillonnage, tri et détermination des macro-invertébrés benthiques


Les cours d’eaux peuvent être vues comme des ensembles d'habitats diversifiés, chacun
étant marqué par des conditions environnementales distinctes. L’habitat est définit comme les
conditions physiques observées au niveau des micro-habitats.
Chaque station d’échantillonnage mesure environ 100 m de longueur dont cette longueur est
sensiblement égale à 10 fois la largeur du lit mouillé. Elle regroupe en son sein tout un ensemble
d’habitats particuliers. Seuls les habitats les plus stables et les plus productifs sont échantillonnés.
Les prélèvements sont réalisés à l’aide d’un filet de type Surber avec une surface de base de
0.09 m² (30cm x 30cm) et d’ouverture de maille de 500 µm. Sur chaque station, 8 prélèvements
faunistiques sont réalisés aléatoirement pour former un échantillon de type composite d’une surface
totale d’environ 0.72 m2. Lorsque la station ne contient pas au moins 8 habitats différents, les
échantillons complémentaires sont collectés sur un ou plusieurs substrat(s) dominant(s). Les micro-
habitats devraient être choisis en fonction de la vitesse d’écoulement, de type du substrat, de la
présence ou l'absence d'ombrage, et en plus de la présence ou l'absence de la végétation qu'elle soit
aquatique, semi-aquatique ou algale.
La méthode de collecte impliquait la position du Surber à contre-courant sur la surface à
échantillonner:
o Aux débris organiques grossiers ; racler la surface du sédiment correspondant à l’intérieur
du cadre.
o Aux sédiments minéraux de grand taille ; soulever les pierres et les galetsse trouvant à
l’intérieur du cadre et bien les frotter in situ pour récupérer tous les organismes fixés.
o Blocs ; soulever le bloc et prélever la partie sous-bloc, bien frotter le bloc pour récupérer les
organismes fixés dessus.
o Aux chevelus racinaires, supports ligneux, et bryophytes ; frotter et peigner (10 secondes)
sur toute la surface du cadre de façon à récupérer tous les individus dans le filet.
o Vases, sables et limons ; prélever à la main une épaisseur permettant de prélever un volume
final compris entre 0.5 et 1L au maximum.

Il est recommandé de réaliser un premier traitement sur terrain afin de concentrer les
prélèvements et d'éliminer les éléments minéraux et organiques grossiers qui pourraient
endommager les organismes lors du transport. L’échantillon composite est transféré dans une boite
en plastique porte le nom et le code de la station, et la date de prélèvement. Ensuite, il a été
conservé dans l’alcool éthylique à 70 % de volume pour leur identification ultérieure en laboratoire.

32
Chapitre III : Matériel & méthodes

Au laboratoire, les boites des échantillons ont été rincées préalablement et débarrassés de la
vase et des débris végétaux sur une série de tamis à mailles décroissantes de 5 à 0.2 mm. Le contenu
des tamis est ensuite versé dans un bec à fond blanc. Pour extraire le maximum d'organismes, la
végétation a été soigneusement séparée du reste de l'échantillon et lavée abondamment à plusieurs
reprises. Ensuite, les éléments triés ont été examinés à la loupe binoculaire dans la seconde étape du
traitement des échantillons. Les individus extraits à la pince alors sont regroupés par unité
taxonomique ou par type morphologique, puis stockés dans des flacons hermétiques à laquelle on
ajoute de l’eau et de l’alcool à 70°. Leur détermination a ensuite été réalisée principalement
jusqu’aux familles, genre et parfois à l’espèce au moyen d’une loupe binoculaire et des clés
d’identification : Micha & Noiset, (1982) ; Richoux, (1982) ; Belfiore, (1983) ; Rivosecchi, (1984) ;
Faessel (1985) ; Tachet et al. (1987) ; Vitte & Thomas, (1988) ; Himmi et al. (1995) ; Tachet et al.
(2010) ; Forcellini et al. (2012).
Notez que dans certaines occasions, une capture des odonates adultes a été réalisée à l’aide d’un
filet à papillons, dans les habitats susceptibles d’héberger des individus adultes (secteurs ensoleillés
et abrités proches de l’eau, végétation herbacée et ligneuse…etc.).

4. Analyse de la composition et de la structure de la macrofaune benthique


Dans les études écologiques, les indices de diversité couramment utilisés permettent
d'analyser la composition des populations en faisant référence ou non à un cadre spatio-temporel
concret. Ils permettent d'avoir rapidement, une évaluation de la biodiversité du peuplement. Le
concept de biodiversité semble facilement évaluable et compréhensible, mais sa nature synthétique
peut être un inconvénient car une grande partie de l'information manque (Grall & Hily, 2003).
La richesse spécifique et l'abondance permettent l’évaluation et la description de la structure
générale des peuplements à partir :

4-1. Richesse spécifique (S)


La richesse spécifique d’un milieu représente la mesure la plus simple de la diversité des
espèces basée simplement sur le nombre d'espèces dans ce biotope.

4-2. L’abondance relative (A)


Il s'agit plutôt du nombre d'individus d'une espèce par rapport au nombre total d'individus
de la communauté. Elle renseigne sur l’importance de chaque espèce par rapport à l’ensemble des
espèces présentes. Sa valeur est donnée par la formule suivante :

33
Chapitre III : Matériel & méthodes

A : abondance relative de l’espèce prise en considération.


ni : nombre d’individus de l’espèce i.
N : effectif total des populations échantillonnées.

4-3. La fréquence d’occurrence (F)


La fréquence d’occurrence (F) d’un taxon est le ratio exprimé sous la forme d'un
pourcentage, entre le nombre de relevés (stations) où le taxon est présent (Xi) par le nombre total
de relevés (stations) (X). Elle permet d’obtenir la constance d’une espèce dans un milieu donné
(Paugy & Lévêque, 1999). La fréquence d’occurrence est calculée par la formule :

Quatre groupes sont ainsi définis (Dajoz, 2006) :


Taxon rare : F < 5% ;
Taxon accidentelle : 5 %≤ F < 25% ;
Taxon accessoire : 25% ≤ F < 50% ;
Taxon régulière : 50% ≤ F < 75 %.
Taxon constante : 75 % ≤ F <100 %.
Taxon omniprésente : F = 100 %.

4-4. L’indice de diversité de Shannon-Wiener


Cet indice permet d'évaluer la diversité réelle d'un peuplement dans un milieu. Sa valeur
varie de 0 (tous les individus appartiennent à la même espèce) à log S (lorsque toutes les espèces
ont la même abondance). Selon Magurran (1988), la valeur de cet indice varie généralement entre
1.5 et 3.5, il dépasse rarement 4.5. Il se calcule par la formule suivante :

Avec :
Pi= ; représente le nombre d'individus de taxon (i) par rapport au nombre total d'individus
recensés (N).
S : le nombre total de taxons
Cet indice, exprimé en (bits/individu), permet l’évaluation quantitative d’un peuplement dans un
cadre spatiotemporel.

34
Chapitre III : Matériel & méthodes

4-5. L’indice d’équitabilité de Pielou


L'équitabilité de Pielou (E), correspond à la diversité relative, est le rapport entre la diversité
calculée (H) et la diversité théorique maximale (H max). Il est défini par la formule suivante :

H’max : appelée aussi diversité fictive, dans laquelle chaque espèce serait représentée par le même
nombre d’individus (Ponel, 1983). Elle se calcule par la formule suivante :

L'équitabilité (régularité ou encore d'équirépartition chez certains écologues) permet de


mesurer la répartition des individus au sein des espèces, indépendamment de la richesse spécifique.
En effet, deux peuplements peuvent présenter un même indice de diversité (H’) mais des richesses
taxonomiques différentes donc des niveaux de structure différents. L’indice de régularité tend vers
zéro lorsqu'une espèce domine largement le peuplement et elle est égale à 1 lorsque toutes les
espèces ont la même abondance et les populations sont en équilibre (équirépartition des individus
dans les espèces).

5. Structuration trophique des communautés de macro-invertébrés


La classification FFGs (Functional Feeding Groups) a été développée par Cummins (1973) et
adoptée dans de multiples projets écologiques. Les principaux groupes d'alimentation fonctionnels
(FFGs) ont été attribués en fonction des adaptations morphologiques et comportementales des
invertébrés pour l'acquisition de nourriture (Merritt & Cummins, 1996; Merritt et al., 2002;
Baptista et al., 2006). Les FFGs sont: 1) les gratteurs ou racleurs (G) grattant et consommant la
matière organique attachée aux pierres et autres substrat, principalement les tiges de plantes
vivantes; 2) les déchiqueteurs (D) se nourrissant de matières organiques particulaires grossières de
taille > 1 mm, soit des tissus de macrophytes aquatiques vivants, soit de la litière végétale terrestre
grossière; 3) les collecteurs-récolteurs (CR) qui collectent les particules fines de matière organique
des débris et sédiments sur le lit des cours d'eau; 4) les collecteurs-filtreurs (CF) tamisant les
particules fines de 1000 à 0,45 μm de la colonne d'eau en écoulement; 5) les prédateurs (P) et une
sixième (6) catégorie, comprend les espèces qui sont omnivores (O), ou qui ne rentrent tout
simplement pas parfaitement dans les autres catégories.
Cependant, l'objectif principal de ce système de classification est d'aider à comprendre le rôle clé
que jouent les macro-invertébrés dans les fonctions de l'écosystème (le contrôle de la production

35
Chapitre III : Matériel & méthodes

primaire, la dégradation des détritus et la minéralisation des nutriments), et dans le concept de


continuum fluvial (Ramírez & Gutiérrez-Fonseca, 2014).
Dans cette étude, l’identifiant de mode d’alimentation prédominant pour les principales
espèces a pour but de décrire la distribution générale des FFGs dans la zone d'étude et de déterminer
si le schéma de distribution observé peut être utilisé comme base pour l'évaluation biologique de la
zone d'étude. À cet effet, la structure trophique des communautés benthiques a été obtenue en
considérant les groupes trophiques définis par Bode et al., (1996) ; Hauer & Lamberti (1996) ;
Barbour et al., (1996) ; Bode et al., (2002) ; Merritt et al., (2008) ; Domínguez & Fernández (2009).

6. Evaluation de la qualité biologique de l'eau


La composition des êtres vivant dans un habitat reflète de manière globale les influences
écologiques qui conditionnent le milieu. Ces organismes sont capables de révéler les
caractéristiques et l’évolution de leur habitat, par leur présence, leur absence ou leur comportement
démographique. L’analyse de la composition faunistique permet d’évaluer l'état de l'environnement
en question. Toute perturbation qui entraîne des changements significatifs dans les communautés
vivantes qu’elles abritent peut ainsi être détectée.
Les méthodes de bio-indication évoluent en conséquence et des outils de plus en plus performants
voient le jour.

6-1. Indice EPT


L’indice EPT, soit le nombre de taxons appartenant aux groupes d’éphémères, plécoptères et
de trichoptères, a aussi été utilisé comme indice de qualité et d’intégrité écologique, ces trois ordres
d’insectes étant considérés sensibles à la dégradation des habitats ainsi qu’à la qualité de l’eau.
D’après Suhaila & Che Salmah (2014), l'évaluation de la qualité de l'eau à l'aide de ces trois ordres
d'insectes est suffisamment décente et d'une précision satisfaisante. Une eau de bonne qualité
supporte un plus grand nombre de taxons d'insectes EPT.
L'indice EPT sera ensuite comparé aux valeurs d'un tableau d'évaluation EPT contient cinq classes
de la qualité de l’eau (Tab. 7). Ces dernières sont adaptées pour tenir compte des différences de
tolérance des espèces EPT à la pollution entre les régions (NCDEHNR, 1997).

Tableau 7 : Valeur de l'indice de richesse EPT selon les catégories de bio-classification de la


qualité de l'eau correspondantes (Bode et al., 1996).

Nombre de famille EPT <2 2-5 6-10 >10


Qualité de l’eau Sévèrement altérée Modérément altérée Légèrement altérée Non altérée

36
Chapitre III : Matériel & méthodes

6-2. Indice EPT/ (EPT + Chironomidae)


Il s'agit d'une mesure du rapport de l'abondance des EPT (Ephéméroptères, Plécoptères et
Trichoptères) par ce qui précède plus le nombre total d’individus de Chironomidae dans les
échantillons. Cet indice est une biométrie courante, car les proportions de chironomides,
généralement tolérants, augmentent avec l'augmentation de la pollution, remplaçant les espèces
d'EPT plus sensibles (Plafkin et al., 1989). Plus ce ratio est proche d'une valeur de 1, moins le cours
d’eau est impacté.
Tableau 8 : Valeur de l'indice EPT/ (EPT+Chironomidae) selon les catégories de bio-classification
de la qualité de l'eau correspondantes (Plafkin et al., 1989).

EPT/ (EPT+Chironomidae) <25% 25 -50% 50 - 75% >75%


Qualité de l’eau Sévèrement altérée Modérément altérée Légèrement altérée Non altérée

6-3. Indice biologique global normalisé (IBGN)


L’IBGN est la méthode française normalisée d’évaluation de la qualité biologique d’un cours
d’eau (NF T90-350 – AFNOR, 1992, révisée en 2004). L'utilisation de l'indice permet d'apprécier la
qualité hydrobiologique d'un cours d'eau en examinant la variété des populations d'invertébrés
benthiques qui habitent différents habitats. Dans des conditions hydrauliques stables et dans les
limites de sa sensibilité, cette méthode permet d'évaluer la qualité biologique d'un milieu en lui
attribuant une note comprise entre 0 et 20, qui prend en compte à la fois l'impact de la qualité
physico-chimique de l’eau et celui des caractéristiques morphologiques et hydrauliques du cours
d’eau. L’indice IBGN est recommandé pour traiter les perturbations qui altèrent la composition du
substrat et la qualité organique de l'eau. Cela inclut les rejets urbains riches en matières organiques,
la pollution par les particules en suspension, les effets secondaires de certains types de rejets et les
changements dans la composition du fond causés par l'eutrophisation.
Parmi cent trente-huit(138) taxons déterminés, trente-huit (38) sont définis comme taxons
indicateurs ; ils permettent de définir neuf groupes faunistiques indicateurs correspondant à une
polluo-sensibilité décroissante (de 9 à 1). L’Indice Biologique Global Normalisé (IBGN) est établi à
partir d’un tableau d’analyse à double entrée (Annexe 1) comprenant en ordonnée les 9 Groupes
Faunistiques Indicateurs (GFI) et en abscisse les 14 classes de variété définies à partir du nombre
total de taxons indicateurs.
On détermine en premier temps la variété taxonomique de l’échantillon (ST) ; égale au nombre total
de taxons récoltés, même s’ils sont représentés par un seul individu. Ce nombre est confronté aux
classes figurant en abscisse du tableau d’analyse (Annexe 1). Le Groupe Faunistique Indicateur est
déterminé en ne prenant en compte que les taxons indicateurs représentés dans les échantillons par
trois ou dix individus selon les taxons. La détermination du GFI s’effectue en prospectant

37
Chapitre III : Matériel & méthodes

l’ordonnée du tableau de haut en bas (GFI 9 à GFI 1) et en arrêtant l’examen à la première présence
significative (3 ou 10 individus selon le cas) d’un taxon du répertoire en ordonnée du tableau. On
déduit l’IBGN du tableau à partir de son ordonnée (GFI) et de son abscisse (ST). Pour une
représentation cartographique des résultats, les valeurs de l’IBGN sont regroupées en cinq classes,
chacune déterminant une cote de qualité de la santé des écosystèmes. Cette classification est définie
dans le tableau 9.
Tableau 9 : Cote de qualité des écosystèmes fluviaux associée aux valeurs de l’IBGN
IBGN Cote de qualité Couleur
17 - 20 Très bonne Bleu
13 - 16 Bonne vert
9- 12 Moyenne jaune
5-8 Médiocre orange
0-4 Très mauvaise rouge

6-4. The Biological Monitoring Working Party- version ibérique (BMWP’)


Le BMWP’ (Alba-Tercedor & Sanchez-Ortega, 1988) est une adaptation espagnole du
système de score du British Biological Monitoring Working Party (BMWP) (Armitage et al., 1983).
Ces modifications ont inclus l’addition de nouvelles familles (Alba Tercedore, 2000).
Le pointage BMWP' considère la sensibilité des invertébrés à la pollution ; les familles se voient
attribuer une note comprise entre 1 et 10 (Annexe 2), de telle sorte que les organismes les plus
polluo-tolérants présentent le score les moins élevés. Il est calculé en additionnant les scores de
tolérance de toutes les familles de macro-invertébrés et de l'ordre des oligochètes de l'échantillon
(Alba-Tercedor & Pujante, 2000). Les cinq classes de qualité et de couleur à utiliser dans la
cartographie de la qualité sont présentées dans le tableau 10.

Tableau 10 : Valeur de l'indice BMWP' (Alba-Tercedor & Pujante, 2000) et d’ASPT (Hynes,
1998), et codes de couleur selon les catégories de bio-classification de la qualité de l'eau
correspondantes.
Bio-classification de la qualité de l’eau
Valeur BMWP’ ≤15 16-35 36-60 61-100 101-150
>150
Cote de qualité Très critique Critique Douteuse Passable Bonne
Valeur ASPT <3.9 4-4.9 5-5.9 6-6.9 >7
Cote de qualité Très mauvaise Mauvaise Moyenne Bonne Très bonne
Couleur Rouge Orange Jaune Vert Bleu

38
Chapitre III : Matériel & méthodes

6-5. Average Score Per Taxon (ASPT)


Le pointage ASPT indique le niveau de polluo-sensibilité moyen des taxas au sein du
peuplement d'invertébrés benthiques. Il est calculé en divisant le pointage BMWP’ obtenu par le
nombre total de taxons récoltés ayant un score (Friedrich et al., 1996). Ce pointage varie entre 0 et 7
(Tab.10).

7. Analyses statistiques

7-1. Analyses uni-variées


La vérification de la normalité des différentes données a été réalisée à l’aide du test de
Shapiro-Wilk. Les tests non paramétriques tels que le test de Kruskal-Wallis (comparaisons
multiples), le test U de Mann-Whitney (comparaison de deux échantillons) ont été également
employés pour les comparaisons inter et intra sujets lorsque la distribution des variables ne
respectait pas l’une des conditions d’utilisation d’une ANOVA classique. En outre, le test de
corrélation de Spearman a été employé pour tester la corrélation entre les indices utilisés pour
l’évaluation de la qualité écologique des eaux. Cette méthode non paramétrique permet de mesurer
l'intensité de la relation entre deux indices (Mary, 1999).

7-2. Analyses multi-variées


L’analyse multivariée est un groupe de méthodes statistiques qui visent à synthétiser les
données provenant de multiples variables tout en réduisant au minimum la perte d'information. De
nos jours, les méthodes d’analyses multidimensionnelles sont utilisées dans de nombreux secteurs
aussi bien en biologie qu’en chimie ou en écologie. Dans l’étude avec plusieurs unités
d’échantillonnage et plusieurs variables, l’apport des méthodes statistiques multivariées est
déterminant. Ainsi, les méthodes multivariées sont un ensemble d'outils statistiques qui permettent
aux utilisateurs d'exploiter au maximum les informations contenues dans les tableaux impliquant
plusieurs variables. L'objectif est de simplifier et d'organiser les données provenant de plusieurs
variables, sans accorder de préférence à l'une d'entre elles en particulier (Glèlèkakaï et al., 2016).
Le choix d’une méthode dépend de l’objectif initial, des types de variables manipulées mais
aussi, de la forme des résultats à obtenir. Dans notre étude, l’algorithme de classification comprend
trois analyses différentes : la classification hiérarchique ascendante (CHA), ainsi que deux
méthodes d’ordinations ; l’analyse en composante principale (ACP) et l’analyse canonique des
correspondances (ACC).

39
Chapitre III : Matériel & méthodes

7-2-1. Classification Hiérarchique Ascendante (CHA)


La classification hiérarchique ascendante (CHA) utilise des mesures de distance de similarité
ou de dissimilarité qui peuvent être fondées sur une ou plusieurs dimensions entre les objets pour
former des classes ou groupes. Cette analyse permet de produire autant de classes qu’il y a
d’entités dans la base de données. Au début, toutes les entités sont considérées comme des sous-
classes distinctes. Par la suite, elles sont combinées en groupes en fonction de leurs similitudes,
jusqu'à ce que chaque entité appartienne à un groupe (Milligan, 1981 ; Blashfield & Aldenderfer,
1988). En règle générale, le nombre de classes est déterminé par une méthode visuelle en se
référant au dendrogramme, ou par l'application de critères statistiques. Bref, les classes
d’observations étant dégagées, il est possible d’investiguer ces classes afin d’identifier certains
déterminants des regroupements (Kos & Psenicka, 2000).

7-2-2. Analyse en Composantes Principales (ACP)


C’est une méthode statistique factorielle descriptive permettant une exploration
essentiellement graphique de l’information contenue dans des grands tableaux de données
(Philippeau, 1992). L'objectif de l’ACP est de réduire le nombre de variables initiales tout en
conservant la quantité maximale d'informations disponibles dans un espace de haute dimension
pour "n" individus et "p" variables, en le ramenant à un espace de dimension réduite, tel que deux
dimensions. On réduira cela en examinant les liens entre les variables (par le biais de la recherche
de corrélations), ainsi que les différences entre les individus (par les écarts entre les individus).
L'analyse en composantes principales (ACP) produit deux graphiques afin de représenter les
variables d'origine et les individus. Le premier permet de visualiser les relations entre les variables,
tandis que le second permet d'identifier les similitudes ou les différences entre les individus (Ben
Salem & Ben Abdelaziz, 2021).

7-2-3. Analyse Factorielle des Correspondances (AFC)


L’analyse factorielle des correspondances simples (AFC) est une méthode descriptive
d’analyse proposée par Benzécri (1973) permettant d’étudier un tableau de contingence conduisant
à une représentation graphique. Elle désigne un moyen de lire les données d'un espace
multidimensionnel en les réduisant tout en préservant un maximum d'informations. L’analyse AFC
étudie les ressemblances-dissemblances entre individus en se basant sur leur positionnement dans
les plans factoriels.

7-2-4. Analyse Canonique des Correspondances (ACC)


Historiquement, l'analyse canonique des correspondances s'appuie sur la méthode de
moyenne pondérée des espèces indicatrices proposée par les premiers grands écologistes tels que
Gause (1930) et Ellenberg (1948), et largement utilisée dans la qualité biologique des eaux (Descy,

40
Chapitre III : Matériel & méthodes

1979; Sládeček, 1986). L'analyse canonique des correspondances (ACC) est une méthode
multivariée pour élucider les relations entre les assemblages biologiques d'espèces et leur
environnement. Cette méthode est reconnue pour ses qualités théoriques remarquables, car elle
inclut de multiples autres méthodes statistiques (l’analyse factorielle des correspondances). L’ACC
est conçue pour extraire des gradients environnementaux synthétiques à partir d'ensembles de
données écologiques. Les gradients sont la base pour décrire et visualiser succinctement les
préférences différentielles d'habitat des taxons via un diagramme d'ordination (ter Braak &
Verdonschot, 1995).

8. Logiciels utilisés
L'ensemble des données ont été d'abord enregistrées, organisées et synthétisées dans le
logiciel Microsoft Excel 2013, puis analysées graphiquement et statistiquement à l'aide des logiciels
XLSTAT V.14, SPSS Statistics V.26 et CANOCO V.4,5.

