0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues50 pages

Intégration Air-Surface

Transféré par

Doumams Nch
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues50 pages

Intégration Air-Surface

Transféré par

Doumams Nch
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

COUVERTURE

Centre interarmées DIA-3.0.3_ASI(2017)


de concepts,
Intitulée Intégration Air-Surface - Air-Surface Integration (ASI), la doctrine interarmées
de doctrines et respecte les prescriptions de l’Allied Administrative Publication
DIA-3.0.3_ASI(2017)
d’expérimentations
(AAP) 47(B) intitulée Allied Joint Doctrine Development. Elle applique également les
règles décrites dans le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie
_____(LRTUIN, ISBN 978-2- 7433-0482-9) dont l’essentiel est disponible sur le site
nationale
Internet [Link] ainsi que les prescriptions de l’Académie française. La
jaquette de ce document a été réalisée par le Centre interarmées de concepts, de
DOCTRINE
doctrines et d’expérimentations (CICDE).
Attention : la seule version de référence de ce document est la copie électronique mise
en ligne sur le site Intradef ([Link] et internet ([Link]
[Link]) du CICDE dans la rubrique Corpus conceptuel et doctrinal
interarmées !

Directeur de la publication
Général de division Jean-François PARLANTI
Directeur du CICDE
1, place Joffre – BP 31
75700 PARIS SP 07
Téléphone du secrétariat : 01 44 42 83 30
Fax du secrétariat : 01 44 42 82 72

Rédacteur en chef
Colonel Thierry CHIGOT
Sous-direction « Doctrine – RETEX » du CICDE

Auteur
Document rédigé par le colonel Philippe GILOUPPE (CICDE)

Conception graphique
Premier maître Philippe JEANVOINE (CICDE)

Crédits photographiques

Intégration Air-Surface/
Ministère des Armées

Air-Surface Integration
Imprimé par
ÉDIACA
(ASI)
Section IMPRESSION
76 rue de la Talaudière – BP 508
42007 SAINT-ÉTIENNE Cedex 1
Doctrine interarmées Tél. : 04 77 95 33 21 ou 04 77 95 33 25

DIA-3.0.3_ASI(2017)

2 134/ARM/CICDE/NP du 7 juillet 2017

Version amendée du 14 mars 2022


Intitulée Intégration Air-Surface - Air-Surface Integration (ASI), la doctrine interarmées
DIA-3.0.3_ASI(2017) respecte les prescriptions de l’Allied Administrative Publication
(AAP) 47(B) intitulée Allied Joint Doctrine Development. Elle applique également les
règles décrites dans le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie
nationale (LRTUIN, ISBN 978-2- 7433-0482-9) dont l’essentiel est disponible sur le site
Internet [Link] ainsi que les prescriptions de l’Académie française. La
jaquette de ce document a été réalisée par le Centre interarmées de concepts, de
doctrines et d’expérimentations (CICDE).
Attention : la seule version de référence de ce document est la copie électronique mise
en ligne sur le site Intradef ([Link] et internet ([Link]
[Link]) du CICDE dans la rubrique Corpus conceptuel et doctrinal
interarmées !

Directeur de la publication
Général de division Jean-François PARLANTI
Directeur du CICDE
1, place Joffre – BP 31
75700 PARIS SP 07
Téléphone du secrétariat : 01 44 42 83 30
Fax du secrétariat : 01 44 42 82 72

Rédacteur en chef
Colonel Thierry CHIGOT
Sous-direction « Doctrine – RETEX » du CICDE

Auteur
Document rédigé par le colonel Philippe GILOUPPE (CICDE)

Conception graphique
Premier maître Philippe JEANVOINE (CICDE)

Crédits photographiques
Ministère des Armées

Imprimé par
ÉDIACA
Section IMPRESSION
76 rue de la Talaudière – BP 508
42007 SAINT-ÉTIENNE Cedex 1
Tél. : 04 77 95 33 21 ou 04 77 95 33 25

2
DIA-3.0.3_ASI(2017)

INTÉGRATION AIR-SURFACE
AIR-SURFACE INTEGRATION (ASI)

N° 134/ARM/CICDE/NP du 7 juillet 2017

Version amendée le 14 mars 2022

3
Lettre de promulgation

Paris, le 7 juillet 2017

N° 134/ARM/CICDE/NP

Objet : Promulgation de la doctrine interarmées de l’Intégration Air-Surface (Air-Surface


Integration - ASI).

Références :
- Arrêté ministériel du 21 avril 2005 portant création du Centre interarmées de concepts,
de doctrines et d’expérimentations.
- Instruction n° 1239 DEF/EMA/GRH/OR du 20 juin 2006 relative à l’organisation et au
fonctionnement du Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations.

La doctrine interarmées DIA-3.0.3_ASI(2017), Intégration Air-Surface/Air-Surface Integration


(ASI) en date du 7 juillet 2017, est promulguée.

4
Récapitulatif des amendements
1. Ce tableau constitue le recueil de tous les amendements proposés par les lecteurs, quels que soient leur origine et leur rang, transmis au Centre interarmées de concepts,
de doctrines et d’expérimentations (CICDE) en s’inspirant du tableau proposé en Annexe C (voir page 48).

2. Les amendements validés par le CICDE sont inscrits en rouge dans le tableau ci-dessous dans leur ordre chronologique de prise en compte.

3. Les amendements pris en compte figurent en violet dans la nouvelle version.

4. Le numéro administratif figurant au bas de la première de couverture et la fausse couverture est corrigé (en caractères romains, gras, rouge) par ajout de la mention :
« amendé(e) le jour/mois/année ».

5. La version électronique du texte de référence interarmées amendé remplace la version antérieure dans toutes les bases de données informatiques.

Date de
N° Désignation de l’amendement Page & § Origine
validité
1 Extension de l’ASI, l’ALI et l’AMI des interactions entre composantes au sein d’une force interarmées
Page 17 (§ 205 et 206) CICDE février 2022
aux interactions entre composantes et/ou commandements autres que des composantes de force
2 Remplacement d’« Airspace Control » par « contrôle de l’espace aérien / Airspace Control – ASC »
Pages 8, 23, 24 CICDE février 2022
dans tout le document.
3 Remplacement de « relation Commandant bénéficiaire/Commandant en appui » par « relation Pages 7, 8, 9, 16, 18 ,
CICDE février 2022
bénéficiaire/en appui » ou RBEA. 19, 20, 21 et 25 à 33
4 Extension à la RPI/PR de l’ASI comme conduite en commun d’activités au profit de l’ensemble de
la manœuvre interarmées sous la direction d’une autorité investie d’une responsabilité de portée Page 21 CICDE février 2022
opérative
5 Introduction de la définition du contrôle de l’espace aérien (réf. DIA-3.3.5_CEAO-ASC[2020]) ; Page 23 CICDE février 2022
6 Modification relative à la notion d’autorité de coordination interarmées (ACI) et introduction de la
Page 23 CICDE février 2022
définition (Réf. DIA-3.0_L1_CEO_HTN[2019]).
7 Remplacement de JFLC par LCC et de JFMC par MCC. Pages 24 à 26 et 42 CICDE février 2022
8 Modifications sur la définition du contrôle tactique (TACON) et l’emploi de cette notion. Page 32 CICDE février 2022
9 Modification du principe d’emploi des éléments d’intégration de la composante en appui placés au Page 32, 33, 38 (§
CICDE février 2022
sein de la composante bénéficiaire. 906) et 41 (§ 922 a.)
10 Modification de la définition des notions de contrôle opérationnel et de commandement tactique. Page 32 CICDE février 2022
11 Remplacement de « centre interarmées d’intégration air-sol » par « centre d’intégration interarmées
Pages 35 et 40 AdT/CDEF février 2022
air-sol ».
12 Modification du détail de la constitution générique d’un centre d’intégration interarmées air-sol. Page 35 (§ 746) AdT/CDEF février 2022
13 Introduction du cas particulier des éléments d’intégration « mis à disposition pour emploi » auprès
Pages 39 et 40 (§ 916) CICDE février 2022
d’une composante partenaire.
14 Précision sur les exemples d’éléments d’intégration d’une composante en appui placés au sein de
Page 40 (§ 920) CICDE février 2022
la composante bénéficiaire.

3
5
Références

Documentation OTAN
a. AJP-01(E) - Allied Joint Doctrine, as of 28th February, 2017.

b. AJP-3(C) V1 - Allied Joint Doctrine for the Conduct of Operations (2019).

Documentation doctrinale
a. CIA-01_CEF(2020), Concept d’emploi des forces.

b. DIA-01(A)_DEF(2014), Doctrine d’emploi des forces, n° 128/DEF/CICDE/NP du 12 juin 2014 (en


cours de révision).

c. RPIA-2016/001_EOF-2035(2016), Environnement opérationnel futur 2035,


n° 101/DEF/CICDE/DR du 23 mai 2016.

d. DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Commandement des engagements opérationnels hors du


territoire national, n° 127/ARM/CICDE/NP du 17 juillet 2019.

e. DIA-3.5_OS(2014), Opérations spéciales, n°195/DEF/CICDE/DR du 29 septembre 2014,


amendée le 26 juin 2017.

f. DIA-3.3.1.1_DSA(2021) – Défense surface air (document à paraître).

g. DIA-3.3.2_CAS-AI(2014) – Supplément français à l’AJP-3.3.2(A) « Allied Joint Doctrine for Close


air Support and Air Interdiction », n° 154/DEF/CICDE/NP du 27 juin 2014 (en cours de révision).

h. DIA-3.3.5_CEAO-ASC(2020), Contrôle de l’espace aérien – Airspace control (ASC) en


opérations, n° 99/ARM/CICDE/NP du 27 juillet 2020.

Documentation alliée (non OTAN)


a. Joint Publication JP 1 - Doctrine for the Armed Forces of the United States (2013) amendée le 12
juillet 2017 – États-Unis.

b. Joint Publication JP 3-0 - Joint Operations (2017) – États-Unis.

c. Joint Doctrine Publication JDP 0-30 - UK Air and Space Doctrine (2017) – Royaume-Uni.

d. ATP 3-91.1 – AFTTP 3-2.86 - The Joint Air Ground Integration Center (2019) – États-Unis.

6
Préface

1. La DIA-3.0.3 s’adresse aux commandants opérationnels, aux états-majors et aux forces


susceptibles de conduire des activités opérationnelles en coordination avec celles d’autres
composantes, que ce soit dans un cadre national ou multinational. Elle s’adresse également à
l’enseignement militaire supérieur.

2. Cette DIA couvre de nombreux domaines opérationnels et concerne la plupart de ceux où les
composantes ont à intégrer leurs manœuvres et leurs activités, c’est-à-dire à combiner ces activités.

3. Le retour d’expérience des opérations et le besoin de mieux cadrer les relations entre
composantes ont conduit à faire du développement de l’ASI un impératif. Cette DIA définit donc
les bases doctrinales permettant d’assurer une parfaite intégration des manœuvres des
composantes, à chaque fois qu’elles sont amenées à combiner leurs activités. La finalité demeure
l’efficience de la force interarmées et la garantie de son unité d’action. Il s’agit dès lors de
capitaliser sur les expertises, compétences et capacités opérationnelles propres à chacune des
composantes, pour pleinement exploiter leurs complémentarités et organiser leurs interactions
dans une optique de recherche de synergie et dans une approche holistique1.

4. La DIA-3.0.3 ASI tient compte d’une évolution des pratiques en opération en matière
d’organisation et de commandement, notamment en coalition ou dans le cadre de l’OTAN. Elle
complète les fondamentaux doctrinaux sur le C2 et définit les principes d’une intégration air-
surface efficiente, en s’affranchissant de relations hiérarchiques entre composantes. Elle
formalise notamment la nécessité d’un dialogue interarmées renforcé et développe la notion de
« Commandant bénéficiaire/Commandant en appui » pour en faire un outil efficace et flexible au
profit de l’emploi des forces.

5. La DIA-3.0.3 fonde l’organisation fonctionnelle des nombreux domaines d’application de l’ASI sur
un couplage entre des structures de C2 de composantes et des Relations « bénéficiaire/en
appui » (RBEA). Décidées par le COMANFOR, ces dernières donnent un cadre clair aux
interactions entre composantes et en précisent les modalités.

6. Cette combinaison (entre C2 et relations bénéficiaire/en appui) donne les moyens d’une mise en
œuvre efficace des processus d’intégration interarmées, qui respecte le principe d’unicité de
commandement au niveau de chacune des composantes tout en maintenant l’unité d’action de
l’ensemble, et qui améliore la liberté d’action et la capacité d’initiative des chefs tactiques.

7. Les principes de fonctionnement de l’ASI développés dans cette DIA sont conformes à ceux
désormais mis en œuvre en coalitions ad hoc et validés par le retour d’expérience. Ils présentent
une complète convergence avec les principes doctrinaux que les armées américaines ont établis
après quinze ans d’engagements opérationnels en Afghanistan, en Irak, en Syrie et sur d’autres
théâtres d’opérations, dans le but d’améliorer les relations entre composantes, de garantir l’unité
d’action et de développer les synergies interarmées. Ces principes sont également conformes à
ceux qui progressivement irriguent le corpus doctrinal de l’OTAN, sous la dénomination
de supported/supporting relationships. Ils constituent ainsi un facteur majeur d’interopérabilité
avec les Alliés.

8. La DIA-3.0.3 n’interfère pas avec les problématiques organiques, mais prône le développement
de l’interopérabilité inter-composantes, qu’elle soit technique, organisationnelle ou relative aux
processus. Elle insiste également sur la bonne prise en compte de l’aspect ressources humaines,
du fait du besoin essentiel d’armer, à bon niveau, les éléments de liaison et d’intégration. Pour
être efficace, l’ASI nécessite des formations et un entraînement adaptés.

9. Les principes de l’ASI pourront évoluer en fonction du retour d’expérience des opérations et des
exercices majeurs, des pratiques retenues en coalitions et des évolutions technologiques.

1 Approche où l’ensemble est supérieur à la somme de ses parties.

7
Fiche pour le lecteur pressé

1. L’intégration air-surface est l’ensemble des processus mis en œuvre par plusieurs
composantes2, en planification et en conduite des opérations, pour combiner les activités
opérationnelles de moyens aériens et de moyens terrestres et/ou maritimes, dans le but
d’exploiter pleinement les complémentarités entre composantes et de permettre de cumuler
et de conjuguer les effets produits par chacune d’elles, afin d’améliorer l’efficacité des
manœuvres au niveau tactique et l’efficience globale de la force interarmées.

2. L’ASI se décompose en Air-Land Integration (ALI) et Air-Maritime Integration (AMI) lorsque sont
concernés respectivement les milieux aérien et terrestre et les milieux aérien et maritime.

3. Trois principes majeurs de l’ASI renforcent l’efficience opérationnelle de la force interarmées :

a. La recherche de synergies et l’exploitation des complémentarités entre


composantes, au profit de la réactivité et de l’adaptabilité des manœuvres de niveau
tactique ;

b. Le dialogue entre composantes, indispensable à la bonne mise en œuvre des


processus d’intégration et base de la connaissance et de la confiance mutuelles entre
armées ;

c. Le développement de l’interopérabilité, technique, organisationnelle ou relative aux


processus.

4. L’ASI concerne, partiellement ou en totalité, de multiples catégories de domaines d’activité


opérationnelle : le contrôle de l’espace aérien/Airspace Control (ASC), la défense aérienne
(DA/DCA3), l’appui aérien rapproché/Close Air support (CAS), les missions de surveillance,
acquisition d’objectifs, renseignement, reconnaissance (SA2R)/Intelligence, Surveillance, Target
Acquisition and Reconnaissance (ISTAR), les opérations spéciales, mais aussi les opérations
aéroportées (OAP) et les opérations amphibie dès lors qu’une composante fonctionnelle n’est
pas constituée, l’Air Interdiction (AI) dans ses modes SCAR4 ou GAAI5, etc.

