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1 Algèbre & Géométrie 4

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

Introduction
Voici les développements qui m’ont accompagné durant mon année de préparation à l’agrégation.
Ils sont plus ou moins longs, et plus ou moins difficiles : la classification dépend évidemment de vos
goûts.
Certains développements peuvent contenir des erreurs, ou des raisonnements trop rapides ; vous
pouvez me le signaler par e-mail.

Bonne lecture, et bonne préparation !

Table des matières


1 Algèbre & Géométrie 4
1.1 Moyen & semi-classique : groupe d’isométrie du tétraèdre, table de S4 . . . . . . . 4
1.2 Moyen & original : autour de sous-groupes finis de GLn (Z) . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Moyen+ & "original" : calcul algébrique de la somme quadratique de Gauss . . . . . 9
1.4 Difficile & original : théorème d’Iwasawa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Moyen & original : Sous-groupe de Frattini, cardinal des familles génératrices d’un
p-groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6 Moyen & original : Théorème de Lie-Kolchin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7 Moyen & classique : sous-groupes compacts de GLn (R) . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.8 Moyen & semi-classique : Version faible du théorème de Dirichlet par les poly-
nômes cyclo/corps finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.9 Facile & semi-classique : suite de polygones du plan qui converge vers un point . . 19
1.10 Moyen & semi-classique : Démonstration des formules de Newton, et applications . 21
1.11 Facile & classique : marche aléatoire sur le N -gone régulier . . . . . . . . . . . . . . 23
1.12 Moyen & semi-classique : forme normale de Smith . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.13 Description de O(p, q) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.14 Moyen & classique : Théorème de Perron Frobenius avec deux applications . . . . . 29
1.15 Moyen & original : degré de représentation, nombre de classes de conjugaison et
cardinal du groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1.16 Difficile & original : indicateur de Frobenius-Schur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.17 Moyen & original : nombre de solutions non singulières d’une équation quadratique
modulo N . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1.18 Moyen & original : CNS d’existence d’une matrice vérifiant une équation polynomiale 38
1.19 Moyen & classique : deux équations diophantiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1.20 Facile & classique : dimension du commutant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

2 Analyse 43
2.1 Facile & classique : Intégrale de Dirichlet par la méthode de Laplace . . . . . . . . 43
2.2 Difficile & original : Calcul d’une intégrale elliptique . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.3 Moyen & semi-classique : Prolongement des transformées de Mellin des fonctions à
croissance lente, valeur de la fonction ζ en les entiers négatifs . . . . . . . . . . . . 47
2.4 Moyen & semi-original : Autour de Fourier et de l’analyse complexe . . . . . . . . 49
2.5 Moyen & classique : Prolongement de la fonction ζ et équation fonctionnelle . . . . 51
2.6 Moyen & semi : linéarisation d’une EDO, stabilité asymptotique des points d’équ. . 54
2.7 Moyen & semi-classique : une condition suffisante d’existence de solution de l’équa-
tion de Burgers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.8 Facile & original : un système dynamique discret et son analogue continu : méthode
d’Euler pour éq de réaction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
2.9 Facile & original : indécomposabilité de la loi de Poisson par les séries entières . . . 59
2.10 Moyen+ & original : calcul de la somme quadratique de Gauss par transformée de
Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.11 Moyen & classique : Extrema liés, applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.12 Moyen & classique : théorème d’Ascoli, une application pour un micro Sobolev-
Reilich-Kondrachov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.13 Facile & classique : Théorème de Lax-Milgram, une application . . . . . . . . . . . . 65
2.14 Moyen & semi-original : Résolution d’une EDP par méthode variationnelle . . . . . 67
2.15 Moyen & semi-original : Théorème de Bohr-Mollerup . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2.16 Moyen & classique : théorème ergodique de Von Neumann . . . . . . . . . . . . . . 71
2.17 Moyen & semi-classique : théorème de Müntz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
2.18 Moyen & original : Rolle et polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2.19 Difficile & semi : Théorème taubérien de Littlewood . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
2.20 Moyen & semi-classique : Étude des zéros de l’EDO de Sturm-Liouville. . . . . . . . 77

3 Probabilités 79
3.1 Moyen & original : nombre de cycles par les restaurants chinois . . . . . . . . . . . 79
3.2 Facile & classique : Borel-Cantelli, pas de mesure de probas "arithmétique" sur N∗ . 81

4 Abandonnés 83
4.1 Moyen & classique : Inégalités de Kolmogorov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.2 Moyen & original : Calculs avec les fonctions multiplicatives . . . . . . . . . . . . . 84
4.3 Moyen & classique : critère d’équirépartition de Weyl . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.4 Facile & semi-classique : Linéarisation d’une EDO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.5 Facile & classique : calcul d’une intégrale d’une fraction rationnelle en sin de deux
manières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.6 Difficile & semi-original : la table de Sn est à valeurs entières pour tout n . . . . . . 87
4.7 Moyen & original : théorème de Minkowski & théorème des quatre carrés de Lagrange 88

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4.8 Moyen & original : lemme de Siegel, et application ? ? . . . . . . . . . . . . . . . . . 89


4.9 Facile & classique : convergence p.s. de série aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.10 Facile & classique A REVOIR : autour du dénombrement . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.11 Moyen+ & classique : résolution de l’équation de la chaleur à la mode Green . . . . 91
4.12 Moyen & classique : proba pour que deux entiers soient premiers entre eux . . . . . 92

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

1 Algèbre & Géométrie


1.1 Moyen & semi-classique : groupe d’isométrie du tétraèdre, table de S4
(haut)
Référence : AD, Livre sur S4 , Szpirglas (Algèbre L3) pour le type des isométries, à compléter éven-
tuellement avec H2G2.
Recasages : 101, 105, 108, 160, 161.

Énoncé : On montre que le groupe d’isométries du tétraèdre régulier est isomorphe à S4 ; on en


déduit la table de caractères de ce groupe.

Preuve : On commence par faire un dessin du tétraèdre, et on appelle A, B, C et D ses sommets.


Soit G le groupe des isométries fixant le tétraèdre. G est constitué d’applications affines, donc tout
g ∈ G envoie les points extremaux de T sur ceux de g(T ) = T : autrement dit, on a par restriction
une action de G sur {A, B, C, D}. Cette action est fidèle, car comme les quatre sommets ne sont pas
coplanaires, ils forment un repère affine. Ainsi, on a un morphisme injectif ϕ : G → S4 . On montre
que ϕ est surjectif : pour cela, on montre que Im(ϕ) contient les transpositions. Par symétrie en les
lettres, il suffit de montrer qu’il existe s ∈ G fixant C et D, et envoyant A sur B et inversement.
Soit P le plan contenant C, D et M le milieu de [AB]. Alors, comme les médianes d’un triangle
−→ −−→ −−→ −−→ −−→
équilatéral sont ses hauteurs, le vecteur AB est orthogonal à CM et à DM . Comme (M, CM , DM )
−→
est un repère cartésien de P , on en déduit que AB ⊥ P. Comme M est le mileu de [AB], on en
déduit que la réflexion orthogonale sP de plan P est une isométrie de G qui convient. Conclusion :
G ≃ S4 .

On note O le barycentre du tétraèdre. De ce qui précède, on déduit, en considérant la suite suivante


−→ −−→ −→
(où la deuxième flèche est obtenue en vectorialisant suivant le repère : (O, OA, OB, OC)) :
S4 −→ G −→ GL(3, R) −→ GL(3, C)
un morphisme ρ : S4 −→ GL(3, C). Autrement dit, on a une représentation de S4 , dont on note
θ = Tr(ρ) le caractère.
Déterminons les valeurs que prend θ sur les différentes classes de conjugaison : on les connaît bien
grâce aux partitions de 4 (à ce moment, il faut écrire les colonnes de la table de caractères). On a donc
θ(id) = 3, et, par ce qui précède, θ((12)) = Tr(sP ) = 1 (car toute symétrie vectorielle est semblable
à diag(1, 1, −1)). De plus, l’image de (123) dans G est une rotation d’axe (OD) d’angle ± 2π : ainsi,
−→ −−→ −→ −3−→ ⃗
sa trace est θ((123)) = 1+2 cos( 3 ) = 0. Enfin, on a, en utilisant l’égalité OA+ OB+ OC + OD = 0 :

   
0 1 −1 0 0 −1
ρ((12)(34)) = 1 0 −1 et ρ((1234)) = 1 0 −1
   

0 0 −1 0 1 −1
Donc : θ((12)(34)) = θ((1234)) = 0.

L’étude précédente nous a donné trois caractères irréductibles non triviaux : en effet, on a un carac-
tère de degré 1 non trivial donné par ε = det ◦ρ (il est non trivial car ε((12)) = −1 car une réflexion
de l’espace est indirecte). L’autre est donné par θ : en effet, on a :
|θ(g)|2 = 1 × |3|2 + 6 × 12 + . . . = 24 = |S4 |
X

g∈S4

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

Le troisième caractère est donné par la torsion de θ par ε, notée θ ⊗ ε. Enfin, pour compléter la table,
on utilise le fait que le dernier caractère irréductible doit vérifier : η(1)2 + 32 + 32 + 12 + 12 = 24 et
χ χ(1)χ(g) = 0 pour g ̸= id (ces deux identités proviennent de la décomposition de la régulière).
P

1 6 3 8 6
id (12) (12)(34) (123) (1234)
1 1 1 1 1 1
ε 1 −1 1 1 −1
θ 3 1 −1 0 1
θ⊗ε 3 1 −1 0 −1
η 2 0 2 −1 0

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1.2 Moyen & original : autour de sous-groupes finis de GLn (Z)


Référence : (Arnaudies Bertin T2 ?) Recasages : 102, 104, 106, 153, 191.
Remarque : Il y a ici deux développements possibles, un a) et un b). On peut rajouter l’intro (0)
pour parler de réseaux (par ex dans la 191)

Énoncé : 0) Réseaux On appelle réseau un sous-groupe de Rn de la forme R = ⊕Zei , où (ei )


est une base de Rn . On définit :

G = Isom(R) = {g ∈ On (R), g(R) = R}

On montre que l’application g ∈ G 7→ Mat(ei ) (g) ∈ GLn (Z) est bien définie : en effet, si g ∈ G, alors
g(R) ⊂ R donc les colonnes de Mat(ei ) (g) sont entières, et Mat(ei ) (g) ∈ Mn (Z) ; de plus, comme
g −1 ∈ G, on a aussi : Mat(ei ) (g −1 ) = Mat(ei ) (g)−1 ∈ Mn (Z), ce qui conclut.
On montre que G est fini : en effet, soit β la forme quadratique sur Rn telle que (ei ) soit orthonor-
mée pour β. Alors q(x) = β(x, x) est une fq définie positive, donc elle induit une norme N . Par
équivalence des normes sur Rn , on dispose de C > 0 tel que :

∀x = x1 e1 + . . . + xn en ∈ Rn , N (x) ≤ C∥x∥2

Soit M = supi ∥ei ∥2 . Alors, si g ∈ G, l’image de e1 est de norme ∥ge1 ∥2 = ∥e1 ∥2 ≤ M . Ainsi, ge1
est à coordonnées entières bornées par C : il n’y a donc qu’un nombre fini de choix pour ge1 ; de
même, pour tout i, il n’y a qu’un nombre fini de choix pour gei : ainsi, G est fini.
Dès lors, G est fini et s’identifie à un sous-groupe de GLn (Z).
a) Lemme de Serre etc Soit G un sous-groupe fini de GLn (Z), et p un entier ≥ 3. Alors le morphisme

G → GLn (Z/pZ)

est injectif. Corollaire, le cardinal de G divise (3n − 1) . . . (3n − 3n−1 ). On montre que GL2 (F3 ) n’est
pas (isomorphe à) un sous-groupe de GL2 (Z).
b) Sous-groupes finis de GL2 (Z) Les sous-groupes finis de GL2 (R) sont cycliques ou diédraux.
Les sous-groupes finis de GL2 (Z) sont cycliques d’ordre 1, 2, 3, 4, 6 ou bien diédraux d’ordre 4, 6, 8
ou 12.

Preuve :

a) Soit G un tel groupe fini, soit π le morphisme de réduction modulo p. Soit M ∈ G tel que
π(M ) = In . Alors on dispose de M ′ ∈ Mn (Z) telle que M = In + pM ′ . On a alors :
!
′ n X −1
χM = det(XIn − (In + pM )) = p χM ′
p

Autrement dit, on a, notant χM = P et χM ′ = Q, alors :


!
nX −1
P (X) = p Q
p

Et comme M est d’ordre fini, elle est diagonalisable (dans C) à valeurs propres dans U ; donc
P est scindé à racines dans U.

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

On montre par récurrence sur n le prédicat : ”∀Q ∈ Z[X], ∀P ∈ Z[X] unitaire et à racines de module 1
!
X −1
l’égalité P (X) = p Qn
implique P = (X − 1)n ”
p

C’est trivial pour n = 0. Supposons avoir une telle relation en degré n. Alors : P (1) = pn Q(0).
Or :
2 < pn
Y Y
|P (1)| = |1 − λ| ≤
λ λ

donc forcément, comme Q(0) ∈ Z, on a : P (1) = Q(0) = 0. Ainsi, on peut écrire P (X) =
(X − 1)Pe (X), Q(X) = X Q(X), e et alors Pe , Q
e satisfont le prédicat en degré n − 1 (ils sont
à coeffs entiers car X et X − 1 sont unitaires, et la d.e. est alors ok dans Z). Par récurrence,
Q = X n et P = (X − 1)n ; comme M est diagonalisable, cela donne directement M = In .
Donc π est injective.
G
Pour le corollaire : G s’identifie à un ss-g de GLn (F3 ), d’où la divisibilité des cardinaux par le
théorème de Lagrange.
Montrons que GL2 (Z) ne contient pas de sous-groupe isomorphe à GL2 (F3 ). Soit G un sous-
groupe fini de GL2 (Z). On montre que G ne contient pas d’élément d’ordre 8, à la différence
de GL2 (F3 ).
Soit M ∈ G, on sait que M est d’ordre fini, donc diagonalisable sur C. On peut donc écrire,
pour des racines de l’unité λi : !
λ1 0
M≃
0 λ2
Comme le spectre est stable par conjugaison, on a la distinction de cas suivante :

• Si λ1 est non réel, alors λ2 = λ1 , et, en notant θ un argument de λ1 , on a alors :


2 cos(θ) = Tr(M ) ∈ Z. En particulier, on a cos(θ) ∈ {±1, ± 12 , 0} et λ est donc un
point de l’hexagone régulier ou de {±i}. Donc M 6 = I2 ou M 4 = I2 . En particulier,
l’ordre n’est pas 8.
• Si λ1 est réel, alors c’est une racine de l’unité, donc λ1 = ±1. De même, λ2 est réel (par
l’absurde) et donc λ2 = ±1 ; on en déduit que M est d’ordre 1 ou 2.

Exhibons un élément d’ordre 8 dans GL2 (F3 ). On a la factorisation suivante, dans F3 :

Φ8 = X 4 + 1 = (X 2 + X − 1)(X 2 − X − 1)

Soit M la matrice compagnon du polynôme X 2 − X − 1. Alors on a Φ8 (M ) = 0, donc M 4 =


−I2 ; donc M est d’ordre 8.

b) Soit G un sous-groupe fini de GLn (R). Soit ⟨·, ·⟩ un produit scalaire sur Rn . Alors (x, y) =
g∈G ⟨gx, gy⟩ est un produit scalaire sur R , par convexité des produits scalaires (ou sim-
1 P n
|G|
plement : en vérifiant).
De plus, il est G-invariant : en effet, si h ∈ G, g 7→ gh est une bijection de G, donc sommer
sur g revient à sommer sur gh. Ainsi, via une matrice qui envoie, par congruence, la matrice
de (·, ·) sur l’identité, G est conjugué à un sous-groupe de On (R). On est donc ramené à dé-
terminer les sous-groupes finis de On (R).

Soit G un sous-groupe fini de O2 (R). On distingue deux cas :

• Si G ⊂ SO2 (R), alors G est un sous-groupe fini de S1 ≃ R/Z. Donc, en utilisant la


caractérisation des sous-groupes de R, G est cyclique.

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

• Si G ̸⊂ SO2 (R), alors G contient une symétrie s. De plus, comme G+ = G ∩ SO2 (R)
est d’indice 2 dans G, G = ⟨s, G+ ⟩. On montre que G est le groupe d’isométrie d’un
n-gone, où n est le cardinal de G+ . Soit M un point de l’axe de S d’affixe non nulle, soit
P le polygone formé des rk (M ), pour k ∈ Z/nZ (faire des dessins). Alors on montre
que G est le sous-groupe d’isométries de P, ce qui montrera l’isomorphisme G ≃ Dn .
Par cardinalité, il suffit de montrer que G fixe le polygone : or cela est évident, car

srk (M ) = srk s−1 (M ) = r−k (M ) ∈ P

Donc G est cyclique ou diédral.


Pour l’application aux sous-groupes finis de GL2 (Z), on sait qu’ils seront cycliques
! ou dié-
1 0
draux. Si G est cyclique, en regardant G ∪ sG, pour une symétrie s = ∈ GL2 (Z), on
0 −1
aura un groupe diédral. Donc pour classifier, il suffit de trouver les groupes cycliques, et donc,
les ordres possibles.
Soit M ∈ G, on sait que M est d’ordre fini, donc diagonalisable sur C. On peut donc écrire,
pour des racines de l’unité λi : !
λ1 0
M≃
0 λ2
Comme le spectre est stable par conjugaison, on a la distinction de cas suivante :

• Si λ1 est non réel, alors λ2 = λ1 , et, en notant θ un argument de λ1 , on a alors :


2 cos(θ) = Tr(M ) ∈ Z. En particulier, on a cos(θ) ∈ {±1, ± 12 , 0} et λ est donc un
point de l’hexagone régulier ou de {±i}. Donc M 6 = I2 ou M 4 = I2 .
• Si λ1 est réel, alors c’est une racine de l’unité, donc λ1 = ±1. De même, λ2 est réel (par
l’absurde) et donc λ2 = ±1 ; on en déduit que M est d’ordre 1 ou 2.

Donc l’ordre d’un élément peut être 1, 2, 3, 4 ou 6. De plus, il y a des égalités pour chacun :
I2 , −I2 , CΦ3 , CΦ4 et CΦ6 (on vérifie qu’ils sont chacun dans SO2 ).
Finalement, les sous-groupes de GL2 (Z) sont exactement les groupes cycliques d’ordre 1, 2, 3, 4, 6
et les groupes diédraux D2 , D3 , D4 , D6 .

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

1.3 Moyen+ & "original" : calcul algébrique de la somme quadratique de


Gauss
(haut) Recasages : 102, 151, 154, 155 Référence : Peyré (pour un calcul propre du déterminant).

Énoncé : On calcule, pour n impair


2
ζx
X
τn =
x∈Z/nZ

(où ζ = exp( 2iπ


n
)) On trouve :

si n ≡ 1
(
√n (mod 4)
τn =
i n si n ≡ 3 (mod 4)

Pour cela, on étudie la trace de l’opérateur de TF sur le groupe additif Z/nZ.

Remarques : Voir dev analyse.

Preuve : Soit E le C-espace vectoriel constitué des fonctions Z/nZ → C. On a un endomor-


phisme φ : E → E de transformée de Fourier : pour f ∈ E, φ(f ) est définie par la formule suivante
pour y ∈ Z/nZ :
f (x)ζ xy
X
φ(f )(y) =
x∈Z/nZ

Si l’on considère la base B formée des fonctions indicatrices des singletons, on a :

MatB,B (φ) = (ζ (k−1)(l−1) )1≤k,l≤n

Ainsi, on a τn = Tr(φ), et on cherche à calculer cette trace.


On a la propriété suivante des caractères (u ∈ Z/nZ) :

ζ ux = nδu,0
X

y∈Z/nZ

Cela permet de démontrer (en utilisant l’imparité de n) :

φ ◦ φ(f )(z) = nf (−z)

Ainsi, φ est annulé par le polynôme X 4 − n2 : ce polynôme


√ √ étant scindé à racines simples, φ est
diagonalisable,
√ √ √ √ propres sont dans {± n, ±i n} ; notant a, b, c et d les multiplicités
et ses valeurs
de n, − n, i n et −i n, on a :
√ √
τn = (a − b) n + (c − d)i n

On trouve alors quatre équations pour trouver a, b, c et d. On a d’abord, par dimensions :

a+b+c+d=n (1)

De plus, l’espace propre ker(φ2 −nid) est exactement de dimension a+b ; or, par la formule montrée
précédemment, cet espace propre est exactement l’espace des fonctions paires. Comme n est impair,
on a donc :
n+1
a+b= (2)
2
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Développements agreg Benjamin Fleuriault

On peut ensuite calculer le module de τn . On a : |τn |2 = n((a − b)2 + (c − d)2 ). Mais on a aussi :
2 −y 2
|τn |2 = ζx
X X

x∈Z/nZ y∈Z/nZ

ζ uv
X X
=
u∈Z/nZ v∈Z/nZ

=n

où le passage de la première à la deuxième ligne est fait en posant u = x + y et v = x − y, ce qui est


bijectif car 2 est inversible modulo n (qui est impair), et l’égalité finale est un argument de caractère.
On a donc l’équation suivante :

(a − b)2 + (c − d)2 = 1 (3)

L’équation qui nous manque va être donnée en calculant le déterminant de φ de deux façons.
√ a+b+c+d c−d
D’abord, en utilisant une base de diagonalisation, on a : det(φ) = n i (−1)b . Mais on

peut aussi calculer le déterminant de φ, car celui-ci est de Vandermonde. Soit µ = e n , de sorte que
µ2 = ζ. On a alors :
(ζ k − ζ l )
Y
det(φ) =
0≤l<k≤n−1

µk+l (µk−l − µl−k )


Y
=
0≤l<k≤n−1
!!
Y
k+l (k − l)π
= µ 2i sin
0≤l<k≤n−1 n

En particulier, en considérant l’argument de det(φ) (dans R/2πZ), on a :


π π
X  
arg(det(φ)) = (k + l) +
0≤l<k≤n−1 n 2
! !
k(k − 1) π πk
k2 +
X
= +
1≤k≤n−1 2 n 2
π 3 n(n − 1)(2n − 1) π (n − 1)n π
= − + (n − 1)n
n2 6 n 4 4
π
= (n − 1)(3n − 2)
4
Pour terminer, on raisonne modulo 8 : si n ≡ 1 (mod 8), alors l’argument vaut 0, et donc, par la
contrainte de l’équation (3), c = d, puis b est pair, et |a − b| = 1. Or 2 max(a, b) = a + b + |a − b|, ce
qui prouve, en utilisant l’équation (2) : {a, b} = { n+3
4
, n−1
4
}. Par parité, b = c = d = n−1
4
et a = n+3
4
.
Si n ≡ 5 (mod 8), on remplace pair par impair, et 0 par π, la conclusion reste la même ; on fait de
même pour n ≡ 3 et 7 (mod 8). Ainsi, on trouve bien le résultat.

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1.4 Difficile & original : théorème d’Iwasawa


Réf : NH2G2, tome 1 p39. Recasages : 101, 103.

