0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues41 pages

Chap 4

Ce chapitre présente des simulations de la propagation de fissures en coque utilisant la méthode X-FEM, validant un modèle proposé précédemment. Il aborde des cas issus de la littérature, notamment l'expérience de Zhou-Rosakis-Ravichandran et une simulation de chargement en mode III, ainsi que des essais expérimentaux sur des éprouvettes en acier. Les résultats montrent des similitudes entre les simulations et les expériences, mettant en évidence les modes de rupture et les effets de sollicitation sur la propagation des fissures.

Transféré par

bikoyelieemmanuel97
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues41 pages

Chap 4

Ce chapitre présente des simulations de la propagation de fissures en coque utilisant la méthode X-FEM, validant un modèle proposé précédemment. Il aborde des cas issus de la littérature, notamment l'expérience de Zhou-Rosakis-Ravichandran et une simulation de chargement en mode III, ainsi que des essais expérimentaux sur des éprouvettes en acier. Les résultats montrent des similitudes entre les simulations et les expériences, mettant en évidence les modes de rupture et les effets de sollicitation sur la propagation des fissures.

Transféré par

bikoyelieemmanuel97
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 4

Simulations de la propagation de fissure


en coque X-FEM

Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
4.2 Cas de la littérature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
4.2.1 Expérience de Zhou-Rosakis-Ravichandran . . . . . . . . . . . . . 144
4.2.2 Simulation d’un chargement en mode III . . . . . . . . . . . . . . 148
4.3 Simulations des essais expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
4.3.1 Essais ONERA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
4.3.2 Simulation des essais NYMPHEA . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184

143

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

4.1 Introduction
Ce chapitre est consacré à la validation du modèle proposé dans le Chapitre 2. Des
simulations d’exemples de la littérature sont dans un premier temps présentées avec
l’expérience de Zhou Rosakis et Ravichandran et un cas de chargement hors plan, puis
les simulation des essais expérimentaux abordés dans le Chapitre 3 sont évoqués dans un
second temps.

On rappelle que l’ensemble des calculs est fait avec le code de calcul explicite Eu-
roplexus avec les hypothèses des coques de Mindlin-Reissner présentée dans la section
1.3.

4.2 Cas de la littérature


4.2.1 Expérience de Zhou-Rosakis-Ravichandran
Description L’expérience de Zhou Rosakis et Ravichandran (voir [ZHO 96b,
ZHO 96a]) est une variante de l’expérience de Kalthoff et Winkler. L’éprouvette impactée
ne possède cette fois-ci qu’une seule entaille et son intérêt réside dans le fait que l’on peut
observer une transition entre fissuration par ouverture et fissuration par bande de cisaille-
ment au cours du même essai. En effet, pour une vitesse d’impact suffisamment grande,
on observe une rupture de l’éprouvette par propagation de fissure en cisaillement de la
même manière que dans l’expérience de Kalthoff. Cependant pour des vitesses d’impact
plus faibles, la fissure se propage dans un premier temps dans une bande de cisaillement
(avec un angle quasi nul) puis dans un second temps bifurque en mode de traction avec un
angle d’environ 35◦ . Sur la figure 4.1 on peut observer les résultats numériques obtenus
dans [HAB 12a] pour l’acier Maraging 18Ni1900.

Données Une préfissure débouchante de longueur L = 50.8mm est placée à une hauteur
H = 113.15mm dans une éprouvette rectangulaire de dimensions 4L × 2L. L’épaisseur e
de l’éprouvette est de 16mm. L’impact est modélisé par une vitesse imposée V0 sur le côté
gauche de l’éprouvette. La géométrie et les conditions expérimentales sont schématisées
dans la figure 4.2. Le maillage est constitué de 203 × 100 éléments de coque. De la même
manière que dans la simulation de l’essai de Kalthoff et Winkler (voir paragraphe 2.4), le
matériau utilisé est un acier Maraging 18Ni1900 avec une loi élastoplastique à écrouissage
isotrope dont les paramètres matériaux sont donnés dans le tableau 2.6 et les paramètres
du critère dans le tableau 2.7.

Résultats Le résultat de la simulations pour une vitesse de V0 = 30m/s est donné figure
4.3 et les trajets de fissures pour V0 = 20m/s, V0 = 25m/s et V0 = 30m/s sont regroupés
figure 4.4. Les trajets de fissures obtenus sont très similaires à ceux obtenus expérimenta-
lement.

144

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Cas de la littérature

F IGURE 4.1: Trajets de fissure pour la simulation de l’expérience de Zhou Rosakis


Ravichandran obtenus dans [HAB 12a].

F IGURE 4.2: Géométrie et conditions aux limites de l’expérience de Zhou Rosakis


Ravichandran.

145

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

F IGURE 4.3: V0 = 30m/s - Évolution des contraintes de von Mises sur la simulation
de l’expérience ZRR - t=8 µs, t=16 µs, t=24 µs, t=32 µs, t=36 µs et t=40 µs.

146

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Cas de la littérature

20
V0 =20m/s
V0 =25m/s
18 V0 =30m/s

16

14

12
Y (cm)

10

0
0 2 4 6 8 10
X (cm)

F IGURE 4.4: Simulation de ZRR - Trajets de fissure pour V0 = 20m/s, V0 = 25m/s


et V0 = 30m/s.

