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Module Fertisation

Le document présente un module de formation sur la pisciculture villageoise, axé sur les espèces élevées, la préparation et la fertilisation d'un étang. Il vise à former les pisciculteurs afin qu'ils puissent choisir les espèces appropriées, préparer et fertiliser un étang efficacement. Les principales espèces abordées sont le tilapia et le clarias, avec des méthodes de culture telles que la monoculture et la polyculture.

Transféré par

Josue Muwolo
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Module Fertisation

Le document présente un module de formation sur la pisciculture villageoise, axé sur les espèces élevées, la préparation et la fertilisation d'un étang. Il vise à former les pisciculteurs afin qu'ils puissent choisir les espèces appropriées, préparer et fertiliser un étang efficacement. Les principales espèces abordées sont le tilapia et le clarias, avec des méthodes de culture telles que la monoculture et la polyculture.

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PROGRAMME D’APPUI A LA PISCICULTURE VILLAGEOISE

FORMATION

ESPECES ELEVEES, PREPARATION ET FERTILISATION D’UN ETANG

Formatrice : Ir Sarah SONGI-SONGI (0972.714.748)

Mai 2018

Le contenu de ce module de formation relève de la seule responsabilité d’APEFE pisciculture/RDC,


qui n’est pas nécessairement celle du Gouvernement congolais ou de l’APEFE/Belgique encore ni
moins celle de la DGD
INTRODUCTION .......................................................................................................................................... 1

1. PRESENTATION DES ESPECES ......................................................................................................... 2

1.1. ESPECES ELEVEES .................................................................................................................................... 2


1.1.1. Les Tilapias ..................................................................................................................................... 2
1.1.2. Les Clarias ...................................................................................................................................... 2
1.1.3. Dissemblances ou différences entre Tilapias et Clarias .................................................................. 4
1.2. METHODE SIMPLE D’ESTIMATION DU POIDS D’UN POISSON ...................................................................... 5
1.3. METHODES DE CULTURE .......................................................................................................................... 6
1.3.1. Monoculture du tilapia .................................................................................................................... 6
1.3.2. Polyculture Tilapia-Clarias ............................................................................................................ 6
1.3.3. Données techniques sur les élevages de Tilapias et de Clarias ...................................................... 7

2. PRATIQUES DE CULTURES ............................................................................................................... 8

2.1. PREPARATION D’UN ETANG ...................................................................................................................... 8


2.1.1. L’assec ............................................................................................................................................ 8
2.1.2. Le chaulage ..................................................................................................................................... 9
2.2. FERTILISATION D’UN ETANG .................................................................................................................. 11
2.2.1. Fertiliser un étang, qu’est-ce ? ..................................................................................................... 11
2.2.2. Différents types d’engrais ............................................................................................................. 12
2.2.3. Le compostage ............................................................................................................................... 17
2.2.4. Autres engrais organiques............................................................................................................. 20
2.3. CULTURES ASSOCIEES OU CULTURE INTEGREE A L’ELEVAGE DES ANIMAUX .......................................... 22
2.4. MISE EN EAU .......................................................................................................................................... 23
2.5. MISE EN CHARGE ................................................................................................................................... 24
2.5.1. Manipulation des alevins .............................................................................................................. 24
2.5.2. Processus d’acclimatation ............................................................................................................ 24
2.6. CHRONOGRAMME TYPE D’UN CYCLE D’ELEVAGE .................................................................................. 26

GLOSSAIRE ................................................................................................................................................. 27

REMARQUE : le contenu de ce module et les illustrations ont été tirés de l'ouvrage de la Food and Agriculture
Organization of the United Nations (F.A.O.) intitulé "Méthodes simples pour l'aquaculture", volume consacré à
la gestion : Coche, A.G. et Muir, J.F. Pisciculture continentale - La gestion 1. Les étangs et leur eau.1996. 233 p.
et 2. La ferme et ses stocks.1999. 341 p.
INTRODUCTION

Soucieux de promouvoir l’activité des producteurs pisciculteurs, le programme PPA/AGRO-


BC/APEFE intitulé « appui à la pisciculture villageoise au Kongo Central » exécuté en
partenariat avec le MINAGRIPEL voudrait former des pisciculteurs susceptibles d’augmenter
leurs revenus familiaux par cette activité piscicole. Les pisciculteurs seront donc appelés à
suivre plusieurs formations entre autre sur les espèces, la préparation et la fertilisation d’un
étang dont il est question dans ce module de formation.

Objectif général de la formation


L’objectif poursuivi dans cette formation est que tous les pisciculteurs soient en mesure de
faire des choix techniques et de connaître comment préparer, fertiliser et mettre en eau un
étang.

Objectifs spécifiques de la formation


A la fin de cette formation, tous les pisciculteurs présents seront en mesure de :

• Distinguer les 2 espèces de poissons principales et faire le choix de l’espèce en


fonction des objectifs visés ;
• Préparer un étang avant empoissonnement ;
• Distinguer les différents types d'engrais ;
• Connaître comment fertiliser un étang ;
• Préparer le compost et bien l’utiliser dans l’étang ;
• Epandre du fumier dans l’étang ;
• Comment recycler des déjections animales pour la fertilisation.

1
1. PRESENTATION DES ESPECES
1.1. Espèces élevées
1.1.1. Les Tilapias
Le tilapia nilotica, ou tilapia du Nil, nom scientifique " Oreochromis niloticus", est un
incubateur buccal avec garde maternelle, c’est-à-dire que la femelle reprend les œufs dans sa
bouche après fécondation et y garde ses petits jusqu’à 7 jours après la naissance. Il est l’une
des plus importantes espèces élevées actuellement. Sa croissance rapide et son adaptation à
des écosystèmes variés, de même que sa chair savoureuse font de lui un excellent candidat
pour la pisciculture.

Cependant sa reproduction non contrôlée conduit à la production d’énormément de poissons


de très petite taille, donc de faible valeur commerciale. Pour cette raison évoquée, il est
préférable d’élever uniquement les individus mâles pouvant atteindre une bonne valeur
marchande plutôt que les élever avec les femelles.

Poisson omnivore, il se nourrit de plancton, de vers, de végétaux, etc.

Il existe également l’espèce « Tilapia rendalii », originaire entre autre de la RDC, qui est un
tilapia à incubation sur substrat. Les alevins consomment du zooplancton et les adultes des
végétaux. Sa croissance est moins importante qu’Oreochromis niloticus.

