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Conscience Et Inconscient Textes

Le document explore la nature de la conscience et de l'existence humaine à travers les pensées de philosophes tels que Descartes, Kant, Bergson, Pascal, Nietzsche, Marx, Freud et Sartre. Il souligne la distinction entre l'homme et les animaux, la conscience comme produit des interactions sociales, et la liberté individuelle face à l'absence de valeurs absolues. En fin de compte, il affirme que l'homme est un être pensant, libre et responsable de ses actions, même en l'absence de Dieu.

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Conscience Et Inconscient Textes

Le document explore la nature de la conscience et de l'existence humaine à travers les pensées de philosophes tels que Descartes, Kant, Bergson, Pascal, Nietzsche, Marx, Freud et Sartre. Il souligne la distinction entre l'homme et les animaux, la conscience comme produit des interactions sociales, et la liberté individuelle face à l'absence de valeurs absolues. En fin de compte, il affirme que l'homme est un être pensant, libre et responsable de ses actions, même en l'absence de Dieu.

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« Mais moi, qui suis-je, maintenant que je

suppose qu’il y a quelqu’un qui est extrêmement


puissant et, si je l’ose dire, malicieux et rusé, qui
emploie toutes ses forces et toute son industrie à
me tromper ? Puis-je m’assurer d’avoir la moindre
de toutes les choses que j’ai attribuées ci- dessus à
la nature corporelle ? Je m’arrête à y penser avec
attention, je passe et repasse toutes ces choses en
mon esprit, et je n’en rencontre aucune que je
puisse dire être en moi. Il n’est pas besoin que je
m’arrête à les dénombrer. Passons donc aux
attributs de l’âme, et voyons s’il y en a quelques-
uns qui soient en moi. Les premiers sont de me
nourrir et de marcher ; mais s’il est vrai que je
n’aie point de corps, il est vrai aussi que je ne puis
marcher ni me nourrir. Un autre est de sentir ;
mais on ne peut aussi sentir sans le corps : outre
que j’ai pensé sentir autrefois plusieurs choses
pendant le sommeil, que j’ai reconnu à mon réveil
n’avoir point en effet senties. Un autre est de
penser ; et je trouve ici que la pensée est un
attribut qui m’appartient : elle seule ne peut être
détachée de moi. Je suis, j’existe : cela est certain ;
mais combien de temps ? A savoir, autant de
temps que je pense ; car peut-être se pourrait il
faire, si je cessais de penser, que le cesserais en
même temps d’être ou d’exister. Je n’admets
maintenant rien qui ne soit nécessairement vrai :
je ne suis donc, précisément parlant, qu’une chose
qui pense, c’est-à-dire un esprit, un entendement
ou une raison, qui sont des termes dont la
signification m’était auparavant inconnue. Or je
suis une chose vraie, et vraiment existante ; mais
quelle chose ? Je l’ai dit : une chose qui pense. »
Descartes, Méditations philosophiques.(1641) «
une chose qui élève infiniment
l'homme au-dessus de toutes les autres
créatures qui vivent sur la terre, c'est
d'être capable d'avoir la notion de lui-
même, du Je. C'est par là qu'il devient
une personne ; et grâce à l'unité de
conscience qui persiste à travers tous
les changements auxquels il est sujet, il
est une seule et même personne. La
personnalité établit une différence
complète entre l'homme et les choses,
quant au rang et à la dignité. A cet
égard, les animaux font partie des
choses, dépourvus qu'ils sont de raison
et l'on peut les traiter et en disposer à
volonté. » Kant. "Radicale aussi, par
conséquent, est la différence entre la
conscience de l'animal, même le plus
intelligent, et la conscience humaine. Car la
conscience correspond exactement à la
puissance de choix dont l'être vivant dispose ;
elle est coextensive à la frange d'action
possible qui entoure l'action réelle :
conscience est synonyme d'invention et de
liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est
jamais qu'une variation sur le thème de la
routine. Enfermé dans les habitudes de
l'espèce, il arrive sans doute à les élargir par
son initiative individuelle ; mais il n'échappe à
l'automatisme que pour un instant, juste le
temps de créer un automatisme nouveau : les
portes de sa prison se referment aussitôt
ouvertes ; en tirant sur sa chaîne il ne réussit
qu'à l'allonger. Avec l'homme, la conscience
brise la chaîne."