5. Des éléments de liaison, placés par chaque composante au sein de la composante partenaire,
et des éléments d’intégration, caractérisés par leur implication directe dans les processus
d’intégration, servent d’interface entre les composantes pour mettre en œuvre l’ASI.

6. Il existe trois catégories d’ASI, correspondant à la conduite en commun d’activités


opérationnelles :

a. Soit par des entités de différentes composantes au profit de l’ensemble de la force


interarmées sous la direction d’une autorité investie d’une responsabilité de portée
opérative (cas des domaines du contrôle de l’espace aérien (Airspace Control) et de la
défense aérienne) ;

b. Soit par plusieurs composantes sous la direction du niveau opératif (sans l’établissement
par le COMANFOR de relations bénéficiaire/en appui), celui-ci s’assurant directement de
la bonne combinaison de leurs activités (intégration des activités de composantes) ;

c. Soit par plusieurs composantes dans le cadre de relations bénéficiaire/en appui établies
par le COMANFOR, qui définit ainsi un cadre aux interactions entre composantes et arbitre
les éventuels désaccords entre composantes non résolus par le dialogue.

L’ASI dans le cadre de relations bénéficiaire/en appui (RBEA)


7. Dans chaque domaine de mise en œuvre de l’ASI, quand le COMANFOR n’est pas en mesure,
ou choisit de ne pas assurer directement la bonne intégration des activités de composantes,
l’organisation fonctionnelle du domaine concerné repose alors sur un couplage entre :

2 Plus généralement, il peut aussi s’agir de commandements, autres que des composantes de force interarmées
3 Defensive Counter-Air.
4 Strike Coordination and Reconnaissance.
5 Ground Assisted Air Interdiction.

8
a. Des structures de C2 de composantes, qui sont en interaction via les éléments de liaison
placés par chacune au sein de la composante partenaire et via leurs éléments d’intégration
respectifs, qui ensemble, participent à la mise en œuvre des processus d’intégration ;

b. Des relations bénéficiaire/en appui (RBEA) décidées par le COMANFOR, qui donnent
un cadre à ces interactions, qui en précisent les modalités et qui sont déclinées aux
différents niveaux où interagissent les composantes, en un appui direct de chaque
élément d’intégration placé par la composante en appui au sein de la composante
bénéficiaire, au commandant de l’entité qui l’accueille.

8. Pour chaque relation bénéficiaire/en appui établie par le COMANFOR :


a. La composante bénéficiaire définit les effets qu’elle demande à la composante en
appui, ainsi que l’ordre des priorités, du moment et du lieu de leur réalisation ;
b. Les actions menées par la composante en appui ont pour objectif de répondre de façon
optimisée à l’expression des effets à obtenir formulée par la composante bénéficiaire, selon
les modalités d’appui préalablement validées par le COMANFOR et dans les limites qu’il a
fixées (notamment en termes de niveau d’effort consenti ou d’allocation de ressources).
9. Ce couplage « structure C2 de composantes/relations bénéficiaire/en appui » permet au niveau
opératif de cadrer de façon claire et flexible les interactions entre composantes et donne
les moyens d’une mise en œuvre souple et efficace des processus d’ASI. Il préserve
l’unicité de commandement pour la conduite de l’opération dans son ensemble et au sein de
chacune des composantes, tout en garantissant l’unité d’action de l’ensemble de la force
interarmées.
10. Il est complété par l’assurance pour chaque composante, de bénéficier dans les domaines
où elle est composante bénéficiaire, d’un appui optimisé de la part des composantes en
appui, condition de la confiance entre composantes et d’une réelle efficience de l’action
militaire.

11. Les principes d’organisation et les structures fonctionnelles de chaque domaine d’application
de l’ASI sont définis dans la doctrine et les publications interarmées spécifiques à ce domaine

9
Place
P de
l ac e de lla
applanche du
lanche d CCDIA
uC CDIA
A

10
Sommaire

Page

Chapitre 1 - Généralités ......................................................................................... 13


Chapitre 2 - Définitions .......................................................................................... 14
Section I – ASI – Air-Surface Integration/Intégration Air-Surface ......................................................... 14
Section II - ALI et AMI – Air-Land Integration/Intégration Air-Sol et Air-Maritime Integration/Intégration
Air-Mer .................................................................................................................................................. 14
Section III - Catégories d’ASI et cadres de mises en œuvre associés ................................................. 14

Chapitre 3 - Domaines de mise en œuvre de l’ASI .............................................. 16


Chapitre 4 - Principes généraux ............................................................................ 18
Chapitre 5 - Structures fonctionnelles des domaines d’application de l’ASI .... 19
Chapitre 6 - L’ASI comme conduite en commun d’activités au profit de
l’ensemble de la manœuvre interarmées sous la direction d’une autorité
investie d’une responsabilité de portée opérative .............................................. 20
Chapitre 7 - L’ASI dans le cadre des relations bénéficiaire/en appui (RBEA) ... 22
Section I - Coordination, synchronisation, intégration ........................................................................... 22
Section II - ASI et relations bénéficiaire/en appui (RBEA) .................................................................... 23
Section III - Rôles et responsabilités des composantes........................................................................ 25
Section IV - Organisation fonctionnelle et structures de C2.................................................................. 26
Section V - Relation bénéficiaire/en appui et appui direct..................................................................... 28
Section VI - Cas particulier de l’ALI pour les composantes terrestre et aérienne : centre d’intégration
interarmées air-sol/Joint Air-Ground Integration Center (JAGIC) ......................................................... 31

Chapitre 8 - L’ASI dans le cadre d’une opération interarmées particulière


sous la direction du niveau opératif ou stratégique ............................................ 33
Chapitre 9 - Éléments de liaison et éléments d’intégration ................................ 35
Section I - Éléments de liaison ............................................................................................................. 35
Section II - Éléments d’intégration ........................................................................................................ 35
Section III - Principaux éléments de liaison et éléments d’intégration .................................................. 39

Chapitre 10 - Facteurs d’efficacité de l’ASI .......................................................... 41


Section I - Dialogue entre composantes, connaissance et confiance mutuelles ................................... 41
Section II - Doctrine .............................................................................................................................. 41
Section III - Ressources humaines ....................................................................................................... 41
Section VI - Équipements ..................................................................................................................... 42
Section V - Procédures et modes opératoires ...................................................................................... 42
Section VI - Entraînement..................................................................................................................... 43

Annexe A - Mise en perspective historique de l’intérêt militaire pour l’ASI ..... 44

11
Annexe B - Apports et intérêt de l’ASI pour les composantes et le
COMANFOR ............................................................................................................ 45
Section I – Apport et intérêt de l’ASI pour le COMANFOR et l’efficacité de la campagne interarmées 45
Section II – Apport et intérêt de l’ASI pour les composantes ................................................................ 45

Annexe C - Demande d’incorporation des amendements .................................. 47


Annexe D - Lexique ................................................................................................ 48
Résumé (quatrième de couverture) ..................................................................... 50

12
Chapitre 1
Généralités
101. Les engagements opérationnels actuels se déroulent quasi systématiquement en interarmées,
souvent interalliés. Conformément au Concept d’emploi des forces6 (CEF), les Armées appuient
leurs actions sur les principes de liberté d’action, concentration des efforts et économie des
moyens, dans une recherche d’efficience, d’initiative et de supériorité opérationnelle.

102. À l’échelle du théâtre, la cohérence globale de l’action de la force interarmées relève du niveau
opératif. Sous l’autorité du Commandant de la force (COMANFOR), le PC interarmées de théâtre
(PCIAT) planifie la campagne en concevant et en ordonnant dans le temps et l’espace les effets
à obtenir et en assure la conduite en définissant la priorité des activités des composantes et en
coordonnant et en synchronisant leur réalisation. À cet effet, en lien avec le Battlespace
Management7 défini par la doctrine OTAN, le PCIAT met en œuvre un ensemble de processus
de niveau opératif. À ce titre, le COMANFOR utilise notamment le principe des relations
« bénéficiaire/en appui » (supported/supporting relationships), pour définir les interactions entre
composantes et leurs rôles respectifs, dans le but de réaliser différentes missions, tâches ou
activités spécifiques8 dans des cadres espace-temps déterminés.

103. Pour concrétiser ces interactions et optimiser l’efficacité des appuis9 entre composantes, la
coordination générée au niveau opératif se traduit au niveau tactique par un ensemble de
processus flexibles, évolutifs, adaptés à l’environnement opérationnel ainsi qu’aux besoins des
composantes ainsi que de la manœuvre interarmées et mis en œuvre dans les différents
domaines opérationnels concernés. Ces processus doivent favoriser les synergies entre
composantes, cette démarche étant rendue impérative par l’exigence d’efficience opérationnelle.

104. Lorsqu’ils sont mis en œuvre pour combiner des activités conduites à la fois dans le milieu aérien
et dans un milieu de surface (milieu terrestre ou maritime), ces processus correspondent alors à
l’Air-Surface Integration (ASI).

105. Le développement de l’ASI s’inscrit dans une double démarche d’amélioration de la cohérence
de l’emploi de la force interarmées :

a. Cohérence de l’action des niveaux opératif et tactique, en explicitant le continuum


formé par les décisions du COMANFOR relatives à l’établissement de relations
bénéficiaire/en appui et par l’intégration des manœuvres au niveau tactique qui en résulte ;

b. Cohérence de l’action des composantes intervenant dans le milieu aérien et au moins


un milieu de surface, en encadrant et en formalisant de façon flexible les interactions
entre composantes.

106. Il repose sur l’approfondissement du dialogue, de la connaissance mutuelle et de la confiance


entre armées et associe le renforcement de la capacité d’initiative et de la liberté d’action des
composantes, avec la recherche d’une meilleure unité d’action de l’ensemble de la force
interarmées, au profit d’une meilleure efficience globale de celle-ci10.

6 Cf. CIA-01_CEF(2020), Concept d’emploi des forces.


7 161013_AJP-3(C)_SD2 : “Battlespace management (BM) describes all necessary adaptive means and measures that enable the dynamic
synchronization of activities within the battlespace”. (notion largement développée l’AJP-3 en cours de révision).
8 Cf. DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Commandement des engagements opérationnels hors du territoire national – Chapitre 2 – Section IV « Le
niveau tactique ».
9 Appui : action qui apporte un concours, une aide, une assistance, un soutien ou une protection à une entité, à son action ou à sa manœuvre.
10 En ce sens, le développement de l’ASI est pleinement conforme aux orientations définies par la réflexion prospective interarmées sur
l’environnement opérationnel futur 2035 (RPIA-2016/001_EOF-2035 de 2016).

13
Chapitre 2
Définitions
Section I – ASI – Air-Surface Integration/Intégration Air-Surface
201. L’intégration air-surface est l’ensemble des processus mis en œuvre par plusieurs
composantes, en planification et en conduite des opérations11, pour combiner les activités
opérationnelles de moyens aériens et de moyens terrestres et/ou maritimes12, dans le but
d’exploiter pleinement les complémentarités entre composantes et de permettre de cumuler
et de conjuguer les effets produits par chacune d’elles, afin d’améliorer l’efficacité des
manœuvres au niveau tactique et l’efficience globale de la force interarmées.

202. Elle se décompose en Air-Land Integration (ALI) et Air-Maritime Integration (AMI) lorsque sont
concernés respectivement les milieux aérien et terrestre et les milieux aérien et maritime.

Section II - ALI et AMI – Air-Land Integration/Intégration Air-Sol et Air-


Maritime Integration/Intégration Air-Mer
203. L’intégration air-sol ou air-mer est l’ensemble des processus mis en œuvre par plusieurs
composantes, en planification et en conduite des opérations13, pour combiner les activités
opérationnelles de moyens aériens et de moyens terrestres ou maritimes, dans le but
d’exploiter pleinement les complémentarités entre composantes et de permettre de cumuler
et de conjuguer les effets produits par chacune d’elles, afin d’améliorer l’efficacité des
manœuvres au niveau tactique et l’efficience globale de la force interarmées.

204. L’ASI correspond donc aux relations entre composantes et en multi-milieux, relatives au
milieu aérien et à au moins un milieu de surface (terrestre ou maritime), impliquant le besoin
en conduite, d’une combinaison de leurs activités opérationnelles14. L’ASI est cependant
prise en compte dès la planification de ces activités.

205. Nota 1 : orientées vers les processus mis en œuvre par plusieurs composantes au sein d’une
force interarmées, les définitions de l’ASI, l’AMI et l’ALI peuvent s’étendre aux
interactions entre composantes d’une force interarmées et/ou commandements autres
que des composantes de force.

206. Nota 2 : par convention, dans cette doctrine, le terme composante pourra désigner une
composante ou un commandement n’étant pas une composante de force.

207. Nota 3 : le cas des relations entre moyens de surface et aériens organiques à une même
composante (intégration intra-composante) sort du périmètre de l’ASI définie et
développée dans le corpus doctrinal interarmées national. Leur développement doctrinal
est du ressort de chaque armée.

Section III - Catégories d’ASI et cadres de mises en œuvre associés


208. De façon à garantir le bon fonctionnement des interactions entre composantes, la mise en œuvre
des processus d’ASI par les composantes est :

a. Soit directement dirigée par le niveau opératif (voire le niveau stratégique)15 ;

b. Soit cadrée, puis lorsque nécessaire arbitrée, par le niveau opératif (ou stratégique).

11 La conduite des opérations correspond à « l’art de diriger, de coordonner, de contrôler et d’ajuster les actions des forces pour atteindre les
objectifs fixés » (Glossaire interarmées de terminologie opérationnelle – GIATO – Édition 2016).
12 Les moyens aériens, terrestres et maritimes s’entendent comme des moyens évoluant respectivement dans les milieux aérien, terrestre et
maritime, indépendamment de leur appartenance à une composante ou à une autre.
13 Ibid.
14 L’ASI ne couvre donc pas l’ensemble des interactions entre composantes en multi-milieux (milieu aérien et milieu de surface) : pour un domaine
opérationnel donné, une composante peut très bien avoir à coordonner sa manœuvre avec une autre composante, sans qu’elle n’ait besoin,
en conduite, de combiner ses activités et ses actions avec celles de cette composante partenaire (voir le chapitre 3).
15 Ou par une autorité de niveau opératif, dans le cas de l’Airspace Control ou de la défense aérienne (voir chapitre 6).

14
209. Il existe ainsi trois catégories d’ASI :

a. Cat. 1 : l’ASI comme conduite en commun d’activités opérationnelles par des entités de
différentes composantes au profit de l’ensemble de la force interarmées sous la
direction d’une autorité investie d’une responsabilité de portée opérative16 ;

b. Cat. 2 : l’ASI comme conduite en commun d’activités opérationnelles par plusieurs


composantes sous la direction du niveau opératif, sans l’établissement par le
COMANFOR de relations bénéficiaire/en appui17 ;

c. Cat 3. : l’ASI comme conduite en commun d’activités opérationnelles réalisées dans le


cadre de relations bénéficiaire/en appui établies par le COMANFOR18.

210. De façon schématique, pour un domaine opérationnel donné, la définition de l’ASI peut se
décliner comme suit :

L’ASI est un ensemble cohérent de processus qui, par des actions complémentaires,
coordonnées et synchronisées entre composantes, en conduite des opérations, permet :

a. Soit à différentes composantes de produire ensemble des résultats ou des effets :

(1) Au profit de l’ensemble de la manœuvre interarmées sous la direction d’une


autorité investie d’une responsabilité de portée opérative (Cat. 1),

(2) Ou dans le cadre d’une manœuvre interarmées particulière sous la direction


du niveau opératif (sans relation bénéficiaire/en appui décidée par le
COMANFOR) (Cat. 2) ;

b. Soit à une composante bénéficiaire de bénéficier des effets produits par une ou
plusieurs autres composantes en appui (cas où une relation bénéficiaire/en appui est
décidée par le COMANFOR) (Cat. 3).