Figure 1: Tilapia nilotica

1.1.2. Les Clarias


Le poisson–chat africain de nom scientifique « Clarias gariepinus » est connu sur le marché
par son nom vernaculaire : « ngolo » pour les uns et « mpudi » pour les autres. Actuellement
il est un nouveau prétendant ou concurrent du tilapia, grâce à ses qualités qui sont les
suivantes:

• adapté au climat tropical ;


• croissance rapide ;
• difficulté pour se reproduire naturellement en captivité ;
• alimentation carnivore mais peut avoir un régime omnivore, acceptation et
transformation des aliments simples (par exemple son de riz) ;

2
• acceptation de densités élevées ;
• résistance aux maladies ;
• apprécié des consommateurs ;
• permet la commercialisation des poissons vivants car résistant au manque d’oxygène ;
• sa capacité de survivre hors de l’eau pendant de longues périodes est particulièrement
appréciée car les températures d’eau plus élevées causent des problèmes pratiques,
entre autres pendant le transport.

Figure 2: Clarias gariepinus

3
1.1.3. Dissemblances ou différences entre Tilapias et Clarias
Tableau 1: Dissemblances ou différences entre Tilapias et Clarias

Espèces Optimum pH et Régime Densité de semis Méthode de Rendements Reproduction Mortalité


thermique oxygène alimentaire recommandée en culture théoriques en
monoculture monoculture
Tilapia Préfère les Tolère Omnivore- 2 poissons/m² Monoculture ou 5 à 10 t/ha/ an Toute l’année si Taux de
températures un pH brouteur : polyculture avec température > survie : 70
de 24 à 35°C. de 5 à consomme le clarias 22°C. à 80 %
et supporte 11. phytoplancton, Incubation
des Mais periphyton, buccale : La
températures préfère plantes femelle élève
de 7 à 41°C 6.5 à 8.9 aquatiques toujours ses
pendant ainsi que des petits dans la
plusieurs O2 ›3 aliments bouche.
heures. mg/l artificiels : Protection
detri tus. parentale des
œufs
Clarias Préfère les PH : 6.5 Carnivore 4 poissons/ m² Monoculture ou 8 à 12 t/ha/a Débute avec le Taux de
températures à9 polyculture avec retour des survie est
de 25 à 33 °c o₂ :›3 tilapia pluies ; Ponte proche de
et peux mg/l sur substrat. 100% à la
supporter des Pas de récolte
températures protection
de 8 à 35°c parentale

4
1.2. Méthode simple d’estimation du poids d’un poisson
La relation taille-poids donne l’évolution du poids des poissons en fonction de leur taille. Elle
permet d’évaluer approximativement le gain de poids des poissons, même en l’absence d’une
balance, par exemple lors d’une vente ou d’un échantillonnage. Il ne s’agit pas d’une relation
très précise, par exemple un tilapia de 10 cm pourra peser 16, 17, 18, 19 ou 20 grammes mais
permet d’obtenir un ordre de grandeur.

Tableau 2: Relation taille-poids chez le Tilapia nilotica et Clarias gariepinus

Tilapia Clarias
Taille (cm) Poids (g) Taille (cm) Poids (g)
4 1 8 3
5 2 9 4
6 4 10 6
7 6 11 8
8 9 12 10
9 13 13 12
10 18 14 15
11 24 15 19
12 32 16 23
13 41 17 27
14 51 18 32
15 63 19 37
16 77 20 43
17 93 21 50
18 111 22 57
19 131 23 65
20 153 24 74
21 178 25 84
22 205 26 94
23 235 27 105
24 268 28 117
25 304 29 129
26 343 30 143
27 386 31 157
28 431 32 172
29 480 33 189
30 533 34 206
35 224
36 243
37 264
38 285
39 308
40 331

5
1.3. Méthodes de culture
1.3.1. Monoculture du tilapia
La monoculture est une méthode de culture qui consiste à élever une seule espèce de poisson
dans l’étang. Dans le cas où nous n’élevons qu’un seul sexe (mâle ou femelle), nous parlons
de culture monosexe.

Avantages de la monoculture du tilapia :


• Cette méthode permet d’obtenir de très bons résultats : récolter à la vidange des
poissons de haute valeur marchande ;
• Densité de mise en charge limitée ;
• Il est plus facile de donner certains suppléments à manger aux poissons puisqu’il ne
tient compte que d’une espèce en ce qui concerne les préférences alimentaires.

Inconvénients de la monoculture du tilapia :


• Le sexage manuel est un travail laborieux car les différences de sexe sont peu visibles,
surtout sur les jeunes poissons qui ne mesurent que quelques centimètres ;
• Les erreurs dans le sexage sont prévisibles ; ce qui entrainerait malgré tout, une
reproduction dans les étangs, suffisante pour être un handicap ;
• La prédation par les oiseaux et la détérioration de la qualité de l’eau (3 derniers mois)
sont des problèmes majeurs qu’un pisciculteur peut rencontrer ;
• Une seule maladie risque de tuer tous les poissons de l’étang.
Nourrissage
Sous-produits agricoles très accessibles sur le marché :
➢ tourteaux d’oléagineux et les farines, ainsi que les déchets de tomate avec un taux de
nourrissage légèrement supérieur les 3 premiers mois et plus réduit les 3 derniers mois

1.3.2. Polyculture Tilapia-Clarias


C’est une méthode qui consiste à introduire un prédateur en pleine culture dans le but de
contrôler la reproduction excessive des Tilapias. Le prédateur utilisé est le clarias.

Avantages de la polyculture :
• La combinaison de différentes espèces dans un même étang permet d’obtenir une
production totale de poissons très élevée qu’il ne serait pas possible d’atteindre avec
une seule espèce c’est à dire le résultat est meilleur en polyculture comparé à la
monoculture ;
• Permet de mieux tirer profit des différentes ressources d’aliments naturels présentes
dans l’étang d’où pas vraiment de concurrence alimentaire ;
• Chaque espèce de poisson a ses préférences alimentaires spécifiques, qui sont liées à
la position que le poisson occupe dans l’étang (certains poissons vivent dans le fond,
d’autres vivent au milieu de la colonne d’eau) et à son régime alimentaire (herbivore,
carnivore, omnivore) ;
• Le clarias permet de contrôler la multiplication excessive du tilapia : en consommant
la majeure partie du fretin de tilapia (poissons juvéniles) et donc permettant une plus
grande croissance des adultes Oreochromis niloticus.

