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Étude de l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur

le milieu récepteur : bassin Rhône Méditerranée Occitanie


Marine Deroo

To cite this version:


Marine Deroo. Étude de l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur le milieu récepteur : bassin
Rhône Méditerranée Occitanie. Sciences de l’ingénieur [physics]. 2021. ⟨dumas-03602364⟩

HAL Id: dumas-03602364


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Submitted on 9 Mar 2022

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Étude de l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur
le milieu récepteur
Bassin Rhône Méditerranée - Occitanie

Source : [Link]

Mémoire présenté pour l’obtention du diplôme Ingénieur de l’ENGEES


Février 2021 – Août 2021
Etudiant : Marine DEROO – Promotion Liège (2018-2021)
Maître de stage : Corinne FIGUERAS, animatrice régionale police de l’eau, DREAL
Occitanie
Tuteur ENGEES : Corinne GRAC, enseignante chercheuse ENGEES – LIVE UMR

1
2
Remerciements

Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à ma maitre de stage, Madame Corinne Figueras. Je


la remercie de m’avoir encadré, orienté, aidé et conseillé.
Je remercie Monsieur Luc Barbe pour son partage de connaissances liées à l’écologie, Monsieur
Laurent Marion pour ses conseils sur la maitrise du logiciel QGis. Mais également Monsieur Gabriel
Lecat pour m’avoir accueilli et intégré au service DEMA de la DREAL, ainsi que tous les collègues
du service.
Également, j’exprime mes remerciements aux agents des DDT et des conseils départementaux avec
qui j’ai pu échanger pour collecter les données nécessaires à la réalisation du stage. Merci à eux
pour leur disponibilité et leur patience.
Enfin, je remercie ma tutrice école, Madame Corinne Grac pour m’avoir aidé dans les réflexions à
apporter sur mon sujet.

À tous ces intervenants, je présente mes remerciements, mon respect et ma gratitude.

3
Résumé
Résumé en français
Les effluents traités par les Stations de Traitement des Eaux Usées (STEU), terminent dans le milieu
naturel. Des suivis milieux récepteurs sont prescrits par les Services Police de l’Eau (SPE) afin de
caractériser l’impact du rejet sur le milieu récepteur. Dans ce stage, le bassin Rhône Méditerranée
de la région Occitanie constitue le terrain d’étude de l’analyse de ces rejets. Sur ce territoire, 130
STEU possèdent des données des suivis milieux récepteurs suffisamment exploitables pour réaliser
une première analyse. Elle a permis de montrer que pour chaque département, les paramètres
phosphorés étaient les plus déclassés après le rejet. De même, sur ces 130 STEU, seules 14 ne
dégradent pas la Masse d’Eau (ME) et peuvent donc arrêter le suivi milieu récepteur. Pour les STEU
restantes, des préconisations sur les actions à mettre en place pour limiter l’impact des rejets sont
proposées. Une seconde analyse prenant pour cible les ME, exploite les données de mesures des
stations de suivis des conseils départementaux et des stations de mesure qualité de l’eau pour la
Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Pour chaque ME, un inventaire des apports (rejet STEU, rejet ICPE,
affluent) s’y effectuant a été réalisé permettant ainsi de retracer l’évolution des paramètres sur le
linéaire de la ME. Les conclusions de l’étude de 223 ME montrent que seulement 46 conservent leur
bon, voire très bon état sur tout leur linéaire. Cette étude a également pointé de nouvelles STEU
nécessitant la mise en place de suivis amont et aval. Finalement, la mise en parallèle des synthèses
de chaque analyse permet de montrer les STEU pour lesquelles le rejet menace de manière
significative la ME. Cette conclusion permet de prioriser les STEU à traiter par les SPE pour les
actions à prescrire au maitre d’ouvrage.

Mots clés : - STEU - qualité de l’eau - suivis - impacts - rejets

Summary

The effluents treated by Wastewater Treatment Plants (WWTPs) end up in the natural environment.
Monitoring of the receiving environment is prescribed by the Water Policy Service (WPS) in order to
characterise the impact of the discharge on the receiving environment. In this internship, the Rhône
Méditerranée basin of the Occitanie region is the study area for the analysis of these discharges. On
this territory, 130 WWTPs have sufficiently exploitable data from the monitoring of receiving
environments to carry out an initial analysis. It showed that for each department, the phosphorus
parameters were the most downgraded after discharge. Similarly, out of these 130 WWTPs, only 14
do not degrade the Water Body (WB) and can therefore stop monitoring the receiving environment.
For the remaining WWTPs, recommendations on actions to be taken to limit the impact of discharges
are proposed. A second analysis, targeting the WBs, uses the measurement data from the monitoring
stations of the departmental councils and the water quality measurement stations for the Water
Framework Directive (WFD). For each WB, an inventory of the inputs (WWTP discharge, CIEP
discharge, tributary) taking place there was carried out, thus making it possible to trace the evolution
of the parameters along the WB's length. The conclusions of the study of 223 WBs show that only
46 maintain their good or even very good status over their entire length. This study also pointed out
new WWTPs requiring the implementation of upstream and downstream monitoring. Finally, the
summaries of each analysis show the WWTPs for which the discharge significantly threatens the
WB. This conclusion makes it possible to prioritise the WWTPs to be treated by the WPS for the
actions to be prescribed to the project owner.

Key Word: - WWTP - water quality - monitoring - impact - discharge

4
Table des matières
Remerciements ......................................................................................................................... 3
Résumé ..................................................................................................................................... 4
Liste des Figures ........................................................................................................................ 6
Liste des Tableaux ..................................................................................................................... 7
Liste des abréviations ................................................................................................................ 8
Introduction .............................................................................................................................. 9
Présentation de l’entreprise ..................................................................................................... 10
1. Contexte ........................................................................................................................... 13
1.1. Réglementaire ....................................................................................................................... 13
a) Échelle européenne .......................................................................................................................................... 13
b) Échelle nationale............................................................................................................................................... 13
c) Procédure loi sur l’eau ...................................................................................................................................... 15
1.2. Géographique ....................................................................................................................... 16
2. Méthodes ......................................................................................................................... 17
2.1. Collecte des données ............................................................................................................. 17
2.2. Analyses................................................................................................................................ 18
a) Analyse ponctuelle............................................................................................................................................ 18
b) Analyse au fil de l’eau ....................................................................................................................................... 21

3. Résultats .......................................................................................................................... 23
3.1. Synthèse par département des STEU déclassantes .................................................................. 23
a) Aude .................................................................................................................................................................. 24
b) Gard .................................................................................................................................................................. 25
c) Hérault .............................................................................................................................................................. 26
d) Pyrénées Orientales .......................................................................................................................................... 27
3.2. Synthèse de l’analyse masse d’eau par masse d’eau ................................................................ 28
a) Application de la méthode sur la masse d’eau le Vistre (Gard)........................................................................ 28
b) Conclusions globales de l’analyse au fil de l’eau............................................................................................... 34

4. Discussion ........................................................................................................................ 35
4.1. Aperçu des marges de manœuvres possibles pour les STEU déclassantes : étude de la STEU de
Nîmes (Gard) .................................................................................................................................... 35
4.2. Interprétation des résultats de l’analyse du Vistre et mise en relation des résultats de l’analyse
ponctuelle des STEU rejetant dans le Vistre ....................................................................................... 36
4.3. Présentation d’un argumentaire pour la définition d’objectifs moins stricts ............................. 39
4.4. Prise de recul sur l’élaboration des suivis milieu récepteur ...................................................... 41
a) Choix pertinent des STEU ?............................................................................................................................... 41
b) Présentation des biais ....................................................................................................................................... 42

Conclusion ............................................................................................................................... 43
Bibliographie........................................................................................................................... 46
Annexes .................................................................................................................................. 47

5
Liste des Figures
Figure 1 : Organigramme de la Direction écologie............................................................................ 11
Figure 2: Fonctionnement de l'évaluation de l'état des eaux de surface d'après la DCE. Source :
Ivanovsky, 2016 ................................................................................................................................. 14
Figure 3 : Tous les 6 ans : état des lieux, SDAGE et PdM. Les mesures du PdM sont déclinées en
actions par département au niveau des PAOT (Plans d’Action Opérationnels Territorialisés). Source :
Gest’eau ............................................................................................................................................. 14
Figure 4 : Protocole de récupération des données ........................................................................... 17
Figure 5 : Logigramme de l'analyse ponctuelle pour la proposition de solution lorsque le rejet
déclasse la ME ................................................................................................................................... 20
Figure 6 : Logigramme pour l'explication de la méthode de l'analyse masse d'eau par masse d'eau
............................................................................................................................................................ 22
Figure 7 : a) Proportion des STEU possédant un suivi milieu récepteur b) Proportion des STEU
pouvant être soumises à l'analyse ponctuelle ................................................................................... 23
Figure 8 : Répartition STEU de l’Aude selon leur degré de robustesse ........................................... 24
Figure 9 : Répartition des STEU du Gard selon leur degré de robustesse ...................................... 25
Figure 10 : Répartition des STEU de l'Hérault selon leur degré de robustesse ............................... 26
Figure 11 : Répartition des STEU des Pyrénées Orientales selon leur degré de robustesse ......... 27
Figure 12 : Localisation du Vistre. Source : Qgis .............................................................................. 28
Figure 13 : Profil en long du Vistre .................................................................................................... 29
Figure 14 : Évolution de la concentration en O2 dissous (a) et de la saturation en O2 (b) le long du
Vistre des campagnes datant de 2019 et 2020 ................................................................................. 31
Figure 15 : Évolution de la concentration en PO43- (a) et en phosphore total (b) le long du Vistre des
campagnes datant de 2019 et 2020 .................................................................................................. 32
Figure 16 : Évolution de la note de l'IBD le long du Vistre des campagnes datant de 2019 et 2020
............................................................................................................................................................ 33
Figure 17 : Normes de rejet de la STEU de Nîmes Ouest prescrite dans l’arrêté préfectoral n°2004-
127-11 ................................................................................................................................................ 35
Figure 18 : Présentation de l'argumentaire pour la définition d'objectifs moins stricts sur base de la
faisabilité technique portant sur la pression de la pollution par les nutriments urbains et industriels
............................................................................................................................................................ 40
Figure 19 : Carte résumant les conclusions des deux analyses appliquées lors de ce stage, Occitanie
............................................................................................................................................................ 45

