Module Fertisation
Module Fertisation
FORMATION
Mai 2018
GLOSSAIRE ................................................................................................................................................. 27
REMARQUE : le contenu de ce module et les illustrations ont été tirés de l'ouvrage de la Food and Agriculture
Organization of the United Nations (F.A.O.) intitulé "Méthodes simples pour l'aquaculture", volume consacré à
la gestion : Coche, A.G. et Muir, J.F. Pisciculture continentale - La gestion 1. Les étangs et leur eau.1996. 233 p.
et 2. La ferme et ses stocks.1999. 341 p.
INTRODUCTION
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1. PRESENTATION DES ESPECES
1.1. Espèces élevées
1.1.1. Les Tilapias
Le tilapia nilotica, ou tilapia du Nil, nom scientifique " Oreochromis niloticus", est un
incubateur buccal avec garde maternelle, c’est-à-dire que la femelle reprend les œufs dans sa
bouche après fécondation et y garde ses petits jusqu’à 7 jours après la naissance. Il est l’une
des plus importantes espèces élevées actuellement. Sa croissance rapide et son adaptation à
des écosystèmes variés, de même que sa chair savoureuse font de lui un excellent candidat
pour la pisciculture.
Il existe également l’espèce « Tilapia rendalii », originaire entre autre de la RDC, qui est un
tilapia à incubation sur substrat. Les alevins consomment du zooplancton et les adultes des
végétaux. Sa croissance est moins importante qu’Oreochromis niloticus.
2
• acceptation de densités élevées ;
• résistance aux maladies ;
• apprécié des consommateurs ;
• permet la commercialisation des poissons vivants car résistant au manque d’oxygène ;
• sa capacité de survivre hors de l’eau pendant de longues périodes est particulièrement
appréciée car les températures d’eau plus élevées causent des problèmes pratiques,
entre autres pendant le transport.
3
1.1.3. Dissemblances ou différences entre Tilapias et Clarias
Tableau 1: Dissemblances ou différences entre Tilapias et Clarias
4
1.2. Méthode simple d’estimation du poids d’un poisson
La relation taille-poids donne l’évolution du poids des poissons en fonction de leur taille. Elle
permet d’évaluer approximativement le gain de poids des poissons, même en l’absence d’une
balance, par exemple lors d’une vente ou d’un échantillonnage. Il ne s’agit pas d’une relation
très précise, par exemple un tilapia de 10 cm pourra peser 16, 17, 18, 19 ou 20 grammes mais
permet d’obtenir un ordre de grandeur.
Tilapia Clarias
Taille (cm) Poids (g) Taille (cm) Poids (g)
4 1 8 3
5 2 9 4
6 4 10 6
7 6 11 8
8 9 12 10
9 13 13 12
10 18 14 15
11 24 15 19
12 32 16 23
13 41 17 27
14 51 18 32
15 63 19 37
16 77 20 43
17 93 21 50
18 111 22 57
19 131 23 65
20 153 24 74
21 178 25 84
22 205 26 94
23 235 27 105
24 268 28 117
25 304 29 129
26 343 30 143
27 386 31 157
28 431 32 172
29 480 33 189
30 533 34 206
35 224
36 243
37 264
38 285
39 308
40 331
5
1.3. Méthodes de culture
1.3.1. Monoculture du tilapia
La monoculture est une méthode de culture qui consiste à élever une seule espèce de poisson
dans l’étang. Dans le cas où nous n’élevons qu’un seul sexe (mâle ou femelle), nous parlons
de culture monosexe.
Avantages de la polyculture :
• La combinaison de différentes espèces dans un même étang permet d’obtenir une
production totale de poissons très élevée qu’il ne serait pas possible d’atteindre avec
une seule espèce c’est à dire le résultat est meilleur en polyculture comparé à la
monoculture ;
• Permet de mieux tirer profit des différentes ressources d’aliments naturels présentes
dans l’étang d’où pas vraiment de concurrence alimentaire ;
• Chaque espèce de poisson a ses préférences alimentaires spécifiques, qui sont liées à
la position que le poisson occupe dans l’étang (certains poissons vivent dans le fond,
d’autres vivent au milieu de la colonne d’eau) et à son régime alimentaire (herbivore,
carnivore, omnivore) ;
• Le clarias permet de contrôler la multiplication excessive du tilapia : en consommant
la majeure partie du fretin de tilapia (poissons juvéniles) et donc permettant une plus
grande croissance des adultes Oreochromis niloticus.
