Cours complet ��� R��seaux
Informatiques
Cours complet — Réseaux Informatiques
PARTIE 1 — FONDAMENTAUX
1. Définition d’un réseau informatique
2. Intérêt et utilité des réseaux
3. Classification des réseaux : PAN, LAN, MAN, WAN
4. Topologies physiques
5. Types de transmission
6. Supports de transmission
7. Modes de commutation
PARTIE 2 — MODÈLES DE RÉFÉRENCE
1. Le modèle OSI (Open Systems Interconnection)
2. L’encapsulation / désencapsulation
3. Le modèle TCP/IP — les 4 couches
4. Comparaison OSI vs TCP/IP
5. Les équipements réseau et leur couche OSI
PARTIE 3 — COUCHE PHYSIQUE & LIAISON
1. Codage des signaux
2. Détection et correction d’erreurs
3. Protocoles d’accès au medium
4. Les adresses MAC
5. Le protocole Ethernet (IEEE 802.3)
6. Le protocole Wi-Fi (IEEE 802.11) — notions de base
7. Les VLAN (Virtual LAN)
PARTIE 4 — COUCHE RÉSEAU & ADRESSAGE IP
1. Le protocole IP — rôle et caractéristiques
2. Structure d’une adresse IPv4
3. Classes d’adresses IPv4
4. Adresses spéciales
5. Le masque de sous-réseau et la notation CIDR
6. Le sous-réseautage (subnetting) — méthode de calcul
7. Le protocole ARP (Address Resolution Protocol)
8. Le routage IP
9. Protocoles de routage dynamique (notions)
10. Le NAT / PAT
11. Introduction à IPv6
PARTIE 5 — COUCHE TRANSPORT
1. Le protocole TCP (Transmission Control Protocol)
2. Établissement de connexion TCP : Three-way handshake
3. Fermeture de connexion TCP
4. Le protocole UDP (User Datagram Protocol)
5. Les numéros de port
6. Multiplexage / démultiplexage
PARTIE 6 — COUCHE APPLICATION
1. Le protocole DNS (Domain Name System)
2. Le protocole DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol)
3. Le protocole HTTP / HTTPS
4. Le protocole FTP (File Transfer Protocol)
5. Les protocoles de messagerie électronique
6. Le protocole SSH (Secure Shell)
PARTIE 7 — SÉCURITÉ RÉSEAU (notions)
1. Les menaces réseau
2. Le chiffrement
3. Les pare-feux (firewall)
4. Les VPN (Virtual Private Network)
5. Les certificats SSL/TLS — fonctionnement HTTPS
Cours complet — Réseaux
Informatiques
PARTIE 1 — FONDAMENTAUX
1. Définition d’un réseau informatique
Un réseau informatique est un ensemble d’équipements
(ordinateurs, serveurs, imprimantes, smartphones, etc.) interconnectés
entre eux par des supports de transmission (câbles, ondes radio, fibre
optique), leur permettant d’échanger des données, de partager des
ressources (fichiers, imprimantes, connexion Internet) et de
communiquer.
2. Intérêt et utilité des réseaux
Partage de ressources : fichiers, imprimantes, connexion
Internet, applications.
Communication : messagerie, visioconférence, transfert de
fichiers.
Centralisation des données : sauvegardes, bases de données
partagées.
Réduction des coûts : mutualisation du matériel (une seule
imprimante pour plusieurs postes).
Travail collaboratif : partage de documents en temps réel, travail
à distance.
Sécurité et administration centralisée : gestion des droits
d’accès, supervision.
3. Classification des réseaux : PAN, LAN, MAN, WAN
Type Nom complet Portée Exemple
PAN Personal Area Network Quelques mètres Bluetooth entre
smartphone et
casque
LAN Local Area Network Un bâtiment / un Réseau d’une
site entreprise, d’un
domicile
MAN Metropolitan Area Network Une ville Réseau reliant les
sites d’une même
ville
WAN Wide Area Network Pays / continent Internet, réseau
d’une multinationale
4. Topologies physiques
Bus : tous les équipements sont connectés à un même câble
central. Simple et économique, mais une coupure du câble paralyse
tout le réseau.