Énoncé : Soit G agissant sur X (de cardinal au moins 2) fidèlement et doublement transitive-
ment (i.e. : l’action de G sur X × X a deux orbites : la diagonale et le reste). On suppose

• G est engendré par ses commutateurs ;


• pour un x ∈ X, le stabilisateur Gx contient K abélien distingué dans Gx tel que {gkg −1 , g ∈
G, k ∈ K} engendre G.

Alors G est simple.


Application : PSL2 (K) est simple si K est de card ≥ 4, A5 est simple.

Preuve : Voici un résumé de la preuve :

• lemme 1 : on montre que si un groupe est distingué, il agit transitivement ou trivialement.


• lemme 2 : on montre que Gx est maximal.
• On prend K ′ distingué dans G non trivial ; on montre que K ′ Gx = G.
• On montre que K ′ K est distingué dans G, et qu’il est égal à G.
• On montre que G/K ′ est abélien, puis trivial.

On commence par deux petits lemmes : soit G agissant sur X doublement transitivement, avec X
ayant au moins deux éléments.

Lemme 1 : Si K est distingué dans G, alors il agit soit trivialement, soit transitivement.
En effet, s’il existe k ∈ K et x ∈ X tel que k · x ̸= x, alors si y ∈ X est distinct de x, on dispose de
g ∈ G tel que g · (x, k · x) = (x, y). Alors gkg −1 · x = y.

Lemme 2 : Si x ∈ X, Gx est un sous-groupe maximal, et même : si g ∈ / Gx , G = Gx ∪ Gx gGx .


En effet, si h ∈
/ Gx , on dispose de g1 ∈ Gx envoyant g · x sur h · x. Alors g −1 g1−1 h · x = x, donc on
dispose de g2 ∈ Gx tel que h = g1 gg2 ∈ Gx gGx .

On se place à présent dans les hypothèses du th d’Iwasawa. Soit K ′ < G un sous-groupe distingué
non réduit à 1.

D’abord, par le lemme 2, on a K ′ Gx = Gx ou G (K ′ Gx étant un groupe car K ′ est distingué dans G).
Si K ′ ⊂ Gx , alors K ′ ne peut agir transitivement : par le lemme 1, il agit trivialement. Par fidélité
de l’action, K ′ est trivial, absurde. Ainsi, K ′ Gx = G.

Ensuite, on montre que K ′ K est distingué dans K ′ Gx = G. Pour cela, comme K ′ K est un groupe
(car K ′ est distingué dans G), il suffit de montrer que si k ′ ∈ K ′ , k ∈ K, k1 ∈ K ′ , g1 ∈ Gx , le produit
(k1 g1 )(k ′ k)(k1 g1 )−1 est produit d’élements de K ′ et K. On a en effet :
(k1 g1 )(k ′ k)(k1 g1 )−1 = k1 g1 k ′ g1−1 k1−1 k1 g1 kg1−1 k1−1 ∈ K ′ K
| {z } |{z} | {z } |{z}
∈K ′ ∈K ′ ∈K ∈K ′

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Ainsi, K ′ K contient le groupe engendré par les gkg −1 , avec g ∈ G et k ∈ K : donc K ′ K = G.

Ainsi, G/K ′ = K ′ K/K ′ ≃ K/(K ∩K ′ ) (l’iso est donné par la projection K → K ′ K/K ′ canonique).
Donc G/K ′ est abélien ; or il est engendré par les commutateurs, car c’est le cas de G (par hypothèse).
Ainsi, G/K ′ est trivial, donc K ′ = G, ce qui conclut.
Application 1 : Pour le premier exemple, on fait agir PSL2 (K) sur P1 (K). L’action est fidèle (non
trivial !). On utilise le fait que si pour tout x, x et u(x) sont sur une même droite, alors u est une
homothétie). On montre facilement que l’action est doublement transitive (celle de PGL ! 2 est dou-
1 a
blement transitive, on fait juste une dilatation). On prend pour K les classes des , a ∈ K, et
0 1
x la droite engendrée par le premier vecteur de la base canonique. On a alors K = Gx donc K est
distingué dans Gx . On montre que H := ⟨gkg −1 | g ∈ G, k ∈ G⟩ est égal à G. Déjà, H contient les
unipotentes inférieures (conjuguer par une matrice de permutation). Ensuite, on sait que SL2 (K)
est engendré par les matrices de transvections (c’est le pivot de Gauss) donc H = G (sinon, cf les
calculs à la fin).
De plus, on a : " ! !# !
a 0 1 b 1 b(a2 − 1)
, =
0 a−1 0 1 0 1
Ainsi, le groupe dérivé contient H (prendre a ∈ / {0, 1, −1}, et b = c × (a2 − 1)−1 : c’est ici qu’on
utilise l’hypothèse K ̸= F2 , F3 ). Comme il est distingué, par ce qui précède, le groupe dérivé est G.
On peut donc appliquer le théorème d’Iwasawa : PSL2 (K) est simple.
Application 2 : On fait agir G = A5 sur X = J1, 5K. On prend x = 5 et K = V4 (le groupe de
Klein, inclus dans A4 , le stabilisateur de x). L’action est doublement transitive (facile). Le groupe
est engendré par ses commutateurs (car les 3-cycles sont des commutateurs). De plus, le groupe K
engendre, via conjugaison par G, tout G, et ce car G est engendré par les doubles transpositions.

! ! ! !
1 0 1 b 1 0 a b
d−1 a−1 = (b ̸= 0)
b
1 0 1 b
1 c d
! ! ! ! !
1 0 1 1 1 0 1 −a−1 a 0
=
1−a
a
1 0 1 a−1 1 0 1 0 a−1

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1.5 Moyen & original : Sous-groupe de Frattini, cardinal des familles gé-
nératrices d’un p-groupe
Référence : Serre, groupes finis, Debreil, groupes finis et treillis de leurs sous-g et Zavidovique Re-
casages : 104, 108, 121

Énoncé : Soit G un groupe fini, on définit le sous-groupe de Frattini, et on montre que si G est un
p-groupe, alors toutes les parties génératrices ont, quitte à enlever des éléments superflus, le même
cardinal.

Preuve : Le sous-groupe de Frattini de G est :


\
ΦG = M
M maximal

où un sous-groupe M est dit maximal si, pour tout sous-groupe N de G, M ⊂ N ⊂ G implique


N = M ou G. On peut remarquer que, comme l’ensemble des sous-groupes maximaux de G est
stable sous Aut(G), le sous-groupe de Frattini est caractéristique, et donc distingué.
Si S est une partie de G, et H = ⟨S⟩ est le sous-groupe engendré par S, alors on a H = G ⇐⇒
HΦG = G. En effet, si H est distinct de G, alors il est inclus dans un sous-groupe maximal, dans
lequel est aussi inclus HΦG . En particulier, S engendre G ssi son image dans G/ΦG l’engendre.

À présent, on suppose que G est un p-groupe. On montre que G/ΦG a une structure de Fp -espace
vectoriel.

On commence par montrer que tout sous-groupe de G d’indice p est distingué dans G : si M est un
tel sous-groupe, alors M est le noyau du morphisme G → SG/M induit : pour cela, on regarde le
cardinal.

Puis, on montre que les sous-groupes maximaux de G sont d’indice p. Pour cela, on raisonne par
récurrence sur le cardinal (ou plutôt sa valuation p-adique) de G : si M ⊂ G est maximal, on distingue
deux cas :
• si M contient Z(G), alors M/Z(G) est un sous-groupe maximal de G/Z(G), ce qui conclut.
• Sinon, on dispose de x ∈ Z(G) pas dans M . Son ordre divise le cardinal du groupe : c’est une
puissance de p. Alors G = ⟨M, x⟩ par maximalité ; on en déduit, en regardant ⟨M, xp ⟩ que
l’ordre de x est exactement p. Alors ⟨M, x⟩ ≃ M × Cp par construction.
Ainsi, on a une injection de groupes (par les deux lemmes d’avant) :
Y
G/ΦG −→ G/M
M maximal

Comme le deuxième est abélien et p.x = 0 pour tout x dans le deuxième, on en déduit que G/ΦG
est abélien et muni d’une structure de Fp = Z/pZ-espace vectoriel.
Ainsi, si S engendre G, quitte à retirer des éléments de S pour que l’image de S → G/ΦG soit une
base de G/ΦG , S a exactement dimFp (G/ΦG ) éléments.

Remarque : Le théorème n’est pas vrai pour un groupe n’étant pas un p-groupe. Par exemple,
S4 est engendré par S = {(1234), (12)} et par S ′ = {(12), (23), (34)} mais on ne peut enlever
d’éléments à S ′ . De même, Z est engendré par {1} et par {2, 3}.
Cette propriété ne caractérise pas les p-groupes, car pour p premier, le groupe diédral Dp la vérifie.

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1.6 Moyen & original : Théorème de Lie-Kolchin


Réf : NH2G2 I (p238) Recasages : 106, 154, 156.

Énoncé : Tout groupe connexe et résoluble de GLn (C) est simultanément trigonalisable.
On rappelle qu’un groupe G est dit résoluble si la suite (Dn (G)) des groupes dérivés stationne au
groupe trivial. (attention, le critère de la résolution par des groupes dont les quotients successifs
sont abéliens cycliques ne fonctionne pas ici car le groupe est infini (mais celle par des groupes dont
les quotients sont abéliens si)).

Preuve : Soit G un tel groupe. On a donc, pour un certain ℓ ≥ 1 : Dℓ (G) = 1 et Dℓ−1 (G) ̸= 1.
Alors :

1. Si G est un groupe topologique connexe, alors D(G) est caractéristique et connexe. (on peut
admettre cette étape)

2. A = Dℓ−1 (G) est abélien non trivial, et donc : V = {vecteurs propres communs aux éléments de A}
est non vide.

3. Pour v ∈ V et a ∈ A, on note χv (a) le scalaire tel que av = χv (a)v. Alors on montre que V
est G-stable et : ∀g ∈ G, a ∈ A, χg(v) (a) = χv (g −1 ag). On en déduit que χv est constant sur
A, et est préservé sous l’action de G : χv = χg(v) .

4. On regarde le sous-espace engendré par les g(v), puis on récurre (sur n, et pas sur ℓ...).

Voici une preuve des différents points :

1. On sait que D(G) est stable sous Aut(G) (car Aut(G) envoie une partie génératrice (les com-
mutateurs) sur elle-même) ; de plus, si X est l’ensemble des commutateurs de G, X est l’image
continue du connexe G × G, donc X est connexe, et donc D(G) = ∪n∈Z X n est connexe par
union avec un élément commun (X n est le produit de n éléments (ou inverses d’éléments si
n < 0) de X).

2. Par hypothèse, A ̸= 1 et D(A) = 1, donc A est abélien non trivial. On montre que les éléments
de A ont un vecteur propre commun (en fait, cela est vrai même si A n’est pas forcément un
groupe). Déjà, c’est vrai si A n’est constitué que d’homothéties. Ensuite, si A a un élément qui
n’est pas une homothétie, alors il admet une valeur propre (on est sur C, un corps algébri-
quement clos), et un espace propre associé non trivial Eλ . Alors A stabilise Eλ : on travaille
sur Eλ . Ainsi, par récurrence sur la dimension de l’espace, A admet bien un vecteur propre
commun.

3. On veut avoir gv ∈ V , donc on doit calculer agv ; on a, pour a ∈ A :

(g −1 ag)v = χv (g −1 ag)v

ie : a(g(v)) = χv (g −1 ag)g(v), ce qui signifie que g(v) ∈ V et χg(v) (a) = χv (g −1 ag).


L’application g → χv (g −1 ag) est continue, car χv est continue sur le stabilisateur de la droite
engendrée par v (sur lequel χv s’obtient par projection sur Cv par rapport à un supplémen-
taire). De plus, l’égalité précédente montre qu’elle est à valeurs dans le spectre de a : elle est
donc à valeurs discrètes. Ceci prouve qu’elle est constante, et χv = χg(v) pour tout g.

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4. On note W le sous-espace engendré par les (g(v))g∈G . Si W = Cn , alors cela implique que
A est uniquement constitué d’homothéties. Si G est abélien, alors G = A, et c’est terminé.
Sinon, alors ℓ ≥ 2, donc A est un groupe dérivé : en particulier, le déterminant est trivial sur
A, et donc A est isomorphe à un sous-groupe des racines n-ièmes de 1 dans C. Donc A = 1
par connexité : c’est absurde. Donc soit c’est fini, soit W ̸= Cn .
W est alors un espace G-stable, donc la matrice d’un élément de G dans Cn ≃ W W ′ est
L

de la forme suivante, pour une matrice inversible P :


!
ρ(g) ⋆
g=P ′ P −1
0 ρ (g)

Alors ρ(G) et ρ′ (G) sont des sous-groupes de GLk (C) (resp GLn−k (C)) connexes résolubles
(en effet, l’image d’un groupe résoluble est résoluble, facile). Par récurrence, ils sont simulta-
nément trigonalisables, ce qui permet de conclure en concaténant des bases de trigo.

Remarques :

• Ce théorème est un théorème projectif : si G est un sous-groupe connexe résoluble de GLn (C),
alors son image dans PGLn (C) a un point fixe commun dans P(Cn ).

• Soit Tn (C) le sous-groupe de GLn (C) formé des matrices triangulaires supérieures. Alors
Tn (C) est résoluble (un crochet envoie e1 sur e1 , un double crochet fixe (e1 , e2 ), etc). On a
donc montré que Tn (C) était, à conjuguaison près, le seul sous-groupe résoluble connexe
maximal de GLn (C) (au même titre que On (R) est le seul sous-groupe compact maximal de
GLn (R) à conjuguaison près).

• Le théorème est faux si on enlève l’hypothèse de connexité : par exemple, le groupe diédral
Dn ⊂ GL2 (C) n’est pas simultanément trigonalisable, car sinon, il fixerait une droite ; par le
théorème de Maschke, il fixerait un supplémentaire de cette droite, et il serait donc simulta-
nément diagonalisable, donc abélien ; c’est faux.

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1.7 Moyen & classique : sous-groupes compacts de GLn (R)


(haut) Recasages : 103, 106, 150, 170, 171, 181, 203, 208. But : Tout sous-groupe compact de GLn (R)
est conjugué à un sous groupe de On (R).

Deux versions pour méthodes géométriques : théorème du point fixe de Kakutani (cf Szpirglas), et
ellipsoïde de John (cf FGN Algèbre 3).

Énoncé :

a) On montre le théorème de point fixe de Kakutani :


Soit G compact, V espace vectoriel de dim finie, ρ : G → GL(V ) morphisme continu et K ⊂ V
un compact convexe non vide stable sous-l’action de G. Alors : ∃x ∈ K, ∀g ∈ G, ρ(g)x = x.
On en déduit que tout sous-groupe compact de GLn (R) est conjugué à un sous-groupe de
On (R).

b) On montre le théorème de l’ellipsoïde de John :


Si K est un compact d’intérieur non vide, alors il existe un unique ellipsoïde centré en 0 de
volume minimal contenant K.
On en déduit que tout sous-groupe compact de GLn (R) est conjugué à un sous-groupe de
On (R).

Preuve :

a) Pour le théorème de Kakutani : on note H l’image de ρ par G, qui est donc un ss-g compact.
On regarde N (x) = supu∈H ∥u(x)∥2 (avec ∥∥2 une norme euclidienne) : c’est bien défini (par
compacité de H et continuité de l’évaluation en x H → Rn ), c’est une norme sur E (en effet,
tous les axiomes sont vérifiés car ∥∥2 est une norme).
De plus, il y a égalité dans l’inégalité triangulaire ssi x et y sont positivement liés. En effet, si
x, y ∈ Rn , on a :

∥u(x + y)∥2 ≤ ∥u(x)∥2 + ∥u(x + y)∥2 ≤ N (x) + N (y)

Or, comme N (x + y) = ∥u(x + y)∥2 pour un certain u ∈ H (toujours par compacité), on en


déduit que si N (x + y) = N (x) + N (y), alors a fortiori, pour ce u :

∥u(x) + u(y)∥2 = ∥u(x)∥2 + ∥u(x + y)∥2

Ce qui implique, par égalité de l’inégalité triangulaire euclidienne, que u(x) et u(y) soient
positivement liés. Comme u est inversible, cela implique que x et y soient positivement liés.
Comme K est compact, il existe x ∈ K minimisant N sur K. Montrons que x est point fixe
commun de H. Déjà, on a, comme v 7→ uv est une bijection de H :

N (u(x)) = sup ∥vu(x)∥2 = sup ∥v ′ ∥2 = N (x)


v∈H v ′ ∈H

De plus, on a u(x) ∈ K par hypothèse, et donc par convexité : 21 (x+u(x)) ∈ K. Et, en prenant
la norme : !
x + u(x) N (x) + N (u(x))
N ≤ = N (x)
2 2

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Donc on a égalité dans l’inégalité triangulaire, et on en déduit que x et u(x) sont positivement
liés ; enfin, comme ils sont de mêmes normes, ils sont égaux, on a donc bien u(x) = x.

Pour le corollaire, on prend ρ(g)(q) = q ◦ g −1 sur les formes quadratiques (autrement dit, on
regarde l’action naturelle). C’est bien dans GL(Q(Rn )), et c’est continu.
Notons O l’orbite du produit scalaire canonique sous l’action de G. Alors O est compact par
image continue de G. Ainsi, K = Conv(O) est un convexe compact par le théorème de Cara-
théodory, non vide. Donc il existe q ∈ K fixé par tous les éléments de H. On a donc G ⊂ O(q) :
pour conclure, il suffit donc de montrer que q est définie positive. Mais on a O ⊂ Q++ (Rn ) (car
touit élément conjugué à un produit scalaire en est un), donc K ⊂ Q++ (Rn ) par convexité
de ce dernier : cela permet de conclure.

b) Pour q définie positive, je regarde Eq = {x, q(x) ≤ 1}, et QK = {q ∈ Q++ (Rn ), K ⊂ Eq }.


Alors QK est non vide (car K est borné), fermé (car si qn ∈ QK → q, et x ∈ K, q(x) =
lim qn (x) ≤ 1)), convexe (facile) et borné (car K est d’intérieur non vide, donc son diamètre
est ≥ 0, alors que le diamètre de Eq tend vers l’infini si q tend vers l’infini). Par le théorème de
Heine-Borel, QK est compact ; de plus, q 7→ det(q) est strictement log-concave sur Q++ (Rn ) ;
en effet, cela est une conséquence de l’orthogonalisation. simultanée. (à admettre éventuel-
lement)
J’en déduis que det a un unique maximum sur le compact QK : ce maximum correspond donc
bien à un volume minimal.

Pour la conséquence, on prend G un sous-groupe compact de GLn (R), et on pose K =


g∈G gB, avec B la boule unité fermée de R pour une norme. C’est un compact (image conti-
S n

nue de G × B) d’intérieur contenant 0. Ainsi, il existe une unique q telle que K ⊂ Eq et Eq soit
de volume minimal. Soit g ∈ G, regardons q ◦ g −1 : c’est toujours défini positif, et son volume
est | det(g)|n . Or G est compact, donc det(G) est un sous-groupe compact de R+ ⋆
: ce dernier
étant isomorphe (en tant que groupe topologique) à R, on en déduit que | det(G)| = 1, donc
le volume est préservé. De plus, si x ∈ K, on a g −1 x ∈ K par définition, donc q ◦ g −1 ∈ QK .
Par unicité, on a directement G ⊂ O(q).

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1.8 Moyen & semi-classique : Version faible du théorème de Dirichlet


par les polynômes cyclo/corps finis
(haut) Référence : Hindry (ne le fait pas tout à fait pareil, il regarde les racines). Recasages : 120, 121,
123, 125, 141

Énoncé : Soit Φn le n-ème polynôme cyclotomique, q la puissance d’un nombre premier premier
à n. Alors, dans Fq , Φn est le produit de d polynômes irréductibles (différents par séparabilité) de
mêmes degrés m = φ(n) d
, et m vaut l’ordre de q ∈ (Z/nZ)× .
Applications :

• Φn est irréductible sur Fq ssi q engendre (Z/nZ)× .

• Φ8 = X 4 + 1 est irréductible dans Q[X], mais jamais dans Fq [X].

• Φn a une racine dans Fq ssi q = 1 (mod n) ssi Φn est scindé dans Fq .

• Si n est un entier naturel non nul, il y a une infinité de nombres premiers congrus à 1 (mod n).

Preuve : On écrit : Φn = di=1 Pi la décomposition en irréductibles. Soit i ∈ {1, . . . , d}, soit ζ une
Q

racine d’un Pi dans un corps de rupture L = Fq (ζ). Alors deg(Pi ) = [L : K] =: m (dépendant de i


a priori). Alors on a Φn (ζ) = 0, donc ζ est d’ordre divisant n. De plus, X n − 1 est à racines simples,
(car premier à sa dérivée) donc les (Φd )d|n sont premiers entre eux : en particulier, ζ n’annule aucun
des autres Φd , ce qui prouve que ζ est d’ordre n.
Par le théorème de Lagrange, on a n | |L∗ | = q m − 1, ie : q m = 1 (mod n). Montrons que m est
m′ m′
minimal en ce sens. Si m′ est l’ordre de q, alors L′ = {x ∈ L, xq = x} = LFrob est une sous-
extension de L/Fq contenant ζ : c’est égal à L. Donc m′ = m. Ainsi, m est bien l’ordre de q modulo n.

Pour la version faible de Dirichlet : on a Φn (0) = 1 pour tout n, donc pour tout entier N , N est
premier avec Φn (N ) (car N divise Φn (N ) − Φn (0)). De plus, comme Φn est un polynôme, il n’y
a qu’un nombre fini de a tels que Φn (a) = ±1. Il existe des nombres premiers = 1 (mod n) : en
effet, on prend N tel que Φn (N ) ̸= ±1, puis n’importe quel diviseur premier de Φn (N ) convient.
S’il n’y avait qu’un nombre fini de premiers congrus à 1 (mod n), notés p1 . . . , pk alors on prend
N = ℓp1 . . . pk , pour un ℓ tel que Φn (N ) ̸= ±1 ; si p est un diviseur premier à Φn (N ), alors par ce
qui précède, p = 1 (mod n), et p est premier à N : c’est impossible.

Remarque : Si n ≥ 3, il existe une infinité de nombres premiers non congrus à 1 (mod n) : en


effet, il y en a (2 par exemple) et s’il y en avait un nombre fini, disons p1 , . . . , pk , alors 2np1 . . . pk − 1
aurait un diviseur premier non congru à 1 (mod n).

Remarque 2 : Factoriser Φn dans Fp revient à trouver la décomposition de pOK en produit


d’idéaux premiers de OK , où K = Q(ζn ) est la n-ème extension cyclotomique. En particulier, p
est totalement décomposé ssi p ≡ 1 (mod n), et p reste premier dans OK ssi p engendre (Z/nZ)× .

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1.9 Facile & semi-classique : suite de polygones du plan qui converge vers
un point
(haut) Recasages : 102, 149, 155, 181, 191.

Énoncé : Soit P = (P0 . . . Pn−1 ) un n-gone quelconque du plan affine réel. On considère la trans-
formation P 7→ P ′ qui à un polygone associe le polygone constitué des milieux des côtés. L’itération
de cette transformation converge (au sens où chaque point du polygone converge vers) l’isobary-
centre O.

