SPONDYLODISCITE
I. GENERALITES
1. DEFINITION : La spondylodiscite est caractérisée par une infection impliquant le disque
intervertébral et les vertèbres adjacentes.
INTERET :
Épidémiologique elle touche principalement l’adulte de plus de 50 ans.
diagnostic et
thérapeutique car l’évolution peut mener à des complications neurologiques pouvant
engager le pronostic vital et/ou fonctionnel des patients.
2. PHYSIOPATHOLOGIE :
Les disques intervertébraux sont des cartilages fibreux qui s’intercalent entre les différentes
vertèbres de la colonne vertébrale comme des coussins ayant un rôle d’amortisseur.
La plupart du temps, l’infection est causée par une bactériémie, c’est-à-dire par la présence
d’une bactérie dans le sang, mais elle peut aussi être consécutive à une chirurgie ou
une ponction du rachis. L’agent infectieux est donc dans la grande majorité des cas :
(Mycobacterium tuberculosis ( maladie de Pott ), Staphylococcus aureus, Streptococcus
viridans ( IVDU , immunodéprimés ), E. coli, mais peut aussi être un champignon par
exemple.
3. RAPPELS CLINIQUES :
Rachialgie inflammatoire d’horaire matinale « chant du coq » c’est une douleur dans le
dos brutale et non calmée par le repos, souvent localisée.
Fièvre inconstante, elle témoigne du caractère infectieux,
Raideur de la colonne vertébrale / contractures para-vertébrales au niveau atteint,
Signe de la sonnette +++ : correspond à une douleur vive déclenchée par la palpation
d’une vertèbre (les apophyses épineuses ).
Signes neurologiques: paraplégie (paralysie des membres inférieurs), compression
radiculaire, compression médullaire , syndrome de la queue de cheval (gravité+++).
4. Rappels biologiques :
Hémocultures +++ répétées (3 séries) même sans fièvre .
NB : si urgence thérapeutique (choc) (antibiothérapie) et si absence d’urgence (attente
d’identification) culture (5 jours) : Si négative non concluante une ponction avec
biopsie sera systématique et aura pour but de trouver l’agent infectieux en cause dans la
spondylodiscite.
Bilan inflammatoire : VS élevée , CRP supérieure à 10 mg /L,
NFS : hyperleucocytose à PN
La réaction cutanée à la tuberculine (IDR) est positive.
II. MOYENS D’IMAGERIE :
Radiographie standard :
Elle permet de bien visualiser les tissus osseux, peut être normal au début.
Scanner :
La TDM injectée s’avère très importante pour le diagnostic. Les résultats de la
tomodensitométrie sont plus sensibles aux changements antérieurs (signes plus précoces que
les Rx standards) anomalies dans les 2 premières semaines. Cependant présente des limites
( abcès intra canalaires) sont non visualisés.
IRM+++
L’examen de référence est une IRM du rachis entier en raison de sa très haute sensibilité et
spécificité. Elle est non-irradiante, permet de très bien visualiser les tissus, de repérer la
localisation de la spondylodiscite et son retentissement sur la colonne vertébrale. Elle est
également utile pour faire la différence entre les infections pyogènes, tuberculeuses, fongiques
et un processus néoplasique.
Elle montre la destruction des corps des vertèbres et du disque situé entre deux vertèbres, ainsi
que des vertèbres adjacentes.
Cependant ses contre-indications sont nombreuses: Pace maker, Corps étranger(s)
métallique(s) et Claustrophobie.
NB : Si l’IRM n’est pas disponible, on peut parfois réaliser une scintigraphie osseuse pour
démontrer une absorption accrue au site de l'infection et est plus sensibles que le film
ordinaire et la tomodensitométrie, mais manquent de spécificité.
1. RESULTATS DES MOYENS DIMAGERIE :
Radiographie standard :
Un pincement de l’espace discal et une irrégularité ou une mauvaise définition des
plateaux vertébraux peuvent être observés.
Érosion et effacement des corticales ,
Érosion en miroir,
Tuméfaction des parties molles (fuseau para vertébrale),
Géodes sous-chondrales ,
Ostéolyses,
Atteinte Centro somatique,
Tassement.
Dans les cas non traités, la sclérose osseuse peut commencer à apparaître au bout de 10 à
12 semaines.
Scanner : avec IV de PDC
Hypodensité́ discale (rehaussement du disque intervertébral avec contraste) : 1er signe ;
Érosion et effacement des corticales ;
Pincement discal ;
Géodes ;
Infiltration des parties molles,
Des collections (par exemple, abcès des muscles paraspinaux et psoas ) et même des abcès
épiduraux peuvent être évidents.
IRM +++ avec Gadolinium : Signes évocateurs de spondylodiscite :
Corps vertébral :
Effacement des plateaux vertébraux,
Hyposignal T1 / Hypersignal T2,
Prise de contraste après gadolinium
Disque intervertébral :
Hyposignal T1, Hypersignal T2 liquidien / Disparition de la cleft,
Prise de contraste hétérogène après gadolinium : Epidurite,
Epaississement des partie molles.
Quelquefois la présence d'un abcès qui s'étend vers le bas en coulant d'une vertèbre à
l'autre (abcès ossifluent).
CONCLUSION :
La spondylodiscite infectieuse concerne une population de plus en plus âgée souffrant de
nombreuses comorbidités. En cas de suspicion anamnestique, l’IRM est l’examen
radiologique de choix. L’étape suivante indispensable nécessite la mise en évidence du germe
soit par des hémocultures, soit par une ponction radioguidée. La plus part des
spondylodiscites peuvent être traitées par une antibiothérapie associée à un corset. Quelques
situations bien caractérisées nécessitent cependant le recours à un geste chirurgical .