Topo
Topo
Pierron Théo
2 Connexité 17
2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Connexes de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.2 Connexes et fonctions continues . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.3 Notion de composante connexe . . . . . . . . . . . . . 21
i
ii TABLE DES MATIÈRES
3 Compacité 23
3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Compacité et espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . 28
3.4 Espace quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.4.1 Topologie quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.4.2 Supplémentaires topologiques . . . . . . . . . . . . . . 32
4 Espaces complets 33
4.1 Complétude, suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.1.1 Définition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.1.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.2 Quelques théorèmes importants . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.2.1 Théorème du point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
4.2.2 Prolongement des applications continues . . . . . . . . 37
4.2.3 Complétion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2.4 Théorème de Baire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.2.5 Théorème de Stone-Weierstraß . . . . . . . . . . 41
4.3 Critères de complétude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.3.1 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.3.2 Produits d’espaces complets . . . . . . . . . . . . . . . 44
5 Exercices 47
Chapitre 1
1
CHAPITRE 1. ESPACES TOPOLOGIQUES, ESPACES MÉTRIQUES
Démonstration.
⇒ Clair
⇐ Soit x ∈ ω. ω est un voisinage de x donc il existe Ωx ⊂ ω ouvert
contenant x.
[
On a ω ⊂ Ωx ⊂ ω. Donc ω est ouvert.
x∈ω
Démonstration.
⇒ Soit B base d’ouverts, x ∈ E et V ∈ Vx .
S
Il existe ω ∈ τ avec x ∈ ω ⊂ V . On a ω = Bi avec Bi ∈ B donc il
i∈I
existe i0 tel que x ∈ Bi0 ⊂ ω ⊂ V et Bi0 ∈ Bx .
Donc Bx est une base de voisinages de x
⇐ On suppose que pour tout x ∈ E, Bx est une base de voisinages de x.
Soit ω ∈ τ et x ∈ ω. ω ∈ Vx donc il existe B ∈ Bx tel que x ∈ B ⊂ ω.
[
Notons bx la réunion des B tels que x ∈ B ⊂ ω. On a ω = bx . Donc
x∈ω
B est une base d’ouverts.
Démonstration.
⇒ B1 ∈ B1,x ⊂ τ1 ⊂ τ2 donc B1 est un τ2 -voisinage de x donc, par
définition de B2,x , il existe B2 ∈ B2,x tel que x ∈ B2 ⊂ B1 .
⇐ Soit ω ∈ τ1 et x ∈ ω. ω est ouvert donc τ1 -voisinage de x donc il existe
B1 ∈ B1,x tel que x ∈ B1 ⊂ ω.
Or, par hypothèse, il existe B2 ∈ B2,x tel que x ∈ B2 ⊂ B1 ⊂ ω. Donc
ω est un τ2 -voisinage de x.
Proposition 1.4 Dans un espace topologique séparé, tous les points sont
fermés.
Démonstration. Montrons que {x}c est ouvert ie qu’il est voisinage de tous
ses points.
Soit x 6= x′ . Il existe (ωx , ωx′ ) ∈ τ 2 tel que x ∈ ωx , x′ ∈ ωx′ et ωx ∩ωx′ = ∅.
En particulier, x′ ∈ ωx′ ⊂ {x}c , ce qui conclut.
Proposition 1.5 Soit (E, d) un espace métrique. Les boules ouvertes sont
des ouverts de E. Elles forment une base d’ouverts de τd . Les boules fermées
sont des fermés de E.
Démonstration. ◦ ◦
• On veut montrer que B d (x0 , r) ∈ τd . Soit x ∈ B d (x0 , r).
◦
Soit y ∈ B d (x, r − d(x, x0 )).
D’où le résultat.
• On veut montrer que B d (x0 , r) est fermée ie B d (x0 , r)c ∈ τd .
◦
Soit x ∈ B d (x0 , r)c . On a B d (x, d(x − x0 ) − r) ⊂ B d (x0 , r)c donc
B d (x0 , r)c ∈ τd .