147

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

4.2.2 Simulation d’un chargement en mode III


Description Dans le but d’évaluer le caractère prédictif du critère dans le cas d’une
sollicitation en mode III, une simulation proposée par Li et al. [LI 15] est reprise. Une
structure rectangulaire préfissurée dans le sens de la longueur est soumise en son extrémité
à des vitesses hors plan de direction opposée de part et d’autre de la fissure.

F IGURE 4.5: Sollicitation en mode III d’une éprouvette rectangulaire.

Données La structure est de dimensions (L × H × e) = (5m × 2m × 0.2m) avec respecti-


vement L la longueur, H la largeur et e l’épaisseur. On place une préfissure débouchante
de longueur l0 = 0.32m sur un bord libre de l’éprouvette et l’autre extrémité est encastrée.
D’un côté de la fissure on impose sur le bord libre une vitesse de norme V0 = 5m/s suivant
la direction~z et de l’autre côté on impose une vitesse identique mais de direction opposée.
Les conditions aux limites sont rappelées figure 4.5. Le maillage est constitué de 126×51
éléments et est visible figure 4.6.
Une telle épaisseur (L/e = 25 et H/e = 10) est utilisée afin de solliciter la structure
avec un cisaillement transverse conséquent. Avec ce chargement on constate même que
pour de plus grands élancements la plaque a de grands déplacements verticaux et fléchit
beaucoup. Elle voit très vite de grands déplacements et subit donc très vite un chargement
en membrane dans son plan qui sollicite la pointe de fissure en mode I. Ce chargement
prend vite le dessus par rapport au mode III auquel on s’attend quand on oublie les effets
de grands déplacements.

Cette étude se concentre uniquement sur mode de rupture en traction avec la prise en
compte des trois modes de sollicitation dans la détermination de la direction de propa-
gation (équation 2.70). Le matériau considéré est élastique linéaire et ses propriétés sont
décrites dans le tableau 4.1. Les paramètres utilisés pour le critère de propagation sont
regroupés dans le tableau 4.2.

148

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Cas de la littérature

F IGURE 4.6: Dimensions et conditions aux limites pour l’éprouvette rectangulaire.

TABLEAU 4.1: Paramètres matériaux de la structure chargée en mode III.

Module d’Young E 200 GPa


Coeff. de Poisson ν 0.3
Masse volumique ρ 8000 kg/m3
Célérité des ondes de Rayleigh cR 2800 m/s

TABLEAU 4.2: Paramètres du critère - Structure chargée en mode III.

Contrainte critique σIc 100 MPa


Longueur caractéristique des éléments Lcar 0.04 m
Rayon du demi disque D R 0.12 m

149

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Résultats On constate que la fissure s’initie et se propage sur la moitié de la plaque


avec un angle nul (F IG .4.7 et 4.9) puis peu à peu commence à osciller.

0.5
Y (m)

−0.5

−1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
X (m)

F IGURE 4.7: Chargement mode III - Trajet de fissure.

La figure 4.8 montre l’influence des différents modes de sollicitation à travers les
contraintes équivalentes normalisées (équation 2.62) calculées dans sur le domaine D
situé devant la fissure. Ces contraintes sont affichées à chaque pas de temps sans prendre
en compte l’effet des moyennes temporelles qui interviennent pour le calcul de la direction
de propagation.
Sur les premiers instant de la simulation on observe que la fissure est essentiellement
sollicitée en mode III. Assez vite le mode I prend de l’importance et devient même pré-
pondérant sur le mode III : plus la fissure se propage, plus la flexion joue un rôle prépon-
dérant ce qui contribue à davantage de traction dans le plan que de cisaillement hors plan.
Il semblerait que la fissure cesse se propage tout droit consécutivement à l’apparition du
mode II. Une autre raison possible est qu’une instabilité apparaisse conduisant la fissure à
dévier légèrement de son trajet initial. Ensuite la dissymétrie du chargement vis-à-vis de
la direction de la fissure et l’inertie du problème conduit celle-ci à osciller.

150

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Cas de la littérature

100
Mode1
Mode2
80 Mode3
% de la sollicitation en pointe

60

40

20

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Time (ms)

F IGURE 4.8: Influence des différents modes de sollicitation en pointe de fissure.

151

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

F IGURE 4.9: Évolution temporelle (en secondes) du déplacement hors plan Uz et


trajet de fissure - Facteur d’amplification des déplacements ×2.

152

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

4.3 Simulations des essais expérimentaux


Cette partie concerne les simulations des essais expérimentaux présentés en détail
dans le chapitre 3. Tous ces essais ont été effectués sur des éprouvettes constituées d’un
acier à Haute Limite Élastique Soudable (HLES) utilisé pour concevoir les coques de
sous-marin. Dans les simulations qui suivent, une loi comportement élasto-plastique à
écrouissage isotrope est utilisée en suivant la caractérisation du métal proposée par Lan-
grand et al. [LAN 09] déjà présentée dans 3.2.2, sans tenir compte de la partie visqueuse.
Les paramètres du modèle sont regroupés TAB .4.3 et la courbe d’écrouissage utilisée est
présentée figure 4.10.