211. Dans de nombreux domaines d’application de l’ASI, le type d’organisation retenue pour la
planification et la conduite des missions correspondantes peut varier. Il est alors décidé par le
COMANFOR, voire par le niveau stratégique, qui a le choix entre :

a. Le maintien du commandement et de la conduite de l’opération interarmées au niveau


opératif (voire au niveau stratégique), sans mise en place d’une relation bénéficiaire/en
appui ;

b. La mise en place d’une relation bénéficiaire/en appui ;

c. La mise en place d’une composante fonctionnelle19 ad hoc20.

16 Il s’agit des domaines de l’Airspace Control et de la défense aérienne, voire de la récupération de personnel isolé (RPI)/Personnel Recovery
(PR), lorsque le COMANFOR décide de déléguer à une composante la coordination interarmées de la PR.
17 C’est le cas, par exemple, d’opérations aéroportées ou de missions conduites dans cadre de processus de ciblage dynamique de type Time
Sensitive Target (TST), qui peuvent être commandées et conduites depuis le niveau opératif.
18 C’est le cas, par exemple, de l’appui aérien rapproché – Close Air support/CAS.
19 Lorsqu’est mise en place une composante fonctionnelle, la combinaison des activités en inter-milieux s’effectuant au sein de cette composante
n’entre pas dans le cadre de la mise en œuvre de l’ASI, cette dernière se limitant, par définition, aux interactions entre composantes distinctes.
Cependant, la mise en place d’une composante fonctionnelle n’exclut pas la mise en œuvre de relations « bénéficiaire/en appui » entre cette
composante et une ou plusieurs autres composantes. Dans ce cas, s’il y a combinaison des activités opérationnelles de moyens aériens et de
moyens de surface, il s’agit d’ASI.
20 À titre d’exemple, le choix entre ces trois possibilités existe pour les opérations aéroportées 20 (PIA-3.0.2 « Les opérations aéroportées » en
cours de rédaction, en révision de la DIA-3.2.1), même si une composante fonctionnelle OAP n’est envisagée que dans le cadre d’une opération
multinationale, en particulier dans le cadre de l’OTAN, et ne l’est pas pour une opération nationale.

15
Chapitre 3
Domaines de mise en œuvre de l’ASI
301. Des composantes différentes sont amenées à combiner leurs opérations et activités selon
les principes de mise en œuvre de l’ASI, de façon plus ou moins importante, dans de
multiples domaines d’activités opérationnelles, dont les domaines suivants :

a. Le contrôle de l’espace aérien/Airspace Control (ASC)21 ;

b. La défense aérienne (DA/DCA)22 ;

c. L’appui aérien rapproché/Close Air support (CAS) ;

d. Les missions de surveillance, acquisition d’objectifs, renseignement, reconnaissance


(SA2R)IIntelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance (ISTAR) ;

e. La guerre électronique (GE) ;

f. L’Air Interdiction (AI)23 ;

g. Missions de suppression des défenses aériennes ennemies/Suppression of Enemy Air


Defences (SEAD) ;

h. Les opérations spéciales ;

i. Les opérations aéroportées (OAP), dès lors qu’une composante fonctionnelle OAP n’est
pas constituée24 ;

j. Les opérations amphibies (excepté si une composante fonctionnelle est constituée) ;

k. Les missions de frappes stratégiques, dont celles par missiles de croisière ;

l. La protection d’une force navale ;

m. La récupération de personnel isolé (RPI)/Personnel Recovery (PR) ;

n. Etc.

302. Pour de nombreux domaines opérationnels, l’ASI ne concerne qu’une partie limitée (parfois
même très réduite) du domaine. Même s’il y a interaction entre composantes, avec une
coordination et une synchronisation de leurs manœuvres et de leurs activités, il n’y a en effet
pas nécessairement d’intégration de ces activités (voir définition § 201 et 210)25.

303. De la même manière, même lorsque sont établies des relations bénéficiaire/en appui, dès lors
qu’une simple coordination et une synchronisation entre composantes des activités concernées
s’avère suffisante (donc sans intégration de leurs activités), il ne s’agit pas d’ASI.

Cas particulier des opérations spéciales


304. Les opérations spéciales (OS) s’inscrivent très fréquemment dans un cadre ASI, avec la combinaison
d’activités réalisées par des forces spéciales et par des moyens d’autres composantes.

21 AAP-6(2016) : application et coordination des procédures d'organisation et de planification de l'espace aérien pour réduire au maximum les
risques et assurer une utilisation efficace et souple de cet espace.
22 La DA inclut la défense surface–air (DSA).
23 Pour les missions de type SCAR (Strike Coordination and Reconnaissance) ou GAAI (Ground Assisted Air Interdiction) lorsqu’interviennent
des moyens de plusieurs composantes ou avec mise en œuvre de modes d’action de type JAAT (Joint Air Attack Team), ou pour les missions
conduites dans cadre de processus de ciblage dynamique de type Time Sensitive Target (TST).
24 Dans le cas où une composante fonctionnelle est constituée, il s’agit d’intégration intra-composante, qui sort du cadre des relations entre
composantes correspondant à la définition de l’ASI.
25 C’est le cas par exemple, dans le domaine de la défense aérienne, pour lequel des processus d’intégration entre composantes sont mis en
œuvre pour la défense surface-air et normalement pas pour le reste des activités du domaine. C’est aussi le cas dans le domaine des missions
de frappes stratégiques par missiles de croisière ou dans celui de l’Air interdiction, qui n’est concerné par l’ASI que dans une partie réduite du
domaine.

16
305. Les forces spéciales concernées peuvent faire partie d’une composante opérations spéciales
placée sous le même commandement opératif que les autres composantes (cette configuration
correspond généralement au cas d’opérations multinationales), ou ne pas dépendre du même
commandement que les autres forces impliquées. Ce dernier cas est le plus courant, dès lors
qu’il s’agit d’opérations nationales. Les opérations spéciales menées par les Forces armées
françaises visant à atteindre des objectifs d’intérêt stratégique, sont en effet commandées par le
Chef d’état-major des armées (CEMA) et sont en général planifiées et conduites sous l’autorité
du Général Commandant les Opérations Spéciales (GCOS)26.

306. Les opérations spéciales conduites avec mise en œuvre de processus ASI sont généralement
réalisées dans le cadre de relations bénéficiaire/en appui, décidées par :

a. Le CEMA27 lorsqu’il s’agit d’opérations nationales sous son autorité ;

b. Le COMANFOR lorsqu’elles impliquent une composante opération spéciale sous l’autorité


d’un COMANFOR28.

307. Régulièrement, compte tenu de leur dimension stratégique et de leurs spécificités vis-à-vis des
opérations conventionnelles, les opérations spéciales requièrent une mise en œuvre des
processus d’intégration air-sol avec d’autres composantes dans le cadre de procédures
interarmées spécifiques.

308. Elles respectent cependant les principes généraux de l’ASI29.

309. Nota : les forces spéciales (d’un commandement opérations spéciales ou d’une composante
opérations spéciales) peuvent également être employées en appui à la manœuvre d’une
composante conventionnelle (composante bénéficiaire), avec mise en application de
processus ASI, mais dans ce cas, il ne s’agit pas à proprement parler d’opérations
spéciales30.

26 DIA-3.5_OS(2014) Opérations spéciales.


27 Le CEMA délègue généralement cette responsabilité au Sous-chef d'état-major « opérations » de l'état-major des armées.
28 Dans le cas d’opérations spéciales réalisées sous le contrôle opérationnel (OPCON) d’un COMANFOR.
29 Voir les principes généraux au chapitre 4 et la mise en œuvre de l’ASI dans le cadre de RBEA au chapitre 7.
30 C’est le cas par exemple pour des missions de GAAI, où la composante aérienne est appuyée par des forces spéciales.

17
Chapitre 4
Principes généraux
401. Le concept d’ASI repose sur trois principes majeurs :

a. La recherche de synergies31 entre composantes et l’exploitation de leurs


complémentarités, au profit d’une meilleure efficience et d’un surcroît de réactivité et
d’adaptabilité des manœuvres de niveau tactique ;

b. L’établissement d’un dialogue permanent entre composantes :

(1) Qui consiste en l’échange de toutes les informations utiles et en l’apport


d’expertise au profit des responsables d’une composante bénéficiaire (lorsqu’une
relation bénéficiaire/en appui est établie),

(2) Qui est la base de la coordination, de la synchronisation et de l’intégration de


leurs activités et qui permet notamment, au travers de planifications coordonnées
entre composantes, de rechercher les synergies et d’exploiter les
complémentarités,

(3) Qui permet le développement de la connaissance mutuelle, catalyseur de la


confiance entre composantes aux différents échelons concernés par l’ASI, gage
d’efficacité pour l’action interarmées et forme d’interopérabilité des cultures de
milieux. En ce sens, l’ASI correspond à un état d’esprit32 .

c. Le développement de l’interopérabilité sous diverses formes, toutes complémentaires les


unes des autres, qui est un facteur essentiel au progrès et à l’efficacité de l’ASI :

(1) Interopérabilité technique, incluant en particulier l’inter-connectivité des


systèmes d’information (SI) permettant l’échange d’informations et de données en
temps quasi réel,

(2) Interopérabilité des processus,

(3) Interopérabilité organisationnelle entre composantes.

402. En opérations, le niveau opératif constitue le niveau d’intégration et de manœuvre de capacités


militaires déterminées pour atteindre les objectifs opératifs définis par le niveau stratégique33. À
ce titre, le COMANFOR a la responsabilité d’impulser et de promouvoir l’ASI auprès des différents
commandants de composantes et en particulier, de veiller au respect de ses principes majeurs34.

403. Lorsque dans le cadre de la mise en œuvre de l’ASI, des désaccords entre composantes ne
peuvent être résolus par le dialogue, ils sont soumis à l’arbitrage du COMANFOR. La bonne
application des principes généraux doit permettre de limiter le recours aux arbitrages du
COMANFOR.

404. La recherche de synergies n’étant qu’un moyen d’aller vers plus d’efficience opérationnelle, il
revient au COMANFOR et aux commandants de composantes, de peser le bien-fondé d’une
intégration accrue au regard de l’éventuelle complexification induite en matière d’organisation, de
procédures et de conduite des activités opérationnelles.

31 La notion de synergie traduit la conduite en commun par différentes entités d’un ensemble d’activités, pour un résultat global supérieur à la
somme des résultats donnés par les mêmes activités conduites séparément (principe du « 1 + 1 > 2 »).
32 En particulier, les acteurs de l’ASI de toutes les composantes doivent collaborer dans un même esprit, ouvert et interarmées.
33 Voir DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Commandement des engagements opérationnels hors du territoire national.
34 Pour les aspects de ces principes qui s’appliquent en opérations.

18
Chapitre 5
Structures fonctionnelles des domaines d’application
de l’ASI
501. Chaque domaine d’application de l’ASI s’appuie sur une structure fonctionnelle, qui unit les
entités concernées de chacune des composantes impliquées :

a. Structures de commandement et de contrôle (structures de C2) de chaque


composante, adaptables en fonction des particularités de chaque opération ;

b. Éléments de liaison35 placés au sein d’une composante partenaire ;

c. Éléments d’intégration36, qui exercent leur rôle d’intégrateur soit au sein de leur propre
composante, soit en étant placés au sein d’une composante partenaire37 ;

d. Unités et/ou entités impliquées dans les activités de leur composante pour le domaine
d’application de l’ASI concerné38 ;

e. Effecteurs, lorsque nécessaire.

502. Les structures fonctionnelles des différents domaines d’application de l’ASI ne sont pas
exclusives les unes des autres : lorsque deux composantes interagissent ensemble dans
plusieurs domaines d’application de l’ASI, les structures fonctionnelles mises en œuvre dans ces
différents domaines opérationnels sont le plus souvent en grande partie communes39.

503. Les principes d’organisation des différents domaines d’application de l’ASI sont définis dans la
doctrine et les publications interarmées relatives au domaine opérationnel concerné.
504. Basées sur ces principes, les structures fonctionnelles de chacun des domaines d’application de
l’ASI ne sont pas figées. À chaque nouvel engagement, elles sont adaptées à
l’environnement et aux besoins opérationnels propres à cette opération.

35 Voir chapitre 9.
36 Ibid.
37 Ils incluent les éléments d’intégration dits « affectés » à une composante partenaire. Les autres éléments d’intégration, qui sont placés au sein
d’une composante partenaire, y sont simplement « détachés » et représentent le cas le plus courant (voir chapitres 7 et 9).
38 Ces unités et/ou entités peuvent faire partie des structures de C2 de leur composante mises en œuvre pour un ou plusieurs domaine d’application
de l’ASI.
39 À titre d’exemple, le Fire Support Coordination Centre (FSCC) et/ou l’Air Support Operation Center (ASOC) peuvent jouer un rôle d’éléments
d’intégration dans plusieurs domaines opérationnels d’application de l’ASI : le CAS, l’appui SA2R, le contrôle de l’espace aérien (ASC) la
récupération de personnel isolé, etc.

19
Chapitre 6
L’ASI comme conduite en commun d’activités au profit de
l’ensemble de la manœuvre interarmées sous la direction
d’une autorité investie d’une responsabilité de portée
opérative
601. La conduite en commun, sous la direction d’une autorité investie par le COMANFOR d’une
responsabilité de portée opérative, d’activités par des entités de différentes composantes au
profit de l’ensemble de la force interarmées, dans le milieu aérien et dans un ou plusieurs
autres milieux physiques, fait partie de l’ASI. Elle concerne notamment :

a. La défense aérienne40 (DA), mise en œuvre pour contrer les menaces aériennes et
missiles ennemis à travers l’espace aérien ami, qui repose sur des capacités de détection
et de contrôle et des moyens de défense air-air et de défense surface-air (DSA), et qui
peut faire partie de la défense aérienne et anti-missile intégrée (Integrated Air and Missile
Defence - IAMD41 ) de l’opération ;

b. L’utilisation sûre, efficace et flexible de l’espace aérien au profit de la liberté de manœuvre


dans la troisième dimension et de l’efficacité opérationnelle de la force interarmées, à
travers le contrôle de l’espace aérien (Airspace Control - ASC)42 ;

c. La récupération de personnel isolé (RPI/PR), lorsque le COMANFOR décide de déléguer


à une composante la coordination interarmées de la PR.

602. Dans le domaine de la défense aérienne, un commandant de la défense aérienne (Air Defence
Commander – ADC) est désigné par le COMANFOR pour assumer la responsabilité de
l’organisation de la défense aérienne dans la zone d’opérations interarmées (Joint Operation
Area – JOA) et est chargé de coordonner et d’assurer l’intégration des activités de défense
aérienne pour l’ensemble de la force interarmées.

603. Dans le domaine de l’ASC, l’utilisation de l’espace aérien par les composantes est coordonnée
par une autorité de coordination interarmées (ACI)43, l’autorité de contrôle de l’espace
aérien (Airspace Control Authority – ACA), à laquelle le COMANFOR a donné délégation à cet
effet. Sa mise en œuvre implique des entités de niveau tactique, mais également des entités et
des autorités de niveau opératif44.

