Université des Sciences et de la Technologie d’Oran Mohamed Boudiaf
Faculté de Physique
Département de Génie Physique
Master I : Physique Médicale
Module : Bases de l’IRM
Instrumentation IRM et sécurité
1. Les types d’aimants :
L’aimant principal permet de créer le champ magnétique statique à l’origine d’une
aimantation macroscopique mesurable.
C’est principalement le type et la forme de l’aimant principal qui vont déterminer la
forme de l’IRM : IRM fermée de type tunnel ou IRM ouverte.
Les aimants les plus couramment employés sont les électro-aimants supraconducteurs. Ils
sont constitués d’une bobine rendue supraconductrice grâce à un refroidissement par hélium
liquide, entouré d’azote liquide. Ils permettent d’obtenir des champs magnétiques intenses et
homogènes mais sont chers et doivent être entretenus régulièrement (recharge de la cuve
d’hélium notamment).
Les aimants supraconducteurs disposent de systèmes de sécurité en cas de perte de la
supraconductivité, associée à un échauffement et une évaporation rapide de l’Hélium
liquide qui se transforme en un très grand volume d’Hélium gazeux (Quench) : conduite
d’évacuation des gaz, surveillance du pourcentage d’oxygène et de la température dans
l’enceinte de l’IRM, ouverture de la porte vers l’extérieur (surpression à l’intérieur de la
salle). Il existe en effet un risque de brûlure par le froid et d’asphyxie en cas de Quench.
Ces aimants fonctionnent en permanence. Afin de limiter les contraintes d’installation de
l’aimant, l’appareillage comprend un blindage passif (métallique) ou actif (bobine
supraconductrice externe dont la direction du champ est opposée à celle de la bobine interne)
pour limiter l’extension des lignes de champ magnétique vers l’extérieur.
Pour les IRM à bas champ, on utilise également :
• des électro-aimants résistifs, moins chers et d’entretien plus aisé que les aimants
supraconducteurs, ils sont beaucoup moins puissants, consomment plus d’énergie et
nécessitent un système de refroidissement.
• des aimants permanents, de forme variable, composés d’éléments métalliques
ferromagnétiques. Ils ont l’avantage d’être peu coûteux et d’entretien facile, mais
sont par contre très lourds et de faible intensité.
Afin d’obtenir un champ magnétique le plus homogène possible, il est impératif de réaliser
un réglage fin de l’aimant ("shimming"), soit passif à l’aide de pièces métalliques
déplaçables, soit actif grâce à de petits bobines électromagnétiques réparties dans l’aimant.
1.2 Les caractéristiques de l’aimant principal :
Les caractéristiques essentielles d’un aimant sont :
• son type, comme vu précédemment
• l’intensité du champ produit, mesurée en Tesla (T). En pratique clinique courante,
elle varie entre 0,2 et 3,0 T. En recherche des aimants ayant des intensités de 7 T
voire de plus de 11 T sont utilisés.
• son homogénéité
2. La chaine radiofréquence :
La chaîne radiofréquence comprend l’ensemble des nombreux éléments participant à
l’émission et à la réception des ondes radiofréquences, qui interviennent dans l’excitation
des noyaux, la sélection des coupes, lors de l’application des gradients et pour
l’acquisition du signal.
Les antennes sont un élément déterminant de la performance de la chaîne
radiofréquence.
En émission, l’objectif est de délivrer une excitation uniforme dans tout le volume exploré.
En réception, les antennes doivent être sensibles et avoir le meilleur rapport signal / bruit
possible.
Une IRM contient en général une antenne "corps entier », située dans la coque de la machine
et couvrant l’ensemble du volume de façon homogène.
Les antennes de surface ont un volume sensible plus restreint en profondeur et plus
hétérogène, mais offrent un meilleur rapport signal / bruit et des possibilités d’imagerie à
plus haute résolution car placées au contact de la zone d’intérêt. La combinaison d’antennes
de surface en réseau phasé améliore l’homogénéité et le volume sensible des antennes tout en
conservant l’avantage d’un meilleur rapport signal / bruit, au prix d’un traitement des
signaux plus complexe. Les antennes en quadrature disposent de deux canaux
perpendiculaires, ce qui permet d’obtenir une meilleure réception, et aussi d’optimiser
l’émission RF et la dose d’énergie RF déposée dans le patient. En fonction des constructeurs
et du type d’antenne, certaines antennes peuvent être émettrices, réceptrices ou les deux. La
chaine radiofréquence comprend également les convertisseurs analogique-digital et le
spectromètre pour le recueil et l’analyse du signal.
2.1. Optimisation de la chaine RF :
L’optimisation de la chaîne radiofréquence est réalisée en plusieurs étapes, de façon
automatisée, avant d’effectuer une séquence d’imagerie :
• réglage de la fréquence de Larmor exacte, qui est légèrement modifiée du fait de la
présence du patient dans le champ magnétique
• réglage de la puissance en émission, fonction du poids du patient et de l’antenne
d’émission, afin d’obtenir les angles de bascule souhaités
• ajustement du gain en réception, pour éviter une saturation du signal ou à l’opposé,
une mauvaise amplification responsable d’une dégradation du rapport signal / bruit.
2.2. La cage de Faraday :
La fréquence de résonance des protons étant très proche de celle des ondes utilisées pour la
radiophonie publique et la bande FM, l’appareil d’IRM est placé dans une cage de Faraday
pour l’isoler des signaux RF extérieurs qui pourraient altérer le signal.
La cage de Faraday, en cuivre, englobe complètement l’IRM. Les ouvertures au travers de
cette cage doivent être étudiées de façon spécifique pour éviter d’annihiler l’efficacité du
blindage.
3. L’informatique :
La coordination des différentes étapes de l’examen et des séquences, le spectromètre, la
reconstruction des images et leur post-traitement sont contrôlés par un système informatique
interne et par les consoles d’acquisition et de post-traitement.
La rapidité de traitement et l’ergonomie sont les critères de performance essentiels de
l’équipement informatique d’un appareillage IRM.