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Memoire Mathieu

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INTRODUCTION

01. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Il nous est arrivé de tomber sur ce sujet afin d'étudier de près ce que c'est les droits de
l'homme, en vue de permettre à la population de savoir revendiquer en cas des violations.

Reconnus par la constitution du 18/02/2006 ainsi que par d'autres textes internes et
internationaux, les droits de l'homme sont jusqu'à présent en train de faire face à une difficulté
énorme quant à leur mise en application tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

La notion des droits de l'homme est obligatoire pour tous. Il nous est impérieux
d'analyser les différents textes légaux qui parlent et protègent les droits de l'homme tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

En pratique, l'objectif est d'éclairer l'opinion publique quant à la bonne pratique des
droits de l'homme. C'est une question qui intéresse l'Etat dans sa qualité de puissance publique
d'une part, et les citoyens vivant en son sein d'autre part.

Pour la pérennisation de la science et surtout pour du Droit, et en vue d'aider les


futures chercheurs à emboiter le même pas, ce sujet leur est capital.

A l'Etat de comprendre que, malgré l'existence de plusieurs textes légaux qui prônent
le respect des droits de l'homme, dans pratique le constat est malheureux; aux citoyens de savoir
que la question du respect des droits de l'homme n'est seulement une obligation de la part de
l'Etat, mais aussi un devoir leur part.

02. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESE


02.1. Problématique

Elle est définie comme étant une partie théorique permettant au chercheur de se faire
une idée de l'étude qu'il aura à mener, elle présente le souci de recherche dans son travail. Elle est
l'art d'élaborer, de poser clairement les problèmes et de les résoudre en suivant leur
transformation dans une réflexion scientifique ou philosophique1.

De ce fait, nous avons jugé important de traiter une matière très sensible de la
protection des droits de l’homme telle que définie par la constitution.

Sur ce, nous avons articulé notre recherche autours des questions ci-après

1. Qu’est-ce qu’est les droits de l’homme ?


2. Quelles sont les causes des violations des droits de l’homme ?
3. Que faut-il faire pour palier à cette hémorragie ?
1
ROBERT VOUIKI, manuel de droit criminel, Paris, LDDY ?1996, p147
02.2. Hypothèse

L’hypothèse est définie comme l’ensemble des réponses et applications formulées à


une ou plusieurs questions que l’on se pose, aux questions qui ont été soulevées dans la
problématique de la recherche2.

Bien-Aimé KABEMBA à son tous la définie comme étant une réponse anticipée aux
questions de la problématique, celle-ci peut-être soit confirmée, soit infirmée selon le résultat de
l’observation ou de l’analyse. En d’autre terme, c’est un ensemble des réponses provisoires
données aux questions que le chercheur se pose selon l’ordre à la problématique.

A notre tour, nous avons essayé de définir l’hypothèse comme étant une ou des
propositions émises à une ou plusieurs questions qui ont fait l’objet de la problématique. C’est-à-
dire, les réponses que nous donnerons ici en rapport avec le sujet ne sont pas obligatoires mais, il
est nécessaire d’y faire recours en vue de résoudre tant petits soient-ils, les problèmes y relatifs.

De ce qui précède, nous proposons anticipativement les réponses ci-après ;

A la première question de savoir qu’est-ce que les droits de l’homme ? Nous disons
que les droits de l’homme sont définis comme étant des prérogatives et des facultés inhérentes à
la personne humaine et utiles à son bien-être ; ou encore, les droits de l’homme sont des
potentialités reconnues à une personne dès sa naissance, qui lui permettent de commettre sans
discrimination aucune, des actes nécessaires qualifiés par la loi, en vue de son épanouissement.

A la deuxième question de savoir ; quelles sont les causes des violations des droits de
l’homme ? A cette question, notre avis peut-être prolongé à plusieurs points ayant trait aux
violations des droits de l’homme.

a. Sur le plan politique : nous pouvons parler de la défaillance du législateur congolais à la


loi électorale ;

En effet, le législateur congolais devrait tirer beaucoup d’attention quant à


l’élaboration de la loi électorale, ceci pour éviter du désordre .avec notre loi électorale,
quiconque, même sans niveau peut devenir parlementaire. La peur ce que ce dernier, ignorent des
droits et obligations d’un parlementaire envers le peuple, ne saura pas contribuer à la promotion
des droits de l’homme qui est l’un des critères d’un Etat de droit.

De ce fait, nous estimons que, si le législateur congolais pouvait penser à la révision


de la loi électorale pour laisser la politique aux politiques ;

2
MUTSHIPAYI JAMES, notes de cours d’initiation à la recherche scientifique.
b. Sur le plan juridique et ou judiciaire : à ce niveau, nous pouvons parler de
l’ignorance de loi. L’ignorance de la loi dans le chef des cours et tribunaux entraine par exemple
l’arrestation arbitraire ; l’influence politique ; l’application de la peine de mort.

Pour pallier à cette difficulté, nous pensons que, dans ses attributions, le ministre de
la justice devrait organiser au moins par chaque trimestre, la séance de formation en vue de
pérenniser la connaissance des lois.

Sur le plan économique : l’une des causes majeures est le chômage. Le manque à
faire pousse les individus à la violence, au vol, pillage, pour cette hémorragie, nous pensons que
le gouvernement pouvait créer des emplois en vue d’occuper toute personne, et aussi le
gouvernement pouvait multiplier les aides publiques en vue de maitriser la morale des illustrés.

c. Sur le plan social : le non vulgarisation de la loi entraine la violation de droit de


l’homme. L’article 62 alinéa 1 de la constitution du 18 février 2006 énonce « Nul n’est censé
ignorer la loi », que faire pour celui qui reste dans le coin reculé du pays ?

A cette question nous estimons que l’Etat pouvait lui-même prendre en charge la
question de la vulgarisation de la loi à travers les médias (organiser des émissions tendant à la
vulgarisation de la loi).

03. METHODES ET TECHNIQUES


03.1. Méthode

La méthode est une marche à suivre pour arriver à un but déterminé ; car tout travail
scientifique, pour qu’il réussisse, oblige l’utilisation de celle-ci pour orienter le chercheur à
mener ses investigations de façon concrète.

Elle se définie comme encore comme l’ensemble d’opérations par lesquelles une
discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les d »montrer et les vérifier3 .

A notre niveau, nous avons opté pour :

a. Méthode fonctionnelle : qui consiste à expliquer les faits politiques par le rôle, la
fonction qu’ils assurent dans le système social auxquels ils appartiennent.
b. Méthode juridique : elle nous a permis à son tour, à saisir la spécificité du juridique
comme superstructure de la réalité sociale, et rechercher entre désirs individuels et leurs
réalisations sociales ou aspiration collectives.

3
PINTO .R. et GRAWIT, Méthode des recherches en sciences sociales, Paris, 1971,
p.21.
03.2. Techniques

La technique est outil utilisé, sui devra plus tard être mise à l’interprétation grâce aux
méthodes. La technique est un moyen, un instrument à utiliser en vue de réaliser concrètement
une étude scientifique4.

A son tour, Pinto définit les techniques de recherche comme étant des procédés
opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles, susceptibles d’être appliqués à tout niveau et
dans la même condition, adopter au genre du problème5.

De ce qui précède, nous avons optés pour la technique documentaire qui nous a
permis de faire une analyse lors de la lecture combinée des quelques documents, surtout ceux
ayant trait à notre sujet.

04. DELIMITATION DU SUJET

Notre sujet a fait l’objet d’une étude menée de 2023 à 2024, et étant ayant traité sur
une matière purement internationale, nous avons pris le cadre de la RDC mais aussi nous avons
fait recours à l’extérieur du pays à travers la bibliothèque numérique.

05. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l’introduction et la conclusion générales, ce présent mémoire est subdivisé en


3 chapitres dont le premier parle de la théorie générale des droits de l’homme ; le deuxième
décrit la mise en œuvre et la violation des droits de l’homme et le dernier porte sur la mise en
œuvre et enjeux majeurs des droits de l’homme.

06. DIFFICULTES RENCONTREES

« Il n’y a pas des roses sans épines ».

Il y a toujours les épines sur le chemin du bonheur. L’élaboration de ce mémoire nous


a coûté de multiples sacrifices sur le plan scientifique, matériel ainsi que financier.
L’indisponibilité de la documentation locale relative à la recherche, le moyen de communication
difficile, le crédit pour accéder à l’internet pour télécharger les documents, le temps nous imparti
pour la rédaction, pour ne citer que ceux-là.

Mais, en dépit de toutes ces difficultés, nous avons conjugué beaucoup d’effort pour
qu’en ce jour le présent travail soit terminé, présenté et défendu.

4
PINTO & GRAWITS, [Link]. P.21
5
CHAPITRE I. THEORIE GENERALE DES DROITS DE L’HOMME

Les droits de l’homme sont des droits qui découlent de la dignité inhérente à tout être
humain. Selon la conception de la démocratie libérale, il s’agit des droits inhérents à la nature
humaine et donc antérieur et supérieur à l’Etat et que ce dernier doit respecter non seulement
dans l’ordre des buts mais aussi dans l’ordre des moyens.

Pour les tenants de la démocratie (marxiste), il s’agit des droits conquis par l’homme
à la suite de l’instauration de la société sans classe et donc sans exploitation de l’homme par
l’homme. Seuls importent, non les droits et libertés actuels (abstraits et formels), mais ceux
futures, seuls authentiques.

Les droits de l’homme sont ainsi perçus comme « l’ensemble des facultés et
prérogatives considérées comme appartenant naturellement à tout être humain et dont le respect
s’impose à tous, y compris l’Etat et dont la protection est organisée aussi bien par divers
instruments internationaux universels que par des textes de droit positif au premier rang desquels
figure la constitution 6».

Les droits de l’homme sont généralement définis comme des prérogatives et des
facultés inhérentes à la personne humaine et utiles à son bien-être et sa dignité. 7

De toutes les définitions, nous pouvons aussi dire que les droits de l’homme sont
définis comme des potentialités reconnues à la personne humaine dès sa naissance, qui lui
permettent de commettre sans discrimination aucune, les actes nécessaires qualifiés par la loi en
vue de son épanouissement.

Il importe de signaler que plusieurs autres expressions sont également utilisées pour
traduire la réalité des droits de l’homme : libertés publiques, droits fondamentaux, droits
humains, droits de la personne.

Le concept libertés publiques renvoie aux libertés inscrites dans le droit positif et
garantie par lui. Cette expression a été pendant longtemps préférée à celle de droits de l’homme,
par les juristes positivistes français. Pour ces derniers, seules les libertés proclamées méritent
l’attention des juristes, les droits de l’homme étant d’une connotation jus naturaliste (issu de la
tradition du droit naturel).8

L’expression « droits fondamentaux » se situe sur le strict terrain du droit positif. Les
droits fondamentaux seraient ceux proclamés par le texte et généralement par une constitution.
Elle se trouve, elle aussi, dans beaucoup de textes constitutionnels africains. Cette expression « a

6
AKELE A., et [Link], Enjeux de la démocratie en RDC, P.U.K., Kinshasa, 2006,
p.27
7
Daniel LOCHACK, les droits de l’homme, Paris éd. La découverte, 2002, p.5.
8
André MAZIYAMBO MAKENGO KISALA, Etat, Mandat, rôle et fonctionnement des
pouvoirs institués dans le nouveau système politique de la RDC, Kin, 2007, p.227
l’inconvénient de sous-entendre l’idée d’une hiérarchie entre les droits qui seraient
fondamentaux, et d’autres qui ne les seraient pas » en laissant le flou le critère permettant de les
distinguer.9

L’expression « droits humains » est la traduction littérale des expressions Human


Right au Derechis Humanis utilisées en langue anglaise. Cette expression, qui est consacrée par
la démocratie de la RDC, rencontre mieux les préoccupations du mouvement féministe qui
conteste l’expression « droits humains » en raison de l’ambiguïté du mot « l’homme » qui
désigne à la fois la catégorie générique des êtres humains et la catégorie spécifique du masculin.
C’est d’ailleurs pour cette raison que certains Etats, comme le Canada, ont adopté la famille
« droits de la personne » pour distinguer les droits de l’homme.10

§ 1. Histoire et nature des droits de l’homme

Pour certains spécialistes, la notion encore très floue des droits de la personne serait
apparue dès le début du XIII ème siècle. Pour d’autres, la conception des droits de l’homme en tant
que tel serait contemporaine du Bill of Right de 1689, qui parachève la révolution anglaise de
1688 en mettant fin à l’absolutisme royal. Il s’agit du premier véritable contrat liant le monarque
et le peuple, lui-même déclaré « Souverain » le « contrat » met un terme au concept de royauté et
de pouvoir de droit divin.

§ 2. Brève histoire des droits de l’homme

La déclaration universelle des droits de l’homme est adoptée au lendemain de la


seconde guerre mondiale, le 10 décembre 1948, par les Nations Unies. C’est le point de départ
d’un long processus d’internationalisation de la notion des droits humains.

La déclaration universelle de 1948 a été suivie de plus de 70 traités internationaux


dont l’important pacte international de 1966 relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
La date du 10 décembre reste une date décisive dans l’histoire de l’humanité et d’un événement
capital pour l’avenir du monde.

En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des peuples et des
hommes et de toutes les races, de toutes les cultures et de toutes croyances, se sont engagées à
promouvoir et respecter les droits fondamentaux de toute personne humaine. Par la même, ils ont
reconnu que tout homme, qui qu’il soit, a des droits inaliénables qui doivent être respectés par
tous11.

9
Daniel, L., [Link], Pp.5-6
10
André MAYIYAMBA, [Link]. p.228
11
Rénén KANDE, Notes de cours de Droits humains, UKA, 2017, inédit.
 Les droits de l’homme avant la seconde guerre mondiale
L’histoire des droits de l’homme est inextricablement liée à l’histoire de l’Etat
moderne. D’une part, l’Etat est l’organisation la mieux placée et principalement responsable de la
protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales de ses citoyens.

En effet, la protection des libertés individuelles a été introduite et codifiée pour la


première fois au sein de l’Etat. D’autres part, les Etats ont souvent été les auteurs d’abus au
préjudice des droits de l’homme et sont souvent l’organisation même contre laquelle les droits
individuels doivent être protégés.

Les droits de l’homme subissent cette distinction entre l’Etat en tant que protecteur et
l’Etat en tant qu’agresseur. Ils établissent les limites entre les intrusions légitimes et établissant
des limites entre l’exercice acceptable et inacceptable du pouvoir de l’Etat. En d’autres termes, il
s’agit d’un moyen pour les individus de déterminer leurs pouvoirs face à leur gouvernement, ses
lois et ses actions.

Dans la société ouverte possédant un système judiciaire établi et indépendant, les


individus peuvent faire valoir leurs droits de l’homme vis-à-vis de l’Etat en engageant des
procédures devant une décision indiquant si l’action de l’Etat était autorisée ou non. Cette
décision a ensuite une force exécutoire à l’égard de l’Etat et de l’individu12.

Malheureusement, tous les pays ne disposent pas d’une police et de système judiciaire
forts. Les lois peuvent être ambiguës ou inadéquates, la police et les juges peuvent marquer des
ressources pour agir, les fonctionnaires peuvent demander des pots de vin avant que les
procédures commencent, ou les juridictions peuvent ne pas être indépendantes des pouvoirs
exécutifs et législatifs.

Même lorsque la police et le système judiciaire sont puissants, les gouvernements


peuvent ignorer leurs responsabilités de protection des droits de l’homme. Lorsque cela se
produit, comment les droits de l’homme peuvent-ils être garantis ? L’un des moyens passe par
l’intervention d’autres Etats ou de la communauté internationale, sous l’égide du droit
international.

Traditionnellement, le droit international était défini comme la loi qui régissait les
relations entre et parmi les Etats souverains. La souveraineté dans ce contexte, faisait référence à
l’idée que les Etats sont des unités politiques autonomes et ne reconnaissant aucune autorité
supérieure. Dans le cadre de ce système, les Etats souverains contrôlaient ce qui se passait au sein
de leurs frontières, et les autres Etats avaient l’obligation de ne pas intervenir dans leurs affaires
intérieures (principe de non-intervention).13
12
Jessica C. Lawrence, JD, Notes de cours de Droits de l’Homme…..
13
Idem
§ 3. Nature des droits de l’homme

Faire appliquer les droits de l’homme dans le monde entier représente un défi de
taille, dont la réalisation dépend en grande partie de la bonne volonté des Etats.

