UNIVERSITE DE LABE
FACULTE DES SCIENCES ADMINISTRATIVES ET DE
GESTION (FSAG)
Première année de License Économie Gestion
MICROECONOMIE 2
Année universitaire 2024-2025
Dr Fawaz A. Adéchinan AMINOU
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Sommaire
Introduction générale
Chapitre 1 : Fonction de production
1.1. Notions de base
1.1.1. Facteurs de production
1.1.2. Fonction de production
1.2. Analyse de la production à court terme
1.2.1. La productivité totale
1.2.2. Productivité marginale et productivité moyenne
1.2.3. Elasticité partielle de la production
1.3. Analyse de la production à long terme
1.3.1. Isoquante et taux marginal de substitution technique
1.3.2. Rendements d’échelle
1.3.3. Elasticité de substitution
Applications
Chapitre 2 : Fonction de coût
2.1. Définition et mesure des coûts
2.1.1. Coûts économiques et coûts comptables
2.1.2. Coûts fixes et coûts variables
2.1.3. Coût marginal et coût moyen
2.2. Les coûts à court terme
2.2.1. Différents types de coût à court terme
2.2.2. Relations entre les courbes de coût à court terme
2.3. Les coûts à long terme
2.3.1. Combinaison optimale des facteurs de production
Application
Chapitre 3 : La production optimale du producteur
3.1. Solution graphique
3.2. Solution algébrique
3.3. Courbes de coût à long terme
3.4. Economies et déséconomies d’échelle
3.5. Offre de la firme
Application
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
La microéconomie s’intéresse aux comportements des agents
élémentaires et à l’agrégation de leurs actions dans différents
cadres institutionnels. Les agents élémentaires sont les
consommateurs qui maximisent leur utilité et les producteurs ou les
entreprises qui maximisent leur profit. Cependant, l’entreprise est
considérée comme une institution regroupant plusieurs catégories
d’agents économiques : les travailleurs, les gestionnaires, les
fournisseurs, les clients, les actionnaires, etc. De ce point de vue, les
décisions de l’entreprise reflètent les désirs et les décisions de ces
différentes catégories d’agents et l’équilibre résultant de leurs
interactions.
Le cadre institutionnel décrit les actions des autres agents
économiques qui déterminent les choix de chaque consommateur et
de chaque producteur. En effet, les choix des agents individuels sont
fonction des possibilités qui s’offrent à eux. Ces possibilités
dépendent généralement des actions des autres agents
économiques. Le cadre institutionnel décrit par conséquent la nature
des différentes possibilités offertes aux agents individuels tels que
résultant des actions cumulatives des autres agents élémentaires.
Le cours « Microéconomie 2 » est subdivisé en 3 chapitres.
Plan
Chapitre 1 : Fonction de production
Chapitre 2 : Fonction de coût
Chapitre 3 : Production optimale
Bibliographie
Varian Hal R, Analyse microéconomique, De Boeck, Bruxelles
Varian Hal R, Introduction à la microéconomie, De Boeck, Bruxelles
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Pindyck R. et D. Rubinfeld, Microéconomie, Pearson Education, Paris
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CHAPITRE 1 : FONCTION DE PRODUCTION
INTRODUCTION
La théorie microéconomique analyse le comportement du
producteur en expliquant comment l’entreprise doit organiser sa
production pour maximiser son profit ; le profit étant la différence
entre la recette et le coût de production. La production est une
activité qui consiste à créer ou générer un bien/service ou un
ensemble de biens/services à partir de la combinaison ou la
transformation d’autres biens/services. La production consiste donc
à obtenir, à partir de la combinaison de divers facteurs de
production, des biens dont la valeur économique est supérieure à la
valeur des facteurs de production utilisés. On considère que la
combinaison/transformation des facteurs de production entre eux
dans le but de produire des biens ou services s’opère au sein d’une
entreprise.
La théorie de la production a pour but de déterminer la façon
optimale dont l'entreprise doit combiner ses facteurs de production.
Elle cherche à énoncer des règles d'efficacité dans l'allocation des
ressources à la disposition de l'entreprise.
1.1- NOTIONS DE BASE
Pour bien comprendre la théorie de la production, il est
nécessaire de maitriser certaines notions de base :
1.1.1- Facteurs de production
Dans le processus de production, les entreprises transforment les
inputs en outputs. Les inputs ou facteurs de production comprennent
tout ce dont l’entreprise a besoin pour produire. Les facteurs de
production peuvent être classés en 3 grandes catégories, chacune
pouvant être subdivisées, à savoir : travail, matières premières,
capital.
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Le travail inclut à la fois les travailleurs qualifiés et non qualifiés ainsi
que les efforts des gestionnaires de l’entreprise. Les matières
premières sont les biens qui sont transformés au cours du processus
de production. Le capital comprend l’immobilier, les machines et
autres équipements de l’entreprise et les stocks.
Les biens de capital sont les inputs qui sont eux-mêmes des biens
produits. Fondamentalement, ce sont des machines : tracteurs,
bâtiments, ordinateurs... Parfois le terme « capital » est utilisé pour
désigner l’argent utilisé pour démarrer ou faire tourner une activité.
On classe les facteurs de production en facteurs fixes et variables.
Un facteur de production fixe est défini comme un facteur dont la
quantité ne peut être modifiée à court terme lorsque les conditions
du marché indiquent qu’une variation immédiate de la production
est souhaitable. Un facteur de production variable est, à l’inverse, un
facteur dont la quantité peut être modifiée presque instantanément
pour répondre à des variations souhaitables de la production.
Autrement dit, les facteurs de production variables sont les facteurs
de production dont les quantités sont variables à court terme, et les
facteurs de production fixes ceux dont les quantités ne peuvent
varier à court terme.
1.1.2- Fonction de production
Les entreprises peuvent transformer des inputs en outputs en
utilisant différentes de facteurs de production. On peut décrire la
relation entre les inputs dans le processus de production et
l’output qui en découle par une fonction de production.
Une fonction de production peut être envisagée comme un résumé
des connaissances technologiques appliquées à la production d’un
bien. Au sens le plus général, elle consiste en une table des
possibilités de production. Considérons un exemple d’une fonction
de production à deux facteurs variables dans le tableau suivant :
Tableau 1 : Fonction production discrète
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Le tableau ci-après présente des quantités (fictives) de riz récoltées
sur des lots de terre de superficies différentes avec un nombre
variable de travailleurs (en tonnes de riz).
Superficie en Nombre de travailleurs (L)
hectares (K) 2 4 6 8 10 12 14
10 2 30 40 45 48 50 58
20 3 60 75 85 90 95 98
30 5 80 100 115 125 133 140
40 6 95 115 133 150 165 178
50 6 105 130 150 166 180 192
60 6 110 135 155 173 190 198
70 7 113 136 156 175 195 200
Ce tableau constitue une fonction de production discrète. Son
interprétation est facile : par exemple, le chiffre 100 correspond à la
quantité maximale de riz que l’on peut obtenir, en combinant les
facteurs de productions dans les proportions indiquées (6, 30).
Dans la table des possibilités de production, on voit que la
quantité de riz produite dépend de la quantité utilisée de chacun
des facteurs de production. Nous écrivons alors :
Q=f (K , L)
(1.1)
Où Q est la quantité produite du bien (en tonnes de riz), K est le
facteur terre (en hectares), et L est le facteur travail (en nombre
d’heures, ou de jours de labeur).
Au total, la relation technique entre les facteurs de
production (inputs) et la production (output) s’appelle
une fonction de production. Cette dernière traduit les
relations techniques qui sont sous-jacentes au processus de
transformation des facteurs en produits. Elle permet de
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connaître la quantité maximale qui peut être obtenue à partir
d'un volume donné de facteurs de production.
