Memoire Mathieu
Memoire Mathieu
Il nous est arrivé de tomber sur ce sujet afin d'étudier de près ce que c'est les droits de
l'homme, en vue de permettre à la population de savoir revendiquer en cas des violations.
Reconnus par la constitution du 18/02/2006 ainsi que par d'autres textes internes et
internationaux, les droits de l'homme sont jusqu'à présent en train de faire face à une difficulté
énorme quant à leur mise en application tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
La notion des droits de l'homme est obligatoire pour tous. Il nous est impérieux
d'analyser les différents textes légaux qui parlent et protègent les droits de l'homme tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
En pratique, l'objectif est d'éclairer l'opinion publique quant à la bonne pratique des
droits de l'homme. C'est une question qui intéresse l'Etat dans sa qualité de puissance publique
d'une part, et les citoyens vivant en son sein d'autre part.
A l'Etat de comprendre que, malgré l'existence de plusieurs textes légaux qui prônent
le respect des droits de l'homme, dans pratique le constat est malheureux; aux citoyens de savoir
que la question du respect des droits de l'homme n'est seulement une obligation de la part de
l'Etat, mais aussi un devoir leur part.
Elle est définie comme étant une partie théorique permettant au chercheur de se faire
une idée de l'étude qu'il aura à mener, elle présente le souci de recherche dans son travail. Elle est
l'art d'élaborer, de poser clairement les problèmes et de les résoudre en suivant leur
transformation dans une réflexion scientifique ou philosophique1.
De ce fait, nous avons jugé important de traiter une matière très sensible de la
protection des droits de l’homme telle que définie par la constitution.
Sur ce, nous avons articulé notre recherche autours des questions ci-après
Bien-Aimé KABEMBA à son tous la définie comme étant une réponse anticipée aux
questions de la problématique, celle-ci peut-être soit confirmée, soit infirmée selon le résultat de
l’observation ou de l’analyse. En d’autre terme, c’est un ensemble des réponses provisoires
données aux questions que le chercheur se pose selon l’ordre à la problématique.
A notre tour, nous avons essayé de définir l’hypothèse comme étant une ou des
propositions émises à une ou plusieurs questions qui ont fait l’objet de la problématique. C’est-à-
dire, les réponses que nous donnerons ici en rapport avec le sujet ne sont pas obligatoires mais, il
est nécessaire d’y faire recours en vue de résoudre tant petits soient-ils, les problèmes y relatifs.
A la première question de savoir qu’est-ce que les droits de l’homme ? Nous disons
que les droits de l’homme sont définis comme étant des prérogatives et des facultés inhérentes à
la personne humaine et utiles à son bien-être ; ou encore, les droits de l’homme sont des
potentialités reconnues à une personne dès sa naissance, qui lui permettent de commettre sans
discrimination aucune, des actes nécessaires qualifiés par la loi, en vue de son épanouissement.
A la deuxième question de savoir ; quelles sont les causes des violations des droits de
l’homme ? A cette question, notre avis peut-être prolongé à plusieurs points ayant trait aux
violations des droits de l’homme.
2
MUTSHIPAYI JAMES, notes de cours d’initiation à la recherche scientifique.
b. Sur le plan juridique et ou judiciaire : à ce niveau, nous pouvons parler de
l’ignorance de loi. L’ignorance de la loi dans le chef des cours et tribunaux entraine par exemple
l’arrestation arbitraire ; l’influence politique ; l’application de la peine de mort.
Pour pallier à cette difficulté, nous pensons que, dans ses attributions, le ministre de
la justice devrait organiser au moins par chaque trimestre, la séance de formation en vue de
pérenniser la connaissance des lois.
Sur le plan économique : l’une des causes majeures est le chômage. Le manque à
faire pousse les individus à la violence, au vol, pillage, pour cette hémorragie, nous pensons que
le gouvernement pouvait créer des emplois en vue d’occuper toute personne, et aussi le
gouvernement pouvait multiplier les aides publiques en vue de maitriser la morale des illustrés.
A cette question nous estimons que l’Etat pouvait lui-même prendre en charge la
question de la vulgarisation de la loi à travers les médias (organiser des émissions tendant à la
vulgarisation de la loi).
La méthode est une marche à suivre pour arriver à un but déterminé ; car tout travail
scientifique, pour qu’il réussisse, oblige l’utilisation de celle-ci pour orienter le chercheur à
mener ses investigations de façon concrète.
Elle se définie comme encore comme l’ensemble d’opérations par lesquelles une
discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les d »montrer et les vérifier3 .
a. Méthode fonctionnelle : qui consiste à expliquer les faits politiques par le rôle, la
fonction qu’ils assurent dans le système social auxquels ils appartiennent.
b. Méthode juridique : elle nous a permis à son tour, à saisir la spécificité du juridique
comme superstructure de la réalité sociale, et rechercher entre désirs individuels et leurs
réalisations sociales ou aspiration collectives.
3
PINTO .R. et GRAWIT, Méthode des recherches en sciences sociales, Paris, 1971,
p.21.
03.2. Techniques
La technique est outil utilisé, sui devra plus tard être mise à l’interprétation grâce aux
méthodes. La technique est un moyen, un instrument à utiliser en vue de réaliser concrètement
une étude scientifique4.
A son tour, Pinto définit les techniques de recherche comme étant des procédés
opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles, susceptibles d’être appliqués à tout niveau et
dans la même condition, adopter au genre du problème5.
De ce qui précède, nous avons optés pour la technique documentaire qui nous a
permis de faire une analyse lors de la lecture combinée des quelques documents, surtout ceux
ayant trait à notre sujet.
Notre sujet a fait l’objet d’une étude menée de 2023 à 2024, et étant ayant traité sur
une matière purement internationale, nous avons pris le cadre de la RDC mais aussi nous avons
fait recours à l’extérieur du pays à travers la bibliothèque numérique.
Mais, en dépit de toutes ces difficultés, nous avons conjugué beaucoup d’effort pour
qu’en ce jour le présent travail soit terminé, présenté et défendu.
4
PINTO & GRAWITS, [Link]. P.21
5
CHAPITRE I. THEORIE GENERALE DES DROITS DE L’HOMME
Les droits de l’homme sont des droits qui découlent de la dignité inhérente à tout être
humain. Selon la conception de la démocratie libérale, il s’agit des droits inhérents à la nature
humaine et donc antérieur et supérieur à l’Etat et que ce dernier doit respecter non seulement
dans l’ordre des buts mais aussi dans l’ordre des moyens.
Pour les tenants de la démocratie (marxiste), il s’agit des droits conquis par l’homme
à la suite de l’instauration de la société sans classe et donc sans exploitation de l’homme par
l’homme. Seuls importent, non les droits et libertés actuels (abstraits et formels), mais ceux
futures, seuls authentiques.
Les droits de l’homme sont ainsi perçus comme « l’ensemble des facultés et
prérogatives considérées comme appartenant naturellement à tout être humain et dont le respect
s’impose à tous, y compris l’Etat et dont la protection est organisée aussi bien par divers
instruments internationaux universels que par des textes de droit positif au premier rang desquels
figure la constitution 6».
Les droits de l’homme sont généralement définis comme des prérogatives et des
facultés inhérentes à la personne humaine et utiles à son bien-être et sa dignité. 7
De toutes les définitions, nous pouvons aussi dire que les droits de l’homme sont
définis comme des potentialités reconnues à la personne humaine dès sa naissance, qui lui
permettent de commettre sans discrimination aucune, les actes nécessaires qualifiés par la loi en
vue de son épanouissement.
Il importe de signaler que plusieurs autres expressions sont également utilisées pour
traduire la réalité des droits de l’homme : libertés publiques, droits fondamentaux, droits
humains, droits de la personne.
Le concept libertés publiques renvoie aux libertés inscrites dans le droit positif et
garantie par lui. Cette expression a été pendant longtemps préférée à celle de droits de l’homme,
par les juristes positivistes français. Pour ces derniers, seules les libertés proclamées méritent
l’attention des juristes, les droits de l’homme étant d’une connotation jus naturaliste (issu de la
tradition du droit naturel).8
L’expression « droits fondamentaux » se situe sur le strict terrain du droit positif. Les
droits fondamentaux seraient ceux proclamés par le texte et généralement par une constitution.
Elle se trouve, elle aussi, dans beaucoup de textes constitutionnels africains. Cette expression « a
6
AKELE A., et [Link], Enjeux de la démocratie en RDC, P.U.K., Kinshasa, 2006,
p.27
7
Daniel LOCHACK, les droits de l’homme, Paris éd. La découverte, 2002, p.5.
8
André MAZIYAMBO MAKENGO KISALA, Etat, Mandat, rôle et fonctionnement des
pouvoirs institués dans le nouveau système politique de la RDC, Kin, 2007, p.227
l’inconvénient de sous-entendre l’idée d’une hiérarchie entre les droits qui seraient
fondamentaux, et d’autres qui ne les seraient pas » en laissant le flou le critère permettant de les
distinguer.9
Pour certains spécialistes, la notion encore très floue des droits de la personne serait
apparue dès le début du XIII ème siècle. Pour d’autres, la conception des droits de l’homme en tant
que tel serait contemporaine du Bill of Right de 1689, qui parachève la révolution anglaise de
1688 en mettant fin à l’absolutisme royal. Il s’agit du premier véritable contrat liant le monarque
et le peuple, lui-même déclaré « Souverain » le « contrat » met un terme au concept de royauté et
de pouvoir de droit divin.
En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des peuples et des
hommes et de toutes les races, de toutes les cultures et de toutes croyances, se sont engagées à
promouvoir et respecter les droits fondamentaux de toute personne humaine. Par la même, ils ont
reconnu que tout homme, qui qu’il soit, a des droits inaliénables qui doivent être respectés par
tous11.
9
Daniel, L., [Link], Pp.5-6
10
André MAYIYAMBA, [Link]. p.228
11
Rénén KANDE, Notes de cours de Droits humains, UKA, 2017, inédit.
Les droits de l’homme avant la seconde guerre mondiale
L’histoire des droits de l’homme est inextricablement liée à l’histoire de l’Etat
moderne. D’une part, l’Etat est l’organisation la mieux placée et principalement responsable de la
protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales de ses citoyens.