6
Inconvénient de la polyculture :

• son application est délicate car il est difficile de maintenir un équilibre convenable
entre prédateur et proie : les gros clarias sont capables de contrôler la reproduction
contrairement aux plus petits. Il est recommandé d’ensemencer de gros Clarias pour
bien contrôler la reproduction des Tilapias.

1.3.3. Données techniques sur les élevages de Tilapias et de Clarias


Il convient de faire les bons choix techniques afin de s’assurer de la bonne réussite de son
élevage. Le Tableau 3 donne quelques renseignements pouvant guider le choix. La
monoculture de Clarias est difficile à réussir du fait du régime alimentaire du poisson (besoin
obligatoire de protéines animales) et de la difficulté du suivi à cette densité. Noter les
différents résultats obtenus selon que les tilapias soient sexés ou non.
Tableau 3: Comparaisons de différents choix techniques

Monoculture Monoculture Monoculture Polyculture


Tilapias non- Tilapias sexés Clarias Tilapias +
sexés Clarias
Densité de 2 2 2
semis des
tilapias (/ m²)
Densité de 4 0.8
semis des
Clarias (/ m²)
Alimentation Sous-produits Sous-produits Sous-produits Sous-produits
agricoles agricoles agricoles agricoles
Durée 420 180 180 180
d’élevage (j)
Poids moyen til 80 200-250 200-250
mâles à la
récolte (g)
Poids moyen til 50 100-130
femelles à la
récolte (g)
Poids moyen 200-300 200-300
Clarias à la
récolte (g)
Rendement 1 5-10 8-12 7-8
espéré (t/ha/an)

7
2. PRATIQUES DE CULTURES
2.1. Préparation d’un étang
Les bons résultats d’une activité piscicole sont avant tout le fruit d’une bonne préparation de
l’étang, car toutes les autres interventions en dépendent ; comme pour dire que vain sera
l’effort d’un pisciculteur s’il n’arrive pas à bien préparer son l’étang.

2.1.1. L’assec
Après avoir vidangé un étang, il n’est pas toujours bon de le remplir directement avec de l’eau
et y mettre du poisson. Un pisciculteur averti, dans la mesure du possible, laissera son étang
sécher sous le soleil pendant quelques jours (de préférence de 14 à 21), avant de l’alimenter
en eau et y mettre des poissons. Cette méthode d’assec permettra entre autre d’éliminer, par
l’influence des rayons solaires, les espèces animales et végétales et organismes indésirables se
trouvant dans l’étang (virus, parasites, etc.) après la vidange. Pendant cette période d’assec, le
pisciculteur effectuera des opérations suivantes :

✓ Commande des alevins (plus ou moins 4 semaines avant la mise en eau) ;


✓ Nettoyage et réparation de l’étang ;
✓ Curage de l’assiette si nécessaire ;
✓ Application de la chaux si cela est nécessaire ;
✓ Labourage sur une faible profondeur si possible ;
✓ Remplissage ;
✓ Fertilisation (Si vous avez utilisé de la chaux vive (CaO) pour chauler votre étang, il
faudra attendre deux semaines après le chaulage avant d’effectuer la fertilisation).

Excepté cette méthode d’assec, d’autres méthodes chimiques peuvent être utilisées pour
éliminer les espèces et organismes indésirables d’un étang vidangé ; parmi ces méthodes,
citons à titre d’exemple le chaulage dont nous parlerons ci-dessous.

Avant d’alimenter son étang en eau, le pisciculteur doit chercher à répondre aux questions
suivantes :

• Est-ce que l'étang est bien nettoyé ?


• Est-ce que les digues sont solides ?
• Les talus, ont-ils la bonne pente ?
• Est-ce qu'il y a un grillage à l'entrée d'eau pour empêcher que d'autres poissons
n'entrent dans le bassin ?
• Est-ce qu'il y a un grillage devant le trop plein ?
• Est-ce que les cailloux sont bien posés en dessous du tuyau d’alimentation d’eau ?
• Est-ce que tous les poissons indésirables, virus, etc… ont été éliminés dans l’étang ?

8
2.1.2. Le chaulage

En agriculture (production végétale, production animale, pisciculture, etc.), le chaulage est


une technique qui consiste à appliquer de la chaux. En pisciculture précisément, la période
pendant laquelle on effectue le chaulage dans un étang s’appelle le « conditionnement d’un
étang ».

[Link]. Pourquoi chauler un étang ?

Le chaulage d’un étang permet de :

• Rendre plus efficace les engrais afin d’augmenter la nourriture naturelle dans un
étang ;
• Augmenter le pH de l’eau ou du sol du fond de l’étang (il doit normalement être
compris entre 6,5 et 9) ;
• Lutter contre la propagation d’une maladie contagieuse ;
• Eliminer des poissons indésirables, virus, etc. dans un étang vidangé.

[Link]. Avec quoi chauler ?

Le chaulage d’un étang se fait à l’aide de carbonate de calcium (CaCO3), de la chaux vive
(CaO) ou de la chaux éteinte (Ca(OH)2). Ces produits présentent des caractéristiques
différentes les uns des autres.

Tableau 4: Différences entre les produits de chaulage

Produit Toxicité Prix Efficacité A préférer si :


chimique pour le relatif
de base poisson
CaCO3 Faible Bas Faible et lente • pH de l’eau > 4.5
• Présence de poissons
Carbonate
de calcium
Ca(OH)2 Moyenne Moyen Moyenne • pH de l’eau < à 4.5
• Absence de poissons
Chaux • Lutte contre les
éteinte ennemis des poissons

CaO Elevée Elevée Elevée et rapide • Etang vidangé


• Absence de poissons
Chaux vive • Lutte contre les
ennemis des poissons

9
N.B:

• Il faut bien moudre la chaux avant de l’utiliser ;


• Avant de prendre une décision de chauler un étang, un pisciculteur doit connaître
pourquoi il veut chauler. Cela lui évitera de gaspiller son argent et de nuire à ses
poissons.

ATTENTION: La chaux vive peut causer des brûlures graves. Evitez le contact avec la peau et
les yeux. Si, par accident, une personne est entrée en contact avec le produit, se rincer
immédiatement avec beaucoup d'eau.

