Chap 4
Chap 4
Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
4.2 Cas de la littérature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
4.2.1 Expérience de Zhou-Rosakis-Ravichandran . . . . . . . . . . . . . 144
4.2.2 Simulation d’un chargement en mode III . . . . . . . . . . . . . . 148
4.3 Simulations des essais expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
4.3.1 Essais ONERA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
4.3.2 Simulation des essais NYMPHEA . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
143
4.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à la validation du modèle proposé dans le Chapitre 2. Des
simulations d’exemples de la littérature sont dans un premier temps présentées avec
l’expérience de Zhou Rosakis et Ravichandran et un cas de chargement hors plan, puis
les simulation des essais expérimentaux abordés dans le Chapitre 3 sont évoqués dans un
second temps.
On rappelle que l’ensemble des calculs est fait avec le code de calcul explicite Eu-
roplexus avec les hypothèses des coques de Mindlin-Reissner présentée dans la section
1.3.
Données Une préfissure débouchante de longueur L = 50.8mm est placée à une hauteur
H = 113.15mm dans une éprouvette rectangulaire de dimensions 4L × 2L. L’épaisseur e
de l’éprouvette est de 16mm. L’impact est modélisé par une vitesse imposée V0 sur le côté
gauche de l’éprouvette. La géométrie et les conditions expérimentales sont schématisées
dans la figure 4.2. Le maillage est constitué de 203 × 100 éléments de coque. De la même
manière que dans la simulation de l’essai de Kalthoff et Winkler (voir paragraphe 2.4), le
matériau utilisé est un acier Maraging 18Ni1900 avec une loi élastoplastique à écrouissage
isotrope dont les paramètres matériaux sont donnés dans le tableau 2.6 et les paramètres
du critère dans le tableau 2.7.
Résultats Le résultat de la simulations pour une vitesse de V0 = 30m/s est donné figure
4.3 et les trajets de fissures pour V0 = 20m/s, V0 = 25m/s et V0 = 30m/s sont regroupés
figure 4.4. Les trajets de fissures obtenus sont très similaires à ceux obtenus expérimenta-
lement.
144
145
F IGURE 4.3: V0 = 30m/s - Évolution des contraintes de von Mises sur la simulation
de l’expérience ZRR - t=8 µs, t=16 µs, t=24 µs, t=32 µs, t=36 µs et t=40 µs.
146
20
V0 =20m/s
V0 =25m/s
18 V0 =30m/s
16
14
12
Y (cm)
10
0
0 2 4 6 8 10
X (cm)
147
Cette étude se concentre uniquement sur mode de rupture en traction avec la prise en
compte des trois modes de sollicitation dans la détermination de la direction de propa-
gation (équation 2.70). Le matériau considéré est élastique linéaire et ses propriétés sont
décrites dans le tableau 4.1. Les paramètres utilisés pour le critère de propagation sont
regroupés dans le tableau 4.2.
148
149
0.5
Y (m)
−0.5
−1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
X (m)
La figure 4.8 montre l’influence des différents modes de sollicitation à travers les
contraintes équivalentes normalisées (équation 2.62) calculées dans sur le domaine D
situé devant la fissure. Ces contraintes sont affichées à chaque pas de temps sans prendre
en compte l’effet des moyennes temporelles qui interviennent pour le calcul de la direction
de propagation.
Sur les premiers instant de la simulation on observe que la fissure est essentiellement
sollicitée en mode III. Assez vite le mode I prend de l’importance et devient même pré-
pondérant sur le mode III : plus la fissure se propage, plus la flexion joue un rôle prépon-
dérant ce qui contribue à davantage de traction dans le plan que de cisaillement hors plan.
Il semblerait que la fissure cesse se propage tout droit consécutivement à l’apparition du
mode II. Une autre raison possible est qu’une instabilité apparaisse conduisant la fissure à
dévier légèrement de son trajet initial. Ensuite la dissymétrie du chargement vis-à-vis de
la direction de la fissure et l’inertie du problème conduit celle-ci à osciller.