Les gouvernements et l’ONU assurent la promotion des droits de l’homme par divers
instruments, initiatives et institutions.

Les droits de l’homme sont les droits inaliénables auxquels toute personne peut
prétendre, sans discrimination, du simple fait de sa condition humaine. Ce sont des droits
fondamentaux universels, qui sont essentiels à la dignité, à la survie et au développement
humains. Les droits de l’homme sont indivisibles et indépendants14.

A. TYPOLOGIE DES DROITS DE L’HOMME


Tous les Etats sont tenus de respecter, de défendre et de mettre en œuvre les droits de
l’homme.

Les droits de l’homme peuvent être regroupés en trois catégories :

- Les droits civils et politiques ;


- Les droits économiques, sociaux et culturels ;
- Les droits collectifs (de la solidarité).

i. Les droits civils et politiques


Les droits civils et politiques correspondent aux libertés classiques, proclamées dans
les déclarations de l’époque révolutionnaires. Ces droits réservent à l’individu une sphère
d’autonomie sur laquelle il est interdit aux autorités publiques d’empiéter. Il s’agit là de
« libertés-résistance » qui appelle à la part de l’Etat une abstraction. Ils sont aussi appelés « droit
attribues ».

Exemple de droits civils et politiques : le droit de la liberté individuelle, de


mouvement, de commerce et d’industrie, à la liberté d’expression, de réunion…

ii. Les droits économiques, sociaux et culturels


Les droits économiques, sociaux et culturels ont vu jour, après les droits civils et
politiques et ce, à la faveur de l’injustice sociales secrétées par la révolution industrielle « on
s’est rendu compte que les libertés traditionnelles avaient peu de sens pour tous ceux qui ne
disposaient pas de ressources matérielles nécessaires pour jouir effectivement de ces libertés : par
exemple, quelle valeur représente le droit à l’inviolabilité du domicile pour celui qui ne dispose

14
[Link] , consulté le 12 Janvier 2024 à 12h13’
pas d’un logement ou liberté de presse pour ceux qui ne peuvent accéder aux instruments
d’édition ? »15.

C’est ainsi que des nouveaux droits seront revendiqués des droits « économiques et
sociaux ». Ce sont des droits qui, à l’inverse des droits résistances, appellent, de la part de
pouvoirs publics, des actions positives en vue de leur réalisation, d’où le qualificatif « droit-
créance ». Ces droits, dits de la troisième génération, loin de se substituer aux libertés classiques,
les complètent et permettent à celle-ci de se concrétiser. On citera par exemple, le droit au
logement, à la santé, au travail, aux loisirs…

a. Les obligations des Etats


Les Etats doivent s’assurer que les citoyens d’un minimum de droits humains (les
droits humains fondamentaux) en tout temps, sauf circonstances exceptionnelles. Les Etats
parties sont tenus d’agir « au minimum de ses ressources disponibles ». Pour qu’un Etat partie
puisse évoquer le manque de ressources lorsqu’il ne s’acquitte pas de ses obligations
fondamentales minimum, il doit démontrer qu’aucun effort n’a été épargné pour utiliser toutes les
ressources qui sont à sa disposition en vue de remplir, à titre prioritaire, ces obligations
minimum.

b. Les obligations fondamentales minimum


- Le minimum d’aliments essentiels nécessaires pour ne pas souffrir de la faim ;
- Des soins de santé primaires ;
- Un abri et un logement suffisant ;
- Accès à une éducation de base.

iii. Les droits collectifs (de la solidarité).


Les droits culturels font partis du système indivisible et interdépendant des droits
humains au titre que les autres. Ils peuvent être définis comme les droits et libertés d’accès et de
participation aux ressources nécessaires au processus d’identification culturelle développé tout au
long de sa vie. Chaque personne est reconnue comme être de culture.

Intimement lié aux droits culturels, la diversité culturelle nous parle d’enjeux
fondamentaux pour tout être humain. Celui de se voir reconnaitre une créativité et une expression
propres, des traditions et des pratiques spécifiques, qui contribuent à une existence intellectuelle,
effective, morale et spirituelle plus satisfaisante pour tous. »

Même si la juridicité est contestée par beaucoup d’homme de doctrine 16, force est de
constater qu’ils sont aujourd’hui consacrés par la charte africaine de droits de l’homme et de
15
Ergec (Rusen), Introduction au droit public, Tome II. Les droits et liberté,
Bruxelles, Kluwer, éd. Aques Belgique, 1999, p.4
16
Fréderic Sudre, Droit international et Européen des droits de l’homme, 4ème éd.
Paris, Presse Universitaires de France, 1999, Pp.176-183
peuple17, il s’agit principalement des droits suivants : droit au développement, droit à la paix et la
sécurité, à un environnement sain, droit au patrimoine commun de l’humanité, etc.

Les droits de l’homme, qu’ils soient de la première ou de la deuxième catégorie,


peuvent être individuels ou collectifs.

B. LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DE DROITS DE L’HOMME


Les droits de l’homme sont emprunts de grandes caractéristiques suivants :

 L’UNIVERSALITE
L’idéologie des droits de l’homme s’est d’abord déployée sur le plan interne. Elle
tend en effet à définir un certain type de rapports entre individus et Etat. En ce sens, les droits de
l’homme modèlent la société interne, tant par leur fondement philosophique que par les régimes
juridiques, établi par les différents systèmes positifs. Ils ont ensuite connu un processus
d’internationalisation.

Les droits de l’homme sont universels en ce sens qu’ils sont reconnus à tout être
humain, sans distinction de race, sexe, d’origine ethnique ou sociale, de religion, de langue, de
nationalité, d’âge, d’orientation sexuelle, de handicap, de toutes autres caractéristiques
distinctives et quel que soit le lieu où il se trouve.

Le concept d’universalité des droits et plus précisément des droits de l’homme, sous-
entend là qu’il s’agit de droit, quoi devrait s’appliquer à la totalité des êtres humains, à
l’humanité toute entière. Ce concept d’universalité trouve son origine historique et philosophique
lors de la rédaction de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée par l’assemblée
française le 26 août 1789.

 LES DROITS DE L’HOMME SONT INALIENABLES


Les droits de l’homme sont inaliénables, en ce sens que nul ne peut en être privé. Si
ce n’est dans des situations spécifiques, clairement définies dans le droit. Par exemple, la
personne qui a été reconnue coupable d’un délit par un tribunal peut avoir limité son droit à la
liberté18.

 LES DROIT DE L’HMME SONT INDIVISIBLES ET INTERDEPENDANTS


Dans son préambule, la Déclaration Universelle des droits de l’homme insiste sur le
nécessaire « respect universel et effectif des Droits de l’homme et des libertés fondamentales » et
considère « qu’une conception de ces Droits et libertés est de la plus haute importance pour
remplir pleinement cet engagement ». C’est précisément sur ce point qu’on a sans doute adopté la
déclaration, les rédacteurs des pactes confrontés à l’opposition des conceptions libérales et

17
Article 52 et 56 de la constitution de la RDC.
18
André MAZIYAMBO, MK, [Link], p.234
socialistes quant aux droits, mais aussi quant à l’homme qui doit en bénéficier, et surtout quant à
l’organisation politique sociale impliquée par ces proclamations.

Les Droits de l’homme sont indivisibles et interdépendants parce que ce droit dépend
des autres et est lié à eux de telle manière que la violation de l’un affecte l’exercice des autres
droits. Aussi le droit à la vie suppose-t-il le respect du droit à l’alimentation et à un niveau de vie
suffisant. Le droit d’être élu à une fonction politique suppose à l’accès à une éducation de base.
La décente des droits économiques et sociaux n’est pas possible que dans des pays qui
reconnaissent et respectent la liberté d’expression, de réunion et d’association.

Ainsi donc, les droits civils politiques et les droits économiques, sociaux et culturels
sont complémentaires et aussi essentiels les uns que les autres à la dignité et à l’intégralité de
chaque personne19.

L’indivisibilité des droits de l’homme est une condition de leur effective universalité
non seulement parce que la prise en compte des droits économiques, sociaux, culturels, voire
environnementaux est aussi nécessaire que celle des droits civils et politiques à la liberté de tous
les individus, mais aussi parce que tous les droits ont une dimension économique, sociale,
culturelle, impliquant des devoirs pour les Etats et les individus, et qui seuls en permettent
l’effectivité. En d’autres termes, l’universalité effective des droits de l’homme impose de prendre
en considération la situation concrète des individus et met en évidence l’interdépendance de tous
les droits qu’ils soient politique, économiques, sociaux, culturels ou environnementaux20.

L’indivisibilité et l’interdépendance consistent en ce que l’on ne peut pas jouir


pleinement d’un droit sans pouvoir exercer les autres.

§ 3. LE FONDEMENT DES DROITS DE L’HOMME

Deux valeurs clés constituent le fondement de l’idée des droits de l’homme ; la


première est celle de la dignité humaine et la deuxième est celle de l’égalité.

1. LA DIGNITE HUMAINE
La réflexion sur la dignité humaine constitue des responsabilités les plus
fondamentales pour la philosophie de notre temps. Parce qu’elle se trouve à la base des
revendications philosophiques de tous les droits et toutes les libertés inscrits dans nos chartes.

La dignité se présente comme un absolu pour la pensée. Elle est un concept fort à la
mode, mais un concept cependant non moins étrange. C’est au nom de la dignité humaine que

19
NOWAK MANFRED, Droits de l’homme, guide à l’usage des parlementaires,
union interparlementaire, haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme,
2005, p.5
20
[Link], consulté le 13 mars 2024 à 17h20’.
certains veulent que soit interdit l’avortement, pendant que d’autres voudraient qu’il soit permis.
21

Faire exister la dignité indépendamment du droit, c’est souligner que bien le droit en
vigueur à un moment donné, dénie à l’homme son appartenance à l’humanité, il n’en demeure
pas moins membre de cette humanité dans les faits 22. Dans l’histoire de l’humanité, plusieurs cas,
événements ou pratiques, peuvent expliquer cela. Mais pour ne pas perdre de vue, notre principal
objectif qui est une interrogation sur le sens de la dignité, nous allons appesantir sur deux
exemples pour illustrer nos propos. Il s’agit de deux faits historiques, de pouvoirs politiques et
juridiques, qui ont mis en place des systèmes visant à exclure une partie des hommes de
l’humanité : l’esclavage et le nazisme.

1. ESCLAVAGE
Selon felicité MBALA MBALA, « la loi du 21 mai 2001 reconnait la traitre négrière
et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité 23. Mais pendant très longtemps, cette pratique a
été légalisée, institutionnalisée et codifiée par un certain nombre des règles (le premier code est
publié en 1680). L’esclavage était considéré comme « le droit de propriété qu’un homme peut
avoir sur un autre »24 l’esclavage n’était plus une personne juridique dotée d’une valeur inhérente,
mais se voyait traiter comme s’il n’était pas une personne. Les soixante articles édités dans le
code noir sont particulièrement sévères en ce sens. L’esclavage dénue de tout droit et de toute
personnalité juridique, n’avait pour vocation que de servir son maitre. Il devait se sacrifier au
plaisir de son maitre, qui finalement avait le droit de vie ou de mort sur lui25.

Ces sinistres faits philosophiques vont cependant permettre de revenir sur la


définition de la personne. La grande discussion étant la conférence de Valladolid tenue en 1550-
1551. Mais ces règles n’ont pas détruit en l’homme sa dignité et son humanité. C’est pourquoi
ayant pris conscience d’être plus que ce à quoi le réduisaient les codes, certains hommes se
révoltèrent. De ce fait, « l’esclavage est un crime contre l’humanité, une atteinte à la dignité »26,
mais ne supprime pas en l’homme sa dignité anthologique.

2. NAZISME

Quand Hitler accède au pouvoir, en 1933, il s’appuie sur les situations pour mettre en
place un régime dictatorial. Il s’agit d’un régime légalement institué qui adopte des lois,
normalement choquantes. Thierry FERAL dira que « la législation de la politique raciale
21
SIGAME BOUBACAR MAIGRA, De la dignité humaine, Sabaké, 1, 2003, p.9
22
Félicité MBALA MBALA, La notion philosophique de dignité à l’épreuve de la
consécration juridique, Paris, science de l’homme et de la société, Université du droit et de la
santé-Lille II, 2007, p.4
23
Felicité MBALA MBALA, [Link], P4.
24
Idem.
25
Louis XIX, le code noir : Edit du roi sur les esclaves des îles de l’Amérique, Paris,
classiques des sciences sociales, 1680, PP.9-10.
26
Felicité MBALA MBALA, Op. cit, P4.
constitue le chapitre le plus abominable de la fonction assumée par la justice depuis le troisième
Reich »27. C’est bien à partir d’une règle de droit que sera organisée l’extermination des juifs.
Faut-il en déduire que ces abominables lois ont retiré à l’homme toute dignité ? la réponse est à
priori négative, car c’est bien dans les pires moments peut-être que l’homme a pris conscience de
cette « irréductible dignité ». Thomas de KONINCK, commentant SOPHOCLE, note que la
parole du vieil Œdipe, aveugle et en haillons, pratiquement abandonné, l’exprime on ne peut
mieux : « c’est donc quand je ne suis plus rien, que je deviens vraiment un homme.28

KANT dira que c’est dans « le malheur qu’elle (la personne) montre toute sa
29
dignité ». C’est ici qu’il faut situer la distinction entre dignité et droit, surtout les droits de
l’homme en particulier. Une manière de dire que la dignité ne prend pas naissance à partir d’une
législation, par ce que, « la reconnaissance de la dignité humaine relevé d’une exigence
antérieure à toute philosophie et dont Levinas dira qu’elle se dessine dans le visage de l’autre ».30
Dans toutes les cultures, à toute époque, un fragment de tragédie, une épigramme, un texte
législatif, un proverbe, une inscription funéraire, u conte, une chanson, une œuvre d’art, une
œuvre de sagesse, auront témoigné « d’une exigence plus vieille que toute formulation
philosophique », qui a toujours été que « quelque chose est dû à être humain du seul fait qu’il est
humain ».31

§2. LIMITATION ET DEROGATION DES DROITS DE L’HOMME

Certains droits de l’homme, tels que celui de ne pas être soumis à la toiture ni tenu en
esclavage, sont absolus. Aucune raison, même la lutte contre le terrorisme ou la nécessité de
prévenir un attentat terroriste imminent, ne peut justifier l’emploi de méthodes d’interrogatoire
assimilables à la toiture telle que définie dans l’article premier de la convention des Nations-
Unies contre la toiture, comme des électrochocs et d’autres méthodes qui causent une douleur et
des souffrances aiguës, physiques ou mentales. Toutefois, la plupart des droits de l’homme ne
sont pas absolus et sont donc soumis à certaines restrictions, notamment par le jeu des réserves et
des clauses de dérogation et de limitation. En outre, le principe de la réalisation progressive des
droits signifie que les conditions particulières qui règnent dans chaque Etat et les moyens dont
ces derniers disposent doivent être prises en compte pour évaluer si cet Etat a manqué à ses
obligations en matière de droits de l’homme. Autrement dit, si le contenu essentiel des droits de
l’homme est universel et si certaines obligations ont un effet immédiat, les Etats jouissent toute

27
Thierry FERAL, justice et nazisme, Paris, Harmattan, 1997, P.85.
28
SOPHOCLE, Œdipe à colonne, texte établi par Alphonse DAIN et traduit par Paul
MAZON, Paris, les Belles lettres, 1960, V.393 cité par THOMAS DE KONINCK, « Archéologie de
la notion de dignité humaine », (dir) Thomas de KONINCK et Gilbert LAROCHELLE, in : la
dignité humaine. Philosophie, droit politique, économie, médecine, Paris, PUF, 2005, PP. 15-
46, P.18.
29
Emmanuel KANT, critique de la raison, Paris, PUF, 1985, PP. 381-382.
30
Thomas de KONINCK et Gilbert LAROCHELLE, [Link], PP. 15-46, P. 17.
31
Thomas de KONINCK, Op. cit, PP. 15-46, P.17.
fois d’une certaine marge d’appréciation quant à l’exécution de leurs obligations de respect, de
protection et de mise en œuvre des droits de l’homme.
§2.1. CLAUSE DE LIMITATION

En matière de respect des droits de l’homme, de nombreuses obligations donnent lieu


à des clauses dites de limitation. Par exemple, l’exercice des libertés politiques, telles que la
liberté d’expression, de réunion et d’association, ne va pas sans devoirs et responsabilités et peut
donc être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions et sanctions au nom de la sûreté
nationale, de l’intégrité territoriale ou de la sécurité publique, du maintien de l’ordre ou de la
prévention de la criminalité, de la protection de la santé ou de la moralité publique, de la
réputation des droits et liberté d’autrui.
Si les individus abusent de leur liberté d’expression et de leur droit de participer à une
manifestation pour inciter à la haine raciale ou religieuse, se livrer à la propagande en faveur de
la guerre ou inciter d’autres à commettre des délits, les gouvernements sont tenus de limiter
l’exercice de ces libertés afin de protéger les droits de l’homme d’autrui.
Cependant, toute ingérence, limitation ou sanction doit être conforme au droit
national et doit être nécessaire, dans une société démocratique, à la réalisation des objectifs et à la
défense des intérêts nationaux. Dans tous les cas, les Etats doivent démontrer le caractère
nécessaire de limitation, et de prendre de ne prendre que les mesures proportionnées à la
poursuite d’intérêts légitimes32.
La cour Européenne des droits de l’homme, par exemple, a interprété les clauses de
limitation contenues dans la convention européenne des droits de l’homme de manière à
accorder, d’une part, une marge d’appréciation assez large aux gouvernements 33 et à exiger
d’autre part, qu’ils justifient les limitations par un besoin social impérieux.