[Link]. Comment calculer la quantité de chaux nécessaire

A. Etang nouvellement construit

Pour connaître la quantité de chaux nécessaire pour un étang nouvellement construit, il suffit
de se référer au tableau suivant :

Tableau 5: Quantité requise de chaux agricole (kg/100m²)

PH DU ARGILES LOURDES LIMONEUX-SABLEUX SABLE


FOND
DE
L’ETA
NG
Chaux Chaux Chaux Chaux Chaux Chaux Chaux Chaux Chaux
agricole éteinte vive agricole éteinte vive agricole éteinte vive
5 – 5.5 54 38 30 36 25 20 18 13 10
5.5 – 6 36 25 20 18 13 10 9 6 5
6 – 6.5 18 13 10 18 13 10 0 0 0

Après avoir déterminé la quantité de chaux nécessaire, le pisciculteur épandra cette chaux sur
toute l’étendue de l’étang, puis il cherchera à la mélanger à la couche superficielle du fond de
l’étang (les premiers 5 cm).

B. Etangs chaulés auparavant

Une fois par an, le pisciculteur répandra un quart de la quantité totale d'amendement calcaire
nécessaire au traitement complet d'un nouvel étang (quantité totale d’amendement divisée par
4).

10
C. Traitement régulier de l'eau d'un étang

Environ une fois par mois, le pisciculteur vérifiera le pH de l'eau de l'étang en fin de journée,
et:

• Si le pH est inférieur à 6,5, ajoutez 1,5 kg/100 m² de Ca(OH)2 et vérifiez le pH une


semaine plus tard ; répétez l'opération si le pH est toujours trop bas;
• S’il est supérieur à 6,5 et inférieur à 8,5, c’est un bon pH et il n’y a pas besoin de
chaulage ;
• Si le pH est supérieur à 8,5, il n'y a pas besoin de chaulage.

2.2. Fertilisation d’un étang


2.2.1. Fertiliser un étang, qu’est-ce ?
En pisciculture, parler de la fertilisation veut simplement dire qu’il faut apporter dans l’étang
des éléments nécessaires qui favoriseront le développement de la nourriture naturelle aux
poissons pour leur croissance dans l’intervalle de la durée de leur cycle.

Ces éléments nécessaires qu’il faut apporter dans l’étang sont contenus dans des substances
qu’on appelle « engrais ». Ceci vient à dire que pour fertiliser un étang, le pisciculteur doit
utiliser des engrais.

Les engrais sont donc des substances naturelles ou synthétiques (artificielles = obtenues par
l’industrie chimique) capables d’augmenter la production d’organismes alimentaires
(éléments nutritifs) naturels que les poissons peuvent consommer. Ces organismes sont
notamment le phytoplancton, le zooplancton et les insectes qui, au fait, font tous partie d'une
chaîne alimentaire complexe pour la production de poisson.

L’incidence de l’aliment naturel représente jusqu’à 25% de l’impact de l’aliment fabriqué.

A titre indicatif, les données du tableau ci-dessous peuvent servir à estimer la production
piscicole potentielle sans alimentation complémentaire. Tout accroissement de la production
par rapport à ces valeurs exigera donc un apport d'aliments de complément.

Tableau 6: Production potentielle sans alimentation extérieure

Niveau de fertilisation Production approximative


(kg / ha / an)
Nul 100 – 500
Faible 500 – 1000
Moyen 1000 – 2000
Bon 2000 - 4000

L’ajout d’un aliment exogène en complément de celui naturel, peut permettre d’augmenter la
production jusqu’à 15000 kg/an/ha.

11
2.2.2. Différents types d’engrais

Nous distinguons deux types d’engrais que nous pouvons utiliser dans la fertilisation d’un
étang :

• les engrais minéraux ou inorganiques (ou encore synthétiques ou chimiques), comme


par exemple l’urée, le N.P.K., etc.
• les engrais organiques ou naturels : ils sont produits localement, par exemple des
déchets provenant d'animaux de ferme ou des déchets agricoles.

Ces deux types d'engrais présentent des avantages et des inconvénients chacun :

Tableau 7: Avantages et inconvénients des différents types d'engrais

ENGRAIS ORGANIQUES ENGRAIS INORGANIQUES


AVANTAGES • Améliorent la structure du • Stockage et distribution
sol du fond de l’étang ; faciles ;
• Peuvent constituer une • Grande quantité
nourriture directe du d’éléments nutritifs pour
poisson ; le phytoplancton ;
• Ne coûtent pas chers • Facile à manipuler.
financièrement, voire
gratuits ;
• Moins polluant pour
l’environnement ;
• Matières 1ères disponibles
et facilement accessibles.

INCONVENIENTS • Les réunir et les préparer • Chers, voire très chers ;


constituent un travail de • N’améliorent pas la
plus ; structure du sol du fond de
• Leur stockage ne dure pas l’étang ;
longtemps ; • Risque de pollution élevé ;
• Leur distribution est • Ne peuvent pas
difficile ; directement nourrir le
• Peuvent consommer de poisson.
l’oxygène pour leur
décomposition (cas du
compost aménagé dans
l’étang) ;
• Quantité d’éléments
nutritifs est très faible.

En nous référant aux avantages et inconvénients de ces deux engrais, nous pouvons
comprendre qu’il est mieux d’utiliser de l’engrais organique que de l’engrais inorganique vus
les multiples avantages qu’ils peuvent procurer à nos étangs (dont la disponibilité et le coût).
Raison pour laquelle nous ne parlerons que des engrais organiques dans cette formation.

12
[Link]. Différentes sortes d’engrais organiques

Les engrais organiques sont tous les engrais que nous pouvons obtenir grâce à la
décomposition de toute matière décomposable. Ainsi, les matières couramment utilisées et
capables de procurer de l’engrais sont les suivantes :

• Les fumiers animaux, provenant le plus souvent des animaux de la ferme;


• Les déchets d'abattoir;
• Les déchets agro-industriels;
• La fermentation du manioc;
• La végétation naturelle;
• Le compost (mélange de diverses sortes de matières organiques).

De toutes ces matières, les fumiers animaux offrent également l’avantage de pouvoir apporter
un complément de nourriture grâce aux vers qu’ils peuvent contenir. Ainsi les jours
d’application de fumure animale, on pourra supprimer ou réduire l'alimentation
supplémentaire.

