FORMATION DES PISCICULTEURS
MODULE DE FORMATION
Thème :
Gestion de l’eau d’un étang piscicole
Février 2015
Table des matières
INTRODUCTION .......................................................................................................................................... 1
OBJECTIF DE LA FORMATION ................................................................................................................... 1
I. ETUDE DES PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES DE L’EAU ........................................................ 2
1.1. COMPOSITION DE L’EAU D’UN ETANG ................................................................................................ 2
1.2. PROPRIETES CHIMIQUES DE L’EAU ........................................................................................... 3
1.2.1. Potentiel hydrogène pH ...................................................................................................................... 3
[Link] ET TRANSPARENCE DE L’EAU ......................................................................................... 4
[Link] DE L’EAU D’UN ETANG ............................................................................................ 5
1.4. OXYGENE DISSOUS DANS L’EAU D’UN ETANG .................................................................................. 6
II. CALCUL DU DEBIT D’UN CANAL D’ALIMENTATION D’UN ETANG ............................................ 9
III. CALCUL DES BESOINS EN EAU D’UN ETANG ............................................................................... 11
IV. RECOMMANDATIONS FINALES ...................................................................................................... 13
CONCLUSION ............................................................................................................................................. 14
GLOSSAIRE ................................................................................................................................................. 15
INTRODUCTION
Le milieu dans lequel vit le poisson est appelé son environnement. La connaissance et la
maitrise de cet environnement conditionne la croissance et l’équilibre vital du poisson. L’eau
constitue le principal support de vie du poisson. Ainsi nous allons aborder dans le contenu de
cette formation les différents sujets en rapport avec la gestion de l’eau d’un étang piscicole.
OBJECTIF DE LA FORMATION
Apprendre aux pisciculteurs à gérer l’eau de leur étang par la connaissance et la maitrise des
notions de base sur :
L’estimation de la qualité de l’eau
L’estimation de la forme géométrique de l’étang
Calcul de la superficie, du volume, du débit du cours d’eau pour le remplissage de
l’étang
Calcul de besoin en eau d’un étang
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I. ETUDE DES PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES DE L’EAU
1.1. COMPOSITION DE L’EAU D’UN ETANG
L’eau de manière générale est composée de :
Des éléments dissous dont l’oxygène (O2) et le gaz carbonique (CO2) ;
Des éléments en suspension dont les phytoplanctons et les particules minérales.
Pendant la nuit : la quantité d’oxygène diminue avec la respiration des poissons et
des phytoplanctons. La respiration est la consommation d'oxygène (O2) et la
libération de gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2).
(Glucides, lipides, protides) + O2 → énergie + CO2
Pendant la nuit il n’y a pas de
photosynthèse d’où l’absence de
production d'oxygène. En revanche, les
phytoplanctons et les poissons consomment
de l'oxygène disponible dans l’eau par la
respiration.
Il y a donc durant la nuit, une forte
consommation d'oxygène qui se fait. Ce qui
entraine une augmentation de gaz
carbonique dans l’eau.
Au fur et à mesure que l’oxygène est
consommé, sa quantité diminue dans l’eau.
A l'aube, on peut observer les poissons
venant chercher de l'oxygène à la
surface de l'eau et même parfois, une
mortalité massive par asphyxie.
Pendant la journée : la teneur en oxygène augmente grâce aux phytoplanctons qui
le produisent par la photosynthèse. Pour cela, ils utilisent le gaz carbonique et les
rayons solaires.
Les poissons utilisent l’oxygène produit pour la respiration et la minéralisation
c’est-à-dire pendant la digestion essentiellement pour la décomposition des
aliments.
La minéralisation, est le processus qui réduit toute la matière organique en
éléments minéraux : matière organique + O2 → CO2 + énergie + N, K, P
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La source principale d'oxygène dissous dans
l'eau est liée à la photosynthèse. La
photosynthèse est le phénomène par lequel
les planctons transforment l'énergie solaire
en énergie chimique pour la synthèse de
molécules riches en énergie (glucides,
lipides, protides) à partir d'eau et de dioxyde
de carbone tout en libérant de l'oxygène :
énergie solaire
CO2 + H2O → (glucides, lipides, protides) +
O2.
