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Solution

Ce travail vise à développer un protocole pour valoriser les épluchures de pomme de terre en produisant des films plastiques biodégradables à base d'amidon, afin de réduire l'utilisation de polymères traditionnels polluants. Les films obtenus, caractérisés par leur transparence, présentent une faible résistance à l'eau et une forte biodégradabilité, avec des améliorations notées grâce à l'ajout de plastifiants. Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large de recherche sur les bioplastiques, qui sont des alternatives durables aux plastiques synthétiques.

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Ce travail vise à développer un protocole pour valoriser les épluchures de pomme de terre en produisant des films plastiques biodégradables à base d'amidon, afin de réduire l'utilisation de polymères traditionnels polluants. Les films obtenus, caractérisés par leur transparence, présentent une faible résistance à l'eau et une forte biodégradabilité, avec des améliorations notées grâce à l'ajout de plastifiants. Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large de recherche sur les bioplastiques, qui sont des alternatives durables aux plastiques synthétiques.

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L'objectif de ce travail est d’essayer de développer un protocole permettant de valoriser un

déchet agricole (épluchures de pomme de terre) et de préparer des films plastiques biodégradables à

base d’amidon. Le but étant de pallier à l’utilisation des polymères traditionnels qui constituent une

source de pollution pour l’environnement. Les plastifiants tels que le glycérol et le diéthyle phtalate

jouent le rôle important puisqu’ils se mettent entre les molécules d’amidon et facilitent donc leur

mobilité les unes par rapport aux autres. Les différents films obtenus transparents ont été

caractérisés par une faible résistance à l’eau et une forte biodégradabilité. L’observation par

microscopie à balayage a montré que l’ajout de plastifiant a amélioré les propriétés des films

préparés.

Mots clés: Déchet, films plastiques biodégradables, amidon, plastifiants.

Abstract

The objective of this work is to try to develop a protocol for the valorization of

agricultural waste (potato peel) and to prrepar biodegradable films based on starch. The

aim is to compensate for the use of traditional polymers which constitute a source of

pollution for the environment. Plasticizers such as glycerol and diethyl phthalate play an

important role since they are placed between the starch molecules and therefore facilitate
their mobility with respect to one another. The various transparent films obtained were

characterized by low water resistance and high biodegradability. Observation by scanning

microscopy showed that the addition of plasticizer improved the properties of the films

prepared.
300

Keywords: waste, biodegradable films, starch, plasticizers.

INTRODUCTION GENERALE

Le dernier demi-siècle a été témoin du développement de matières plastiques

synthétiques à partir de ressources pétrolières, et plus de 300 millions de tonnes de

plastiques synthétiques sont produits annuellement à l'heure actuelle. La récente

augmentation de la consommation des ressources pétrolières a conduit à des problèmes

environnementaux tels que l'épuisement des ressources ainsi qu'un réchauffement

climatique dû à une augmentation marquée du niveau de CO2 atmosphérique. En plus de

ces problèmes, les plastiques gaspillés utilisés dans des applications à court terme peuvent

causer des dommages environnementaux à une grande variété d'animaux. Pour cela, les

chercheurs ont proposé une solution alternative et ils ont offert un modèle de plastiques

biosourcés, voire biodégradables appelés « bioplastiques ».


Les plastiques biodégradables sont fabriqués à partir d’une biomasse, une ressource

entièrement renouvelable. Les plastiques biodégradables sont beaucoup mieux pour

l'environnement, car les bioplastiques émettent moins de gaz à effet de serre et se

dégradent beaucoup plus rapidement et leurs recyclages nécessitent moins d'énergie. Les

plastiques biodégradables peuvent être réutilisés de manière plus efficace, ce qui leur

donne un avantage évident.

C’est pour cela, que les matériaux à base d’amidon ont été introduits sur le marché

pour des applications dans l’emballage comme alternatif aux poches en polyéthylène et en

polystyrène expansé. Mais la plupart de ces matériaux d’origine naturelle ont de faibles

propriétés mécaniques et sont sensible à l’humidité.

L’amidon se trouve stocké dans les organes de réserve des végétaux tels que les

céréales, les tubercules et les légumineuses. C’est un composé nutritionnel abondant,

renouvelable et peu coûteux. Une de ses propriétés naturelles est la possibilité de former

des films, propriété intéressante que l’on peut améliorer chimiquement tout en assurant au

produit formé, sa biodégradabilité originelle. L’amidon est également utilisé dans de

nombreux secteurs industriels.


L’objectif de ce travail est de produire des films bioplastiques à partir d’amidon

extrait d’un déchet agricole (épluchures de pomme de terre). Ce travail présente deux parties
principales :

La première partie est une synthèse bibliographique dans laquelle le premier chapitre

exposera et décrira des généralités sur les bioplastiques et sur les bioplastiques à base

d’amidon. Le second chapitre sera consacré la biomasse utilisée, les épluchures de la

pomme de terre.

La seconde partie est une étude expérimentale consacrée à :

 L’extraction d’amidon des épluchures de pomme de terre.

 La détermination du taux d’humidité et de cendre dans la biomasse

lignocellulosique étudiée.

 La caractérisation d’amidon extrait.

 La caractérisation qualitative des films bioplastiques produit.

A partir de l’interprétation des résultats expérimentaux, nous terminerons notre travail par

une conclusion générale.


CHAPITRE I

GENERALITES SUR LE

BIOPLASTIQUE A BASE D’AMIDON

CHAPITRE I

GENERALITES SUR LES BIOPLASTIQUES A BASE D4AMIDON

I.1. NOTIONS DE BIOPLASTIQUES

Les bioplastiques peuvent être définis comme les matériaux qui sont biosourcés

et/ou biodégradables [1].

Les bioplastiques sont des nouveaux matériaux, d’un grand intérêt du 21ème siècle, leurs

productions et leurs consommations sont en développement à travers le monde. Ces

matériaux nécessitent d’être soigneusement évalués pour la gestion des déchets et la

durabilité. Généralement, les «bioplastiques» sont fabriqués à partir de ressources

renouvelables telles que le maïs, les sucres, les pommes de terre, etc.

Il convient de rappeler que les plastiques biosourcés ne sont pas toujours biodégradables, et

les plastiques biodégradables ne sont pas toujours biosourcés [2].

Figure.1.1 : Bioplastiques constitués de plastiques biodégradables et biosourcés [3].


I.2. NOTION DE BIODEGRADABILITE

Les plastiques biodégradables sont capables de subir une décomposition en H20,

CO2, CH4 et/ou une biomasse nouvelle et éventuellement un résidu non toxique pour

l’homme et l’environnement, dans laquelle le mécanisme prédominant est l'action

enzymatique des micro-organismes, qui peuvent être mesurés par des tests standardisés,

dans un laps de temps spécifié, sous des conditions d'élimination disponibles (norme

ASTM D6813) [4]. Un point important à retenir est que le terme biodégradable est en lien

avec la gestion de fin de vie du bioplastique [2].