La fonction de production résume donc les méthodes techniquement
efficientes de combiner les moyens de production pour obtenir le
produit. Une méthode de production est techniquement inefficiente
si, pour la production d'un volume donné, elle utilise une plus grande
quantité de certains moyens et pas moins des autres moyens qu'une
autre méthode capable de produire le même volume. En conclusion,
on retiendra que toute technique efficiente exclut le gaspillage.
Une fonction de production indique, pour chaque combinaison
d’inputs, le niveau maximal d’outputs par l’entreprise. Parce que la
fonction de production permet de combiner les inputs dans des
proportions variables, l’output peut être produit de plusieurs façons :
plus de capital et moins de travail ou vice versa.
L’équation 1.1 s’applique à une technologie donnée. Lorsque la
technologie s’améliore (pour notre exemple : amélioration des
techniques culturales, engrais, etc.) , la fonction de production se
modifie et l’entreprise peut obtenir une plus grande quantité
d’output pour les mêmes quantités d’inputs.
1.2- ANALYSE DE LA PRODUCTION À COURT TERME
Dans le cadre de l'analyse à court terme, on étudie l'évolution de la
production quand un seul facteur varie, l'autre restant constant. La
production est toujours réalisée à partir des deux inputs même si
l’un reste en quantité constante. Trois notions permettent de décrire
l’effet d’une variation de la quantité d’un facteur de production
variable : la productivité totale, la productivité marginale et la
productivité moyenne.
1.2.1- La productivité totale
Soit une fonction de production, Q=f (K , L) où K et L sont des
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facteurs de production (Supposons que : K = capital et L =
main-d’œuvre) et où le facteur K est constant : K= K ̅ .
La productivité totale ou production totale (ou factorielle) ou
produit total est la quantité totale produite avec une quantité
donnée d'un facteur de production fixe.
PT =f (K =K , L)
La courbe de production totale représente graphiquement la
production maximale possible avec une quantité donnée de capital
lorsqu'on fait varier la quantité de main-d’œuvre. Elle sépare les
niveaux de production réalisables des niveaux de production
irréalisables.
Tous les points situés au-dessous de la courbe correspondent à des
niveaux de production réalisables. Cependant, ils ne sont pas
efficients, car ils exigent plus de main-d’œuvre que nécessaire pour
atteindre un niveau de production donné. Seuls les points situés sur la
courbe de produit sont techniquement efficients.
La productivité totale s’identifie à la production totale et ainsi à
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la fonction de production 𝑸 = (𝑲̅, 𝑳), telle qu’elle est
représentée sur la graphique précédent.
Trois propriétés sont associées à cette fonction :
i) La première propriété est qu’elle passe par l’origine, c'est-à-dire
que pour un volume de facteur variable égal à zéro, la production
est nulle, et ce quel que soit l’apport de facteur fixe.
ii) La deuxième est le corollaire de la précédente : plus l’apport
du facteur variable est fort, plus importante est la production
totale.
iii) Latroisième propriété permet de définir la loi des
rendements marginaux décroissants (voir ci-dessus).
1.2.2- Productivité marginale et productivité moyenne
Lorsque le capital est fixe mais que le travail est variable, la seule
façon pour l’entreprise d’augmenter la production de bien(s) est
d’accroitre l’utilisation du facteur travail. L’entreprise doit décider de
la quantité de travail à utiliser et la quantité de bien à produire. Pour
prendre cette décision, l’entreprise doit savoir l’augmentation de la
quantité d’output Q lorsque la quantité de travail L augmente. Le
tableau ci-après donne cette information. La quantité de travail est
indiquée dans la première colonne, la quantité fixe de capital dans
la deuxième colonne et la quantité totale du bien produit dans la
troisième.
Tableau 2 : Production avec un seul facteur variable
Quantité de Quantité de
Production Productivité
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La production correspondant à une quantité de travail
nulle est égale à zéro (voir graphique). L’output augmente
ensuite avec la quantité de travail utilisée jusqu’à un certain niveau
(L=8). À partir de ce point, la production totale décline. Même si
initialement, chaque travailleur supplémentaire permet d’utiliser au
mieux le capital installé, il n’est plus nécessaire après un certain
niveau de continuer à augmenter la quantité de travail utilisée car
cela peut même s’avérer contre-productif.
La contribution du facteur travail au processus de production peut
être appréciée en moyenne ou bien à la marge. La quatrième
colonne correspond à la production moyenne (ou produit moyen) du
travail (PML) qui mesure la quantité de bien par unité d’input travail.
La productivité moyenne est calculée en divisant la quantité totale
de bien Q par la quantité totale d’input travail L. La productivité
moyenne mesure la productivité des travailleurs car elle représente
le nombre d’unités de bien que chaque travailleur permet, en
moyenne, de produire. Dans l’exemple, le productivité moyenne
commence par croitre puis chute lorsque la quantité de travail
devient supérieure à 4.
La cinquième colonne présente la productivité marginale (PmL)
également appelée produit marginal du travail. C’est la quantité de
bien supplémentaire produite lorsque l’on augmente l’input travail
d’une (01) unité. La productivité marginale du travail se calcule
comme le rapport ∆Q/∆L : c’est-à-dire la variation d’output ∆Q
résultant d’une augmentation de ∆L unités de travail (ici on
augmente d’une unité à chaque fois, ∆L= 1). Avec une quantité de
capital fixe (k=10), comme la productivité moyenne, la productivité
marginale est d’abord croissante puis elle est décroissante. Dans
notre exemple après la 3ème unité, la productivité marginale du
travail décroit. (graphique 2 ici)
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Les courbes du graphique 2 peuvent être représentées avec les
données contenues dans le tableau 2. On observe qu’au fur et à
mesure que la quantité de travail augmente, la production totale
augmente jusqu’au maximum (PT max = 112) puis diminue. La
partie de la courbe de la production totale après le maximum est
représentée à titre illustratif car il n’est plus rationnel du point de
vue économique d’utiliser plus d’input travail (qui a un coût) à partir
de ce point pour produire moins de bien (utilisation du pointillé dans
certains ouvrages).
En partant de l’observation et suivant l’analyse effectuée
par David Ricardo, on établit que la production dans le
court terme, évolue selon l’allure d’une lettre S allongée.
En effet, l’observation montre que dans un premier
temps, le produit marginal du facteur variable est positif
et évolue à un rythme croissant. Après un certain
moment, il demeure positif mais il évolue à un rythme
décroissant.
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Après un certain seuil, il devient négatif et rejaillit
négativement sur l’échelle de production.
PT
Production totale
Z
o
n
e Z
2 o
Z
o n
n e
e
L
P
M
Pm
Production moyenne
E
PM = Pm
Production marginale
Relation entre production totale, productivité moyenne
et productivité marginale
Graphique 2 : Les courbes de production
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La productivité marginale est positive tant que la production totale est
croissante et devient négative dès que celle-ci décroit. Les courbes de
la productivité moyenne et de la productivité marginale sont
étroitement liées. Lorsque la productivité marginale est supérieure à
la productivité moyenne, la productivité moyenne est croissante. De
la même façon, lorsque la productivité marginale est inférieure à la
productivité moyenne, la productivité moyenne est décroissante. Il
s’ensuit que la productivité marginale doit être égale à la productivité
moyenne lorsque cette dernière atteint son maximum. C’est la
situation au point E
Il ressort de ces courbes superposées qu’une entreprise rationnelle
ne peut pas organiser sa production dans la zone III car dans cette
zone, le produit marginal du travail est négatif. Il en est de même
pour la zone I car dans cette zone le produit marginal est supérieur
au produit moyen du travail. Ceci suppose que dans la zone I, le
facteur fixe est sous-exploité or la rareté des ressources nous
impose de ne pas gaspiller. L’utilisation du facteur fixe devient
optimale lorsque le produit moyen du travail atteint son maximum
et devient égal au produit marginal.