Seuls, les phytoplanctons sont capables
d'effectuer la photosynthèse.
Etant donné que la quantité d’oxygène varie tout au long de la journée, Des
contrôles de routine doivent être faits au courant de la journée afin de s’assurer
que les poissons ne souffrent pas de manque d’oxygène.
1.2. PROPRIETES CHIMIQUES DE L’EAU
1.2.1. Potentiel hydrogène pH
Acidité et alcalinité de l’eau
Les éléments dissous ou en suspension dans l’eau d’un étang entrainent une variation de
la propriété chimique de l’eau qui devient : acide, alcaline ou neutre. Le pH est un
paramètre important qui détermine la propriété chimique de l'eau. Il permet d’évaluer
l’acidité ou l’alcalinité de l’eau et varie de 0 à 14.
L’eau appropriée à la pisciculture doit avoir un
certain degré d’acidité, indiqué par sa valeur de
pH. De préférence, cette valeur devra varier
Entre 6,5 et 8,5.
Des valeurs supérieures ou inférieures à cet
intervalle entravent le développement et la
reproduction des poissons et du phytoplancton.
Pour cette raison, il est recommandé de mesurer tôt le matin, le pH de l’eau de son étang et de
son canal d’alimentation en eau afin de s’assurer que les limites sont compatibles au pH
recommandé (pas ‹ 4 et pas › 11).
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Nous utilisons le papier pH pour connaître le pH qui prévaut dans notre étang.
[Link] ET TRANSPARENCE DE L’EAU
Le terme « turbidité » désigne la quantité de particules de terre et d’autres impuretés
dissoutes ou en suspension dans l’eau, qui donnent à cette dernière une couleur
brunâtre.
Une turbidité élevée peut diminuer la productivité des poissons, car elle réduira la
pénétration de la lumière dans l’eau et par conséquent les phytoplanctons produiront
moins d’oxygène.
Différents Type de turbité
Type de Causes Couleur de l’eau
turbidité
Turbidité Teneur élevée en limon ou argile Brun clair ou rougeâtre
minérale Présence des poissons au fond de la (couleur de terre)
vase
Turbidité Présence d’humus provenant Brun foncé
humique De l’eau d’alimentation
Un excès de matière
organique
Turbidité due au Concentration élevée de végétaux et Vert, bleu-vert, jaune
phytoplancton d’animaux vert
Conséquences
Des eaux fortement turbides en raison de la présence de particules minérales et/ou
humiques sont dommageables pour les poissons. Ces particules suspendues risquent
de s'accumuler au niveau des branchies et de diminuer fortement la capacité de
respiration du poisson.
De fortes pluies entraînant de nombreuses particules minérales et organiques du sol
ainsi que la perturbation du fond de l'étang par des poissons
On observe également que des écoulements trop rapides dans les canaux
d'alimentation (dus à de trop fortes pentes du canal) augmentent la turbidité de l'eau
par suite d'érosion.
Recommandation : éloigner les eaux boueuses de l’étang et protéger les digues contre
l’érosion, c’est-à-dire éliminer les causes de turbidité.
La transparence phytoplanctonique requise de l’eau autour de laquelle la fertilité de
l’étang est bonne, la production et la croissance des poissons est optimale est comprise
entre 40 et 60 cm.
Renouveler l’eau en cas de valeur inférieure à 40 et fertiliser l’eau en cas de valeur
supérieure à 60.
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Pour y parvenir, nous procédons par la méthode la plus simple à notre portée qui est la
méthode de la main sachant qu’il existe plusieurs autres que nous n’avons pas développé dans
ce module de formation pour de raisons évidentes.
Matériels : ruban métrique, bâton, …
[Link] DE L’EAU D’UN ETANG
La température de l’eau est un facteur important qui influence la croissance et les activités
physiologiques du poisson.
Une baisse de température :
Ralentit le développement des œufs, la croissance des alevins et des poissons plus
âgés ;
Retarde, empêche la maturation et la ponte ;
Diminue l’absorption de nourriture et peut la stopper complètement et
Augmente la vulnérabilité aux infections et aux maladies.
