Cours
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L’eau naturelle est un élément complexe contenant de multiples composés chimiques. Les
trois phases liquide, solide et gazeuse peuvent coexister au sein de l’eau. L’eau de ville est
considérée comme une eau naturelle, même si elle a subi des traitements de chloration, de
filtration et de désinfection avant sa distribution.
Les éléments fondamentaux précisent l’état d’une eau : l’anhydride carbonique, l’acide
carbonique, les hydrogénocarbonates, les carbonates, le calcium, l’hydrogène, l’ion
hydroxyle.
Les éléments caractéristiques dits majeurs, le magnésium, le sodium, le potassium, les
sulfates, les chlorures, les nitrates.
L’eau contient toujours au moins deux gaz dissous non dissociés, l’oxygène et le gaz
carbonique.
Les paramètres physico chimiques tels que le pH, la température, la conductivité, le TH, le
TA, le TAC, les teneurs en éléments majeurs…. caractérisent une eau donnée.
Corrosion et entartrage
Chaque paramètre cité fait l’objet d’une norme spécifique de mesure. Un recueil, concernant
l’ensemble des normes sur l’eau, est disponible à l’AFNOR.
Les différents paramètres physiques et chimiques des eaux et commentaires.*
(m. à j. 10.2017)
Ce qui suit n’est pas un cours de chimie de l’eau, mais seulement une présentation
sommaire des principaux paramètres techniques usuels et de leurs sigles.
Valeurs limites des paramètres physico-chimiques des eaux de surface (extrait guide
2016 p 16)
La pollution de l’eau est fonction des substances dissoutes susceptibles d’être nuisibles
qu’elle contient et, dont la plupart, ne sont décelables qu’à l’analyse.
NB : Certains sels minéraux d’origine naturelle (calcium, sodium, silice,..) présents dans les eaux
mais peu concernés ne sont pas abordés ici.
Si certaines substances ont la faculté de se dissoudre dans l’eau c’est que leurs molécules, à
l’image des aimants, recèlent une certaine polarité. Leurs pôles et ceux des molécules d’eau
s’attirent.
A l’inverse, les substances aux molécules sans polarité (apolaires) sont peu solubles. Déversées
dans les eaux, elles flottent à la surface ou descendent plus ou moins lentement vers le fond selon
leur densité. Pour ces dernières, c’est principalement l’action physique du courant de l’eau qui les
remet en suspension.
ANALYSER L’EAU c’est d’abord une affaire de spécialistes compétents pour réaliser suivant les buts
recherché les mesures d’un éventail de paramètres physicochimiques représentatifs réalisées selon
des conditions, méthodes et normes officielles. Certains résultats de ces analyses, lorsqu’elles son
officielles, peuvent être retrouvés en ligne sur internet sur les sites publics concernant par exemple
la surveillance des eaux superficielles.
Ainsi des tests de terrain permettant à des non spécialistes de réaliser des contrôles sommaires au
bord de l’eau. Leurs résultats doivent cependant être regardés avec une grande prudence par des
non chimistes d’autant que certains paramètres peuvent varier les uns par rapport à d’autres ou
provoquer des interférences.( Par exemple, plus la température de l’eau est basse, plus sa charge
en oxygène dissous peut être élevée).
.
PARAMÈTRES PHYSIQUES (usuels)
TURBIDITÉ (Transparence) C’est un paramètre, qui varie en fonction des composés colloïdaux
(argiles, débris de roche, micro-organismes,...) ou aux acides humiques (dégradation des végétaux)
mais aussi pollutions qui troublent l’eau . Avec un appareil (turbidimètre) on mesure la résistance
qu’elle oppose par l’eau au passage de la lumière pour lui donner une valeur.. En France on mesure
la turbidité par la méthode normalisée NTU (Nephelometric Turbidity Unit) par spectrométrie, c’est
à dire mesure de l’absorption de la lumière par l’eau.
Une importante turbidité de l’eau entraine une réduction de sa transparence qui réduit la
pénétration du rayonnement solaire utile à la vie aquatique (photosynthèse).
La turbidité de l’eau peut aussi être mesurée en cm par une autre méthode beaucoup plus simple
avec un disque de Secchi. (prononcez séki) C’est un disque de 20cm de diamètres lesté qui est
descendu horizontalement au bout d’une cordelette (qui peut être graduée en cm) dans l’eau d’un
lac, d’une rivière, d’un bassin de station d’épuration. Les quatre quarts du disque sont noirs et
blancs pour que celui-ci soit bien visible. La longueur de cordelette entre la surface de l’eau et le
niveau ou la profondeur ou le disque de Secchi devient invisible (On ne distingue plus les zones
blanches des noires) donne la mesure.