41
Chapitre IV : Résultats & discussion

1. Etude des paramètres physicochimiques

1-1. Paramètres physiques

[Link]érature de l’eau
La température est un facteur multi-causal, car il intervient à la fois dans la physique
de milieu aquatique (solubilité, saturation en oxygène dissous…), dans la cinétique biochimique des
êtres vivants (croissance, maturité sexuelle, survie…) (Dument, 2008), et dans le déterminisme de
la répartition et la distribution longitudinale des zoocénoses (Vinçon, 1987).
Au cours de cette étude, les valeurs moyennes de la température de l’eau obtenues varient entre 10
et 29°C (Fig. 12). Les températures maximales sont atteintes en été avec un maximum de 29°C à la
station R1 en amont de l’oued Rhumel. Par contre, les températures moyennes les plus basses
s’affichent au printemps avec un minima atteigne 10°C à la station IR dans l’affluent Irdjana. Ainsi
que les valeurs médianes de la température ont été enregistrées en automne.

Figure 12 : Evolution spatio-temporelle de la température moyenne de l'eau de l’oued Kébir-


Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018)

En général, l’évolution spatiale des températures moyennes au cours de cette étude montre
une faible variation entre les stations du cours d’eau principal, et une variation remarquable entre
ces dernières et les deux affluents du Kébir (Tara et Irdjana). Les stations affluent TA et IR
présentent des températures d’eau fraiches dépend des ressources hydriques montagneuses froides,
de l’ombrage important, et d’un écoulement de l’eau relativement rapide. D’autre part, les
variations temporelles des températures suivent une fluctuation saisonnière très marquée (test
ANOVA, p < 0.05) liée au climat de chaque région, aux températures de l’air et au débit.

42
Chapitre IV : Résultats & discussion

1-1-2. Potentiel hydrogène (pH)


Le pH de l’eau mesure la concentration des protons H+ contenus dans l’eau. Le pH dépend
essentiellement de la nature géologique des sols constituants le bassin versant traversé par l’eau
(Parinet et al., 2000). Le potentiel hydrogène est probablement le paramètre physico-chimique le
plus important contrôlant les processus chimiques dans les systèmes aquatiques tels que les
réactions acido-basiques, les réactions de solubilité, les réactions d'oxydoréduction et les
complexassions (Weiner, 2008). C’est un facteur important dans la détermination des propriétés
chimiques et biologiques de l'eau.
Les valeurs moyennes observées au niveau des deux oueds Kébir et Rhumel indiquent un pH
légèrement neutre à alcalin avec une moyenne située entre 7.6 à 8.6 (Fig. 13).

Figure 13 : Evolution spatio-temporelle de potentiel hydrogène moyen de l'eau de l’oued Kébir-


Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018).

Des hautes valeurs de pH (de 7.9 à 8.6) ont été enregistrées au niveau de l’oued Rhumel
durant toute la période d’étude, notamment au printemps. Cela est probablement lié à la dissolution
des particules provenant de sols calcaires chargées de bicarbonates en eaux des précipitations. Par
contre, les valeurs moyennes de pH enregistrées au niveau de l’oued Kébir présentent des eaux à
faible alcalinité. En revanche, les valeurs médianes de ce paramètre ne diffèrent pas
significativement entre les trois saisons (test ANOVA, p > 0,05). Les hautes valeurs ont été
enregistrées pendant la période des basses eaux. Cela peut s’expliquer par un métabolisme
photosynthétique suite à un développement important de la végétation aquatique et des algues
filamenteuses. Selon Falconbridge (2001), les valeurs de pH obtenues dans la présente étudese

43
Chapitre IV : Résultats & discussion

situent dans les normes les plus restrictives pour que la vie aquatique se développe de manière
optimale.

1-1-3. La conductivité électrique (CE)


La conductivité électrique s’exprime généralement en μS/cm, sa mesure indique le degré
d’ionisation d’une eau et par conséquent son pouvoir conducteur. La conductivité électrique dépend
essentiellement de la présence des différents ions (Ca2+, Mg2+, Cl-, Na+, K+,..) et de leurs
concentrations (Çadraku et al., 2016).
μ

Figure 14 : Evolution spatio-temporelle de la conductivité moyenne de l'eau de l’oued Kébir-


Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018).

Les valeurs moyennes de la conductivité électrique (CE) indiquent des variations


remarquables entre le printemps et la période sèche, et entre l’oued Rhumel et le Kébir. En
revanche, les valeurs moyennes de CE diffèrent significativement entre les trois saisons (test
Kruskal-Wallis, p < 0,05). Les valeurs les plus élevées ont été enregistrées durant la période estival
au niveau de l’oued Rhumel (de 1195 à 1365μs/cm), suivi par celles du Kébir (de 1100 à
1236μs/cm). La forte évaporation et la minéralisation excessive pendant la période sèche, pourraient
être à l’origine de l’augmentation relative de la conductivité des eaux. Ainsi, un faible débit de l’eau
en faveur de la prédominance des rejets urbains chargés en éléments nutritifs, augmente la
minéralisation et la conductivité des eaux.
Durant cette étude, l’écart de conductivité qui se révèle à travers la comparaison entre stations de
l’oued Rhumel et de Kébir peut être lié à la nature lithologique des terrains traversés par ces deux
cours d’eau, à la pollution par les eaux usées urbaines et industrielles, et à l’intensité d’exploitation
domestique et animale. En outre, les faibles moyennes de CE ont été obtenus aux stations affluents,

44
Chapitre IV : Résultats & discussion

souvent moins exposées aux perturbations anthropiques. Selon Tfeil et al, (2018), La diminution de
la conductivité pendant la période pluvieuse réside dans la dilution des eaux par l’apport des eaux
pluviales.

1-1-4. Vitesse d’écoulement d’eau


Dans notre étude, l’évolution temporelle du courant montre des écoulements relativement
rapides à moyens pendant la période printanière, comprises entre 37 et 57 cm/s (Fig. 15). Pendant la
période estivale ou la période des basses eaux, nous avons enregistré une diminution remarquable
dans la vitesse d’écoulement, oscillant entre 20 et 35 cm/s, suite à l’augmentation de la température
atmosphérique et à la rareté des précipitations et par conséquence la diminution de débit.

Figure 15 : Evolution spatio-temporelle de la vitesse d’écoulement moyenne d'eau de l’oued Kébir-


Rhumel (Printemps, été, automne) (2016-2018).

Selon Bournaud (1972), Decamps et al, (1972), la vitesse d’écoulement de l’eau dépend
essentiellement du débit, de la pente, de la granulométrie du substrat, de la largeur et la profondeur
du lit. Dans cette étude, le profil de la variation spatiale de la vitesse du courant montre des faibles
variations entre les stations ce qui peut être lié principalement à une faible différence de pente entre
stations. En revanche, les valeurs moyennes d’écoulement diffèrent significativement entre les
saisons (test ANOVA, p < 0,05).

45
Chapitre IV : Résultats & discussion

1-2. Paramètres chimiques

1-2-1. Oxygène dissous (OD)


Il s'agit d'une mesure essentielle en écologie pour évaluer les habitats étudiés. La source
principale de dioxygène dissous est l'atmosphère ainsi que l'activité photosynthétique des algues et
des plantes aquatiques. La concentration d’oxygène gazeux qui se trouve à l’état dissous dans l’eau
est exprimée en mg/l
Les résultats de notre étude montrent une variation significative de l’oxygène dissous entre les
saisons (test ANOVA, p < 0,05). Les teneurs en oxygène dissous plus élevées en période humide
que celles de la période sèche, ainsi que les stations de l’oued Kébir sont les plus oxygénées (Fig.
16). Les teneurs enregistrés pendant la période printanière varies de 4.6 à 7.55 mg/l. Ceci peut être
essentiellement lié à la diminution de la température de l’eau et au débit important qui engendrent
une augmentation de l’agitation de la masse d’eau permet d’augmenter l’échange de l’oxygène avec
l’atmosphère. Cependant, les faibles valeurs obtenues pendant la période sèche (entre 2.7 et 5.57
mg/l) peuvent être dues à une diminution du débit et un réchauffement des eaux.

Figure 16 : Evolution spatio-temporelle de l’oxygène dissous moyen de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

Les faibles teneurs en oxygène dissous enregistrées au niveau de l’oued Rhumel sont dues à
une consommation excessive d’oxygène lors des processus d’oxydation des déchets minéraux, de la
matière organique et des nutriments. Par contre, l’oued Kébir est moins exposé aux perturbations
anthropiques, et le phénomène d’auto-épuration a lieu, ce qui permet d’enrichir le taux d’oxygène
dissous.

46
Chapitre IV : Résultats & discussion

1-2-2. Calcium (Ca2+)


Le calcium est biologiquement très important. Il forme la structure squelettique des
organismes aquatiques et provoque ainsi la dureté de l’eau (Bulut et al., 2010). Le calcium est un
métal alcalino-terreux, qui en général se trouve dans la nature à l’état d’hydrogénocarbonates et en
quantités moindres sous forme de sulfates, chlorures, etc... (Rodier et al., 1996). Le calcium
s’introduit dans les milieux aquatiques de différentes façons, notamment grâce à la météorisation
des roches, en particulier celles contenant du calcaire. Il peut également être entraîné par les eaux
d'infiltration à partir du sol, par lixiviation et par ruissellement. La concentration du calcium
présente dans l'eau est influencée par la durée pendant laquelle l'eau séjourne dans des formations
géologiques contenant une forte concentration de calcium.
Le calcium ne varie pas de manière significative entre les saisons (test ANOVA, p> 0.05). Le
profil de la variation temporelle du calcium dans l’oued Kébir-Rhumel montre une légère
augmentation des concentrations dans le Rhumel pendant la saison estivale (Fig17). Ces fortes
concentrations sont probablement dues, de la forte évaporation des eaux, la rareté des précipitations
et de la nature géologique calcaire des terrains traversés. D’autre part, les faibles concentrations
obtenues durant la période printanière et automnale peut être liées à l’effet de dilution engendré par
les forts débits.

Figure 17 : Evolution spatio-temporelle du Calcium le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

L’évolution spatiale de calcium, montre que les stations de Rhumel présentent des
concentrations élevées, oscillant entre 82.6 mg/l et 161.92 mg/l, par rapport aux concentrations
obtenues aux stations de Kébir, elles oscillent entre 38.48 mg/l et 92.99 mg/l. Cela peut être dû aux
terrains calcaires et l’utlisation de la chaux dans le secteur de l'environnement (traitement de l'eau

47
Chapitre IV : Résultats & discussion

potable, des eaux usées et des eaux d'égouts, l'agriculture, le traitement des déchets animaux) en
amont du bassin.

1-2-3. Chlorure (Cl-)


Les chlorures sont des anions inorganiques contenus dans les eaux naturelles, sous forme de
sels de sodium (NaCl) et de potassium (KCl). La concentration en chlorures provient et augmente
sous l’effet de rejets agricoles ou d'irrigation, ruissellement urbain, des eaux usées et des effluents
industriels, et encore selon la nature des terrains traversés (Brandt et al., 2017 ; Verma & Ratan,
2022). Ainsi, les eaux provenant des régions granitiques sont pauvres en chlorures, alors que les
lentilles argileuses présentes dans le bassin et les régions sédimentaires en contiennent d'avantage
(Gaujous, 1995).
Les valeurs moyennes des Chlorures diffèrent significativement entre les trois saisons (test Kruskal-
Wallis, p < 0,05). L’évolution temporelle des chlorures montre un léger abaissement des
concentrations pendant la période printanière et automnale par rapport à la période estivale (Fig.
18). A l’échelle spatiale, on note une diminution remarquable des chlorures au niveau des affluents,
Smendou (SM), Tara (TA) et Irdjana (IR).

Figure 18 : Evolution spatio-temporelle des Chlorures le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

1-2-4. L’ammonium (NH4+)


L'azote ammoniacal est présent sous deux formes en solution, l'ammoniac (NH3) qui est la
forme non ionisée et l'ammonium (NH4+) qui est la forme ionisée, dont les proportions relatives
dépendent du pH et de la température (Aminot & Chaussepied, 1983). Il provienne des effluents des

48
Chapitre IV : Résultats & discussion

égouts urbains et des stations d'épuration, de l'industrie consommatrice de charbon, de l'industrie


des engrais, et de ruissellement des terres agricoles fertilisées et fumées (Schuurkes & Mosello,
1988).
De point de vue spatial, l’allure générale de la courbe de l’ammonium montre qu’il ya une
diminution nette et brutale de la concentration moyenne au niveau de l’oued Kébir pendant la
période d’étude (Fig. 19). Les teneurs dans les stations du Kébir sont faibles ne dépassant pas 0.25
mg/l. Par contre au niveau de l’oued Rhumel les concentrations moyennes arrivent jusqu’à 5.46
mg/l. Cela confirme l’état dégradé de la partie amont du bassin versant Kébir-Rhumel ainsi que
l'effet du barrage qui précipite la plus part des minéraux et de la matière organique.

Figure 19 : Evolution spatio-temporelle d’ammonium le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

1-2-5. Nitrites (NO2-)


Le nitrite est l'état d'oxydation intermédiaire entre l'ammonium et le nitrate, et peut être formé
soit par une oxydation de l’ammonium, soit par une réduction des nitrates dans des conditions de
déficit en oxygène (Rodier et al., 1996; Brandt et al., 2017).
Les résultats obtenus montrent des teneurs en nitrites relativement élevées par temps chaud (été)
qu’après la période pluvieuse ou humide (printemps et automne) (Fig. 20). D’un point de vue
spatial, il y a une différence remarquable dans les teneurs en nitrite entre l’oued Kébir et Rhumel.
Durant cette étude, l’oued Kébir a enregistré des faibles teneurs, oscillant entre 0.01 mg/l et 0.28
mg/l. En absence des sources de pollutions, les nitrites sont naturellement présents dans les rivières
à des faibles cencentrations (Ghazali & Zaid, 2013). Par contre, des concentrations élevées ont été

49
Chapitre IV : Résultats & discussion

obtenues au niveau de l’oued Rhumel, oscillant entre 0.03 mg/l et 6.16 mg/l. Cela peut être dû à
l’utilisation de fertilisants synthétiques et de fumiers, associée aux cultures et à l’élevage intensifs.

Figure 20 : Evolution spatio-temporelle de Nitrite le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

1-2-6. Nitrates (NO3-)


Le nitrate est la dernière étape de l'oxydation de l'ammoniac et de la minéralisation de l'azote
de la matière organique. La nitrification de l’azote organiquene peut se produire que dans un
environnement bien oxygéné. Selon Khalaf (2009), La présence de nitrates dans les cours d'eau
provient de deux sources principales : le lessivage des sols agricoles et les réactions oxydatives
impliquant l'azote ammoniacal et les nitrites (stations d’épuration).
Les concentrations de nitrate obtenues montrent une augmentation des teneurs pendant la période
printanière et automnale par rapport à la période sèche ce qui peut être due au lessivage des
fertilisants et aux rejets urbains. D’un point de vue spatial (Fig. 21), il y a une nette distinction entre
les concentrations de nitrate au niveau de l’oued Rhumel et de Kébir. Des teneurs importantes en
nitrates enregistrées dans les stations du Rhumel varient entre 4.02 mg/l et 15.32 mg/l. Cette
augmentation peut être liée à une fertilisation excessive des zones agricoles, un lessivage des sols et
l’entrainement des déchets d’origines végétales et animales. Par contre les plus faibles
concentrations sont relevées dans l’oued Kébir, oscillant entre 0.16 mg/l et 5.1 mg/l.

50
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 21 : Evolution spatio-temporelle de Nitrate le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

1-2-7. Phosphate (PO43-)


Le phosphore peut se trouver sous différentes formes, soit sous forme d’ions phosphates
condensés avec des molécules organiques, soit sous forme d’ions orthophosphatés isolés qui est
rencontrée dans les eaux superficielles à pH compris entre 5 et 8. La présence de phosphates dans
l'eau est souvent associée à plusieurs facteurs tels que la composition des sols traversés, la
dégradation de la matière organique, ainsi que la présence d'engrais phosphatés industriels qui
peuvent être entraînés par le lessivage ou l'infiltration. Le phosphate est un élément indispensable
dans le développement des algues, favorise leur multiplication ce qui contribue souvent à une
eutrophisation.
L’évolution temporelle de phosphore (Fig. 22) montre un faible écarte dans la
concentration entre les trois périodes d’étude. Les fortes teneurs de phosphate ont été enregistrées
au niveau de l’oued Rhumel avec des valeurs varient entre 0.39 mg/l et 3.5 mg/l. Cela peut être lié
aux rejets domestiques et industriels, à la nature des terrains traversés et au lessivage des terres
cultivées renfermant des engrais phosphatés ou traités par certainspesticides. En aval de l’oued
Kébir, les concentrations de phosphate ont été nettement faibles, oscillant entre 0.07 mg/l et 0.69
mg/l. Cela peut être expliqué par une faible activité agricole et industrielle caractérisant le sou-
bassin de Kébir.

51
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 22 : Evolution spatio-temporelle de phosphate le long de l’oued Kébir-Rhumel


(Printemps, été, automne) (2016-2018).

2. Typologie des stations en fonction des paramètres physico-chimiques des eaux


Une étude statistique est réalisée par l'Analyse en Composantes Principales (ACP), permet
de visualiser et d’expliquer les différentes corrélations entre les différentes variables analysés et
d’identifier les principaux processus qui déterminent leurs teneurs. C’est pour cette raison que
l’ACP est largement utilisée afin d’évaluer les grandes tendances des données
environnementales dans les milieux aquatiques (Rubio et al., 2000). Cette méthode est largement
utilisée pour interpréter les données hydrochimiques (Toumi et al., 2016). Cette analyse a été
réalisée sur une matrice de données brutes comportant 11 variables qui a permis de dégager deux
axes principaux qui résument l'essentiel de l'information de cette matrice, et regroupent les stations
d’échantillonnage présentant des similarités physico-chimiques.
La matrice de corrélation (Pearson (n)) (Tab. 11) donne une première idée sur la force des liaisons
existantes entre les différentes variables. L’analyse de cette dernière révèle une corrélation positive
et significative entre la conductivité et les composés azotés, le phosphate et le calcium. Selon
Helena et al, (2000), cette corrélation ne peut être attribuée qu’à des processus non naturels liés à
l’activité humaine, agricole et industrielle tels que les eaux usées. Cependant des corrélations fortes
et négatives sont observées entre l’oxygène dissous et la majorité des variables en particulier avec le
calcium (Ca2+), le phosphate (PO43-), la conductivité et le pH. Cela pourrait être expliqué d’une part
par une pollution organique, d’origine industrielle et domestique, suite de la décomposition des
plantes dans le milieu à travers le processus d’oxydation des matières organiques, et d’autre part par
un lessivage des terres agricoles conduisant à l’eutrophie du milieu.

52
Chapitre IV : Résultats & discussion

Tableau 11 : Matrice de corrélation (Pearson (n)) entre les variables sur l'ensemble des stations
de l’oued Kébir-Rhumel

Vs T pH OD CE NH4+ NO2- NO3- PO43- Ca2+ Cl-


Vs 1
T 0.161 1
pH 0.177 0.735 1
OD 0.115 -0.761 -0.828 1
CE 0.088 0.793 0.768 -0.854 1
+
NH4 0.155 0.509 0.589 -0.703 0.831 1
-
NO2 -0.045 0.450 0.656 -0.734 0.700 0.866 1
NO3- -0.052 0.542 0.735 -0.759 0.760 0.777 0.797 1
PO43- -0.046 0.561 0.645 -0.839 0.868 0.876 0.819 0.735 1
2+
Ca -0.184 0.667 0.730 -0.904 0.854 0.763 0.803 0.876 0.853 1
-
Cl 0.102 0.844 0.587 -0.729 0.610 0.345 0.327 0.287 0.487 0.540 1

Les résultats de l’Analyse en Composantes Principales (ACP), à partir des variables enregistrées
durant cette étude sont présentés par la figure 23. L’Axe F1 (53.64 %) et l’axe F2 (26.10 %)
cumulent ensemble plus de la moitié de la variance totale (79.74 %) associée aux variables mesurés.
Le biplot de corrélation montre que l’ammonium, les nitrites, les nitrates, le phosphate et le calcium
sont fortement corrélés positivement avec l’axe F1. Selon Gaujous (1995), Ces variables décrivent
une pollution de type organique et une eutrophisation des milieux aquatiques qui a été clairement
observée durant notre étude notamment au printemps et en été. La température de l’eau et le
chlorure sont positivement corrélés avec l’axe F2.
L’analyse en composantes principales permet de déterminer de la façon suivante, la typologie des
eaux de l’oued Kébir-Rhumel. Trois (3) groupes de stations se distinguent (Fig. 23) : le groupe I
comprend toutes les stations de l’oued Rhumel à l’exception de la station tributaire SM. Selon l’axe
F1, les stations du ce groupe présentent une corrélation positive avec l’ammonium, les nitrites, les
nitrates, le phosphate et le calcium. Les eaux de ces stations se caractérisent par des eaux chargées
en matière organique sont plus menacés par les rejets domestique et industriel, faiblement
oxygénées, avec un faible écoulement et fortement pollués. Le groupe II rassemble les stations de
cours d’eau principale de l’oued Kébir. En situation opposée, les relevés du groupement II
caractérisés par des eaux à écoulement moyen, relativement oxygénées, et faiblement menacées par
la pollution anthropique.

53
Chapitre IV : Résultats & discussion

Groupe II

Groupe I

Groupe III

Figure 23 : Projection des variables/stations sur le plan factoriel F1 et F2.

L’effet du facteur oxygène dissous a fait sortir un troisième groupe (groupe III) comprend les deux
stations tributaires Tara et Iradjana. Ces deux affluents sont caractérisés par une absence quasi-
totale de toute forme de pollution avec des eaux bien oxygénés et pauvres en apports nutritifs
azotés.

3. Analyse globale de la macrofaune benthique

3-1. Composition taxonomique globale


Notre étude a permis d’établir une liste de la faune benthique de l’oued Kébir-Rhumel,
durant le printemps, l’été et l’automne des trois années 2016, 2017 et 2018 (Tab. 12). Au total, 130
taxons ont été recensés dans l’ensemble des stations. Ils se répartissent entre 75 espèces, 102
genreset 70 familles. La classe d’Insectes est le groupe taxonomique le plus diversifié avec 60
espèces, 81 genres et 52 familles. Ensuite vient la classe des Gastéropodes avec 5 espèces repartis
entre 9 genres et 9 familles (Tab. 13). La composition spécifique des ordres d’Insectes
échantillonnés montre la dominance des Coléoptères et des Trichoptères avec respectivement, 29
taxons et 24 taxons, viennent par la suite les Ephéméroptères, les Odonates et les Hétéroptères avec
respectivement, 16, 15 et 11 taxons. Cependant, les Trichoptères et les Plécoptères sont moins
représentés avec respectivement 8 et 5 taxons.

54
Chapitre IV : Résultats & discussion

La faune de l’oued Kébir est mieux représentée par 60 espèces et 85 genres contre 46 espèces et 67
genres identifiés dans l’oued Rhumel (Tab. 13), avec 56 taxons sont communs. Par ailleurs, 30
taxons sont localisés uniquement dans l’oued Rhumel. Ce sont principalement tous les Hirudinées,
6 taxons de Coléoptères et 5 taxons dans chacun des deux classes des Gastéropodes et
d’Hétéroptères. On dénombre 46 taxons essentiellement collectés dans l’oued Kébir. Il s’agit de
tous les Plécoptères, 11 taxons dans l’ordre des Ephéméroptères, 10 taxons de Coléoptères, 6 taxons
des Trichoptères, et 7 taxons dans l’ordre des Odonates (Tab.12).
Cette dominance des Insectes en termes de richesse spécifique serait due au fait qu’ils représentent,
près de 95 % des organismes présents dans les milieux aquatiques (Lee et al., 2006). En effet, les
Insectes sont ubiquistes du fait de leur aire de répartition très étendue.

