Adam Roumani
Adam Roumani
Roumani
I. PRINCIPES GENERAUX
Les cocci à Gram positif sont des bactéries de forme sphérique, d’apparence violette sous le microscope après
coloration de Gram. Ils s’organisent le plus souvent soit en amas, ce sont les staphylocoques, soit en chaînette,
ce sont les streptocoques et les entérocoques.
Les cocci à Gram positif peuvent être différenciés, mise à part en microscopie, par leurs caractéristiques
biochimiques. En effet, certains d’entre eux produisent une enzyme : la catalase, capable de dégrader l’eau
oxygénée H2O2 en eau et en oxygène.
Un test est rapidement effectué en laboratoire pour vérifier la présence ou pas de cette enzyme chez la souche
étudiée, c’est le test à la catalase. L’on dépose une goutte d’eau oxygénée sur une lame, et l’on dépose par-
dessus également un petit inoculum bactérien. Le test est positif si des bulles apparaissent.
Les bactéries qui produisent cette enzyme sont dites catalase positives, ce sont les staphylocoques. Celles qui ne
la produisent pas sont à l’inverse dites catalase négatives, ce sont les streptocoques et les entérocoques.
Parmi les staphylocoques l’on retrouve les staphylocoques à coagulase positive, c’est Staphylococcus auerus, et
les staphylocoques à coagulase négative, c’est Staphylococcus epidermidis.
Parmi les streptocoques l’on retrouve les streptocoques α-hémolytiques, c’est par exemple Streptococcus
pneumoniae, et les streptocoques β-hémolytiques comme Streptococcus pyogenes.
Parmi les entérocoques l’on retrouve Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium qui sont γ-hémolytiques.
Cocci à Gram +
Catalase + Catalase -
STAPHYLOCOQUES
I. INTRODUCTION
Les staphylocoques sont des cocci à Gram positif qui ont tendance à se regrouper en amas. C’est un genre
bactérien qui est très important en clinique étant-donnée sa forte implication dans les infections nosocomiales
et les infections communautaires.
Les staphylocoques sont différenciés entre eux par la fabrication ou non d’une enzyme : la coagulase. Elle a la
capacité de « coaguler » le plasma sanguin par fibrinogenèse. Un test rapide permet de mettre en évidence sa
présence : le test à la coagulase. L’on dépose un inoculum bactérien sur une lame qui a été imbibée de plasma
sanguin. Le test est dit positif s’il y a agglutination.
Si le test est positif, le staphylocoque est dit à coagulase positive, il s’agira de Staphylococcus aureus. S’il est
négatif, le staphylocoque est dit à coagunase négative (SCN) et il pourrait s’agir de Staphylococcus epidermidis
ou de Staphylococcus saprophyticus.
Autre caractéristique de Staphylococcus aureus par rapport aux autres staphylocoques, c’est sa capacité à
métaboliser le mannitol. Lorsqu’il est cultivé sur milieu MSA (Mannitol-Salt-Agar) aussi appelé gélose Chapman,
il est capable de faire virer la couleur rouge caractéristique du milieu, vers le jaune, témoignant de la totale
dégradation du mannitol qui était présent dans le milieu.
A. HABITAT
La bactérie est très répandue chez l’homme et chez les autres animaux. Environ un tiers de la population
humaine est porteur sain, hébergeant la bactérie sans aucun symptôme, au niveau des muqueuses
(notamment les fosses nasales) et au niveau des zones cutanées humides (aisselles, périnée…).
B. TRANSMISSION
- Directe : par manu-portage et contact interhumain.
- Indirecte : par les vêtements, la literie etc…
Des épidémies à caractère nosocomial peuvent parfois survenir en cas d’hygiène hospitalière défectueuse
(mauvais lavage des mains, surtout).
C. POUVOIR PATHOGENE
1. LESIONS SUPPUREES
Le staphylocoque doré peut être responsable de plusieurs lésions touchant différents organes :
o Lésions cutanées et sous-cutanées : ce sont les plus fréquentes, comme la folliculite (infection
des follicules pileux), les furoncles, l’anthrax, l’impétigo bulleux, le panaris, la surinfection de
plaies post-traumatiques et surtout post-opératoires.
o Mastites : infections du tissu mammaire, apparait fréquemment chez les femmes allaitantes.
o Infections osseuses : primitives (ostéomyélite) ou post-chirurgicales.
o Arthrites : notamment les arthrites suppurées.
o Atteintes pulmonaires : chez le nourrisson et les malades sous ventilation assistée, pouvant se
compliquer en pleurésie purulente.