La zone II est qualifiée de zone de validité d’une fonction de
production en ce qu’elle n’est pas caractérisée par une sous-
utilisation du facteur fixe ni par une surutilisation anti-économique
de ce dernier. Dans cette zone, on vérifie que le produit marginal de
l’input variable (le travail L) est positif et évolue à un rythme
décroissant, soit : f ' (.)> 0 et f ' '(.)≤0.
Loi des rendements marginaux décroissants
Énoncé de la loi par Turgot en 1777 dans le domaine de l’agriculture
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: « Si l’on accroît la quantité d’un facteur de production en
combinaison avec d’autres facteurs maintenus constants, il existe
un point au-delà duquel la production totale va croître à un rythme
sans cesse décroissant ». Dans cette loi, « rendement est synonyme
de productivité marginale puisque l’accent est mis sur « rythme »
c'est-à-dire le taux de croissance de la production.
Lorsque le produit marginal d'un travailleur supplémentaire est
supérieur au produit marginal du travailleur précédent, on
enregistre des rendements marginaux croissants. On parle de
rendements marginaux décroissants lorsque le produit marginal
d'un travailleur supplémentaire est inférieur à celui du
travailleur précédent.
La loi des rendements marginaux décroissants énonce qu’un facteur
variable, ajouté en quantités égales à un montant donné d’un
facteur fixe, entraîne à partir d’un certain point une diminution des
quantités additionnelles de production.
C’est cette loi des rendements marginaux décroissants qui permet
de définir la productivité marginale physique d’un facteur variable.
À partir du point E, point d’inflexion de la courbe de productivité
totale, les rendements marginaux sont décroissants.
1.2.3- Élasticité partielle de la production
Pour bien analyser la sensibilité de la production par rapport
l’input variable, il est préférable de calculer l’élasticité de la
production par rapport au facteur travail.
L’élasticité partielle de la production est une mesure de
sensibilité : elle mesure de combien, en pourcentage, s’accroît
la production si l’on fait varier un facteur de 1%.
dQ
%∆Q Q dQ L
ε L= = =
% ∆ L dL dL Q
L
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Ou
Pm L
ε L=
PM L
Le coefficient d’élasticité partielle de la production est donc égal
au rapport entre la productivité marginale et la productivité
moyenne du facteur variable. Dès lors :
· si Pm L > PM L alors ε L > 1
· si Pm L =PM L alors ε L =1
· si Pm L < PM L alors ε L < 1
Compte tenu de la définition donnée ci-dessus de l’élasticité
partielle de production ainsi que des courbes du graphique 2, on
dit que le facteur fixe est sous-utilisé lorsque l’élasticité de
l’output par au facteur variable est supérieure à un (zone I) et on
dit qu’il connaît une surutilisation économiquement tolérable
lorsque l’élasticité est comprise entre zéro et un (zone II appelée
zone de validité). Lorsque l’élasticité devient négative, on parle
d’une surutilisation antiéconomique (zone III).
1.3- ANALYSE DE LA PRODUCTION À LONG TERME
Dans le cadre d'une analyse à long terme, on suppose que tous les
facteurs de production peuvent varier. Puisque, cette fois, les deux
facteurs de production sont variables, la fonction de production
s’écrit est Q=f (K , L).
1.3.1- Isoquante et taux marginal de substitution
technique
La recherche, pour une production donnée, des différentes
combinaisons possibles de facteurs de production K et L, permet de
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mettre en évidence une courbe d’isoproduction, ou isoquante, qui a
les mêmes caractéristiques qu’une courbe d’indifférence.
On appelle isoquante (ou courbe d’iso-produit), la
représentation graphique de l’ensemble des combinaisons
efficaces de facteurs de production (sur la fonction de
production) permettant d’obtenir un niveau donné
d’output. Les isoquantes correspondent au niveau d’output qui
peut être produit et non à un niveau d’utilité. Le niveau des
isoquants est dès lors déterminé par la technologie et non par des
règles quelque peu arbitraires comme dans le cas de l’utilité.
Ces isoquantes possèdent quatre propriétés.
i) Plus une isoquante est éloignée de l’origine, plus le niveau de
production associé est élevé. Sur la figure, B permet de produire
plus d’output que A, en raison de l’efficacité technique. C’est –à-
dire qu’il est impossible de produire plus d’output avec les mêmes
quantités d’inputs, ou autant d’output avec des quantités moindres
d’inputs.
ii) Les isoquantes ne se croisent jamais.
iii) Les isoquantes sont décroissantes. Si on augmente le niveau
d’utilisation d’un input et que l’on désire maintenir constant le
niveau de production d’output, il est nécessaire de diminuer le
niveau d’utilisation de l’autre input.
iv) Les isoquantes sont convexes. Une isoquante convexe illustre
une fonction de production à facteurs substituables.
Pour des déplacements le long d’une isoquante, le niveau du
produit reste constant et le rapport des facteurs change de
façon continue. Un ensemble d’isoquantes formera une
carte d’isoquantes.
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La forme des isoquantes dépend de la relation qui existe entre
les facteurs de production (substituabilité / complémentarité).
Exemples de fonction de production et courbes
d’isoquantes associées
Facteurs substituables et allure normale des isoquantes
La fonction de production Cobb-Douglas est de la forme :
α β
Q=f ( K , L)=A K L
Le paramètre A mesure d’une certaine façon l’échelle de
production, c’est-à-dire la quantité d’output obtenue en utilisant
une unité de chaque input. Les paramètres α et β mesurent
l’effet sur la quantité d’output d’une variation des inputs. Dans
certains exemples, on pose A=1 afin de simplifier les calculs.
Les isoquantes Cobb-Douglas revêtent une forme d’allure
normale, comme les courbes d’indifférence Cobb-Douglas.
Graphique 3 : Ensemble représentatif d’isoquantes
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Les substituts parfaits
Supposons maintenant que nous réalisons au travail à domicile et
que les inputs soient des rayons rouges et des crayons bleus. La
quantité produite de travail à domicile ne dépend que du nombre
total de crayons.
Pour des inputs qui sont des substituts parfaits, la fonction de
production se présente comme suit :
f (x 1 , x 2)=x 1 + x 2.
Les isoquantes correspondent exactement aux courbes
d’indifférence obtenues pour des substituts parfaits dans la
théorie du consommateur. Elles sont illustrées sur le graphique ci-
après. Ce graphique représente les isoquantes pour des substituts
parfaits.
A
K Q
0 2
K B
1
Q1
Graphique 4 : Courbes d’isoquantes
associées à des0 L0 L1 L
substituts parfaits.
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Les proportions fixes (facteurs complémentaires)
Supposons que nous creusions des trous et que pour creuser un
trou nous devions utiliser un homme et une pelle. Disposer de
pelles supplémentaires ou d’homme supplémentaires ne sert à rien.
Le nombre total de trou que nous pouvons réaliser est dès lors égal
à la valeur minimum du nombre d’hommes et du nombre de pelles
dont nous disposons. Pour des inputs utilisés en proportions fixes, la
fonction de production se présente comme suit :
f (x 1 , x 2)=min {x 1 , x 2} .
Les isoquantes se présentent comme celles reproduites sur le
graphique 5. Elles correspondent exactement aux courbes
d’indifférences obtenues pour des compléments parfaits dans la
théorie du consommateur. Cette figure représente les
isoquantes pour des inputs utilisés en proportion fixes.
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Graphique 5 : Courbes d’isoquantes associées à des
proportions fixes.