§2. DEROGATION EN PERIODE D’ETAT D’URGENCE

Dans des circonstances exceptionnelles, y compris en cas des conflits armés,


d’émeutes, de catastrophes naturelles et d’autres situations d’urgence qui menacent l’existence
d’une nation, les gouvernements peuvent prendre des mesures pour déroger à leurs obligations en
matière des droits de l’homme, pour autant que les conditions suivantes soient remplies :
L’Etat d’urgence, en cas de danger public menaçant l’existence de la nation, doit être
officiellement proclamé ;
Les mesures spécifiques dérogent à un traité international doivent être modifiées
officiellement aux organisations internationales compétentes et aux autres Etats parties ;
La dérogation doit être levée dès que la situation le permet ;
La dérogation n’est autorisée que dans la stricte mesure où la situation l’exige ;

32
L’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques.
33
La cour Européenne des droits de l’homme qui applique le plus fréquemment la
notion de « marge d’appréciation » mais d’autres organes dont le comité des droits de
l’homme, font référence à des notions, notamment celle de « marge de manœuvre ».
Les droits soumis à la dérogation ne doivent pas faire partie de ceux qui souffrent
d’aucune dérogation34.
En tant qu’organe de surveillance de l’application du pacte international relatif aux
droits civils et politiques, le comité des droits de l’homme peut formuler des observations
générales pour aider les Etats parties à interpréter les dispositions du pacte. Dans son observation
générale n°29 sur l’état d’urgence, le comité a souligné que les listes de droits non susceptibles de
dérogation qui figure au paragraphe 2 de l’article 4 de PIDCP n’est pas nécessairement
exhaustive.
Certains droits ou éléments de droits non énumérés au paragraphe 2 de l’article 4 du
pacte, tels que le droit de toutes personnes privées de leur liberté d’être traitées avec humanité et
avec respect de la dignité inhérente à la personne humaine, ou l’interdiction de la propagande en
faveur de la guerre ou des appels à la haine, ne peuvent faire l’objet de la dérogation en vertu de
la loi. Le comité a également estimé que les garanties de procédure, y compris judiciaire, ne
peuvent jamais faire l’objet des mesures qui porteraient atteinte à la protection des droits non
susceptibles de dérogation. En outre, il a estimé les « principes de la légalité et primauté du droit
exigent le respect des garanties judiciaires fondamentales pendant un état d’urgence ».35

§3. RESERVES
Dans certains cas, les Etats peuvent faire des déclarations unilatérales au moment de
signer, ratifier, accepter ou approuver un traité ou d’y adhérer. L’Etat qui fait cette déclaration
vise ainsi à exclure ou modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité en question.
Les déclarations peuvent être intitulées « réserves », « déclaration », « interprétation » ou
« déclaration interprétative ».
L’article 19 de la convention de Vienne de 1969 sur les droits des traités précise
qu’un Etat peut, au moment de signer, ratifier, accepter ou approuver un traité ou y adhérer,
formuler une réserve, à moins :
- Que la réserve ne soit interdite ;
- Que le traité ne dispose que seules des réserves déterminées, parmi lesquelles ne figure pas
la réserve en question, peuvent être faites, ou
- Que, dans les cas autres que ceux visés ci-dessus, la réserve ne soit compatible avec l’objet
et le but du traité.
Lorsqu’un traité ne dit rien, sur la réserve et qu’une réserve est formulée et
communiquée par la suite aux autres Etats, ceux-ci ont 12 mois pour formuler une objection à la
réserve, à compter soit de la date à laquelle ils ont exprimé leur contentement à être liés par le
traité, si celle-ci est postérieur36.

34
La convention contre la torture, art. 2, paragraphe 2 et la convention
internationale sur l’élimination de toutes formes de discrimination raciale, article premier,
paragraphe 2.
35
Union interparlementaire et les Nations-Unies, Droits de l’homme, Guide à
l’usage des parlementaires, n°26, Nations Unies, 2016, p.53
36
Article 20.5 de la convention de Vienne de 1969 sur les droits traités.
CHAPITRE 2. DE LA MISE EN OEUVRE ET VIOLATION DES DROITS DE
L’HOMME

§1. LA MISE EN ŒUVRE DES DROITS DE L’HOMME

§1.1. LA RESPONSABILITE DE L’ETAT

L’homme est un être social. Pour vivre, il a besoin de la société ou la communauté,


nous n’avons pas seulement à faire à des institutions et à des fonctions, mais bien à des hommes
et femmes concrets, groupés pour élaborer et mener à bien des tâches communes.

Pour toute sorte de raison, il a fallu se grouper et organiser l’être humain n’est-il pas
un être ontologiquement social, fait pour vivre avec autrui, y aspirant et en ayant besoin pour se
réaliser lui-même ?

Au titre, chacun dont le déroulement à la communauté dont il fait partie et le respect


des autres en charge du bien commun, car toute communauté a besoin d’une autorité pour se
maintenir et se développer. Le rôle de celle-ci consiste à assurer autant que possible le bien
commun de la société37.

En effet, il existe une réciprocité de responsabilité entre le pouvoir politique et la


personne ; le pouvoir politique doit avoir le souci du servir de la communauté politique. Cette
réciprocité est fondée sur la solidarité. Les droits de l’homme engendrent ainsi des devoirs
corrélatifs en autrui et dans l’autorité politique. On doit donc parler des droits et des devoirs du
citoyen, des droits et des devoirs du pouvoir politique.

Chaque droit a un titulaire et un garant. Chaque droit qui peut être revendiqué par son
titulaire, s’accompagne aussi d’une obligation pour le garant. Le titulaire des droits humains c’est
l’Etat. Les droits des individus donnent naissance à des obligations pour les Etats, qui constituent
le corolaire des droits humains : l’obligation de respecter, l’obligation de protéger et l’obligation
de donner effet, de mette en œuvre38.

1. Obligation de respecter

L’obligation de respecter veut dire que les Etats sont tenus de ne pas intervenir dans
l’exercice de leurs droits par les individus et les groupes. Elle interdit aux Etats certains actes
susceptibles d’entraver l’exercice de ces droits. Par exemple, s’agissant de droit à l’éducation,
elle signifie que les gouvernements doivent respecter la liberté de parents de créer des écoles
privées et de veiller à ce que l’éducation religieuse et morale de leurs enfants soit conforme à
leurs convictions39.

37
Réné Coste, Les communautés, Paris, Deselée 1967, Pp.30-31
38
[Link]
39
Union interparlementaire et les Nations-Unies, [Link]. P.32
Il s’agit d’une obligation négative et ne requiert aucune action positive de l’Etat. Cela
signifie pour l’individu qu’il peut se défendre contre les ingérences dans ses droits commises par
l’Etat. Ce droit de défense ou l’obligation de respecter s’y apportant ne s’applique, en règle
générale, pas de manière absolue. Il existe en effet, dans certains cas, des raisons légitimes à une
restriction des droits humains.

2. Obligation de protéger

L’obligation de protéger signifie que les Etats ont l’obligation de protéger les
individus contre les violations de leurs droits commises par l’Etat n’agissant pas dans l’exercice
de leurs fonctions officielles. Cette obligation a une dimension à la fois préventive et corrective.
L’Etat est ainsi tenu de promulguer des lois visant à protéger les droits de l’homme, de prendre
des mesures pour protéger les individus lorsqu’il a connaissance ou aurait pu avoir connaissance
des menaces contre leurs droits, et aussi de garantir l’accès à des recours juridiques impartiaux
lorsque les violations des droits de l’homme sont alléguées. Là encore, le droit à l’éducation peut
servir d’exemple.

L’Etat est tenu de protéger les droits de l’enfant à l’éducation contre l’ingérence et
l’endoctrinement de tiers, y compris de ses parents et de sa famille, des enseignants et l’école, des
religions, des sectes, des clans, et des sociétés commerciales40.

L’Etat jouit d’une certaine marge d’appréciation en matière. Par exemple, le droit à la
sécurité et l’intégrité de la personne oblige l’Etat à combattre le phénomène très rependu de la
violence familiale dont sont victimes les femmes et les enfants. Il incombe aux Etats de prendre
des mesures positives par l’adoption des lois pénales, civiles, familiales ou administratives
appropriées, en dispensant une formation aux forces de police et aux magistrats et suscitant une
prise de conscience générale pour réduire les cas de violence familiale.

L’obligation de l’Etat d’assurer une protection contre les violations commises par des
acteurs non étatiques est particulièrement pertinente dans le domaine des droits des femmes.
Pendant des nombreuses années, la violence généralisée contre les femmes n’a pas été comme
une violation des droits de l’homme si elle était commise par des violences interfamiliales même
si la nature de cette violence pouvait être assimilée à une torture ou si elle avait lieu dans la
sphère publique même si elle prenait une telle ampleur qu’elle risquait de constituer en danger
public. Le fait d’avoir négligé auparavant ce que ressentaient les femmes traduites en parti pris
masculin dans le développement du droit des droits de l’homme et a contribué à l’impunité des
auteurs de ces violations des droits de l’homme commises contre les femmes. Cependant, au
cours des 20 dernières années, l’obligation de l’Etat de protéger les droits des femmes a été
clairement établie. Elle comprend les devoirs de protéger les femmes contre les violations
commises par les tiers dans la sphère publique ou privée et de prendre des mesures positives pour
mettre en œuvre leurs droits.

40
Union interparlementaire, [Link]. P32
3. Obligation de mettre en œuvre

Suivant cette obligation, les Etats sont tenus de prendre des mesures positives pour
assurer la mise en œuvre des droits de l’homme. L’étendue de cette obligation varie selon droit
visé et des ressources dont dispose l’Etat. De manière générale, toutefois les Etats devraient
mettre en place les conditions juridiques, institutionnelles et procédurales nécessaires aux
détenteurs des droits pour pouvoir exercer effectivement et pleinement leurs droits41.

En ce qui concerne le droit à l’éducation par exemple, les Etats doivent fournir les
moyens de garantir la gratuité de l’enseignement primaire obligatoire pour tous et de
l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, l’éducation
des adultes et d’éliminer l’analphabétisme (en prenant diverses mesures telles que l’ouverture
d’un nombre suffisant d’écoles publiques ou embauche et la rémunération d’un nombre suffisant
d’enseignants).

§2. LE PRINCIPE DE LA REALISATION PROGRESSIVE

Le principe de la réalisation progressive s’applique aux obligations positives de l’Etat


de mettre en œuvre et de protéger les droits de l’homme, en particulier les droits économiques,
sociaux et culturels, le droit à la santé ne garantit pas à chacun le droit d’être en bonne santé.
Cependant, il oblige les Etats à établir et maintenir en fonction de leurs capacités économiques
propres et de leurs traditions sociales et culturelles, et conformément aux normes internationales
minimales, un système de santé publique qui puisse en principe garantir à chacun l’accès à un
certain nombre de services de santé de base.

La réalisation progressive signifie que les Etats devraient, par exemple se fixer des
objectifs et des critères afin de réduire progressivement le taux de mortalité infantile,
d’augmenter le nombre de médecins par mille habitants ou le pourcentage de la population
vaccinée contre certaines maladies infectieuses et épidémiques ou d’améliorer l’équipement
sanitaire de base. Il peut arriver que le niveau sanitaire soit plus bas dans les pays pauvres que
dans les pays riches sans que les gouvernements des premiers manquent à leur obligation de
réaliser le droit à la santé.

L’absence totale de mesures positives conçues pour améliorer le système de santé


publique, des mesures agressives ayant pour effet d’empêcher délibérément certains groupes (tels
que les fermes ou certaines minorités religieuses ou ethniques) d’accéder aux services de santé,
peuvent en revanche, être assimilés à une violation du droit à la santé.42

§3. LE DROIT A UN RECOURS UTILE


41
WALTER KALIN et JORG KUNZLI, The law of international Human Rights
Protection, Oxford, Oxford University Press, 2009, p.112
42
Union interparlementaire et les Nations-Unies, [Link]. p.35
La notion de droit suppose, outre une revendication de fond, l’existence des voies de
recours devant une autorité judiciaire ou administrative nationale y compris les tribunaux et les
institutions nationales des droits de l’homme (INDH) en cas de violation d’un droit. Quiconque
affirme que ses droits n’ont pas été respectés, protégés ou mis en œuvre, doit pouvoir disposer
d’un recours utile devant un organe interne compétent et indépendant, habileté à ordonner des
réparations et à faire appliquer ses décisions.

Selon le comité des droits de l’homme (l’organe de l’ONU chargé de surveiller


l’application du pacte international relatif aux droits civils et politiques). L’article 2.3 de ce pacte
dispose « Les Etats parties au présent pacte s’engage à :

a. Garantir que toute personne dont les droits et libertés reconnus dans le pacte
auront été violés disposera d’un recours utile, alors même que la violation aurait
été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions
officielles ;
b. Garantir que l’autorité compétente judiciaire, administrative ou législative, ou
toute autre autorité compétente selon la législation de l’Etat, statuera sur les droits
de la personne qui forme le recours et à développer les possibilités des recours
juridictionnels ;
c. Garantir la bonne suite donnée par les autorités compétentes à tout recours qui
aura été reconnu justifiée. Cette disposition fait l’obligation aux Etats de faire
procéder « de manière rapide, approfondie et efficace, par des organes
indépendants et impartiaux » à des enquêtes sur les obligations de violations des
droits de l’homme43, le fait pour un Etat partie de ne pas mener d’enquête pourrait
donner lieu à une violation distincte du pacte.44

Par ailleurs, les principes fondamentaux et directifs concernant le droit à un recours et


à réparation des victimes de violations flagrantes du droit international humanitaire 45précise que
les Etats ont l’obligation d’enquêter sur les violations présumées et de prendre d’autres mesures,
le cas échéant ; de prendre des mesures législatives et administratives appropriées pour prévenir
les violations et d’offrir aux victimes des recours utiles, et un accès effectif à la justice, dans des
conditions d’égalités.46

Les amnisties qui empêchent la poursuite d’individus qui ont commis les crimes
internationaux ou des violations flagrantes des droits de l’homme porteraient atteinte au droit des
victimes à un recours utile, y compris à réparation.47

§4. LES DROITS ET DEVOIRS DU CITOYEN


43
Comité des droits de l’homme, observation générale, n°31 (26 mai 2004)
44
Ibidem
45
Document de Nations-Unies, A/RES/60/147 (du 10 déc. 2005)
46
Ibidem, principe 3.
47
HCDH, Les instruments de l’Etat dans les sociétés sortant d’un conflit :
Amnisties (New York et Genève, Nations-Unies, 2009, p.11
1. Les droits

L’homme est un être humain vivant dans la société. Etant humain, il lui est reconnu
certaines potentialités tendant à le rendre libre et capable vis-à-vis de certains actes nécessaires
déterminés par la loi en vue de son épanouissement. D’après son étymologie, le citoyen est le
membre à part entier de la cité, au sens de la communauté politique, celui qui, par son action,
peut influencer sur la destinée collective.

