PCSI 1 - Stanislas Devoir Surveillé N◦ 9 - 11/05/19 - durée 4H A.
MARTIN
THERMODYNAMIQUE
CALCULATRICES AUTORISÉES
Données : constante des gaz parfaits : R = 8, 31 [Link]−1 .K−1 .
I. Moteurs à combustion interne
Les moteurs à combustion interne, qui comprennent essentiellement les moteurs à allumage commandé
(cycle Beau de Rochas) et les moteurs Diesel, sont d’une très grande importance pratique. Ils constituent
notamment encore la majorité des moteurs des automobiles. Ce problème étudie le fonctionnement
théorique de ces moteurs. Dans tout le problème, les gaz seront supposés parfaits.
I.1. Rendement théorique du moteur à 4 temps
Le but d’un moteur est de fournir du travail. Dans le cas des moteurs à combustion interne à 4 temps,
l’énergie dégagée par une réaction de combustion est partiellement transformée en travail. Le combustible
est un hydrocarbure. Le comburant est constitué par l’oxygène de l’air qui décrit le cycle.
Pour récupérer, en partie, cette énergie chimique, le principe est le suivant : on comprime un gaz (de
l’air mélangé éventuellement à du carburant) dans un cylindre à l’aide d’un piston, lui-même actionné
par un système bielle-vilebrequin (cf. figure ci-dessous).
Le mélange a été préalablement admis dans le cy-
lindre par une soupape d’admission (fermée ulté-
rieurement). En fin de compression a lieu la ré-
action de combustion (s’il n’y était pas déjà, le
combustible est donc injecté dans le cylindre, à ce
stade). Une partie de l’énergie dégagée est récu-
pérée sous forme de travail car les gaz résultants
de cette réaction repoussent le piston. Les gaz su-
bissent alors une détente (augmentation du volume
tandis que le piston est repoussé vers le bas). La
rotation de l’arbre conduit, par l’intermédiaire du
système bielle-vilebrequin, à la remontée du piston.
La soupape d’échappement s’ouvre, ce qui permet
l’évacuation des gaz vers l’extérieur. La rotation de
l’arbre se poursuivant, le piston redescend. La sou-
pape d’échappement se ferme et celle d’admission
s’ouvre et on revient à la phase d’admission.
Pendant un cycle complet, le vilebrequin a donc accompli deux tours et le piston deux allers et retours :
le piston descend pendant l’admission, remonte pendant la compression, redescend pendant la détente
(après réaction) et remonte pendant l’échappement. Le moteur étudié est donc à quatre temps. Le but
du système bielle-vilebrequin est de transformer les mouvements de translation du piston en mouvement
de rotation de l’arbre qui sera transmis aux roues.
On idéalise le fonctionnement du moteur en considérant que le système fermé constitué de n moles de
gaz parfait parcourt le cycle suivant de façon mécaniquement quasi-statique (cf diagramme de Watt
ci-dessous) :
• Compression adiabatique réversible de A à B ;
• La combustion démarre en B et il s’ensuit une première phase de B à C isochore ;
• La combustion se poursuit dans une phase isobare de C à D ;
• Détente adiabatique réversible de D à E ;
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• Phase isochore de E à A.
La combustion est prise en compte de façon
abstraite : on ne se préoccupe pas des modifi-
cations dans la composition du système dues à
la réaction chimique ; on considère que la com-
bustion est équivalente à un apport de chaleur
au gaz effectuant le cycle, durant les phases
B → C et C → D. On adopte les notations
suivantes pour les paramètres déterminants du
moteur :
VA PC VD
α= , λ= , ε= .
VB PB VC
On notera Cvm la capacité thermique molaire
à volume constant de l’air, Cpm la capacité
thermique molaire à pression constante et γ =
Cpm
Cvm .
On notera TA , TB , TC , TD et TE les températures respectives des points A, B, C, D et E, et de même
pour la pression et le volume.
Le but des questions ci-dessous est d’établir l’expression du rendement théorique η de ce moteur en
fonction des paramètres α, λ et ε qui caractérisent son cycle.
Pour les applications numériques on prendra γ = 1, 35, TA = 320 K, α = 12, λ = 1, 6 et ε = 1, 5.
1. Donner la définition de Cvm et Cpm , puis établir leur expression en fonction de γ et R la constante
des gaz parfaits.
2. En prenant en compte les spécificités et chacune des étapes, établir l’expression des transferts
thermiques QAB , QBC , QCD , QDE et QEA , en fonction des températures TA , TB , TC , TD et TE .
3. Définir le rendement η du cycle. L’exprimer ensuite uniquement en fonction des chaleurs reçues
définies dans la question précédente, puis uniquement en fonction des températures TA , TB , TC ,
TD et TE .