40 Elle est définie par l’OTAN sous les termes, synonymes, d’Air Defence (AD) et de Defensive Counter Air (DCA).
41 IAMD : Integrated Air and Missile Defence. Le concept est complètement intégré à la doctrine américaine (Joint Publication 3-01 Countering
Air and Missile Threats - 23 mars 2012), alors qu’il n’est pas encore développé dans la doctrine de l’OTAN, qui ne traite que de la « défense
aérienne intégrée de l’OTAN », globale et permanente (NIAMD ou NATO-IAMD), et pas d’IAMD dans le cadre d’une opération spécifique. Au
niveau national, le concept d’IAMD pour une opération demeure au stade prospectif.
42 Définition : « Le contrôle de l’espace aérien (Airspace control – ASC) est une fonction interarmées majeure qui correspond à la mise en œuvre
et à la coordination d’un ensemble de procédures permettant d’améliorer l’efficacité opérationnelle de la force interarmées par une utilisation
efficace, souple et dynamique de l’espace aérien, tout en réduisant au maximum les risques liés à son utilisation (risques de collision, de tirs
fratricides ou de dommage ou de destruction parmi des tiers). » – DIA-3.3.5_CEAO-ASC(2020).
43 Voir DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Annexe A, Section I, Autorité de coordination interarmées (ACI).
44 Ce sont l’ACA (Airspace Control Authority) et le JACC (Joint Airspace Coordination Center), qui en dépend et qui planifie la gestion des ACM
(Airspace Coordination Measures) au profit de toutes les composantes afin de produire l’ACO (Airspace Coordination Order).

20
JFC : Joint Force Commander – Commandant de la Force
PCIAT : PC interarmées de théâtre
JFHQ : Joint Force Headquarters – Quartier général de forces interarmées
ACA : Airspace Control Authority – Autorité de contrôle de l’espace aérien
ADC : Air Defence Commander – Commandant de la défense aérienne
LCC : Land Component Command – Composante terrestre
JFAC : Joint Force Air Component – Composante aérienne
MCC : Maritime Component Command – Composante maritime
SOC : Special Operations Component – Composante Opérations Spéciales (dénommée
CJSOTF/Combined Joint Special Operations Task Force ou SOJTF/Special Operations Joint
Task Force dans le cas d’une opération en coalition)
ASC : Airspace Control – Contrôle de l’espace aérien
DCA/DA : Defensive Counter Air/Défense aérienne

FIG. 1. – L’ASI comme conduite en commun d’activités au profit de la force interarmées


(défense aérienne et contrôle de l’espace aérien/Airspace Control – ASC).

21
Chapitre 7
L’ASI dans le cadre des relations bénéficiaire/en appui
(RBEA)
Section I - Coordination, synchronisation, intégration
Coordination et synchronisation des manœuvres sans processus d’intégration
701. Le niveau opératif assurant la coordination et la synchronisation des manœuvres de
composantes, leur interaction, lorsqu’il n’y a pas de processus d’intégration mis en œuvre, peut
être schématisée selon la figure 2.

Coordination
Synchronisation

FIG. 2. – Schéma de principe de manœuvres coordonnées et synchronisées sans processus d’intégration


(exemple avec un JFAC et un LCC).

Coordination et synchronisation des manœuvres avec processus d’intégration


702. L’ASI dépasse la simple coexistence de manœuvres de composantes coordonnées et
synchronisées45 par le niveau opératif (figure 2) et donc déconflictées dans le temps et dans
l’espace46, au profit d’une interaction plus directe et plus étroite entre composantes aérienne,
terrestre, maritime et opérations spéciales (OS).

703. Cette interaction conduit à une forme d’imbrication des manœuvres et des activités
opérationnelles des composantes, telle que la représente la figure 3.

45 La synchronisation s’entend comme une forme particulière de coordination affinée dans le temps, l’espace et les objectifs.
46 Ségrégation spatio-temporelle, évolutive, de l’espace aérien concrétisée par l’édition régulière de l’Airspace Coordination Order.

22
Coordination
Synchronisation
INTEGRATION

FIG. 3. – Schéma de principe de l’ASI (illustration dans le cas des relations JFAC – LCC).
704. L’intégration représente donc le niveau le plus abouti des coopérations entre composantes
(l’intégration est incluse dans la synchronisation, elle-même inclue dans la coordination).

FIG. 4. – Coordination, synchronisation, intégration.

Section II - ASI et relations bénéficiaire/en appui (RBEA)


705. Lorsqu’il ne s’agit ni d’ASC, ni de DA/DCA, dans l’optique d’une meilleure efficience de la force
interarmées et dès lors qu’il y a un intérêt opérationnel à ce qu’une composante bénéficie de l’appui
d’une autre, les relations entre composantes peuvent s’inscrire dans le cadre de la mise en
œuvre de relations bénéficiaire/en appui47 (RBEA) décidées et définies par le COMANFOR48.

FIG. 5. – Couplage relations de C2/relations bénéficiaire/en appui.

47 « Supported/Supporting Relationships » pour l’OTAN dans l’AJP-3(C) en référence et les anglo-saxons, auparavant traduit par « Commandant
bénéficiaire/Commandant en soutien ».
48 Dans certains cas, les RBEA sont décidées et définies par le niveau stratégique.

23
706. Dans le cadre de l’ASI, les commandant bénéficiaire et commandant en appui sont définis comme
suit :

a. Commandant bénéficiaire : commandant qui reçoit un appui de la part d’un ou de


plusieurs commandants (commandants en appui) dans un cadre défini par une autorité
commune de niveau supérieur (ACNS). Le commandant bénéficiaire a la
responsabilité du choix, de la définition (caractéristiques, moments et lieu de réalisation)
et de la priorisation des effets qu’il demande au(x) commandant(s) en appui ;

a. Commandant en appui : commandant qui fournit un appui à un autre commandant (dit


commandant bénéficiaire) dans un cadre défini par une autorité militaire de niveau
supérieur et qui a la responsabilité de la réalisation des effets demandés par la
composante bénéficiaire (modalités de réalisation et résultats).

707. Les appuis peuvent être apportés par le feu, la manœuvre, la fourniture de moyens ou de
services, voire une combinaison de plusieurs de ces éléments, l’objectif étant à la fois :

a. De permettre au commandant bénéficiaire de conduire ses activités plus efficacement ;

b. D’obtenir un résultat opérationnel global de l’engagement des moyens de la force


interarmées, supérieur à ce qu’il serait avec un engagement des composantes
séparé et autonome, voire juste synchronisé : principe de synergie : 1+1 > 2.

708. Les composantes peuvent être bénéficiaires ou en appui, pour des missions, des activités spécifiques
ou dans des domaines opérationnels particuliers, tour à tour ou simultanément, en fonction des phases
de l’opération ou pour des périodes données et dans des espaces géographiques fixés.

709. La mise en œuvre au niveau tactique de ces relations bénéficiaire/en appui, lorsqu’elles
concernent des activités dans le milieu aérien et dans les milieux terrestre et/ou maritime, avec
application de processus combinant leurs activités respectives, correspond à de l’ASI dans les
différents domaines opérationnels concernés. Dans ce cas, il en résulte que :

a. L’ASI est la concrétisation au niveau tactique de relations bénéficiaire/en appui


décidées par le COMANFOR ;

b. L’ASI prolonge au niveau tactique la coordination et la synchronisation initiées au


niveau opératif.

710. La définition claire et précise des RBEA par le niveau opératif est essentielle et fait l’objet de toute
l’attention du COMANFOR et de son état-major. En particulier, le cadre espace-temps de chaque
relation bénéficiaire/en appui doit être clairement précisé.

Premier niveau de coordination et de synchronisation :


Niveau - des manœuvres de composantes,
- des activités de composantes de portée opérative ou stratégique49.
opératif
Relations bénéficiaire/en appui (RBEA) décidées par le COMANFOR

Coordination + Synchronisation +
Niveau de l’ASI : Intégration :
Niveau
niveau d’intégration des manœuvres - des activités de composantes,
tactique50 et des activités de composantes. - et ainsi, des manœuvres de
composantes.

49 Dans le domaine de la récupération de personnel isolé (RPI)/Personnel Recovery (PR) ou celui des missions de surveillance, acquisition
d’objectifs, renseignement, reconnaissance (SA2R)IIntelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance (ISTAR) par exemple.
50 Voir figures 4 et 6.

24
JFC : Joint Force Commander – Commandant de la Force
JFHQ : Joint Force Headquarters – Quartier général de forces interarmées
LLC : Land Component Command– Composante terrestre
JFAC : Joint Force Air Component – Composante aérienne
MCC : Maritime Component Command – Composante maritime
SOC : Special Operations Component – Composante Opérations Spéciales (dénommée
CJSOTF/Combined Joint Special Operations Task Force ou SOJTF/Special Operations Joint
Task Force dans le cas d’une opération en coalition)

FIG. 6. – L’ASI en déclinaison de RBEA.

Section III - Rôles et responsabilités des composantes


711. En cohérence avec le fait que le principe bénéficiaire/en appui n’induit pas (entre les
composantes) un rapport hiérarchique, mais une relation fonctionnelle, par laquelle sont satisfaits
les besoins du commandant bénéficiaire51, la notion d’intégration correspond à une relation
de coordination (niveau le plus abouti) entre composantes et n’implique pas la
subordination d’une manœuvre à une autre.

712. Il est cependant essentiel que chaque composante prenne en compte les contraintes des autres
et agisse dans le respect des prérogatives de chacune, définies par le COMANFOR et par la
doctrine.

713. De façon systématique, la relation bénéficiaire/en appui décidée par le COMANFOR est déclinée
en modalités d’appui entre composantes. Sous la responsabilité de la composante
bénéficiaire, elles sont définies conjointement par les composantes à partir des directives du
COMANFOR et des références doctrinales relatives au domaine opérationnel considéré, puis
présentées au COMANFOR pour validation. Y sont également précisés le dispositif et les
structures ad hoc à mettre en place. Les éventuels désaccords entre composantes non résolus
par le dialogue sont soumis à l’arbitrage du COMANFOR.

714. En particulier, la mise en place puis l’armement en personnel des éléments de liaison et des
éléments d’intégration placés au sein d’une autre composante sont décidés sur la base du

51 DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Chapitre 4, Section VI.

25
dialogue établi entre les composantes partenaires, en fonction de leurs besoins respectifs et en
prenant en compte les priorités et directives fixées par le COMANFOR52.

715. Dans le cadre défini par le COMANFOR en établissant une relation bénéficiaire/en appui, selon
les modalités d’appui qu’il a validées et dans les limites qu’il a fixées (notamment en termes de
niveau d’effort consenti ou d’allocation de ressources), les actions menées par la composante
en appui ont pour objectif de répondre de façon optimisée à l’expression des effets à obtenir
formulée par la composante bénéficiaire.

716. Pour évaluer l’opportunité d’exprimer des besoins auprès de la composante en appui et les définir
de façon adéquate, la composante bénéficiaire s’appuie sur l’expertise des éléments de liaison
et des éléments d’intégration de la composante en appui, relative aux capacités disponibles en
mesure de produire les effets souhaités par la composante bénéficiaire, et sur celle de ses
propres éléments d’intégration.

717. La composante bénéficiaire a la responsabilité :

a. Du choix et de la définition des effets dont elle demande la réalisation ;

b. De l’ordre des priorités pour leur réalisation ;

c. Du choix du moment et du lieu de leur réalisation.

718. La composante en appui a la responsabilité de la réalisation des effets attendus par la


composante bénéficiaire.

719. Dans le cadre des modalités d’appui validées par le COMANFOR et dans les limites qu’il a fixées,
la composante en appui :

a. Définit de quelle manière elle va réaliser les effets demandés et avec quels moyens, en
prenant en compte les contraintes de la composante bénéficiaire, comme les limites et les
effets à éviter que celle-ci aura définis au préalable ;

b. Conduit ses actions dans le même esprit ;

c. Garde la maîtrise de sa manœuvre et de ses actions pour réaliser les effets qu’elle a la
responsabilité de produire53.

720. L’intégration est à double sens. Il s’agit à la fois, via leurs éléments d’intégration respectifs :

a. Pour la composante bénéficiaire, d’intégrer à sa propre manœuvre, les actions et


les activités de la composante en appui, propres aux effets demandés ;

b. Pour la composante en appui, d’intégrer à la manœuvre de la composante


bénéficiaire, ses actions et ses activités propres aux effets demandés.

721. Pour limiter le recours aux arbitrages du COMANFOR en cas de désaccords entre composantes,
leur coordination doit être anticipée et initiée dès que possible dans les processus de
planification opérationnelle au niveau tactique.

Section IV - Organisation fonctionnelle et structures de C2


722. Quand une relation bénéficiaire/en appui est décidée par le COMANFOR, l’ASI se traduit par
l’imbrication d’une partie de la structure de chaque composante avec celle de la composante
partenaire.

52 Par exemple, une composante étant désignée par le COMANFOR pour être simultanément en appui de plusieurs composantes, si les
ressources de celle-ci s’avèrent insuffisantes pour armer complètement toutes les structures d’intégration nécessaires (éléments d’intégration
placés au sein d’une composante partenaire), les choix effectués résulteront de la priorisation décidée par le COMANFOR entre les missions
d’appui aux différentes composantes, pour lesquelles ont été établies des relations bénéficiaires/en appui.
53 La « maîtrise » de sa manœuvre par la composante en appui est à bien différencier de la « maîtrise des effets à réaliser » dans le cadre de
cette manœuvre, ceux-ci étant définis par la composante bénéficiaire. Aussi, même si la composante en appui garde la maîtrise de sa
manœuvre, l’évolution des besoins de la composante bénéficiaire (liée à l’évolution de la situation opérationnelle), y compris de façon
dynamique, se répercute nécessairement en une évolution de la manœuvre d’appui.

26
FIG. 7. – Imbrication des structures de composantes lorsque l’ASI s’appuie sur des RBEA.

723. Cette imbrication est plus ou moins étendue, en fonction du type d’activités concerné es et
du niveau d’intégration nécessaire, les organisations fonctionnelles mises en place pour
chaque domaine d’application de l’ASI étant adaptées aux spécificités de chaque opération.

724. Les éléments de liaison et les éléments d’intégration54 (y compris les éléments d’intégration
affectés55) servent d’interface entre les deux composantes pour :

a. Permettre à la structure de C2 de la composante en appui de planifier et de conduire les actions


et activités nécessaires à la réalisation des effets demandés par la composante bénéficiaire,
selon les priorités fixées par celle-ci (les éléments des deux composantes y participent) ;

b. Permettre à la structure de C2 de la composante bénéficiaire d’intégrer de façon adéquate


à sa manœuvre les actions et activités de la composante en appui, en planification comme
en conduite des opérations (les éléments des deux composantes y participent) ;

c. Pouvoir procéder au cours de la conduite des opérations56, de façon réactive, aux


adaptations nécessaires, en fonction de l’évolution des besoins.

54 Les aspects spécifiques aux éléments de liaison et aux éléments d’intégration sont plus amplement détaillés au chapitre 9.
55 Voir § 914.
56 En programmation, comme en exécution des missions d’appui.

27
Section V - Relation bénéficiaire/en appui et appui direct
725. Aux différents niveaux de la composante bénéficiaire où sont placés des éléments d’intégration,
la relation bénéficiaire/en appui décidée par le COMANFOR se traduit par un appui direct
(AD) de chaque élément d’intégration au commandant de l’entité qui l’accueille.

726. Pour un élément d’intégration placé au sein d’une unité ou d’une formation, l’appui direct est défini
comme l’appui fourni par cet élément d’intégration au commandant de l’unité ou de la formation
qui l’accueille, auquel il doit donner priorité, pour que sa composante d’appartenance réalise les
effets demandés par ce commandant bénéficiaire, en cohérence avec l’ensemble du besoin
exprimé par la composante bénéficiaire et dans le cadre fixé par le COMANFOR57.

FIG. 8. – Couplage relations de C2/RBEA et déclinaison des RBEA en appui direct.

