PC1
Déterminants
Dans ce chapitre, K désigne R ou C.
1 Définition et exemples
Il existe une unique application f : Mn (K) −→ K vérifiant les trois propriétés suivantes :
— f est linéaire par rapport à chacune des colonnes de sa variable ;
— f est antisymétrique par rapport aux colonnes de sa variable ;
— f (In ) = 1.
On notera det(A) le nombre f (A) pour toute matrice A de Mn (K).
a11 a12 · · · a1n
a21 a22 · · · a2n
det(A) = .. .. .. ..
. . . .
an1 an2 · · · ann
Cas 1 : n = 2
Dans ce cas,
a c
det(A) = = ad − bc.
b d
Exemples :
−1 2
— Soit A = . Alors,
3 5
−1 2
det(A) = = (−1) · 5 − 2 · 3 = −5 − 6 = −11.
3 5
0 −3
— Soit A = . Alors,
4 −1
0 −3
det(A) = = 0 · (−1) − (−3) · 4 = 0 + 12 = 12.
4 −1
Cas 2 : n = 3
Dans ce cas,
a1 a2 a3
det(A) = b1 b2 b3 .
c1 c2 c3
Pour calculer ce déterminant, on utilise l’une des trois méthodes suivantes :
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Règle de Sarrus
a1 a2 a3
det(A) = b1 b2 b3 = (a1 b2 c3 + a2 b3 c1 + a3 b1 c2 ) − (a3 b2 c1 + a1 b3 c2 + a2 b1 c3 ).
c1 c2 c3
Exemples :
2 3 5
∆1 = 1 2 3
1 −1 1
En utilisant la règle de Sarrus, on trouve :
∆1 = (4 + 9 − 5) − (10 − 6 + 3) = 8 − 7 = 1.
1 a a2
∆2 = 1 b b2 = (bc2 + a2 c + ab2 ) − (a2 b + b2 c + ac2 ).
1 c c2
Méthode du "triangle"
Il s’agit de rendre la matrice A sous forme triangulaire supérieure ou inférieure : le dé-
terminant sera alors le produit des coefficients diagonaux. La seule opération élémentaire
permise est Li ← Li + αLj avec α ̸= 0 et i ̸= j (on travaille sur les lignes ou sur les
colonnes).
Exemple :
2 3 5
∆= 1 2 3
1 −1 1
2 3 5
1
L2 ← L2 − L1 ⇒ 0 21 12
2
1 −1 1
2 3 5
1 1 1
L3 ← L3 − L1 ⇒ 0 2 2
2
0 − 2 − 32
5
2 3 5
L3 ← L3 + 5L2 ⇒ 0 12 21
0 0 1
1
∆=2× ×1=1
2
PC1
Méthode du développement suivant les lignes ou les colonnes
n
X
det(A) = (−1)i+j aij det(Aij )
j=1
où Aij est la matrice obtenue en rayant la ligne i et la colonne j.
Exemple :
2 3 5
∆= 1 2 3
1 −1 1
En développant par exemple par rapport à la première ligne :
2 3 1 3 1 2
∆=2· −3· +5·
−1 1 1 1 1 −1
= 2 · (2 · 1 − 3 · (−1)) − 3 · (1 · 1 − 3 · 1) + 5 · (1 · (−1) − 2 · 1)
= 2 · (2 + 3) − 3 · (1 − 3) + 5 · (−1 − 2) = 2 · 5 − 3 · (−2) + 5 · (−3) = 10 + 6 − 15 = 1.
2 Propriétés
1. La famille des vecteurs lignes (ou colonnes) de A est liée ⇐⇒ det(A) = [Link]
particulier Ledéterminantd’unematriceayantdeuxcolonneségales est nul.
2. La famille des vecteurs lignes (ou colonnes) de A est libre (donc une base) ⇐⇒
det(A) ̸= 0.
3. det(αA) = αn det(A) pour tout α ∈ K.
4. Si on permute deux lignes (ou deux colonnes), le déterminant change de signe.
5. det(In ) = 1.
6. Soient f ∈ L(E) et A = MB (f ) où B est une base de E. On appelle déterminant
de l’endomorphisme f et on note det(f ), le scalaire défini par det(f ) = det(A).
Dans ce cas :
f bijective ⇐⇒ det(f ) ̸= 0,
A inversible ⇐⇒ det(A) ̸= 0.
Exemple
Soit
f : R3 → R3 , (x, y, z) 7→ (2x + 3y + z, −x + y + 2z, x + 4z).
Déterminer det(f ).
On prend la base canonique de R3 : B = {e1 , e2 , e3 }. La matrice de f dans B est :
2 3 1
A = MB (f ) = −1 1 2 .
1 0 4
PC1
Alors, en utilisant la règle de Sarrus :
2 3 1
det(f ) = −1 1 2 = 2 · 1 · 4 + 3 · 2 · 1 + 1 · (−1) · 0 − (1 · 1 · 1 + 2 · 2 · 2 + 4 · (−1) · 3)
1 0 4
= 8 + 6 + 0 − (1 + 8 − 12) = 14 − (−3) = 17.
7. det(A) = det(t A).
8. det(AB) = det(A) det(B).
9. Soit A ∈ GLn (K). Alors,
1
det(A−1 ) = .
det(A)
En effet, puisque A est inversible :
1
A·A−1 = In =⇒ det(A·A−1 ) = det(In ) =⇒ det(A)·det(A−1 ) = 1 =⇒ det(A−1 ) = .
det(A)
10. Si f ∈ GL(E), alors det(f −1 ) = 1
det(f )
.