Mesure de la température
Il est conseillé de mesurer la température de l’eau 2 fois par jour (entre 15 et 20 cm sous la
surface) :
Peu après le lever du jour : quand la température de l’air est proche de sa valeur
minimale et
Peu après 12h : quand la température de l’air est proche de sa valeur maximale.
En additionnant ces deux valeurs et en les divisant par 2, nous obtenons la
température moyenne journalière.
Modification de la température
La température de l’eau est un facteur important pour déterminer si on peut réellement élever
les espèces de poissons sélectionnées. Une température d’eau de 24 °C à 32 °C convient
généralement très bien à la pisciculture tropicale.
Des modifications de température sont possibles afin de maintenir l’eau de son étang au seuil
de température requis.
Pour augmenter la température de l’eau de l’étang (cas de croissance prolongée ou ponte
précoce des poissons d’eau chaude) :
Installer des brises vents semi perméables, perpendiculaires à la direction des vents
froids (zones extrêmement froides) ;
Profiter au maximum du temps ensoleillé en construisant des étangs peu profonds
qui se réchauffent plus rapidement et
Eliminer l’eau du fond si elle est plus froide que l’eau du canal d’entrée.
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En revanche, pour réduire la température moyenne de l’eau d’un étang (amélioration de la
teneur globale en oxygène dissous) : éliminer les eaux de surfaces chaudes (cas des étangs peu
profonds)
Remarque : un étang peu profond se réchauffera plus vite mais se refroidira également plus
vite. D’où construire ou aménager son étang selon les tolérances de valeur requise.
La profondeur recommandée de l’eau d’un étang doit varier de 50cm à 1,20 m en partant du
coté peu profond vers le coté du point de vidange.
Matériel : thermomètre
1.4. OXYGENE DISSOUS DANS L’EAU D’UN ETANG
L’eau contient de l'oxygène. Parmi les gaz dissous, l'oxygène est celui qui joue le rôle plus
important en ce qui concerne la qualité des eaux de l'élevage. Il est indispensable à la vie.
On parle d'oxygène dissous, c'est-à-dire de la quantité d'oxygène contenue dans l'eau.
Il y a beaucoup moins d'oxygène dans l'eau que dans l'air, ceci est dû au fait que l'eau ne peut
contenir qu’une petite quantité de ce gaz dissous.
Source de l’oxygène : il provient de l’air et de la photosynthèse
Du fait que les organismes végétaux (dont
le phytoplancton est le plus répandu dans un
étang piscicole) produisent de l'oxygène
par la photosynthèse, uniquement pendant le
jour, l'oxygène dissous dans l'eau a un cycle
journalier. A l'aube, l'oxygène dissous est
minimal puisqu'il a été consommé la nuit
par tous les organismes végétaux et
animaux.
Au début du jour, la photosynthèse
commence, l'oxygène est produit et la
concentration en oxygène dissous dans l'eau
augmente.
Teneur en oxygène dissous
La teneur en oxygène dissous (quantité d’oxygène que peut contenir une eau) varie avec :
La température de l’eau : d’une part, les élévations de température réduisent la teneur
en oxygène dissous et d’autre part, les diminutions de température augmentent la
concentration en oxygène dissous de l’eau de l’étang ;
La photosynthèse et la diffusion (échange entre atmosphère et surface de l’étang) :
phénomène qui contribue à augmenter la concentration en oxygène et
La respiration et la minéralisation réduisent la concentration en oxygène dissous.
Le taux d’oxygène dissous varie également avec la pression atmosphérique et est notamment
dangereux lors d’un orage car la pression chute très rapidement, entrainant la perte d’oxygène.
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Teneur recommandée pour une exploitation piscicole: La teneur en oxygène recommandée est
de 3 mg/ l.
En dehors des méthodes scientifiques (oxymètre) de dosage d’oxygène par des appareils
coûteux mais sûr, nous n’avons pas de méthodes simples à vous proposer mais par
l’observation de certains signes, nous pouvons être à mesure de s’informer sur la teneur
d’oxygène dissout.