150
100
Mode1
Mode2
80 Mode3
% de la sollicitation en pointe
60
40
20
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Time (ms)
151
152
1,500
σ (MPa)
1,000
500
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
εp
153
Un approche simplifiée du problème est utilisée pour simuler ces essais. Seule
la zone d’intérêt de l’éprouvette est modélisée et le chargement en pression mesuré
expérimentalement dans le piston y est directement appliqué.
Résultats Les résultats obtenus par simulation sont très proches de ceux expérimen-
taux. En effet, le déplacement normal à la galette mesuré par digitalisation après l’éssai
exp
est de Uz = 6, 7mm (voir F IG .4.14) et celui obtenu par le calcul est de Uznum = 6, 93mm
(voir F IG .4.13a), soit un écart de +3,4%. La figure 4.13b montre l’évolution temporelle
154
Pression expérimentale
Pression simulation
150
Pression (bar)
100
50
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (ms)
L’adéquation des résultats numériques et expérimentaux sur cet essai non fissurant
nous permet donc de passer à des cas plus complexes faisant intervenir de la propagation
de fissure. On propose d’étudier dans la section suivante les essais effectués sur galette
elliptique avec une préfissure à 45◦ .
155
Uz (mm)
4
0
0 10 20 30 40 50
Temps (ms)
(a) (b)
156
157
Données La galette elliptique est d’épaisseur 1,2mm. L’ellipse de grand axe 80mm
et de petit axe 60mm présente en son centre un trou de 14mm et une préfissure de
30mm centrée sur l’éprouvette et inclinée à 45◦ par rapport aux deux axes. Un congé
de raccordement de 2mm est présent sur la circonférence de la √ zone d’intérêt ce qui
implique une réduction du diamètre de la géométrie simulée de 2 × 2 mm. L’éprouvette
est cette fois-ci entièrement modélisé et le maillage constitué de quadrangles de taille
approximativement égale à 0,7mm présente 40 éléments suivant le rayon et 160 éléments
suivant la circonférence. Le maillage et les conditions aux limites de cette simulation
sont visibles figure 4.16. Le chargement en pression rappelé figure 4.17 est appliqué de
manière uniforme sur la face supérieure de la géométrie et suivant la normale à la coque.
Les données matériaux sont celles données dans le tableau 4.3 et les paramètres utili-
sés pour le critère en traction sont présentés dans le tableau 4.4.
158
160
Pression expérimentale
140 Pression simulation
120
Pression (bar)
100
80
60
40
20
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps (ms)
Résultats Le résultat de la simulation est donné figure 4.19. On peut tout d’abord re-
marquer que les trajets de fissure sont assez proches des trajets expérimentaux. Chacune
des fissures se propage dans un premier temps dans la direction initiale de la préfissure,
tourne une première fois pour s’orienter suivant le grand axe de l’ellipse puis tourne à
nouveau lorsque la pointe s’approche de la condition d’encastrement.
Cependant on peut observer que les changements de direction sont moins marqués
que pour le cas expérimental et également que la fissure se propage davantage. La fissure
semble s’initier légèrement plus tôt numériquement (0.8ms au lieu de 1.2ms).
L’analyse temporelle du trajet de fissure est délicate étant donné qu’aucun support
visuel ne permet de suivre son évolution au cours de l’essai. Les seules données qui
permettent d’avoir une estimation du temps auquel les premières avancées apparaissent
sont l’apparition de jets secondaires aux caméras rapides ainsi que les baisses de
déformations relevées par les jauges. Ce que l’on peut en revanche affirmer c’est que la
fissure se propage et ne s’arrête pas dans la simulation alors que les images issues des
vidéos rapides et les signaux des jauges extensométriques exhibent plusieurs arrêts et
redémarrages.
159
A la fois pour diminuer l’effet de flexion induit par le chargement simplifié mais
également afin de diminuer le temps CPU, la même simulation est relancée en effectuant
un mass scaling. Cette astuce consiste à augmenter artificiellement la masse volumique
utilisée dans la simulation ce qui permet d’augmenter le pas de temps critique d’un
√
facteur ρ (cf. Eq 2.29) et donc de réduire le temps de calcul. L’utilisation de cette
technique peut être justifiée par le caractère "faiblement dynamique" des essais.
