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Evaluation des risques chimiques professionnels – projet hospitalier multi-centrique soutenu par la CNRACL

Réseau inter-CHU d’échange et de mutualisation des


informations en médecine du travail des personnels des
établissements de santé

Evaluation des Risques Chimiques en établissements de


santé

Thème piloté par le CHU de Grenoble


CHU participants : Brest, Limoges, Lyon, Reims

GUIDES METHODOLOGIQUES

RISQUES CHIMIQUES EN

ETABLISSEMENTS DE SANTE

2ème partie : méthode d’évaluation

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Evaluation des risques chimiques professionnels – projet hospitalier multi-centrique soutenu par la CNRACL

SOMMAIRE

I . INTRODUCTION / OBJECTIFS / REGLEMENTATION ............................................3


II. DEFINITIONS.....................................................................................................................4
III. METHODOLOGIE ...........................................................................................................4
III.1. Types d’évaluations.......................................................................................................4
III.2. Etapes ............................................................................................................................5
III.3. Validation ......................................................................................................................6
III.4. Limites ...........................................................................................................................6
IV. PRESENTATION DE LA METHODE ...........................................................................7
IV.1. Caractérisation et hiérarchisation des dangers ..............................................................7
IV.2. Evaluation de l’exposition des agents ...........................................................................9
IV.3. Hiérarchisation des risques chimiques ........................................................................10
V. DISCUSSION / CONCLUSION.......................................................................................11
V. EXEMPLE D’APPLICATION : ANALYSE BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE
D’HEMATOLOGIE.........................................................................................................12

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Développement d’une méthode d’évaluation des risques


chimiques adaptée aux établissements de santé

I . INTRODUCTION / OBJECTIFS / REGLEMENTATION


Bien que l’évaluation des risques sanitaires professionnels fasse partie des obligations
de l’employeur depuis 1991, trois textes sont venus récemment renforcer la réglementation :
- le Décret n°2001-1016 qui impose aux chefs d’entreprise la rédaction d’un
document unique faisant la synthèse de l’évaluation des risques professionnels
menée dans leur établissement ;
- le Décret n°2001-97 qui élargit aux substances mutagènes et reprotoxiques les
obligations de l’employeur déjà applicables pour les substances cancérogènes ;
- le Décret n°2003-1254 relatif à la prévention du risque chimique, explicité par la
circulaire DRT n°12 du 24 mai 2006, qui précise les éléments à prendre en compte
lors de l’évaluation des risques d’exposition aux agents chimiques dangereux
(ACD).
L’objectif de ces deux derniers textes législatifs est de « renforcer la prévention des risques
susceptibles d’entraîner des conséquences sur la santé et la sécurité des travailleurs qui se
trouvent exposés, dans le cadre de leur activité professionnelle, à des agents chimiques ». Ces
2 décrets sont explicités dans une circulaire :
 Circulaire DRT n°12 du 24 mai 2006 relative aux règles générales de prévention du
risque chimique et aux règles particulières à prendre contre les risques d’exposition
aux agents cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction

S’agissant des risques chimiques au sein des hôpitaux, force est de constater la très
grande diversité des produits et des situations de travail pouvant exposer le personnel à des
agents chimiques dangereux :
- laboratoires de biologie médicale : solvants, acides, bases, colorants, réactifs, kits
de diagnostic,…
- unités de soins : produits détergents, désinfectants, produits d’entretien, produits
de désinfection des matériels chirurgicaux,…
- pharmacies : médicaments cytostatiques,
- blocs opératoires : gaz anesthésiques volatils,
- services techniques : solvants, colles, déchets chimiques…
Ces activités recouvrent des situations de travail très différentes les unes des autres qui
doivent néanmoins pouvoir bénéficier d’une seule et même méthode d’évaluation des risques
chimiques. Parmi les spécificités du secteur hospitalier, en termes de manipulation de produits
chimiques, figure le très grand nombre de produits utilisés (plusieurs centaines de produits
commerciaux par laboratoire par exemple), leur fréquence importante d’utilisation
(manipulation quotidienne d’agents anticancéreux ou de gaz anesthésiques par exemple) et les
faibles quantités de substances utilisées, en comparaison avec d’autres secteurs d’activité.