Principe d’emploi des éléments d’intégration de la composante en appui placés


au sein de la composante bénéficiaire

727. De façon générale, un élément d’intégration de la composante en appui placé au sein de la


composante bénéficiaire (hors éléments affectés) :

a. Est en appui direct du commandant de l’unité ou de la formation au sein de laquelle il


est placé (volet « expression de besoins de la composante bénéficiaire vers la composante
en appui ») ;

b. Demeure sous le commandement et le contrôle (C2) de sa composante


d’appartenance (contrôle opérationnel – OPCON58 – et commandement tactique –
TACOM59) pour la réalisation des missions de la composante en appui et afin de

57 Le vocable anglo-saxon de « direct support » est traduit dans l’AAP-6 par « appui direct ». S’il est cantonné aux appuis artillerie dans la
doctrine de l’OTAN, il est étendu à tous les types d’appuis dans la doctrine des É tats-Unis. Ainsi, dans une opération interarmées
américaine, tous les éléments d’intégration placés par la composante aérienne au sein de la composante terrestre ( ASOC, TACP, JTAC)
sont en appui direct de celle-ci et demeurent sous le C2 (OPCON et TACON) de la composante arienne (le TACOM n’existe pas dans la
doctrine américaine).
58 Operational Control/Contrôle opérationnel – Voir DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Chapitre 3, Section IV.
59 Tactical Command/Commandement tactique – voir DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Chapitre 3, Section V.

28
produire les effets demandés par la composante bénéficiaire60 (volet « réponse aux
besoins de la composante bénéficiaire par la composante en appui ») ;

c. Est placé sous le contrôle tactique (TACON)61 du commandant de l’unité ou de la


formation qui l’accueille lorsqu’il s’agit d’une unité de manœuvre ;

d. Est placé sous l’autorité du commandant de l’unité ou de la formation qui l’accueille


pour tous les autres aspects qui ne relèvent pas de sa participation à la réalisation
des missions de la composante en appui62 (volet « intégration à une unité ou à une
formation de la composante bénéficiaire ») et qui sont relatifs à son placement au sein de
cette unité ou de cette formation d’accueil.

728. La continuité, jusqu’aux effecteurs chaque fois que nécessaire, de la chaîne C2 de la


composante en appui, qui relie le PC de composante aux éléments d’intégration placés au
sein de la composante bénéficiaire (hors éléments affectés), garantit la possibilité d’une
conduite adéquate des missions d’appui et d’une optimisation de la réponse aux
besoins.

729. Les éléments d’intégration de la composante en appui placés au sein de la composante


bénéficiaire sont donc sous la double autorité de leur composante d’appartenance et du
commandant de l’unité bénéficiaire, l’autorité exercée étant répartie en fonction des domaines
d’exercice du commandement.

730. Le C2 (OPCON/TACOM) exercé sur des éléments d’intégration par leur composante
d’appartenance est cadré par la RBEA à l’origine de leur mise en place, compte tenu :

a. De son objet même, par nature orienté vers la réponse aux besoins de la composante
bénéficiaire (appui direct et donc prioritaire) ;

b. Des exigences de cohésion et d’unité d’action des unités de la composante bénéficiaire


intégrant des éléments d’intégration, qui conditionnent en particulier leurs mouvements ;

c. Des prérogatives et responsabilités dans leurs zones d’opération des chefs des différents
niveaux de la composante bénéficiaire63.

731. Aussi, si ces éléments d’intégration constituent une partie de la structure de C2 de la composante
en appui64, imbriquée au sein de la composante bénéficiaire, ils ne composent pas une chaîne
de C2 autonome, dans le sens où :

a. L’action de ces éléments d’intégration et le C2 (OPCON/TACOM) qu’exerce sur eux


leur composante, pour définir, diriger et contrôler cette action, sont prioritairement
orientés vers la satisfaction des besoins de la composante bénéficiaire et vers une
optimisation de l’appui qui lui est fourni ;

60 Nota : dans son principe, la déclinaison au niveau tactique des relations bénéficiaire/en appui que représente l’ASI, s’apparente aux notions
« d’ordre à » et « d’ordre de » utilisées dans l’armée de Terre :
a. les « ordres à » (le « quoi » : ordres à caractère « tactique » du chef d’une unité interarmes définissant les effets que chaque
élément interarmes, bénéficiaire, peut attendre de l’élément d’appui artillerie, génie ou autre, qui est en appui ) : ils
correspondent aux besoins exprimés par les différents échelons de la composante bénéficiaire vers les éléments d’intégration
de la composante en appui placés à leur niveau : élaboration des effets à obtenir et expression et diffusion de ce besoin ;
b. les « ordres de » (le « comment » : ordres à caractère « technique » d’une unité d’appui, fixant la manière dont l’élément d’appui
artillerie, génie ou autre qui est en appui, va agir et manœuvrer pour répondre aux « ordres à ») : ils correspondent à l’exercice du
C2 exercé par la composante en appui sur ces mêmes éléments d’intégration et sur ses effecteurs : traduction des effets à obtenir
en ordres pour conduire la mission permettant de réaliser les effets demandés.
61 DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Chapitre 3, Section VII Tactical Control / Contrôle tactique : le contrôle tactique est la direction détaillée,
normalement limitée au plan local, des mouvements ou des manœuvres nécessaires pour exécuter les missions ou les tâches assignées.
Nota : s’agissant du TACON de moyens (élément[s] de force, bâtiment[s] ou aéronef[s]), les « manœuvres » correspondent aux
mouvements effectués par ces moyens pour se placer dans une position avantageuse vis -à-vis de l’ennemi et/ou dans
l’environnement opérationnel, afin d’être en mesure d’accomplir les missions/tâches assignées.
62 Aspects liés à la protection, au fonctionnement de l’unité ou de la formation d’accueil, au rythme de vie, à la sécurité, etc. (voir § 922.a).
63 À titre d’exemple :
- En mission de CAS (cas où la composante aérienne est en appui à la composante terrestre, bénéficiaire), le Ground Commander
bénéficiaire de l’appui aérien, peut décider, si les délais d’intervention deviennent trop longs, d’interrompre la mission de CAS et d’employer
un autre appui immédiatement disponible et dispose d’un veto jusqu’à l’ultime moment du tir de la munition ;
- Dans la zone d’opération de la composante terrestre, en deçà de la FSCL – Fire Support Coordination Line –, la conduite de missions
d’interdiction par d’autres composantes doit être autorisée et, au besoin, coordonnée avec la composante terrestre de façon à lui éviter
tout répercussion préjudiciable. Le C2 sur les éléments d’intégration « air » pour les missions d’AI qui y sont effectuées et qui est exercé
par le JFAC à travers un éventuel ASOC placé au sein de la composante terrestre, le sera en respectant ces exigences.
64 Les éléments d’intégration placés au sein de la composante bénéficiaire sont susceptibles de bénéficier de délégation de C2 de leur composante.

29
b. Le C2 exercé sur un élément d’intégration placé au sein d’une unité bénéficiaire est
limité65 et contraint66 par le transfert du TACON de cet élément au commandant de son
unité d’accueil.

732. En particulier, le C2 exercé sur les éléments d’intégration placés au sein de la composante
bénéficiaire ne permet pas à la composante en appui de modifier de sa propre initiative le
positionnement de ces éléments d’intégration. En tant qu’experte dans son domaine et pour
mieux répondre aux besoins de la composante bénéficiaire, elle doit conseiller cette dernière en
matière d’articulation du dispositif et lui proposer les réaménagements souhaitables. Cependant,
comme pour la mise en place initiale, toute réarticulation du dispositif des éléments
d’intégration demeure une décision commune issue du dialogue entre composantes,
prenant en compte leurs besoins respectifs (besoins en appui de la composante bénéficiaire et
besoins de la composante en appui pour qu’elle puisse conduire au mieux ses missions d’appuis
et répondre aux besoins exprimés) et les priorités fixées par le COMANFOR67.

733. Dans l’unité d’accueil d’un élément d’intégration placé au sein de la composante bénéficiaire, l’autorité
du commandant de cette unité relative à l’exercice du TACON de cet élément d’intégration s’appuie
sur les conseils fournis par la structure de C2 de la composante en appui (et en particulier par les
éléments d’intégration eux-mêmes) afin d’optimiser la réalisation des missions à effectuer pour
répondre à ses besoins. Il est en effet important que le positionnement d’un élément d’intégration
soit le plus possible en cohérence avec les contraintes et les besoins de la composante bénéficiaire,
tout en prenant bien en compte les contraintes et les besoins de la composante en appui lui
permettant de réaliser ses missions d’appui de façon efficace. À cet effet, un réel dialogue
de commandement entre composantes est nécessaire dès les phases de planification.

Adaptation de la manœuvre d’appui au besoin exprimé


734. L’évolution de la situation tactique peut impliquer une évolution des besoins de la composante
bénéficiaire (réorientation, modification, nouvelles priorités, etc.), notamment en phase
d’exécution et tout particulièrement face à des situations d’urgence et lors des phases de combat.

735. Il est alors essentiel que la composante bénéficiaire ait l’assurance que toutes les dispositions
sont prises immédiatement par la composante en appui (à tous les niveaux) pour adapter sa
manœuvre de façon réactive et dynamique, dans le but de répondre au mieux aux
nouveaux besoins exprimés (optimisation de l’appui).

736. Dans la mesure du possible, l’éventualité de ces situations non conformes doit être envisagée
dès la planification afin de l’intégrer dans les réflexions relatives à l’élaboration des plans.

737. Dans tous les cas, les priorités pour produire les effets demandés demeurent fixées par
la composante bénéficiaire. Si les circonstances la conduisent à les modifier, la composante
en appui se conforme à ces nouvelles priorités et adapte sa manœuvre en conséquence 68.

Emploi d’éléments d’intégration placés par une composante en appui au sein


d’une composante bénéficiaire, hors mission d’appui à celle-ci
738. Dans le cadre d’une relation bénéficiaire/en appui, un élément d’intégration placé par une
composante en appui au sein d’une composante bénéficiaire est en appui direct, et opère donc
prioritairement en appui de son unité ou de sa formation d’accueil. Sauf accord préalable entre
composantes, il n’est pas pour autant en appui exclusif de cette unité ou de cette formation.

739. D’autre part, sans perdre de vue les priorités fixées, un élément d’intégration peut, suivant le
contexte, participer simultanément à des missions en appui et hors appui à sa composante d’accueil.

740. Cependant, si sa composante d’appartenance a besoin de l’employer dans le cadre de missions


qui ne sont pas en appui de sa composante d’accueil69, elle doit obligatoirement le
coordonner avec cette composante, en anticipant au mieux cette coordination.

65 Voir § 727.c.
66 Voir § 730.
67 Les éventuels désaccords quant à l’articulation du dispositif non résolus par le dialogue sont soumis à l’arbitrage du COMANFOR.
68 La manœuvre est adaptée dans le respect du cadre de la relation bénéficiaire/en appui et des modalités de mise en œuvre associées.
69 Cas de l’emploi d’éléments d’intégration d’un JFAC (ASOC, CTA) dans la zone d’opérations de la composante terrestre et dans la zone de
responsabilité de ces éléments, dans le cadre de missions conduites par la composante aérienne :

30
741. En particulier, via un dialogue entre composantes, elle doit s’assurer que l’emploi (pas
nécessairement exclusif) à son profit de cet élément d’intégration est bien compatible avec
ses activités au profit de l’unité ou de la formation qui l’accueille (appui direct) et ne les
impacte pas.

742. Dans des circonstances particulières, la priorité donnée par le niveau opératif à certaines
missions70 pourra conduire à orienter l’emploi ponctuel d’éléments d’intégration placés au sein
d’une composante partenaire au profit de l’une ou de l’autre des composantes.

Section VI - Cas particulier de l’ALI pour les composantes terrestre et


aérienne : centre d’intégration interarmées air-sol/Joint Air-Ground
Integration Center (JAGIC)
743. Lorsque les composantes terrestre et aérienne sont amenées à interagir de façon permanente
(ou très régulière), avec la mise en œuvre de processus d’ALI, et que le niveau des activités
d’appui envisagées est suffisamment conséquent, un centre d’intégration interarmées air-
sol (Joint Air-Ground Integration Center – JAGIC) peut être mis en place au sein de l’état-major
de niveau approprié des forces terrestres71. Il constitue alors la pierre angulaire de l’ensemble de
l’intégration air-sol mise en œuvre entre composantes aérienne et terrestre.

744. Potentiellement, il participe également aux interactions avec d’autres composantes.

745. Un centre d’intégration interarmées air-sol (JAGIC) a pour objectif :

a. D’améliorer l’unité d’action et la synergie entre les deux composantes ;

b. D’assurer la pleine intégration des activités qu’elles conduisent dans et au-dessus de


la zone d’opération de la composante terrestre72, avec une mise en œuvre des
processus d’ALI plus réactive et plus dynamique.

746. Ce centre d’intégration interarmées air-sol regroupe dans une même entité :

a. Un centre d'opérations d'appui aérien/Air Support Operation Center (ASOC)


déployé par la composante aérienne, en lieu et place de l’AOCC73 dont il reprend les
fonctions ;

b. Tout ou partie du centre de coordination des appuis feux/Fire Support Coordination


Centre (FSCC) de la composante terrestre74.

747. Un centre d’intégration interarmées air-sol est adaptable et modulable en fonction de l’opération
menée, des interactions mises en œuvre entre composantes aérienne et terrestre et des fonctions
opérationnelles qui lui sont confiées75.

748. L’ASOC demeure soumis aux mêmes principes d’emploi que tous les éléments d’intégration76
d’une composante en appui, placés au sein d’une composante bénéficiaire (couplage entre leur
appui direct à la composante d’accueil et le C2 exercé sur ces éléments par leur composante77).

- Soit sans lien direct avec la manœuvre d’autres composantes, y compris de la composante terrestre (par exemple, missions condu ites
dans cadre de processus de ciblage dynamique de type TST ou missions de récupération de personnel isolé réalisées par le JFAC
dans l’AO de la composante terrestre),
- Soit en coordination avec une autre composante, comme composante en appui (cas par exemple, d’opérations spéciales), ou
comme composante bénéficiaire appuyée par une autre composante (cas de mission de GAAI appuyée par des forces spéciales
par exemple).
70 Missions de récupération de personnel ou missions conduites dans cadre de processus de ciblage dynamique de type TST, par
exemple.
71 En général, le PC de composante.
72 Il s’agit principalement des missions d’appui à la composante terrestre réalisées par la composante aérienne.
73 Centre de coordination des opérations aériennes - Air Operations Coordination Centre
74 ASOC et FSCC sont des éléments d’intégration, respectivement de la composante aérienne et de la composante terrestre.
75 Par exemple, les Strike Cells d’Erbil et de Bagdad mises en place lors de l’opération OIR (Operation Inherent Resolve) en sont une
illustration et présentent chacune des structures adaptées aux spécificités du théâtre Levant et à leur environnement opérati onnel. Elles
fonctionnent selon les principes du concept de JAGIC introduit dans la doctrine américaine en 2014 suite au retour d’expériences des
opérations en Afghanistan et en Irak. Elles disposent des éléments permettant la mise en œuvre de processus de ciblage dynami que et la
centralisation de la décision, comme de l’exécution des frappes (tirs d’artillerie et CAS de type 2 guidé par les JTAC de la Strike Cell).
76 Hors éléments d’intégration affectés.
77 Voir le § 727.

31
FIG. 9. – Centre d’intégration interarmées air-sol - Joint Air Ground Integration Center (JAGIC).

32
Chapitre 8
L’ASI dans le cadre d’une opération interarmées
particulière sous la direction du niveau opératif
ou stratégique
801. Lorsque plusieurs composantes (ou plusieurs armées, lorsqu’il n’y a pas de composantes
constituées78) ont à réaliser conjointement une opération particulière impliquant une combinaison
de leurs activités, avec l’emploi de moyens aériens et de moyens de surface (niveau d’intégration
des manœuvres et des activités de composantes ou d’armées), le COMANFOR ou le niveau
stratégique suivant le cas79, peut décider , voire être dans l’obligation, de garder à son niveau
le commandement et la direction détaillée de cette opération interarmées80.

