PFE Final
PFE Final
Ministère de la santé
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université de Gabès
Institut supérieur des sciences infirmières de Gabès
Elaboré par :
Encadré par :
Je dédie ce travail :
À ma mère « Fayza » .
Aucune dédicace ne saurait exprimer tout le respect, l’amour éternel et la reconnaissance que
je vous porte pour les sacrifices consentis pour mon éducation et mon bien-être. Merci pour
votre soutien indéfectible et l’amour que vous me témoignez depuis mon enfance. Que Dieu
vous accorde santé, bonheur et longue vie.
À mon père, « Sola ».
Épaule solide, regard attentif et cœur compréhensif, vous êtes l’une des personnes les plus
dignes de mon estime et de mon respect. Aucune parole ne saurait traduire mes sentiments.
Que Dieu vous protège et vous accorde santé et longue vie.
À mes chers frères et sœurs En témoignage de mon affection fraternelle, de ma profonde
tendresse et de ma reconnaissance, je vous souhaite une vie pleine de succès, d’honneur et de
bonheur. Que Dieu, le Tout-Puissant, vous protège et vous garde.
À mon binôme, «Omran ».
Merci pour ton soutien tout au long de notre travail. J’y ai trouvé l’entente et la collaboration
dont j’avais besoin.
Enfin, j’adresse mes remerciements à toutes les personnes qui m’ont soutenue durant ces
années : Mes amis, mes collègues et mes enseignants, merci pour votre présence, vos
encouragements et votre bienveillance.
AMINE
Dédicace 2
Remercîments
Avant toute chose, nous rendons grâce à Dieu Tout-Puissant, qui nous a
accordé la force, la patience et la persévérance nécessaires pour mener à
bien ce travail.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Monsieur le Directeur
de l’Institut
Supérieur des Sciences Infirmières de Gabes, [Link] Trabelsi, pour la
qualité de l’enseignement dispensé au sein de l’établissement, ainsi que
pour les moyens mis à notre disposition tout au long de notre parcours
académique.
Nos remerciements les plus chaleureux vont à nos encadrants, ‘[Link]
Mohamed Ali’ et Mme ‘Ayadi Zahia’, pour leurs disponibilités, leurs
précieux conseils et leurs soutiens tout au long de ce travail. Leurs
orientations avisées et leurs expertises ont été déterminantes dans
l’aboutissement de cette recherche.
Nous remercions sincèrement les membres du jury, qui nous font
l’honneur d’évaluer ce travail, et dont les remarques nous seront
précieuses pour notre avenir professionnel.
Nous adressons aussi nos vifs remerciements à l’ensemble des
enseignants qui nous ont formés tout au long de ces années d’études, en
nous transmettant les connaissances et les valeurs indispensables à notre
future pratique professionnelle.
Nous exprimons également notre reconnaissance à l’ensemble de l’équipe
soignante du service de carcinologie de l’Hôpital Universitaire de Gabès,
pour leur accueil, leur collaboration et leur soutien dans la collecte des
données.
Enfin, nous exprimons notre profonde gratitude aux patients ayant
accepté de participer à cette étude, pour la confiance qu’ils nous ont
accordée et la richesse de leurs témoignages, essentiels à la réalisation de
cette recherche. À toutes et à tous, merci.
Sommaire
ECG : Électrocardiogramme
ES : Envenimation Scorpionique
FC : Fréquence Cardiaque
G5% : Glucose à 5 %
IM : Intramusculaire
IV : Intraveineux
OR : Odds Ratio
TA : Tension Artérielle
Introduction
Introduction
La précocité et la qualité de la prise en charge initiale par le personnel soignant constituent les
déterminants principaux du pronostic de l'envenimation scorpionique. En Tunisie, les infirmiers des
services d'urgences sont les premiers professionnels à évaluer, classifier et initier le traitement des
victimes de piqûres de scorpion .