Tableau 12 : Composition et abondance des espèces de macroinvertébrés de l’oued Kébir-Rhumel


(période 2016-2018)

Rangs taxonomiques Oued Kébir-Rhumel

Classes Ordres Familles Genres Espèces Rhumel Kébir


Dugesiidae Dugesia Dugesia gonocephala 68 138
Turbellaria Tricladida
Planariidae Planaria Planaria felina 9 32
Clitellata Tubificidae Tubifex 3495 405
Haplotaxida Naididae 449 328
Oligochaeta
Lumbriculida Lumbriculidae 24 7
Crassiclitellata Lumbricidae Eiseniella Eiseniella tetraedra 19 -
Dina Dina lineata 436 -
Gnathobdellida Erpobdillidae
Erpobdella Erpobdella octoculata 7 -
Hirudinea
Helobdella Helobdella stagnalis 237 -
Rhynchobdellida Glossiphoniidae
Placobdella Placobdella costata 9 -
Physa Physa acuta 610 291
Physidae
Physella Physella gyrina 40 -
Ancylidae Ancylus Ancylus fluviatilis 62 84
Basommatophora Planorbidae Gyraulus Gyraulus sp. 16 -
Gasteropoda Lithoglyphus lithoglyphus naticoides 501 27
Hydrobiidae
Bythiospeum 3 -
Lymnaea Lymnaea sp 5 -
Lymnaeidae
Radix Radix peregra 15 29
Littorinimorpha Bithyniidae Bithynia Bithynia sp. 16 -
Bivalvia Unionoida Unionidae Anodonta 5 6
Arachnida Hydracarina Unionicolidae Unionicola 165 381
Decapoda Atyidae Atyaephyra Atyaephyradesmarestii 112 387
Crustacea Ostracoda 430 -
Amphipoda Gammaridae Gammarus - 16
Chironomidae 8001 5989
Anthomyidae Limnophora Limnophora riparia 17 73
Simulium (W.) 2342 1059
pseudequinum
Insecta Diptera Simulium (E.) aureum - 425
Simuliidae Simulium
Simulium(S.) ornatum 260 799
Simulium hispaniola - 247
Simulium (E.) velutunim 70 -
Ceratopogonidae 35 194

55
Chapitre IV : Résultats & discussion

Chaoboridae Chaoborus 1 -
Culicidae Culex 12 2
Tabanidae Tabanus 36 138
Psychodidae 46 -

Blephariceridae Liponeura - 3
Empididae 8 13
Tipulidae Tipula 38 53
Ephydridae 21 -
Dixidae Dixa 3 -
Hexatoma 37 140
Limoniidae
Dicranota 2 5
Syrphidae 43 3
Atherix 1 27
Athericidae
Atrichops Atrichops crassipes - 39
Stratiomyidae Stratiomys Stratiomys longicornis - 17
Rhagionidae - 6
Perlodidae Perlodes Isoperla sp. - 32
Capnioneura - 58
Capniidae
Plecoptera Capnia Capnia nigra - 32
Leuctridae Leuctra Leuctra sp. - 19
Taenioperygidae Rhabdiopteryx - 4
Acentrella Acentrella sinaica - 271
Baetis pavidus 4498 4366
Baetis Baetis rhodani 21 266
Baetidae Baetis punicus - 14
Procloeon Procloeon stagnicola 7 84
Cloeon dipterum 65 83
Cloeon
Cloeon saharense - 1
Caenis luctuosa 1064 3718
Ephemeroptera Caenidae Caenis
Caenis pusilla - 565
Electrogena - 2
Rhithrogena Rhithrogena sp - 14
Heptageniidae
Ecdyonurus Ecdyonurus rothschildi - 103
Thalerosphyrus - 2
Choroterpes (Ch.) atlas - 328
Choroterpes
Leptophlebiidae Choroterpes (E) lindrothi - 19
Habrophlebia Habrophlebia fusca - 9
Bidessus Bidessus sp. 4 5
Laccophilus hyalinus 15 25
Laccophilus
Laccophilus minutus - 2
Dytiscidae
Agabus nebulosus 13 10
Agabus
Agabus sp. - 4
Nebrioporus Nebrioporus clarkii - 16
Aulonogyrus Aulonogyrus striatus 17 83
Gyrinidae
Gyrinus Gyrinus dejeani 6 8
Limnius Limnius intermedius 41 181
Coleoptera Oulimnius Oulimnius sp. - 4
Elmidae
Esolus Esolus filum 49 54
Stenelmis Stenelmis consobrina - 69
Riolus Riolus. sp. - 11
Dryopidae Dryops Dryops sp. 40 74
Hydraena Hydraena sp. 27 16
Hydraenidae
Ochthebius Ochthebius sp. 21 17
Hydrobius Hydrobius sp 16 5
Hydrophilidae Laccobius gracilis - 49
Laccobius
Laccobius sp 35 -

56
Chapitre IV : Résultats & discussion

Crenitis 15 -
Anacaena Anacaena sp. - 16
Coelostoma 1 2
Helochares obscurus 13 -
Helochares
Helochares lividus 8 -
Hydrochidae Hydrochus 15 -
Helophoridae Helophorus Helophorus sp. 2 20
Scirtidae Hydrocyphon Hydrocyphon sp. - 16
Haliplus Helochares lineaticollis 10 -
Haliplidae
Peltodytes Peltodytes rotundatus - 23
Hydropsyche Hydropsyche lobata 500 1329
Hydropsychidae Hydropsyche maroccana 79 1186
Cheumatopsyche Cheumatopsyche lepida 13 80
pararhyacophila - 35
Trichoptera Rhyacophilidae
Rhyacophila Rhyacophila munda - 27
Philopotamidae Chimarra Chimarra marginata - 105
Psychomyiidae Psychomyia Psychomyia pusilla - 12
Leptoceridae - 3
Gomphus Gomphus lucasii - 85
Paragomphus Paragomphus genei - 24
Onychogomphus (f.) - 44
Gomphidae
Onychogomphus unguiculatus
Onychogomphus costae - 9
Ophiogomphus - 6
Boyeria Boyeria irene - 22
Aeshnidae
Aeshna Aeshna mixta - 4
Odonata
Coenagrion Coenagrion sp. 37 17
Coenagrionidae
Erythromma Erythromma lindenii 2 -
Orthetrum chrysostigma 17 20
Orthetrum
Orthetrum nitidinerve 11 -
Libellulidae Brachythomis Brachythomis impartita 11 23
Sympetrum fonscolombii 1 10
Sympetrum
Sympetrum striolatum 2 -
Platycnemididae Platycnemis Platycnemis subdilatata 8 11
Nepidae Nepa 10 9
Micronecta 1621 1452
Corixa punctata 13 12
Corixidae Corixa
Corixa affinis 8 -
Paracorixa Paracorixa concinna 28 -
Heteroptera Veliidae Microvelia 31 -
Gerridae Gerris Gerris lacustris 59 80
Naucoris maculatus 10 48
Naucoridae Naucoris
Naucoris cimicoides - 9
Notonecta Notonecta obliqua 17 -
Notonectidae
Anisops Anisops sp. 18 -

57
Chapitre IV : Résultats & discussion

Tableau 13 : Nombre de rangs taxonomiques récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel


(Période 2016-2018)

Classes Ordres Familles Genres Espèces Taxons


Turbellaria 1 2 2 2 2
Oligochaeta 4 4 2 1 4
Hirudinea 2 2 4 4 4
Gasteropoda 3 6 9 5 9
Kébir-Rhumel
Arachnida 1 1 1 - 1
Bivalvia 1 1 1 - 1
Crustacea 3 2 2 1 1
Insecta Diptera 18 13 8 24
Plecoptera 4 5 1 5
Ephemeroptera 4 11 13 16
Coleoptera 10 25 14 29
Trichoptera 5 6 6 8
Odonata 5 12 13 15
Heteroptera 6 9 7 11
Total 8 22 70 102 75 130
Oued Rhumel 8 20 53 67 46 86
Oued Kébir 8 17 59 85 60 102

3-2. Abondance taxonomique globale


L’analyse globale des abondances montre une dominance remarquable de la classe des
Insectes avec 83.25 %, soit 44071 individus, suivi par les deux classes des Oligochètes et des
Gastéropodes avec respectivement 8.93 % (4727 individus) et 3.21 % (1699 individus). L’ensemble
des classes des Bivalves, des Arachnides, des Crustacés, des Hirudinées et des Turbellariés
représente 4.59 % de l’abondance globale. Les deux ordres des Diptères et des Ephéméroptères sont
nettement dominants avec respectivement 38.17 % (20205 individus) et 29.28 % (15500 individus),
viennent par la suite les Hétéroptères avec 6.48 % (3430 individus) et les Trichoptères avec 6.36 %
(3369 individus). Les autres ordres d’insectes sont faiblement représentés avec 2.71 % de
l’abondance globale (Fig. 24).
Par ailleurs, la diversité et l’abondance élevées des Insectes et des Gastéropodes ont également été
signalée dans plusieurs travaux sur la faune benthique des cours d’eau Algériens (Zouggaghe &
Moali, 2009 ; Sekhi, 2010 ; Bouchelouche, 2015 ; Sellam et al., 2017 ; Djamai et al., 2019). La
diversité et l’abondance relative des Gastéropodes pourraient être liées à la présence des galets
recouverts de périphyton au sable ou aux macrophytes (Brown & Lodge, 1993). En effet, les galets
sont présents durant toute l'année, offrent une plus grande surface développant un revêtement
périphyton plus riche contient des concentrations plus élevées d'azote et d'autres nutriments
limitants.

58
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 24 : Pourcentage des différents groupes taxinomiques récoltés


dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018)

D’autre part, le nombre de macroinvertébrés recensés dans l’oued Kébir est presque égal à leur
nombre dans l’oued Rhumel avec respectivement 26733 et 26205 individus. Les Diptères et les
Ephéméroptères constituent les deux ordres les plus abondants dans les deux cours d’eau Rhumel et
Kébir, ainsi que les Simuliidae du genre Simulium (W.) pseudequinum, les Baetidae de genre Baetis
pavidus et Caenis luctuosa de la famille des Caenidae sont les taxons les plus inventoriés (Fig. 25).
Dans l’oued Rhumel, les Oligochètes et les Gastéropodes représentent respectivement 15% et 5%
de l’abondance, avec une dominance totale de Tubifex sp., Physa acuta et de Lithoglyphus
naticoides. Dans l’oued Kébir, les Trichoptères occupent la troisième place avec 11% de
l’abondance totale où les Hydropsyches constituent 90% des Trichoptères récoltés.

4. Variations temporelles et spatiales des principaux groupes taxonomiques

4-1. Variations temporelles


La figure 26 ci-dessous présente les variations temporelles de la richesse taxonomique
moyenne des principales classes et ordres dans l’oued Rhumel et Kébir entre 2016 et 2018. La
figure montre la dominance des Insectes par la richesse taxonomique la plus élevée durant les trois
saisons. En général, les variations saisonnières de la richesse taxonomique sont relativement faibles
dans les deux cours d’eau.
Dans l’oued Rhumel les Coléoptères et les Diptères sont les plus diversifié durant l’étude, suivie par
les Hétéroptères, les Gastéropodes et les Odonates. Au niveau de l’oued Kébir, les Coléoptères et
les Diptères représentent également les ordres les plus diversifiés avec un maximum de taxon
enregistré au printemps. Ensuite vient les Ephéméroptères et les Odonates avec un maximum de
taxon égal respectivement à 11.3 taxons et 11.7 taxons recensés au printemps. Les Hétéroptères et
les Trichoptères représentent un nombre moyen de taxons, atteignant leur maximum en été avec

59
Chapitre IV : Résultats & discussion

respectivement 6 et 5.3 taxons. L’ordre des Plécoptère est mieux représenté au printemps avec 3.7
taxons. Les classes des Turbellariés, des Oligochètes et des Gastéropodes ont été faiblement
représentées pendant les trois saisons.

Figure 25 : Pourcentage des différents groupes taxinomiques récoltés


dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

En termes d’abondance moyenne temporelle, les plus grandes abondances de macroinvertébrés sont
enregistrées durant la saison printanière. Les classes des Insectes et des Oligochètes sont les plus
abondantes durant l’étude. Les ordres des Diptères, des Ephéméroptères, et des Hétéroptères sont
les plus inventoriés pendant les trois saisons (Tab. 14).
Dans l’oued Rhumel, les classes des insectes et des Oligochètes sont les plus abondantes avec un
maximum égal respectivement à 73% (2989.7 individus) et 18% (740 individus) de l’effectif total
récolté au printemps. Cependant, Les Diptères, les Ephéméroptères et les Clitellates sont les ordres
les plus abondants notamment au printemps. Ils sont suivies des Hétéroptères et des
Basommatophores avec un maximum d’effectif en été avec respectivement 10.2% (267 individus)
et 6.56% soit 171.7 individus (Tab. 14). Dans l’oued Rhumel, trois espèces à savoir :

60
Chapitre IV : Résultats & discussion

Chironomidae, Tubifex, Baetis pavidus, et Simulium (W.) pseudequinum sont les plus représentés
notamment à la période printanière. Ils représentent respectivement 32% (1316 individus), 17.4%
(713.3 individus), 15% (652 individus) et 9.8% (401.7 individus) de l’effectif total récolté au
printemps. Ensuite vient Micronecta avec 8.8% (200.3 individus) durant l’été, et Caenis luctuosa
avec 4.26% (175 individus) de l’effectif total récolté au printemps (Tab. 14).

Figure 26 : Variations temporelles de la richesse taxinomique moyenne des principales classes et


ordres de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

Dans l’oued Kébir, la classe des Insectes représente la quasi-totalité d’effectif recensé pendant les
trois saisons, avec un maximum de 3567 individus récoltés au printemps. Les Oligochètes sont
mieux représentés en été avec 151 individus contre 48.3 et 47.3 individus recensés respectivement
en automne et au printemps. Les autres classes sont faiblement représentées. Pendant l’étude, la

61
Chapitre IV : Résultats & discussion

faune benthique de l’oued Kébir est dominée par les ordres des Diptères, des Ephéméroptères, des
Trichoptères et des Hétéroptères.

Tableau 14 : Variations temporelles des abondances moyennes des classes et des principaux rangs
taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)

Oued Rhumel Oued Kébir


Printemps Eté Automne Printemps Eté Automne

Classes
Turbellaria 10 4 11.7 13.3 22.7 20.7
Oligochaeta 740 321 268 47.3 151 48.3
Hirudinea 114.3 54.7 60.7 0 0 1
Gasteropoda 144 178.7 100 20 88 35.7
Bivalvia 1.7 0 0 1.3 0 0.7
Arachnida 0 55 0 0 48 79
Crustacea 105.7 17.3 57.7 43.7 57.7 33
Insecta 2989.7 1985.7 1508.7 3567 2616.7 2016
Effectif total 4105.3 2616.3 2006.7 3692.7 2984 2234.3

Ordres
Clitellata 713.3 300 151.7 0 135 0
Basommatophora 138 171.7 100 20 81 33
Diptera 1809 983.7 865 1617.3 935.3 524.7
Plecoptera 0 0 0 35 2.3 11
Ephemeroptera 845 625 415 1374 970 937.7
Coleoptera 52.3 43 20.7 110.7 73 53
Trichoptera 85 58.7 47 287 333 305.7
Odonata 15 8.3 6.3 34 33 24.7
Heteroptera 183.3 267 154.7 109 270 159.3

Familles, genres et espèces


Tubifex 713.3 300 151.7 0 135 0
Physa acuta 67.3 87.7 48.3 11 58.3 27.7
Lithoglyphus naticoides 51.7 79 36.3 9 0 0
Chironomidae 1316 901 450 990 661.3 345
Simulium (W.) pseudequinum 401.7 45.3 333.7 229 48 76
Simulium (S.) ornatum 50.3 2.3 34 158.3 82 26
Baetis pavidus 652 502.7 344.7 709.3 258.3 487.7
Caenis luctuosa 175 115.7 64 452.7 460 326.7
Caenis pusilla 0 0 0 49.7 134.3 4.3
Choroterpes (Ch.) atlas 0 0 0 37.3 44 28
Hydropsyche lobata 71 55.3 40.3 135.3 138.7 169
Hydropsyche maroccana 14 2.3 10 111.3 155.7 128.3
Micronecta 166.7 230.3 143.3 101.7 233.3 149

Au printemps, les Diptères et les Ephéméroptères sont les plus abondants avec respectivement
43.8% et 37.2% (Tab. 14). Les Trichoptères occupent la 3ème position avec un nombre moyen
d’individus oscille entre 287 et 333 individus, suivi par les Hétéroptères avec un effectif élevé de
270 individus recensé en été. Dans le Kébir, trois taxons sont les plus abondants durant les trois
saisons. Il s’agit de la famille de Chironomidae, et des espèces Baetis pavidus et Caenis luctuosa.
Au printemps, ils atteints leur effectif maximal avec respectivement 990 individus (26.8%), 709.3
individus (19.2%) et 452.7 individus soit 12.25% du total de la macrofaune échantillonnée au

62
Chapitre IV : Résultats & discussion

printemps. Dans l’oued Kébir, 64.9% et 59.4% du nombre total, respectivement, des espèces
Simulium (W.) pseudequinum et Simulium (S.) ornatum ont été récoltés au printemps. Cependant,
l’effectif moyen le plus élevé de genre Micronecta et des espèces Hydropsyche maroccana, Caenis
pusilla et Physa acuta a été enregistré à la période sèche. Quant à l’effectif total (100%) de genre
Tubifex a été recensé seulement en été (Tab. 14).

4-2. Variations stationnelles


Dans l’ensemble des stations, le nombre moyen des taxons varie entre 4.5 et 36 taxons
respectivement aux stations des affluents SE et IR. La figure 27 montre des nombres moyens des
taxons relativement élevées à la saison printanière dont les affluents, à l’exception de SE, sont les
plus abondants en taxon. Le nombre des taxons dans les stations de l’oued Kébir est le plus élevé
par rapport à ce des stations de l’oued Rhumel, avec une légère diminution de la richesse au niveau
des confluences K2 et K5. En termes d’abondance, le nombre total moyen d’individus varie
significativement entre le printemps et les deux saisons ; l’été et l’automne (test ANOVA, p < 0.05).
Par contre, l’abondance moyenne de la macrofaune ne varie pas significativement entre les stations
(test ANOVA, p> 0.05). Les effectifs moyens les plus élevés ont été recensés au printemps et en été
dont le nombre moyen varie de 94 individus récoltés dans la station confluence K2 à 847.7
individus pour la station affluent IR (Fig. 28).
Dans l’ensemble des stations, les classes des Insectes, des Oligochètes et Gastéropodes sont les plus
abondants. Les Insectes sont mieux représentés dans les stations de Kébir avec 1516 et 1407.7
individus recensés respectivement aux TA et K4, suivi par les deux stations R6 et IR avec
respectivement 1314 et 1203.7 individus (Tab. 15). Les effectifs les plus élevés des Oligochètes ont
été enregistrés dans les stations de l’oued Rhumel avec 266.7, 233.3, 203 et 191.3 individus
recensés respectivement aux SE, R6, R2 et R1. Les Oligochètes sont faiblement représenté dans la
majorité des stations du Kébir, à l’exception des stations K6 et K5, où nous avons enregistré
respectivement 270.3 et 182.3 individus. Ainsi, les Gastéropodes sont mieux représentés dans les
stations de Rhumel avec un maximum d’effectifs dans la station R1 avec 157 individus, suivi par
les deux stations R3 et R2 avec respectivement 81 et 77 individus. Dans le Kébir un maximum
d’effectifs a été enregistré au niveau de la station K4 avec 44.3 individus.
Les Diptères sont répartis uniformément le long de l’oued Kébir-Rhumel avec une certaine
dominance aux stations de Rhumel, où nous avons enregistré les effectifs les plus élevés aux
stations SE et R6 avec respectivement 807.3 et 706.3 individus. L’abondance des Ephéméroptères
est mieux représenté dans les stations du Kébir avec 612, 589.7 et 583.7 individus recensés
respectivement aux stations TA, IR et K4. Par contre, les faibles effectifs ont été enregistrés en
amont de l’oued Rhumel avec un minimum d’effectif égal à 57 individus dans la station R1, suivi
par 66 et 100 individus recensés respectivement aux stations R3 et SE. Les Clitellates sont bien

63
Chapitre IV : Résultats & discussion

représentés dans les stations de Rhumel avec un maximum de 270 individus recensés à la station
SE, suivi par 200, 191.7 et 186.7 individus enregistrés respectivement aux stations R2, R6 et R1.

Figure 27 : Variations spatio-temporelles du nombre moyen des taxons de macroinvertébrés


récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018).

Figure 28 : Variations spatio-temporelles d’effectifs moyens de macroinvertébrés récoltés dans


l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018).

Dans l’oued Kébir, cet ordre est faiblement représenté avec un maximum d’effectifs égal à
50 individus et une absence totale aux stations K1, TA, R2 et R3. Quant aux Hétéroptères, ils sont
plus abondants dans les deux stations SM et K4, où ils représentent respectivement 301.7 et 292.7
individus. Celle des Trichoptères oscille entre 8 individus à la station R1 de Rhumel et 239.7
individus au niveau de l’affluent Tara (TA). Les Basommatophores sont plus abondants dans les
stations de l’oued Rhumel, où ils représentent 157, 80.3 et 70.7 individus aux stations R1, R3 et R2

64
Chapitre IV : Résultats & discussion

respectivement. L’ordre des Plécoptères est faiblement représenté, il est compris seulement entre
0.7 individus à la station K1 et 27.7 individus au niveau de l’affluent Tara. Cependant, ils sont
totalement absents aux stations de Rhumel (Tab. 15).
Le tableau 15 montre, ainsi, les effectifs des principales familles, genres et espèces récoltés dans les
différentes stations de l’oued Kébir-Rhumel. La famille des Chironomidae est dominée dans la
majorité des stations, à l’exception de SM, R5, R6 et IR. Grâce à son régime alimentaire très varié,
la famille des Chironomidae s’avère presque toujours numériquement prédominante dans tous les
types d’habitats. Baetis pavidus est l’espèce prédominante dans les deux stations du Rhumel R6 et
R5 avec respectivement 471.7 et 364.3 individus. L’espèce Caenis luctuosa occupe la troisième
place par ordre d’abondance numérique. Cette espèce est bien représentée dans les stations de
l’oued Kébir avec un maximum d’effectifs recensés à la station K4 égal à 364.7 individus. Par
ailleurs, 76.3% (soit 273.3 individus) de l’effectif de Caenis luctuosa inventorié dans l’oued
Rhumel a été enregistré au niveau de l’affluent Smendou (SM). Le genre Tubifex est mieux
représenté dans le Rhumel et surtout au niveau de l’affluent Seguen (SE) avec 270 individus. Ainsi,
Micronecta est fortement représenté dans les deux stations SM et K4, où il représente
respectivement 27.7% (soit 283.3 individus) et 26.7% (273.3 individus) de l’effectif total inventorié
de cet genre. L’espèce Simulium (W.) pseudequinum est bien représentée dans l’oued Rhumel avec
242 et 183.7 individus recensés aux stations R6 et R5 respectivement. Par contre, Simulium (S.)
ornatum est mieux représentée à la station IR du Kébir avec 123.3 individus. Les espèces
Hydropsyche lobata et Hydropsyche maroccana sont bien représentées dans les stations du Kébir.
Hydropsyche lobata est très abondante à la station TA avec 141.3 individus, ainsi que l’espèce
Hydropsyche maroccana oscille entre 129.3 individus à la station R6 et 3 individus à la station R5.
Les espèces Caenis pusilla et Choroterpes (Ch.) atlas ont été recensées seulement dans les stations
de l’oued Kébir avec une abondance remarquable au niveau des deux affluents Tara (TA) et Irdjana
(IR). Ainsi, les espèces Physa acuta et Lithoglyphus naticoides sont bien représentées dans l’oued
Rhumel avec un maximum d’effectif enregistré à la station R1.