802. Le niveau opératif ou stratégique assure alors lui-même, outre leur coordination et leur
synchronisation, la bonne intégration des manœuvres conduites par les composantes ou les
armées impliquées dans cette opération particulière81. L’intégration des manœuvres s’effectue
ainsi au niveau opératif (ou stratégique) pour sa direction, et au niveau tactique pour sa mise en
œuvre effective (voir figure 10).

FIG. 10. – Coordination, synchronisation, intégration dans le cas d’une opération


interarmées particulière sous la direction détaillée du niveau opératif.

803. À cet effet et pour garantir la bonne combinaison des activités interarmées, il intervient dans
les processus d’intégration (processus ASI) dans lesquels il joue un rôle de direction (voir
figure 11).

804. Pour renforcer le PCIAT (ou le CPCO82) pour la planification et la conduite d’une opération
interarmées particulière et l’aider à assurer la bonne intégration des manœuvres de niveau
tactique, une équipe interarmées de conseil et de coordination spécialisée peut être créée à partir
de personnel des composantes ou des armées impliquées83.

805. Pour faciliter les relations entre niveaux opératif (ou stratégique) et tactique, le PCIAT (ou le
CPCO) est renforcé en tant que de besoin par des éléments de liaison fournis par les
composantes ou les armées, tandis qu’au niveau tactique, pour faciliter les relations entre
composantes, chacune place des éléments de liaison aux différents niveaux des composantes
ou armées partenaires où c’est utile84.

806. Lorsque le COMANFOR choisit de ne pas garder à son niveau la direction détaillée d’une
opération interarmées spécifique, afin de garantir la bonne intégration des manœuvres
interarmées conduites, il lui revient alors de décider :

a. Soit de la mise en place d’une composante fonctionnelle85;

78 A l’occasion d’opérations d’entrée en premier par exemple.


79 Configuration correspondant soit à une décision du niveau stratégique, soit à l’absence d’un niveau opératif adapté. Typiquement, la réalisation
de frappes stratégiques ou des opérations d’entrée en premier conduites depuis le territoire national avec projection de moyens par OAP
peuvent correspondre à cette configuration.
80 Cf DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), chapitre 2, Section VI – Interpénétration des niveaux
81 C’est le cas par exemple pour les missions conduites dans cadre de processus de ciblage dynamique de type Time Sensitive Target (TST),
certaines opérations aéroportées, la récupération de personnel isolé (RPI) ou les missions de frappes stratégiques par missiles de croisière.
82 Centre de planification et de conduite des opérations.
83 Par exemple, dans le cas d’une opération aéroportée, une « cellule de coordination de l’opération aéroportée » (Airborne Operation
Coordination Team - AbnOCT) est placée au sein du PCIAT ou du CPCO.
84 Mise en place sur décision du niveau opératif (ou stratégique) ou sur décision conjointe des composantes (ou des armées).
85 Cette option est principalement envisagée dans un cadre multinational, pour une opération de l’OTAN ou une opération en coali tion.

33
b. Soit d’établir une RBEA.

FIG. 11. – Interactions des activités entre composantes dans le cadre d’une opération
interarmées particulière sous la direction et le contrôle détaillés du niveau opératif86.

86 Pour une opération interarmées particulière conduite sous la direction du niveau stratégique, le schéma est identique mais av ec le CPCO
en lieu et place du PCIAT.

34
Chapitre 9
Éléments de liaison et éléments d’intégration
Section I - Éléments de liaison
901. La bonne mise en œuvre de l’ASI nécessite la pleine intégration réciproque au sein des
composantes, d’éléments de liaison au niveau des commandements de ces composantes et
de tous les échelons de niveau inférieur, là où la mission l’impose.

902. Leur présence est essentielle pour permettre à chacune :

a. De fournir à ses homologues les informations relatives à ses capacités et à ses limitations,
ainsi que toutes les informations utiles à la planification et à la conduite de sa manœuvre ;

b. De dialoguer et d’échanger avec ses partenaires, autant que nécessaire, afin de garantir
la mise en synergie et les bonnes coordination et synchronisation de leurs manœuvres et
de leurs activités respectives.

903. Ils assurent aux différents échelons des composantes partenaires, des fonctions de conseiller,
d’expert de leur composante et de force de proposition sur les possibilités d’appui disponibles,
voire également sur les modalités d’intégration des activités.

904. Ayant acquis des connaissances et des compétences croisées sur les autres milieux, ils
contribuent activement à la cohérence des actions des composantes en matière de coordination
des manœuvres et de recherche de synergie entre composantes.

905. Chacun à leur niveau, ces éléments de liaison jouent un rôle essentiel dans la fluidité des
échanges, la connaissance des besoins opérationnels des composantes partenaires, des
moyens disponibles et des effets que les moyens de leur composante sont à même de produire.

906. L’ASI atteint sa pleine dimension lorsque chaque composante comprend et prend en compte
l’incidence de ses actions sur la conduite de la manœuvre des composantes partenaires.
Les éléments de liaison jouent un rôle essentiel en ce sens.

907. Représentants de leur composante auprès d’une autre composante, ces éléments de liaison
demeurent subordonnés à leur composante d’origine (maintien sous le C2 de leur composante /
OPCON, TACOM), mais obéissent aux ordres et aux directives du commandant de l’unité qui les
intègre pour les aspects liés aux mouvements (exercice du TACON transféré au commandant de
l’unité d’accueil87), à la protection, au fonctionnement de l’unité ou de la formation d’accueil, au
rythme de vie, à la sécurité, etc. (voir chapitre 7).

908. Ces éléments se limitent à la liaison et au conseil, sans rôle actif dans les processus d’intégration.

Section II - Éléments d’intégration


909. La bonne mise en œuvre de l’ASI nécessite des éléments d’intégration, qui se définissent par
leur rôle actif dans la mise en œuvre des processus d’intégration des activités et des
manœuvres de composantes : ils mènent des actions directement à cet effet.

910. En fonction du domaine opérationnel concerné et du type de processus ASI mis en œuvre,
chaque composante utilise :

a. Des éléments d’intégration qu’elle place au sein de la structure de la composante partenaire ;

b. Des entités de sa propre structure, qui participent directement aux processus d’intégration
et exercent ainsi en son sein une fonction d’élément d’intégration88.

87 Cf DIA-3.0_L1_CEO_HTN(2019), Annexe A, Section II, Subordination des éléments de liaison et des éléments d’intégration détachés.
88 Ce sont par exemple les Fire Support Coordination Centers (FSCC) placés aux différents niveaux du JFLC. Au sein d’un JFAC-HQ (JFAC
Headquarters), les divisions Combat Plans et Combat Operations, organes majeurs, qui participent également directement, respectivement
pour la conduite des opérations aéroterrestres et pour celle des opérations aériennes, aux processus d’intégration mis en œuvre pour différents
domaines d’application de l’ASI.

35
911. Outre leur rôle d’intégrateur, les éléments d’intégration placés au sein d’une composante
partenaire, exercent des fonctions de liaison et de coordination entre composantes89.

912. Certains éléments d’intégration peuvent être impliqués dans différents domaines d’application de
l’ASI, que ce soit dans le cadre de relations bénéficiaire/en appui ou pour la réalisation en
commun d’actions au profit de la manœuvre interarmées90.

913. Les éléments d’intégration peuvent être :

a. Soit des entités spécifiquement dédiées à la mise en œuvre de processus d’intégration ASI ;

b. Soit des organes de composantes aux compétences plus larges, mais qui exercent, entre
autres fonctions, un rôle d’intégrateur pour un ou plusieurs domaines d’application de l’ASI91.

Cas particulier des éléments d’intégration affectés ou mis à disposition pour


emploi auprès d’une composante partenaire
914. Les éléments d’intégration peuvent être affectés à une unité d’une autre composante, qu’ils
intègrent alors complètement et dont ils deviennent un élément à part entière (contrairement
aux éléments d’intégration simplement détachés, qui continuent « d’appartenir » à leur
composante d’origine). Ils passent sous l’OPCON du commandant de la composante où ils
sont affectés92. Ils sont intégralement sous le C2 (OPCON/TACOM/TACON) de leur
composante d’accueil et relèvent de l’autorité hiérarchique et fonctionnelle du commandant de
l’unité où ils sont placés.

915. Les éléments d’intégration d’une composante peuvent aussi être mis à disposition pour emploi
auprès d’une composante partenaire. S’ils continuent bien appartenir à leur composante
d’origine, laquelle en conserve l’OPCON, leur TACOM est transféré au commandant de l’unité de
la composante partenaire à laquelle ils sont intégrés et mis à disposition pour emploi. Celui-ci
définit et attribue aux éléments d’intégration des missions et/ou des tâches en demeurant dans
le cadre d’emploi fixé par leur contrôleur opérationnel (commandant de la composante
d’origine)93.

Compléments relatifs aux éléments d’intégration lorsqu’est établie une relation


bénéficiaire/en appui (hors éléments d’intégration affectés ou mis à disposition
pour emploi auprès d’une composante partenaire)
916. Lorsqu’est établie une relation bénéficiaire/en appui, les éléments d’intégration demeurent
sous l’OPCON de leur composante d’appartenance, qui en conserve le TACOM. Ils participent,
sous le C2 de leur composante, aux processus mis en œuvre pour réaliser les missions d’appui
au profit de la composante bénéficiaire et produire les effets demandés et pour assurer la
bonne intégration des actions d’appui menées avec la manœuvre de la composante
bénéficiaire.

89 Les éléments d’intégration sont des éléments de liaison aux prérogatives dépassant les seuls rôles de liaison, de conseil et d’apport
expertise.
90 Typiquement, les éléments d’intégration de la structure fonctionnelle du CAS, domaine d’application de l’ASI de la première catégorie
(voir § 209), font aussi partie de la structure fonctionnelle de l’ASC, domaine d’application de l’ASI de la seconde catégorie.
91 C’est typiquement le cas des divisions Combat Ops ou Combat Plans d’un JFAC ou des FSCC d’une composante terrestre, pour
lesquels leur rôle d’élément d’intégration pour un ou plusieurs domaines d’application de l’ ASI ne correspond qu’à une partie de leur
champ de compétences.
92 Les éléments d’intégration affectés remplissent des fonctions qui n’exigent pa s de compétences spécifiques à leur composante
d’origine et ne requièrent pas leur maintien au sein de sa structure de C2, contrairement aux éléments d’intégration détachés.
C’est le cas des JTAC (Joint Terminal Attack Controller), qui exercent une fonction à laquelle peut être formé du personnel des différentes armées.
Ce n’est pas le cas des CTA (contrôleur tactique air), qui outre leur qualification JTAC, sont détenteurs d’une expertise et d’une culture
spécifiques qui leurs sont nécessaires pour assumer l’ensemble de leurs fonctions :
- Expertise « air » pour leur fonction de conseiller au profit de la manœuvre terrestre (en planification comme en conduite et
évaluation des actions).
- Aptitude à la gestion de la manœuvre aérienne pour leur rôle en phase d’exécution de cette manœuvre (avec délégation possible du
TACON sur des aéronefs sous TACOM du JFAC) et dans un cadre spatial élargi (alors qu’elle demeure locale et géographiquement
concentrée pour un JTAC, limitée à la mission d’appui aérien rapproché et sans exercice de TACON sur des vecteurs aériens).
93 La composante d’origine :
- Continue donc à assurer la direction globale de leur emploi (c’est-à-dire la définition des types d’activités, de missions, de tâches qu’ils
peuvent effectuer et la définition des modalités et du cadre temporel et spatial de leur emploi – zones ou sites de déploiement, possibles) ;
- Mais en transfère la direction détaillée au commandant de l’unité d’accueil (transfert de la partie TACOM du contrôle opérationnel). Cf DIA-
3.0_L1_CEO_HTN(2019), chapitre 3, Section IV – Contrôle opérationnel - OPCON et Section V – Commandement tactique - TACOM.

36
Cas particulier des éléments d’intégration de la composante bénéficiaire placés au sein
de la composante en appui

917. Outre des éléments de liaison, la composante bénéficiaire doit aussi, dans certains domaines
opérationnels, placer des éléments d’intégration au sein de la composante en appui94. Ils sont
essentiels à la bonne prise en compte par cette dernière des besoins de la composante
bénéficiaire et participent directement aux processus d’intégration associés.

918. En particulier, grâce aux échanges entretenus avec les éléments concernés de la composante
bénéficiaire, ils jouent un rôle important lors de l’élaboration du plan d’opérations de la
composante en appui, notamment pour la définition des potentielles situations non
conformes, ce qui permet de maximiser la réactivité de la composante en appui et d’assurer
la bonne compréhension par la composante bénéficiaire des limites de l’appui qui peut lui être
fourni.

Cas particulier des éléments d’intégration de la composante en appui placés au sein


de la composante bénéficiaire95

919. Les éléments d’intégration de la composante en appui peuvent être mis en place au sein de la
composante bénéficiaire :

a. Pour que leur composante puisse produire dans les meilleures conditions possibles les
effets demandés par la composante bénéficiaire ;

b. Pour que les actions et activités conduites à cet effet soient intégrées à la manœuvre de
la composante bénéficiaire.

920. Pour ce faire, ils agissent en lien étroit avec des organismes de la composante bénéficiaire
(généralement eux-mêmes éléments d’intégration), en étant placés auprès d’eux96 ou intégrés à
eux97.

921. Dans le cas d’un ASOC, celui-ci est directement intégré, avec le FSCC correspondant, au sein
d’un centre d’intégration interarmées air-sol (JAGIC). Il se substitue alors à l’AOCC, dont il
reprend les fonctions98.

922. Dans le cas des éléments d’intégration placés au sein d’une unité de manœuvre99 :

a. Même s’ils demeurent sous le C2 de leur composante d’origine, ils obéissent aux ordres
et aux directives du commandant de l’unité bénéficiaire qui les accueille :

(1) Pour les aspects mouvements, leur TACON étant transféré au commandant de
l’unité d’accueil (même s’ils apportent leur expertise de milieu et conseillent le
commandant de l’unité hôte sur la meilleure manière d’être manœuvrés pour
optimiser leur mission d’’appui, leurs mouvements s’effectuent sous son autorité
– exercice du TACON –, en cohérence avec la manœuvre de l’unité intégrée100),

(2) Pour tous les autres aspects qui ne relèvent pas de leur participation à la
réalisation des effets demandés à la composante en appui, tels que ceux liés à
la protection, au fonctionnement de l’unité ou de la formation d’accueil, au rythme
des activités, à la sécurité, etc.

94 C’est le cas des Battlefield Coordination Elements (BCE) ou Battlefield Coordination Detachments (BCD) placés par la composante terrestre
au niveau d’un JFAC HQ ou d’un MAOC (Maritime Air Operation Center).
95 Voir aussi le chapitre 7 « L’ASI dans le cadre des relations bénéficiaire/en appui – Rôle des composantes ».
96 C’est le cas par exemple d’un élément ou détachement de coordination du champ de bataille (Battlefield Coordination Element/BCE ou
Battlefield Coordination Detachment/BCD), qui dans un JFAC, est placé auprès des divisions Combat Plans et Combat Operations.
De façon identique, c’est aussi le cas d’un AOCC(L) ou d’un ASOC du JFAC au sein d’un état-major de LCC, co-localisé avec le FSCC de
cet état-major, avec lequel il opère en très étroite coordination.
97 C’est le cas par exemple :
- Pour un module CTA (Contrôleur Tactique Air), intégré à la Cellule Appuis-3D d’une BIA (Brigade Interarmes) ou au DLOC
(Détachement de Liaison, Observation et Coordination) d’un GTIA (Groupement Tactique Interarmes) dans le cas d’un DLOC
renforcé ;
- Ou pour un détachement de liaison « drones » ou « chasse » intégré au sein d’un J3/ALI.
98 Voir § 743 et suivants.
99 Il s’agit par exemple des formations de la composante terrestre [division (DIV), brigade interarmes (BIA), groupement tactique interarmes
(GTIA)] à la différence d’un PC (poste de commandement de la force opérationnelle terrestre/PC FOT).
100 Voir chapitre 7.