M E S On appelle matières en suspension les très fines particules en suspension (sable, argile,
produits organiques, particules de produits polluant, micro-organismes,...) qui donnent un aspect
trouble à l’eau, (turbidité) est s’opposent à la pénétration de la lumière nécessaire à la vie
aquatique. En trop grande quantité elles constituent donc une pollution solide des eaux.
La quantité de matières en suspension totale (MEST) se mesure par filtration d’un litre d’eau et
pesage des résidus séchés. Le résultat s’exprime en mg/l. (On estime qu’un habitant rejette environ
90 grammes par jour de MES dans ses eaux usées).
Les matières décantables : Leur mesure donne la quantité de solides non dissous
présents dans l’eau.
Pendant 30 minutes on laisse un échantillon d’eau au repos déposer dans un cône d’Imhoff.
Une température trop élevée des eaux d’une rivière peut donc aboutir à des situations dramatiques
de manque d’oxygène dissous pouvant entraîner : la disparition de certaines espèces, la réduction
de l’auto épuration, l’accumulation de dépôts nauséabonds (odeurs), la croissance accélérée des
végétaux (dont les algues).
Les poissons ne peuvent survivre à des températures trop élevées. (Mortalité totale : truites de
rivières à 27°C, truites arc en ciel à 29°C, brochets à 28°C, perches et tanches à 30°C, gardons à
31°C, carpes à 38°C).
Le seuil de 25°C correspond à une mortalité létale de 50% des truites (acclimatées à une eau à
20°C suite à un échauffement brutal de 5°C). ( Les paramètres de la qualité des eaux, Brémond R.,
Perrodon C, Min. de l’env., 1979 ; p. 21).
A partir de 19°C la survie des truites commence à être menacée. La température idéale pour les
truites (preferendum thermique) voisine autour de 15°C (dans une plage idéale sans perturbation
entre 7 à 17°C.
La pollution thermique peut avoir pour origine des rejets d’eaux chaudes urbains ou industriels
dans le cours d’eau. Dans les petits cours d’eau, elle peut avoir aussi pour origine les déversoirs
d’étangs installés sur leur rive et qui par leur grande surface jouent un rôle de « pompe à chaleur »
En période estivale, par forte température atmosphérique, le réchauffement brutal par le soleil
des eaux en mauvais état d’une rivière peu oxygénée peut aboutir à un choc thermique entraînant
une mortalité piscicole spectaculaire. Les bordures boisées des cours d’eau (ripisylves) limitent
l’échauffement des eaux, d’où un intérêt supplémentaire de les conserver.
> On consultera utilement plus bas dans cette page l’exposé sur le paramètre "OXYGÈNE
DISSOUS"
A savoir :
En raison des variations de certains paramètres de l’eau avec la température (oxygène dissous,
conductivité,..) les analyses normalisées sont effectuées sur des échantillons d’eau à 20° C. Pour
les analyses de terrain, il faut donc tenir compte de la température de l’eau, et faire ensuite la
conversion (tables). Certains appareils de mesure de terrain font d’office cette conversion en
fonction de la température de l’eau.
Une thèse à consulter sur ce sujet : « Synthèse des tolérances thermiques des principales espèces
de poissons des rivières et fleuves de plaine de l’ouest européen, L. Tissot, Y. Souchon,
2011 » [Link]
CONDUCTIVITÉ
La mesure en µS/cm ou mS/cm (micro ou milli Siemens par cm) de la conductivité électrique d’une
eau s’effectue à l’aide d’un conductimètre. Celui-ci mesure le passage de l’électricité entre deux
électrodes séparées par un cube de 1cm x 1cm d’eau. La mesure s’effectuer à 25° C ou avec un
conductimètre avec compensateur automatique de température.
La conductivité d’une eau est l’inverse de sa résistivité électrique en µohm/cm ou mohm/cm (micro
ou milli ohm/cm par cm)
Si l’eau très pure est un isolant qui oppose une grande résistance au passage de l’électricité, il n’en
est plus de même lorsqu’elle est chargée en sels minéraux d’origine naturelle (calcium,
magnésium, sodium, potassium). A cette minéralisation naturelle liée à la nature des sols s’ajoutent
aussi ...les polluants.
La conductivité permet d’apprécier globalement l’ensemble des produits en solution dans l’eau.
La mesure de la conductivité est un moyen assez simple de détection d’une anomalie indiquant la
présence probable d’une pollution, par comparaison de la valeur mesurée avec celle que l’on était
en droit d’attendre (par exemple la conductivité locale moyenne d’un cours d’eau). Elle peut
permettre de localiser un apport de pollution.
700 à 1200 µS/cm Eaux fortement minéralisées (sols gypseux, eaux salées)
Un conductimètre est l’appareil de base de toute personne qui s’intéresse à la qualité des cours
d’eau et aux rejets polluants (prix environ 120 € en 2019 pour un conductimètre de poche Hanna HI
98312 ).