TABLEAU 4.3: Paramètres utilisés pour l’acier constituant les éprouvettes.

Module d’Young E 220 GPa


Coeff. de Poisson ν 0.3
Masse volumique ρ 8000 kg/m3
Célérité des ondes de Rayleigh cR 2800 m/s
Limite élastique σy 706 MPa

1,500
σ (MPa)

1,000

500

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
εp

F IGURE 4.10: Courbe d’écrouissage utilisée pour caractériser l’acier des


éprouvettes.

4.3.1 Essais ONERA


La campagne expérimentale sur tour de crash a été réalisée dans le but d’obtenir des
propagations de fissure dans des structures fines pour lesquelles un grand nombre d’infor-
mations sont disponibles au cours de l’essai.

153

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Un approche simplifiée du problème est utilisée pour simuler ces essais. Seule
la zone d’intérêt de l’éprouvette est modélisée et le chargement en pression mesuré
expérimentalement dans le piston y est directement appliqué.

[Link] Simulation C14A5


Description Dans un premier temps, l’essai C14A5 est simulé. Pour rappel, il s’agit
d’une éprouvette à galette circulaire trouée en son centre et non préfissurée. L’intérêt de
simuler cet essai est de s’assurer que le modèle permet d’obtenir des résultats en adéqua-
tion avec les mesures expérimentales pour un cas sans propagation de fissure.

Données La galette d’épaisseur 1,2mm a un diamètre de 80mm et présente en son centre


un trou de 14mm. Un congé de raccordement de 2mm est présent sur la circonférence √ de
cette zone d’intérêt. Pour la simulation, on considère donc une galette de 80 − 2 × 2 mm
de diamètre encastrée sur sa circonférence.

F IGURE 4.11: Dimensions (mm) et conditions aux limites - Simulation C14A5.

Compte tenu de la symétrie de l’expérience, seul un quart de l’éprouvette est


modélisé. Le maillage de cet essais est constitué de 40×40 quadrangles de taille approxi-
mativement égale à 0,8mm. Le maillage et les conditions aux limites de cette simulation
sont visibles figure 4.11. Le chargement en pression rappelé figure 4.12 est appliqué de
manière uniforme sur la face supérieure de la géométrie et suivant la normale à la coque.

Résultats Les résultats obtenus par simulation sont très proches de ceux expérimen-
taux. En effet, le déplacement normal à la galette mesuré par digitalisation après l’éssai
exp
est de Uz = 6, 7mm (voir F IG .4.14) et celui obtenu par le calcul est de Uznum = 6, 93mm
(voir F IG .4.13a), soit un écart de +3,4%. La figure 4.13b montre l’évolution temporelle

154

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

Pression expérimentale
Pression simulation
150
Pression (bar)

100

50

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Temps (ms)

F IGURE 4.12: Chargement en pression pour la simulation de l’essai C14A5.

du déplacement d’un point de la galette. On observe que le déplacement maximal est


obtenu consécutivement à la pression maximale puis le retour élastique s’opère lorsque
que le chargement disparait. Les jauges de déformations s’étant décollées lors de la
montée en pression, seule la comparaison post essai des déformations est réalisable. Là
encore les résultats sont comparables avec une déformation résiduelle d’environ 10% que
ce soit par l’analyse du réseau déposé par électro-marquage ou bien dans la simulation
(voir F IG .4.15).

L’adéquation des résultats numériques et expérimentaux sur cet essai non fissurant
nous permet donc de passer à des cas plus complexes faisant intervenir de la propagation
de fissure. On propose d’étudier dans la section suivante les essais effectués sur galette
elliptique avec une préfissure à 45◦ .

155

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Uz (mm)
4

0
0 10 20 30 40 50
Temps (ms)
(a) (b)

F IGURE 4.13: Simulation de l’essai C14A5 - (a) Déplacement Uz à t=80ms - (b)


Uznum au cours de la simulation.

F IGURE 4.14: Mesure du déplacement Uz par digitalisation après essai - Essai


C14A5.

156

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.15: (a) Mesure des déformations résiduelles par l’analyse de


l’électro-marquage - (b) Déformations plastiques à l’issue de la simulation.

157

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

[Link] Simulation EL30A6


Description L’essai EL30A6 utilise une éprouvette dont la zone utile est cette fois-ci
elliptique. Nous avons fait le choix de simuler cet essai pour la complexité du trajet de
fissure obtenu expérimentalement. La géométrie de l’éprouvette induit une dissymétrie du
champ de contrainte ce qui permet en partie à la fissure de bifurquer.

Données La galette elliptique est d’épaisseur 1,2mm. L’ellipse de grand axe 80mm
et de petit axe 60mm présente en son centre un trou de 14mm et une préfissure de
30mm centrée sur l’éprouvette et inclinée à 45◦ par rapport aux deux axes. Un congé
de raccordement de 2mm est présent sur la circonférence de la √ zone d’intérêt ce qui
implique une réduction du diamètre de la géométrie simulée de 2 × 2 mm. L’éprouvette
est cette fois-ci entièrement modélisé et le maillage constitué de quadrangles de taille
approximativement égale à 0,7mm présente 40 éléments suivant le rayon et 160 éléments
suivant la circonférence. Le maillage et les conditions aux limites de cette simulation
sont visibles figure 4.16. Le chargement en pression rappelé figure 4.17 est appliqué de
manière uniforme sur la face supérieure de la géométrie et suivant la normale à la coque.