Des études récentes menées dans des pays à forte endémicité scorpionique rapportent
d'importantes lacunes dans les connaissances des personnels soignants, notamment concernant
2
Introduction
l'identification des espèces dangereuses, les contre-indications des gestes de premiers secours et les
indications précises des traitements spécifiques[7]. En Tunisie, malgré l'existence du Programme
C'est dans ce contexte que s'inscrit notre travail. L'objectif principal de ce Projet de Fin
d'Études (PFE) est d'évaluer le niveau de connaissances du personnel soignant exerçant dans des
structures de soins prenant en charge des cas d'envenimation scorpionique, concernant les aspects
épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques de cette pathologie. Ceci est en vue de statuer sur l’état
des lieux des connaissances du personnel soignant et de proposer des recommandations pour
améliorer ces connaissances.
3
Matériels et Méthodes
Matériels et Méthodes
1. Type d’étude
Elle a pour objectif d’évaluer les connaissances et les pratiques infirmières dans la prise en charge
(PEC) des patients victimes d’envenimation scorpionique, afin d’optimiser cette PEC et de minimiser
au maximum les risques de complications.
L’étude a été réalisée au sein des services de réanimation, des urgences et SAMU du l’Hôpital
Universitaire de Gabès (HUG).
Le recueil des données s’est déroulé sur une période allant du 18 mars 2026 au 10 avril 2026.
Notre étude a porté sur un échantillon de 30 professionnels de santé exerçant dans les services de
réanimation, des urgences et SAMU (infirmiers, aides-soignants, techniciens en
urgence/réanimation).
Critères d’inclusion :
o Le personnel infirmier des deux sexes.
o Le personnel affecté aux différents roulements horaires (matin, après-midi et nuit).
o Le personnel infirmier toutes tranches d'âge confondues.
Critères d’exclusion :
o Les membres du personnel ayant refusé de participer à l’enquête.
o Le personnel en congé durant la période d’investigation.
4. Instruments de mesure
La collecte des données a été effectuée au moyen d’un questionnaire anonyme rédigé en langue
française. Cet outil comprend 27 questions (ouvertes, semi-ouvertes et fermées), élaborées sur la base
d'une revue approfondie de la littérature scientifique existante en rapport avec notre thématique.
La saisie et le traitement statistique des données ont été réalisés à l'aide des logiciels Microsoft Word
2016 et Excel 2016. Les résultats obtenus sont présentés sous forme de graphiques et de tableaux.
Afin de garantir la rigueur éthique et déontologique de notre recherche, les dispositions suivantes ont
été respectées :
Une autorisation administrative préalable, relative au recueil des données, a été délivrée et
soumise aux chefs des services concernés.
5
Matériels et Méthodes
Les objectifs de l'étude ont été clairement explicités aux participants en amont de la collecte.
L’anonymat strict des questionnaires ainsi que la confidentialité des données recueillies ont
été rigoureusement préservés, conformément aux normes de la recherche scientifique.
6
Résultats
Résultats
Durant notre période d’étude, 30 personnels paramédicaux ont répondu à notre questionnaire.
Ⅰ. Identification de la population :
1. L’âge :
23.33%
40.00% >45
23-35
36-45
36.67%
→ Notre étude a montré une prédominance de la tranche d'âge comprise entre 36 et 45 ans,
représentant 40% de l'effectif total.
2. Genre :
20
60%
18
16
14
40%
12
10
0
Féminin Masculin
→Notre étude a révèlé une prédominance féminine avec 18 femme (60%) contre 12 homme (40%) .
8
Résultats
3. Fonctions :
13.33%
16.67%
Aide-soignant(e)
Infirmier(e)
Technicien supérieur
d'urgence/d'anesthésie
70.00%
→La majorité de la population étudiée est faite des infirmiers avec un pourcentage de 70%.
4. Ancienneté :
12
36.7%
33.3%
10
30%
0
<5ans >10ans 5-10 ans
→Une répartition équilibrée a été noté avec une légère prédominance de personnes très
expérimentées (>10 ans).
9
Résultats
40.00%
Non
Oui
60.00%
Figure 5: Nombres des personnels qui ont beneficé des formations à propos
l'envenimation scorpionique
→Les personnels ayant eu une formation sur le sujet de l’envenimation scorpionique ont 40%.
6. Le service :
26.67%
Réanimation
SAMU
56.67% Urgence HUG
16.67%
10
Résultats
1. Définition de l’ES :
16
46,7%
14
12
33,3%
10
8
20%
6
4
2
0
Androctonus Aeneas(noire) Androctonus Australis(jaune et Buthus occitanus (jaune)
queue noire)
→La majorité du personnel soignant interrogé, avec un pourcentage de 46,7%, a déclaré que l’espèce
la plus dangeureuse est Androctonus australis.