Les MVS
Ce paramètre est parfois utilisé. Les matières volatiles en suspension sont celles qui sont
susceptibles d’être volatilisées par test de laboratoire à une température de 550° C. Les MVS sont
généralement assimilées aux matières organiques en suspension. Les MVS se mesurent en mg/l.
PARAMÈTRES CHIMIQUES
pH Ce paramètre, qui se mesure sur le terrain avec des bandelettes test ou un appareil (pH-
mètre), donne le degré d’acidité ou d’alcalinité d’une eau. Le pH (potentiel hydrogène), est le reflet
de la concentration d’une eau en ions H+ : pH = - log [H+].
Dans chaque milieu naturel les eaux ont une valeur de pH propre en fonction du sous-sol de leur
bassin versant :
> 7 en régions calcaires où les eaux sont basiques car fortement minéralisées, < 7 en région de
sous-sol primaire (Vosges, ..) ou eaux sont acides.
Une mesure de pH, différente de la valeur habituelle du cours d’eau, peut être l’indice d’une arrivée
de pollution , en générale industrielle, en amont du point de mesure.
Sa valeur, le plus souvent mesurée à l’aide d’un pHmètre ou de "papier pH", indique si l’eau est
acide (de 1 à <7), neutre ( 7 ), ou basique (de > 7 à 14) ; On dit aussi alcaline.
Le pH varie légèrement selon la température. L’analyse doit donc s’effectuer à 25° C ou avec un
pHmètre avec compensateur automatique de température. (prix environ 150€)
DURETÉ
Une eau est dite douce ou dure selon sa charge en calcium et en magnésium.
La somme des deux éléments constitue le Titre Hydrotimétrique qui s’exprime en France en degrés
français (symbole °f ou °fH) sur une échelle de 0 à 40. (1°f = 4mg/l de calcium ou 2,4mg/l de
magnésium).
Une eau sera dite dure si son TH est > à 15 °f. Une eau trop dure a pour inconvénients
d’entartrer les canalisation et un usage plus important de détergents pour le lavage.
Une eau sera dite douce si son TH est < à 15 °f. Une eau trop douce sera dite « agressive » parce
que corrosive pour les conduites.
L’OXYGÈNE DISSOUS
La présence d’oxygène dans l’eau est indispensable à la respiration des êtres vivants aérobies
aquatiques. En dessous d’un certain seuil de concentration en oxygène c’est l’asphyxie des
poissons. ( 7 mg/l pour les salmonidés ; 3 mg/l pour les carpes) L’oxygène de l’eau permet
également le processus d’oxydation des matières organiques (autoépuration), mais cette
décomposition appauvrit le milieu aquatique en oxygène.
L’oxygénation de l’eau des cours d’eau provient d’abord du contact de sa surface avec
l’atmosphère. Elle est favorisée par les remous, les turbulences, les chutes et surtout par une basse
température de l’eau. Car plus l’eau s’échauffe, moins l’oxygène y est soluble. La pression
atmosphérique influe aussi modestement.
Déficit en oxygène dissous . C’est le cas, lorsque la concentration en oxygène dissous mesurée
est inférieure à la valeur de saturation. Ce peut être le cas par exemple, la nuit en été puisque les
végétaux consomment de l’oxygène, et s’il y a trop de végétaux dans peu d’eau (sécheresse) ; la
faune aquatique peut être alors être menacée d’asphyxie (anoxie) surtout en fin de nuit lorsque son
déficit en O2 atteint son maximum. En dessous de 6 mg/l. la faune aquatique est en danger, en
premier lieux les salmonidés.
La teneur en oxygène des eaux d’une rivière peut donc varier en cours de journée de plusieurs mg/l
suivant la température et la présence ou non de végétaux aquatiques (jusqu’aux environs de
20mg/l en cas d’eutrophisation).
La teneur en oxygène des eaux d’une rivière varie aussi selon la profondeur : elle peut être très
faible en eau profonde alors qu’elle peut approcher le taux de saturation près de la surface.
Pour mesurer l’oxygène dissous d’un cours d’eau, il est possible d’utiliser un oxymètre, matériel
disposant d’une sonde spéciale. Il existe aussi des trousses colorimétriques de terrain utilisant
des réactifs chimiques. C’est un paramètre très important pour la vie dans la rivière (respiration des
poissons).
A 25°C, un litre d’eau peut concentrer jusqu’à 8,25 mg/l. de O2 et à 29°C , 7,5 mg/l. de O2.
> On consultera utilement plus haut dans cette page l’exposé sur le paramètre "TEMPÉRATURE"
CHLORURES (sels).