65
Tableau 15 : Variations stationnelles des abondances moyennes des classes et des principaux rangs taxonomiques de macroinvertébrés récoltés dans
l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018)

Oued Rhumel Oued Kébir


R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Classes
Turbellaria 1.3 1 4.7 3.3 4.3 6.7 1 3.3 8.3 8 9.7 8.3 5 9.7 1.7 6
Oligochaeta 191.3 270.3 203 59 165 77 130 233.3 7.7 - - 3.3 48.7 56.7 191.3 270.3
Hirudinea 32.7 11.3 53.3 28.3 16.3 18 25.7 44 - - - - 1 - - -
Gasteropoda 157 7 77 81 18.3 33.3 19 30 16.7 15.7 4.7 8.3 44.3 13.3 14.3 23
Bivalvia - - - - - 1.7 - - - - - - 2 - - -
Arachnida - - 26.7 5 - 23.3 - - 40 31.3 5.7 50 - - - -
Crustacea 143.3 - - - - 32.7 4.7 - 14 4 0.7 10 57.3 19.3 5.3 23.7
Insecta 452.7 918 688 396.3 737.3 1033.7 961.7 1314 939.3 1516 534.7 987.3 1407.7 1203.7 625.3 991
66 Effectif total 978.3 1207.7 1052.7 573 941.3 1226.3 1142 1624.7 1026 1575 555.3 1067.3 1566 1302.7 838 1314
Ordres
Clitellata 186.7 270 200 56.7 136.7 6.7 116.7 191.7 - - - - 30 6.7 50 48.3
Basommatophora 157 7 70.7 80.3 18.3 33.3 19 30 16.7 15.7 4.7 8.3 44.3 13.3 14.3 23
Diptera 326.7 807.3 443.3 245.7 401 285.7 440.7 706.3 433 556 324.7 316.7 408.3 465 261.3 306.7
Plecoptera - - - - - - - - 2 83 - 16 - 60 - 7
Ephemeroptera 57 100 164.3 66 245 343.3 398 511.3 301.3 612 132.3 435.3 583.7 589.7 237 390.7
Coleoptera 8.3 4.7 9.3 14.7 13.3 31.3 21 16 25.3 65.7 10 21 20.3 56 18 20.3
Trichoptera 2.7 6 27 9.3 16 59.7 45.3 34.7 106.7 239.7 63.3 146 90.3 29 90 160.7
Odonata 5.7 - 5 4 - 12 7 0.7 12.7 14.3 4.3 19 12.3 11.3 7.7 11.3
Heteroptera 52.3 - 39 56.7 62 301.7 49.7 45 59.7 0.7 - 44 292.7 32.7 11.3 99
Familles, genres et espèces
Tubifex 186.7 270 200 56.7 136.7 6.7 116.7 191.7 - - - - 30 6.7 50 48.3
Naididae - - - - 26.7 69.7 13.3 40 7.7 - - 3.3 18 50 7 23.3
Physa acuta 53.3 6.3 27.7 23 18.3 26.7 19 29 16.7 1.7 4.7 8.3 27.3 7.3 11.3 19.7
Lithoglyphus naticoides 94.3 - 29.3 40.7 - 1.7 - 1 - - - - 8.3 - - 0.7
Chironomidae 296.7 676.7 336.7 210 276.7 161 251.7 457.7 265 317.7 174 162.3 390.7 225.3 219.3 242
Simulium (W.) pseudequinum 18.3 99.7 76.3 18 114.7 28.0 183.7 242 99.7 54 47.7 71.3 3.7 14.3 25.0 27.3
Simulium (S.) ornatum - - 3.7 0.7 - 78.3 4 - 37.7 - 51 50.7 - 123.3 1.3 2.3
Baetis pavidus 42.3 89 148.3 59.7 240 64 364.3 491.7 196.3 295.7 71.7 187 186 243 100 175.7
Caenis luctuosa 14.7 11 3 - 5 270.7 32.3 18 89.7 63.7 39.7 188.3 364.7 199.0 117.3 177
Caenis pusilla - - - - - - - - 0.7 62 2.7 16.7 3 87.3 7.7 8
Choroterpes (Ch.) atlas - - - - - - - - 1.3 38 2 3.3 2.7 31.7 7.7 19.3
Hydropsyche lobata 2.7 6 23.3 8.7 16 36.3 42.3 34.7 82 141.3 48.7 97.7 16.3 4 22 31
Hydropsyche maroccana - - - - - 23.3 3 - 23.3 37 7.7 35 74 21 68 129.3
Micronecta 41.7 - 31.7 50 56 283.3 39.3 38.3 48.7 - - 36 273.3 30 6.7 89.3
Chapitre IV : Résultats & discussion

5. Fréquence d’occurrence ou la constance des taxons


Le tableau 16, montre les classifications des taxons définies sur la base de leur fréquence
d’occurrence dans les 144 relevés réalisés durant cette étude. Ces taxons peuvent être regroupés en
6 catégories.
Les taxons omniprésents, constants et réguliers sont représentés seulement par cinq familles.
Elles sont abondantes et à large valence écologique, très occurrents, eurythermes et eurytopes et
peuvent coloniser différents types de milieux, quels que soient le substrat et la vitesse du courant.
Les taxons accidentels représentent 48 % des familles récoltées. Ces familles sont assez abondantes
et peu fréquentes. Ainsi, les familles rares représentent 30% du total des familles recensées dans
l’oued Kébir-Rhumel. Elles sont à la fois très peu abondantes et très peu fréquentes. Ce sont en
général de biotopes bien spécialisés et très localisés. Nous citons les Plécoptères (Perlodidae,
Leuctridae et Taenioperygidae) et les Trichoptères (Philopotamidae, Psychomyiidae, Leptoceridae
et Aeshnidae).

Tableau 16 : Classification des familles de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel


(Période 2016-2018) selon leurs fréquences d’occurrences.

Classification Taxons

Taxon omniprésent Chironomidae


Taxon constant Baetidae
Taxon régulier Physidae, Simuliidae, Hydropsychidae
Taxon accessoire Dugesiidae, Tubificidae, Atyidae, Tabanidae, Tipulidae, Limoniidae,
Caenidae, Elmidae, Dryopidae, Hydrophilidae, Corixidae
Taxon accidentel Planariidae, Naididae, Lumbriculidae, Lumbricidae, Erpopdillidae,
Glossiphoniidae, Ancylidae, Hydrobiidae, Unionicolidae, Anthomyidae,
Ceratopogonidae, Empididae, Syrphidae, Athericidae,Capniidae,
Heptageniidae, Leptophlebiidae, Dytiscidae, Gyrinidae, Hydraenidae,
Hydrochidae, Helophoridae, Scirtidae, Haliplidae, Rhyacophilidae,
Gomphidae, Coenagrionidae, Libellulidae, Platycnemididae, Nepidae,
Veliidae, Gerridae, Naucoridae, Notonectidae
Taxon rare Planorbidae, Lymnaeidae, Bithyniidae, Lymnaeidae, Unionidae, Ostracoda,
Gammaridae, Chaoboridae, Culicidae, Dixidae,Psychodidae, Blephariceridae,
Ephydridae, Stratiomyidae, Rhagionidae, Perlodidae, Leuctridae,
Taenioperygidae, Philopotamidae, Psychomyiidae, Leptoceridae, Aeshnidae

6. Structure trophique des macroinvertébrés benthiques


La liste des familles récoltées dans cette étude et leurs groupes fonctionnels trophiques sont
mentionnés dans l’annexe 3. Dans l’ensemble des stations, les Collecteurs-Récolteurs 11646.3
individus soit, 66% dominent les communautés de macroinvertébrés. Ils sont suivis des Collecteurs-
Filtreurs avec 16% (2823.3 individus) et des Prédateurs avec 13%, soit 2293.7 individus. Ces

67
Chapitre IV : Résultats & discussion

derniers représentent 26 et 24%. Les Gratteurs et les Déchiqueteuses ne représentent que 4% (705.7
individus) et 1% (176.3 individus) respectivement des effectifs récoltés (Fig. 29).

Figure 29 : Proportions en nombre moyen d’effectifs des cinq groupes trophiques de


Macro-invertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018).

Il y avait de grandes variations en termes de distribution de densité des cinq groupes trophiques aux
échelles spatiales (figure 30). Les Collecteurs-Récolteurs sont dominants dans l’ensemble des
stations. La proportion de ce groupe trophique varie entre 74% à la station R6 et 55.4% à la station
K2 de kébir. Les proportions des Collecteurs-Filtreurs les plus élevés ont été enregistrés dans l’oued
Kébir avec un maximum à la station TA. Les Prédateurs sont mieux représentés dans les deux
stations SM et K4, ils viennent en deuxième place avec respectivement 31.8% et 21.5%. Le groupe
des Gratteurs atteint son maximum à la station R1, et occupe la deuxième place avec 16%. En
revanche, les Déchiqueteures sont faiblement représentées dans l’ensemble des stations visitées et
particulièrement dans l’oued Rhumel où elles étaient totalement absents au niveau des stations SE,
R4 et R5.
Dans cette étude, les Collecteur-Récolteurs étaient dominants sur toutes les stations et pourraient
être dus au fait qu'ils peuvent se nourrir d'une gamme plus large de matières alimentaires que les
groupes de spécialistes (Merritt et al., 2002), et sont donc plus tolérants à la pollution qui peut
modifier la disponibilité de certains aliments. La représentation des Collecteurs-Filtreurs dans les
sites de l’oued Kébir indique l'importance des terres forestières drainées par ce dernier où la matière
organique particulaire a tendance à être élevée, fournissant suffisamment de matériaux filtrables. La
plupart des stations de Kébir répondait à une importante complexité de l'habitat qui a peut-être
amélioré les rétentions de matière organique et la disponibilité de la matière organique en
suspension.

68
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 30 : Répartition stationnelle des abondances moyennes des cinq groupes trophiques
de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

Les prédateurs ont une proportion similaire sur toutes les stations et leur abondance peut dépendre
proportionnellement de la disponibilité de leurs proies (Lugthart & Wallace 1992). Ils sont plus
abondants dans les petits cours d'eau intermittents où les poissons sont absents (Rieradevall et al.,
1999). En général, la faible représentation des nourrisseurs spécialisés, comme les Gratteurs et les
Déchiqueteures, était en partie dû à leur sensibilité aux perturbations qui pourraient altérer la
disponibilité de certains alimentsen diminuant la végétation riveraine et la production d'algues
(périphyton) (Barbour et al., 1996).

7. Composition taxonomique des macroinvertébrés benthiques

7-1. Composition taxonomique des Insectes


Les insectes aquatiques sont abondants et présentent souvent une grande diversité dans la
plupart des habitats d'eau douce. Ils jouent un rôle important dans les écosystèmes d'eau douce,
notamment en servant d'aliments pour la quasi-totalité des prédateurs vertébrés et invertébrés
présents dans les systèmes aquatiques. Bien qu'il existe de nombreux habitats spécialisés, la plupart
des Insectes aquatiques envahissent pratiquement avec succès tous les habitats lotiques ou lentiques
et sont contraints à l'un ou l'autre habitat par des adaptations physiologiques, morphologiques et
comportementales. La diversité spécifique dans de nombreux ordres d'insectes aquatiques est très
élevée. Un cours d'eau vierge peut contenir plus d'une centaine d'espèces d'insectes, dont beaucoup
sont difficiles ou impossibles à identifier aux stades aquatiques immatures (Thorp & Covich, 2001).
Le peuplement de macroinvertébrés récolté dans l’oued Kébir-Rhumel est marqué par une
dominance remarquable de la classe des insectes avec 83.25%, soit 14690.3 individus. Les deux

69
Chapitre IV : Résultats & discussion

ordres des Diptères et des Ephéméroptères sont nettement dominants avec respectivement 45.8%
(6735 individus) et 35.2% (5166 individus), viennent par la suite les Hétéroptères avec 7.8% (1143
individus) et les Trichoptères avec 7.6% (1123 individus). Les autres ordres sont faiblement
représentés avec 3.6% de l’abondance des insectes.

7-1-1. Diptères
Les diptères constituent un groupe d’insectes très diversifié et très abondant par rapport à
ceux des autres groupes. Ils peuvent être trouvés dans une large gamme de conditions
environnementales. La diversité écologique des diptères reflète des différences entre les larves et les
adultes, les larves se nourrissant et grandissant et les adultes se reproduisant et se dispersant.
Certains groupes spécifiques (notamment les Chironomidae et les Tipulidae) peuvent être présents
dans n'importe quel type d’habitat aquatique, y compris des milieux extrêmes : grands glaciers, eau
salée en bord de mer, des flaques de pétrole, sources d’eau chaude, et même dans les fosses
d’aisance (Tachet et al., 2010).
Les résultats de notre étude nous ont permis de recenser 6728.3 larves de Diptères représentées par
22 taxons qui ont été identifiés (entre familles, genres et espèces), avec 17 familles (Tab. 17). Au
total, les Diptères dans les stations du Kébir sont faiblement représentés et plus diversifiés par
rapport à ceux des stations de Rhumel. Les deux stations de Rhumel SE et R6 sont les plus
abondants avec un faible nombre de taxon, ainsi que dans la station IR, les Diptères sont faiblement
représentés mais avec le plus grand nombre moyen de taxons (15 taxons) (Fig. 31).

Figure 31 : Variations stationnelles d’effectifs moyens et de la richesse taxonomique


Des Diptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Priode 2016-2018)

Ce groupe zoologique est dominé par les Chironomidae et les Simuliidae avec respectivement
69.3% et 16.7% de l’ordre des Diptères.

70
Chapitre IV : Résultats & discussion

Tableau 17 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Diptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir

Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6

Chironomidae 296.7 676.7 336.7 210 276.7 161 251.7 457.7 265 317.7 174 162.3 390.7 225.3 219.3 242
Anthomyidae Limnophora L. riparia - 0.7 1.7 2.3 - 1 - - 1.3 7.3 0.7 - - 12.3 0.7 2
S. (W.)
18.3 99.7 76.3 18 114.7 28 183.7 242 99.7 54 47.7 71.3 3.7 14.3 25 27.3
pseudequinum
S. (E.) aureum - - - - - - - - 19.0 78.3 31 13.3 - - - -
Simuliidae Simulium
S. (S.) ornatum - - 3.7 0.7 - 78.3 4 - 37.7 - 51 50.7 - 123.3 1.3 2.3
H. hispaniola - - - - - - - - - 37.3 0.7 - - 44.3 - -
S. (E.) velutunim - 7.3 16 - - - - - - - - - - - - -
Ceratopogonidae 0.3 - 3.7 2.3 1 4.3 - - 1.7 41.7 5.3 3.3 1.7 4 2 5
Chaoboridae Chaoborus - - - - - - - 0.3 - - - - - - - -
Culicidae Culex - - 0.7 1 - 2 0.3 - - - - - - 0.7 - -
Tabanidae Tabanus - 1 0.3 5.3 1 3.3 1 - 2 0.3 2 3.7 5.7 5 8.3 19
Psychodidae - 15.3 - - - - - - - - - - - - - -
Blephariceridae Liponeura - - - - - - - - - - - - - 1 - -
Empididae - 0.7 - - 1.3 0.7 - - - - 1.7 0.3 - 2.3 - -
Tipulidae Tipula 1.7 - 3.7 4 - 2.3 - 1 2.7 4 3.7 1.3 0.7 9 0.7 -
Ephydridae 7 - - - - - - - - - - - - - - -
Limoniidae Hexatoma - 0.3 - 1.3 4.3 3.7 - 2.7 2.3 8 4.7 5.7 5.7 8.7 3 8.7
Dicranota - - - - - 0.7 - - - 1.7 - - - - - -
Syrphidae 2.7 5.7 0.7 0.7 2 - - 2.7 - - - - - - 1 -
Atherix - - - - - 0.3 - - 0.7 3.3 2.3 1.7 0.3 0.7 - -
Athericidae
Atrichops A. crassipes - - - - - - - - - 1 - - - 12 - -
Stratiomyidae Stratiomys S. longicornis - - - - - - - - 1 1.3 - 3 - - - 0.3
Rhagionidae - - - - - - - - - - - - - 2 - -
Total 326.7 807.3 443.3 245.7 401 285.7 440.7 706.3 433 556 324.7 316.7 408.3 465 261.3 306.7

 La famille des Chironomidae domine grâce à leur grande possibilité d’adaptations et de tolérance
dans les milieux perturbés. Ils sont présents dans toutes les stations du Kébir-Rhumel avec une
abondance relativement plus élevée dans les stations de l’oued Rhumel. Ceci est dû au degré élevé
de la matière organique issu de l’activité agricole intensive en amont du bassin versant ; ce qui
favorise la prolifération des Chironomidae. la pollution organique et la présence des nutriments sont
les principaux facteurs expliquant la distribution des Chironomidae (Alhou et al., 2008). Selon
Reynoldson (1999), les Chironomidae sont capables de remplacer les organismes polluo-sensibles
(Ephemeroptera, Plecoptera) lors des perturbations physico-chimiques ou d’habitats, ce sont donc
des polluo-résistants.

 Les larves et les nymphes des Simuliidae ou des mouches noires sont strictement dulçaquicoles,
des rhéobiontes ou rhéophiles, rencontrés abondamment dans les eaux courantes à température
basse, parfois très agitées et toujours bien oxygénées (Grenier, 1946). De nombreux facteurs ont été
liés à l'assemblage des mouches noires, notamment la concurrence, la disponibilité de la nourriture,
le type de substrat, la vitesse du courant d'eau, la température de l'eau et l'altitude (Colbo & Porter,
1979 ; Hart, 1986 ; Halgos et al., 2001 ; McCreadie et al., 2005 ; Figueiró et al., 2008 ; Srisuka et
al., 2015).

71
Chapitre IV : Résultats & discussion

Dans cette étude, les Simulies sont présents également dans toutes les stations avec des abondances
moyennes varient considérablement d’une station à l’autre, où l’effectif le plus élevé et le plus bas a
été enregistrés respectivement dans les stations R6 (240 individus) et R4 (3.7 individus). De plus,
cinq espèces des Simulies ont été identifiées : Simulium (W.) pseudequinum sont dominantes par
leur fréquence et leur abondance dans la majorité des stations avec des effectifs moyennes élevés à
l’oued Rhumel. Cette espèce est largement répondue, recouvrant l’Europe et le pourtour
Méditerranéen. Elle est très commune en Algérie comme à tout le Maghreb, dans divers biotopes à
toutes [Link] par la suite Simulium (S.) ornatum qui sont présents dans la majorité des
stations de Kébir avec un maximum d’effectifs dans les deux affluents Irdjana (IR) et Smendou
(SM). Cet élément est étroitement associé dans les sources et leurs émissaires (Gagneur et Clergue-
Gazeau, 1988). Ainsi, les deux espèces Simulium (E.) aureum et Simulium hispaniola bien que
présents dans certaines stations de Kébir, étant relativement abondants dans les deux affluents Tara
(TA) et Irdjana (IR). Tandis que Simulium (E.) velutunim est présente dans deux stations de
Rhumel, SE et R2, avec seulement 23.3 individus. Selon Ya’cob et al. (2016), certaines espèces de
la mouche noire sont capables de s'adapter à une large gamme de conditions physico-chimiques des
cours d'eau leur a permis de se reproduire dans un large éventail de conditions écologiques et de se
généraliser. En revanche, les espèces rares nécessitent un habitat plus spécialisé, ce qui limite par
conséquent leur distribution à certaines conditions de cours d'eau et les définit comme spécialisées.

 Les Cératopogonidés, communément appelés "moucherons piqueurs", sont responsables de la


transmission de divers parasites et virus aux animaux. Les larves se développent au sein de la
couche superficielle des substrats humides et riches en débris organiques, dans les milieux semi-
aquatiques, riches en débris organiques (Zimmer et al., 2008 ; Uslu & Dik, 2006). Dans notre étude,
les Ceratopogonidae viennent dans la troisième position avec 76.3 individus, soit 1.1% de nombre
total des Diptères. Cette famille est présente dans la majorité des stations avec une abondance
remarquable dans l’affluent Tara (TA).

 LesTabanidae ; genre Tabanus, Tipulidae ; genre Tipula, et Limoniidae ; genre Hexatoma, ont
été récoltés dans la majorité des stations avec de faibles effectifs. Les Culicidae de genre Culex,
Syrphidae, Psychodidae et Ephydridae ont été recensées dans une seule ou certaines stations de
l’oued Rhumel. Généralement, ces taxons sont capables de survivre dans des environnements très
pollués, peu oxygénés ou riches en nutriments. Les Athericidae et Stratiomyidae de genre
Stratiomys longicornis ont été récolté seulement dans l’oued Kébir avec de faibles effectifs. Selon
Thomas (1976), les larves d’Athericidae se trouvent dans des eaux chaudes, dans des cours
d'eau lents, souvent larges et par conséquent plus ou moins détériorés par les influences
humaines. Ainsi que les larves des espèces de Stratiomys sont généralement aquatiques et

72
Chapitre IV : Résultats & discussion

saprophages ; les habitats généraux comprennent l'eau avec une végétation riche, la matière
organique en décomposition, les endroits humides ou la zone littorale des mares. Les Chaoboridae ;
Chaoborus, Blephariceridae ; Liponeura et Rhagionidae ont été présentés seulement par 0.3, 1 et 2
individus, respectivement.

7-1-2. Plécoptères
Les Plécoptères constituent un groupe d’insectes Hémimétaboles à larves exclusivement
aquatiques. Ils sont abondants dans les eaux courantes que dans les eaux stagnantes, et plus
diversifiés dans les cours supérieurs froids et bien oxygénés, mais une diversité considérable peut se
produit dans les cours d'eau chauds de haute qualité. Les larves de cet ordre sont soit des prédateurs
d’autres invertébrés, soit des broyeuses ou racleuses de substrat (Tachet et al., 2010).
Au cours de cette étude, l’ordre des plécoptères est faiblement représenté avec 56 individus,
appartenant à cinq genres, récoltés seulement dans l’oued Kébir. Les effectifs moyens les plus
élevés ont été recensés dans les deux affluents Tara (TA) et Irdjana (IR) (Tab. 18). Durant le
printemps et l’automne, ces deux stations sont caractérisées par un écoulement rapide et des eaux
fraiches à froides, ce qui confirme le caractère sténothermes et rhéophiles connus pour les
Poléoptères. Selon Stewart & Stark (2002), les Plécoptères sont parmi les insectes aquatiques les
plus sensibles à la pollution, ils sont souvent les premiers insectes à disparaître des systèmes d’eau
douce après un léger enrichissement en nutriments, une dégradation de l'habitat ou des changements
dans les régimes thermiques aquatiques. Cela peut expliquer l'absence totale des Plécoptères dans
l’oued Rhumel.