Afin d’aider les établissements de santé dans leur démarche d’évaluation et de gestion
des risques chimiques et de leur proposer une méthode qui soit adaptée aux spécificités des
hôpitaux, deux guides sont créés et mis à leur disposition :
- ce guide présente une méthodologie d’évaluation validée par 5 Centres
Hospitaliers Universitaires (CHU) sur la période 2005-2007. La méthode

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d’évaluation présentée permet le recensement des agents chimiques


dangereux, l’identification des situations d’exposition à risque et la
hiérarchisation des actions de prévention à mettre en place.
- un deuxième guide (« Risques chimiques en établissements de santé – 1ère
partie : mise en place de la démarche »), non inclus dans ce document, émet
des recommandations pour mettre en place de la démarche d’évaluation des
risques chimiques.

II. DEFINITIONS
Il est nécessaire de rappeler ici un certain nombre de définitions utiles à la compréhension de
la méthode.
 agent chimique : « tout élément ou composé chimique, soit en l’état, soit au sein d’une
préparation, tel qu’il se présente à l’état naturel ou tel qu’il est produit, utilisé ou
libéré, notamment sous forme de déchet, du fait d’une activité professionnelle, qu’il
soit ou non produit intentionnellement et qu’il soit ou non mis sur le marché ».

 agent chimique dangereux :

- « tout agent chimique qui satisfait aux critères de classement des substances ou
préparation dangereuses tels que définis à l’article R.231-51,
- tout agent chimique qui, bien que ne satisfaisant pas aux critères de classement, en
l’état ou au sein d’une préparation, peut présenter un risque pour la sécurité et la
santé des travailleurs en raison de ses propriétés physico-chimiques, chimiques ou
toxicologiques et des modalités de sa présence sur le lieu de travail ou de son
utilisation ».

 danger : « propriété intrinsèque d’une substance dangereuse de pouvoir provoquer des


dommages pour la santé humaine et/ou l’environnement ».

 exposition : « ensemble des conditions de contact entre un agent chimique et un


individu, susceptibles d’entraîner des effets pour la santé de ce dernier ».

 risque : « probabilité d’un dommage dans les conditions d’utilisation et/ou


d’exposition. Le risque se caractérise habituellement par une probabilité et une
gravité ».

III. METHODOLOGIE
III.1. Types d’évaluations
L’évaluation des risques chimiques peut être conduite :
- de manière quantitative, par la mesure des niveaux d’exposition aux agents
chimiques dans divers milieux (atmosphère, milieux biologiques),
- de manière semi-quantitative par l’estimation de niveaux de risque en fonction des
conditions d’exposition.

Bien que moins précise et ne constituant pas la méthode d’évaluation de référence pour les
agents chimiques dangereux (ACD) et les agents CMR de catégorie 1 et 2 (évaluation
quantitative obligatoire), il est décidé d’utiliser une méthode semi-quantitative, basée sur le
calcul d’indices de risque.

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Ce type de méthode présente en effet l’avantage d’une simplicité d’utilisation et permet une
évaluation plus exhaustive de l’exposition aux très nombreux produits chimiques utilisés en
milieu hospitalier. De plus, elle simplifie l’inventaire des agents chimiques dangereux à
évaluation quantitative obligatoire qui peuvent exister dans un établissement en l’état ou au
sein d’une préparation chimique.

III.2. Etapes
Après étude bibliographique des principales méthodes d’évaluation des risques chimiques
(ERC) utilisées dans différents secteurs industriels, une méthode semi-quantitative est
développée et comporte trois étapes :

* Identification, caractérisation et hiérarchisation des dangers :


L’identification consiste à recenser l’ensemble des agents chimiques utilisés au sein de
l’établissement, qu’ils soient sous forme gazeuse (gaz anesthésiques par ex.), solide (poudres)
ou liquides (solvants, peintures, désinfectants,…).
Dans la caractérisation des dangers des produits chimiques, il est décidé d’utiliser les phrases
de risque (phrases R) comme principales sources d’informations car elles sont facilement
accessibles et permettent la caractérisation des dangers physico-chimiques, environnementaux
et toxicologiques.
Parmi les différentes sources d’informations permettant d’avoir accès aux phrases R associées
aux produits chimiques dangereux, les sources suivantes sont utilisées par ordre de priorité :

- fiches de données de sécurité (FDS) (obligatoires d’après le Code du Travail


article R.231-53, Arrêté du 5 janvier 1993, modifié par l’Arrêté du 9 Novembre
2004, fixant les modalités d’élaboration et de diffusion des FDS) de chaque
produit commercial, obtenues à partir des sites internet des fournisseurs ou
demandées par courrier,
Remarque : la « Circulaire DRT n°13 du 24 mai 2006 relative à l’emballage et l’étiquetage des
substances et préparations dangereuses, ainsi qu’à la fiche de données de sécurité (FDS) » précise le
contenu, les modalités de transmission et les destinataires des fiches de données de sécurité.