Signes indicateurs de la baisse de la teneur en OD
Présence des têtards qui se rassemblent au bord de l’étang ;
Les animaux aquatiques grimpent sur les plantes émergées ;
Odeur d’œuf pourri qui se dégage de l’eau ;
Les poissons ne s’alimentent plus ou très peu et
Les poissons remontent à la surface à la recherche de l’oxygène (pipage).
Comment améliorer la teneur en OD d’un étang
Lors de l’aménagement de l’étang :
Identifier les vents importants qui soufflent, à quelle position pour orienter et disposer
l’étang de façon à ce que les digues les plus longues soient parallèles à la direction des
vents ;
Evacuer l’eau du fond moins oxygénée et remplacer par l’eau de surface plus
oxygénée et
Augmenter la production d’oxygène par la photosynthèse en réduisant l’ombrage à la
surface de l’eau de l’étang.
Au niveau de l’alimentation et de la mise en charge :
Eviter le surpeuplement et la suralimentation(en cas d’excès de matière organique,
l’évacuer en dehors de l’étang et laisser la vase se refaire pendant 2 à 3semaines
d’assec lors de la vidange).
Au niveau des prises d’eau :
Si l'eau alimente l'étang à travers un tuyau,
ajouter un coude de 90º à l'extrémité du tuyau et en tournant son ouverture vers le
haut;
placer un filtre perforé vertical sur l'extrémité renversée du tuyau pour améliorer le
contact avec l'air;
fixer un écran perforé horizontal de façon qu'il s'incurve autour de l'extrémité du tuyau
et le dépasse légèrement.
Si l'eau d'alimentation chute verticalement dans l'étang par l'intermédiaire d'un dispositif en
surplomb, tel que tuyau ou structure en bois, aménager :
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un panneau horizontal fixé sur un support en bois au-dessus du niveau d'eau maximal;
un panneau horizontal perforé, fabriqué avec une tôle perforée ou un fin grillage
métallique, placé au-dessus de l'eau;
un panneau incliné sur lequel sont fixés des tasseaux transversaux;
un morceau de tôle ondulée ou une plaque d'asbeste inclinée, de préférence perforée
de nombreux trous de 8 mm;
Pour maintenir l’efficacité de ce dispositif, il faudra régulièrement nettoyer les parties en
grillage ou perforées pour empêcher la formation d’algues ou d’autres dépôts.
Figure 4: Systèmes simples d'aération
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II. CALCUL DU DEBIT D’UN CANAL D’ALIMENTATION D’UN ETANG
CALCUL DE LA SUPERFICIE ET DU VOLUME
En fonction de la forme géométrique, un étang peut être en forme de cercle, carré, rectangle,
losange, trapèze ou triangle. Le calcul de la superficie ou de la surface se fait de la manière
suivante :
CALCUL DE LA SURFACE OU SUPERFICIE(S)
Formes géométriques dimensions formules
Carré Coté c×c ou c²
Cercle rayon 3.14 × r²
Losange Grande et petite base (B×A)/2
Rectangle Longueur et largeur L×l
Triangle Base et hauteur (b×h)/2
Trapèze Hauteur, grande et petite (H× (B+A))/2
base
En cas de forme géométrique irrégulière le calcul de la superficie se fait en fonction de celles
régulières. Comment procéder !
subdiviser l’étang en forme géométrique régulière ;
calculer la superficie de chaque figure géométrique et
additionner les superficies pour trouver la superficie totale ou finale.
Voici le tableau de correspondance des unités
km² hm² dam² m² dm² cm² mm²
ha a
1ha = 100 ares = 10.000m²
1dam²= 1 are = 100m²
CALCUL DU VOLUME(V)
Rappel des correspondances des unités
km³ hm³ dam³ m³ dm³ cm³ mm³
kl hl dal l
1 dm³= 1litre
Les volumes des figures géométriques vues précédemment sont calculés en multipliant leurs
surfaces ou superficies par la profondeur moyenne de leur étang :
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V étang= S étang × profondeur moyenne
Où : V volume de l’étang
S superficie de l’étang
𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑒𝑢𝑟+ 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑒𝑢𝑟
Profondeur moyenne = 2
Volume d’un cube d’arête a : V = a x a x a = a3
Volume d’un pavé droit (Longueur L, largeur l, hauteur h) : V = L x l x h
Volume d’un cylindre (rayon r, hauteur h) : 3.14 x r² x h
Volume d’un cône tronqué : (3.14 / 3) x (r1² + r2² + r1 x r2) x h
CALCUL DU DEBIT
Le débit est le volume d’eau disponible qui coule par unité de temps. Le calcul du débit est
important car il permet d’évaluer le temps de remplissage de l’étang, les limites convenables
de la superficie de l’étang à exploiter.
