Chap 2
Chap 2
Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.2 Couplage de la méthode X-FEM au modèle coque de Mindlin-Reissner 52
2.2.1 Objectifs et hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.2.2 Propriétés de l’élément fini Q4GS . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.2.3 Schéma temporel d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.2.4 Création de l’élément de coque enrichi X-Q4GS. . . . . . . . . . . 61
2.2.5 Description de la fissure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
2.2.6 Cas test à fissure fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
2.3 Critère de propagation de fissures en dynamique explicite . . . . . . . . 74
2.3.1 Choix d’un critère de propagation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
2.3.2 Direction de propagation en traction/cisaillement . . . . . . . . . . 76
2.3.3 Incrément de propagation dans un pas de temps . . . . . . . . . . . 83
2.3.4 Extension du critère pour les coques . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
2.3.5 Moyennes temporelles sur les avancées du front de fissure . . . . . 87
2.3.6 Mise en œuvre numérique de la propagation . . . . . . . . . . . . . 89
2.4 Simulation d’un exemple type issu de la littérature . . . . . . . . . . . . 97
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
51
2.1 Introduction
La méthode des éléments finis étendus développée au début des années 2000
[MOË 99] commence à avoir une certaine maturité et apparaît peu à peu dans les codes
de calcul utilisés dans l’industrie. Ce modèle basé sur la partition de l’unité [MEL 96]
consiste à enrichir la base polynomiale d’approximation de manière à rendre possible
la prise en compte entre autres d’une discontinuité au sein d’un élément. De nombreux
travaux ont été menés pour traiter des cas de propagation de fissure en dynamique
rapide sur des modèles 2D plans ou 3D volumiques. Cependant, le maillage doit être
relativement fin pour décrire correctement les différents champs dans le voisinage de la
fissure pour ensuite être utilisés dans un critère de propagation. Mener de tels calculs à
l’échelle d’une structure navale dans un contexte de bureau d’étude paraît délicat. Ces
structures étant élancées (assemblages de plaques et de coques), il est pertinent d’utiliser
des modèles coques qui permettent de diminuer considérablement la taille d’un modèle
et de gagner en temps de calcul.
52
Afin de traiter les cas de coque tridimensionnelle fissurée basée sur la théorie de
Mindlin-Reissner, le choix a été fait d’enrichir le quadrangle Q4γ24. Cet élément est
brièvement présenté dans le paragraphe 2.2.2
Des essais de détonation ont été effectués sur des éprouvettes (plates et cylindriques)
pré-entaillées sur le site de Tourris, en collaboration avec DGA Techniques Navales.
Lorsque le défaut initial n’est pas débouchant, les essais montrent que la fissure se propage
dans un premier temps dans l’épaisseur de l’éprouvette. La fissure se propage ensuite en
restant traversante. Lors de la phase de propagation, la fissure traversante se propage avec
une inclinaison d’environ 45 degrés par rapport au plan moyen de la coque ce qui traduit
une rupture en présence d’un cisaillement. De plus, le phénomène de striction apparait en
pointe de fissure, qui se traduit par une réduction de l’épaisseur de la coque localement.
On constate une inclinaison de 45 degrés lorsqu’il s’agit de cisaillement pur et d’un angle
légèrement inférieur pour un chargement mixte comme on peut le remarquer sur la figure
2.1. A noter que lorsqu’une entaille introduite est initialement débouchantes, le même
type de propagation est observé.
53
nœuds. Il s’agit de la vision coque dégénérée définie dans la partie [Link]. C’est cette
version simplifiée de coque épaisse que l’on propose d’enrichir avec la méthode X-FEM
dans la suite de nos travaux.
(-1,1) (1,1)
4 3
1 2
(-1,-1) (1,-1)
C’est un quadrangle à épaisseur constante dont la partie membrane est représentée par
l’élément Q4 et la partie flexion/cisaillement par l’élément Q4γ (F IG .2.2).
[Link] Caractéristiques
C’est un élément courbe à quatre nœuds et six degrés de liberté par nœud. Ses incon-
nues nodales sont les déplacements locaux ux , uy et uz , et les rotations locales θx , θy et
θz ;
– ux et uy représentent les effets de membrane,
– θx et θy représentent les effets de flexion,
– uz , θx et θy servent à établir les effets de cisaillement transversal,
– θz est utilisée pour éviter la singularité de la matrice de rigidité.
Les variables nodales après assemblage sont les déplacements UX , UY et UZ des trois
noeuds et les rotations θX , θY et θZ autour des axes globaux X, Y et Z (voir F IG .2.3).
L’intégration numérique se fait sur quatre points dans le plan de l’élément de référence
(voir TAB .2.1), et cinq points dans l’épaisseur en faisant varier z entre − 2h et h2 .
Alors que les trois nœuds d’un triangle sont nécessairement coplanaires, ce n’est plus
le cas pour les quatre nœuds d’un quadrangle. Il est alors nécessaire de définir un repère
local en chaque sommet et en chaque point d’intégrations pour prendre en compte la
54
courbure de l’élément.
