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République Tunisienne

Ministère de la santé
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université de Gabès
Institut supérieur des sciences infirmières de Gabès

Projet de fin d’Etudes


En vue de l’obtention de la

Licence Nationale En Sciences


Infirmières

Evaluation des connaissances du


personnel paramédical devant une
envenimation scorpionique

Elaboré par :
Encadré par :

Saidi Mohamed Amine Nbaya Mohamed Ali


Abbes Omran Ayadi Zahia

Année universitaire : 2025-2026


‫قسم عون الصحة‬
‫اقسم بالّله العظيم‬
‫ان أقوم بواجباتي المهنية بكل أمانة‬
‫أن أمتنع عن كل عمل جنائي أو مؤذ عند مباشرتي‬
‫لعملي‬
‫أاّل أعطي عن قصد أدوية تشكل خطرا على حياة‬
‫المرضى‬
‫أن أبذل ما في وسعي إلعالء مستوى مهنتي‬
‫أن أكتم األسرار التي أطلع عليها بموجب عملي‬
‫أن أتحلى بروح التعاون مع الفريق الذي أباشر معه‬
‫عملي‬
‫أن أكون مخلصا لكل المرضى الذين هم في عهدتي‬
‫والّله على ما اقول شهيد‬
Dédicace 1

Je dédie ce travail :
À ma mère « Fayza » .
Aucune dédicace ne saurait exprimer tout le respect, l’amour éternel et la reconnaissance que
je vous porte pour les sacrifices consentis pour mon éducation et mon bien-être. Merci pour
votre soutien indéfectible et l’amour que vous me témoignez depuis mon enfance. Que Dieu
vous accorde santé, bonheur et longue vie.
À mon père, « Sola ».
Épaule solide, regard attentif et cœur compréhensif, vous êtes l’une des personnes les plus
dignes de mon estime et de mon respect. Aucune parole ne saurait traduire mes sentiments.
Que Dieu vous protège et vous accorde santé et longue vie.
À mes chers frères et sœurs En témoignage de mon affection fraternelle, de ma profonde
tendresse et de ma reconnaissance, je vous souhaite une vie pleine de succès, d’honneur et de
bonheur. Que Dieu, le Tout-Puissant, vous protège et vous garde.
À mon binôme, «Omran ».
Merci pour ton soutien tout au long de notre travail. J’y ai trouvé l’entente et la collaboration
dont j’avais besoin.
Enfin, j’adresse mes remerciements à toutes les personnes qui m’ont soutenue durant ces
années : Mes amis, mes collègues et mes enseignants, merci pour votre présence, vos
encouragements et votre bienveillance.
AMINE

Dédicace 2

Je dédie ce modeste travail et ma profonde gratitude :


À ma très chère mère « Aida »
Je te dédie ce travail en témoignage de mon profond amour. Puisse Dieu, le tout puissant, te
préserver et t’accorder santé, longue vie et bonheur. Tu as fait plus qu’une mère puisse faire
pour que ses enfants suivent le bon chemin dans leur vie et leurs études.
À mon cher père « Bachir »
Aucune dédicace ne saurait exprimer l’amour, l’estime, le dévouement et le respect que j’ai
toujours eu pour toi. Rien au monde ne vaut les efforts fournis jour et nuit pour mon éducation
et mon bien être. Que cette dédicace témoigne de mon amour filial et de ma reconnaissance
éternelle envers toi.
À mon cher Binôme « Mohamed Amine»
C’est avec une immense joie que je te dédie ce travail de fin d’études, ce fut un honneur de
travailler en équipe et de partager les connaissances et les souvenirs.
Enfin, à toutes les personnes qui m’ont soutenue durant ces années :
Mes amis, mes collègues mes encadreurs et mes enseignants, merci pour votre présence, vos
encouragements.
Omran

Remercîments
Avant toute chose, nous rendons grâce à Dieu Tout-Puissant, qui nous a
accordé la force, la patience et la persévérance nécessaires pour mener à
bien ce travail.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Monsieur le Directeur
de l’Institut
Supérieur des Sciences Infirmières de Gabes, [Link] Trabelsi, pour la
qualité de l’enseignement dispensé au sein de l’établissement, ainsi que
pour les moyens mis à notre disposition tout au long de notre parcours
académique.
Nos remerciements les plus chaleureux vont à nos encadrants, ‘[Link]
Mohamed Ali’ et Mme ‘Ayadi Zahia’, pour leurs disponibilités, leurs
précieux conseils et leurs soutiens tout au long de ce travail. Leurs
orientations avisées et leurs expertises ont été déterminantes dans
l’aboutissement de cette recherche.
Nous remercions sincèrement les membres du jury, qui nous font
l’honneur d’évaluer ce travail, et dont les remarques nous seront
précieuses pour notre avenir professionnel.
Nous adressons aussi nos vifs remerciements à l’ensemble des
enseignants qui nous ont formés tout au long de ces années d’études, en
nous transmettant les connaissances et les valeurs indispensables à notre
future pratique professionnelle.
Nous exprimons également notre reconnaissance à l’ensemble de l’équipe
soignante du service de carcinologie de l’Hôpital Universitaire de Gabès,
pour leur accueil, leur collaboration et leur soutien dans la collecte des
données.
Enfin, nous exprimons notre profonde gratitude aux patients ayant
accepté de participer à cette étude, pour la confiance qu’ils nous ont
accordée et la richesse de leurs témoignages, essentiels à la réalisation de
cette recherche. À toutes et à tous, merci.

Sommaire

Table des matières


Introduction...........................................................................................................................................1
Matériels et Méthodes...........................................................................................................................4
1. Type d’étude...................................................................................................................................5
2. Date et Lieu de l’étude...................................................................................................................5
3. Population cible et échantillon.......................................................................................................5
4. Instruments de mesure..................................................................................................................5
5. Analyse des données......................................................................................................................5
6. Procédures de collecte des données et considérations éthiques...................................................5
Résultats.................................................................................................................................................7
Ⅰ. Identification de la population :......................................................................................................8
1. L’âge :....................................................................................................................................8
2. Genre :....................................................................................................................................8
3. Fonctions :..............................................................................................................................9
4. Ancienneté :............................................................................................................................9
5. Personnel bénéficient des formations sur l’ES :....................................................................10
6. Le service :...........................................................................................................................10
Ⅱ. Connaissances générales sur l’ES :................................................................................................10
1. Définition de l’ES :...............................................................................................................10
2. L'espèce la plus dangereuse :................................................................................................11
3. Le système sur lequel agit le venin scorpionique :................................................................11
Ⅲ. Epidémiologie :............................................................................................................................12
1. La saisonnalité :....................................................................................................................12
2. La région la plus touchée :....................................................................................................12
3. Tranche d'âge la plus touchée :.............................................................................................13
4. Tranche d'âge la plus à risque de formes graves :.................................................................13
5. l'incidence d'envenimation scorpionique :............................................................................14
6. le pourcentage des formes graves :.......................................................................................14
Ⅳ. Etude clinique :...........................................................................................................................15
1. Le signe clinique le plus fréquent :.......................................................................................15
2. les signes généraux annonçant la gravité :............................................................................15
3. Les complications :...............................................................................................................16
Ⅴ. Prise en charge de l’ES :...............................................................................................................16
1. les éléments de la conduite à tenir initiale :..........................................................................16
2. Le pose de garrot :................................................................................................................17
3. Classification de l’ES :.........................................................................................................17
4. Eléments de stade 3 :............................................................................................................18
5. L'indication du sérum antiscorpionique :..............................................................................18
6. L'administration du sérum antiscorpionique :.......................................................................19
7. La molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à une envenimation
scorpionique :...............................................................................................................................19
8. Personnels ayant une PEC d'une ES :...................................................................................20
Ⅵ. Suggestions :...............................................................................................................................20
1. Propositions pour l'amélioration de la PEC :........................................................................20
Discussion.............................................................................................................................................21
I. Caractéristiques de la population étudiée :...................................................................................22
1. Répartition selon l'âge :............................................................................................................22
2. Répartition selon le sexe :.........................................................................................................22
3. Répartition selon la fonction :...................................................................................................23
4. Répartition selon l'ancienneté :.................................................................................................23
5. Formation spécifique sur l'envenimation scorpionique :...........................................................23
II. Connaissances épidémiologiques et biologiques :........................................................................24
1. Définition de l'envenimation scorpionique :.............................................................................24
2. L'espèce la plus dangereuse :....................................................................................................24
3. Systèmes cibles du venin scorpionique :...................................................................................24
4. Saisonnalité et répartition géographique :.................................................................................25
5. Population la plus touchée et la plus à risque :.........................................................................25
6. Incidence nationale et pourcentage des formes graves :...........................................................26
III. Connaissances cliniques :............................................................................................................26
1. Signe clinique local le plus fréquent :.......................................................................................26
2. Signes généraux annonçant la gravité :.....................................................................................26
3. Éléments cliniques du stade III :...............................................................................................27
4. Complications majeures : choc cardiogénique :........................................................................27
IV. Connaissances thérapeutiques :..................................................................................................28
1. Conduite à tenir initiale — persistance du garrot :....................................................................28
2. Classification tripartite :.......................................................................................................29
3. Sérum antiscorpionique — indications, modalités et controverses :.........................................29
4. Dobutamine — molécule de choix dans le choc cardiogénique :..............................................30
V. Expérience pratique et propositions d'amélioration :..................................................................31
1. Expérience de prise en charge :................................................................................................31
2. Propositions pour l'amélioration de la prise en charge :............................................................31
Recommandations...............................................................................................................................32
Points forts de l’étude :....................................................................................................................34
Limite de l’étude :.............................................................................................................................34
Conclusion............................................................................................................................................35
Bibliographie........................................................................................................................................38
Annexes................................................................................................................................................42
Liste des figures