6
Liste des Tableaux
Tableau 1: Pourcentage des campagnes déclassantes de l’Aude par groupe de paramètre .......... 25
Tableau 2 : Pourcentage des campagnes déclassantes du Gard par groupe de paramètre ........... 26
Tableau 3 : Pourcentage des campagnes déclassantes de l’Hérault par groupe de paramètre ..... 26
Tableau 4 : Pourcentage des campagnes déclassantes des Pyrénées Orientales par groupe de
paramètre ........................................................................................................................................... 27
Tableau 5 : moyennes calculées sur les paramètres par station de suivi (Bleu = très bon ; Vert = bon ;
Jaune = moyen ; Orange = médiocre ; Rouge = mauvais) des campagnes datant de 2019 et 2020
............................................................................................................................................................ 30
Tableau 6 : calcul des extremums afin de définir l'état le moins bon par station de suivi (Bleu = très
bon ; Vert = bon ; Jaune = moyen ; Orange = médiocre ; Rouge = mauvais) des campagnes datant
de 2019 et 2020 ................................................................................................................................. 30
Tableau 7 : Mise en relation de l'analyse ponctuelle et de l'analyse par ME .................................... 37
Tableau 8 : Inventaire des pressions s’effectuant sur le Vistre et leur origine vis-à-vis du risque de
non atteinte du bon état de la ME d’ici 2027 ..................................................................................... 39

7
Liste des abréviations
BE : Bon état
CD : Conseils départementaux
DBO5 : Demande biochimique en oxygène
DCE : Directive cadre sur l’eau
DCO : Demande chimique en oxygène
DEMA : Département eau et milieux aquatiques
DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement
EH : Équivalent habitant
ERU : Eau résiduaire urbaine
I2M2 : Indice invertébrés multimétrique
IBD : Indice biologique diatomées
ICPE : Installation classées pour la protection de l’environnement
IOTA : Installations, ouvrages, travaux et activités
LEMA : Loi sur l’eau et les milieux aquatiques
MCTRCT : Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
ME : Masse d’eau
MES : Matières en suspensions
MTE : Ministère de la transition écologique
NGL: Azote global
NH4 : Ammonium
NKJ ou NK : Azote Kjeldahl
NO2 : Nitrite
NO3 : Nitrate
O2: Dioxygène
OMS : Objectifs moins stricts
PAOT : Plan d’action opérationnel territorialisé
PdM : Plan de mesure
PO4: Orthophosphate
Pt : Phosphore total
SDAGE : Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux
SPE : Service police de l’eau
STEU : Station de traitement des eaux usées
TBE : Très bon état

8
Introduction
La réglementation sur l’assainissement avant 2015 avait comme principal objectif la performance
des systèmes d’assainissement. Renforcer la surveillance en continue du réseau est un des
nouveaux éléments qui s’ajoute à la réglementation dans l’arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux
systèmes d’assainissement. Cette surveillance continue des ouvrages permet ainsi de limiter
l’impact des rejets sur le milieu récepteur. La Directive Cadre européenne sur l’Eau, impose le bon
état de toutes les masses d’eau. Pour se faire les états des lieux des masses d’eaux et le
recensement de toutes les pressions qui s’exercent sur celles-ci sont réalisés tous les six ans. Les
pollutions ponctuelles engendrées par les rejets des STEU peuvent fortement dégrader les eaux
réceptrices faisant ainsi obstacle à l’atteinte du bon état. Néanmoins, qualifier l’impact réel de ces
pollutions sur la qualité du milieu récepteur reste complexe à évaluer (MEDDE-EPNAC 2015).
Le bassin Rhône-Méditerranée de la région Occitanie constitue le terrain d’étude de ce stage. Ce
sont plus particulièrement les masses d’eau superficielles soumises aux pressions de nature urbaine
de cette zone qui vont être étudiées. Les rejets des stations de traitement des eaux usées peuvent
impacter la qualité des eaux réceptrices. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’une accumulation des
pollutions s’observe du fait de la présence de multiples rejets le long de la masse d’eau. La
réalisation de suivi du milieu récepteur par les maîtres d’ouvrage ou via des réseaux
complémentaires permet ainsi de déterminer la nature impactante du rejet et, lorsque l’on remet le
rejet dans son contexte (cours d’eau en étiage, assec, hautes eaux, pollution agricole et industrielle),
de définir si le rejet est à l’origine de la non atteinte du bon état. Dans le cas où le rejet impacte la
masse d’eau réceptrice, des solutions de différentes natures (révision des normes de rejet, ajout de
traitement spécifiques, modification du point de rejet) seront proposés. Cependant, en raison de
contraintes liées à la faisabilité technique et financière, la mise en place de certaines solutions
s’avère impossible. Ainsi, la définition d’objectifs moins strict sur la ME apparaît comme dernier
recours lorsque le bon état ne peut plus être atteint (BRL ingénierie 2020).
Les STEU sont divisées en deux catégories selon leur capacité nominale de traitement. C’est la
directive ERU qui en est à l’origine. Cela permet notamment aux petites collectivités d’être en
mesure d’assumer plus facilement les impacts financiers des travaux. Ainsi, on distingue les STEU
de moins de 2000 EH et les STEU de plus de 2000 EH (Ministère de la transition écologique et
solidaire). La distinction porte notamment sur les techniques de traitements qui vont être mises en
place afin que celles-ci soient économiquement acceptables à l’échelle de la STEU. En 2019, sur le
bassin Rhône Méditerranée-Occitanie on comptabilise 900 STEU < 2000 EH et 283 STEU > 2000
EH pour le ciblage des mesures pour l’élaboration des Programmes de Mesures (PdM) (Figueras
2019). Le territoire compte jusqu’à trois fois plus de petites STEU ce qui implique un plus grand
nombre de rejet en des points plus ou moins répartis. Ce constat est le résultat direct de l’effet
démographique.
Le but du stage est de déterminer, sur la base des suivis milieux récepteurs, départementaux et
DCE principalement, si le rejet de la STEU est impactant pour la masse d’eau réceptrice. Dans un
premier temps, il sera étudié pour chaque STEU si le rejet déclasse la ME. Par la suite on
s’interrogera si des marges de manœuvres sont encore possibles à l’échelle du système
d’assainissement plus particulièrement en termes de traitement plus poussé ou s’il faut s’orienter
vers la définition d’objectifs moins stricts pour cette masse d’eau. Dans un second temps, l’étude se
fera masse d’eau par masse d’eau afin d’analyser l’impact cumulé des rejets sur sa qualité. En
résumé, la finalité est de faire le lien entre l’exercice de la police de l’eau, qui s’intéresse
spécifiquement au système d’assainissement, et la politique de bassin, qui visent tous deux à des
échelles différentes, la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau

9
Présentation de l’entreprise
La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Occitanie
est un service déconcentré du ministère de la Transition écologique et solidaire (MTE), du ministère
de la Cohésion des Territoires et des relations avec les collectivités territoriales (MCTRCT) et de la
Mer (MM). Elle est placée sous l’autorité du préfet de région pour une grande partie de ses missions
et sous l’autorité des préfètes et préfets de département pour certaines missions telles que la
prévention des risques, les sites inscrits et classés (Ministère de la transition écologique 2021). Elle
assure ainsi diverses missions et fait le lien entre le ministère et les services départementaux. La
DREAL Occitanie comprend 6 directions thématiques (direction Énergie-Connaissance, direction
Transports, direction Risques Industriels, direction Risques Naturels, direction Écologie et direction
Aménagement) et intervient à l’échelle de la région Occitanie pour ses missions régionales et
départementale. Elle dispose d’un siège à Toulouse, un site à Montpellier et diverses unités
départementales dans chaque département de la région.
Mon stage s’est déroulé sur le site de Montpellier dans la Division Gestion Territoriale Rhône
Méditerranée au sein du Département Eau et Milieu Aquatique (DEMA) rattachée à la direction
écologie de la DREAL (Figure 1). Le DEMA est en charge de l’animation au niveau régional de la
politique de l’eau en relais des bassins (majoritairement Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée)
dans les domaines de la gestion équilibrée de la ressource en eau (gestion quantitative, pollutions
diffuses, assainissement, milieux aquatiques…) et de l’animation régionale de la police de l’eau

10
Figure 1 : Organigramme de la Direction écologie

11
12
1. Contexte

1.1. Réglementaire

a) Échelle européenne
La Directive sur les eaux résiduaires urbaines (DERU 91/271/CEE) de 1991 a pour but de
lutter contre la pollution des eaux. À travers cette Directive, l’Union Européenne impose des
obligations de collecte et de traitements des eaux usées. Selon la taille de l’agglomération et
la sensibilité de la zone réceptrice, les niveaux de traitements ainsi que les dates d’échéances
de mise en conformité varient (Vasquez 2016).
L’objectif de préservation des milieux récepteurs est renforcé par la Directive Cadre sur l’Eau
(DCE) du 23 octobre 2000. Elle engage les États membres de l’Union Européenne à atteindre
le « bon état » et la non-dégradation de l’état des masses d’eau d’ici 2015. Si des raisons
d’ordres techniques ou économiques justifient que ces objectifs ne peuvent être atteint des
dérogations peuvent être faites repoussant l’atteinte des objectifs à 2021 et 2027 ou visant la
mise en place d’objectifs environnementaux moins stricts.

b) Échelle nationale.
C’est la Loi sur l’Eau de 1992 qui transpose la DERU en droit français. Toujours dans le
domaine de l’assainissement, l’arrêté du 21 juillet 2015 qui remplace celui du 22 juin 2007,
fixe les prescriptions techniques qui s’appliquent aux collectivités pour une gestion de
l’assainissement conforme aux enjeux de la DERU et de la DCE. Cet arrêté améliore la lisibilité
des prescriptions de l’autosurveillance, introduit les prescriptions relatives au suivi des
micropolluants pour les STEU et améliore le suivi régulier par les collectivités des ouvrages
afin d’en assurer une gestion pérenne (Arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes
d’assainissement collectif et aux installations d’assainissement non collectif, à l’exception des
installations d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique
inférieure ou égale à 1.2 kg/j de DBO5).
C’est à travers la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (LEMA) de 2006, que la DCE est
retranscrite. Elle met notamment en place les outils nécessaires pour atteindre le « bon état »
aux échéances fixées par la DCE.
L’arrêté du 27 juillet 2018 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères
d’évaluation de l’état écologique, chimique (Figure 2) et du potentiel écologique des eaux de
surface définit les programmes de surveillances des milieux récepteur à mettre en œuvre
(Arrêté du 27 juillet 2018 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères
d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de
surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de
l’environnement).
C’est au travers des plans de gestion, soit les Schémas Directeurs d’Aménagement et de
Gestion des Eaux (SDAGE) en France, que les objectifs DCE sont retranscrits et évoluent par
unité de bassin. Les SDAGE sont révisés tous les six ans afin de définir les orientations qui

13
permettent d’atteindre les objectifs DCE. Les actions à mettre en œuvre sont déclinées dans
le cadre du programme de mesures (PdM) qui seront également revus au prochain cycle
(Figure 3)

Figure 2: Fonctionnement de l'évaluation de l'état des eaux de surface d'après la DCE.