Ils ne sont pas nocifs, mais constituent un important indicateur d’arrivée de pollution. Ils ne sont
pas éliminés par les stations d’épuration. Dans la nature ils sont souvent indicateurs d’arrivée
d’effluents urbains. A titre indicatif, dans l’eau du robinet le maximum admis est de 250 mg/l. de
chlorures. La concentration naturelle de l’eau en chlorure est fonction de la géologie des sols en
générale inférieure à 50 mg/l.
MATIÈRES ORGANIQUES
La MATIÈRE ORGANIQUE (MO) contenue dans les eaux est la partie non encore décomposée de la
pollution organique (matières vivantes mortes ou déjections de organismes vivants).
Elles sont donc naturellement présentes dans l’eau, mais à faible concentration. S’il y en à plus, il y
a pollution provenant de rejets d’eaux usées domestiques mal épurés, d’effluents agricoles, etc.
La MO peut se rencontrer dans l’eau soit dissoute, soit sous forme particulaire visible.
La présence de dépôts de matière organique visibles dans le lit d’une rivière est inacceptable et
dénonce bien souvent la proximité d’un rejet brut ou un très mauvais état de la rivière. (De plus la
dégradation de la MO consomme et réduit l’oxygène dissoute de l’eau nécessaire à la vie
aquatique).
La charge de pollution organique est quantifiable par des techniques normalisées : la DCO, la
DBO5.
Le cycle de l’azote dans l’eau.
La MO constituée en grande partie d’AZOTE ORGANIQUE est en final décomposée par les
bactéries principalement en AMMONIUM, puis en NITRITES et enfin en NITRATES.
Pour commentaires plus complets de ces 3 paramètres (évoqués que brièvement un peu plus bas,
Pour quantifier les matières organiques présentes dans l’eau (il s’agit de pollution s’il y a
excès), il n’y a pas de mesures directes mais des méthodes pour quantifier par des techniques
normalisées l’oxygène nécessaire à leur décomposition :
Cette technique permet de mesurer en laboratoire sur 5 jours (à 20° dans l’obscurité), la quantité
d’oxygène consommée par le processus naturel de décomposition de la matière organique
[Pour mesurer la DBO5, on réalise une première mesure de la concentration en dioxygène dans
l’échantillon d’eau. On répète cette mesure 5 jours plus tard. La DBO5 représente la différence
entre les deux concentrations mesurées].
La DBO5 d’une eau de surface non polluée, varie normalement de 2 à 20 mg/l. Au delà,
on peut suspecter une pollution.
A noter que la DBO exprimée en kg/j. dans certains textes administratifs permet de désigner des
quantités de pollution organique rejetées que l’on peut aussi estimer en EH (équivalents
habitants) :
Contrairement à la DBO5, qui ne prend en compte que les matières organiques biodégradables, la
DCO est une mesure globale des matières organiques et de certains sels minéraux oxydables
(pollution organique totale) présents dans l’eau.
Cette technique mesure en laboratoire la quantité d’oxygène consommée par l’oxydation chimique
(à l’aide d’un oxydant et à chaud, pendant 2 heures) des matières organiques ou minérales
présentes dans l’eau.
Il existe des systèmes permettant d’effectuer des analyses sommaires rapides de la DCO. Le
Définition : La demande chimique en oxygène (DCO) est la quantité consommée par les matières
oxydantes présentes dans l’eau quelles que soit leur origine organique ou minérale.
La mesure de la DCO est surtout utilisées pour la surveillance des eaux usées urbaines et
industrielles.
Le rapport DCO / DBO5 donne une indication sur l’origine de la pollution organique. Ainsi exemples
de valeurs :
Plus il se rapproche de 1, plus le rapport DCO / DBO5, indique la biodégradabilité d’un rejet d’eaux
usées :
Pour quantifier la matière organique dans l’eau on peut aussi à l’aide d’analyses mesurer :
Le COT c’est-à-dire la concentration en mg/l. de carbone organique total dissous dans l’eau. On
parle aussi parfois de COD, carbone organique dissous. Pour une eau de surface, La concentration
du COT d’une eau de surface varie de 2 à 10 mg/l et de 0,5 à 1 mg/l. pour une eau souterraine.
(Contrairement aux analyses précises de DBO5, les mesures de COD n’exigent pas des réactifs
contenant du mercure, pour masquer le chlorure présent dans les eaux).
(On utilise souvent a tort le terme "ammoniaque" pour ces deux formes. C’est un
produit industriel contenant de l’ammoniac dissous dans de l’eau).
. L’azote ammoniacal provient aussi de l’urée rejetée par les animaux. (Par exemple,
une pollution au purin entraîne une présence élevée d’ammonium dans l’eau polluée).