• Notons B l’ensemble des boules ouvertes. Montrer que B est une base
d’ouverts revient à montrer que Bx = {B ∈ B, x ∈ B} est une base de
voisinages de x pour tout x.
Soit V ∈ Vx pour τd . Il existe ω ∈ τd tel que x ∈ ω ⊂ V . Par définition,
◦ ◦
il existe r > 0 tel que B d (x, r) ⊂ ω ⊂ V . De plus B d (x, r) ∈ Bx , ce qui
assure le résultat.
Remarque 1.2 Dans le cas où d1 6 cd2 6 c′ d1 , on dit que les distances sont
fortement équivalentes, ce qui implique que τd1 = τd2 (ie les distances sont
topologiquement équivalentes). La réciproque est fausse. (Exemple : d1 (x, y) =
|x − y|, d2 (x, y) = | arctan(x) − arctan(y)|. On a τd1 = τd2 , d2 6 d1 mais
d1 66 cd2 .)
Démonstration.
⇐ Clair
◦ ◦
⇒ B 1 (0, 1) contient B 2 (0, r) pour un certain r > 0.
Si x 6= 0, kxk
x
× 2r 6 1 donc kxk1 6 2r kxk2 .
2 1
kxk∞ =1
←−kxk2 =1
←−kxk1 =1
√ √
Exemple : [− 2, 2] ∩ Q dans Q muni de la topologie induite de R sur
Q. C’est un fermé de τQ car intersection d’un fermé de R avec Q. C’est aussi
un ouvert de τQ .
Proposition 1.7 Si τ = τd , τA = τd|A .
Exemple : E = R2 , A est le cercle de centre O et de rayon 1.
◦
B d|A (0, 1) = ∅ et B d|A (0, 1) = A.
◦ ◦ ◦
Démonstration. B ∞ ((x1 , x2 ), r) = B 1 (x1 , r) × B 2 (x2 , r) donc τ∞ ⊂ τΠ .
◦
Soit x ∈ ω1 ×ω2 . Il existe ri tel que B i (xi , ri ) ⊂ ωi . On pose r = min(r1 , r2 )
◦
et B(x, r) ⊂ ω× ω2 .
Donc τΠ = τ∞ .
p
Y
Définition 1.14 On appelle topologie produit sur Ei la topologie en-
( ) i=1
p
Y
gendrée par les ωi , ∀i ∈ J1, pK, ωi ∈ τi . Ces éléments forment une base
i=1
d’ouverts. (L’opération est associative)
Y
Définition 1.15 On appelle topologie produit sur Ei (avec Ei 6= ∅) la
i∈I
topologie engendrée par les :
( )
Y
Ωi , ∃J finie ⊂ I vérifiant ∀i ∈ I \ J, Ωi = Ei et ∀i ∈ J, Ωi ∈ τi
i∈I
Cet ensemble est stable par intersection donc il constitue une base d’ouverts.
Proposition 1.10 On suppose I non dénombrable et Card(Ei ) > 2. τΠ est
non métrisable.
Y
Démonstration. Supposons qu’il existe d tel que τ = τd et x0 ∈ E = Ei .
i∈I
◦ Y (n) (n)
B d (x0 , n1 ) ⊃ Ωi ∋ x0 avec Jn ⊂ I finie telle que ∀i ∈ I \ Jn , Ωi = Ei .
i∈I !
Y Y ∞
\
T ◦
∞ ∞
T (n) (n)
{x0 } = B d (x0 , n1 ) ⊃ Ωi = Ωi .
n=1 n=1i∈I i∈I n=1
S T (n)
Pour i0 ∈ I \ Jn , Ωi0 = Ei0 qui est de cardinal supérieur à 2.
n>1 n>1
Donc Card({x0 }) = 2. Contradiction.