Source : Ivanovsky, 2016

Figure 3 : Tous les 6 ans : état des lieux, SDAGE et PdM. Les mesures du PdM sont déclinées
en actions par département au niveau des PAOT (Plans d’Action Opérationnels Territorialisés).
Source : Gest’eau

14
c) Procédure loi sur l’eau
Les installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) susceptibles d’avoir des incidences sur
l’eau et les milieux aquatiques sont soumis à autorisation ou déclaration d’après l’article L214-
1 du code de l’environnement (Article L214 - Code de l’environnement, 2021, 214). Les STEU
appartenant à la catégorie des IOTA sont soumises à la procédure au titre de la loi sur l’eau
d’après l’article R214-1 du code de l’environnement.
Sont soumis à autorisation les systèmes d’assainissement (STEU + réseau) destinés à
collecter et traiter une charge brute de pollution organique supérieur à 600 kg de DBO5. Les
systèmes d’assainissement destinés à collecter et traiter une charge brute de pollution
organique supérieure à 12 kg de DBO5, mais inférieure ou égale à 600 kg de DBO5 sont
soumis à déclaration (Article R214-1 - Code de l’environnement, 2021, 214). Les maîtres
d’ouvrage des systèmes d’assainissement doivent donc produire un dossier loi sur l’eau, avec
une étude d’impact ou un document d’incidence qui doit reposer sur la mise en œuvre de la
séquence éviter, réduire, compenser (les impacts négatifs sur l’environnement), tout en
s’assurant de la compatibilité du projet avec le SDAGE et les SAGE approuvés, le cas échéant.
L’instruction de ces dossiers est portée par les services de police de l’eau pour le compte du
préfet de département, qui aboutit à la rédaction d’un arrêté préfectoral qui fixe les modalités
de mise en œuvre du projet et les prescriptions particulières auxquelles il est soumis afin de
limiter et de contrôler son impact sur l’environnement. À titre d’exemple, les suivis milieux
récepteurs, font partie de ces prescriptions particulières. Ils sont prescrits par le service police
de l’eau dans le cadre de l’autosurveillance complémentaire afin de s’assurer de l’adéquation
des normes de rejets imposées par arrêté préfectoral. Les paramètres à suivre, l’endroit des
points de mesures ainsi que la fréquence des campagnes de prélèvement y sont renseignés.
Le maître d’ouvrage de l’installation est donc en charge de réaliser ces suivis et d’en
communiquer les données aux services police de l’eau.

15
1.2. Géographique

La région Occitanie, deuxième plus grande région de France, dont le chef-lieu est Toulouse
est composée de 13 départements et s’étend à la fois sur le bassin Adour-Garonne, le bassin
Rhône Méditerranée Corse et le bassin Loire Bretagne. La zone d’intérêt du stage se localise
sur le bassin Rhône Méditerranée de la région Occitanie qui regroupe les départements de
l’Aude (11), du Gard (30), de l’Hérault (34), de la Lozère (48) et des Pyrénées Orientales (66).
Cette partie du territoire se situe à l’interface terre/mer. Cette localisation attractive a mené à
une forte croissance démographique dans les années 2000 et 2010 symbolisées par la venue
de nouveaux habitants mais surtout de touristes lors de la saison estivale. En outre, il a fallu
satisfaire les besoins de la population en matière de potabilisation et d’assainissement. Ainsi,
les activités découlant de cette croissance ont pu être à l’origine de pressions sur le milieu
naturel, ayant pour conséquence la dégradation de ce dernier.
Dans cette zone, le climat méditerranéen domine et se caractérise par de fortes sécheresses
en période estivale et d’abondantes précipitations en période automnale. Néanmoins, d’une
année à l’autre, les précipitations sont irrégulières tant au niveau de leur fréquence que de leur
intensité. Ces variations tendent à accroître la vulnérabilité du territoire face aux inondations
et à intensifier les différences de régimes entre cours d’eau. En effet, 56 % des cours d’eau
côté Rhône Méditerranée sont en fonctionnement intermittent. Le climat sec du territoire
implique que par moment, il n’y a plus d’eau qui transite dans les linéaires. Les conséquences
sont sérieuses puisque la dilution des effluents traités ne s’opère plus et que la capacité
autoépuratoire des cours d’eau est également diminuée. Résultat, les pollutions s’accumulent
et fragilisent donc les ressources pour la production d’eau potable. Avec l’accentuation du fait
du changement climatique, une hausse du nombre de cours d’eau intermittents est attendue
dans les années à venir (Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée 2017).
En 2020, 45 % des rivières sont en bon état (Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse 2020)
et 92 % des nappes d’eau souterraine sont en bon état chimiques. Concernant les masses
d’eau, il est constaté que de manière générale, la qualité se dégrade au fil de l’eau du fait de
l’accumulation des pressions (prélèvements, pollutions agricoles, urbaines et industrielles) et
du changement morphologique des cours d’eau. En effet, une bonne partie des cours d’eau
sont chenalisés et rectilignes, ce constat est d’autant plus marquant aux alentours des villes
et sur le littoral (Annexe 1). Sur la zone d’étude, les pressions ponctuelles urbaines sont
concentrées sur le littoral (Annexe 1) soulignant ainsi la concentration de population dans ces
zones. De manière générale, les masses d’eau qui bordent le littoral sont de qualité moyenne
à mauvaise puisque c’est dans ces régions que s’agglomèrent les habitations et les activités.
À l’inverse dans les Pyrénées Orientales et l’Aude proche des montagnes, la qualité des cours
d’eau est plutôt bonne voire très bonne à certains endroits.
Finalement, le bassin Rhône Méditerranée en Occitanie est soumis à de nombreuses
pressions et contraintes qui défavorisent la gestion simple de l’eau. Néanmoins, il y a une prise
de conscience et une mobilisation de la part des collectivités et d’acteurs vers une gestion plus
durable et respectueuse de l’eau et de son environnement. (Agence de l’eau Rhône
Méditerranée Corse 2020)

16
2. Méthodes

2.1. Collecte des données

L’étude de l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur le milieu récepteur nécessite
la récupération de diverses données. Cela regroupe les arrêtés préfectoraux et les résultats
des mesures des suivis des milieux récepteurs réalisés par les exploitants, la masse d’eau
réceptrice du rejet et les pressions s’exerçant sur celle-ci.
La première étape consiste à localiser l’intégralité des STEU présentes sur le territoire d’étude.
Pour cela, les données cartographiques de la DREAL suffisent.
La seconde étape est d’extraire les données des suivis milieu via le site internet Mesure
Rejet(Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement et
Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse 2020). Ce site est destiné au recueil, à la
qualification, à la bancarisation et à la mise à disposition des données de mesures effectuées
sur les systèmes d’assainissement et leurs rejets. Les éléments sont extraits par année et par
localisation : M1 (Point réglementaire : qualité milieu récepteur amont rejet), M2 (point
réglementaire : qualité milieu récepteur aval rejet) et M3 (autres types de points de mesures
du milieu aquatique). La suite de la phase récupération des données découle directement de
cette étape d’extraction et de lecture des mesures des suivis milieux récepteur (Figure 3).
Dans les fichiers d’extraction Mesure Rejet sont renseignés le code SANDRE de l’ouvrage,
l’intitulé de l’ouvrage, la date de mesure, le point de mesure, la localisation, le paramètre
mesuré et la valeur mesurée. Grâce à ces informations, il a été possible de demander aux
services police de l’eau les arrêtés relatifs aux STEU pour lesquelles un suivi milieu récepteur
a été prescrit (Figure 4).

Figure 4 : Protocole de récupération des données

17
Afin de définir que le fichier STEU était complet il a fallu s’assurer que les éléments récupérés
étaient en accord avec les informations renseignées dans le protocole des suivis milieux
récepteurs présent dans l’arrêté préfectoral de la STEU. Ainsi pour chaque localisation (M1,
M2 et/ou M3), année, arrêté, paramètre mesuré manquants une relance auprès des services
de police de l’eau a été effectuée (Figure 4) pour permettre le passage à la phase analyse.
La troisième étape a pour but de renseigner les informations relatives à la STEU et à son rejet
via le site internet ROSEAU(Ministère de la transition écologique et solidaire 2021). Il s’agit
d’un outil de suivi de l’assainissement sur lequel sont disponibles les informations sur l’état de
la STEU, les normes de rejet qui s’y appliquent, les conformités, l’identification des points de
rejet (masse d’eau réceptrice) et les commentaires éventuels de la part des services police de
l’eau.
La quatrième étape a pour but de rechercher si la pollution par les nutriments urbains et
industriels est à l’origine du risque de non atteinte du bon état de la masse d’eau pour 2027.
En effet c’est au sein de cette pression que sont pris en compte les systèmes
d’assainissements et les industries lors de l’état des lieux de 2019 pour l’élaboration du
SDAGE 2021-2027.
En conclusion, on dira que les données relatives à la STEU sont complètes lorsqu’elles
regroupent toutes les données évoquées ci-dessus. L’absence d’éléments, notamment issus
de la seconde étape aura un impact sur la robustesse de l’analyse.

2.2. Analyses

L’analyse se divisera en deux parties : la première portera sur l’étude des mesures STEU par
STEU (analyse ponctuelle), la deuxième, s’effectuera masse d’eau par masse d’eau
(analyse au fil de l’eau) en étudiant notamment l’évolution des pollutions au fil de la ME.
L’analyse ponctuelle permettra donc de déterminer si les STEU rejetant dans la ME impactent
sur sa qualité, au moins de manière ponctuelle. Puis la seconde analyse permettra de
déterminer si l’impact des rejets est uniquement ponctuel ou s’il perdure jusqu’à l’exutoire de
la ME. Cette deuxième partie permettra également de voir le caractère impactant des STEU
pour lesquelles aucun suivi milieu récepteur n’est prescrit actuellement.

a) Analyse ponctuelle
Cette analyse s’intéresse presque essentiellement aux données de mesures des suivis milieux
récepteurs. Le but ici, est de déterminer la qualité de la masse d’eau à proximité du rejet et de
trouver le(s) paramètre(s) déclassant(s). En fonction de l’interprétation faite des pistes sur les
orientations à adopter afin de limiter l’impact du rejet sur le milieu récepteur sont proposés.
Ces propositions reposent notamment sur le degré d’impact de la STEU, les traitements déjà
en place, la capacité nominale de la STEU et sa conformité.
Tout d’abord, grâce à un inventaire fait sur les données issues des suivis milieux, le degré de
robustesse de l’analyse a pu être déterminé :