Les droits de l’homme subissent cette distinction entre l’Etat en tant que protecteur et
l’Etat en tant qu’agresseur. Ils établissent les limites entre les intrusions légitimes et établissant
des limites entre l’exercice acceptable et inacceptable du pouvoir de l’Etat. En d’autres termes, il
s’agit d’un moyen pour les individus de déterminer leurs pouvoirs face à leur gouvernement, ses
lois et ses actions.
Malheureusement, tous les pays ne disposent pas d’une police et de système judiciaire
forts. Les lois peuvent être ambiguës ou inadéquates, la police et les juges peuvent marquer des
ressources pour agir, les fonctionnaires peuvent demander des pots de vin avant que les
procédures commencent, ou les juridictions peuvent ne pas être indépendantes des pouvoirs
exécutifs et législatifs.
Traditionnellement, le droit international était défini comme la loi qui régissait les
relations entre et parmi les Etats souverains. La souveraineté dans ce contexte, faisait référence à
l’idée que les Etats sont des unités politiques autonomes et ne reconnaissant aucune autorité
supérieure. Dans le cadre de ce système, les Etats souverains contrôlaient ce qui se passait au sein
de leurs frontières, et les autres Etats avaient l’obligation de ne pas intervenir dans leurs affaires
intérieures (principe de non-intervention).13
12
Jessica C. Lawrence, JD, Notes de cours de Droits de l’Homme…..
13
Idem
§ 3. Nature des droits de l’homme
Faire appliquer les droits de l’homme dans le monde entier représente un défi de
taille, dont la réalisation dépend en grande partie de la bonne volonté des Etats.
Les gouvernements et l’ONU assurent la promotion des droits de l’homme par divers
instruments, initiatives et institutions.
Les droits de l’homme sont les droits inaliénables auxquels toute personne peut
prétendre, sans discrimination, du simple fait de sa condition humaine. Ce sont des droits
fondamentaux universels, qui sont essentiels à la dignité, à la survie et au développement
humains. Les droits de l’homme sont indivisibles et indépendants14.
14
[Link] , consulté le 12 Janvier 2024 à 12h13’
pas d’un logement ou liberté de presse pour ceux qui ne peuvent accéder aux instruments
d’édition ? »15.
C’est ainsi que des nouveaux droits seront revendiqués des droits « économiques et
sociaux ». Ce sont des droits qui, à l’inverse des droits résistances, appellent, de la part de
pouvoirs publics, des actions positives en vue de leur réalisation, d’où le qualificatif « droit-
créance ». Ces droits, dits de la troisième génération, loin de se substituer aux libertés classiques,
les complètent et permettent à celle-ci de se concrétiser. On citera par exemple, le droit au
logement, à la santé, au travail, aux loisirs…
Intimement lié aux droits culturels, la diversité culturelle nous parle d’enjeux
fondamentaux pour tout être humain. Celui de se voir reconnaitre une créativité et une expression
propres, des traditions et des pratiques spécifiques, qui contribuent à une existence intellectuelle,
effective, morale et spirituelle plus satisfaisante pour tous. »
Même si la juridicité est contestée par beaucoup d’homme de doctrine 16, force est de
constater qu’ils sont aujourd’hui consacrés par la charte africaine de droits de l’homme et de
15
Ergec (Rusen), Introduction au droit public, Tome II. Les droits et liberté,
Bruxelles, Kluwer, éd. Aques Belgique, 1999, p.4
16
Fréderic Sudre, Droit international et Européen des droits de l’homme, 4ème éd.
Paris, Presse Universitaires de France, 1999, Pp.176-183
peuple17, il s’agit principalement des droits suivants : droit au développement, droit à la paix et la
sécurité, à un environnement sain, droit au patrimoine commun de l’humanité, etc.
L’UNIVERSALITE
L’idéologie des droits de l’homme s’est d’abord déployée sur le plan interne. Elle
tend en effet à définir un certain type de rapports entre individus et Etat. En ce sens, les droits de
l’homme modèlent la société interne, tant par leur fondement philosophique que par les régimes
juridiques, établi par les différents systèmes positifs. Ils ont ensuite connu un processus
d’internationalisation.
Les droits de l’homme sont universels en ce sens qu’ils sont reconnus à tout être
humain, sans distinction de race, sexe, d’origine ethnique ou sociale, de religion, de langue, de
nationalité, d’âge, d’orientation sexuelle, de handicap, de toutes autres caractéristiques
distinctives et quel que soit le lieu où il se trouve.
Le concept d’universalité des droits et plus précisément des droits de l’homme, sous-
entend là qu’il s’agit de droit, quoi devrait s’appliquer à la totalité des êtres humains, à
l’humanité toute entière. Ce concept d’universalité trouve son origine historique et philosophique
lors de la rédaction de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée par l’assemblée
française le 26 août 1789.
17
Article 52 et 56 de la constitution de la RDC.
18
André MAZIYAMBO, MK, [Link], p.234
socialistes quant aux droits, mais aussi quant à l’homme qui doit en bénéficier, et surtout quant à
l’organisation politique sociale impliquée par ces proclamations.
Les Droits de l’homme sont indivisibles et interdépendants parce que ce droit dépend
des autres et est lié à eux de telle manière que la violation de l’un affecte l’exercice des autres
droits. Aussi le droit à la vie suppose-t-il le respect du droit à l’alimentation et à un niveau de vie
suffisant. Le droit d’être élu à une fonction politique suppose à l’accès à une éducation de base.
La décente des droits économiques et sociaux n’est pas possible que dans des pays qui
reconnaissent et respectent la liberté d’expression, de réunion et d’association.
Ainsi donc, les droits civils politiques et les droits économiques, sociaux et culturels
sont complémentaires et aussi essentiels les uns que les autres à la dignité et à l’intégralité de
chaque personne19.
L’indivisibilité des droits de l’homme est une condition de leur effective universalité
non seulement parce que la prise en compte des droits économiques, sociaux, culturels, voire
environnementaux est aussi nécessaire que celle des droits civils et politiques à la liberté de tous
les individus, mais aussi parce que tous les droits ont une dimension économique, sociale,
culturelle, impliquant des devoirs pour les Etats et les individus, et qui seuls en permettent
l’effectivité. En d’autres termes, l’universalité effective des droits de l’homme impose de prendre
en considération la situation concrète des individus et met en évidence l’interdépendance de tous
les droits qu’ils soient politique, économiques, sociaux, culturels ou environnementaux20.
1. LA DIGNITE HUMAINE
La réflexion sur la dignité humaine constitue des responsabilités les plus
fondamentales pour la philosophie de notre temps. Parce qu’elle se trouve à la base des
revendications philosophiques de tous les droits et toutes les libertés inscrits dans nos chartes.
La dignité se présente comme un absolu pour la pensée. Elle est un concept fort à la
mode, mais un concept cependant non moins étrange. C’est au nom de la dignité humaine que
19
NOWAK MANFRED, Droits de l’homme, guide à l’usage des parlementaires,
union interparlementaire, haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme,
2005, p.5
20
[Link], consulté le 13 mars 2024 à 17h20’.
certains veulent que soit interdit l’avortement, pendant que d’autres voudraient qu’il soit permis.
21
Faire exister la dignité indépendamment du droit, c’est souligner que bien le droit en
vigueur à un moment donné, dénie à l’homme son appartenance à l’humanité, il n’en demeure
pas moins membre de cette humanité dans les faits 22. Dans l’histoire de l’humanité, plusieurs cas,
événements ou pratiques, peuvent expliquer cela. Mais pour ne pas perdre de vue, notre principal
objectif qui est une interrogation sur le sens de la dignité, nous allons appesantir sur deux
exemples pour illustrer nos propos. Il s’agit de deux faits historiques, de pouvoirs politiques et
juridiques, qui ont mis en place des systèmes visant à exclure une partie des hommes de
l’humanité : l’esclavage et le nazisme.
1. ESCLAVAGE
Selon felicité MBALA MBALA, « la loi du 21 mai 2001 reconnait la traitre négrière
et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité 23. Mais pendant très longtemps, cette pratique a
été légalisée, institutionnalisée et codifiée par un certain nombre des règles (le premier code est
publié en 1680). L’esclavage était considéré comme « le droit de propriété qu’un homme peut
avoir sur un autre »24 l’esclavage n’était plus une personne juridique dotée d’une valeur inhérente,
mais se voyait traiter comme s’il n’était pas une personne. Les soixante articles édités dans le
code noir sont particulièrement sévères en ce sens. L’esclavage dénue de tout droit et de toute
personnalité juridique, n’avait pour vocation que de servir son maitre. Il devait se sacrifier au
plaisir de son maitre, qui finalement avait le droit de vie ou de mort sur lui25.
2. NAZISME
Quand Hitler accède au pouvoir, en 1933, il s’appuie sur les situations pour mettre en
place un régime dictatorial. Il s’agit d’un régime légalement institué qui adopte des lois,
normalement choquantes. Thierry FERAL dira que « la législation de la politique raciale
21
SIGAME BOUBACAR MAIGRA, De la dignité humaine, Sabaké, 1, 2003, p.9
22
Félicité MBALA MBALA, La notion philosophique de dignité à l’épreuve de la
consécration juridique, Paris, science de l’homme et de la société, Université du droit et de la
santé-Lille II, 2007, p.4
23
Felicité MBALA MBALA, [Link], P4.
24
Idem.
25
Louis XIX, le code noir : Edit du roi sur les esclaves des îles de l’Amérique, Paris,
classiques des sciences sociales, 1680, PP.9-10.
26
Felicité MBALA MBALA, Op. cit, P4.
constitue le chapitre le plus abominable de la fonction assumée par la justice depuis le troisième
Reich »27. C’est bien à partir d’une règle de droit que sera organisée l’extermination des juifs.