I.3. NOTION DE COMPOSTABILITE

La compostabilité des plastiques est aussi définie par des normes standards. Selon

la norme ASTM D6400, un plastique compostable est un plastique qui subit une

dégradation par un processus biologique pendant le compostage, produisant du CO2, de

l’eau, des composés inorganiques et de la biomasse. Elle ne génère aucun résidu toxique.

Le facteur temps contrairement à la notion de biodégradation est pris en considération. Un

bioplastique biodégradable n’est donc pas nécessairement toujours compostable. Un

bioplastique compostable est par contre toujours biodégradable. Finalement, tout comme le
terme biodégradable, le terme compostable est en lien avec la gestion de fin de vie du

bioplastique [5].

I.4. NOTION DE MATERIAUX BIOSOURCES

La norme ASTM définit un matériau biosourcé comme étant un matériau qui contient

des composés carbonés dont le carbone provient de sources biologiques contemporaines

(non-fossiles). Contrairement au carbone fossile, le cycle du carbone « jeune » ou «

contemporain » présent dans les bioplastiques biosourcés est court. Ce cycle est représenté

par la (Figure 1.2). Le terme biosourcé est en lien avec l’origine de la ressource du

bioplastique [5].

Figure 1.2 : Cycle du carbone [5].

I.5. HISTORIQUE DE BIOPLASTIQUES

L’histoire de bioplastique a été décrite comme suite [6] :

 En 1941 : Henry Ford, a fabriqué les plastiques à partir de fèves de soja durant la

seconde guerre mondiale qui a joué un rôle important dans le développement des

bioplastiques.
 En 1992 : Une société Metabolix, biosciences a fourni des solutions aux besoins

des mondes pour les matières plastiques, les produits chimiques et de l'énergie.

 En 2000 : La société Metabolix a lancé les programmes de recherche pour le

développement des cultures industrielles d'ingénierie pour la production de

bioplastiques.

 En 2005 : Toyota a commencé à réaliser une usine pilote dans la ville de Toyota

Hirose (Japon) pour tester la facilité de production de bioplastiques.

 En 2006 : LONDON-NEC Corporation a mis au point un matériau bioplastique

renforcé par les fibres, pour réduire l'impact environnemental des téléphones

mobiles.

 En 2010 : Cardia bioplastics CBMM fabrication (Malaisie) a développé la

fabrication de produits bioplastiques.

I.6. CLASSIFICATION DES BIOPLASTIQUES

Les bioplastiques peuvent être classifiés selon leurs compositions chimiques, leurs

méthodes de synthèse, leurs procédés de fabrication, leurs importances économiques ou

leurs applications. La (figure 1.3) ci-dessous représente les quatre groupes des plastiques
biodégradables [5]

Figure 1.3 : Différents classes de bioplastiques biodégradables [5].

I.6.1. Bioplastiques naturels issus directement de la biomasse

Les bioplastiques naturels issus directement de la biomasse constituent les parois

cellulaires des végétaux comme la cellulose et la lignine. On peut citer le cas de l’amidon.

Ces polymères sont extraits directement à partir des plantes. Des monomères simples

peuvent être également obtenus à partir des plantes après transformations chimiques et/ou

enzymatiques par polymérisation de ces monomères. Les différentes classes de polymères

issus des plantes sont présentées dans le tableau.1.1 [7].

Tableau 1.1 : Différentes classes de polymères issus des plantes [7].

Différentes classes de polymères issus des plantes

Polysaccharides

(plantes/algue)

Polysaccharides

(par

fermentation
microbienne)
6.2. Bioplastiques issus des microorganismes par fermentation microbienne

Ce groupe de bioplastiques est constitué de la famille des polyhydroxyalcanoates

(PHA), dont le polyhydroxybutyrate (PHB) et le polyhydroxybutyrate-valerate (PHBV) qui

sont les plus communs. Ces polyesters proviennent du mécanisme de survie de certains

microorganismes qui les conservent et les accumulent comme source d’énergie et de

carbone [5].

I.6.3. Bioplastiques obtenus par synthèse à partir de monomères renouvelables

Ces biopolymères sont transformés par synthèse chimique à partir des monomères

issus de matières premières agricoles. On les appelle également biopolyesters car ils ont de

nombreuses caractéristiques communes avec les polyesters courants. Le principal groupe

de biopolyesters inclut les polylactides (PLA), produits par synthèse chimique de l’acide

lactique qui est extrait des produits agricoles ou bien de déchets de l’industrie alimentaire

[8]

I.6.4. Bioplastiques pétrochimiques biodégradables

De nombreux bioplastiques biodégradables peuvent être obtenus à partir de

ressources fossiles. Les premiers développements de ces matériaux datent du début des
années 70. Il s'agissait de développer des polymères combinant les bonnes propriétés

d'usages des polymères conventionnels et la propriété d'être dégradée par les microorganismes [9].

I.7. CAPACITES MONDIALE DE PRODUCTION DES BIOPLASTIQUES

La figure 1.8 montre les capacités de production mondiale des bioplastiques par

type de matériau. Il existe des matériaux qui ont été ou sont commercialisés, y compris le

nylon, le polypropylène, le polystyrène, le polycarbonate, le polychlorure de vinyle (PVC)

et de nombreux autres plastiques traditionnels. L'Europe possède le plus grand marché

mondial de bioplastiques; cependant, les capacités de production de l'Asie et de l'Amérique

du Sud se développent rapidement [10].

Figure 1.4 : Capacités de production mondiale de bioplastiques par type de matériau [10].

I.8. GENERATIONS DE BIOPLASTIQUES BIOSOURCES

I.8.1. Première génération

Elle provient principalement de matières premières agricoles alimentaires telles que le

maïs, le blé, les pommes de terre et d'autres glucides [2].

I.8.1.1. Les plantes amylacées :

 Les céréales
Ces cultures sont riches en amidon et en alpha-polysaccharides qui comprennent les

manomètres de D-glucose sous deux formes : l’amylose et l’amylopectine. Parmi

lesquelles nous avons : le blé, l’orge, le maïs, le manioc et le sorgho [11,12].

 Les plantes amidonnées

Elle repose globalement sur la pomme de terre, riche en amidon et qui est

disponible durant toute la période de l’année. Le tableau 1.2 exprime la

composition chimique des différentes cultures amylacées [13].

Tableau 1.2 : Principales macromolécules des grandes cultures amylacées [13].