Bergson, L'Evolution créatrice, 1907, P.U.F.,


1998, p. 264« La grandeur de l'homme
est grande en ce qu'il se connaît
misérable. Un arbre ne se connaît pas
misérable. C'est donc être misérable
que de se connaître misérable ; mais
c'est être grand que de connaître
qu'on est misérable. Pensée fait la
grandeur de l'homme »
« L’homme n’est qu’un roseau, le plus
faible de la nature, mais c’est un roseau
pensant. (…) Quand l’univers
l’écraserait, l’homme serait encore plus
noble que ce qui le tue, puisqu’il sait
qu’il meurt, et l’avantage que l’univers
a sur lui, l’univers n’en sait rien ».
Pascal, les pensées

« La conscience n’est qu’un réseau de


communications entre hommes ; c’est en
cette seule qualité qu’elle a été forcée de
se développer : l’homme qui vivait
solitaire, en bête de proie, aurait pu s’en
passer. Si nos actions, pensées, sentiments
et mouvements parviennent - du moins en
partie - à la surface de notre conscience,
c’est le résultat d’une terrible nécessité qui
a longtemps dominé l’homme, le plus
menacé des animaux : il avait besoin de
secours et de protection, il avait besoin de
son semblable, il était obligé de savoir dire
ce besoin, de savoir se rendre intelligible
(note : « de se faire comprendre ») ; et
pour tout cela, en premier lieu, il fallait
qu’il eût une conscience, qu’il sût lui-
même ce qui lui manquait, qu’il sût ce qu’il
sentait, qu’il sût ce qu’il pensait. Car,
comme toute créature vivante, l’homme
pense constamment, mais il l’ignore. La
pensée qui devient consciente ne
représente que la partie la plus infime,
disons la plus superficielle, la plus
mauvaise, de tout ce qu’il pense : car il n’y
a que cette pensée qui s’exprime en
paroles, c’est-à-dire en signes d’échanges,
ce qui révèle l’origine même de la
conscience. »
• F. Nietzsche, Humain, trop humain.