Figure 1: Répartition des personnels soignants selon l’âge.................................................................................8


Figure 2: répartition selon le genre......................................................................................................................8
Figure 3: répartition des personnels selon leurs fonctions..................................................................................9
Figure 4: Répartition selon l'ancienneté..............................................................................................................9
Figure 5: Nombres des personnels qui ont beneficé des formations à propos l'envenimation scorpionique...10
Figure 6: Répartition selon le service.................................................................................................................10
Figure 7: L'éspèse la plus dangeureuse............................................................................................................11
Figure 8: Le période de survenue la plus fréquente des piqûres de scorpion................................................12
Figure 9: Les régions les plus touchées en Tunisie..........................................................................................12
Figure 10: l'incidence d'envenimation scorpionique en Tunisie.....................................................................14
Figure 11: le pourcentage des formes graves d'envenimation scorpionique..................................................14
Figure 12: Le pose du garrot.............................................................................................................................17
Figure 13: combien de stades peut-on classer l'envenimation scorpionique..................................................17
Figure 14: la molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à une envenimation scorpionique 19
Figure 15: Nombre des personnels ayant une PEC d'une ES.........................................................................20
Figure 16: Propositions pour l'amélioration de la PEC..................................................................................20
Liste des tableaux

Tableau I: Définition de l’ES.............................................................................................................................11


Tableau II: Le système sur lequel agit le venin scorpionique............................................................................11
Tableau III: la tranche d'âge la plus touchée...................................................................................................13
Tableau IV: la tranche d'âge la plus à risque de formes graves.....................................................................13
Tableau V: Le signe clinique le plus fréquent....................................................................................................15
Tableau VI : les signes généraux annonçant la gravité.....................................................................................15
Tableau VII: Les complications d'ES...............................................................................................................16
Tableau VIII: les éléments de la conduite à tenir initiale................................................................................16
Tableau IX: Les éléments cliniques qui font partie du stade 3.......................................................................18
Tableau X: L'indication du sérum antiscorpionique.......................................................................................18
Tableau XI: L'administration du sérum antiscorpionique.............................................................................19
Tableau XII: Les stades de gravité de l'ES......................................................................................................28
Liste des abréviations
AVC : Accident Vasculaire Cérébral

DREES : Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques

ECG : Électrocardiogramme

ES : Envenimation Scorpionique

FC : Fréquence Cardiaque

G5% : Glucose à 5 %

HUG : Hôpital Universitaire de Gabès

IDM : Infarctus Du Myocarde

IM : Intramusculaire

IV : Intraveineux

IVL : Intraveineuse Lente

OAP : Œdème Aigu du Poumon

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

OR : Odds Ratio

PEC : Prise En Charge

SAMU : Service d'Aide Médicale Urgente

SAS : Sérum AntiScorpionique

SpO₂ : Saturation Pulsée en Oxygène

SSI : Sérum Salé Isotonique

TA : Tension Artérielle
Introduction
Introduction

L'envenimation scorpionique constitue un problème de santé publique majeur dans de


nombreuses régions du monde, particulièrement dans les zones tropicales et subtropicales. Parmi 2
772 espèces de scorpions recensées à ce jour, seules 104 espèces (3,8 %) sont considérées comme
dangereuses pour l'homme[1]. À l'échelle mondiale, plus de 1,2 million de piqûres de scorpion sont
enregistrées annuellement, entraînant plus de 3 250 décès, soit un taux de létalité de 0,27 %[2]. Ces
chiffres, souvent sous-estimés en raison d'une sous-déclaration importante dans les pays à faible
revenu, placent le scorpionisme parmi les urgences toxicologiques les plus fréquentes au monde,
exposant une population mondiale à risque estimée à 2,3 milliards de personnes[2].

En Tunisie, l'envenimation scorpionique représente une urgence toxicologique


particulièrement préoccupante, classant le pays parmi les zones d'endémicité scorpionique les plus
importantes d'Afrique du Nord. Environ 40 000 piqûres de scorpion sont enregistrées chaque année
sur l'ensemble du territoire national, avec une incidence atteignant 600 cas pour 100 000 habitants
dans le gouvernorat de Sfax[3]. Les espèces responsables des formes graves appartiennent
principalement à la famille des Buthidae, notamment Androctonus australis hector et Buthus
occitanus tunetanus, dont la distribution est concentrée dans les régions méridionales et centro-
méridionales à climat aride[3,4]. La saisonnalité est marquée, avec un pic d'incidence entre mai et
septembre, période correspondant à l'activité nocturne maximale des scorpions.

Cliniquement, l'envenimation scorpionique est classifiée en trois stades selon la classification


tripartite tunisienne, validée par le consensus international de Khattabi et al. : le stade I
(manifestations locales uniquement), le stade II (signes végétatifs systémiques modérés) et le stade
III (défaillances viscérales graves)[5]. Les formes sévères (stade III) sont caractérisées par un choc
cardiogénique, un œdème pulmonaire aigu et des manifestations neurologiques graves — altération
de la conscience, convulsions, coma — représentant les principales causes de décès. Bien que ne
représentant qu'1 à 3 % des cas, elles concentrent la quasi-totalité de la mortalité [4]. Les enfants de
moins de 15 ans constituent la population la plus vulnérable, en raison d'un rapport dose de
venin/poids corporel plus élevé et de l'immaturité de leurs systèmes de régulation végétative [6].

La précocité et la qualité de la prise en charge initiale par le personnel soignant constituent les
déterminants principaux du pronostic de l'envenimation scorpionique. En Tunisie, les infirmiers des
services d'urgences sont les premiers professionnels à évaluer, classifier et initier le traitement des
victimes de piqûres de scorpion .

Des études récentes menées dans des pays à forte endémicité scorpionique rapportent
d'importantes lacunes dans les connaissances des personnels soignants, notamment concernant
2
Introduction

l'identification des espèces dangereuses, les contre-indications des gestes de premiers secours et les
indications précises des traitements spécifiques[7]. En Tunisie, malgré l'existence du Programme

national et de protocoles standardisés, l'évaluation formalisée des connaissances du personnel


soignant sur cette pathologie reste insuffisamment documentée.

