Filt Rage
Filt Rage
• Systèmes linéaires
Un système linéaire est régi par une équation différentielle linéaire. Une équation différentielle
linéaire contient des termes différentiels du 1er ordre, du 2° ordre, etc, mais ne contient pas de
termes élevés à une puissance (carré, cube, etc).
- Variables
On peut décrire le comportement du système dans le domaine temporel (variable t, en s) par son
équation différentielle ou dans le domaine fréquentiel (variable f en Hz ou ω = 2πf en rad/s) par sa
fonction de transfert harmonique.
Cependant, alors que l'équation différentielle s'applique à n'importe quel type d'évolution, la
fonction de transfert se limite aux grandeurs dont l'évolution est sinusoïdale dans le temps et pour
lesquelles on peut définir une fréquence.
- Paramètres
Un système linéaire est caractérisé par certains paramètres, communs aux deux domaines, dont :
. un gain statique K qui caractérise le système en f = 0.
. une ou plusieurs constantes de temps, notées τ (en s), ou leurs inverses ωο = 1/τ appelées
pulsations propres (ou encore fo = ωο /2π appelées fréquences propres)
• Filtres
La fonction de transfert harmonique H d'un système linéaire est telle que :
e s | s | = | H | .| e |
H s = H.e ⇔
Arg(s ) = Arg(H ) + Arg(e)
où e, s, et H sont des fonctions complexes de la variable jω (ou j f ).
H étant une fonction de la fréquence, un tel système est, par définition, un filtre.
Ordre du filtre :
er tes
F. de transfert ou filtre du 1 ordre : H = f (c , jω)
ème tes 2
F. de transfert ou filtre du 2 ordre : H = f (c , jω, (jω) )
Etc...
Type du filtre :
s
f
0 0 0 0
Ie Is
Ue H(jω) (conventionnellement : Us charge
courant entrant )
Z2
Z1
f
j
C R jRCω f0
T= = =
R 1 1+ jRCω f
R+ 1+ j
jCω f0
R1 R1
R2 1+ jR1Cω R1 R1 + R2 K
T= = = =
R1 R1 + R2 + jR1 R2 Cω RR f
R1 C R2 + 1+ j 1 2 Cω 1+ j
1+ jR1Cω R1 + R2 f1
R2 R1 R1 + jR1 R2 Cω R1 1+ jR2Cω
T= = = .
R2 R1 + R2 + jR1 R2 Cω R1 + R2 RR
R1 + 1+ j 1 2 Cω
1+ jR2Cω R1 + R2
R1 f
C 1+ j
f2
⇒ T = K.
f
1+ j
f1
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 5
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Plan de Bode
Une fonction de transfert étant complexe, ss représentation comprend deux graphes, l'un pour le
module et l'autre pour la phase, en fonction de la fréquence. En outre, l'échelle des phénomènes
rencontrés étant très grande, la représentation habituellement utilisée est logarithmique. Le plan de
Bode est l'ensemble de ces deux graphes logarithmiques.