→La majorité des répondants a identifié le système nerveux (63,3%) et le système cardiovasculaire
(53,3%) comme les cibles principales.
Ⅲ. Epidémiologie :
1. La saisonnalité :
30
25 80%
20
15
10
5
10%
6,67%
3,33%
0
L'automne Le printemps L'été L'hiver
12
Résultats
22,23%
Figure 9: Les régions les plus touchées en Tunisie
Centre
Nord
6,67% Sud
→Notre personnel interrogé a déclaré que les enfants sont les plus touchés aves un pourcentage de
50% et que les adultes sont fortement touchés avec 46,7%.
Enfant 22 73,3
Adulte 2 6,7
Sujet âgé 15 50
13
Résultats
→Les répondants ont attesté que l'enfant est la principale victime des formes graves d'envenimation,
suivi par le sujet âgé.
18 58,7%
16
14
12
33,3%
10
4 10%
2
0
100000-120000 cas/an 10000-20000 cas/an 30000-45000 cas/an
→Cinquante-six pour-cent des répondants ont déclaré que 30000-45000 cas /an est l’incidence de
l’ES en Tunisie.
14
Résultats
13.33%
Ⅳ. Etude clinique :
→La douleur au point de piqûre constitue le signe le plus fréquemment rapporté par 73,3% des
soignants interrogés.
15
Résultats
→Nos résultats ont montré que les sueurs profuses ont constitué le signe d'alerte le plus fréquemment
rapporté. Les vomissements et la dyspnée ont suivi avec une fréquence identique de 60%.
3. Les complications :
AVC 1 3,3%
Choc cardiogénique 24 80%
OAP 13 43,3%
IDM 7 23,3%
16
Résultats
→Le choc cardiogénique a été la complication majeure, rapportée par 80% des soignants.
→Les personnels interrogés ont choisi « Rassurer le patient », « Immobiliser le membre atteint »,
« Faire un garrot » comme prise en charge initiale avec des pourcentages 63,3%, 56,7% et 53,3%.
2. Le pose de garrot :
12
36,7%
33,3%
10
6
16,7%
13,3%
4
0
Contre-indiquée Je ne sais pas Recommandée Souhaitable
3. Classification de l’ES :
25
76.7%
20
15
10
5
10% 10%
3.3%
0
2 stades 3 stades 4 stades Je ne sais pas
→Nos résultats ont montré que 76,7% des soignants maîtrisent la classification tripartite (3 stades) de
l'envenimation scorpionique.
4. Eléments de stade 3 :
→Selon la majorité des sujets interrogés (73.3%), l’altération de l’état de conscience fait partie de
stade 3.
→Les résultats ont montré une égalité dans les pourcentages entre deux idées principales : 36.7%
pensent que le sérum est systématique et 36.7% pensent qu’il est indiqué seulement dans formes
graves.
→La majorité (60%) a affirmé que l’administration se fait en IVL aves SSI.
14
12
10 30%
8
4 10%
6,7%
2
0
Adrénaline Dobutamine Je ne sais pas Noradrénaline
→ 53.3% des personnels ont déclaré que la Dobutamine est la molécule de choix en cas
d’insuffisance circulatoire en cas d’ES.
→Les résultats ont montré que 63.3% des personnels ont déjà pris en charge au moins un cas d’ES.
Ⅵ. Suggestions :
20
Figure 15: Nombre des personnels ayant une PEC d'une ES
Résultats
Sensibilisations 10%
36.67%
Non
Oui
Formation des personnels 38.9%
63.33%
0 2 4 6 8 10 12
→La majorité des personnels (38,9%) ont proposé la formation des personnels pour améliorer la
PEC des patients victime d’ES.
21
Discussion
Discussion
Ces résultats sont en accord avec ceux rapportés par la Direction de la Recherche, des Études,
de l'Évaluation et des Statistiques (DREES), qui souligne l’importance des classes d’âge
intermédiaires dans les effectifs soignants et le vieillissement progressif du personnel de santé[8].