C'est dans ce contexte que s'inscrit notre travail. L'objectif principal de ce Projet de Fin
d'Études (PFE) est d'évaluer le niveau de connaissances du personnel soignant exerçant dans des
structures de soins prenant en charge des cas d'envenimation scorpionique, concernant les aspects
épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques de cette pathologie. Ceci est en vue de statuer sur l’état
des lieux des connaissances du personnel soignant et de proposer des recommandations pour
améliorer ces connaissances.

3
Matériels et Méthodes
Matériels et Méthodes

1. Type d’étude

Il s'agit d'une étude descriptive incluant infirmiers, aides-soignants et techniciens supérieurs en


urgences/réanimation.

Elle a pour objectif d’évaluer les connaissances et les pratiques infirmières dans la prise en charge
(PEC) des patients victimes d’envenimation scorpionique, afin d’optimiser cette PEC et de minimiser
au maximum les risques de complications.

2. Date et Lieu de l’étude

L’étude a été réalisée au sein des services de réanimation, des urgences et SAMU du l’Hôpital
Universitaire de Gabès (HUG).

Le recueil des données s’est déroulé sur une période allant du 18 mars 2026 au 10 avril 2026.

3. Population cible et échantillon

Notre étude a porté sur un échantillon de 30 professionnels de santé exerçant dans les services de
réanimation, des urgences et SAMU (infirmiers, aides-soignants, techniciens en
urgence/réanimation).

 Critères d’inclusion :
o Le personnel infirmier des deux sexes.
o Le personnel affecté aux différents roulements horaires (matin, après-midi et nuit).
o Le personnel infirmier toutes tranches d'âge confondues.
 Critères d’exclusion :
o Les membres du personnel ayant refusé de participer à l’enquête.
o Le personnel en congé durant la période d’investigation.

4. Instruments de mesure

La collecte des données a été effectuée au moyen d’un questionnaire anonyme rédigé en langue
française. Cet outil comprend 27 questions (ouvertes, semi-ouvertes et fermées), élaborées sur la base
d'une revue approfondie de la littérature scientifique existante en rapport avec notre thématique.

5. Analyse des données

La saisie et le traitement statistique des données ont été réalisés à l'aide des logiciels Microsoft Word
2016 et Excel 2016. Les résultats obtenus sont présentés sous forme de graphiques et de tableaux.

6. Procédures de collecte des données et considérations éthiques

Afin de garantir la rigueur éthique et déontologique de notre recherche, les dispositions suivantes ont
été respectées :

 Une autorisation administrative préalable, relative au recueil des données, a été délivrée et
soumise aux chefs des services concernés.
5
Matériels et Méthodes

 Les objectifs de l'étude ont été clairement explicités aux participants en amont de la collecte.

 L’anonymat strict des questionnaires ainsi que la confidentialité des données recueillies ont
été rigoureusement préservés, conformément aux normes de la recherche scientifique.

6
Résultats
Résultats

Durant notre période d’étude, 30 personnels paramédicaux ont répondu à notre questionnaire.

Ⅰ. Identification de la population :

1. L’âge :

23.33%

40.00% >45
23-35
36-45

36.67%

Figure 1: Répartition des personnels soignants selon l’âge

→ Notre étude a montré une prédominance de la tranche d'âge comprise entre 36 et 45 ans,
représentant 40% de l'effectif total.
2. Genre :

20
60%
18

16

14
40%
12

10

0
Féminin Masculin

Figure 2: répartition selon le genre

→Notre étude a révèlé une prédominance féminine avec 18 femme (60%) contre 12 homme (40%) .

8
Résultats

3. Fonctions :

13.33%
16.67%

Aide-soignant(e)
Infirmier(e)
Technicien supérieur
d'urgence/d'anesthésie

70.00%

Figure 3: répartition des personnels selon leurs fonctions

→La majorité de la population étudiée est faite des infirmiers avec un pourcentage de 70%.
4. Ancienneté :

12
36.7%
33.3%
10
30%

0
<5ans >10ans 5-10 ans

Figure 4: Répartition selon l'ancienneté

→Une répartition équilibrée a été noté avec une légère prédominance de personnes très
expérimentées (>10 ans).

9
Résultats

5. Personnel bénéficient des formations sur l’ES :

40.00%
Non
Oui
60.00%

Figure 5: Nombres des personnels qui ont beneficé des formations à propos
l'envenimation scorpionique

→Les personnels ayant eu une formation sur le sujet de l’envenimation scorpionique ont 40%.

6. Le service :

26.67%

Réanimation
SAMU
56.67% Urgence HUG

16.67%

Figure 6: Répartition selon le service


→Nous avons constaté que 56,7% de notre population est affectée au service des urgences.

Ⅱ. Connaissances générales sur l’ES :

10
Résultats

1. Définition de l’ES :

Tableau I: Définition de l’ES

La définition de Effectifs Pourcentage (%)


l'envenimation scorpionique
Une urgence médicale 27 90
Une affection différée 4 13,3
Une maladie infectieuse 0 0
Je ne sais pas 1 3,3

NB : question à choix multiple


→Nous avons constaté que la majorité des réponses dite que l’ES est une urgence médicale.

2. L'espèce la plus dangereuse :

16
46,7%
14
12
33,3%
10
8
20%
6
4
2
0
Androctonus Aeneas(noire) Androctonus Australis(jaune et Buthus occitanus (jaune)
queue noire)

Figure 7: L'éspèse la plus dangeureuse

→La majorité du personnel soignant interrogé, avec un pourcentage de 46,7%, a déclaré que l’espèce
la plus dangeureuse est Androctonus australis.

3. Le système sur lequel agit le venin scorpionique :

Tableau II: Le système sur lequel agit le venin scorpionique

Le système sur lequel agit le Effectif Pourcentage(%)


venin scorpionique
Système nerveux 19 63,3%
11
Résultats

Système digestif 1 3,3%


Système cardiovasculaire 16 53,3%
Je ne sais pas 0 0%
NB : question à choix multiple

→La majorité des répondants a identifié le système nerveux (63,3%) et le système cardiovasculaire
(53,3%) comme les cibles principales.

Ⅲ. Epidémiologie :

1. La saisonnalité :

30

25 80%

20

15

10

5
10%
6,67%
3,33%
0
L'automne Le printemps L'été L'hiver

Figure 8: Le période de survenue la plus fréquente des piqûres de


scorpion

→Notre population a confirmé le caractère saisonnier particulièrement estival de l’envenimation


scorpionique.

2. La région la plus touchée :

12
Résultats

22,23%
Figure 9: Les régions les plus touchées en Tunisie
Centre
Nord
6,67% Sud

71,1% →La majorité des


interrogés (71,1%)
a identifié le Sud
tunisien comme la
région la plus touchée par les envenimations scorpioniques.

3. Tranche d'âge la plus touchée :

Tableau III: la tranche d'âge la plus touchée

la tranche d'âge la plus Effectifs Pourcentage(%)


touchée
Enfant 15 50
Adulte 14 46,7
Sujet âgé 4 13,3

NB : question à choix multiple

→Notre personnel interrogé a déclaré que les enfants sont les plus touchés aves un pourcentage de
50% et que les adultes sont fortement touchés avec 46,7%.

4. Tranche d'âge la plus à risque de formes graves :

Tableau IV: la tranche d'âge la plus à risque de formes graves

la tranche d'âge la plus à Effectifs Pourcentage (%)


risque de formes graves

Enfant 22 73,3
Adulte 2 6,7
Sujet âgé 15 50

NB : question à choix multiple

13
Résultats

→Les répondants ont attesté que l'enfant est la principale victime des formes graves d'envenimation,
suivi par le sujet âgé.

5. l'incidence d'envenimation scorpionique :

18 58,7%
16

14

12
33,3%
10

4 10%
2

0
100000-120000 cas/an 10000-20000 cas/an 30000-45000 cas/an

Figure 10: l'incidence d'envenimation scorpionique en Tunisie

→Cinquante-six pour-cent des répondants ont déclaré que 30000-45000 cas /an est l’incidence de
l’ES en Tunisie.