Signalons ensuite que la composition chimique de tous ces fumiers animaux n’est pas la
même et par ce fait, n’agissent pas de la même façon dans l’étang. Par exemple, en quantité
équivalente, le fumier de poules et de canards a beaucoup plus de valeur nutritive que le
fumier de porcs et mieux encore que la bouse de vaches ou des chevaux.

En plus, chaque animal produit par jour une quantité de matière fécale bien déterminée. Les
porcs, par exemple, produisent chaque jour en moyenne un dixième environ de leur poids vif
en déchets totaux frais, qui comportent des déchets solides et de l'urine ; (les bœufs 6%, les
chèvres 7%, les canards 11% et les poules 7%). Un peu moins de la moitié est constituée de
fumier solide.

[Link]. Choix d’un meilleur fumier pour la fertilisation d’un étang

Comme nous l’avons dit ci-haut, tous les fumiers n’ont pas une même valeur nutritive ; Si
donc un pisciculteur est en présence de plusieurs sortes de fumiers, il faut qu’il choisisse le
meilleur fumier pour fertiliser l’étang, en tenant compte des critères suivants:

• Le fumier doit pouvoir se dissoudre et se disperser facilement dans l'eau.


• Il doit se présenter sous forme de petites particules et non de gros morceaux ;
• L’utiliser aussi frais que possible. De grandes quantités d'azote et de carbone se
perdent pendant l'entreposage, notamment si le fumier est laissé à l'air libre ou sous la
pluie ;

NB : Dans des étangs nouveaux au sol sableux, on peut préférer la bouse de vache à haute
teneur en fibres pour favoriser la formation de vase au fond de l'étang.

Nous savons très bien que toute matière en décomposition a besoin de l’oxygène ; et le
fumier animal utilisé pour la fertilisation d’un étang a besoin de l’oxygène pour pouvoir se
décomposer. Si le pisciculteur met beaucoup de fumier en un seul jour dans l’étang,
l’oxygène contenu dans l’eau risque de baisser et les poissons souffriront d’une insuffisance
d’oxygène, ce qui peut provoquer leur mort.

13
Pour éviter ce drame, un bon pisciculteur doit limiter la quantité de fumier animal à appliquer
en un seul jour. Cette quantité maximale de sécurité est exprimée habituellement en
kilogrammes (kg) de matières sèches (MS) par hectare (ha) et par jour (j) abrégée en kg
MS/ha/j.

Ainsi chaque sorte de fumier animal possède sa proportion de matières sèches que nous
pouvons définir comme suite :

➢ La fiente de poules ou canards contient 25% de matière sèche ;


➢ Les excréments de chèvres contiennent 23% de matière sèche.
➢ Le lisier de porc contient 20% de matière sèche ;
➢ La bouse de vache contient 15% de matière sèche.

Le poids de fumier que peut produire 100kg de chaque animal est précisé dans la Figure 3.

La quantité maximale de sécurité de fumier animal en climats chauds et tropicaux est de 1,2
kg MS/100 m2/jour.

Figure 3: Poids moyen annuel de fumier animal total produit par divers animaux de ferme (par 100kg de poids vif)

Exemple

Mr Antoine possède un étang de 160 m² et souhaite le fertiliser à l’aide de la fiente de poule.


Quelle quantité de fiente de poule devra-t-il appliquer par jour ?

❖ Superficie de l’étang : 160 m²


❖ Norme recommandée : 1,2 Kg MS/100 m² maximum par jour
❖ Quantité de matière sèche nécessaire pour l’étang de Mr Antoine : 1,2 Kg x 160
m²/100 m² = 1,92 Kg par jour
❖ Quantité de fiente nécessaire par jour : 1,92 Kg x 100/25 = 7,68 Kg par jour

14
Comme il est difficile pour un pisciculteur de peser le fumier animal sec, voici un tableau
représentant la quantité maximale de fumier solide frais qui peut être appliquée sans danger,
par jour et par 100 m2 d'étang en climats tropicaux.

Tableau 8: Quantité maximale de fumier frais à appliquer en étang (kg / 100m² / j)

Bœufs Chèvres Porcs Canards Poules


Quantité maximale 6.0 3.4 6.0 2.8 4.8
(kg frais/100 m2/j.)

N.B: Si un pisciculteur utilise du fumier liquide (ou purin), il devra être très prudent en raison
de sa teneur relativement élevée en ammoniac, qui est un gaz très toxique pour le poisson. Ne
pas utiliser plus de 10 l/100m²/jour.

Attention: Si le pisciculteur n'utilise pas du fumier tous les jours mais seulement une fois par
semaine, cela ne veut pas dire qu’il peut en répandre sept fois plus en une seule fois dans son
étang. La quantité maximale de sécurité reste la même.

En principe, un étang fertilisé convenablement présente une eau de couleur verdâtre et


une transparence comprise entre 40 et 60 cm (à contrôler avec le test de la main plongée
dans l’eau).

[Link]. Moment de fertilisation d’un étang à l’aide du fumier animal

Généralement, un pisciculteur qui utilise du fumier animal pour fertiliser son étang doit le
faire au moins 10 à 15 jours avant qu’il n’y mette des poissons. Dans les étangs vidés, le
fumier est épandu sur le fond de l'étang juste avant le remplissage. Dans les étangs non
vidangés, l'engrais est mélangé à l'eau.

Après la première application, l'étang doit être fertilisé à intervalles courts et réguliers pendant
toute la durée du cycle de production (au moins une fois par semaine).

15
Le pisciculteur devra surveiller de très près son étang pendant la fertilisation pour éviter toute
perte de poissons. Cela est particulièrement important s’il utilise des engrais animaux. Il doit
continuer à fertiliser un étang seulement si:

• La qualité de l'eau reste acceptable (température de l’eau > 20°C en milieu de journée,
transparence > 40 cm, pH au coucher du soleil < 9 et oxygène pas problématique);
• Le comportement du poisson reste normal.

[Link]. Epandre du fumier dans l’étang

Si un pisciculteur a chaulé le fond asséché de son étang vidangé et qu’il souhaite le fertiliser
avec du fumier, il devra attendre au moins deux semaines après son chaulage.