Étoile : chaque équipement est relié à un nœud central
(switch/hub). Panne d’un câble n’affecte qu’un poste ; panne du
nœud central paralyse tout. Topologie la plus utilisée aujourd’hui.
Anneau : chaque équipement est relié à ses deux voisins, formant
une boucle. Les données circulent dans un sens (ex. Token Ring).
Une rupture peut bloquer tout le réseau (sauf anneau double).
Maillé : chaque équipement est relié à plusieurs (voire tous) les
autres. Très redondant et fiable, mais coûteux à mettre en œuvre
(utilisé pour les réseaux critiques, WAN).
Hybride : combinaison de plusieurs topologies (ex. étoile de bus)
pour tirer parti des avantages de chacune.
5. Types de transmission
Simplex : la transmission se fait dans un seul sens (ex. télévision
hertzienne).
Half-duplex : la transmission se fait dans les deux sens mais pas
simultanément (ex. talkie-walkie).
Full-duplex : la transmission se fait dans les deux sens
simultanément (ex. téléphone, Ethernet moderne).
6. Supports de transmission
Paire torsadée : deux fils de cuivre torsadés (catégories 5e, 6,
6a…), utilisée pour Ethernet, peu coûteuse, sensible aux
perturbations électromagnétiques (limitée à ~100 m).
Câble coaxial : âme en cuivre entourée d’un blindage, utilisé
historiquement en Ethernet 10Base2/10Base5 et pour la télévision
câblée.
Fibre optique : transmission par impulsions lumineuses dans un fil
de verre/plastique. Très haut débit, immunité aux perturbations
électromagnétiques, longues distances, mais coût plus élevé
(monomode, multimode).
Wi-Fi : transmission par ondes radio (2,4 GHz / 5 GHz / 6 GHz),
sans câble, portée limitée et sensible aux interférences.
7. Modes de commutation
Commutation de circuits : un chemin dédié est établi entre les
deux correspondants pendant toute la durée de la communication
(ex. réseau téléphonique classique). Ressource réservée, pas de
partage.
Commutation de messages : le message entier est envoyé de
nœud en nœud, stocké puis retransmis (store-and-forward), sans
chemin dédié.
Commutation de paquets : les données sont découpées en
paquets, chacun pouvant emprunter un chemin différent puis être
réassemblé à l’arrivée. C’est le principe utilisé par Internet (IP).
PARTIE 2 — MODÈLES DE
RÉFÉRENCE
1. Le modèle OSI (Open Systems Interconnection)
Modèle théorique en 7 couches, normalisé par l’ISO, décrivant les
fonctions nécessaires à la communication entre systèmes.
Couche Nom Rôle PDU (unité de données)
7 Application Interface avec Données (Data)
les
applications
(HTTP, FTP,
SMTP…)
6 Présentation Formatage, Données (Data)
compression,
chiffrement
des données
5 Session Ouverture, Données (Data)
gestion et
fermeture des
sessions de
communication
4 Transport Transport Segment (TCP) / Datagramme (UDP)
fiable ou non,
découpage en
segments,
contrôle de
flux (TCP/UDP)
3 Réseau Adressage Paquet
logique et
routage (IP)
2 Liaison de Adressage Trame
données physique
(MAC),
détection
d’erreurs,
accès au
support
1 Physique Transmission Bit
des bits sur le
support
physique
(signaux
électriques,
optiques,
radio)
Astuce mnémotechnique (en français) : Application Présentation
Session Transport Réseau Liaison Physique → « Avec Plaisir Sophie
Tricote Rapidement Les Pulls ».
2. L’encapsulation / désencapsulation
Encapsulation : lorsqu’une donnée descend les couches du
modèle (de l’application vers le support physique), chaque couche
ajoute son propre en-tête (et parfois une queue de trame)
contenant les informations nécessaires à son fonctionnement.
Données → Segment (couche 4) → Paquet (couche 3) → Trame
(couche 2) → Bits (couche 1)
Désencapsulation : processus inverse effectué par le destinataire,
chaque couche retire l’en-tête qui lui correspond en remontant vers
l’application.