On peut trouver des traces d’ammoniaque dans les eaux de pluie. Elles sont liées aux retombées
liées à sa volatilisation (par exemple lors d’épandage agricoles)
La forme AMMONIUM n’est pas toxique. Mais dans les eaux à pH supérieur à 7,5 une fraction
peut être transformée en AMMONIAQUE (gaz AMMONIAC en suspension dans l’eau et
toxique pour les poissons.
Nb : Heureusement dans les régions calcaires, le pH des eaux est rarement > 7,5.
La présence d’ammoniaque dans l’eau à des concentrations même < 1 mg NH3/l entraine
des mortalités piscicoles. Par exemple pour les truites, la CL50 96 (concentration Létale médiane
sur 96 heures qui exprime la toxicité aiguë sur le poisson - mortalité de 50% des truites) n’est que
de 0,4mg/l de NH3/litre d’eau ! Les alevins sont au moins 10 fois plus fragiles.
Voir aussi page cycle de l’azote.. Analyse exprimée en mg/l. Des analyses de terrain sont
possibles à l’aide de trousses de réactifs. Attention en cas d’eau trouble perturbante, filtrer l’eau à
analyser.
Les dosages colorimétriques sont perturbés par la présence de matières en suspension dans l’eau.
Il est donc préférable de filtrer les échantillons d’eau avant les mesures,
Chez les mammifères, la consommation d’eau chargée de nitrites perturbe la fixation de l’oxygène
pat l’hémoglobine du sang. (D’où la méthémoglobinémie ou la « maladie bleue du nourrisson »). Il
ne doit donc pas avoir de nitrites dans l’eau du robinet et très peu de nitrates, car ils peuvent une
fois bus se transformer en nitrites. Dans l’estomac, les nitrites, peuvent se transformer
nitrosamines réputées cancérigènes. (A noter, que les nitrites sont ajoutés à la charcuterie
(jambon, saucissons,...) pour la conservation... )
Dans l’eau les nitrites sont toxiques pour les poissons surtout lorsque le pH de l’eau est
inférieur à 7.
Des concentrations même < 1 mg NO2/l entrainent des mortalités piscicoles. Elles posent
problème au dessus de 0,01mg/l. pour les truites.
L’effet de toxicité des nitrites est plus rapide que par celle de l’ammoniaque, (voir plus haut) car
elle entraine la dégradation de l’hémoglobine des globules rouges et l’asphyxie des poissons.
Même en petite quantité les nitrites causent des stress chez les poissons, provoquant des
problèmes respiratoires, affaiblissement, maladies, vulnérabilité... Les nitrites sont également
toxiques pour les humains...
On comprend pourquoi la concentration en nitrites ne devrait pas dépasser 1 mg NO2/l dans les
rejets de stations d’épuration. (0,5mg/l dans l’eau du robinet).
Voir aussi page cycle de l’azote. dont font partie les nitrites.
en second lieu des rejets des stations d’épurations (transformation de la matière organique en
nitrates). Certaines installations sont complétées par des traitement de dénitrification avant rejet.
du milieu naturel, pour 3 et 7 mg/l. seulement, une quantité suffisante pour nourrir la vie
aquatique des cours d’eau. (A delà c’est l’indigestion, le développement des algues,
l’eutrophisation..)
Les nitrates posent problème en raison de leur trop grande introduction dans les eaux par
l’agriculture industrielle (*). Les résultats d’analyse exprimé en mg/l de NO3-. Il faut diviser par
4,43 le poids des nitrates pour déterminer le poids d’AZOTE contenu par ces même nitrates. (Ainsi
la norme de 50mg/l de nitrates maximum dans l’eau du robinet correspond à une teneur en azote
de 11,29 mg/l. Et 4,43 kg de nitrates contiennent 1 kg d’azote (N).)
(*) Dans l’eau les nitrates (NO3-) sont quantifiés en mg par litre (mg/l), alors que les apports
d’azote dans les champs, sont exprimés en kg d’azote (N) par hectare (ou unité d’azote par
hectare).
Bien que les nitrates soient énormément moins toxiques nocifs que les nitrites, il ne doit pas y en
avoir plus de 50mg/l. dans l’eau du robinet. En effet une fois consommés, il peuvent évoluer en
nitrites dans l’estomac puis se transformer en nitrosamines toxiques et réputées cancérigènes.
Chez les poissons adultes, la toxicité des nitrates semble très faible. Il n’en est pas de même sur
les œufs ou les larves dont la mortalité serait multipliées par deux selon les espèces. Des effets ont
été signalés, même à des concentrations de 10-20mg/l.
Analyses de terrain des nitrates possibles (bandelettes test). Voir page MO CYCLE DE
L’AZOTE pour commentaire complet de ce paramètre.
C’est la somme des composés non oxydés de l’azote : azote organique + ammoniacal contenu
dans l’eau. (ou dans le sol, ou dans les produits alimentaires) Résultat d’analyse exprimé en mg/l.