6. le pourcentage des formes graves :

14
Résultats

13.33%

Figure 11: le pourcentage des formes graves


30.00%d'envenimation scorpionique
1 à 2%
3 à 5%
5 à 10% →56,7% des
personnels
interrogés ont
56.67% affirmé que le
pourcentage des
formes graves
d’ES est entre 3% et 5%.

Ⅳ. Etude clinique :

1. Le signe clinique le plus fréquent :

Le signe clinique le plus Effectif Pourcentage(%)


fréquent
Douleur au point de piqure 22 73,3%
Œdème généralisé 7 23,3%
Nécrose 2 6,7%
hémorragie 1 3,3%
Tableau V: Le signe clinique le plus fréquent

NB : question à choix multiple

→La douleur au point de piqûre constitue le signe le plus fréquemment rapporté par 73,3% des
soignants interrogés.

2. les signes généraux annonçant la gravité :

15
Résultats

les signes généraux Effectif Pourcentage(%)


annonçant la gravité
Vomissement 18 60%
Sueurs profus 19 63,3%
Hypotension 15 50%
Dyspnée 18 60%

NB : question à choix multiple

→Nos résultats ont montré que les sueurs profuses ont constitué le signe d'alerte le plus fréquemment
rapporté. Les vomissements et la dyspnée ont suivi avec une fréquence identique de 60%.

Tableau VI : les signes généraux annonçant la gravité

3. Les complications :

Tableau VII: Les complications d'ES

Les complications Effectif Pourcentage(%)


d'envenimation scorpionique

AVC 1 3,3%
Choc cardiogénique 24 80%
OAP 13 43,3%
IDM 7 23,3%

NB : question à choix multiple

16
Résultats

→Le choc cardiogénique a été la complication majeure, rapportée par 80% des soignants.

Ⅴ. Prise en charge de l’ES :

1. les éléments de la conduite à tenir initiale :

Tableau VIII: les éléments de la conduite à tenir initiale

les éléments de la conduite à Effectifs Pourcentage(%)


tenir initiale

Rassurer le patient 19 63,3


Immobiliser le membre atteint 17 56,7

Faire un garrot 16 53,3


Inciser la plaie 3 10
Aspirer le venin 6 20

NB : question à choix multiple

→Les personnels interrogés ont choisi « Rassurer le patient », « Immobiliser le membre atteint »,
« Faire un garrot » comme prise en charge initiale avec des pourcentages 63,3%, 56,7% et 53,3%.

2. Le pose de garrot :

12
36,7%
33,3%
10

6
16,7%
13,3%
4

0
Contre-indiquée Je ne sais pas Recommandée Souhaitable

Figure 12: Le pose du garrot


17
Résultats

→36,7% des soignants choisirent que la pose du garrot soit contre-indiquée.

3. Classification de l’ES :

25
76.7%

20

15

10

5
10% 10%
3.3%
0
2 stades 3 stades 4 stades Je ne sais pas

Figure 13: combien de stades peut-on classer l'envenimation


scorpionique

→Nos résultats ont montré que 76,7% des soignants maîtrisent la classification tripartite (3 stades) de
l'envenimation scorpionique.

4. Eléments de stade 3 :

Tableau IX: Les éléments cliniques qui font partie du stade 3

Les éléments cliniques qui Effectifs Pourcentage(%)


font partie du stade 3

Douleur thoracique 13 43,3


Fièvre 9 9
Priapisme 3 3
Altération de l'état de 22 22
conscience

NB : question à choix multiple


18
Résultats

→Selon la majorité des sujets interrogés (73.3%), l’altération de l’état de conscience fait partie de
stade 3.

5. L'indication du sérum antiscorpionique :

Tableau X: L'indication du sérum antiscorpionique

L'indication du sérum Effectif Pourcentage (%)


antiscorpionique
Systématique 11 36,7
Indiqué seulement dans les 11 36,7
formes graves
Indiqué quelque soit le délai 2 6,7
Indiqué selon l'âge et le poids 8 26,7
du patient
Je ne sais pas 4 13,3

NB : question à choix multiple

→Les résultats ont montré une égalité dans les pourcentages entre deux idées principales : 36.7%
pensent que le sérum est systématique et 36.7% pensent qu’il est indiqué seulement dans formes
graves.

6. L'administration du sérum antiscorpionique :

Tableau XI: L'administration du sérum antiscorpionique

L'administration du sérum Effectifs Pourcentage (%)


antiscorpionique
À la pousse-seringue 3 10
électrique
En IVL avec du G5% 0 0
En IVL avec du SSI 18 60
En IM 9 30
Je ne sais pas 3 10
19
Résultats

NB : question à choix multiple

→La majorité (60%) a affirmé que l’administration se fait en IVL aves SSI.

7. La molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à une envenimation


scorpionique :
18
53,3%
16

14

12

10 30%
8

4 10%
6,7%
2

0
Adrénaline Dobutamine Je ne sais pas Noradrénaline

Figure 14: la molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à


une envenimation scorpionique

→ 53.3% des personnels ont déclaré que la Dobutamine est la molécule de choix en cas
d’insuffisance circulatoire en cas d’ES.

8. Personnels ayant une PEC d'une ES :

→Les résultats ont montré que 63.3% des personnels ont déjà pris en charge au moins un cas d’ES.

Ⅵ. Suggestions :

1. Propositions pour l'amélioration de la PEC :

20
Figure 15: Nombre des personnels ayant une PEC d'une ES
Résultats

standardisation des protocoles hospitaliers 17.2%

Sensibilisations 10%
36.67%
Non
Oui
Formation des personnels 38.9%
63.33%

Education sur la PEC 13.3%

Amélioration de la PEC 20.6%

0 2 4 6 8 10 12

→La majorité des personnels (38,9%) ont proposé la formation des personnels pour améliorer la
PEC des patients victime d’ES.

21
Discussion
Discussion

L’envenimation scorpionique continue depuis longtemps à susciter l’intérêt de la communauté


médicale notamment dans les zones arides du monde. Ceci est dû à son caractère endémique dans ces
régions, la réversibilité de ses manifestations et de l’efficacité des gestes simples réalisées à temps à
améliorer le pronostic. Ainsi, le programme national de lutte contre l’envenimation scorpionique a
été instauré. Il a codifié les différents stades cliniques et la conduite à tenir correspondante à chaque
stade. Une formation a été assurée aux cadres médicaux et paramédicaux des différentes régions
endémiques de la Tunisie pour pouvoir appliquer ce programme en vue d’améliorer l’accès à des
soins de qualité devant une envenimation scorpionique. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette étude
qui nous a permis de répondre à nos objectifs qui sont :

 Améliorer la qualité de prise en charge des ES.


 Evaluer les connaissances du personnel paramédical devant une ES.

I. Caractéristiques de la population étudiée :

1. Répartition selon l'âge :


L'analyse démographique de notre échantillon révèle une prédominance de la tranche d'âge
comprise entre 36 et 45 ans, représentant 40 % de l'effectif total. Ce profil correspond à une équipe
soignante constituant le noyau expérimenté des équipes hospitalières.

Ces résultats sont en accord avec ceux rapportés par la Direction de la Recherche, des Études,
de l'Évaluation et des Statistiques (DREES), qui souligne l’importance des classes d’âge
intermédiaires dans les effectifs soignants et le vieillissement progressif du personnel de santé[8].

De même, Ben Salah et al. ont retrouvé un âge moyen de 41 ans chez les infirmiers
hospitaliers, ce qui rejoint les caractéristiques démographiques observées dans notre étude[9].

Cette expérience professionnelle, appuyée par une formation continue actualisée, constitue
un atout pour la prise en charge des urgences toxicologiques.