2. SEPCTICEMIES ET ENDOCARDITE
Les lésions suppuratives peuvent se compliquer d’une septicémie. C’est un état de dissémination
bactérienne avec passage de bactéries dans la circulation générale (bactériémie) et donc possibilité
d’infecter d’autres organes éloignés du point d’entrée de la bactérie.
Un état particulier des septicémies à Staphylococcus aureus est la staphylococcie maligne de la face qui
commence par un simple furoncle de la face ou de la lèvre, avant de se compliquer en thrombophlébite
infectieuse suppurée, pouvant engendrer des métastases au niveau du poumon, de l’appareil ostéo-
articulaire, et plus rarement de l’appareil urinaire et du SNC.
Les toxicomanes utilisant du matériel non stérile peuvent également développer des septicémies.
Les septicémies à Staphylococcus aureus sont fréquemment retrouvées en milieu hospitalier. La porte
d’entrée est souvent un cathéter mais il arrive parfois qu’elle soit inapparente.
La complication le plus redoutée est l’endocardite infectieuse, apparaissant sur une valve préalablement
lésée, et aboutissant à une destruction complète de la valve atteinte. Si le traitement antibiotique n’est
pas prescrit à temps, la chirurgie est inévitablement envisagée.
3. MANIFESTATIONS TOXIQUES
Staphylococcus aureus est responsable d’intoxications alimentaires à caractère précoce, c'est-à-dire qui
surviennent très rapidement après la prise du repas. Elles sont dues à l’ingestion d’aliments contaminés
par le personnel qui les manipule (d’où le port de gants obligatoire en Europe lors de tout contact avec de
la nourriture) et conservés à température ambiante (le staphylocoque doré étant mésophile).
La bactérie est également responsable de ce que l’on appelle le syndrome de choc toxique (SCT)
staphylococcique qui associe : fièvre, éruption cutanée (rash) scarlatiniforme, diarrhée en plus des
symptômes classiques de l’état de choc (hypotension artérielle, tachycardie, pâleur…) aboutissant dans
les cas les plus avancés à une défaillance multi-viscérale par anoxie tissulaire suivie d’une mort quasi-
certaine. Il se voit notamment chez les sujets présentant des suppurations localisées à staphylocoque
3. TOXINES
Staphylococcus aureus produit plusieurs types de toxines :
E. DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
Il peut s’agir de diagnostic direct ou indirect :
1. DIAGNOSTIC DIRECT
Ce sont des méthodes qui reposent sur l’étude directe de la bactérie :
o Isolement de la bactérie : sur lésion ou par hémoculture si septicémie. L’on peut parfois utiliser
des milieux sélectifs (gélose Chapman) si le prélèvement est effectué dans des endroits où la
flore est abondante.
o Recherche de toxines : dans des cas très particuliers, des laboratoires spécialisés peuvent
rechercher si la bactérie sécrète des toxines particulières qui pourraient expliquer le tableau
clinique.
o Etude de la sensibilité aux antibiotiques : indispensable, surtout le caractère résistant à la
méticilline, afin d’orienter la démarche thérapeutique.
2. DIAGNOSTIC INDIRECT
Basé sur le dosage des anticorps anti-staphylococciques, il est réalisé pour le suivi de l’évolution
subaiguïe de certaines infections traitées par antibiothérapie mal adaptée. Il ne remplacera jamais
le diagnostic direct qui reste le meilleur moyen d’identification des germes.
F. TRAITEMENT ET PREVENTION
Le choix de l’antibiothérapie sera guidé par l’antibiogramme et le contexte clinique :
- Antibiothérapie : les souches sauvages sont généralement résistantes aux pénicillines G et A mais
sensibles aux pénicillines M (oxacilline : Bristopen®). Elles sont souvent sensibles aux fluoroquinolones,
aux synergistines (pristinamycine : Pyostacine®) et aux macrolides (érythromycine : Erythrocine®).