- site internet européen ECB (European Chemical Bureau


[Link] de classification et
étiquetage, lequel précise la liste et l’étiquetage réglementaire des agents
chimiques dangereux (Annexe I de la Directive Européenne 67/548/CEE et mises
à jour) et des préparations (Directive Européenne 1999/45/CEE),

- fiches toxicologiques diffusées par l’INRS (Institut National de Recherche et


Sécurité [Link]

- Arrêté du 9 novembre 2004 définissant les critères de classification et les


conditions d’étiquetage et d’emballage des préparations dangereuses et transposant
la Directive 1999/45/CE du parlement européen et du conseil du 31 mai 1999,
concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et
administratives relatives à la classification, à l’emballage et à l’étiquetage des
préparations dangereuses.

La caractérisation des dangers vise à identifier non seulement la nature du danger


(physico-chimique, toxicologique, environnemental), le type d’effet redouté (effet local, effet

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général, effet CMR) mais également les voies de pénétration préférentielles des substances
dans l’organisme (respiratoire, cutanée, orale).

* Evaluation de l’exposition du personnel :


L’exposition des personnels aux agents chimiques dangereux est caractérisée par la prise
en compte de divers facteurs permettant d’en estimer l’intensité (de manière semi-
quantitative). Pour les activités professionnelles impliquant la manipulation d’un ou plusieurs
produits dangereux, des observations de terrain doivent permettre de recueillir les
informations nécessaires au renseignement de ces critères.
La méthode validée doit prendre en compte deux types de variables : l’intensité de
l’exposition et l’efficacité des moyens de protection utilisés en fonction des différentes voies
d’absorption des produits.

* Calcul des indices de risques :


Pour chaque type de danger il est décidé que l’estimation du niveau de risque (sous la
forme d’un indice) prenne en compte tant le niveau de danger du produit que l’intensité de
l’exposition et l’efficacité des moyens de protection en rapport avec la voie d’absorption du
produit.
A partir de ces indices de risques, doivent pouvoir être définis trois niveaux de risque :
- niveau de risque faible,
- niveau de risque intermédiaire, acceptable sous réserve de précautions appropriées,
- niveau de risque élevé (priorités d’action).
Les situations de travail associés à un niveau de risque élevé devraient faire l’objet de
propositions rapides de prévention / protection, en complément du recours à d’autres
approches permettant de caractériser le risque de façon plus précise (métrologies
atmosphériques et/ou biologiques).

III.3. Validation
La présente méthode d’évaluation a été validée par :
- sa confrontation avec d’autres méthodes semi-quantitatives utilisées en secteur
industriel et vérification de sa cohérence,
- son utilisation simultanée dans les laboratoires d’hématologie hospitalière de
5 CHU (Brest, Grenoble, Limoges, Lyon, Reims) en 2006 et 2007.

Les différents critères utilisés pour caractériser les dangers et l’exposition ont été testés et
critiqués par les 5 CHU utilisateurs et confrontés aux jugements des médecins du travail en
fonction de leur connaissance des postes de travail étudiés.

III.4. Limites
Seuls les dangers toxicologiques sont pris en compte dans cette démarche. Les dangers
physico-chimiques et environnementaux sont identifiés mais ne font pas l’objet d’une
hiérarchisation des risques.
Dans la caractérisation des dangers, les phrases de risque combinées ne sont pas
utilisées pour l’instant mais sont considérées comme la succession de phrases uniques (ex : la
phrase combinée R39/23/24/25 est considérée comme équivalente aux phrases R39, R23,
R24, R25).

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Dans un souci de simplification de la démarche, les propriétés physico-chimiques


n’ont pas été prises en compte mais devraient être étudiées car elles sont susceptibles
d’influencer l’intensité de l’exposition des individus.

La présente méthode n’est pas adaptée à l’estimation d’un niveau de risque associé aux étapes
automatiques (réaction biologique en automate par exemple).

Seul un secteur d’activité (laboratoires de biologie) a fait l’objet d’une utilisation par
les membres du groupe de travail ; l’extension de son usage à d’autres services (pharmacie,
unités de soin, techniques) est nécessaire afin de s’assurer de sa reproductibilité réelle vis-à-
vis des différents métiers exercés en établissements de santé.