3. Le modèle TCP/IP — les 4 couches
Couche TCP/IP Correspondance OSI Protocoles typiques
Application Application + Présentation + HTTP, FTP, DNS, SMTP, DHCP
Session
Transport Transport TCP, UDP
Internet (Réseau) Réseau IP, ICMP, ARP
Accès réseau Liaison + Physique Ethernet, Wi-Fi
(Liaison/Physique)
4. Comparaison OSI vs TCP/IP
Critère OSI TCP/IP
Nombre de couches 7 4
Nature Modèle Modèle pratique, réellement
théorique/normatif implémenté sur Internet
Origine ISO DARPA (années 1970)
Usage Référence Standard réellement utilisé sur
pédagogique, les réseaux
dépannage
Souplesse Rigide, couches Plus souple, certaines couches
bien séparées fusionnées
5. Les équipements réseau et leur couche OSI
Équipement Couche OSI Fonction
Répéteur (repeater) 1 – Physique Régénère et amplifie le
signal
Hub (concentrateur) 1 – Physique Diffuse les données
reçues à tous les ports
(pas d’intelligence)
Switch (commutateur) 2 – Liaison de données Achemine les trames
selon l’adresse MAC (table
de commutation)
Pont (bridge) 2 – Liaison de données Relie deux segments
réseau en filtrant par
adresse MAC
Routeur 3 – Réseau Achemine les paquets
entre réseaux différents
selon l’adresse IP
Passerelle (gateway) 7 – Application (ou multi- Interconnecte des réseaux
couches) utilisant des protocoles
différents
PARTIE 3 — COUCHE PHYSIQUE &
LIAISON
1. Codage des signaux
NRZ (Non Return to Zero) : un niveau de tension représente le
bit 1, un autre le bit 0, sans retour à zéro entre deux bits. Simple
mais pose des problèmes de synchronisation en cas de longues
suites de bits identiques.
Manchester : chaque bit est représenté par une transition (front
montant ou descendant) au milieu du temps bit, ce qui facilite la
synchronisation de l’horloge. Utilisé historiquement en Ethernet 10
Mbps.
Autres variantes : NRZI, Manchester différentiel, codage 4B/5B, etc.
2. Détection et correction d’erreurs
Bit de parité : ajout d’un bit supplémentaire pour rendre le
nombre total de bits à 1 pair (parité paire) ou impair (parité
impaire). Détecte les erreurs simples mais pas les erreurs doubles.
CRC (Contrôle de Redondance Cyclique) : calcul d’une valeur
de contrôle (checksum) à partir des données via une division
polynomiale ; cette valeur est transmise avec les données et
recalculée à la réception pour détecter les erreurs. Beaucoup plus
fiable que le bit de parité, utilisé dans les trames Ethernet (FCS).
3. Protocoles d’accès au medium
CSMA/CD (Carrier Sense Multiple Access with Collision
Detection) : utilisé en Ethernet filaire historique. Une station
“écoute” le support avant d’émettre (Carrier Sense) ; si une
collision est détectée pendant l’émission, la transmission est
arrêtée et retentée après un délai aléatoire. Devenu peu utile avec
le full-duplex sur switch.
CSMA/CA (Carrier Sense Multiple Access with Collision
Avoidance) : utilisé en Wi-Fi. Comme les collisions sont difficiles à
détecter sur un support radio, le protocole cherche à les éviter : la
station écoute le canal, attend s’il est occupé, puis patiente un
temps aléatoire avant d’émettre ; des accusés de réception (ACK)
confirment la bonne réception.
4. Les adresses MAC
Adresse physique unique gravée sur la carte réseau (NIC).
Longueur : 48 bits, notée sous forme de 6 octets en
hexadécimal séparés par des deux-points ou tirets, ex.
00:1A:2B:3C:4D:5E .
Structure :
Les 3 premiers octets (24 bits) = OUI (Organizationally
Unique Identifier), identifiant le fabricant.
Les 3 derniers octets = numéro de série unique attribué par le
fabricant.
Une adresse MAC de diffusion (broadcast) est FF:FF:FF:FF:FF:FF .