2. Répartition selon le sexe :


La prédominance féminine (60 %) reflète la féminisation progressive du secteur infirmier
tunisien. Ce résultat est en accord avec le rapport de Boniol et al., qui montre que les femmes
représentent la majorité de la main-d'œuvre mondiale dans le domaine de la santé, en particulier dans
les professions infirmières [10].

23
Discussion

3. Répartition selon la fonction :


En analysant nos résultats, nous constatons que la majorité (70%) de notre population est
composée d’infirmiers.

Dans ce contexte, le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié en 2020


intitulé ’La situation du personnel infirmier dans le monde: Investir dans la formation, l’emploi et le
leadership’, le personnel infirmier constitue le plus vaste groupe professionnel du secteur de la santé
dans le monde, représentant environ (59%) des professionsde santé [11].

Cette répartition est cohérente avec les données internationales rapportées par Buchan et al.,
selon lesquelles le personnel infirmier constitue le groupe professionnel le plus important au sein des
systèmes de santé et joue un rôle central dans la continuité et la qualité des soins [12]..

4. Répartition selon l'ancienneté :


Une légère majorité (36,7%) de personnels très expérimentés (ancienneté > 10 ans)
caractérise notre population.

Nos résultats rejoignent les travaux de Benner (1984), selon lesquels l'expérience
professionnelle contribue progressivement au développement des compétences et des connaissances
des soignants. La présence d'un pourcentage important de professionnels ayant plus de 10 ans
d'ancienneté peut ainsi constituer un atout pour la qualité de la prise en charge et le partage des
savoirs au sein de l'équipe[13].

5. Formation spécifique sur l'envenimation scorpionique :


Seulement 40 % de nos répondants ont déclaré avoir bénéficié d'une formation spécifique.
Ceci révèle une lacune majeure dans la formation du personnel paramédical aussi bien académique
que continue.

Dans ce cadre, l’enquête de Harabech et al. ont souligné dans leur analyse nationale (2018-
2021) que la formation structurée est l'un des piliers du programme tunisien, et que son insuffisance
est le principal facteur de variabilité de la qualité des soins[14].

De plus, El Moumen et al. ont confirmé ce déficit à l'échelle régionale : la majorité des
soignants déclarait n'avoir jamais reçu de formation spécifique, résultat comparable au nôtre[15].

24
Discussion

II. Connaissances épidémiologiques et biologiques :

1. Définition de l'envenimation scorpionique :


Presque la totalité de la population (90%) définit correctement l'envenimation scorpionique
comme une urgence médicale. Cette perception reflète une bonne sensibilisation aux risques associés
à cette affection.

Une étude de Chippaux et Goyffon ont estimé à l'échelle mondiale à plus de 1,2 million le
nombre annuel de piqûres responsables d'environ 3 250 décès, dont la grande majorité est évitable
par une prise en charge précoce[2].

En outre, Bahloul et al. ont confirmé dans leur revue physiopathologique que la défaillance
multiviscérale justifie pleinement la qualification d'urgence médicale à haut risque vital[16].

2. L'espèce la plus dangereuse :


Les résultats de notre étude (46,7%) ont prouvé que, l'Androctonus australis (jaune, queue
noire) est l'espèce la plus dangereuse. Cette identification témoigne d’une bonne connaissance des
espèces à haut risque en particulier dans les zones endémique.

Ces constatations concordent avec les résultats d’une étude de Goyffon et al. qui avaient
établi dès 1982 que l'ensemble des décès à Sfax étaient attribuables à cette espèce, exclusivement
chez des patients de moins de 15 ans[17].

En outre, Lourenço a souligné que les espèces du genre Androctonus figurent parmi les
scorpions les plus dangereux au monde en raison de la forte toxicité de leur venin [18]

De même, Bouaziz et al. ont rapporté que les 951 admissions en réanimation de leur cohorte
étaient majoritairement liées aux envenimation par l'Androctonus australis [4].

3. Systèmes cibles du venin scorpionique :


La majorité de nos répondants a identifié le système nerveux (63,3 %) et le système
cardiovasculaire (53,3 %) comme les principales cibles du venin. Cette perception est cohérente avec
les connaissances scientifiques actuelles, qui identifient ces deux systèmes comme les plus
vulnérables aux effets toxiques du venin.

25
Discussion

D’un côté, Bahloul et al. ont décrivé dans leur revue cardiovasculaire que le venin agit par
activation des canaux sodiques voltage-dépendants, provoquant une décharge catécholaminergique
massive à l'origine de la cardiomyopathie toxique[19].

D’un autre côté, Godoy et al. ont attribué les manifestations neurologiques (agitation,
convulsions, coma) à la stimulation autonome sympathique à l’origine d’un bas débit cérébral[20].

Heidarpour et al. ont démontré expérimentalement l’existence de lésions histopathologiques


viscérales directes comme la nécrose hépatique des lésions rénales et myocardiques confirmant la
toxicité tissulaire du venin[21].

4. Saisonnalité et répartition géographique :


Dans notre travail, la grande majorité de nos répondants (71,1 %) identifie le Sud tunisien
comme la région la plus touchée avec un caractère estival marqué. Ceci est dû aux caractéristiques
écologiques et climatiques du pays. En effet, la température élevée et le climat aride en saison
estivale qui caractérisent les régions du sud favorisent l’activité de ces arthropodes augmentent le
risque de piqures chez la population.

En comparaison, Goyffon et al. avaient a décrit dès 1982 ce pic estival correspondant à
l'activité nocturne maximale des scorpions[17].

Les dernières études effectuées par Harabech et al. dans leur analyse nationale 2018-2021
confirment que les gouvernorats de Sidi Bouzid, Kasserine, Sfax, Médenine et Tataouine comme
zones d'incidence maximale[14].

5. Population la plus touchée et la plus à risque :


Lors de notre enquête, nous avons constaté que les répondants ont identifié les enfants comme
la population la plus touchée la plus à risque de formes graves. Cette vulnérabilité s’explique par des
particularités physiologiques propres à l’enfant, notamment un rapport dose de venin/poids corporel
plus élevé et une susceptibilité accrue aux manifestations systématiques [6].

Goyffon et al. avaient établi dès 1982 que la majorité des décès concernaient des patients de
moins de 15 ans[17].

Bahloul et al. ont analysé 685 enfants en réanimation à Sfax sur 13 ans : 81,5 % présentaient
un stade III d'emblée, avec mortalité de 8,9 %, œdème pulmonaire (63,4 %), manifestations
neurologiques (84,7 %)[6].

26
Discussion

Bouaziz et al. ont confirmé en analyse multivariée que l'âge jeune est un facteur indépendant
de mauvais pronostic[4].

6. Incidence nationale et pourcentage des formes graves :


Selon 56,7 % des répondants, l'incidence annuelle est estimée entre 30 000 et 45 000 cas avec
un pourcentage de formes graves entre 3 et 5 %.

Une étude de Chakroun-Walha et al. a rapporté une incidence de 600 cas pour 100 000
habitants à Sfax, contribuant à une incidence nationale d'environ 40 000 piqûres par an[3].

En revanche, Hamouda et Ben Salah ont précisé que les formes nécessitant une réanimation
spécialisée représentent 1 à 3 % des cas mais concentrent la quasi-totalité des décès[8].

III. Connaissances cliniques :

1. Signe clinique local le plus fréquent :

La douleur au point de piqûre est mentionnée par 73,3 pour cent de nos participants. Ce
constat souligne que la douleur locale est reconnue par une large majorité comme le premier signal
d’alerte.

On accord avec ces observation, les manifestations locales, telles que la douleur intense
ressemblant à une brûlure, les paresthésies dans la région et l'érythème, constituent 90% à 95% des
cas, selon Goyffon et ses collègues[17].

Hamouda et Ben Salah ont rapporté que environ 70% à 85% des cas reste limités à des
manifestations locales sans avoir d'effets sur le système, et cela dure rarement plus de 24 heures[8].

Godoy et al. ont indiqué également que les manifestations locales précèdent les signes
systémiques dans 80% des cas, permettent souvent d'orienter précocement le diagnostic [20].