F IGURE 4.16: Dimensions (mm) et conditions aux limites - Simulation EL30A6.

Les données matériaux sont celles données dans le tableau 4.3 et les paramètres utili-
sés pour le critère en traction sont présentés dans le tableau 4.4.

TABLEAU 4.4: Paramètres du critère - Simulation EL30A6.

Contrainte critique σIc 850 MPa


Longueur caractéristique des éléments Lcar 0.0007 m
Rayon du demi disque D R 0.0035 m

158

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

160
Pression expérimentale
140 Pression simulation
120
Pression (bar)

100

80

60

40

20

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps (ms)

F IGURE 4.17: Chargement en pression pour la simulation de l’essai EL30A6.

Résultats Le résultat de la simulation est donné figure 4.19. On peut tout d’abord re-
marquer que les trajets de fissure sont assez proches des trajets expérimentaux. Chacune
des fissures se propage dans un premier temps dans la direction initiale de la préfissure,
tourne une première fois pour s’orienter suivant le grand axe de l’ellipse puis tourne à
nouveau lorsque la pointe s’approche de la condition d’encastrement.
Cependant on peut observer que les changements de direction sont moins marqués
que pour le cas expérimental et également que la fissure se propage davantage. La fissure
semble s’initier légèrement plus tôt numériquement (0.8ms au lieu de 1.2ms).
L’analyse temporelle du trajet de fissure est délicate étant donné qu’aucun support
visuel ne permet de suivre son évolution au cours de l’essai. Les seules données qui
permettent d’avoir une estimation du temps auquel les premières avancées apparaissent
sont l’apparition de jets secondaires aux caméras rapides ainsi que les baisses de
déformations relevées par les jauges. Ce que l’on peut en revanche affirmer c’est que la
fissure se propage et ne s’arrête pas dans la simulation alors que les images issues des
vidéos rapides et les signaux des jauges extensométriques exhibent plusieurs arrêts et
redémarrages.

Ces disparités se comprennent aisément en visualisant l’évolution de la flèche de la


galette. Lorsque la fissure se propage, deux parties s’ouvrent et fléchissent sous l’effet
du chargement qui continue à être appliqué suivant la normale à la coque. Appliquer la
pression mesurée expérimentalement dans le piston directement sur la géométrie revient
donc à surévaluer l’effet du chargement. Cela revient en effet à ne pas tenir compte de la
rechute de pression localement lorsque la galette s’ouvre.

159

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

La seule manière d’obtenir un chargement représentatif de la réalité serait de mener


des simulations en modélisant l’ensemble du problème avec une gestion du couplage
fluide/structure.

A la fois pour diminuer l’effet de flexion induit par le chargement simplifié mais
également afin de diminuer le temps CPU, la même simulation est relancée en effectuant
un mass scaling. Cette astuce consiste à augmenter artificiellement la masse volumique
utilisée dans la simulation ce qui permet d’augmenter le pas de temps critique d’un

facteur ρ (cf. Eq 2.29) et donc de réduire le temps de calcul. L’utilisation de cette
technique peut être justifiée par le caractère "faiblement dynamique" des essais.

La figure 4.20 présente les résultats de la simulation avec une masse volumique 100
fois supérieure (ρ = 100 × ρ0 ) et une contrainte critique de σIc = 800MPa.
Le trajet de fissure obtenu est similaire et se rapproche même davantage du trajet
expérimental. De plus l’initiation est retardée (0.88ms) et on observe l’arrêt puis le
redémarrage de la fissure (0.95ms et 1.13ms). La flèche de la galette semble quant à elle
sous-estimée.

La comparaison de la deformation relevée sur la jauge J1 (voir position F IG .3.35) et


de la déformation obtenue numériquement est donnée figure 4.18. Pour le calcul faisant
intervenir la vraie masse volumique, un bon ordre de grandeur est obtenu jusqu’à ce que
le phénomène de flexion apparaisse. La galette est davantage chargée que dans la réalité
et la propagation se déclenche faisant apparaitre une chute de la déformation. La simu-
lation avec mass scaling donne un état de déformation plus éloigné de la réalité mais la
relaxation de déformation est synchronisée avec le cas expérimental. La comparaison des
trajets de fissure expérimental et numérique sont présentés figure 4.21 et 4.22.

160

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

4
J1 expérimental
J1 simulation ρ = ρ0
J1 simulation ρ = 100 × ρ0
3
ε (%)

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)

F IGURE 4.18: Confrontation de la déformation orthoradiale expérimentale et


numérique à la position de la jauge J1 - Essai EL30A6.

161

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

F IGURE 4.19: Simulation EL30A6 - Évolution de la contrainte circonférencielle


σθθ et du trajet de fissure - Maillage non déformé (à gauche) et maillage déformé
(à droite).
162

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.20: Simulation EL30A6 avec ρ = 100 × ρ0 - Contrainte


circonférencielle σθθ et trajet de fissure - Maillage non déformé à gauche et
maillage déformé à droite.