IV. PRESENTATION DE LA METHODE


Le développement de la méthode semi-quantitative de calcul d’indices de risque passe
par trois étapes successives :

IV.1. Caractérisation et hiérarchisation des dangers :


L’algorithme des dangers toxicologiques présenté dans les 2 tableaux ci-dessous est
défini à partir des phrases R des FDS. Il permet de classer les produits en fonction de leurs
effets sur la santé, de leurs voies de pénétration dans l’organisme mais aussi en fonction de la
gravité de ces effets.
Effets sur la santé

Toxicité locale

Voie de pénétration Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3


Respiratoire ( Lresp ) -- R34 R37 R35
Cutanée ( Lcut ) R38 R66 R34 R35
Oculaire ( Loc ) R36 R34 R35 R41

Toxicité systémique non CMR

Voie de pénétration Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3


R26 R32 R33 R39
Respiratoire ( Sresp ) R20 R67 R23 R29 R31
R42 R48
Cutanée ( Scut ) R21 R24 R43 R27 R33 R39 R48
Orale ( Soral ) R22 R65 R25 R28 R33 R39 R48

Toxicité CMR

Type d'effet Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3


Cancérogène ( C ) -- R40 R45 R49
Mutagène ( M ) -- R68 R46
Reprotoxique ( R ) -- R62 R63 R64 R60 R61
Les produits CMR de niveau 3 correspondent aux produits C, M, R de catégorie 1 et 2 de la législation européenne.

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Cet algorithme comporte ainsi 2 entrées :

- 9 types de danger :
 effet local par voie d’absorption respiratoire (Lresp) cutanée (Lcut) ou oculaire
(Loc),
 effet systémique non CMR par voie d’absorption respiratoire (Sresp), cutanée
(Scut) ou orale (Soral),
 effet cancérogène (C), mutagène (M) et reprotoxique (R).

- 3 niveaux de danger :
 peu dangereux (niveau 1),
 dangereux (niveau 2),
 très dangereux (niveau 3).

Les produits CMR certains ou probables (catégories 1 et 2 de l’Union européenne (UE)) sont
tous classés en niveau 3, les CMR suspectés (catégorie 3 de l’UE) étant classés en niveau 2.
Les produits ne comportant aucune phrase R sont classés implicitement en niveau 0 c’est-à-
dire sans danger.
Pour les phrases R concernant les effets locaux ou systémiques sans précision de la voie
d’absorption, celles-ci sont inclues dans les 3 types de danger. Pour les CMR, les effets sont
considérés comme pouvant être entraînés tant par une absorption respiratoire que cutanée.

Pour chaque type de danger est calculé un indice de danger (ID) qui servira au calcul des
indices de risque. Cet indice de danger est égal au niveau de danger porté à la puissance de 10
selon la formule suivante : ID = 10 (niveau du danger).

A chaque produit sont donc associés 9 indices de danger :


- indices de danger d’effet local par voies respiratoire (IDLresp), cutanée (IDLcut) et
oculaire (IDLoc),
- indices de danger d’effet systémique non CMR par voies respiratoire (IDSresp), cutanée
(IDScut) et orale (IDSoral),
- indices de danger d’effet cancérogène (IDC), mutagène (IDM), reprotoxique (IDR).

Le niveau global de danger d’un produit retenu pour la suite de l’ERC correspond au niveau
maximal des 9 indices de dangers toxicologiques.

Exemple : le persulfate d’ammonium à 10% qui comporte les phrases R8, R22, R36/37/38,
R42/43 est classé Lresp2, Lcut1, Loc1, Sresp3, Scut2, Soral1, C0, M0, R0. Son niveau global
de danger est 3.

Niveau
Produit/
de
Indices de IDLresp IDLcut IDLoc IDSresp IDScut IDSoral IDC IDM IDR
danger
danger
global
Persulfate
2 1 1 3 2 1 0 0 0 3
d’ammonium

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Pour les dangers physico-chimiques (feu, explosion, incompatibilité) et environnementaux,


les produits sont classés dangereux dès lors qu’ils comportent au moins une phrase R, et non
dangereux s’ils n’en possèdent pas.
Dans la présente méthodologie, aucune évaluation d’exposition ni calcul d’indices de risques
ne sont par la suite réalisés pour ces produits.

Effets physico-chimiques et environnementaux

Dangers physico-chimiques

Niveau 0 Niveau 1
F - Feu -- R7 R8 R11 R12 R15 R17 R18 R30
E - Explosion -- R1 R2 R3 R4 R5 R6 R9 R16 R18 R19 R44
S - Stabilité -- R14 R29 R31 R32

Dangers environnementaux

Niveau 0 Niveau 1
R50 R51 R52 R53 R54 R55 R56 R57 R58
Environnement --
R59

IV.2. Evaluation de l’exposition des individus


Parmi les nombreux critères d’estimation de l’exposition pouvant être utilisés dans une
méthode semi-quantitative d’évaluation des risques chimiques, il est décidé de retenir les
variables suivantes :
- fréquence de manipulation,
- quantités utilisées,
- utilisation (ou port) et efficacité des équipements de protection des voies
respiratoire, cutanée et oculaire.