Cela peut indiquer la gravité de l'envenimation systémique qui va suivre.


2. Signes généraux annonçant la gravité :
Les sueurs profuses, les vomissements et la dyspnée sont les signes d'alerte les plus cités par
nos répondants (60 % chacun). La reconnaissance précoce de ces manifestations est essentielle, car
elles traduisent souvent une diffusion systémique du venin et peuvent annoncer l’évolution vers des
complications cardiovasculaires, respiratoires ou neurologiques sévères.

27
Discussion

Khattabi et al. ont classé ces manifestations végétatives : diaphorèse, vomissements,


tachycardie, hypertension parmi les manifestations systémiques modérées (grade II) de leur
classification, justifiant une hospitalisation immédiate et une surveillance rapprochée[5].

De plus, Bahloul et al. ont précisé dans leur revue physiopathologique que ces signes
traduisent la décharge catécholaminique et imposent une surveillance continue : pression artérielle
toutes les 15 minutes, fréquence cardiaque, saturation en oxygène et température rectale[16].

En outre, Godoy et al. ont confirmé que l'association tachycardie-diaphorèse-hypertension


constitue un signal d'alarme d'une décompensation imminente, particulièrement

chez l'enfant de moins de 10 ans[20].

3. Éléments cliniques du stade III :


Soixante-treize pour cent de nos répondants affirment que l'altération de l'état de conscience
est un élément du stade III. Dans ce contexte, Khattabi et al. définissent le stade III par au moins l'un
des critères suivants : choc cardiogénique, œdème pulmonaire aigu, convulsions ou coma. Ils
spécifient que la méconnaissance même partielle de ces critères constitue un risque de sous-
estimation de la gravité à l'admission[5].

Bouaziz et al. ont identifié en analyse multivariée sur 951 cas que le score de Glasgow ≤ 8/15
(OR = 9,87) et l'œdème pulmonaire (OR = 8,46) sont les deux plus puissants facteurs prédictifs de
mortalité, justifiant leur recherche systématique et active dès l'admission[4].

Par ailleurs, Godoy et al. ont souligné que les manifestations neurologiques graves :
convulsions, coma profond doivent être distinguées des manifestations parasympathiques bénignes
du stade II et nécessitent une réanimation spécialisée avec monitorage continu[20].

4. Complications majeures : choc cardiogénique :


Le choc cardiogénique est cité comme complication majeure par 80 % de nos répondants. Ce
résultat reflète une bonne connaissance de la gravité potentielle de l’envenimation scorpionique, dont
les atteintes cardiovasculaires représentent l’une des principales causes de mortalité. En effet, les
complications cardiaques sévères peuvent évoluer rapidement vers une défaillance hémodynamique
aiguë et un œdème pulmonaire, nécessitant une prise en charge intensive et une surveillance
continue.

28
Discussion

Bahloul et al. ont décrivé dans leur revue cardiovasculaire que la cardiomyopathie toxique
scorpionique résulte de l'excès catécholaminergique, produisant une dépression myocardique
profonde avec effondrement du débit cardiaque, élévation des pressions de remplissage et œdème
pulmonaire lésionnel[19].

Ben Jemaa et al. ont rapporté à Sfax un cas de syndrome de Takotsubo inversé secondaire à
une envenimation scorpionique grave, illustrant la diversité des formes de cardiomyopathie toxique et
la nécessité d'une surveillance échocardiographique pour adapter précisément le traitement[22].

Hamdaoui et al. ont confirmé dans leur série gabésienne que le choc cardiogénique représente
l'indication principale de transfert en réanimation présent chez 60% des patients, directement corrélée
au délai de prise en charge[23].

IV. Connaissances thérapeutiques :

1. Conduite à tenir initiale — persistance du garrot :


Parmi nos répondants, 53,3 % citent le garrot comme geste de première intention, alors que
seuls 36,7 % le considèrent correctement comme contre-indiqué. Ce résultat met en évidence la
persistance de certaines pratiques traditionnelles ou idées reçues malgré l’évolution des
recommandations scientifiques.

Contrairement, Hamouda et Ben Salah ont classé le garrot parmi les pratiques formellement
contre-indiquées : le venin diffuse trop rapidement par voie lymphatique pour être stoppé par un
garrot veineux, qui aggrave l'ischémie locale et provoque une libération systémique brutale des
toxines lors de son retrait[8].

La Faculté de Médecine de Sfax rappelle dans son mémoire de référence que la conduite
recommandée se limite à la désinfection locale, l'immobilisation du membre en position déclive, la
surveillance des constantes et le transport immédiat, sans aucun geste supplémentaire[24].

Abroug et al. ont rappellé dans leur revue internationale que les pratiques néfastes des
premiers secours prolongent le délai de prise en charge médicale appropriée au-delà de 2 heures et
contribuent à l'aggravation du pronostic dans les zones endémiques[25]. La persistance de ce geste
chez plus de la moitié de nos répondants est un signal d'alarme majeur.

29
Discussion

2. Classification tripartite :

Tableau XII: Les stades de gravité de l'ES

Stade et Gravité Signes et Symptômes


Stade I : Bénin • Douleur intense, sensation de brûlure et
inflammation au site de la piqûre.
• Possibilité de rougeur ou de léger
engourdissement autour de la zone.
Stade II : Modéré • Sueurs abondantes (hypersudation).
• Agitation, fièvre (> 38°C ou 39°C) ou au
contraire hypothermie.
• Troubles digestifs : vomissements,
douleurs et ballonnement abdominal.
• Troubles cardiovasculaires : accélération
du rythme cardiaque (tachycardie),
hypertension artérielle, extrémités froides.
• Troubles respiratoires : respiration rapide
(polypnée).
Stade III : Grave • Atteinte cardiovasculaire : Choc
cardiogénique, chute de tension.
• Atteinte respiratoire : Œdème Aigu du
Poumon (OAP), détresse respiratoire aiguë.
• Atteinte neurologique : Convulsions,
coma, contractions musculaires
involontaires.
Selon Khattabi et al.
La maîtrise de la classification en 3 stades est correcte chez 76,7 % de nos soignants.

Khattabi et al. ont élaboré un consensus international validant et harmonisant cette


classification tripartite avec les systèmes des pays à forte endémicité, confirmant sa robustesse
pronostique et sa faisabilité sur le terrain[5].

30
Discussion

Kaaniche et al. ont confirmé dans leur étude aux urgences de Sfax (2025) que la classification
tripartite est l'outil le mieux corrélé à la nécessité d'hospitalisation en réanimation, supérieur aux
scores biologiques isolés, et permet une décision d'orientation dans les premières minutes[26].

3. Sérum antiscorpionique — indications, modalités et controverses :


Une proportion égale de nos répondants (36,7 % chacun) pense que le sérum est systématique
versus uniquement indiqué dans les formes graves. Cette égalité parfaite des suffrages reflète la
dualité des pratiques cliniques et le manque de consensus immédiat chez les praticiens.

Abroug et al. ont mené à Tozeur le premier essai contrôlé randomisé sur la sérothérapie
scorpionique chez 825 patients (Lancet, 1999) : randomisés sérum antiscorpionique bivalent 20 mL
IV versus placebo indépendamment du stade, les résultats ont montré l'absence de bénéfice d'une
administration systématique, orientant vers une utilisation ciblée selon le stade[27].

L'Institut Pasteur de Tunis précise dans sa publication de référence que le GAMMA-


SCORP®, produit par immunisation équine contre Androctonus australis et Buthus occitanus
tunetanus en immunoglobulines F(ab')₂, doit être administré en perfusion IV lente de 30 minutes
dans 100 mL de sérum salé isotonique à 0,9 %, sur prescription médicale exclusive[28].

Hamdaoui et al. ont confirmé dans leur série gabésienne qu’ en Tunisie, la prise en charge des
patients intoxiqués comprend l'administration de paracétamol (Perfalgan®) à la dose de 1 g, trois fois
par jour, comme analgésique, ainsi que de deux ampoules de SAS par voie intraveineuse lente,
diluées dans 250 ml de solution saline à 9 ‰, en une seule dose soit environ 0,2 à 0,4 ml/Kg selon le
poids du patient. [23].