- Prévention : la meilleure prévention reste le lavage minutieux des mains pour diminuer le manu-
portage. Il n’existe pas de vaccination efficace.
Staphylococcus epidermidis est un commensal de la peau et des muqueuses. Il est connu pour contaminer
les prélèvements superficiels ainsi que les hémocultures. Le diagnostic d’une infection à Staphylococcus
epidermidis est donc très délicat, et difficile à différencier d’une simple contamination par le manipulateur.
Le germe peut se comporter comme une bactérie opportuniste. Il est connu pour provoquer des infections
locales chez les sujets porteurs de matériel étranger : cathéter, prothèses… grâce à sa propriété à former des
biofilms le rendant invulnérable aux réactions immunitaires et à l’antibiothérapie. Cette infection peut parfois
être le point de départ d’une septicémie. Le traitement est le plus souvent le retrait pur et simple du matériel.
Staphylococcus epidermidis est souvent responsable des péritonites chez les malades sous dialyse péritonéale,
ou encore d’endocardites infectieuses (rarement) chez des sujets présentant déjà des lésions cardiaques. Les
souches nosocomiales sont le plus souvent résistantes à un large panel d’antibiotiques.
Y PENSER : afin de différencier une infection à Staphylococcus epidermidis, et une simple contamination
du prélèvement, il faut d’une part procéder à un isolement répété de souches ayant les mêmes caractères
biologiques et morphologiques, et d’autre part se baser sur le contexte clinique du patient.
STREPTOCOQUES
I. INTRODUCTION
Les streptocoques sont des cocci à Gram positif qui ont tendance à former des chaînettes. Elles ont un
métabolisme anaérobie mais peuvent se développer en présence d’oxygène (après une période d’adaptation)
l’on dit qu’elles sont anaérobies aérobie-tolérantes. Ils cultivent sur des milieux enrichis.
II. CLASSIFICATION
Il existe deux types de classifications pour les streptocoques, l’une étant basée sur l’hémolyse, l’autre plutôt
basée sur l’antigène polysaccharidique C de la paroi (classification de Lancefield).
A. HEMOLYSE
Les streptocoques sont capables d’induire l’hémolyse des globules rouges sur une gélose au sang frais, et ce
de trois manières différentes :
- Alpha-hémolyse : qui est une hémolyse incomplète, entrainant l’apparition d’une coloration verdâtre
liée à la dégradation de l’hémoglobine en biliverdine : c’est le cas de Streptococcus viridans et de
Streptococcus pneumoniae par exemple.
- Béta-hémolyse : qui est une hémolyse complète, rendant le milieu quasiment transparent par
destruction totale des globules rouges : c’est le cas de Streptococcus pyogenes et de Streptococcus
agalactiae par exemple.
- Gamma-hémolyse : qui est une absence d’hémolyse : c’est le cas de nombreux autres streptocoques et
des entérocoques.
B. POLYSACCHARIDE C
Cette classification a été proposée par Rebecca C. Lancefield en 1933. Elle divise les streptocoques
hémolytiques en 16 groupes, selon le sérotype du polysaccharide C de leur paroi. L’identification peut être
complétée au besoin par l’étude des caractères biochimiques.
Certains groupes ne contiennent qu’une seule bactérie, et certaines bactéries peuvent appartenir à plusieurs
groupes. Cette classification regroupe également les entérocoques qui ne font actuellement plus partie des
streptocoques. Nous citerons quelques exemples :
Les streptocoques qui n’apparaissent pas dans cette classification sont dits non groupables, comme par
exemple Streptococcus pneumoniae et Streptococcus mutans.
A. HABITAT
La bactérie est généralement retrouvée chez l’Homme au niveau du
pharynx, et également sur la peau. La plupart des personnes sont
porteuses saines.
B. POUVOIR PATHOGENE
Le SBHA est responsable d’infections courantes comme les angines ou les impétigos (qui sont le plus souvent
bénignes) mais aussi d’infections beaucoup plus graves comme la fasciite nécrosante.
1. ANGINE ET SCARLATINE
Streptococcus pyogenes est responsable de l’angine érythémateuse ou érythémato-pultacée, avec un
aspect d’inflammation des amygdales et de la gorge, surtout chez l’enfant en âge scolaire.