Méthode normalisée en laboratoire. Une personne rejette environ 15 g. par jour de NTK. Une
concentration élevée en azote Kjeldahl permet d’évaluer le niveau de pollution.
C’est la somme en azote de toutes les formes d’azote différentes contenues dans un prélèvement
(azote gazeux exclu) :
NGL = azote totale Kjeldahl (azote organique et azote ammoniacal) + azote nitreux (nitrites / N-
NO2) + azote nitrique (nitrates / N-NO3).
AZOTE TOTAL
C’est la mesure en azote de toutes les formes d’azote différentes : azote ammoniacal (NH4) +
azote nitrique (NO3) + azote uréique (N uréique).
Le cycle du phosphore.
LE PHOSPHORE
La réglementation, en ce qui concerne le phosphore, ne tient compte que d’un seul paramètre,
le phosphore total (PT).
PHOSPHATES
Le phosphore, élément indispensable au développement de tous les organismes vivants, n’est
naturellement présent qu’en très faible quantité dans le sol et dans les eaux.
Les orthophosphates (ions PO4) sont la forme la plus simple et la plus répandue des phosphates
dans l’eau.
Le phosphate de calcium minéral contenu dans les roches calcaires est peu soluble et n’est donc
pas responsable de la pollution des eaux par excès de phosphore.
La plus grande part du phosphore que l’on retrouve dans les eaux des cours d’eau
provient :
des rejets d’eaux résiduaires, en premier lieu des déjections humaines, des matières
organiques en décomposition, des lessives,.. (Le rejet en phosphore total (PT) d’une personne (= 1
équivalent habitant (EH) est d’environ 4 g. de PT par jour. En rapportant cette quantité au volume
journalier des effluent de cette personne, on obtient une concentration d’environ 25 mg/litre de
PT.)
des activités agricoles : "pertes" d’engrais phosphatés utilisés en agriculture (provenant des
mines de phosphates du Maroc) et ruissellements d’effluents agricoles (lisier, purin, déjections,..)
Entrainé dans les eaux, cet élément s’y retrouve essentiellement sous forme de phosphore
organique (résidu de la matière vivante) ou de phosphore minéral (ou phosphate inorganique)
représenté essentiellement par les orthophosphates (PO4).
PO4 : La quantité de phosphates (appelés aussi orthophosphates) d’une eau se mesure en mg/l. de
PO4
La mesure de la fraction organique de phosphore d’une eau s’obtient à l’analyse par différence
entre le phosphore total et les orthophosphates.
Dans les eaux superficielles, la teneur naturelle en phosphates est de l’ordre de 0,1 à 0,2mg de
PO4/l. pour moins de 0,1mg de P/l. en phosphore total.
Au delà, une présence importante de phosphates dans les eaux n’est pas naturelle et provient des
déversements urbains (polyphosphates des lessives, excréments, dégradation de la matière
organique) et des pratiques agricoles ( engrais, épandages, écoulements de purin, etc..)
Il existe des techniques d’élimination des phosphates dans certaines stations d’épuration équipées
à cet effet.
Dans les cours d’eau NITRATES et PHOSPHATES associés contribuent au développement excessif et
anarchique des algues, voir page :L’EUTROPHISATION des rivières par les nitrates et les
phosphates
’
POTASSIUM (K)
NPK NPK : C’est ce qu’on appelle le trio azote, phosphate et potassium (NPK) dans l’utilisation des
engrais agricoles nitrates, phosphates et potasses. Ces éléments nutritifs, tels que le phosphore,
l’azote et le potassium, ne sont cependant pas entièrement utilisés par les végétaux cultivés, et
une partie est emportée vers les ruisseaux et rivières par percolation et ruissellement.
SULFATES Leur présence dans les eaux est en général liée à la présence de gypse dans les sols.
C’est un composé naturel qui correspond à la présence de souffre dans l’eau. Présence maximum
limitée à 250mg/l dans l’eau potable.
HYDROGÈNE SULFURÉ ou sulfure d’hydrogène, Gaz nauséabond et toxique à forte odeur d’œuf
pourri, produit par la fermentation anaérobie (sans air) quand l’eau est trop riche en matières
organiques. C’est aussi un indice de présence d’organismes pathogènes.
LES MICROPOLLUANTS
Ce sont des composants minéraux ou organiques qui présents dans l’eau même à très faible
quantité (en microgramme (µg/l), voire en nanogramme (ng/l) par litre) sont dangereux pour les
êtres vivants et donc les écosystèmes.