• “Le moi a pour mission d’être le


représentant de ce monde aux yeux
du ça et pour le plus grand bien de
ce dernier. En effet, le moi, sans le
ça, aspirant aveuglément aux
satisfactions instinctuelles, viendrait
imprudemment se briser contre
cette force extérieure plus puissante
que lui. Le moi détrône le principe
de plaisir, qui, dans le ça, domine de
la façon la plus absolue. Il l’a
remplacé par le principe de réalité
plus propre à assurer sécurité et
réussite.” S. Freud
• Le moi assure la stabilité du sujet, en
l’empêchant au quotidien de libérer
ses pulsions.
« Par le « Je pense », contrairement à
la philosophie de Descartes, nous nous
atteignons nous-mêmes en face de l’autre,
et l’autre est aussi certain pour nous que
nous-mêmes. Ainsi, l'homme qui s'atteint
directement par le cogito découvre aussi
tous les autres, et il les découvre comme la
condition de son existence. Il se rend
compte qu'il ne peut rien être (au sens où
on dit qu'on est spirituel, ou qu'on est
méchant, ou qu'on est jaloux) sauf si les
autres le reconnaissent comme tel. Pour
obtenir une vérité quelconque sur moi, il
faut que je passe par l'autre. L'autre est
indispensable à mon existence, aussi bien
d'ailleurs qu'à la connaissance que j'ai de
moi. Dans ces conditions, la découverte de
mon intimité me découvre en même
temps l'autre, comme une liberté posée
en face de moi, qui ne pense, et qui ne
veut que pour ou contre moi. Ainsi
découvrons-nous tout de suite un monde
que nous appellerons l'intersubjectivité, et
c'est dans ce monde que l'homme décide
ce qu'il est et ce que sont les autres. »
Sartre , l’existentialisme est un
humanisme. L’individu subit
l’influence du milieu social qui agit sur
sa façon de voir le monde et ses
représentations :
Nietzsche : « Chaque mot est un
préjugé. » C’est dire l’influence du
langage sur nos représentations. Nous
croyons que nous sommes maitres de
nos idées , or c’est le langage collectif
qui les a façonnées.
Karl Marx considère que la
conscience est le produit des conditions
matérielles et sociales de l’existence .
Nos idées ( religieuses , politiques ,
juridiques ) ne sont que le reflet de
l’organisation économique de la
société. Il affirme dans ce sens : « Ce
n’est pas la conscience des hommes qui
détermine leur existence , c’est au
contraire , leur existence sociale qui
détermine leur conscience. »
« Le freudisme, si fameux, est un art d'inventer en
chaque homme un animal redoutable, d'après des
signes tout a fait ordinaires, les rêves sont de tels
signes. Mais il y a de la difficulté sur le terme
d'inconscient. L'homme est obscur a lui même, cela est
a savoir. Seulement il faut ici éviter plusieurs erreurs
que fonde ce terme d'inconscient. La plus grave de ces
erreurs est de croire que l'inconscient est un autre
Moi , un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses
ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller.
Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a point de
pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je, cette
remarque est d'ordre moral. Il ne faut pas se dire qu'en
rêvant on se met à penser. Il faut savoir que la pensée
est volontaire, tel est le principe des remords : "Tu l'as
bien voulu!" On dissoudrait ces fantômes en se disant
simplement que tout ce qui n'est point pensée est
corps, c'est a dire chose soumise a ma volonté, chose
dont je réponds. L'inconscient est donc une manière de
donner dignité à son corps. C'est une méprise sur le
Moi, une idolâtrie du corps. On a peur de son
inconscient, la se trouve logée la faute capitale. On croit
qu'un autre Moi me conduit qui me connaît et que je
connais mal. On voit que toute l'erreur ici consiste a
gonfler un terme technique, qui n'est qu'un genre de
folie...Au contraire, vertu c'est dépouiller de cette vie
prétendue, c'est partir de zéro. "Rien ne m'engage, rien
ne me force, je pense, donc je suis". Cette démarche
est un recommencement. Je veux ce que je pense, et
rien de plus. En somme, il n'y a pas d'inconvénient a
employer couramment le terme d'inconscient, c'est un
abrégé du mécanisme. Mais, si on le grossit, alors
commence l'erreur, et, bien pis, c'est une faute »
Alain, Eléments de
philosophie .
"Dostoïevski avait écrit : "Si Dieu n'existait
pas, tout serait permis." C'est là le point de
départ de l'existentialisme. En effet, tout est
permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent
l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni
en lui, ni hors de lui une possibilité de
s'accrocher. Il ne trouve d'abord pas
d'excuses. Si, en effet, l'existence précède
l'essence, on ne pourra jamais expliquer par
référence à une nature humaine donnée et
figée ; autrement dit, pas de déterminisme,
l'homme est libre, l'homme est liberté. Si,
d'autre part, Dieu n'existe pas, nous ne
trouvons pas en face de nous des valeurs ou
des ordres qui légitimeront notre conduite.
Ainsi, nous n'avons ni dernière nous, ni devant
nous, dans le domaine numineux des valeurs,
des justifications ou des excuses. Nous
sommes seuls, sans excuses. C'est ce que
j'exprimerai en disant que l'homme est
condamné à être libre. Condamné, parce qu'il
ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs
cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le
monde, il est responsable de tout ce qu'il fait".
Sartre, L'existentialisme est un
humanisme, 1946, Folio essais, p. 39-40.

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