Constituant

Mais Blé Orge Sorgho Manioc Pomme de

terre

Amidon 65-72 57-70 52-64 55-65 65-82 14-24

Sucre 2,2 - - 0.25 0,25 1,5

Protéines 9-12 12-14 10-11 2-3 2-3 0,6-3,5

Lipides 4,5 3 2,5-3 0,8 0,8 0,1


I.8.2. Deuxième génération de plastiques biosourcés

En raison des progrès réalisés en biotechnologie, La deuxième génération de

plastiques biosourcés s'est éloignée des ressources alimentaires. Essentiellement, les

polymères biosourcés similaires aux polymères biodégradables sont produits par des

procédés de fermentation bactérienne en synthétisant à partir de ressources renouvelables,

y compris la biomasse lignocellulosique comme l'amidon, la cellulose, les acides gras et les

déchets organiques (ménagers) ou les migroalgues [2].

I.9. APPLICATIONS DE BIOPLASTIQUES

Les bioplastiques montrent une grande demande sur le marché. L'industrie représente

le plus grand champ d'application de ces matériaux, et parmi ces applications on a [2,14] :

 L'emballage

 L'automobile

 L’installation électrique et électronique

 L’industrie biomédicale.

 Le bâtiment et la construction.

 Les textiles
 L’agriculture et l’horticulture

I.10. AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES BIOPLASTIQUES

I.10.1. Avantages

Les bioplastiques présentent plusieurs avantages, parmi eux on site les suivants :

 Les bioplastiques sont renouvelables, Compostables et contribuent à réduire la

pollution de l'environnement.

 Réduction de l’empreinte carbone.

 Les bioplastiques génèrent moins d'émissions de gaz à effet de serre et ne

contiennent pas de toxines.

 Les bioplastiques tels que le polyéthylène téréphtalate biosourcé (bio-PET) sont

similaires aux plastiques à base de fossiles et peuvent être recyclés de la même

manière que les plastiques classiques.

 Les bioplastiques biosourcés à la fin de leur vie, lorsque le recyclage n'est plus une

option, ces matériaux peuvent être brûlés pour produire des énergies renouvelables

et / ou être utilisés pour fabriquer des biocarburants.

 Les bioplastiques contribuent à l’augmentation de la fertilité des sols, la faible


accumulation de matières plastiques dans l'environnement et la réduction du coût

des déchets générés [2,15].

I.10.2. Inconvénients

 Problèmes de recyclage : Le matériau bioplastique pourrait contaminer le

processus de recyclage. Par exemple, en travaillant avec les rayons infrarouges

en système de séparation des déchets, les bioplastiques ne peuvent être séparés,

d’où ils seront contaminés en présence des matières plastiques

conventionnelles.

 Réduction des matières premières: les bioplastiques produits à partir de

sources renouvelables pourraient réduire les réserves de matières premières. En

outre, afin de réduire la consommation d'énergie lors de la production de

bioplastiques et la concurrence potentielle avec les ressources agricoles pour les

aliments et aussi pour fournir des sources supplémentaires de matières

premières, l'exploitation des sous-produits alimentaires est également la

tendance actuelle [16].

I.11. PLASTIQUES A BASE D’AMIDON


Une classe importante de matières plastiques est représentée par des matières

plastiques à base d'amidon. À partir du début des années 1990, les développements de

recherche et de technologie ont permis de compléter des polymères naturels comme

l'amidon (de maïs, pommes de terre, etc.) avec des macromolécules biodégradables afin

d'obtenir des matériaux innovants thermoplastiques et biodégradables à l'échelle

industrielle [17].

Les plastiques d'amidon peuvent être transformés en produits finis sur des machines à

résines thermoplastiques standard légèrement modifiées. Les technologies de conversion

utilisées comprennent le soufflage, l'extrusion, le thermoformage, le moulage par injection,

le moussage et le revêtement par extrusion. La majorité des matières plastiques d'amidon

sont produites par modification chimique et extrusion / mélange d'amidon natif et de ses

dérivés [18].

I.11.1. Présentation de l’amidon

L’amidon est un polysaccharide d’origine végétale composé d’unités glucose C6H12O6.

Il est l'un des meilleurs polymères biodégradables. C’est une molécule de réserve pour les

plantes supérieures et un constituant essentiel de l’alimentation humaine. L’amidon


représente une fraction pondérale importante des matières premières agricoles. On le

trouve stocké dans les organes de réserve de nombreuses plantes :

 les graines, en particulier les céréales (maïs, blé, riz)

 Les légumineuses

 les racines (manioc)

 les tubercules (pomme de terre) et rhizomes [19].

L’amidon se trouve dans les organes des plantes sous forme semi-cristalline en granulés

relativement denses, insolubles dans l’eau froide et ayant une taille variant de 1 à 100 µm

selon l’origine botanique [20]

I.11.1.1. Composition de l’amidon et structure de base

L’amidon est composé principalement de l’amylose, polymère linéaire (non branché)

et l’amylopectine (polymère branché en α (1-6)). Il est constitué d’entités granulaires semicristallines qui
résultent d’une organisation de ses deux constituants. Ces deux structures,

en association avec des protéines de réserve, sont enfermées dans un grain d'amidon [19].

Généralement, l'amidon contient 20-25% d'amylase et 75-80% d'amylopectine [18]. La

teneur en chacun des constituants est différente suivant l’origine de l’amidon (tableau.1.3)

[21].
Tableau.1.3 : Teneur en amylose et amylopectine des amidons de différentes sources

botaniques [21].

Source botanique Amylose (%) Amylopectine (%)

Mais

28

72

Pomme de terre

21

79

Blé

28

72

Mais cireux

100

Amylomais
50-80

50-20

Riz

17

83

Pois

35

65

Manioc

17

83

 L’amylose

L’amylose (Figure.1.5) est un polymère linéaire formé d’environ 600 molécules de

glucose liées par des liaisons α (1‐4). Il constitue généralement 20 à 30 % de l’amidon. Sa

masse moléculaire varie entre 105 et 106 g/mol. Il est présent de 20 à 30% dans le blé et la

pomme de terre [22].


Le degré de polymérisation (DP) varie entre 100 et10000. Chaque macromolécule est

terminée par une unité réductrice et un non réducteur [20]. En général, plus il y a

d’amylose, plus il y a de zones cristallines [19].

Figure 1.5 : Structure moléculaire de l’amylose [19].

 Amylopectine

Les molécules de glucose (jusqu’à 2 millions de résidus) forment une chaîne linéaire,

elles sont reliées entre elles par des liaisons α-1,4-glycosidiques (comme dans l'amylose).

La chaîne est ramifiée par des liaisons α-1,6 glycosidiques donnant à l’amylopectine une

structure arborescente (Figure.1.6) [19].