Comment procéder !
- Déterminez un point A et un point B le long d’un cours d’eau ou d’un canal ;
- Calculez les sections mouillées (aire) de ces points A et B (en m²) et faites la moyenne
de ces 2 valeurs ;
- Lâchez un objet flottant au milieu du canal au point A et chronométrez le temps
jusqu’au point B (en secondes) ;
- Répétez l’opération 3 fois et calculez le temps moyen ;
- Divisez ensuite la distance de A à B par le temps moyen pour trouver la vitesse
moyenne de l'eau en surface (en m/s) ;
- Multipliez par 0,85 (coefficient de correction) pour estimer la vitesse moyenne de l'eau
dans le ruisseau ;
- Pour calculer le débit (en m3/s), multipliez la vitesse moyenne de l'eau par la section
mouillée moyenne Q (débit)= S (section) x V (vitesse). Pour exprimer ce débit en
litres par seconde (l/s), multipliez le résultat par 1000.
Pour estimer le temps de remplissage d’un étang, ou son taux de renouvellement, il
peut être bon de parler en m³/h. pour cela, multiplier le résultat en m³/s par 3600.
Exemple
- Au point A, la profondeur moyenne est de 1 m et la largeur du cours d'eau est
de 2 m; la section mouillée en A est donc de 1 m x 2 m = 2 m² ;
- Au point B, la profondeur moyenne est de 0,80 m et la largeur du cours d'eau
de 2 m; la section mouillée en B est donc de 0,80 m x 2 m = 1,6 m² ;
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- Section mouillée en A = 2,0 m²; Section mouillée en B = 1,6 m²; Total (A + B)
= 3,6 m²;
Section mouillée moyenne = 3,6 m² ÷ 2 = 1,8 m² ;
- Distance entre A et B = 20 m; vos trois mesures du temps sont 59, 61 et 60
secondes, dont la somme fait 180 secondes; le temps moyen pris par le flotteur pour
parcourir A-B est 180 s ÷ 3 = 60 secondes; la vitesse moyenne de l'eau en surface est
de 20 m ÷ 60 s = 0.33 m/s; la vitesse moyenne de l'eau du ruisseau est de: 0,33 m/s x
0,85 = 0, 27 m/s ;
- Vitesse moyenne de l'eau = 0,27 m/s; Section mouillée moyenne = 1,8 m²;
Débit = 0,27 m/s x 1,8 m² = 0,486 m³/s = 486 l/s.
A l’entrée d’un étang, il est possible de mesurer le débit en comptant le temps
nécessaire à l’eau pour remplir un récipient dont le volume est connu (par exemple un
seau).
III. CALCUL DES BESOINS EN EAU D’UN ETANG
Après avoir calculé le volume d’eau disponible, il est intéressant de connaître le volume d’eau
réellement nécessaire pour un étang piscicole, et voir si la rivière ou la source convient à nos
besoins, car ces derniers ne concernent pas uniquement le remplissage, mais également
diverses pertes.
PERTES PAR INFILTRATION
Les pertes d'eau, soit verticalement à travers le fond de l'étang, soit horizontalement au travers
des berges, soit encore par le système de vidange de l'étang, sont appelées infiltrations.
Si les berges de l'étang sont bien construites et bien entretenues, et si le système de vidange
est étanche, la quantité d'eau perdue horizontalement est très faible. Il suffit alors de calculer
l'infiltration verticale.
Les fuites d'eau sont plus importantes dans un étang rempli pour la première fois. La structure
du sol de l'étang étant encore bonne, il y a perte d'eau.
Les pertes vont de 0.25 à 250 mm/jour selon que le sol est argilo limoneux (0.25 à 5), argileux
(1.25 à 10), limon argileux (2.50 à 15), limoneux (8 à 20), limon sableux (13 à 76) et sableux.