4. Énoncer les lois de Laplace puis les démontrer.
5. En déduire l’expression des températures TB , TC , TD et TE en fonction de TA , γ et des paramètres
du cycle α, λ et ε. Calculer les valeurs numériques.
6. En déduire l’expression du rendement η en fonction des paramètres γ, α, λ et ε. Calculer sa valeur
numérique.
7. On suppose que les transferts thermiques ont lieu avec deux sources, l’une chaude de température
TD et l’autre froide de température TA .
a) Établir l’expression du rendement de Carnot ηC , puis calculer sa valeur numérique.
b) Calculer l’entropie produite (créée) molaire sur tout le cycle.
Le cycle est-il réversible ? Sinon quelles sont les causes d’irréversibilité ?
I.2. Moteur à 4 temps à allumage commandé
Les moteurs à essence suivent le cycle Beau de Rochas. Le gaz qui entre dans le cylindre durant la
phase d’admission est un mélange essence-air. Le combustible est donc présent dans le système durant la
phase de compression. La réaction de combustion est déclenchée en B par une étincelle d’allumage (arc
électrique) générée par un dispositif appelé bougie. La combustion étant très rapide, on peut considérer
qu’elle se fait à volume constant (phase isochore BC). Elle est suivie par la détente. On peut alors
modéliser le cycle sans phase isobare.
8. En déduire l’expression du rendement théorique η dans ce cas. Comment peut-on le maximiser ?
9. Calculer le rendement maximal ηm que l’on peut obtenir dans un tel moteur sachant que le mélange
(système) s’enflamme spontanément à partir de la température de 380◦ C. On prendra toujours
TA = 320 K.
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I.3. Moteur de scooter
Cette partie peut être traitée indépendamment des précédentes.
Quoi qu’il en soit, on prendra garde aux changements de notations (sur les points du cycle notamment).
Les scooters de cylindrée inférieure à 50 cm3 sont
équipés d’un moteur à explosion à deux temps.
Celui-ci existe sous plusieurs formes. Le type le plus
répandu (surtout dans le domaine des petites puis-
sances) est celui qui comporte trois lumières ; celles-
ci sont destinées à assurer l’aspiration, l’échappe-
ment et la communication entre le carter et le cy-
lindre. Le mélange carburé (air - essence - huile)
provenant du carburateur pénètre dans le carter
pendant le mouvement du piston du point mort bas
(P.M.B) au point mort haut (P.M.H). Au cours de
la descente, cet air est comprimé et dirigé vers le
cylindre par le canal de transfert. La légère com-
pression du mélange carburé permet l’évacuation
du gaz de combustion. Le graissage des parties mo-
biles, assuré par de l’huile que l’on mélange à l’es-
sence, permet de réduire les frottements.
Les quatre phases (admission, compression, combustion et détente), qui sont réparties sur deux tours de
vilebrequin dans un quatre temps (deux allers et deux retours de piston) se succèdent en un seul tour de
vilebrequin dans un deux temps (un aller et un retour de piston). Cela est possible parce que les phases
échappement et admission ont lieu très rapidement et sensiblement au moment où le piston se trouve au
P.M.B. Pratiquement le diagramme de Watt a l’allure représentée ci-dessous.
On y distingue les deux temps :
• 1er temps : Compression du
mélange carburé (FB), com-
bustion (BC).
• 2ème temps : Détente (CD),
échappement des gaz de com-
bustion et admission d’une
nouvelle charge de mélange
carburé (DHF).
Le but de cette partie est d’évaluer la consommation d’essence du moteur. Pour cela on définit un
diagramme de Watt idéalisé noté B 0 C 0 D0 F 0 qui s’identifie au cycle de Beau de Rochas idéalisé. Il est
construit avec les hypothèses suivantes.
• la combustion B 0 C 0 est instantanée et isochore, et se produit lorsque le piston est au PMH (volume
du cylindre VB 0 = VC 0 = VB ).
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• la détente C 0 D0 et la compression F 0 B 0 du mélange sont adiabatiques réversibles.
• lors de l’échappement et de l’admission D0 F 0 quasi instantanées, le volume du cylindre est considéré
constant égal à VD .
La cylindrée du moteur est VD − VB . Le taux de compression est égal au rapport volumétrique α = VVD B
.
10. Tracer l’allure du cycle (F 0 B 0 C 0 D0 F 0 ) dans un diagramme de Watt (P, V ).
Dans la notice technique d’un scooter (Spacer 50 Kymco), on lit les indications suivantes :
• vitesse maximale : 45 km.h−1
• régime de puissance maximale : 7000 [Link]−1 (vitesse angulaire du vilebrequin)
• puissance maximale : 4,40 kW
• cylindrée : 49,5 cm3
• course du piston : 39,2 mm.