Figure 1.6 : Structure moléculaire de l’amylopectine [19].

La molécule d'amylopectine possède des masses molaires de l'ordre de plusieurs millions

(Mw = 108

[Link]-1), soit nettement plus élevées que l’amylose [19], ce qui fait d’elle

la plus grosse macromolécule connue à ce jour [22].

I.11.1.2. Cristallinité d’amidon

La nature semi-cristalline des amidons natifs a été mise en évidence par diffraction des
rayons X à poudre. Les amidons natifs peuvent être classés en trois groupes selon leur

diagramme de diffraction [23] :

 Le type A : Caractérise des amidons de céréales, le spectre de diffraction des

rayons X présente des pics pour 2ϴ égal à 9,9 ; 11,2 ; 15 ; 17 ; 18.1 et 23°.

 Le type B : Caractérise des amidons de tubercule et de céréales riches en amylose,

le spectre de diffraction des rayons X présente les pics pour 2 égal à 5,6 ; 15 ;

17 ; 22 et 24°.

 Le type C : Caractérise des amidons de légumineuses. Il correspond à un mélange

des deux types cristallins A et B.

Figure I.7 : Diagramme de diffraction des rayons X d’amidon natifs de type A et B [23].

I.11.2. Plastification d’amidon

L’amidon sous forme de granulé, ne trouve que très peu d’applications dans

l’industrie [28]. En raison de nombreuses liaisons hydrogène intermoleculaires existant

entre les chaînes, la température de fusion (Tm) de l'amidon est supérieure à sa température

de dégradation. Par conséquent, pour élaborer un matériau en matière plastique, il est

nécessaire d'introduire une teneur élevée en eau et / ou certains plastifiants non volatils
(glycerol, sorbitol, ...) qui diminuent la température de transition vitreuse (Tg) et la

température de fusion (Tm), l'amidon et les plastifiants sont mélangés sous traitement

thermomécanique. Ces matières plastifiées sont actuellement appelées «amidon

thermoplastique» ou «amidon plastifié» [24].

I.11.3. Transformations hydrothermiques de l’amidon

 Phénomène de Sorption

Le phénomène de sorption s’explique par la fixation de molécules d’eau, par

l’intermédiaire de liaisons hydrogènes, sur les groupements hydroxyles de l’amidon. Dès le

commencement de l’adsorption, les molécules d’eau rompent les liaisons existantes entre

les groupes hydroxyles présents sur les chaînes d’amidon, établissant ainsi un pontage par

des liaisons hydrogènes ayant pour effet une dilatation du réseau macromoléculaire.

 Processus de gélatinisation

Est un terme employé pour décrire les changements irréversibles qui

accompagnent la destruction de la structure du granulé d’amidon. Plusieurs étapes pour

le phénomène de gélatinisation sont décrites:

La diffusion du plastifiant : en présence de cisaillement et de chauffage, le


plastifiant entre dans les granulés, occupant les espaces vides et les zones peu

denses (amorphes), sans casser les liaisons hydrogènes entre couches.

L’amylose s’infiltre dans le plastifiant : les chaînes d’amylose commencent à

bouger et s’extirpent du granulé par diffusion.

Le gonflement du grain : après la migration des chaînes d’amylose dans le

plastifiant, le granulé commence à gonfler et à perdre la biréfringence. Cela va

entraîner la création d’espace nécessaire pour la fusion de la partie cristalline et

l’augmentation de l’entropie du système.

La fusion de la cristallinité : les doubles hélices de l’amylopectine se

désenroulent, évoluant d’une structure semi-cristalline à une structure amorphe

analogue à celle de l’amylose.

La plastification ou gélation : les chaînes libérées d’amylose ou d’amylopectine

commencent à former de nouvelles liaisons hydrogènes, formant un nouveau réseau

de polymère [25].

L’état final est appelé empois d’amidon. L’obtention d’empois d’amidon est donc une

déstructuration irréversible du grain conduisant à une solution comprenant des granules


gonflés et des macromolécules solubilisées [21].

Figure 1.8 : Gélatinisation des grains d’amidon [23].

 Phénomène de Rétrogradation

La gélatinisation correspond au passage d’un état cinétiquement métastable à un état

instable, où les chaînes se réorganisent. Lorsque la température diminue, l’amidon

gélatinisé se réorganise pour atteindre un état énergétiquement plus stable. Les chaînes se

recombinent sous forme de double hélice mais de manière aléatoire. La recristallisation se

produit de proche en proche. Cette recristallisation porte le nom de rétrogradation. Au

cours de ce phénomène, la solubilité de l’empois diminue pour finalement donner un gel

blanc et opaque, mélange d’amylose et d’amylopectine. Dans le gel d’amidon, l’amylose

recristallise plus vite que l’amylopectine [21].

I.11.4. Mise en forme de films plastiques

Les procédés de transformation utilisés sont les mêmes que ceux utilisés pour les

polymères synthétiques. Parmi ces procédés on trouve :

L'extrusion: C’est un procédé de transformation en continu. Le matériau granulé

est introduit dans un tube chauffé muni d’une vis sans fin. Le matériau ramolli et
homogénéisé est poussé, comprimé puis passe à travers une filière à la sortie de

laquelle la mise en forme est faite.

Le casting ou « coulage » : Consiste à solubiliser de l’amidon selon une

formulation permettant d’obtenir un film. La solution obtenue est généralement

étalée sur un support et l’eau évaporée à température ambiante ou plus élevée [26].

I.11.5. Types de bioplastiques à base d’amidon

 Amidon thermoplastique

En plasturgie, l’amidon peut être utilisé de deux manières, soit (1) comme amidon

déstructuré, en entrant dans la composition de mélanges, soit (2) comme polymère de

grande masse moléculaire, en modifiant sa structure moléculaire à l’aide d’un plastifiant.

Dans le deuxième cas, les termes « Thermoplastic Starch» (TPS) ou « Platicized Starch»

(PLS) sont employés pour désigner cette utilisation. Cette section traite le deuxième cas,

c’est-à-dire l’utilisation directe de l’amidon en tant que polymère pouvant constituer un

thermoplastique biosourcé [16].

 Les mélanges de polymères

Le mélange de polymères s’est révélé être une méthode alternative importante et


utile dans l’optique de développer de nouveaux matériaux ayant des propriétés améliorées

[20]. Le mélange de l’amidon thermoplastique (TPS) avec d'autres polymères se fait

souvent en utilisant une extrusion à double vis à des températures élevées. Le TPS lorsqu'il

est mélangé avec d'autres polymères biodégradables, tels que le PVA ou les polyesters

aliphatiques comme l’acide polylactique (PLA), le polycarprolactone (PCL) et le poly (3-

hydroxybutyrate) (PHB), produit un mélange de polymères complètement biodégradable

[2].