En effet, les droits des citoyens peuvent être classés en trois catégories :

- Les « droits-libertés » issus, pour la plupart, de la déclaration des droits de l’homme et de


citoyen (D.D.H.C 1789) qui consacrent des libertés individuelles ou collectives (libertés
d’expression, de manifestation,…).

Libertés d’expression, d’opinion, de réunion, d’association, … peuvent être


individuelles ou collectives et offrent aux individus une certaine autonomie et la possibilité d’agir
sans être soumis à un pouvoir arbitraire (qu’il vienne de pouvoir politique ou d’autres citoyens).
Ces sont les droits que reconnait la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août
1789. Parmi eux, les droits politiques (droit de vote et d’éligibilité) permettent de participer aux
décisions de la vie publique.

Les droits-libertés sont repris dans la charte des droits fondamentaux de l’union
européenne de 2000, qui s’impose à la fois aux Etats membres et institutions de l’union
européenne, ils sont également protégés par la convention européenne de sauvegarde des droits
de l’homme (CESDH) de 1950 (entrée en vigueur en 1953).

- Les droits-créances : ils sont des droits économiques et sociaux (droit au travail, droit à
l’éducation,…). Les droits-créances contribuent à la dignité de l’individu, mais à la
différence des droits-libertés, ils ont un coût. Leur appellation souligne la nécessité de
l’intervention de l’Etat pour qu’ils soient mis en œuvre et protégés. Il s’agit des droits
économiques et sociaux tels que, le droit à l’instruction, le droit à la santé, le droit au travail
ou le droit d’apprentissage à un syndicat. Ces droits sont aussi repris dans la charte des
droits fondamentaux de l’Union Européenne (CDFUE).
- Les droits de la troisième génération s’étendent à l’ensemble de la communauté
internationale afin, notamment, de garantir une descente aux générations futures. Ces droits
n’ont cependant pas tous de valeur juridique. Plus récemment est apparue une troisième
génération de droits de l’homme.

Ces droits dits de la troisième génération, concernent non seulement les citoyens d’un
même Etat, mais implique plus largement l’ensemble de la communauté internationale (exemple,
droit à un environnement sain, droit des générations futures, droit d’ingérence humaine). Ils ne
sont pas encore et toujours justiciables, c’est-à-dire dotés d’une efficacité les rendant opposables.
On parle de fondamentalisation du droit national, sous l’influence de la convention européenne
de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

2. Les devoirs

Il ne suffit pas seulement que l’Etat garantisse les droits aux individus, mais encore il
faudra que ces derniers puissent se soumettre (répondre) aux exigences en vue d’une bonne
pratique d’un Etat de droit. Par exemple, le payement des taxes et impôts relève de l’obligation
de la population en vue de contribuer aux charges publiques, dans la plupart de cas la négligence
de répondre à cette obligation est due à l’ignorance de la population sui ne sait pas à quoi sert
l’impôt ou la taxe dans la vie d’un Etat.

L’analyse de l’article 62 alinéa 1 de la constitution qui stipule « Nul n’est censé


ignorer la loi », cette disposition devrait d’une part, être une obligation de l’Etat et d’autre part,
l’obligation pour les individus.

L’Etat dans son exercice des pouvoirs, devrait chercher par tous les moyens à
atteindre toute sa population vivant même dans des coins reculés du pays, avec le contenu d’une
loi nouvellement publiée pour qu’enfin permettre aux citoyens d’être à la hauteur avec la loi.

A la question de savoir, comment une loi nouvellement publiée peut-elle atteindre


toutes les populations qui vivent même dans les coins reculés du pays ? Nous pensons à notre
niveau que le gouvernement pouvait mettre rendre facile la vulgarisation de la loi.

Au travers les médiats, le gouvernement pouvait organiser les émissions autour de la


loi nouvellement promulguée et, de telle façon, nous pensons que ceci pouvait permettre à tout un
chacun où il se trouve, à avoir facilement les informations nécessaires en vue de mettre une
barrière à des violations des droits.

L’homme, dans ses devoirs vis-à-vis de l’Etat par exemple, le payement de ‘impôt et
taxe, et de son prochain d’autre part, est tenu de s’y soumettre en vue de contribuer au
développement de son pays.

Faisant une lecture des textes entre autre la constitution de notre pays en son article
66 alinéa 1, dispose « Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans
discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de
promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproque ». A l’analyse
de cette disposition, et vu les réalités sur terrain, il n’y a aucun rapport entre ce qui est dit et ce
qui se passe. La manière de vivre des peuples ne reflète pas que nous sommes tous issus d’une
même origine, un peule qui a une même histoire, mais vit encore jusqu’à présent comme dans un
Etat de nature où les uns peuvent tourner contre les autres sans aucune inquiétude. Comment un
individu peut-il mettre fin à certains des droits de son prochain ?
Un national sur son propre territoire mais qui se voit obligé de quitter
indépendamment certains lieu parce que n’appartenant pas à telle ou telle tribu. Cette lecture
combinée avec celle de l’article 66 alinéa 1 et l’article 30 alinéa 1 de la constitution qui montre
les rapports que doivent lier les individus entre eux, éclaire, ouvre l’esprit et pousse l’individu à
faire de l’autre ce qu’il veut que l’on fasse de lui.

A titre illustratif, l’affaire, dite de « Malemba Nkulu », un Congolais Kasaïen qui fait
l’objet de toutes formes des violences au grand Katanga sous prétexte qu’il n’est pas originaire de
là, refoulé sur son propre territoire 48 et contrairement au principe de l’universalité des droits de
l’homme qui dit que, les droits de l’homme sont reconnus à tout individu, où qu’il se trouve et
sans distinction de quelques motifs que ça soient ; l’âge, sexe, origine…

Donc, dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est
soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la connaissance et le
respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale de
l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

§5. LA RESPONSABILITE DE L’ETAT

Dans le passé, lorsque les droits de l’homme étaient encore considérés comme une
affaire intérieure d’un pays, les autres Etats et la communauté internationale ne pouvaient
intervenir, même en cas de violations des droits de l’homme extrêmement graves telles que le
génocide. Cette approche, fondée sur la souveraineté nationale, a été fondamentalement remise
en cause au XXème siècle, en particulier du fait des actions de l’incapacité de la communauté
internationale à empêcher les massacres au Cambodge, au Rwanda et en Bosnie-Herzégovine.
Aujourd’hui, le concept de souveraineté interprété comme interdisant toute ingérence étrangère a
été en grande partie remplacé par le concept de responsabilité, selon lequel les Etats sont
responsables du bien-être de leurs populations.

§6. DROIT DE L’HOMME ET DEMOCRATIE

Au cours des dix dernières années, des nombreuses études ont été consacrées aux
relations entre démocratie et droits de l’homme. La démocratie est considérée comme non plus
seulement un ensemble de règles de procédure relatives à l’exercice du pouvoir politique mais, de
même que les droits de l’homme, comme un moyen de préserver et défendre la dignité de la
personne. En 1995, l’Union interparlementaire a entrepris de rédiger une Déclaration Universelle
sur la Démocratie pour promouvoir les normes internationales et contribuer à la démocratisation
encours dans le monde.

Dans la déclaration, adoptée en 1997, la démocratie et les droits de l’homme sont


intimement liés. Si l’expression de la démocratie peut varier selon les contextes, ses valeurs
fondamentales sont universelles. Elles sont consacrées par la déclaration universelle des droits de
48
Voir l’article 30 alinéa 1.
l’homme (DUDH) et dans le pacte international relatif aux droits civils et politiques. Tous la
Déclaration et le pacte prévoient des droits que toute démocratie devait être fondée. Il s’agit en
particulier des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, du droit de
participer à la vie politique et aux processus de prise de décisions, du droit d’accès à la justice, du
droit à un procès équitable et du droit à un recours en cas de violation des droits de l’homme.

En outre, des institutions solides et responsables et de décisions transparents et non


exclusives constituent les conditions préalables d’un système légitime et efficace de gouvernance
démocratique qui soit respectueux des droits de l’homme.

§7. CONDITIONS POUR UNE PRATIQUR EFFECTIVE DES DROITS DE L’HOMME

1. Installation d’un Etat de droit

De prime à bord ; disons qu’il est malsain de définir le concept Etat de droit. Forgé à
la fin du 19ème siècle dans la doctrine juridique allemande puis française pour répondre à
l’existence de fondation du public, le concept « Etat de droit » a quitté, depuis les années quatre-
vingts, le terrain de la dogmatique juridique pour se transformer en figure imposée du discours
politique. Aujourd’hui tout Etat de droit moyen de réalisation de l’exercice démocratique, du jeu
politique49 et aussi un dispositif de stabilisation des situations et d’encadrement des
comportements.

Dès lors, le droit est considéré comme une garantie et une protection assurant la
sécurité et la stabilité des rapports sociaux. 50 L’Etat de droit présuppose que les élus ne disposent
plus d’une autorité sans partage, mais leur pouvoir est par essence limité. Ainsi la référence à
l’Etat de droit est aussi le moyen d’assurer une meilleure protection à l’abus possible des
majorités démocratiques.

Un tel Etat obligerait tous les hommes politiques à se soumettre aux mois du pays,
aux règles du jeu démocratique et à respecter la parole donnée. Il laisserait au peuple le droit de
se choisir un dirigeant politique arbitraire et totalitaire. Cela le principe de l’Etat de droit, dans
lequel sa souveraineté appartient à la loi, et non aux volontés arbitraires des hommes. Par ailleurs,
il mettra fin aux abus des dirigeants par des mécanismes de contrôle et de sanctions prévues par
la loi.

2. Introduire les droits de l’homme dans le droit Etatique

Notons que les droits de l’homme constituent une notion de droit constitutionnel et le
droit international, dont la mission est de défendre d’une manière institutionnalisée les droits de
la personne humaine contre les excès de pouvoir commis par les organes de l’Etat.51

49
J. Chevalier, L’Etat de droit, Paris, Mont Chrétien, 1999, Pp.7-8
50
Ibidem, P.133
51
J. Chevalier, op., cit. p.133
Néanmoins, de l’avis de René Coste, tant que ces droits ne pas introduits et avec des
prescriptions précisées dans le droit positif (international et étatique). Ils risquent d’être
inopérants. Certes ils peuvent avoir une grande force pour la conscience qui sait le reconnaitre
dans la mesure où ils sont perçus comme des revendications morales de portée universelle. Mais
la mauvaise volonté existe aussi, voire le crime, et souvent l’inconscience.

Introduit dans le droit étatique avec comme base : (la constitution), les droits de
l’homme deviendront les droits fondamentaux s’imposant à toute l’organisation politique et
juridique.

3. Education et politique

Cette éducation ne peut simplement consister en une information ou une introduction


qui permettrait l’individu en tant que gouverné, de connaitre ses droits et ses devoirs et d’y
confirmer avec scrupule et intelligent.52 Elle doit lui procurer une stature de gouvernement en
puissance.

Le citoyen doit connaitre ses droits et ses devoirs. Car le respect des lois et des actes
de l’exécutif est fondé sur la capacité d’en saisir la justification. Le citoyen n’est donc jamais
sensé obéir sans comprendre ni juger. Réciproquement, les réclamations des citoyens doivent
être fondées sur des principes intégraux qui tournent au maintien de la constitution et au bonheur
de tous. On ne peut donc appeler droit n’importe quelle exigence arbitraire de l’individu, e
citoyen n’ayant des droits que ceux garantis à tous à tous citoyens. En d’autres termes, le droit est
fondé si un principe rationnel ou, ce qui devient au même, universel.

Mais, l’Etat seul peut remplir complétement la mission de faire respecter des droits
humains sur l’ensemble de territoire. Il arrive que certains agents respectant l’Etat (le pouvoir
public) à tel ou tel endroit violent eux-mêmes ces droits en abusant de leurs positions ; face à de
tels cas, des organisateurs non-gouvernementaux se donnent la peine d’épauler l’Etat dans cette
mission.

En effet, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme opèrent dans notre
pays. Elles rappellent à l’Etat ses obligations vis-à-vis de sa population conformément à la
constitution et aux accords internationaux ratifiés.

Les syndicats figurent sur la liste des institutions œuvrant pour la défense des droits
de l’homme. Ils sont spécialisés dans les sociaux et économiques. Ils rappellent aux patrons et à
l’Etat leurs obligations vis-à-vis des employés, conformément aux lois nationales et
internationales. La presse travaille également à la promotion des droits humains en diffusant les
nouvelles dans le respect des règles ethniques et déontologie régissant cette profession.

§8. DE LA VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME

52
D.U.D.H, article 2632
Bien qu’ils soient reconnus par les Etats, cependant les droits de l’homme subissent
des violations à tout moment et dans plusieurs circonstances. A chaque minute qui passe, on fait
face à un droit de l’homme violé ; tant à l’interne ou à l’extérieur du pays. Ce fléau met en danger
les individus qui sont censés vivre en toute tranquillité.

La proclamation solennelle des droits de l’homme est contredite par ma douloureuse


réalité de violations, de guerres, des violences de tous genres. Sur le continent africain, nous
devons reconnaitre, avec les évêques du SCEAM, que « les violations des droits de l’homme sont
perpétrées de mille manière et à tous les niveaux, notamment par les tenants du pouvoir
économique et politique. La politique n’est-elle pas devenue, pour le bien des dirigeants, la voie
propice de la dictature, du totalitarisme de l’oppression des plus faibles et des rivaux vaincus aux
compétitions électorales ? La liberté d’expression, le droit à l’information sont devenus des
attributs dont les peuples ne jouissent qu’incomplètement ou pas du tout. Que de pays où ils les
constitutions sont bafouées ! La personne humaine devient alors un jouet d’un pouvoir incontrôlé
qui pèse sur les esprits et sur les corps.53

Le non-respect des droits fondamentaux de la personne est non seulement la cause de


guerres et conflits vécus dans notre pays, mais aussi un frein au développement plénier et
durable. Ne pas manger à sa faim, ne pas pouvoir se faire soigner quand on est malade, ne pas
pouvoir assurer une éducation de qualité à ses enfants ; ne pas pouvoir assurer une éducation de
qualité à ses enfants, ne pas trouver un logis contre les intempéries, ne pas jouir de ses propres
biens par suite d’extensions répétées ; être constamment obligé de quitter son village ou se voir
dépossédé de ses terres et de ses ressources 54 sont autant des drames humains qui font violence à
la dignité des personnes, et compromettent l’épanouissement individuel et le développement
plénier de la population.

Plusieurs causes peuvent être à la base de ces violations, par exemple, sur le plan
politique, sur le plan juridique, sur le plan social et aussi sur le plan économique.

i. Les causes de violation des droits de l’homme sur le plan politique

Le rôle du pouvoir politique à l’égard des droits de l’homme peut se résumer en deux
mots : protection et promotion. La protection est première : « c’est donc là le devoir fondamental
des pouvoirs publics d’adorer les rapports juridiques des citoyens entre eux ; de manière que
l’exercice des droits chez les autres, le même usage accompagne de l’accomplissement des
devoirs correspondants. Il s’agit enfin de maintenir l’intégrité des droits pour tout le monde et de
la rétablir en cas de violation.55

53
SCEAM, Justice et évangélisation en Afrique, 29 juin – 7 juillet 1981, à Yaoundé,
Kinshasa, CEP, 1981, p.9
54
Jean XXIII insiste sur le droit à l’existence et à un niveau de vie décent, n°11.
55
Jean XXIII, PACIM Interris, n°62
L’autorité politique doit s’acquitter de cette obligation surtout par une législation
précise et adoptée notamment sur le plan pénal et par les services publics de la justice et de la
police. La violation des droits de l’homme est entrainée par la défaillance du législateur face à
l’élaboration de la loi électorale. En effet, le législateur pouvait tirer beaucoup d’attention en
élaborant cette loi pour mettre des barrières pour ceux n’ayant pas un certain niveau d’étude.