37
b. S’ils ne peuvent être employés par leur composante en autonomie vis-à-vis de leurs unités
hôtes sans accord et coordination préalables entre composantes101, a contrario, ils ne
peuvent être utilisés par les commandants des unités qui les accueillent, en dehors du
cadre fixé à leur mission par la relation bénéficiaire/en appui établie par le COMANFOR
ou en dehors de leur domaine de responsabilité (défini par la doctrine et par les modalités
d’appui déclinées en commun par les composantes et validées par le COMANFOR).

Éléments d’intégration de la composante des opérations spéciales

923. Lorsque la composante OS est concernée, l’interface avec les autres composantes s’effectue
souvent par le seul biais d’éléments de liaison et d’éléments d’intégration placés par la
composante forces spéciales au sein de la ou des composantes partenaires.

Compléments relatifs aux éléments d’intégration mis en œuvre dans les


domaines de l’ASC et de la DA/DCA
924. Les éléments d’intégration mis en œuvre dans les domaines de l’ASC et de la DA/DCA demeurent
sous l’OPCON de leur composante d’appartenance. Les éventuelles délégations de C2 et les
éventuelles relations d’appui les concernant sont précisées dans leurs corpus doctrinaux
respectifs.

101 Voir § 738 à 742.

38
Section III - Principaux éléments de liaison et éléments d’intégration

Composante d’appartenance

LCC MCC JFAC JSOTF/SOC

ALE106 SOLE111
LLE102 MLE104 ALO107
Éléments de liaison SOCCE112
LLO103 MLO105 TACP108
AOCC (L)109
AOCC (M)110

BCE/BCD
FSCC Corps* JFAC-HQ/Div Cbt Plan*119
FSCC DIV* MCE 115 JFAC-HQ/Div Cbt Ops*120
JAC*124
Éléments d’intégration ASOC
FSCC BIA* SACC116* J3/ALI125*
DASC113 TACC117* CTA
(hors éléments affectés) JTAC organiques*
DLOC* FAC(A)118* FAC(A)*
OCF114* D-CRC*121/DARS*122
JTAC organiques* AWACS*123

Éléments d’intégration affectés JTAC JTAC

* Éléments d’intégration qui exercent leur rôle d’intégrateur au sein de leur propre composante.

102 Élément de liaison Terre - Land Liaison Element.


103 Officier de liaison Terre - Land Liaison Officer.
104 Élément de liaison Marine - Maritime Coordination Element.
105 Officier de liaison Marine - Maritime Liaison Officer.
106 Élément de liaison Air - Air Liaison Element.
107 Officier de liaison Air - Air Liaison Officer.
108 Elément de contrôle aérien tactique - Tactical Air Control Party.
109 Centre de coordination des opérations aériennes auprès de la composante terrestre - Air Operations Coordination Centre (Land).
110 Centre de coordination des opérations aériennes auprès de la composante maritime - Air Operations Coordination Centre (Maritime).
111 Élément de Liaison des Opérations Spéciales - Special Operations Liaison Element.
112 Elément de commandement et de contrôle des opérations spéciales - Special Operation Command and Control Element.
113 Direct Air Support Center.
114 Officier de Coordination des Feux.
115 Élément de coordination maritime - Maritime Coordination Element.
116 Supporting Arms Coordination Centre.
117 Centre de contrôle aérien tactique - Tactical Air Control Centre.
118 Forward Air Controller(Airborne).
119 Division Combat Plans du JFAC-HQ (JFAC Headquarters), en charge de la programmation des missions aériennes.
120 Division Combat Operations du JFAC-HQ, en charge de l’exécution des missions aériennes.
121 Deployed Control and Reporting Center.
122 Deployable Air control Centre/Recognized air picture production Centre/Sensor fusion posts.
123 Système aéroporté de détection et de contrôle - Airborne Warning and Control System.
124 Joint Air Cell.
125 J3/Air Land Integration.

39
C2 (OPCON, TACOM)

Éléments de liaison

Élément d’intégration

Élément d’intégration affecté ou mis à disposition pour emploi

Relations bénéficiaire/en appui (RBEA)


Appui direct
Interactions entre éléments de d’intégration

(1) (2) : Lorsqu’il n’y pas lieu de mettre en place un ASOC, il n’y a pas de JAGIC, mais un FSCC et un AOCC (L) mis en place par le
JFAC.
(3) : Theater Air Control System (Système de commandement et de contrôle de la composante aérienne)126.
(4) (5) : un module CTA peut être placé niveau GTIA (dans le cadre d’un DLOC renforcé).
(6) : une Joint air Cell (JAC) est activée au sein du PC. À défaut, un J3 Air Land Integration (J3ALI) est armé.

FIG. 11. – Schéma général (non exhaustif) de l’ASI – Relations C2, RBEA et éléments de liaison et d’intégration127

126 Le TACS (Theatre Air Control System) est le système de commandement et de contrôle de la composante aérienne, constitué du JFAC HQ et
des éléments déployés du TACS qui lui sont subordonnés : AWACS, D-CRC, ASOC, Surface-to-Air Missile Operations Centre (SAMOC),
plates-formes SCAR, FAC(A), etc. Il permet la planification et la conduite des opérations aériennes et est modulable et adapté aux missions de
la composante et à l’environnement opérationnel.
127 Ce schéma n’est pas une représentation exhaustive de l’organisation générale d’une force interarmées pour ses aspects relatifs au C2 et aux
potentielles relations « bénéficiaire/en appui ».

40
Chapitre 10
Facteurs d’efficacité de l’ASI
Section I - Dialogue entre composantes, connaissance et confiance
mutuelles
1001. Dialogue entre composantes, de même que connaissance et confiance mutuelles sont
indispensables à l’unité d’action et à l’efficience de la force interarmées.

1002. La bonne mise en œuvre de l’ASI requiert un rapprochement des logiques et des cultures
d’armée. Il nécessite, dès le temps de paix, le développement du dialogue et d’une meilleure
connaissance mutuelle entre armées.

1003. La connaissance mutuelle, associée à l’habitude d’opérer conjointement avec un niveau


d’intégration éprouvé, permet en particulier à la force interarmées, lors de la phase initiale d’une
opération, d’atteindre plus aisément sa pleine efficience opérationnelle.

1004. La confiance entre composantes découle naturellement de l’assurance pour chaque


composante, de bénéficier dans les différents domaines où elle est désignée « composante
bénéficiaire » par le COMANFOR, d’un appui optimisé128 de la part des composantes en appui,
pour réaliser les effets qu’elle demande (y compris de façon dynamique) selon les priorités qu’elle
fixe.

Section II - Doctrine
1005. La doctrine spécifique à chaque domaine d’application de l’ASI doit décliner les aspects
relatifs à cette dernière et en préciser les apports. Dans son rôle de guide pour la conduite de
l’action, la doctrine doit présenter les capacités mises en œuvre, les principes et les modalités
d’interaction et d’intégration entre les activités et les manœuvres des différentes composantes,
et préciser clairement les prérogatives de chacune ainsi que la répartition adéquate des
responsabilités.

1006. Cette doctrine doit être interopérable et cohérente avec celles de nos alliés (engagement au sein
de coalitions ad hoc ou au sein de l’OTAN).

Section III - Ressources humaines


1007. La bonne mise en œuvre de l’ASI nécessite du personnel :

a. Ayant acquis des compétences particulières relatives aux opérations des autres
composantes via la tenue d’un emploi, le suivi de formations spécifiques ou l’acquisition
de qualifications éprouvées notamment lors d’exercices réguliers ;

b. Disposant, en fonction de son rôle dans les structures de composantes, d’une


connaissance et d’une compréhension suffisantes des modes d’action des autres
composantes et des effets que les moyens de leur propre composante peuvent produire
au profit de composantes partenaires.

1008. L’armement des postes d’éléments de liaison et d’éléments d’intégration en opération (mais
également en exercice interarmées) est essentiel. Il doit être pris en compte dès les premiers
stades des travaux de génération de forces.

1009. La disponibilité de personnel formé, ayant l’expertise et l’expérience adéquates pour armer ces
postes, demande un investissement en matière de ressources humaines de la part des armées.
Cet effort RH conditionne la bonne mise en œuvre de l’ASI et donc l’efficience des forces
en opération.

128 Dans le cadre défini, selon les modalités validées et dans les limites fixées (en particulier en termes de niveau d’effort consenti ou d’allocation
de ressources) par le COMANFOR pour la RBEA mise en place.

41
1010. Outre les compétences et les connaissances requises, le respect du bon niveau de
représentation des personnels intégrés à une composante partenaire, en particulier au niveau
des échelons supérieurs, est nécessaire.

1011. Ces personnels doivent être dotés de, ou avoir accès aux moyens matériels (SI en particulier)
nécessaires à la bonne exécution de leur mission.

Section VI - Équipements
1012. L’ASI s’appuie sur des technologies et des matériels qui doivent être performants, robustes,
protégés, en particulier contre les menaces cybernétiques, conformes aux exigences
d’interopérabilité entre composantes et en interalliés et dotés d’une ergonomie adaptée à
l’environnement opérationnel et privilégiant la facilité de mise en œuvre.

1013. Ils concernent, entre autres :

a. Les domaines des SI (réseaux, systèmes de messagerie et systèmes géographiques en


particulier) et des liaisons d’échange de données (dont les LDT), pour lesquels les aspects
de sécurité (protection, intégrité, disponibilité et confidentialité) et de capacité (débits et
bandes passantes disponibles) sont majeurs ;

b. Les systèmes d’armes (précision, diversification des effets) ;

c. Les capteurs et systèmes d’exploitation et de fusion du renseignement ;

d. Les capacités opérationnelles des effecteurs (pods de désignation, SATCOM129 dont


principalement les liaisons TACSAT130, RVT131, FMV132, etc.).

1014. En matière d’interopérabilité des SI, la problématique des différences de niveau de classification
doit être prise en compte dès la conception des systèmes133.

1015. Le développement des technologies et des matériels doit viser l’amélioration de l’efficience
opérationnelle134 avec un effort en particulier sur les aspects digitalisation et connectivité et sur
l’ergonomie, tout en prenant en compte les exigences de sécurité de la force et des tiers
(prévention des tirs fratricides et des dommages collatéraux) et en permettant aux ensembles
fonctionnels mis en œuvre de présenter de bonnes capacités de résilience (redondance
éventuelle, robustesse, rusticité des systèmes, etc.). La protection vis-à-vis des vulnérabilités
critiques inhérentes aux évolutions technologiques est également essentielle (effort en particulier
sur l’intégrité des données et plus généralement, sur la protection cybernétique).

1016. En opérations, les SIC des éléments de liaison et des éléments d’intégration, sont fournis par la
composante d’appartenance, éventuellement complétés par ceux de la composante bénéficiaire.

1017. Dès la conception des matériels, la possibilité d’un entraînement aisé et réaliste des personnels
doit également être recherchée, en ayant recours en particulier à la simulation.

Section V - Procédures et modes opératoires


1018. Dans les différents domaines opérationnels où elle est mise en œuvre, l’ASI nécessite
l’élaboration de procédures et de modes opératoires conformes aux exigences d’interopérabilité
entre composantes, avec l’OTAN et avec nos principaux alliés. L’interopérabilité des procédures
est complémentaire et intimement liée à celle des matériels.

1019. Décrits dans les publications relatives aux différents domaines opérationnels concernés, les
procédures et les modes opératoires doivent demeurer ouverts aux évolutions, en fonction du
retour d’expériences des opérations et des opportunités offertes par les évolutions
technologiques.

129 Satellite Communications - Télécommunications par satellite.


130 Tactical Satellite
131 RVT : Remote Video Terminal.
132 FMV : Full Motion Video.
133 Les forces aériennes, terrestres, navales et spéciales sont contraintes, dans les activités menées conjointement, par des niveaux de
classification de leurs systèmes très souvent différents, allant du « non protégé » au « NATO Secret » (FMV en liaison ROVER, Liaison 16,
postes radio PRC-117 embarqués ou au sol, etc.).
134 En particulier l’accélération de la boucle OODA (Observation – Orientation – Décision – Action).

42
Section VI - Entraînement
1020. Les exigences liées à l’ASI nécessitent, dans ses différents domaines de mise en œuvre, une
préparation opérationnelle interarmées aux niveaux opératif et tactique, via la définition de
normes de préparation opérationnelle, associées à la réalisation d’exercices. Au final, l’objectif
est bien de s’entraîner comme au combat et de combattre comme à l’entraînement.

43
Annexe A
Mise en perspective historique de l’intérêt militaire
pour l’ASI
A01. L’ASI n’est pas un concept nouveau, mais l’évolution d’une pratique connue et développée depuis
la seconde guerre mondiale, suite à la montée en puissance de la composante aérienne en tant
que troisième composante, imposant de facto un besoin de coordination entre composantes.

A02. C’est un concept essentiel dont la finalité demeure immuable, mais dont la mise en œuvre évolue
régulièrement sous l’effet conjugué des progrès technologiques et des cadres tactiques rencontrés.

A03. Au cours de l’histoire militaire, la notion d’intégration des manœuvres est toujours réapparue à
l’occasion de conflits pour se développer au fil des engagements 135, tandis qu’elle se perdait et
était délaissée durant les périodes sans engagements militaires significatifs et durables.
L’analyse historique en fait un principe de réalité : à l’épreuve du feu et face à l’ennemi, le
besoin d’ASI s’impose naturellement et devient une nécessité, particulièrement lorsque les
composantes ont des activités imbriquées, avec un risque d’actions fratricides élevé.

A04. Dans les années 2000, le concept d’ALI a été porté par les Américains et les Britanniques,
souvent tiré par une vision développée par leurs forces spéciales et s’appuyant sur le retour
d’expérience des opérations en Irak et en Afghanistan.

A05. En France, dans la période récente, ce sont les forces spéciales qui les premières, ont développé,
en intra-composante, mais aussi en interaction avec d’autres, les principes de l’ASI
(principalement air-sol) et ont été les plus innovantes dans ce domaine. Elles ont replacé
l’intégration au cœur des opérations, en recherchant un emploi optimisé des moyens terrestres
comme aériens, qu’ils soient organiques ou non. Pour les forces conventionnelles, également en
relation avec les OS, c’est le développement de l’appui aérien rapproché et de l’appui aérien
renseignement qui a principalement servi de catalyseur au renouveau de l’ASI.

A06. Ce renouveau a été favorisé par la typologie des conflits récents, asymétriques pour la plupart,
marqués par une maîtrise de l’air permettant aux forces aériennes d’évoluer sans contraintes
majeures et de couvrir l’ensemble du spectre de leurs missions et en particulier celles en forte
interaction avec les troupes au sol.

A07. Sur cette base, la plus-value, souvent décisive, d’une combinaison des effets obtenus depuis le
sol et depuis les airs s’est naturellement affirmée face à une menace fugace et difficile à
discriminer au milieu des populations. Avec des forces disséminées sur de très vastes zones
d’opérations, l’ascendant sur l’ennemi peut être pris dès lors qu’elles disposent, malgré les
distances, de la réactivité nécessaire et de la capacité de concentrer dans un espace-temps réduit
leurs actions et les effets produits. En complémentarité avec les appuis feux de la composante
terrestre et les éventuels appuis feux navals, les qualités propres de l’arme aérienne (réactivité,
allonge, persistance, flexibilité, puissance de feu, effet de surprise) ont pu être valorisées pour
répondre aux exigences de cet environnement opérationnel particulier et aux défis présentés par
l’ennemi.