I.11.6. Applications de plastiques à base d’amidon

Différents types de sacs tels que les sacs à ordures, les sacs à provisions et les sacs

de compost sont fabriqués à partir de polymères à base d'amidon. Il a également été utilisé

dans des applications d'emballage souples telles que des sacs extrudés et des filets pour les

fruits et les légumes frais. Les applications d'emballage rigides comprennent des plateaux

thermoformés pour l'emballage des aliments frais et de produits alimentaires de qualité.

Les plastiques à base d’amidon trouvent d’autres applications dans l'agriculture et

l'horticulture y compris, le paillis, le film couvrant et les pots de plantes [2].


CHAPITRE II

PRESENTATION DE LA BIOMASSE

CHAPITRE III

MATERIELS ET METHODES

ETUDIEE

CHAPITRE III

MATERIELS ET METHODES

III.1. OBJECTIF

Ce travail a pour objectif la préparation d’un bioplastique à partir d’une biomasse

«épluchures de pomme de terre ». Le procédé de conversion de ces épluchures en

bioplastique est subdivisé en deux parties principales : Extraction de l’amidon

«Biopolymère» et préparation du bioplastique.

III.2. REACTIFS

Les réactifs utilisés dans les deux parties sont représentés dans le tableau.3.1

suivant :

Tableau 3.1 : Réactifs utilisés


Réactifs Origine

Na2S2O5

Allemagne

HCL 36,5-38%

Sigma Aldrich, France

NaOH

Panreac, Espagne,

Glycérol 99.5%

Panreac, Espagne

DiéthylePhtalate98.5%

Ethanol 96%

Panreac, Espagne

III.3. EXTRACTION DE L’AMIDON

L’amidon est extrait à partir des épluchures de pomme de terre collectées d’un

restaurant local, en adoptant les étapes suivantes [35, 36].


III.3.1. Préparation des épluchures

100 g des épluchures sont lavées pour éliminer la saleté, elles sont ensuite

découpées sous forme de carré.

III.3.2. Trempage

Les épluchures préparées ont été trempées dans une solution de métabisulfite de

sodium (Na2S2O5) (0.2M) avec un rapport : épluchures - solution de trempage égal à 1/6,

sous agitation à une vitesse de 250 tr/min à l’aide d’un malaxeur de type ‘’WiseStir HS-

30D’’, à une température égale à 35°C pendant60 min.

III.3.3. Broyage

Après l’opération de trempage, les épluchures de pomme de terre sont râpées.

III.3.4. Filtration et Centrifugation

L’ensemble des épluchures râpées a été filtré à travers d’un tissus de mousseline et

pressé à la main pour avoir un jus (le lait d’amidon). Le filtrat est ensuite centrifugé

pendant 10 min à une vitesse de 5000 trs/min. L’amidon est récupéré par grattage ensuite

séchédans une étuve à 40°C pendant 1h.

III.3.5. Purification
Une purification de l'amidon récupéré a été réalisée. La masse d'amidon a été mise

en suspension dans 300 ml d'eau, filtrée à travers un entonnoir, lavée avec 150 ml

d'éthanol, séchée à l'air libre, puis pesée et stockée dans un récipient hermétique.

Figure 3.1 : Schéma descriptive représente les différentes étapes d’extraction d’amidon

des épluchures de pomme de terre

III.4. OPTIMISATION DE LA DUREE DE TREMPAGE

L’optimisation de la durée de trempage a été réalisée dans le but d’améliorer le

rendement d’extraction de l’amidon. La durée de trempage a été variée en choisissant les temps
suivants : 30,60 et 90 min respectivement. La température de trempage ainsi que la

concentration de métabisulfite de sodium ont été déjà optimisés [36].

III.5. CARACTERISATION DE LA BIOMASSE UTILISEE

III.5.1. Taux d’humidité

C’est le rapport exprimé en pourcentage du poids de l’eau contenu dans une

biomasse solide fraîche, stockées à l’abri de la lumière au poids du même matériau sec[37].

Mode opératoire

5 g de déchet a été introduit dans un verre de montre (m0), l’échantillon a été placé
ensuite dans une étuve réglée à 105 ºC pendant 24 heures. Après 24heures de séchage, la

masse obtenue a été pesée (m1). Le taux d’humidité est donné par la relation suivante :

ࡴ% ࢓ቀ ૙ ቁି࢓ቀ ૚ ቁ

ቀ࢓

૚૙૙

Eqt (1)

III.5.2. Taux de cendre

Il permet de connaître la part des matières organiques qui rentre dans lacomposition

des épluchures de la pomme de terre par rapport la matière sèche[37].

Mode opératoire :

5 g des épluchures sont séchés dans l’étuve pendant 12 heures puis placé dans

uncreuset en céramique. Ce creuset est mis par la suite dans un four réglé à 600°C pendant

45min jusqu’à l’obtention d’une couleur grise claire au blanchâtre. Une fois la

carbonisationest terminée, le creuset est ensuite retiré du four, refroidi à l’air libre puis
pesé. Le taux decendre est calculé par la formule suivante :

۱%

ቀ‫ ିܘ‬૙ ‫۾‬

ቁ ‫ܘ‬ቀ

ൈ ૚૙૙

Eqt (2)

Avec :

P0 : Le poids du creuset remplis avant carbonisation en (g).

P1 : Le poids du creuset remplis après carbonisation en (g).

III .6. CARACTERISATION D’AMIDON EXTRAIT

III.6.1. Analyse par diffraction des RX

La diffraction des Rayons X constitue l’une des techniques les plus utiles et les
plus répandues pour l’identification des phases cristallisées dans un système catalytique et

permet même d’évaluer la taille moyenne des cristallites [38].

 Principe de la méthode

La diffraction des rayons X consiste à l’enregistrement des rayons diffractés par un

échantillon (réflexion des plans da Miller (hkl) parallèles au support) en fonction de

l’angle entre les rayons incidents et l’échantillon sur le support. Le fonctionnement en

mode θ/2θ du diffractomètre implique que la source des rayons X et le détecteur forme

toujours des angles égaux avec le support. UN faisceau de rayon X est diffracté sur un

réseau de plans cristallins selon la loi de bragg:

nλ = 2dhkl sin θ

dhkl: distance entre 2 plans d’indice de millerhkl en Ǻ.

Θ: angle de bragg(angle entre le faisceau incident et le réseau de plan).

λ: langueur d’onde de faisceau incident en Ǻ.

n: Ordre de la diffraction.

L’appareil utilisé est un diffractomètre de poudre (marque D8 AdvanceBruker)

piloté par un microordinateur et doté du logiciel EVA Socabin. Les échantillons à


analyser sont finement broyés et la plage 2θ balayée et la longueur λ à partir de 15Ǻ.