On fera d’autre part l’approximation suivante : l’air étant en grand excès par rapport au mélange (huile
+ carburant), on assimilera le mélange carburé à un gaz parfait unique, de coefficient γ = 1, 40, de masse
molaire M = 29, 0 [Link]−1 .
On définit le pouvoir calorifique volumique du carburant, noté qvol , supposé indépendant de la tem-
pérature, comme l’énergie libérée par la combustion d’une unité de volume d’essence. On prendra
qvol = 30, 0 [Link]−3 .
Enfin on prendra au point F 0 : TF = 300 K , PF = 1, 00 bar.
11. Lorsque le scooter roule à la vitesse V = 45 km.h−1 à son régime maximal de 7000 [Link]−1 ,
quelle est la durée τ d’un cycle ? En déduire la vitesse moyenne vm du piston sur un cycle.
12. Comparer cette vitesse vm à la vitesse quadratique moyenne des molécules du mélange gazeux, que
l’on évaluera au point le plus froid du cycle.
La modélisation choisie pour les transformations C 0 D0 et F 0 B 0 est-elle cohérente avec ce résultat ?
13. La pression en fin de compression est de 6, 00 bar. En déduire le taux de compression α.
14. En prenant pour rendement η = 0, 4, calculer le transfert thermique libéré par la combustion à
chaque cycle lorsque le scooter roule à son régime de puissance maximale P = 4, 40 kW à la vitesse
V = 45 km.h−1 .
15. Quelle est la consommation d’essence pour parcourir 100 km ? Commenter.
16. Un modèle un peu plus précis détaille la phase d’admission et d’échappement, comme cela est
représenté sur le diagramme ci-dessous. Quelle est la conséquence pour le travail effectivement
fourni par le moteur sur un cycle et pour la consommation ?
17. Pourquoi peut-on dire qu’a priori un moteur à deux temps, de même cylindrée et de même régime
est deux fois plus puissant qu’un moteur à quatre temps ?
En réalité, la puissance n’est que 1,5 fois plus grande. Pourquoi ?
• E : ouverture de l’échappement
• I : fermeture de l’échappement
• E 0 : ouverture de l’admission
• G : fermeture de l’admission
• F 0 : P.M.B
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II. Propulsion d’un avion de chasse
Hypothèses de travail
cp
• L’air est considéré comme un gaz parfait de coefficient adiabatique γ = cv = 1, 4, et de capacité
thermique massique à pression constante cp = 1, 00 [Link]−1 .K−1 .
• La vitesse du fluide est supposée partout selon la même direction (écoulement unidimensionnel) et
le régime est stationnaire.
• Les variations d’énergie potentielle sont négligées.
• Les variations d’énergie cinétique sont aussi négligées, sauf lors de la traversée de la tuyère.
• Les seules parties mécaniques mobiles sont le compresseur et la turbine (turbomachines).
• Compresseur et turbine sont liés par un arbre commun. Ainsi la puissance mécanique cédée à la
turbine est intégralement transmise au compresseur, les frottements étant négligés.
• Les particularités de l’air, notamment sa composition, son débit massique Dm et ses caractéristiques
énergétiques cp et γ, ne sont pas perturbées par la combustion : le mélange gazeux, au cours de
l’écoulement (avant et après combustion), est assimilé à l’air.
• Le pouvoir thermique (calorifique) massique du carburant utilisé (kérosène) dans la chambre de
combustion est qk = 50, 0 × 106 [Link]−1 .
II.1. Éjection d’un gaz dans une tuyère
On considère la tuyère d’un réacteur représentée ci-dessous, à savoir une conduite calorifugée de section
variable, qui ne contient pas de paroi mobile. Les températures, au niveau des sections d’entrée et de
sortie, sont respectivement Te et Ts . Les vitesses du gaz sont respectivement ce et cs .
1. Justifier les valeurs numériques proposées pour γ et cp .
2. En appliquant le « premier principe industriel » (que l’on ne demande pas de démontrer), établir
l’expression de la vitesse cs de l’écoulement à la sortie de la tuyère en fonction des températures
Te et Ts et des constantes nécessaires (la vitesse d’entrée sera négligée au regard de celle de sortie :
ce cs ).
3. a) Le débit massique Dm est supposé conservé dans la tuyère (c’est-à-dire le même en tout point
de la tuyère). Quelle hypothèse simple permet de justifier cette hypothèse ?
b) Le débit volumique Dv du gaz à travers la tuyère est-il lui aussi conservé ? Justifier.
c) Que peut-on en déduire concernant l’évolution de la masse volumique du gaz progressant dans
la tuyère ?