De même, Ben Salah et al. ont retrouvé un âge moyen de 41 ans chez les infirmiers
hospitaliers, ce qui rejoint les caractéristiques démographiques observées dans notre étude[9].
Cette expérience professionnelle, appuyée par une formation continue actualisée, constitue
un atout pour la prise en charge des urgences toxicologiques.
23
Discussion
Cette répartition est cohérente avec les données internationales rapportées par Buchan et al.,
selon lesquelles le personnel infirmier constitue le groupe professionnel le plus important au sein des
systèmes de santé et joue un rôle central dans la continuité et la qualité des soins [12]..
Nos résultats rejoignent les travaux de Benner (1984), selon lesquels l'expérience
professionnelle contribue progressivement au développement des compétences et des connaissances
des soignants. La présence d'un pourcentage important de professionnels ayant plus de 10 ans
d'ancienneté peut ainsi constituer un atout pour la qualité de la prise en charge et le partage des
savoirs au sein de l'équipe[13].
Dans ce cadre, l’enquête de Harabech et al. ont souligné dans leur analyse nationale (2018-
2021) que la formation structurée est l'un des piliers du programme tunisien, et que son insuffisance
est le principal facteur de variabilité de la qualité des soins[14].
De plus, El Moumen et al. ont confirmé ce déficit à l'échelle régionale : la majorité des
soignants déclarait n'avoir jamais reçu de formation spécifique, résultat comparable au nôtre[15].
24
Discussion
Une étude de Chippaux et Goyffon ont estimé à l'échelle mondiale à plus de 1,2 million le
nombre annuel de piqûres responsables d'environ 3 250 décès, dont la grande majorité est évitable
par une prise en charge précoce[2].
En outre, Bahloul et al. ont confirmé dans leur revue physiopathologique que la défaillance
multiviscérale justifie pleinement la qualification d'urgence médicale à haut risque vital[16].
Ces constatations concordent avec les résultats d’une étude de Goyffon et al. qui avaient
établi dès 1982 que l'ensemble des décès à Sfax étaient attribuables à cette espèce, exclusivement
chez des patients de moins de 15 ans[17].
En outre, Lourenço a souligné que les espèces du genre Androctonus figurent parmi les
scorpions les plus dangereux au monde en raison de la forte toxicité de leur venin [18]
De même, Bouaziz et al. ont rapporté que les 951 admissions en réanimation de leur cohorte
étaient majoritairement liées aux envenimation par l'Androctonus australis [4].
25
Discussion
D’un côté, Bahloul et al. ont décrivé dans leur revue cardiovasculaire que le venin agit par
activation des canaux sodiques voltage-dépendants, provoquant une décharge catécholaminergique
massive à l'origine de la cardiomyopathie toxique[19].
D’un autre côté, Godoy et al. ont attribué les manifestations neurologiques (agitation,
convulsions, coma) à la stimulation autonome sympathique à l’origine d’un bas débit cérébral[20].
En comparaison, Goyffon et al. avaient a décrit dès 1982 ce pic estival correspondant à
l'activité nocturne maximale des scorpions[17].
Les dernières études effectuées par Harabech et al. dans leur analyse nationale 2018-2021
confirment que les gouvernorats de Sidi Bouzid, Kasserine, Sfax, Médenine et Tataouine comme
zones d'incidence maximale[14].
Goyffon et al. avaient établi dès 1982 que la majorité des décès concernaient des patients de
moins de 15 ans[17].
Bahloul et al. ont analysé 685 enfants en réanimation à Sfax sur 13 ans : 81,5 % présentaient
un stade III d'emblée, avec mortalité de 8,9 %, œdème pulmonaire (63,4 %), manifestations
neurologiques (84,7 %)[6].
26
Discussion
Bouaziz et al. ont confirmé en analyse multivariée que l'âge jeune est un facteur indépendant
de mauvais pronostic[4].
Une étude de Chakroun-Walha et al. a rapporté une incidence de 600 cas pour 100 000
habitants à Sfax, contribuant à une incidence nationale d'environ 40 000 piqûres par an[3].
En revanche, Hamouda et Ben Salah ont précisé que les formes nécessitant une réanimation
spécialisée représentent 1 à 3 % des cas mais concentrent la quasi-totalité des décès[8].