6
Inconvénient de la polyculture :
• son application est délicate car il est difficile de maintenir un équilibre convenable
entre prédateur et proie : les gros clarias sont capables de contrôler la reproduction
contrairement aux plus petits. Il est recommandé d’ensemencer de gros Clarias pour
bien contrôler la reproduction des Tilapias.
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2. PRATIQUES DE CULTURES
2.1. Préparation d’un étang
Les bons résultats d’une activité piscicole sont avant tout le fruit d’une bonne préparation de
l’étang, car toutes les autres interventions en dépendent ; comme pour dire que vain sera
l’effort d’un pisciculteur s’il n’arrive pas à bien préparer son l’étang.
2.1.1. L’assec
Après avoir vidangé un étang, il n’est pas toujours bon de le remplir directement avec de l’eau
et y mettre du poisson. Un pisciculteur averti, dans la mesure du possible, laissera son étang
sécher sous le soleil pendant quelques jours (de préférence de 14 à 21), avant de l’alimenter
en eau et y mettre des poissons. Cette méthode d’assec permettra entre autre d’éliminer, par
l’influence des rayons solaires, les espèces animales et végétales et organismes indésirables se
trouvant dans l’étang (virus, parasites, etc.) après la vidange. Pendant cette période d’assec, le
pisciculteur effectuera des opérations suivantes :
Excepté cette méthode d’assec, d’autres méthodes chimiques peuvent être utilisées pour
éliminer les espèces et organismes indésirables d’un étang vidangé ; parmi ces méthodes,
citons à titre d’exemple le chaulage dont nous parlerons ci-dessous.
Avant d’alimenter son étang en eau, le pisciculteur doit chercher à répondre aux questions
suivantes :
8
2.1.2. Le chaulage
• Rendre plus efficace les engrais afin d’augmenter la nourriture naturelle dans un
étang ;
• Augmenter le pH de l’eau ou du sol du fond de l’étang (il doit normalement être
compris entre 6,5 et 9) ;
• Lutter contre la propagation d’une maladie contagieuse ;
• Eliminer des poissons indésirables, virus, etc. dans un étang vidangé.
Le chaulage d’un étang se fait à l’aide de carbonate de calcium (CaCO3), de la chaux vive
(CaO) ou de la chaux éteinte (Ca(OH)2). Ces produits présentent des caractéristiques
différentes les uns des autres.
9
N.B:
ATTENTION: La chaux vive peut causer des brûlures graves. Evitez le contact avec la peau et
les yeux. Si, par accident, une personne est entrée en contact avec le produit, se rincer
immédiatement avec beaucoup d'eau.
Pour connaître la quantité de chaux nécessaire pour un étang nouvellement construit, il suffit
de se référer au tableau suivant :
Après avoir déterminé la quantité de chaux nécessaire, le pisciculteur épandra cette chaux sur
toute l’étendue de l’étang, puis il cherchera à la mélanger à la couche superficielle du fond de
l’étang (les premiers 5 cm).
Une fois par an, le pisciculteur répandra un quart de la quantité totale d'amendement calcaire
nécessaire au traitement complet d'un nouvel étang (quantité totale d’amendement divisée par
4).
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C. Traitement régulier de l'eau d'un étang
Environ une fois par mois, le pisciculteur vérifiera le pH de l'eau de l'étang en fin de journée,
et:
Ces éléments nécessaires qu’il faut apporter dans l’étang sont contenus dans des substances
qu’on appelle « engrais ». Ceci vient à dire que pour fertiliser un étang, le pisciculteur doit
utiliser des engrais.
Les engrais sont donc des substances naturelles ou synthétiques (artificielles = obtenues par
l’industrie chimique) capables d’augmenter la production d’organismes alimentaires
(éléments nutritifs) naturels que les poissons peuvent consommer. Ces organismes sont
notamment le phytoplancton, le zooplancton et les insectes qui, au fait, font tous partie d'une
chaîne alimentaire complexe pour la production de poisson.
A titre indicatif, les données du tableau ci-dessous peuvent servir à estimer la production
piscicole potentielle sans alimentation complémentaire. Tout accroissement de la production
par rapport à ces valeurs exigera donc un apport d'aliments de complément.