5. Le protocole Ethernet (IEEE 802.3)
Structure simplifiée d’une trame Ethernet :
Champ Taille Description
Préambule 7 octets Synchronisation
SFD (Start Frame 1 octet Marque le début de la trame
Delimiter)
Adresse MAC 6 octets Adresse du destinataire
destination
Adresse MAC source 6 octets Adresse de l’émetteur
Type/Longueur 2 octets Type de protocole encapsulé (ex. IPv4 =
(EtherType) 0x0800)
Données (payload) 46 à 1500 octets Données utiles (paquet de couche 3)
FCS (Frame Check 4 octets Contrôle d’erreur (CRC)
Sequence)
6. Le protocole Wi-Fi (IEEE 802.11) — notions de base
Norme de réseau local sans fil (WLAN).
Principales déclinaisons : 802.11a/b/g/n/ac/ax (Wi-Fi 6),
fonctionnant sur les bandes 2,4 GHz et 5/6 GHz.
Utilise CSMA/CA comme méthode d’accès au support.
Notions clés : SSID (nom du réseau), point d’accès (AP), mode
infrastructure vs mode ad-hoc, sécurité (WPA2/WPA3).
7. Les VLAN (Virtual LAN)
Principe : segmentation logique d’un réseau physique unique en
plusieurs réseaux virtuels indépendants, au niveau de la couche 2,
sans avoir besoin de câblage séparé.
Intérêt :
Isoler le trafic entre différents services/départements pour des
raisons de sécurité.
Réduire les domaines de diffusion (broadcast), donc améliorer
les performances.
Simplifier l’administration (regroupement logique indépendant
de l’emplacement physique).
Configuration : chaque port de switch est affecté à un VLAN
(identifié par un VLAN ID, norme IEEE 802.1Q) ; les liaisons entre
switchs transportant plusieurs VLAN sont des liens trunk
(étiquetage/tagging des trames).
PARTIE 4 — COUCHE RÉSEAU &
ADRESSAGE IP
1. Le protocole IP — rôle et caractéristiques
Rôle : assurer l’adressage logique des équipements et le routage
des paquets à travers les réseaux interconnectés.
Caractéristiques :
Non connecté : chaque paquet (datagramme) est routé
indépendamment, sans établissement préalable d’une
connexion.
Non fiable (best effort) : IP ne garantit ni la livraison, ni
l’ordre, ni l’absence de duplication des paquets ; c’est aux
couches supérieures (ex. TCP) d’assurer la fiabilité si nécessaire.
2. Structure d’une adresse IPv4
Adresse codée sur 32 bits, divisée en 4 octets.
Notation décimale pointée : chaque octet (0-255) séparé par un
point, ex. [Link] .
Chaque adresse est composée d’une partie réseau et d’une
partie hôte, déterminées par le masque de sous-réseau.
3. Classes d’adresses IPv4
Classe 1er octet (décimal) Usage Masque par défaut
A 1 – 126 Grands réseaux (peu de [Link] (/8)
réseaux, beaucoup
d’hôtes)
B 128 – 191 Réseaux moyens [Link] (/16)
C 192 – 223 Petits réseaux (beaucoup [Link] (/24)
de réseaux, peu d’hôtes)
D 224 – 239 Multicast —
E 240 – 255 Réservée —
(expérimentale/recherche)
(127.x.x.x est réservée au loopback et n’appartient pas réellement à
un usage “classe A” standard.)
4. Adresses spéciales
Adresse réseau : tous les bits de la partie hôte à 0 (ex.
[Link]/24 ) — désigne le réseau lui-même.
Adresse de broadcast : tous les bits de la partie hôte à 1 (ex.
[Link]/24 ) — envoie à tous les hôtes du réseau.
Adresse de loopback : [Link] — désigne la machine elle-
même (test local).
Adresses privées (RFC 1918), non routables sur Internet :
Classe A : [Link] à [Link]
Classe B : [Link] à [Link]
Classe C : [Link] à [Link]
5. Le masque de sous-réseau et la notation CIDR
Le masque de sous-réseau permet de distinguer la partie réseau
de la partie hôte dans une adresse IP (un bit à 1 = partie réseau, un
bit à 0 = partie hôte).
La notation CIDR (Classless Inter-Domain Routing) exprime le
masque sous forme /n , où n est le nombre de bits à 1 (ex. /24 =
[Link] ).
Elle permet de s’affranchir des classes fixes (A/B/C) pour un
adressage plus flexible et une meilleure gestion des adresses IP.