163

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

F IGURE 4.21: Comparaison du trajet de fissure expérimental et numérique (avec


mass scaling) - Essai EL30A6.

F IGURE 4.22: Superposition du trajet de fissure expérimental et numérique (avec


mass scaling) - Essai EL30A6.

164

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

[Link] Simulation EL20A6


Description L’essai EL20A6 est également constitué d’une galette elliptique trouée en
son centre et dans laquelle une préfissure est placée à 45◦ des axes de l’ellipse. La seule
différence par rapport à l’essai EL30A6 concerne la taille de cette préfissure qui est main-
tenant de 20mm.

Données La simulation est identique à celle présentée dans le paragraphe précédent en


ce qui concerne le maillage est les conditions aux limites (voir F IG .4.23). La taille de la
préfissure est cette fois-ci de 20mm. La galette est soumise au chargement en pression
donné figure 4.24 une fois de plus imposé suivant la normale à la coque malgré les limita-
tions observées sur la simulation précédente. Les paramètres du critère sont inchangés et
visibles dans le tableau 4.4. Les données du matériau et du critères sont données tableaux
4.3 et 4.4.

F IGURE 4.23: Simulation EL20A6 - Dimensions (mm) et conditions aux limites.

Résultats Sur cette simulation la fissure se propage d’abord avec un angle quasi nul
par rapport à la direction initiale et ce sur environ 20mm (voir F IG .4.25). Peu à peu elle
s’oriente de quelques degrés dans la direction du grand axe de l’ellipse puis opère un
changement de direction plus prononcé à l’approche de l’encastrement. Le trajet obtenu
est globalement correct vis à vis du trajet expérimental même si une fois de plus la fissure
se propage davantage qu’elle ne devrait. Cette simulation souffre des mêmes symptômes
que ceux présentés dans le paragraphe précédent du fait du chargement simplifié, à savoir
une flexion trop importante et une initiation s’opérant trop tôt.

Néanmois l’analyse des déformations donnée figures 4.27 et 4.28) montre qu’avant
que la flexion ne ne soit trop importante on obtient une assez bonne corrélation es-
sai/calcul.

165

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Pression expérimentale
Pression simulation
150
Pression (bar)

100

50

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps (ms)

F IGURE 4.24: Chargement en pression pour la simulation de l’essai EL20A6.

La même simulation avec une masse volumique ρ = 100 × ρ0 donne des résultats
plus proches du cas expérimental en ce qui concerne le trajet de fissure (voir F IG .4.29
et 4.29. En revanche la flèche globale et les signaux de jauges (voir F IG .4.27 et 4.28)
indiquent que la déformée de la galette est sous estimée.

166

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.25: Simulation EL20A6 - Contrainte circonférencielle σθθ et trajet de


fissure - Maillage non déformé à gauche et maillage déformé à droite.

F IGURE 4.26: Simulation EL20A6 avec ρ = 100 × ρ0 - Contrainte


circonférencielle σθθ et trajet de fissure - Maillage non déformé à gauche et
maillage déformé à droite.

167

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

5 J1 expérimental
J1 simulation ρ = ρ0
J1 simulation ρ = 100 × ρ0
4

3
ε (%)

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)

F IGURE 4.27: Confrontation de la déformation orthoradiale expérimentale et


numérique à la position de la jauge J1 - Essai EL20A6.

J2 expérimental
J2 simulation ρ = ρ0
6 J2 simulation ρ = 100 × ρ0
ε (%)

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Time (ms)

F IGURE 4.28: Confrontation de la déformation orthoradiale expérimentale et


numérique à la position de la jauge J2 - Essai EL20A6.

168

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.29: Comparaison du trajet de fissure expérimental et numérique (avec


mass scaling) - Essai EL20A6.

F IGURE 4.30: Superposition du trajet de fissure expérimental et numérique (avec


mass scaling) - Essai EL20A6.

169

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

4.3.2 Simulation des essais NYMPHEA


A une échelle supérieure, les essais NYMPHEA (présentés partie 3.3.1) peuvent éga-
lement servir à valider le modèle de propagation dans les coques. Bien que plus com-
plexes et ne fournissant que des informations post-mortem, ces essais se rapprochent plus
de l’objectif industriel car le chargement est donné par une détonation ce qui n’est pas le
cas sur les essais ONERA.

[Link] Phase préliminaire d’obtention du chargement


Le chargement peut être simulé de différentes manières. La première est d’utiliser une
fonction analytique comme celle proposée par le modèle empirique CONWEP [KIN 84]
et de l’appliquer directement sur la structure. Dans certains codes tels qu’Abaqus ou LS
Dyna, ce modèle est déjà implémenté et permet d’appliquer une pression équivalente
qui évolue dans le temps. Cependant, ce modèle mathématique fait l’hypothèse d’un
chargement en champ lointain ce qui suppose que la charge est suffisamment éloignée de
l’objet pour pouvoir considérer l’onde de pression plane. Ce n’est clairement pas le cas
ici étant donné la faible distance charge/éprouvette. Le modèle CONWEP ne permet pas
non plus de prendre en compte l’effet des gaz brulés et fonctionne en équivalent TNT.