L’ajout d’un aliment exogène en complément de celui naturel, peut permettre d’augmenter la
production jusqu’à 15000 kg/an/ha.
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2.2.2. Différents types d’engrais
Nous distinguons deux types d’engrais que nous pouvons utiliser dans la fertilisation d’un
étang :
Ces deux types d'engrais présentent des avantages et des inconvénients chacun :
En nous référant aux avantages et inconvénients de ces deux engrais, nous pouvons
comprendre qu’il est mieux d’utiliser de l’engrais organique que de l’engrais inorganique vus
les multiples avantages qu’ils peuvent procurer à nos étangs (dont la disponibilité et le coût).
Raison pour laquelle nous ne parlerons que des engrais organiques dans cette formation.
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[Link]. Différentes sortes d’engrais organiques
Les engrais organiques sont tous les engrais que nous pouvons obtenir grâce à la
décomposition de toute matière décomposable. Ainsi, les matières couramment utilisées et
capables de procurer de l’engrais sont les suivantes :
De toutes ces matières, les fumiers animaux offrent également l’avantage de pouvoir apporter
un complément de nourriture grâce aux vers qu’ils peuvent contenir. Ainsi les jours
d’application de fumure animale, on pourra supprimer ou réduire l'alimentation
supplémentaire.
Signalons ensuite que la composition chimique de tous ces fumiers animaux n’est pas la
même et par ce fait, n’agissent pas de la même façon dans l’étang. Par exemple, en quantité
équivalente, le fumier de poules et de canards a beaucoup plus de valeur nutritive que le
fumier de porcs et mieux encore que la bouse de vaches ou des chevaux.
En plus, chaque animal produit par jour une quantité de matière fécale bien déterminée. Les
porcs, par exemple, produisent chaque jour en moyenne un dixième environ de leur poids vif
en déchets totaux frais, qui comportent des déchets solides et de l'urine ; (les bœufs 6%, les
chèvres 7%, les canards 11% et les poules 7%). Un peu moins de la moitié est constituée de
fumier solide.
Comme nous l’avons dit ci-haut, tous les fumiers n’ont pas une même valeur nutritive ; Si
donc un pisciculteur est en présence de plusieurs sortes de fumiers, il faut qu’il choisisse le
meilleur fumier pour fertiliser l’étang, en tenant compte des critères suivants:
NB : Dans des étangs nouveaux au sol sableux, on peut préférer la bouse de vache à haute
teneur en fibres pour favoriser la formation de vase au fond de l'étang.
Nous savons très bien que toute matière en décomposition a besoin de l’oxygène ; et le
fumier animal utilisé pour la fertilisation d’un étang a besoin de l’oxygène pour pouvoir se
décomposer. Si le pisciculteur met beaucoup de fumier en un seul jour dans l’étang,
l’oxygène contenu dans l’eau risque de baisser et les poissons souffriront d’une insuffisance
d’oxygène, ce qui peut provoquer leur mort.
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Pour éviter ce drame, un bon pisciculteur doit limiter la quantité de fumier animal à appliquer
en un seul jour. Cette quantité maximale de sécurité est exprimée habituellement en
kilogrammes (kg) de matières sèches (MS) par hectare (ha) et par jour (j) abrégée en kg
MS/ha/j.
Ainsi chaque sorte de fumier animal possède sa proportion de matières sèches que nous
pouvons définir comme suite :
Le poids de fumier que peut produire 100kg de chaque animal est précisé dans la Figure 3.
La quantité maximale de sécurité de fumier animal en climats chauds et tropicaux est de 1,2
kg MS/100 m2/jour.
Figure 3: Poids moyen annuel de fumier animal total produit par divers animaux de ferme (par 100kg de poids vif)
Exemple
14
Comme il est difficile pour un pisciculteur de peser le fumier animal sec, voici un tableau
représentant la quantité maximale de fumier solide frais qui peut être appliquée sans danger,
par jour et par 100 m2 d'étang en climats tropicaux.
N.B: Si un pisciculteur utilise du fumier liquide (ou purin), il devra être très prudent en raison
de sa teneur relativement élevée en ammoniac, qui est un gaz très toxique pour le poisson. Ne
pas utiliser plus de 10 l/100m²/jour.