La scarlatine quant à elle est une angine avec éruption cutanée érythémateuse diffuse « en nappes »
confluentes. Elle prédomine au niveau des plis cutanés et est suivie d’une desquamation. La langue
prend également un aspect caractéristique « framboisé ».
o Impétigo : surtout chez l’enfant, souvent associé à Staphylococcus aureus, retrouvé dans les
milieux défavorisés.
o Erysipèle : c’est une dermo-épidermite non nécrosante d’extension rapide avec fièvre et œdème
local, siégeant au niveau de la face et surtout des membres inférieurs (85%). Il survient
notamment chez le sujet âgé.
o Surinfection : en cas de plaie profonde ou de brûlure étendue.
3. AUTRES LOCALISATIONS
Plus rarement, la bactérie peut causer des endométrites après accouchement, ou encore des
pneumonies.
4. INFECTIONS INVASIVES
A partir d’une lésion initiale minime, Streptococcus pyogenes peut provoquer une cellulite voire une
fasciite nécrosante qui est une gangrène se propageant le long des fascias et des tissus adipeux. C’est
une urgence médicale absolue, le plus souvent mortelle.
6. SEPTICEMIE
A la suite d’une infection cutanée (érysipèle ou plaie infectée) ou d’une infection invasive.
7. COMPLICATIONS
Elles surviennent surtout chez l’enfant et le jeune adulte.
Danse de Saint-Guy
o Rhumatisme articulaire aigu : complique l’angine
streptococcique. Il survient après un intervalle libre de La chorée de Sydenham ou
quatre semaines. Il peut entrainer un rhumatisme « danse de Saint-Guy » est
inflammatoire, voire une atteinte valvulaire dont les une maladie infectieuse
lésions ne contiennent pas de bactéries. neurologique secondaire à
une infection streptococcique.
o Autres complications : une angine ou un impétigo
peuvent se compliquer, plus rarement, d’une Elle est caractérisée par des
glomérulonéphrite aiguë, et même de maladies mouvements involontaires
neurologiques comme la chorée de Sydenham aussi des muscles du tronc et des
appelée « danse de Saint-Guy ». membres supérieurs.
1. DIAGNOSTIC DIRECT
o En cas d’angine : prélèvement sur la loge amygdalienne
puis culture sur gélose au sang pour détecter le
streptocoque béta-hémolytique A.
o Pour d’autres infections : prélèvement au siège de
l’infection associé parfois à des hémocultures.
2. DIAGNOSTIC INDIRECT
Par dosage des ASLO ou des anticorps anti-streptokinases ou
DNAses. Il permet un diagnostic rétrospectif de l’infection
streptococcique.
Cocci à Gram positif Page | 11
Faculté de médecine d’Alger - Bactériologie - Adam M. Roumani
E. TRAITEMENTS
- Première intention : pénicilline G.
- En cas d’allergie : macrolides.
- Prévention de rechutes de RAA : pénicilline à action retard (benzathine pénicilline : Extencilline®).
A. POUVOIR PATHOGENE
Streptococcus agalactiae peut toucher le nouveau-né comme l’adulte.
1. CHEZ LE NOUVEAU-NE
Qu’il soit infecté avant ou pendant l’accouchement, il pourra développer
une infection précoce ou bien tardive :
o Infection précoce : elle entraine le plus souvent une septicémie avec pneumopathie.
o Infection tardive : surtout des méningites et des infections ostéo-articulaires.
2. CHEZ L’ADULTE
Les infections sont plus rares et se voient notamment en cas de terrain fragilisé : grossesse, post-
partum, diabète etc… L’infection peut toucher la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, l’appareil urinaire
et ostéo-articulaire. Plus rarement, il peut s’agir de septicémies, de méningites ou d’endocardites
infectieuses.
B. FACTEURS DE PATHOGENICITE
Streptococcus agalactiae possède une capsule polysaccharidique qui joue le rôle de facteur de virulence mais
également de protection antiphagocytaire.
C. DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
Il peut se faire par la recherche :
D. TRAITEMENT
Le traitement de routine est la pénicilline G.