La voie retenue par DCNS est la modélisation de la détonation de la charge et


l’interaction entre la plaque et l’onde de choc ainsi que celle entre la plaque et les
gaz brûlés. Une méthode MMALE (Multi-Material Arbitrary Lagrangian Eulerian)
disponible dans le code LS Dyna est utilisée. La détonation de la charge est modélisée par
l’équation d’état Jones Wilkins Lee et l’air par un gaz parfait qui subit une transformation
isentropique. Les premières simulations ont montré que l’onde de choc et l’écoulement
des gaz brulés sont sur une échelle de temps plus petite que celle de la réponse de la
plaque. Ainsi la modélisation est découplée en deux étapes.

Une première simulation se focalise uniquement sur l’onde de choc et l’écoule-


ment des gaz brulés en considérant la plaque rigide afin d’obtenir la répartition spatio-
temporelle de la pression (F IG .4.31 et 4.32). Au préalable, la plaque est découpée en
zones d’intérêt afin de récupérer des pressions moyennes sur chacune de ces zones.
Dans un second temps on s’intéresse uniquement à la réponse de la plaque ce qui
permet de focaliser la puissance de calcul sur les mécanismes de plastification et de
rupture. On applique alors directement les champs de pressions issus du premier calcul
sur la plaque.

[Link] Géométrie et conditions aux limites des simulations NYMPHEA


Afin de tester le modèle de propagation coque/X-FEM développé dans EURO-
PLEXUS, seule la géométrie de l’éprouvette est représentée en utilisant le découpage en
zones d’intérêt présenté précédemment pour y appliquer le chargement en pression. Des

170

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.31: Modèle ALE de la simulation d’un essai NYMPHEA en plaque


rigide - Phase préliminaire d’obtention du chargement en pression à appliquer sur
l’éprouvette [DCNS].

(a)
(b)

F IGURE 4.32: (a) Évolution de la détonation - (b) Évolution temporelle des


pressions relevées dans chacune des zones définies sur la plaque.

171

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

simulations du modèle complet (charge+air+plaque) ont été réalisées pour une charge
explosive de x kg placée respectivement à une distance D mm et 2D mm de l’éprouvette
en utilisant un découpage en 40 zones (voir F IG .4.33). Ces zones sont numérotées dans
l’ordre du centre (zone 40) vers l’extérieur (zone 40). Les champs de pressions moyens
relevés dans chacune des zones obtenues sont présentés figures 4.34 et 4.35. Pour des
raisons de confidentialité, les pressions sont adimensionnées par la pression maximale
de chaque simulation (PmaxD et Pmax2D ) et le temps est également adimensionné par
le temps caractéristique du phénomène noté tc . L’ordre de grandeur de ces pressions est
de quelques centaines de bars avec PmaxD ≈ 3Pmax2D et le temps caractéristique tc est
inférieur à la milliseconde. Enfin on rappelle que le modèle de propagation développé
ne gère pas la phase d’amorçage de fissure et donc seules les propagations pré-entailles
peuvent être simulées.

Dans toutes les simulations seule la moitié de l’éprouvette est représentée en se


concentrant uniquement sur la partie utile de l’éprouvette. Cette zone circulaire est de
rayon 380mm et d’épaisseur emm. La plaque est considérée encastrée sur sa circonfé-
rence et une préfissure de longueur L est placée en son centre. Le maillage est constitué
de quadrangles d’environ 5mm de côté. Le matériau utilisé est caractérisé par les données
regroupées dans le tableau 4.3 et la courbe d’écrouissage présentée figure 4.10.

F IGURE 4.33: Géométrie, maillage et zones d’application de la pression pour les


simulations des essais NYMPHEA.

172

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

1 Zone1
Zone6
Zone11
0.8 Zone16
Zone21
Zone26
Pmax50

0.6
P

Zone31
Zone36
Pression

0.4

0.2

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
t
Temps tc

F IGURE 4.34: Pressions moyennes pour une charge de x kg à D mm.

1 Zone1
Zone6
Zone11
0.8 Zone16
Zone21
Pmax100

Zone26
0.6
P

Zone31
Zone36
Pression

0.4

0.2

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
t
Temps tc

F IGURE 4.35: Pressions moyennes pour une charge de x kg à 2D mm.

173

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

[Link] Cas sans fissuration


De la même manière que pour les simulations sur tour de crash, le cas d’un essai ne
faisant pas intervenir de fissure est tout d’abord réalisé. Il s’agit d’un essai mené dans une
autre campagne expérimentale que celle présentée dans le C HAP.3. Le dispositif expéri-
mental est rigoureusement le même et la charge de x kg est placée à D mm de la plaque
qui n’est pas préfissurée. Le chargement en pression appliqué est celui donné figure 4.34.

F IGURE 4.36: Comparaison de la flèche expérimentale et numérique - Charge x kg


placée à D mm.