Quiconque peut dont devenir parlementaire aujourd’hui même s’il n’a pas étudié ; là
pour c’est que ce dernier, ignorant les droits et sui lui lient avec le peuple, ne saura contribuer à la
protection ni moins à la promotion des droits de l’homme qui est l’un des critères d’un Etat de
droit.

Cette difficulté nécessite une révision urgente de la loi électorale en vue de mettre e,
place certaines conditions relatives au niveau d’étude pour la bonne composition de la classe
politique. La volonté des politiques joue un grand rôle dans la mise en œuvre des droits de
l’homme : il y a des politiques qui, ayant fait plusieurs années dans l’exercice de leurs fonctions,
ne se sentent pas encore occuper par la poursuite de l’intérêt commun, encore faudra-t-il penser à
créer un organe étatique au non étatique et l’octroyer la mission de contrôler le parlementaire
dans l’exercice de ses fonctions légalement reconnues. De cette façon, chaque parlementaire ne
peut pas déroger à ses obligations vis-à-vis de la population qu’il représente.

ii. Les causes de violation sur le plan juridique

L’injustice sociale ne rime jamais avec la paix sociale et le fonctionnement


harmonieux des institutions. Dans un Etat plein d’injustice sociale, il faut s’attendre absolument à
la crise de légitimité des institutions. Car, face à l’oppression, les citoyens ont toujours tendance
de croire que ce sont les institutions en place qui cautionnent leur misère.

Ainsi, les instances judiciaires viennent soit atténuer ces tensions sociales soit encore
enfoncer les clous. Dans la première hypothèse, c’est lorsqu’elles disent droit en toute justice et,
dans la seconde, c’est la gangrène qui frappe le pouvoir judiciaire du Congo dont les magistrats
sont mal payés et n’accomplissent pas leurs fonctions juridictionnelles, mais se livrent à des
pratiques de corruption. C’est-à-dire que lorsque les instances judiciaires elles-mêmes l’injustice
comme nous l’avons démontré ci-haut avec l’exemple des magistrats qui rendent les décisions
uniques et organisent les simulacres des procès sous prétexte qu’ils sont mal payés ; les tensions
sociales sont possibles. C’est pourquoi, dans une certaine mesure, les instances judiciaires
doivent éviter les simulacres de justice et aussi se montrer capables d’appliquer parfaitement le
principe d’égalité de tous devant la loi », consacré par l’article 12 de la constitution, qui résume
l’essentiel d’un Etat de droit.

En effet, il n’aura rien d’un Etat de droit, si deux individus auteurs d’une même
infraction, se verrait l’un poursuivit et l’autre non à cause de son influence politique ou
d’appartenance tribale alors que les faits démontrent avec acuité les indices sérieux de sa
culpabilité. Comme nous l’avons vu ci-haut, le principe d’égalité devant la justice 56 fait partie
des éléments qui font la plénitude d’un Etat de droit.

L’ignorance de la loi peut assurer les cours et tribunaux à marcher sur les droits de
l’homme. En matière de droit, l’autorité ayant la justice dans ses attributions, devrait se rassurer
de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut pour palier à ce fléau et aussi organiser au moins
chaque trimestre, la séance de formation du corps juridique en vue de pérenniser la connaissance
de la loi.

La constitution congolaise aussi en des termes clairs consacre le principe de


séparation des pouvoirs et l’indépendance du pouvoir judiciaire 57. Ainsi, les juges sont soumis
dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi et non pas à l’autorité d’une institution
quelconque. Cela démontre le garde-fou contre toute influence des pouvoirs politiques, pouvant
intimider les juges. Le politique devrait donc rompre avec l’ancienne philosophie
d’assujettissement, d’intimidation, de menace contre les juges. Car, dans la conception juridique
de la justice, ce n’est pas le juge qui condamne (sauf s’il a intentionnellement rendu un mal jugé
en violation des règles), mais c’est la loi en vertu de laquelle il motive sa décision en vertu de
l’article 21 de la constitution qui condamne. Et même la loi, ce n’est pas lui non plus qui légifère
mais le Parlement (représentant du peuple), donc dans une démocratie c’est le peuple qui se
condamne et condamne ses dirigeants.

Empêcher le juge de faire son œuvre (dire le droit) est un frein à la considération de la
jeune démocratie. Mais, dans une certaine mesure, les juges congolais, par riposte ou par révolte
peuvent tirer les bénéfices secondaires des crimes comme l’avait conceptualisé Karl Marx 58 en
renforçant leur impartialité, indépendance et instaurant une nouvelle vague de justice. Et l’Etat
congolais aussi, peu tirer les mêmes bénéfices en renforçant son système de sécurité contre
l’insécurité à l’encontre du pouvoir judiciaire.

En somme, que la politique se retire du pouvoir judiciaire et que l’Etat congolais à


son tour, assure son noble devoir de protéger la population en générale et le juge en particulier,
pour lui permettre d’être indépendant et impartial, étant donné que l’indépendance et
l’impartialité sont des vertus sans lesquelles on ne peut pas prétendre assurer le fonctionnement
harmonieux des institutions de l’Etat.

De l’application de la peine de mort

56
Michel Levinet, Théorie générale des droits et libertés, Ed. Nemessis, 4ème
édition, Bruxelles, 2012, Pp 759-761, cité par MUGANZA MUYUMBA, l’exception
d’inconstitutionnalité des lois en droit positif congolais, édition Malaïka, Kinshasa, 2016, p.13
57
L’article 149
58
Karl Marx, Bénéfices secondaires du crime, Déviance et criminalité. Textes
réunis par Denis Szabo avec la collaboration d’André Normendeau, Paris, Librairie Armand
Colin, Coll « U2 », 1970, pp. 84-85,
L’application de la peine de mort constitue l’une des graves violations des droits de
l’homme en RDC ; la République Démocratique du Congo est un pays démocratique qui a
élaboré sa constitution conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme, ceci
pour rendre effectif un état des droits parce que l’un des critères d’un état des droits est aussi le
respect des droits de l’homme. La constitution étant une loi fondamentale d’un pays, toutes les
autres lois (internes) sont censées se conformer à elle. Cela voudrait catégoriquement dire qu’une
loi contraire à la constitution ne peut jamais être appliquée et elle est nulle.

L’article 5 du code pénal congolais livre I énumère les peines applicables en cas des
violations d’une loi et aussi déroger volontairement à ses droits fondamentaux. A l’analyse de
l’article 16 de la constitution qui dispose : « la personne humaine est sacrée. L’Etat a
l’obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité
physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi,… »59

La sacralité de la personne humaine est reconnue par la loi fondamentale, donner


volontairement la mort à quelqu’un c’est violer son droit à la vie or, il y a des circonstances dans
lesquelles l’Etat peut déroger aux droits de l’homme.60

La RDC est l’un des meilleurs ratificateurs des textes internationaux. Dans la mesure
où la constitution de notre pays consacre en son article 215 la primauté du droit international sur
le droit interne, ceci veut dire que lorsque le droit international dit, le droit interne se tait. Mais la
contradiction en pratique nous pousse à dire autrement. L’article 77 du statut de Rome énumère
les peines à appliquer parmi elles ne figurent pas la peine de mort. En cas de violation de la loi
internationale, faudra-t-il appliquer le droit interne au détriment du droit international ? L’article
215 de la constitution a déjà résolu le problème.

Les droits de l’homme sont universels, c’est-à-dire qu’ils sont reconnus à tous sans
distinction. L’article 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme dispose « tout
individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne » ; l’article 6 point 1 de la
charte des droits de l’homme et des libertés fondamentales dispose « chacun a droit à la vie. La
vie humaine mérite d’être protégée dès avant la naissance ». Après une lecture combinée de
toutes ces dispositions, nous sommes convaincus que la personne a le droit de vivre et, on peut en
aucun cas lui donner volontairement la mort comme pour lui donner une punition.

A l’analyse de l’article 6 point 1 de la charte des droits de l’homme et des libertés


fondamentales précitées, l’élément le plus important que nous avons souligné est que la vie
humaine mérite d’être protégée dès avant la naissance, c’est-à-dire dès la conception du fœtus,
l’Etat est obligé de lui assurer la protection. Mais le constat malheureux est soulevé par l’article
14 point 2, alinéa C du protocole de Maputo qui dispose : « protéger les droits reproductifs des
femmes particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de
viol, … ». Ceci va à l’encontre de l’article précité qui garantit la protection avant la naissance ; la
59
L’article 16 de la constitution
60
L’article 4 du pacte international relatif aux droits civils et politiques.
question que l’on se pose à ce niveau est qu’en cas de grossesse issue d’un viol, est-ce qu’il faut
condamner à mort l’enfant innocent ou bien condamne le violeur ? L’article 13 de la loi portant
protection de l’enfant dispose : « tout enfant a droit à la vie ». Ceci entre dans la catégorie des
violations des droits de l’homme parce que l’enfant conçu est considéré comme né, donc pousser
les femmes à avorter c’est encourager un assassinat volontaire.

iii. Les causes de violation sur le plan économique

La relation entre pauvreté et droits humains n’a jusqu’à présent pas été clairement
comprise et il existe peu de recherche empiriques sur ce thème. En conséquence, des prospectives
aux apparences fortement contractés demeurent. La vision dominante en matière du
développement économique considère que les programmes de réduction de la pauvreté sont si
variés et englobent tant de choses qu’ils permettront de faire respecter les droits humains.
Toutefois, les militants des droits humains estiment que les violations des dits droits sont l’une
des principales causes de la pauvreté. En conséquence, priver un individu de ses droits signifie,
par définition, la maintenir dans la pauvreté. En fait, ces deux approches détiennent une vérité et
une valeur ajoutée.

La pauvreté est aussi une cause de la violation des droits de l’homme. Dès lors qu’on
ne ……………………………….rien, on a toute possibilité de se lancer dans des pratiques
néfastes. Le chômage entre aussi en ligne de compte : le chômage peut pousser les individus à se
lever les uns contre les autres et cette hémorragie peut être calmée dans la mesure où l’Etat peut
penser créer les emplois et multiplier les aides publiques en vue de maîtriser la morale des
individus. Que tout citoyen se sente occuper par un travail qui lui fourmi même un petit rien, de
cette façon, on peut encore lutter contre les violations des droits de l’homme au plan économique.

iv. Causes de violation sur le plan social

Les individus sont sensés vivre en toute quiétude dans la société étant donné que tout
être humain possède des droits qui lui sont reconnus. Ils peuvent être respectés sur le plan
politique, juridique et économique. Cependant, les droits de l’homme peuvent connaitre les
violations sur le plan social. Ce constat étant amer quant à la mise en œuvre des droits de
l’homme, nous pouvons à titre d’exemple parler de la non vulgarisation de la loi. Où qu’il se
trouve, l’individu est obligé d’avoir la connaissance de la loi en vue de lui permettre de répondre
à ses obligations vis-à-vis de son pays d’une part, et d’autre part, de son prochain.

Lorsque la loi est rendue publique, elle est donc à la portée de tout le monde. Lorsque
l’individu n’a pas connaissance de la loi, normalement les droits sont mis en danger. Il est
impérieux à ce point que l’Etat s’assure de la vulgarisation de la loi en vue de mettre fin aux
violations des droits humains sur le plan social.

Il est à noter que dès sa naissance, toute personne possède les droits qui lui sont
reconnus et garantis par la constitution aussi bien que par les autres textes légaux. La mise en
œuvre de ces droits est l’obligation de l’Etat et aussi du citoyen, l’Etat est obligé de s’assurer par
son implication, de la promotion ainsi que de la protection. L’Etat doit donc prendre toutes les
mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre des droits de l’homme et aussi protéger les
individus qui en sont bénéficiaires contre les violations de leurs droits commises par les acteurs
non-étatiques, des agents publics étrangers…

CHAPITRE III. LA MISE EN OEUVRE ET ENJEUX MAJEURES DES DROITS DE


L’HOMME

SECTION 1. LES INSTRUMENTS RELATIFS AUX DROITS DE L’HOMME

Nous parlons dans cette partie, des instruments internationaux et aussi des
instruments internes (nationaux).

3.1.1. Les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme


Comme cela a été dit plus haut, c’est organisation des Nations Unies (ONU), créée en
1945 qui a universalisé la protection internationale des droits de l’homme, en adoptant des
instruments qui proclament et protègent tous les hommes où qu’ils se trouvent et sans
discrimination de quelque motif que ce soit. Les instruments adoptés dans le cadre de l’ONU sont
appelés « instruments universels ». Suivant l’exemple des Nations Unies, des organisations
régionales ont, elles aussi adopté des instruments relatifs aux droits de l’homme. Ces instruments
sont appelés « instruments régionaux » Qu’ils soient universels ou régionaux, les instruments
internationaux relatifs aux droits de l’homme sont soit généraux, soit sectoriels ou particuliers.

Les instruments généraux sont ceux qui visent la promotion et la protection de


l’ensemble des droits ou d’une catégorie des droits de l’homme. Par contre, les instruments
sectoriels ou particuliers sont ceux qui poursuivent soit la défense d’un droit particulier, soit celle
d’une catégorie d’individus.61 Dans cette partie, nous allons faire inventaire de principaux
instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et aussi donner leur statut dans l’ordre
juridique congolais.

Inventaire d’instruments relatifs aux droits de l’homme

Il existe plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. Il serait


donc important d’en faire un inventaire complet dans le cadre de cette étude. Par conséquent,
notre inventaire de limitera aux principaux instruments et plus particulièrement (non
exclusivement) ceux auxquels la République démocratique du Congo fait partie.

A. INSTRUMENTS UNIVERSELS

Les Nations Unies ont adopté trois principaux instruments généraux qui constituent
ce qu’on appelle « la charte internationale de droits de l’homme » et quatre instruments sectoriels
et leurs protocoles.

 La charte internationale de droits de l’homme

61
A. MAZYAMBO MAKE NGO KISALA, Droits des réfugiés et des travailleurs
migrants », Kin, 2004, P. 95
La charte nationale des droits de l’homme comprend: la déclaration universelle des
droits de l’homme, le pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels, et le
pacte international relatif aux droits civils et politiques et des deux protocoles.

 La déclaration universelle des droits de l'homme


La déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) a été adoptée par
l’assemblée générale des Nations Unies, le 10 décembre 1948. Ce n’est pas un traité international
; c’est une résolution qui, de par sa nature, n’a pas de force contraignante.

La déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée comme un idéal


comme de l’humanité en matière des droits. Cependant, bien que n’ayant pas, en théorie, de force
contraignante, la DUDH a, aujourd’hui une influence et même une autorité considérable tant sur
le plan international que sur le plan interne. Elle est l’instrument international le plus connu de
par le monde et plusieurs constitutions (internes) le citent nommément comme instrument de
référence ; ce qui lui donne une portée juridique incontestable.62

 Le pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels63


Le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC)
est un traité, c’est-à-dire un instrument juridique contraignant qui lie les États qui en sont parties.
Il a été adopté le I 6 décembre I 966. 11 est entré en vigueur le 3 janvier I 976. La République
Démocratique du Congo y a adhéré le 1er Novembre 1976.

Le PIDESC compte 31 articles qui, d’une part, proclament en le développant, les


droits économiques, sociaux et culturels énoncé par la déclaration universelle des droits de
l’homme64 et de l’autre part, organise un mécanisme de protection des droits proclamés65.

Parmi les droits qui sont proclamés, nous citerons à titre d’exemple : le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit du travail, le droit des conditions de travail juste et
favorables, le droit de former le syndicat, de son choix, et de l’affilier au syndicat de son choix, le
droit de grève, le droit à la sécurité sociale, le droit de la faim, le droit de jouir du meilleur état de
santé physique et mentale, le droit d’éducation, le droit de participer à la vie culturelle etc. les
États sont tenus d’assurer progressivement et, dans la mesure de leurs possibilités, le plein
exercice de ces droits.