Proposition 1.11 Soit (En , dn )n une famille d’espaces métriques. La topo-
Y
logie produit sur En est métrisable.
n>0
Par exemple, τΠ = τd1 = τd2 avec :
Y
En → R+
n>0
d1 : ∞
X 1
((xn )n , (yn )n )
7→ min{1, dn (xn , yn )}
n=0 2
n
Y
En → R+
n>0
d2 : ∞
X 1 dn (xn , yn )
((xn )n , (yn )n )
7→
n=0 2 1 + dn (xn , yn )
n
d
Remarque 1.5 et min{1, d} sont topologiquement équivalentes.
1+d
∅, E/R ∈ τR2
!
[ [
−1
χ Oi = χ−1 (Oi)
i∈I i∈I
n
! n
\ \
χ−1 Oi = χ−1 (Oi )
i=1 i=1
Remarque 1.6
• τR n’est pas forcément séparée même si τ l’est.
• Une condition nécessaire de séparation est que les points de τR soient
fermés ie x est fermée pour tout x.
• Il n’y a pas de métrique naturelle associée à τR .
Exemples :
• E = [0, 1], R est définie par 0 = 1 et si x 6∈ {0, 1}, x = {x}.
E/R est un cercle.
• E est un carré de côté 1. R est telle que chaque élément x des côtés
verticaux soit associé avec le point de l’autre côté vertical situé à la
même hauteur que x, et que les autres soient seuls dans leur classe.
E/R est un cylindre.
• E est un carré de côté 1. R est telle que chaque élément x soit associé
avec le point du côté opposé situé à la même hauteur que x. E/R est
un tore.
• E est un carré de côté 1. R est telle que chaque élément x des côtés
verticaux soit associé avec le point de l’autre côté vertical situé à la
même hauteur que x, et que les autres soient associés à leur symétrique
par rapport au centre du carré. E/R est une bouteille de Klein.
◦
Démonstration. Soit a ∈ A. Il existe ω ∈ τ tel que a ∈ ω ⊂ A.
◦ ◦
Pour tout x ∈ ω, x ∈ A (par définition) donc A est voisinage de tous ses
points.
◦ S
On a de plus A = ω où x ∈ ω ⊂ A.
◦
x∈A
◦c
Démonstration. On montre que A = Ac . Le résultat en découle par la pro-
position précédente.
◦c
a∈A ssi 6 ∃ω ∈ τ, a ∈ ω ⊂ A
ssi ∀ω ∈ τ, a ∈ ω ⇒ ω ∩ Ac 6= ∅
ssi a ∈ Ac
◦
Définition 1.18 On définit la frontière ∂A de A par ∂A = A \ A.
Proposition 1.14 ∂A est un fermé car ∂A = A ∩ Ac .
Définition 1.19 Soit (E, τ ) un espace topologique et (xn )n ∈ E N .
On dit que a est une valeur d’adhérence de x ssi tout voisinage de a
contient une infinité de termes de x.
Proposition 1.15 a est une valeur d’adhérence de x ssi
\
x∈ {xN , xN +1 , . . .} = XN
N ∈N
Démonstration.
a est valeur d’adhérence de x ssi ∀V ∈ Va , ∀N ∈ N, ∃n > N, xn ∈ V
ssi ∀V ∈ Va , ∀N ∈ N, V ∩ XN 6= ∅
ssi ∀N ∈ N, a ∈ XN
\
ssi a ∈ XN
N ∈N
Proposition 1.17 Si (E, τ ) est séparé, une suite a au plus une limite.
Démonstration. Soit a 6= a′ deux limites pour x. (E, τ ) est séparé donc il
existe (ω, ω ′) tels que (a, a′ ) ∈ ω × ω ′ et ω ∩ ω ′ = ∅.
Il existe N > 0 tel que pour tout n > N, xn ∈ ω et il existe N ′ > 0 tel
que pour tout n > N ′ , xn ∈ ω ′.
Pour n > max(N, N ′ ), on a une contradiction.
Remarque 1.7 Si lim xn = a, alors a ∈ adh(x) et Card(adh(x)) = 1.
n→+∞
Démonstration.
• ⇒ Clair car si xn → a, a ∈ A = A.
⇐ Montrons que A ⊂ A. Soit a ∈ A.