Attention: Si le pisciculteur n'utilise pas du fumier tous les jours mais seulement une fois par
semaine, cela ne veut pas dire qu’il peut en répandre sept fois plus en une seule fois dans son
étang. La quantité maximale de sécurité reste la même.
Généralement, un pisciculteur qui utilise du fumier animal pour fertiliser son étang doit le
faire au moins 10 à 15 jours avant qu’il n’y mette des poissons. Dans les étangs vidés, le
fumier est épandu sur le fond de l'étang juste avant le remplissage. Dans les étangs non
vidangés, l'engrais est mélangé à l'eau.
Après la première application, l'étang doit être fertilisé à intervalles courts et réguliers pendant
toute la durée du cycle de production (au moins une fois par semaine).
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Le pisciculteur devra surveiller de très près son étang pendant la fertilisation pour éviter toute
perte de poissons. Cela est particulièrement important s’il utilise des engrais animaux. Il doit
continuer à fertiliser un étang seulement si:
• La qualité de l'eau reste acceptable (température de l’eau > 20°C en milieu de journée,
transparence > 40 cm, pH au coucher du soleil < 9 et oxygène pas problématique);
• Le comportement du poisson reste normal.
Si un pisciculteur a chaulé le fond asséché de son étang vidangé et qu’il souhaite le fertiliser
avec du fumier, il devra attendre au moins deux semaines après son chaulage.
Habituellement, il est préférable de ne pas étaler le fumier sur toute la surface de l'étang, mais
de le disposer en petits tas ou en rangées à intervalles réguliers. Si l'alimentation en eau ne
peut pas être contrôlée et que le renouvellement de l'eau risque d'être trop rapide, entasser
le fumier animal à intervalles réguliers le long des digues de l'étang.
a b
Figure 4: Disposition du fumier, cas général (a) et cas de fort renouvellement (b)
Dans de nouveaux étangs à sol sableux, le fumier doit être étalé sur toute la superficie du fond
de l'étang et être enfoui dans le sol de surface. Il est préférable d'utiliser de la bouse de vache
et/ou du crottin de cheval mélangé à de la litière d'étable ou à des fientes de poule.
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2.2.3. Le compostage
Le compostage est une technique agricole qui consiste à fabriquer du fumier que nous
appelons « compost ». Ce fumier est obtenu grâce à la décomposition de plusieurs matières
mises ensemble : végétaux, fumiers animaux, déchets végétaux, etc.
Le compost sera bien mature après 45 à 50 jours si le pisciculteur respecte les règles
suivantes :
18
[Link]. Caractéristiques d’un compost mature
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D’une manière générale, il est préférable de fabriquer le compost à l’extérieur de l’étang car :
Dans les étangs vidangés, le compost est étalé sur tout le fond de l'étang à la dose de 50 kg/
100 m2 et mélangé à la couche superficielle du sol avant le remplissage.
Ensuite, on peut distribuer régulièrement du compost dans l'étang pour fertiliser l'eau (20 à 25
kg/100 m²/semaine), car il présente le grand avantage de ne pas augmenter la demande
d'oxygène dissous dans les mêmes proportions que d'autres engrais organiques. Pour cette
raison, le compost convient particulièrement bien aux étangs d'alevinage.
En dehors du fumier animal et du compost, plusieurs autres engrais peuvent être utilisés pour
fertiliser des étangs. Nous pouvons citer par exemple :
• Les tubercules de manioc que l'on peut laisser tremper dans les étangs pour en enlever
l'acide cyanhydrique avant consommation humaine (10 à 25 Kg / 100m² /jour).
NOTES : s’il n’est pas possible de surveiller le pH, et donc l’acidification de l’étang,
n’introduire les tubercules de manioc qu’une seule fois par semaine par mesure de
sécurité. ATTENTION DANS LES ETANGS SANS RENOUVELLEMENT ;
• La végétation aquatique qui a été coupée dans l'étang proprement dit, dans les canaux
ou autres plans d'eau; dans certaines régions, des plantes flottantes nuisibles comme la
jacinthe d'eau, les fougères d'eau et les laminaires peuvent être utilisées à bon escient
dans une installation piscicole ;
• Le sang pour une alimentation directe du poisson.
Des déchets comme les balles de riz, les bagasses de canne à sucre et la sciure de bois sont
riches en cellulose, qui se décompose très lentement dans l'étang. Ne pas trop en utiliser, à
moins que vous ne tentiez de constituer un fond d'étang de bonne qualité sur sol sableux.