(25 à 250).
En d’autres termes, dans le cas d’un sol limoneux, la hauteur d’eau diminuera entre 8 et 20
mm par jour, si aucun ajout d’eau n’est réalisé.
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Exemple
Un étang a une superficie de 1 500 m². Le sol est constitué de limon. Vous voulez
savoir le volume d'eau nécessaire pour compenser les pertes par infiltration verticale
par jour.
Les pertes par infiltration dans un sol limoneux sont en moyenne de 14 mm par jour
(entre 8 et 20 mm/jour), soit: 0,014 m de hauteur d’eau/jour (pertes) x 1 500 m²
(superficie de l'étang) = 21 m³/jour.
Comment réduire les infiltrations par la mise en boue
Pour réduire les infiltrations, un moyen consiste à briser la structure du fond de
l'étang avant de le remplir
Il faut d'abord saturer d'eau le sol du fond de l'étang. La quantité d'eau dont
vous avez besoin initialement (de 200 à 300 mm de hauteur d’eau) varie
légèrement selon le type de sol. Prenez comme base normale 300 mm ou 0,3
m.
Quand l'eau a suffisamment imprégné le fond de l'étang pour que le sol puisse
être travaillé, c'est le moment de mettre en boue à la houe, à la charrue ou par
tout autre moyen.
Pour calculer la quantité d'eau nécessaire à la mise en boue, multipliez la superficie de l'étang
(en m2) par 0,3 m.
Exemple
Votre étang a 1 500 m2 de superficie. Pour saturer le fond avant la mise en boue, il vous faut:
0,3 m x 1 500 m2 = 450 m3 d'eau.
Les chiffres ci-après indiquent le taux des pertes par infiltration selon les différents types de
sols, après leur mise en boue.
Tableau 1: Infiltrations après mise en boue
Type de sol mis en Pertes par infiltration
boue (mm / jour)
Limon sableux 3-6
Limon 2-3
Limon argileux 1-2
Argile limoneuse Environ 1
Argile Environ 1
Exemple
Supposons que vous ayez à mettre en boue un étang de 1 500 m2, à sol limoneux, et que vous
vouliez trouver la quantité d'eau nécessaire pour compenser les infiltrations par jour, après la
mise en boue.
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Les pertes dans un sol limoneux mis en boue en un jour sont de 3 mm environ, soit:
0,003 m/jour (pertes) x 1 500 m2 (surface de l'étang) = 4,5 m3 d'eau par jour.
PERTES D’EAU PAR EVAPORATION
Des températures atmosphériques élevées, une faible humidité, des vents forts et
l'ensoleillement augmentent l'évaporation.
Avec nos moyens du terrain, il est impossible d’obtenir une mesure fiable de l’évaporation.
Nous pouvons toutefois estimer qu’elle sera au maximum de 2.5 cm par jour, ce qui sera
compensé par un débit d’eau de 3 l/s/ha.
Pour expliquer comment un débit de 3l/s/ha pourrait compenser une perte de 2.5 cm de
hauteur/jour, il faut procéder comme suit :
2.5 cm de hauteur/jour de perte =2.5cm/100*10.000m2 (superficie d’un ha)=250m3/jour*1.000
(pour convertir le m3 en litre) =250.000 l/jour de perte d’eau.
Pour la compensation de cette perte d’eau il faut : 60’’*60’*24h*3=259.200 l/j/ha
Autrement dit, un débit de 259.200 l/j suffirait amplement à compenser une perte de 250.000 l
de perte par jour pour un étang d’un hectare.
TEMPS OU DELAIS DE REMPLISSAGE D’UN ETANG
Le délai de remplissage est déterminé par 2 facteurs : le débit d’eau du canal d’amenée et le
besoin en eau de l’étang (volume et pertes par évaporation ou infiltration).
Prenons l’exemple d’un étang de 400 m² et d’une profondeur de 0.8 m. Le volume d’eau
nécessaire est de 400 x 0.8 = 320 m³. Le canal d’arrivée d’eau a, au moment du remplissage,
un débit de 5 l/s, soit 18m³ / h ((5x3600)/1000). Il y aura donc besoin de 320 / 18 = 17.77
heures.