18
• Analyse impossible : STEU ne présente pas de mesures en amont et/ou en aval du
rejet.
• Analyse peu robuste : STEU regroupant moins de trois années consécutives de
mesures
• Analyse robuste : STEU regroupant au moins trois années consécutives de mesures
pour lesquelles moins de quatre campagnes de prélèvements sont réalisées chaque
année.
• Analyse très robuste : STEU regroupant au moins trois années consécutives de
mesures pour lesquelles un minimum de quatre campagnes de prélèvements est
réalisé chaque année
Les degrés de robustesse ont été définis en s’inspirant des recommandations faites dans le
guide technique relatif à l’évaluation de l’état des eaux de surface continentales publié par le
Ministère de la transition écologique et solidaire en janvier 2019. En effet d’après ce guide,
trois années de mesures consécutives sont prises comme base d’évaluation de l’état des
masses d’eau car cela accroît la fiabilité de la qualification de l’état de la ME. Le nombre de
campagnes réalisées au cours d’une année est également source de robustesse plus poussée.
En effet, la multiplicité des mesures effectuées indique que l’analyse est représentative de
l’impact réel du rejet sur la ME.
L’analyse ponctuelle consiste à déterminer à quelles classes d’état est rattaché chaque
paramètre mesuré lors d’une campagne de mesure aux point M1, M2 et M3 d’après les valeurs
seuils renseignées dans l’arrêté du 25 janvier 2010 (Annexe 2). Lorsque la masse d’eau
change d’état entre l’amont et l’aval du rejet on dit que la STEU la déclasse. Lorsque qu’il y a
changement de classe d’état au sein des paramètres sans modifier l’état de la masse d’eau
entre l’amont et l’aval du rejet on dit que le rejet déclasse au moins un paramètre de la masse
d’eau. Une fois les appartenances de classe déterminées, il est étudié pour chaque STEU les
déclassements, la conformité de la STEU, le maintien du suivi milieu récepteur actuel afin de
pouvoir proposer les solutions vers lesquelles le maître d’ouvrage peut s’orienter (Figure 5).
Selon la robustesse de l’analyse, les réponses sont variées. Dans le cas d’une analyse peu
robuste, la poursuite et la modification pour plus de représentativité du suivi du milieu récepteur
seront le premier axe d’orientation puisque les données à disposition permettent rarement de
conclure sur les solutions à prescrire. À l’inverse, pour une analyse robuste ou très robuste,
chacune des questions renseignées dans le logigramme a sa réponse permettant donc de
conclure sur les solutions à recommander. Les recommandations faites ici (modification des
normes de rejets (MEDDE-EPNAC 2015), ajout de traitement poussé, modification du point
de rejet) s’inspirent des mesures assainissements issues du PdM 2022-2027 (Figueras 2019).
Déterminer l’impact ponctuel que peuvent avoir les rejets sur le milieu récepteur permet de
rendre compte du caractère dégradant de chacune des STEU à un endroit précis.
Les objectifs DCE, s’intéressent au bon état global de la masse d’eau. Il est possible qu’à cette
échelle, les dégradations observées ponctuellement ne soient pas visibles. Afin d’étudier la
qualité de la masse d’eau sur tout son linéaire, une analyse spécifique doit se faire : l’analyse
masse d’eau par masse d’eau.

19
Figure 5 : Logigramme de l'analyse ponctuelle pour la proposition de solution lorsque le rejet
déclasse la ME

20
b) Analyse au fil de l’eau
Dans cette analyse, c’est la masse d’eau tout entière qui est l’élément principal. Afin d’observer
d’éventuels déclassements le long de cette masse d’eau, il est utilisé comme données les
mesures des suivis des conseils départementaux et des suivis qualités DCE. Le but étant de
caractériser l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur le milieu récepteur, seules
les masses d’eau dans lesquelles un rejet est effectué sont analysées. La pollution par les
nutriments urbains et industriels étant la pression liée à ces rejets, une priorisation est faite sur
les masses d’eau pour lesquelles l’atteinte du bon état d’ici 2027 est remis en cause du fait de
cette pression (Annexe 3 : Carte des rejets des STEU et des masses d’eaux pour lesquelles
la pollution par les nutriments urbains et industriels est à l’origine du risque de non atteinte de
l’objectif d’état d’ici 2027.). Afin d’être le plus représentatif des apports qui se font dans la
masse d’eau, les rejets des installations classées protection de l’environnement (ICPE) sont
également pris en compte.
La méthode appliquée pour cette analyse prend donc en données d’entrée l’état des lieux
2019 réalisé pour l’élaboration du SDAGE 2022-2027 et les données de mesures des stations
des suivis des conseils départementaux et DCE (Figure 6). L’état des lieux de 2019 recense
pour chaque masse d’eau, les pressions qui s’y exercent et notamment celles pouvant être à
l’origine du risque de non atteinte de l’objectif d’état de la masse d’eau d’ici 2027. Les données
issues des stations de suivis se composent des résultats de la physico-chimie et de la biologie
issues de diverses campagnes. Les données des suivis des conseils départementaux sont
obtenues en faisant la demande aux personnes concernées du département ou au laboratoire
d’hydrobiologie de la DREAL. Les données des suivis DCE sont directement extraites du site
internet Naïades (eaufrance) qui recense toutes les données qualité des eaux de surfaces.
Grâce au logiciel de cartographie QGis, les profils en long des masses d’eau analysées sont
réalisés afin de déterminer tous les apports s’y effectuant (rejet STEU, rejet ICPE, affluents).
La prochaine étape est d’exploiter les données des stations de suivis (Figure 6) pour
représenter l’évolution de tel paramètre le long de la masse d’eau. L’objectif est de déterminer
pour chaque déclassement du bon état l’apport qui en est à l’origine. Afin de représenter
clairement les déclassements il a été choisi d’utiliser les fonctions moyennes et maximums (ou
minimums) sur l’ensemble des campagnes disponibles par station de suivi. En superposant
graphiquement les moyennes et maximums, il est possible de déterminer si les impacts sont
isolés ou non. Tout apport se situant en amont d’un déclassement est donc suspecté comme
en étant à l’origine et de cette manière on préconisera la mise en place d’un suivi amont et
aval du rejet. En fonction des STEU recensées comme étant à l’origine du déclassement, les
conclusions de l’analyse ponctuelle peuvent être utilisées afin de s’orienter vers la diminution
de la pression. L’analyse aura également pour but de rendre compte de la cohérence de
l’évaluation faite sur la pression à l’origine du risque répertoriée dans l’état des lieux de 2019
et la réalité terrain. Enfin un des intérêts majeurs de cette partie est d’identifier de nouvelles
STEU qui nécessiteraient la prescription d’un suivi milieux récepteurs. Cette recommandation
pourra se faire, si un déclassement du bon état est observé à l’aval d’un rejet de STEU qui ne
dispose pas à l’heure actuelle de suivi milieu récepteur.

21
Figure 6 : Logigramme pour l'explication de la méthode de l'analyse masse d'eau par
masse d'eau

22
3. Résultats

3.1. Synthèse par département des STEU déclassantes

Sur la zone d’étude (Bassin Rhône Méditerranée – Occitanie), la proportion des suivis milieux
récepteurs est très différente d’une région à l’autre (Figure 7a). Une fois les données collectées
il a été possible de déterminer pour chaque département les STEU sur lesquelles l’analyse
ponctuelle va se faire. Ainsi, le Gard est le département qui possède le plus de STEU à
analyser (Figure 7b).

a)

a) b)

b)

Figure 7 : a) Proportion des STEU possédant un suivi milieu récepteur b) Proportion des
STEU pouvant être soumises à l'analyse ponctuelle

23
En effet, sur les 122 STEU possédant un suivi milieu récepteur, 70 d’entre elles (57%) rentrent
dans les critères permettant de les analyser. L’Aude possède le plus haut pourcentage, 71 %,
de STEU avec suivi milieu récepteur vont être analysées. Les Pyrénées Orientales
représentent un cas particulier puisque seulement 3 STEU possèdent un suivi milieu récepteur
sur les 159 STEU présentes sur le département. Afin d’enrichir l’analyse, 4 STEU ont été
ajoutées (STEU pour lesquelles les données qualité amont et aval du rejet ont pu être
extraites). Il s’agit des STEU de l’Ille sur Têt, Saint Laurent de Cerdans, Sournia et de Prats
de Mollo la Preste.

a) Aude
Les STEU soumises à l’analyse ponctuelle ont dans un premier temps été classées selon un
degré de robustesse ((cf 2.2.a), Figure 8).
Seule, 4 STEU ne peuvent être
soumises à l’analyse par
manque de données. 12 d’entre
elles, possèdent au moins trois
années consécutives de
mesures avec moins de 4
campagnes par an, elles
renvoient à une analyse peu
robuste. Les 18 dernières
permettent une analyse robuste
et représentent un effectif
encourageant pour l’obtention
de conclusion. L’issue de
l’analyse indique que pour 4
Figure 8 : Répartition STEU de l’Aude selon leur degré de
robustesse des 34 STEU analysées, le
suivi milieu récepteur pourra
s’arrêter puisque qu’aucun déclassement sur les paramètres n’est observé. A l’inverse, 21
STEU déclassent au moins une fois un paramètre et parmi elles 16 entraînent le déclassement
global de la masse d’eau (Annexe 4). Pour ces STEU, les conclusions s’orientent vers l’étude
des marges de manœuvre possibles (révision des normes de rejet, mise en place de
traitements poussés, modification de l’exutoire) devra se faire, un exemple sera détaillé plus
tard dans ce rapport (cf 4.1). L’ensemble des conclusions de l’analyse ponctuelle pour chacune
des STEU est visible en Annexe 4.
Sur l’ensemble des campagnes réalisées toutes STEU confondues (198 campagnes), il a été
déterminé le groupe de paramètre déclassant le plus souvent, toutes STEU de l’Aude
confondues. C’est le groupe des nutriments phosphorés (PO43- et Pt) qui déclasse le plus de
campagne avec un pourcentage de 36,4 % (Tableau 1). Avec un pourcentage de 20,2 %, le
groupe de paramètre de la forme réduite de l’azote (NK et NH4) est le deuxième à plus
déclasser. Enfin, les groupes suivants : bilan Oxygène (DBO5, DCO, O2 dissous, Saturation
en 02), Forme oxydée de l’azote (NO2- et NO3-) et les MES sont moins concernés par les
déclassements puisque cela ne concerne qu’environ 10 % des campagnes réalisées. Ces

24
pourcentages permettent de mettre en lumière que ce sont ici les orthophosphates (PO43-) et
le phosphore total (Pt) qui sont les plus déclassés par le rejet pour le département de l’Aude.