Cocci à Gram positif Page | 12
Faculté de médecine d’Alger - Bactériologie - Adam M. Roumani
A. HABITAT ET TRANSMISSION
C’est une bactérie strictement humaine. Elle est parfois commensale de l’Homme et notamment au niveau
du rhinopharynx. La transmission est interhumaine par voie aérienne, surtout en hiver (ce phénomène serait
apparemment en rapport avec le photopériodisme, c'est-à-dire la durée du jour et de la nuit). Le germe est
cependant fragile et survit peu dans le milieu extérieur.
B. POUVOIR PATHOGENE
Streptococcus pneumoniae est la bactérie responsable du plus grand nombre de décès parmi les infections
communautaires. C’est notamment dû à la gravité des pathologies qu’elle engendre : pneumonies,
méningites purulentes etc… La bactérie touche préférentiellement les sujets à risque comme les
splénectomisés (qui rappelons-le sont plus vulnérables aux bactéries encapsulées), et les sujets atteints
d’agammaglobulinémie, de déficit en protéines du complément, de SIDA ou encore de myélome.
o Pneumonie franche lobaire aiguë (PFLA) : ainsi que la plupart des pneumonies d’origine
bactérienne. Elle peut s’accompagner d’une bactériémie. Elle se voit surtout chez l’enfant et le
sujet âgé et entraine une mortalité importante chez les sujets fragilisés.
o Méningite à pneumocoque : il est avec le méningocoque l’un des principaux agents de
méningites bactériennes. Elle est le plus souvent secondaire à une infection du voisinage
(mastoïdite ou fracture de la base du crâne) et dans ce cas les récidives sont fréquentes.
La mortalité est très élevée.
o Autres localisations : en cas de bactériémie, d’autres foyers infectieux peuvent apparaitre et
notamment au niveau des séreuses (péritonites, péricardites, pleurésie purulente), et dans des
cas rares, l’on peut même observer des endocardites infectieuses.
C. FACTEURS DE PATHOGENICITE
1. CAPSULE
Le pneumocoque possède une capsule polysaccharidique à action antiphagocytaire. C’est également un
facteur de virulence : toute perte de la capsule entraine irrémédiablement une perte de la virulence. Il
existe plusieurs sérotypes capsulaires de Streptococcus pneumoniae (près de 92 ont été isolés) et 13
d’entre eux sont de vaccination obligatoire en Algérie depuis 2016 : c’est le vaccin anti-pneumococcique
13-valent.
2. AUTRES FACTEURS
Il s’agit des adhésines qui permettent la colonisation, ainsi que la pneumolysine (une hémolysine) qui
joue un rôle dans la pathogénicité du pneumocoque.
D. DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
- Prélèvement sur au niveau du foyer infectieux : complété par hémoculture en cas de syndrome
infectieux sévère (pneumocoque, méningocoque).
- Examen direct : mise en évidence de diplocoques à Gram positif.
- Isolement de la bactérie par culture : c’est sur cela que repose le diagnostic.
E. TRAITEMENT
- Première intention : pénicilline G ou pénicilline A.
- En cas de sensibilité diminuée au bétalactamines : pose problème, nécessité de calculer la CMI vis-à-vis
de différentes béta-lactamines et de déterminer la plus basse.
ENTEROCOQUES
I. INTRODUCTION ET HABITAT
Les entérocoques sont des cocci à Gram positif qui ont tendance à se regrouper en courtes chaînettes ou en
diplocoques. Ils se distinguent des streptocoques par deux critères : d’une part les caractères génotypiques, et
d’autre part leur capacité à cultiver sur milieux hostiles (riches en sel NaCl voire même sur bile-esculine). Les
espèces les plus fréquemment isolées chez l’Homme sont Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium. Les
entérocoques sont commensaux du tube digestif chez l’animal et l’Homme.
Y PENSER : le genre Enterococcus ainsi que (les streptocoques du groupe D) possède la capacité d’hydrolyser
l’esculine en glucose et en esculétine. La gélose bile-esculine constitue donc un milieu d’identification de choix
pour les entérocoques, par apparition d’une coloration noire sous la culture.
L’on distingue deux genres principaux de diplocoques à Gram négatif : le genre Neisseria et le genre Moraxella.