La production de poissons est plus élevée dans des étangs où il y a des substrats, comme des
branches ou des tiges de bambou placées verticalement dans l’étang, plutôt que dans les
étangs sans substrats. Ceux-ci peuvent tout à fait être installés en complément de la
fertilisation, qui va justement aider au développement du périphyton.
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Figure 6: Mauvaise et bonne disposition des substrats pour le développement du périphyton
➢ Abri : Un autre avantage important des substrats dans l’étang est qu’ils protègent les
poissons contre les prédateurs, tels que les oiseaux, les grenouilles ou les serpents ;
➢ Aspects sanitaires : la survie des poissons est meilleure dans les étangs avec
substrats. En effet, le périphyton peut avoir un effet positif sur l’état de santé des
poissons. Il exerce une action antibiotique contre une diversité de bactéries présentes
dans les étangs qui provoquent des maladies, et il a un effet de vaccin sur les poissons
qui s’en nourrissent. En outre, on a constaté que les poissons se frottent contre les
branches ou les bâtons pour déloger des parasites.
Parmi les inconvénients de la méthode, nous citons le risque de déforestation au niveau local,
ce qui constitue une grande contrainte pour les projets de reboisement actif et opérationnel,
par exemple WWF dans le Kongo Central (réserve de Luki). Certains supports comme le
bambou par exemple peuvent être utilisés plusieurs fois (environ 3 ans). Son utilisation est
plus rationnelle du point de vue écologique car il contribuera à réduire l’impact de la
déforestation. Cette technique demande également de la main d’œuvre pour mettre en place
puis enlever les substrats.
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Cependant malgré les inconvénients, la pisciculture à base de périphyton offre de nombreux
avantages aux pisciculteurs :
Qualité de l’eau
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Avantages :
• Permet de recycler les déjections animales en les utilisant directement comme engrais
organique ou fertilisant ;
• Permet de contrôler et limiter le déplacement des animaux ambulants en les rendant moins
mobiles ;
• Permet d’obtenir des fertilisants disponibles sans devoir les acheter ou dépenser de l’argent ;
• Permet d’avoir une vente supplémentaire de poisson et du bétail ;
• Permet de pratiquer et de contrôler les deux activités de manière simultanée.
Après épandage du fumier, le pisciculteur peut maintenant laisser entrer l’eau dans l’étang.
Mais il doit installer soit des cailloux ou un morceau de tôle sous le tuyau qui mène l’eau vers
l’étang pour éviter que l’eau qui entre dans l’étang puisse encore creuser un trou là où elle
tombe.
Pendant que l’eau se remplit dans l’étang, le pisciculteur peut faire le tour sur les digues pour
contrôler si elles tiennent bien et vérifier qu'il n'y ait pas de fuites.
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2.6. Mise en charge
Il est nécessaire que chaque pisciculteur commande tôt les alevins dont il va avoir besoin, afin
de ne pas devoir attendre longtemps.
Les alevins que nous allons mettre dans le bassin doivent y arriver en bon état, car le résultat
dépendra entre autre de la manière dont ils seront arrivés.
✓ Toujours avoir les mains mouillées avant de prendre des alevins dans la main. Les
écailles des poissons sont recouvertes d'une petite couche muqueuse qui protège le
poisson contre les attaques des bactéries et des champignons. Quand on prend un
poisson avec les mains sèches, on enlève cette couche de mucus, elle reste collée à nos
mains. C'est là que les parasites peuvent attaquer le poisson.
✓ Travailler pendant les heures fraîches de la journée (tôt le matin ou le soir). On mettra
toujours les alevins à l'ombre pour éviter que l'eau du récipient ne chauffe et perde
encore plus vite son oxygène. On laisse les alevins hors de l'eau de l’étang le moins
longtemps possible. On renouvelle l'eau du récipient si elle est trop boueuse ou trop
chaude.
Le déversement des poissons doit se faire aux moments les plus frais de la journée, soit le
matin de bonne heure ou à la tombée de la nuit. Une préférence doit être donnée à la seconde
solution car l’oxygène sera à un niveau élevé, de même que le pH.
Si le pisciculteur, les assistants, ou le matériel n’est pas prêt, le(s) sac(s) peuvent rester flotter
dans l’étang, ce qui permettra déjà de rapprocher les températures. Attention toutefois à la
luminosité solaire qui pourrait faire chauffer l’eau contenue dans les sacs.