(m)
Preuve : Soit Pj , pour j ∈ Z/nZ, les sommets du polygone à l’itération m. On vectorialise par
(m)
rapport à O, et on identifie (Pj )j à un point de Cn . La transformation revient donc à faire :

zj−1 + zj
(zj ) 7→ ( )
2
Autrement dit, notant z = (zj ), les coordonnées de P (m) seront :
1 1

2 2
(0)
 1 1 
 2 2 
.. ..
 
. .
 
Am z où A =
 
1 1
 
 
 2 2 
1 1
(0)
 
 2 2 
1 1
2 2

 
0 1 (0)

 0 1 

.. ..
 
. .
 
On détermine Am ; pour cela, on peut écrire A = 12 (In + J), où J =
 
 

 0 1 

(0) 0 1
 

1 0 0
On cherche à réduire la matrice J, ce qui permettra de réduire la matrice A. Ce qu’on peut remarquer,
c’est que la transformation décrite envoie un polygone régulier sur un polygone régulier ; autrement
dit, pour k ∈ J0, n − 1K, on est amené à considérer : v k = (1, ω k , . . . , ω (k−1)(n−1) , où ω = exp( 2iπ
n
).
On vérifie alors : v = ω v . Ainsi, on a trouvé n vecteurs propres associés à des valeurs propres
k k k

distinctes : un résultat simple nous dit alors que J est diagonalisable, et que ses valeurs propres sont
ω k , et même que (v k )k∈J0,n−1K est une base de diagonalisation de J, donc de A. On a ainsi, pour une
matrice P ∈ GLn :
1+1 1+ω 1 + ω n−1 −1
A = P diag( , ,..., )P
2 2 2
ikπ
 
Or on a : 1 + ω k = e n × 2 cos kπ
n
. Ainsi,

1 + ωk
!

= cos
2 n

et donc : !m
1 + ωk
∀k =
̸ 0, −→ 0
2 m→∞

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

Ceci prouve que Am converge (au sens des applications linéaires) vers le projecteur sur ker(A −
In ) parallèlement à ⊕k ker(A − 12 (1 + ω k )In ). Autrement dit, ce projecteur est celui sur Vect(v 0 )
parallèlement à son supplémentaire Vect(v 1 , . . . , v n−1 ).
Revenons à notre problème : on écrit z = z 0 + z 1 + . . . + z n−1 cette décomposition, on a alors,
comme la somme des racines d-èmes de l’unité est nulle pour d divisant n :
n−1
vik = 0
X
∀k ̸= 0,
i=0
 P 
Et donc on a : z 0 = n i=0 zi v 0 .
1 n−1

Or, comme O est l’isobarycentre du polygone, on a i zi = 0, ce qui prouve donc que Am z converge
P

vers le vecteur nul : autrement dit, la suite de polygones converge bien vers le point O.

Remarque 1 : Concernant la projection sur les points fixes : on utilise ici le fait que cet espace est
de dimension 1, puis on utilise une petite astuce. En général, si on a un endom u sur E annulé par
P Q, avec P et Q premiers entre eux, alors si U P + V Q = 1 est une relation de Bézout associée, on
a la décomposition :
E = ker(P (u)) ⊕ ker(Q(u))
et les projecteurs sont donnés par pP = (V Q)(u) et pQ = (U P )(u).
n −1
Ici, on a P = X − 1 et Q = XX−1 . La division euclidienne de Q par P donne ainsi, pour S un
polynôme 1 :
Q = PS + n
donc V = 1
et U = − Sn conviennent, et pP = 1
ui , autrement dit pour J :
P
n n i
 
1 ... 1
0 1X i 1 .. . . .. 
.
n . .
z = Jz=  z
n i
1 ... 1

Remarque 2 : On peut changer l’énoncé : par exemple, on peut remplacer le milieu par le centre
de gravité du triangle formé par 3 points consécutifs, etc...

1. égal à X n−2 + 2X n−3 + . . . + n − 1

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1.10 Moyen & semi-classique : Démonstration des formules de Newton, et


applications
Références : Mansuy & Mneimné, Réduction des endom, et Cassini algèbre 1. Mneimné, réduction
des endom pour la dernière.
Recasages : 144, 153, 157.
Application : résolution d’équations non linéaires, ou exo 5.27 de Cassini 1, ou encore : M nilpotente
ssi ∀k ≥ 1, Tr(M k ) = 0.

Énoncé : Soit K un corps, soit λ1 , . . . , λn ∈ K, et, pour k ≥ 0, sk = i λki (où s0 := n) les


P

sommes de Newton. On note également ak les coefficients du polynôme P = i (X − λi ) ; en terme


Q

de fonctions symétriques élémentaires, on a donc an−k = (−1)k σk (k ≥ 1).


Alors on a les relations suivantes
n
X
∀k ≥ n, aj sk−n+j = 0 (1)
j=0

k
X
∀k ∈ J1, nK, an−k+j sj = (n − k)an−k (2)
j=0

Application : Si A est une matrice 3 × 3 annulé par un polynôme scindé 2 , alors :

6 det(A) = Tr(A)3 − 3Tr(A)Tr(A2 ) + 2Tr(A3 )

Preuve : On sait que la matrice compagnon associée à P ,

0 . . . . . . 0 −a0
0
 

1 . . . ..
. −a1 
 

0 . . . . . . .. .. 
 
. . 

CP =  . . .
 
. .
.. .. .. 0. .. 

. 
. . . .
 
0 . . 0 −an−2 
 

0 . . . . . . 0 1 −an−1

La matrice compagnon est la matrice de la multiplication par X dans K[X]/(P (X)) dans la base
(1, X, . . . , X n−1 ) : en particulier, elle est annulée par P . Ainsi, pour la (1), on a :
n
0 = Tr(P (CP )CPk−n ) = aj Tr(CPk−n+j )
X

j=0

Or CP est annulée par P scindé, donc CP est trigonalisable, et CP est semblable à diag(λ1 , . . . , λn )+
T , où T est triangulaire supérieure. En particulier, on a Tr(CPℓ ) = nj=1 λℓj pour tout ℓ, d’où la
P

formule (1).
Pour la formule (2), on introduit la suite de polynômes donnés par :
k
an−k+j X j
X
Qn−k = (k ∈ J0, nK)
j=0

2. Cette condition est artificielle, on peut toujours se placer sur un corps de décomposition de πA

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Par le même argument que précédemment, le membre de gauche de (2) est exactement Tr(Qk (CP )).
On a Q0 = P , Qn = 1, et Qn−k − XQn−k+1 = an−k . On en déduit, en téléscopant (attention à
distinguer X et Y dans les calculs), une identité dans K(X)[Y ] :
n−1
Qk+1 (Y )X k ) + Q0 (Y )
X
P (X) = (X − Y )(
k=0

Ce qui donne, en "évaluant" en CP pour Y :


n−1
Qk+1 (CP )X k In
X
P (X)In = (XIn − CP )
k=0

Ainsi :
n−1
P (X)(XIn − CP )−1 = Qk+1 (CP )X k In
X

k=0

D’où, en prenant la trace (et en utilisant le fait que XIn − CP est trigonalisable) :
n n−1
1
Tr(Qk+1 (CP ))X k
X X
P (X) =
j=1 X − λj k=0

P′
Dans le terme de gauche, on reconnaît P
: ainsi, on a :
n−1
P ′ (X) = Tr(Qk+1 (CP ))X k
X

k=0

dans K(X), donc aussi dans K[X] car les deux sont des polynômes ; autrement dit, la relation (2)
est prouvée.

Pour l’application : on sait que A est trigonalisable sur K, on note λ1 , λ2 et λ3 ses valeurs propres ;
on garde les mêmes notations. On a alors, en appliquant la formule pour k = 3, 2 et 1 :


 a0 s 0 + a1 s 1 + a2 s 2 + a3 s 3 = 0
a1 s0 + a2 s1 + a3 s2 = a1


a2 s 0 + a3 s 0 = 2a2

On en déduit, comme sk = Tr(Ak ), a2 = −Tr(A) et a3 = 1 :

2a1 = Tr(A)2 − Tr(A2 )

En multipliant la première équation par 2, et comme s0 a0 = −3 det(A), on a :

−6 det(A) + (Tr(A)2 − Tr(A2 ))Tr(A) − 2Tr(A)Tr(A2 ) + 2Tr(A3 ) = 0

ce qui conclut en arrangeant les termes.

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1.11 Facile & classique : marche aléatoire sur le N -gone régulier


(haut) Référence : ? Recasage : 149, 155, 261, 262.

Énoncé : Soit N un entier impair supérieur ou égal à 3. Soit (Xn ) une suite de variables aléatoires
à valeurs dans Z/N Z telle que X0 = 0 ps et :
1
∀k ∈ Z/N Z, P (Xn+1 = k ± 1 | Xn = k) =
2
Alors, quand n → ∞, Xn −→ U(Z/N Z) en loi.

Preuve : Soit, pour n ≥ 0, pn défini par :


 
P (Xn = 0)

P (Xn = 1) 
..
 
pn =  
.
 
 
P (Xn = N − 1)

Alors la formule des probas totales montre que pn+1 = Apn , où :


 
0 1/2 0 . . . 1/2
1/2 0 1/2 (0)
 

.. .. ..
 
A= . . .
 

 

 1/2

1/2 0 . . . 1/2 0

Autrement dit, A est la matrice avec des 1/2 sur la sur et sous-diagonale, avec un en haut-droite et
en bas-gauche. On peut écrire
1
A = (J + J −1 )
2
avec  
0 1 (0)

 0 1 

. . . .
 
. .
 
J =
 


 0 1 

(0) 0 1
 

1 0 0
J est la (transposée de) la matrice compagnon de X n − 1, donc son polynôme minimal est X N − 1 :
ainsi, elle a N valeurs propres distinctes, les ω k (avec ω = e2iπ/N ), pour k ∈ {0, . . . , N − 1}, et est
donc diagonalisable. On peut donc écrire :
N −1
ω k Qωk
X
J=
k=0

avec qωk la matrice du projecteur spectral. On en déduit :


N
X −1
A= cos(2kπ/N )Qωk
k=0

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Et donc :
N −1
An = cos(2kπ/N )n Qωk
X

k=0

Or, comme N est impair, tous les cos sauf le premier ont une valeur absolue < 1, donc ils tendent
tous vers 0 ; ainsi, on a :
An −→ Q1
Dès lors, on en déduit :
pn −→ Q1 (p0 )
Comme A est symétrique réelle, ses projecteurs spectraux sont des projecteurs orthogonaux 3 ; comme
Im(Q1 ) est la droite engendrée par π =t (1, 1 . . . , 1), on en déduit :

⟨p0 , π⟩ 1
Q1 (p0 ) = π= π
⟨π, π⟩ N

Et donc on a :    
P (Xn = 0) 1/N

P (Xn = 1) 
1/N 
 
..  −→  . 
 
 . 

.  . 
 
 
P (Xn = N − 1) 1/N
Ce qui prouve bien, l’espace d’états étant discret, la convergence en loi de Xn .

3. Voir le développement sur la suite de polygones pour une méthode d’algèbre linéaire et non bilinéaire.

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1.12 Moyen & semi-classique : forme normale de Smith


Référence : Beck Malick Peyré, Objectif Agrégation Recasages : 122, 126, 150, 162

Énoncé : Soit A un anneau euclidien, de stathme φ. Toute matrice U de Mn (A) s’écrit :

U = P DQ−1

où D = diag(d1 , d2 , . . . , dn ) et P, Q sont des matrices de GLn (A) , où d1 |d2 . . . |dn . Application pour
les équations
 diophantiennes linéaires. On présente l’algorithme avec A = Z (muni de son stathme
4 8 4
|n|) et U = 
4 13 11 (cf remarque).

4 16 13

Preuve : On exhibe un algorithme qui permet, en restant dans la même classe de similitude, de se
ramener à une matrice diagonale comme cherchée. On rappelle que les matrices de transvection et
de permutation sont dans GLn (A), donc les opérations Li ←− Li + aLj et Li ←→ Lj sont permises
(et pareil avec les colonnes).
L’algorithme fonctionne en 5 étapes :

1. Si M = 0, c’est fini.

2. Sinon, on permute les lignes et les colonnes pour que φ(a1,1 ) soit le plus petit stathme de toute
la matrice.

3. Première colonne : pour i entre 2 et n, faire :

a) Effectuer la division euclidienne de ui,1 par u1,1 : ui,1 = u1,1 q + ri . Faire l’opération
élémentaire Li ←− Li − qL1 .
b) Si ri ̸= 0, faire Li ←→ L1 et retourner en 3a).
c) Si ri = 0, passer à la ligne suivante si i ̸= n, et à l’étape 4 si i = n.

4. Première ligne : pour j entre 2 et n faire :

a) Effectuer la division euclidienne de u1,j par u1,1 : u1,j = u1,1 q + rj′ . Faire l’opération
élémentaire Cj ←− Cj − qCj .
b) Si rj′ ̸= 0, faire Cj ←→ C1 et retourner en 3a) (et non pas en 4a) ! !).
c) Si rj′ = 0, passer à la colonne suivante si j ̸= n, et à l’étape 5 si j = n.

5. À ce stade, la première ligne et la première colonne sont nulles, sauf en première position.

a) S’il existe i1 ≥ 2 et j1 ≥ 2 tels que ui1 ,j1 n’est pas divisible par u1,1 , alors faire C1 ←−
C1 + Ci1 et retourner en 3.
b) Sinon, appliquer l’algorithme avec la matrice extraite (ui,j )i,j≥2 .

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     
4 8 4 4 8 4 4 0 0
4 13 11 −→ 0 5 7 −→ 0 5 7
     
1,2,3 4ac)
4 16 8 0 8 4 0 8 4
   
4 0 0 4 0 0
−→ 5 5 7 −→ 1 5 7
  

5a) 3a)
8 8 4 8 8 4
   
1 5 7 1 5 7
−→ 4 0 0 −→ 0 −20 −28
   
3b) 3ac)
8 8 4 8 8 4
   
1 5 7 1 0 0
−→ 0 −20 −28 −→ 0 −20 −28
  

3ac) 4ac)
0 −24 −52 0 −24 −52
 
1 0 0
−→ 0 −4 0 
 
5b)
0 0 −72

On montre que l’algorithme termine : pour cela, on a besoin de trouver un entier naturel qui dé-
croît strictement après chaque étape. Les étapes impliquent que φ(u1,1 ) décroît à chaque étape, mais
pas forcément strictement. Comme φ(u1,1 ) décroît strictement à chaque passage en 3)b), il n’y en
a qu’un nombre fini, et donc on passe forcément au moins une fois à l’étape 4. À chaque passage
4 → 3, φ(u1,1 ) décroit strictement, donc il n’y a qu’un nombre fini de tels passages : ainsi, on passe
forcément à l’étape 5. Enfin, après chaque passage 5 → 3, l’étape 3)b) puis 3)a) fait diminuer stric-
tement φ(u1,1 ) : donc on ne passe qu’un nombre fini de fois en 5)a), ce qui prouve qu’on arrive
forcément en 5)b) à terme : par récurrence sur l’entier n, on arrive bien à la forme voulue : cqfd.

Remarque
 
: Pour obtenir la matrice de l’exemple, je suis parti d’un cas où on va à l’étape 5)a) :
4 0 0
0 5 7 puis j’ai mis des coefficients divisibles par le terme en (1, 1) sur la première colonne :
 

0 8 4
   
4 0 0 4 8 4
4 5 7. Enfin, j’ai fait C2 ←− C2 + 2C1 et C3 ←− C3 + C1 : 4 13 11.
   

4 8 4 4 16 8

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1.13 Description de O(p, q)


Référence : NH2G2 tome 1 Recasages : 156, 160, 170, 171.

Énoncé : Soit p, q des entiers naturels non nuls. Alors on a un homéomorphisme :

O(p, q) ≃ O(p) × O(q) × Rpq

En particulier, O(p, q) a quatre composantes connexes. Faire l’exemple de O(1, 2) qui préserve la
forme de Lorentz où la variable d’espace est plane.

Preuve : On rappelle que O(p, q) est un groupe, c’est le stabilisateur de

I(p, q) = diag(1, . . . , 1, −1, . . . , −1)) = Ip ⊕ (−Iq )


| {z } | {z }
p q

pour l’action par congruence. De plus, le principe de conjugaison (et la classification des fq sur R)
assure que tous les groupes d’isométries d’une forme quadratique de signature (p, q) sont conjugués
à O(p, q).

On utilisera beaucoup les deux faits suivants, qu’il est bon d’admettre avant le développement :
lemme 1 exp : Sn (R) −→ Sn++ (R) est un homéomorphisme.
Montrer que exp est une bijection est assez simple (l’injectivité demandant un peu de travail), en
utilsant le théorème spectral ; pour montrer la continuité de l’inverse, on prend (Am ) telle que
exp(Am ) −→ exp(A), alors on a aussi, par continuité de l’inverse, que exp(−Am ) −→ exp(−A).
Ainsi, comme le spectre d’une suite de matrices symétriques bornée est majoré (par eC , où C domine
∥M ∥2 ), il résulte que le spectre des (Am ) est majoré, et minoré en utilisant (−Am ) : donc (Am ) est
bornée. Mais la seule valeur propre possible de cette suite est A, donc Am −→ A.

lemme 2 (décomposition polaire) On a un homéomorphisme :

Sn++ (R) × O(n) −→ GLn (R)


(S, O) 7→ SO
√ √
En effet, la réciproque est donnée par M 7→ ( M t M , M ( M t M )−1 ), où la racine est un homéo
Sn++ (R) −→ Sn++ (R) en utilisant le lemme 1 et le fait que la multiplication par 12 est un homéo
dans Sn (R).

On peut donc passer au développement : on montre que O(p, q) est stable par décomposition polaire,
i.e. que, si (S, O) est la décompostion polaire de M , alors :

M ∈ O(p, q) ⇐⇒ (S, O) ∈ (Sn++ (R) ∩ O(p, q)) × (O(n) ∩ O(p, q))

Pour cela, il suffit de montrer que S est dans O(p, q). On note T = M t M , on a T 2 = S. On remarque
que O(p, q) est stable par transposée : en effet :

M ∈ O(p, q) ⇐⇒ M I(p,q) t M = I(p,q) ⇐⇒ t


M −1 I(p,q) M −1 = I(p,q) ⇐⇒ ( t M )−1 ∈ O(p, q)

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Cela prouve que T ∈ O(p, q). Ensuite, on montre que O(p, q) est stable par racine carrée. Pour cela,
on écrit T = exp(U ). On a alors :

exp(U ) ∈ O(p, q) ⇐⇒ exp(U )I(p,q) exp(t U ) = I(p,q)


−1
⇐⇒ I(p,q) exp(U )I(p,q) = exp(−U ) on utilise la symétrie de U
−1
⇐⇒ exp(I(p,q) U I(p,q) ) = exp(−U )
−1
⇐⇒ I(p,q) U I(p,q) = −U (par le lemme 1, en utilisant le fait que I(p,q) ∈ O(n))
U −1 U
⇐⇒ I(p,q) I(p,q) =−
2 2
U
 
⇐⇒ exp ∈ O(p, q)
2
 
Donc finalement, comme S = exp U
2
, on en déduit que S ∈ O(p, q).

Ainsi, la décomposition polaire induit un homéo :

O(p, q) ≃ (Sn++ (R) ∩ O(p, q)) × (O(n) ∩ O(p, q))

Il reste à détailler les deux termes de ce produit.


D’après les équivalences précédentes, on a, pour U ∈ Sn (R) :

exp(U ) ∈ O(p, q) ⇐⇒ I(p,q) U = −U I(p,q)


!
U U2
Ainsi, en écrivant U = t 1 , on trouve :
U2 U3
! !
U1 U2 −U1 U2
exp(U ) ∈ O(p, q) ⇐⇒ = ⇐⇒ U1 = 0p et U3 = 0q
−t U2 −U3 −t U2 U3
!
0 U2
Finalement Sn++ (R) ∩ O(p, q) ≃ Mp,q (R) via exp et U2 7→ t .
U2 0

Si O ∈ O(n), alors

O ∈ O(p, q) ⇐⇒ [O, I(p,q) ] = 0 ⇐⇒ O = Op ⊕ Oq avec Op ∈ O(p) et Oq ∈ O(q)

où la dernière équivalence est une simple reformulation du fait que si un endomorphisme commute
avec un autre, il stabilise ses espaces propres. Finalement, on a bien l’homéomorphisme désiré.

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1.14 Moyen & classique : Théorème de Perron Frobenius avec deux appli-
cations
Recasages : 149, 226. Référence : D. Serre, Matrices.

Énoncé : On suppose que A > 0 ; soit ρ le rayon spectral de A (valeur propre de plus grand
module). Alors ρ > 0, ρ est une valeur propre simple de A, elle est dominante (i.e. : toutes les autres
valeurs propres ont un module < ρ) et il existe un unique vecteur v à coordonnées positives tel que
Av = ρv et ∥v∥1 = 1 : on l’appelle vecteur de Perron-Frobenius associé à A.

Application 1 : Soit G = (E = {1, . . . N }, V ) un graphe orienté. On définit la matrice des liens


L par : li,j = d1j si j → i ∈ V (où di est le nombre de liens sur la page i), et 0 sinon. Cette
matrice est stochastique positive, mais pas > 0. On définit J la matrice avec des 1 partour et G =
(1 − α) N1 J + αL. Alors G a un vecteur propre positif pour la valeur propre 1, et celui-ci est unique
sous la condition que la somme des coefficients soit 1. On le trouve par la méthode de la puissance :
µ∞ = lim Gn µ. On calcule les puissances de G en utilisant le fait que L est une matrice creuse : cela
permet de calculer Gµ en lN opérations où l est le nombre moyen de liens.

Application 2 : y(t) = etA yinit , et v, ϕ sont les vecteurs de Perron-Frobenius de A et AT (vérifier


qu’ils existent) tq ⟨v, ϕ⟩ = 1, alors :

y(t)e−ρt −→ ⟨yinit , ϕ⟩v


t→+∞

Preuve : On définit C := {x ∈ Rn , ∀j, xj ≥ 0} ; c’est un fermé. On note π le vecteur colonne


avec que des 1. On montre :
n
!
∀x ∈ C , 0 ≤ ⟨Ax, π⟩ ≤ ⟨x, π⟩ sup (1)
X
ai,j
j i=1
| {z }
:=M

En effet, le premier membre est évident car tout est positif ; et le second membre se montre via
l’égalité :
n X
X n n
X
⟨Ax, π⟩ = ai,j xj ≤ M xi
i=1 j=1 i=1

On note ensuite
E := {t ≥ 0, ∃x ∈ C \{0}, Ax − tx ∈ C }
Alors :

• E est un intervalle : en effet, si t ∈ E , on dispose de x ∈ C non nul tel que Ax − tx ∈ C .