Faut-il en déduire que ces abominables lois ont retiré à l’homme toute dignité ? la réponse est à
priori négative, car c’est bien dans les pires moments peut-être que l’homme a pris conscience de
cette « irréductible dignité ». Thomas de KONINCK, commentant SOPHOCLE, note que la
parole du vieil Œdipe, aveugle et en haillons, pratiquement abandonné, l’exprime on ne peut
mieux : « c’est donc quand je ne suis plus rien, que je deviens vraiment un homme.28
KANT dira que c’est dans « le malheur qu’elle (la personne) montre toute sa
29
dignité ». C’est ici qu’il faut situer la distinction entre dignité et droit, surtout les droits de
l’homme en particulier. Une manière de dire que la dignité ne prend pas naissance à partir d’une
législation, par ce que, « la reconnaissance de la dignité humaine relevé d’une exigence
antérieure à toute philosophie et dont Levinas dira qu’elle se dessine dans le visage de l’autre ».30
Dans toutes les cultures, à toute époque, un fragment de tragédie, une épigramme, un texte
législatif, un proverbe, une inscription funéraire, u conte, une chanson, une œuvre d’art, une
œuvre de sagesse, auront témoigné « d’une exigence plus vieille que toute formulation
philosophique », qui a toujours été que « quelque chose est dû à être humain du seul fait qu’il est
humain ».31
Certains droits de l’homme, tels que celui de ne pas être soumis à la toiture ni tenu en
esclavage, sont absolus. Aucune raison, même la lutte contre le terrorisme ou la nécessité de
prévenir un attentat terroriste imminent, ne peut justifier l’emploi de méthodes d’interrogatoire
assimilables à la toiture telle que définie dans l’article premier de la convention des Nations-
Unies contre la toiture, comme des électrochocs et d’autres méthodes qui causent une douleur et
des souffrances aiguës, physiques ou mentales. Toutefois, la plupart des droits de l’homme ne
sont pas absolus et sont donc soumis à certaines restrictions, notamment par le jeu des réserves et
des clauses de dérogation et de limitation. En outre, le principe de la réalisation progressive des
droits signifie que les conditions particulières qui règnent dans chaque Etat et les moyens dont
ces derniers disposent doivent être prises en compte pour évaluer si cet Etat a manqué à ses
obligations en matière de droits de l’homme. Autrement dit, si le contenu essentiel des droits de
l’homme est universel et si certaines obligations ont un effet immédiat, les Etats jouissent toute
27
Thierry FERAL, justice et nazisme, Paris, Harmattan, 1997, P.85.
28
SOPHOCLE, Œdipe à colonne, texte établi par Alphonse DAIN et traduit par Paul
MAZON, Paris, les Belles lettres, 1960, V.393 cité par THOMAS DE KONINCK, « Archéologie de
la notion de dignité humaine », (dir) Thomas de KONINCK et Gilbert LAROCHELLE, in : la
dignité humaine. Philosophie, droit politique, économie, médecine, Paris, PUF, 2005, PP. 15-
46, P.18.
29
Emmanuel KANT, critique de la raison, Paris, PUF, 1985, PP. 381-382.
30
Thomas de KONINCK et Gilbert LAROCHELLE, [Link], PP. 15-46, P. 17.
31
Thomas de KONINCK, Op. cit, PP. 15-46, P.17.
fois d’une certaine marge d’appréciation quant à l’exécution de leurs obligations de respect, de
protection et de mise en œuvre des droits de l’homme.
§2.1. CLAUSE DE LIMITATION
32
L’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques.
33
La cour Européenne des droits de l’homme qui applique le plus fréquemment la
notion de « marge d’appréciation » mais d’autres organes dont le comité des droits de
l’homme, font référence à des notions, notamment celle de « marge de manœuvre ».
Les droits soumis à la dérogation ne doivent pas faire partie de ceux qui souffrent
d’aucune dérogation34.
En tant qu’organe de surveillance de l’application du pacte international relatif aux
droits civils et politiques, le comité des droits de l’homme peut formuler des observations
générales pour aider les Etats parties à interpréter les dispositions du pacte. Dans son observation
générale n°29 sur l’état d’urgence, le comité a souligné que les listes de droits non susceptibles de
dérogation qui figure au paragraphe 2 de l’article 4 de PIDCP n’est pas nécessairement
exhaustive.
Certains droits ou éléments de droits non énumérés au paragraphe 2 de l’article 4 du
pacte, tels que le droit de toutes personnes privées de leur liberté d’être traitées avec humanité et
avec respect de la dignité inhérente à la personne humaine, ou l’interdiction de la propagande en
faveur de la guerre ou des appels à la haine, ne peuvent faire l’objet de la dérogation en vertu de
la loi. Le comité a également estimé que les garanties de procédure, y compris judiciaire, ne
peuvent jamais faire l’objet des mesures qui porteraient atteinte à la protection des droits non
susceptibles de dérogation. En outre, il a estimé les « principes de la légalité et primauté du droit
exigent le respect des garanties judiciaires fondamentales pendant un état d’urgence ».35
§3. RESERVES
Dans certains cas, les Etats peuvent faire des déclarations unilatérales au moment de
signer, ratifier, accepter ou approuver un traité ou d’y adhérer. L’Etat qui fait cette déclaration
vise ainsi à exclure ou modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité en question.
Les déclarations peuvent être intitulées « réserves », « déclaration », « interprétation » ou
« déclaration interprétative ».
L’article 19 de la convention de Vienne de 1969 sur les droits des traités précise
qu’un Etat peut, au moment de signer, ratifier, accepter ou approuver un traité ou y adhérer,
formuler une réserve, à moins :
- Que la réserve ne soit interdite ;
- Que le traité ne dispose que seules des réserves déterminées, parmi lesquelles ne figure pas
la réserve en question, peuvent être faites, ou
- Que, dans les cas autres que ceux visés ci-dessus, la réserve ne soit compatible avec l’objet
et le but du traité.
Lorsqu’un traité ne dit rien, sur la réserve et qu’une réserve est formulée et
communiquée par la suite aux autres Etats, ceux-ci ont 12 mois pour formuler une objection à la
réserve, à compter soit de la date à laquelle ils ont exprimé leur contentement à être liés par le
traité, si celle-ci est postérieur36.
34
La convention contre la torture, art. 2, paragraphe 2 et la convention
internationale sur l’élimination de toutes formes de discrimination raciale, article premier,
paragraphe 2.
35
Union interparlementaire et les Nations-Unies, Droits de l’homme, Guide à
l’usage des parlementaires, n°26, Nations Unies, 2016, p.53
36
Article 20.5 de la convention de Vienne de 1969 sur les droits traités.
CHAPITRE 2. DE LA MISE EN OEUVRE ET VIOLATION DES DROITS DE
L’HOMME
Pour toute sorte de raison, il a fallu se grouper et organiser l’être humain n’est-il pas
un être ontologiquement social, fait pour vivre avec autrui, y aspirant et en ayant besoin pour se
réaliser lui-même ?
Chaque droit a un titulaire et un garant. Chaque droit qui peut être revendiqué par son
titulaire, s’accompagne aussi d’une obligation pour le garant. Le titulaire des droits humains c’est
l’Etat. Les droits des individus donnent naissance à des obligations pour les Etats, qui constituent
le corolaire des droits humains : l’obligation de respecter, l’obligation de protéger et l’obligation
de donner effet, de mette en œuvre38.
1. Obligation de respecter
L’obligation de respecter veut dire que les Etats sont tenus de ne pas intervenir dans
l’exercice de leurs droits par les individus et les groupes. Elle interdit aux Etats certains actes
susceptibles d’entraver l’exercice de ces droits. Par exemple, s’agissant de droit à l’éducation,
elle signifie que les gouvernements doivent respecter la liberté de parents de créer des écoles
privées et de veiller à ce que l’éducation religieuse et morale de leurs enfants soit conforme à
leurs convictions39.
37
Réné Coste, Les communautés, Paris, Deselée 1967, Pp.30-31
38
[Link]
39
Union interparlementaire et les Nations-Unies, [Link]. P.32
Il s’agit d’une obligation négative et ne requiert aucune action positive de l’Etat. Cela
signifie pour l’individu qu’il peut se défendre contre les ingérences dans ses droits commises par
l’Etat. Ce droit de défense ou l’obligation de respecter s’y apportant ne s’applique, en règle
générale, pas de manière absolue. Il existe en effet, dans certains cas, des raisons légitimes à une
restriction des droits humains.
2. Obligation de protéger
L’obligation de protéger signifie que les Etats ont l’obligation de protéger les
individus contre les violations de leurs droits commises par l’Etat n’agissant pas dans l’exercice
de leurs fonctions officielles. Cette obligation a une dimension à la fois préventive et corrective.
L’Etat est ainsi tenu de promulguer des lois visant à protéger les droits de l’homme, de prendre
des mesures pour protéger les individus lorsqu’il a connaissance ou aurait pu avoir connaissance
des menaces contre leurs droits, et aussi de garantir l’accès à des recours juridiques impartiaux
lorsque les violations des droits de l’homme sont alléguées. Là encore, le droit à l’éducation peut
servir d’exemple.
L’Etat est tenu de protéger les droits de l’enfant à l’éducation contre l’ingérence et
l’endoctrinement de tiers, y compris de ses parents et de sa famille, des enseignants et l’école, des
religions, des sectes, des clans, et des sociétés commerciales40.
L’Etat jouit d’une certaine marge d’appréciation en matière. Par exemple, le droit à la
sécurité et l’intégrité de la personne oblige l’Etat à combattre le phénomène très rependu de la
violence familiale dont sont victimes les femmes et les enfants. Il incombe aux Etats de prendre
des mesures positives par l’adoption des lois pénales, civiles, familiales ou administratives
appropriées, en dispensant une formation aux forces de police et aux magistrats et suscitant une
prise de conscience générale pour réduire les cas de violence familiale.
L’obligation de l’Etat d’assurer une protection contre les violations commises par des
acteurs non étatiques est particulièrement pertinente dans le domaine des droits des femmes.