1
N1 (ξ, η) = ((1 − ξ)(1 − η)) (2.1)
4
1
N2 (ξ, η) = ((1 + ξ)(1 − η)) (2.2)
4
1
N3 (ξ, η) = ((1 + ξ)(1 + η)) (2.3)
4
1
N4 (ξ, η) = ((1 − ξ)(1 + η)) (2.4)
4
55
Coordonnées Poids
ξi ηi ωi
√ √
1/ 3 1/ 3
√ √
−1/ 3 1/ 3 1
√ √
−1/ 3 −1/ 3
√ √
1/ 3 −1/ 3
qui est utilisée (F IG .2.4). Le cisaillement transversal γ n’est pas directement calculé aux
quatre points d’intégration comme pour la membrane et la flexion, mais il est interpolé
à l’aide des valeurs calculées aux quatre points (A1, A2, B1 et B2) milieux des côtés du
quadrilatère. Ainsi, avec [J] la matrice jacobienne de la transformation, le cisaillement
transverse s’interpole de la manière suivante :
1−η
A1 + 1+η γA2
2 ξ
γ 2 ξ
γxz −1 γξz
= [J] = (2.5)
γyz γηz
1−ξ B1 1+ξ B2
2 γη + 2 γη
avec γξz et γηz constants sur chaque côté de l’élément. Ce traitement du cisaillement
permet d’éviter le phénomène de verrouillage en cisaillement transverse.
4
A2 3
B1 B2
A1
2
1
56
Une bonne description de l’élément peut être trouvée dans Batoz [BAT 92] et Zeng
[ZEN 98].
Pour le cas d’un problème sans contact ni amortissement, l’équation d’équilibre dis-
crétisée peut s’écrire de la manière suivante :
où Fext sont les efforts extérieurs et Fint les efforts intérieurs. Dans le cas élastique linéaire
on a laRrelation Fint = KU et dans le cas non linéaire matériau on utilise généralement
Fint = Ω BT σdΩ où Ω est la configuration déformée, σ la contrainte de Cauchy et B
l’opérateur divergence discrétisé.
Deux grands types de schéma temporels d’intégration existent pour cela : les schémas
explicites et implicites en temps. Les premiers permettent une résolution rapide mais
sont conditionnellement stable. Cela implique un pas de temps suffisamment petit pour
éviter que le calcul ne diverge. Les schémas d’intégration implicites permettent d’utiliser
un pas de temps qui peut être important mais nécessitent des itérations pour assurer la
convergence de l’équilibre à chaque pas de temps, rendant chaque itération temporelle
plus longue à résoudre.
En dynamique rapide, les problèmes à traiter sont des cas de chargements brefs et il
est en général préférable d’avoir des pas de temps suffisamment petits afin de suivre au
mieux les variations rapides du chargement. Ainsi, le schéma implicite est souvent écarté
car la durée des pas de temps imposée par la physique du problème conduiraient à de trop
grands temps de calcul.
57
Le tableau TAB .2.2 présente les différents algorithmes utilisés en fonction du couple
de paramètres (β, γ).
Algorithme Type γ β
Purement explicite Explicite 0 0
Différence centrée Explicite 1/2 0
Accélération linéaire Implicite 1/2 1/6
Accélération moyenne Implicite 1/2 1/4
Accélération moyenne modifiée Implicite 1/2 + γ (1 + γ)2 /4
Fox-Goodwin Implicite 1/2 1/2
Le schéma utilisé dans Europlexus est donné pour le couple de valeur (β, γ) = (0, 21 ).
Il s’agit du schéma explicite de différence centrée, dont les relations simplifiées sont don-
nées par :
∆t 2
Un+1 = Un + ∆tU̇n + Ün , (2.13)
2
Ün+1 = M −1 (Fext,n+1 − Fint,n+1 ), (2.14)
∆t ∆t
U̇n+1 = U̇n + Ün + Ün+1 . (2.15)
2 2
Ainsi l’algorithme permet une grande souplesse pour traiter les problèmes de
dynamique rapide et les comportements non linéaires. Le déplacement au pas de temps
tn+1 ne dépend que des éléments de solution au temps tn ce qui rend la résolution directe.
58
59
60
1 si x est au dessus de la fissure
avec H (x) = (2.32)
−1 si x est en dessous de la fissure
F IGURE 2.6: Stratégie d’enrichissement pour une fissure quelconque placée sur un
maillage.
61
où la matrice Mstandard est la matrice de masse construite à partir des fonctions de forme
non enrichies seulement, la matrice Menrichie construite à partir des fonctions de forme
enrichies uniquement, et Mcouplage par le couplage des fonctions de forme standard et
enrichies.
La méthode de diagonalisation de matrice masse basée sur la conservation de
l’énergie cinétique mise en place par Menouillard et al. [MEN 07] a été reprise. Les
auteurs montrent en outre que les masses associées aux degrés de liberté enrichis peuvent
prises égales à celles des degrés de liberté classiques, tout en assurant la conservation de
l’énergie cinétique pour des mouvements de corps rigide qu’il y ait une fissure ou non.
Dans le cas des coques X-FEM, on choisit alors non seulement de prendre égales
les masses associées aux degrés de liberté classiques et enrichis en déplacement, mais
également pour les masses associées aux degrés de liberté classiques et enrichis relatives
aux rotations. La matrice masse diagonale de taille (12 x12) d’un élément de coque enrichi
devient donc :
!
diag
diag Mstandard 0
MXFEM = diag , (2.35)
0 Menrichie
avec : !
f em
diag mu 0
Mstandard = f em , (2.36)
0 mθ
!
x f em
diag mu 0
Menrichie = x f em , (2.37)
0 mθ
en prenant :
x f em
muf em = mu∗ , (2.38)
f em x f em
mθ = mθ∗ . (2.39)
62
Pas de temps critique de l’élément enrichi Gerlach [GER 99] a montré que l’en-
richissement discontinu introduit un caractère non stabilisant du schéma de Newmark
explicite. Comme expliqué précédemment, le pas de temps critique dépend de la plus
petit taille d’élément. Ainsi pour un élément dont un des côté est coupé, c’est la plus
petite des parties du côté coupé qu’il faut prendre en compte pour le calcul du pas de
temps, si bien que le pas de temps explicite tend vers zéro lorsque la fissure coupe un
élément très près d’un noeud.