Pour tout V ∈ Va , on a V ∩ A 6= ∅.
◦
En particulier, B d (a, n1 ) ∩ A 6= ∅ donc contient un élément noté xn .
1
d(xn , a) 6 donc xn → a et a ∈ A par hypothèse.
n
Donc A = A.
• ⇐ Clair car si xϕ(n) → a, a ∈ A.
⇒ Soit a ∈ adh(x).
◦
Pour tout k, on note Nk le premier n tel que xn ∈ B d (a, k+1
1
).
1
d(xNk , a) 6 donc xNk → a.
k
Démonstration.
⇒ Soit x ∈ E et V ′ ∈ Vf (x) . Il existe ω ′ ∈ τ ′ tel que f (x) ∈ ω ′ ⊂ V ′ .
On a donc x ∈ f −1 (ω ′ ) ∈ τ donc f −1 (ω ′ ) ∈ Vx .
⇐ Soit ω ′ ∈ τ ′ et x ∈ f −1 (ω ′ ).
On a f (x) ∈ ω ′ qui est alors un voisinage de f (x) donc f −1 (ω ′) ∈ Vx .
C’est donc un voisinage de tous ses points. Il appartient donc à τ .
Définition 1.22 On dit que f est ouverte (resp. fermée) ssi l’image de tout
ouvert (resp. fermé) est un ouvert (resp. fermé)
Démonstration.
⇒ (reste vrai pour f : (E, τ ) → (E ′ , τ ′ )) Soit (xn ) tendant vers x via τd
et V ′ ∈ Vf (x)
On a f −1 (V ′ ) ∈ Vx donc il existe N > 0 tel que pour tout n > N,
xn ∈ f −1 (V ′ ) donc f (xn ) ∈ V ′ donc f (xn ) → f (x).
⇐ (contraposée) Si f n’est pas continue en x, il existe V ′ ∈ Vf (x) tel que
f −1 (V ′ ) 6∈ Vx .
◦
Donc, pour tout n, il existe un xn ∈ B d (x, n1 ) tel que xn 6∈ f −1 (V ′ ).
On a donc xn → x mais f (xn ) 6→ f (x) car aucun f (xn ) n’appartient à
V ′.
à une contradiction.
τ τ
Π
Xn → X ssi ∀i ∈ I, Xni →i X i
Démonstration. Y
⇒ Soit i0 ∈ I et ωi0 ∈ τi0 . On pose Ωi0 = ωi0 × Ei .
i6=i0
Ωi0 ∈ τΠ et contient X donc contient une infinité des (Xni )n .
Y Y
⇐ Soit Ω ∈ τΠ contenant X de la forme ωi × Ei avec Ωi ∈ τi et J
i∈J i∈J
/
finie.
Pour tout i ∈ J, il existe Ni tel que pour tout n > Ni , Xni ∈ Ωi . Pour
n > max(Ni )i , Xn ∈ Ω.
Proposition 1.22 La topologie de la convergence simple de (fn ) ∈ (F E )N
est une topologie produit : celle de l’ensemble des suites d’éléments de F
indicées par E.
Corollaire 1.3 Cette topologie n’est pas métrisable quand E n’est pas
dénombrable et F a plus de deux éléments.
est continue.
Y
Démonstration. Si ωi0 ∈ τi0 , πi−1
0
(ωi0 ) = ωi0 × Ei ∈ τΠ .
i6=i0
Remarque 1.12 τΠ est la moins fine topologie qui fasse de tous les πi des
fonctions continues.
!
Y
Proposition 1.24 f : (X, τ ) → Ei , τΠ est continue ssi pour tout i ∈ I,
i∈I
πi ◦ f l’est.
Démonstration.
⇒ πi est continue donc πi ◦ f l’est.
Y
⇐ Ω = Ωi avec Ωi = Ei sauf sur une partie finie J de I où Ωi ∈ τi .
i∈I
f −1 (Ω) = {x ∈ X, f (x) ∈ Ω}
= {x ∈ X, ∀i ∈ J, πi (f (x)) ∈ Ωi }
\
= (πi ◦ f )−1 (Ωi ) ∈ τ
i∈J
Démonstration.