Lorsque toutes les conditions sont réunies, ouvrir les sacs et enrouler la partie supérieure, ce
qui les fera flotter. Un agent ne peut prendre en charge que 2 à 3 sacs à la fois. Versez petit à
petit de l’eau de l’étang dans le sac avec une main, la seconde le maintenant proche de la
personne. Il est recommandé d’égaliser la température à raison de 2°C par 30 minutes. Cette
valeur est difficile à respecter, en raison de l’empressement des agents à terminer le travail.
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Toutefois, il faut veiller à ce que cette acclimatation se déroule pendant au moins 30 minutes
si la température diffère de plusieurs degrés.
ATTENTION, une fois le sac ouvert, l’eau contenant les poissons n’est plus alimentée par de
l’oxygène, mais uniquement par celui arrivant de l’étang. Il ne doit donc pas s’écouler
beaucoup de temps sans ajouter de l’eau, auquel cas les poissons pourraient mourir
d’asphyxie.
Lorsque le pisciculteur, avec une main dans le sac et l’autre dans l’étang, se rend compte de
l’égalité de la température, les poissons peuvent être déversés lentement en inclinant le sachet
et en ne provoquant aucune chute des poissons. Ils doivent passer du sac à l’étang en toute
tranquillité et sans stress.
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2.7. Chronogramme type d’un cycle d’élevage
Afin de résumer les différentes tâches qui ont été vues dans ce chapitre, nous vous proposons un chronogramme des activités à réaliser lors d’un
cycle d’élevage type. Chaque étang et chaque pisciculteur étant différents, il convient de l’adapter à chaque cas, notamment en ce qui concerne le
chaulage et la fertilisation.
Légende :
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GLOSSAIRE
Alevin : nom donné au jeune poisson depuis la larve jusqu’à un poids de quelques grammes.
Assiette : fond d’un étang, nivelé et terrassé de façon que l’eau puisse s’écouler naturellement
vers la vanne de vidange. Un réseau de canaux aboutissant à un fossé central assure le
drainage intégral.
Compost : mélange qui a fermenté par l’action de bactéries. Il est composé de résidus
organiques et minéraux.
Compostière : contenant qui permet de récolter les ordures organiques dans le but de créer du
compost.
Curage : action d’ôter les dépôts vaseux ou autres qui se sont accumulés dans un étang.
Digue : permet de conserver le volume d'eau nécessaire et forme l'étang proprement dit; aussi
leur conception et leur réalisation sont-elles particulièrement importantes.
Fingerling : alevin ayant atteint la taille d’un doigt (7-10 cm) et un poids de 20 à 30 g.
Fumier : boue obtenue en mélangeant avec de la litière l'urine et les excréments des animaux
de ferme.
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Incubation : temps s'écoulant entre la ponte et l'éclosion des œufs.
Larve : nom donné au jeune poisson depuis l’éclosion jusqu’à sa métamorphose (formation
des nageoires).
Monosexe (élevage –) : élevage portant sur des animaux d’un seul sexe, mâle ou femelle,
préalablement triés.
Mucus : fluide gluant produit par les animaux pour lubrifier ou protéger les surfaces délicates
de l'organisme. Chez les poissons, les écailles sont recouvertes de mucus.
Nanisme : phénomène de croissance réduite, empêchant les poissons d’atteindre une taille
adulte normale.
Périphyton : ensemble des organismes vivant sur un support formé principalement par les
plantes aquatiques supérieures.
pH : symbole exprimant, par le chiffre dont il est accompagné, l’acidité ou l’alcalinité d’une
eau.
Plancton : ensemble des organismes microscopiques vivant et flottant dans l’eau passivement
ou non, sans pouvoir opposer de résistance effective aux courants.
Protéines : matières azotées naturelles entrant dans la constitution des êtres vivants.
Rendement : grandeur qui exprime la production (généralement en poids) exprimée par unité
de surface et par unité de temps, comme par exemple 400 kg/ha/an.
Stress : ensemble de réactions non spécifiques de l’organisme déclenchées par l’action d’un
agent nocif dit « agent stressant ».
Substrat : ce sur quoi s’exerce une action. Par extension : sol, fond, supports naturels ou
artificiels.
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