Cours
Cours
ENSA Khouribgha
azouani@[Link]
14 avril 2025
Example
1 f : R2 → R3 définie par
f (x, y ) = (2x + y , x − 3y , 4y ).
Montrer que f est linéaire
R1
2 Soit f ∈ C 0 ([0, 1], R). ϕ(f ) = 0 f (x) dx est une forme linéaire.
En effet, si α, β ∈ R et f , g ∈ C 0 ([0, 1], R) alors :
Z 1 Z 1 Z 1
ϕ(αf + βg ) = (αf + βg )(x) dx = α f (x) dx + β g (x) dx
0 0 0
Remarque
(a) Si l’on fait λ = 0 dans f (λx) = λf (x), on obtient f (0E ) = 0F ;
si l’on fait λ = −1, on obtient f (−x) = −f (x).
(b) Pour montrer que f : E → F n’est pas linéaire
(1) Montrer que f (0E ) ̸= 0F .
(2) Trouver α, β ∈ K, x, y ∈ E tels que f (αx + βy ) ̸= αf (x) + βf (y ).
Définition
1 Soient E un K-ev, f : E → E une application. On dit que f est un
endomorphisme de E si et seulement si f est linéaire.
On note L(E ) (ou KE ) l’ensemble des endomorphismes de E .
2 Soient E , F deux K-ev, f : E → F une application. On dit que f est
un isomorphisme de E sur F si et seulement si f est linéaire et
bijective.
3 Soient E un K-ev, f : E → E une application. On dit que f est un
automorphisme de E si et seulement si f est linéaire et bijective.
On note GL(E ) (ou GLK (E )) l’ensemble des automorphismes de E .
4 Si f est à la fois un endomorphisme de E et un isomorphisme, on
dit que f est un automorphisme de E.
Définition
Soit E un K-ev. On appelle forme linéaire sur E toute application linéaire
φ de E dans K.
On a donc E ⋆ = L(E , K).
Proposition 1
Soient E , F deux K -ev, f ∈ L(E , F ). Pour tous n ∈ N∗ ,
(λ1 , . . . , λn ) ∈ K n , et (x1 , . . . , xn ) ∈ E n :
n n
!
X X
f λi xi = λi f (xi )
i=1 i=1
Preuve
Récurrence sur n :
Cas de base (n = 1) : Évident par linéarité.
Cas n = 2 :
Corollaire
Soient E un K -ev de dimension finie, B = (e1 , . . . , en ) une base de E , et
f ∈ L(E , F ).
X n
f (x) = xi f (ei )
i=1
Rappels
Soient E et F deux K-ev et f ∈ L(E , F ) tel que E0 est un sev de E et et
F0 un sev de F .
1 L’image directe de E0 par f est :
f (E0 ) := {f (x) | x ∈ E0 }
f −1 (F0 ) := {x ∈ E | f (x) ∈ F0 }
Proposition 2
Soient E , F deux K -ev, f ∈ L(E , F ).
1 Pour tout sev F1 de F , l’image réciproque f −1 (F1 ) est un sev de E .
2 Pour tout sev E1 de E , l’image directe f (E1 ) est un sev de F .
Preuve
1. Image réciproque :
f −1 (F1 ) ̸= ∅, car 0E ∈ f −1 (F1 ) (puisque f (0E ) = 0F ∈ F1 ).
Soient λ ∈ K et x, y ∈ f −1 (F1 ). Alors :
2. Image directe :
f (E1 ) ̸= ∅, car 0F = f (0E ) ∈ f (E1 ).
Soient λ ∈ K et x ′ , y ′ ∈ f (E1 ). Il existe x, y ∈ E1 tels que x ′ = f (x),
y ′ = f (y ). Alors :
Rappel
Un sev V d’un ev E est dit stable par un endomorphisme f de E si et
seulement si f (V ) ⊂ V .
Définition
Soient E , F deux K -ev, f ∈ L(E , F ).
Le noyau de f , noté ker(f ), est le sev de E défini par :
Im(f ) = f (E ) = {y ∈ F | ∃ x ∈ E , y = f (x)}
Démonstration.