Menouillard et al. ont montré dans [MEN 06] puis [MEN 08] que pour le cas d’ élé-
ments poutres ou triangles, l’utilisation de la matrice de masse diagonalisée, souvent ap-
pelée matrice lumpée, conduisait à un pas de temps critique non nul. Ils ont même prouvé
qu’en utilisant une matrice diagonale par bloc le pas de temps critique est le même que si
f em
l’élément n’était pas coupé. Ces résultats sont regroupés dans TAB .2.3 en appelant ∆tc
le pas de temps critique de l’élément non coupé pour lequel on utilise la matrice de masse
x f em
diagonale, et ∆tc le pas de temps critique de l’élément coupé.
TABLEAU 2.3: Valeur minimum du pas de temps critique normalisé en fonction de
la matrice masse utilisée pour un élément X-FEM - Éléments poutres et triangles.
x f em f em
Matrice masse ∆tc /∆tc
Consistente 0√
Diagonale 1/ 2
Diagonale par bloc 1
Le cas des quadrangles et des éléments volumiques sont traités dans [MEN 07,
MEN 08],. Les auteurs montrent qu’avec toutes les méthodes de diagonalisation et quel
que soit le type d’élément fini étudié, un pas de temps de √12 fois le pas de temps de l’élé-
ment sans enrichissement garantit la stabilité. En pratique, le pas de temps critique choisi
pour assurer la stabilité du calcul est est donné par :
f em
∆tc
∆tcx f em = . (2.40)
2
63
Une première approche développée par Moës et al. [MOË 99] est de sous découper
les éléments tranchés de manière compatible avec la fissure, et ainsi intégrer exactement
des fonctions continues de part et d’autre de la fissure. Ces sous-découpages en triangles
n’interviennent dans le calcul que pour l’intégration numérique. Il ne s’agit en aucun cas
de nouveaux éléments plus fins mais de géométries sur lesquelles les règles d’intégrations
classiques sont connues.
Cette méthode parfaitement adaptée aux matériaux élastiques peut néanmoins
entrainer une non conservation de l’énergie pour des matériaux non linéaires. En effet,
l’utilisation d’un telle technique conduit à un changement du nombre et de la position
des points de Gauss lorsque la fissure se propage. Il faut dans ce cas effectuer une
projection des champs élémentaires lors de l’étape de remaillage des sous-éléments
(contraintes, déformations etc.), dans une zone où leur gradient est particulièrement élevé
(voir F IG .2.7).
F IGURE 2.7: Intégration par sous découpage, projection des champs sur de
nouveaux points de Gauss.
64
chacun quatre points d’intégration dans le plan, soit un total de 64 points de Gauss.
Une autre solution intéressante pour traiter l’intégration numérique des matériaux
non linéaires a été proposée par Ventura [VEN 06]. Dans les éléments coupés par la
fissure, l’enrichissement par la fonction de Heaviside est remplacé par une nouvelle
fonction continue polynomiale dont le degré dépend du type d’élément et de la position
de l’élément. Cela permet d’une part d’éviter l’étape de projection des champs et
également de réduire le nombre de points d’intégration par rapport à la méthode dé-
crite précédemment. Récemment, Martin et al. [MAR 15] ont automatisé le calcul de la
fonction d’enrichissement polynomiale pour des éléments bi et tridimensionnels linéaires.
Remarque : Dans ses travaux, Elguedj utilise la méthode d’intégration à l’aide de sous
éléments uniquement dans une zone située dans un rayon R plastique centrée sur la pointe
de fissure. Lorsque la plasticité est confinée, cela permet en effet de réduire le nombre
d’intégration du problème. Dans les essais dynamiques que nous serons amenés à si-
muler, la plasticité de se limite pas uniquement à la pointe de fissure et c’est pourquoi
cette stratégie n’est pas mise en place. Ainsi l’ensemble des éléments X-FEM du maillage
65
Une méthode couramment employée pour pour représenter la fissure est l’utilisation
de fonctions de niveau appelées "level-sets" en anglais, proposée par Sethian [SET 96],
puis couplé à la méthode X-FEM par Stolarska et al. [STO 01]. Ces deux fonctions de
niveau (φ,ψ) définissent implicitement la position du plan et du front de fissure comme
on peut le voir figure 2.9. Gravouil et al. [GRA 02] ont ensuite généralisé l’utilisation des
fonctions de niveau au cas tridimensionnel.
Mathématiquement, la fissure est représentée par l’ensemble des points tels que φ = 0
et ψ 6 0. Le front de fissure est alors décrit par φ = 0 et ψ = 0. L’avantage principal
de cette description est d’avoir accès à la distance et la position relative de n’importe
quel point par rapport à la fissure. Cela est notamment intéressant pour affecter le signe
de l’enrichissement saut. Cependant, l’étape d’actualisation de ces level-sets par la
résolution des équations d’Hamilton-Jacobi ou par méthode géométrique, ainsi que leurs
ré-initialisation et ré-orthogonalisation posent aujourd’hui encore quelques problèmes de
66
La description choisie ici se base sur le fait que la fissure est contenue dans le
plan moyen de la coque. Ainsi, la géométrie de la coque donne déjà deux informations
spatiales pour localiser la fissure. L’utilisation d’un maillage d’éléments unidimension-
nels sur le plan moyen de la coque présentée figure 2.10 permet donc de connaitre
complètement la position de la fissure. Avec cette méthode, la fissure est représentée
explicitement. Son principal avantage est la facilité de mettre à jour la fissure. Néanmoins
la gestion de la normale au front est moins naturelle qu’avec les level-sets et l’affectation
des enrichissement n’est pas aussi direct.