Pendant des nombreuses années, la violence généralisée contre les femmes n’a pas été comme
une violation des droits de l’homme si elle était commise par des violences interfamiliales même
si la nature de cette violence pouvait être assimilée à une torture ou si elle avait lieu dans la
sphère publique même si elle prenait une telle ampleur qu’elle risquait de constituer en danger
public. Le fait d’avoir négligé auparavant ce que ressentaient les femmes traduites en parti pris
masculin dans le développement du droit des droits de l’homme et a contribué à l’impunité des
auteurs de ces violations des droits de l’homme commises contre les femmes. Cependant, au
cours des 20 dernières années, l’obligation de l’Etat de protéger les droits des femmes a été
clairement établie. Elle comprend les devoirs de protéger les femmes contre les violations
commises par les tiers dans la sphère publique ou privée et de prendre des mesures positives pour
mettre en œuvre leurs droits.
40
Union interparlementaire, [Link]. P32
3. Obligation de mettre en œuvre
Suivant cette obligation, les Etats sont tenus de prendre des mesures positives pour
assurer la mise en œuvre des droits de l’homme. L’étendue de cette obligation varie selon droit
visé et des ressources dont dispose l’Etat. De manière générale, toutefois les Etats devraient
mettre en place les conditions juridiques, institutionnelles et procédurales nécessaires aux
détenteurs des droits pour pouvoir exercer effectivement et pleinement leurs droits41.
En ce qui concerne le droit à l’éducation par exemple, les Etats doivent fournir les
moyens de garantir la gratuité de l’enseignement primaire obligatoire pour tous et de
l’enseignement secondaire, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, l’éducation
des adultes et d’éliminer l’analphabétisme (en prenant diverses mesures telles que l’ouverture
d’un nombre suffisant d’écoles publiques ou embauche et la rémunération d’un nombre suffisant
d’enseignants).
La réalisation progressive signifie que les Etats devraient, par exemple se fixer des
objectifs et des critères afin de réduire progressivement le taux de mortalité infantile,
d’augmenter le nombre de médecins par mille habitants ou le pourcentage de la population
vaccinée contre certaines maladies infectieuses et épidémiques ou d’améliorer l’équipement
sanitaire de base. Il peut arriver que le niveau sanitaire soit plus bas dans les pays pauvres que
dans les pays riches sans que les gouvernements des premiers manquent à leur obligation de
réaliser le droit à la santé.
a. Garantir que toute personne dont les droits et libertés reconnus dans le pacte
auront été violés disposera d’un recours utile, alors même que la violation aurait
été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions
officielles ;
b. Garantir que l’autorité compétente judiciaire, administrative ou législative, ou
toute autre autorité compétente selon la législation de l’Etat, statuera sur les droits
de la personne qui forme le recours et à développer les possibilités des recours
juridictionnels ;
c. Garantir la bonne suite donnée par les autorités compétentes à tout recours qui
aura été reconnu justifiée. Cette disposition fait l’obligation aux Etats de faire
procéder « de manière rapide, approfondie et efficace, par des organes
indépendants et impartiaux » à des enquêtes sur les obligations de violations des
droits de l’homme43, le fait pour un Etat partie de ne pas mener d’enquête pourrait
donner lieu à une violation distincte du pacte.44
Les amnisties qui empêchent la poursuite d’individus qui ont commis les crimes
internationaux ou des violations flagrantes des droits de l’homme porteraient atteinte au droit des
victimes à un recours utile, y compris à réparation.47
L’homme est un être humain vivant dans la société. Etant humain, il lui est reconnu
certaines potentialités tendant à le rendre libre et capable vis-à-vis de certains actes nécessaires
déterminés par la loi en vue de son épanouissement. D’après son étymologie, le citoyen est le
membre à part entier de la cité, au sens de la communauté politique, celui qui, par son action,
peut influencer sur la destinée collective.
En effet, les droits des citoyens peuvent être classés en trois catégories :
Les droits-libertés sont repris dans la charte des droits fondamentaux de l’union
européenne de 2000, qui s’impose à la fois aux Etats membres et institutions de l’union
européenne, ils sont également protégés par la convention européenne de sauvegarde des droits
de l’homme (CESDH) de 1950 (entrée en vigueur en 1953).
- Les droits-créances : ils sont des droits économiques et sociaux (droit au travail, droit à
l’éducation,…). Les droits-créances contribuent à la dignité de l’individu, mais à la
différence des droits-libertés, ils ont un coût. Leur appellation souligne la nécessité de
l’intervention de l’Etat pour qu’ils soient mis en œuvre et protégés. Il s’agit des droits
économiques et sociaux tels que, le droit à l’instruction, le droit à la santé, le droit au travail
ou le droit d’apprentissage à un syndicat. Ces droits sont aussi repris dans la charte des
droits fondamentaux de l’Union Européenne (CDFUE).
- Les droits de la troisième génération s’étendent à l’ensemble de la communauté
internationale afin, notamment, de garantir une descente aux générations futures. Ces droits
n’ont cependant pas tous de valeur juridique. Plus récemment est apparue une troisième
génération de droits de l’homme.
Ces droits dits de la troisième génération, concernent non seulement les citoyens d’un
même Etat, mais implique plus largement l’ensemble de la communauté internationale (exemple,
droit à un environnement sain, droit des générations futures, droit d’ingérence humaine). Ils ne
sont pas encore et toujours justiciables, c’est-à-dire dotés d’une efficacité les rendant opposables.
On parle de fondamentalisation du droit national, sous l’influence de la convention européenne
de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
2. Les devoirs
Il ne suffit pas seulement que l’Etat garantisse les droits aux individus, mais encore il
faudra que ces derniers puissent se soumettre (répondre) aux exigences en vue d’une bonne
pratique d’un Etat de droit. Par exemple, le payement des taxes et impôts relève de l’obligation
de la population en vue de contribuer aux charges publiques, dans la plupart de cas la négligence
de répondre à cette obligation est due à l’ignorance de la population sui ne sait pas à quoi sert
l’impôt ou la taxe dans la vie d’un Etat.
L’Etat dans son exercice des pouvoirs, devrait chercher par tous les moyens à
atteindre toute sa population vivant même dans des coins reculés du pays, avec le contenu d’une
loi nouvellement publiée pour qu’enfin permettre aux citoyens d’être à la hauteur avec la loi.
L’homme, dans ses devoirs vis-à-vis de l’Etat par exemple, le payement de ‘impôt et
taxe, et de son prochain d’autre part, est tenu de s’y soumettre en vue de contribuer au
développement de son pays.
Faisant une lecture des textes entre autre la constitution de notre pays en son article
66 alinéa 1, dispose « Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans
discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de
promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproque ». A l’analyse
de cette disposition, et vu les réalités sur terrain, il n’y a aucun rapport entre ce qui est dit et ce
qui se passe. La manière de vivre des peuples ne reflète pas que nous sommes tous issus d’une
même origine, un peule qui a une même histoire, mais vit encore jusqu’à présent comme dans un
Etat de nature où les uns peuvent tourner contre les autres sans aucune inquiétude. Comment un
individu peut-il mettre fin à certains des droits de son prochain ?
Un national sur son propre territoire mais qui se voit obligé de quitter
indépendamment certains lieu parce que n’appartenant pas à telle ou telle tribu. Cette lecture
combinée avec celle de l’article 66 alinéa 1 et l’article 30 alinéa 1 de la constitution qui montre
les rapports que doivent lier les individus entre eux, éclaire, ouvre l’esprit et pousse l’individu à
faire de l’autre ce qu’il veut que l’on fasse de lui.
A titre illustratif, l’affaire, dite de « Malemba Nkulu », un Congolais Kasaïen qui fait
l’objet de toutes formes des violences au grand Katanga sous prétexte qu’il n’est pas originaire de
là, refoulé sur son propre territoire 48 et contrairement au principe de l’universalité des droits de
l’homme qui dit que, les droits de l’homme sont reconnus à tout individu, où qu’il se trouve et
sans distinction de quelques motifs que ça soient ; l’âge, sexe, origine…
Donc, dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est
soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la connaissance et le
respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale de
l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Dans le passé, lorsque les droits de l’homme étaient encore considérés comme une
affaire intérieure d’un pays, les autres Etats et la communauté internationale ne pouvaient
intervenir, même en cas de violations des droits de l’homme extrêmement graves telles que le
génocide. Cette approche, fondée sur la souveraineté nationale, a été fondamentalement remise
en cause au XXème siècle, en particulier du fait des actions de l’incapacité de la communauté
internationale à empêcher les massacres au Cambodge, au Rwanda et en Bosnie-Herzégovine.
Aujourd’hui, le concept de souveraineté interprété comme interdisant toute ingérence étrangère a
été en grande partie remplacé par le concept de responsabilité, selon lequel les Etats sont
responsables du bien-être de leurs populations.
Au cours des dix dernières années, des nombreuses études ont été consacrées aux
relations entre démocratie et droits de l’homme. La démocratie est considérée comme non plus
seulement un ensemble de règles de procédure relatives à l’exercice du pouvoir politique mais, de
même que les droits de l’homme, comme un moyen de préserver et défendre la dignité de la
personne. En 1995, l’Union interparlementaire a entrepris de rédiger une Déclaration Universelle
sur la Démocratie pour promouvoir les normes internationales et contribuer à la démocratisation
encours dans le monde.
De prime à bord ; disons qu’il est malsain de définir le concept Etat de droit. Forgé à
la fin du 19ème siècle dans la doctrine juridique allemande puis française pour répondre à
l’existence de fondation du public, le concept « Etat de droit » a quitté, depuis les années quatre-
vingts, le terrain de la dogmatique juridique pour se transformer en figure imposée du discours
politique. Aujourd’hui tout Etat de droit moyen de réalisation de l’exercice démocratique, du jeu
politique49 et aussi un dispositif de stabilisation des situations et d’encadrement des
comportements.
Dès lors, le droit est considéré comme une garantie et une protection assurant la
sécurité et la stabilité des rapports sociaux. 50 L’Etat de droit présuppose que les élus ne disposent
plus d’une autorité sans partage, mais leur pouvoir est par essence limité. Ainsi la référence à
l’Etat de droit est aussi le moyen d’assurer une meilleure protection à l’abus possible des
majorités démocratiques.