1. Non-vacuité :
Application linéaire-noyau-image
(
R3 → R2
f :
(x, y , z) 7→ (−2x, y + 3z)
Objectifs
Calculer ker(f )
Déterminer Im(f )
Solutions du système
Solution générale : (0, −3z, z) = z(0, −3, 1) (z ∈ R)
Fixons (x0 , y0 ) ∈ R2
Calcul de l’image
(x0 , y0 ) = f (x, y , z) ⇐⇒ (−2x, y + 3z) = (x0 , y0 )
(
−2x = x0
⇐⇒
y + 3z = y0
Pour tout (x0 , y0 ) ∈ R2 :
Caractéristiques
Im(f ) = R2 (f est surjective)
Caractérisation du noyau
ker(f ) = {X ∈ Rp | AX = 0}
Sous-espace vectoriel de Rn
Dimension = rang de la matrice A
Base formée par les colonnes pivots
Soit F = (x, y , z) ∈ R3 | x + y − z = 0 .
Noyau :
ker(f ) = F = {(x, y , z) | x + y − z = 0}
f est une forme linéaire non nulle (élément de (R3 )⋆ ).
Interprétation géométrique :
F est un plan vectoriel de vecteur normal (1, 1, −1).
(
C 1 (R) → C 0 (R)
Soit D : . Alors :
f 7→ f ′
Noyau :
Image :
Im(D) = C 0 (R) (D est surjective)
Preuve de la surjectivité :
Soit g ∈ C 0 (R).
Comme g est continue, elle admet une primitive F ∈ C 1 (R).
Alors D(F ) = F ′ = g , donc g ∈ Im(D).
f (x − y ) = f (x) − f (y ) = 0 =⇒ x − y ∈ ker(f ) =⇒ x = y .
Remarque
Soit f : E → F une application linéaire. Alors :
Application
Pour l’opérateur D : C 1 (R) → C 0 (R), on a vu que Im(D) = C 0 (R).
Donc D est surjective.
Pour µ : R2 → R2 , vérifier si Im(µ) = R2 (exercice).
f surjective ⇐⇒ Im(f ) = F
f surjective ⇐⇒ ∀ y ∈ F , ∃ x ∈ E , y = f (x) ⇐⇒ Im(f ) = F .
| {z }
Définition de la surjectivité
Exemple
Opérateur de dérivation (non injectif) :
Soit D : C 1 (R) → C 0 (R), f 7→ f ′ .
Noyau : ker(D) = {fonctions constantes} =
̸ {0}.
Exemple : f : x 7→ 1 ∈ ker(D).
Donc D n’est pas injective.
Application linéaire injective :
Soit µ : R2 → R2 , (x, y ) 7→ (x + y , x − y ).
(
x +y =0
Résoudre =⇒ x = y = 0.
x −y =0
Ainsi, ker(µ) = {(0, 0)} =⇒ µ est injective.
f : Rn [X ] → Rn+1 [X ]
P(X ) 7→ X · P(X )
Étudions d’abord le noyau de f :
Soit P(X ) = an X n + · · · + a1 X + a0 ∈ Rn [X ] tel que X · P(X ) = 0.
Alors
an X n+1 + · · · + a1 X 2 + a0 X = 0
Ainsi, ai = 0 pour tout i ∈ {0, . . . , n} et donc P(X ) = 0. Le noyau de
f est donc nul : ker(f ) = {0}.
L’espace Im(f ) est l’ensemble des polynômes de Rn+1 [X ] sans terme
constant :
Proposition
Soient E , F , G des K-espaces vectoriels.
(a) Si f ∈ L(E , F ) et g ∈ L(F , G ), alors g ◦ f ∈ L(E , G ).
(b) Si f ∈ L(E , F ) est bijective, alors f −1 est une application linéaire
bijective de F dans E .