67
La fissure est donc constituée de plusieurs segments dont la position caractérisés par
ces cinq informations, ce qui suffit à complètement la localiser au sein du maillage. Un
exemple simple est donné ci-dessous.
68
Un repère local R =(t1 ,t2 , n) est attribué en chaque pointe de fissure (voir F IG .2.12
avec t1 la direction de la fissure, n la normale à l’élément au point où sort la fissure et t2
un troisième vecteur pour former un repère orthonormé directe.
69
Ces simulations numériques présentées figure 2.14 affichent des résultats identiques.
Les courbes de déplacement au point P sont présentée figure 2.15 à figure 2.17.
Remarque : Sur la simulation utilisant des éléments de coques XQ4GS, les lèvres de la
fissures semblent liées par les éléments dans lesquels la fissure trouve. Le logiciel de
postraitement Paraview continue de lier les éléments à l’affichage sans savoir qu’ils sont
rompus.
Cet exemple à fissure fixe nous permet de valider les modifications apportées à
l’élément fini de coque pour que celui-ci soit capable de représenter à la fois des
discontinuités en déplacement et celles en rotation. Il s’agit désormais de choisir quand
et comment va avancer la fissure.
70
F IGURE 2.13: Schéma du cas test à fissure fixe pour 3x3 éléments coques XQ4GS
(à gauche) et 3x4 éléments coques Q4GS (à droite) - Conditions aux limites.
F IGURE 2.14: Essai de traction hors plan à fissure fixe sur coque X-FEM et coque
classique - Fissure représentée par la méthode X-FEM (à gauche) et de manière
explicite (à droite).
71
2.5
Ux FEM
Déplacement (10−3 m)
2 Ux XFEM
1.5
0.5
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Temps (10−2 s)
Uy FEM
3 Uy XFEM
Déplacement (10−3 m)
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Temps (10−2 s)
72
20
Uz FEM
Uz XFEM
Déplacement (10−3 m)
15
10
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Temps (10−2 s)
73
Cette partie énonce tout d’abord deux critères récemment développés pour de la fis-
suration de structures navales. La méthodologie employée pour adapter un de ces critères
à un modèle de coque est ensuite présentée, et enfin la démarche envisagée pour la suite
des travaux est décrite.
où D est le demi-disque centré sur la pointe de fissure et paramétré par son rayon R
(généralement égal à trois fois la taille d’un élément en pointe de fissure) et r est la
distance entre le front de fissure et le point M.
Ainsi, plus un point de Gauss est proche de la pointe de fissure, plus sa contribution
dans la pondération est importante. De ce champ sont tirées les contraintes principales σ̃I
et σ̃II . Il y a alors propagation si la contrainte principale maximale est supérieure à une
valeur critique σc (ε̇) qui dépend de la vitesse de déformation en pointe :
74
σ̃eq = max(σ̃I , σ̃II ) < σc (ε̇) ȧ = 0 pas de propagation,
(2.45)
σ̃eq = max(σ̃I , σ̃II ) > σc (ε̇) ȧ > 0 propagation.
Dans cette approche, une première étape d’identification des plans de localisation
à partir de l’opérateur tangent est réalisée via une analyse de bifurcation. Cela permet
de déterminer deux directions potentielles de propagation 2.19a. Ensuite, en se basant
sur un calcul de champ de déformation équivalent sur une pastille en pointe de fissure,
la direction qui maximise une déformation équivalente est choisie. Pour permettre de
réduire la dépendance à la taille de maille qui apparaît par exemple avec une porosité à
rupture, le critère d’amorçage est basé sur une énergie stockée en pointe 2.19b. Il y a
alors avancée de fissure si le critère est vérifié 2.19c.
Les développements présentés dans cette thèse étendent le premier critère proposé par
Haboussa et al. aux coques. Ce critère a été privilégié car il est plus simple à implémenter.
Par manque de temps l’adaptation au coques du second critère n’a pas été réalisée.
75
Quelques notations qui serviront dans la suite du chapitre sont d’abord introduites puis
les direction de propagation établies par Haboussa et al. dans le cas tridimensionnel et ses
simplifications dans le cas bidimensionnel sont présentés. Enfin, l’algorithme de propa-
gation qui permet de basculer automatiquement d’une propagation en mode de traction à
un mode de propagation en cisaillement est synthétisé.
Tout d’abord, définissons l’ensemble des repères (représentés F IG .2.20) qui inter-
viennent :
– G =(ex , ey , ez ) définit le repère global du problème,
– R =(t1 ,t2 , n) définit le repère local en pointe de fissure (identique au repère de défi-
nition des modes de fissuration),
– R 0 =(t10 ,t20 , n0 ) définit le repère local en pointe de fissure tourné de l’angle θc =
(t1 ,t10 ) = (t2 ,t20 ), appelé angle de branchement.
– R 00 =(t100 ,t200 , n00 ) est le repère local en pointe de fissure tourné de l’angle θc puis de
l’angle ψc = (t20 ,t200 ) = (n0 , n00 ), ce dernier étant appelé angle de déversement.