Le taux marginal de substitution technique (TMST)
On considère la forme normale d’une isoquante (graphique 3). A
chaque niveau de production est associé différentes combinaisons de
facteurs ( K 0 L0, K 1 L1, etc.). Comme il s’agit de facteurs substituables, la
pente de ces isoquantes est négative. Leur convexité permet de
définir un taux marginal de substitution technique, ou TMST.
Le taux marginal de substitution technique (TMST) est le nombre
d’unités d’un facteur que l’on doit enlever si on ajoute une unité
d’un autre facteur, la production restant constante. C’est donc le
taux auquel on peut échanger les facteurs de production tout en
gardant le même niveau de production.
Ainsi on pourra fabriquer une quantité Q0 avec deux combinaisons
possible K0L0 et K1L1 de facteurs de production. Si l’on décide de
produire Q0 avec une unité de travail supplémentaire (L0L1), il faut
réduire l’apport de capital de K 0 K 1 unités.
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−K K
0 1 −dK
Les TMST de K par L s’écrit : TMST KL = L L = dL
0 1
Comme la fonction de production est égale à Q=f (K , L) , la
différentielle totale de Q s’écrit :
∂Q ∂Q
dQ= dK + dL
∂K ∂L
or dQ=0 sur la même isoquante donc
∂Q ∂Q
dK + dL=0
∂K ∂L
Soit encore :
∂Q
−
dK ∂L
=
dL ∂Q
∂K
Puisque
∂Q ∂Q
=PmL et =PmK
∂L ∂K
On a :
−dK PmL
= =TMST
dL PmK
Le TMST est donc égal au rapport des productivités marginales.
Graphiquement, le TMST est représenté par la pente de la tangente
en un point sur l’isoquante. Lorsqu’on substitue le facteur travail au
facteur capital, le produit marginal du travail diminue et le produit
marginal du capital augmente. Par conséquent, le taux marginal de
substitution technique du capital au travail décroît lorsque le travail
est substitué au capital de façon à maintenir un niveau de
production constant. Les isoquants doivent être convexes en
chaque point de façon à permettre la vérification du principe de
taux marginal de substitution technique décroissant.
1.3.2- Rendements d'échelle
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Comment varie la production lorsque tous les facteurs sont
multipliés simultanément dans la même proportion ? La réponse à
cette question permet de distinguer les rendements d’échelle
croissants, constants et décroissants.
Les rendements d’échelle désignent une relation entre la
quantité produite d’un bien et la quantité de facteurs de
production utilisés. Ils permettent de mesurer l’efficience
productive des facteurs. Ils constituent un des éléments
caractérisant une fonction de production.
Il ne faut pas confondre rendements d’échelle et économie
d’échelle, bien que ces deux concepts soient très proches.
Les rendements d’échelle s’expriment en termes physiques. Ce que
l’on compare, ce sont des quantités de facteurs et des quantités de
produits. Les économies d’échelle font intervenir le prix des facteurs
et la valeur de la production.
Rendements d’échelle croissants.
Soit une fonction de production : Q=f (K , L)
Si on multiplie les facteurs de production parθ, on obtient une
quantité produite : Q1=f (θK , θL)
Les rendements d’échelle seront dits croissants si : Q1 >θQ
Les rendements d’échelle sont croissants lorsque la quantité
produite augmente plus vite que les quantités de facteurs mises
en œuvre.
Rendements d’échelle constants.
Dans ce cas, Q1=θQ . L’augmentation de la production est
strictement proportionnelle à l’augmentation des facteurs.
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Rendements d’échelle décroissants.
Cette fois, Q1 <θQ . L’augmentation de la production est moins que
proportionnelle à celle des facteurs. Les rendements d’échelle sont
décroissants lorsque la quantité produite augmente moins vite que
les quantités de facteurs mises en œuvre.
Exemple : Fonction de production de type Cobb-Douglas
Considérons une fonction de production Cobb-Douglas de la forme
suivante :
α β
Q=f ( K , L)=K L
Ce qui permet d’écrire :
ln Q=α ln K + β ln L
Et :
d ln Q=α d ln K + β d ln L
Les coefficients α et β expriment l’élasticité de la production
respectivement par rapport au capital et par rapport au travail.
En effet :
dQ
d (ln Q) Q
= =élasticité par rapport au capital=α
d (ln K ) dK
K
De même
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dQ
d (ln Q) Q
= =élasticité par rapport au travail=β
d (ln L) dL
L
De plus, les productivités marginales du travail et du capital
sont étroitement liées aux productivités moyennes qui y sont
associées. En effet, on peut écrire :
∂Q α −1 β Q
=α K L =α
∂K K
∂Q Q
Où ∂ K exprime la productivité marginale du capital et K la
productivité moyenne de ce facteur.
De même :
∂Q α β −1 Q
=β K L = β
∂L L
∂Q Q
Avec ∂ L exprime la productivité marginale du travail et L la
productivité moyenne de ce facteur.
Enfin, cette même fonction Cobb-Douglas permet de préciser
également, lorsqu’on l’applique à l’entreprise, ses rendements
d’échelle.
En effet, si :
α β
Q=K L
Q1 peut s’écrire :
α β
Q1=(θK) (θL)
Soit encore :
α+ β α β
Q1=θ K L
Et
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α+ β
Q1=θ Q
Si α + β=1 alors Q1=θQ et les rendements d’échelle sont constants.
Si α + β< 1 alors Q1 <θQ et les rendements d’échelle sont
décroissants.
Si α + β> 1 alors Q1 >θQ et les rendements d’échelle sont croissants.
Quand α 𝑒𝑡 β sont dans une relation telle que α + β=1. La fonction
de production est donc homogène, de degré 1.
1.3.3- Élasticité de substitution
La forme de l’isoquante nous donne la valeur du taux marginal de
substitution technique et donc de la facilité (taux) avec laquelle la
substitution peut être faite. Il peut être intéressant de savoir
comment cette facilité varie le long de l’isoquante ; c’est la notion de
l’élasticité de substitution.
Si le long d’une isoquante le TMST change beaucoup pour une
petite variation de K/L, la substitution est considérée comme étant
difficile à faire et l’isoquante sera d’autant plus convexe par
rapport à l’origine.
Dans le cas d’une fonction de production Cobb-Douglas à
rendements constants, l’élasticité de substitution est égale à 1.
En effet, pour une fonction de production de type Cobb-Douglas,
on a :
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On peut écrire alors :
Soit alors :
APPLICATIONS
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CHAPITRE 2 : FONCTION DE
COÛT INTRODUCTION
Après avoir analysé la technologie de production de l’entreprise,
nous étudions dans le présent chapitre en quoi ladite technologie et
les prix des facteurs de production déterminent les couts de
production de l’entreprise. Il s’agit de traiter du choix de la
combinaison optimale des facteurs c’est-à-dire celle qui minimise les
couts. Mais avant, il faut définir les différents types de coûts et avoir
une idée de comment ils sont mesurés.
2.1- DÉFINITION ET MESURE DES COÛTS
Avant d’analyser la façon dont les entreprises minimisent leurs
coûts, il faut clarifier le concept de coût et appréhender les
différents types de coûts.
2.1.1- Coûts économiques et coûts comptables
Les comptables s’intéressent à la situation financière de l’entreprise
et à ses opérations de façon rétrospectives. Dans cette perspective,
ils prennent en compte les dépenses effectives auxquelles
s’ajoutent les coûts d’amortissement déterminés généralement
suivant les règles fiscales.