4. Dobutamine — molécule de choix dans le choc cardiogénique :


La Dobutamine a été identifiée comme molécule de choix par 53,3 % de nos répondants, mais
47 % ne la connaissent pas ou citent une molécule inappropriée.

Bahloul et al. ont expliqué dans leur revue cardiovasculaire que la Dobutamine est le premier
choix car elle améliore la contractilité myocardique sans augmenter les résistances vasculaires
systémiques [19].

Hakim et al. ont validé expérimentalement sur des rats envenimés par Buthus occitanus
tunetanus que de fortes doses de Dobutamine (10-20 µg/kg/min) corrigeaient significativement les
perturbations hémodynamiques : amélioration du débit cardiaque et réduction de la pression
capillaire pulmonaire[29].

31
Discussion

Abroug et al. ont confirmé dans leur revue sur la cardiomyopathie scorpionique que la
Dobutamine, titrée sous guidage échocardiographique, représente le standard de traitement de la

défaillance myocardique post-envenimation. En effet, son utilisation permet une amelioration


significative de l’index cardiaque d’environ 57% avec une efficacité documentée sur la fraction
d'éjection et les paramètres de délivrance en oxygène estimé à 75% [30].

La méconnaissance de la Dobutamine chez 47 % de nos répondants est une lacune


thérapeutique majeure : un recours inapproprié à la noradrénaline pourrait aggraver la défaillance
myocardique et compromettre le pronostic vital.

Bahloul et al. ont précisé dans leur revue physiopathologique que les vasopresseurs classiques
noradrénaline, adrénaline sont contre-productifs dans ce contexte car ils majorent une postcharge
déjà pathologiquement élevée et augmentent la consommation myocardique en oxygène, aggravant la
dysfonction ventriculaire[16].

V. Expérience pratique et propositions d'amélioration :

1. Expérience de prise en charge :


Parmi nos répondants, 63,3 % ont déclaré avoir déjà pris en charge un cas d'envenimation
scorpionique. Chakroun-Walha et al. ont rapporté 600 cas pour 100 000 habitants à Sfax[3], et Ben
Othman et al. ont recensé 421 cas sur 3 ans à Faouar-Kébili[31], garantissant une confrontation
clinique fréquente et régulière à cette pathologie..

2. Propositions pour l'amélioration de la prise en charge :


La formation des personnels est identifiée comme priorité absolue par 38,9 % de nos
répondants. Harabech et al. font de la formation continue l'axe stratégique central de leur programme
national (2018-2021), montrant que la réduction de la mortalité est directement attribuable au
renforcement de la formation et aux protocoles standardisés[14]. Khattabi et al. ont recommandé dans
leur consensus international l'harmonisation des formations à l'échelle des pays endémiques et
l'utilisation de la classification consensuelle comme outil pédagogique central[5]. Chippaux et
Goyffon ont confirmé à l'échelle mondiale que les programmes de formation structurés simulations
cliniques, protocoles affichés, évaluations pré/post-formation constituent les leviers déterminants de
l'amélioration du pronostic. En effet, la formation continue de personnel permet une réduction de
taux de mortalité estimé entre 50 à 80% ainsi qu’une diminution du délai de PEC de 30 à 50% [2].

32
Discussion

33
Recommandations
Recommendations

1. Renforcer la prévention communautaire

 Campagnes de sensibilisation dans les zones à risque (comportements préventifs : secouer


vêtements/chaussures, éviter de dormir au sol, boucher les fissures, éliminer les amas de
débris)
 Cibler en priorité : parents, enseignants, agents communautaires et enfants

2. Réduire le délai d'orientation vers les soins

 Mettre en place un triage rapide en première ligne avec orientation immédiate des cas graves
(enfants, patients symptomatiques)
 Renforcer les secours préhospitaliers dans les zones éloignées par une meilleure coordination
entre centres de santé, transport sanitaire et hôpitaux de référence

3. Standardiser la prise en charge initiale

 Appliquer un protocole standardisé de classification de la gravité (bénin / modéré / sévère)


dès l'admission
 Éviter la sous-estimation des formes à risque et la surutilisation des ressources pour les cas
simples
 Surveillance plus étroite chez l'enfant

4. Améliorer le traitement symptomatique

 Traitement de base : analgésie, sédation, surveillance des constantes, oxygénothérapie si


besoin
 Utiliser des check-lists de surveillance pour les premières heures (FC, SpO₂, TA,
température, état neurologique, diurèse)

5. Optimiser l'utilisation de l'antivenin

 Réserver l'antivenin aux formes sévères ou à risque, selon des critères cliniques définis
 Adopter des protocoles nationaux harmonisés pour réduire la variabilité des pratiques

6. Renforcer la surveillance des formes graves

 Surveillance continue en milieu hospitalier / réanimation en cas d'atteinte cardio-respiratoire,


convulsions, hyperglycémie, œdème pulmonaire ou dysfonction ventriculaire
 Développer des unités dédiées à l'envenimation avec accès à l'ECG, oxymétrie, biologie
urgente et échographie cardiaque

7. Former les professionnels de santé

 Formation continue des urgentistes, pédiatres, infirmiers et agents de santé sur : signes de
gravité, classification clinique, indications de l'antivenin, surveillance des complications
 Utiliser simulations et protocoles affichés pour homogénéiser les pratiques, surtout dans les
zones à ressources limitées

35
Recommendations

Points forts de l’étude :

●Ce travail permet d’éclaircir et de corriger toute information incorrecte ou incertaine

en matière de l’envenimation scorpionique.

● Le questionnaire était clair, ne nécessitant ni interprétation ni questionnement.

● La majorité des questions choisies étaient fermées, facilitant ainsi l’analyse des

données.

● Il s’agit d’une étude prospective avec un échantillon diversifié en fonction et en service


d’affectation

Limite de l’étude :

● La taille de notre échantillon est restreinte.

● Certains participants ne savaient pas comment remplir le formulaire en ligne via

Google Forms, ce qui explique la nécessité de distribuer un questionnaire papier.

●Le principal obstacle rencontré lors de cette enquête réside dans la réticence de certains
professionnels à répondre au questionnaire, ainsi que le manque d'implication ou la négligence de la
part de quelques répondants face aux questions posées.

36
Recommendations

37
Conclusion
Conclusion

L’envenimation scorpionique demeure un problème de santé publique important, en particulier dans


les régions où l’exposition au scorpion est fréquente et où les conditions climatiques favorisent sa
prolifération. Malgré sa fréquence, cette pathologie reste souvent sous-estimée, alors qu’elle peut
évoluer vers des formes graves mettant en jeu le pronostic vital, surtout chez l’enfant et en cas de
retard de prise en charge.

Notre étude, menée auprès de 30 personnels paramédicaux exerçant aux urgences, en réanimation et
au SAMU de l'Hôpital Universitaire de Gabès, a mis en évidence des lacunes notables dans les
connaissances relatives à l'envenimation scorpionique. Si 76,7 % des soignants maîtrisaient la
classification tripartite et 73,3 % identifiaient correctement l'enfant comme la principale victime des
formes graves, des insuffisances importantes persistaient concernant la conduite à tenir initiale : 53,3
% des répondants considéraient encore la pose d'un garrot comme un geste approprié, et seuls 36,7 %
le jugeaient contre-indiqué. De même, les avis sur l'indication du sérum antiscorpionique restaient
partagés (36,7 % « systématique » contre 36,7 % « formes graves uniquement »), traduisant une
absence de consensus protocolaire. Par ailleurs, 63,3 % des participants avaient déjà pris en charge au
moins un cas d'envenimation scorpionique, ce qui souligne la fréquence de cette urgence dans leur
pratique quotidienne et la nécessité urgente de renforcer leur formation.