Tableau 18 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Plécoptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).
Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir
Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Perlodidae Perlodes Isoperla sp. - - - - - - - - - 10.7 - - - - - -
Capnioneura - - - - - - - - - - - - - 17 - 2.3
Capniidae
Capnia C. nigra - - - - - - - - 0.7 3.7 - 4.7 - 1.7 - -
Leuctridae Leuctra Leuctra sp. - - - - - - - - - 13.3 - 0.7 - - - -
Taenioperygidae Rhabdiopteryx - - - - - - - - - - - - - 1.3 - -
Total - - - - - - - - 0.7 27.7 - 5.3 - 20 - 2.3

7-1-3. Ephéméroptères
L’ordre des Ephéméroptères ou "mouches de mai" est l’un des principaux groupes de
macroinvertébrés benthique dans les écosystèmes lotiques (Studemann et al., 1992). Leur
importance repose sur le fait que leur quantité peut atteindre jusqu'à 50% de la masse animale totale
dans un cours d'eau, ce qui en fait l'un des maillons les plus importants de la chaîne alimentaire.
Certaines espèces d’Ephémères dites phytophiles ont une préférence pour habiter dans la végétation
benthique ou sur des supports qui sont couverts de débris organiques. D’autres sont lithophiles

73
Chapitre IV : Résultats & discussion

préfèrent se réfugier sur et/ou sous des substrats minéraux tels que des blocs, des galets, des
cailloux, du sable ou du limon. Les éphémères sont largement utilisés pour évaluer la qualité de
l'eau douce et les changements globaux des hydrosystèmes. Ils sont généralement très abondants,
sensibles aux altérations environnementales, suffisamment diversifiés et peuvent être considérés
comme des bioindicateurs efficaces s'ils sont identifiés à un niveau systématique pertinent (Jacobus
et al., 2019).
Les résultats de notre étude nous a permis de recenser un moyen de 5167 larves
d’Ephéméroptères représentées par 16 taxons (entre genres et espèces), appartiennent à 4 familles
(Tab. 19). En général, les Ephéméroptères sont plus abondants et plus diversifiés dans les stations
du Kébir que dans le Rhumel, où les stations des affluents Tara (TA) et Irdjana (IR) enregistrent le
plus grand nombre d’effectifs et de taxons. Durant l’étude, ces deux stations sont caractérisées par
une hétérogénéité du substrat et de l’habitat, des eaux fraiches à froide et un écoulement moyen à
rapide.
Plus en amont, les faibles valeurs ont été enregistrées au niveau des stations du Rhumel : R1, SE et
R3 (Fig. 32).

Figure 32 : Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique


Des Ephéméroptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

Parmi les Ephéméroptères recensés, les deux familles des Baetidae et des Caenidae sont les plus
abondantes avec respectivement 3229.3 individus (soit 62.5%), et 1782 individus soit 34.5% de
l’ensemble des Ephéméroptères récoltés. Les Leptophlebiidae et les Heptageniidae sont faiblement
représentées avec respectivement 115.3 et 40.3 individus.

74
Chapitre IV : Résultats & discussion

 Les Baetidae constituent la famille la plus représentées et la plus diversifiées des Ephémères
dans tous les cours d’eau Algériens, Marocains et Tunisiens. Au cours des 10 dernières années
c'était l'une des familles d'éphémères les plus étudiées dans la région du Maghreb.
Cette famille compte quatre genres (Baetis, Acentrella, Cloen et Procloeon) dont le genre Baetis
représente presque la totalité de cette famille. Il est représenté par trois espèces dont Baetis pavidus
qui se caractérise par une grande plasticité phénotypique, ils sont les plus répandus dans l’oued
Khébir-Rhumel avec une abondance remarquable dans les stations au-dessus et au-dessous du
barrage "Beni Haroun". Nous pouvons donc, les considérés comme généralistes à large valence
écologique. Les deux autres espèces, Baetis rhodani et Baetis punicus, ont été récoltés seulement
dans l’oued Kébir avec de faibles effectifs (Tab. 19). Les autres genres sont faiblement représentés
dont les deux espèces Acentrella sinaica (Acentrella), et Cloeon saharense (Cloeon) ont été
recensés seulement dans le Kébir.

Tableau 19 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Ephéméroptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).
Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir
Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Acentrella A. sinaica - - - - - - - - 11.7 21.7 4.3 32 2.3 13.3 1.7 3.3
Baetis B. pavidus 42.3 89 148.3 59.7 240 64 364.3 491.7 196.3 295.7 71.7 187 186 243 100 175.7
B. rhodani - - 7 - - - - - - 72.7 6.7 - 3.3 4.3 0.3 1.3
Baetidae B. punicus - - - - - - - - 1 - 3.7 - - - - -
Procloeon P. stagnicola - - 0.7 0.3 - 1.3 - - - 8.3 0.3 4 10 - 2.3 3
Cloeon [Link] - - 5.3 6 - 7.3 1.3 1.7 - 9.7 1.3 1.3 11 4 - 0.3
C. saharense - - - - - - - - - 4.3 - - - - - -
C. luctuosa 14.7 11 3 - 5 270.7 32.3 18 89.7 63.7 39.7 188.3 364.7 199 117.3 177
Caenidae Caenis
C. pusilla - - - - - - - - 0.7 62 2.7 16.7 3 87.3 7.7 8
Electrogena - - - - - - - - - - - - - 0.7 - -
Heptageniidae Rhithrogena Rhithrogena sp - - - - - - - - - 1.7 - - - 2.3 - 0.7
Ecdyonurus E. rothschildi - - - - - - - - 0.7 25 - 2.7 0.7 3.3 - 2
Thalerosphyrus - - - - - - - - - - - - - 0.7 - -
Choroterpes Ch. (Ch.) atlas - - - - - - - - 1.3 38 2 3.3 2.7 31.7 7.7 19.3
Leptophlebiidae C. (E) lindrothi - - - - - - - - - 6.3 - - - - - -
Habrophlebia H. fusca - - - - - - - - - 3 - - - - - -
Total 57 100 164.3 66 245 343.3 398 511.3 301.3 612 132.3 435.3 583.7 589.7 237 390.7

 La famille des Caenidae dans l’oued Kébir-Rhumel est représentée par deux espèces du genre
Caenis ; Caenis luctuosa et Caenis pusilla. Les Caenis luctuosa sont récoltés dans la majorité des
stations avec de faibles effectifs dans les stations amont du Rhumel. Cette espèce est mieux
représentée dans la station de l’affluent Smendou (SM) et dans les stations aval de Kébir
notamment la station K4, qui se caractérisent par des faibles courants, des fonds peu profonds
composé de gravier, et des débris végétaux couvrant les pierres et les roches. Ces caractéristiques
ont été déjà mentionnées par Elouard & Gibon (2001) comme des conditions appropriées du
développement larvaire des Caenidae. D’après Boumaïza (1994), Caenis luctuosa est une espèce

75
Chapitre IV : Résultats & discussion

euryèce, la plus tolérante et la plus robuste des espèces d’Ephéméroptères. Par contre, l’espèce
Caenis pusilla a été récolté seulement dans le Kébir avec plus d’effectifs dans les deux stations
affluents TA et IR qui se caractérisent généralement par un écoulement relativement rapide, des
eaux fraiches à froides et l’absence de sources de pollutions.

 La famille des Heptageniidae est habituellement trouvée dans des eaux fraîches ou froides,
qu'elles soient rhitrhiques ou lentiques. Dans les eaux courantes, les Heptageniidae se réfugient dans
des creux ou sous les rochers, tandis que dans les eaux stagnantes, ils occupent les bois morts. Ce
sont des racleuses et détritivores (Thambiratnam, 2014). Dans notre étude, quatre genres des
Heptageniidae ont été récoltée seulement dans l’oued Kébir, dont l’espèce Ecdyonurus rothschildi
(Ecdyonurus) est la mieux représentée avec un maximum d’effectifs dans la station de l’affluent
Tara (TA). Des travaux antérieurs ont montré que cette espèce endémique du Maghreb pourrait
présenter un intérêt potentiel dans la surveillance environnementale (Bouhala et al., 2020). On note
aussi que la station de l’affluent Irdjana (IR) abrite les quatre genres de cette famille avec de très
faibles effectifs. Selon Belfiore (1983), les Heptageniidae ont généralement été considérés
globalement comme des indicateurs de bonne qualité de l'eau, à l’exception de certaines espèces du
genre Ecdyonurus et, dans de rares cas, du genre Rhithrogena, sont au contraire plutôt euryèces et
relativement peu sensibles à certains types de pollution.

 La famille des Leptophlebiidae récoltée dans l’oued Kébir-Rhumel est représentée par trois
espèces recensées seulement dans le Kébir, dont Choroterpes atlas est le mieux représenté avec une
abondance remarquable dans les stations affluents TA et IR. Cette espèce est une endémique
maghrébine, signalée en Algérie, au Maroc et en Tunisie (Thomas & Vitte, 1988). Les larves de
Choroterpes atlas étaient souvent trouvées dans les interstices des rochers et des galets dans des
eaux courantes et même le long des berges, dans les amas de bois et de feuilles mortes.

7-1-4. Coléoptères
Les Coléoptères représentent environ 1/5 de la faune d’invertébrés aquatiques, ils se
distinguent par leur grande diversité spécifique avec le tiers des espèces décrites actuellement. Les
Coléoptères avec les Diptères et les Trichoptères constituent une part importante de la biodiversité
des zones humides et des écosystèmes aquatiques (Fairchild et al, 2000 ; Benamar et al., 2011). Ce
sont uniques parmi les insectes holométaboles car ils sont présents sous leur forme adulte et leur
forme larvaire dans les environnements aquatiques. Ils peuvent être trouvés dans divers habitats tels
que des sources, des ruisseaux de sources, des rivières à débit modéré et des rivières quasi-
stagnantes avec une végétation abondante (Tachet et al., 2010). Les coléoptères sont des candidats
idéaux pour servir d’indicateurs de la biodiversité des écosystèmes aquatiques, ce sont des

76
Chapitre IV : Résultats & discussion

descripteurs par excellence des changements spatio-temporels dans les systèmes fluviaux, ils
sont considérés comme saproxène disparaît de la zone la plus perturbée (Bilton et al., 2006 ;
Millán et al., 2006).
Dans notre étude, les Coléoptères constituent le groupe le plus diversifié des macroinvertébrés
récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel. Nous avons recensés un moyen de 350 larves de Coléoptères
représentées par 28 taxons (entre genres et espèces), dont 14 espèces appartiennent à 10 familles
(Tab. 20). En général, les Coléoptères sont faiblement représentés dans la majorité des stations dont
les effectifs les plus élevés ont été recensés au niveau des affluents Smendou, Tara et Irdjana. En
termes de richesse, les stations en aval de Kébir et les stations au-dessus de barrage sont les plus
diversifiés avec un maximum des taxons de coléoptères enregistré au niveau des stations TA, K6 et
K4 (Fig. 33)

Figure 33 : Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique


Des Coléoptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

La famille des Elmidae domine le peuplement des Coléoptères avec 136.3 individus, soit 39% de
nombre total recensés de cet ordre, suivie par la famille des Hydrophilidae avec 55 individus, soit
15.7% de nombre total des Coléoptères. Les deux familles des Gyrinidae et Dryopidae viennent en
troisième position avec 38 individus (soit 10.8%) chacune. Aussi, les deux familles des Hydraenidae
et Dytiscidae sont faiblement représentées, elles comptent respectivement 27 individus (7.7%), 26
individus (7.4 %). Les autres familles ; Hydrochidae, Helophoridae, Scirtidae et Haliplidae, sont
faiblement représentées avec des pourcentages inférieurs à 2%.

 Les Elmidae sont de petits Coléoptères qui préfèrent les milieux aquatiques à fort courant, et sont
rarement trouvés sur les rives des lacs et des étangs. (Touaylia et al., 2010). Leur nymphes sont
enfouie dans le sable, l'humus et dans les débris végétaux. Gayoso Couce (1998) a souligné leur

77
Chapitre IV : Résultats & discussion

grand intérêt écologique en tant que bioindicateurs de la qualité des eaux qui les abritent, des
habitats en danger et des écosystèmes limniques. Dans notre étude, la famille des Elmidae est
représentée principalement par trois espèces, deux espèces Limnius intermedius et Esolus filum, se
répartissent dans certaines stations à faibles effectifs. Ils sont eurythermes et à répartition plus ou
moins large. L’autre espèce Stenelmis consobrina a été récoltée uniquement dans l’oued Kébir. Les
deux stations des affluents Tara et Irdjana sont les plus abondantes et les plus diversifiées.

Tableau 20 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Coléoptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Bidessus Bidessus sp. - 0.7 0.67 - - - - - - 0.7 - - - 1 - -
Laccophilus L. hyalinus - - 2.67 - - 0.33 1.33 0.67 2.67 - - - 2.7 0.7 1.3 1
Dytiscidae L. minutus - - - - - - - - - - - - - 0.7 - -
Agabus A. nebulosus 4.3 - - - - - - - - - - - 1.3 1 0.7 0.3
Agabus sp. - - - - - - - - - - - - - 1.3 - -
Nebrioporus N. clarkii - - - - - - - - - - - - 1.7 3.7 - -
Aulonogyrus A. striatus - - - 3.7 - 2 - - 8.7 - 2 5 - 8 - 4
Gyrinidae
Gyrinus G. dejeani 1 - - - - 1 - - 1.3 - - 0.3 - 0.7 - 0.3
Limnius L. intermedius - - - - 0.3 10.7 2 0.7 - 26 1.7 5 2.3 16 4.7 4.7
Oulimnius Oulimnius sp. - - - - - - - - - - - - - 1.3 - -
Elmidae Esolus E. filum - 2.3 - 1 4.3 - 3.7 5 - 12.3 1.3 1.3 - 3 - -
Stenelmis S. consobrina - - - - - - - - - 18 1 0.7 - 3 - 0.3
Riolus - - - - - - - - 3.3 - - 0.3 - - - -
Dryopidae Dryops 0.3 1 0.7 2 - 6.3 2.3 0.7 7.7 - - 2.7 2.7 7 2.7 2
Hydraena - - - - 2.3 - 3 3.7 - 4.3 - 1 - - - -
Hydraenidae
Ochthebius 1.7 - 2.7 2.3 - 0.3 - - 1 - 0.7 1.3 0.3 1 0.7 0.7
Hydrobius - - - - - 5.7 1 0.3 - - - - - - 1 0.7
Laccobius L. gracilis - - - - - - - - - 1.7 2.3 3.3 1.7 5 1.3 1
Laccobius sp - - 0.3 3.7 4.3 - 1.7 1.7 - - - - - - - -
Crenitis - - - - - 4.7 0.3 - - - - - - - - -
Hydrophilidae
Anacaena - - - - - - - - - - - - 4 - - 1.3
Coelostoma - - - - - 0.3 - - - - - - 0.7 - - -
Helochares H. obscurus - - - - - - 3.3 1 - - - - - - - -
H. lividus 1 0.7 1 - - - - - - - - - - - - -
Hydrochidae Hydrochus - - - - 2 - 2.3 1.7 - - - - - - - -
Helophoridae Helophorus Helophorus sp. - - - - - - - 0.7 - - - - 1.7 - 3.7 1.3
Scirtidae Hydrocyphon Hydrocyphon sp. - - - - - - - - 0.67 2.67 1 - - 1 - -
Haliplus H. lineaticollis - - 1.3 2 - - - - - - - - - - - -
Haliplidae
Peltodytes P. rotundatus - - - - - - - - - - - - 1.3 1.7 2 2.7
Total 8.3 4.7 9.3 14.7 13.3 31.3 21 16 25.3 65.7 10 21.0 20.3 56 18 20.3

 Les Hydrophilidae vivent près des eaux calmes, se déplacent sur les berges riches en végétation
aquatique et se nourrissant de plantes submergées. D'autres vivent dans les excréments d'animaux.
La composition spécifique des hydrophiles dans leur ensemble ne peut pas être considérée comme
un indicateur approprié de la qualité de l'eau (Akünal & Aslan, 2017). À l'échelle du bassin versant
de l'oued Kebir-Rhumel, cette famille est la plus diversifiée parmi l’ordre des coléoptères avec 8
taxons. Les quatre taxons Laccobius sp, Crenitis, Helochares obscurus et Helochares lividus ont été

78
Chapitre IV : Résultats & discussion

récoltés exclusivement dans l’oued Rhumel, ainsi que Laccobius gracilis et Anacaena ont été
récoltés dans le Kébir. Le genre Coelostoma est rare dans nos prélèvements, il compte seulement un
individu.

 La famille des Gyrinidae est représentée par deux espèces : Aulonogyrus striatus et Gyrinus
dejeani, très peu abondantes et très peu fréquentes. Les adultes sont des nageurs rapides sur la
surface de l’eau, parmi les herbes de la berge partiellement immergées, aux endroits calmes ou à
très faible courant et peu profonds. Ils sont généralement actifs pendant la journée et se trouvent en
petits ou grands groupes jusqu'à ce qu'ils soient dérangés. Dans la station R5, ils furent capturés
dans des habitats à l’abri du courant, à une profondeur supérieure à 60 cm. Les adultes des
Gyrinidae sont des prédateurs d’insectes qui sont tombés ou se sont retrouvés piégés dans le film de
la surface de l'eau.

 Les Dryopidae sont représentés avec un seul genre : Dryops. Il est récolté dans la majorité des
stations avec de faibles effectifs. Les espèces appartenant au genre Dryops occupent de préférence
les fonds de graviers ou de galets, et éventuellement se trouve accrochées aux plantes aquatiques
parmi les racinessur les berges, où ils se nourrissent de matières végétales en décomposition
(Bameul & Secq, 1987 ; Rico & García-Avilés, 1998).

 La famille des Hydraenidae préfèrent les habitats à courant rapide (rhéophile), habituellement
trouvés dans les milieux à faciès lotique. Elle peuple une grande variété d’habitats, y compris des
eaux froides et des eaux chaudes de basse altitude et de plaines. La plupart des Hydraenidae sont
phytophages, mais quelques espèces saprophages et prédatrices sont connues. Dans notre travail,
cette famille est très peu abondante, représentée par deux genres : Hydraena et Ochthebius. Les
Hydraena sont eurythermes et à large valence écologique. Par contre, la répartition des Ochthebius
semble se limiter aux biotopes chauds de basses altitudes et de plaine (Lounaci & Vinçon, 2005).

 Les Dytiscidae constituent l’un des groupes de Coléoptère le plus importants dans les
écosystèmes benthiques. Ils sont hydrocarabiques d'eaux calmes vivent dans des mares ou des
milieux peu profondes, à courant peu faible, coulant sur des fonds meubles (sable, limons, matières
organiques) et riches en végétation aquatique (macrophytes, algues). Les dytiques, que ce soit sous
leur forme larvaire ou imaginale, sont des prédateurs redoutables qui chassent et capturent différents
types de proies telles que des insectes, des têtards, ainsi que des grenouilles et poissons de petite
taille. Dans de nombreux cas, ces Coléoptères peuvent être de bons indicateurs de la qualité de l'eau
et devraient être plus généralement utilisés à cet effet (Brancucci, 1980).
Dans l’oued Kébir-Rhumel, avec une faible abondance, la famille des Dytiscidae représente la
troisième famille la plus diversifiée (6 taxons) parmi l’ordre des Coléoptères. Le genre Laccophilus

79
Chapitre IV : Résultats & discussion

est assez abondant et assez fréquent parmi les Dytiscidae recensés. Il est représenté principalement
par les espèces Laccophilus hyalinus et Laccophilus minutus, dont cette dernière est récoltée en de
rare exemplaire seulement dans la station affluent IR. Laccophilus habite de nombreux types d'eaux
lotiques et lentiques, dans des eaux assez peu profondes avec une végétation clairsemée sur fond
sablo-argileux (Biström et al., 2015). Selon nos observations, les Agabus sont sédentaires et leur
répartition exclusivement limitée aux fosses à fond vaseux-sableux caractérisé par une mince
couche de matières organiques fortement décomposées.

 La famille des Haliplidae est représentée par deux espèces : Haliplus lineaticollis et Peltodytes
rotundatus, récoltées respectivement dans l’oued Rhumel et en aval du Kébir. Selon Haouchine
(2011), ces deux genres ont été collectés dans des zones de plaines et de basses altitudes, dans des
habitats lentiques, qui présente une végétation aquatique dense et un faible courant s'écoulant sur un
substrat fin tel que du sable, du limon ou de la vase.

7-1-5. Trichoptères
Les Trichoptères sont des organismes benthiques, dont la grande majorité peuple les
milieux dulcicoles. Ils font partie des ordres d'insectes holométaboles pour lesquels les œufs, les
larves et les pupes sont particulièrement abondants et diversifiés en eau douce, tandis que les
adultes sont généralement aériens et terrestres. Les Trichoptères vivent aussi bien dans les eaux
courantes que dans les systèmes stagnants. Ces organismes ont tendance à se développer de manière
privilégiée le long de la zone littorale des lacs, où ils peuvent bénéficier d'une grande variété
d'habitats grâce à la richesse et à l'importance de la végétation environnante ainsi qu'à la diversité
du substratum. Par contre, les zones sublittorales et profondes n'hébergent qu'un nombre réduit
d’espèces. Les Trichoptères occupent une grande variété d'habitats, ils ont des préférences
trophiques diverses et sont très sensibles aux changements environnementaux.
Dans la présente étude, les larves des Trichoptères ont été représentées par une moyenne de 1119.7
individus repartis en 5 familles, 6 genres et 6 espèces d’inégale abondance (Tab. 21). En général, les
Trichoptères sont peu abondants et peu diversifiés dans l’oued Rhumel que dans le Kébir. La station
de l’affluent Tara (TA) est la mieux représentée avec 239.7 individus et 7 taxons (Fig. 34). La
coexistence de plusieurs espèces de Trichoptères dans cette station est facilitée par la partition du
microhabitat, où la taille et le type de substrat sont importants pour moduler la microdistribution des
espèces.

 La famille des Hyropsychidae représente, à l’échelle de l’oued Kébir-Rhumel, la quasi-totalité


des Trichoptères récoltés par 93% de l’effectif total. Les larves d'Hydropsyche sont généralement
rhéophiles, construisent leurs filets dans les interstices des substrats pierreux ou entre les tiges de

80
Chapitre IV : Résultats & discussion

bryophytes dans des eaux à fort courant (Tachet et al., 2010). Les populations d'Hydropsychidae ont
une prolifération favorisée par les milieux qui contiennent des matières organiques particulières ou
des sels d'azote et de phosphore, que ce soit de manière directe ou indirecte (Verneaux & Faessel,
1976). Les larves d'Hydropsychidae, parfois carnassières (Siltala, 1907), peuvent être globalement
qualifiées d'omnivores à affinité détritivore et suspensivore (Faessel, 1985).
Cette famille est représentée par 2 genres : Hydropsyche et Cheumatopsyche, dont le premier est
représenté par deux espèces dominant l’ordre des Trichoptère : Hydropsyche lobata et Hydropsyche
maroccana (Tab.21). Les larves du genre Hydropsyche constituent un élément fréquent, souvent
abondant dans les écosystèmes d’eau courante. Les Hydropsyche lobata sont répandus dans toute la
zone d'étude avec un effectifs relativement élevés au-dessous du barrage, notamment dans l’affluent
TA. Par contre, les Hydropsyche maroccana sont bien représentés dans les stations aval de Kébir et
absentes dans la majorité des stations de Rhumel. En termes d’abondance, une compétition entre
ces deux espèces, peut être distinguée dans les différentes stations. Cela peut être dû à la
compétition entre deux espèces qui peut être influencée par des exigences écologiques spécifiques
qui peuvent favoriser l'une des espèces par rapport à l'autre.