La douleur au point de piqûre est mentionnée par 73,3 pour cent de nos participants. Ce
constat souligne que la douleur locale est reconnue par une large majorité comme le premier signal
d’alerte.
On accord avec ces observation, les manifestations locales, telles que la douleur intense
ressemblant à une brûlure, les paresthésies dans la région et l'érythème, constituent 90% à 95% des
cas, selon Goyffon et ses collègues[17].
Hamouda et Ben Salah ont rapporté que environ 70% à 85% des cas reste limités à des
manifestations locales sans avoir d'effets sur le système, et cela dure rarement plus de 24 heures[8].
Godoy et al. ont indiqué également que les manifestations locales précèdent les signes
systémiques dans 80% des cas, permettent souvent d'orienter précocement le diagnostic [20].
27
Discussion
De plus, Bahloul et al. ont précisé dans leur revue physiopathologique que ces signes
traduisent la décharge catécholaminique et imposent une surveillance continue : pression artérielle
toutes les 15 minutes, fréquence cardiaque, saturation en oxygène et température rectale[16].
Bouaziz et al. ont identifié en analyse multivariée sur 951 cas que le score de Glasgow ≤ 8/15
(OR = 9,87) et l'œdème pulmonaire (OR = 8,46) sont les deux plus puissants facteurs prédictifs de
mortalité, justifiant leur recherche systématique et active dès l'admission[4].
Par ailleurs, Godoy et al. ont souligné que les manifestations neurologiques graves :
convulsions, coma profond doivent être distinguées des manifestations parasympathiques bénignes
du stade II et nécessitent une réanimation spécialisée avec monitorage continu[20].
28
Discussion
Bahloul et al. ont décrivé dans leur revue cardiovasculaire que la cardiomyopathie toxique
scorpionique résulte de l'excès catécholaminergique, produisant une dépression myocardique
profonde avec effondrement du débit cardiaque, élévation des pressions de remplissage et œdème
pulmonaire lésionnel[19].
Ben Jemaa et al. ont rapporté à Sfax un cas de syndrome de Takotsubo inversé secondaire à
une envenimation scorpionique grave, illustrant la diversité des formes de cardiomyopathie toxique et
la nécessité d'une surveillance échocardiographique pour adapter précisément le traitement[22].
Hamdaoui et al. ont confirmé dans leur série gabésienne que le choc cardiogénique représente
l'indication principale de transfert en réanimation présent chez 60% des patients, directement corrélée
au délai de prise en charge[23].
Contrairement, Hamouda et Ben Salah ont classé le garrot parmi les pratiques formellement
contre-indiquées : le venin diffuse trop rapidement par voie lymphatique pour être stoppé par un
garrot veineux, qui aggrave l'ischémie locale et provoque une libération systémique brutale des
toxines lors de son retrait[8].
La Faculté de Médecine de Sfax rappelle dans son mémoire de référence que la conduite
recommandée se limite à la désinfection locale, l'immobilisation du membre en position déclive, la
surveillance des constantes et le transport immédiat, sans aucun geste supplémentaire[24].
Abroug et al. ont rappellé dans leur revue internationale que les pratiques néfastes des
premiers secours prolongent le délai de prise en charge médicale appropriée au-delà de 2 heures et
contribuent à l'aggravation du pronostic dans les zones endémiques[25]. La persistance de ce geste
chez plus de la moitié de nos répondants est un signal d'alarme majeur.
29
Discussion
2. Classification tripartite :
30
Discussion
Kaaniche et al. ont confirmé dans leur étude aux urgences de Sfax (2025) que la classification
tripartite est l'outil le mieux corrélé à la nécessité d'hospitalisation en réanimation, supérieur aux
scores biologiques isolés, et permet une décision d'orientation dans les premières minutes[26].
Abroug et al. ont mené à Tozeur le premier essai contrôlé randomisé sur la sérothérapie
scorpionique chez 825 patients (Lancet, 1999) : randomisés sérum antiscorpionique bivalent 20 mL
IV versus placebo indépendamment du stade, les résultats ont montré l'absence de bénéfice d'une
administration systématique, orientant vers une utilisation ciblée selon le stade[27].