Les économistes adoptent une vision tournée vers l’avenir et
s’intéressent à l’allocation des ressources rares. En effet, ils se
préoccupent de l’évolution des coûts dans le futur et de la façon dont
l’entreprise pourrait réallouer ses ressources pour améliorer sa
profitabilité. Les économistes s’intéressent donc aux coûts
d’utilisation des ressources dans le processus de production en
distinguant les coûts que l’entreprise peut contrôler de ceux qu’elle
ne peut pas contrôler. Le concept de coût d’opportunité joue ici un
rôle fondamental.
Le cout d’opportunité est le coût des opportunités auxquelles
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l’entreprise a renoncé en assignant pas ses ressources à leur
meilleure utilisation alternative (exemple : Prise en compte des
loyers potentiels dans les coûts économiques d’utilisation des
locaux propres d’une entreprise alors que le coût comptable est
nul.) Les coûts d’opportunité sont souvent « cachés » mais ils
doivent être pris en compte dans les décisions économique.
Les coûts irrécupérables sont les dépenses qui ont été effectuées et
qui ne peuvent être récupérées (exemple : Équipement spécialisé qui
ne peut être utilisé que pour l’usage pour lequel il est conçu à
l’exclusion de tout autre usage). Le coût d’opportunité associé à un
coût irrécupérable est nul. Le coût irrécupérable est visible mais est
ignoré dans les décisions économiques futures.
2.1.2- Coûts fixes et coûts variables
Certains coûts varient avec le niveau de production alors que
d’autre restent inchangés dans que l’entreprise produit. Le coût
fixe et un coût qui ne varie pas avec le niveau de production
et qui ne peut être éliminé qu’avec la cessation d’activité
par l’entreprise. Selon les circonstances, les coûts fixes peuvent
inclure les dépenses de maintenance et d’assurance des
installations, et éventuellement les salaires d’un nombre minimal
d’employés. Ils restent constants quel que soit le niveau de
production de l’entreprise. Ils doivent être payés même si la
production de l’entreprise est nulle. La seule façon d’éliminer un
coût fixe est de se retirer du marché. Le coût variable est un
coût qui varie en fonction du niveau de production. Les
coûts variables, qui incluent les salaires et les matières
premières, augmentent avec le niveau de production.
Le caractère fixe ou variable d’un coût dépend de l’intervalle de
temps que l’on considère. Sur une très courte période (un ou deux
mois) la plupart des coûts sont fixes (l’entreprise ne peut licencier
et ne peut renoncer aux matières premières qu’elle s’est engagée
à acheter). Dans une certaine période (plus de deux mois par
exemple) certains coûts deviennent variables. Dans une longue
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période, tous les coûts peuvent devenir variables.
2.1.3- Coût marginal et coût moyen
Il faut faire la distinction entre coût marginal et coût moyen. Les
données du tableau ci-après serviront d’exemples.
Niveau de Coût Coût Coût Coût Coût fixe Coût variable Coût total
production fixe variable total marginal moyen moyen moyen
(Q) (CF) (CV) (CT) (Cm) (CFM) (CVM) (CTM)
0 50 0 50 - - - -
3 50 98 148 20 16,7 32,7 49,3
Le coût marginal est l’accroissement de coût correspondant
à la production d’une unité supplémentaire. Comme les coûts
fixes ne changent pas avec le niveau de production, le coût
marginal est égal à l’accroissement du coût variable ou du coût
total résultant de la production d’une unité supplémentaire. On
note
Le coût marginal est le coût de production d’une unité
supplémentaire. Dans le tableau ci-dessus, il est calculé à partir
Page 30 sur 61
du coût variable ou du coût total.
Le coût total moyen (CTM), parfois appelé coût moyen (CM), ou
coût économique moyen est le coût total de l’entreprise divisé
par son niveau de production. Le cout total moyen est le coût
unitaire de production. Le CTM a deux composantes :
· le coût fixe moyen (CFM) qui correspond au coût fixe divisé
par le niveau de production, et
· le coût variable moyen (CVM) qui correspond au coût
variable divisé par le niveau de production.
2.2- LES COÛTS À COURT TERME
Soit K et L les deux facteurs de production, et PK et PL le prix de
ces deux facteurs. Le coût total de la production est :
CT =PK K + P L L
Comme dans l’analyse de la production à court terme, on
considère qu’un seul facteur est variable (le travail) et que l’autre
(le capital) est fixe. Soit :
CT =PK K + P L L
On distinguera deux composantes pour le coût total : le coût fixe
et le coût variable. Le coût fixe ne dépend pas de l’échelle de
production alors que le coût variable dépend du volume de la
production.
2.2.1- Différents types de coût à court terme
Le coût total
Le coût total est une fonction des quantités produites. C’est la
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somme des coûts fixes et des coûts variables.
CT =i(Q)=CFT +CVT
Avec CFT = coût fixe total et CVT = coût variable total. On peut
aussi la présenter ainsi :
C=f (Q)=A + g(Q)
C désigne le coût total de la production, A le coût fixe total et
g(Q) le coût variable total qui est ici une fonction de la quantité
produite
Le coût moyen
Le coût moyen est aussi une fonction des quantités produites. Il
décrit l’évolution du coût unitaire. Par définition, il est égal au
rapport du coût total sur la quantité produite.
Il y a autant de coûts moyens que de coûts totaux. En effet, le coût
total étant la somme du coût fixe et du coût variable, le coût
moyen peut se décomposer en deux : le coût fixe moyen (CFM) et
le coût variable moyen (CVM).
Le coût marginal
Le coût marginal est aussi une fonction des quantités produites. Il
décrit l’évolution du coût additionnel de production. Par définition, il
est égal au rapport de la variation du coût total sur la variation de la
quantité de la production :
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Si on a des variations unitaires de la quantité, on peut dire que le
coût marginal est le coût de production de la dernière unité
produite. Si on envisage des variations continues, on définira le
coût marginal de la façon suivante :
Par définition, le Cm ne comporte pas de charges fixes.
Algébriquement, il se calcule à partir de la dérivation de la
fonction de coût total (CT) par rapport à la quantité produite (Q).
On peut établir une relation entre le coût marginal et la
productivité marginale d’un facteur variable.
Rappelons que la production du bien à l’aide de deux facteurs de
production L et K, le premier est variable, le second est fixe. Si PL
et PK sont les prix des facteurs, le coût total est égal à :
CT =PL L+ P K K
Une variation du coût total est égale à :
∆ CT =P L ∆ L
En divisant par ∆ Q des deux côtés, on obtient :
∆Q
Or, ∆ L est la productivité marginale du facteur L.
D’où
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Ainsi, le coût marginal à court terme est inversement
proportionnel à la productivité marginale. Si cette dernière
augmente, le coût marginal diminue ; si elle diminue, le coût
marginal augmente.
Le coût fixe (total et moyen)
Le coût fixe total est l’ensemble des coûts qui ne varient pas avec la
production, par exemple, tous les coûts liés au capital
(amortissements, intérêts, impôts, assurances, le loyer de certains
immeubles, une partie des frais d’entretien, etc.). Le graphique
suivant traduit cette caractéristique d’invariance par rapport à la
production.
Graphique : Le coût fixe
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Si, par définition, le coût fixe total est indépendant de la quantité
produite, nous sommes forcés d’observer qu’une quantité produite
toujours plus grande contribuera à une absorption accrue des frais
fixe. Si bien que les coûts fixes unitaires ou coût fixe moyen (CFM)
sera toujours une fonction décroissante de la quantité produite.
La courbe du coût fixe moyen est une hyperbole équilatère.
Graphique : Le coût fixe moyen
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Le coût variable (total et moyen)
Le coût variable est la partie du coût total qui varie avec la quantité
produite. Parmi les importants du coût variable total, on peut
mentionner : les salaires, les matières premières, les frais de
transport, etc.
La représentation des courbes de coût variable pose un
problème. En effet, certains coûts variables sont strictement
proportionnels et d’autres ne le sont pas. La forme générale des
courbes de coût variable (total et moyen) devra tenir compte de
ce double aspect.