Au départ, les contraintes calculées sont exprimées dans le repère local de la pointe
de fissure R . Ses composantes sont alors données par :
σ11 σ12 σ13
σi j = σ21 σ22 σ23 . (2.46)
σ31 σ32 σ33
76
Les composantes du tenseur des contraintes en pointe de fissure dans le repère R 0 sont
celles du tenseur exprimé dans le repère cylindrique. Ces composantes sont données par :
0 K θ 3θ KII θ 3θ
σ11 = σrr = √I 5 cos − cos − √ 5 sin − 3 sin , (2.47)
4 2πr 2 2 4 2πr 2 2
0 K θ 3θ KII θ 3θ
σ22 = σθθ = √I 3 cos + cos − √ 5 sin + 3 sin , (2.48)
4 2πr 2 2 4 2πr 2 2
0 K θ 3θ KII θ 3θ
σ12 = σrθ = √I sin + sin + √ cos + 3 sin , (2.49)
4 2πr 2 2 4 2πr 2 2
0 K θ
σ13 = σrz = √III sin , (2.50)
4 2πr 2
0 K θ
σ23 = σθz = √III cos , (2.51)
4 2πr 2
( 0 0
0 ν σ11 + σ22 en déformations planes,
σ33 = σzz = (2.52)
0 en contraintes planes.
77
0
sont simplifiées en prenant en compte la relation σ33 = σzz = 0.
00 0
σ11 = σ11 , (2.53)
00 0 2 0 0 2
σ22 = σ33 sin (ψ) + 2σ23 sin (ψ) cos (ψ) + σ22 cos (ψ) , (2.54)
00 0 0 0
σ33 = σ33 cos2 (ψ) − 2σ23 sin (ψ) cos (ψ) + σ22 sin2 (ψ) , (2.55)
00 0 0
σ12 = σ13 sin (ψ) + σ12 cos (ψ) , (2.56)
00
0 0
0
σ23 = σ33 − σ22 sin (ψ) cos (ψ) + σ23 2 cos2 (ψ) − 1 ,
(2.57)
00 0 0
σ33 = σ13 cos (ψ) − σ12 sin (ψ) . (2.58)
Enfin, la notion de facteurs d’intensité des contraintes (FIC) normalisés Kni est intro-
duite telle que :
|KI |
KnI = , (2.59)
|KI | + |KII | + |KIII |
|KII |
KnII = , (2.60)
|KI | + |KII | + |KIII |
|KIII |
KnIII = . (2.61)
|KI | + |KII | + |KIII |
Cette notion proposée par Schöllmann et al. [SCH 02] permet d’interpréter les équa-
tions décrivant les directions angulaires dépendant de la mixité tridimensionnelle du
mode de chargement. Afin de visualiser une direction de propagation associée à un tel
chargement mixte, un système de coordonnées barycentrique est utilisé. Haboussa et
al. [HAB 12b] reprennent cette idée en adoptant une approche locale (voir paragraphe
[Link]) compte tenu du caractère non linéaire du matériau en pointe de fissure. Ils re-
lient les FIC aux contraintes équivalentes σ̃i j évaluées sur le demi-disque en pointe de la
manière suivante :
KI → σ̃22 ,
KII → σ̃12 , (2.62)
KIII → σ̃23 ,
78
Remarque : On rappelle que les tenseurs des contraintes notés σi j sont relatifs à un point
d’intégration, alors que le tenseur des contraintes notés σ̃i j fait référence à une grandeur
équivalente évaluée sur un domaine D. Enfin les contraintes normalisées σ̃ni sont des
grandeurs sacalaires sans dimensions permettant de caractériser la prépondérance d’un
mode par rapport aux autres modes.
Les développements mènent à une équation polynomiale du troisième ordre en tan θ2
dont la solution n’est pas triviale. Il donne alors les valeurs approchées de θtrac
c et Ψtrac
c
en fonction des FIC normalisés Ki : n
q
trac 1 2
θc = 2 sign(KII ) arctan K̂ − K̂ + 8 , (2.67)
4
0
!
2 (θtrac )
1 σ 23 c
Ψtrac
c = sign(KIII ) arctan 0 0 , (2.68)
2 σ22 (θtrac trac
c ) − σ33 (θc )
avec :
1 √
1 + KnI − (1 − KnIII ) p(ν) ( π − 5ν)
en déformation plane,
K̂ = où p(ν) = 4 √π
KnII
en contrainte plane,
4
(2.69)
0 0
et σ̃i j (θtrac
c ) le tenseur des contraintes équivalent tourné dans le repère R et évalué pour
l’angle θtracc .
Enfin, il substitue les FIC Ki et FIC normalisés Kni par les contraintes équivalentes
σ̃i j et les contraintes équivalentes normalisées σ̃ni à l’aide de la relation 2.62. Il obtient
79
finalement :
q
1 2
θtrac
c = 2 sign(σ̃12 ) arctan Ŝ − Ŝ + 8 , (2.70)
4
0
!
1 2 σ̃23 (θtrac
c )
Ψtrac
c = sign(σ̃23 ) arctan 0 0 , (2.71)
2 σ̃22 (θtrac trac
c ) − σ̃33 (θc )
avec : p(ν)
1 + σ̃n1 − 1 − σ̃n3
Ŝ = . (2.72)
σ̃n2
– pour KI 6= 0 et KII 6= 0,
KnIII
n
K (1 − )
π 8 3 I 20
θcisail = sign(KII ) 1+ ν arctan , (2.75)
c
4 145 5 KnII
0 0
!
1 σ33 (θcisail
c ) − σ22 (θcisail
c )
Ψcisail
c = sign(KIII ) arctan 0 . (2.76)
2 2 σ23 (θcisail
c )
– pour KI = 0 et KII = 0,
θcisail
c = sign(KII ) 0.536, (2.77)
0 0
!