Alors, comme C est stable par somme, si t′ < t, on a Ax − t′ x = Ax − tx + (t − t′ )x ∈ C .
Dès lors, si t ∈ E , on a [0, t] ⊂ E : cela prouve que E est étoilé par rapport à 0, c’est donc un
connexe de R, donc un intervalle.
• E est fermé : en effet, si tn → t∞ , avec tn ∈ E , alors pour tout n, on dispose d’un xn ∈ C \{0}
"correspondant" : on peut, quitte à diviser xn par sa norme, supposer que ∥xn ∥1 = 1 pour
tout n. Alors (xn ) est à valeurs dans la sphère unité, qui est compacte ; on peut en extraire
xφ(n) → x∞ (avec ∥x∞ ∥ = 1). Alors on a :

∀n, Axφ(n) − tφ(n) xφ(n) ∈ C

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Or ce terme tend vers Ax∞ − t∞ x∞ , et C est fermé : on en déduit que t∞ ∈ E pour x∞ ∈ C


(une nouvelle fois car C est fermé).
• E est borné : en effet, on a vu en (1) :
∀x ∈ C , ⟨Ax − M x, π⟩ ≤ 0
Donc pour t > M , on a t ∈
/ E.
• E n’est pas réduit à 0 : en effet, les coordonnées de Aπ sont toutes strictement positives (car
ai,j > 0) ; ainsi, il existe t > 0 tel que Aπ − tπ ∈ C (on peut invoquer le fait que {x ∈
Rn , ∀j, xj > 0} est un ouvert).

Ainsi, E = [0, ρ], pour un ρ > 0.


Soit x ∈ C \{0} tel que Ax − ρx ∈ C . On montre alors que Ax = ρx ; supposons que ce ne soit pas
le cas, notons y = Ax − ρx. Alors comme y est non nul et comme ai,j > 0 pour tout i, j, toutes les

coordonnées de Ay sont strictement positives : ainsi, on a Ay ∈ C , et on dispose de ε > 0 tel que :
Ay − εAx ∈ C
Comme Ay − εAx = A(Ax) − (ρ + ε)Ax, et Ax ∈ C \{0} (pour la même raison que pour y), on en
déduit que ρ + ε ∈ E , absurde.

On a donc montré que ρ était valeur propre de A, et qu’il existait un vecteur propre à coeffs positifs.

Soit z ∈ Cn un vecteur propre de A associé à la valeur propre λ > 0. Alors on a, par l’inégalité
triangulaire :
n
X
|Az|i = ai,j zj ≤ (A|z|)i
j=1

Comme on a |Az| = |λ||z|, on a :


A|z| − |Az| = A|z| − |λ||z| ∈ C
En particulier, on a |λ| ∈ E , donc :
|λ| ≤ ρ
Étudions le cas d’égalité : |λ| = ρ ssi il y a égalité dans l’inégalité triangulaire, i.e. si les (ai,j zj )j sont
positivement liés, ou, ce qui revient au même puisque ai,j > 0, ssi les (zj ) sont positivement liés.
On peut alors écrire z = |z|eiθ , et alors |z| est aussi valeur propre de A pour λ. Mais comme A est
à coefficients positifs et |z| aussi, on a λ ≥ 0, et donc λ = ρ. Ainsi ρ est bien la plus grande valeur
propre de A, et elle est dominante.
On montre enfin que dim(ker(A−ρid)) = 1 ; soit z un vecteur propre pour ρ, on suppose : ⟨v, z⟩ = 0
(où v a été défini avant). Alors on a vu que |z| était vecteur propre de A pour ρ : de plus on a z = |z|eiθ
pour un θ, donc ⟨v, |z|⟩ = 0. Or v = ρ1 Av est à coefficients > 0, donc |z| = 0, et z = 0. Ainsi,
l’orthogonal de v dans ker(A − ρid) est 0, ce qui prouve :
ρ est simple et ker(A − ρid) = Cv

Application 1 : Le caractère stochastique de la matrice A est une conséquence de la définition.


En revanche, elle est rarement à coefficients strictement positifs... C’est pourquoi on introduit G =

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

(1 − α) N1 J + αL : alors le théorème de Perron-Frobenius s’applique à G ; comme G est stochastique,


1
 
 N. 
on a ρ ≤ 1. De plus, l’application µ 7→ Gµ = .
αLµ + (1 − α)  . est contractante dans RN ; elle
1
N
admet donc un unique point fixe, ce qui prouve que 1 est vecteur propre de G. Ainsi, 1 est valeur
propre simple, et le vecteur cherché
 est
 exactement le vecteur de Perron-Frobenius de G.
1
 N. 
Le calcul de Gµ = .
 .  peut se faire, en utilisant le fait que L est une matrice creuse,
αLµ + (1 − α) 
1
N
en ∼ lN étapes. Ainsi, on obtient un algo d’approximation de v.

Application 2 : Comme T A est aussi à coefficients positifs, elle admet un vecteur de Perron-Frobenius
ϕ.

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

1.15 Moyen & original : degré de représentation, nombre de classes de


conjugaison et cardinal du groupe
Référence : NH2G2 Tome 2 ou Serre, Représentations linéaires des groupes finis.
Recasage : 103, 104, 144, (153)

Énoncé : Soit ρ une rep irréductible de G fini, de degré d. Alors d | |G|.


Application : si G est un groupe fini de cardinal impair, le nombre k de classes de conjugaison de G
vérifie k ≡ |G| (mod 8).

Remarque : En fait, on a même : d | [G : Z(G)] mais c’est plus difficile.

Preuve : Si C est une classe de conjugaison, alors on peut définir χ(C). Soient C1 , . . . Ck les dif-
férentes classes de conjugaison. Pour i ∈ J1, kK, on note zi défini par :
X
zi = ρ(s)
s∈Ci

alors zi vérifie, comme Ci est une classe de conjugaison : ∀g, ρ(g)zi ρ(g −1 ) = zi . Ainsi, par le lemme
de Schur 4 , on dispose de λi ∈ C tel que zi = λi idCdi . En prenant la trace, on a :
X
λi d = Tr(zi ) = χ(s) = |Ci |χ(Ci )
s∈Ci

On montre que λi est un entier algébrique. Vue l’expression de zi , on dispose de A = (ah,k )h,k∈G ∈
Mn (Z) telle que X
∀h ∈ G, zi ρ(h) = ah,k ρ(g)
k∈G

Et, comme on a aussi zi ρ(h), cela prouve que λi est racine du polynôme caractéristique de A : ainsi,
λi est un entier algébrique. Enfin, on a :
k k
X 1X
λj χ(Cj ) = dλj χ(Cj )
j=1 d j=1
k
1X
= |Cj |χ(Cj )χ(Cj ) par l’identité au dessus
d j=1
1X
= χ(g)χ(g)
d g∈G
|G|
= par orthonormalité
d
Or :

• λj est un entier algébrique pour tout j

• χ(Cj ) est un entier algébrique, car χ(Cj ) est un entier algébrique (car ρ(g) est diagonalisable,
à valeurs propres annulées par X n − 1, donc sa trace est un entier algébrique), et car tout
polynôme à coefficients entiers annulant χ(Cj ) annulera aussi son conjugué.
4. qu’on peut redémontrer en considérant le noyau et l’image, qui sont G-stables, donc triviaux

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

• L’ensemble des entiers algébriques est un anneau.

Ainsi, |G|
d
est un entier algébrique. Mais c’est aussi un rationnel : cela implique qu’il est dans Z.
Conclusion : d | |G|.

Pour l’application, on prend un tel groupe G d’ordre n impair. On sait que, notant di les degrés des
représentations irréductibles de G (pour i ∈ J1, kK : il y en a autant que de classes de conjug), on
a5 :
k
d2i
X
n=
i=1

Or di | n par ce qu’on vient de voir, et donc est impair. Ainsi, on a

di ≡ ±1 ou ± 3 (mod 8)

et
k k
d2i ≡
X X
n≡ 1=k (mod 8)
i=1 i=1

ce qui conclut.

5. Cette identité se montre en regardant la représentation régulière de G : sa trace est nulle partout sauf en 1G où
elle vaut n ; on conclut en la décomposant sur la base des caractères irréductibles.

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

1.16 Difficile & original : indicateur de Frobenius-Schur


Référence : Serre, Représentations linéaires des groupes finis ; NH2G2 tome 2
Recasage : 101, 154, 158, 159, 170.

Énoncé : Soit ρ : G → GL(V ) une représentation irréductible, de caractère χ. Alors, s’équivalent :

(i) χ est à valeurs réelles

(ii) Il existe une forme bilinéaire non nulle fixée par ρ(G).

(iii) Il existe une forme bilinéaire non dégénérée fixée par ρ(G).

De plus si ces conditions sont réunies, les prop suivantes sont équivalentes :

(i) ρ se réalise sur R : dans une base (ei ) de V , pour tout g, Mate,e (ρ(g)) est à coeff réels.

(ii) Il existe une forme bilinéaire symétrique non nulle fixée par ρ(G).

(iii) L’indicateur de Frobenius-Schur vaut 1, i.e. :


1 X
χ(g 2 ) = 1
|G| g∈G

Ainsi, on montre que D4 et H8 ne sont pas isomorphes (bien qu’ils aient même table de caractère).

Preuve : Pour la première, on a un isomorphisme de représentations Bil(V ; C) → Hom(V, V ∗ )


(le vérifier !) ; ainsi, par le lemme de Schur, les trois premières propositions sont équivalentes à
Hom(V, V ∗ )G ̸= 0 (pour la (iii), remarquer que tout élément non nul de cet Hom est inversible,
car son noyau et son image sont G-stables).
Pour la deuxième proposition, on a la décompostion en espaces G-stables :

Bil(V ; C) = Sym(V ) ⊕ A(V )

et le caractère induit sur Sym(V ) vaut, en g, notant (λi ) les valeurs propres de ρ(g) :
n
X X χ(g −2 ) + χ(g −1 )2
λi λj + λi λi =
1≤i<j≤n i=1 2

Ainsi, (iii) ⇐⇒ (ii), en utilisant le fait que |G|


1 2
P
g χ(g) = (χ, χ) = 1.
Il reste à montrer (i) ⇐⇒ (ii) : on procède par double implication :

• (i) =⇒ (ii) : Soit (e1 , . . . , en ) une base comme demandée. Soit V0 = Rei . Soit β la forme
L
i
bilinéaire telle que (ei ) soit orthonormée. Alors la forme
1 X
βe = g·β
|G| g∈G

est G-invariante, et symétrique. De plus, comme V0 est G-stable, sa restriction à V0 est un


produit scalaire : elle est donc non nulle.

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• (ii) =⇒ (i) : Soit B une forme bilinéaire symétrique invariante par G. Soit ⟨·, ·⟩ un produit
hermitien invariant par G (qu’on peut construire en moyennant). Alors, par représentation de
Riesz, pour une unique application φ : V → V antilinéaire, on a :

∀x, y ∈ V, B(x, y) = ⟨φ(x), y⟩

De plus, une telle application φ commute alors avec l’action de G : en effet, pour x, y ∈ V , on
a:
⟨φ(gx), gy⟩ = β(gx, gy)
= β(x, y) (car β est invariante par G)
= ⟨φ(x), y⟩
= ⟨gφ(x), gy⟩ (car le produit scalaire est invariant par G)
On a alors, pour x, y ∈ V :

B(φ(x), y) = ⟨φ2 (x), y⟩ = ⟨φ(x), φ(y)⟩

Donc, en échangeant x et y, on trouve : φ2 est hermitien, et ⟨φ2 (x), x⟩ = ⟨φ(x), φ(x)⟩ > 0 :
φ2 est défini positif. Donc il existe un unique hermitien défini positif v tel que φ2 = v 2 . On
pose alors σ = φv −1 : comme v est polynomiale en φ, on a σ 2 = 1 : c’est une symétrie (en
voyant V comme un R-espace vectoriel). On note V0 et V1 les sous-espaces propres de σ, on
a V1 = iV0 (car : σ(x) = x ⇐⇒ σ(ix) = −ix), et donc :

V = V0 ⊕R iV0

Comme σ est polynomiale en φ, elle commute à tous les éléments de G, et cette décomposition
est donc G-stable. Cela conclut.

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1.17 Moyen & original : nombre de solutions non singulières d’une équa-
tion quadratique modulo N
Réf : Hindry, p17-18-19 Recasages : 120, 123, 126, 170.

Énoncé : Soit Q : (x1 , . . . xn ) 7→ 1≤i,j≤n bij xi xj une forme quadratique en n variables à coeff en-
P

tiers non dégénérée (sur Qn ). Soit, pour N entier, C (N ) = {x ∈ (Z/N Z)n , Q(x) = 0 et pgcd(x1 , . . . , xn , N ) =
1} et c(N ) = Card(C (N )). Alors, pour N impair premier avec DQ (le déterminant de (bij )1≤i,j≤n ) :
n
n−1
Y pn−1 − 1 + εp (p − 1)p 2 −1
c(N ) = N
p|N
pn−1

si n est impair

  0 
où εp = n
 (−1) DQ
.
si n est pair
2
p

Preuve : On procède en trois étapes :

1. Si N = p est premier : On a une forme quadratique sur (Fp )n , et on cherche à déterminer le


cardinal de son cône C (Q) ∪ {0} ; par l’algorithme de Gauss, on peut se ramener au cas où
Q(x) = ni=1 ai x2i , où tous les ai sont non nuls car DQ ≡ ai (mod p), et DQ ̸≡ 0 (mod p).
P Q

On a alors :
X
c(p) + 1 = δQ(x1 ,...,xn ),0
x1 ,...,xn ∈Fp
!
1 X X 2iπ
= exp aQ(x1 , . . . , xn )
p x1 ,...,xn ∈Fp a∈Fp p
!
n−1 1 X X 2iπ
=p + exp aQ(x1 , . . . , xn )
p x1 ,...,xn ∈Fp a̸=0 p
n
!
n−1 1 2iπ
aai x2i
X XY
=p + exp
p x1 ,...,xn ∈Fp a̸=0 i=1 p
n X
!
n−1 1XY 2iπ
=p + exp aai x2i
p a̸=0 i=1 xi ∈Fp p
| {z }
:=τ (aai )

On admet (provisoirement) le lemme suivant :


lemme : On a :
 
• τ (a) = a
p
τ (1),
• |τ (1)|2 = p
 
• τ (1)2 = −1
p

On a donc :
n
!
n−1 1XY aai
c(p) + 1 = p + τ (1)
p a̸=0 i=1 p
! !n
n−1 1 DQ X a
=p + τ (1)n
p p a̸=0 p

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  n
 n n
Or a̸=0 ap = 0 si n est impair, et p − 1 sinon. Si n est pair, on a τ (1) 2 = −1
p 2 . On a
P
p
donc bien :
n
c(p) = pn−1 + εp p 2 −1 (p − 1) − 1

2. Si M et N sont premiers entre eux, alors le lemme chinois affirme que si x1 , . . . , xn ∈ Z/(M N )Z,
on a Q(x) ≡ 0 (mod N M ) ssi Q(x) ≡ 0 (mod N ) et (mod M ) ; de plus, la condition de
pgcd se comporte de la même façon. Ainsi, la bijection (Z/M N Z)n → (Z/M Z)n × (Z/N Z)n
induit une bijection C (M N ) → C (M ) × C (N ), et on en déduit : c(M N ) = c(M )c(N ).

3. Pour conclure, on calcule, pour p ne divisant pas DQ et m ≥ 1, c(pm ). On a une application :


π : x ∈ C (pm+1 ) → (x (mod pm )) ∈ C (pm ) : montrons qu’elle est surjective et que chaque
fibre est de card pn−1 . Soit x0 ∈ C (pm ), a0 ∈ Z tel que Q(x0 ) ≡ pm a0 (mod pm+1 ), et z ∈ Z,
on a :
x0 + pm z ∈ C (pm+1 ) ⇐⇒ Q(x0 ) + 2bQ (x0 , z) + p2m Q(z) ≡ 0 (mod pm+1 )
⇐⇒ a0 + bQ (x0 , z) ≡ 0 (mod p)

C’est l’équation d’un hyperplan (en effet, la forme linéaire z ∈ Fp 7→ bQ (x0 , z) est non nulle
car p ne divise pas DQ ) affine dans Fnp : il y a donc pn−1 solutions z modulo p, et donc :
Card(π −1 (x0 )) = pn−1 . Ainsi, par récurrence immédiate : c(pm ) = p(m−1)(n−1) c(p).
Finalement, pour N vérifiant l’énoncé, en utilisant l’étape 2 :

c(pvp (N ) )
Y
c(N ) =
p|N

p(vp (N )−1)(n−1) c(p)


Y
=
p|N
c(p)
= N n−1
Y

p|N
pn−1

ce qui conclut.

Pour le lemme : si a est un carré et b est un non-carré, alors :


! !
X 2iπ 2 X 2iπ 2
τ (a) + τ (b) = 2 + exp ax + exp bx
x̸=0 p x̸=0 p
!
2iπ
(chaque élément est représenté deux fois)
X
=2+2 exp x
x̸=0 p
=0
 
Donc τ (a) = ab pour tout a.
Pour la deuxième partie : l’application (x, y) ∈ (Fp )2 7→ (x + y, x − y) ∈ (Fp )2 est bijective
car p ̸= 2 ; ainsi, on a :
! !
2iπ 2 2iπ
(x − y 2 ) =
X X
τ (1)τ (1) = exp exp uv = p
x,y p u,v p
 
La troisième partie s’en déduit, car τ (1) = τ (−1) = −1
p
τ (1).

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1.18 Moyen & original : CNS d’existence d’une matrice vérifiant une équa-
tion polynomiale
Référence : ? ?

Énoncé : Soit K un corps, et P ∈ K[X] un polynôme irréductible de degré d. On note L le corps


de décomposition de P sur K, et on note G = Aut(L/K). On suppose que l’action de G sur les
racines de P est libre. Alors :
∃M ∈ Mn (K) ⇐⇒ d | n
Application : ∃M ∈ Mn (R), M 2 = −In ssi n est pair.
Si M ∈ Mn (Q) vérifie M p = In (avec p premier), et si p − 1 ̸| n, alors M a un point fixe non nul
dans Qn .

Preuve : On procède par double implication.

Supposons qu’il existe une telle matrice M . Soit L le 6 corps de décomposition de P sur K. Alors,
on sait (par construction du corps de décomposition par succession de corps de rupture) que G =
Aut(L/K) agit transitivement sur les racines de P dans L.
La matrice M , vue dans Mn (L), est annulée par P , qui est scindé sur L, et à racines simples (car P
est irréductible, donc pgcd(P, P ′ ) = 1). Ainsi, M est L-diagonalisable ; soit S son spectre (c’est un
ensemble de couples (λ, nλ )). On a, notant ∆ = diag(S), l’existence de Q ∈ GLn (L) telle que :

M = Q∆Q−1

Soit σ ∈ G ; on peut appliquer σ à chaque coefficient des matrices. Comme σ est un automorphisme
de corps, il préserve les multiplications et les inverses (il est injectif) ; ainsi, on a :

σ(M ) = σ(Q)σ(∆)σ(Q)−1

Mais comme M ∈ K, on a σ(M ) = M . Par unicité du spectre, on a donc :

∀σ ∈ G, σ(S) = S

Ainsi, on peut regrouper les éléments de S en orbites, et on en déduit :


X X
n= nλ = nλ [G : Stab(λ)]
λ∈S λ∈S/G

Or G agit librement sur les racines de P , donc Stab(λ) = 1, et :


X
n = |G| nλ
λ∈S/G

Pour finir, on montre que |G| = d : en effet, soit x une racine de P dans L ; comme l’action de G sur
les racines de P est transitive, le polynôme
Y
Q(X) = (X − σ(x))
σ∈G

6. comme tous les corps de décomposition sont isomorphes, l’article défini convient

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

a exactement les mêmes racines que P dans L, et comme les deux sont scindés à racines simples (on
utilise le fait que l’action est libre), on en déduit que Q = P , puis que |G| = d. Ainsi :

d|n
f 
. . . . . . (0)
M
 . .. 
 ..
Mf . 
Réciproquement, supposons que d | n ; alors, en écrivant M =  .

. , il suffit de

 . .. 
 . Mf 
(0) . . . . . . M f
faire le cas d = n ; pour cela, on écrit P = X d + ad−1 X d−1 + . . . a0 , et on note m l’endom de
multiplication par X dans l’anneau quotient K[X]/(P ). En notant M f la matrice de m dans la base
(1, X, . . . , X d−1 ) (c’est la matrice compagnon de P ), on a P (M
f ) = 0.

Pour les applications :

• On prend P = X 2 + 1, on a alors L = C et G = Z/2Z agit transitivement et librement sur


{±i} : on peut appliquer la propriété.
p
• On prend Φp = XX−1 −1
, de degré p − 1. On a alors L = Q(ζp ), où ζp = exp(2iπ/p). Alors
G = (Z/pZ) : en effet, si σ ∈ G, alors σ est entièrement déterminée par σ(ζp ), qui est une
×

racine de Φp . On a ainsi un isomorphisme :

σ ∈ G 7→ (Z/pZ)× ∋ k, σ(ζp ) = ζpk

On vérifie que l’action est libre : en effet, toutes les racines de Φp engendrent L, donc si σ en
fixe une, elle fixe L, et donc : σ = id.
Soit M ∈ Mn (Q), avec M p = In et p − 1 ̸| n. Alors, M est annulée par (X − 1)Φp (X), donc
par le lemme des noyaux :

Qn = ker(M − In ) ⊕ ker(Φp (M ))

La restriction M est alors bien définie, et annulée par Φp ; par la propriété, on a donc
ker(Φp (M ))
p − 1 | dim(ker(Φp (M ))). Ainsi, on en déduit dim(ker(M − In )) ̸= 0, et donc M a un point
fixe dans Qn .

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1.19 Moyen & classique : deux équations diophantiennes


Réf : Hindry, chap III.

Énoncé : On explicite les triplets (x, y, z) primitifs (ie : tels que pgcd(x, y, z) = 1) tels que :

x2 + y 2 = z 2 (triplets pythagoriciens)

On en déduit que l’équation diophantienne :

x4 + y 4 = z 2

n’a pas de solution entière non triviale.

Preuve : On commence par la détermination des triplets pythagoriciens primitifs. On raisonne


par analyse-synthèse.

• Analyse Soit (x, y, z) un tel triplet ; comme la fonction carré est paire, on peut les supposer
positifs. On a, en étudiant les carrés modulo 4 :

z 2 ≡ 0 ou 1 (mod 4)

Ainsi, x et y ne peuvent pas être simultanément impairs (car on aurait alors x2 + y 2 ≡ 2


(mod 4)), ni être pairs (car alors z 2 , donc z serait aussi pair, et le triplet ne serait pas primitif).
Par symétrie des rôles en x et y, on peut supposer x impair et y pair. On a alors pgcdZ (x, y) =
1 : en effet, si p premier divise x et y, il divise z 2 donc z, et c’est impossible.
On a, dans Z[i] :
z 2 = (x + iy)(x − iy)
Soit d un pgcd de x + iy et x − iy dans Z[i] : l’existence est assurée car Z[i] est euclidien. Alors
d divise 2x et d divise 2iy, donc d divise 2y. Comme x et y sont premiers entre eux dans Z, on
dispose de u, v ∈ Z tels que 1 = xu + yv. On en déduit que d divise 2. Mais d divise z 2 , donc d
divise pgcdZ (2, z 2 ) (toujours par Bézout), i.e. d divise 1. Ainsi, x + iy et x − iy sont premiers
entre eux.
L’anneau Z[i] est factoriel (car euclidien), donc comme x + iy et x − iy sont premiers entre
eux et que leur produit est un carré, on en déduit que ce sont eux-mêmes des carrés à unité
près. Ainsi, on dispose de u, v ∈ Z et λ ∈ Z[i]× tels que :

x + iy = λ(u + iv)2

Comme λ ∈ {±1, ±i} et comme x est impair, on en déduit, quitte à échanger u et v :


x = u2 − v 2



y = 2uv
z = u + v2
2

On peut supposer u, v ≥ 0. De plus, par primitivité de (x, y, z), on a forcément pgcd(u, v) = 1,


et u et v doivent être de parités différentes et on doit avoir u ≥ v car x ≥ 0.
• Synthèse Si u et v sont deux entiers naturels premiers entre eux de parités différentes, alors le
triplet (u2 − v 2 , 2uv, u2 + v 2 ) est bien primitif (à vérifier oralement). De plus, on a bien :

(u2 − v 2 )2 + (2uv)2 = (u2 + v 2 )2

donc c’est un triplet pythagoricien.