 Le pacte international relatif aux droits civils et politiques


Le pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) est, lui aussi un
instrument contraignant. Il énoncé et définit, à ses articles 1 à 27, les droits civils et politiques
reconnus au niveau des Nations Unies. Il a été adopté est entré en vigueur le même jour que le
62
André MAZYAMBA MAKENGO [Link], [Link]., P.23 7
63
Article 11
64
Articles 1 à 15
65
Articles 16 à 25.
PIDESC la date de l’adhésion de la RDC au PIDCP est la même que celle de son adhésion au
PIDESC.

Ses dispositions peuvent être regroupées en deux catégories : d’une part, les
dispositions qui imposent aux États les obligations d’ordre général en rapport avec les droits
énoncés106 et de d’autre part, les dispositions qui proclament des droits66.

Parmi les obligations d’ordre général imposées aux États, nous citerons :
l’interdiction de la discrimination, l’adoption des mesures de mise en œuvre de droits énoncés,
l’organisation de voies de recours internes, le respect de l’égalité entre l’homme et la femme dans
la jouissance de tous les droits, le respect du noyau dur de droits ( droits non dérogeables) en cas
de survenance des circonstances exceptionnelles, l’interdiction de restreindre ou déroger aux
droits reconnus sous prétexte que le pacte ne les reconnaît pas ou les reconnaît à un moindre
degré.67

Les droits énoncés par le pacte sont notamment : le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes, le droit à la vie, le droit à ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, le droit à ne pas être tenu en esclavage ou servitude,
le droit à ne pas être astreint à accomplir un travail forcé, le droit à la liberté et à la sécurité
personnelle, le droit, quand on est détenu ou arrêté, à être traité avec emprisonné pour
l’inexécution d’une obligation contractuelle, le droit à la liberté de mouvement, le droit de quitter
n’importe quel pays y compris le sien, le droit de ne pas être arbitrairement privé du droit
d’entrée dans son pays, le droit à la liberté d’opinion, le droit à la liberté d’expression, le droit à
la liberté de pensée, de conscience et de religion etc.

 Le premier protocole facultatif au pacte relatif aux droits civils et politiques


Le premier protocole facultatif au PIDCP a été adopté au même moment que les deux
pactes. Ce protocole institue la procédure de communications individuelles, (plainte des
particuliers contre les États). La RDC a adhéré à la même date que le pacte.

Le deuxième protocole facultatif au pacte relatif aux droits civils et politiques visant
l’abolition de la peine de mort Le deuxième protocole facultatif au PIDCP visant l’abolition de la
peine de mort a été adopté par l’assemblée générale des Nations Unies de 15 décembre 1989. Cet
instrument interdit aux États parties d’exécuter la peine de mort qui aurait été prononcée contre
une personne relevant de leur juridiction. Il leur demande, par ailleurs, de prendre des mesures
pour abolir ladite peine dans leur juridiction. Cet instrument est entré en vigueur le 11juillet 1991.
La RDC ne l’a pas encore ratifié.

B. LES INSTRUMENTS SECTORIELS OU PARTICULIERS


66
Art 1 à 5 du pacte international relatif aux droits civils et politiques.
67
André MAZYAMBO MAKENGO KISALA [Link]. p.238
Les principaux instruments sectoriels adoptés dans le cadre des Nations Unies sont les suivants:

La convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de


discrimination raciales, adoptée le 21 décembre 1965 et entrée en vigueur le 01
avril 1969, la RDC y a adhéré en avril 1976 ;
La convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard
des femmes, adoptée le 18 décembre 1979 entrée en vigueur le 3 septembre 1982;
la RDC l’a ratifiée le 17 octobre 1986;
Le protocole facultatif à la convention sur l’élimination de toutes formes de
discriminations à l’égard des femmes, adoptées le 16 décembre 1999 et entrée en
vigueur le 22 décembre 2000, la RDC n’est pas encore partie à ce protocole ;
Le protocole à convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants, adoptée le 10 décembre 1984 et entrée en vigueur le 26
juin 1987 ; la RDC y a adhéré en mars 1996;
Protocole à convention contre la torture, adopté le 18 décembre 2002 et entre en
vigueur le 22 juin 2006 ; la RDC n’est pas encore partie à ce protocole;
La convention relative aux droits de l’enfant, adoptée le 20 novembre 1989 et
entrée en vigueur le 2 septembre 1990 ; la RDC Pa ratifiée le 20 mars 1990;
Le protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant concernant la
vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène les
enfants, adopté le 25 mai 2000 et entré en vigueur le 18 janvier 2002 ; la RDC l’a
ratifié le 28 mars 2001 ;
Convention internationale sur la protection des droits des tous les travailleurs
migrants et des membres de leurs familles adoptées le 18 décembre 1990 et entrée
en vigueur en 2003 ; la RDC l’a ratifié le 30 mars 2002.
C. INSTRUMENTS REGIONAUX

Nous nous limiterons ici à inventorier les instruments adoptés dans le cadre régional
africains, (l’organisation de l’unité Africaine (OUA), devenue l’Union Africaine (UA), a adoptée
quatre principaux instruments relatifs aux droits de l’homme qui sont:

 Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples;


 Le protocole additionnel à la charte e créant la cour africaine des droits de l’homme et des
peuples;
 La convention de l’OUA régissant les propres des réfugiés en Afrique;
 Et la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

 La charte africaine des droits de l’homme et des peuples


La charte africaine de droits de l’homme et des peuples a été adoptée le 27 juin 1981
à Nairobi (Kenya). Elle est entrée en vigueur en 1986. La RDC l’a ratifiée le 20 juillet 1987. Elle
proclamé des droits, mais aussi des devoirs dans un effort de traduire une conception des droits
de l’homme propre au continent africain.

Les droits proclamés sont aussi bien les droits de l’individu (droits civils et politiques,
droits économiques, sociaux et culturels, droits de solidarité) que les peuples (l’égalité des
peuples, l’égalité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit des peuples à la libre
disposition de leurs richesses et ressource naturelles).

La charte proclamée, par ailleurs, les devoirs de l’individu. Ceux-ci sont regroupés en
cinq catégories : devoirs envers autrui, devoirs envers la famille, devoirs envers la société,
devoirs envers l’État et les autres collectivités légalement reconnues, devoirs envers la
communauté internationale.

La charte créé un organe de supervision de son application par les États parties : la
commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

 Le protocole additionnel à la charte des droits de l’homme et des peuples créant la cour
africaine des droits de (homme et des peuples
Le protocole additionnel à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples a
été adopté à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 1998. Appelé protocole de Ouagadougou, il est
entré en vigueur le 25 janvier 2004. Le protocole crée une cour africaine des droits de l’homme et
des peuples.

Cette cour composée de 11 juges, complète les fonctions de protection que la charte
africaine des droits de l’homme et des peuples à conférées à la commission africaine des droits de
l’homme et des peuples.

La cour africaine des droits de l’homme et des peuples à compétence pour connaitre
de toutes les affaires et de tous les différents dont elle est saisie concernant l’interprétation et
I1application de la charte, du protocole, et de tout autre instrument relatif aux droits de l’homme
et ratifié par les États africains 68 ( compétence contentieuse). En matière contentieuse, la cour
peut être saisie par la commission, les États, les organisations intergouvernementales africaines,
les individus et les organisations non gouvernementales (ONG) dotées du statut d’observateur
auprès de la commission. Elle peut en outre, donner à la demande d’un Etat membre de l’Union
africaine, de tout organe de PUA ou d’une organisation africaine reconnue par PUA, des avis sur
toute question juridique concernant la charte ou tout autre instrument relatif aux droits de
l’homme69 (compétence consultative). Ce protocole est facultatif en ce sens que les États qui ont
ratifié la charte africaine des droits de l’homme et des peuples ne sont pas tenus de la ratifier. La
RDC a ratifié le protocole d’Ouagadougou le 28 mars 2001.

 La convention de L ‘OUA régissant les aspects propres des refugiés en Afrique


68
Article 4 du protocole.
69
Article 3 du protocole
La convention régissant les aspects propres des réfugiés en Afrique a été adoptée à
Addis-Abeba le 10 septembre 1969 et est entrée en vigueur le 20 juin 1974. La RDC l’a ratifiée.
Cette convention complète la convention relative au statut des réfugiés adoptée dans le cadre des
Nations-Unies le 18juillet 1951.70

La particularité de la convention africaine consiste dans le fait que celle-ci donne aux
réfugiés une définition plus large que celle de la convention ancienne. En effet, alors que la
convention de 1951 ne vise que la personne qui fuit le pays, dont elle a la nationalité, par craintes
d’être persécuté, la convention africaine étant le concept de réfugié à toute personne obligée de
quitter son pays «du fait d’une agression, d’une occupation extérieure, d’une dominante étrangère
ou d’événements troublant gravement l’ordre public Article 3 du protocole dans une partie ou
dans la totalité de son pays d’origine ou du pays dont elle a la nationalité ».71

 La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant


La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant a été adopté à Addis-Abeba,
en juillet 1990. La RDC Pa ratifiée le 28 mars OO1. Dans sa première partie (articles 1 à 3 1) cet
instrument définit le concept d’enfant, énonce ses droits, détermine les obligations des États
parties, la responsabilité des parents et les responsables des enfants. Dans sa deuxième partie
(articles 32 à 48), la charte crée et organise l’organe de supervision de son application par les
États parties ; le comité de droits et du bien-être de l’enfant.

STATUT DES INSTRUMENTS INTERNATIONAUX RELATIFS AUX DROITS


DE L’HOMME DANS L’ORDRE JURIDIQUE CONGOLAIS
La question du statut interne des instruments internationaux relatifs aux droits de
l’homme et réglée par les dispositions de l’article 215 de la constitution de la République
démocratique du Congo. Cette disposition est ainsi libellé : « les traités et accords internationaux
régulièrement conclus ont, dès leur publication, une force supérieure à celle des lois, sous réserve
pour chaque traité ou accord, de son application par l’autre partie ».72

La constitution fait ainsi de la République démocratique du Congo un Etat ministre,


c’est-à-dire, un Etat qui incorpore les traités son ordre juridique sans aucune finalité particulière.
Les traités internationaux conclus par l’Etat congolais fait d’office parti de son ordre juridique.

La publication et la réciprocité sont des conditions de leur application dans l’ordre


juridique interne et non de leur incorporation. Il importe, toutefois, de relever ici que ces deux
conditions ne s’appliquent pas à l’égard des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme.
En principe, l’absence de publication d’un traité international relatif aux droits de l’homme ne

70
A. MAZYAMBO MAKE NGO KISALA, [Link]. p. 95

71
Article 12 de la convention.
72
Article 4 du protocole.
devrait pas empêcher son application au profit des individus. En effet, la publication a pour
objectif de faire connaître et de rendre le texte opposable à tous. Mais si un individu, en dehors
d’une publication au journal officiel, prend connaissance de l’existence d’un instrument qui lui
est favorable et l’invoque devant une juridiction, est-on droit de lui opposer son non publication?
La réponse doit être négative. A ce sujet, « la solution qui se profile dans certains États monistes
consiste à appliquer les traités créant des droits au profit des individus indépendamment de leur
publication. Les juridictions estiment dans ce cas que les autorités nationales sont de toute
manière ténue par les traités dès son entrée en vigueur au niveau international et que cette
application ne porte pas atteinte à la sécurité juridique dans la mesure où elle contribue à garantir
un droit de l’individu et non à lui imposer des obligations» 73 dans tous le cas ce débat ne présente
pas beaucoup d’importance pour la République démocratique du Congo dans la mesure où la
quasi-totalité instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme a été publiée au journal
Officiel.

La condition de la réciprocité est, d’autre part, incompatibles avec les prescrits du


droit international accepté que « par sa nature même, une convention multilatérale qui garantit les
droits engendre une obligation dont le respect absolu s’impose non à titre de contrepartie des
droits consentis par les autres États signataires mais a. raison des engagements pris à l’égard de
ses personnes bénéficiaires. »74

Par ailleurs, la constitution congolaise ayant, dans son préambule, fait expressément
référence aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, ceux-ci ont non
seulement un rang supérieur à celui des lois, comme le dit clairement l’article 215 de la
constitution, mais encore valeur constitutionnelle. Ils font partie de ce que la cour
constitutionnelle Française appelle « bloc de constitutionnalité ». La conséquence de ce moniste
est que les dispositions des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme peuvent être
invoquées directement devant les autorités administratives ou juridictionnelles à la seule
condition qu’ils soient auto-exécutoires, c’est-à-dire, susceptibles d’être appliquées sans qu’il soit
nécessaire de prendre des mesures supplémentaires ; qu’elles soient des dispositions claires,
précises et juridiquement complètes.75

Nous sommes d’avis qu’en dépit du fait que la constitution et les lois de la
République démocratique du Congo proclament un grand nombre de droits de l’homme reconnus
dans les instruments internationaux, l’application fréquente de ces derniers par les cours et
tribunaux congolais présente un grand intérêt. En effet, ces instruments complètent, enrichissent
et corrigent heureusement les normes internes : leur catalogue des droits est plus étoffé que celui
des textes internes, leurs définitions des droits sont plus riches et plus progressistes que celles
contenues dans la constitution, enfin, leur rang dans l’ordre juridique congolais ouvre aux

73
A. MAZYAMBO MAKENGO KISALA, [Link], p.95
74
Article 12 de la convention.
75
Article 112 de l’acte constitutionnel de la transition du 9 avril 1994, article 193
de la constitution de la transition
particuliers des nouvelles possibilités de recours contre les abus légaux et réglementaires. Plus
clairement, nous estimons qu’une personne peut saisir la juridiction compétente, en l’occurrence
la cour constitutionnelle, pour obtenir l’annulation d’une loi ou d’un règlement contraire à un
traité international relatif aux droits de l1homme.

3.1.2. LES INSTRUMENTS INTERNES RELATIFS AUX DROITS DE L’HOMME

Dans l’ordre juridique interne, la proclamation et les garanties des droits de l’homme
peuvent résulter de la constitution, des lois et des règlements. Dans les lignes qui vont suivre,
nous n’examinerons que les instruments de l’ordre juridique congolais.

1. La constitution
L’examen de la constitution s’articule autour de deux points essentiels : l’évolution
historique du catalogue constitutionnel des droits de l’homme et l’examen des droits proclamés
dans la constitution du 18 février 2006.

A. ÉVOLUTION HISTORIQUE DU CATALOGUE CONSTITUTIONNEL DES DROITS


DE LHOMME

La République démocratique du Congo na pas comme de véritables proclamations


des droits de l’homme avant son accession à l1indépendance. Aux termes de l’article premier de
la charte coloniale, le Congo belge avait une personnalité distincte de celle de la métropole et
était régi par des lois particulières.

Les droits qui étaient garantis par la constitution et les lois belges n’étaient pas
d’office applicable aux congolais. Aux termes de l’article 2 de la charte coloniale, seuls les droits
énoncés par certaines dispositions des articles 7, 21, 22, et 24 de la constitution belge alors en
vigueur étaient reconnus à l’ensemble des habitants du Congo Belge. Pour les restes des droits, ce
texte faisait une distinction entre les belges, les congolais immatriculés et les étrangers, d’une
part, et de l’autre, les indigènes non immatriculés ; ceux-là jouissant de plus des droits que ceux-
ci. Ainsi donc, pour les colonisateurs belges, les hommes ne naissaient pas égaux en droits et en
dignité76.

La première constitution deux textes : la loi fondamentale du 19 mai 1960 relative


aux structures du Congo et la loi fondamentale du 17 juin 1960 relative aux libertés publiques.

La loi fondamentale relative aux libertés publiques était la première grande charte des
droits du Congo indépendant. En 1964, le Congo décida de se doter d’un autre texte fondamental
en remplacement de la loi fondamentale. Celui-ci fut adopté le 1 août de cette année.

76
Sciotti-lam (Claudia). L’application des traités internationaux relatifs aux droits
de l’homme en droit interne ». Bruxelles, Bruyeant, 2004, Pp. 319-320.
La constitution « révolutionnaire » qui sera adoptée deux ans plus tard (le 24 juin
1967) restera dans cette ligne et constitutionnalisera un très grand nombre de droits et de libertés
consacrés dans la constitution du premier août 1964.