A08. Le second facteur à avoir favorisé le renouveau de l’ASI tient aux évolutions technologiques
de ces vingt dernières années, qui ont permis aux composantes aérienne et maritime (pour ses
aéronefs) de répondre aux besoins exprimés en temps réel par les forces au sol, avec plus de
souplesse et d’efficacité, grâce :

a. À la polyvalence des plateformes, désormais capables de remplir successivement


plusieurs missions au cours d’une même sortie aérienne ;

b. Au développement de nouveaux équipements de communication et de transmission de


données permettant les échanges de données (en particulier entre les aéronefs et les
éléments au sol) et le partage en temps réel d’une situation tactique ;

c. À l’amélioration des matériels et techniques produisant les effets demandés : armement


(précision, variété des charges explosives, etc.), capteurs renseignement, systèmes de
largage, etc.

135 Forces américaines durant la seconde guerre mondiale, au Vietnam, puis en Irak et en Afghanistan. Armée française en Indochine, en Algérie
et plus récemment, depuis l’Afghanistan.

44
Annexe B
Apports et intérêt de l’ASI pour les composantes et le
COMANFOR
B01 De façon générale, l’ASI contribue de façon essentielle au respect des principes traditionnels de
l’action militaire, rappelés par le concept d’emploi des forces, la liberté d’action, l’économie des
forces et la concentration des efforts, celle-ci ne se limitant pas à une concentration de forces,
mais se traduisant par la mise en synergie de capacités complémentaires. Elle permet d’aller au-
delà, en cohérence avec les principes développés par la réflexion prospective interarmées sur
l’environnement opérationnel futur : elle favorise l’intégration des effets et elle renforce l’initiative
et la liberté d’action des composantes, en même temps que l’unité d’action de la force
interarmées, au profit de la cohésion, de la cohérence de son action et de l’efficience
opérationnelle globale de la force interarmées.

Section I – Apport et intérêt de l’ASI pour le COMANFOR et l’efficacité de


la campagne interarmées

B02 Le meilleur partage de la compréhension de la situation et la meilleure efficacité des manœuvres


de composantes apportées par l’ASI profitent directement au COMANFOR, avec une cohésion
renforcée, une unité d’action améliorée et une meilleure efficience globale de la force
interarmées et avec une optimisation de l’emploi des capacités disponibles.

B03 L’aptitude des composantes à travailler de façon intégrée lui offre plus de latitude, plus de
souplesse et des possibilités élargies pour la conduite de la campagne. Elle lui permet de
recourir avec plus de facilité et d’efficacité au principe « Commandant bénéficiaire/
Commandant en appui », pour tirer profit de la complémentarité de leurs capacités et de leurs
potentielles synergies. Le COMANFOR dispose d’une marge de manœuvre étendue pour
procéder aux bascules d’effort qu’il juge appropriées.

B04 La capacité des composantes à respecter le rythme des opérations fixé par le COMANFOR est
également améliorée.

Section II – Apport et intérêt de l’ASI pour les composantes


Efficacité des manœuvres de composantes
B05 La mise en œuvre de l’ASI améliore l’efficacité des manœuvres de composantes grâce :
a. À la possibilité pour une composante de bénéficier d’un plus grand nombre de modes
d’action possibles (avec un éventail plus large d’effecteurs, aux capacités variées et
complémentaires) offrant en particulier une capacité accrue de concentration des efforts
et des possibilités élargies pour produire des effets ;
b. À la connaissance et à la pleine compréhension par chacune, des besoins et
intentions des partenaires, mais aussi des capacités qu’elles offrent, permettant ainsi
une optimisation des appuis mutuels ;
c. À une accélération de la boucle OODA136 et du tempo des opérations : meilleure
connaissance mutuelle entre composantes, plus grande fluidité des échanges et partage
d’une Situational Awareness (SA) commune et plus complète qui facilitent les prises de
décisions rapides ;
d. Aux évolutions technologiques et au développement de matériels qui permettent la
conduite d’activités opérationnelles plus fortement imbriquées ;
e. À la possibilité pour une composante de voir ses vulnérabilités réduites ou compensées
par l’action de composantes partenaires.

136 Observation – Orientation – Décision – Action.

45
Amélioration de la liberté d’action et de la capacité d’initiative des commandants
de composantes

B06 En cohérence avec le principe de liberté d’action137, les commandants de composantes disposent
d’une plus grande liberté dans le choix des modes d’action pour conduire leur manœuvre et
atteindre les effets recherchés.

B07 L’ASI leur permet de tirer profit d’une manœuvre rendue plus efficace que si elle était conduite en
autonome ou avec un recours plus limité et moins aisé aux appuis des autres composantes.

B08 Dans les différents domaines opérationnels concernés, le développement de l’ASI dès le temps
de paix, sous tous ses aspects (domaines DORESE138), facilite la mise en œuvre des relations
bénéficiaire/en appui décidées par le COMANFOR grâce à une meilleure préparation des
composantes.

B09 Sur la base du dialogue entre composantes, le développement de l’ASI sert également de
catalyseur pour qu’elles-mêmes, en fonction des objectifs fixés par le niveau opératif et des
besoins de leur manœuvre et des possibilités dont disposent les partenaires, proposent au
COMANFOR la mise en œuvre de RBEA.

B010 Les commandants de composantes tirent profit d’une gestion dynamique de l’espace aérien au-
dessus des zones d’opération des composantes terrestre et navale (domaine d’application de
l’ASI), permettant son utilisation conjointe de façon souple et réactive, affranchie de la rigidité du
cloisonnement figé de cet espace et des limitations d’emploi induites pour ses différents
utilisateurs (aéronefs, pilotés ou non, à voilure fixe ou tournante, systèmes d’artillerie, etc.).

B011 Même si la mise en œuvre de l’ASI peut induire des contraintes pour les commandants de
composantes et leurs subordonnés, elles sont compensées par une plus grande liberté dans le choix
des modes d’action, d’où une capacité d’initiative et une efficience opérationnelle renforcées.

B012 Au final, pour un commandant de composante comme pour un chef tactique, la liberté d’action
ne repose pas sur l’autonomie, mais bien sur l’aptitude à conduire sa manœuvre en
synergie (1+1 > 2) avec des entités partenaires susceptibles de fournir un appui optimisé à sa
manœuvre, en fonction de ses besoins et dans un cadre défini par le niveau opératif.

Réduction des risques de tirs fratricides et de dommages collatéraux


B013 La mise en œuvre des processus d’ASI par des personnels formés et entraînés permet de réduire
les risques de tirs fratricides et de dommages collatéraux, en cohérence avec la tendance à la
réduction du niveau d’acceptation des risques par les autorités politiques et militaires.

Contribution aux principes de réponse au juste besoin, d’économie des forces


et d’efficience
B014 En offrant plus de possibilités, l’ASI favorise l’emploi de moyens proportionnés et adaptés à
l’effet recherché. C’est un axe d’efficience pour une force interarmées.

137 CIA-01_CEF(2020) : le principe de liberté d’action consiste, « pour rester maître de ses choix, prendre et conserver l’initiative et entreprendre
l’action malgré l’adversaire ».
138 Doctrine, Organisation, Ressources humaines, Équipements, Soutien, Entraînement.

46
Annexe C
Demande d’incorporation des amendements
1. Le lecteur d’un document de référence interarmées ayant relevé des erreurs, des coquilles, des fautes de français ou ayant des remarques ou des suggestions
à formuler pour améliorer sa teneur, peut saisir le CICDE en les faisant parvenir (sur le modèle du tableau ci-dessous) au :
CICDE
École militaire
1, Place JOFFRE – BP 31
75700 PARIS SP 07
ou encore en ligne sur les sites Intradef ([Link] ou Internet ([Link] du centre.

N° Origine Paragraphe (n°) Sous-paragraphe Ligne Commentaire


1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15

2. Les amendements validés par le Directeur du CICDE seront répertoriés en rouge dans le tableau intitulé « Récapitulatif des amendements » figurant en page
4 de la version électronique du document.

47
Annexe D
Lexique
Sigles, acronymes et abréviations
AbnOCT Airborne Operation Coordination Team
ACA Airspace Control Authority
ACM Airspace Control Measure
ACO Air Coordination Order
AD Appui Direct
ADC Air Defence Commander
ADCON Administrative Control
AI Air Interdiction
AJP Allied Joint Publication
ALE Air Liaison Element
ALI Air-Land Integration
ALO Air Liaison Officer
AMI Air-Maritime Integration
AOCC(L) Air Operations Coordination Centre (Land)
AOCC(M) Air Operations Coordination Centre (Maritime)
ASI Air-Surface Integration
ASC Airspace Control
ASOC Air Support Operations Centre
AWACS Airborne Warning And Control System
BIA Brigade Interarmes
CA Coordination Authority
BCD Battlefield Coordination Detachment
BCE Battlespace Coordination Element
BM Battlespace Management
C2 Commandement et Contrôle
C2 Command And Control
CAS Close Air Support
CEF Concept d’Emploi des Forces
CEMA Chef d’Etat-Major des Armées
CJTF Combined Joint Task Force
CJSOTF Combined Joint Special Operation Task Force
CPCO Centre de planification et de conduite des opérations
CO Centre Opérationnel
COMANFOR Commandant de la Force
COM CJTF Commander of the Combined Joint Task Force
COM JFAC Commander of the Joint Force Air Command
CPCO Centre de Planification et de Conduite des Opérations
CTA Contrôleur Tactique Air
D-CRC Deployed Control and Reporting Center
DaCAS Digitally aided CAS
DA Défense Aérienne
DARS Deployable Air control Centre/Recognized air picture production Centre/Sensor
fusion posts
DASC Direct Air Support Centre
DCA Defensive Counter Air
DEF Doctrine d’Emploi des Forces
DIV Division
DLOC Détachement de Liaison, Observation et Coordination
DORESE Doctrine, Organisation, Ressources humaines, Équipements, Soutien, Entraînement
DSA Défense Surface-Air
FAC(A) Forward Air Controller (Airborne)
FMV Full motion Video
FOT Force opérationnelle Terrestre
FSCC Fire Support Coordination Centre
FSCL Fire Support Coordination Line
GAAI Ground Assisted Air Interdiction
GCOS Général Commandant les Opérations Spéciales
GE Guerre Électronique
GLE Ground Liaison Element
GTIA Groupement Tactique InterArmes

48
IAMD Integrated Air and Missile Defence
ISTAR Intelligence Surveillance Target Acquisition and Reconnaissance
J3ALI J3 Air Land Integration
JAAT Joint Air Attack Team
JAC Joinr Air Cell
JACC Joint Airspace Coordination Center
JAGIC Joint Air-Ground Integration Center
JFAC Joint Force Air Component
JFAC HQ Joint Force Air Component Headquarters
JFACC Joint Force Air Component Command (AJP-3 et AAP-15(2016))
Joint Force Air Component Commander (NATO JFAC Battle Staff Handbook(2013))
JFC Joint Force Commander
JFHQ Joint Force Headquarters
LCC Land Component Command
MCC Maritime Component Command
JOA Joint Operation Area
JTAC Joint Terminal Attack Controller
LDT Liaison de Données Tactiques
LCC Land Component Command
LLE Land Liaison Element
LLO Land Liaison Officer
LOGCON Logistic Control
MAOC Maritime Air Operations Centre
MCC Maritime Component Command
MCE Maritime Coordination Element
MLE Maritime Liaison Element
MLO Maritime Liaison Officer
OAP Opération Aéroporttée
OCF Officier de Coordination des Feux
OODA Observation – Orientation – Décision – Action
OPCON Operational Control
OTAN Organisation du Traité de l’Atlantique Nord
OS Opérations Spéciales
PC Poste de Commandement
PCIAT Poste de Commandement Interarmées de Théâtre
PR Personnel Recovery
ROVER Remotely Operated Video Enhanced Receiver
RVT Remote Video Terminal
RPI Récupération de Personnel Isolé
SA Situational Awareness
SA2R Surveillance, Acquisition, d’Objectifs, Renseignement, Reconnaissance
SACC Supporting Arms Coordination Centre
SATCOM Satellite Communications
SCAR Strike Coordination And Reconnaissance
SEAD Suppression of Enemy Air Defence
SGTIA Sous Groupement Tactique InterArmes
SI Système d’Information
SIC Système d’Information et de Communication
SITAC Situation Tactique
SOC Special Operations Component
SOCC Special Operations Component Command
SOCCE Special Operations Command and control Element
SOJTF Special Operations Joint Task Force
SOLE Special Operations Liaison Element
SOTF Special Operations Task Force
SOTG Special Operations Task Group
SOTU Special Operations Task unit
SSR Supported-Supporting Relationships
TACC Tactical Air Control Centre
TACOM Tactical Command
TACON Tactical Control
TACP Tactical Air Control Party
TACS Theatre Air Control System
TACSAT Tactical Satellite
TST Time Sensitive Target

49
Résumé
DIA-3.0.3_ASI(2017)
1. L’intégration air-surface (Air-Surface Integration - ASI) est l’ensemble des processus mis en
œuvre par plusieurs composantes, en planification et en conduite des opérations, pour
combiner les activités opérationnelles de moyens aériens, terrestres et/ou maritimes.

2. Sa finalité est d’améliorer tant l’efficacité des manœuvres au niveau tactique que l’efficience
globale de la force interarmées :
a. En exploitant pleinement les complémentarités entre composantes ;
b. En permettant de cumuler et de conjuguer les effets produits par chacune.

3. L’ASI regroupe l’Air-Land Integration (ALI) et l’Air-Maritime Integration (AMI), qui concernent
respectivement les milieux aérien et terrestre, ainsi que les milieux aérien et maritime.

4. L’ASI repose sur trois principes généraux : la recherche de synergie, le dialogue interarmées et
le développement de l’interopérabilité.

5. L’ASI concerne de multiples domaines opérationnels, dans leur intégralité ou non : le contrôle
de l’espace aérien (ASC), la défense aérienne (pour sa composante défense surface-air), l’appui
aérien rapproché (CAS), les opérations spéciales, les opérations aéroportées, les opérations
amphibies, etc.

6. Sont définies trois catégories d’ASI, qui correspondent à la conduite en commun d’activités
opérationnelles :
a. Soit par des entités de différentes composantes au profit de l’ensemble de la force
interarmées sous la direction d’une autorité investie d’une responsabilité de portée
opérative : domaines du contrôle de l’espace aérien et de la défense aérienne ;
b. Soit par plusieurs composantes sous la direction du niveau opératif, celui-ci s’assurant
directement de la bonne combinaison de leurs activités ;
c. Soit par plusieurs composantes dans le cadre de relations « Commandant
bénéficiaire/Commandant en appui » établies par le COMANFOR qui cadre ainsi les
interactions entre composantes et arbitre les éventuels désaccords non résolus par le
dialogue.

7. L’ASI fonde l’organisation fonctionnelle de nombreux domaines opérationnels sur un couplage


entre des structures de C2 de composantes et des relations Commandant
bénéficiaire/Commandant en appui, qui permet la mise en œuvre efficace des processus
d’intégration interarmées et améliore la liberté d’action et la capacité d’initiative des chefs
tactiques.

Ce document est un produit réalisé par le Centre interarmées de concepts,


de doctrines et d’expérimentations (CICDE), Organisme interarmées (OIA)
œuvrant au profit de l’État-major des Armées (EMA). Point de contact :

CICDE
Sous-direction « Doctrine – RETEX »
École militaire
21, place Joffre – BP 31
75700 PARIS SP 07

Le CICDE ne gère aucune bibliothèque physique et ne diffuse généralement pas de document sous
forme papier. Il met à la disposition du public une bibliothèque électronique actualisée
régulièrement en permanence. Les documents classifiés ne peuvent être téléchargés que sur des
réseaux protégés.
La version électronique de ce document est en ligne sur les sites Intradef ([Link]
50
[Link]) et Internet ([Link] du CICDE, à la rubrique du
corpus conceptuel doctrinal interarmées français (CCDIA-FRA)

Vous aimerez peut-être aussi