Tableau 1: Pourcentage des campagnes déclassantes de l’Aude par groupe de paramètre


Groupe de paramètres Fréquence déclassement sur toutes les campagnes Pourcentage
Bilan Oxygène 13/99 13,1%
Forme réduite de l’azote (NK, NH4) 20/99 20,2%
Forme oxydée de l’azote (NO2, NO3) 6/41 14,6%
Nutriments phosphores (PO4, Pt) 4/11 36,4%
Matières en suspensions 12/95 12,6%

b) Gard
L’intégralité des STEU soumises à analyse pour le Gard dispose d’un degré de robustesse au
minimum peu robuste. Presque 3/4 des STEU sont classées comme robustes et 1/6ème comme
très robustes (Figure 9)
Sur les 70 STEU soumises à
l’analyse, 10 d’entre elles ne
déclassent pas l’état de la masse
d’eau et peuvent donc arrêter le
suivi milieu récepteur. Pour les 60
restantes, 54 déclassent au moins
un paramètre de la masse d’eau.
Parmi ces 54 STEU, 49 déclassent
l’état de la masse d’eau. Pour ces
STEU, les solutions à mettre en
place sont variées et diffèrent
d’une STEU à une autre (Annexe
4).
De la même manière que pour
Figure 9 : Répartition des STEU du Gard selon leur degré
de robustesse l’Aude, il a été déterminé le groupe
de paramètre qui déclasse le plus
de campagnes. Pour le Gard il s’agissait d’un effectif total de campagne réalisées égal à 1106.
Encore une fois c’est le groupe des nutriments phosphorés qui semble poser le plus de
problème avec presque 24 % de campagnes déclassantes (Tableau 2). Pourtant cela semble
plus modéré que l’Aude puisqu’avec un nombre de campagnes 9 fois plus élevé, le
pourcentage reste inférieur. Néanmoins pour ce qui est de la forme réduite de l’azote cela est
équivalent. Ces pourcentages sont en accord avec les conclusions suggérées au terme de
cette analyse.

25
Tableau 2 : Pourcentage des campagnes déclassantes du Gard par groupe de paramètre
Fréquence déclassement sur toutes les campagnes Pourcentage
Bilan Oxygène 10/83 12,0%
Forme réduite de l’azote (NK, NH4) 16/83 19,3%
Forme oxydée de l’azote (NO2, NO3) 9/85 10,6%
Nutriments phosphores (PO4, Pt) 9/38 23,7%
Matières en suspensions 4/69 5,8%

c) Hérault
Concernant L’Hérault, sur les 23
STEU soumises à l’analyse, 3
d’entre elles ne disposent pas
d’assez de données pour aller
plus loin. En revanche, 8 sont
classées dans le degré très
robuste et 9 comme robustes. Les
3 restantes seront analysées
comme peu robustes. (Figure 10).
Les résultats ne suggèrent pas
l’arrêt de suivi milieu récepteur
pour le département. En effet, le
rejet de 19 STEU déclassent au
Figure 10 : Répartition des STEU de l'Hérault selon leur
degré de robustesse moins un paramètre. Parmi ces 19
STEU, 16 d’entre elles déclassent
l’état global de la masse d’eau (Annexe 4). Pour 3 des STEU, il est impossible de conclure, il
est donc préconisé soit de poursuivre le suivi du milieu récepteur tel quel afin de construire
une base de données plus robuste ou de le modifier afin d’augmenter sa fiabilité (ajout de
paramètre de mesure, modification/ajout de points de mesures, …)
L’Hérault comptabilise au total un effectif de 304 campagnes étudiées dans l’analyse. La forme
réduite de l’azote ainsi que les nutriments phosphorés sont les groupes de paramètre à
l’origine du plus haut pourcentage de déclassement recensé sur le département (Tableau 3).
Tableau 3 : Pourcentage des campagnes déclassantes de l’Hérault par groupe de paramètre
Fréquence déclassement sur toutes les campagnes Pourcentage
Bilan Oxygène 5/31 16,1%
Forme réduite de l’azote (NK, NH4) 1/4 25,0%
Forme oxydée de l’azote (NO2, NO3) 2/29 6,9%
Nutriments phosphores (PO4, Pt) 10/39 25,7%
Matières en suspensions 1/61 1,6%

26
d) Pyrénées Orientales
Seul deux degrés de robustesse
sont représentés par les STEU
soumises à l’analyse ponctuelle
du département des Pyrénées
Orientales (Figure 11). 5 STEU
sont classées comme peu
robustes, cela s’explique
notamment par l’ajout des STEU
sur la base des suivis des conseils
départementaux à l’analyse. Les
suivis sont moins fréquents que
les suivis réalisés dans le cadre
spécifique des suivis milieu
récepteur.
Figure 11 : Répartition des STEU des Pyrénées Orientales
selon leur degré de robustesse

Les résultats de l’analyse ne suggèrent pas l’arrêt de suivis milieu récepteur et sur les 7 STEU
analysées, 4 d’entre elles ne permettent pas de conclure sur la mise en place de solution
(cohérent avec le degré de robustesse associé). Néanmoins, 5 STEU déclassent au moins un
paramètre de la masse d’eau et 4 d’entre elles déclassent l’état global de la masse d’eau après
le rejet.
Les pourcentages de campagnes déclassantes par groupe de paramètres soulignent de
manière significative le problème sur le groupe des nutriments phosphorés (Tableau 4). En
effet, sur les 29 campagnes analysées, quasi la moitié de celles-ci sont déclassées par les
orthophosphates et/ou le phosphore total.

Tableau 4 : Pourcentage des campagnes déclassantes des Pyrénées Orientales par groupe
de paramètre
Fréquence déclassement sur toutes les campagnes Pourcentage
Bilan Oxygène 1/29 3,4%
Forme réduite de l’azote (NK, NH4) 2/29 6,9%
Forme oxydée de l’azote (NO2, NO3) 1/29 3,4%
Nutriments phosphores (PO4, Pt) 14/29 48,3%
Matières en suspensions 0 0,0%

L’intégralité des STEU pour lesquelles les rejets déclassent au moins paramètre de la ME
sont visible sur la carte en Annexe 5.

27
3.2. Synthèse de l’analyse masse d’eau par masse d’eau

Sur la totalité du basin Rhône Méditerranée Occitanie, il est recensé 521 masses d’eaux dont
149 sont dites en risque (non-atteinte de l’objectif du bon état d’ici 2027) à cause de la pollution
par les nutriments urbains et industriels. Sur ces 149 masses d’eaux soumises à la pression
étudiée au cours de ce stage, 125 d’entre elles sont soumises à l’analyse car elles sont le
milieu récepteur d’au moins un rejet de STEU. Pour appliquer la méthode, le choix s’est porté
sur le Vistre, une masse d’eau localisée dans le Gard. L’intérêt de cette masse d’eau est qu’elle
comporte un bon nombre de STEU possédant un suivi milieu récepteur et que les conclusions
de cette analyse soulignent de nombreux déclassements. D’un point de vue global, ce cas
permet également d’argumenter le lien entre le travail de la police de l’eau sur les STEU et de
la DCE sur les masses d’eau. Cette concordance sera mise en lumière dans la partie
discussion de ce rapport.
La synthèse des conclusions de l’analyse au fil de l’eau est présentée sous forme de tableau
(Annexe 8) qui renseigne la période prise pour analyse, le risque de non atteinte du bon état
de la ME, dont la pollution par les nutriments urbains et industriels en est à l’origine, le nombre
de stations de suivis (CD et DCE), l’impact sur la qualité, la liste des apports qui s’effectuent
en amont de l’impact, la préconisation d’un suivi en amont et aval des apports.

a) Application de la méthode sur la masse d’eau le Vistre (Gard)


Le Vistre prend sa source au Nord-Est de Nîmes à Bezouce et se jette dans le Canal du Rhône
à Sète vers Aigues Mortes. La partie
aval du Vistre a été chenalisée à la fin
du 18ème siècle ce qui lui conféra le
nom de Canal du Vistre. Long d’un
peu plus de 49 km, il traverse la partie
Est du département du Gard (Figure
12). Dans cette partie, c’est le Vistre
de sa source à la Cubelle qui est
étudié. Ce tronçon dispose de six
stations de suivis (conseils
départementaux et DCE), huit rejets
de STEU, un rejet d’ICPE et six
affluents répertoriés comme masses
d’eau (Figure 13). Ce cours d’eau
illustre bien la pression observée, la
pollution par les nutriments urbains et
industriels, et comprend en plus de
nombreuses stations de traitement
des eaux usées qui ont pu être
étudiées dans la première analyse
présentée ci-dessus.

Figure 12 : Localisation du Vistre. Source : Qgis

28
Figure 13 : Profil en long du Vistre

29
L’état global du Vistre est qualifié de médiocre d’après le dernier état des lieux réalisé pour
l’élaboration du SDAGE 2022-2027.
A l’issue de cet état des lieux, les paramètres déclassant le Vistre sont les suivants : Diatomées,
O2 dissous, Taux de saturation en O2, Nitrites, Phosphore total et Phosphates. Les données
de mesures des suivis CD et DCE datent de 2019 et 2020 (Annexe 6) et l’étude des moyennes
et des extrêmes tendent à confirmer les observations faites sur l’état global de la masse d’eau.
Les moyennes, maximum (renseigne le pire état pour les paramètres DBO5, MES, NH4, NO2-,
NO3-, PO43- et Pt) et minimum (renseigne le pire état pour les paramètres O2 dissous et
saturation en O2) calculées à partir des mesures extraites des stations de suivis permettent
d’informer sur la qualité du Vistre sur la période étudiée (Tableau 5 et 6). Les extremums
apparaissent comme plus isolés pour les stations de suivis 1 à 3 (Marguerittes, Rodilhan et
Nîmes 1). A partir de la station de suivi 4 (Nîmes 2) les écarts entre la courbe des moyennes
et des extremums sont moins importants. Cela est encore plus visible sur les paramètres
phosphorés.

Tableau 5 : moyennes calculées sur les paramètres par station de suivi (Bleu = très bon ; Vert = bon ; Jaune = moyen ;
Orange = médiocre ; Rouge = mauvais) des campagnes datant de 2019 et 2020

Tableau 6 : calcul des extremums afin de définir l'état le moins bon par station de suivi (Bleu = très bon ; Vert = bon ; Jaune
= moyen ; Orange = médiocre ; Rouge = mauvais) des campagnes datant de 2019 et 2020

Les résultats montrent des concentrations élevées sur les paramètres phosphorés pour les
moyennes établies. Il s’y ajoute les MES, nutriments azotés (NH4 et NO2-) et le dioxygène
(O2 dissous et saturation) pour extremum constituant les mesures les moins bonnes du jeu de
données. Les dégradations sont visibles dès la première station de suivi localisée sur la partie
amont du Vistre.