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Pour l’application, on suppose qu’il existe une solution (x, y, z) non triviale (qu’on peut supposer
positive), et on trouve une solution (x′ , y ′ , z ′ ), telle que 0 < z ′ < z. Cela concluera par descente
infinie. On distingue deux cas :

• Si (x, y, z) n’est pas primitif, on dispose de p premier divisant x, y et z. Alors p4 | z 2 , ce qui


montre p2 | z. Le triplet (x/p, y/p, z/p2 ) convient alors.

• Si (x, y, z) est primitif, alors (x2 , y 2 , z) aussi : en effet, si p divise les trois, il divise x et y,
absurde. Ainsi, (x2 , y 2 , z) est pythagoricien primitif ; par symétrie x ←→ y, on peut supposer
x impair. On dispose alors de u, v comme avant tels que :

x2 = u 2 − v 2



y2 = 2uv
z = u + v2
2

Alors, comme u et v sont premiers entre eux, (x, v, u) est pythagoricien primitif, avec x impair ;
on dispose donc de u′ , v ′ comme avant tels que :

x = u′2 − v ′2



v = 2u′ v ′
u = u′2 + v ′2

Alors :
(y/2)2 = u′ v ′ (u′2 + v ′2 )
donc, comme pgcd(u′ , v ′ ) = pgcd(u′ , u′2 + v ′2 ) = pgcd(v ′ , u′2 + v ′2 ) = 1, par factorialité, u′ ,
v ′ et u′2 + v ′2 = u sont des carrés : ainsi, on dispose de x′ , y ′ , z ′ > 0 tels que u = z ′2 , u′ = x′2
et v ′ = y ′2 . Alors on a :
x′4 + y ′4 = z ′2
et z ′ ≤ u ≤ u2 < u2 + v 2 = z ; cela conclut.

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1.20 Facile & classique : dimension du commutant


Réf : Cassini Algèbre 2.

Énoncé : Soit K un corps et A ∈ Mn (K). Alors, notant C(A) le commutant de A, on a :

χA = πA ⇐⇒ C(A) = K[A]

Preuve : On commence par un lemme :


lemme : On a toujours dim(C(A)) ≥ n.
preuve : On commence par remarquer que la dimension de C(A) est invariante par extension de
corps (au sens où le commutant sur Ł a pour Ł-dimension la K-dim de celui sur K) (et ce, parce
que le rang d’une famille de vecteurs ne dépend pas du corps, par pivot de Gauss), et qu’elle est
invariante en changeant A par P AP −1 (car C(P AP −1 ) = P C(A)P −1 ). Ainsi, quitte à se placer sur
un corps de décomposition, on peut supposer A triangulaire.
On montre alors que dim(C(A) ∩ Tn (K)) ≥ n. Si X = (xi,j ) est trianguliaire supérieure, alors
AX − XA = 0 est un système de n(n+1)2
équations, mais les équations diagonales sont 0 = 0 : on a
donc au plus 2 − n équations libres, ce qui donne un espace de dimension au moins n, d’où le
n(n+1)

lemme.

Supposons que C(A) = K[A]. On a alors deg(πA ) = dim(K[A]) ≥ n, donc πA = χA par le théorème
de Cayley-Hamilton.
Réciproquement, supposons que πA = χA . Montrons qu’il existe x ∈ Kn tel que πA,x = πA ; on écrit
πA = P1α1 . . . Prαr la décomposition de πA en irréductibles. On a alors, par le lemme des noyaux, la
décomposition en espaces A-stables :
r
Kn = ker(Pi (A)αi )
M

i=1

Soit, pour i ∈ J1, rK, xi ∈ ker(Pi (A)αi ) tel que Piαi −1 (A)xi ̸= 0 : un tel xi existe car sinon, πA /Pi
serait annulateur. On pose alors x = ri=1 xi , et alors ce xi convient : en effet, pour P ∈ K[X], on
P

a:
P (A)(x) = 0 ⇐⇒ ∀i ∈ J1, rK, P (A)(xi ) = 0
⇐⇒ ∀i ∈ J1, rK, Piαi | P
⇐⇒ πA | P
Alors la famille (x, Ax, . . . , An−1 x) est libre, donc est une base de Kn ; si M ∈ C(A), il existe P ∈
K[X] tel que M x = P (A)x. On montre alors, en multipliant par A, que M = P (A), ce qui conclut.

Remarque : On peut montrer qu’en toute généralité, on a C(C(A)) = K[A]

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2 Analyse

2.1 Facile & classique : Intégrale de Dirichlet par la méthode de Laplace


(haut) Référence : Cassini, Oraux X-ENS, Analyse (2 ou 3 ?) Recasages :

• 228 Continuité, dérivabilité des fonctions réelles d’une variable réelle. Exemples et applica-
tions.

• 235 Problèmes d’interversion de limites et d’intégrales

• 236 Illustrer par des exemples quelques méthodes de calcul d’intégrales de fonctions d’une ou
plusieurs variables.

• 239 Fonctions définies par une intégrale dépendant d’un paramètre. Exemples et applications.

Énoncé : On a
R ∞ sin(t) π
0 t
dt = 2

Preuve : On commence par remarquer que l’intégrale est bien définie : en fait, elle est semi-
convergente. En effet, sin étant dérivable en 0, le sinus cardinal se prolonge par continuité en 0
où il prend la valeur 1, d’où son intégrabilité locale. De plus, on a, par intégration par parties, pour
ε > 0, M > ε : " #M
Z M
sin(t) 1 − cos(t) Z M
1 − cos(t)
dt = + dt
ε t t ε ε t2
Le crochet s’annule pour ε → 0, M → ∞, et l’intégrande de droite est intégrable sur [0, ∞[ (en 0,
c’est borné, et en ∞, c’est en O(t−2 ), donc intégrable par critère de Riemann) : dès lors, l’intégrale
est semi-convergente.
Soit F la fonction définie sur R+ par :
Z ∞
sin(t) −pt
F (p) = e dt
0 t
La fonction est bien définie, en 0 par ce qui précède, et en p > 0 car l’intégrande y est intégrable
(c’est continu à décroissance exponentielle).
Par théorème de dérivation sous intégrale, F est même de classe C 1 sur ]0, ∞[ (pour cela, il suffit de
le voir sur ]ε, ∞[ pour tout ε > 0), et on a :
Z ∞

∀p > 0, F (p) = − sin(t)e−pt dt
0
1
= Im( )
i−p
1
=−
1 + p2

Donc F + arctan est constante. Par l’inégalité de la moyenne et par l’inégalité | sin(t)| ≤ |t|, on a :
∀p > 0, |F (p)| ≤ p1 . Donc F tend vers 0 en l’infini, donc la constante vaut lim∞ arctan = π2 .
Pour conclure, il suffit de montrer que F est continue en 0. Pour cela, on fait de nouveau une IPP : si

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g est une primitive du sinus cardinal sur [0, ∞[, alors pour p > 0, on a (en faisant tendre une égalité
de primitive à l’infini) :
Z ∞
sin(t) −pt
F (p) = e dt
0 t
h i∞
Z ∞
= g(t)e−pt + g(t)e−pt pdt
0 0
Z ∞ !
u −u
= −g(0) + g e du
0 p

En prenant g nulle à l’infini, on a −g(0) = F (0), et l’intégrale au deuxième membre tend vers 0 par
le théorème de convergence dominée, car g est bornée et tend vers 0 à l’infini. Donc F est continue
en 0, et : Z ∞
sin(t) π
dt =
0 t 2

Remarque

− cos(t)
• Attention, la fonction t 7→ t
n’a pas de limite en 0, il faut donc prendre la bonne primitive
dans l’IPP.

• Le sinus cardinal n’est PAS intégrable (il suffit de faire un découpage pour s’en rendre compte).
iz
• Autres méthodes pour calculer cette intégrale : Analyse complexe (regarder f (z) = ez sur
un bon contour (qui passe autour de 0)), ou utilisation d’une TF R(attention, sinc pas L1 donc
convolution/troncature obligatoire !). Sinon, autre méthode : on a 0∞ sinx x dx = π2 par Planche-
rel, puis une IPP et l’écriture 1−cos(2x)
2
= sin2 (x) permet de conclure.

• En fait, on a montré que si une fonction continue avait une intégrale semi-convergente, alors
sa transformée de Laplace est continue en 0.

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2.2 Difficile & original : Calcul d’une intégrale elliptique


(haut) Référence : Gourdon Analyse page 188 Recasage : 171, 239, 265, 267.

Énoncé : On note M la moyenne arithmético-géométrique ; alors, pour u < v deux réels stricte-
ment positifs :
Z π
2 dφ π
I(u, v) := q =
0 u2 cos2 (φ) + v 2 sin2 (φ) 2M (u, v)

On en déduit la longueur du lemniscate de Bernoulli, image par l’inversion


q de centre 0 de rapport 1
de l’hyperbole {x − y = 1} (d’équation en coordonnées polaires r = cos(2θ))
2 2


Preuve : On montre que I est invariante en changeant u, v par uv, u+v 2
. Pour cela, on fait le
changement de variable t = v tan(φ) puis le changement de variable s = 2 (t− uvt ) (détail des calculs
1

à la fin). Or I est continue en (u, v) (par le théorème de continuité sous intégrale, en dominant sur
chaque [ε, ∞[2 ). On en déduit, en passant à la limite (dans I(un , vn ) = I(u, v), où un , vn sont les
termes pour calculer la MAG) que I(u, v) = I(M (u, v), M (u, v)) = 2M π(u,v) .
q
Pour la longueur du lemniscate, on a une paramétrisation donnée par r = cos(2θ). Or, en utilisant
les symétries, la longueur du lemniscate est donnée par :
Z π q
4
ℓ=4 r′ (θ)2 + r(θ)2 dθ
0

(on a utilisé la formule donnant la vitesse en polaire). Dès lors, en dérivant r :


π
Z
4 dθ
ℓ=4 q
0 1 − 2 sin2 (θ)

On fait le changement de variable 2 sin2 (θ) = sin2 (φ), et on trouve alors :


π
!
1 Z 2 dφ 4 1
ℓ = 4√ q =√ K √
2 0 1 2
1 − 2 sin φ 2 2

π
q 
− 12
En notant K(x) = (1 − x sin θ) dθ. Or on a l’identité suivante : I(u, v) =
2 2 1
1− u2
.
R 2
0 v
K v2

Ainsi, en prenant v = 2 et u = 1, on trouve :

ℓ= √
M (1, 2)

Pour le premier changement de variable, on a : t = v tan θ donc dθ = 1 dt


v 1+ t2
et, par la formule
v 2

cos2 = 1
1+tan2
:
u2 t2
u2 cos2 (θ) = et v 2
sin 2
(θ) =
1 + t2 /v 2 1 + t2 /v 2
Z ∞
dt
I(u, v) = q
0 (u2 + t2 )(v 2 + t2 )

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On a aussi :
√ u+v 1Z ∞ ds
I( uv, )= q
2 2 −∞ (uv + s2 )( 1 (u + v)2 + s2 )
4

En posant s = 21 (t − uv
t
), on trouve alors :
√ u+v
I( uv, ) = I(u, v)
2

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2.3 Moyen & semi-classique : Prolongement des transformées de Mellin


des fonctions à croissance lente, valeur de la fonction ζ en les entiers
négatifs
(haut) Référence : Colmez (p406) Recasages : 207, 239, 245.

Énoncé On admet que 1


Γ
est holomorphe à droite de 0.

Soit f une fonction de classe C ∞ sur R+ à décroissance rapide à l’infini ainsi que toutes ses dérivées.
Alors sa transformée de Mellin, définie, pour Re (s) > 0 par :

1 Z∞ dt
M (f, s) = f (t)ts
Γ(s) 0 t

admet un prolongement holomorphe à C tout entier, et vérifie, pour k entier naturel : M (f, −k) =
(−1)k f (k) (0).
Application : la fonction ζ a un prolongement méromorphe sur C, avec un seul pôle d’ordre 1 en 1
(et de résidu 1). On a même : ζ(−n) = (−1)n Bn+1
n+1
où (Bn ) sont les nombres de Bernoulli ( et −1
t
=
t ).
P Bn n
n!

Preuve : On montre que M (f, ·) est holomorphe à droite de 0 par le théorème d’holomorphie sous
intégrale. On note, pour ε > 0 et M > ε : Iε,M = {z, ε < Re (z) < M }. Alors, si s ∈ Iε,M est de
partie réelle σ, et si t ∈]0, ∞[, on a :

f (t)ts−1 = |f (t)|tσ−1 ≤ |f (t)|(tε−1 + tM −1 )

Le terme de droite étant intégrable (et ce car f est bornée autour de 0 et à croissance lente à l’infini),
le théorème d’holomorphie sous intégrale s’applique (l’intégrande étant holomorphe), et : M (f, ·)
est holomorphe sur Iε,M , ce pour tout ε, M , donc partout à droite de 0.
Si Re (s) > 0, on a par IPP :
Z ∞
1Z ∞ ′
f (t)ts−1 dt = − f (t)ts dt
0 s 0
ce qui donne, en utilisant l’équation fonctionnelle de Γ :

M (f, s) = −M (f ′ , s + 1)

On en déduit, en remplaçant f par f (k) (qui vérifie les mêmes hyp que f ) : M (f (k) , s) = −M (f (k+1) , s+
1). Ainsi, on a : M (f, s) = (−1)k M (f (k) , s + k). Cette équation 7 permet de prolonger de manière
holomorphe M (f, ·) à droite de −k ; ainsi, cela étant vrai pour tout k,R on a un prolongement de
M (f, ·) à C tout entier, qui est holomorphe. Enfin, comme M (f ′ , 1) = 0∞ f ′ (t)dt = −f (0), on en
déduit : M (f, −k) = (−1)k f (k) (0).

Pour l’application : on a, comme la mesure dt


t
est invariante par multiplication :
Z ∞ Z ∞
dt dt
∀s, Re (s) > 0 =⇒ Γ(s) = e−nt (nt)s = ns e−nt ts
0 t 0 t
7. Il peut être bon de faire un dessin des demi-plans

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On en déduit, pour s de partie réelle σ > 1 :


∞ Z ∞
1 X dt
ζ(s) = e−nt ts
Γ(s) n=1 0 t
Z ∞X∞
1 dt
= e−nt ts (par Fubini)
Γ(s) 0 n=1 t
1 Z ∞ e−t s dt
= t
Γ(s) 0 1 − e−t t
1 Z∞ t dt
= t
ts−1
Γ(s) 0 e − 1 t
1 t
= M (f, s − 1) avec f (t) = t
s−1 e −1
Le passage de la première à la deuxième ligne est assuré par l’égalité suivante, par positivité :
∞ Z ∞
dt
e−nt tσ
X
= ζ(σ)Γ(σ) < ∞
n=1 0 t

On montre que f vérifie l’énoncé. f est l’inverse d’une fonction holomorphe qui ne s’annule pas
autour de 0 donc elle est de classe C ∞ en 0 ; de plus, elle est C ∞ partout ailleurs. On montre, par
récurrence sur n, que f (t) = O(te−t ) en l’infini. On a : (et − 1)f (t) = t donc en dérivant n fois, on
a, par règle de Leibniz, et en utilisant l’HDR :

(et − 1)f (n) (t) + O(te−t )et = O(t)

Ce qui conclut en divisant par l’exp.


Ceci permet directement de conclure.

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2.4 Moyen & semi-original : Autour de Fourier et de l’analyse complexe


Référence : Queffélec & Queffélec, chapitres III et XI. Recasages : 245, 250, 239, 265.

Énoncé : On démontre, en utilisant diverses méthodes issues de l’analyse complexe, les résultats
suivants :
2
x2 ξ
• La transformée de Fourier de x 7→ e− 2 est ξ 7→ √1 e− 2

(par prolongement analytique)

• Si n ≥ 2, celle de x 7→ 1
1+x2
est ξ 7→ πe−|ξ| (par théorème des résidus).
x2 ξ2
• Si f ∈ L1 (R) vérifie : f (x) = O(e− 2 ) et fb(ξ) = O(e− 2 ), alors f est proportionnelle à la
gaussienne. (par un peu plus d’artillerie).

Preuve :
x2
• Je pose φ(x) = e− 2 : c’est bien intégrable ; alors, pour ξ ∈ R :
x2
Z
φ(ξ)
b = e− 2 e−iξx dx
R
ξ2
= e− 2 F (iξ)
2
 
où F (z) = R exp − (x+z) dx. Par invariance par translation de la mesure de Lebesgue, F
R
√ 2
vaut 2π sur R.
De plus, F est bien définie et est entière : en effet, si M > 0, alors pour tout z ∈ B(0, M ), on
a:
(x+z)2 x2 1 x2 x2
= e− 2 e 2 Re(−xz+z ) ≤ e− 2 eM +M |x| = O(e− 4 )
2 2
e− 2
(x+z)2
Et pour tout x ∈ R, la fonction z 7→ e− 2 est holomorphe sur B(0, M ). Ainsi, par le théo-
rème d’holomorphie sous intégrale, F est holomorphe sur B(0, M ), et ce pour tout M : donc
F est entière. √
Les fonctions entières F et z 7→ 2π coïncident sur R qui a un point d’accumulation : le √ prin-
cipe du
√ prolongement analytique affirme qu’elles sont égales. En particulier, F (iξ) = 2π et
φb = 2πφ.

• Je pose φ(x) = 1
1+x2
, qui est intégrable, et dont l’intégrale vaut π ; on cherche à calculer
Z
e−ixξ
φ(ξ)
b = dx
R 1 + x2
−izξ
Soit ξ < 0. Je pose f : z ∈ C − {±i} 7→ e1+z2 . Alors f est méromorphe, avec des pôles simples
ξ
en ±i. On a Res(f, i) = e2i . Ainsi, en intégrant sur le bord du demi-cercle de rayon R > 1 au
dessus de l’axe réel, on a, par le théorème des résidus :
Z R Z π
f (x)dx + f (Reiθ )iReiθ dθ = πeξ
−R 0

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Or on a, en utilisant l’inégalité sin(θ) ≥ 2θ


π
:
Z π Z π
iθ iθ
f (Re )iRe dθ ≤ f (Reiθ )iReiθ dθ
0 0
Z π
R 2θ
= e π ξR dθ
0 −1R2
π

2ξ(R2 − 1)

En particulier, on a : R f (x)dx = πeξ , cqfd.


R

Pour les ξ > 0 : on a φ(ξ)


b = φ(−ξ)
b = φ(−ξ),
b ce qui conclut. Pour ξ = 0, on sait que l’intégrale
vaut π.

• Pour la dernière : temps à tester.

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2.5 Moyen & classique : Prolongement de la fonction ζ et équation fonc-


tionnelle
(haut) Réf : Hindry (p141 puis 154 à 157). Recasages : 245, 246, 265

Énoncé : On  montre
 l’équation fonctionnelle, vérifiée pour s ∈ C tel que Re (s) ∈]0, 1[ : notant
− 2s
ξ(s) = π Γ 2 ζ(s), on a :
s

ξ(s) = ξ(1 − s)
Tel quel, le développement est long : il faut choisir deux des trois étapes, quitte à admettre l’autre.

Preuve : On procède en plusieurs étapes :

• D’abord, on montre que ζ se prolonge en une fonction méromorphe à droite de 0, avec un


unique pôle simple en 1 de résidu 1.
• Ensuite, si on veut, on prouve la formule de Poisson et on l’applique pour avoir une équation
fonctionnelle pour la fonction θ.
• Enfin, on écrit et on bidouille un peu.
R∞ R1 R∞
0 = 0 + 1

• On effectue une transformée d’Abel. Soit s un réel > 1. On a :



!
1 X 1 1
s
= s

n k=n k (k + 1)s
Ainsi, on en déduit :
∞ X

!
X 1 1
ζ(s) = s

n=1 k=n k (k + 1)s
∞ X k
!
1 1
par positivité
X
= −
k=1 n=1 k s (k + 1)s

!
X 1 1
= k s

k=1 k (k + 1)s
∞ Z k+1
st−s−1 dt
X
= k
k=1 k
∞ Z k+1
⌊t⌋t−s−1 dt
X
=s
k=1 k
Z ∞
=s ⌊t⌋t−s−1 dt par convergence monotone
1

Le dernier terme est une fonction holomorphe de s à droite de 1 par le théorème d’holomorphie
sous intégrale. Le principe du prolongement analytique permet d’affirmer que l’égalité est
valable pour tout s à droite de 1. Maintenant, si s est à droite de 1, on a :
Z ∞
ζ(s) = s (⌊t⌋ − t + t)t−s−1 dt
1
Z ∞
s
=s (⌊t⌋ − t)t−s−1 dt +
1 s−1
Et le premier terme est holomorphe à droite de 0, par le théorème d’holomorphie sous inté-
grale. Ainsi, on a bien le premier point.

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• Soit f ∈ S(R), on note fb sa transformée de Fourier, donnée par :


Z
fb(ξ) = f (x)e−2iπxξ dx
R

On montre la formule de Poisson :


X X
f (n) = fb(m)
n∈Z m∈Z

Déjà, les deux sommes sont bien définies car f et fb sont toutes deux dans S(R). Soit F la
fonction définie sur R par : X
F (x) = f (x + n)
n∈Z

Alors F est la somme d’une série de fonctions qui converge uniformément, ainsi que toutes
ses dérivées : ainsi, F est bien définie, et est dans C ∞ . De plus, F est 1-périodique. Aussi, F
est intégrable sur [0, 1] : on a en effet, par positivité :
Z 1 Z
|F | = |f | < ∞
0 R

On calcule les coefficients de Fourier de F : pour m ∈ Z, on a par Fubini :


Z 1 XZ 1
−2iπmx
F (x)e dx = f (x + n)e−2iπmx dx = fb(m)
0 n∈Z 0

F est de classe C 1 , donc le théorème de Dirichlet s’applique, et :


fb(m)e2iπmx
X
∀x ∈ [0, 1], F (x) =
m∈Z

On conclut en appliquant en x = 0. Soit, pour u > 0, fu : x 7→ e−πux , et soit θ définie sur R+


∗ 2

par :
2u
e−πn
X
θ(u) =
n∈Z
8
Comme fu est dans S(R) , on en déduit :
X
θ(u) = fcu (m)
m∈Z

Or on a fcu = √1 f 1
u u
(par un calcul via un changement de variable), et donc :
1 1
 
θ(u) = √ θ
u u

• Soit s à droite de 1 : on a :
∞ Z ∞
s dt
 
s s s
π− 2 Γ π − 2 t 2 e−t n−s (Fubini)
X
ζ(s) =
2 n=1 0 t
∞ Z ∞
s 2 du
u 2 e−πn u (changement de variable t = πn2 u)
X
=
n=1 0 u

Z ∞ !
s
−πn2 u du
(Fubini)
X
= u 2 e
0 n=1 u
| {z }
:=θe(u)

2
8. En effet, les dérivées de la gaussiennes sont de la forme Hn (x)e−x /2
, où Hn est le n-ème polynôme de Hermite.