Figure 34 : Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique


Des Trichoptères récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

81
Chapitre IV : Résultats & discussion

Tableau 21 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Trichoptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Hydropsyche H. lobata 2.7 6 23.3 8.7 16 36.3 42.3 34.7 82 141.3 48.7 97.7 16.3 4 22 31
Hydropsychidae H. maroccana - - - - - 23.3 3 - 23.3 37 7.7 35 74 21 68 129.3
Cheumatopsyche C. lepida - - 3.7 0.7 - - - - - 13.3 5 8.3 - - - -
pararhyacophila - - - - - - - - 1 7.3 - - - 3 - 0.3
Rhyacophilidae
Rhyacophila R. munda - - - - - - - - 0.3 5.7 1.3 1.7 - - - -
Philopotamidae Chimarra C. marginata - - - - - - - - - 34 - 1 - - - -
Psychomyiidae Psychomyia P. pusilla - - - - - - - - - 1 0.7 2.3 - - - -
Leptoceridae - - - - - - - - - - - - - 1 - -
Total 2.7 6 27 9.3 16 59.7 45.3 34.7 106.7 239.7 63.3 146 90.3 29 90 160.7

 La famille des Rhyacophilidae est très peu abondante, très peu fréquente, représentée par
l’espèce Rhyacophila munda (genre Rhyacophila) et le genre pararhyacophila. Dans les rivières
méditerranéennes, les Rhyacophilidae constituent avec les Hydropsychidae des bons indicateurs de
l’état de santé des eaux courantes (Edington & Hildrew, 1995). Dans notre cas, les deux espèces de
Rhyacophila ont montrés des préférences pour des eaux froides et des substrats grossiers au lieu du
substrat sableux et caillouteux.

 La famille des Philopotamidae est représentée par une seule espèce Chimarra marginata, La
famille des Philopotamidae est représentée par une seule espèce Chimarra marginata, dont sa
présence est presque exclusivement à la station de l’affluent Tara (TA). L’espèce montre une nette
préférence pour habitats à substrat pierreux ou rocheux, des eaux constamment fraiches ou froides
et l’écoulement de l’eau est vif.

7-1-6. Odonates
Les Odonates ne sont pas seulement des bioindicateurs de milieu aquatique mais aussi un
indicateur de sa richesse en faune benthique (Aguesse, 1968). Ils sont capables de refléter la
dégradation de l'habitat en raison de leur sensibilité aux changements dans la structure de l'habitat
(Clausnitzer, 2003). Ceci est largement basé sur leur niveau de tolérance, car certains ne peuvent
pas tolérer une pollution légère ; certains ont une tolérance modérée à la pollution, tandis que
d'autres peuvent prospérer même dans un environnement fortement pollué (Adu et al., 2016). La
diversité de leur population dépend de leur régime thermique ainsi que de l'influence de l'ombrage,
qui peut agir comme des facteurs limitants. Selon Moubayed (1986), La densité et la diversité des
Odonates sont sous l’action combinée du couvert végétal, de la force du courant et de la nature du
substrat. Certaines espèces préfèrent les zones de bordure riches en macrophytes, un courant lent et
un substrat meuble, tandis que d'autres se trouvent dans des habitats avec une végétation dense, un
courant modéré et un substrat grossier.

82
Chapitre IV : Résultats & discussion

A l’échelle de l’oued Kébir-Rhumel, les Odonates sont répandu dans les différentes
stations avec de très faibles effectifs moyennes. Nous avons recensés seulement une moyenne de
127.3 individus représentés par 15 taxons (entre genres et espèces), avec 13 espèces appartiennent à
5 familles (Tab. 22). En termes de richesse, l’oued Kébir est mieux représenté surtout au niveau des
stations aval, tandis que dans le Rhumel, les deux stations SM et R5 ont été les mieux diversifiées
avec respectivement 6 et 5 taxons (Fig. 35). En termes d’abondance, les familles des Gomphidae et
des Libellulidae représentent respectivement 44% et 29% de l’effectif moyen total des Odonates
récoltés. Les familles des Aeshnidae, Coenagrionidae et des Platycnemididae sont faiblement
représentées avec deux ou une seule espèce.

 La famille des Gomphidae a été récoltée seulement dans le l’oued Kébir. C’est une composante
importante du biote des eaux courantes, son abondance et sa diversité sont considérés comme un
indicateur fiable d'un système fluvial sain (Ferreras-Romero et al., 2009). D’après Leipelt &
Suhling (2001), le substrat est un facteur écologique important dans la distribution des larves des
Gomphidae. Au niveau spécifique, les Gumphus lucasii et Onychogomphus. f. unguiculatus sont les
mieux représentés et leur répartition montre une certaine forme de coexistence, peut-être due au fait
qu'ils partagent les mêmes habitats.

Figure 35 : Variations stationnelles d’effectifs moyennes et de la richesse taxonomique


Des Odonates récoltés dans l’oued Rhumel et Kébir (Période 2016-2018)

L’espèce Paragomphus genei est, selon Bernal (2017), caractéristique aux rives des substrats
sableux dans une large gamme de milieux, tant lentiques que lotiques, bien que tous bénéficient
d'une bonne exposition au soleil et de rivages clairs. Cela est en accord avec nos observations dans
la station R4.

83
Chapitre IV : Résultats & discussion

 La famille des Aeshnidae est faiblement représentée par deux espèces ; Aeshna mixta et Boyeria
irene, récoltées seulement dans le Kébir. L’espèce Boyeria irene montre une préférence pour les
habitats à fond pierreux et des eaux fraiches à froides. Aeshna mixta, pendant sa période de
reproduction peut également être associée dans des forêts denses et ombragées (Samraoui et al.,
1998).

 La famille des Libellulidae est représentée dans la majorité des stations à distribution fragmentée
et avec de très faibles effectifs. En général, les espèces Orthetrum chrysostigma, Brachythomi
impartita et Sympetrum fonscolombii sont largement répartis le long de l’oued, montrent une
certaine tolérance à la présence de substances organiques. Ainsi que Orthetrum nitidinerve et
Sympetrum striolatum ont été récoltés seulement en amont du Rhumel et semblent être des espèces
associées aux hauts plateaux semi-arides.

 La famille des Coenagrionidae est représentée principalement par le genre Coenagrion. Ce


dernier est caractéristique des milieux lotiques, aux eaux relativement oxygénées et à minéralisation
variable. Il se rencontre également dans les secteurs calmes parmi les hydrophytes, les tiges ou les
racines des hélophytes et autres plantes riveraines.

Tableau 22 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Odonates


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Gomphus G. lucasii - - - - - - - - 3.7 4 2.7 8 1 4.7 1.7 3
Paragomphus P. genei - - - - - - - - - 1.3 - - 4.7 - - 2
Onychogomphus O. f.
Gomphidae - - - - - - - - 3.7 2.7 0.7 3.7 0.3 2.3 - 1.3
unguiculatus
O. costae - - - - - - - - - 0.7 - 2.3 - - - -
Ophiogomphus - - - - - - - - - - - - - 1.7 0.3 -
Boyeria B. irene - - - - - - - - - 5.7 - - - 1.7 - -
Aeshnidae
Aeshna A. mixta - - - - - - - - - - - - - 0.7 - 1.7
Coenagrion Coenagrion sp. - - 3.3 1.3 - 4.7 3 - 1 - - 2.3 1.7 0.3 0.3 -
Coenagrionidae
Erythromma E. lindenii - - - - - 0.7 - - - - - - - - - -
Orthetrum O. chrysostigma 1.7 - - - - 3.3 0.7 - 2.3 - - 1 1.7 - 0.7 1
O. nitidinerve 1.7 - 1 1 - - - - - - - - - - - -
Libellulidae Brachythomis B. impartita - - - - - 3.3 2 0.7 1.7 - 0.7 0.7 1.7 - 3 -
Sympetrum S. fonscolombii 2.3 - - - - 0.3 0.7 - - - 0.3 1 - - 1 1
S. striolatum - - - 0.7 - - - - - - - - - - - -
Platycnemididae Platycnemis P. subdilatata - - 0.7 1 - 0.3 0.7 - 0.3 - - - 1.3 - 0.7 1.3
Total 5.7 0 5 4 0 12.7 7 0.7 12.7 14.3 4.3 19 12.3 11.3 7.7 11.3

 La famille des Platycnemididae est représentée par Platycnemis subdilatata, la seule espèce
endémique d’Afrique du Nord, existante en Tunisie, Algérie et Maroc. Dans notre étude, cette
espèce est très faiblement représentée, à distribution fragmentée le long de l’oued.

84
Chapitre IV : Résultats & discussion

7-1-7. Hétéroptères
Les taxons de cet ordre sont des insectes d’eau stagnantes, occupent les mares, les
marécages, les étangs et les rivières (Poisson, 1957). Chaque espèce a ses propres exigences
écologiques. La composition du substrat (qui peut être de la vase, du sable, des cailloux ou de la
végétation) est un facteur crucial dans les eaux courantes, ainsi que dans la biologie et l'écologie des
Hétéroptères, qui se protègent du courant en vivant dans des habitats aquatiques stagnants. Les
Hétéroptères vivent à la surface de l’eau, en pleine eau et dans le fond. Ceux de fond qui marchent
dans la vase sont soit absents, soit très peu nombreux dans les stations à fond caillouteux ou
rocheux. Ce qui met en évidence l’impact de la nature de fond sur la répartition. Généralement, les
Hétéroptères se nourrissent de petits invertébrés aquatiques en tant que prédateurs, bien que
certaines espèces soient des détritivores, des phytophages ou des charognards (Dethier, 1986).
La répartition des Hétéroptères dans l’oued Kébir-Rhumel révèle l’existence de ces invertébrés dans
toutes les stations avec des proportions variables. Cet ordre est très abondant dans l’oued Rhumel
que dans le Kébir, dont les deux stations de l’affluent Smendou (SM) et R4 sont les plus abondantes
(Tab. 23).

 La famille des Corixidae est la plus abondante et la plus fréquente, dont le genre Micronecta
représente la quasi-totalité des Hétéroptères avec une moyenne de 1024.3 individus représentant
90% du total des spécimens prélevés. Les autres espèces des Corixidae : Corixa punctata, Corixa
affinis et Paracorixa concinna sont généralement recensées seulement dans le Rhumel avec des très
faibles effectifs.

Tableau 23 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Hétéroptères


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Micronecta 41.7 - 31.7 50 56 283.3 39.3 38.3 48.7 - - 36 273.3 30 6.7 89.3
Corixa C. punctata - - - 0.3 1.7 2 - 0.3 1 - - - 4 - - -
Corixidae
C. affinis 2.7 - 1.3 - - - - - - - - - - - - -
Paracorixa P. concinna 0.3 - - 1.7 1 1.3 3.3 1.7 - - - - - - - -
Veliidae Microvelia 4 - - 2.3 - 4 - - - - - - 0.3 - - 1.3
Nepidae Nepa - - 1.3 - 0.3 1 0.3 0.3 0.7 0.7 - 1.3 0.3 0.3 - 0.3
Gerridae Gerris G. lacustris 3.7 - 0.7 1 3 6 1 4.3 4.7 - - 4 8.3 2.3 2.7 4.7
Naucoris N. maculatus - - - - - 3.3 - - 3.7 - - 2 5 - 2 3.3
Naucoridae
N. cimicoides - - - - - - - - 1 - - 0.7 1.3 - - -
Notonecta N. obliqua - - 1.3 - - 0.3 4 - - - - - - - - -
Notonectidae
Anisops Anisops sp. - - 2.7 1.3 - 0.3 1.7 - - - - - - - - -
Total 52.3 0 39 56.7 62 301.7 49.7 45 59.7 0.7 0 44 292.7 32.7 11.3 99

 La famille des Gerridae est répandue dans toute la zone d'étude, elle est représentée par une seule
espèce ; Gerris lacustris. L'une des principales raisons de sa large distribution est probablement sa
modestie concernant ses préférences d'habitat. Les Gerris lacustris se rencontrent sur des eaux

85
Chapitre IV : Résultats & discussion

calmes et en bordure des cours d’eau très lentes sous les arbres, souvent dans des habitats
ombragés. De préférence, ses habitats sont couverts de végétation pour se cacher, se reposer et
pondre, au moins dans la zone littorale (Vepsäläinen, 1973). En effet, ce genre de surface est
difficile à capturer à cause de leur mobilité et leur rapidité. D’après Guthrie (1989), Gerris lacustris
est l’espèce des Gerridae la plus tolérante à la pollution.

 La famille des Notonectidae est représentée par deux taxons Notonecta obliqua et Anisops. Ils
sont récoltés seulement dans l’oued Rhumel avec de très faibles effectifs. Les Notonectidae sont
principalement associés aux berges avec des peuplements de macrophytes. En raison de leur
préférence pour la végétation et de leur faible affinité pour la surface, les Notonectidae se
débrouillent mieux dans un environnement complexe où éviter la surface et avoir suffisamment de
végétation (Giller & McNeill, 1981). Les facteurs importants qui influent sur la répartition de cette
famille sont la taille de l'habitat, la quantité d'ombre, la profondeur, le type de substrat, la
température de l'eau, les caractéristiques des macrophytes, la présence de prédateurs et la diversité
des proies (Schilling et al., 2009).

 La famille des Naucoridae est faiblement représentée par deux espèces : Naucoris cimicoides et
Naucoris maculatus. Selon nos observations, ces espèces généralement trouvés associées à des
substrats vaseux-sableux caractérisé par une mince couche de matières organiques fortement
décomposées, sur les bords ou dans la végétation émergente des eaux calmes ou stagnantes peu
profondes.

 La famille des Nepidae récoltée dans l’oued Kébir-Rhumel, est représentée par un seul genre :
Nepa. Ce genre est récolté dans la majorité des stations avec un ou deux individus. Ces prédateurs
carnivores, on les trouve dans des eaux calmes, comme les étangs ou les cours d’eau à faible
courant, avec des fonds boueux ou riche en végétation submergée, qui sont facilement camouflés,
mais si tout à coup l'étang se tarir où deviennent des proies rares, n’hésites pas pour voler à la
recherche d'une autre résidence.

7-2. Composition taxonomique des ordres des Gastéropodes


Les Gastéropodes sont souvent très présents dans les écosystèmes aquatiques tels que les
lacs et les rivières, et peuvent constituer une part importante de la biomasse de la faune benthique,
atteignant parfois plus de 80%. De nombreuses espèces sont capables de résister à un assèchement
temporaire de leur milieu. Les Gastéropodes occupent par ailleurs des milieux très variés, et leur
sensibilité aux paramètres physico-chimiques des eaux et à la structure de l’habitat, les rends l'un de
bons indicateurs de l’évolution des milieux. En règle générale, la plupart des mollusques aquatiques
ont tendance à modifié la qualité de l'eau et des sédiments en retenant des éléments polluants et en

86
Chapitre IV : Résultats & discussion

produisant des fèces riches en matière organique de façon continue. Le régime de ces organismes
aquatiques est microphage, ils sont phytophages et détritivores, et plus rarement omnivores (Adam,
1960 ; Ellis, 1978 ; Falkneret al., 2002).

 Au cours de notre travail, la classe des Mollusques a été représentée principalement par l’ordre
des Basomatophora, qui compte la quasi-totalité de l’effectif avec une moyenne de 556.3 individus,
soit 98% des Gastéropodes récoltés. Les deux espèces : Physa acuta (Physidae) et Lithoglyphus
naticoides (Hydrobiidae) sont les plus abondantes et les plus fréquentes (Tab. 24)
Les Physa acuta sont répandus dans toute la zone d'étude avec une abondance relativement élevée
dans l’oued Rhumel. Il semble que cette espèce a un large spectre écologique. On la trouve en
abondance sur les berges dans des eaux calmes ou lentes, sur les mauvaises herbes aquatiques, le
bois et les galets immergés. Autant dire que l’espèce peut être observée dans tous les types de
milieux et notamment ceux influencés par les rejets industriels ou dégradés par une eutrophisation.
Cette espèce d'eau douce se nourrit d'algues vertes et de détritus (Kerney, 1999 ; Ponder et al.,
2022).

La répartition des Lithoglyphus naticoides est restreinte, presque exclusivement, aux stations des
hauts plateaux, notamment à la station R1. Nous suggérons que cette espèce occupe de préférence
les habitats à faibles courants d'eau sur les cailloux ou à la surface des fonds sableux ou vaseux.

Tableau 24 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Gastéropodes


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Ordres Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Physa P. acuta 53.3 6.3 27.7 23 18.3 26.7 19 29 16.7 1.7 4.7 8.3 27.3 7.3 11.3 19.7
Physidae
Physella P. gyrina 4.3 - 8.3 0.7 - - - - - - - - 6.3 - 2.3 1
Basomatophora Ancylidae Ancylus A. fluviatilis - - 5.3 10.3 - 5 - - - 14 - - 2.3 6 0.7 1.7
Planorbidae Gyraulus - 0.7 - 4.7 - - - - - - - - - - - -
lithoglyphus L. naticoides 94.3 - 29.3 40.7 - 1.7 - 1.0 - - - - 8.3 - - 0.7
Hydrobiidae
Bythiospeum - - - 1 - - - - - - - - - - - -
Littorinimorpha Bithyniidae Bithynia Bithynia sp. - - 4.7 0.7 - - - - - - - - - - - -
Lymnaea Lymnaea sp - - 1.7 - - - - - - - - - - - - -
Lymnaeida Lymnaeidae
Radix [Link] 5 - - - - - - - - - - - - - - -
Total 157 7 77 81 18.3 33.3 19 30 16.7 15.7 4.7 8.3 44.3 13.3 14.3 23

7-3. Composition taxonomique des ordres des Oligochètes


Les Oligochètes fréquentent tous les types de biotopes, depuis les ruisseaux de sources
jusqu’au cours d’eau de plaine. Les Oligochètes jouent un rôle crucial dans les milieux aquatiques.
En particulier, les Oligochètes limicoles fouisseurs ont une influence significative sur les sédiments
et sont souvent comparés aux vers de terre dans les sols émergés en termes de leur rôle dans
l'évolution des fonds aquatiques. (Avel, 1959). Les Oligochètes dulçaquicoles, en grande majorité,

87
Chapitre IV : Résultats & discussion

sont des animaux qui se nourrissent de débris organiques et qui ont tendance à s'enfouir dans les
sédiments. Leur présence est souvent utilisée pour identifier les pollutions et mesurer leur impact
sur l'environnement (Rodríguez & Reynoldson, 2011).

 La famille des Tubificidae est l’une des familles les plus abondantes récoltées dans l’oued
Rhumel-Kébir. Elle est représentée par un seul genre : Tubifex, qui constitue 82% des Oligochètes
recensés. Il est très abondant et très fréquent dans les stations de Rhumel (Tab. 25). Les Tubifex
présentent une plus grande tolérance aux températures élevées et aux milieux saumâtres, ainsi
qu’une résistance élevée au manque d’oxygène. Plusieurs espèces de ce groupe sont eurythermes, et
certaines sont particulièrement résistantes à la pollution organique (Martin & Ait Boughrous, 2012).

 La famille des Naididae est bien représentée dans les stations aval et au-dessus du barrage. La
majorité des espèces de cette famille possèdent une grande capacité d'adaptation écologique ainsi
qu'une forte résistance aux conditions de faible oxygène, aux températures élevées et/ou à la
pollution organique (Martin & Ait Boughrous, 2012).

Tableau 25 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Oligochètes


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Ordres Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Clitellata Tubificidae Tubifex 186.7 270 200 56.7 136.7 6.7 116.7 191.7 - - - - 30 6.7 50 48.3
Haplotaxida Naididae - - - - 26.7 69.7 13.3 40 7.7 - - 3.3 18 50 7 23.3
Lumbriculida Lumbriculidae - 0.7 0.3 1.7 0.7 - 1.7 - - - - 0.7 - 0.3 1.3
Crassiclitellata Lumbricidae Eiseniella E. tetraedra 1.7 0.3 2.3 2 - - - - - - - - - - - -
Total 191.3 270.3 203 59 165 77 130 233.3 7.7 0 0 3.3 48.7 56.7 57.3 73

7-4. Composition taxonomique des ordres des Hirudinées


Les Hirudinea d'eau douce, ou les sangsues, est l'un des groupes écologiques les plus
importants des écosystèmes aquatiques. Ils sont présents dans les eaux lentiques et lotiques, sur des
substrats vaseux, limoneux, ou rocheux. Ils présentent un intérêt scientifique en tant que maillon
important de la chaîne alimentaire des écosystèmes aquatiques, ainsi que des bio-indicateurs de la
pollution de l'eau (Koperski, 2005 ; Romanova & Klimina, 2010). Les Hirudinea se nourrissent de
chironomes, d'oligochètes, d'amphipodes et de mollusques.
Dans cette étude, la classe des Hirudinées a été recensée à des faibles effectifs seulement dans
l’oued Rhumel. Elle est représentée par deux familles et quatre espèces, dont Dina lineata et
Helobdella stagnalis sont les plus abondantes et les plus fréquentes (Tab. 26).

88
Chapitre IV : Résultats & discussion

Tableau 26 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Hirudinées


récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).

Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir


Ordres Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Dina D. lineata 2.3 7 31 15.3 12.7 15.3 25 36.7 - - - - - - - -
Gnathobdellida Erpobdillidae
Erpobdella E. octoculata - - 0.3 - 1 0.7 - 0.3 - - - - - - - -
Helobdella H. stagnalis 29 4.3 21.3 13 1.7 2 0.7 7 - - - - 1 - - -
Rhynchobdellida Glossiphoniidae
Placobdella P. costata 1.3 - 0.7 - 1 - - - - - - - - - - -
Total 32.7 11.3 53.3 28.3 16.3 18 25.7 44 0 0 0 0 1 0 0 0

 La famille des Erpopdillidae est représentée principalement par l’espèce Dina lineata. Cette
dernière était souvent trouver soit au chenal à un fort écoulement, accrochée à des roches, soit sur
les berges dans des habitats à courant lent, attachée à des pierres, des bûches ou des plantes
submergées. Selon nos observations dans la station R6, les Dina lineata occupent de préférence les
fonds à dépôt organique fin à la base des algues, ou à galets immergés posés dans la vase, et
éventuellement se trouve associées avec des Chironomidés et des Gastéropodes.

 La famille des Glossiphoniidae est représentée par Helobdella stagnalis. Cette espèce a été
récoltée en abondance dans les stations de l’amont, qui se caractérisent généralement par un substrat
sablonneux- caillouteux. Ils se nourrissent principalement d'Oligochètes (Tubifex sp.), de larves
d'Insectes (Chironomus sp.) et des Gastéropodes (Lymnaea sp.) (Young et al., 1993).

7-5. Composition taxonomique des autres classes

 La classe des Turbellaria a été représentée par deux familles et deux espèces Dugesia
gonocephala et Planaria felina. Les Dugesia gonocephala ont été récoltées dans la majorité des
stations avec de très faibles effectifs. Cette espèce pourrait être considérée eurytherme et rhéophile
(Pattee, 1970). Elle est présente dans tous les types de cours d'eau propres et non pollués, souvent
sous les pierres dans les eaux peu profondes sur les rivages pierreux abrités, en raison de leur
sensibilité photonégative (Reynoldson & Young, 2000).

La classe des Crustacés est dominée par les ordres des Ostracoda et des Decapoda. Les
Ostracodes sont tous récoltés dans la station R1, durant le printemps et l’été. On les trouve dans les
sédiments aux endroits calmes, peu profonds et éclairés, parmi les algues vertes qui constituent leur
nourriture principale.
L’ordre des Décapodes a été représenté par l’espèce Atyaephyra desmarestii ou crevette d'eau
douce. Elle fut capturée généralement dans des habitats sur les berges dont les eaux à écoulement
lent ou stagnant et à fond meuble (limons, sables, détritus végétaux) riche en végétations
aquatiques, parmi les racines des plantes émergentes. Selon Meurisse-Génin et al. (1985),

89
Chapitre IV : Résultats & discussion

Atyephyra desmaresti est un organisme principalement détritivore qui se nourrit en grattant les
algues vertes filamenteuses qui se trouvent sur les pierres de la rivière.