La flèche résiduelle est surestimée d’environ 15% par la simulation (voir F IG .4.36).
Le même constat a été effectué par DCNS sur les simulations pour lesquelles une condi-
tion d’encastrement est réalisée sur le périmètre. En considérant la plaque entière avec
des conditions aux limites plus réalistes (modélisation des brides, des boulons, les diffé-
rents contacts ainsi que la déformations de l’éprouvette au niveau des boulons), cet écart
diminue.
Le champ de déformation plastique est également légèrement surestimé par la simu-
lation mais est similaire à ce que l’on peut observer par mesure de déformation ARGUS
en terme de répartition (voir figures 4.37 et 4.38).

[Link] Paramètre du critère de rupture


Alors que les essais ONERA fournissaient quelques informations concernant l’avan-
cée de la fissure dans le temps, pour les essais NYMPHEA on ne dispose que de l’éprou-
vette après essai. Bien qu’il s’agisse du même matériau dans les deux cas, on ne peut pas
directement utiliser les paramètres du critère identifié sur les simulations ONERA.
Dans le paragraphe [Link], il est en effet expliqué que ces paramètres dépendent de la
taille physique de la zone D. Utiliser la même taille de zone pour les simulations NYM-
PHEA que pour les simulations ONERA reviendrait à utiliser une zone de taille inférieure
à la taille d’un élément. En effet, le rayon du demi disque D dans les simulations ONERA
est de 3.5mm et les éléments utilisés sur les simulations NYMPHEA font 5mm.

174

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.37: Résultats des mesures de déformation ARGUS - Charge x kg placée


à D mm.

F IGURE 4.38: Déformation plastique cumulée numérique - Charge x kg placée à D


mm..

175

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Ainsi, le seuil du critère a été réajusté sur une première simulation (voir paragraphe
[Link] puis conservé sur l’ensemble des autres simulations NYMPHEA (voir TAB .4.5).

TABLEAU 4.5: Paramètres du critère - Simulations NYMPHEA.

Contrainte critique σIc 910 MPa


Longueur caractéristique des éléments Lcar 0.005 m
Rayon du demi disque D R 0.01875 m

[Link] Cas préfissurés - Charge de x kg à D mm


On propose dans un premier temps de s’intéresser aux essais faisant intervenir une
charge de x kg, placée D mm au dessus du centre de la plaque pour des préfissures de lon-
gueurs L = 40, 80 et 160mm. Le chargement en pression appliqué est donné figure 4.34.
Les résultats obtenus avec un critère basé sur un endommagement critique et faisant inter-
venir le taux de triaxialité sont également fournis à titre indicatif. Cela permet notamment
de voir les avantages et inconvénients de la méthode proposée dans ce mémoire.

Préfissure 40mm Comme évoqué précédemment, c’est sur cette simulation qu’a été
ajustée la contrainte critique à rupture σIc de manière à obtenir la longueur de propagation
expérimentale. Expérimentalement les deux pointes de fissure se propagent du même côté
de la préfissure avec un angle non nul (voir F IG .4.39). A l’issue de l’essai la fissure a
une longueur de 180mm. On observe également qu’un début de bifurcation apparait pour
une des pointe de la préentaille. Numériquement la fissure se propage avec un angle nul
pour les deux méthodes. Aucune différence de flèche entre les lèvres de la fissure n’est
observée, contrairement au cas expérimental.

Préfissure 80mm Sur cet essai on observe globalement la même réponse que sur le
précédent avec les pointes de fissure qui partent du même côtés (angles moins marqués)
et une avancée légèrement plus prononcée (voir F IG .4.40) . Une fois de plus l’avancée
numérique se fait dans le prolongement de la préfissure avec un angle quasi nul. Les deux
types de simulation surévaluent légèrement l’avancée mais restent proches du résultat
expérimental (voir TAB .4.6).

TABLEAU 4.6: Propagation pour une pointe - x kg D mm préfissure 80mm.

Essai Simu dc Simu X-FEM


Propagation (mm) 55 95 85

176

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.39: Comparaison essai/simulation - charge x kg à D mm préfissure


40mm.

F IGURE 4.40: Comparaison essai/simulation - x kg à D mm préfissure 80mm.

177

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

Préfissure 160mm Pour une préfissure deux fois plus longue, la réponse de la plaque
est complètement différente. Les deux pointes de fissure bifurquent très vite pour for-
mer quatre fronts de fissure se propageant à environ 70 degrés de la direction initiale
(F IG .4.41). La simulation avec un critère en endommagement parvient tout à fait à repré-
senter ce phénomène avec de bonnes directions de propagation. En revanche, la simula-
tion coque X-FEM ne permet pas de représenter cela. Le critère utilisé ne peut en effet
pas faire prédire l’apparition d’un ou plusieurs nouveaux fronts de fissures ainsi que les
différents angles de propagation correspondant.

F IGURE 4.41: Comparaison essai/simulation - x kg à D mm préfissure 160mm.

TABLEAU 4.7: Propagation pour une pointe - x kg D mm préfissure 160mm.

Expérience Simu dc Simu X-FEM


Propagation (mm) 180 50 50

[Link] Cas préfissurés - Charge de x kg à 2D mm


La deuxième série d’essai concernant une charge de x kg placée à 100m pour des
préfissures de longueurs L = 40, 80 et 160mm est désormais simulée. Les simulations
utilisent donc le chargement en pression présenté figure 4.35.