Certains micropolluants sont toxiques. Les mécanismes de leur effets sont encore trop mal
connus :
Les éléments mutagènes agissent sur les cellules reproductives ou directement sur l’ADN des
êtres vivants ;
Les éléments tératogènes qui affectent le fœtus ;
Les éléments cancérigènes qui induisent le cancer ;
Les éléments neurotoxiques qui agissent sur le système nerveux ;
Les éléments perturbateurs endocriniens ;
Les éléments bioaccumulables dans les chaînes alimentaires.
Les éléments métalliques et leurs dérivés organiques (métalloïdes) sont pour certains très
dangereux parce que potentiellement toxiques , non-biodégradables et bioaccumulables dans les
chaînes alimentaires.
Ils sont principalement d’origine industrielle mais pas seulement. (rejets atmosphériques des
incinérateurs de déchets, ...)
Si, à doses infimes, certains métaux constituent des oligo-éléments indispensables à un bon état de
la santé humaine, à partir de certaines doses plus importantes ils deviennent directement toxiques.
Ces métaux proviennent un peu du sous-sol (érosion) mais pour l’essentiel des rejets industriels
(traitements de surface, métallurgie, chimie,..) dans le sous-sol ou les rivières mais aussi dans
l’atmosphère où ils retombent avec les pluies.
On retrouve les métaux dans les eaux sous formes ioniques libres ou incorporés dans des
structures moléculaires ou des complexes organiques ou inorganiques... Ainsi pour le même métal,
certaines formes peuvent être beaucoup plus toxiques que d’autres...
critères analytiques pour chaque métal
Liste des principaux métaux lourds et métalloïdes en commençant par les plus toxiques :
le plomb (Pb). Ce métal est extrait d’un minerai, la galène. Le plomb est (était) utilisé dans
l’industrie métallurgique : batteries, alliages, traitements de surface, munitions, (anciennes
peintures), (ancien adjuvant antidétonant de l’essence) etc
C’est un métal très toxique pour les invertébrés et les amphibiens des milieux aquatique. Chez
l’homme ses organes cibles sont le système nerveux central et périphérique, le système
circulatoire, les reins et les organes de reproduction. Sa présence dans l’eau du robinet peut
entrainer le saturnisme (par exemple par l’érosion des canalisations d’eau potable en plomb).
Enfin, l’ingestion de grenaille de plombs de chasse (confusion avec des grains de nourriture ou de
sable) est particulièrement toxique pour les oiseaux et représente une cause fréquente de
saturnisme aviaire.
le cadmium (Cd), à l’origine est extrait de certains minerais notamment de zinc. Il est utilisé
dans les batteries électriques mais surtout dans la métallurgie dans le cadmiage contre la corrosion
de l’acier. Le cadmium est aussi utilisé en stabilisant pour les plastiques et les pigments. La
pollution au cadmium provient des rejets industriels, des incinérations de déchets, de l’utilisation
d’engrais... Extrêmement toxique (organe cible le rein, os, cancer du poumon) cet élément
s’accumule dans les chaînes alimentaires et menace les prédateurs secondaires.
l’arsenic (As). C’est un métalloïde. C’est un oligo-élément sous forme de trace. En concentration
importante c’est un toxique (dose létale chez l’homme estimée à environ 0,6 mg/kg/j.) Il peut être
naturellement présent dans les minéraux du sous-sol dans certaines régions (roches primaires,
volcaniques). On peut trouver ainsi des contaminations naturelles à l’arsenic de certaines sources,
dans le Massif Central, les Vosges, le Haut-Rhin... De l’arsenic peut être rejeté par les industries du
verre ou de la métallurgie. Il peut provenir de sites d’exploitations d’anciennes mines (comme à
Salsigne (11 ). L’ingestion d’arsenic peut entrainer des troubles physiologiques mais aussi des
risques cancers.
le chrome (Cr) : métal très dur utilisé en traitement de surface des métaux pour améliorer leur
résistance. Ce n’est que dans les process industriels de traitements de surfaces qu’utilisé sous la
forme de chrome hexavalent ou chrome VI et de chromates (CrO4) qu’il devient extrêmement
toxiques pour la vie et cancérigènes. (risques de rejets dans les eaux).
le cuivre (Cu) . Peu toxique, néanmoins à faible concentration il est nuisible pour la microfaune
et les batraciens. Sa présence dans les eaux provient de l’érosion des conduites ou de l’activité
industrielle. Dans les sols agricoles, il peut s’accumuler à la suite du traitement des cultures avec
des sels de cuivre (bouillie bordelaise) et surtout des épandages répétés de lisiers de porcheries ou
le cuivre il est utilisé comme facteur de croissance dans l’alimentation des porcs(voir cette
page).. Chez certaine personne peut induire des problèmes de santé mais ne serait pas
cancérogène. A une concentration > 2 mg/l. il colore les eaux.