III.7. Procédé de préparation de films plastiques

Afin d’étudier l’effet de la nature de plastifiant sur les propriétés de films plastiques

synthétisés, deux plastifiants : le glycérol et le diéthylephtalate sont utilisés.

Trois échantillons ont été préparés : sans glycérol (E1), un rapport de 13% de glycérol (E2)

et un rapport de13% de mélange (glycérol/diéthylephtalate) (E3). La même procédure

expérimentale a été suivie pour les trois.

Rôle des réactifs

Le rôle de chaque produit chimique intervenant dans la synthèse de bioplastique est

représenté sur le tableau.3.2 suivant [39] :

Tableau 3.2 : Rôle des réactifs intervenants dans la synthèse de films

Produit Rôle

Amidon

Polymère de glucose qui constitue notre matière.

Glycérol Plastifiant, Il permet simplement d'augmenter le volume libre

entre deux chaînes de polymères pour en diminuer les


interactions et ainsi favoriser le mouvement de l'une par rapport à

l'autre, permet de diminuer le chauffage, il rend le film plastique

transparent, ce qui est bien pratique au niveau d’applications. Un

film constitué ainsi est totalement biodégradable et non toxique.

L’acide

chlorhydrique

Favoriser la déstructuration du grain d'amidon par un phénomène

d'hydrolyse ménagée. On favorise alors la séparation

amylose/amylopectine et le passage de l'amylose en solution.

L’hydroxyde de

sodium

diminuer la viscosité de la solution

Métabisulfite de

sodium

Antioxydant et conservateur. Cela augmenterait la période de

biodégradation du film.
Mode opératoire

Dans un bécher, on a mélangé 5g d’amidon avec 40 ml d’eau distillée, 6ml d’acide

chlorhydrique à 0,1 mol/l et 5,2ml de plastifiant (solution aqueuse à 50% en volume).

L’ensemble est placé au bain marie et mélangé à l'aide d'une baguette d'agitation en verre.

La température a été mesurée à l’aide d’un thermomètre. Quand la température atteint

90°C, on ajoute 2 ml de la solution d’hydroxyde de sodium (0,1 mol/l). On poursuit

l’agitation pendant 8 minutes et on rajoute 2ml de solution d’hydroxyde de sodium. A la

fin, le mélange obtenu est versé sur une plaque en verre, bien étalé, ensuite il est placé dans

une étuve à 80°C pendant une demi-heure [40,41].

Figure 3.2 : Schéma descriptive représente les différentes étapes de la production de film

bioplastique à base d’amidon des épluchures de la pomme de terre.

III.8. CARACTERISATION DE FILMS PLASTIQUES

III.8.1. Etude du comportement rhéologique

Le rhéomètre utilisé est de type PhysicaRheolab MC1, relié à un thermostat où la

température est fixée à 20 °C. Le viscosimètre est piloté par un microordinateur doté

d’un logiciel Software Rhéosolve US 200.


Un test d’écoulement est effectué permettant le tracé de la variation de la viscosité

η (Pa.s) en fonction de la vitesse de cisaillement dγ / d t (s-1) imposée par le rhéomètre.

L’objectif de ce test est de caractériser le comportement rhéologique des gels dans le

domaine linéaire et sous écoulement. Pour se faire, deux tests ont été effectués :

 Le test de viscoélasticité :

Les propriétés viscoélastiques des solutions ont été mesurées en mode dynamique par

un test non destructif d’oscillations de faible amplitude. Un balayage croissant en

déformation, de 0,1 à 1000 a été effectué à la fréquence de 1 Hz (mode logarithmique,

5points/décade). Cette mesure a permis d’obtenir les valeurs des modules G’, G’’ dans le

domaine linéaire viscoélastique.

G’ : le module de conservation, il représente le caractère élastique de la crème,

l'énergie emmagasinée dans le matériau.

G’’ : le module de perte, qui représente le caractère visqueux de la crème et

correspond à l'énergie dissipée.

 Le test d’écoulement :

Des courbes d’écoulement ont été déterminées en régime continu sous cisaillement
variable, traduisant la viscosité apparente (Pa.s) en fonction de la vitesse de

cisaillement (s-1).

Pour l’obtention de ces courbes, on fait varier la vitesse de cisaillement par pas

logarithmique de 0,001 à 1000 s-1, avec un nombre de point de mesure de 5 par décade, et

un temps de mesure entre deux points successifs variant de 50 à 5s [42]

Figure 3.3 : Rhéomètre Anton PaarModular Compact Rhéomètre MCR 30

III.8.2. Microscopie électronique à balayage (MEB)

 Principe de la méthode:

Le MEB fournit des images de la surface en relation avec le mode de diffusion des

électrons par l'échantillon. Le nombre d'électrons secondaires et rétrodiffusées émis varie

en fonction du point d'impact du faisceau d'électrons sur la surface. Ces électrons sont

détectes dans des détecteurs. Une image est obtenue en relation avec l’intensité ducourant

électrique produit en chaque point de la surface. La topographie de l'échantillon est ainsi

obtenue [43].

 Mode opératoire

La caractérisation morphologique des différents échantillons (E1, E2 et E3), ont été


réalisées grâce à un Microscope Électronique à Balayage MEB de marque JEOL JSM

(Figure.3.7). Cette analyse a été effectuée au niveau de Centre de Développement des Technologies
Avancées (CDTA). Des pièces de film ont été montées sur des talons en

aluminium à l'aide d'un ruban adhésif double face et ensuite recouvertes d'une couche de

carbone (5 nm), ce qui permet une visualisation en surface.

Figure 3.4 : Microscope électronique à balayage MEB (JEOL JSM) de CDTA.

III.8.3. Spectroscopie Infrarouge à Transformé de Fourier (FTIR)

Les échantillons étudiés ont été caractérisés à l’aide d’un spectromètre infrarouge à

transformée de Fourrier de type BRUKERTENSER II.

 Principe de la méthode :

La Spectroscopie Infrarouge à Transformée de Fourier (ou FTIR : Fourier Transformed

Infra Red Spectroscopy) est basée sur l'absorption d'un rayonnement infrarouge par le

matériau analysé. Elle permet via la détection des vibrations caractéristiques des liaisons

chimiques, d'effectuer l'analyse des fonctions chimiques présentes dans le matériau.

Lorsque la longueur d'onde (l'énergie) apportée par le faisceau lumineux est voisine de

l'énergie de vibration de la molécule, cette dernière va absorber le rayonnement et on


enregistrera une diminution de l'intensité réfléchie ou transmise [44]. Le domaine

infrarouge entre 4000 cm-1 et 400 cm-1 (2,5 – 25 µm) correspond au domaine d'énergie de

vibration des molécules.