• Résultat préliminaire : ∆ = {(x, y) ∈ E ′2 , y = x} est un fermé de
(E ′2 , τΠ ) dès que E ′ est séparé.
Montrons que ∆c est ouvert. Si (x, y) ∈ ∆c , il existe ωx , ωy ∈ τΠ avec
ωx ∩ ωy = ∅.
Ceci assure ωx × ωy ⊂ ∆c donc ∆c est ouvert.
•
E → E′ × E′
T :
x 7→ (f (x), g(x))
est continue car f et g le sont donc {x ∈ E, f (x) = g(x)} = T −1 (∆)
est fermé.
•
E → E′ × E′
S:
(x, y) →
7 (f (x), y)
est continue car π1 ◦ f et π2 le sont donc Gf = S −1 (∆) est fermé.
Exemple :
[0, 1] → U
f :
t 7 → e2iπt
est continue et surjective. De plus, f |[0,1[ est injective et f (0) = f (1).
Rf est donc telle que 0 = 1 et ∀x ∈]0, 1[, x = {x}.
fe est alors bijective continue et ouverte donc c’est un homéomorphisme.
4. f est lipschitzienne en 0
5. f est lipschitzienne
Démonstration.
1 ⇒ 2 Clair◦
2 ⇒ 3 f −1 (B E ′ (0, 1)) est un voisinage de 0 dans E donc contient une
◦
boule B E (0, r).
◦ ◦ ◦
Donc f (B E (0, r)) ⊂ B E ′ (0, 1). Donc, pour tout R, f (B E (0, R)) =
◦ ◦
R
r
f (B E (0, r)) ⊂ B E ′ (0, Rr ).
◦
3 ⇒ 4 il existe R tel que f (B E (0, 1)) ⊂ B E ′ (0, R).
◦
Pour tout x 6= 0, f ( kxkx ) ∈ B E ′ (0, R) donc f ( kxkx ) 6 R.
E E E′
kf (x)kE ′
Donc kxkE
6 R et f est R lipschitzienne en 0.
4 ⇒ 5 Clair par linéarité.
5 ⇒ 1 f est lipschitzienne donc continue.
Définition 1.26 On définit
Proposition 1.28
kf (x)kE ′
kf kL(E,E ′) = sup
x∈E\{0} kxkE
= sup kf (x)kE ′
kxkE =1
= sup kf (x)kE ′
kxkE 61
Connexité
2.1 Définitions
Définition 2.1 On dit qu’un espace topologique (E, τ ) est non connexe ssi
E = ω1 ∪ ω2 avec ω1 , ω2 ∈ τ 2 disjoints.
Ceci est équivalent à E = F1 ∪ F2 avec F1 et F2 fermés disjoints (prendre
F1 = ω2c et F2 = ω1c ) et à E contient une partie ouverte fermée non triviale
(prendre ω1 ).
Définition 2.2 Soit (E, τ ) un espace topologique. (E, τ ) est dit connexe ssi
(∃ω1 , ω2 ∈ τ disjoints, E = ω1 ∪ ω2 ) ⇒ ω1 = E ou ω2 = E.
Ceci est équivalent à (∃F1 , F2 ∈ τ c disjoints, E = F1 ∪ F2 ) ⇒ F1 = E ou
F2 = E et à A ⊂ E est ouverte fermée non vide ⇒ A = E.
Définition 2.3 Soit (E, τ ) un espace topologique et A ⊂ E.
A est une partie connexe de E ssi (A, τ |A ) est connexe ssi (∃ω1 , ω2 ∈ τ 2
disjoints, A ⊂ ω1 ∪ ω2 et ω1 ∩ ω2 ∩ A 6= ∅) ⇒ A ⊂ ω1 ou A ⊂ ω2 .
Remarque 2.1
• On a une définition similaire avec les fermés et les ouverts fermés.