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l’aluminium (Al) est naturellement présent dans les sols. L’alumine (oxyde d’aluminium) qui
sert à produire le métal aluminium est extraite principalement d’une roche sédimentaire, la
bauxite. L’aspect et les propriétés physico-chimiques de ce métal ont favorisé d’innombrables
utilisations.
Dans les eaux l’aluminium peut aussi provenir des sols qui en contiennent naturellement. En raison
de la pollution, les pluies peuvent être acides et favoriser une certaine solubilité de l’aluminium qui
est possible en dessous de pH 6. De l’aluminium peut alors se retrouver non seulement dans les
eaux mais aussi dans les plantes et les animaux.
Dans l’eau potable, la directive du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la
consommation humaine a fixé pour le paramètre « aluminium » une valeur de 200 microgrammes
par litre dans les eaux de consommation. Ce paramètre est un indicateur de fonctionnement des
installations de traitement et non pas un paramètre de santé faisant l’objet d’obligations plus
strictes...
le zinc, (Nn) : Métal utilisé pour recouvrir les métaux. Il est peu toxique, puisque au niveau de
traces c’est oligo-éléments utile à l’organisme. Le zinc est classé dangereux pour la faune
aquatique.A noter qu’une présence importante de zinc dans les eaux indique souvent
celles d’autres métaux ou polluants toxiques industriels.
Dans les sols agricoles, il peut s’accumuler à la suite des épandages de lisiers de porcheries (voir
cette page).
l’étain ((Sn). Métal malléable. Réputé surtout toxique, pour les algues et le phytoplancton des
cours d’eau.
le nickel (Ni) A très faible quantité (>50 microgramme) est considéré comme un oligo-élément
serait utile à la fonction pulmonaire dans l’organisme. Au delà c’est une substance considérée
comme cancérigène. C’est aussi le plus allergisant des métaux.
le manganèse (Mn). Dans les eaux, il provient du sous-sol ou il est mis en solution par le CO2
des eaux d’infiltration. Il peut aussi provenir de dépôts de déchets industriels. Sur les parois des
rivières souterraines, des dépôts noirâtres de manganèse sont souvent visibles. C’est un oligo-
élément indispensable aux organismes vivants. Maximum à ne pas dépasser dans l’eau du robinet
0.05 mg/l. En concentration trop élevée il peut être toxique pour l’homme et donner à l’eau une
couleur noirâtre qui peut lors de lessives tacher le linge. Des procédés permettent d’éliminer le
manganèse au niveau des stations captages d’eaux potables.
le fer provient du sous-sol ou de l’industrie mais n’est pas nocif. Le sulfate de fer
peut provenir des stations de traitement des eaux où il est utilisé comme floculant.
C’est un oligoélément indispensable au bon fonctionnement des êtres vivants. En excès
dans l’eau il n’est pas nocif mais brunit l’eau ce qui peut entrainer des taches. Des
précédés de déferrisation permettent d’éliminer les excès de fer dans l’eau si
nécessaire avant distribution.
LES PESTICIDES que l’on retrouve dans les eaux de surface ou souterraines sont à
environ 9O% d’origine agricole. Ce sont des produits toxiques qui se dégradent plus ou
moins bien dans l’environnement.
herbicides (atrazine, glyphosate,...)
insecticide (DDT, ...)
fongicides (sels de cuivre,...)
cyanures (CN) , Poison extrêmement toxique, utilisé dans les industries de traitement
de surface. Dégradable au bout d’un certain temps dans les eaux mais où ils sont
particulièrement mobiles.
détergents,
Il existe en France plus de 3000 médicaments à usage humain et plus de 300 à usage
vétérinaire. Une grande partie se retrouve dans les déjections et par la suite dans les
eaux des milieux aquatiques....
Les installations industrielles qui présentent des rejets dangereux doivent dans certain
cas répondre annuellement à un questionnaire sur la nature et l’importance de leurs
rejets C’est un arrêté ministériel du 24 décembre 2002 qui organise les modalités de
cette déclaration.
Les annexes de cet arrêté liste les paramètres et substances polluantes, toxiques,
cancérigènes, etc.. On s’y reportera utilement. (Voir page consacrée à la déclaration
annuelle des rejets et émissions polluantes des ICPE).
PARAMÈTRES BACTÉRIOLOGIQUES
Ces analyses reposent sur la recherche dans les eaux de bactéries indicatrices de leur
éventuelle contamination fécale, les Escherichia coli (E. coli) et les Entérocoques. Ces
organismes, d’origine intestinale sont naturellement présents dans les déjections
animales ou humaines qui via les déversements, eaux usées et épandages peuvent se
retrouver dans l’eau. Les Entérocoques sont pathogènes de même que certains
colibacilles. L’eau potable du robinet doit être exempte de la présence de ces bactéries.
Une présence très importante de germes fécaux dans une eau indique une pollution
fécale importante d’origine humaine ou animale en amont.