On ne peut clairement pas distinguer entre ces deux genres bactériens visuellement, pour ce faire, il faut avoir
recours aux tests biochimique : le genre Neisseria métabolise le saccharose tandis que le genre Moraxella en
est incapable. Le cours va se concentrer sur le genre Neisseria uniquement.
Il arrive parfois que la coloration ne suffise pas à distinguer entre un diplocoque à Gram positif et un diplocoque
à Gram négatif (l’on dit que la coloration est douteuse). Il faudra dans ce cas également avoir recours à des tests
biochimiques et notamment le test à l’oxydase qui recherche si la bactérie possède ou pas l’enzyme cytochrome
C oxydase. C’est un test simple tout comme le test à la catalase. L’on dépose sur une lame une petite quantité
de réactif, puis l’on ajoute un petit inoculum bactérien. Le test est positif si le réactif change de couleur.
TEST À L’OXYDASE
La cytochrome C oxydase est une enzyme de la chaîne respiratoire des bactéries aérobies. L’on sait que les cocci
à Gram positif sont anaérobies aéro-tolérants, ils ne possèdent donc pas de chaine respiratoire, et de ce fait,
pas de cytochrome C. Ils seront oxydase négatifs. Les cocci à Gram négatif, comme Neisseria, sont quant à eux
oxydase positifs.
V. CLASSIFICATION GENERALE
Cocci à Gram
négatif
Saccharose + Saccharose -
Moraxella
Neisseria
catarrhalis
Maltose + Maltose -
Neisseria Neisseria
meningitidis gonorrhoeae
NEISSERIA
I. INTRODUCTION
Ce sont des cocci à Gram négatif qui ont tendance à se regrouper en diplocoques. Ils sont catalase et oxydase
positifs et aéro-anaérobies facultatifs. Leur importance en clinique est capitale car ils sont responsables de
pathologies classées parmi les plus fréquentes et dont les complications sont souvent graves.
Leur dénomination se rapporte au médecin bactériologiste et dermatologue Allemand Albert Neisser, qui a
découvert le gonocoque (plus tard appelé Neisseria gonorrhoeae) en 1879.
L’on distingue deux espèces pathogènes : Neisseria meningitidis et Neisseria gonorrhoeae. Elles se différencient
par leurs caractéristiques biochimiques. En effet, Neisseria meningitidis est capable de métaboliser le maltose,
tandis que Neisseria gonorrhoeae en est incapable.
Le sérogroupe A est très répandu en Afrique, le sérogroupe B plutôt en Europe. Le sérogroupe W135 est
retrouvé dans les pays du Golfe, c’est d’ailleurs pour cela que le vaccin méningogoccique tétravalent conjugué
(A, C, Y et W135) est obligatoire lors d’un pèlerinage à la Mecque.
A. HABITAT ET TRANSMISSION
La bactérie est commensale du rhinopharynx chez plusieurs sujets dits porteurs-sains. Elle est strictement
humaine et se transmet très rapidement par voie aérienne, d’où les épidémies très fréquentes en Afrique
subsaharienne.
Y PENSER : Ces épidémies ont vite été contenues grâce à la campagne de vaccination de l’OMS. Car le sujet
vacciné se protège non seulement lui-même, en ne contractant pas la maladie, mais il protège également le
reste de la population en diminuant le portage de la bactérie dans son corps. C’est un vaccin dit « altruiste ».
B. POUVOIR PATHOGENE
Le méningocoque est responsable de deux grandes pathologies majeures : la méningite cérébro-spinale et la
septicémie à méningocoque. Chez certains sujets fragiles, la bactérie traverse la muqueuse pharyngée, passe
dans la circulation sanguine, se fixe sur l’endothélium vasculaire et suit le courant sanguin artériel vers le
système nerveux central. De là, elle traverse la barrière hémato-encéphalique et se retrouve dans le liquide
cérébro-spinal où elle se multiplie.
1. MENINGITE A MENINGOCOQUE
Elle survient surtout chez l’enfant et le jeune adulte. Elle est plus rare chez les sujets âgés, et quasiment
inexistante chez les nouveau-nés. Elle se manifeste par les signes classiques du syndrome méningé, à
savoir : céphalées, vomissements, photophobie, raideur de la nuque, et position antalgique en chien
de fusil. Le tout dans un contexte fébrile avec parfois altération de l’état général. Elle peut être
accompagnée de purpura pétéchial, qui ne s’efface pas à la vitro-pression. Elle peut provoquer des
épidémies et notamment dans les écoles où les enfants sont en contact rapproché.