Un tel Etat obligerait tous les hommes politiques à se soumettre aux mois du pays,
aux règles du jeu démocratique et à respecter la parole donnée. Il laisserait au peuple le droit de
se choisir un dirigeant politique arbitraire et totalitaire. Cela le principe de l’Etat de droit, dans
lequel sa souveraineté appartient à la loi, et non aux volontés arbitraires des hommes. Par ailleurs,
il mettra fin aux abus des dirigeants par des mécanismes de contrôle et de sanctions prévues par
la loi.
Notons que les droits de l’homme constituent une notion de droit constitutionnel et le
droit international, dont la mission est de défendre d’une manière institutionnalisée les droits de
la personne humaine contre les excès de pouvoir commis par les organes de l’Etat.51
49
J. Chevalier, L’Etat de droit, Paris, Mont Chrétien, 1999, Pp.7-8
50
Ibidem, P.133
51
J. Chevalier, op., cit. p.133
Néanmoins, de l’avis de René Coste, tant que ces droits ne pas introduits et avec des
prescriptions précisées dans le droit positif (international et étatique). Ils risquent d’être
inopérants. Certes ils peuvent avoir une grande force pour la conscience qui sait le reconnaitre
dans la mesure où ils sont perçus comme des revendications morales de portée universelle. Mais
la mauvaise volonté existe aussi, voire le crime, et souvent l’inconscience.
Introduit dans le droit étatique avec comme base : (la constitution), les droits de
l’homme deviendront les droits fondamentaux s’imposant à toute l’organisation politique et
juridique.
3. Education et politique
Le citoyen doit connaitre ses droits et ses devoirs. Car le respect des lois et des actes
de l’exécutif est fondé sur la capacité d’en saisir la justification. Le citoyen n’est donc jamais
sensé obéir sans comprendre ni juger. Réciproquement, les réclamations des citoyens doivent
être fondées sur des principes intégraux qui tournent au maintien de la constitution et au bonheur
de tous. On ne peut donc appeler droit n’importe quelle exigence arbitraire de l’individu, e
citoyen n’ayant des droits que ceux garantis à tous à tous citoyens. En d’autres termes, le droit est
fondé si un principe rationnel ou, ce qui devient au même, universel.
Mais, l’Etat seul peut remplir complétement la mission de faire respecter des droits
humains sur l’ensemble de territoire. Il arrive que certains agents respectant l’Etat (le pouvoir
public) à tel ou tel endroit violent eux-mêmes ces droits en abusant de leurs positions ; face à de
tels cas, des organisateurs non-gouvernementaux se donnent la peine d’épauler l’Etat dans cette
mission.
En effet, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme opèrent dans notre
pays. Elles rappellent à l’Etat ses obligations vis-à-vis de sa population conformément à la
constitution et aux accords internationaux ratifiés.
Les syndicats figurent sur la liste des institutions œuvrant pour la défense des droits
de l’homme. Ils sont spécialisés dans les sociaux et économiques. Ils rappellent aux patrons et à
l’Etat leurs obligations vis-à-vis des employés, conformément aux lois nationales et
internationales. La presse travaille également à la promotion des droits humains en diffusant les
nouvelles dans le respect des règles ethniques et déontologie régissant cette profession.
52
D.U.D.H, article 2632
Bien qu’ils soient reconnus par les Etats, cependant les droits de l’homme subissent
des violations à tout moment et dans plusieurs circonstances. A chaque minute qui passe, on fait
face à un droit de l’homme violé ; tant à l’interne ou à l’extérieur du pays. Ce fléau met en danger
les individus qui sont censés vivre en toute tranquillité.
Plusieurs causes peuvent être à la base de ces violations, par exemple, sur le plan
politique, sur le plan juridique, sur le plan social et aussi sur le plan économique.
Le rôle du pouvoir politique à l’égard des droits de l’homme peut se résumer en deux
mots : protection et promotion. La protection est première : « c’est donc là le devoir fondamental
des pouvoirs publics d’adorer les rapports juridiques des citoyens entre eux ; de manière que
l’exercice des droits chez les autres, le même usage accompagne de l’accomplissement des
devoirs correspondants. Il s’agit enfin de maintenir l’intégrité des droits pour tout le monde et de
la rétablir en cas de violation.55
53
SCEAM, Justice et évangélisation en Afrique, 29 juin – 7 juillet 1981, à Yaoundé,
Kinshasa, CEP, 1981, p.9
54
Jean XXIII insiste sur le droit à l’existence et à un niveau de vie décent, n°11.
55
Jean XXIII, PACIM Interris, n°62
L’autorité politique doit s’acquitter de cette obligation surtout par une législation
précise et adoptée notamment sur le plan pénal et par les services publics de la justice et de la
police. La violation des droits de l’homme est entrainée par la défaillance du législateur face à
l’élaboration de la loi électorale. En effet, le législateur pouvait tirer beaucoup d’attention en
élaborant cette loi pour mettre des barrières pour ceux n’ayant pas un certain niveau d’étude.
Quiconque peut dont devenir parlementaire aujourd’hui même s’il n’a pas étudié ; là
pour c’est que ce dernier, ignorant les droits et sui lui lient avec le peuple, ne saura contribuer à la
protection ni moins à la promotion des droits de l’homme qui est l’un des critères d’un Etat de
droit.
Cette difficulté nécessite une révision urgente de la loi électorale en vue de mettre e,
place certaines conditions relatives au niveau d’étude pour la bonne composition de la classe
politique. La volonté des politiques joue un grand rôle dans la mise en œuvre des droits de
l’homme : il y a des politiques qui, ayant fait plusieurs années dans l’exercice de leurs fonctions,
ne se sentent pas encore occuper par la poursuite de l’intérêt commun, encore faudra-t-il penser à
créer un organe étatique au non étatique et l’octroyer la mission de contrôler le parlementaire
dans l’exercice de ses fonctions légalement reconnues. De cette façon, chaque parlementaire ne
peut pas déroger à ses obligations vis-à-vis de la population qu’il représente.
Ainsi, les instances judiciaires viennent soit atténuer ces tensions sociales soit encore
enfoncer les clous. Dans la première hypothèse, c’est lorsqu’elles disent droit en toute justice et,
dans la seconde, c’est la gangrène qui frappe le pouvoir judiciaire du Congo dont les magistrats
sont mal payés et n’accomplissent pas leurs fonctions juridictionnelles, mais se livrent à des
pratiques de corruption. C’est-à-dire que lorsque les instances judiciaires elles-mêmes l’injustice
comme nous l’avons démontré ci-haut avec l’exemple des magistrats qui rendent les décisions
uniques et organisent les simulacres des procès sous prétexte qu’ils sont mal payés ; les tensions
sociales sont possibles. C’est pourquoi, dans une certaine mesure, les instances judiciaires
doivent éviter les simulacres de justice et aussi se montrer capables d’appliquer parfaitement le
principe d’égalité de tous devant la loi », consacré par l’article 12 de la constitution, qui résume
l’essentiel d’un Etat de droit.
En effet, il n’aura rien d’un Etat de droit, si deux individus auteurs d’une même
infraction, se verrait l’un poursuivit et l’autre non à cause de son influence politique ou
d’appartenance tribale alors que les faits démontrent avec acuité les indices sérieux de sa
culpabilité. Comme nous l’avons vu ci-haut, le principe d’égalité devant la justice 56 fait partie
des éléments qui font la plénitude d’un Etat de droit.
L’ignorance de la loi peut assurer les cours et tribunaux à marcher sur les droits de
l’homme. En matière de droit, l’autorité ayant la justice dans ses attributions, devrait se rassurer
de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut pour palier à ce fléau et aussi organiser au moins
chaque trimestre, la séance de formation du corps juridique en vue de pérenniser la connaissance
de la loi.
Empêcher le juge de faire son œuvre (dire le droit) est un frein à la considération de la
jeune démocratie. Mais, dans une certaine mesure, les juges congolais, par riposte ou par révolte
peuvent tirer les bénéfices secondaires des crimes comme l’avait conceptualisé Karl Marx 58 en
renforçant leur impartialité, indépendance et instaurant une nouvelle vague de justice. Et l’Etat
congolais aussi, peu tirer les mêmes bénéfices en renforçant son système de sécurité contre
l’insécurité à l’encontre du pouvoir judiciaire.
56
Michel Levinet, Théorie générale des droits et libertés, Ed. Nemessis, 4ème
édition, Bruxelles, 2012, Pp 759-761, cité par MUGANZA MUYUMBA, l’exception
d’inconstitutionnalité des lois en droit positif congolais, édition Malaïka, Kinshasa, 2016, p.13
57
L’article 149
58
Karl Marx, Bénéfices secondaires du crime, Déviance et criminalité. Textes
réunis par Denis Szabo avec la collaboration d’André Normendeau, Paris, Librairie Armand
Colin, Coll « U2 », 1970, pp. 84-85,
L’application de la peine de mort constitue l’une des graves violations des droits de
l’homme en RDC ; la République Démocratique du Congo est un pays démocratique qui a
élaboré sa constitution conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme, ceci
pour rendre effectif un état des droits parce que l’un des critères d’un état des droits est aussi le
respect des droits de l’homme. La constitution étant une loi fondamentale d’un pays, toutes les
autres lois (internes) sont censées se conformer à elle. Cela voudrait catégoriquement dire qu’une
loi contraire à la constitution ne peut jamais être appliquée et elle est nulle.
L’article 5 du code pénal congolais livre I énumère les peines applicables en cas des
violations d’une loi et aussi déroger volontairement à ses droits fondamentaux. A l’analyse de
l’article 16 de la constitution qui dispose : « la personne humaine est sacrée. L’Etat a
l’obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité
physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi,… »59
La RDC est l’un des meilleurs ratificateurs des textes internationaux. Dans la mesure
où la constitution de notre pays consacre en son article 215 la primauté du droit international sur
le droit interne, ceci veut dire que lorsque le droit international dit, le droit interne se tait. Mais la
contradiction en pratique nous pousse à dire autrement. L’article 77 du statut de Rome énumère
les peines à appliquer parmi elles ne figurent pas la peine de mort. En cas de violation de la loi
internationale, faudra-t-il appliquer le droit interne au détriment du droit international ? L’article
215 de la constitution a déjà résolu le problème.