Si les coûts variables sont strictement proportionnels, la courbe de
coût variable sera représentée par une droite croissante, la courbe
de coût variable moyen sera représentée par une droite
horizontale.
Le coût variable proportionnel Le coût variable moyen
constant
Si les coûts variables ne sont pas strictement proportionnels,
l’allure du coût variable moyen est représentée comme suit :
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Supposons que l’on produise un bien à l’aide de deux facteurs de
production L et K, le premier est variable, le second est fixe. Si PL
et PK sont les prix des facteurs, on peut écrire que le coût total
est égal à :
Le coût variable moyen sera :
Or, Q / L est égal à la productivité moyenne du facteur L.
Ainsi,
Si on produit avec un facteur variable, le coût variable moyen de
production est inversement proportionnel à la productivité moyenne
de ce facteur.
L’allure générale de la courbe de coût moyen devra tenir compte
du fait que peuvent se côtoyer des coûts proportionnels et des
coûts non proportionnels.
Mais on notera que l’addition des premiers aux seconds ne fait que
déplacer vers le haut la courbe de CVM sans la déformer.
2.2.2- Relations entre les courbes de coût à court terme
Compte tenu de l’évolution de la production dans le court terme
(rendements croissants, constants et puis décroissants), les
courbes de coût total et de coût variable auront dans un premier
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une pente positive mais décroissante et ensuite une pente positive
et croissante. Ainsi, les courbes de coût total et coût variable
auront l’allure de la lettre S renversée. En effet :
La courbe de coût variable est d’abord représentée et la courbe de
coût total est ensuite obtenue en tenant compte des coûts fixes.
Compte tenu de l’évolution du coût total, on comprend que la
courbe de coût marginal sera dans un premier temps,
décroissante ensuite croissante dans un second temps. Il en est
de même pour la courbe de coût moyen car :
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Eu égard à l’évolution du PML, on établit que dans un premier
temps le coût moyen décroit tout en étant supérieur au coût
marginal et dans un deuxième temps, il croît tout en étant
inférieur au coût marginal. Ceci suppose que les deux courbes se
croisent en un point précis, au point où le coût moyen atteint son
minimum.
La fonction de coût marginal et la fonction de coût moyen
entretiennent des relations équivalentes à celles qui existent
entre la productivité moyenne et la productivité marginale :
Le minimum de la fonction de coût marginal est atteint avant le
minimum de la fonction de coût moyen. En effet, le coût marginal
portant sur des charges variables uniquement diminuera plus
vite que le coût moyen qui prend en compte charges fixes et
charges variables ;
La courbe de coût marginal coupe la courbe de coût moyen au
minimum de celle-ci. Démontrons cette relation :
CT
Le coût moyen est donné par : CM = Q
dCT
Le coût marginal est : Cm= dQ
Le minimum de la fonction de coût moyen est obtenu lorsque la
dérivée première de cette fonction est égale à zéro. Mais la
dCT
dérivée du CT (c'est-à-dire dQ ) est aussi égale à :
Soit encore, condition nécessaire de minimisation de la fonction :
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Et :
Soit :
Cm=CM
On montre également que Cm = CVM au minimum du coût
variable moyen.
En conséquence, la fonction de coût marginal coupe bien les
fonctions de coût variable moyen et de coût moyen en leur
minimum.
Graphiquement, le coût marginal à un niveau quelconque de
production se mesure par la pente de la tangente en tout point
de la courbe de coût total.
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Encadré 1 : Graphique relations entre les fonctions de coûts à CT (Pindyck).
30
L’autre façon de voir la relation entre la relation entre les courbes de coût total,
de coût moyen et de coût marginal est d’observer la droite reliant l’origine au
point A dans le graphique ci-dessus. La tangente en A à la courbe de coût
variable correspond au coût marginal. En A, le coût marginal est égal au coût
variable car le coût variable est minimal en ce point.
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Encadré 2 : LE GRAPHIQUE DES COUTS UNITAIRES
Il est utile de résumer, à cette étape, l'ensemble des courbes de
coûts unitaires que nous avons esquissés dans cette section. Nous le
ferons à l'aide de la figure suivante :
Graphique : Ensemble représentatif des courbes de cout
La courbe du coût fixe moyen représente une somme de frais fixes
répartie sur une quantité de plus en plus grande. Si à chaque niveau
de production, on ajoute au coût variable moyen le montant des
coûts fixes moyens, on obtient la courbe en U du coût total moyen
(CTM).
Enfin la courbe de coût marginal est tracée en pointillé sur la figure
précédente. On remarquera que la courbe de coût marginal doit
couper la courbe de coût moyen en son minimum. La preuve de
cette nécessité est la suivante :
Page 42 sur 61
Nous avons :
L'équation du coût total moyen est :
La dérivée du coût total moyen est bien :
Le minimum du CTM sera atteint lorsque cette dérivée s'annule,
c'est-à-dire lorsque :
Ou, en simplifiant, lorsque :
Ce qui donne :
S'il n'y a pas de coût fixe, le terme A/q devient nul.
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2.3- LES COÛTS À LONG TERME
À long terme, l’entreprise peut faire varier tous ses facteurs de
production. Dans cette section nous étudions le choix de la
combinaison de facteurs de production qui minimise le coût, la
forme des courbes de coûts à long terme et les économies
d’échelle.
2.3.1- Combinaison optimale des facteurs de production
Le long terme correspond à une période suffisamment longue au
cours de laquelle l’entreprise peut faire varier son capital en
réalisant des investissements ou en louant des équipements de
production. S’il est relativement simple de calculer le coût du
travail sur une certaine période (un mois ou un an par exemple), le
prix du capital est moins facile à appréhender.
Le coût d’usage du capital
Contrairement aux dépenses en travail, de fortes dépenses initiales
en capital sont nécessaires pour mettre en place des équipements
et machines nécessaires à la production. Ces équipements et
machines sont généralement utilisés dans le processus de
production sur plusieurs années. Le problème est alors de savoir
quel est le coût du capital qui sera imputé à une année. Pour cela, il
faut répartir la dépense en capital sur la durée de vie de
l’équipement et tenir compte du coût d’opportunité du capital
(l’intérêt auquel l’entreprise a renoncé et qu’elle aurait pu
gagner en investissant ces fonds ailleurs). On utilise donc le
coût d’usage du capital qui est la somme de la dépréciation
économique et des intérêts qui auraient pu être perçus si le
capital avait été investi ailleurs.
Coût d’usage du capital = dépréciation économique +
(taux d’intérêt)x(valeur du capital)
Le prix du capital pour une période donnée, l’année par exemple,
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est donc la somme du taux de dépréciation et du taux d’intérêt.
Dans le cadre de ce cours, comme dans la plupart des manuels de
microéconomie, nous considérerons que le prix du capital est égal
au coût d’usage du capital.
Les isocoûts
Soit une fonction de production à deux facteurs K et L.
Désignons par PK et PL les prix des facteurs K et L. La forme
générale du coût de production C sera la suivante :
CT =PK K + P L L
où P K K est la dépense à l’achat du facteur K et P L L est la dépense à
l’achat du facteur L.
Pour un niveau de dépense CTo, il existe toute une série de
combinaisons de facteurs K et L que l’on peut utiliser. Mais les
quantités des facteurs K et L ne sont pas indépendantes :
( )
CT 0 =PK K + P L L alors K=−
PL
PK
L+
CT 0
PK
Si nous supposons que les prix des facteurs sont constants, la
représentation graphique de cette équation sera une droite dont
L
( )
P
la pente est − P , l’ordonnée à l’origine
K
CT 0
PK
et l’abscisse à
CT 0
l’origine P . C’est la droite d’isocoût.