En résumé, le catalogue des droits est resté pratiquement en chargé entre 1967 et
1990. On peut toutefois signaler la réapparition de certains droits dans le texte révisé du 15
février 1976. Tél est le cas du droit au secret de la correspondance et de toute autre forme de
communication77, de la liberté d’exercer l’art, le commence et l’industrie 78 du droit de grève, du
droit à élire et à être élu79

A l’avènement du régime de 1997, un nouveau texte constitutionnel a été adopté : le


décret-loi constitutionnel n°003 du 23 mai 1997 relatif à l’organisation et à l’exercice du pouvoir
en République démocratique du Congo. Ce texte sera modifié successivement par le décret-loi
constitutionnel n°74 du 25 mai 1998 et le décret-loi constitutionnel n°96/2000 du 01juillet 2000.

Le 4 avril 2003, le décret-loi constitutionnel a été remplacé par la constitution de la


transition élaborée dans le cadre du dialogue inter-congolais qui a mis fin à une guerre de cinq, à
la fin interne et internationale, guerre ayant opposé le Gouvernement officiel à des mouvements
de rébellion soutenus militairement par l’Ouganda et le Rwanda. Appelé à régir uniquement la
période de la transition, ce texte contenait un nombre élevé de dispositions relatives aux droits de
l’homme et aux libertés fondamentales.

B. LES DROITS DE L’HOMME DANS LA CONSTITUTION DE LA RDC

Ce texte constitutionnel présentement en vigueur en République démocratique du


Congo est la constitution de la République démocratique du Congo proclamée le 18 février 2006.

S’inscrivant sur la droite ligne de la constitution de la transition, le texte en vigueur


contient un très grand nombre de dispositions relatives aux droits de l’homme. Ces dispositions
proclament les droits reconnus aux citoyens, définissent les droits des étrangers, indiquent les
régimes dérogatoires aux droits et libertés.

1.1. Droits proclamés


Les droits de l’homme sont proclamés dans le titre II de la constitution intitulé : «
des droits humains, des libertés fondamentales et des devoirs du citoyen et de l’État ». Ce titre qui
contient 57 articles proclame trois catégories droits: droits civils et politiques, droits
économiques, sociaux et culturels, droits collectifs.

 Droits civils et politiques : sont reconnus dans la constitution de la République


démocratique du Congo, dans les articles l1 à 33.5.
77
Ibid
78
André MAZYAÌMBO MAKENGO KISALA, [Link]. p. 244
79
Ibid
Nous pouvons à titre d’exemple citer quelques-uns:

- Droit de congolais à ne pas être discriminé en matière d’éducation d’accès aux fonctions
publiques et en aucune autre matière (art. 13);
- Droit à ne pas être tenu en esclavage ni dans une condition analogue (art. 17.4);
- Droit à ne pas être condamné pour une action ou une omission qui ne constitue pas une
infraction à la fois au moment où elle est commise et au moment de la condamnation
(art.17.4);
- Droit à l’inviolabilité du domicile (art. 29);
- Droit d’asile (art. 33.1);
- ...
 Droits économiques, sociaux et culturels
Les droits économiques sociaux et culturels sont reconnus par la constitution de la
République démocratique du Congo dans les articles 34 à 49.

A titre d’exemple, nous pouvons citer:

- Droit au commerce, à l’exercice de Part et de l’artisan (art.35) ;


- Droit pour un niveau de connaître les noms de son père et de sa mère (art. 41.2);
- Droit à la propriété intellectuelle (art 46.2);
- Droits pour la personne du troisième âge et à la personne avec handicap à des mesures
spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques, intellectuelles et
muraux (art 49);
- …

 Droits collectifs
Ils sont reconnus dans la constitution de la République démocratique du Congo dans
les articles 51 à 59.

Nous pouvons à titre d’exemple citer:

- Droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral (art. 53.1);


- Droit de congolais de jouir des richesses nationales (art 58.1);
- Droit de congolais de jouir du patrimoine commun de l’humanité (art 59) ...
La lecture de ces dispositions révèle que la constitution a incorporé la quasi-totalité
des droits proclamés par les instruments internationaux Elle apporte, par ailleurs, une protection
particulière à certaines catégories de personnes considérées comme vulnérables, notamment les
femmes, les enfants, les personnes de troisième âge et les personnes avec handicaps.80

1.2. La loi et le règlement

80
Article 23
Proclamés dans la constitution, les droits de l’homme et les libertés fondamentales
relèvent aussi du domaine de la loi. En effet, l’article 22 de la constitution de la transition, cité
parmi les matières dont les règle sont fixées par la loi : les droits civiques et les garanties
fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, la nationalité, l’état
des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et les libéralités, le droit du travail et de
la sécurité sociale.

Il paraît ainsi clairement que la constitution donne le catalogue des droits et libertés
fondamentaux et détermine les principes fondamentaux relatifs à leur exercice et à leur garantie.
Le reste relève du domaine de la loi. Celle-ci peut, en conformité avec les principes
constitutionnels, précis la définition des droits, donner leur portée Exact, l’exercice de certains
droits, déterminer les autorités administratives ou judiciaires compétentes en matière des
protections des droits de l’homme, organiserai la sanction de la violation des droits et libertés
(détermination des infractions et des peines, organisation des voies de recours). Certains droits
peuvent même être réglés par un texte réglementaire après que les principes fondamentaux aient
été déterminés par la loi. II existe dans l’ordre juridique congolais un grand nombre des textes
légaux et réglementaires relatifs aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Nous
pouvons citer quelques-uns ci-dessous.

A. TEXTES LÉGISLATIFS

- Loi n°015/2002 du 16 novembre 2002 portant code du travail;


- Loi n°023/2002 du 1 9 novembre 2002 portant code judiciaire militaire;
- Loi n°024/2002 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire;
- Loi n°87-010 du 01 août 1987 portant code d la famille;
- Loi n°73-02 1 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime
foncier et immobilier et régime de sûreté;
- Loi n° 96-002 du 22 juin I 996 fixant les modalités de l’exercice de presse;
- Loi n°04/2001 du 20 juillet 2001 portant des dispositions générales
applicables aux associations sans but lucratif et aux établissements l’utilité
publique;
- Loi n°04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des
partis politiques;
- Loi n°04/O 16/2002 du 16 octobre portant création des tribunaux de travail;
- Ordonnance loi n°82-017 du 31 mars 1982 relative à la procédure devant la
cour suprême de justice;
- Loi n°04/009 du 05 juin 2004 portant organisation, attributions et
fonctionnement de l’observation Nationale des droits de l’homme;
- Loi sur la répression des violences sexuelles.
B. TEXTES RÉGLEMENTAIRES

- Décret du 6 août 1959 portant code de procédure pénale;


- Ordonnance n°078-289 du 3 juillet 1978 relative à l’exercice des attributions d’officier et
ayant de police judiciaire près les juridictions de droit commun;
- Ordonnance n°344 du 17 septembre 1965 portant régime pénitentiaire;
- Décret du 7 mars 1960 portant code de procédure civile;
- Décret du 6 décembre 1950 sur l’enfance délinquante;
- Décret du 21juin 1937 sur la réhabilitation des condamnés.
SECTION 2: LES MÉCANISMES DE PROMOTION ET DE PROTECTION DE DROITS
DE L’HOMME

Les instruments relatifs aux droits de l’homme ne se limitent pas à proclamer des
droits, ils aménagent aussi des mécanismes de supervision la garantie et du respect des dits droits.
Ces mécanismes existent aussi bien sur le plan international que sur le plan interne.

3.2.1. MECANISMES INTERNATIONAUX

Les mécanismes internationaux sont ceux qui sont institués par les traités ou par des
actes unilatéraux des organisations internationales. Ils sont soit universels, soit régionaux.

[Link]. MECANISMES UNIVERSELS

Les mécanismes universels de promotion et de protection des droits de l’homme


s’entendent ici comme ceux qui sont institués dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies.
Les mécanismes aunisiens de promotion et de protection des droits de l’homme sont deux types.
Il y a, d’une part, les mécanismes conventionnels et, d’autres part, les mécanismes non
conventionnels, dits aussi mécanismes fondés sur la charte.81

3. 2. 1. 2. MECANISMES CONVENTIONNELS

Les mécanismes conventionnels sont ceux qui sont institués par les conventions
internationales aux droits de l’homme dont l’inventaire a été fait plus haut. Ces conventions
créent des organes et de procédure, de supervision.

1. Organes de supervision : les comités

Les organes de supervision créés par les conventions internationales relatives aux
droits de l’homme adoptés dans le cadre des Nations Urnes s’appellent invariablement « comité».
Il y a donc aujourd’hui, sept comités à savoir:

 Comité des droits de l’homme;


 Comité des droits économiques, sociaux et culturels;
 Comité pour l’élimination de la discrimination raciale;
 Comité pour l’élimination de la discrimination l’égard des femmes;
 Comité contre la torture ;
81
Art. 24
 Comité des droits de L’Enfant;
 Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leurs familles.
Ces comités sont composés d’experts indépendants, élus par les États parties aux
conventions en fonction de leur expertise et leur expérience dans les domaines des droits de
l’homme. Dans leur élection, les États tiennent à ce qu’il y ait une réparation géographique
équitable et que les principaux systèmes juridiques du monde soient représentés.

Ces comités des droits de l’homme, le comité des droits économiques, sociaux et
culturels, le comité des droits de l’enfant se composent de 18 membres chacun; le comité contre
la torture et le comité pour la protection des droits de tous des travailleurs migrants de 10 et le
comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes de 23 experts.

Le comité des droits de l’homme et le comité des droits de l’enfant siègent trois fois
par an; le comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants, une fois par an; les
autres comités, deux fois par an.

Le haut-commissariat aux droits de l’homme à Genève fournit les services


nécessaires à tous les organes conventionnels, sauf au comité pour l’élimination de la
discrimination à l’égard des femmes, dont les services sont assurés par la division de la
promotion de la femme du Département des affaires économiques et sociaux au siège de l’ONU à
New York82.

L’organisation et le fonctionnement de ces comités sont fixés par les conventions et


les règlements intérieurs de chacun deux.

2. Procédures ou mécanismes de contrôle


Les conventions relatives aux droits de l’homme adoptées dans le cadre des Nations
Unies organisent quatre procédures ou mécanismes de contrôle : procédure de soumission de
rapports périodiques, procédures des communications interétatiques, procédure des
communications individuelles, procédure d’enquête.

a. Procédure de soumission de rapports


La présentation des rapports est la seule procédure obligatoire commune aux sept
instruments fondamentaux relatifs aux droits de l’homme. Aux termes de ces instruments, les
gouvernements ont l’obligation de présenter un rapport initial au comité compètent, puis des
rapports périodiques, d’urgence aux autres, selon ce que demande le comité.

82
Art. 29
Les comités aident les États à rédiger leurs rapports en leur donnant des directives
relatives à la forme et contenu des dits rapport s. De manière générale, les rapports doivent
fournir les informations Minima suivantes:

- Toutes les mesures adoptées par l’État partie pour donner effet aux droits
reconnus dans l’instrument en question;
- Les progrès réalisés dans la jouissance de ces droits;
- Des informations empiriques pertinentes, notamment des statistiques;
- Tous les problèmes et difficultés qui gèrent l’application du traité...
Les rapports des États sont, en générale, redirigés par les gouvernements. En RDC, il
existe un comité interministériel chargé de la rédaction des rapports qui doivent être soumis aux
organes de supervision institués par les conventions internationales chaque rapport examiné par
le comité concerné, en séance publique, devant les représentants de l’État qui l’a présenté.

A la fin de cet examen, le comité adopte des observations finales ou des


commentaires et des recommandations qui sont diffusés après chaque session et oubliés dans son
rapport annuel. Les États sont censés Appliquer ces recommandations et fournir les informations
sur les mesures qu’ils auront prises dans ce sens dans leur prochain rapport.

La République démocratique du Congo a comité des rares énormes dans la


présentation des rapports aux différents comités etc. En droit de l’existence d’un ministère chargé
des droits de l’homme et d’un comité international chargé de la rédaction des rapports.

b. Procédure de communication interétatique


Le terme « communication » est utilisé dans les conventions onusiennes pour
désigner « plainte » et ce, pour éviter de choquer les États qui acceptent difficilement l’idée d’être
traîné devant une instance internationale de contrôle.

Cette procédure est prévue par Le pacte international relatif aux droits civils et
politiques, la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille.

Les instruments permettent à tout Etat partie de porter plainte devant l’organe de suivi
contre un autre Etat partie qui a son avis, violerait les droits proclamés. Les comités doivent
examiner ces plaintes à huit clos et si nécessaire, constituer une commission de conciliation ad
hoc pour enquêter et régler l’affaire entre l’Etat concernés. 83 Mais ce mécanisme n’a à ce jour,
connu aucune application.

c. Procédure de communications individuelles

83
Marcel Wetsh Okonda Kosa Senga, « les perspectives des droits de l’homme
dans la Constitution congolaise », Kin, Ed., de la compagne pour les droits de l’homme au
Congo 2006, Pp. 45-50
Le dépôt de plaintes individuelles (communications) est prévu dans les protocoles
facultatif se rapportant au pacte International relatifs aux droits civils et politiques et la
convention sur l’élimination de toutes des formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi
que les clauses facultatives contenues dans la convention internationale sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale, et la convention contre la torture et la convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur
famille.

d. Procédure d’enquête
Cette procédure est prévue dans la convention contre la torture ;84 Et dans le protocole
facultatif à la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des
formes.85

Aux termes des dispositions de ces deux instruments, lorsque le comité contre la
torture ou le comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes reçoit des
informations fiables lui donnant de bonnes raisons de penser que des actes de torture ou de
discrimination à l’égard des femmes, respectivement, sont systématiquement commis sur le
territoire d’un Etat partie, il peut, de sa propre initiative, initier une enquête.

Lorsqu’il ouvre une telle enquête, le comité intéressé peut aussi se rentrée sur terrain
pour y établir les faits. Mais cette descente sur terrain n’est possible que si le gouvernement de
l’État intéresse y consent.

[Link]. Mécanismes non conventionnels (fondés sur la charte)

La commission des droits de l’homme des Nations Unies, aujourd’hui remplacé par le
conseil des droits de l’homme a été l’artisan principal des mécanismes non conventionnels dits
aussi mécanismes fondés sur la charte. Nous nous proposons ici de présenter très brièvement la
procédure confidentielle dite procédure 1 503 et les procédures publiques spéciales instituées en
application de la résolution 1235 du conseil économique et sociale.

1. La procédure confidentielle dite « procédure 1503 »

Aux termes de la résolution 1503 adoptée le 27 mai 1 970 par le conseil économique
et sociale, un groupe de travail spécial de sous-commission examine, tous les ans, des milliers de
pétitions individuelles pour repérer les pays dans lesquels il existe « un petit ensemble de
violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme, dont on a des preuves dignes de foi
84
Mazyambo Makengo Kisala, « la protection des droits de l’homme et les
mécanismes internationaux », RDC, 1999, Pp. 24-60.
85
Nowok Manfred, [Link]., P.28.
» la situation de ces pays est d’abord examinée devant commission, aujourd’hui conseil des droits
de l’homme, en plénière. L’origine de cette résolution remonte à 1947. La commission des droits
de l’homme, qui avait reçu alors beaucoup de communications dont la plupart contenaient des
plaintes relatives à des violations de droits de l’homme, s’interrogeait sur la destinée qui devrait
être celle de ces communications faisait une distinction entre les communications traitant des
principes qui sont à la base du respect et de l’observation des droits de l’homme et les « autres
communications » c’est-à-dire celles qui relèvent des violations des droits de l’homme.86

2. Les procédures publiques spéciales

Sur base de la résolution 1235 (XLII) adoptée le 6 juin 1967 par le conseil
économique et social, la commission des droits de l’homme a institué un certain nombre de
procédures spéciales pour traiter des allégations de violations de droits de l’homme.