Habituellement, il est préférable de ne pas étaler le fumier sur toute la surface de l'étang, mais
de le disposer en petits tas ou en rangées à intervalles réguliers. Si l'alimentation en eau ne
peut pas être contrôlée et que le renouvellement de l'eau risque d'être trop rapide, entasser
le fumier animal à intervalles réguliers le long des digues de l'étang.

a b
Figure 4: Disposition du fumier, cas général (a) et cas de fort renouvellement (b)

Dans de nouveaux étangs à sol sableux, le fumier doit être étalé sur toute la superficie du fond
de l'étang et être enfoui dans le sol de surface. Il est préférable d'utiliser de la bouse de vache
et/ou du crottin de cheval mélangé à de la litière d'étable ou à des fientes de poule.

16
2.2.3. Le compostage

Le compostage est une technique agricole qui consiste à fabriquer du fumier que nous
appelons « compost ». Ce fumier est obtenu grâce à la décomposition de plusieurs matières
mises ensemble : végétaux, fumiers animaux, déchets végétaux, etc.

[Link]. Choix des composants d’un compost

Pour fabriquer du compost, un pisciculteur peut utiliser beaucoup de composants comme :

▪ Les fientes solides et liquides de volaille ;


▪ Le lisier (fumier de porc) ;
▪ Les fumiers d’autres animaux (vache, chauve-souris, crottes de lapins, etc.);
▪ Les débris végétaux (pailles, feuilles mortes, herbes diverses, copeaux de bois, résidus
des cultures,…) ;
▪ Les feuilles fraîches ;
▪ Les déchets ménagers.

[Link]. Comment préparer un compost ?

Si un pisciculteur veut fabriquer un compost dans l’étang, il suffit qu’il apprête sa


compostière et y mette des composants qui lui sont faciles à trouver. Le tas de composant doit
être bien tassé sous eau, par exemple en piétinant soigneusement chaque couche. Il dépassera
légèrement le tas au-dessus de la surface de l'eau, étant donné que sa hauteur diminuera
lentement. Chaque semaine, il ajoutera de nouvelles couches de matières pour le reconstituer.

Pour obtenir de très bons résultats:

• Utilisez au moins un tas de compost par 100 m2 d’étang ;


• Veillez à ce que la superficie totale de la surface des enclos à compost corresponde à
10% de la surface de l’étang ;
• Retournez les tas tous les deux ou trois jours à l’aide d’un croc à dent.

Pour un compostage à terre, le pisciculteur devra apprêter les matériaux ci-après :

✓ les sticks de bois ou bambou ;


✓ Lianes ;
✓ Les composants cités ci-haut.

Il peut toutefois creuser un trou de 1m x 1m x 1m

Ensuite, procéder de la manière suivante :

✓ choisir un endroit ombragé ou monter un hangar ;


✓ aménager une caisse de 1m x 1m x 1m et labourer la terre à l’endroit où on va
aménager sa compostière pour aérer le sol, ou creuser un trou de même dimension
dans un endroit sec;
✓ planter un grand stick au centre de la caisse ou du trou ;
17
✓ remplir les composants cités ci-haut de la manière suivante :
o grouper de la matière organique sèche : herbes sèches, paille, rachis de feuilles
de bananier…
o grouper de la matière organique fraîche découpés en petits morceau au
préalable ;
o récolter du fumier animal ;
o déposer en alternance une couche de feuilles sèches (plus ou moins 25 cm),
une couche de feuilles fraiches (plus ou moins 15 cm), une couche de fumier
animal (plus ou moins 5 cm) et une couche de cendre (plus moins 1 cm) ;
répéter la combinaison jusqu’à remplir la compostière ;
o arroser légèrement au fur et mesure qu’on installe les différentes couches.
✓ Remuer le pied en bois central afin de créer une cheminée d’aération (utile lorsque la
température augmente trop).

Le compost sera bien mature après 45 à 50 jours si le pisciculteur respecte les règles
suivantes :

✓ Maintenir une humidité constante en arrosant légèrement et régulièrement la


compostière avec de l’eau ou l’urine de porc.
✓ Tous les 10 jours, secouer la compostière afin de mélanger tous les composantes

18
[Link]. Caractéristiques d’un compost mature

Un bon compost doit :

• Avoir la couleur brun très foncée ;


• Avoir la matière à la température de l’air ;
• Ne pas avoir d’odeur ;
• Avoir des vers de terre et des vers blancs (asticots = nkusu).

19
D’une manière générale, il est préférable de fabriquer le compost à l’extérieur de l’étang car :

• Il ne consomme pas l’oxygène de l’eau ;


• Il peut s’appliquer sur toute la superficie de l’étang ;
• Il contient des vers et autres petits animaux, que les poissons peuvent consommer.

[Link]. Comment fertiliser un étang à l’aide du compost ?

Dans les étangs vidangés, le compost est étalé sur tout le fond de l'étang à la dose de 50 kg/
100 m2 et mélangé à la couche superficielle du sol avant le remplissage.

Ensuite, on peut distribuer régulièrement du compost dans l'étang pour fertiliser l'eau (20 à 25
kg/100 m²/semaine), car il présente le grand avantage de ne pas augmenter la demande
d'oxygène dissous dans les mêmes proportions que d'autres engrais organiques. Pour cette
raison, le compost convient particulièrement bien aux étangs d'alevinage.

2.2.4. Autres engrais organiques

En dehors du fumier animal et du compost, plusieurs autres engrais peuvent être utilisés pour
fertiliser des étangs. Nous pouvons citer par exemple :

• Les tubercules de manioc que l'on peut laisser tremper dans les étangs pour en enlever
l'acide cyanhydrique avant consommation humaine (10 à 25 Kg / 100m² /jour).
NOTES : s’il n’est pas possible de surveiller le pH, et donc l’acidification de l’étang,
n’introduire les tubercules de manioc qu’une seule fois par semaine par mesure de
sécurité. ATTENTION DANS LES ETANGS SANS RENOUVELLEMENT ;
• La végétation aquatique qui a été coupée dans l'étang proprement dit, dans les canaux
ou autres plans d'eau; dans certaines régions, des plantes flottantes nuisibles comme la
jacinthe d'eau, les fougères d'eau et les laminaires peuvent être utilisées à bon escient
dans une installation piscicole ;
• Le sang pour une alimentation directe du poisson.

Des déchets comme les balles de riz, les bagasses de canne à sucre et la sciure de bois sont
riches en cellulose, qui se décompose très lentement dans l'étang. Ne pas trop en utiliser, à
moins que vous ne tentiez de constituer un fond d'étang de bonne qualité sur sol sableux.