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On a :
θ(u) − 1
θ(u)
e =
2
Donc, par l’équation fonctionnelle précédente :
√ e 1 √
θ(1/u)
e = uθ(u) + ( u − 1)
2
Ainsi, on en déduit, toujours pour le même s :

s Z 1
du Z ∞ s e du
 
s s
π− 2 Γ ζ(s) = u 2 θ(u)
e + u 2 θ(u)
2 0 u 1 u
Z ∞ Z ∞
s du s du
= u− 2 θ(1/u)
e + u 2 θ(u)
e (changement de variable)
1 u 1 u
Z ∞  du
 s 1−s 1 1
= θ(u)
e u2 + u 2 + + (⋆)
1 u s−1 s
 s 1−s

Ainsi, on a une identité valable pour Re (s) > 1 : mais on vérifie que s 7→
R∞ e du
1 θ(u) u 2 +u 2
u
est holomorphe sur C : pour cela, il suffit de remarquer que

e−πu
e−πnu = = O(e−πu )
X
θ(u)
e ≤
n=1 1 − e−πu

Et on conclut par holomorphie sous intégrale. Ainsi, l’équation (⋆) est valable à droite de 0 en
dehors de 1, et comme elle est symétrique en s ←→ 1 − s, on a bien :

∀s ∈ C, Re (s) ∈]0, 1[ =⇒ ξ(s) = ξ(1 − s)

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2.6 Moyen & semi : linéarisation d’une EDO, stabilité asymptotique des
points d’équ.
Recasages : 215, 220, 221. Référence : Rouvière

Énoncé : Soit y ′ = f (y) un système différentiel ayant un point d’équilibre en un 0 ∈ Rn . On


suppose que f est de classe C 1 , et on note A = d0 f . Alors, si 0 est un point d’équilibre asymptoti-
quement stable de z ′ = Az, c’en est un de y ′ = f (y).
Exemples : Pour l’équation du pendule amorti :
·· ·
θ = − sin θ − 2λθ (avec 0 < λ < 1)

Attention : Connaître des résultats où ça ne marche pas ! (exemples dans le cas seulement stables,
cas du pendule (asympt stable par le dév avant, mais de linéarisé seulement stable))

Preuve : L’idée est de construire une nouvelle norme pour laquelle les boules forment un système
de voisinage asympt stables.

La première partie peut être sautée... Déjà, on commence par remarquer que si l’on note λ1 , . . . , λk
les valeurs propres de A, on a la décomposition de Dunford : A = D + N qui permet d’écrire, pour
t ∈ R, comme D et N commutent :
etA = etD etN
Or etN est un polynôme en t. Ainsi, si x ∈ Rn , on a, pour un polynôme P 9 et en notant | · | la norme
euclienne sur Rn : n
etA x ≤ P (|t|) etD x ≤ P (|t|) etRe(λk ) |x|
X

k=1

Donc si Re (λk ) < 0 pour tout k, alors 0 est un point d’équilibre asymptotiquement stable. Récipro-
quement, en partant d’un vecteur propre x de A, on montre que si le point est asympt stable, alors
Re (λk ) < 0.

À présent, on considère Z ∞
b(x, y) = etA x · etA ydt
0

et q(x) = b(x, x). Alors :

• En utilisant l’inég de Cauchy-Schwarz et la majoration précédente, on montre que b est bien


définie.

• Par linéarité de l’intégrale, b est une forme bilinéaire, évidemment symétrique.

• b est définie positive : en effet, si x ̸= 0, alors : ∀t ≥ 0, etA x · etA x ≥ 0, donc q(x) ≥ 0, avec
égalité si l’intégrande est nulle pp, donc partout par continuité, ie si x = 0, ce qui n’est pas
vérifié.
tk
Pn−1
9. On peut prendre P (t) = k=0 k! ∥N ∥
k

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Ainsi, q est une norme sur Rn .
On sait, par le théorème de Cauchy-Lipschitz, que l’équation y ′ = f (y), y(0) = x a une (unique)
solution maximale ; sur son intervalle de définition, on a, en utilisant la différentielle d’une forme
bilinéaire :
(q(y))′ = 2b(y, f (y))
= 2b(y, Ay) + 2b(y, r(y)) (où r(y) = f (y) − Ay)
Or, pour x ∈ Rn :
Z ∞ !
d 1 Z ∞ d tA 2 1
b(x, Ax) = tA
e x · etA x dt = |e x| dt = − |x|2
0 dt 2 0 dt 2

Donc :
q(y)′ = −|y|2 + 2b(y, r(y))

Comme q est une norme sur Rn , elle est équivalente à la norme euclidienne canonique, et on
dispose de C > 0 tel que ∀x ∈ Rn , −|x|2 ≤ −Cq(x).

La différentiabilité de f en 0 (en utilisant la norme q) permet de dire que pour tout γ > 0, il existe
α > 0 tel que :
q(x) ≤ α =⇒ q(f (x) − Ax) ≤ γq(y)
Autrement dit :

q(x) ≤ α =⇒ −|x|2 + 2b(x, f (x) − Ax) ≤ (2γ − C)q(x)

Donc si β > 0, et en choisissant γ tel que 2γ − C ≤ −β, on dispose de α > 0 tel que :

q(x) ≤ α =⇒ −|x|2 + 2b(x, f (x) − Ax) ≤ −βq(x)

Pour r > 0, on note Er l’ellipsoïde {x, q(x) < r}. Ainsi, si x ∈ Eα , le système y(0) = x, y ′ = f (y)
reste dans Eα : en effet, sinon il le quitterait à un t0 minimal, on aurait alors q(y(t0 )) = α, donc
q(y)′ (t0 ) ≤ −βq(y)(t0 ) < 0, ce qui montrerait que q(y) décroît autour de t0 , ce qui est absurde car
t0 est le premier instant à quitter Eα . Ainsi, par le lemme de sortie des compacts, y est définie sur
R+ . On a même :
q(y)′ ≤ −βq(y) i.e. q(y(t)) ≤ q(x)e−βt
Ce qui assure la stabilité asymptotique de 0.

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2.7 Moyen & semi-classique : une condition suffisante d’existence de solu-


tion de l’équation de Burgers
Référence : Di Menza, p82 Recasages : 214, 222, 267.

Énoncé : Soit u0 : R → R une fonction de classe C 1 . On définit


si u0 est croissante
(
⋆ ∞
T = inf −1
= −1
sinon
u′0 inf u′0

Alors le problème (
∂t u + u∂x u = 0 x ∈ R t ∈ R+
u(x, 0) = u0 (x) x ∈ R
admet une unique solution de classe C 1 sur R × [0, T ⋆ [.

Preuve : On procède par analyse-synthèse.


Analyse : Supposons u solution de l’énoncé, avec T ⋆ ̸= 0 (pour éviter les trivialités). On utilise la
méthode des caractéristiques. Soit, pour ξ ∈ R, Cξ := {(x(t), t), x′ (t) = u(x(t), t) et x(0) = ξ}, qui
est bien une courbe par unicité du théorème de Cauchy-Lipschitz. Alors, la fonction f (t) = u(x(t), t)
reste constante sur Cξ : en effet, on a :
d
u(x(t), t) = ∂t u(x(t), t) + x′ (t)∂x u(x(t), t) = 0
dt
Donc, pour (t, x(t)) ∈ Cξ , on a : x′ (t) = u(x(t), t) = u0 (ξ). Cette équation s’intègre en t, et donne :
x(t) = u0 (ξ)t + ξ.
À présent, on fixe (x, t) ∈ R × [0, T ⋆ [, et on cherche ξ tel que (x, t) ∈ Cξ . Cela est équivalent à
x = u0 (ξ)t + ξ, où encore à :
F (x, t, ξ) = 0 où F (x, t, ξ) = u0 (ξ)t + ξ − x

Synthèse : On commence par montrer qu’avec ce choix de T ⋆ , pour x ∈ R et t < T ⋆ , on a :


∃!ξ ∈ R, F (x, t, ξ) = 0
On a : ∂ξ F (x, t, ξ) = u′0 (ξ)t + 1 ≥ 1 + inf(u′0 )t. Or si t < T ⋆ , on dispose de α > 0 tel que
1 + inf(u′0 )t = α, et alors l’existence vient du fait que F (x, t, ξ) tend vers l’infini à l’infini, et l’uni-
cité de l’égalité des accroissements finis.
On note ensuite ξ(x, t) un tel ξ, et on montre que (x, t) 7→ ξ(x, t) est de classe C 1 .
En effet, l’application φ : (x, t, ξ) 7→ (x, t, F (x, t, ξ)) est de différentielle inversible, donc par le
théorème d’inversion locale, c’est un C 1 -difféomorphisme local. Ainsi, (x, t) 7→ ξ(x, t) est locale-
ment de classe C 1 (elle coïncide localement avec (x, t) 7→ (φ−1 (x, t, 0))3 ) ; comme être de classe C 1
est une notion locale, cela prouve bien que ξ est de classe C 1 .
Alors la fonction u : (x, t) 7→ u0 (ξ(x, t)) sera solution de l’EDP : en effet, par dérivation des fonctions
implicites :
∂x F (x, t, ξ(x, t)) + (∂x ξ(x, t))∂ξ F (x, t, ξ(x, t)) = 0
∂x F (x, t, ξ(x, t)) −1
donc : ∂x ξ(x, t) = − = ′
∂ξ F (x, t, ξ(x, t)) u0 (ξ(x, t))t + 1
u0 (ξ(x, t))
et ∂t ξ(x, t) = ′
u0 (ξ(x, t))t + 1
Donc on a :
∂t ξ + u0 (ξ)∂x ξ = 0
ce qui conclut (en multipliant par u′0 (ξ(x, t))).

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2.8 Facile & original : un système dynamique discret et son analogue continu :
méthode d’Euler pour éq de réaction
(haut) Référence : Cassini, Analyse 1 Recasages : 220, 223, 226

Énoncé : Soit f : R → R de classe C 1 telle que f (0) = f (1) = 0 pour x ∈]0, 1[, −x < f (x) < 0,
et f ′ (0) ∈] − 1, 0[. Alors :
• Soit x la solution de x′ = f (x) et x(0) = x0 ∈]0, 1[. Pour n assez grand, le temps d’atteinte tn
de n1 est bien défini, et :
log n
tn ∼ − ′
f (0)
• Soit (xn ) définie par x0 ∈]0, 1[ et xn+1 − xn = f (xn ). Le premier instant φ(n) ∈ N vérifiant
xφ(n)+1 ≤ n1 satisfait :
− log n
φ(n) ∼ −
log(1 + f ′ (0))
On fait continu/discret de chaque côté pour éviter de s’embrouiller, mais les deux se ressemblent
beaucoup.
Continu : Soit x0 ∈ [0, 1]. Par Cauchy-Lipschitz, on a existence d’une solution autour de t = 0 ; de
plus, par unicité dans Cauchy-Lipschitz, x ne peut prendre la valeur 0 ou 1. Ainsi, par le théorème
des valeurs intermédiaires, on en déduit que x est à valeurs dans ]0, 1[ ; ensuite, comme f est néga-
tive, x est décroissante. Si x n’était pas définie sur R, mais seulement sur ]a, b[, avec b < ∞, alors,
par décroissance, x aurait une limite en b, qui serait donc dans [0, 1] : on pourrait alors prolonger
x en b (ce prolongement serait de classe C 1 par limite de la dérivée, et vérifierait l’EDO), ce qui
contredirait la maximalité. Ainsi x est globale.

x est décroissante minorée, elle converge. De plus, par continuité de f , sa limite ℓ vérifie x′ (t) −→
f (ℓ). Si f (ℓ) ̸= 0, alors on a, par intégration des équivalents : x(t) ∼ f (ℓ)t, ce qui est absurde car
x est bornée. Ainsi, ℓ = 0 (le cas ℓ = 1 étant exclu car x est décroissante). Ainsi, les tn sont bien
définis pour n assez grands.


Comme x(t) −→ 0, on a : f (x(t)) ∼ f ′ (0)x(t). Ainsi, xx(t) (t)
∼ f ′ (0) (on utilise ici la non-nullité
de f ′ (0) !). Comme la fonction t 7→ f ′ (0) n’est pas intégrable, on en déduit, par intégration des
équivalents : log(x(t)) ∼ f ′ (0)t.
On a tn −→ 0, par décroissance de x ; ainsi, on en déduit : − log n ∼ f ′ (0)tn , i.e. :
log n
tn ∼ − ′
f (0)
Discret : La condition −x < f (x) < 0 assure la bonne définition de (xn ). La suite est alors dé-
croissante minorée, et elle converge. Par continuité, on a f (ℓ) = 0 donc ℓ = 0 : ainsi, φ(n) est bien
définie, et φ(n) −→ ∞. On a aussi f (xn ) ∼ f ′ (0)xn , donc, comme f ′ (0) ̸= −1 : xxn+1
n
≃ 1 + f ′ (0),
d’où :
log(xn+1 ) − log(xn ) ∼ log(1 + f ′ (0)) ̸= 0
Par sommation des équivalents, on en déduit : log(xm ) ∼ m log(1 + f ′ (0)). Or on a :
log(xφ(n) ) ≤ − log n < log(xφ(n)−1 )
Comme les deux termes latéraux sont équivalents à φ(n) log(1 + f ′ (0)), celui du milieu aussi, d’où :
− log n
φ(n) ∼ −
log(1 + f ′ (0))

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Remarque : Considérons l’exemple de f (x) = ηx(1 − x), où 0 < η < 1. On obtient alors f ′ (0) =
η. En particulier, si l’on cherche à approcher le modèle f (x) = x(1 − x), l’approximation du schéma
d’Euler sera de moins en moins bonne à mesure que η augmente.

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2.9 Facile & original : indécomposabilité de la loi de Poisson par les séries
entières
(haut) Référence : Queffelec, Analyse complexe
Recasages : 241, 243, 245, 261, 264, 266.

Énoncé : Soit Z une variable aléatoire suivant une loi de Poisson de paramètre λ, soient X et Y
deux variables indépendantes à valeurs dans N telles que X + Y = Z ; alors X et Y suivent des lois
de Poisson.

Preuve : Soit GZ la série génératrice de Z. On a GZ = eλ(s−1) pour tout s ∈ C. Alors : GZ =


GX × GY . De plus, par définition, GX et GY se développent en série entière, et les coeffs sont po-
n
sitifs. On a en fait : P (X = n) P (Y = 0) ≤ P (Z = n) = e−λ λn! : pour n = 0, on a P (Z = 0) =
P (X = 0) P (Y = 0) ̸= 0, donc P (Y = 0) ̸= 0 ; donc GX (et GY , de la même manière) sont des
séries entières de rayon de convergence infini : ce sont des fonctions entières.

De plus, GX et GY ne s’annulent pas, donc elles s’écrivent ef et eg . On a alors f + g = λ(s − 1)


(car f + g − λ(s − 1) est une fonction continue à valeurs dans 2iπZ, donc constante ; comme GX
et GY sont positives sur R+ , on peut supposer f (x) ∈ R pour x ∈ R ; ainsi, f (x) + g(x) ∈ R pour
x ≥ 0). De plus, comme X ≤ Z :
   
eRe(f (s)) = |E sX | ≤ E |s|Z = eλ(|s|−1)

Dès lors, ℜ(f (s)) ≤ λ(|s| − 1) ≤ λ|s|. La même inégalité étant vraie pour g, on en déduit :

|ℜ(f (s))| ≤ λ|s|

On peut montrer qu’alors f et g sont des polynômes de degré 1 : en fait on écrit


1 Z 2π
an r n + 0 = (f (reiθ ) + f (reiθ ))e−inθ dθ
2π 0
et ça conclut.

Remarque : La même prop est vraie pour la loi gaussienne, la preuve se généralise (la difficulté
étant dans le fait de montrer que les fonctions caractéristiques sont entières).

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2.10 Moyen+ & original : calcul de la somme quadratique de Gauss par


transformée de Fourier
(haut) Référence : Hindry ou Zuily-Queffelec Recasages : 236, 239, 241, 246

Énoncé : On calcule
2
ζx
X
τn =
x∈Z/nZ

(où ζ = exp( 2iπ


n
)) On trouve :
1 + i−n √
τn = n
1 + i−1

Preuve : Soit n ∈ N∗ . On pose, pour t ∈ [0, 1[ :


n−1
!
X 2iπ(t + k)2
f (t) = exp
k=0 n

Alors τn = f (0), qu’on cherche à calculer.


 2
  2

Soit In = −∞∞
exp 2iπt A
exp 2iπt dt. Alors par un changement de variable
R R
n
dt := limA→∞ −A n √
t = u, et une IPP, In est bien défini. De plus, on vérifie In = nI1 .
2

Pour calculer f (0), on prolonge f en une fonction 1-péridodique, de classe C ∞ par morceaux (donc,
a fortiori, C 1 par morceaux), et, on peut appliquer le théorème de Dirichlet. On a donc :
j Z 1
f (0) + f (1)
f (t)e−2iπmt dt −→
X
= f (0)
m=−j 0 j→∞ 2

Mais on trouve aussi, en calculant la somme en séparant les cas m pair et m impair :
j n−1
XZ 1 2iπ(t+k)2
e−2iπmt dt −→ (1 + i−n )In
X
e n
j→∞
m=−j k=0 0

On en déduit le résultat.

Remarques : Une autre manière de faire ce calcul de manière √ algébrique (cf dev alg).
Plein de conséquences : Kronecker-Weber quadratique (Q( n) ⊂ Q(ζ8n )) ; loi de réciprocité qua-
dratique (un peu de travail), on a aussi fait le calcul (non trivial !) de l’intégrale de Fresnel I1 .

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2.11 Moyen & classique : Extrema liés, applications


Recasages : 159, 214, 215, 219

Énoncé : Soit V un ouvert de Rn , a ∈ U , f, g1 , . . . , gr des fonctions de classe C 1 telles que


(dg1 (a), . . . , dgr (a)) est une famille libre. Soit Γ le sous-ensemble de V donné par Γ = {x ∈
U, gi (x) = 0∀i}. Alors si f admet un extremum sur Γ, il existe (des uniques) λ1 , . . . , λr ∈ R tels
que : X
df (a) = λi dgi (a)
On en déduit le théorème spectral.

Preuve : On commence par montrer :


lemme : Il existe un ouvert U ∋ a inclus dans V et un difféo Φ : U → Φ(U ) ⊂ Rn tel que

Φ(U ∩ Γ) = Φ(U ) × (0p × Rn−p )

preuve : Comme la famille (da g1 , . . . , da gp ) est libre, on dispose de φp+1 , . . . , φn telle que (da g1 , . . . , da gp , φp+1 , .
soit une base de (Rn )∗ . On pose alors :

Φ : x 7−→ (g1 (x), . . . , gp (x), φp+1 (x), . . . , φn (x))

Alors ce qui précède donne que da Φ est injective, donc inversible ; ainsi, comme Φ est de classe C 1 ,
on dispose d’un ouvert U ∋ a tel que Φ : U → Φ(U ) soit un difféo, et ce par le théorème d’inversion
locale.
Alors, si x ∈ U , on a x ∈ Γ ⇐⇒ Φ(x) ∈ 0p × Rn−p .

Une conséquence, c’est que les chemins autour de a dans Γ correspondent, par composition par Φ
aux chemins autour de Φ(a) dans 0p × Rn−p : en particulier, en notant Ta Γ les dérivées en 0 des
chemins sur Γ autour de a, on a :

∀v ∈ Rn , v ∈ Ta Γ ⇐⇒ da Φ · v ∈ 0p × Rn−p

Ainsi, Ta Γ est un espace vectoriel de dimension n − p, et on a même :


p
\
Ta Γ = ker(da gi )
i=1

Soit f une fonction comme dans l’énoncé ; si γ est un chemin tracé sur Γ autour de a, alors f ◦ γ a

un extremum local en a : on a donc (f ◦ γ)′ (0) = 0, i.e. :

Ta Γ ⊂ ker(df )

On a donc, en terme d’orthogonalité de formes linéaires :


p
ker(da gi ) = (Vect(da gi ))⊥ ⊂ f ⊥
\

i=1

Ceci prouve, par propriétés de l’orthogonal :

Vect(f ) ⊂ Vect(da gi )

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et cela conclut.

Considérons un espace euclidien (de dim finie), et u une application symétrique ; alors f (x) =
⟨u(x), x⟩ admet un maximum global sur le compact Γ = {⟨x, x⟩ − 1} : en ce point x, on dispose de
λ tel que ∇x f = λ(2x). Or, comme u est symétrique, ∇x f = 2u(x) ; ainsi, on vient de prouver que
u avait une valeur propre.
On note F = Vect(x) : alors F est u-stable, donc F ⊥ est u-stable (car u est symétrique). Ainsi, par
récurrence sur la dimension, u est diagonalisable en base orthonormée.

Rq : Une autre propriété sympa (en plus de pleins d’inégalités classiques) : soit g : Rn → R de
classe C 1 telle que Γ = g −1 (0) soit borné, et da g est non nul pour tout a ∈ Γ. Alors tout hyperplan
de Rn se réalise comme plan tangent à Γ en un point.

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2.12 Moyen & classique : théorème d’Ascoli, une application pour un mi-
cro Sobolev-Reilich-Kondrachov
Recasages :

• 201 Espaces de fonctions. Exemples et applications.


• 203 Utilisation de la notion de compacité.
• 205 Espaces complets. Exemples et applications.
• 241 Suites et séries de fonctions. Exemples et contre-exemples.

Énoncé : On montre que, si (K, dK ) est un compact, et (F, dF ) est un espace complet, alors pour
A une partie de C 0 (K, F ), si :

(i) ∀x ∈ K, A(x) = {f (x), f ∈ A} est relativement compacte dans F .


(ii) A est équi-continue (i.e. : ∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀x, y ∈ K, dK (x, y) < δ =⇒ ∀f ∈ A, dF (f (x), f (y)) <
ε))

alors A est relativement compacte dans C 0 (K, F ).


Application : une injection "Sobolev" : l’injection H 1 (]0, 1[) ,→ C 0 ([0, 1]) est bien définie, continue
et compacte (par Ascoli). On en déduit que H 1 ,→ L2 est compacte.

Preuve : On considère une suite de fonctions (fn ) dans A, et on lui cherche une valeur d’adhé-
rence. Voilà un résumé de la preuve :

• On montre que X est séparable.