Notre travail a permis de mettre en évidence que le personnel paramédical joue un rôle essentiel dans
la prise en charge initiale des patients victimes de piqûre de scorpion. En effet, la rapidité de
l’évaluation, l’identification des signes de gravité, l’orientation correcte du patient et l’application
des mesures de première intention conditionnent largement le pronostic. Cependant, les données
disponibles montrent que les connaissances du personnel de santé restent souvent insuffisantes, en
particulier sur la reconnaissance des scorpions, les mesures de premier secours, et la conduite
thérapeutique appropriée.

Cette situation souligne la nécessité de renforcer la formation initiale et continue du personnel


paramédical. L’intégration de modules spécifiques sur l’envenimation scorpionique, la mise en place
de protocoles standardisés, ainsi que des actions de sensibilisation régulières pourraient améliorer
significativement la qualité de la prise en charge et réduire les complications évitables. Une meilleure
coordination entre les services d’urgence, les structures de première ligne et les centres antipoison
constitue également un élément clé pour optimiser la réponse sanitaire face à ce type d’urgence
toxique.

39
Conclusion

En définitive, l’amélioration des connaissances du personnel paramédical sur l’envenimation


scorpionique représente un enjeu majeur de santé publique. Elle permettrait non seulement de
renforcer la sécurité des patients, mais aussi de diminuer la morbidité, la mortalité et le coût des

prises en charge liées à cette affection. Ce travail met ainsi en lumière l’importance d’une stratégie
éducative ciblée et durable pour faire face efficacement à cette urgence fréquente dans notre contexte.

40
Conclusion

41
Bibliographie
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45
Bibliographie

46
Annexes
Questionnaire sur l'envenimation
scorpionique enTunisie
Dans le cadre de l’élaboration de notre mémoire de fin d’études pour l’obtention de la licence
appliquée en sciences infirmières, réalisé à l’Institut Supérieur des Sciences Infirmières de
Gabès, au titre de l’année universitaire 2025-2026, nous menons une étude intitulée :

« Evaluation des connaissances du personnel paramédical de l’Hôpital Universitaire de Gabès

devant une envenimation scorpionique ».

Cette étude a pour objectif d'améliorer la qualité de la PEC des ES.

Les informations recueillies à travers ce questionnaire sont strictement


anonymes et confidentielles et seront utilisées exclusivement à des fins
scientifiques dans le cadre de cette recherche.
Nous vous remercions sincèrement pour votre précieuse collaboration
et le temps accordé à la complétion de ce questionnaire.

1. Age

23-35
36-45
>45

2. Sexe

Masculin

Féminin
3. Profession .

Infirmier(e)
Aide-soignant(e)
Technicien(ne) supérieur d'urgence/d'anesthésie

4. Expérience professionnelle

<5ans
5-10
ans
>10ans

5. Service d'affectation

Urgence
HUG SAMU

Réanimation
Autres

6. Avez-vous des formations à propos l'envenimation scorpionique

Oui
Non

7. L’envenimation scorpionique est

Une urgence
médicale Une
affection bénigne
Une maladie
infectieuse Je ne
sais pas
8. Quelle est l'espèce la plus dangereuses

Buthus Occitanie(jaune)
Androctonus Australis(jaune et
queue noire) Androctonus
Aeneas(noire)

9. Le venin du scorpion agit principalement sur

Le système
nerveux Le
système digestif
Le système
cardiovasculaire Je ne
sais pas

10. Le période de survenue la plus fréquente des piqûres de scorpion est

L'hiver
Le
printemps
L'été
L'automne

11. Les régions les plus touchées en Tunisie sont

Nord

Centre
Sud

12. Quelle est la tranche d'âge la plus touchée

Enfant
Adulte
Sujet
Âgé
13. Quelle est la tranche d'âge la plus à risque de formes graves?

Enfant
Adulte
Sujet
âgé

14. Quelle est l'incidence d'envenimation scorpionique en Tunisie

100000-120000 cas/an
30000-45000 cas/an
10000-20000 cas/an

15. Quelle est la pourcentage des formes graves d' envenimation scorpionique

5 à 10%
3 à 5%
1 à 2%

16. Le signe clinique le plus fréquent est

Douleur au point de
piqure

Œdème généralisé
Nécrose
Hémorragie

17. Parmi les signes généraux annonçant la gravité :

Vomissements
Sueurs
profuses
Hypotension
Dyspnée
18. Les complications d'envenimation scorpionique sont

AVC

Choc
cardiogenique
OAP
IDM

19. Parmi les éléments de la conduite à tenir initiale :

Rassurer le patient
Immobiliser le membre
atteint Faire un garrot
Inciser la
plaie Aspirer
le venin

20. Le pose de garrot est :

Recommandé
Contre-
indiqué
Souhaitable
Je ne sais
pas

21. Selon la gravité clinique, en combien de stades peut-on classer l'envenimation


scorpionique

2 stades
3 stades
4 stades
Je ne sais pas
22. Parmi ces éléments cliniques, quels sont ceux qui font partie du stade 3 ?

Douleur
thoracique Fièvre
Priapisme
Altération de l'état de conscience

23. Le sérum antiscorpionique est

Systématique
Indiqué seulement dans les formes
graves Indiqué quelque soit le
délai
Indiqué selon l'âge et le poids du
patient Je ne sais pas

24. Le sérum antiscorpionique est administré :


A la pousse-seringue
éléctrique En IVL avec du
G5%
En IVL avec du
SSI En IM
Je ne sais pas

25. Avez-vous déjà pris en charge un cas d’envenimation scorpionique ?

Oui
Non
26. Quelle est la molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à une
envenimation scorpionique ?

Dobut
amine

Noradré
naline

Adrénali
ne
Je ne sais pas

27. Que proposez-vous pour améliorer la PEC des patients victime d'ES
Projet de Fin d’Etudes
Institut Supérieur des Sciences Infirmières de Gabès

Nom et Prénom : « Saidi Mohamed Amine » et « Abbes Omran » .

Titre : « Evaluation des connaissances du personnel paramédical


devant une envenimation scorpionique ».

Résumé
Introduction : L’envenimation scorpionique constitue un problème majeur de santé publique
dans plusieurs régions de la Tunisie, notamment dans le sud du pays. Le personnel paramédical
joue un rôle essentiel dans l’évaluation, l’orientation et la prise en charge des patients victimes
d’envenimation scorpionique. L’évaluation de ses connaissances est indispensable pour garantir
des soins de qualité et réduire la morbi-mortalité liée à cette pathologie.

But : Évaluer le niveau de connaissances du personnel paramédical concernant l’envenimation


scorpionique ainsi que les pratiques adoptées lors de la prise en charge des patients victimes de
piqûres de scorpion.

Méthodes : Il s’agit d’une étude de nature descriptive qui a ciblé 30 personnel paramédical
tunisiens répartis sur 3 services (urgence, réanimation et SAMU). La collecte des données a été
réalisée en utilisant un questionnaire anonyme. La saisie et l’analyse ont été effectuées à l’aide
des logiciels Excel 2016 et Google Forms .

Résultats : Notre enquête comportait un échantillon de 30 personnel paramédical : 18 femmes


(60%) et 12 hommes (40%). L’étude a montré que les connaissances des soignants sur
l’envenimation scorpionique étaient globalement satisfaisantes concernant les signes de gravité et
la classification, mais des lacunes persistent dans la conduite à tenir initiale et l’utilisation du
sérum antiscorpionique. La douleur locale a été identifiée comme le signe le plus fréquent et le
choc cardiogénique comme la complication majeure. La formation continue du personnel a été la
principale proposition pour améliorer la prise en charge.
Conclusion : Cette étude souligne l’importance du renforcement des connaissances du personnel
paramédical sur l’envenimation scorpionique à travers des programmes de formation continue et
la mise à disposition de protocoles actualisés. Ces mesures contribueraient à améliorer la qualité
de la prise en charge et à réduire les complications liées à l’envenimation scorpionique.

Mots clés : Personnel paramédical, Connaissances, Prise en charge, Envenimation


scorpionique.

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