L
Dans la théorie de la production, la droite d’isocoût a la même
fonction que la droite de budget dans la théorie de la demande.
La droite d’isocoût est le lieu des différentes combinaisons de
facteurs de production obtenues avec un même coût de
production.
De la même façon qu’on peut imaginer des déplacements de la
Page 45 sur 61
droite de budget dans la théorie de la demande du consommateur,
on peut ici imaginer des déplacements de la droite d’isocoût. Elle
se déplace parallèlement à elle-même si CT varie quand PK et PL
sont constants. Elle pivote autour de I ou J quand un des prix des
facteurs varie, l’autre et le coût total restant constants.
Figure : Droite d’isocoût
APPLICATIONS
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Chapitre 3 : La production optimale du producteur
L’entreprise est confrontée à la situation suivante : comment
maximiser sa production Q en respectant sa contrainte budgétaire
représentée par CT ?
1.1. Solution graphique
Figure : La production optimale
La combinaison (K*, L*) qui correspond au point de tangence (E)
entre la droite d’isocoût et une isoquante (Q2) est la combinaison
optimale. La condition qui définit l’optimum peut s’énoncer ainsi :
La production optimale (ou la rationalité du producteur) est
obtenue lorsque le taux marginal de substitution technique est
égal au rapport des prix des deux facteurs de production.
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PL
TMST =
PK
Si l’on se trouve au point E, aucune substitution entre les facteurs
ne pourrait accroître la quantité pour un coût donné. En ce point,
la pente de la droite isocoût, en valeur absolue, est égale à celle
de l’isoquante, soit encore :
| |
−P L PmL
PK
=
PmK
1.2. Solution algébrique
Considérons la fonction de production Q=f (K , L) . La différentielle
totale de Q s’écrit :
=
∂Q ∂Q
dQ= dK + dL
∂K ∂L
Donc la variation de la production de dQ requiert plus de capital
(dK) et plus de travail (dL), ce qui signifie des coûts de production
en augmentation :
Comme les coûts de production sont supposés invariants, dCT = 0,
d’où :
Soit :
Substituons dL dans la différentielle totale, on obtient :
−∂Q P L ∂Q
dQ= × dL+ dL
∂K PK ∂L
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En mettant maintenant dL en facteur, il vient :
dQ=dL
[ −∂Q PL
∂K
×
PK
dL+
∂Q
∂L
dL
]
La fonction de production est devenue une fonction à une seule
variable (L). Cette fonction est maximisée lorsque dQ / dL est égal
à zéro, soit :
∂Q
P L ∂ L PmL
= = =TMST
P K ∂ Q PmK
∂K
Le producteur rationnel maximise sa production lorsqu’il
parvient à égaliser le rapport des productivités marginales
des facteurs à leurs prix relatifs, soit encore leur taux
marginal de substitution technique égal au rapport des
prix.
Au total, la combinaison (K*, L*) qui correspond au point de
tangence T entre la droite d’isocoût et une isoquante Q2 (cf. figure)
est la combinaison optimale. La méthode de production optimale
est obtenue lorsque le taux marginal de substitution technique est
égal au rapport des prix des deux facteurs.
P L PmL
=
P K PmK
En modifiant légèrement cette expression, on a :
PmL PmK
=
PL PK
À l’optimum (maximisation de la production pour un coût donné
ou minimisation du coût pour un niveau donné de production), la
production supplémentaire par unité monétaire additionnelle en
PmL
travail ( P ) est égale à la production supplémentaire par unité
L
PmK
monétaire additionnelle en capital ( P ).
K
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L’allocation optimale du coût de production entre les
facteurs est atteinte lorsque la productivité marginale de
chaque facteur est la même par unité monétaire
dépensée sur chacun des facteurs.
Chemins (ou sentiers) d’expansion
Après avoir analysé comment l’entreprise maximise sa production
pour un coût de production donné, on peut s’intéresser à la façon
dont cette combinaison optimale de facteurs se modifie lorsque le
coût total s’accroît avec un accroissement de la quantité produite,
les prix étant constants. La courbe qui passe par chacun des
points de tangence entre les droites d’isocoût et les isoquantes
est le chemin (ou le sentier) d’expansion à long terme.
Figure : Le chemin d’expansion
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Le chemin d’expansion décrit les combinaisons de capital et de travail
choisies par l’entreprise pour minimiser ses coûts à chaque niveau de
production. Tant que l’utilisation de travail et de capital augmente
avec le niveau de production, cette courbe sera croissante. On peut
passer du chemin d’expansion à la courbe de coût de long terme en
traçant les combinaisons production-coût.
A court terme, à cause de l’inflexibilité (relative) du capital l’entreprise
peut produire à un coût plus élevé lorsque le capital est fixe. La
flexibilité additionnelle obtenue à long terme par le fait que le capital
est variable permet à l’entreprise de produire à un coût moyen plus
faible que dans le court terme. On distingue donc le chemin
d’expansion de court terme de celui de long terme.
L’inflexibilité (relative) du capital se reflète dans le chemin
d’expansion à court terme qui commence comme une droite qui
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passe par l’origine (sur le chemin d’expansion à long terme) et
devient horizontale quand la quantité de capital est fixe K1 (voir
figure ci-dessous, faire noter le commentaire sous la figure).
1.3. Courbes de coût à long terme
Les courbes de coût précédemment développées étaient toutes
construites pour une quantité de capital fixe, puisque notre optique
était celle du court terme. A long terme, le facteur capital est lui-
même variable, il nous est possible d'envisager l'effet d'une
variation de ce stock de capital ou de la taille de l’entreprise. Il s’agit
de considérer le long terme comme équivalent à la juxtaposition de
toutes les situations à court termes possibles. En effet, pour
simplifier, on considère que pour parvenir à la production optimale
l’entreprise peut choisir différentes tailles (d’usines) auxquelles sont
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associées différentes courbes de coût (total, moyen et marginal). La
décision relative à la taille de l’entreprise est importante car elle ne
reviendra pas dessus pendant un certain temps (à court terme).
Cependant, dans le long terme, l’entreprise peut changer de taille et
choisira la taille qui minimise le coût moyen de production. On
suppose donc que l’entreprise a le choix entre de plusieurs
tailles, chacune ayant ses propres courbes de coût (total, moyen
et marginal).
La courbe de coût total à long terme
La courbe de coût total à long terme décrit l’évolution du coût total
de production en fonction des quantités lorsque la taille (de
production) de l’entreprise varie.
Représentons les courbes de coût total à court terme pour trois
unités de production. Ces coûts sont respectivement CT1, CT2, CT3.
La taille de l’unité de production 1 est plus petite que celle de
l’unité 2, elle-même plus petite que celle de l’unité 3. Ceci est mis
en évidence à l’aide des coûts fixes (CF1 < CF2 < CF3).
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La courbe de coût total à long terme est composée d’une série de
segments de coût total à court terme, chaque segment
correspondant au coût de production le plus avantageux. Si on
multiplie le nombre de tailles envisageables, chaque segment
tendra à devenir un point. Ainsi, le coût total à long terme est une
courbe enveloppe de courbe à court terme. Graphiquement,
chaque courbe de coût total à court terme est tangente en un
point à la courbe de coût total à long terme.
La courbe de coût moyen à long terme
La courbe de coût moyen à long terme décrit l’évolution du coût
unitaire de production lorsque l’on suppose que la taille varie.
Supposons qu’un bien puisse être fabriqué à l’aide de trois tailles
différentes. À chacune de ces tailles correspond un coût moyen à
court terme : CM1, CM2, CM3.