La figure 4.20 présente les résultats de la simulation avec une masse volumique 100
fois supérieure (ρ = 100 × ρ0 ) et une contrainte critique de σIc = 800MPa.
Le trajet de fissure obtenu est similaire et se rapproche même davantage du trajet
expérimental. De plus l’initiation est retardée (0.88ms) et on observe l’arrêt puis le
redémarrage de la fissure (0.95ms et 1.13ms). La flèche de la galette semble quant à elle
sous-estimée.
160
4
J1 expérimental
J1 simulation ρ = ρ0
J1 simulation ρ = 100 × ρ0
3
ε (%)
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)
161
163
164
Résultats Sur cette simulation la fissure se propage d’abord avec un angle quasi nul
par rapport à la direction initiale et ce sur environ 20mm (voir F IG .4.25). Peu à peu elle
s’oriente de quelques degrés dans la direction du grand axe de l’ellipse puis opère un
changement de direction plus prononcé à l’approche de l’encastrement. Le trajet obtenu
est globalement correct vis à vis du trajet expérimental même si une fois de plus la fissure
se propage davantage qu’elle ne devrait. Cette simulation souffre des mêmes symptômes
que ceux présentés dans le paragraphe précédent du fait du chargement simplifié, à savoir
une flexion trop importante et une initiation s’opérant trop tôt.
Néanmois l’analyse des déformations donnée figures 4.27 et 4.28) montre qu’avant
que la flexion ne ne soit trop importante on obtient une assez bonne corrélation es-
sai/calcul.
165
Pression expérimentale
Pression simulation
150
Pression (bar)
100
50
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps (ms)
La même simulation avec une masse volumique ρ = 100 × ρ0 donne des résultats
plus proches du cas expérimental en ce qui concerne le trajet de fissure (voir F IG .4.29
et 4.29. En revanche la flèche globale et les signaux de jauges (voir F IG .4.27 et 4.28)
indiquent que la déformée de la galette est sous estimée.
166
167
5 J1 expérimental
J1 simulation ρ = ρ0
J1 simulation ρ = 100 × ρ0
4
3
ε (%)
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)
J2 expérimental
J2 simulation ρ = ρ0
6 J2 simulation ρ = 100 × ρ0
ε (%)
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)
168
169
170
(a)
(b)
171
simulations du modèle complet (charge+air+plaque) ont été réalisées pour une charge
explosive de x kg placée respectivement à une distance D mm et 2D mm de l’éprouvette
en utilisant un découpage en 40 zones (voir F IG .4.33). Ces zones sont numérotées dans
l’ordre du centre (zone 40) vers l’extérieur (zone 40). Les champs de pressions moyens
relevés dans chacune des zones obtenues sont présentés figures 4.34 et 4.35. Pour des
raisons de confidentialité, les pressions sont adimensionnées par la pression maximale
de chaque simulation (PmaxD et Pmax2D ) et le temps est également adimensionné par
le temps caractéristique du phénomène noté tc . L’ordre de grandeur de ces pressions est
de quelques centaines de bars avec PmaxD ≈ 3Pmax2D et le temps caractéristique tc est
inférieur à la milliseconde. Enfin on rappelle que le modèle de propagation développé
ne gère pas la phase d’amorçage de fissure et donc seules les propagations pré-entailles
peuvent être simulées.
172
1 Zone1
Zone6
Zone11
0.8 Zone16
Zone21
Zone26
Pmax50
0.6
P
Zone31
Zone36
Pression
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
t
Temps tc
1 Zone1
Zone6
Zone11
0.8 Zone16
Zone21
Pmax100
Zone26
0.6
P
Zone31
Zone36
Pression
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
t
Temps tc
173
La flèche résiduelle est surestimée d’environ 15% par la simulation (voir F IG .4.36).
Le même constat a été effectué par DCNS sur les simulations pour lesquelles une condi-
tion d’encastrement est réalisée sur le périmètre. En considérant la plaque entière avec
des conditions aux limites plus réalistes (modélisation des brides, des boulons, les diffé-
rents contacts ainsi que la déformations de l’éprouvette au niveau des boulons), cet écart
diminue.