Tableau 27 : Variations stationnelles des abondances moyennes et de structure des Turbellariés,


Bivalves, Arachnides et des Crustacés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel (Période 2016-2018).
Rangs taxonomiques Oued Rhumel Oued Kébir
Classes Ordres Familles Genres Espèces R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
D.
Dugesiidae Dugesia 1.3 1 4.7 3.3 4.3 3.7 1 3.3 7.3 5 7.7 5.7 5 7.7 1.7 6
Turbellaria Tricladida gonocephala
Planariidae Planaria P. felina - - - - - 3 - - 1 3 2 2.7 - 2 - -
Bivalvia Unionoida Unionidae Anodonta - - - - - 1.7 - - - - - - 2 - - -
Arachnida Hydracarina Unionicolidae Unionicola - - 26.7 5 - 23.3 - - 40 31.3 5.7 50 - - - -
Decapoda Atyidae Atyaephyra A. desmarestii - - - - - 32.7 4.7 - 13.7 - 0.7 9 57.3 19.3 5.3 23.7
Crustacea Ostracoda 143.3 - - - - - - - - - - - - - - -
Amphipoda Gammaridae Gammarus - - - - - - - - 0.3 4 - 1 - - - -

8. Variations spatio-temporelles des indices de Shannon et d’équitabilité


L’analyse des variations des indices de Shannon et de Pielou (Equitabilité) montre des
valeurs d’indices relativement élevés dans l’oued Kébir que dans le Rhumel, pendant trois saisons
(Fig. 36).
Ainsi que, les valeurs médianes de ces deux indices ne diffèrent pas significativement d’une saison
à l’autre (test ANOVA, p > 0,05). Par contre, ces valeurs varient significativement entre les stations
(test ANOVA, p < 0.05).
En générale, les stations de Kébir sont relativement équilibrées, dont les indices de Shannon et
d’équitabilité varient respectivement de 1.96 à 2.92 bit, et de 0.57 à 0.78. Durant l’étude, la station
de l’affluent Tara (TA) apparait la plus équilibrée et la plus diversifiée avec une valeur de l’indice
de Shannon atteint 2.92 bit, en été.
Dans le Rhumel, les indices de Shannon et d’équitabilité varient respectivement de 0.83 à 2.5 bit, et
0.47 et 0.77. La station de l’affluent Smendou (SM) a été généralement la plus diversifiée et la plus
équilibrée notamment au printemps et en été. D’autre part, on note une baisse importante des
indices à la station de l’affluent Seguen (SE), durant l’étude. Ce déséquilibre s’explique par une
dominance importante de certaines espèces (Chironomidae, Tubifex, Baetis pavidus, Simulium (W.)
pseudequinum) dans un peuplement très faiblement diversifié.
A l’échelle de Kébir-Rhume, ces valeurs relativement faibles des indices suggèrent une
prédominance d’un certain nombre d’espèces par rapport aux autres ce qui aboutit à un peuplement
relativement déséquilibré.
En effet, les indices de Shannon et de Pielou restent dépendants du type d’habitat et de la taille des
échantillons. Ces valeurs sont relativement faibles dans certains types d’écosystèmes aquatiques
(estuaires, lagunes, deltas), même lorsqu’ils ne sont pas perturbés.

90
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 36 : Variations spatio-temporelles de l’indice de Shannon et d’équitabilité (2016-2018).

9. Traitements statistiques
Pour décrire la structure du peuplement étudié au niveau de l’oued Kébir-Rhumel, nous
avons procédé à une Analyse Factorielle des Correspondances (AFC). Cette dernière permet
d’obtenir une image représentative et descriptive de l’ensemble des différences, des similitudes et
des relations entre la faune récoltés et les sites étudier. Notre analyse AFC a été effectuée sur une
matrice des données de base constituée de 16 stations et 19 taxons les mieux représentés. Elle a
donné deux axes expliquent 62.32 % de l’inertie totale, dont l’axe 1 représente 38.46 et 23.92%
pour l’axe 2 (Fig. 37). D’après le diagramme de l’analyse AFC, quatre groupes peuvent être
clairement distingués. Un premier groupe s’écarte sur le côté négatif de l’axe 1 et évoque des taxons
peuplant la majorité des stations de l’oued Rhumel. Ces dernières abritent des taxons dits polluo-
résistants, adaptés au facteur limitant pollution (domestique et industriel), notamment les
Chironomidae et les Tubifex. A l’opposé sur le côté positif, se concentrent tous les taxons restants
formant trois groupes, dont le plus grand concordant avec les six stations de Kébir. Un deuxième

91
Chapitre IV : Résultats & discussion

groupe est composé d’une station de Kébir (K4) et une station de Rhumel (SM) associées
principalement avec les Micronecta et les Atyaephyra desmarestii. Ces derniers taxons montrent
une préférence pour les fonds meubles et une végétation aquatique émergente. La station de
l’affluent Tara (TA) de Kébir constitue un troisième groupe formé par des taxons qui montrent une
préférence pour les eaux froides ou fraiches, dans des biotopes à courant rapide à modéré et à
substrat grossier, parmi eux les Choroterpes atlas et les Ecdyonurus rothschildi.

En effet, les résultats obtenus par l’AFC peuvent être confirmés par une analyse de la classification
hiérarchique ascendante (ACH). Sur la base d’un tableau croisé d’abondance des principaux taxons
et des stations d’étude, l’analyse ACH montre clairement le regroupement mentionné
précédemment. Les analyses de la classification ascendante hiérarchique (CAH) montrent qu’à une
distance d’agrégation de 45 (distance euclidienne), deux grands groupes (I et III) et un singleton (II)
peuvent être identifiés (Fig.38). A une distance d’agrégation d’environ 30, le groupe (III) peut être
subdivisé en deux sous-groupes (a et b).

Figure 37 : Projection des stations et des principaux taxons récoltés sur le plan factoriel
F1 et F2 de l’AFC.

Tub : Tubifex, D. lin : Dina lineata, P. acu : Physa acuta, Chi : Chironomida, A. des : Atyaephyra desmarestii,
S .pse : Simulium pseudequinum, B. pav : Baetis pavidus, Nai : Naididae, Mic : Micronecta, C. luc : Caenis
luctuosa, H. mar : Hydropsyche maroccana, H. lob : Hydropsyche lobata, S. orn : Simulium ornatum,
Uni : Unionicola, Elm : Elmidae, C. atl : Choroterpes atlas, C. pus : Caenis pusilla, S. aur : simulium auteum,
E. rot : Ecdyonurus rothschildi.

92
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 38 : Dendrogramme (carte thermique) de la distribution des stations sur la base des effectifs
des principaux taxons récoltés (2016-2018)

Une analyse canonique des correspondances (ACC) a été ainsi réalisée pour établir une relation
entre les principaux taxons de macroinvertébrés récoltés dans l’oued Kébir-Rhumel, et les variables
environnementales relevées aux différentes stations. Elle a porté sur deux tableaux : un tableau
constituée de 19 groupes faunistiques récoltés dans les 16 stations, sur lequel ont été appliquée
l’AFC, et un tableau contenant les 11 variables environnementales mesurés dans les mêmes stations
sur lequel a été précédemment appliquée l’ACP.
La figure 39 représente les plans factoriels des axes ACC1 et ACC2 de l’analyse canonique des
correspondances. L'analyse de la carte factorielle montre que l'axe ACC1 est positivement corrélé à
la majorité des variables environnementales à l’exception de la vitesse d’écoulement et de
l’oxygène dissous. Cependant, la teneur en oxygène dissous est négativement corrélée à cet

93
Chapitre IV : Résultats & discussion

axe. L'axe ACC2 est relativement corrélé à la vitesse de l’eau dans le sens négative. En général, la
projection montre une distribution des taxons en fonction de leur sensibilité aux perturbations. Des
valeurs relativement élevées de la température, la conductivité et des nutriments (NO3-, NO2- et
PO43) montrent une nette corrélation aux abondances des Tubifex, Chironomidae, Dina lineata,
Physa acuta et les Simulium pseudequinum.
La vitesse de l’eau est en corrélation avec les Baetis pavidus. Au côté opposé, un groupe de taxon
est en corrélation avec les concentrations élevées en oxygène dissous. Il s'agit probablement des
taxons associés à des eaux bien oxygénées à écoulement rapide, ils sont sténothermes et polluo-
sensibles qui ne supportent pas des teneurs élevées en nutriments et en éléments minéraux. Ce
groupe est représenté essentiellement par les Simulium ornatum, simulium auteum, Hydropsyche
lobata, Elmidae, Choroterpes atlas, Caenis pusilla et les Ecdyonurus rothschildi.

Figure 39 : Analyse canonique des correspondances (ACC) des principaux taxons de


macroinvertébrés et des variables environnementales relevés dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018).

Vs : vitesse de l’eau, T : température, CE : conductivité électrique, OD : oxygène dissous,


Tub : Tubifex, D. lin : Dina lineata, P. acu : Physa acuta, Chi : Chironomida, A. des : Atyaephyra desmarestii,
S .pse : Simulium pseudequinum, B. pav : Baetis pavidus, Nai : Naididae, Mic : Micronecta, C. luc : Caenis
luctuosa, H. mar : Hydropsyche maroccana, H. lob : Hydropsyche lobata, S. orn : Simulium ornatum,
Uni : Unionicola, Elm : Elmidae, C. atl : Choroterpes atlas, C. pus : Caenis pusilla, S. aur : simulium auteum,
E. rot : Ecdyonurus rothschildi.

94
Chapitre IV : Résultats & discussion

10. Bioévaluation de la qualité des eaux de Kébir-Rhumel

10-1. Indice Ephéméroptère - Plécoptères - Trichoptères (EPT)


Dans l’ensemble des stations, les valeurs de l'indice EPT moyen varient entre 0 et 10,
enregistrées respectivement dans les stations des affluents Seguen (SE) et Tara (TA). Durant
l’étude, les valeurs de l’indice EPT moyen enregistrées dans l’oued Kébir est plus élevées que celles
enregistrées dans le Rhumel (Fig. 40, Annexe 4). Cette gamme de variation de l’indice EPT moyen
indique que la qualité écologique des eaux dans le Kébir est comprise entre « sévèrement altérée» et
« légèrement altérée», tandis que dans le Rhumel, la quasi-totalité des stations, sont qualifiées
comme « modérément altérées » à l’exception des deux stations SE, R1 et R4 qui ont été parfois
«sévèrement altérées ».
D’après Lenat (1993), les Ephéméroptères, les Plécoptères et les Trichoptères sont considérés
comme très sensibles à la pollution, et donc un pourcentage élevé de taxons EPT indique une bonne
qualité écologique. L'absence totale des Plécoptères confirme l'état perturbé de l'oued Rhumel.

Figure 40 : Variations spatio-temporelles de l’indice EPT moyen dans l’oued Kébir-Rhumel


(2016-2018).

10-2. Indice EPT/ (EPT + Chironomidae)


Les données relatives à l’indice EPT/(EPT+Chi) ont été représentées dans la figure 41 et
l’annexe 4. A partir de l’analyse des valeurs de l’indice, la station de l’affluent Seguen (SE), dont
les valeurs de l’indice sont inférieures à 25%, a des eaux « sévèrement altérées » durant la période
de l’étude. En automne, la station de l’affluent Smendou (SM) indique une valeur de 85.66% et la
qualité de l’eau a été « non altérée ». La diminution du rapport de densité EPT/ (EPT+Chi) suit la
grande multiplication des Chironomidae, reflétant les enrichissements latéraux en matière organique
de ce biotope (Menbohan et al., 2019).

95
Chapitre IV : Résultats & discussion

Figure 41 : Variations spatio-temporelles de l’indice EPT/(EPT+Chi) dans l’oued Kébir-Rhumel


(2016-2018).

Dans le Kébir, la qualité de l’eau des stations TA, IR et K6 a été « non altérée » durant le printemps
et l’été. De plus, la station K3 montre une qualité de l’eau « non altérée » pendant le printemps et
l’automne. Cependant, les autres stations du Kébir qui enregistrent des valeurs de l’indice oscillant
entre 50 et 75%, ont des eaux « légèrement altérées ».
Les valeurs de indice EPT/(EPT+Chi) et EPT ont corroborés les résultats de la classification
écologique des stations de Kébir-Rhumel. L’oued Rhumel présente des charges polluantes
relativement élevées car il reçoit des rejets d'activités humaines (domestiques et industrielles), ce
qui a favorisé le développement de certains groupes de macroinvertébrés tolérants à la pollution,
notamment les Chironomidae, et la réduction des groupes sensibles à la pollution tels que les EPT.

10-3. Indice biologique global normalisé (IBGN)


Les résultats spatio-temporelles obtenus à partir du calcul de l’IBGN moyen sont
mentionnés dans les cartes de l’état de la qualité de l’eau (Fig. 42) et dans l’annexe 4.
Dans le Rhumel, l’indice IBGN moyen indique globalement, un état de qualité de l’eau « très
mauvaise » au niveau des stations R1, SE, R4 et R6, à « moyenne » seulement au printemps dans
les stations R2 et SM. Cependant, la majorité des stations de Rhumel se caractérisent par un état de
qualité de l’eau « médiocre » avec des valeurs d’indice comprises entre 5 et 8. En générale, l’état
écologique médiocre au niveau de l’oued Rhumel pourrait s'expliquer par la prolifération des
organismes plus résistants, notamment les Chironomidae, les Tubificidae et les Physidae, traduisant
la présence d’une légère charge organique dans le milieu.
Les valeurs de l’IBGN moyen présentent une augmentation très nette au niveau des stations de
Kébir, et donc, la qualité écologique au total avait été acceptable. Pendant l’étude, les valeurs de cet
indice traduisent un bon état écologique dans les stations des affluents Tara (TA) et Irdjana (IR), et

96
Chapitre IV : Résultats & discussion

une moyenne à bonne qualité au niveau des stations K3, K5 et K6. Cette amélioration de l’état de la
qualité de l’eau observé dans le Kébir pourrait être s’expliqué par une augmentation de la diversité
de familles suivi par l’apparition en petit nombre du certains groupes polluo-sensibles tel que les
Plécoptères, les Ephéméroptères (Heptageniidae et Leptophlebiidae) et les Trichoptères
(Philopotamidae, Leptoceridae, Rhyacophilidae et Psychomyiidae).

Figure 42 : Cartographie de la qualité de l’eau de l’oued Kébir-Rhumel avec l’indice


IBGN (2016-2018).

97
Chapitre IV : Résultats & discussion

10-4. The Biological Monitoring Working Party- version ibérique (BMWP’)


L’indice BMWP’ ne prend pas en compte le nombre des individus récoltés ni la variabilité
taxonomique, il considère la sensibilité des familles des invertébrés à la pollution. Les résultats
spatio-temporelles obtenus à partir du calcul de l’indice BMWP’ moyen sont représentés dans les
cartes de l’état de la qualité de l’eau (Fig. 43) et dans l’annexe 4. Dans l’oued Rhumel, les valeurs
du score BMWP’ moyen étaient comprises entre 6 et 63 enregistrés respectivement au niveau des
stations des affluents SE (en été) et SM (au printemps). En termes de classes de qualité de l'eau,
l’état des stations restantes du Rhumel varient de « Douteuse » à « Critique » selon la saison.
D’après l’indice BMWP’ moyen, la majorité des stations de Kébir, à l’exception de K2, affichent
un état de qualité bon durant le printemps et l’automne, et une qualité moyenne dans la période
estivale. Cette qualification montre nettement l’effet des perturbations anthropiques plus en amont
sur l’oued Rhumel qui se manifeste par une qualité d'eau médiocre et mauvaise.

Figure 43 : Cartographie de la qualité de l’eau de l’oued Kébir-Rhumel avec l’indice


BMWP’ (2016-2018).

98
Chapitre IV : Résultats & discussion

10-5. Average Score Per Taxon (ASPT)


Le calcul de l’ASPT est réalisé dans l’objectif de compléter le BMWP’ afin d’obtenir une
meilleure image de l’état écologique des stations dans le Kébir-Rhumel.
Dans le Rhumel, l'indice biologique ASPTmoyen affiche une très mauvaise qualité de l’eau au
niveau des stations R1, SE, S2, R4 et R6 pendant presque tous les saisons. Dans les stations
restantes, l’indice comprise entre 3.9 et 4.43, indiquant un état de mauvaise qualité (Annexe 4).
Tandis que dans l’oued Kébir, l’indice ASPT moyen indique une bonne qualité d’eau dans
l’affluent Tara (TA), et une mauvaise qualité au niveau des confluences K2 et K4. L’état de qualité
dans les stations restantes varie de « moyenne » à « mauvaise » selon la saison.
Les valeurs de l’ASPT moyen confirment à nouveau l’état dégradé de l’oued Rhumel, signe des
effets néfastes des activités humaines sur les biocénoses aquatiques souvent dans les secteurs
amont.

99
Conclusion

La présente étude a permis d’étudier la composition spécifique et les variations spatio-


temporelles des communautés de macro-invertébrés aquatiques en relation avec les caractéristiques
environnementale des différentes stations d’un bassin versant tout au long de l’oued Kébir-Rhumel
et ses principaux affluents. Ensuite, d’évaluer la qualité biologique des eaux de ces stations à l’aide
des indices biologiques et écologiques obtenus à partir de la macrofaune benthique récoltées.

L’analyse des résultats relatifs aux paramètres environnementaux révèle qu’au niveau
saisonnier, la majorité des paramètres ont variés significativement entre le printemps, l’été et
l’automne. Par contre, ces paramètres présentent des variations spatiales relativement faibles au
niveau de chaque oued, avec une chute remarquable des valeurs moyennes de Calcium,
d’Ammonium, de Nitrites et de Phosphate dans l’oued Kébir par rapport à l’oued Rhumel. De plus,
il faut noter que les valeurs enregistrées au niveau des affluents sont souvent plus ou moins
différentes par rapport à celles relevées au niveau des stations du cours d’eau principal. D'après ce
qui précède, nous suggérons que l’oued Rhumel est relativement perturbé par des charges en
matière organique, en sels d'azote et de phosphore, résultants des activités agricoles et des rejets en
eaux domestique et industrielle. Ces charges de nutriments circulent et s'accumulent dans le barrage
de Beni-Haroune, et cela pourrait être la raison d’une diminution drastique de leurs concentrations
en aval du barrage le long de l'oued Kebir.

La composition spécifique des macro-invertébrés benthiques dans le Kébir-Rhumel est assez


bien diversifiée. Elle fait état de la présence de 130 taxons répartis entre 75 espèces, 102 genres et
70 familles. Les Insectes ont constitués le groupe taxonomique le plus abondant avec 83.25% (avec
44071 individus), et le plus diversifié (avec 108 taxons). D’autre part, l’oued Kébir est le mieux
diversifié avec 102 taxons contre 86 taxons enregistrés dans le Rhumel, dont le peuplement
benthique de ce dernier montre une certaine dominance des taxons polluo-résistants, tandis que les
taxons polluo-sensibles, notamment les Plécoptères, étaient exclusivement présents dans l’oued
Kébir. Dans l’ensemble des stations, la plus grande et la plus faible richesse taxonomique ont été
enregistrées respectivement au niveau des stations des affluent Irdjana (IR) et Seguan (SE). Dans le
Kébir, les stations des confluences (K2 et K5) sont les moins diversifiées avec une faible
abondance, cela peut être dû à une faible végétation de la ripisylve, des eaux profondes à
écoulement relativement rapide, et à la dominance de substrat sableux.

Les résultats des analyses des interrelations entre les principaux taxons récoltés, les facteurs
environnementaux mesurés et les stations d’échantillonnages ont permis de mettre en évidence
l’opposition entre les stations de Kébir et celles du Rhumel. De plus, la classification ascendante

100
Conclusion

hiérarchique (CAH) et l’analyse factorielle des correspondances (AFC) ont permis d’individualiser
quatre noyaux d’affinité visualisent les associations spatiales des stations, mais aussi des
espèces caractéristiques. En outre, l’analyse canonique des correspondances (ACC) réalisée entre
les paramètres environnementaux et les principaux taxons des macro-invertébrés benthiques montre
une forte corrélation entre les espèces polluo-résistantes et tous les autres variables
environnementaux, à l’exception de la température et de l’oxygène dissous. Ce dernier est fortement
associé avec des espèces relativement sensibles, caractéristiques à des cours d’eau fraiches ou
froids, à écoulement rapide, et aux substrats rocheux. En effet, un écoulement rapide du cours
d’eau favorise leur l’oxygénation.

L’évaluation de l’état écologique des eaux par les indices biologiques (IBGN, BMWP et
ASPT), met en évidence la dégradation de la qualité biologique le long de Rhumel avec une
aggravation de l’état vers les stations amont. Les stations de ce tronçon sont caractérisées par un lit
d’une faible largeur (2 – 3 mètres) et d’un substrat vaseux. Ainsi que cette partie du bassin connaît
une activité agricole importante et un large éventail d'unités industrielles, avec une très dense
agglomération, induisant la diminution de la diversité taxonomique et la prolifération des taxons
polluo-résistants tels que les Chironomidae et les Oligochètes. Tout cela peut expliquer l’état
dégradé et les faibles scores obtenus par les différents indices biotiques dans l’oued Rhumel.
En générale, les différents indices biologiques indiquent des états écologiques plus ou moins
similaires et/ou complémentaires selon la période d'étude. Ils varient parallèlement, d’une manière
ou d’une autre, selon la diversité des groupes faunistiques et selon la présence ou l’absence des
taxons polluo-sensibles. En analysant des recherches similaires dans l'évaluation de la qualité de
l'eau avec des indices biotiques, nous pouvons voir une certaine variation et déviation dans la
classification de la qualité de l'eau. Cela peut être lié aux méthodes de chaque indice basés sur la
présence d'espèces sensibles aux changements environnementaux, il est donc difficile de préciser
l’indice le plus fiable pour être appliqué dans l'évaluation de la qualité des cours d'eau dans un pays.

Dans ce travail, après une étude sur l’assemblage de la macrofaune benthique dans le Kébir-
Rhumel, nous suggérons que la répartition des macro-invertébrés est fortement influencée par les
facteurs environnementaux notamment les caractéristiques physico-chimique de l’eau, et par le type
de substrat. De plus, le barrage de Beni Haroun sépare deux milieux nettement différents sur les
plans morphodynamique et physico-chimique. Il semble également être un facteur important dans la
diminution substantielle du débit, de vitesse d’écoulement et des concentrations de nutriments le
long de Kébir. Par conséquent, on ne peut pas négliger le rôle du barrage en tant qu’une forte
barrière écologique affectant plus ou moins la structure des macro-invertébrés benthiques au-
dessous du barrage.

101
Conclusion

Cet ensemble de base de données initial représenterait certainement dans le futur un état de
référence pouvant tracer l’évolution générale de l’écosystème benthique du Kébir-Rhumel, en
mettant l'accent sur les ensembles de traits d'histoire de vie des macro-invertébrés benthiques en
raison de leur valeur pour expliquer les schémas de distribution observés dans la nature, quantifier
les relations trophiques et énergétiques, et pour analyser les facteurs structurants les assemblages de
macro-invertébrés dans ce bassin versant. Ce travail contribue à combler le manque de
connaissances actuel concernant les communautés de macro-invertébrés du bassin versant du Kébir-
Rhumel, et à élargir l'investigation des schémas de distribution spatiale et temporelle de ces taxons
identifiés au nord de l'Algérie.