Hamdaoui et al. ont confirmé dans leur série gabésienne qu’ en Tunisie, la prise en charge des
patients intoxiqués comprend l'administration de paracétamol (Perfalgan®) à la dose de 1 g, trois fois
par jour, comme analgésique, ainsi que de deux ampoules de SAS par voie intraveineuse lente,
diluées dans 250 ml de solution saline à 9 ‰, en une seule dose soit environ 0,2 à 0,4 ml/Kg selon le
poids du patient. [23].
Bahloul et al. ont expliqué dans leur revue cardiovasculaire que la Dobutamine est le premier
choix car elle améliore la contractilité myocardique sans augmenter les résistances vasculaires
systémiques [19].
Hakim et al. ont validé expérimentalement sur des rats envenimés par Buthus occitanus
tunetanus que de fortes doses de Dobutamine (10-20 µg/kg/min) corrigeaient significativement les
perturbations hémodynamiques : amélioration du débit cardiaque et réduction de la pression
capillaire pulmonaire[29].
31
Discussion
Abroug et al. ont confirmé dans leur revue sur la cardiomyopathie scorpionique que la
Dobutamine, titrée sous guidage échocardiographique, représente le standard de traitement de la
Bahloul et al. ont précisé dans leur revue physiopathologique que les vasopresseurs classiques
noradrénaline, adrénaline sont contre-productifs dans ce contexte car ils majorent une postcharge
déjà pathologiquement élevée et augmentent la consommation myocardique en oxygène, aggravant la
dysfonction ventriculaire[16].
32
Discussion
33
Recommandations
Recommendations
Mettre en place un triage rapide en première ligne avec orientation immédiate des cas graves
(enfants, patients symptomatiques)
Renforcer les secours préhospitaliers dans les zones éloignées par une meilleure coordination
entre centres de santé, transport sanitaire et hôpitaux de référence
Réserver l'antivenin aux formes sévères ou à risque, selon des critères cliniques définis
Adopter des protocoles nationaux harmonisés pour réduire la variabilité des pratiques
Formation continue des urgentistes, pédiatres, infirmiers et agents de santé sur : signes de
gravité, classification clinique, indications de l'antivenin, surveillance des complications
Utiliser simulations et protocoles affichés pour homogénéiser les pratiques, surtout dans les
zones à ressources limitées
35
Recommendations
● La majorité des questions choisies étaient fermées, facilitant ainsi l’analyse des
données.
Limite de l’étude :
●Le principal obstacle rencontré lors de cette enquête réside dans la réticence de certains
professionnels à répondre au questionnaire, ainsi que le manque d'implication ou la négligence de la
part de quelques répondants face aux questions posées.
36
Recommendations
37
Conclusion
Conclusion
Notre étude, menée auprès de 30 personnels paramédicaux exerçant aux urgences, en réanimation et
au SAMU de l'Hôpital Universitaire de Gabès, a mis en évidence des lacunes notables dans les
connaissances relatives à l'envenimation scorpionique. Si 76,7 % des soignants maîtrisaient la
classification tripartite et 73,3 % identifiaient correctement l'enfant comme la principale victime des
formes graves, des insuffisances importantes persistaient concernant la conduite à tenir initiale : 53,3
% des répondants considéraient encore la pose d'un garrot comme un geste approprié, et seuls 36,7 %
le jugeaient contre-indiqué. De même, les avis sur l'indication du sérum antiscorpionique restaient
partagés (36,7 % « systématique » contre 36,7 % « formes graves uniquement »), traduisant une
absence de consensus protocolaire. Par ailleurs, 63,3 % des participants avaient déjà pris en charge au
moins un cas d'envenimation scorpionique, ce qui souligne la fréquence de cette urgence dans leur
pratique quotidienne et la nécessité urgente de renforcer leur formation.
Notre travail a permis de mettre en évidence que le personnel paramédical joue un rôle essentiel dans
la prise en charge initiale des patients victimes de piqûre de scorpion. En effet, la rapidité de
l’évaluation, l’identification des signes de gravité, l’orientation correcte du patient et l’application
des mesures de première intention conditionnent largement le pronostic. Cependant, les données
disponibles montrent que les connaissances du personnel de santé restent souvent insuffisantes, en
particulier sur la reconnaissance des scorpions, les mesures de premier secours, et la conduite
thérapeutique appropriée.