Les droits de l’homme sont universels, c’est-à-dire qu’ils sont reconnus à tous sans
distinction. L’article 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme dispose « tout
individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne » ; l’article 6 point 1 de la
charte des droits de l’homme et des libertés fondamentales dispose « chacun a droit à la vie. La
vie humaine mérite d’être protégée dès avant la naissance ». Après une lecture combinée de
toutes ces dispositions, nous sommes convaincus que la personne a le droit de vivre et, on peut en
aucun cas lui donner volontairement la mort comme pour lui donner une punition.
La relation entre pauvreté et droits humains n’a jusqu’à présent pas été clairement
comprise et il existe peu de recherche empiriques sur ce thème. En conséquence, des prospectives
aux apparences fortement contractés demeurent. La vision dominante en matière du
développement économique considère que les programmes de réduction de la pauvreté sont si
variés et englobent tant de choses qu’ils permettront de faire respecter les droits humains.
Toutefois, les militants des droits humains estiment que les violations des dits droits sont l’une
des principales causes de la pauvreté. En conséquence, priver un individu de ses droits signifie,
par définition, la maintenir dans la pauvreté. En fait, ces deux approches détiennent une vérité et
une valeur ajoutée.
La pauvreté est aussi une cause de la violation des droits de l’homme. Dès lors qu’on
ne ……………………………….rien, on a toute possibilité de se lancer dans des pratiques
néfastes. Le chômage entre aussi en ligne de compte : le chômage peut pousser les individus à se
lever les uns contre les autres et cette hémorragie peut être calmée dans la mesure où l’Etat peut
penser créer les emplois et multiplier les aides publiques en vue de maîtriser la morale des
individus. Que tout citoyen se sente occuper par un travail qui lui fourmi même un petit rien, de
cette façon, on peut encore lutter contre les violations des droits de l’homme au plan économique.
Les individus sont sensés vivre en toute quiétude dans la société étant donné que tout
être humain possède des droits qui lui sont reconnus. Ils peuvent être respectés sur le plan
politique, juridique et économique. Cependant, les droits de l’homme peuvent connaitre les
violations sur le plan social. Ce constat étant amer quant à la mise en œuvre des droits de
l’homme, nous pouvons à titre d’exemple parler de la non vulgarisation de la loi. Où qu’il se
trouve, l’individu est obligé d’avoir la connaissance de la loi en vue de lui permettre de répondre
à ses obligations vis-à-vis de son pays d’une part, et d’autre part, de son prochain.
Lorsque la loi est rendue publique, elle est donc à la portée de tout le monde. Lorsque
l’individu n’a pas connaissance de la loi, normalement les droits sont mis en danger. Il est
impérieux à ce point que l’Etat s’assure de la vulgarisation de la loi en vue de mettre fin aux
violations des droits humains sur le plan social.
Il est à noter que dès sa naissance, toute personne possède les droits qui lui sont
reconnus et garantis par la constitution aussi bien que par les autres textes légaux. La mise en
œuvre de ces droits est l’obligation de l’Etat et aussi du citoyen, l’Etat est obligé de s’assurer par
son implication, de la promotion ainsi que de la protection. L’Etat doit donc prendre toutes les
mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre des droits de l’homme et aussi protéger les
individus qui en sont bénéficiaires contre les violations de leurs droits commises par les acteurs
non-étatiques, des agents publics étrangers…
Nous parlons dans cette partie, des instruments internationaux et aussi des
instruments internes (nationaux).
A. INSTRUMENTS UNIVERSELS
Les Nations Unies ont adopté trois principaux instruments généraux qui constituent
ce qu’on appelle « la charte internationale de droits de l’homme » et quatre instruments sectoriels
et leurs protocoles.
61
A. MAZYAMBO MAKE NGO KISALA, Droits des réfugiés et des travailleurs
migrants », Kin, 2004, P. 95
La charte nationale des droits de l’homme comprend: la déclaration universelle des
droits de l’homme, le pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels, et le
pacte international relatif aux droits civils et politiques et des deux protocoles.
Parmi les droits qui sont proclamés, nous citerons à titre d’exemple : le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit du travail, le droit des conditions de travail juste et
favorables, le droit de former le syndicat, de son choix, et de l’affilier au syndicat de son choix, le
droit de grève, le droit à la sécurité sociale, le droit de la faim, le droit de jouir du meilleur état de
santé physique et mentale, le droit d’éducation, le droit de participer à la vie culturelle etc. les
États sont tenus d’assurer progressivement et, dans la mesure de leurs possibilités, le plein
exercice de ces droits.
Ses dispositions peuvent être regroupées en deux catégories : d’une part, les
dispositions qui imposent aux États les obligations d’ordre général en rapport avec les droits
énoncés106 et de d’autre part, les dispositions qui proclament des droits66.
Parmi les obligations d’ordre général imposées aux États, nous citerons :
l’interdiction de la discrimination, l’adoption des mesures de mise en œuvre de droits énoncés,
l’organisation de voies de recours internes, le respect de l’égalité entre l’homme et la femme dans
la jouissance de tous les droits, le respect du noyau dur de droits ( droits non dérogeables) en cas
de survenance des circonstances exceptionnelles, l’interdiction de restreindre ou déroger aux
droits reconnus sous prétexte que le pacte ne les reconnaît pas ou les reconnaît à un moindre
degré.67
Les droits énoncés par le pacte sont notamment : le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes, le droit à la vie, le droit à ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, le droit à ne pas être tenu en esclavage ou servitude,
le droit à ne pas être astreint à accomplir un travail forcé, le droit à la liberté et à la sécurité
personnelle, le droit, quand on est détenu ou arrêté, à être traité avec emprisonné pour
l’inexécution d’une obligation contractuelle, le droit à la liberté de mouvement, le droit de quitter
n’importe quel pays y compris le sien, le droit de ne pas être arbitrairement privé du droit
d’entrée dans son pays, le droit à la liberté d’opinion, le droit à la liberté d’expression, le droit à
la liberté de pensée, de conscience et de religion etc.
Le deuxième protocole facultatif au pacte relatif aux droits civils et politiques visant
l’abolition de la peine de mort Le deuxième protocole facultatif au PIDCP visant l’abolition de la
peine de mort a été adopté par l’assemblée générale des Nations Unies de 15 décembre 1989. Cet
instrument interdit aux États parties d’exécuter la peine de mort qui aurait été prononcée contre
une personne relevant de leur juridiction. Il leur demande, par ailleurs, de prendre des mesures
pour abolir ladite peine dans leur juridiction. Cet instrument est entré en vigueur le 11juillet 1991.
La RDC ne l’a pas encore ratifié.
Nous nous limiterons ici à inventorier les instruments adoptés dans le cadre régional
africains, (l’organisation de l’unité Africaine (OUA), devenue l’Union Africaine (UA), a adoptée
quatre principaux instruments relatifs aux droits de l’homme qui sont:
Les droits proclamés sont aussi bien les droits de l’individu (droits civils et politiques,
droits économiques, sociaux et culturels, droits de solidarité) que les peuples (l’égalité des
peuples, l’égalité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit des peuples à la libre
disposition de leurs richesses et ressource naturelles).
La charte proclamée, par ailleurs, les devoirs de l’individu. Ceux-ci sont regroupés en
cinq catégories : devoirs envers autrui, devoirs envers la famille, devoirs envers la société,
devoirs envers l’État et les autres collectivités légalement reconnues, devoirs envers la
communauté internationale.
La charte créé un organe de supervision de son application par les États parties : la
commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Le protocole additionnel à la charte des droits de l’homme et des peuples créant la cour
africaine des droits de (homme et des peuples
Le protocole additionnel à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples a
été adopté à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 1998. Appelé protocole de Ouagadougou, il est
entré en vigueur le 25 janvier 2004. Le protocole crée une cour africaine des droits de l’homme et
des peuples.
Cette cour composée de 11 juges, complète les fonctions de protection que la charte
africaine des droits de l’homme et des peuples à conférées à la commission africaine des droits de
l’homme et des peuples.
La cour africaine des droits de l’homme et des peuples à compétence pour connaitre
de toutes les affaires et de tous les différents dont elle est saisie concernant l’interprétation et
I1application de la charte, du protocole, et de tout autre instrument relatif aux droits de l’homme
et ratifié par les États africains 68 ( compétence contentieuse). En matière contentieuse, la cour
peut être saisie par la commission, les États, les organisations intergouvernementales africaines,
les individus et les organisations non gouvernementales (ONG) dotées du statut d’observateur
auprès de la commission. Elle peut en outre, donner à la demande d’un Etat membre de l’Union
africaine, de tout organe de PUA ou d’une organisation africaine reconnue par PUA, des avis sur
toute question juridique concernant la charte ou tout autre instrument relatif aux droits de
l’homme69 (compétence consultative). Ce protocole est facultatif en ce sens que les États qui ont
ratifié la charte africaine des droits de l’homme et des peuples ne sont pas tenus de la ratifier. La
RDC a ratifié le protocole d’Ouagadougou le 28 mars 2001.
La particularité de la convention africaine consiste dans le fait que celle-ci donne aux
réfugiés une définition plus large que celle de la convention ancienne. En effet, alors que la
convention de 1951 ne vise que la personne qui fuit le pays, dont elle a la nationalité, par craintes
d’être persécuté, la convention africaine étant le concept de réfugié à toute personne obligée de
quitter son pays «du fait d’une agression, d’une occupation extérieure, d’une dominante étrangère
ou d’événements troublant gravement l’ordre public Article 3 du protocole dans une partie ou
dans la totalité de son pays d’origine ou du pays dont elle a la nationalité ».71
70
A. MAZYAMBO MAKE NGO KISALA, [Link]. p. 95
71
Article 12 de la convention.
72
Article 4 du protocole.
devrait pas empêcher son application au profit des individus. En effet, la publication a pour
objectif de faire connaître et de rendre le texte opposable à tous. Mais si un individu, en dehors
d’une publication au journal officiel, prend connaissance de l’existence d’un instrument qui lui
est favorable et l’invoque devant une juridiction, est-on droit de lui opposer son non publication?