6. Le sous-réseautage (subnetting) — méthode de
calcul
Exemple : découper le réseau [Link]/24 en 4 sous-réseaux.
1. Nombre de sous-réseaux souhaité = 4 → il faut 2 bits
supplémentaires empruntés à la partie hôte (2² = 4).
2. Nouveau masque : /24 + 2 = /26 → [Link] .
3. Nombre d’hôtes par sous-réseau : 2^(32-26) - 2 = 2^6 - 2 = 62
hôtes utilisables (on retire l’adresse réseau et l’adresse de
broadcast).
4. Sous-réseaux obtenus :
Sous-réseau Adresse réseau Plage d’hôtes utilisables Broadcast
1 [Link]/26 [Link] – [Link] [Link]
2 [Link]/26 [Link] – [Link] [Link]
3 [Link]/26 [Link] – [Link] [Link]
4 [Link]/26 [Link] – [Link] [Link]
7. Le protocole ARP (Address Resolution Protocol)
Permet de faire correspondre une adresse IP (couche 3) à une
adresse MAC (couche 2) sur un même réseau local.
Fonctionnement : la machine émet une requête ARP en broadcast
(“qui possède l’IP X ?”), et la machine concernée répond en
unicast avec son adresse MAC. Le résultat est stocké dans un
cache ARP pour éviter de répéter la requête à chaque paquet.
8. Le routage IP
Table de routage : liste des réseaux de destination connus par un
routeur, avec le chemin (interface/next-hop) à emprunter pour les
atteindre.
Routage statique : les routes sont configurées manuellement par
l’administrateur ; simple mais peu adapté aux grands réseaux ou
aux réseaux changeants.
Routage dynamique : les routeurs échangent automatiquement
des informations via des protocoles de routage, et la table de
routage se met à jour automatiquement en cas de changement de
topologie.
9. Protocoles de routage dynamique (notions)
RIP (Routing Information Protocol) : protocole à vecteur de
distance, utilise le nombre de sauts (hop count, max 15) comme
métrique ; simple mais peu efficace sur les grands réseaux.
OSPF (Open Shortest Path First) : protocole à état de liens,
calcule le meilleur chemin selon un coût (bande passante) via
l’algorithme de Dijkstra ; converge plus rapidement et est mieux
adapté aux réseaux d’entreprise de grande taille.
10. Le NAT / PAT
NAT (Network Address Translation) : technique permettant de
traduire des adresses IP privées en une (ou plusieurs) adresse(s) IP
publique(s) pour accéder à Internet, économisant ainsi les adresses
IPv4 publiques.
PAT (Port Address Translation), aussi appelé “NAT overload” :
variante du NAT où plusieurs machines internes partagent une
seule adresse IP publique, distinguées par des numéros de port
différents. C’est la méthode la plus utilisée dans les box/routeurs
domestiques.
11. Introduction à IPv6
Adresse codée sur 128 bits (contre 32 bits en IPv4), offrant un
espace d’adressage quasi illimité.
Notation : 8 groupes de 4 chiffres hexadécimaux séparés par : ,
ex. 2001:0db8:0000:0000:0000:ff00:0042:8329 , pouvant être
abrégée (suppression des zéros non significatifs, :: pour une seule
série de groupes nuls consécutifs).
Différences principales avec IPv4 :
Espace d’adressage bien plus vaste (plus besoin de NAT à
grande échelle).
En-tête simplifié, améliorant les performances de routage.
Auto-configuration des adresses (SLAAC) sans DHCP obligatoire.
Sécurité (IPSec) intégrée nativement à l’origine.
Pas de broadcast : remplacé par le multicast et l’anycast.
PARTIE 5 — COUCHE TRANSPORT
1. Le protocole TCP (Transmission Control Protocol)
Orienté connexion : une connexion doit être établie avant tout
échange de données.
Fiable : garantit la livraison des données, leur ordre et l’absence de
perte (retransmission en cas de perte, accusés de réception).
Contrôle de flux : régule le débit d’émission selon la capacité de
réception du destinataire (mécanisme de fenêtre glissante).
Segments : les données sont découpées en segments, chacun
numéroté (numéro de séquence) pour permettre le réassemblage
dans l’ordre correct.