• La connexité est une notion topologique donc elle se conserve par ho-
méomorphisme
Exemple :
√ √
Q ⊂ R n’est pas convexe : Q = (] − ∞, 2[∩Q) ∪ (] 2, +∞[∩Q).
| {z } | {z }
ω1 ω2
ω1 ∩ ω2 = ∅ et ω1 6= E 6= ω2 .
17
CHAPITRE 2. CONNEXITÉ
2.2 Propriétés
2.2.1 Connexes de R
Théorème 2.1 Les parties connexes de R en sont les intervalles.
Démonstration.
⇒ On montre que si A ⊂ R vérifie ∃a < b ∈ A2 et c ∈]a, b[\A, alors A
est non connexe.
En effet, A = (]−∞, c[∩A)∪(]c, +∞[∩A) qui sont non vides et disjoints.
En prenant la contraposée, si A est connexe, pour tout (a, b) ∈ A,
[a, b] ⊂ A. Donc A est convexe donc c’est un intervalle.
⇐ Montrons que I =]a, b[ avec −∞ < a < b < +∞ est connexe. Soit E
un ouvert fermé de I et c ∈ E.
Posons A = {x ∈ I, [c, x] ⊂ E}. A 6= ∅ (c ∈ A).
A est majoré par b donc A admet une borne supérieure γ.
Supposons γ < b. Il existe (γn ) ∈ AN croissant vers γ ∈ I.
E est fermé dans I donc γ ∈ E. Comme E est ouvert, il existe ε > 0
tel que γ + ε ∈ E.
γ + ε ∈ A donc il y a contradiction. Donc γ = b.
On a donc [c, b[⊂ E. De même, ]a, c] ⊂ E donc I = E.
Corollaire 2.2 (E, τ ) est connexe ssi toute f : (E, τ ) → {0, 1} continue
est constante.
Démonstration.
⇒ Si f : (E, τ ) → R est continue, f −1 ({0}) ∪ f −1 ({1}) est une partition
de E. Or E est connexe donc f −1 ({0}) = ∅ ou f −1 ({1}) = ∅.
⇐ Si E = ω1 ∪ ω2 avec ω1 ∩ ω2 = ∅. On pose :
E
→ {0, 1}
f : x 7 → 0 si x ∈ ω1
x 7 → 1 si x ∈ ω2
Proposition 2.3 Soit (E, τ ) un espace topologique et (Ai )i∈I des connexes
T
tels que Ai 6= ∅.
S i∈I
Ai est connexe.
i∈I
!
S T
Démonstration. Si Ai ⊂ ω1 ∪ ω2 et ω1 ∩ ω2 ∩ Ai 6= ∅, alors, pour tout
i∈I i∈I
i ∈ I, Ai ⊂ ω1 ∪ ω2 et ω1 ∩ ω2 ∩ A 6= ∅.
T
Donc, pour tout i ∈ I, Ai ⊂ ω1 ou Ai ⊂ ω2 . Or il existe x ∈ Ai .
i∈I
On peut donc supposer x ∈ ω1 . On a alors Ai ⊂ ω1 pour tout i ∈ I donc
S
Ai ⊂ ω1 .
i∈I
Remarque 2.4 La propriété est aussi vraie si les Ai ne sont pas disjoints
deux à deux.
Corollaire 2.4 Dans un espace vectoriel normé, tout convexe est connexe.
Remarque 2.6 La réciproque est fausse : B = {(x, sin( x1 )), x ∈]0, 1]} est
connexe car x 7→ (x, sin( x1 )) est continue.
Donc B est connexe mais pas connexe par arcs : (0, 0) n’est pas continû-
ment reliable à ( π2 , 1).
Proposition 2.4 Dans un espace vectoriel normé, tout ouvert connexe est
connexe par arcs.
Remarque 2.7 Si I est fini, les Ci sont ouverts. Sinon, on ne peut rien dire
(dans Q les composantes connexes sont les points qui ne sont pas ouverts).
Lemme 2.3.1
E1 × E2 connexe ssi E1 et E2 le sont.