Ces procédures consistent à enquêter et à faire publiquement rapport sur la situation


des droits de l’homme dans le pays où des territoires donnés (procédure géographique) ou sur des
violations graves des droits spécifiques à travers le monde (procédure thématique).

a. Procédure géographique

Lorsque la situation de droits de l’homme dans un pays laisse apparaître un ensemble


de violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme, les commissions des droits de
l’homme/le conseil des droits de l’homme peut adopter une résolution condamnant le pays en
cause/ou autoriser un expert à procéder à une enquête approfondie sur la situation de ce pays.

b. Procédure thématique

Un rapporteur spécial, un expert ou un groupe de travail peut être chargé d’enquêter


sur la violation d’un droit de l’homme spécifique dans tous les États. Avec l’autorisation de ceux-
ci, il peut effectuer des visites sur terrain.

Il existe aujourd’hui plus de trente procédures thématiques. Nous citerons à titre tout
à fait indicatif : le groupe BDE travail sur les disparitions forcées ou involontaires, le groupe de
travail sur la détention arbitraire, le rapport spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires
et arbitraire, le rapport spécial sur la liberté de religion ou de conviction, le Rapporteur spéciale
sur la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants, le Rapporteur
spécial sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant les
enfants.87

3.2. 2. Mécanismes régionaux

86
Mazyambo Makengo, « système onusien de protection des droits de l’homme...
», [Link]., P.56-58
87
Art. 20
Le système régional africain connaît deux types de mécanismes de protection des
droits de l’homme : mécanismes non juridictionnels et les mécanismes juridictionnels.

1. MÉCANISMES NON JURIDICTIONNELS


Les mécanismes non juridictionnels sont prévus dans la charte africaine des droits de
l’homme et des peuples et dans la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

Les organes suivis institués par ces deux instruments sont : la commission africaine
de droits de l’homme et de peuples et le comité des droits et du bien-être de l’enfant. Les
mécanismes ou procédures de suivi : ie mécanisme de soumission des rapports, le mécanisme de
communications interétatiques, le mécanisme de communications individuelles, et le mécanisme
du rapporteur spécial.

2. MÉCANISMES DE SOUMISSION DES RAPPORTS


Le mécanisme de soumission des rapports est institué par la charte africaine des droits
de l’homme et des peuples, à son article 62 et par la charte africaine de droit et du bien-être de
l’enfant, à son article 43. La charte africaine des droits de l’homme et des peuples impose aux
États membres l’obligation de présenter à la commission africaine des droits de l’homme et des
peuples un rapport tous les deux ans. Ce rapport parte sur les mesures d’ordre législatif ou autre,
prises en charge en vue de donner effet aux droits de et libertés reconnus et garanties par la
charte.

La périodicité de la présentation des rapports au comité de droits et du bien-être de


l’enfant est de deux ans qui suivent l’entrée du n vigueur de la charte par le rapport initial et de
trois ans pour les rapports périodiques. En plus de mesures adoptées pour donner effet à ces
dispositions, la charte des droits et du bien-être de l’enfant demande aux États parties d’indiqués
qui entravent ce respect des obligations qu’elle leur impose.

3. MÉCANISMES DE COMMUNICATIONS INTERÉTATIQUES


Ce mécanisme est prévu à l’article47 de la charte africaine de droits de l’homme et
des peuples et à l’article 44 de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Dans la
charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ce mécanisme est organisé d’une manière
similaire à ce qui est prévu dans les conventions onusiennes.

4. MÉCANISMES DE COMMUNICATIONS INDIVIDUELLES


Les communications (plaintes) individuelles peuvent être présentées aussi bien à la
commission africaine des droits de l’homme et des peuples 88 Qu’au comité des droits et du bien-
être BDE des enfants. 89 Peuvent présenter des communications individuelles, des individus

88
Articles 8 à 12
89
Keba Mbaye, « les droits de l’homme en Afrique », Paris, 1992, P.110.
personnes physiques et des organisations non gouvernementales. Le comité des droits et du bien-
être de l’enfant peut, par ailleurs, être saisi par l’organisation des Nations Unies.

5. MÉCANISME DU RAPPORT SPÉCIAL


S’inspirant de l’expérience de la commission des droits de l’homme et de l’ONU, la
commission africaine des droits de l’homme et des peuples à institué, par le biais de son
règlement intérieur, le mécanisme de Rapporteur spécial. À ce jour, les rapporteurs qui ont été
désignés par la commission n’ont reçu que des mandats thématiques. C’est ainsi qu’il existe, par
exemple, un rapporteur spécial sur la situation des prisonniers en Afrique.

6. MÉCANISME JURIDICTIONNEL (juridictionnel)


Le mécanisme juridictionnel est institué par le protocole d’OUAGADOUGOU créant
la cour africaine des droits de l’homme et des peuples la cour africaine des droits de l’homme et
des peuples sont composée de 11 juges.90 Elle peut être saisie par : la commission africaine des
droits de l’homme et des peuples, l’État partie qui a saisi la commission, l’État contre lequel une
plainte a été introduit, l’État partie dont le ressortissant est victime d’une violation des droits de
l’homme, les organisations intergouvernementales africaines, les individus et les organisations
non gouvernementales (ONG). Dotées du statut d’observateur auprès de la commission.91

3.2.3. MÉCANISMES INTERNES

Ils comprennent d’une part, les organes juridictionnels et non juridictionnels


compétents en matière des Droits de l’homme et d’autre part, les recours qui sont ouverts aux
personnes victimes d’une violation de leurs droits.

3.3. LES ORGANES JURIDICTIONNELS ET NON JURIDICTIONNELS

COMPÉTENTS EN MATIÈRE DE PROTECTION ET DE PROMOTION DES DROITS


DE L’HOMME

A. LES JURIDICTIONS

II existe deux ordres de juridictions en République Démocratique du Congo : 1’ordre


judiciaire et l’ordre Administratif. L’ordre judiciaire comprend les cours et tribunaux civils et
militaires placés sous le contrôle de la cour de cassation tandis que l’ordre Administratif
comprend le conseil d’État et les cours et tribunaux 92 Par ailleurs; la constitution crée une cour
constitutionnelle.93

90
Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Manuel des procédures spéciales
des droits de l’homme de l’ONU, projet, juin 2006, Pp. 26-28.
91
Article 55 de la charte africaine des droits de l’homme des peuples.

92
Article 44 de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Les cours et tribunaux sont les principaux organes de protection des droits de
l’homme dans l’ordre juridique interne. Mais, ils ne sont pas les seuls. En effet, il existe à côté
des instances juridictionnelles, d’autres organes qui jouent un rôle important dans la promotion et
la protection des droits de l’homme.

A. ORGANES NON JURIDICTIONNELS

La République démocratique du Congo ne compte pas beaucoup d’organes non


juridictionnels de promotion et de protection des droits de l’homme. L’organe non juridictionnel
le plus en vue est le ministère des droits humains. Nous pouvons citer également l’observation
Nationale des droits de l’homme.

1. LE MINISTÈRE DES DROITS HUMAINS

Ce ministère a été créé en 1998 par le décret n°078 du premier juin 1998 portant
nomination des membres des gouvernements de salut public. Ses attributions sont aujourd’hui
définies par le décret n°03/027 du 16 septembre 2003 fixant les attributions des ministres. Aux
termes de l’article 1er point 8 dudit décret, le ministère des droits de l’homme a comme
attributions spécifiques de ministère des droits de l’homme a comme attributions spécifiques:

 La promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales


 La diffusion et la vulgarisation des droits de l’homme
 Le suivi du respect des droits de l’homme
 L’examen des cas flagrants de violations des droits humains par des mécanismes propres
telles que la médiation en matière des droits de l’homme et la commission de contrôle,
sans se substituer aux cours et tribunaux ni aux procédures administratives prévues par la
loi;
 La collaboration avec le haut-commissariat aux droits de l’homme, avec la
commission africaine des droits de l’homme et avec d’autres institutions nationales,
régionales et internationales compétentes en matière de droits de l’homme.
2. L’OBSERVATJON NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME

L’observation Nationale des droits de l’homme a été créée par l’accord global et
inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo, en son point V.4 et par l’article
154 de la constitution de la transition entant qu’institution d’appui à la démocratie à côté de 4
autres institutions à savoir : la commission électorale indépendante, la haute autorité de médias,
la commission vérité et réconciliation, la commission de l’éthique et de la lutte contre la
corruption.

93
Article 11 du protocole.
L’organisation, les attributions et le fonctionnement de l’observatoire national des
droits de l’homme sont organisés par la loi n°04/019 du 30 Juillet 2004 et ce, conformément à
l’article 1 60 de la constitution de la transition.

3.4. LES RECOURS

Les droits de l’homme peuvent être violés par le législateur, l’exécutif ou par les
particuliers. Par être efficace, leur protection doit donc aller dans ces trois directions et
comprendre les recours contre les actes du législateur, contre les actes de l’exécutif et contre les
actes des particuliers. Ces recours peuvent être juridictionnels ou non juridictionnels.

A. LES RECOURS JURIDICTIONNELS

La constitution de la transition fait du pouvoir judiciaire le garant des libertés


individuelles net des droits fondamentaux des citoyens. Les mécanismes juridictionnels
constituent donc le pilier de la protection des droits de l’homme. Le droit congolais prévoit, à cet
effet, plusieurs recours juridictionnels qui peuvent être regroupés en trois catégories : recours en
appréciation de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi. Les recours
administratifs et les recours judiciaires.

1. Recours en appréciation de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi.

La constitution de la République Démocratique du Congo en son article 160 confié le


contrôle de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi à la cour constitutionnelle,
de création nouvelle. Cette voie de recours est, par ailleurs ouverte à toute personne qui peut agir
voie d’action ou par voie d’exemption.94

2. Recours administratifs

Les recours permettent d’obtenir l’annulation d’actes de l’administration qui violent


les droits et les garanties aménagés par la loi au profit des particuliers. Ils permettent aussi
d’obtenir réparation du préjudice causé par ces actes.

La constitution de la République Démocratique du Congo confie la compétence pour


connaitre des recours administratifs aux juridictions de l’ordre Administratif. L’article 155 dit
expressément que « le conseil d’État connaît, en premier et dernier ressort, des recours pour
violation de la loi, formés contre les actes, règlements et décisions des autorités administratives
centrales. Il connaît en appel des recours contre les décisions des cours administratives d’appel ».

En attendant la mise en place des juridictions de l’ordre Administratif, les recours


contre les actes de l’exécutif sont organisés par les articles 146 à 149 de l’ordonnance-loi n°82-
020 du 3 1 Macro 1 982 portant code de l’organisation et de la compétence judiciaire et 87 à 89

94
Article 5 du protocole.
de l’ordonnance-loi n°82-017 du 31 mars 1982 relative à la procédure devant la cour suprême de
justice.95

3. Recours judiciaires

Les recours judiciaires permettent essentiellement de sanctionner les violations des


droits de l’homme et des libertés fondamentales par les particuliers à l’encontre d’autres
particuliers, rarement les violations commises par l’État à l’encontre des particuliers.

L’action civile est l’action de droit commun. Le juge civil intervient dans les
domaines très variés des rapports entre particuliers : intimité de la vie privée, propriété privée,
travail, liberté syndicale, liberté d’expression etc. L’action pénale peut être mise en mouvement
lors que la violation d’un droit est érigée en infraction. Intervient ici aussi bien le juge pénal
ordinaire que le juge pénal militaire.

Le juge judiciaire peut attribuer des dommages et intérêts, annuler un contrat réputé
non écrite une clause, écarter un moyen de preuve obtenu en violation de la liberté de l’autre, etc.

B. LES RECOURS NON JURIDICTIONNELS

Il existe plusieurs recours non juridictionnels. Nous pouvons citer trois : le recours
gracieux, le recours devant le Ministère des droits humains et la pétition.

1. Recours gracieux

Il est ouvert dans toutes les hypothèses de litiges entre un particulier et l’État.

En effet, une personne qui estime qu’un acte réglementaire a violé l’un des droits qui
sont garantis par la constitution ou par la loi, a le droit de s’adresser à l’autorité qui a pris l’acte
incriminé pour obtenir sa modification ou son rapport. Ce recours gracieux doit, dans les cas
précéder tout recours contentieux.

2. Recours devant le Ministère des droits humains

Les victimes des violations des droits et libertés protégés par la loi peuvent, par voie
de requête, saisir le Ministère des droits humains qui, dans cette hypothèse, jouera le rôle de
médiateur de la République. Ce rôle consiste à amener les autorités administratives et judiciaires
à rétablir le plaignant dans ses droits.

Le Ministère des droits humains joué ce rôle dans se substituer aux cours et
tribunaux. Pour le faire, il n’examine la requête d’un particulier que:

95
Article 34 du protocole
 Si la Victime présumée d’une violation des droits a, au préalable, épuisé les retards
excessifs étant assimilés à l’épuisement des voies de recours;
 S’il y a refus manifeste de la part d’une autorité compétente de statuer sur la violation
présumée;
 S’il y a violation choquante flagrante d’un droit fondamental.
Comme dit le plus haut, les interventions du Ministère des droits humains en matière
de protection des droits de l’homme sont plutôt rares.

3. Droit de pétition

Le droit de pétition est prévu à l’article 31 de la constitution de la transition qui


dispose : « Tout congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement, une pétition
pacifique à l’autorité publique. Nul ne peut faire l’objet de discrimination pour avoir pris
l’initiative de pareille pétition.

Ce droit ouvre donc à toute personne la possibilité de l’adresser directement à l’une


des autorités suprêmes de l’État pour solliciter son intervention, en dénonçant une atteinte aux
droits de l’homme, ou en sollicitant une modification du droit en vigueur. Il importe donc que le
législateur intervienne rapidement pour fixer, par une loi, les modalités de son exercice.

CONCLUSION

Nous sommes arrivés au terme de notre travail qui porte sur « ¡‘Analyse critique du
respect des Droits de l’Homme : cas de la constitution du 18 Février 2006 ». Les investigations
ont été menées en vue de récolter certaines données traitant notre sujet, ceci dans le but de les
analyser de façon critique pour tirer au clair la notion de la mise en œuvre du respect des Droits
de l’Homme comme la constitution de notre pays l’indique. Après l’analyse de la situation, nous
avons compris qu’il existe un cadre juridique en République Démocratique du Congo pour ¡a
protection des Droits de l’Homme. Ce cadre est fait d’instruments internationaux et nationaux
(internes) tels que la constitution, chartes, lois et règlements. À travers les écrits, il est
remarquable que la constitution de la République du 18 Février 2006 contient un catalogue très
riche des Droits de l’Homme mais la mise en œuvre et les enjeux de ces Droits font face à une
difficulté énorme. Nous avons essayé de démontrer que les mécanismes congolais de protection
et de promotion des Droits de l’Homme sont des conceptualisations récentes, ils méritent d’être
consolidés par une volonté politique tenace des animateurs des différentes Institutions du pays, de
manière à servir également de pilier respectivement à la lutte contre l’impunité et à l’Etat de droit
en gestation. Il est très évident de dire que la constitution est très claire sur la notion du respect
des Droits de l’Homme, ils sont garantis mais la volonté politique est celle que nous déplorons.
Et toutefois, nous avons appelé la population à la prise de conscience, à apprendre comment
revendiquer ses droits car dit-on, un droit qui ne se réclame pas se perd. S’il se peut que la
volonté politique applique toutes dispositions telles que la constitution de notre pays les
reconnait, l’Etat des droits sera effectif et les Droits de l’Homme seront au centre de respect. Cela
établira chacun dans ses droits et on n’aura pas de pays injuste. Pour arriver à ces résultats, nous
avions scindé ce travail en trois chapitres sans oublier l’introduction et la conclusion. Le premier
chapitre a porté sur les définitions des concepts de base ou concepts clés de notre sujet ; le
deuxième chapitre a parlé de la théorie générale des Droits de l’Homme et enfin le troisième et le
dernier a porté sur la mise en œuvre et enjeux majeurs des Droits de l’Homme. Tout travail
humain peut toujours faire l’objet de certaines imperfections, le nôtre n’est pas exempté. Les
remarques et suggestions qui peuvent être formulées feront de nous l’objet d’amélioration.

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