Le champ de déformation plastique est également légèrement surestimé par la simu-
lation mais est similaire à ce que l’on peut observer par mesure de déformation ARGUS
en terme de répartition (voir figures 4.37 et 4.38).
174
175
Ainsi, le seuil du critère a été réajusté sur une première simulation (voir paragraphe
[Link] puis conservé sur l’ensemble des autres simulations NYMPHEA (voir TAB .4.5).
Préfissure 40mm Comme évoqué précédemment, c’est sur cette simulation qu’a été
ajustée la contrainte critique à rupture σIc de manière à obtenir la longueur de propagation
expérimentale. Expérimentalement les deux pointes de fissure se propagent du même côté
de la préfissure avec un angle non nul (voir F IG .4.39). A l’issue de l’essai la fissure a
une longueur de 180mm. On observe également qu’un début de bifurcation apparait pour
une des pointe de la préentaille. Numériquement la fissure se propage avec un angle nul
pour les deux méthodes. Aucune différence de flèche entre les lèvres de la fissure n’est
observée, contrairement au cas expérimental.
Préfissure 80mm Sur cet essai on observe globalement la même réponse que sur le
précédent avec les pointes de fissure qui partent du même côtés (angles moins marqués)
et une avancée légèrement plus prononcée (voir F IG .4.40) . Une fois de plus l’avancée
numérique se fait dans le prolongement de la préfissure avec un angle quasi nul. Les deux
types de simulation surévaluent légèrement l’avancée mais restent proches du résultat
expérimental (voir TAB .4.6).
176
177
Préfissure 160mm Pour une préfissure deux fois plus longue, la réponse de la plaque
est complètement différente. Les deux pointes de fissure bifurquent très vite pour for-
mer quatre fronts de fissure se propageant à environ 70 degrés de la direction initiale
(F IG .4.41). La simulation avec un critère en endommagement parvient tout à fait à repré-
senter ce phénomène avec de bonnes directions de propagation. En revanche, la simula-
tion coque X-FEM ne permet pas de représenter cela. Le critère utilisé ne peut en effet
pas faire prédire l’apparition d’un ou plusieurs nouveaux fronts de fissures ainsi que les
différents angles de propagation correspondant.
178
Préfissure 40mm Le résultat de cet essai montre qu’il y a eu initiation et une légère
propagation avec une avancée similaire pour chaque pointe d’environ 20mm dans la di-
rection de la préfissure. Numériquement, aucune des deux méthodes ne parvient à initier
la propagation comme on peut le voir F IG .4.42. Cependant, lorsqu’on analyse les résultats
de la simulation coque X-FEM on remarque que la contrainte équivalente σ̃eq a dépassé la
contrainte critique σIc mais que l’avancée produite par le critère n’est pas suffisante pour
rompre un élément (voir paragraphe 2.3.5).
Préfissure 80mm Pour la préfissure de longueur L = 80mm, l’avancée est plus pronon-
cée (environ 60mm pour chaque pointe) et la propagation se fait du même côté pour les
deux pointes avec un angle d’une trentaine de degrés par rapport à la direction initiale.
Alors que la simulation basée sur un critère d’endommagement ne permet à nouveau pas
d’initier la propagation, le critère développé dans cette thèse conclut à une avancée droite
de 15mm par pointe.
179
180
181
Un autre aspect qui n’a pas encore été abordé est la dépendance à la taille de
maille. L’inconvénient principal de la méthode avec endommagement est son caractère
dépendant à la taille de maille. Par exemple pour la simulation de la charge de x kg placée
à 2D mm d’une éprouvette préfissurée sur L=40mm, la fissure ne s’initie pas pour une
taille de maille de 5mm (F IG .4.42) alors qu’elle se propage sans arrêt pour un maillage
de 1mm (F IG .4.46).
182
F IGURE 4.47: Simulation avec taille de maille 5mm (à gauche) et 2mm (à droite) -
x kg à D mm préfissure 40mm.
183