La réponse doit être négative. A ce sujet, « la solution qui se profile dans certains États monistes
consiste à appliquer les traités créant des droits au profit des individus indépendamment de leur
publication. Les juridictions estiment dans ce cas que les autorités nationales sont de toute
manière ténue par les traités dès son entrée en vigueur au niveau international et que cette
application ne porte pas atteinte à la sécurité juridique dans la mesure où elle contribue à garantir
un droit de l’individu et non à lui imposer des obligations» 73 dans tous le cas ce débat ne présente
pas beaucoup d’importance pour la République démocratique du Congo dans la mesure où la
quasi-totalité instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme a été publiée au journal
Officiel.
Par ailleurs, la constitution congolaise ayant, dans son préambule, fait expressément
référence aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, ceux-ci ont non
seulement un rang supérieur à celui des lois, comme le dit clairement l’article 215 de la
constitution, mais encore valeur constitutionnelle. Ils font partie de ce que la cour
constitutionnelle Française appelle « bloc de constitutionnalité ». La conséquence de ce moniste
est que les dispositions des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme peuvent être
invoquées directement devant les autorités administratives ou juridictionnelles à la seule
condition qu’ils soient auto-exécutoires, c’est-à-dire, susceptibles d’être appliquées sans qu’il soit
nécessaire de prendre des mesures supplémentaires ; qu’elles soient des dispositions claires,
précises et juridiquement complètes.75
Nous sommes d’avis qu’en dépit du fait que la constitution et les lois de la
République démocratique du Congo proclament un grand nombre de droits de l’homme reconnus
dans les instruments internationaux, l’application fréquente de ces derniers par les cours et
tribunaux congolais présente un grand intérêt. En effet, ces instruments complètent, enrichissent
et corrigent heureusement les normes internes : leur catalogue des droits est plus étoffé que celui
des textes internes, leurs définitions des droits sont plus riches et plus progressistes que celles
contenues dans la constitution, enfin, leur rang dans l’ordre juridique congolais ouvre aux
73
A. MAZYAMBO MAKENGO KISALA, [Link], p.95
74
Article 12 de la convention.
75
Article 112 de l’acte constitutionnel de la transition du 9 avril 1994, article 193
de la constitution de la transition
particuliers des nouvelles possibilités de recours contre les abus légaux et réglementaires. Plus
clairement, nous estimons qu’une personne peut saisir la juridiction compétente, en l’occurrence
la cour constitutionnelle, pour obtenir l’annulation d’une loi ou d’un règlement contraire à un
traité international relatif aux droits de l1homme.
Dans l’ordre juridique interne, la proclamation et les garanties des droits de l’homme
peuvent résulter de la constitution, des lois et des règlements. Dans les lignes qui vont suivre,
nous n’examinerons que les instruments de l’ordre juridique congolais.
1. La constitution
L’examen de la constitution s’articule autour de deux points essentiels : l’évolution
historique du catalogue constitutionnel des droits de l’homme et l’examen des droits proclamés
dans la constitution du 18 février 2006.
Les droits qui étaient garantis par la constitution et les lois belges n’étaient pas
d’office applicable aux congolais. Aux termes de l’article 2 de la charte coloniale, seuls les droits
énoncés par certaines dispositions des articles 7, 21, 22, et 24 de la constitution belge alors en
vigueur étaient reconnus à l’ensemble des habitants du Congo Belge. Pour les restes des droits, ce
texte faisait une distinction entre les belges, les congolais immatriculés et les étrangers, d’une
part, et de l’autre, les indigènes non immatriculés ; ceux-là jouissant de plus des droits que ceux-
ci. Ainsi donc, pour les colonisateurs belges, les hommes ne naissaient pas égaux en droits et en
dignité76.
La loi fondamentale relative aux libertés publiques était la première grande charte des
droits du Congo indépendant. En 1964, le Congo décida de se doter d’un autre texte fondamental
en remplacement de la loi fondamentale. Celui-ci fut adopté le 1 août de cette année.
76
Sciotti-lam (Claudia). L’application des traités internationaux relatifs aux droits
de l’homme en droit interne ». Bruxelles, Bruyeant, 2004, Pp. 319-320.
La constitution « révolutionnaire » qui sera adoptée deux ans plus tard (le 24 juin
1967) restera dans cette ligne et constitutionnalisera un très grand nombre de droits et de libertés
consacrés dans la constitution du premier août 1964.
En résumé, le catalogue des droits est resté pratiquement en chargé entre 1967 et
1990. On peut toutefois signaler la réapparition de certains droits dans le texte révisé du 15
février 1976. Tél est le cas du droit au secret de la correspondance et de toute autre forme de
communication77, de la liberté d’exercer l’art, le commence et l’industrie 78 du droit de grève, du
droit à élire et à être élu79
- Droit de congolais à ne pas être discriminé en matière d’éducation d’accès aux fonctions
publiques et en aucune autre matière (art. 13);
- Droit à ne pas être tenu en esclavage ni dans une condition analogue (art. 17.4);
- Droit à ne pas être condamné pour une action ou une omission qui ne constitue pas une
infraction à la fois au moment où elle est commise et au moment de la condamnation
(art.17.4);
- Droit à l’inviolabilité du domicile (art. 29);
- Droit d’asile (art. 33.1);
- ...
Droits économiques, sociaux et culturels
Les droits économiques sociaux et culturels sont reconnus par la constitution de la
République démocratique du Congo dans les articles 34 à 49.
Droits collectifs
Ils sont reconnus dans la constitution de la République démocratique du Congo dans
les articles 51 à 59.
80
Article 23
Proclamés dans la constitution, les droits de l’homme et les libertés fondamentales
relèvent aussi du domaine de la loi. En effet, l’article 22 de la constitution de la transition, cité
parmi les matières dont les règle sont fixées par la loi : les droits civiques et les garanties
fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, la nationalité, l’état
des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et les libéralités, le droit du travail et de
la sécurité sociale.
Il paraît ainsi clairement que la constitution donne le catalogue des droits et libertés
fondamentaux et détermine les principes fondamentaux relatifs à leur exercice et à leur garantie.
Le reste relève du domaine de la loi. Celle-ci peut, en conformité avec les principes
constitutionnels, précis la définition des droits, donner leur portée Exact, l’exercice de certains
droits, déterminer les autorités administratives ou judiciaires compétentes en matière des
protections des droits de l’homme, organiserai la sanction de la violation des droits et libertés
(détermination des infractions et des peines, organisation des voies de recours). Certains droits
peuvent même être réglés par un texte réglementaire après que les principes fondamentaux aient
été déterminés par la loi. II existe dans l’ordre juridique congolais un grand nombre des textes
légaux et réglementaires relatifs aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Nous
pouvons citer quelques-uns ci-dessous.
A. TEXTES LÉGISLATIFS
Les instruments relatifs aux droits de l’homme ne se limitent pas à proclamer des
droits, ils aménagent aussi des mécanismes de supervision la garantie et du respect des dits droits.
Ces mécanismes existent aussi bien sur le plan international que sur le plan interne.
Les mécanismes internationaux sont ceux qui sont institués par les traités ou par des
actes unilatéraux des organisations internationales. Ils sont soit universels, soit régionaux.
3. 2. 1. 2. MECANISMES CONVENTIONNELS
Les mécanismes conventionnels sont ceux qui sont institués par les conventions
internationales aux droits de l’homme dont l’inventaire a été fait plus haut. Ces conventions
créent des organes et de procédure, de supervision.
Les organes de supervision créés par les conventions internationales relatives aux
droits de l’homme adoptés dans le cadre des Nations Urnes s’appellent invariablement « comité».
Il y a donc aujourd’hui, sept comités à savoir:
Ces comités des droits de l’homme, le comité des droits économiques, sociaux et
culturels, le comité des droits de l’enfant se composent de 18 membres chacun; le comité contre
la torture et le comité pour la protection des droits de tous des travailleurs migrants de 10 et le
comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes de 23 experts.
Le comité des droits de l’homme et le comité des droits de l’enfant siègent trois fois
par an; le comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants, une fois par an; les
autres comités, deux fois par an.
82
Art. 29
Les comités aident les États à rédiger leurs rapports en leur donnant des directives
relatives à la forme et contenu des dits rapport s. De manière générale, les rapports doivent
fournir les informations Minima suivantes:
- Toutes les mesures adoptées par l’État partie pour donner effet aux droits
reconnus dans l’instrument en question;
- Les progrès réalisés dans la jouissance de ces droits;
- Des informations empiriques pertinentes, notamment des statistiques;
- Tous les problèmes et difficultés qui gèrent l’application du traité...
Les rapports des États sont, en générale, redirigés par les gouvernements. En RDC, il
existe un comité interministériel chargé de la rédaction des rapports qui doivent être soumis aux
organes de supervision institués par les conventions internationales chaque rapport examiné par
le comité concerné, en séance publique, devant les représentants de l’État qui l’a présenté.
Cette procédure est prévue par Le pacte international relatif aux droits civils et
politiques, la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille.
Les instruments permettent à tout Etat partie de porter plainte devant l’organe de suivi
contre un autre Etat partie qui a son avis, violerait les droits proclamés. Les comités doivent
examiner ces plaintes à huit clos et si nécessaire, constituer une commission de conciliation ad
hoc pour enquêter et régler l’affaire entre l’Etat concernés. 83 Mais ce mécanisme n’a à ce jour,
connu aucune application.
83
Marcel Wetsh Okonda Kosa Senga, « les perspectives des droits de l’homme
dans la Constitution congolaise », Kin, Ed., de la compagne pour les droits de l’homme au
Congo 2006, Pp. 45-50
Le dépôt de plaintes individuelles (communications) est prévu dans les protocoles
facultatif se rapportant au pacte International relatifs aux droits civils et politiques et la
convention sur l’élimination de toutes des formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi
que les clauses facultatives contenues dans la convention internationale sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale, et la convention contre la torture et la convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur
famille.
d. Procédure d’enquête
Cette procédure est prévue dans la convention contre la torture ;84 Et dans le protocole
facultatif à la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des
formes.85
Aux termes des dispositions de ces deux instruments, lorsque le comité contre la
torture ou le comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes reçoit des
informations fiables lui donnant de bonnes raisons de penser que des actes de torture ou de
discrimination à l’égard des femmes, respectivement, sont systématiquement commis sur le
territoire d’un Etat partie, il peut, de sa propre initiative, initier une enquête.