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La courbe de coût moyen à long terme est composée de segments
de courbes de coût à court terme, correspondant à la production au
coût unitaire le plus avantageux. Si on multiplie le nombre de tailles
envisageables, chaque segment tendra à devenir un point et la
courbe de coût de coût moyen à long terme sera une succession de
point de cette nature. En joignant ces points entre eux, on obtient le
lieu des points représentant les coûts unitaires les plus faibles quand
la taille varie. La courbe de coût moyen à long terme est l’enveloppe
des courbes de coût moyen à court terme.
La courbe de coût moyen à court terme a un point en commun
avec la courbe de coût moyen à long terme et qu’en ce point, les
pentes sont identiques sur les deux courbes. En règle générale, la
courbe de coût moyen à court terme n’est pas tangente, en son
minimum, à la courbe de coût moyen à long terme.
Figure : Courbe de coût moyen à long terme (courbe
enveloppe)
La courbe de coût marginal à long terme
Le coût marginal à long terme CmLT est égal à la dérivée de la
fonction de coût total de long terme par rapport à Q.
d CT ¿
Cm¿ =
dQ
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Figure : Coût marginal à long terme et coût moyen à long
terme
On dira encore que le CmLT est égal à l’accroissement du coût dû
à la production d’une unité supplémentaire, lorsque les quantités
de facteurs sont telles que le coût total est le plus faible possible.
Le CmLT n’est pas une courbe enveloppe. Il procède d’une
dérivation graphique. La courbe de coût total à long terme
permet alors de le déterminer, puisque la courbe de CmLT coupe
la courbe de coût moyen à long terme en son minimum.
Résumé : La courbe de coût marginal à long terme coupe la
courbe de coût moyen à long terme en son minimum. La courbe
de coût total à long terme est l’enveloppe des courbes de coût
total à court terme, la courbe de coût moyen à long terme est
l’enveloppe des courbes de coût moyen à court terme ; mais la
courbe de coût marginal à long terme n’est pas l’enveloppe des
courbes de coût marginal à court terme.
Page 56 sur 61
1.4. Économies et dés économies d’échelle
On dit d’une entreprise fait des économies d’échelle quand elle
peut doubler sa production en faisant moins que doubler ses
coûts. De même, il y a dés économies d’échelle lorsque le
doublement de la production fait plus que doubler les coûts.
Les économies d’échelle sont souvent mesurées en termes
d’élasticité coût-production (Ec). L’élasticité coût-production est
le pourcentage de variation du coût qui résulte d’une
augmentation de 1% de la production.
Pour voir comment Ec est lié aux mesures traditionnelles des
coûts, on fait les modifications suivantes :
Si Ec = 1, alors Cm = CM : les coûts augmentent
proportionnellement avec Q. Il n’y a ni économies ni
déséconomies d’échelle.
Si Ec < 1, alors Cm < CM : les coûts augmentent moins
proportionnellement que Q. Il a économies d’échelle. Le coût
marginal est inférieur au coût moyen : les deux diminuent.
Si Ec > 1, alors Cm > CM : les coûts augmentent plus que
proportionnellement à Q. Il a déséconomies d’échelle. Le coût
marginal est supérieur au coût moyen : les deux augmentent.
1.5. Offre de la firme
Alors que la fonction de production met en relation l'output y et les
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quantités d'inputs utilisées pour le générer, la fonction d'offre met
en relation l'output et le prix auquel il est vendu sur le marché.
Dans certaines circonstances, elle peut mettre l'output en relation
avec son prix ainsi que les prix des inputs qui ont concouru à la
production. Mais bien sûr, les deux fonctions (production et offre)
expriment une même réalité car ce qui est offert sur le marché,
c'est ce qui a été préalablement produit.
Seuil de fermeture, seuil de rentabilité et offre dans le
court terme
La décision d'offrir un bien sur le marché dépend du niveau du prix
auquel il est vendu ainsi que de la structure des coûts. La firme
devra observer le critère p=Cm .
Si le prix du marché est pf , soit un niveau de prix qui permet à la
firme de ne couvrir que son coût variable, la firme pourrait arrêter
de produire car la perte qu'elle va enregistrer sera identique à celle
qu'elle connaîtrait si elle ne produisait pas. Si le prix se situe au
niveau de pr , un niveau de prix qui permet de couvrir toutes les
charges productives, on dira que la firme est au niveau du seuil de
rentabilité car elle ne réalise ni bénéfice ni perte. C'est pour des
niveaux de prix supérieurs à pr que la firme pourra offrir son bien
sur le marché. On conclut ainsi que la courbe d'offre de la firme
correspond à la partie ascendante de la courbe de coût marginal en
partant du seuil de rentabilité.
Considérons une firme dont la fonction de coût est donnée par
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C ( y )= y + y +1. Son coût fixe est Cf =1, son coût variable est Cv= y 2 + y ,
2
son coût variable moyen est CvM = y +1 et son coût marginal est
Cm=2 y+1 .
Quel est son seuil de fermeture et quel est son seuil de
rentabilité ?
Pour déterminer le seuil de fermeture, il faut partir de la double
égalité p=Cm=CvM et pour déterminer le seuil de rentabilité, il faut
partir de la double égalité p=Cm=CM .
A la lumière des informations disponibles, pour déterminer le seuil
de fermeture, on égalise le coût marginal au coût variable moyen,
soit :
2 y +1= y +1
Il vient ainsi que y=0
En renvoyant cette valeur dans le coût marginal, on obtient le seuil
de fermeture, soit
pf =1
Pour avoir le seuil de rentabilité, on égalise le coût marginal au coût
moyen, soit :
2 y +1= y +1+1/ y
En résolvant par rapport à y , on obtient : y=1 .
Ainsi, le seuil de rentabilité de la firme est pr =3.
Pour avoir la fonction d'offre, il faut égaliser le coût marginal au
prix, soit
2 y +1= p
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En résolvant par rapport à y , on obtient la fonction :
s
y =−0 , 5+0 , 5 p
Si p=1 , l'offre sera égale à 0. Par conséquent, la recette sera R=0, le
coût total sera C=1 et le profit sera π=−1.
Si p=3 , l'offre sera égale à 1. Il vient alors que la recette sera R=3, le
coût total sera C=3 et le profit sera π=0 .
Par contre, si p=5 , l'offre sera égale à 2. Ainsi, la recette sera R=10
w1
, le coût total sera C=7 et le profit sera π=3 .
C'est pour des niveaux de prix supérieurs au seuil de rentabilité que
l'activité rapporte à la firme.
Offre dans le long terme
La fonction d'offre de long terme est obtenue en renvoyant dans la
fonction de production, les fonctions de demande des inputs
X i =X i ( y , p , w1 , w2 ) avec i = 1 et 2. On obtient ainsi une fonction ayant
0
la forme générale suivante :
y=f ( p , w 1 , w 2).
Pour la fonction de production Cobb-Douglas y= X a1 X b2, les fonctions
pay pby
de demande des deux inputs sont données par X 1 = w et X 2 = w . En
1 2
renvoyant ces deux fonctions dans la fonction de production et en
résolvant par rapport à y , on obtient la fonction d'offre de long
terme :
( ) ( )
a b
s pa pb
y= 1−a−b 1−a−b
w1 w2
Il y a lieu de noter que les courbes d'offre de court et de terme sont
toutes des fonctions croissantes du prix auquel l'output est vendu
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mais la pente de la courbe d'offre de court terme est plus
prononcée que celle de la courbe d'offre de long terme. Ceci
s'explique par le fait que dans le long terme, le nombre
d'intervenants sur le marché du côté de l'offre est si important que
les perspectives de profitabilité sans trouvent affaiblies.
Conséquence, l'offre devient moins sensible aux variations du prix
de l'output.
APPLICATIONS
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