30
En ce qui concerne les paramètres O2 dissous et saturation en O2, les tendances sont les
mêmes. Les résultats moyennés par stations de suivi permettent de qualifier l’état de la masse
d’eau comme bon (Figure 14). En revanche, pour ce qui est des résultats issus des minimums,
cela renvoie à un état moyen du Vistre (d’après seuil qualité Annexe 2).

a)

b)

Figure 14 : Évolution de la concentration en O2 dissous (a) et de la saturation en O2 (b) le long du Vistre


des campagnes datant de 2019 et 2020

31
Ce sont les rejets de Saint Gervasy et Bouillargues qui semblent être à l’origine de cette
dégradation sur ces paramètres. Les mêmes tendances sont observées pour les paramètres
NO2-, PO43- et Pt. L’état de la masse d’eau s’améliore légèrement après le rejet de la STEU
de Nîmes. Cependant, les paramètres phosphore total et orthophosphates posent plus de
problème puisque même les résultats moyennés atteignent des seuils de qualité allant
jusqu’au médiocre (Figure 15).

a)

b)

Figure 15 : Évolution de la concentration en PO43- (a) et en phosphore total (b) le long du Vistre des campagnes
datant de 2019 et 2020

32
En effet, pour le Pt moy et le PO43- moy après le rejet de Nîmes, les valeurs stagnent dans
l’état moyen. Le problème majeur réside donc dans la teneur trop élevée en phosphore dans
les rejets de STEU. L’apport par le rejet ICPE ne semble pas avoir d’impact. Il en est de même
pour les affluents qui ne paraissent pas influencer la qualité du cours d’eau déjà régie par les
rejets de STEU. Cette « amélioration de l’état » le long du cours d’eau figure comme un cas
particulier. En effet, les apports des affluents, et/ou la capacité autoépuratoire du cours d’eau,
avec le rejet de Nîmes à des concentrations faibles améliorent la situation du Vistre.
Les résultats sur les diatomées indiquent des états allant du bon au médiocre aux différentes
stations de suivis (Figure 16). Cette fois-ci, le rejet de Nîmes ne tend pas à améliorer la qualité
mais plutôt à la dégrader puisque le cours d’eau atteint un état médiocre au point de suivi situé
en aval du rejet. Puis l’apport en eau du ruisseau le grand campagnolle refait basculer l’état
du Vistre du médiocre au moyen. Sachant que les diatomées donnent une image des apports
de polluants intégrés dans le temps (contrairement aux paramètres physicochimiques suivis
lors de prélèvements ponctuels), la dégradation de la note de l’IBD observée à l’aval du rejet
de Nîmes, pourrait signifier des apports de polluants ponctuels plus marqués.

Figure 16 : Évolution de la note de l'IBD le long du Vistre des campagnes datant de 2019 et 2020

33
b) Conclusions globales de l’analyse au fil de l’eau
Au total, 223 ME ont été analysées par la méthode consistant à exploiter les moyennes et
extremums issus des stations de suivis présentent sur le linéaire (Annexe 8). En conclusion,
seules 46 de ces ME ne sont pas impactées par les apports s’effectuant dans le cours d’eau.
Pour 86, l’impact est avéré et la mise en place ou la poursuite d’un suivi amont aval est
préconisée lorsque la pression en amont est un rejet de STEU. Parmi ces 86 ME dont le bon
état est déclassé, une trentaine ne sont pas sujettes au risque de non atteinte de l’objectif
d’état par la pollution des nutriments urbains et industriels d’ici 2027. Ce constat remet en
cause l’état des lieux fait sur les ME du bassin. Les restantes sont classées comme « impact
potentiel ». Cela fait référence à toutes les ME pour lesquelles il n’y a pas de stations de suivis
ou dont les données ont pu être collectées.

34
4. Discussion

4.1. Aperçu des marges de manœuvres possibles pour les


STEU déclassantes : étude de la STEU de Nîmes (Gard)

La discussion sur les marges de manœuvre possibles à adopter portent sur les STEU
localisées sur le Vistre et pour lesquelles l’analyse ponctuelle a pu être faite. Le choix de la
STEU à présenter dans cette partie s’est tourné vers Nîmes. En effet, d’après les évaluations
menées précédemment, les données collectées pour Nîmes permettent d’aboutir à une
analyse très robuste. Un total de 91 campagnes de suivi milieu récepteur ont été réalisées
entre 2013 et 2020 et de nombreux déclassements ont été observés (Annexe 7). La station
d’épuration actuelle de Nîmes a été mise en service en juin 2008 et sa capacité nominale de
traitement est de 220 000 EH avec un débit journalier de dimensionnement équivalent à 37
000 m3/jour par temps sec et 49 1000 m3/jour par temps de pluie. Les normes de rejet
imposées après traitements sont très restrictives, c’est le terme de traitement très poussé qui
est utilisé ici (Figure 17).

Figure 17 : Normes de rejet de la STEU de Nîmes Ouest prescrite dans l’arrêté préfectoral
n°2004-127-11
Le suivi du milieu récepteur a été prescrit en même temps que la création de la nouvelle station
de traitement et son protocole est lisible dans l’arrêté préfectoral n°2004-127-11 (Préfecture
du Gard 2004) encadrant la STEU de Nîmes Ouest. Y sont prescrites les dispositions
suivantes :
• Suivi du Vistre entre l’amont et l’aval de l’agglomération
• Un total de 12 mesures par an seront réalisées portant sur les paramètres température,
pH, conductivité, O2 dissous, Taux de saturation en O2, MES, DBO5, DCO, NTK, NH4,
NO2, NO3, PO4, Pt, chlorophylle a+phéopigments, IBGN (2 à 4 mesures par an).
A partir des données extraites via MesureRejet, et des analyses divers constats sont
apparus :
• Le rejet de la STEU de Nîmes déclasse le Vistre sur les paramètres DCO, NH4+,
NO2-, PO43- et Pt

35
• Le rejet de la STEU de Nîmes déclasse au moins une fois les paramètres suivants :
DBO5, DCO, MES, NTK, NH4, NO2, NO3, O2 dissous, Taux de saturation en O2,
PO4 et Pt
• Les déclassements majeurs sont observés sur les paramètres NH4 (fréquence de
déclassement (fd ) = 38/91), NTK (fd = 27/91), NO2 (fd = 19/91), PO4 (fd = 22/91) et
Pt (fd = 28/91) (Annexe 7)
• La station d’épuration est conforme (dernière conformité validé 2019, 2020 étant
en cours de validation). Sur toute la période prise pour analyse la STEU est
conforme en équipement et performance.
• La poursuite du suivi milieu récepteur est fortement recommandée suite aux
déclassements observés sur le Vistre.
D’après la méthode appliquée lors de l’analyse ponctuelle (2.1, Figure 5), afin de connaitre les
marges de manœuvre potentiellement possibles à mettre en œuvre, la première étape
consiste à étudier si les normes de rejet peuvent être révisées. Dans le cas présent, la STEU
de Nîmes dispose déjà des normes des plus restrictives au vu de sa capacité nominale de
traitement (220 000 EH). Ainsi, l’hypothèse suivante est faite, la STEU de Nîmes ne peut
réviser ses normes de rejet, avec ou sans ajout de traitement spécifique. De ce fait, les
possibilités restantes pour limiter l’impact du rejet de Nîmes sur le Vistre sont réduites. L’unique
option envisageable reste donc la modification de l’exutoire du rejet. Il reviendra au service
police de l’eau de la DDTM30 de se rapprocher du maître d’ouvrage pour étudier la faisabilité
de cette option. Néanmoins, d’un point de vue réaliste, cette option semble peu probable pour
cette STEU faisant partie des plus grosse STEU du département. Il faudra donc agir sur les
autres rejets afin de limiter globalement le déclassement du Vistre. Les autres STEU
localisées sur le Vistre et disposant d’un suivi milieu récepteur sont celles de Bouillargues,
Bernis Aubord, Vestric Candiac et Vauvert. Les marges de manœuvre possibles à mettre en
place pour ces STEU sont visibles en Annexe 4. Ainsi, l’idée est de regarder tous les apports
à la ME afin de voir sur quelle STEU il existe le plus de marge de manœuvre avec l’effort le
plus raisonnable (analyse coûts/bénéfices).

4.2. Interprétation des résultats de l’analyse du Vistre et mise en


relation des résultats de l’analyse ponctuelle des STEU rejetant
dans le Vistre

D’après les résultats présentés plus haut, le Vistre subit les apports localisés en amont de son
tronçon. Pour rappel, les rejets des STEU de Saint Gervasy, Bouillargues, Nîmes, Bernis
Aubord, Uchaud, Vestric Candiac, Vauvert et de le Cailar se font dans le Vistre. Il semblerait
que tous ces rejets empêchent l’atteinte du bon état du Vistre (paramètres phosphorés).
Seules les STEU de Saint Gervasy et de Le Cailar ne présentent pas de suivi milieu récepteur.
Ainsi, d’après la méthode utilisée, la mise en place de suivi en amont et aval du rejet de ces
deux STEU est conseillée. Pour les autres STEU les constats suivants sont faits à l’issue des
deux analyses (Tableau 7) :

36
Tableau 7 : Mise en relation de l'analyse ponctuelle et de l'analyse par ME

Analyse ponctuelle Analyse par masse Cohérence ou


(Échelle : Police de d’eau (Échelle : incohérence entre
l’eau sur STEU) DCE sur masse ces deux échelles ?
d’eau)

Le rejet déclasse les Dégradation sur les Les observations


paramètres DCO, MES, paramètres NO2-, faites
NH4+, NK, NO2-, NO3- O2 dissous, taux de ponctuellement
STEU et Pt saturation en O2, viennent mettre en
Bouillargues PO43- et Pt. lumière celles à
Recommandation :
Capacité 7000 Dégradation de l’échelle de la masse
modifier les normes de
EH l’IBD. d’eau Cohérence
rejets
Normes de rejet
actuelles : DBO5 = 25
mg/l ; DCO = 125 mg/l ;
MES = 35 mg/l ; NGL =
20 mg/l

Le rejet déclasse les Le rejet de Nîmes Le rejet de Nîmes


paramètres DBO5, atténue les atténue les
DCO, MES, NH4+, NK, déclassements déclassements et
NO2-, NO3-, O2 observés en amont. cela est vrai pour les
dissous, taux de Atteinte du bon état paramètres DBO5,
saturation en O2, pour l’O2 dissous, le MES, NH4+, NO3-,
PO43- et Pt. Les taux de saturation et O2 dissous et taux
fréquences de NH4. La de saturation en O2
déclassement les plus problématique qui restent dans le
STEU Nîmes élevées sont observées persiste pour Pt et bon état à l’échelle
Ouest pour les paramètres PO43- bien qu’il y de la masse d’eau.
Capacité 220000 NH4 et Pt ait une amélioration Néanmoins, la
EH de qualité entre les problématique
Recommandation :
stations de suivis persistant sur PO43-
modifier le point du rejet
situées avant et et Pt. Les
Normes de rejet après le rejet conclusions de
actuelles : DBO5 = 15 Nîmes. En l’analyse ponctuelle
mg/l ; DCO = 50 mg/l ; revanche, la tendent à souligner
MES = 20 mg/l ; NGL = dégradation de l’IBD le même problème
10 mg/l ; NH4 = 2 mg/l est accentuée après sur ces paramètres.
et Pt = 1 mg/l Nîmes Ouest. A cela s’ajoute la
note médiocre de
l’IBD juste après le
rejet de Nîmes. Ce
résultat peut
s’expliquer par
toutes les
observations issues
de l’analyse locale.
Cohérence