Démonstration. Soit f : E1 × E2 → {0, 1} continue.
f |{x1 }×E2 est constante car {x1 } × E2 homéomorphe à E2 donc connexe.
De même, f |E1 ×{x2 } est constante (et c’est la même constante car (x1 , x2 )
appartient aux deux ensembles).
Donc f est constante.
!
Y
Proposition 2.6 Ei , τπ sont connexes ssi les (Ei , τi ) le sont.
i∈I
Démonstration.
⇐ La continuité des projections assurent le résultat.
⇒ Soit a ∈ E. On pose ωa = {(xi )i∈I , ∃J ∈ Pf (I), ∀i ∈ I \ J, xi = ai }.
On va montrer que ωa est connexe et dense.
Y
À J fixée, ωJ,a = {x, ∀i ∈ I \ J, xi = ai } est homéomorphe à Ei donc
i∈J
est connexe.
S T
ωa = ωJ,a et a ∈ ωJ,a qui sont connexes donc ωa est
J∈Pf (I) J∈Pf (I)
connexe. Y Y
Pour J finie, on pose ω = ωi × Ei .
J I\J
On pose b ∈ E tel que bi = ai sur I \ J et bi ∈ ωi sinon. b ∈ Ω ∩ ωa
donc ωa est dense.
ωa est donc connexe donc E = ωa l’est.
Compacité
3.1 Définitions
Définition 3.1 On dit qu’un espace topologique (E, τ ) est compact ssi
• (E, τ ) est séparé.
• (Borel-Lebesgue) De tout recouvrement d’ouverts, on peut extraire
un recouvrement fini.
Remarque 3.1 Borel-Lebesgue s’écrit aussi avec des fermés :
\ \
/ τI,
∀(fi )i∈I ∈ fi = ∅ ⇒ ∃J ∈ Pf (I), fi = ∅
i∈I i∈J
Remarque 3.2
[
• R n’est pas compact car R = ]n − 1, n + 1[ et pour tout k, k ∈
/
n∈Z
[
]n − 1, n + 1[.
n6=k
\
• On a aussi une preuve avec des fermés : [n, +∞[= ∅ avec les
n>0
[n, +∞[ fermés non vides décroissants.
23
CHAPITRE 3. COMPACITÉ
Démonstration.
• Soit x ∈ K c . Pour tout y ∈ K, il existe ω1y , ω2y tels que y ∈ ω1y , x ∈ ω2y
et ω1y ∩ ω2y = ∅.
[ y [ y
K⊂ ω1 donc il existe (y1 , . . . , yp) tel que K ⊂ ω1 i .
x∈K
16i6r
\ ◦
K ∩ ω2yi ∩ K 6= ∅ donc x0 ∈ K c donc K c ouvert et K fermé.
16i6p
\ \
• Si (Fi ∩ K ) = ∅, il existe J finie telle que (Fi ∩ K) 6= ∅.
| {z }
i∈I i∈J
∈τ
/
De plus, si (E, τ ) est séparé, (K, τK ) le reste.
Exemple : [0, 1] ∩ Q n’est pas un compact de Q car il n’est pas fermé dans
R.
3.2 Propriétés
Proposition 3.3 Soit (E, τ ) un compact, x une suite d’éléments de E.
Alors x a une valeur d’adhérence et si celle-ci est unique x y converge.
Démonstration.
T
• adh(x) = Xn donc adh(x) est une intersection de fermés non vides.
n∈N
Donc adh(x) 6= ∅.
• Supposons adh(x) = {a}. Soit ω un ouvert contenant a.
\ \
(Xn ∩ ω c ) = Xn ∩ ω c = ∅
n>0 n>0
\
Donc il existe J finie telle que (Xn ∩ ω c ) = ∅ donc il existe n ∈ J,
n∈J
Xn ∩ ω c = ∅.
Donc Xn ⊂ ω donc Xn ⊂ ω et lim xn = a.
n→+∞
i∈J
[
Donc f (K) ⊂ ωi′ .
i∈J
Lemme 3.0.2
Dans un espace métrique, tout compact est borné.