1 σ33 (θcisail
c ) − σ22 (θcisail
c )
Ψcisail
c = sign(KIII ) arctan 0 cisail
. (2.78)
2 2 σ23 (θc )
Les FIC Ki et FIC normalisés Kni sont à nouveau substitués par les contraintes
équivalentes σ̃i j et les contraintes équivalentes normalisées σ̃ni pour donner :
80
– pour KI 6= 0 et KII 6= 0,
σ̃n3
n
σ̃ (1 − )
π 8 3 1 20
θcisail = sign(σ̃12 ) 1+ ν arctan , (2.79)
c n
4 145 5 σ̃2
0 0
!
1 σ̃33 (θcisail
c ) − σ̃22 (θcisail
c )
Ψcisail
c = sign(σ̃23 ) arctan 0 cisail
. (2.80)
2 2 σ̃23 (θc )
– pour KI = 0 et KII = 0,
θcisail
c = sign(σ̃12 ) 0.536, (2.81)
0 0
!
1 σ̃33 (θcisail
c ) − σ̃22 (θcisail
c )
Ψcisail
c = sign(σ̃23 ) arctan 0 cisail
. (2.82)
2 2 σ̃23 (θc )
Transition entre les deux critères Les différentes directions de propagation possibles
en traction (θtrac ) ou en cisaillement (θcisaillement ) sont calculées à partir du champ de
contrainte équivalent σ̃i j . La détermination de la direction de propagation est réalisée en
estimant l’intensité de la déformation plastique équivalente en pointe de fissure. Pour ce
faire, un tenseur des déformations équivalent en pointe de fissure ε̃i j est calculé de la
même manière que pour la contrainte équivalente :
Z
r 2
εi j (M)e−( R ) dSM
D
ε̃i j = Z . (2.83)
−( Rr )2
e dSM
D
Une déformation équivalente au sens de Mazars [MAZ 84] notée ε̃eq est calculée.
Celle-ci s’appuie s’appuie sur les deformations principales de traction et est définie de la
manière suivante : p
ε̃eq = < ε̃I >2 + < ε̃II >2 . (2.84)
Si cette déformation équivalente est inférieure à un certain seuil ε̃trac , la direction
sera pilotée par le mode de rupture en traction (voir F IG .2.21). Si au contraire cette
déformation est supérieure à ε̃cisail , la direction sera donnée par le cisaillement. Entre ces
deux seuils, une loi des mélanges entre les deux directions est appliquée pour calculer un
angle intermédiaire θtrans donné par l’équation 2.85.
81
de fissure, autrement dit la position de la pointe en chaque instant est connue. Cela
s’obtient en général à partir de l’exploitation des images en caméra rapide. Ensuite, cette
expérience est simulée en imposant l’ouverture spatio-temporelle expérimentale. Avec
les résultats des simulations, on peut alors prétendre connaître les champs mécaniques, à
chaque instant t, qui ont permis de faire propager ou non la fissure expérimentale. Enfin,
on peut identifier les différents paramètres à partir de l’exploitation de ces champs. En
pratique, cette identification n’est pas simple car elle nécessite un recalage très précis
de l’essai et de la simulation sans quoi les résultats sont rapidement erronés. A noter
également que la connaissance de la loi de comportement viscoplastique du matériau
pour la température de l’essai est nécessaire.
Une fois que les paramètres ont été identifiés, le critère peut être utilisé dans les si-
mulations pour réaliser des calculs prédictifs. Cependant il faut veiller à toujours garder
une taille de maille comparable à celle utilisée lors de l’identification. Les paramètres dé-
pendent en effet de la taille de la zone de régularisation D qui est calculée sur un nombre
prédéfini d’éléments. Haboussa a montré que pour pouvoir utiliser les paramètres identi-
fiés sur un premier maillage dans une autre simulation, il faut veiller à conserver la même
taille physique de zone D.
82
obtient cette fois-ci une solution analytique donnée par l’équation 2.86.
h i
x2
r
2x 1 +
θtrac 3 R (x) cos 1 arccos
anal = 2 arctan 2
9
− 2π + x , (2.86)
6 3 R (x) 3 3
avec : r
σ̃22 343 49 2 14 4 4 6
x= et R (x) = + x + x + x .
σ̃12 6 3 9 81
Une solution semi-analytique approchée est proposée afin de simplifier l’implémenta-
tion de l’angle en cisaillement. Finalement, il obtient :
s
2
1 σ̃22 σ̃22
θtrac = 2 arctan − sign(σ̃12 ) 8 + , (2.87)
4 σ̃12 σ̃12
4 √ σ̃22
cisail π
θ = sign(σ̃12 ) arctan π . (2.88)
4 19 σ̃12
Le même principe de transition que celui présenté dans le cas tridimensionnel est
utilisé.
Toutes les équations décrivant ce modèle de propagation de fissure sont basées sur le
concept de l’approche locale en pointe de fissure et dérivent du modèle énergétique. Ainsi
la contrainte critique σIc peut être considérée symboliquement comme une mesure locale
du taux de restitution de l’énergie critique GIc .
83
84
Dans le cas des coques, bien que la géométrie de l’élément soit représentée par une
surface, le champ de contrainte peut être évalué et varier dans l’épaisseur de celle-ci.
L’élément de coque enrichi X-Q4GS construit précédemment possède cinq points
d’intégration à travers l’épaisseur qui ne sont activé qu’en cas de non linéarité matériau.