37
Le rejet déclasse les Le rejet ne semble A l’échelle de la
paramètres DBO5, pas modifier la masse d’eau, le rejet
DCO, NO3- et Pt tendance installer de Bernis Aubord
STEU Bernis par le rejet de n’est même pas
Recommandation :
Aubord Nîmes qui est visible alors que les
Réviser les normes de
Capacité 7000 d’atténuer la conclusions de
rejet
EH dégradation l’analyse ponctuelle
Normes de rejet soulignent des
actuelles : DBO5 = 25 déclassements.
mg/l ; DCO = 125 mg/l ;
Incohérence
MES = 35 mg/l ; NTK =
40 mg/l

Sur l’unique campagne Même conclusion Il est impossible de


disponible (analyse peu que pour Bernis conclure sur la
STEU Vestric
robuste) le rejet ne Aubord cohérence de la
Candiac
déclasse aucun mise en relation des
Capacité 1400 paramètre deux analyses
EH
Normes de rejet
actuelles : DBO5 = 25
mg/l ; DCO = 125 mg/l ;
MES = 35 mg/l ; NGL =
20 mg/l

STEU Vauvert Le rejet déclasse les Même conclusion Même conclusion


paramètres DBO5, que pour Bernis que pour Bernis
Capacité 15000
DCO, MES, NH4+, NK, Aubord Aubord.
EH
NO2- et Pt
Incohérence
Recommandation :
Révision des normes
de rejet
Normes de rejet
actuelles : DBO5 = 25
mg/l ; DCO = 90 mg/l ;
MES = 35 mg/l ; NGL =
20 mg/l et Pt = 2 mg/l

En résumé, certains déclassements observés ponctuellement à l’aval immédiat des rejets de


STEU ne sont pas visibles lorsque les impacts sont étudiés sur tout le linéaire. Ce constat
mènerait donc à parler d‘incohérence entre les deux échelles d’études. Néanmoins, les
résultats de l’analyse ponctuelle permettent de justifier les déclassements observés au fil de
l’eau. C’est dans ce sens-là qu’il faut interpréter les conclusions. Pour autant, les rejets se
faisant après Nîmes ne transparaissent pas lorsque l’étude porte sur tout le linéaire. Bien que
le Vistre semble possédait d’un bon pouvoir de dilution des effluents traités, la lecture en
parallèle des analyses souligne la sensibilité accrue du Vistre au phosphore. Ce constat
permettra d’orienter la mise en place de normes de rejets plus sévères sur ces paramètres.
Les STEU de Bouillargues, Bernis Aubord, Vestric Candiac et Vauvert sont les plus concernées
par ces révisions (Tableau 7) puisqu’il est encore possible de réduire la charge acceptable
dans le rejet (MEDDE-EPNAC 2015).

38
4.3. Présentation d’un argumentaire pour la définition d’objectifs
moins stricts

Dans le cas où l’atteinte du bon état de la masse d’eau ne peut se faire d’ici fin 2027, la
définition d’objectifs moins stricts peut se faire par dérogation d’après l’article 4.5 de la
Directive Cadre sur l’Eau. La révision des objectifs peut se faire uniquement si toutes les
mesures techniques faisables et financièrement réalisables ont déjà été instaurées sans
permettre une amélioration de l’état de la masse d’eau. Cette redéfinition d’objectif figure
comme un état intermédiaire définit à l’horizon 2027 puisque le but final reste le bon état (BRL
ingénierie 2020). Il existe à ce jour deux motifs d’exemption pour la définition d’objectifs moins
stricts (OMS) :
• Faisabilité techniques (FT) : cet objectif renvoie à trois points
1. Absence d’outils suffisamment incitatifs
2. Manque d’efficacité de la technique proposée
3. Temps de mise en œuvre supérieur à 6 ans
• Coûts disproportionnés (CD) : repose sur une analyse coût bénéfice (ACB) afin de
déterminer la capacité à payer des acteurs. Cet argument survient en complément de
l’argumentaire technique et de l’analyse économique.
Dans cette partie, seule la faisabilité technique sera développée. Pour se faire, le cours d’eau
le Vistre sera pris comme support pour la présentation d’un argumentaire pour la définition
d’objectifs moins stricts.
La constitution de lots représente la base de l’approche utilisée pour la définition des typologies
des masses d’eau. La constitution des lots repose sur l’ambiance des pressions (pollution ;
altération du milieu physique ; les deux), les pressions, le type fonctionnel et la taille du cours
d’eau (rang de Strahler <4 ; >4). Pour le Vistre, les informations majeures sont exploitées de
l’état des lieux de 2019 (Tableau 8)
Tableau 8 : Inventaire des pressions s’effectuant sur le Vistre et leur origine vis-à-vis du risque
de non atteinte du bon état de la ME d’ici 2027

39
Ainsi, pour le Vistre, les lots suivants ont pu être constitués (BRL ingénierie 2020):
• Ambiance des pressions : mixte (pollution et milieu physique)
• Pressions : pollution par les nutriments urbains et industriels, pollution par les
nutriments agricoles, pollution par les pesticides, pollution par les substances toxiques
(hors pesticides) et altération de la morphologie
• Type fonctionnel : Vignoble (Type 6)
• Taille du cours d’eau : < 4
La pression par les nutriments urbains et industriels étant le sujet d’étude de ce stage, c’est
pour ce type de pression qu’un exemple d’argumentaire sera présenté (Figure 18).

Figure 18 : Présentation de l'argumentaire pour la définition d'objectifs moins stricts sur base
de la faisabilité technique portant sur la pression de la pollution par les nutriments urbains et
industriels

40
4.4. Prise de recul sur l’élaboration des suivis milieu récepteur

a) Choix pertinent des STEU ?


D’après les résultats de l’analyse ponctuelle, les STEU suivies actuellement sont pertinentes.
Néanmoins, l’analyse au fil de l’eau vient souligner la nécessité de suivre d’autres STEU. La
prescription de suivis amont et aval peut se faire en prenant pour base les seuils de capacités
de STEU (EH). Ces seuils sont à adapter en fonction du débit du cours d’eau. En effet, pour
des débits très faibles, il faudrait envisager un suivi milieu pour toutes les STEU. L’adaptation
des seuils plus élevés se fera au fur et à mesure que les débits augmentent. Ce critère n’a pas
été étudié dans ce stage mais une réflexion ultérieure pourra être entamée notamment pour
les ME pour lesquelles la pollution par les nutriments urbains et industriels est à l’origine
RNABE d’ici 2027.
L’exploitation des conclusions de ce stage vont permettre aux SPE d’orienter au mieux leur
choix dans la prescription des suivis milieu récepteur. Les tableaux de synthèses (Annexe 4
et 8) résumant les conclusions des analyses ponctuelles et au fil de l’eau servent de guide sur
les actions à prévoir afin de limiter la dégradation du milieu naturel par les rejets des systèmes
d’assainissement. De plus, afin de faciliter une homogénéisation des suivis milieu récepteur,
un exemple type de protocole dont les recommandations se basent sur celles prescrites par
la DCE (Ministère de la Transition écologique et solidaire 2019) a été rédigé :
« Le bénéficiaire met en place un suivi du milieu récepteur en réalisant des analyses sur
échantillon prélevé sur les eaux XXX en :

• Si le rejet s’effectue directement dans la ME : deux points situés en amont et en aval


(après zone de mélange) du rejet
• Si le rejet s’effectue dans un cours d’eau qui confluent avec la ME : deux points
situés en amont et en aval (après zone de mélange) du rejet, un point situé en amont
de la confluence sur la ME et un point situé en aval de la confluence sur la ME.

Ces mesures de la qualité des eaux du milieu récepteur portent notamment sur les paramètres
physico-chimiques et les indicateurs biologiques :

• Éléments physico-chimiques : pH, température, oxygène dissous, taux de saturation


en O2 dissous, DBO5, DCO, MES, NO3, NO2, NH4, NKJ, PO43-, Pt, conductivité.

• Éléments biologiques : IBD, I2M2

• Élément hydrologique : mesure du débit du cours d’eau (uniquement en amont du


rejet)

Un minimum de 4 campagnes par an pendant 5 ans devront être réalisées (seulement 2 pour
la biologie) se limitant à au moins 2 en période estivale (ou basses eaux).

Les analyses sont effectuées par un laboratoire agréé par le service chargé de la police de
l’eau et l’Agence de l’eau.

Chaque début d’année, le programme de suivi est transmis pour validation par le service en
charge de la police de l’eau. Il comporte à minima la liste des paramètres analysés, leurs
fréquences d’analyse, l’emplacement des points de prélèvement. Chaque année, un rapport
est adressé au service en charge de la police de l’eau, comprenant les éléments du
programme de suivi et l’analyse de l’influence des rejets du système d’assainissement sur ces
différents milieux. En fonction des résultats des analyses de l’année écoulée, la fréquence de

41
ce suivi peut être reconsidérée, sur proposition du bénéficiaire et après validation du service
de police de l’eau, sans toutefois être inférieure à une analyse par an. »
Avec une application des consignes prescrites dans cet exemple type, les manques ou
irrégularité des suivis seront donc nettement réduits.

b) Présentation des biais


La réalisation de cette étude a permis de répertorier de nombreux soucis, incohérence,
manques qui ont pour conséquence de biaiser les résultats et conclusions communiqués. Les
principaux biais sont les suivants :

• Manque de certaines données de mesures d’une année sur l’autre dans un suivi
milieu récepteur. A plusieurs reprises, il y avait une absence de mesure sur une année
entière ou un point non mesuré d’une campagne à une autre. Ces manques ont pour
conséquence de changer la robustesse d’une analyse qui est donc moins
représentative de la qualité réelle.
• Non communication ou mesure des indices biologiques. L’information biologique
est l’élément majeur de la définition de l’état écologique. Malheureusement, cette
information a trop manqué car elle était non bancarisée dans l’outil utilisé pour la
transmission de données. Cela a donc eu pour conséquence de ne pas permettre une
exploitation et une interprétation complète de l’impact des rejets sur le milieu récepteur.
• Des données anciennes. Notamment pour l’analyse au fil de l’eau, les campagnes de
mesures sélectionnées étaient celles où les données des suivis des conseils
départementaux et des stations DCE étaient disponibles aux mêmes périodes.
Malheureusement, les suivis des conseils départementaux se réalisent par cycle (tous
les deux ou trois ans) par bassin versant. Ainsi, il est arrivé que l’analyse soit effectuée
sur les années 2014 à 2016. L’état du cours d’eau ayant pu changer, les conclusions
de la seconde analyse sont donc vraies qu’à cette période.