• Étant donnée (xm ) dense dans X, on extrait (fφ(n) ) de (fn ) telle que ∀m ≥ 0, fφ(n) (xm ) −→
f (xm ) pour n → ∞ et f une fonction.
• On montre que f se prolonge à X tout entier.
• On montre que fφ(n) → f uniformément sur X.

• Si N ≥ 1, par compacité de X on peut recouvrir X par un nombre fini de boules de rayon 1


N
:
(N ) (N )
ainsi on dispose de (yM )M . Alors (yM )N,M est une partie dénombrable dense dans X.
• Soit donc (xm )m≥0 dense dans X. Par (ii), pour tout m ≥ 0, on dispose de φm extractrice
telle que fφm (n) (xm ) converge (quand n → ∞). On pose alors φ(n) = φn ◦ . . . ◦ φ0 (n). Cette
extractrice convient.
• On a ainsi défini f : D → F , où D = {xm , m ∈ N}. Soit ε > 0, et α > 0 correspondant dans
(ii). Alors :
∀x, x′ ∈ D, ∀n ≥ 0, dX (x, x′ ) < α =⇒ dF (fφ(n) (x), fφ(n) (x′ )) < ε
Ainsi, on a, en passant à la limite :
∀x, x′ ∈ D, ∀n ≥ 0, dX (x, x′ ) < α =⇒ dF (f (x), f (x′ )) ≤ ε
Comme ε a été choisi arbitrairement, cela prouve que f est uniformément continue. Comme
F est complet et D est dense, on sait que f se prolonge de manière unique en une fonction
uniformément continue sur X tout entier, que l’on notera encore f .

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• Soit ε > 0, soit α > 0 associé dans (ii). On recouvre X par un nombre fini de boules de
rayon α2 ; dans chaque boule B, il y a au moins un xm car cette suite est dense. On a alors :
B ⊂ B(xm , α). Ainsi, on a, pour un N , pour des indices i1 , . . . , iN :

X = ∪N
j=1 B(xij , α)

On sait que ∀j ≤ N, fφ(n) (xij ) −→ f (xi,j ). Soit n0 tel que pour n ≥ n0 , on a :

∀j ≤ N, dF (fφ(n) (xij ), f (xij )) ≤ ε

Alors, pour n ≥ n0 , on a :

∀x ∈ X, dF (fφ(n) (x), f (x)) ≤ 3ε

en effet, si x ∈ X, on dispose de ij tel que d(x, xij ) ≤ α, et on conclut par inég. tri.

Pour l’application, il suffit de vérifier que l’image de la boule unité de H 1 dans C 0 est relativement
compacte ; en effet, la condition i) est automatique
q par continuité de H 1 ,→ C 0 , et la ii) est une
conséquence de |u(x) − u(y)| ≤ ∥u′ ∥L2 |y − x|, qui vient de Cauchy-Schwarz.

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2.13 Facile & classique : Théorème de Lax-Milgram, une application


Référence : Di Menza p137, et Bernis pour l’application. Recasage : 205, 208, 213, 222.

Bagage :

• Représentation de Riesz.

• Inégalité de Poincaré dans ]0, 1[ (peut se montrer à l’aide des séries de Fourier).

• D(]0, 1[) dense dans H01 (]0, 1[) (preuve par convolution).

Énoncé : Soit a une forme bilinéaire sur un espace de Hilbert. On suppose que a est continue et
coercive, au sens :
∃α > 0, ∀u ∈ H, a(u, u) ≥ α∥u∥2
Alors, si φ est une forme linéaire continue :

∃!u ∈ H, ∀v ∈ H, a(u, v) = φ(v)

Appli : Si α ∈ L∞ ([0, 1], R), avec α ≥ αmin pp, pour un αmin > 0, si f ∈ L2 ([0, 1], R) et si
β ∈ C 1 ([0, 1], R) vérifie β ′ ≤ 2, alors l’EDP :
(
(−αu′ )′ + βu′ + u = f
u(0) = u(1) =0

a une unique solution faible (dans H 1 (]0, 1[)).

Preuve : On commence par le théorème de Lax-Milgram. Si u ∈ H, alors par représentation de


Riesz, il existe un unique Au ∈ H tel que :

∀v ∈ H, a(u, v) = ⟨Au, v⟩

Cela définit donc une application A : H → H. Comme φ est continue, il existe un unique f ∈ H tel
que φ(v) = ⟨f, v⟩ pour tout v : alors la condition cherchée est équivalente à Av = f . Ainsi, il suffit
de montrer que A est bijectif.
D’abord, A est injectif : en effet, si Au = 0, alors a(u, u) = 0, donc u = 0 par coercivité. On a en
fait, par inégalité de Cauchy-Schwarz :

∥Au∥∥u∥ ≥ a(u, u) ≥ α∥u∥2

donc ∥Au∥ ≥ α∥u∥. De plus, l’opérateur A est continu : en effet,

∀u ∈ H, ∥Au∥2 = a(u, Au) ≤ ∥a∥∥u∥∥Au∥

donc A est continu, de norme ≤ ∥a∥.


On montre que AH est fermé (dans H) : si Aun −→ v, alors

∥Aup − Auq ∥ ≥ α∥up − uq ∥

ce qui prouve que, comme (Aun ) est de Cauchy, (un ) aussi, donc elle converge dans H vers un u∞ .
Alors Au∞ = v par continuité, donc v ∈ AH, et AH est fermé.
Pour terminer, on montre que (AH)⊥ = 0 : si w ∈ (AH)⊥ , alors a(w, w) = 0, donc w = 0. Ainsi,

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AH est fermé d’orthogonal nul, donc AH = H, et A est surjectif.


Ainsi, A est bijectif, ce qui conclut.

Pour l’application : on écrit la formulation faible du problème. Si v ∈ H01 (]0, 1[), alors :

⟨(−αu′ )′ + βu′ + u, v⟩ = ⟨αu′ , v ′ ⟩ + ⟨βu′ , v⟩ + ⟨u, v⟩

(les crochets sont des crochets L2 ).


On définit
H01 (]0, 1[)2 −→H01 (]0, 1[)
a:
(u, v) 7−→⟨αu′ , v ′ ⟩ + ⟨βu′ , v⟩ + ⟨u, v⟩

Alors, on vérifie que a est bilinéaire, et continue par définition de la norme H 1 . On vérifie enfin que
a est coercive : on a en effet, pour u ∈ D(]0, 1[) 10 :
Z 1
⟨βu′ , u⟩ = β(u′ u)
0
Z 1
u2 β′ 2
=− β′ (IPP) = −⟨ ,u ⟩
0 2 2
Dès lors, par continuité en u, cette identité est vraie pour u ∈ H01 (]0, 1[) (on utilise ici la densité de
C ∞ (]0, 1[) dans H01 (]0, 1[)). Or on a : −β ′ /2 ≥ −1, et donc, par positivité : ⟨βu′ , u⟩ ≥ −⟨u′ , u′ ⟩. On
en déduit :
∀u ∈ H01 (]0, 1[), a(u, u) ≥ ⟨αu′ , u′ ⟩ ≥ αmin ⟨u′ , u′ ⟩
Or, l’inégalité de Poincaré affirme qu’il existe C > 0 tq ⟨u′ , u′ ⟩ ≥ C∥u∥2 , ce qui achève de prouver
la coercivité.
Ainsi, le théorème de Lax-Milgram s’applique pour a et φ(v) = ⟨f, v⟩, et on conclut.

10. fonctions C ∞ à support compact

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2.14 Moyen & semi-original : Résolution d’une EDP par méthode varia-
tionnelle
Réf : Ciarlet ? Recasages : 213, 219, 222, 229, 253
On peut faire seulement le premier résultat, avec les deux trucs admis ça tient. Sinon il y a peut-être
des applications plus simples.

Énoncé : Si H est un espace de Hilbert séparable et J : H → R est continue, convexe, et coercive


(i.e. : J(x) −→ +∞), alors elle atteint son minimum.
∥x∥→∞
Puis on prouve le résultat suivant :
Si f ∈ L2 (0, 1), ϕ : R → R+ est strictement convexe et de classe C 1 , alors l’équation

−u′′ + ϕ′ (u) = f

a une solution u ∈ H01 (0, 1)∩H 2 (0, 1) (et on peut montrer qu’elle est unique mais c’est plus difficile).

Preuve : Soit une telle fonction J, et (xn ) une suite minimisante (i.e. J(xn ) −→ inf J). Comme
J est coercive, (xn ) est bornée (par l’absurde). Par un théorème d’analyse fonctionnelle, elle admet
une valeur d’adhérence faible 11 . On la note x⋆ . On(montre que J(x⋆ ) = inf J ; soient α = inf J et
α + ε si α > −∞
ε > 0. On définit Cε = J −1 (] − ∞, ℓε ]), avec ℓε = (je ne vois pas comment
− 1ε sinon
montrer α ̸= −∞ a priori...).
Alors Cε est un convexe (par convexité de J) et est un fermé (fort)(par continuité de J). De plus,
pour n assez grand, on a xn ∈ Cε ; par un corollaire de la projection sur convexe fermé 12 , on en
déduit que x⋆ ∈ Cε .
Cela étant vrai pour tout ε > 0, on en déduit que J(x⋆ ) = α, en particulier α ̸= −∞, et le minimum
est bien atteint.

Pour l’application à l’EDP : je pose


J : H01 (0, 1) −→ R
Z 1
u′2
u 7−→ ( + ϕ(u) − f u)
0 2
AlorsR J est convexe : en effet, u 7→ 0 + ϕ(u) est convexe par somme de telles fonctions, et
R 1 ′2
u
u 7→ 0 f u est linéaire, donc son opposé est convexe.
1

J est coercive car comme ϕ est positive, on a J(u) ≥ 12 ∥u′ ∥2L2 − ⟨f, u⟩L2 , qui tend vers +∞ quand
∥u∥H 1 → ∞ (parce que ∥u′ ∥L2 ≥ C∥u∥H 1 pour un C > 0 par l’inégalité de Poincaré).
Enfin, on montre que J est différentiable. Soit v ∈ H01 (0, 1) ; on a, par inégalité triangulaire et
inégalité des accroissements finis :

∥ϕ(u + v) − ϕ(u) − vϕ′ (u)∥∞ ≤ 2∥ϕ′ (u)∥∞ ∥v∥∞

Or ∥v∥∞ ≤ ∥v∥H 1 donc :


ϕ(u + v) − ϕ(u) − vϕ′ (u)
≤ 2∥ϕ′ (u)∥∞
∥v∥H 1 ∞

11. Pour montrer ça, on utilise la séparabilité de H, et l’extraction diagonale sur les (⟨xn , em ⟩)n∈N pour (em ) une
base hilbertienne
12. Pour le démontrer, notant p la projection, on a ∥x⋆ − p(x⋆ )∥2 = lim⟨x⋆ − p(x⋆ ), xn − p(x⋆ )⟩, et on conclut car
⟨x⋆ − p(x⋆ ), xn − p(x⋆ )⟩ ≤ 0 pour n assez grand (tel que xn ∈ Cε ) (faire un dessin)

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

De plus, on a, pour tout x tel que v(x) ̸= 0 :

ϕ((u + v)(x)) − ϕ(u(x)) − v(x)ϕ′ (u(x)) ϕ((u + v)(x)) − ϕ(u(x)) − v(x)ϕ′ (u(x))

∥v∥H 1 v(x)

Et cette quantité tend vers 0 quand ∥v∥∞ −→ 0. Ainsi, ce qui précède permet, de démontrer, par le
théorème de convergence dominée :
Z 1
ϕ(u + v) − ϕ(u) − vϕ′ (u)
−→ 0
0 ∥v∥H 1 ∥v∥H 1 →0

Ainsi, comme les deux autres membres sont quadratiques ou linéaires, on en déduit que J est diffé-
rentiable, et : Z 1
∀u, v ∈ H01 (0, 1), du J(v) = (u′ v ′ + ϕ′ (u)v − f v)
0

On peut conclure : comme J vérifie les hypothèses du résultat, elle admet un minimum u ∈ H01 (0, 1).
Celui-ci vérifie donc ∀v ∈ H01 (0, 1), du J(v) = 0, autrement dit :

−u′′ + ϕ′ (u) = f

On en déduit que u′′ ∈ L2 (car f ∈ L2 et ϕ′ (u) ∈ L∞ (0, 1) ⊂ L2 (0, 1)).

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2.15 Moyen & semi-original : Théorème de Bohr-Mollerup


Recasages : 229, 253, 265

Énoncé : On montre que Γ est l’unique fonction f :]0, ∞[→]0, ∞[ vérifiant :

• f (1) = 1.

• ∀x > 0, f (x + 1) = xf (x).

• f est log-convexe.

Application : formule de Legendre :

2x−1 x x+1
   
Γ(x) = √ Γ Γ
π 2 2

Preuve : Déjà, on vérifie que Γ vérifie ces trois propriétés : déjà, on a : Γ(1) = 0∞ e−t dt = 1 ;
R

ensuite, une ipp donne l’équation fonctionnelle. Enfin, on montre que Γ est log-convexe ; soit λ ∈
]0, 1[, x, y ∈]0, ∞[, on a :
Z ∞
dt
Γ(λx + (1 − λ)y) = tλx+(1−λ)y e−(λx+(1−λ)y)t
0 t
Z ∞ λ  1−λ dt
= tx e−xt ty e−yt
0 t
Z ∞ !λ Z !1−λ

x −x dt y −yt dt dt
≤ t e t e Hölder pour la mesure
0 t 0 t t
= Γ(x)λ Γ(y)1−λ

Ainsi, la fonction Γ vérifie bien les trois hypothèses. Soit f une fonction vérifiant les trois hypothèses.
On a alors, pour n entier naturel > 1, pour x ∈]0, ∞[, en appliquant l’inégalité des pentes à log(f )
entre [n − 1, n], [n, n + x] et [n, n + 1], on a :

log f (n) − log f (n − 1) log f (x + n) − log f (n) log f (n + 1) − log f (n)


≤ ≤
1 x 1
En utilisant les deux premières hypothèses, on a : ∀n > 0, f (n) = (n − 1)!. Ainsi, notre inéquation
devient :
(n − 1)x (n − 1)! nx (n − 1)!
Qn−1 ≤ f (x) ≤ Qn−1
k=0 (x + k) k=0 (x + k)

Les deux termes qui encadrent sont équivalents car nx ∼ (n − 1)x : ainsi, ils convergent tous deux
vers f (x). Mais ces termes ne dépendent pas de f , donc comme Γ vérifie aussi les hypothèses, ils
tendent aussi vers Γ. On a donc :
nx (n − 1)!
∀x ∈]0, 1], f (x) = Γ(x) = lim Qn−1
k=0 (x + k)
n−→∞

Par l’hypothèse 2, on en déduit immédiatement que f = Γ.

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

Pour l’application : notons f le terme de droite. f est log-convexe par produit de termes log-convexes.
De plus, on a :
Z ∞√
1 dx
 
Γ = xe−x
2 0 x
Z ∞
2 du √
= ue−u 2 = π
0 u
Ce qui prouve que f (1) = 1. Enfin, on a :
2x x+1 x
   
f (x + 1) = √ Γ Γ + 1 = f (x)
π 2 2

(car Γ vérifie la deuxième hypothèse). Cela conclut : par unicité, la formule de Legendre est montrée.

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2.16 Moyen & classique : théorème ergodique de Von Neumann


Référence : Beck, Malick, Peyré : objectif agrégation. Recasages : 205, 213, 226.

Énoncé : Soit H un espace de Hilbert, T un endomorphisme continu de H de norme ≤ 1. Soit p


le projecteur orthogonal sur ker(I − T ). Alors, quand n −→ ∞ :
n
1 X
∀x ∈ H, T k (x) −→ p(x)
n + 1 k=0

Application : si f ∈ L2per (R/Z) et si α ∈


/ Q, on a la convergence en norme L2 :

1 n−1
X Z 1
f (· + kα) −→ f (x)dx
n k=0 0

Preuve : Comme T est de norme ≤ 1, si x ̸= 0, par Cauchy-Schwarz, on a ⟨x, T x⟩ ≤ ∥x∥2 avec


égalité ssi T x = x. Ainsi :

T x = x ⇐⇒ ⟨T x, x⟩ = ∥x∥2 ⇐⇒ ⟨x, T ⋆ x⟩ = ∥x∥2 ⇐⇒ T ⋆ x = x

Où on a utilisé le fait que ∥T ⋆ ∥ ≤ 1 car il vaut ∥T ∥.


Ainsi, ker(I − T ) = ker(I − T ⋆ ) = ker((I − T )⋆ ). Or on a ker(u⋆ )⊥ = Imu pour u opérateur (en
effet, ker(u⋆ ) = (Imu)⊥ .). Ainsi, on a : ker(I − T )⊥ = Im(I − T ).
La convergence est vraie si x ∈ ker(T − I) car la suite est alors constante égale à p(x). Elle est vraie
si x ∈ Im(I − T ) : en effet, dans ce cas la somme se téléscope.

Soit x = p(x) + x⊥ ∈ H, et soit ε > 0. On dispose de y ∈ Im(I − T ) tel que ∥x⊥ − y∥ ≤ ε. Alors
on a, par linéarité, pour n ≥ 0 :
n n n
1 X k 1 X k 1 X
T (x) = p(x) + T (y) + (T k (x⊥ ) − T k (y))
n + 1 k=0 n + 1 k=0 n + 1 k=0

Or : ∥T k (x⊥ ) − T k (y)∥ ≤ ∥T k ∥ε ≤ ε. Soit N tel que pour n ≥ N , on ait ∥ n+1


1 Pn
k=0 T k (y)∥ ≤ ε.
Alors, pour n ≥ N , on a directement :
n
1 X
∥ T k (x) − p(x)∥ ≤ 2ε
n + 1 k=0

Ce qui conclut.

Pour l’application, on pose T f : x 7→ f (x + α). Alors le n-ème coeff de Fourier de T f vérifie :


cn (T f ) = e−2iπnα cn (f ) ; ainsi, si α ∈
/ Q, ker(I − T ) est l’espace des fonctions constantes pp. On en
déduit le résultat.

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2.17 Moyen & semi-classique : théorème de Müntz


Référence : Gourdon analyse (et Gourdon algèbre ou Cassini pour le déterminant de Cauchy) Reca-
sages : 152, 161, 201, 209, 213, 234.
Énoncé : Soit (αn ) une suite à termes positifs, strictement croissante, avec α0 = 0 et telle que
limn (αn ) > 1. Alors F = Vect(xαn ) est dense dans C 0 ([0, 1], R) ssi α1n diverge.
P

Commentaire : Il faut moduler le développement selon la leçon :

• pour les déterminants, insister sur la place de déterminants (de Gram, de Cauchy) (et éven-
tuellement seulement faire L2 ).

• pour les distances d’un euclidien, insister sur le fait que les déterminants nous permettent de
faire des calculs de distances (et éventuellement seulement faire L2 ).

• pour les espaces de fonctions/approx de fonctions, insister sur le passage L2 /C 0 , et comment


le gain de structure de L2 a été profitable.

Preuve : On commence par trouver une CNS pour que F soit dense dans L2 ([0, 1]).
Par le théorème de Weierstrass (polyomial), il suffit de montrer que pour m ≥ 0, notant Fn =
Vect(xα1 , . . . xαn ), on a :
d(xm , Fn ) n→∞
−→ 0
Or, par les déterminants de Gram, on a :

m 2 ∆(xα1 , . . . , xαn , xm )
d(x , Fn ) =
∆(xα1 , . . . , xαn )

⟨u1 , u1 ⟩ . . . ⟨u1 , uk ⟩
avec ∆(u1 , . . . , uk ) = .. ..
. . = det(⟨ui , uj ⟩).
⟨uk , u1 ⟩ . . . ⟨uk , uk ⟩
Or on a aussi, par déterminant de Cauchy : (à admettre éventuellement !) :
!
− ai )(bj − bi )
Q
1 i<j (aj
det = Q
ai + b j i,j (ai + bj )

Donc :
− αi )2
Q
α1 αn i<j (αj
∆(x , . . . , x ) = Q
i,j (αi + αj + 1)
et :
− αi )2 × i (m − αi )2
Q Q
α1 αn m i<j (αj
∆(x , . . . , x , x ) = Q
i,j (αi + αj + 1) × i (αi + m + 1) × (2m + 1)
2
Q

Donc : n n
1 |αi − m| 1 2m + 1
d(xm , Fn ) = √
Y Y
=√ 1−
2m + 1 i=1 αi + m + 1 2m + 1 i=1 αi + m + 1
et ce dernier terme tend vers 0 ssi α1n diverge.
P

En distinguant les cas (αn ) bornée et non bornée, on montre facilement le résultat pour L2 .

En général, on a Vect(xαn −1 ) dense dans L2 ; ainsi, si P est un polynôme, on prend g proche de P


dans ce vect, puis on prend la primitive h de g qui vaut P (0) en 0 (cela est possible car α0 = 0).
Alors h − P est uniformément petit par Cauchy-Schwarz (ou : Sobolev !). En résumé, on utilise la
suite d’injections : H 1 ,→ C 0 ,→ L2 .

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2.18 Moyen & original : Rolle et polynômes


Réf : Chambert-Loir Analyse 2.

Énoncé : Soit P = an X n + . . . + a0 et Q deux polynômes scindés sur R. Alors :

(i) Le polynôme R(X) = a0 Q(X) + a1 Q′ (X) + . . . + an Q(n) (X) est scindé sur R.
(ii) Si les racines de Q ne sont pas dans [0, deg(P )], alors T (X) = a0 Q(0) + a1 Q(1)X + . . . +
an Q(n)X n est scindé sur R.

Preuve

(i) Notant ∂ l’opérateur de dérivation, on a : R = [P (∂)](Q). Commençons par le cas P = X − α.