BESOIN TOTAL EN EAU D’UN ETANG
Le besoin global d'un étang en eau correspond à la somme des valeurs suivantes:
quantité d'eau nécessaire pour remplir l'étang dans des délais raisonnables (moins de 8
jours);
quantité d'eau nécessaire pour compenser les pertes par infiltration et par évaporation
pendant la période prévue pour l'élevage des poissons.
IV. RECOMMANDATIONS FINALES
Etant donné que l’eau est un facteur crucial pour le grossissement des poissons et pour leur
santé, le pisciculteur doit veiller à un entretien et un suivi régulier des éléments ci-après :
la stabilité des paramètres physico-chimiques (oxygène, transparence et turbidité, pH,
température, etc.) ;
Le contrôle de l’étang pour dépister les fuites d’eau éventuelles ;
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Le nettoyage des filtres de la prise d’eau et de la sortie d’eau ;
L’observation des poissons pendant que ces derniers se nourrissent : mangent-ils
normalement ? Sont-ils actifs? Dans le cas contraire, surtout s’ils viennent prendre de
l’air à la surface, le taux d’oxygène dissous est trop faible? Arrêter les apports
d’aliments et de fertilisants ou faire circuler l’eau dans l’étang jusqu’au moment où les
poissons reprennent leur comportement normal ;
Observez s’il y a des symptômes qui pourraient indiquer la présence d’une maladie ;
La surveillance contre les prédateurs, guetter les empreintes et prendre des
précautions si nécessaire et
L’élimination des algues indésirables qui poussent dans l’étang.
CONCLUSION
Nous disons que l’eau d’un étang peut être gérée et cela exige de nombreux efforts à fournir
de la part du pisciculteur dans le respect et la mise en pratique des notions et principes
énumérés tout au long de la formation.
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GLOSSAIRE
Activité physiologique : mécanismes de fonctionnement des diverses fonctions vitales des
organismes vivants.
Alevin : nom donné au jeune poisson depuis la larve jusqu’à un poids de quelques grammes.
Asphyxie : manque d'oxygène inhalé par les organes respiratoires et qui peut provoquer la mort si
cette interruption d'aération perdure.
Assec : période pendant laquelle un étang est maintenu vide.
Débit : volume d'eau passant par un point par unité de temps, généralement exprimé en mètres
cubes par seconde ou en litres par seconde (typiquement pour l'alimentation d'un étang).
Environnement : conditions dans lesquelles un organisme vit.
Etiage : débit le plus faible d’un cours d’eau.
Fertiliser : gestion des apports d'engrais et d'amendements dans un étang pour aider au
développement de la nourriture naturelle.
Gravitaire (écoulement –) : écoulement naturel, par l’effet de la pesanteur.
Humus : résultat de la décomposition partielle, par les microbes du sol, des déchets végétaux et
animaux.
Matière organique : désigne la matière décomposée d'origine animale et végétale qui se trouve dans
le sol.
Minéralisation : processus de décomposition de substances complexes de grande taille d'origine
organique ou minérale.
pH : symbole exprimant, par le chiffre dont il est accompagné, l’acidité, la neutralité ou l’alcalinité
d’une eau.
Photosynthèse : ensemble de réactions qui permettent aux plantes vertes (dont le phytoplancton),
de synthétiser des molécules en utilisant l'énergie lumineuse du Soleil, dans les conditions
naturelles. Au cours de ce processus, les feuilles vertes captent le gaz carbonique et rejettent
de l'oxygène.
Phytoplancton : plancton végétal.
Plancton : ensemble des organismes microscopiques vivant et flottant dans l’eau passivement ou
non, sans pouvoir opposer de résistance effective aux courants.
Prédateur : organisme qui se nourrit de proies.
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Respiration : absorption de l'oxygène et rejet du gaz carbonique ; chez les végétaux (par exemple le
phytoplancton), la photosynthèse ne fonctionne pas la nuit par absence de lumière solaire, et
c'est alors la respiration qui se déroule.
Saturer : imbiber ou imprégner à l’excès.
Zooplancton : plancton animal.
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