42
Conclusion

Afin d’étudier l’impact des rejets des STEU sur le milieu récepteur, des suivis milieux
récepteurs sont mis en place. Ces suivis permettent de caractériser à travers la mesure de
paramètres physicochimiques et biologiques si le rejet dégrade le cours d’eau. C’est le maître
d’ouvrage qui est chargé de réaliser ces prélèvements selon un protocole communiqué dans
l’arrêté associé à la STEU.
C’est au travers d’une analyse ponctuelle que les données collectées ont été analysées. Cette
analyse se concentre sur l’étude en amont et en aval de l’impact du rejet pour chaque STEU.
Il a été déterminé les déclassements observés pour chacune d’elle ainsi que la nécessité ou
non de poursuivre le suivi milieu récepteur. Au total, sur les quatre départements étudiés,
regroupant 130 STEU pouvant être soumises à cette analyse, seules 14 ne dégradent pas la
ME. Dans ce cas, le suivi milieu récepteur peut être arrêté. Concernant les STEU restantes,
soit les données sont trop peu nombreuses pour conclure sur l’impact du rejet (analyse peu
robuste ou impossible), soit le rejet dégrade la ME et des suggestions sont proposées. En effet,
selon les caractéristiques que possède la STEU, il est conseillé de réviser les normes de rejet
actuelle, de mettre en place des traitements plus poussés ou lorsque ces deux options ont
déjà atteint leur stade le plus avancé, de modifier l’endroit du rejet. De manière générale pour
chaque département, ce sont les paramètres phosphorés qui sont les plus concernés par les
déclassements.
Une seconde analyse a été réalisée dont le but est d’étudier pour chaque ME, les potentiels
déclassements du bon état sur la base des données issues des stations de suivis des conseils
départementaux et des stations DCE. Cette analyse a permis de cibler les apports (rejet STEU,
ICPE, affluents) responsables des changements de qualité. D’autre part, elle aide à répertorier
de nouvelles STEU nécessitant la mise en place de suivis amont et aval. Un des autres
aspects de cette étude est de vérifier la cohérence entre l’information portant sur les ME
renseignées en risque de non atteinte du bon état en 2027 sur la pression nutriments urbains
et industriels et la réalité du terrain retranscrite à travers les données de mesure.
Par ailleurs, ce stage montre que les observations faites à l’échelle de la ME, concernant les
pressions et les impacts, se distinguent également à l’échelle des ouvrages d’assainissement.
En outre, le travail réalisé par les SPE vient mettre en lumière celui fait par le bassin. Ce
parallélisme permet d’expliquer les impacts observés et notamment de mettre en place des
leviers d’action pour atteindre l’objectif commun qui est le bon état de la ME. La carte des
rejets partageant les conclusions des deux analyses (Figure 18) informe sur les STEU à traiter
en priorité par les SPE. En effet, pour les STEU ne disposant pas d’un suivi milieu récepteur
mais dont le rejet impacte la ME (d’après l’analyse au fil de l’eau), le suivi amont et aval est
suggéré, notamment sur les ME en risque. Pour les STEU possédant déjà un suivi milieu
récepteur, ce sont celles impactant la ME sur les deux niveaux d’analyses effectuées qui
menacent le plus l’atteinte du bon état. Ces STEU sont principalement concentrées dans
l’Aude et le Gard (Figure 18). Enfin, cette carte justifie aussi de la proportion élevée de rejets
pour lesquels il était impossible d’apporter des conclusions et renseignés@ comme
indéterminé dans la légende.
Les perspectives d’exploitations des conclusions de ce stage sont diverses et variées. Par
exemple, une des perspectives concernerait l’identification des priorités au titre des PAOT, qui
déclinent en actions les mesures du PdM (au titre de la DCE, il est annexé au SDAGE, établi

43
sur la base des pressions identifiées dans l’état des lieux). Ce travail doit être mené début
2022 sur l’ensemble des thématiques, par chaque DDT (en lien avec la DREAL, l’Agence de
l’Eau et les acteurs du territoire). Les réflexions du stage permettront d’apporter des éléments
concrets pour l’identification et la priorisation des actions relatives à l’assainissement urbain.

44
Figure 19 : Carte résumant les conclusions des deux analyses appliquées lors de ce stage, Occitanie

45
Bibliographie
Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. 2020. « Communiqué de presse ».
Arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d’assainissement collectif et aux installations
d’assainissement non collectif, à l’exception des installations d’assainissement non collectif
recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1.2 kg/j de DBO5. s. d.
Arrêté du 27 juillet 2018 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères
d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de
surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de
l’environnement. s. d.
Article L214 - Code de l’environnement. 01/03/2017. Environnement.
Article R214-1 - Code de l’environnement. 14/02/2021. Environnement.
BRL ingénierie. 2020. « Élaboration des arguments de justification d’objectifs moins stricts
pour les masses d’eau qui n’atteindront pas le bon état fin 2027 dans les bassins Rhône
Méditerranée et Corse ».
eaufrance. s. d. « Bienvenue sur Naïades | Naïades ». Consulté le 4 août 2021.
[Link]
Figueras, Corinne. 2019. « Ciblage des mesures PdM 2022-2027 – Assainissement Note
régionale ». Document non vérifié et uniquement utilisé en interne
MEDDE-EPNAC. 2015. « Élément de méthode pour la définition des niveaux de rejet du petit
collectif ».
Ministère de la transition écologique. 2021. « Présentation, organigramme - DREAL
Occitanie ». 2021. [Link]
[Link].
Ministère de la Transition écologique et solidaire. 2019. « Guide technique relatif à l’évaluation
de l’état des eaux de surface continentales (cours d’eau, cnaux, plan d’eau) ».
Ministère de la transition écologique et solidaire. 2021. « ROSEAU - Bienvenue sur
ROSEAU ». 2021. [Link]
63bdc7d9dfde202b272db23f1eaf490276b6beb36d243674ddc3f98c6ab179e4.
Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, et Agence
de l’eau Rhône Méditerranée Corse. 2020. « Mesure Rejet ». 2020. [Link]
Préfecture du Gard. 2004. « Arrêté préfectoral n°2004-127-11 déclarant d’utilité publique
rendant cessible et autorisant la mise aux normes et l’extension d’une station d’épuration, le
rejet des eaux usées après traitement et le transfert des effluents du site de Nîmes Centre au
site de Nîmes ouest ».
Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée. 2017. « Etat des lieux sur les ressources et les
milieux aquatiques de la région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée ».
Vasquez, José. 2016. « Hydrologie et hydraulique urbaine en réseau d’assainissement 2016 ».

46
Annexes
Annexe 1 : Carte des masses d’eau subissant une pression ponctuelle urbaine (ex :
STEU) en Occitanie, 2019

47
Annexe 2 : Limite des classes d’état pour les éléments de la physicochimie et de la
biologie. Explication du calcul de la note de l’IBD en EQR pour la zone d’étude.
Valeurs des limites des classes d’état pour les paramètres physico-chimiques généraux pour
les cours d’eau (Ministère de la Transition écologique et solidaire 2019)

48
Calcul de la note de l’IBD en EQR pour les cours d’eau de méditerranée dans le cas
générale et détermination des classes d’état en fonction de la note de l’IBD en EQR
(Ministère de la Transition écologique et solidaire 2019)

En méditerranée, dans le cas général, la note minimale du type vaut 1 et la note de référence
du type vaut 18,1. Ainsi, afin de calculer la note de l’IBD en EQR il faut appliquer la formule
suivante :
Note en EQR = (note observée – 1) / (18,1 – 1)
En fonction du résultat obtenu il sera possible de déterminer à quelle classe d’état appartient
la note de l’IBD en se référant aux classes ci-dessous :

Attention, certains cours d’eau ne font pas partie du cas général et la note de l’IBD en EQR se
calcule d’une manière différente puisque la note minimale du type et la note de référence type
varient

49
Annexe 3 : Carte des rejets des STEU et des masses d’eaux pour lesquelles la pollution
par les nutriments urbains et industriels est à l’origine du risque de non atteinte de
l’objectif d’état d’ici 2027.

50
Annexe 4 : Synthèse par départements des déclassement observés et des orientations
préconisée afin de limiter l’impact du rejet sur le milieu récepteur.
Aude

51
Gard

52
53
54
Hérault

55
Pyrénées Orientales

56
Annexe 5 : Carte des STEU déclassant au moins un paramètre de la ME, Occitanie

57
Annexe 6 : Données de mesures de 2019 et 2020 issues des stations de suivi des
conseils départementaux et DCE sur le Vistre.

Données issues de la physicochimie

58
Données issues de la biologie

59
Annexe 7 : Inventaire des campagnes où un déclassement est observé par paramètre
pour la STEU de Nîmes.

60
Annexe 8 : Tableau synthétique de l’analyse au fil de l’eau

61
62
63
64
65
66
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MEMOIRE DE FIN D'ETUDES

Diplôme(s) Ingénieur de l’ENGEES


Spécialité Hydrosystème

Auteur Marine DEROO (Promo Liège)


Année
2018 - 2021

Étude de l’impact des rejets des systèmes d’assainissement sur le milieu récepteur – Bassin
Rhône Méditerranée Occitanie

Nombre de pages texte : 47 annexes : 19


Nombre de références bibliographiques : 16

4.5. Structure d'accueil


DREAL Occitanie / Montpellier / Hérault , France
Maître de stage : Corinne Figueras

Résumé
Les rejets des stations de traitement des eaux usées peuvent impacter la qualité des eaux réceptrices.
La réalisation de suivi milieu récepteur permet d’étudier la nature impactante du rejet et de définir si le
rejet est à l’origine de la non atteinte du bon état. Le but est d’analyser le rejet de la STEU et son potentiel
impact puis dans un second temps de prendre du recul sur l’ensemble des pressions s’exerçant sur la
masse d’eau. Finalement, l’objectif est de faire le lien entre l’exercice de la police de l’eau, qui doit
intégrer les objectifs de la DCE (niveau ouvrage) et la politique de bassin qui évalue les pressions
significatives à l’échelle des masses d’eaux.

Mots-clés
Rejets, suivis, impact, qualité, STEU

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