2. SEPTICEMIE
Elle se traduit par un syndrome infectieux plus ou moins sévère accompagné de pétéchies. Dans sa
forme la plus grave, elle cause le purpura fulminans, où les pétéchies sont rapidement extensives et
s’accompagne d’un état de choc septique de pronostic très sévère, et d’autant plus en cas de CIVD
associée.
C. FACTEURS DE PATHOGENICITE
Ce sont les adhésines, la capsule, le LPS et les IgA protéases.
1. ADHESINES
Elles permettent l’adhésion de la bactérie aux muqueuses et interviennent donc dans le processus de
colonisation bactérienne.
2. CAPSULE
Elle permet la résistance à l’action du complément et à la phagocytose. Les anticorps spécifiques du
sérogroupe dirigés contre la capsule permettent néanmoins au complément d’exercer un certain effet
bactériolytique. Les anticorps anticapsulaires constituent donc un élément protecteur. Ils peuvent
apparaitre suite à un portage au niveau du rhinopharynx ou à une vaccination.
3. LIPOPOLYSACCHARIDE
Etant-donné qu’il s’agit d’une bactérie à Gram négatif, Neisseria meningitidis possède un LPS au niveau
de sa membrane externe. C’est d’ailleurs ce LPS qui est impliqué dans les phénomènes d’état de choc et
dans les formes les plus sévères de purpura fulminans.
4. AUTRES FACTEURS
Son habitat de prédilection étant la muqueuse pharyngée, Neisseria meningitidis a développé des
systèmes pour contrer la réaction immunitaire non spécifique en sécrétant des IgA protéases, capables
de lyser les IgA sécrétoires présentes au niveau du pharynx.
D. DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
Il repose surtout sur l’examen direct :
- Isolement de la bactérie : dans le LCR ou le sang. Les prélèvements doivent être acheminés rapidement
et éviter leur exposition au froid.
- Examen direct du LCR : montre des diplocoques à Gram négatif.
- Culture de la bactérie : pour confirmer l’identification, préciser le sérogroupe et vérifier la sensibilité aux
antibiotiques et notamment par mesure de la CMI aux pénicillines G.
- Recherche du méningocoque dans le pharynx : peu de valeur.
E. TRAITEMENT
Neisseria meningitidis est heureusement sensible aux béta-lactamines. Certaines souches ont cependant
développé des résistances à la pénicilline par modification de la PLP. Leur sensibilité aux céphalosporines
n’est pas diminuée. La ceftriaxone est le traitement privilégié.
CEFTRIAXONE EN INJECTABLE
F. PREVENTION
La méningite et la septicémie à méningocoque sont des MDO (déclaration obligatoire).
A. HABITAT ET TRANSMISSION
La bactérie est strictement humaine et présente dans les voies génitales. Elle est sexuellement
transmissible.
B. POUVOIR PATHOGENE
1. INFECTIONS UROGENITALES
Il s’agit de la blennorragie qui touche aussi bien l’homme que la femme.
o Chez l’homme : c’est une urétrite antérieure avec émission de pus et dysurie (urines chaudes).
Elle survient après 3 à 5 jours d’incubation en général. Elle peut être subaiguë, voire asymp-
tômatique. Elle peut se compliquer d’infections hautes : orchite, épididymite, prostatite…
o Chez la femme : l’infection peut se traduire par une cervicite avec leucorrhée, une urétrite,
voire une bartholinite (atteinte des glandes de Bartholin qui lubrifient le vagin). Dans la moitié
des cas, l’infection passe inaperçu, et elle peut se compliquer d’infections hautes, et notamment
les salpingites (atteinte des trompes de Fallope) pouvant entrainer des grossesses extra-utérines,
et dans des cas extrêmes une stérilité. Une inflammation pelvienne peut également survenir.