Lorsqu’il ouvre une telle enquête, le comité intéressé peut aussi se rentrée sur terrain
pour y établir les faits. Mais cette descente sur terrain n’est possible que si le gouvernement de
l’État intéresse y consent.
La commission des droits de l’homme des Nations Unies, aujourd’hui remplacé par le
conseil des droits de l’homme a été l’artisan principal des mécanismes non conventionnels dits
aussi mécanismes fondés sur la charte. Nous nous proposons ici de présenter très brièvement la
procédure confidentielle dite procédure 1 503 et les procédures publiques spéciales instituées en
application de la résolution 1235 du conseil économique et sociale.
Aux termes de la résolution 1503 adoptée le 27 mai 1 970 par le conseil économique
et sociale, un groupe de travail spécial de sous-commission examine, tous les ans, des milliers de
pétitions individuelles pour repérer les pays dans lesquels il existe « un petit ensemble de
violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme, dont on a des preuves dignes de foi
84
Mazyambo Makengo Kisala, « la protection des droits de l’homme et les
mécanismes internationaux », RDC, 1999, Pp. 24-60.
85
Nowok Manfred, [Link]., P.28.
» la situation de ces pays est d’abord examinée devant commission, aujourd’hui conseil des droits
de l’homme, en plénière. L’origine de cette résolution remonte à 1947. La commission des droits
de l’homme, qui avait reçu alors beaucoup de communications dont la plupart contenaient des
plaintes relatives à des violations de droits de l’homme, s’interrogeait sur la destinée qui devrait
être celle de ces communications faisait une distinction entre les communications traitant des
principes qui sont à la base du respect et de l’observation des droits de l’homme et les « autres
communications » c’est-à-dire celles qui relèvent des violations des droits de l’homme.86
Sur base de la résolution 1235 (XLII) adoptée le 6 juin 1967 par le conseil
économique et social, la commission des droits de l’homme a institué un certain nombre de
procédures spéciales pour traiter des allégations de violations de droits de l’homme.
a. Procédure géographique
b. Procédure thématique
Il existe aujourd’hui plus de trente procédures thématiques. Nous citerons à titre tout
à fait indicatif : le groupe BDE travail sur les disparitions forcées ou involontaires, le groupe de
travail sur la détention arbitraire, le rapport spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires
et arbitraire, le rapport spécial sur la liberté de religion ou de conviction, le Rapporteur spéciale
sur la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants, le Rapporteur
spécial sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant les
enfants.87
86
Mazyambo Makengo, « système onusien de protection des droits de l’homme...
», [Link]., P.56-58
87
Art. 20
Le système régional africain connaît deux types de mécanismes de protection des
droits de l’homme : mécanismes non juridictionnels et les mécanismes juridictionnels.
Les organes suivis institués par ces deux instruments sont : la commission africaine
de droits de l’homme et de peuples et le comité des droits et du bien-être de l’enfant. Les
mécanismes ou procédures de suivi : ie mécanisme de soumission des rapports, le mécanisme de
communications interétatiques, le mécanisme de communications individuelles, et le mécanisme
du rapporteur spécial.
88
Articles 8 à 12
89
Keba Mbaye, « les droits de l’homme en Afrique », Paris, 1992, P.110.
personnes physiques et des organisations non gouvernementales. Le comité des droits et du bien-
être de l’enfant peut, par ailleurs, être saisi par l’organisation des Nations Unies.
A. LES JURIDICTIONS
90
Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Manuel des procédures spéciales
des droits de l’homme de l’ONU, projet, juin 2006, Pp. 26-28.
91
Article 55 de la charte africaine des droits de l’homme des peuples.
92
Article 44 de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Les cours et tribunaux sont les principaux organes de protection des droits de
l’homme dans l’ordre juridique interne. Mais, ils ne sont pas les seuls. En effet, il existe à côté
des instances juridictionnelles, d’autres organes qui jouent un rôle important dans la promotion et
la protection des droits de l’homme.
Ce ministère a été créé en 1998 par le décret n°078 du premier juin 1998 portant
nomination des membres des gouvernements de salut public. Ses attributions sont aujourd’hui
définies par le décret n°03/027 du 16 septembre 2003 fixant les attributions des ministres. Aux
termes de l’article 1er point 8 dudit décret, le ministère des droits de l’homme a comme
attributions spécifiques de ministère des droits de l’homme a comme attributions spécifiques:
L’observation Nationale des droits de l’homme a été créée par l’accord global et
inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo, en son point V.4 et par l’article
154 de la constitution de la transition entant qu’institution d’appui à la démocratie à côté de 4
autres institutions à savoir : la commission électorale indépendante, la haute autorité de médias,
la commission vérité et réconciliation, la commission de l’éthique et de la lutte contre la
corruption.
93
Article 11 du protocole.
L’organisation, les attributions et le fonctionnement de l’observatoire national des
droits de l’homme sont organisés par la loi n°04/019 du 30 Juillet 2004 et ce, conformément à
l’article 1 60 de la constitution de la transition.
Les droits de l’homme peuvent être violés par le législateur, l’exécutif ou par les
particuliers. Par être efficace, leur protection doit donc aller dans ces trois directions et
comprendre les recours contre les actes du législateur, contre les actes de l’exécutif et contre les
actes des particuliers. Ces recours peuvent être juridictionnels ou non juridictionnels.
1. Recours en appréciation de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi.
2. Recours administratifs
94
Article 5 du protocole.
de l’ordonnance-loi n°82-017 du 31 mars 1982 relative à la procédure devant la cour suprême de
justice.95
3. Recours judiciaires
L’action civile est l’action de droit commun. Le juge civil intervient dans les
domaines très variés des rapports entre particuliers : intimité de la vie privée, propriété privée,
travail, liberté syndicale, liberté d’expression etc. L’action pénale peut être mise en mouvement
lors que la violation d’un droit est érigée en infraction. Intervient ici aussi bien le juge pénal
ordinaire que le juge pénal militaire.
Le juge judiciaire peut attribuer des dommages et intérêts, annuler un contrat réputé
non écrite une clause, écarter un moyen de preuve obtenu en violation de la liberté de l’autre, etc.
Il existe plusieurs recours non juridictionnels. Nous pouvons citer trois : le recours
gracieux, le recours devant le Ministère des droits humains et la pétition.
1. Recours gracieux
Il est ouvert dans toutes les hypothèses de litiges entre un particulier et l’État.
En effet, une personne qui estime qu’un acte réglementaire a violé l’un des droits qui
sont garantis par la constitution ou par la loi, a le droit de s’adresser à l’autorité qui a pris l’acte
incriminé pour obtenir sa modification ou son rapport. Ce recours gracieux doit, dans les cas
précéder tout recours contentieux.
Les victimes des violations des droits et libertés protégés par la loi peuvent, par voie
de requête, saisir le Ministère des droits humains qui, dans cette hypothèse, jouera le rôle de
médiateur de la République. Ce rôle consiste à amener les autorités administratives et judiciaires
à rétablir le plaignant dans ses droits.
Le Ministère des droits humains joué ce rôle dans se substituer aux cours et
tribunaux. Pour le faire, il n’examine la requête d’un particulier que:
95
Article 34 du protocole
Si la Victime présumée d’une violation des droits a, au préalable, épuisé les retards
excessifs étant assimilés à l’épuisement des voies de recours;
S’il y a refus manifeste de la part d’une autorité compétente de statuer sur la violation
présumée;
S’il y a violation choquante flagrante d’un droit fondamental.
Comme dit le plus haut, les interventions du Ministère des droits humains en matière
de protection des droits de l’homme sont plutôt rares.
3. Droit de pétition
CONCLUSION
Nous sommes arrivés au terme de notre travail qui porte sur « ¡‘Analyse critique du
respect des Droits de l’Homme : cas de la constitution du 18 Février 2006 ». Les investigations
ont été menées en vue de récolter certaines données traitant notre sujet, ceci dans le but de les
analyser de façon critique pour tirer au clair la notion de la mise en œuvre du respect des Droits
de l’Homme comme la constitution de notre pays l’indique. Après l’analyse de la situation, nous
avons compris qu’il existe un cadre juridique en République Démocratique du Congo pour ¡a
protection des Droits de l’Homme. Ce cadre est fait d’instruments internationaux et nationaux
(internes) tels que la constitution, chartes, lois et règlements. À travers les écrits, il est
remarquable que la constitution de la République du 18 Février 2006 contient un catalogue très
riche des Droits de l’Homme mais la mise en œuvre et les enjeux de ces Droits font face à une
difficulté énorme. Nous avons essayé de démontrer que les mécanismes congolais de protection
et de promotion des Droits de l’Homme sont des conceptualisations récentes, ils méritent d’être
consolidés par une volonté politique tenace des animateurs des différentes Institutions du pays, de
manière à servir également de pilier respectivement à la lutte contre l’impunité et à l’Etat de droit
en gestation. Il est très évident de dire que la constitution est très claire sur la notion du respect
des Droits de l’Homme, ils sont garantis mais la volonté politique est celle que nous déplorons.
Et toutefois, nous avons appelé la population à la prise de conscience, à apprendre comment
revendiquer ses droits car dit-on, un droit qui ne se réclame pas se perd. S’il se peut que la
volonté politique applique toutes dispositions telles que la constitution de notre pays les
reconnait, l’Etat des droits sera effectif et les Droits de l’Homme seront au centre de respect. Cela
établira chacun dans ses droits et on n’aura pas de pays injuste. Pour arriver à ces résultats, nous
avions scindé ce travail en trois chapitres sans oublier l’introduction et la conclusion. Le premier
chapitre a porté sur les définitions des concepts de base ou concepts clés de notre sujet ; le
deuxième chapitre a parlé de la théorie générale des Droits de l’Homme et enfin le troisième et le
dernier a porté sur la mise en œuvre et enjeux majeurs des Droits de l’Homme. Tout travail
humain peut toujours faire l’objet de certaines imperfections, le nôtre n’est pas exempté. Les
remarques et suggestions qui peuvent être formulées feront de nous l’objet d’amélioration.