Ainsi, pour rajouter de l’information par rapport au problème plan, l’idée n’est plus
de sommer les contributions sur un demi-disque en avant uniquement, mais sur cinq
demi-disques comme on peut le voir figure 2.23.
85
Plusieurs pistes peuvent alors être envisagées pour adapter le critère à l’utilisation des
différentes couches :
– Calculer des champs équivalents sur chacun des cinq disques séparément, évaluer
chacune des contraintes équivalentes associées et propager la fissure dès lors que le
critère est atteint sur une des couches, sur au moins trois couches, ou bien sur toutes
les couches.
Z
σi j (M)w(r)dD
Dk
σ̃i j (couchek ) = Z , Pour k = {1..5}, (2.90)
w(r)dD
Dk
86
Dans nos travaux, c’est cette deuxième méthode qui a été implémentée.
Le pas de temps ne pouvant pas être augmenté, il est nécessaire d’attendre que la
longueur d’avancée produite par le critère soit de l’ordre de grandeur de la taille d’un
élément notée Lcar .
87
où Tcumul est un compteur qui cumule le temps à partir du moment où le critère est atteint et
tant que celui-ci est vérifié, jusqu’à ce qu’une avancée suffisante soit atteinte (F IG .2.25).
Cette avancée est donnée par l’équation 2.93.
∆a = ȧ Tcumul , (2.93)
où ȧ est la vitesse calculée avec la relation de Kanninen (équation 2.89) en utilisant la
contrainte équivalente issue de la moyenne temporelle des champs équivalents.
Le compteur Tcumul est réinitialisé à chaque propagation effectuée mais également dès
que le critère n’est plus vérifié. Cela permet par exemple d’éviter la propagation artificielle
d’une fissure dans le cas où le critère de propagation n’est dépassé que sur quelques pas de
temps. Les modifications liées aux moyennes temporelles sur le critères sont présentées
dans l’algorithme 2.
88
89
étape n’est pas pour autant triviale. En effet, les éléments de coques peuvent être gauches
et le trajet de fissure doit alors l’être lui aussi. Pour contourner cette difficulté, la position
de la nouvelle pointe de fissure se fait en passant par l’élément de référence qui est plan.
Les différentes étapes de ce calcul sont présentées ci-dessous.
Pour illustrer ce cas de figure, prenons une fissure dont la pointe est notée A, munie
d’un repère local orthonormé direct R = (A ;~t1 ,~t2 ,~n) et devant propager dans un élément
courbé qui n’est pas dans le même plan que le précédent (voir F IG .2.27). Le critère donne
un angle de propagation θ dans le plan (A ;~t1 ,~t2 ), repéré par rapport à l’axe (A,~t1 ) et avec
une avancée de ∆a.
F IGURE 2.27: Schéma d’une fissure devant se propager dans un élément courbe.
Comme on peut le voir figure 2.28, le point M engendré par cette avancée n’est pas
sur la surface de la coque. Il est alors nécessaire de trouver une manière d’obtenir l’inter-
section avec un des bords de l’élément suivant, synonyme de nouvelle pointe de fissure.
Cet élément étant courbe, deux obstacles se dressent :
– La normale à l’élément est différente en tout point or il faut en choisir une pour
réaliser la projection,
– La surface de projection n’est pas plane.
L’idée retenue est d’utiliser le plan qui contient le côté d’élément sur lequel se trouve
la pointe de fissure et le premier côté adjacent dans le sens trigonométrique. Sur la figure
2.29, ce plan est appelé noté P = (N1 ; e~1 , e~2 ). Quant à la normale de projection, c’est le
vecteur ~n du repère local en pointe qui est choisi.
L’étape suivante est de projeter un point P appartenant au segment de fissure [AM] sur
le plan P décrit précédemment suivant la normale~n. On obtient alors le point P0 qui a pour
coordonnées (α, β, 0) dans le repère orthonormé direct (N1 ; e~1 , e~2 , e~3 ). La droite (AP0 ) ne
peut pas directement être prise comme direction de la fissure car elle ne s’intersecte pas
90
F IGURE 2.29: Plan choisi pour la projection dans l’étape de propagation noté P .
91
F IGURE 2.30: Projection d’un point du trajet de la fissure sur un plan passant par
trois points de l’élément.
Pour s’affranchir de ce problème, une solution consiste à utiliser la bijection qui existe
entre l’élément déformé et l’élément de référence. Ce dernier étant plan, le calcul d’in-
tersection y est trivial. L’image du point P0 dans l’élément de référence notée Pre 0
f est
obtenue via les équations 2.94 et 2.95 qui traduisent simplement la conservation de la
position relative du point par rapport à un noeud dans l’élément (voir F IG .2.31). Il en est
de même pour le point Are f image de la pointe de fissure A.
α αre f
−−−→ = −→ , (2.94)
kN1 N2 k kI1 I2 k
β βre f
−−−→ = −→ . (2.95)
kN1 N4 k kI1 I4 k
0 ) et un des côtés de cet élément donne le
L’intersection entre la demi-droite [Are f Pre f
point Bre f . La positon du point sur le maillage déformé dont l’image est Bre f dans l’élé-
ment de référence est obtenu à l’aide des fonctions d’interpolation géométrique classique :
92
(a) Position de l’image de P0 . (b) [Are f Pre0 f ] prolongé pour obtenir Bre f .
93
de l’élément bilinéaire.