2. Établissement de connexion TCP : Three-way
handshake
1. SYN : le client envoie un segment SYN (synchronize) au serveur
pour initier la connexion.
2. SYN-ACK : le serveur répond avec un segment SYN-ACK, acceptant
la demande et synchronisant à son tour.
3. ACK : le client confirme avec un segment ACK ; la connexion est
alors établie et les données peuvent être échangées.
3. Fermeture de connexion TCP
Utilise des segments FIN (finish) : chaque partie qui souhaite
terminer la communication envoie un FIN, confirmé par un ACK de
l’autre partie (procédure généralement en 4 étapes : FIN, ACK, FIN,
ACK), ce qui permet une fermeture propre et dans les deux sens.
4. Le protocole UDP (User Datagram Protocol)
Non connecté : aucune connexion préalable n’est établie.
Non fiable : pas d’accusé de réception, pas de garantie d’ordre ni
de livraison.
Rapide et léger : en-tête minimal, faible latence, adapté aux
applications temps réel (streaming, VoIP, jeux en ligne, DNS).
Critère TCP UDP
Connexion Orientée connexion Non connecté
Fiabilité Fiable (ACK, Non fiable
retransmission)
Vitesse Plus lent (overhead) Plus rapide
Ordre des données Garanti Non garanti
Usage typique Web, email, transfert Streaming, VoIP, DNS,
de fichiers jeux en ligne
5. Les numéros de port
Un port est un identifiant (0-65535) permettant de distinguer les
différentes applications/services sur une même machine.
Ports bien connus (0-1023), quelques exemples :
Port Protocole/Service
20/21 FTP (données/contrôle)
22 SSH
25 SMTP
53 DNS
80 HTTP
110 POP3
143 IMAP
443 HTTPS
6. Multiplexage / démultiplexage
Multiplexage : à l’émission, la couche transport combine les flux
de données de plusieurs applications en les associant chacune à un
port source, pour les transmettre sur une même connexion réseau.
Démultiplexage : à la réception, la couche transport redistribue
les segments reçus vers la bonne application en fonction du port de
destination.
PARTIE 6 — COUCHE APPLICATION
1. Le protocole DNS (Domain Name System)
Permet de traduire un nom de domaine (ex. [Link] ) en
adresse IP, et inversement.
Fonctionnement hiérarchique et distribué : résolveur local →
serveurs racine → serveurs de domaine de premier niveau (TLD) →
serveurs faisant autorité pour le domaine, avec mise en cache à
chaque niveau pour accélérer les futures résolutions.
Utilise principalement le port 53 (UDP pour les requêtes courantes,
TCP pour les transferts de zone ou réponses volumineuses).
2. Le protocole DHCP (Dynamic Host Configuration
Protocol)
Permet l’attribution automatique et dynamique d’adresses IP (et
d’autres paramètres : masque, passerelle, DNS) aux équipements
d’un réseau.
Processus classique en 4 étapes (DORA) :
1. Discover : le client diffuse une requête pour trouver un serveur
DHCP.
2. Offer : le serveur propose une adresse IP disponible.
3. Request : le client demande formellement l’adresse proposée.
4. Acknowledge : le serveur confirme l’attribution (bail/lease).
3. Le protocole HTTP / HTTPS
HTTP (HyperText Transfer Protocol) : protocole de
communication client-serveur utilisé pour le Web, basé sur des
requêtes (GET, POST, PUT, DELETE…) et des réponses associées à
des codes d’état :
1xx : information
2xx : succès (ex. 200 OK)
3xx : redirection (ex. 301 Moved Permanently)
4xx : erreur côté client (ex. 404 Not Found)
5xx : erreur côté serveur (ex. 500 Internal Server Error)
HTTPS : version sécurisée de HTTP, ajoutant une couche de
chiffrement (TLS/SSL) pour garantir la confidentialité et l’intégrité
des échanges (port 443).
4. Le protocole FTP (File Transfer Protocol)
Utilisé pour le transfert de fichiers entre un client et un serveur.
Utilise deux connexions distinctes : une connexion de contrôle
(port 21, commandes) et une connexion de données (port 20,
transfert effectif des fichiers).
Existe en version sécurisée : FTPS ou SFTP (via SSH).