Certaines de ces variables (fréquence de la tâche et quantité de produit utilisé) sont utilisées
dans tous les cas, les variables spécifiques d’une voie de pénétration (équipements de
protection) ne sont prises en compte que si le produit utilisé possède un danger par ces voies
de pénétration.

Un indice d’exposition (IE) est calculé à partir des niveaux de fréquence et de quantité
selon la formule : IE = 0,1  niveau de fréquence  niveau de la quantité.
Si le calcul donne la valeur 0.9, l’IE est considéré comme égal à 1. De ce fait, l’indice
d’exposition varie entre 0,1 (exposition très faible) et 1 (exposition maximale).

Intensité d’exposition
Type de variable Niveau Signification
Fréquence 1 Moins d’une fois par semaine
2 Une ou plusieurs fois par semaine
3 Une ou plusieurs fois par jour
Quantité 1 Moins de 10 ml ou 10 g
2 Entre 10 et 100 ml ou entre 10 et 100 g
3 Plus de 100 ml ou 100 g

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Un indice de protection (IP) est calculé pour chaque moyen de protection en portant les
niveaux de l’efficacité des moyens de protection à la puissance de 10 selon la formule
suivante : IP = 10 - (niveau de protection-1).
Trois indices de protection sont ainsi calculés :
- Indice de Protection de la voie respiratoire (IPresp),
- Indice de protection de la voie cutanée (IPcut),
- Indice de protection de la voie oculaire (IPoc).

Efficacité des moyens de protection


Type de variable Niveau Signification
Protection respiratoire 1 Climatisation ou ventilation générale
2 Sorbonne non conforme aux normes
2 Sorbonne conforme mal utilisée
2 Aspiration à la source
3 Sorbonne conforme bien utilisée
Protection cutanée 1 Pas de gants
2 Crème barrière ou gants mal adaptés
3 Gants adaptés
Protection oculaire 1 Pas de protection
2 Vitre de sorbonne baissée
3 Lunettes de sécurité ou écran facial

IV.3. Hiérarchisation des risques chimiques


Pour chaque tâche d’une activité nécessitant l’utilisation d’un ou plusieurs produits
dangereux sont calculés des indices de risques (IR) en tenant compte :
 des indices de dangers (IDLresp, IDLcut, IDLoc, IDSresp, IDScut, IDSoral, IDC,
IDM, IDR),
 de l’indice d’exposition (IE),
 des indices de protection correspondant aux voies d’absorption (IPresp, IPcut, IPoc).

La formule générale est : IR = ID x IE x IP et les détails des formules en fonction des effets
étudiés et des voies potentielles d’exposition sont décrits dans le tableau ci-dessous.

Type d’effet Indice de Formule de calcul


Risque
Effet local par voie respiratoire IRLresp IDLresp x IE x IPresp
Effet local par voie cutanée IRLcut IDLcut x IE x IPcut
Effet local par voie oculaire IRLoc IDLoc x IE x IPoc
Effet systémique par voie respiratoire IRSresp IDSresp x IE x IPresp
Effet systémique par voie cutanée IRScut IDScut x IE x IPcut

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Effet cancérogène par voie respiratoire IRCresp IDC x IE x IPresp


Effet cancérogène par voie cutanée IRCcut IDC x IE x IPcut
Effet mutagène par voie respiratoire IRMresp IDM x IE x IPresp
Effet mutagène par voie cutanée IRMcut IDM x IE x IPcut
Effet reprotoxique par voie respiratoire IRRresp IDR x IE x IPresp
Effet reprotoxique par voie cutanée IRRcut IDR x IE x IPcut

Pour les effets systémiques non CMR survenant après absorption orale, aucun IR n’est calculé
car cette voie d’absorption n’est pas retrouvée classiquement en milieu professionnel. Pour les
produits CMR, 2 indices de risque sont calculés par type d’effet en fonction de la voie
d’absorption qui est respiratoire et/ou cutanée.

Au total, 11 indices de risque sont calculés dont les valeurs varient entre 0,001 (risque
minimal) et 1000 (risque maximal).
Les risques sont classés selon 3 niveaux de priorité :
- niveau de risque faible si IR < 4 ;
- niveau de risque intermédiaire (acceptable sous réserve de précautions appropriées)
si 4  IR < 40 ;
- niveau de risque élevé (priorités d’action) nécessitant des actions correctives si IR 
40.