La méthodologie qui vient d’être présentée permet donc de mettre à jour la géométrie
de la fissure à partir d’une avancée ∆a et d’un angle θ calculés par le critère. Il convient
de remarquer que l’avancée produite notée ∆ae f f n’est pas rigoureusement la même que
cette calculée par le critère du fait de la géométrie de la coque. On observe en effet sur
l’exemple que le point M calculé (voir F IG .2.28) est différent du point B produit (voir
F IG .2.32). Cependant, la courbure d’un élément tout comme le changement d’orientation
d’un élément à l’autre sont généralement faibles, ce qui rend les approximations accep-
tables.
Il peut également arriver que l’avancée ∆ae f f produite dans l’élément soit plus faible
que celle prévue par le critère (qui est de l’ordre de la taille d’un élément). Cela peut par
exemple se produire lorsque la pointe se trouve initialement proche d’une extrémité du
côté entrant et que la fissure vient intersecter le côté adjacent (voir F IG .2.33). Dans ce
cas, en fonction de l’avancée qui reste à produire pour être cohérent avec le critère, la
fissure propage à nouveau ou non dans l’élément suivant dans la même direction que celle
initialement prévue par le critère. Dans nos travaux, si après une propagation la longueur
qui reste à propager est supérieure à 0.3 Lcar , alors on choisit de couper l’élément suivant.
Cette procédure est décrite dans l’algorithme 3.
Enfin, dans le cas où la fissure propage à nouveau dans le même élément, on décide
de décrire la fissure en prenant le premier point d’entrée et le point de sortie de l’élément
comme on peut le voir figure 2.34.
F IGURE 2.33: Avancée supplémentaire lorsque l’avancée effective ∆ae f f est trop
faible par rapport à ce que prévoir le critère.
94
95
96
Description L’expérience réalisée par Kalthoff et Winkler [KAL 88] consiste à impac-
ter une éprouvette rectangulaire possédant deux entailles initiales identiques et parallèles
au moyen d’un projectile cylindrique (F IG .2.36). Suivant la vitesse du chargement, la
nuance du matériau ou la température, différents modes de ruptures apparaissent. Pour
des faibles vitesses, l’expérience montre une rupture dirigée par la traction (mode I) ca-
ractérisée par un angle de propagation moyen d’environ 70◦ par rapport à la direction
initiale de l’entaille. Pour des vitesses d’impact élevées, la fissure se propage en mode
II suivant une bande de cisaillement adiabatique et s’initie avec un angle quasi nul et
propage avec un angle de −10◦ . Ces résultats sont visibles figure 2.37.
97
DAMAGE PATHS
DAMAGE SURFACES
F IGURE 2.37: Fissurations par traction et par bande de cisaillement observées sur
de l’acier X2 NiCoMo 1895 (encore appelé acier Maraging 18Ni1900) - Images
tirées de [KAL 00].
Le matériau utilisé est un acier Maraging 18Ni1900 avec une loi élastoplastique à
écrouissage isotrope dont les paramètres sont donnés dans le tableau 2.6. Concernant le
critère, les mêmes paramètres que ceux utilisés dans les travaux de Haboussa et al. sont
choisis (voir TAB .2.7).
98
99
Résultats Les trajets de fissure obtenus sont affichés figure 2.40 et l’évolution de la
contrainte de von Mises au cours des simulations est donnée figures 2.41 et 2.42.
Pour V0 = 16m/s, on retrouve le trajet caractéristique de la rupture fragile en mode I
obtenu expérimentalement sur cette éprouvette, avec un angle de propagation proche de
70◦ . Ensuite, en modifiant uniquement la vitesse d’impact à V0 = 32m/s, on obtient cette
fois-ci une propagation pilotée par le cisaillement pour une fissure sollicitée en mode II,
avec là encore un trajet de fissure proche de celui obtenu expérimentalement.
On peut remarquer que les résultats ne sont pas rigoureusement identiques à ceux
présentés dans les travaux de Haboussa [HAB 12a]. Cela vient du fait que la loi de com-
portement est ici formulée en contraintes planes ce qui a notamment pour conséquence
de modifier la célérité des ondes mécaniques.
100
10
V0 = 16 m/s
9 V0 = 32 m/s
8
6
Y (cm)
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
X (cm)
101
102
103
2.5 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons présenté les développements et les choix réalisés pour
simuler la propagation d’une fissure dans une structure fine.
Après avoir rappelé quelques propriétés de l’élément fini de coque épaisse choisi, sa
formulation a été étendue pour que cet élément soit utilisable avec méthode X-FEM. Les
masses associées aux degrés de liberté enrichis sont prises égales à celles associées aux
degrés de liberté classiques et le pas de temps critique est deux fois plus petit que celui
obtenu avec des éléments finis classiques.
Nous avons ensuite fait le choix de discrétiser la fissure avec un maillage unidi-
mensionnel évoluant sur la surface moyenne de la coque. Cela permet de se passer de
l’utilisation des level-sets et simplifier l’étape de propagation. Une stratégie a été mise en
place afin de mettre à jour la géométrie de la fissure avec la description choisie.
Par la suite, un critère de propagation basé sur l’état de contrainte en pointe de fissure
proposé par Haboussa et al. a été repris puis adapté à l’élément fini de coque développé.
La prise en compte du mode III de sollicitation a notamment été ajouté dans le calcul de
la direction de propagation. Ce critère simplifié permet à la fois de simuler la rupture
en traction ou en cisaillement avec une transition automatique entre les deux modes de
propagation. Le calcul de la contrainte équivalente pour déterminer s’il y a propagation
ou non se fait sur cinq demi-disques superposés dans l’épaisseur, dans le voisinage de la
fissure.
Enfin, la simulation d’un exemple type issu de la littérature est présentée et les résul-
tats affichés correspondent aux résultats expérimentaux.
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