5. Les protocoles de messagerie électronique
SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) : protocole utilisé pour
envoyer des emails, du client vers le serveur ou entre serveurs de
messagerie (port 25, ou 587 pour la soumission sécurisée).
POP3 (Post Office Protocol v3) : permet de récupérer les
emails depuis le serveur en les téléchargeant généralement sur la
machine du client (port 110).
IMAP (Internet Message Access Protocol) : permet de
consulter et synchroniser les emails directement sur le serveur,
en conservant une copie centralisée accessible depuis plusieurs
appareils (port 143).
6. Le protocole SSH (Secure Shell)
Permet un accès distant sécurisé à une machine (ligne de
commande), en chiffrant l’ensemble des échanges (authentification
et données).
Remplace des protocoles non sécurisés comme Telnet.
Utilise le port 22 par défaut ; permet également le transfert
sécurisé de fichiers (SFTP, SCP) et la redirection de ports
(tunneling).
PARTIE 7 — SÉCURITÉ RÉSEAU
(notions)
1. Les menaces réseau
Attaques DoS / DDoS (Denial of Service) : saturation volontaire
d’un serveur ou d’un réseau par un flot de requêtes, rendant le
service indisponible (DDoS = attaque distribuée depuis de
nombreuses sources).
Man-in-the-Middle (MITM) : un attaquant s’interpose entre deux
correspondants pour intercepter, écouter voire modifier les
échanges à leur insu.
Phishing (hameçonnage) : technique d’ingénierie sociale visant à
tromper l’utilisateur (email, site frauduleux) pour lui soutirer des
informations sensibles (identifiants, données bancaires).
Sniffing (écoute réseau) : capture et analyse du trafic circulant
sur un réseau, pouvant révéler des données sensibles si celles-ci ne
sont pas chiffrées.
2. Le chiffrement
Chiffrement symétrique : une même clé est utilisée pour chiffrer
et déchiffrer les données. Rapide, mais nécessite un partage
sécurisé préalable de la clé (ex. AES).
Chiffrement asymétrique : utilise une paire de clés (clé
publique / clé privée) : ce qui est chiffré avec la clé publique ne
peut être déchiffré qu’avec la clé privée correspondante (ex. RSA).
Plus sécurisé pour l’échange initial mais plus lent ; souvent combiné
au chiffrement symétrique (ex. TLS).
3. Les pare-feux (firewall)
Rôle : filtrer le trafic réseau entrant et sortant selon des règles de
sécurité prédéfinies, afin de bloquer les communications non
autorisées.
Types :
Pare-feu à filtrage de paquets : analyse les en-têtes (IP,
port) selon des règles statiques.
Pare-feu à états (stateful) : suit l’état des connexions pour
un filtrage plus intelligent.
Pare-feu applicatif (proxy / WAF) : analyse le contenu au
niveau applicatif (ex. filtrage HTTP).
4. Les VPN (Virtual Private Network)
Principe : créer un tunnel chiffré à travers un réseau public
(Internet) entre deux points, simulant une connexion privée
sécurisée.
Utilité :
Sécuriser les connexions à distance (télétravail vers le réseau de
l’entreprise).
Protéger la confidentialité des données sur un réseau non
sécurisé (ex. Wi-Fi public).
Contourner certaines restrictions géographiques.
5. Les certificats SSL/TLS — fonctionnement HTTPS
Un certificat SSL/TLS, délivré par une autorité de certification
(CA), permet d’authentifier l’identité d’un serveur et de sécuriser
les échanges via chiffrement.
Fonctionnement simplifié du handshake TLS lors d’une connexion
HTTPS :
1. Le client contacte le serveur et demande une connexion
sécurisée.
2. Le serveur présente son certificat (contenant sa clé publique),
signé par une autorité de confiance.
3. Le client vérifie la validité du certificat, puis les deux parties
négocient une clé de session symétrique (via chiffrement
asymétrique).
4. Une fois la clé de session établie, tous les échanges suivants
sont chiffrés avec cette clé (chiffrement symétrique, plus
rapide).
Ce mécanisme garantit à la fois l’authentification du serveur, la
confidentialité et l’intégrité des données échangées.
Fin du cours.