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II.2. Turboréacteur sans post-combustion
On étudie ici un modèle de réacteur « simple », c’est-à-dire sans post-combustion, schématisé ci-dessous,
qui équipe les avions de chasse.
Les caractéristiques de l’écoulement sont les suivantes.
• Étape (1) → (2) : l’air ambiant (T1 = 300 K, P1 = 1, 00 bar) est aspiré et comprimé par le
compresseur de façon adiabatique et mécaniquement quasi-statique (donc isentropique), avec un
taux de compression τ12 = PP21 = 10, 0.
Puis cet air pénètre à la température T2 et sous la pression P2 , dans la chambre de combustion où
le carburant est injecté.
• Étape (2) → (3) : grâce à la combustion du kérosène, l’air subit un réchauffement isobare (P3 = P2 )
jusqu’à la température T3 = 1200 K.
• Étape (3) → (4) : le mélange gazeux se détend partiellement dans la turbine, de façon adiabatique
et mécaniquement quasi-statique (isentropique).
• Étape (4) → (5) : les gaz sont admis dans la tuyère (calorifugée), conduite de section variable,
où leur détente se poursuit toujours dans les mêmes conditions (isentropiques) jusqu’à la pression
ambiante P5 = P1 = 1, 00 bar.
En terme d’énergie cinétique, on pourra négliger toute variation entre les étapes (1) et (4), et négliger
la vitesse en entrée par rapport à la vitesse en sortie comme en 2..
Le débit massique de l’air aspiré (et aussi de l’air refoulé) par le turboréacteur vaut Dm = 50, 0 kg.s−1 .
4. Établir les expressions littérales puis les valeurs numériques :
a) de la température T2 à la sortie du compresseur (donc à l’entrée de la chambre de combustion) ;
b) du travail utile massique wu,12 mis en jeu dans le compresseur (1-2).
5. Étant donné que la puissance mécanique cédée à la turbine est intégralement transmise au com-
presseur : que vaut le travail utile wu,34 reçu par le gaz entre (3) et (4) ?
En déduire la température T4 , puis la pression P4 , à la sortie de la turbine.
6. Calculer la température T5 à la sortie de la tuyère.
7. Dans un diagramme de Clapeyron, représenter l’allure de la succession des transformations (1) −
(2) − (3) − (4) − (5) subies par le gaz. On fera figurer en fond les 5 isothermes T1 , T2 , T3 , T4 et T5 .
8. On définit la puissance cinétique Pcin (W) du turboréacteur par l’apport d’énergie cinétique au gaz
par unité de temps :
Pcin = 21 Dm c2s .
Déterminer littéralement (en fonction des températures notamment), puis numériquement :
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a) la puissance cinétique Pcin de l’écoulement à la sortie de la tuyère (on pourra se servir de la
question 2.) ;
b) la puissance thermique Pth reçue par l’air dans la chambre de combustion (2-3) ;
Pcin
c) le rendement thermique du turboréacteur défini par le rapport η = Pth ;
d) le débit massique Dk de kérosène consommé dans le turboréacteur en fonctionnement.
9. On prend en considération dans cette question le fait que dans le compresseur (1-2) et la turbine
(3-4), l’évolution est en fait légèrement irréversible (car non mécaniquement quasi-statique). On
admet qu’en première approximation, les paramètres de pression ne sont pas modifiés par rapport
à l’étude précédente. La transformation est toujours supposée réversible dans la tuyère.
Dans quel sens se trouvent modifiées les températures T2 , T3 , T4 et T5 ? On justifiera précisément
à chaque étape.
III. Force de pression dans un réservoir
Un réservoir contenant une huile de masse volu-
mique ρ possède un fond plan incliné d’un angle
α comme schématisé sur la figure ci-contre. Selon
l’axe Oy, le réservoir est invariant par translation
et de profondeur L, entre y = − L2 et y = L2 . L’exté-
rieur est partout exposé à la pression atmosphé-
rique Pa , uniforme. On s’intéresse exclusivement
aux actions sur cette partie plane inclinée du fond.
Pour les applications numériques : ρ = 800 kg.m−3 ,
α = 30◦ , H1 = 5 m, H2 = 11 m, L = 10 m.
1. Calculer la force de pression résultante sur ce plan incliné dans la base (~ux , ~uy , ~uz ).
2. Calculer le moment résultant en l’origine O de ces efforts agissant sur le plan incliné.
3. En déduire la position du centre de poussée C sur le plan incliné, c’est-à-dire le point d’application
de cette force résultante.
* * * Fin de l’épreuve * * *