2.3. Pisciculture à base de périphyton


Le périphyton est un ensemble d’algues, de bactéries, de champignons et d’autres organismes
aquatiques qui adhèrent à des substrats (du matériau dur) présents dans l’eau.

La production de poissons est plus élevée dans des étangs où il y a des substrats, comme des
branches ou des tiges de bambou placées verticalement dans l’étang, plutôt que dans les
étangs sans substrats. Ceux-ci peuvent tout à fait être installés en complément de la
fertilisation, qui va justement aider au développement du périphyton.

20
Figure 6: Mauvaise et bonne disposition des substrats pour le développement du périphyton

2.3.1. Avantages et inconvénients de la culture à base de périphyton


Cette méthode de culture présente divers avantages pour les poissons :

➢ Nourriture additionnelle : les branches ou les tiges immergées sont rapidement


colonisées par divers organismes microscopiques qui peuvent servir de nourriture aux
poissons. Conséquences : abondance d’aliment naturel dans l’étang ;

➢ Abri : Un autre avantage important des substrats dans l’étang est qu’ils protègent les
poissons contre les prédateurs, tels que les oiseaux, les grenouilles ou les serpents ;

➢ Aspects sanitaires : la survie des poissons est meilleure dans les étangs avec
substrats. En effet, le périphyton peut avoir un effet positif sur l’état de santé des
poissons. Il exerce une action antibiotique contre une diversité de bactéries présentes
dans les étangs qui provoquent des maladies, et il a un effet de vaccin sur les poissons
qui s’en nourrissent. En outre, on a constaté que les poissons se frottent contre les
branches ou les bâtons pour déloger des parasites.

Parmi les inconvénients de la méthode, nous citons le risque de déforestation au niveau local,
ce qui constitue une grande contrainte pour les projets de reboisement actif et opérationnel,
par exemple WWF dans le Kongo Central (réserve de Luki). Certains supports comme le
bambou par exemple peuvent être utilisés plusieurs fois (environ 3 ans). Son utilisation est
plus rationnelle du point de vue écologique car il contribuera à réduire l’impact de la
déforestation. Cette technique demande également de la main d’œuvre pour mettre en place
puis enlever les substrats.

21
Cependant malgré les inconvénients, la pisciculture à base de périphyton offre de nombreux
avantages aux pisciculteurs :

➢ Les rendements augmentent et la prédation et le braconnage diminuent ;


➢ Elle est simple à appliquer et peut utiliser les ressources locales (matériaux et main
d’œuvre) ;
➢ Elle réduit ou diminue le déversement dans l’environnement de déchets et substances
potentiellement polluantes.

2.3.2. Densité de mise en charge, rendement à la récolte et qualité de l’eau


Le bambou comme substrat est un excellent support. A une densité de 10 piquets /m², il
augmente la production de 20 à 100 %.

Qualité de l’eau

• L’amas de périphyton capte les solides en suspension, ce qui améliore la


transparence de l’eau et donc la pénétration de la lumière solaire dans l’étang ;
• Le périphyton absorbe également des composés qui sont toxiques pour les
poissons (ammoniac et nitrates).

Figure 7: Développement du périphyton sur support en bambou et appréciation des poissons

2.4. Cultures associées ou culture intégrée à l’élevage des


animaux
C’est une culture qui intègre les animaux terrestres à la culture des poissons, principalement afin
d’utiliser leurs déjections comme fertilisant.

22
Avantages :

• Permet de recycler les déjections animales en les utilisant directement comme engrais
organique ou fertilisant ;
• Permet de contrôler et limiter le déplacement des animaux ambulants en les rendant moins
mobiles ;
• Permet d’obtenir des fertilisants disponibles sans devoir les acheter ou dépenser de l’argent ;
• Permet d’avoir une vente supplémentaire de poisson et du bétail ;
• Permet de pratiquer et de contrôler les deux activités de manière simultanée.

Inconvénients : exige plus d’intrants, c’est-à-dire :

• Davantage de terre et d'eau;


• Des investissements plus importants pour les abris, la nourriture et les jeunes animaux;
• De nouvelles compétences requises en matière de gestion du bétail;
• Un travail supplémentaire pour gérer l'activité correctement;
• Des quantités plus importantes d'aliments de meilleure qualité.

Votre conseiller technique pourra vous assister à la mise en


place de votre culture associée, grâce notamment à des fiches
techniques sur les espèces proposées.
2.5. Mise en eau

Après épandage du fumier, le pisciculteur peut maintenant laisser entrer l’eau dans l’étang.
Mais il doit installer soit des cailloux ou un morceau de tôle sous le tuyau qui mène l’eau vers
l’étang pour éviter que l’eau qui entre dans l’étang puisse encore creuser un trou là où elle
tombe.

Pendant que l’eau se remplit dans l’étang, le pisciculteur peut faire le tour sur les digues pour
contrôler si elles tiennent bien et vérifier qu'il n'y ait pas de fuites.

La profondeur maximale ne doit pas être inférieure à 50cm.

L’étang doit se remplir dans un délai raisonnable (inférieur à 8 jours).

23
2.6. Mise en charge
Il est nécessaire que chaque pisciculteur commande tôt les alevins dont il va avoir besoin, afin
de ne pas devoir attendre longtemps.

2.6.1. Manipulation des alevins

Les alevins que nous allons mettre dans le bassin doivent y arriver en bon état, car le résultat
dépendra entre autre de la manière dont ils seront arrivés.

Pour manipuler les poissons, il faut respecter ce qui suit :

✓ Toujours avoir les mains mouillées avant de prendre des alevins dans la main. Les
écailles des poissons sont recouvertes d'une petite couche muqueuse qui protège le
poisson contre les attaques des bactéries et des champignons. Quand on prend un
poisson avec les mains sèches, on enlève cette couche de mucus, elle reste collée à nos
mains. C'est là que les parasites peuvent attaquer le poisson.

✓ Travailler pendant les heures fraîches de la journée (tôt le matin ou le soir). On mettra
toujours les alevins à l'ombre pour éviter que l'eau du récipient ne chauffe et perde
encore plus vite son oxygène. On laisse les alevins hors de l'eau de l’étang le moins
longtemps possible. On renouvelle l'eau du récipient si elle est trop boueuse ou trop
chaude.

✓ On manipule les alevins le moins possible.