• Échelles logarithmiques
Axe linéaire : x
x0 x1 x2 x3 x4 x5
xa + xb
⇒ xm = (moyenne arithmétique)
2
- axe logarithmique :
log 1 log x a log x m log x b
Xm − Xa = Xb − Xm X
0 Xa Xm Xb
Xa + Xb
⇒ Xm =
2
log xa + log xb
⇒ log x m = = log xa x b
2
⇒ x m = xa x b (moyenne géométrique)
• Décibels
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 6
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
• Plan de Bode
GdB = 20log T = 20log Vs
De Vs = T. Ve on tire une double relation : Ve
Arg(T ) = Arg(V ) − Arg(V )
s e
Ce qui entraîne une double représentation, en gain (exprimé en dB), et en phase (exprimée
généralement en degrés). Les axes des ordonnées sont linéaires (dB ou °). L'axe des abscisses est
logarithmique, gradué en pulsation (rad/s) ou en fréquence (Hz). On donne ci-dessous une
représentation y(x) dans ce plan (NB : les musciens connaissent aussi la tierce !) :
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 7
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Remarque :
G = 20log(|T |) ⇒ G < 0 si 0 < |T | < 1 ; G → – ∞ si |T | → 0
G = 0 si |T | = 1
G > 0 si |T | > 1 ; G → + ∞ si |T | → + ∞
T = jx
jπ/2
Pente 6dB/octave, car : T = jx = x e
x2 = 2x1 ⇒ G2 = 20logx2 = 20log2 + 20logx1 = 6 + G1 ⇒ ϕ = cte = π/2 = 90°
Ou pente 20dB/décade, car :
x2 = 10x1 => G2 = 20log10 + 20logx1 = 20 + G2
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 8
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
T = 1/jx
–j π/2
Pente –6dB/octave ou –20dB/décade T = 1/jx = x e ⇒ ϕ = cte = –π/2 = –90°
T = 1 + jx
Asymptotes :
x→0 T≈1 G → 0dB ϕ → 0°
x→∞ T ≈ jx G → 20logx ϕ → 90°
T = 1 / (1 + jx)
Asymptotes :
x→0 T≈1 G → 0dB ϕ → 0°
x→∞ T ≈ 1/jx G → –20logx ϕ → –90°
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 9
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
2
T = 1 / [ 1 + 2jmx + (jx) ]
Asymptotes (la forme exacte des courbes dépend du paramètre m : cf plus bas l'étude complète)
x→0 T≈1 G → 0dB ϕ → 0°
2
x→∞ T ≈ 1/(jx) G → –40logx ϕ → –180°
n
Généralisation : termes d'ordre supérieur en (jx)
n
A un terme en (jx) , avec n positif ou négatif, correspond une asymptote de pente 6n dB/octave
ou 20n dB/décade, ainsi qu'un déphasage de nπ/2.
- Cellule RC τ = RC Ue Us
Une telle cellule n'est pas nécessairement réalisée en composants discrets. Par exemple,
l'adjonction d'un condensateur à la sortie d'une dynamo tachymétrique réalise ce circuit grâce à
la résistance interne de la dynamo.
L
- Cellule LR τ=
R
Ue Us
G = 20 log | T |
- Gain
G( f 0 ) = −3 dB
– 6dB/octave
– 20dB/décade
f
Arg(T ) = − arctan
f0
- Phase
π
Arg(T ( f 0 )) = −
4
- Valeurs numériques :
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 12
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
fo/10 fo/8 fo/4 fo/2 fo 2fo 4fo 8fo 10fo
x 0,01 0,125 0,25 0,5 1 2 4 8 10
|T| 1,000 0,992 0,970 0,894 0,707 0,447 0,243 0,124 0,100
G (dB) -0,0 -0,1 -0,3 -1,0 -3,0 -7,0 -12,3 -18,1 -20,0
ϕ (°) -1 -7 -14 -27 -45 -63 -76 -83 -84
• Filtre Passe-Haut
- Cellule CR τ = RC Ue Us
L Ue Us
- Cellule RL τ=
R
ω f
j j
jτω ω0 f0 τp
- Fonction de transfert T= = = =
1 + jτω ω f 1+ τp
1+ j 1+ j
ω0 f0
1 1
ω0 = ; f 0 =
τ 2πτ
f
f0 1
- Module |T | = | T ( f0 ) | = ≈ 0,7 ≈ 70%
2 2
f
1+
f0
- Gain G = 20 log | T |
f π
Arg(T ) = − arctan +
f0 2
- Phase
π
Arg(T ( f 0 )) = +
4
uR uC uR uL
2 2
ue K ue K
1 1
U0 U0
- Scénario
Dans ces circuits, on suppose que le commutateur K est en position 1 (contact repos) depuis
longtemps. La tension U0 est constante. A l'instant t = 0, K passe en position 2 (contact travail).
On cherche à déterminer l'évolution de l'état du circuit par la méthode de résolution des équations
différentielles du 1er ordre (cf cours de maths).