Niveau de risque 0,001 - 3 4 - 30 40 - 1000


Intermédiaire
Acceptabilité du
faible (acceptable sous élevé
risque
réserves)

V. DISCUSSION / CONCLUSION
Le choix d’utiliser une méthode d’évaluation semi-quantitative est une nécessité pour
hiérarchiser les risques le plus précisément possible. Elle constitue l’étape préliminaire à la
mise en place d’une évaluation quantitative des expositions par des mesurages
atmosphériques ou/et une surveillance biologique. En effet, bien qu’étant plus précise,
l’évaluation quantitative des expositions ne peut pas être utilisée en première intention car elle
répond à une méthodologie impliquant un coût humain et financier non négligeable.
Le grand nombre de produits chimiques manipulés dans les établissements de santé
laboratoires de biologie, pharmacies) impose la mise en place dans un premier temps de cette
approche semi-quantitative qui pourra être complétée par des mesurages annuels pour les
produits CMR ou pour préciser l’acceptabilité du risque.

De plus l’intérêt du calcul d’indices de risque réside dans sa possible automatisation une
fois les critères précisément définis. Une maquette informatique d’aide à l’évaluation des
risques chimiques, reprenant la même méthode, fait partie des livrables du groupe de travail
(« maquette informatique d’aide à l’évaluation des risques chimiques en établissements de
santé »).
Cette application facilite la saisie des informations relatives aux dangers des produits et aux
conditions d’exposition et permet le calcul automatique des différents indices de danger,

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exposition et risque. Diverses sorties informatiques rendent possibles la diffusion et l’échange


des données d’évaluation.

A la différence d’autres démarches d’évaluation appliquées depuis plusieurs années dans


divers secteurs d’activité, cette méthodologie manque encore de recul. Seule son application
dans plusieurs établissements de santé et à plusieurs métiers hospitaliers (médicaux, médico-
techniques et techniques), permettra de s’assurer de sa cohérence et de sa compréhensibilité
par tous.

Remarque : les utilisateurs de la méthode peuvent se référer à l’article suivant décrivant la


méthode :
Persoons R., Dumas L., Stoklov M., Maitre A. Développement d’une nouvelle méthode
d’évaluation des risques chimiques : application dans les laboratoires hospitaliers. Archives
des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 66(4) :326-334, 2005.

V. EXEMPLE D’APPLICATION : ANALYSE BIOLOGIQUE EN LABORATOIRE


D’HEMATOLOGIE
L’exemple qui suit présente les résultats de l’évaluation semi-quantitative des risques
chimiques à l’occasion de l’analyse « électrophorèse en gel d’acrylamide » effectué dans un
laboratoire d’hématologie.

Le déroulement de cette analyse nécessite les étapes suivantes :

Préparation du gel (mélange acrylamide, SDS, persulfate d’ammonium)



Préparation des tampons

Dépôt des échantillons sur le gel

Electrophorèse verticale

Imprégnation du gel dans une solution de révélateur (bromure d’éthidium)

Visualisation des acides nucléiques sous lumière ultra-violette

Les différents tableaux ci-dessous présentent successivement :


- la caractérisation des dangers des produits chimiques manipulés lors de cette
analyse, globalement sous forme d’indices de danger et triés en fonction de leurs
effets,

- l’estimation des risques chimiques associés à l’exposition aux produits chimiques


dangereux, sous la forme d’indices de risque.

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Dangers Niveau Indices Indices Danger Indices Danger toxicologique


Pictogr de Danger physico-
Produits Substances (%) N°CAS chimique Local Systémique NON CMR CMR
Phrases R ammes danger environne
global mental Feu Exp Inc IDLresp IDLcut IDLoc ISresp IScut ISoral IDC IDM IDR
ACIDE PERCHLORIQUE 70% Acide perchlorique
7601-90-3 35, 5, 8 O, C 3 0 1 1 0 3 3 3 0 0 0 0 0 0
RECTAPUR (70)
26, 27, 28, 36,
ACRYLAMIDE BIS 79-06-1 /
38, 43, 45, 46, T, N 3 0 0 0 0 0 1 1 3 3 3 3 3 2
ACRYLAMIDE 40% 110-26-9
48, 62
Persulfate 22, 36, 37, 38,
AMMONIUM PERSULFATE 7727-54-0 Xn, O 3 0 1 0 0 2 1 1 3 2 1 0 0 0
d'ammonium (100) 42, 43, 8

BLEU DE COOMASSIE
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
BRILLANT R250

Ethylene diamine
EDTA 6381-92-6 22 Xn 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0
tetraacetique (100)