(c) Soient f , g ∈ L(E , F ), et λ ∈ K. Les applications f + g : E → F et
λf : E → F définies par :
Example
Soient f (x, y ) = (x + y , y ) et g (x, y ) = (2x, x − y )
Alors (f + g )(x, y ) = (3x + y , 2x − y )
Et f ◦ g (x, y ) = (2x + x − y , x − y ) = (3x − y , x − y )
Image directe
Im(f ) = {f (u) ∈ F |u ∈ E }
Sous-espace vectoriel de F
Image réciproque
Pour B ⊂ F :
f −1 (B) = {u ∈ E |f (u) ∈ B}
Pas toujours un sous-espace
Example
f : R2 → R avec f (x, y ) = x + y
f −1 ({1}) = {(x, 1 − x)|x ∈ R} (affine mais pas vectoriel)
Définition
ker(f ) = {u ∈ E |f (u) = 0F } = f −1 ({0F })
Sous-espace vectoriel de E
Example
Pour la dérivation D : R[X ] → R[X ]
ker(D) = {P|P ′ = 0} = R0 [X ] (polynômes constants)
Remarque
1 Si B est une base de E alors, pour toute base f de L(E , F ) :
Théorème du rang
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et F un espace vectoriel
quelconque. Soit f ∈ L(E , F ). Alors :
q
X p
X
⇒ µj e j − λi ei = 0E
j=1 i=q+1
p
P
Soit y ∈ Imf . ∃x = αi ei ∈ E tel que :
i=1
p
X p
X
y = f (x) = αi f (ei ) = αi f (ei )
i=1 i=q+1
Conclusion :
(f (eq+1 ), . . . , f (ep )) est une base de Imf
rgf = p − q = dim E − dim ker f
Définition : Projecteur
Soient E1 et E2 deux sous-espaces vectoriels supplémentaires de E :
E = E1 ⊕ E2 . Pour tout x ∈ E , il existe donc un unique couple
(x1 , x2 ) ∈ E1 × E2 tel que x = x1 + x2 . Soit
(
E →E
p:
x = x1 + x2 7→ x1
Application de p :
⇒ p est linéaire.
2. Noyau du projecteur
Pour x = x1 + x2 ∈ E1 ⊕ E2 :
p(x) = 0 ⇐⇒ x1 = 0 ⇐⇒ x = x2 ∈ E2
⇒ Ker(p) = E2
Prof. Abderrahim Azouani (ENSA Khouribgha azouani@[Link])
Applications Linéaires 14 avril 2025 45 / 58
Suite de la démonstration
3. Image du projecteur
Pour x = x1 + x2 ∈ E1 ⊕ E2 :
⇒ Im(p) = E1
p(x) = x ⇐⇒ x = x1 ⇐⇒ x ∈ E1
E = Ker(p) ⊕ Im(p)
Double implication
⇒ Immédiat par définition
⇐ Preuve constructive par analyse des sous-espaces
Démonstration en 3 étapes.
1 Intersection triviale :
(
x = p(x ′ )
x ∈ Im(p)∩Ker(p) ⇒ ⇒ 0 = p(x) = p(p(x ′ )) = p(x ′ ) = x ⇒ x
p(x) = 0
2 Somme directe :
∀x ∈ E , x = p(x) + (x − p(x))
|{z} | {z }
∈Im(p) ∈Ker(p)
Interprétation
Les projecteurs p et q décomposent tout vecteur :
x = p(x) + q(x)
|{z} |{z}
∈E1 ∈E2
Dualité projecteur/identité.
1 ⇒ 2) Direct par définition :
Définition : Symétrie
Soit E = E1 ⊕ E2 une décomposition en sous-espaces supplémentaires.
La symétrie par rapport à E1 parallèlement à E2 est l’application :
(
E →E
s:
x = x1 + x2 7→ x1 − x2
x 1 ∈ E1 , x 2 ∈ E2
Application linéaire et involutive (s ◦ s = idE )
p(x) = x1
et
Projection
p ∈ L(E ) vérifiant p ◦ p = p
Exemple : p(x, y , z) = (x, y , 0) dans R3
Symétrie
s ∈ L(E ) avec s ◦ s = idE
Exemple : s(x, y ) = (y , x) dans R2
Homothétie
hλ (u) = λu pour λ ∈ K
Exemple : h3 (x, y ) = (3x, 3y )
Endomorphisme nilpotent
∃k ∈ N, f k = 0
Exemple : f (x, y ) = (0, x) avec f 2 = 0
Définition
Sous-espace de codimension 1
∃φ ∈ E ∗ \ {0}, H = ker(φ)
Example
Dans R3 : H = {(x, y , z)|x + 2y − z = 0}
Est le noyau de φ(x, y , z) = x + 2y − z
Définition
GL(E ) = {f ∈ L(E )|f inversible}
Groupe pour la composition
Example
Dans R2 :
2 1
f (x, y ) = (2x + y , x + y ) inversible car det = 1 ̸= 0
1 1