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120
Annexe 1 : Valeurs de l’IBGN selon le groupe faunistique indicateur et la variété taxonomique des
macroinvertébrés benthiques
Annexe 2 : Score des familles des macroinvertébrés à l’indice BMWP’

classes familles scores


Ephéméroptère Sipholonuridae, Heptageniidae, Leptophlebiidae, Potamonthidae, Ephemeridae
Plécoptère Taeniopterygidae, Leuctiridae, Capniidae, Perlidae, Perlodidae, Chloroperlidae
Trichoptère Phryganeidae, Molannidae, Beraeidae, Odontoceridae, Goeridae,
10
Lepidostomatidae, Bracycentridae, Sericostomatidae
Diptère Athericidae, Blephariceridae
Hémiptère Aphelocheiridae
Odonate Lestidae, Calopterygidae, Gomphidae, Cordulegasteridae, Aeshnidae,
Corduliidae, Libellilidae
Trichoptère Psychomyiidae, Philopotamidae, Glossomatidae 8
Crustacé Astacidae
Ephéméroptère Ephemerellidae, Prosopistomatidae
Plécoptère Nemouridae 7
Trichoptère Rhyacophilidae, Polycentropodidae, Limmnephilidae, Ecnomidae
Mollusque Noteridae, Viviparidae, Ancylidae, Thiaridaem , Unionidae
Trichoptère Hydoptilidae
6
Crustacé Gammaridae, Atyidae, Corophiidae
Odonate Platycnemididae, Coenagrionidae
Ephéméroptère Oligoneuriidae, Polimitarcidae
Coléoptère Dryopidae, Elmidae, Helophoridae, Hydrochidae, Hydraenidae, Clambidae
Trichoptère Hydropsychidae 5
Diptère Tipulidae, Simuliidae
Turbellarié Planaridae, Dugesiidae, Dendrocoelidae
Ephéméroptère Baetidae, Caenidae
Coléoptère Haliplidae, Curculionidae, Chrysomelidae
Diptère Tabanidae, Stratiomyidae, Empedidae, Dolishopodidae, Dixidae,
Ceratopogonidae, Anthomyidae, Limoniidae, Psychodidae, Sciomyzidae,
Rhagionidae 4
Mégaloptère Sialidae
Hirudinée Piscicolidae
Arachnide Hydracarina
Hémiptère Meoveliidae, Veliidae , Hydrometridae, Gerridae, Nepidae, Naucoridae,
Pleidae, Notonectidae, Corixidae
Coléoptère Helodidae, Hydrophilidae, Hygobiidae, Dyticidae, Gyrinidae
Mollusque Valvatidae, Hydrobiidae, Lymnaeidae, Physidae, Planorbidae, Bithyniidae, 3
Bythinellidae , Sphariidae
Hirudinée Glossiphoniidae, Hirudidae, Erpobdellidae
Crustacé Asellidae, Ostracoda
Diptère Chironomidae, Culcidae,Thaumaleidae, Ephydridae 2
Oligochète Oligochaeta (toutes les familles)
1
Diptère Syrphidae
Annexe 3 : Liste des familles récoltées et de leurs groupes fonctionnels trophiques dans l’oued
Kébir-Rhumel (2016-2018)

Groupes trophiques Familles


Tubificidae, Naididae, Lumbriculidae, Atyidae, Ostracoda, Gammaridae,
Collecteurs-Récolteurs Chironomidae, Psychodidae, Syrphidae, Stratiomyidae, Baetidae, Caenidae,
Leptophlebiidae, Hydrochidae, Psychomyiidae, Leptoceridae.

Collecteurs-Filtreurs Unionidae, Simuliidae, Culicidae, Dixidae, Hydropsychidae, Philopotamidae,

Dugesiidae, Planariidae, Lumbricidae, Erpopdillidae, Glossiphoniidae,


Unionicolidae, Anthomyidae, Ceratopogonidae, Chaoboridae, Tabanidae,
Empididae, Limoniidae, Athericidae, Rhagionidae, Perlodidae, Dytiscidae,
Prédateurs
Gyrinidae, Hydraenidae, Hydrophilidae, Rhyacophilidae, Gomphidae,
Aeshnidae, Coenagrionidae, Libellulidae, Platycnemididae, Nepidae,
Corixidae, Veliidae, Gerridae, Naucoridae, Notonectidae.

Physidae, Ancylidae, Planorbidae, Lymnaeidae, Hydrobiidae, Bithyniidae,


Gratteurs
Blephariceridae, Heptageniidae, Elmidae, Dryopidae, Scirtidae,

Tipulidae, Ephydridae, Capniidae, Leuctridae, Taenioperygidae,


Déchiqueteuses
Helophoridae, Haliplidae,
Annexe 4 : variation spatio-saisonnière des indices biotiques dans l’oued Kébir-Rhumel (2016-2018)

Oued Rhumel Oued Kébir


R1 SE R2 R3 R4 SM R5 R6 K1 TA K2 K3 K4 IR K5 K6
Print 2 1 2 2 3 3 2 2 4 10 3 8 4 9 4 7
Indice EPT Eté 1 0 3 2 1 2 2 2 3 8 4 4 3 3 3 4
Auto 2 2 2 2 2 3 3 3 6 9 2 7 3 6 3 5

Print 12.43 16.47 28.67 18.60 47.31 71.26 58.11 48.38 39.45 63.88 62.80 75.07 66.85 61.91 63.28 61.02
Indice EPT/ (EPT+Chironomidae) Eté 14.14 0 33.75 27.76 45.08 65.74 71.82 52.11 62.08 76.86 36.12 74.58 59.46 92.54 56.72 75.72
Auto 26.67 23.48 56.40 54.17 61.04 85.66 64.29 73.83 72.01 93.25 95.60 85.80 65.00 90.93 58.75 77.62

Print 4 2 9 7 5 9 6 5 6 14 7 10 9 14 9 13
IBGN Eté 3 2 7 7 4 7 6 4 6 13 9 9 7 13 9 9
Auto 6 4 7 6 3 8 5 5 10 14 4 13 8 13 9 10

Print 19 19 53 73 39 79 48 41 49 90 40 85 76 100 57 88
BMWP’ Eté 29 5 48 48 20 72 45 38 56 87 45 75 55 73 52 53
Auto 42 41 45 53 23 74 40 36 77 85 39 90 76 80 56 76

Print 3.5 3.26 3.72 4 3.7 4.43 4 3.95 5.56 6.1 4.66 5.7 4.9 5.52 5 5.36
ASPT Eté 3.27 2.33 3.7 3.9 3.3 4 4.1 3.77 4.57 5.85 4.88 4.88 4.26 4.4 4.27 4.22
Auto 3.7 3.55 3.9 4 3.6 3.9 4.1 3.76 5.33 6.1 4.6 5.3 4.5 5 4.5 4.7
Annexe 5 : Benthic macroinvertebrate assemblages in the main confluences of the Kebir-Rhumel
wadi (Northeast Algeria). Vie et Milieu - Life and Environment, 71: pp 41-54.

Fig. 1. – Principal component analysis (PCA) ordination plot of


the sample scores and the physicochemical parameters for the
first two axes.
25,00

20,00
Relative abundances (%)

15,00

10,00

5,00

0,00

Fig. 2. – Relative abundances of the faunistique groups collected in Kebir-Rhumel wadi.


Fig. 3. – Relative abundances of the various taxonomic groups investigated in Rhumel and Kebir wadi.
40 3

35
2,5
30

Shannon-wienner
2
Number of taxon

25

20 1,5

15
1
10
0,5
5

0 0
R1 SE R2SE R3 R4 SM R5SM R6 K1 TA K2TA K3 K4 IR K5IR K6

Spring Summer Autumn Spring Summer Autumn

Fig. 4. – Taxon richness and Shannon index at each sampling station during the spring, summer
and autumn in Kebir-Rhumel wadi.
Fig. 5. – Canonical correspondence analysis ordination plot of macroinvertebrates taxa with
environmental variables in Kebir-Rhumel wadi. The summary of ordination results is presented in
Table V and the codes for each taxon are shown in Appendix.
Table I. – Mean (±SD) values of physical and chemical parameters of the sampling sites. *P < 0.05, **P < 0.01, ***P < 0.0001, NS : not significant
Dissolved
Depth Current Conductivity Ammonia Nitrite Nitrate Phosphate
Site T (°C) pH oxygen
(cm) (cm/s) (µS/cm) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L)
(mg/L)
R1 24.3 ±4 21.7 ±10.4 19.3 ±4 6.8 ±0.8 5.4 ±0.7 1196.7 ±15.3 0.47 ±0.6 0.03 ±0.04 6.15 ±2.9 1.45 ±1
SE 18.3 ±5 25 ±13.2 20 ±3.6 8.4 ±0.5 4.3 ±0.6 1449 ±166.7 2.26 ±1.3 3.89 ±2.02 2.87 ±3 2.83 ±0.7
R2SE 28.3 ±7 26.3 ±9 19 ±3.6 7.93 ±0.3 5.1 ±0.8 1236.7 ±111 2.12 ±0.6 0.13 ±0.1 3.58 ±2.7 1.36 ±0.4
R3 23.3 ±6 29 ±11.5 19.7 ±4.2 7.84 ±0.2 5.3 ±0.8 1199.7 ±110 1.64 ±1.2 0.15 ±0.1 3.12 ±2.2 1.28 ±0.4
R4 17.7 ±2 33.3 ±12.6 19.3 ±2.5 7.77 ±0.9 4.8 ±0.4 1377.3 ±307.4 2.13 ±1.6 1.19 ±1.7 5.31 ±7.7 2.23 ±0.9
SM 21.7 ±3 22.3 ±6.4 17.7 ±2.5 7.5 ±0.5 5.1 ±0.9 1276.7 ±281.1 1.52 ±2.4 0.27 ±0.4 6.87 ±2.6 1.49 ±0.4
R5SM 28.7 ±6 30 ±10 19 ±2 8 ±0.2 5.1 ±0.5 1449.7 ±482.3 2.96 ±1.8 1.08 ±1.6 5.75 ±8 1.99 ±0.8
R6 25 ±5 35 ±10 20 ±2 8.42 ±0.2 5 ±0.5 1536 ±610.6 3.44 ±1.8 1.78 ±3 5.66 ±7.7 2.09 ±0.6
K1 26.3 ±4 19 ±5.3 19.3 ±3.5 6.87 ±0.5 6.2 ±0.2 725.7 ±56.4 0.13 ±0.02 0.06 ±0.06 0.81 ±0.3 0.5 ±0.2
TA 22.3 ±6 28.3 ±5.8 16.7 ±3.5 7.2 ±0.3 6.9 ±0.4 483.7 ±26.5 0.10 ±0.03 0.03 ±0.04 0.5 ±0.3 0.45 ±0.2
K2TA 31.7 ±6 33.3 ±10.4 18.7 ±3.5 7.03 ±0.8 6.4 ±0.5 731 ±29.5 0.13 ±0.01 0.06 ±0.06 1.14 ±0.3 0.5 ±0.2
K3 24.3 ±6 25 ±5 18.3 ±3.8 7.27 ±0.6 6.4 ±0.3 734.7 ±34.6 0.12 ±0.01 0.07 ±0.06 0.71 ±0.1 0.49 ±0.2
K4 30 ±5 24 ±9.6 19.7 ±2.5 6.5 ±1 5.9 ±0.5 807.3 ±89.2 0.11 ±0.1 0.04 ±0.06 1.81 ±1 0.49 ±0.3
IR 21.7 ±6 26.7 ±5.8 16 ±3.5 7.22 ±0.1 7.2 ±0.4 439 ±19.7 0.06 ±0.06 0.07 ±0.05 0.34 ±0.3 0.19 ±0.1
K5IR 31.7 ±3 35 ±10 18.7 ±2.3 7.05 ±1 5.6 ±0.5 843 ±108.3 0.07 ±0.06 0.01 ±0.01 2.26 ±0.4 0.45 ±0.3
K6 29 ±2 26.7 ±7.6 19 ±3 6.93 ±1.4 5.4 ±0.5 893.3 ±67.1 0.11 ±0.05 0.25 ±0.4 3.56 ±1.1 0.48 ±0.3
F ratio 2.21* 0.81NS 0.37NS 2.44** 6.44*** 7.08*** 3.52** 2.69* 1.06NS 7.20***
Table II. – Mean values and SD of total taxon richness, abundance, and diversity indices of benthic
macroinvertebrate at the study stations in the Kebir-Rhumel wadi. *P < 0.05, ***P < 0.0001, NS : not
significant.
Shannon- Pielou Margalef Simpson EPT
Abundance Taxon richness
Station Wienner index index index index family
(ind./0,72 m2) (S) ̃)
(H’) (E) (M) (𝐷 richness
R1 231±165.42 15.67±4.51 1.76±0.42 0.64±0.11 2.74±0.62 0.72±0.15 2±1
SE 345.67±191.4 9.33±6.66 1.32±0.52 0.63±0.18 1.4±0.99 0.65±0.18 1.67±1.53
R2SE 366.33±82.71 21±3.61 2.01±0.32 0.66±0.07 3.39±0.48 0.8±0.08 1.33±0.58
R3 186±88.02 19±4.58 1.66±0.39 0.58±0.18 3.49±0.78 0.8±0.08 1.33±0.58
R4 311±35,37 12.33±1.53 1.45±0.05 0.58±0.01 1.97±0.24 0.68±0.03 1.67±0.58
SM 490.33±110.8 29±4.36 2.25±0.03 0.67±0.03 4.52±0.55 0.83±0.02 3
R5SM 440±319 16.67±3.51 1.69±0.04 0.61±0.06 2.64±0.27 0.75±0.04 2.67±0.58
R6 561.67±43.32 14±4.36 1.63±0.1 0.63±0.08 2.05±0.67 0.75±0.04 2.67±0.58
K1 231±271.07 15.33±3.51 2.11±0.13 0.78±0.09 2.92±0.07 0.83±0.02 2.33±0.58
TA 388.67±163.54 28.33±5.51 2.44±0.19 0.73±0.02 4.61±0.74 0.85±0.03 8±1
K2TA 138.67±122.81 12±1.73 1.76±0.64 0.71±0.23 2.42±0.72 0.71±0.22 3.33±1.15
K3 295.33±45.08 23±3.61 2.06±0.56 0.65±0.15 3.88±0.73 0.76±0.15 4.67±2.08
K4 519±180.8 20.67±3.51 1.74±0.23 0.58±0.07 3.16±0.5 0.74±0.06 2.67±0.58
IR 406.67±141.19 27±4.36 2.03±0.45 0.62±0.12 4.34±0.52 0.74±0.14 4.67±3.08
K5IR 142.33±64.69 12.67±4.04 1.57±0.71 0.61±0.21 2.37±0.78 0.64±0.28 3.33±1.15
K6 302.67±166.07 19.33±2.52 2.05±0.35 0.7±0.15 3.28±0.16 0.8±0.1 3.33±0.58

F ratio 2.03* 6.68*** 1.85NS 0.64NS 7.3*** 0.76NS 5.72***


Table III. – Summarized results of CCA for the abundance of macroinvertebrate
taxa and environmental variables. Intraset correlation coefficients between the
environemental variables and the first 4 canonical axes. Significance of the axes by
Monte Carlo test is given.

Variables Axis 1 Axis 2 Axis 3 Axis 4 Total inertia


(a) Axis summary statistics of CCA results
Eigenvalue 0.325 0.174 0.124 0.092 1.263
Species−environment correlations 0.994 0.993 0.984 0.936
Cumulative percentage variance
of species data 25.7 39.5 49.3 56.5
of species-environment relationship 33.9 52.0 65.0 74.5
Sum of all unconstrained eigenvalues 1.263
Sum of all canonical eigenvalues 0.958
(b) Correlation coefficients
Altitude 0.704 0.507 0.110 0.060
Depth -0.371 -0.066 -0.269 0.097
Current -0.246 -0.312 -0.209 0.283
Temperature 0.347 -0.261 0.362 0.598
pH 0.136 0.239 -0.583 -0.315
Dissolved oxygen -0.642 0.161 -0.655 -0.101
Conductivity 0.699 -0.325 0.329 0.190
Ammonia 0.429 -0.210 0.137 0.300
Nitrite 0.456 0.404 0.298 0.322
Nitrate 0.550 -0.420 0.482 -0.157
Phosphate 0.472 0.233 0.101 0.039
Abstract

Macroinvertebrate assemblages in Kebi-Rhumel, one of the largest watersheds in Algeria, are


insufficiently documented. During this study, macrobenthos and water samples were collected and
treated out at 16 stations located in the main confluences area along the Kebir-Rhumel wadi.
The main objectives of the present work was to determine the distribution of the fauna identified,
as well as the spatial organization and community structure of macroinvertebrates, and also to assess
the hydrobiological quality of this watercourse by biological means.
The pH, conductivity, dissolved oxygen, ammonia, nitrite and phosphate were significantly
different (P value < 0.05) between the sampling sites. The conductivity and nutrient concentrations
were higher in the upstream part of the Kebir-Rhumel catchment, while dissolved oxygen decreased,
indicating that Rhumel wadi is more polluted. A total of 16,069 individuals and 129 taxa, belonging
to 77 families in 15 orders, were identified. Canonical correspondence analysis (CCA) revealed that
altitude, conductivity, dissolved oxygen and nitrate were found to be the primary factors affecting the
communities structure of benthic macroinvertebrates in the study area.
Mean values of taxon richness, Shannon-Wiener and Pielou’s evenness indices indicate that Kebir
wadi and their tributaries supported a more macrobenthos diversity than Rhumel wadi. The species
composition and the EPT index (Ephemeroptera, Plecoptera, Trichoptera) showed the occurrence of
pollution-sensitive macro-benthos groups in Kebir wadi, while the Rhumel wadi was mainly
characterized by pollution-tolerant taxa, indicating anthropogenic disturbance and habitat
degradation, which is evident by the diagnosis of the physicochemical water quality at Kebir-Rhumel
wadi. Biotic indices IBGN and BMWP’ confirm the diagnosis of the physicochemical analysis
demonstrating a very degraded quality at Rhumel wadi.

Keywords: Kebir-Rhumel, Macroinvertebrate, Biotic indices, IBGN, pollution-sensitive


Résumé

Les assemblages de macroinvertébrés du Kébi-Rhumel, l'un des plus grands bassins versants d'Algérie, sont
insuffisamment documentés. Au cours de cette étude, des échantillons de macrobenthos et de l’eau ont été
collectés et traités sur 16 stations situées dans les principales zones de confluences le long de l'oued Kebir-
Rhumel.
L'un des principaux objectifs du présent travail était de déterminer la répartition de la faune recensée, ainsi
que l’organisation spatiale et la structure des communautés des macroinvertébrés, et aussi d’évaluer la qualité
hydrobiologique de ce cours d’eau par des voies biologiques.
Le pH, la conductivité, l'oxygène dissous, l'ammoniac, les nitrites et les phosphates étaient significativement
différents (valeur P < 0,05) entre les sites d'échantillonnage. La conductivité et les concentrations en nutriments
étaient plus élevées dans la partie amont du bassin versant Kebir-Rhumel, tandis que l'oxygène dissous
diminuait, ce qui indique que l'oued Rhumel est plus pollué. Un total de 16 069 individus et 129 taxons,
appartenant à 77 familles dans 15 ordres, ont été identifiés. L'analyse canonique des correspondances (ACC)
a révélé que l'altitude, la conductivité, l'oxygène dissous et les nitrates étaient les principaux facteurs affectant
la structure des communautés de macroinvertébrés benthiques dans la zone d'étude.
Les valeurs moyennes de la richesse taxonomique, des indices de Shannon-Wiener, et de régularité de
Pielou, indiquent que l'oued Kebir et ses affluents abritent une plus grande diversité de macrobenthos que
l'oued Rhumel. La composition des espèces et l'indice EPT (Ephéméroptères, Plécoptères, Trichoptères) ont
montré la présence de groupes de macro-benthos sensibles à la pollution dans l'oued Kebir, tandis que l'oued
Rhumel était principalement caractérisé par des taxons tolérants à la pollution, indiquant une perturbation
anthropogénique et une dégradation de l'habitat, ce qui est évident par le diagnostic de la qualité physico-
chimique de l'eau dans l'oued Kebir-Rhumel. Les indices biotiques IBGN et BMWP' confirment le diagnostic
de l'analyse physico-chimique démontrant une qualité très dégradée de l'oued Rhumel.

Mots clés : Kébir-Rhumel, Macro-invertébrés, indices biotique, IBGN, Polluo-sensible.

‫ملخص‬

‫ تم جمع‬،‫ خالل هذه الدراسة‬.‫ لم يتم توثيقها بشكل كاف‬،‫ أحد أكبر أحواض المياه في الجزائر‬،‫الرمال‬-‫التجمعات الالفقارية الكبيرة في الكبير‬
‫الرمال‬-‫ محطة تقع في أهم مناطق التقاء األودية على طول وادي الكبير‬61 ‫عينات من الالفقاريات المائية و عينات الماء و معالجتها في‬.
‫ وكذلك التنظيم والهيكل المكاني لمجتمعات هذه‬،‫كان أحد األهداف الرئيسية لهذا العمل هو تحديد توزيع الالفقاريات الكبيرة التي تم التقاطها‬
‫ وكذلك لتقييم الجودة المائية لهذا المجرى المائي بطرق بيولوجية‬،‫األخيرة‬.
ً
‫ والفوسفات اختالفا جوهريًا بين مواقع أخذ‬،‫ والنتريت‬،‫ واألمونيوم‬،‫ واألكسجين المذاب‬،‫ والناقلية الكهربائية‬،‫اختلف كل من األس الهيدروجيني‬
‫ مما يشير‬،‫ بينما انخفض األكسجين المذاب‬،‫الرمال‬-‫ كانت الناقلية وتركيزات المغذيات أعلى في الجزء العلوي من حوض المياه الكبير‬.‫العينات‬
‫ أن االرتفاع‬ACC ‫ كشف تحليل‬.‫ عائلة‬77 ‫ نوعًا تنتمي إلى‬621 ‫ فردًا و‬61011 ‫ تم تحديد خال ل هذه الدراسة‬.‫إلى أن وادي الرمال أكثر تلوثًا‬
.‫والناقلية الكهربائية واألكسجين المذاب والنترات كانت العوامل الرئيسية التي تؤثر على بنية مجتمعات الالفقاريات القاعية في منطقة الدراسة‬
‫ و "بيلو" إلى أن وادي الكبير وروافده تضم تنوعًا أكبر من الالفقاريات‬، "‫ ومؤشرات "شانون وينر‬، ‫تشير القيم المتوسطة للثراء التصنيفي‬
‫ وجود مجموعات من القاعيات الكبيرة الحساسة للتلوث في الوادي الكبير‬EPT ‫ أظهر تركيب األنواع و مؤشر‬.‫الكبيرة مقارنة بوادي روميل‬
‫ وهو ما‬، ‫ مما يشير إلى حدوث اضطرابات بشرية المنشأ و تدهور الركائز‬، ‫ بينما تميز وادي الرمال بشكل رئيسي بأصناف مقاومة للتلوث‬،
‫ تشخيص التحليل‬BMWP’‫ و‬IBGN ‫ تؤكد المؤشرات الحيوية‬.‫الرمال‬-‫يتضح من تشخيص جودة المياه الفيزيائية والكيميائية في وادي الكبير‬
.‫الفيزيائي الكيميائي الذي يُظهر تدهورًا شديدًا في جودة وادي الرمال‬

.‫ حساسة للتلوث‬،IBGN ،‫ مؤشرات حيوية‬،‫ الالفقاريات المائية‬،‫الرمال‬-‫ الكبير‬:‫الكلمات المفتاحية‬

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