ETALON DE CALCIUM Acide chlorhydrique


7647-01-0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
(CACL2) (5-10)

11, 23, 24, 25,


METHANOL Méthanol (100) 67-56-1 F, T 3 0 1 0 0 0 0 0 3 3 3 0 0 0
39

P-AMINOPHENYLMERCURIC 26, 27, 28, 33,


6283-24-5 T+, N 3 1 0 0 0 0 0 0 3 3 3 0 0 0
ACETATE (APMA) 50, 53

SODIUM AZIDE Azoture de sodium


26628-22-8 28, 32, 50, 53 T+, N 3 1 0 0 1 0 0 0 3 0 3 0 0 0
SIGMAULTRA (NAN3) (100)

SODIUM DODECYL Sodium dodecyl


151-21-3 36, 37, 38 Xi 2 0 0 0 0 2 1 1 0 0 0 0 0 0
SULFATE 20% (SDS) sulfate (20)

SODIUM DODECYLE Sodium dodecyl 11, 21, 22, 36,


151-21-3 Xn, F 2 0 1 0 0 2 1 1 0 1 1 0 0 0
SULFATE RECTAPUR sulfate (>98) 37, 38

SODIUM HYDROXYDE Hydroxyde de


1310-73-2 34 C 2 0 0 0 0 2 2 2 0 0 0 0 0 0
SOLUTION 1N sodium (4)
TAMPON TRIS-HCL 36, 37, 38 T 2 0 0 0 0 2 1 1 0 0 0 0 0 0
n,n,n',n'tetramethylet
TEMED 110-18-9 11, 20, 22, 34 F, C 2 0 1 0 0 2 2 2 1 0 1 0 0 0
hylenediamine ()

p-tertiarry-
TRITON X-100 SIGMAULTRA octylphenoxy 9002-93-1 22, 41 Xn 3 0 0 0 0 0 0 3 0 0 1 0 0 0
polyethyl alcohol ()

Exemple d’évaluation en laboratoire d’hématologie : caractérisation des dangers des produits chimiques

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Produits dangereux : toxicité locale Produits dangereux : toxicité systémique non CMR

Voie Respiratoire Voie Respiratoire


Niveau 3 ACIDE PERCHLORIQUE 70% RECTAPUR ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
AMMONIUM PERSULFATE
AMMONIUM PERSULFATE
P-AMINOPHENYLMERCURIC ACETATE
SODIUM DODECYL SULFATE 20% (SDS) Niveau 3
(APMA)
SODIUM DODECYLE SULFATE RECTAPUR SODIUM AZIDE SIGMAULTRA (NAN3)
Niveau 2
SODIUM HYDROXYDE SOLUTION 1N METHANOL
TAMPON TRIS-HCL Niveau 1 TEMED
TEMED Voie Cutanée
Voie Cutanée ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
Niveau 3 ACIDE PERCHLORIQUE 70% RECTAPUR P-AMINOPHENYLMERCURIC ACETATE
Niveau 3
SODIUM HYDROXYDE SOLUTION 1N (APMA)
Niveau 2 METHANOL
TEMED
Niveau 2 AMMONIUM PERSULFATE
ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
AMMONIUM PERSULFATE
Niveau 1 SODIUM DODECYLE SULFATE RECTAPUR
Niveau 1 SODIUM DODECYL SULFATE 20% (SDS) Voie orale
SODIUM DODECYLE SULFATE RECTAPUR ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
P-AMINOPHENYLMERCURIC ACETATE
TAMPON TRIS-HCL
Niveau 3 (APMA)
Voie Oculaire SODIUM AZIDE SIGMAULTRA (NAN3)
ACIDE PERCHLORIQUE 70% RECTAPUR METHANOL
Niveau 3
TRITON X-100 SIGMAULTRA AMMONIUM PERSULFATE
SODIUM HYDROXYDE SOLUTION 1N EDTA
Niveau 2
TEMED Niveau 1 SODIUM DODECYLE SULFATE RECTAPUR
ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40% TEMED
AMMONIUM PERSULFATE TRITON X-100 SIGMAULTRA
Niveau 1 SODIUM DODECYL SULFATE 20% (SDS)
SODIUM DODECYLE SULFATE RECTAPUR Produits dangereux : toxicité CMR
TAMPON TRIS-HCL Cancérogène
Niveau 3 ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
Mutagène
Niveau 3 ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
Reprotoxique
Niveau 2 ACRYLAMIDE BIS ACRYLAMIDE 40%
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Exemple d’évaluation en laboratoire d’hématologie : électrophorèse en gel d’acrylamide