On doit montrer que si Q est scindé sur R, alors Q′ −αQ aussi. On a, notant f (x) = Q(x)e−αx :
f ′ (x) = e−αx (Q′ (x) − αQ(x))
Ainsi, les racines de Q′ − αQ sont exactement les zéros de la dérivée de Q(x)e−αx , et la mul-
tiplicité de Q′ − αQ est celle de f (en tant que fonction analytique) moins un.
FAIRE UN DESSIN DE LA PREUVE

Soit m le degré de Q, et λ1 < . . . < λk ses racines, avec multiplicités m1 , . . . , mk , avec


i=1 mi = m. Notons f (x) = Q(x)e . Alors f (mi ) (λi ) = 0 pour tout i, donc on a au moins
Pk −αx

les λi zéros de f ′ avec multiplicité au moins mi − 1, donc Q′ − αQ a au moins ki=1 (mi − 1) =


P

m − k zéros comptés avec multiplicité. Pour montrer que Q′ − αQ est scindé sur R, il suffit,
par degré, de trouver k autres racines.
On a f (λ1 ) = f (λ2 ) donc par le théorème de Rolle, il existe µ1 ∈]λ1 , λ2 [ tel que f ′ (µ1 ) = 0.
En reproduisant, on trouve ainsi k − 1 racines réelles.
On peut alors conclure de deux manières : la première, c’est que si S est un polynôme réel
ayant deg(S) − 1 racines réelles (comptées avec multiplicité), alors il est scindé sur R. La
seconde, c’est en appliquant le théorème de Rolle entre −∞ et λ1 (ou entre λn et +∞) selon
le signe de α.
Ainsi, on a que [(X − α)(∂)]Q est scindé lorsque Q est scindé. Comme P est scindé, on peut
écrire P = an α (X − α), et on a alors le résultat par récurrence sur n = deg(P ).
Q

(ii) Si Q(X) = X − α, on a :
n
(i − α)ai X i
X
T (X) =
i=0
= XP ′ (X) − αP (X)
Ainsi, si l’on note D l’application linéaire sur R[X] donnée par D(P ) = XP ′ , on a, pour
i ≥ 0 : D(X i ) = iX i , et donc, si Q(X) = m k=0 bk X , on en déduit :
k
P

n
ai Q(i)X i
X
T (X) =
i=0
n X
m
ai bk ik X i
X
=
i=0 k=0
n X
m
ai bk Dk (X i )
X
=
i=0 k=0
= Q(D)(P )

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Développements agreg Benjamin Fleuriault

On est donc ramené au cas Q(X) = X − α, où α ∈


/ [0, n]. On a alors :

T (X) = XP ′ (X) − αP (X)

Notons ξ1 < . . . < ξl les racines de P , de multiplicités n1 , . . . , nl . Alors chaque ξj est racine
de T avec multiplicité nj − 1 (pas racine si mj = 1), ce qui donne donc n − l racines pour
T ; de plus, si 0 est racine de P , alors 0 est racine de T pour la même multiplicité : on en a
donc n − l + 1. Ainsi, pour conclure, il suffit donc d’exhiber l (ou l − 1 si P (0) = 0) racines
distinctes des ξj .
′ (x)
Si P (x) = 0, alors T (x) = 0 ⇐⇒ f (x) := xP P (x)
= α. Ainsi, on est amené à étudier la
fonction f . On a :
l
X nj
f (x) = x
j=1 x − ξj
l
!
X ξj
= nj 1+
j=1 x − ξj
l
X nj ξj
=n+
j=1 x − ξj

Ainsi :
l
X nj ξj
f (x) = α ⇐⇒ g(x) := + (n − α) = 0
j=1 x − ξj

La fonction g est continue sur R\{ξj }, elle tend vers n − α en les deux infinis, et elle vérifie
DESSIN :
si ξj > 0

 +∞

∀j, lim+ g(x) =  −∞ si ξj < 0 = − lim− g(x)
x→ξj 
n − α si ξj = 0 x→ξj

En dessinant le graphe de g, on trouve le bon nombre de racines, en allant les chercher autour
de 0 si α < 0, et autour de +∞ si n − α < 0. Cela permet de conclure.

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2.19 Difficile & semi : Théorème taubérien de Littlewood


Référence : Choimet & Queffélec, Gourdon analyse.
Long : il faut admettre le :
Lemme admis : Si φ : [0, 1] → C est une fonction continue par morceaux, alors :
∞ Z 1
xn φ(xn ) −→−
X
(1 − x) φ
x→1 0
n=0

Énoncé : Soit (an ) une suite réelle telle que (nan ) est bornée. On suppose

an xn −→− ℓ
X
x→1
k=0

alors an converge et
P P∞
n=0 an = ℓ.

Preuve : On note E l’ensemble des fonctions φ : [0, 1] → R telles que an xn converge pour tout
P

x ∈ [0, 1[ et ∞ n
n=0 an x −→
P

ℓφ(1).
x→1
Alors E contient les fonctions polynomiales nulles en 0 : en effet, on vérifie que pour p ≥ 1, x 7→
xp ∈ E, et on conclut par linéarité.
On note SN = N n=0 an , et g la fonction indicatrice de [e , 1]. Alors :
−1
P


an g(xnN )
X
SN =
n=0
1
où g est la fonction indicatrice de [e−1 , 1] (dessin), et xN = e− N . Alors, si l’on montre que g ∈ E,
on aura : ∞
an g(xnN ) = ℓg(1) = ℓ
X
lim
N →∞
n=0
ce qui concluera (le premier terme étant exactement lim SN ).
On cherche à approcher g par un polynôme ; on veut( que, tout comme g, une approx fixe 0 et 1. On
1
− 1−x si x < e−1
pose donc : g(x) = x + x(1 − x)h(x) avec h(x) = 1
x
si x ≥ e−1
Pour un polynôme P (x) = x + x(1 − x)Q(x), avec Q un autre polynôme, on a :
∞ ∞
|an ||g(xn ) − P (xn )| = |an |xn (1 − xn )|h(xn ) − Q(xn )|
X X

n=0 n=0

|nan |(1 − x)xn |h(xn ) − Q(xn )|
X

n=0

(en vertu de l’inégalité 1 − xn ≤ n(1 − x) 13 ) Comme (nan ) est bornée, on dispose de C > 0 tel que
|nan | ≤ C pour tout n. On a donc :
∞ ∞
|an ||g(xn ) − P (xn )| ≤ C lim sup(1 − x) xn |h(xn ) − Q(xn )|
X X
lim sup
x→1 n=0 x→1 n=0

Rappelons le lemme, et concluons le théorème : soit ε > 0, soit Q un polynôme tel que
R1
0 |Q−h| ≤ ε.
Un tel polynôme existe par densité des polynômes dans L1 ([0, 1]). Alors :

|an ||g(xn ) − P (xn )| ≤ Cε
X
lim sup
x→1 n=0

13. par formule de Bernoulli, ou par convexité de x 7→ xn

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Donc pour un certain η > 1, on a :


∞ ∞
an g(xn ) − an Q(xn ) ≤ 2Cε
X X
∀x ∈ [1 − η, 1[,
n=0 n=0

Or Q ∈ E donc pour x ≥ 1 − η ′ (avec η ′ > η relatif à Q), on a :



an g(xn ) − ℓ ≤ (2C + 1)ε
X
∀x ∈ [1 − η, 1[,
n=0

ce qui montre bien g ∈ E, cqfd.

Pour le lemme : il suffit, comme dans la preuve de la convergence des sommes de Riemann, de le
faire pour les fonctions indicatrices d’intervalles ; en l’occurence, ici, les 1[0,b] (0 < b < 1) suffisent.
On a alors, pour x ∈]0, 1[ (attention, log(x) < 0 ! !) :
∞ ∞ log b
n n
xn (1 − x) = x⌊ log x ⌋+1 −→ b
X X
x (1 − x)1[0,b] (x ) =
n=0 log b
n=⌊ log ⌋+1
x

Remarque : L’énoncé est faux sans hypothèse sur (an ) : prendre an = (−1)n pour s’en rendre
compte.

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2.20 Moyen & semi-classique : Étude des zéros de l’EDO de Sturm-Liouville.


Référence : Berthelin, chapitre 8, avec le dernier exercice pour la fin.
Recasages : 204, 220, 221, 228

Énoncé : Soient I un intervalle d’intérieur non vide de R, et les fonctions x et y non nulles,
solutions des équations différentielles linéaires :
(
(a(t)x′ )′ +r(t)x = 0
(b(t)y ′ )′ +s(t)y = 0

avec a, b de classe C 1 sur I, et r et s continues. On suppose que r ≤ s, et 0 < b ≤ a sur I. Alors :

• Les zéros de x sont isolés dans I.

• Si t1 < t2 sont deux zéros consécutifs de x, et si x et y ne sont pas proportionnelles sur ]t1 , t2 [,
alors y a au moins un zéro sur ]t1 , t2 [.

Application : Soit y solution de y ′′ + ty = 0 sur R. Alors y a au plus un zéro sur R− , et en a une


infinité sur ]0, ∞[. De plus, notant an le nombre de zéros de y sur ]0, n[, on a :
2 3/2
an ∼ n

Preuve : On commence par montrer que les zéros de x sont isolés. Supposons qu’il existe une suite
(tn ) de zéros de x telle que tn −→ t∞ . Alors par continuité, x(tn ) −→ x(t∞ ), donc x(t∞ ) = 0. On a
de plus :
x(t∞ ) − x(tn )
0= −→ x′ (t∞ )
t∞ − tn
ainsi, on a x(t∞ ) = x′ (t∞ ) = 0 : par le théorème de Cauchy-Lipschitz, x = 0 : absurde.

Passons au deuxième point. On suppose que y ne s’annule pas sur ]t1 , t2 [. Soit W une variante du
wronskien, "normalisé", défini sur ]t1 , t2 [ :
x
W = (ax′ y − bxy ′ )
y
On a alors :
x x′ y − xy ′
W′ = ((ax′ )′ y + ax′ y ′ − (by ′ )′ x − by ′ x′ ) + (ax′ y − bxy ′ )
y y2
x bxx′ y ′ bxx′ y ′ bx2 y ′2
= (−sxy + ax′ y ′ + rxy − by ′ x′ ) + ax′2 − − +
y y y y2
b
= x2 (s − r) + 2 ((xy ′ )2 − 2xx′ yy ′ + (x′ y)2 ) + (a − b)(x′ )2
y
b
= x2 (s − r) + 2 (xy ′ − x′ y)2 + (a − b)(x′ )2
y
On a donc, pour ε > 0 petit :
Z t2 −ε Z t2 −ε Z t2 −ε
b ′ ′ 2
W (t2 − ε) − W (t1 + ε) = 2
x (s − r)dt + 2
(xy − x y) dt + (a − b)(x′ )2 dt
t1 +ε t1 +ε y t1 +ε

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Les deux termes latéraux tendent vers les intégrales sur ]t1 , t2 [ : de plus W (t1 + ε) −→ 0 : en effet,
si y(t1 ) ̸= 0, c’est bon ; sinon, on a y ′ (t1 ) ̸= 0 par Cauchy-Lipschitz, et alors :

x(t1 + ε) x′ (t1 )
∼ ′
y(t1 + ε) y (t1 )

ce qui permet de conclure ; on fait de même en t2 .


Ainsi, tt12+ε (xy ′ − x′ y)2 dt admet une limite quand ε → 0 ; par convergence monotone, on en
R −ε b
y2
déduit que l’intégrande yb2 (xy ′ − x′ y)2 est intégrable, et on a :
Z t2 Z t2 Z t2
b ′ ′ 2
0= x2 (s − r)dt + (xy − x y) dt + (a − b)(x′ )2 dt
t1 t1 y2 t1

Dès lors, par positivité :


xy ′ = x′ y pp
ce qui implique que x et y sont proportionnelles sur ]t1 , t2 [.

Pour l’application : si y admet deux zéros négatifs t1 < t2 ≤ 0. On prend alors a = b = 1, et r(t) = t
et s(t) = 0 sur ] − ∞, 0] : cela nous dit que toute solution z de z ′′ = 0 a au moins un zéro sur ]t1 , t2 [ :
absurde en prenant z = 1.
En prenant a = b = 1, r(t) = 1 et s(t) = t, on a au moins un zéro sur chaque intervalle ]kπ, (k+1)π[
sur [1, ∞[, d’où l’infinité de zéros. De plus, en écrivant : ∀t√∈ [n, n + 1], n ≤ t ≤ n + 1, on a, notant
bn le nombre de zéros de z ′′ + nz = 0, z(n) = 0, z ′ (n) = n sur [n, n + 1] :

bn ≤ an+1 − an ≤ bn+1

Or le z précédent vaut z(t) = sin( n(t − n)), donc ses zéros sont les n + k √πn : ainsi :

n 1
bn = ⌊ ⌋ ∼ n1/2
π π
Donc on a :
1 1/2
an+1 − an ∼ n
π
Or on a, par sommes de Riemann :
n−1
1 2n3/2
k 1/2 ∼ n1+1/2 =
X

k=0 1 + 1/2 3

Et donc, par sommation des équivalents, licite, car le terme est positif non sommable :
2 3/2
an ∼ n

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3 Probabilités

3.1 Moyen & original : nombre de cycles par les restaurants chinois
(haut) Recasages : 101, 105, 190, 262, 264, 266.

Énoncé : Soit, pour n ∈ N, Σn une variable aléatoire de loi uniforme sur Sn , et Cn le nombre de
cycles de Σn . Alors :
Cn 1 1
−→ 1 p.s. et L2 (Hn = 1 + + ... + )
Hn 2 n

Remarque : On a même : n −Hn


K√
Hn
−→ N (0, 1) en loi.

Preuve : On construit un algorithme pour simuler une loi uniforme sur Sn . Pour cela, on a une
bijection ensembliste :

Sn × J1, n + 1K → Sn+1
si j ∈

σ(j)

 / {k, n + 1}
(σ, k) 7→ σe : j 7→  n + 1 si j = k

σ(k) si j = n + 1

En effet, pour le voir il suffit de dire que, pour construire une permutation de J1, n + 1K, il suffit de
prendre une permutation de J1, nK et de choisir un "voisin" k de n + 1, où n + 1 est son propre voisin
ssi il est fixe.
Ainsi, par récurrence sur n, on a une bijection f : J1, 1K × J1, 2K . . . × J1, nK ≃ Sn , tel que le nombre
de cycles de f (k1 , . . . , kn ) est donné par le nombre de i tels que ki = i. Ainsi, si (Ki ) est une suite de
variables indépendantes telles que Ki suit la loi uniforme sur J1, iK, on a que Σn = f (K1 , . . . , Kn )
suit une loi uniforme sur Sn .
Ainsi, Cn = ni=1 Ki . On a donc E (Cn ) = Hn , et :
P

n
Cn 1 X 1 1 1
Var( )= 2 (1 − ) ≤ −→ 0
Hn Hn i=1 i i Hn

ce qui montre la convergence L2 . De plus, par l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, si ε > 0 :

Cn 1
 
P −1 >ε ≤
Hn Hn ε2

Ce qui montre la convergence en probas (cohérent, car cv L2 ). On voudrait appliquer Borel-Cantelli,


mais ce n’est pas possible, car le terme de droite n’est pas sommable. Soit, pour i ≥ 0, ni = 2i ; alors
2

la somme i Hn1 ε2 est finie, car Hni ∼ log(2i ) = i2 log(2). Ainsi, par le théorème de Borel-Cantelli :
P 2

!!
Cni
∀ε > 0, P lim sup −1 >ε =0
i Hni

Or, en comparant les deux évènements :


! !
Cni Cni
lim sup − 1 > ε = lim sup −1 >ε
i Hni i Hni

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Ce qui donne :
Cni
∀ε > 0, ps, lim sup −1 ≤ε
i Hni
On veut faire un échange ∀ε ←→ ps, pour cela il suffit de se ramener à un ensemble dénombrable
sur ε, par exemple Q∩]0, +∞[. On a donc :

Cni
ps, ∀ε > 0 ∈ Q, lim sup −1 ≤ε
i Hni

Donc :
Cn i
−→ 1
Hni ps
Soit n ∈ N∗ , on dispose de i tel que ni ≤ n < ni+1 , et ce i tend vers l’infini avec n. De plus, on a
Cni ≤ Cn < Cni+1 (car l’algo montre que Cn ne peut que croître avec n). Cela donne :

Cn i Cn Cni+1
≤ <
Hni+1 Hn Hni
Hni+1 (i+1)2
Mais comme Hni
∼ i2
→ 1, les deux termes encadrant tendent ps vers 1 quand n → ∞ ; cela
montre bien :
Cn
−→ 1 p.s.
Hn

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3.2 Facile & classique : Borel-Cantelli, pas de mesure de probas "arithmé-


tique" sur N∗
(haut)
Référence : Zavidovique

Énoncé : On montre le lemme de Borel-Cantelli : si (An ) est une suite d’évènements, alors si
P (An ) < +∞, P (lim sup An ) = 0 ; et si P (An ) = ∞ et les (An ) sont indépendants, alors
P P

P (lim sup An ) = 1.
Ensuite, on considère l’ensemble Ω = N∗ , muni de sa tribu discrète. Il n’existe pas de probabilité P
telle que : ∀n ∈ N∗ , P (nN∗ ) = n1 .

Preuve : Soit (An ) une suite d’évènements telle que P (An ) < ∞. Par convergence monotone,
P

on sait : E ( 1An ) = P (An ) < ∞, donc 1An < ∞ ps : cela prouve que presque tout x est dans
P P P

un nombre fini de (An ), et donc : P (lim sup An ) = 0.

Soit (An ) une suite d’évènements indépendants telle que P (An ) = ∞. On montre que P (lim sup An ) =
P

1. On a : \ [
lim sup An = An
p≥0 n≥p

Donc par convergence décroissante, il suffit de montrer : ∀p ≥ 0, P (∪n≥p An ) = 1. Or on a :


   
[ \ Y
1 − P An  = P  An  = (1 − P (An ))
n≥p n≥p n≥p

le produit infini étant la limite des produits finis. On montre que ce dernier produit est nul : on a en
effet 1 − x ≤ e−x pour x ∈ R (par convexité de exp), d’où :
N PN
− P(An )
Y
(1 − P (An )) ≤ e n=p −→ 0
n=p N →∞

Donc : Y
(1 − P (An )) = 0
n≥p

ce qui conclut.

On démontre que, notant P l’ensemble des nombres premiers, on a :


X 1
=∞
p∈P p

Pour cela, pour N ≥ 1, on a (en vertu de l’égalité 1 + x + . . . = (1 − x)−1 :


n
(1 − p−1 )−1 ≤ p−i )
Y Y X
(
p∈P,p≤N p∈P,p≤N i=0

Or, dans le produit p∈P,p≤N ( p−i ), il apparaît au moins chaque nombre entre 1 et n, et ce par
Q Pn
i=0
factorialité de Z. Ainsi, on a :
n
Y
−1 −1
X 1
(1 − p ) ≥ −→ ∞
k=1 k
n→∞
p∈P,p≤N

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Comme 1
p
∼ − ln(1 − p−1 ), on en déduit la divergence de la somme.

Enfin, on montre l’énoncé ; soit P = {p1 , p2 , . . .} une énumération des nombres premiers, et, pour
n ≥ 1, An = pn Z. Supposons qu’une proba P satisfasse l’énoncé. Alors :
X
P (An ) = ∞
n

et les (An ) sont indépendants : en effet, si m ∈ Apn ∩ Apn′ , alors pn pn′ | m, donc m ∈ Apn pn′ . Dès
lors, par Borel-Cantelli, on a :
P (lim sup An ) = 1
Or m ∈ lim sup An revient à dire que m a une infinité de diviseurs premiers, donc lim sup An = ∅ :
on a l’absurdité cherchée.

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4 Abandonnés

4.1 Moyen & classique : Inégalités de Kolmogorov


(haut) Référence : Gourdon, Analyse

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4.2 Moyen & original : Calculs avec les fonctions multiplicatives


Énoncé : On définit les fonctions L de fonctions multiplicatives. On montre : L(f ⋆ g, s) =
L(f, s)L(g, s). On en déduit l’égalité :

X φ(n) ζ(s − 1)
s
=
n=1 n ζ(s)

(un peu court...).

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4.3 Moyen & classique : critère d’équirépartition de Weyl


(haut)
Référence : Cassini Analyse (2 ?)

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4.4 Facile & semi-classique : Linéarisation d’une EDO


(haut)
Référence : Rouvière (chap 3)

Énoncé : Soit a ∈]0, π[, on considère l’équation du pendule sans vitesse initiale et d’angle initial
a:
′′

 x (t) = − sin(x(t))

x(0) =a
 ′

x (0) =0
On montre que ce problème a un une unique solution définie sur R (contrairement à dans le livre,
mais enfin bon...). Soit y le système linéarisé correspondant, on a :

a3
∀t ∈ R, |x(t) − y(t)| ≤ |t|
6

Remarque : Si trop court, regarder l’exo suivant sur Liapounov.

4.5 Facile & classique : calcul d’une intégrale d’une fraction rationnelle en
sin de deux manières
(haut) Référence : Queffelec, Analyse complexe

Énoncé : On a : Z 2π
dt
∀a ∈] − 1, 1[, =
0 1 + a sin(t)
Deux méthodes :

• Élémentaire : poser u = tan( 2t )

• Avancé : poser z = eit et écrire z + z −1 = 2i sin(t)

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4.6 Difficile & semi-original : la table de Sn est à valeurs entières pour tout
n
(haut) Références : H2G2 nouvelle éd tome 2 En fait, pas très difficile mais exigeant en terme de
matériel : théorie de Galois.

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4.7 Moyen & original : théorème de Minkowski & théorème des quatre
carrés de Lagrange
Réf : Hindry Recasages : 126, 181,

Énoncé : Soit Λ est un réseau de Rn , soit C un convexe symétrique borné tel que vol(C) >
2n covol(Λ). Alors C contient un élément non nul de Λ. Si C est en plus compacte, alors l’inégalité
large suffit.
Corollaire : tout entier est somme de quatre carrés.

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4.8 Moyen & original : lemme de Siegel, et application ? ?


Référence : Cassini algèbre 1 Application : approximation diophantienne ? (cf Duverney théorie des
nombres).

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4.9 Facile & classique : convergence p.s. de série aléatoire


(Xn )n≥1 indép. centrées de variances un , où est une série cv. Alors Xk converge
P P
Énoncé : un
p.s.

Preuve : On montre qu’elle est p.s. de Cauchy : on a, par Bienaymé-Tchebychev et par indépen-
dance : ∞
1 X
∀n > m, P (|Sn − Sm | ≥ c) ≤ uk
c2 k=m+1
Mais cette inég est pas terrible...
On pose Tm,c = inf{k > m, |Sk − Sm | ≥ c}. Alors pour n ≥ k > m, on a :
1  2
 1  2

P (Tm,c = k) ≤ E (Sk − Sm ) 1 Tm,c =k ≤ E (Sn − Sm ) 1 Tm,c =k
c2 c2
donc : ∞
1 X
∀m, P (∃k, |Sk − Sm | ≥ c) ≤ uk
c2 k=m+1
Donc (en échangeant ∀c et p.s.), (Sn ) est p.s. de Cauchy.

4.10 Facile & classique A REVOIR : autour du dénombrement


(haut)
Recasages : 105, 152, 190, 243. Réf : Cassini, algèbre 1 pour la première partie, 2 pour la deuxième

Énoncé : Pour n ≥ 1, on calcule le nombre de dérangements de J1, nK, on montre qu’il est équi-
valent à n!e (par exemple par une série gén). Puis, on calcule :

δn = Card{dérangements pairs} − Card{dérangements impairs} = (−1)n−1 (n − 1)

(le voir comme le déterminant de Jn − In , où Jn est la matrice avec que des 1).

Remarque : On sait (en regardant les lois marginales (σ(i), 1 ≤ i ≤ n)) que le nombre de points
fixes d’une permutation aléatoire suit une loi binomiale de paramètres (n, n1 ). Donc le résultat sur
l’équivalent en e−1 est aussi une conséquence de la convergence en loi des binomiales vers la loi de
Poisson de paramètre 1.

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4.11 Moyen+ & classique : résolution de l’équation de la chaleur à la mode


Green
(haut) Référence : Brézis ? (à vérifier) Recasages : 222, 250.

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4.12 Moyen & classique : proba pour que deux entiers soient premiers
entre eux
On montre (avec des calculs classiques) que la proba que deux entiers choisis aléatoirement (avec
proba uniforme) dans J1, nK soient premiers entre eux tend, quand n → ∞, vers π62 . Ce dév est à
mettre en lien avec les fonctions L de fct multiplicatives.

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