- Équation différentielle
loi des mailles : ue = Ri + uC loi des mailles : ue = Ri + uL
du di
condensateur : i = C C bobine : uL = L
dt dt
du di
⇒ ue = RC C + uC ⇒ ue = Ri + L
dt dt
NB : il est important de soigner l'écriture de l'équation, afin de la présenter sous une
forme standard plus facile à résoudre :
- séparer les variables, en réunissant dans le second membre (à droite du signe =) les
grandeurs connues (tension d'entrée ue) qui sont des données ; et dans le premier membre les
grandeurs à déterminer (en commençant par le terme différentiel).
- faire apparaître la constante de temps :
L
τ = RC τ=
R
L di u
D'où : +i = e
R dt R
du di u
τ C + uC = ue τ +i = e
dt dt R
L'évolution des autres paramètres de ces circuits se déduit facilement à partir de la loi des
mailles :
uR = ue – uC uR = Ri
u
i= R uL = ue – uR
R
- Condition initiale
+
C'est l'état du circuit au moment où l'on agit sur K. On note 0 cet instant, pour signifier qu'il
s'agit du premier milliardième de seconde (?!) après cette action...
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 14
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
U0
i(0 + ) =
+
uC (0 ) = U0
R
- Régime permanent
Comme son nom l'indique, le régime transitoire ne dure pas. Au bout d'un temps suffisamment
long (≈ une dizaine de fois la constante de temps), le circuit obéira aux lois habituelles de l'électricité
que l'on connaît en régime établi (continu, alternatif, etc).
-x
fonction y = e
tangente
à l’origine →
-x
fonction y = - e
2°) Régime permanent, solution particulière de l'équation complète calculée à l'aide des lois
sur les réseaux électriques. Ici, au bout d'un temps suffisamment long (théoriquement infini), le
condensateur sera chargé sous la tension E.
uC(∞) = E
3°) La solution complète s'écrit :
t
−
uC (t ) = K.e τ + E
régime régime
transitoire permanent
4°) Application de la condition initiale à la solution complète :
0
à t = 0, uC(0) = U0 ⇒ U0 = K.e + E ⇒ Κ = U0 - E NB : si E > U0 (charge), K < 0
- Graphes : exemples :
Charge d'un condensateur Décharge d'un condensateur
Soit : U0 = 0 Soit : E = 0
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 15
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ces courbes, normalisées en abscisse (axe gradué en t/τ) et en ordonnée, sont les graphes des
équations suivantes :
−
t
−
t
uC (t ) = E 1 − e τ uC (t ) = U 0 e τ
Ces grqphes possèdent un certain nombre de caractéristiques :
- asymptotes :
t → ∞ ⇒ uC → E t → ∞ ⇒ uC → 0
- tangente à l'origine : coupe l'asymptote en t = τ.
- temps de montée, de descente : défini entre 10% et 90% de la valeur asymptotique :
tm ≈ 2,2 τ td ≈ 2,2 τ
- temps de réponse (ou rapidité) : défini entre 0 et 95% de la valeur asymptotique :
tr ≈ 3 τ
- constante de temps :
à t = τ, uC atteint 63% de sa valeur finale.
- erreur (différence | uC – asymptote | exprimée en %), cas de la charge :
t/tau 0 0,5 1 1,5 2 3 5 7,5 10
Uc/E 1 6,1e-1 3,7e-1 2,2e-1 1,4e-1 4,9e-2 6,7e-3 5,5e-4 4,5e-5
erreur % 100 61 37 22 14 5 0,674 0,055 0,005
- Courant
t
u − uC E −
Exemple avec ue = E ; U0 = 0 : on déduit i(t) de ue = uR + uC ⇒ i = e = e τ.
R R
i
uR
E uC
- réponse indicielle
C'est la réponse à un échelon (voir ci-dessus) :
échelon
E
t
−
uC (t ) = −E e τ +E
0
t
−
ÉQUATION GÉNÉRALE D'UN ARC D'EXPONENTIELLE : y(t ) = ( y0 − y∞ ) e τ + y∞
avec : y0 = yt =0 et y∞ = y t → ∞
- réponse impulsionnelle
C'est la réponse à une impulsion brève. Le condensateur se charge pendant l'impulsion, puis se
décharge. En négligeant la durée de l'impulsion, la réponse est exponentielle décroissante. Le régime
permanent est nul.