2. AUTRES LOCALISATIONS
Nous citerons des localisations pharyngées, rectales ou conjonctivales. Ces dernières touchent
notamment le nouveau-né si la mère est infectée, lors du passage par les voies génitales inférieures,
entrainant une ophtalmie pouvant aller à la cécité. Des bactériémies peuvent se voir, entrainant des
arthrites septiques par métastases septiques.
C. FACTEURS DE PATHOGENICITE
Ce sont les pili, les protéines de la membrane externe ainsi que d’autres facteurs :
D. DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
Il repose sur l’isolement de la bactérie par culture sur milieux spécifiques :
Le gonocoque étant une bactérie très fragile, il est important de l’ensemencer immédiatement et de les
acheminer dans un milieu de transport adapté (TGV).
L’examen direct permet souvent un diagnostic présomptif chez l’homme, mettant en évidence des cocci à
Gram négatif dans certains polynucléaires.
E. TRAITEMENT
Le gonocoque est devenu résistant aux pénicillines A et G par production de béta-lactamase, ainsi qu’à la
spectinomycine et aux tétracyclines. Le traitement habituel repose donc sur les C3G comme la ceftriaxone
ou sur les fluoroquinolones.
F. PREVENTION
- Identifier et traiter le partenaire : pour éviter les récidives.
- Utiliser un préservatif : à but préventif, comme pour toute IST.
- Administration de collyre antibiotique : chez le nouveau-né pour prévenir une éventuelle contamination
conjonctivale.
SOURCES
• Les principaux groupes de germes en pathologie humaine : Cocci à gram positif et gram négatif – Alger,
31 janvier 2017, Dr Adel Fouathia, Faculté de Médecine d’Alger.
• Epidémiologie de l’endocardite infectieuse en France : l’endocardite dans tous ses états –
Bordeaux, 18 juin 2013, Catherine Chirouze, UFR Sciences Médecine Pharmacie ‐ Université de Franche‐
Comté CHRU de Besançon.
• Régis Gothard Bopaka et al. Pleurésie purulente à Nocardia asteroides – Pan African Medical
Journal.2014.
• Endocardite infectieuse : la thrombocytopénie précoce est de mauvais pronostic ! - Journal
International de Médecine.
• Infections cutanéo-muqueuses bactériennes – Collège National des Enseignants de Dermatologie.
• Maladie dangereuse thrombophlébite. Traitement – Nextews.
• Coagulase Test: Principle, procedure and interpretation – Microbe Online.
• A case report of Small Colony variant of Staphylococcus aureus isolated from a patient with chronic
oesteomyelitis in a tertiary care hospital of eastern India – Advanced Biomedical Research.
• Physiopathologie et diagnostic des infections à staphylocoques : Staphylococcies toxiniques - Equipe
Médicale Medinfos.
• Ac anti-staphylolysine – Laboratoires CERBA.
• Haemolysis of Streptococci and its types with examples – Microbiology Info.
• Angine – Wikipédia.
• La scarlatine – Baby center.
• Angine de l’enfant et de l’adulte – Maladies Infectieuses, Olivia May, 2014.
• La scarlatine : symptômes, contagion et incubation – SENOC.
• La chorée de Sydenham (ou, abusivement, de Huntington) – Expressio
• Le mal de Saint Vit ( ou Saint Guy ) – Claire Biquard.
• Guy, Modeste et Crescence – Wikipédia.
• Fasciite nécrosante – Wikipédia.
• Streptococcus agalactiae Selective Agar Base – HiMedia Labs.
• Seasonal Patterns of Invasive Pneumococcal Disease – Scott F. Dowell, † Cynthia G. Whitney,† Carolyn
Wright,† Charles E. Rose, Jr.,† and Anne Schuchat†.
• Streptococcus pneumoniae – Spiral Connect.
• Pneumonie typique : Pneumonie franche lobaire aiguë (PFLA) – Pneumo-burkina.
• Vaccins bactériens – A. Benslimani, Faculté de médecine d’Alger – 2017.
• Bile-esculin agar – Wikipedia.
• Oxidase test – University of British Columbia.
• Microbiology in pictures.
• Les Neisseria – Microbes-Edu.
• Neisseria sp. – MemoBio.
• Signes – Maladies – Syndromes – Benjamin Chevallier.
• Microbiology, an Introduction – Tortora, Funke, Case, 2013.