39
Conclusion
prises en charge liées à cette affection. Ce travail met ainsi en lumière l’importance d’une stratégie
éducative ciblée et durable pour faire face efficacement à cette urgence fréquente dans notre contexte.
40
Conclusion
41
Bibliographie
Bibliographie
3. Chakroun-Walha O, Karray R, Jerbi M, Nasri A, Issaoui F, Ben Rebeh A, et al. Update on the
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scorpion stings among health workers in Ouarzazate region, Morocco: a cross-sectional study.
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22. Ben Jemaa A, et al. Syndrome de Takotsubo dans sa forme inversée secondaire à une
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45
Bibliographie
46
Annexes
Questionnaire sur l'envenimation
scorpionique enTunisie
Dans le cadre de l’élaboration de notre mémoire de fin d’études pour l’obtention de la licence
appliquée en sciences infirmières, réalisé à l’Institut Supérieur des Sciences Infirmières de
Gabès, au titre de l’année universitaire 2025-2026, nous menons une étude intitulée :
1. Age
23-35
36-45
>45
2. Sexe
Masculin
Féminin
3. Profession .
Infirmier(e)
Aide-soignant(e)
Technicien(ne) supérieur d'urgence/d'anesthésie
4. Expérience professionnelle
<5ans
5-10
ans
>10ans
5. Service d'affectation
Urgence
HUG SAMU
Réanimation
Autres
Oui
Non
Une urgence
médicale Une
affection bénigne
Une maladie
infectieuse Je ne
sais pas
8. Quelle est l'espèce la plus dangereuses
Buthus Occitanie(jaune)
Androctonus Australis(jaune et
queue noire) Androctonus
Aeneas(noire)
Le système
nerveux Le
système digestif
Le système
cardiovasculaire Je ne
sais pas
L'hiver
Le
printemps
L'été
L'automne
Nord
Centre
Sud
Enfant
Adulte
Sujet
Âgé
13. Quelle est la tranche d'âge la plus à risque de formes graves?
Enfant
Adulte
Sujet
âgé
100000-120000 cas/an
30000-45000 cas/an
10000-20000 cas/an
15. Quelle est la pourcentage des formes graves d' envenimation scorpionique
5 à 10%
3 à 5%
1 à 2%
Douleur au point de
piqure
Œdème généralisé
Nécrose
Hémorragie
Vomissements
Sueurs
profuses
Hypotension
Dyspnée
18. Les complications d'envenimation scorpionique sont
AVC
Choc
cardiogenique
OAP
IDM
Rassurer le patient
Immobiliser le membre
atteint Faire un garrot
Inciser la
plaie Aspirer
le venin
Recommandé
Contre-
indiqué
Souhaitable
Je ne sais
pas
2 stades
3 stades
4 stades
Je ne sais pas
22. Parmi ces éléments cliniques, quels sont ceux qui font partie du stade 3 ?
Douleur
thoracique Fièvre
Priapisme
Altération de l'état de conscience
Systématique
Indiqué seulement dans les formes
graves Indiqué quelque soit le
délai
Indiqué selon l'âge et le poids du
patient Je ne sais pas
Oui
Non
26. Quelle est la molécule de choix en cas d'insuffisance circulatoire suite à une
envenimation scorpionique ?
Dobut
amine
Noradré
naline
Adrénali
ne
Je ne sais pas
27. Que proposez-vous pour améliorer la PEC des patients victime d'ES
Projet de Fin d’Etudes
Institut Supérieur des Sciences Infirmières de Gabès
Résumé
Introduction : L’envenimation scorpionique constitue un problème majeur de santé publique
dans plusieurs régions de la Tunisie, notamment dans le sud du pays. Le personnel paramédical
joue un rôle essentiel dans l’évaluation, l’orientation et la prise en charge des patients victimes
d’envenimation scorpionique. L’évaluation de ses connaissances est indispensable pour garantir
des soins de qualité et réduire la morbi-mortalité liée à cette pathologie.
Méthodes : Il s’agit d’une étude de nature descriptive qui a ciblé 30 personnel paramédical
tunisiens répartis sur 3 services (urgence, réanimation et SAMU). La collecte des données a été
réalisée en utilisant un questionnaire anonyme. La saisie et l’analyse ont été effectuées à l’aide
des logiciels Excel 2016 et Google Forms .