t
−
uC = K.e τ
t
−
uC = K.e τ + at + b
- Cellule RLC Ue Us
1 1
- Fonction de transfert T= =
1 + jRCω + ( jω) LC 2
ω ω
2
1 + 2 jm +j
ω0 ω0
1 1 R C
ω0 = ; f0 = ; T0 = 2π LC ; m =
LC 2π LC 2 L
1
- Module |T | =
2
2
2
f f
1 − + 2m
f0 f0
1
| T ( f0 ) | =
2m
- Gain G = 20 log | T |
La courbe de gain dépend du facteur m. Contrairement aux filtres du 1er ordre, la fréquence
de coupure fc définie pour G = – 3 dB est différente de la fréquence propre f0 .
2
0<m ≤ Il existe un phénomène de résonance d'amplitude Q pour la pulsation ωR .
2
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 18
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
2
m≥ Il n'y a plus de phénomène de résonance
2
2 1
m= ≈ 0.7 |T | = ⇒ G( f 0 ) = −3 dB ⇔ f c ≡ f 0
2 4
f
1+
f0
Réponse la plus plate possible dans la bande passante : |∆G| < 3dB sur [0,ω0 ].
1
m=1 La fonction de transfert est un carré parfait : T = 2
f
1+ j
f0
- Équation différentielle
loi des mailles : ue = Ri + uC + uL
du du d 2 uC
condensateur : i = C C ⇒ ue = RC C + uC + LC
dt dt dt 2
bobine : uL = L
di
dt
d 2 uC duC
⇒ + 2mω 0 + ω 20 = ω 20 ue
2 dt
dt
2
m= ≈ 0.7 Amortissement sous-critique. Dépassement peu important ≈ 4,3%.
2
m=1 Amortissement critique. Dépassement nul.
m>1 Réponse amortie. Dans le cas où m est grand, réponse proche de celle d'un
circuit du 1er ordre avec τ ≈ 2m/ω0 .
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 21
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- Conclusion : compromis temps de réponse - temps de montée
tr : temps de réponse ; tm : temps de montée. Exemple avec f0 = 1 Hz.
Le temps de montée est la durée séparant l'instant où la grandeur de sortie est égale à 10% de sa
valeur asymptotique et l'instant où elle est égale à 90% de cette valeur. Il correspond à la vitesse
avec laquelle le système répond à la sollicitation d'entrée.
Le temps de réponse est le temps que met le système pour se stabiliser selon une précision
donnée, ici ±5%, autour de sa valeur finale.
Ces courbes présentent le résultat du calcul (compliqué…) de tr (courbe en "V") et de tm. On
constate qu'il existe un choix optimum, résultat du compromis entre un temps de montée et un
temps de réponse qui soient le plus court possible, pour m = 0,7.
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 22
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * COMPLEMENTS * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
• Autres filtres du 2ème ordre
- Filtre passe-haut
2
ω
jω
0
T= 2
ω ω
1 + 2jm +j
ω0 ω0
Circuit RLC, sortie sur L. Constantes identiques à la fonction de transfert principale. Asymptote à +12dB/octave.
- Filtre passe-bande
ω
2 jm
ω0
T= 2
ω ω
+j 1 + 2jm
ω0 ω0
Circuit RLC, sortie sur R. Constantes identiques à la fonction de transfert principale. Asymptotes en
±6dB/octave.
Courbes de phase décalées de +π/2 par rapport aux courbes de la fonction de transfert principale du second ordre.