178

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

Préfissure 40mm Le résultat de cet essai montre qu’il y a eu initiation et une légère
propagation avec une avancée similaire pour chaque pointe d’environ 20mm dans la di-
rection de la préfissure. Numériquement, aucune des deux méthodes ne parvient à initier
la propagation comme on peut le voir F IG .4.42. Cependant, lorsqu’on analyse les résultats
de la simulation coque X-FEM on remarque que la contrainte équivalente σ̃eq a dépassé la
contrainte critique σIc mais que l’avancée produite par le critère n’est pas suffisante pour
rompre un élément (voir paragraphe 2.3.5).

F IGURE 4.42: Comparaison essai/simulation - x kg à 2D mm préfissure 40mm.

TABLEAU 4.8: Propagation pour une pointe - x kg 2D mm préfissure 40mm.

Essai Simu dc Simu X-FEM


Propagation (mm) 40 0 0

Préfissure 80mm Pour la préfissure de longueur L = 80mm, l’avancée est plus pronon-
cée (environ 60mm pour chaque pointe) et la propagation se fait du même côté pour les
deux pointes avec un angle d’une trentaine de degrés par rapport à la direction initiale.
Alors que la simulation basée sur un critère d’endommagement ne permet à nouveau pas
d’initier la propagation, le critère développé dans cette thèse conclut à une avancée droite
de 15mm par pointe.

179

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

F IGURE 4.43: Comparaison essai/simulation - x kg à 2D mm préfissure 80mm.

TABLEAU 4.9: Propagation pour une pointe - x kg 2D mm préfissure 80mm.

Essai Simu dc Simu X-FEM


Propagation (mm) 60 0 15

180

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

Préfissure 160mm Enfin, pour L = 160mm, l’avancée expérimentale observée est de


30mm par pointe avec un angle de quelques degrés. La simulation avec le critère d’en-
dommagement ne permet toujours pas de faire partir la fissure. Le cas coque X-FEM
permet non seulement la propagation mais prédit également la bonne avancée de fissure.

F IGURE 4.44: Comparaison essai/simulation - x kg à 2D mm préfissure 160mm.

TABLEAU 4.10: Propagation pour une pointe - x kg 2D mm préfissure 160mm.

Essai Simu dc Simu X-FEM


Propagation (mm) 30 0 30

[Link] Conclusion des simulations NYMPHEA


Le premier constat que l’on peut tirer de ces simulations est que la méthode dévelop-
pée dans cette thèse donne des résultats encourageants. Les avancées de fissures obtenues
sont comparables aux résultats expérimentaux. Toutefois, le critère utilisé ne permet pas
de détecter la bifurcation obtenue sur un des essai.

Concernant le trajet de fissure, on observe que la simulation a du mal à reproduire le


branchement obtenu expérimentalement : la fissure a tendance à se propager suivant la

181

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
4. Simulations de la propagation de fissure en coque X-FEM

direction initiale de la préfissure. Les simulations avec endommagement affichant cette


même tendance, une explication possible pourrait venir du caractère non parfaitement
symétrique du chargement expérimental. Plutôt que d’introduire la dissymétrie en décen-
trant la charge (ce qui obligerait à relancer un calcul avec interaction fluide/structure pour
obtenir le chargement correspondant) de nouvelles simulations ont été réalisées en déca-
lant légèrement la préfissure de l’axe central. La figure 4.45 montre notamment que plus
la préfissure est décalée, plus le branchement est marqué.

F IGURE 4.45: Influence du décentrage de la préfissure - x kg à D mm préfissure


80mm - Maillage non déformé.

Un autre aspect qui n’a pas encore été abordé est la dépendance à la taille de
maille. L’inconvénient principal de la méthode avec endommagement est son caractère
dépendant à la taille de maille. Par exemple pour la simulation de la charge de x kg placée
à 2D mm d’une éprouvette préfissurée sur L=40mm, la fissure ne s’initie pas pour une
taille de maille de 5mm (F IG .4.42) alors qu’elle se propage sans arrêt pour un maillage
de 1mm (F IG .4.46).

L’essai x kg à D mm avec un préfissure de 40mm a été à nouveau simulé avec la


méthode coque/X-FEM, mais cette fois-ci avec une taille de maille de 2mm. Dans le
critère, seule la longueur Lcar est changée à 2mm pour être cohérente avec le nouveau
maillage. La taille du domaine D situé devant chaque pointe de fissure est inchangée.
Sur la figure 4.47, on observe que le trajet est peu modifié. L’avancée obtenue sur
ce nouveau calcul est de 62mm par pointe de fissure alors qu’elle est de 70mm pour le
maillage utilisant des éléments de 5mm de côté.

182

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés
Simulations des essais expérimentaux

F IGURE 4.46: Influence de la taille de maille - x kg à 2D mm préfissure 40mm.

F IGURE 4.47: Simulation avec taille de maille 5mm (à gauche) et 2mm (à droite) -
x kg à D mm préfissure 40mm.

183

Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]


© [Y. Jan], [2016], INSA Lyon, tous droits réservés

Vous aimerez peut-être aussi