III.8.4. Test de biodégradabilité

La biodégradabilité des échantillons a été évaluée en mesurant la perte de masse

des composites en fonction du temps dans un environnement de compost. Des échantillons

de taille30 mm * 30 mm ont été pesés et enterrés dans des boites de compost. Les

échantillons ont été enterrés à une profondeur de 12 à 15 cm.

Un test de biodégradabilité a été réalisé aussi sur les échantillons sans l’ajout de compost

(échantillon témoin). Après 2 jours, les échantillons enterrés ont été retirés, lavés avec de

l'eau distillée ensuite séchés dans une étuve à 50 ° C pendant 8 heures et équilibrés sur un

déshydratant (CaSO4) pendant 4 heures. Les échantillons ont ensuite été pesés avant de les

remettre dans le compost à des intervalles de 2 jours pendant une période de 25jours [45].

 L'évaluation de la perte de masse a été calculée selon la formule suivante :

࢓ ࢌ ࢓ି ࢏= % ,La perte de masse


ࢌ ૚૙૙ Eqt(3)

Avec :

 mf : La massefinale de l’échantillon testé.

 mi:La masse initiale de l'échantillon testé.

Ce ratio est, en général, négative en raison de la perte de poids [45].

III.8.5. Absorption d’eau

Selon la norme ASTM D570-81, des échantillons de taille 75mm X 25 mm ont été

séchés dans une étuve à une température de 50°C pendant 8 heures, refroidis dans un

déshydratant (sulfate du calcium (CaSO4)), puis pesés immédiatement jusqu'à 0,001 g

(mc).Ensuite, Les échantillons ont été immergés dans de l'eau distillée et maintenus à 25

+/- 2 ° C pendant une période de 2 semaines. Pendant ce temps, ils ont été retirés de l'eau à

un intervalle de 2 jours, doucement déchiquetés avec du papier de soin pour éliminer

l'excès d'eau sur leur surface, ensuite immédiatement pesées (mh) et l’immerger encore

dans l'eau. La valeur moyenne (mh) obtenua été calculée à partir de trois mesures [45].

Le pourcentage d'augmentation de poids dû à l'absorption d'eau (Am) a été calculé à

0,01% le plus proche selon l'équation (4) [46]:


‫ۯ‬

࢓ ࢎ ࢓ି m%

ࢉ࢓

ൈ ૚૙૙

Eqt(4)

Avec :

Am(%)= Augmentation en pourcentage du poids pendant l'immersion

mh= Masse humide

mc= Masse conditionné

 Pourcentage de matière soluble perdue lors de l'immersion

Lorsque des matériaux sont connus ou soupçonnés de contenir une quantité

appréciable d'ingrédients solubles dans l'eau, les échantillons, après immersion, doivent

être pesés, puis reconditionnés pour le même temps et la même température que lors de la

période de séchage d'origine. Ils doivent ensuite être refroidis dans un dessiccateur et
immédiatement revêtus. Si le poids reconditionné est inférieur au poids conditionné, la

différence doit être considérée comme une matière soluble dans l'eau perdue lors du test

d'immersion. Pour de tels matériaux, la valeur d'absorption d'eau doit être considérée

comme la somme de l'augmentation de poids lors de l'immersion et du poids de la matière

hydrosoluble [47].

Le pourcentage de matière soluble perdue lors de l'immersion, si elle est

déterminée, calculée à 0,01% près comme suit :

‫ݐ‬

௡௡௢௜ൌ ௠௔௦௦௘௖௢௡ௗ௜௧ % ,݁‫ݑݑ‬è

é௘ି௠௔௦௦௘௥௘௖௢௡ௗ௜௧௜௢௡௡

é௘

௠௔௦௦௘௖௢௡ௗ௜௧௜௢௡௡

é௘

ൈ 100
Eqt (5)

CHAPITRE IV

RESULTATS ET DISCUSSION
IV.1. CARACTERISATION DE LA MATIERE PREMIERE

IV.1.1. Taux d’humidité

Les résultats d’analyse de taux d’humidité de la biomasse utilisée sont dressés dans le

tableau.4.1 ci-dessous :

Tableau 4.1 : Taux d’humidité de la biomasse utilisée

Biomasse Masse initiale

(g)

Masse finale

(g)

Taux d’humidité

(%)

Epluchures de la pomme

de terre

5 4,27 14,6

IV.1.2. Taux de cendre

Les résultats d’analyse de taux de cendre de notre biomasse sont présentés dans le
tableau.4.2 ci-dessous :

Tableau 4.2 : Taux de cendre

Biomasse

Masse initiale

(g)

Masse finale

(g)

Taux de cendre

(%)

Épluchures de la

pomme de terre

19,43 16,48 15,18

IV.2. Optimisation de la durée de trempage :

Les résultats d’optimisation de la durée de trempage sont exprimés dans le tableau.4.3 :

Figure 4.1. Diffractogramme des Rayons X de l’amidon extrait

IV.4. CARACTERISATION DU FILMS BIOPLASTIQUE


IV.4.1. Etude du comportement Rhéologique

IV.4.1.1. Viscoélasticité

 (E2) 13% Glycérol

10

10

10

10

Pa

G'

G''

10

0
10

0,1

10

100

1 000

Strain 

Rheoplus

Anton Paar GmbH

viscoélasticité 20

PP25/PE-SN35865; [d=0,5 mm]

G' Storage Modulus

G'' Loss Modulus

Figure 4.2 : Variations de la viscosité en fonction de la contrainte de cisaillement


 E(3) Mélange 13% diéthyle phtalate-glycéro

Figure 4.3 : Variations de la viscosité en fonction de la contrainte de cisaillement

Nous remarquons qu’aux faibles déformations, nous enregistrons un palier qui correspond

au domaine de la viscoélasticité linéaire, G’ et G’’ qui sont constants et ne dépendent pas donc

de la sollicitation.

Dans ce domaine, la déformation est réversible au sens élastique. En gardant les mêmes

conditions, on obtient les mêmes valeurs de G’ et G’’. Par contre quand la déformation dépasse

une certaine valeur, nous remarquons que G’ diminue et intercepte G’’ (au point gel).

A ce stade le comportement s’inverse, donc pour des faibles déformations le produit se

comporte comme un solide viscoélastique, au-delà du point gel le produit se comporte comme

un liquide viscoélastique. Dans ce cas les déformations ne sont plus réversibles.