Indices de Risque toxicologique


Description Exposition Protection
Systémique
Local C M R
NON CMR

Respiratoire
Fréquence

Quantité

Oculaire
Cutanée
Etape Sous étape Produit IRLresp IRLcut IRLoc IRSresp IRScut IRCresp IRCcut IRMresp IRMcut IRRresp IRRcut

Préparation Dilution du sodium SODIUM DODECYLE SULFATE


réactifs et 1 2 1 2 1 0,02 0,2
dodécyl sulfate RECTAPUR
étalons
Dilution du
METHANOL CHROMANORM 1 3 1 0 1 30 300
méthanol
Dilution de
1 2 0 2 0 0,02 2 200 2 200 2 200 2 20 0,2
l'acrylamide ACRYLAMIDE BIS
ACRYLAMIDE 40%
2 1 0 2 0 0,02 2 200 2 200 2 200 2 20 0,2

SODIUM DODECYL SULFATE


Préparation du gel 2 1 0 2 0 20 0,02 2
20% (SDS)
d'acrylamide
AMMONIUM PERSULFATE 2 1 0 2 0 20 0,02 2 200 0,2

TEMED 2 1 0 2 0 20 0,2 20 2

TAMPON TRIS-HCL 2 1 0 2 0 20 0,02 2


ACRYLAMIDE BIS
2 1 0 2 0 0,02 2 200 2 200 2 200 2 20 0,2
Préparation du gel ACRYLAMIDE 40%
de stacking AMMONIUM PERSULFATE 2 1 0 2 0 20 0,02 2 200 0,2
SODIUM DODECYL SULFATE
2 1 0 2 0 20 0,02 2
20% (SDS)
P-AMINOPHENYLMERCURIC
1 1 0 0 0 100 100
Préparation de ACETATE (APMA)
l'APMA SODIUM HYDROXYDE
1 1 0 0 0 10 10 10
SOLUTION 1N

TAMPON TRIS-HCL 1 2 0 0 0 20 2 2
Tampon incubation
APMA TRITON X-100 SIGMAULTRA 1 2 1 2 1 20

SODIUM AZIDE SIGMAULTRA 1 1 1 2 1 10

Bleu de coomassie METHANOL RP NORMAPUR 1 3 0 0 0 300 300

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DITHIOTHREITOL
MOLECULAR BIOLOGY 1 1 0 0 0 10 1 1
Sample buffer 10 x REAGENT
SODIUM DODECYL SULFATE
1 1 0 0 0 10 1 1
20% (SDS)

TRITON X-100 SIGMAULTRA 1 1 0 2 0 100


Préparation Triton
X-100
TAMPON TRIS-HCL 1 2 0 2 0 20 0,02 2

TRITON X-100 SIGMAULTRA 2 1 0 0 0 200


Lavage au Triton
TAMPON TRIS-HCL 2 2 0 0 0 40 4 4
Analyse
Coloration et
aspiration au bleu METHANOL RP NORMAPUR 2 2 0 0 0 400 400
de coomassie

L’évaluation des risques chimiques met en évidence :


- des niveaux de risque élevés d’effets CMR concernant l’exposition à l’acrylamide lors des étapes « dilution de l’acrylamide »,
« préparation de l’acrylamide » et « préparation du gel de stacking ». Le risque est mis en évidence par voie respiratoire en raison de
l’absence de protection respiratoire lors de la réalisation de ces étapes.

- des niveaux de risque élevés d’effets systémiques concernant l’exposition au méthanol, persulfate d’ammonium et APMA lors de
diverses étapes. Le risque est caractérisé soit par voie respiratoire, soit par voie cutanée, en fonction des moyens de protection utilisés
lors de ces étapes.

- des niveaux de risque intermédiaires d’effets locaux concernant l’exposition au SDS, persulfate d’ammonium, hydroxyde de sodium et
TEMED.

A la suite de cette évaluation, les mesures de prévention ou protection qui peuvent être proposées sont les suivantes :

* réflexion sur la possible substitution de l’acrylamide par une autre substance moins dangereuse,

* utilisation d’acrylamide :
- si possible sous forme de gel,
- à défaut manipulation de l’acrylamide liquide sous un équipement de protection collective efficace (hotte chimique ou sorbonne)
recommandée même si cette substance est très peu volatile, dans la mesure où il s’agit d’une substance CMR (Carc cat2, Mut cat2, Repr
cat3 CEE),

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* amélioration des protections respiratoires (étape « coloration au bleu de coomassie ») ou cutanées (étape « dilution du méthanol ») lors
de la manipulation de méthanol,

* contrôle de l’efficacité des systèmes d’extraction des polluants utilisés.

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