Étude du filtre : on décompose le filtre en un double filtre en "T". On transforme chaque quadripôle en "T" en un
quadripôle en "Π". Les formules de transformation (transformation Y-∆ cf § A12), appliquées successivement aux deux
"T", donnent (avec x = RCω = ω/ωο) :
∑Y i = 2/R + 2jCω ∑Y'i = 2/R+2jCω
Y 13 = jCωjx/2(1+jx) Y'13 = 1/2R(1+jx)
Y 23 = Y 21 = jCω/(1+jx) Y'23 = Y'21 = jCω/(1+jx)
Les deux quadripôles en π étant reliés en parallèle, les admittances des branches correspondantes s'ajoutent deux à
deux :
Y"13 = Y 13 + Y'13 = (1-x2)/2R(1+jx)
Y"23 = Y"21 = Y 21 + Y'21 = 4jx/2R(1+jx)
En appliquant la règle du pont diviseur de tension à la sortie du filtre (qui est à vide), il vient :
T = Y"13/(Y"13+Y"23) = (1-x2)/(1+4jx-x2)
D'où :
1
ω0 = RC
2
ω
1 + j
ω0 1
T= avec ω1 =
ω ω
1+ j ω 1 + j ω
2 + 3 RC ( )
1 2
ω = 1
2
2 − 3 RC ( )
AN : fo = 50 Hz, C = 0,47 µF , R = 1/2πfoC = 6800Ω ; f1 = 1/2π(2+√3)RC = 13Hz ; f2 = 1/2π(2-√3)RC =
185Hz. La courbe possède une asymptote verticale (20log|T| —> -∞) pour f = fo.
G. Pinson - Physique Appliquée Filtrage analogique - A14 / 24
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
• Filtres passe-bas d'ordre supérieur : choix du type de réponse
Une infinité de fonctions de transfert répondent au gabarit d'un filtre donné, puisque toute courbe de gain passant
entre les limites définies (coupure et atténuation) convient. Il est possible de définir et calculer sur ordinateur (par
approximations successives) n'importe quel type de réponse obéissant au gabarit. Cette solution est toutefois lourde à
mettre en œuvre, et dépasse les besoins rencontrés dans la pratique courante, où l'on peut se restreindre à quelques types
particuliers de réponse aux propriétés connues que l'on saura calculer relativement facilement. Nous en décrirons ici
quelques unes, sans détailler les calculs et démonstrations qui conduisent aux résultats énoncés.
- Réponse de Butterworth
Ce type de réponse est défini à l'ordre n par une courbe de gain dont l'équation est la suivante, où x = ω/ωo = f/f o
; fo coupure à -3dB (G = -3 pour x = 1) :
1
G = 20log
1 + x 2n
La caractéristique essentielle de la courbe est d'être très plate dans la bande passante (proche de 0dB). Elle se
rapproche d'autant plus de la courbe idéale (gabarit rectangulaire) que n est plus élevé. La fréquence de coupure est la
même ∀ n.
Discussion :
-qualité en réponse impulsionnelle : quel que soit n, on montre que le dépassement en réponse impulsionnelle
reste relativement faible :
ordre n dépassement % (réponse à un échelon)
1 0
2 4
4 11
6 14
8 16
Ce type de réponse est donc bien adapté au filtrage de signaux à variations rapides (signaux échantillonnés par
exemple).
-défaut en réponse harmonique : l'avantage précédent se paie par une coupure autour de fo de pente relativement
faible (mais elle peut être augmentée avec n plus grand). Or c'est précisément autour de la fréquence de coupure que l'on
a besoin en général d'un filtrage énergique !
- Réponse de Chebycheff
Discussion :
-défaut en réponse impulsionnelle : le dépassement est nettement supérieur à Butterworth :
ordre n dépassement % (∆ = 0,8dB) dépassement % (∆ = 3dB)
1 0 0
2 11 21
4 18 28
6 21 32
8 23 34
-qualité en réponse harmonique : la pente de la courbe au voisinage de la fréquence de coupure est nettement plus
franche que dans le cas Butterworth.
Ces réponses seront donc utilisées de préférence lorsqu'on a besoin d'un filtrage énergique au voisinage de la
fréquence de coupure. Elles sont en revanche déconseillées dans le cas de signaux à variations rapides (dépassement
élevé => déformation importante des signaux).
Cas particuliers :
n = 1 : la réponse de Chebycheff d'ordre 1 n'est autre que la fonction du premier ordre. L'ondulation ∆, lorsque ∆
= 3dB, correspond à l'atténuation à la fréquence de coupure.
n = 2 : la réponse de Chebycheff d'ordre 2 est la fonction de transfert principale du second ordre avec m < √ 2/2 .
Par exemple, pour ∆ = 3dB, soit ε ≈ 1, on trouve m ≈ 0,38.