2.6.2. Processus d’acclimatation


Il est important de ne pas déverser les poissons, quelle que soit la taille, immédiatement dans
leur nouveau lieu de vie. Le but est d’augmenter la survie des animaux stressés par le voyage
et les changements de qualité d’eau, en égalisant peu à peu les paramètres (en particulier
température, pH et minéraux).

Le déversement des poissons doit se faire aux moments les plus frais de la journée, soit le
matin de bonne heure ou à la tombée de la nuit. Une préférence doit être donnée à la seconde
solution car l’oxygène sera à un niveau élevé, de même que le pH.

Si le pisciculteur, les assistants, ou le matériel n’est pas prêt, le(s) sac(s) peuvent rester flotter
dans l’étang, ce qui permettra déjà de rapprocher les températures. Attention toutefois à la
luminosité solaire qui pourrait faire chauffer l’eau contenue dans les sacs.

Lorsque toutes les conditions sont réunies, ouvrir les sacs et enrouler la partie supérieure, ce
qui les fera flotter. Un agent ne peut prendre en charge que 2 à 3 sacs à la fois. Versez petit à
petit de l’eau de l’étang dans le sac avec une main, la seconde le maintenant proche de la
personne. Il est recommandé d’égaliser la température à raison de 2°C par 30 minutes. Cette
valeur est difficile à respecter, en raison de l’empressement des agents à terminer le travail.

24
Toutefois, il faut veiller à ce que cette acclimatation se déroule pendant au moins 30 minutes
si la température diffère de plusieurs degrés.

ATTENTION, une fois le sac ouvert, l’eau contenant les poissons n’est plus alimentée par de
l’oxygène, mais uniquement par celui arrivant de l’étang. Il ne doit donc pas s’écouler
beaucoup de temps sans ajouter de l’eau, auquel cas les poissons pourraient mourir
d’asphyxie.

Lorsque le pisciculteur, avec une main dans le sac et l’autre dans l’étang, se rend compte de
l’égalité de la température, les poissons peuvent être déversés lentement en inclinant le sachet
et en ne provoquant aucune chute des poissons. Ils doivent passer du sac à l’étang en toute
tranquillité et sans stress.

25
2.7. Chronogramme type d’un cycle d’élevage
Afin de résumer les différentes tâches qui ont été vues dans ce chapitre, nous vous proposons un chronogramme des activités à réaliser lors d’un
cycle d’élevage type. Chaque étang et chaque pisciculteur étant différents, il convient de l’adapter à chaque cas, notamment en ce qui concerne le
chaulage et la fertilisation.

Tableau 9: Chronogramme des activités de gestion d'un étang

TACHES SEMAINES D’ELEVAGE


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26
Commande des alevins
Assec
Chaulage
Fertilisation
Remplissage
Ensemencement
Vidange

Légende :

Action recommandée : A effectuer si nécessaire :

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GLOSSAIRE

Alevin : nom donné au jeune poisson depuis la larve jusqu’à un poids de quelques grammes.

Assec : période pendant laquelle un étang est maintenu vide.

Assiette : fond d’un étang, nivelé et terrassé de façon que l’eau puisse s’écouler naturellement
vers la vanne de vidange. Un réseau de canaux aboutissant à un fossé central assure le
drainage intégral.

Biomasse : masse d’un ensemble d’organismes vivants dans un environnement donné.

Biotope : milieu défini, où vit une espèce.

Bloom : floraison, apparition massive et subite (– algal).

Carnivore : espèces qui s’alimentent de chair animale.

Chaîne trophique : succession des organismes vivants d’un écosystème, de la production


primaire au prédateur d’ordre le plus élevé.

Chaulage : action d'apporter de la chaux à un substrat ou à un sol.

Compost : mélange qui a fermenté par l’action de bactéries. Il est composé de résidus
organiques et minéraux.

Compostière : contenant qui permet de récolter les ordures organiques dans le but de créer du
compost.

Curage : action d’ôter les dépôts vaseux ou autres qui se sont accumulés dans un étang.

Digue : permet de conserver le volume d'eau nécessaire et forme l'étang proprement dit; aussi
leur conception et leur réalisation sont-elles particulièrement importantes.

Ecosystème : entité formée d'une communauté d'organismes et de son environnement


physique interagissant ensemble pour former une unité écologique.

Fingerling : alevin ayant atteint la taille d’un doigt (7-10 cm) et un poids de 20 à 30 g.

Fretin : poissons de petite taille.

Fumier : boue obtenue en mélangeant avec de la litière l'urine et les excréments des animaux
de ferme.

Fumure : amendement du sol par un apport de fumier ou d'engrais.

Herbivore : se nourrit uniquement d'herbes ou de feuilles de plantes.

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Incubation : temps s'écoulant entre la ponte et l'éclosion des œufs.

Larve : nom donné au jeune poisson depuis l’éclosion jusqu’à sa métamorphose (formation
des nageoires).

Matière fécale : expression utilisée pour désigner les excréments semi-solides.

Monoculture : culture d'une seule espèce.

Monosexe (élevage –) : élevage portant sur des animaux d’un seul sexe, mâle ou femelle,
préalablement triés.

Mucus : fluide gluant produit par les animaux pour lubrifier ou protéger les surfaces délicates
de l'organisme. Chez les poissons, les écailles sont recouvertes de mucus.

Nanisme : phénomène de croissance réduite, empêchant les poissons d’atteindre une taille
adulte normale.

Omnivore : qui mange de tout.

Périphyton : ensemble des organismes vivant sur un support formé principalement par les
plantes aquatiques supérieures.

pH : symbole exprimant, par le chiffre dont il est accompagné, l’acidité ou l’alcalinité d’une
eau.

Phytoplancton : plancton végétal.

Plancton : ensemble des organismes microscopiques vivant et flottant dans l’eau passivement
ou non, sans pouvoir opposer de résistance effective aux courants.

Polyculture : fait de cultiver plusieurs espèces.

Protéines : matières azotées naturelles entrant dans la constitution des êtres vivants.

Rendement : grandeur qui exprime la production (généralement en poids) exprimée par unité
de surface et par unité de temps, comme par exemple 400 kg/ha/an.

Sexage : acte permettant de déterminer le sexe d'un animal.

Stress : ensemble de réactions non spécifiques de l’organisme déclenchées par l’action d’un
agent nocif dit « agent stressant ».

Substrat : ce sur quoi s’exerce une action. Par extension : sol, fond, supports naturels ou
artificiels.

Zooplancton : plancton animal.

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