IV.4.1.2. Ecoulement

 (E2) 13% Glycérol

Figure 4.4: Variations de la viscosité en fonction de la vitesse de cisaillement

 (E3) Mélange 13% (diéthyle phtalate-glycérol)

Figure 4.5 : Variations de la viscosité en fonction de la vitesse de cisaillement

Nous remarquons que les deux essais présentent un même comportement. D’abord à
faible vitesse de cisaillement, on observe clairement la présence d’un plateau exprimant un

comportement newtonien, ce qu’il se traduit par le fait qu’à une telle vitesse de

cisaillement les particules sont indéformables et résiste à la déformation donnant une

viscosité constante.

Cela s’explique par la présence entre les macromolécules des interactions

attractives type Van der Waals ou parfois appelées les interactions de rappel élastique et

cela n’enregistre aucun changement sur le plan structural et donc la viscosité reste

constance. Pour une vitesse de cisaillement au-delà de 10-1 (s-1), la viscosité chute

brusquement expriment un comportement rhéofluidifiant.

IV.4.2. Morphologie (Microscopie électronique à balayage MEB)

Figure.4.6 : Morphologie de surface du film plastique (E1) observé au microscope

électronique à balayage (MEB).

Figure 4.7 : Morphologie de surface du film plastique (E2) observé au microscope

électronique à balayage (MEB).

Figure 4.8 : Morphologie de surface du film plastique (E3) observé au microscope

électronique à balayage (MEB).


Les films plastifiés ont montré des surfaces homogènes sans des pores ou des

fissures par rapport aux films non plastifiés visualisés par MEB. Les films contenant le

plastifiant ont montré une structure plus compacte .Les observations de MEB ont montré

qu’il existe une différence due au plastifiant.

IV.3. Spectroscopie Infrarouge à Transformation de Fourier (FTIR)

Figure 4.9 : Spectre FTIR du l’échantillon (E1)

La spectroscopie IR-TF nous renseigne sur les groupements fonctionnels en

identifiant leurs bandes d’absorption

Tableau 4.3 : Principales bandes dans le spectre IR-TF

Nombre d’onde

(cm-1)

attributions

3286,06

O-H (alcools)

2927,12-2887,33

C-H (-CH2- et C-H3)


1413,11

C-O (alcools tertiaires)

1336,41

C-O (alcools secondaires)

1006,06

C-O-C (éthers)

Le spectre a montré des pics caractéristiques de -OH à 3286,06cm-1, -C-H entre

2927,12 à 2887,33 cm-1, C-O (alcools tertiaires) a 1413,11 cm-1, C-O (alcools secondaires)

à 1336,41 cm -1 et un groupement d’éther entre 1006,06 cm-1.

IV.4.4. Test de Biodégradabilité

La Figure.4.1. Présente la courbe relative aux différents pourcentages de perte de

poids des films plastiques en fonction de temps.

Figure.4.12. perte de poids en fonction du temps de l’échantillon (E2) et du témoin

Figure 4.13 : Pourcentages de perte de poids en fonction du temps de l’échantillon (E3) et

du témoin

Ces analyses indiquent également que le pourcentage de perte de poids des échantillons
(E2), (E3) a augmenté avec le temps, par contre une augmentation légère pour les témoins

comme le montrent les Figures 4.3 et 4.4. Après 10 jours d'incubation, la croissance

cellulaire à l'érosion progressive et la fissuration a été observée sur la surface des

échantillons.

Après 14 jours, la perturbation de l’échantillon est devenue plus évident. Cette

dégradation a été confirmée par l'augmentation de la perte de poids des échantillons en

fonction du temps d'incubation qui a atteint près de 94,9% pour (E2) et 42,6% (E3).

On outre, après 15 jours, la disparition total de l’échantillon (E2) et les pores sont

plus apparents dans les échantillons restants, ce qui indique un niveau plus élevé de

dégradation. Le taux de perte de poids d’E2 a été accéléré par rapport à E3.

Ces résultats démontrent que le pourcentage de glycérol par rapport au mélange

contribue à l’amélioration de la biodégradabilité du film bioplastique. Concernant

l’échantillon présenté par le mélange de glycérol-diéthyl phtalate contribue à l’extension

de la biodégradabilité. Une fois que le bioplastique soit dégradé, il ne reste que l’humus, du

dioxyde de carbone et de l’eau.

IV.4.5. Absorption d’eau


 Les résultats d’absorption d’eau relative aux deux échantillons sont exprimés dans

les figures ci-dessous :

Figure 4.14 : Augmentation de pourcentage de la masse en fonction de temps

L’examen de la figure 4.11 montre que le pourcentage d’augmentation de la masse

au cours de la période de l’immersion était plus élevé pour l’échantillon (E3) par rapport à

(E2). Les pertes de masse enregistrées sont dues à la solubilité des échantillons.

Le tableau.4.5 montre les résultats de pourcentage de matière soluble perdue lors de

l’immersion pour les deux échantillons (E2) et (E3).

Tableau 4.4 : Pourcentage de matière soluble perdue lors de l'immersion

Echantillon

Masse

E2

E3

mc (g)

0.480

0.410
mrec (g)

0.117

0.217

Matière soluble

perdue, %

75.62 47.07

L’examen des résultats de tableau 4.5 montre que le pourcentage de la matière

soluble perdue lors de l’immersion de l’échantillon (E3) est faible par rapport à celle de

l’échantillon (E2).

On conclut que les films à base d’amidon présentent une faible résistance à la

diffusion de l’eau.

CONCLUSION GENERALE

Les bioplastiques offrent un large spectre de propriétés et d'applications et

constituent aujourd'hui un matériau important pour de nombreuses branches industrielles.

La demande mondiale ne cesse d'augmenter, ce qui s'applique également aux exigences

posées au potentiel de rendement de ce groupe de matières.


L’objectif de ce travail était donc de valoriser un déchet issu d’une biomasse

lignocellulosique pour la production du bioplastique.

Dans ce travail nous avons réalisés une étape préliminaire de caractérisation de

l’amidon extrait où nous avons utilisé une analyse diffractométrique (diffraction des rayons

X) afin d’identifier les phases cristallisées dans un système catalytique.

Par la suite, nous avons réalisés une autre étape pour l’évaluation de la qualité du

produit formulé, à savoir le bioplastique. Pour cela, nous avons effectué la microscopie

électronique à balayage (MEB) pour caractériser la morphologie des films. Par la suite,

nous avons eu recours à la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR) pour

voir la miscibilité des polymères.

L’étude rhéologique, quant à elle, a permis d’étudier la viscoélasticité et l’écoulement

du gel.

Un test de biodégradabilité dans un environnement de compost et l’absorption d’eau

ont été utilisé pour examiner la dégradation et la résistance d’eau des films.

D’après les résultats obtenus, les bioplastiques pourraient être une alternative à ces

problèmes dans la mesure où ils remettent en question de notre mode de vie.


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