Démonstration. Soit x0 ∈ K.
[
K⊂ Bd (x0 , r) donc il existe R > 0 tel que K ⊂ Bd (x0 , r).
r>0
Démonstration. f (K) est borné car compact. Donc il est fermé et contient
ses bornes.
Démonstration.
1 ⇒ 2 vu dans les espaces topologiques.
2 ⇒ 3 définition de adh(x) dans un espace métrique.
3⇒1
Lemme 3.0.3 [
Si K vérifie 3 avec K ⊂ ωi , il existe ρ0 > 0 tel que pour tout x ∈ K,
i∈I
il existe ix tel que B(x, ρ0 ) ⊂ ωix .
Démonstration. Supposons que ∀ρ0 > 0, ∃x∀i, B(x, ρ0 ) 6⊂ ωi .
Pour ρ0 = n1 , on définit une suite (xn )n ∈ K N .
[
Il existe donc ϕ, l tel que lim xϕ(n) = l ∈ K = ωi .
n→+∞
i∈I
Il existe i0 tel que l ∈ ωi0 donc, comme ωi0 est ouvert, il existe ε > 0,
B(l, ε) ⊂ ωi0 .
Pour k assez grand B(xϕ(k) , ϕ(k)
1
) ⊂ B(l, ε) ⊂ ωi0 .
En effet, pour tout z ∈ B(xϕ(k) , ϕ(k)
1
), d(z, l) 6 d(z, xϕ(n) ) + d(xϕ(n) , l)
qui tend vers 0.
Donc on a une contradiction.
Lemme 3.0.4 (2)
Si K est séquentiellement compact, il est précompact.
Démonstration. On suppose que
[
∃ρ > 0, ∀p > 0, ∀x1 , . . . xp , K 6⊂ B(xi , l)
16i6p
Démonstration.
• Cas fini.
Soient K1 , K2 deux compacts. On a déjà vu que K1 × K2 était séparé.
S
Si K1 × K2 ⊂ ωi , on a :
i∈I
[ [ [ [
ωi = (ω1j × ω2j ) = ω1k × ω2k
i∈I i∈I j∈Ji k∈K
On construit ainsi par récurrence une suite (xn )n et (ϕn )n tels que
lim xn(ϕ1 ◦...◦ϕp )(p) = xn .
p→+∞
Soit n fixé. Pour tout p > n, on a :
Démonstration. Supposons que f ne soit pas continue. Il existe ε > 0 tel que
pour tout η > 0 il existe xη , yη ∈ K tel que d(xη , yη ) 6 η et d(f (xη ), f (yη )) >
ε.
Avec η = n1 , on obtient des suites (xn )n et (yn )n dans K.
Il existe l, ϕ tel que lim xϕ(n) = l. On a aussi lim yϕ(n) = l car
n→+∞ n→+∞
lim d(xϕ(n) , yϕ(n) ) = 0.
n→+∞
ε < d(f (xϕ(n) ), f (yϕ(n) )) 6 d(f (xϕ(n) ), f (l)) + d(f (l), f (yϕ(n))) → 0
Démonstration.
⇒ Déjà fait
N
Y
⇐ K est borné donc K ⊂ [ai , bi ].
i=1
Lemme 3.1.2
[a, b] est un compact de R.
Démonstration. Montrons la propriété de Borel-Lebesgue pour [a, b].
[
Si [a, b] ⊂ ωi , posons
i∈I
A 6= ∅ car a ∈ A.
[
Soit x ∈ A. [a, x] ⊂ ωi donc il existe i0 tel que x ∈ ωi0 qui est ouvert
i∈Jx
donc il existe ε > 0 tel que ]x − ε, x + ε[⊂ ωi0 .
Donc ]x − ε, x + ε[⊂ A et A ouvert.
Soit (xn )n ∈ AN qui converge vers x ∈ [a, b].
[
[a, xn ] ⊂ ωi et il existe i0 tel que x ∈ ωi0 donc il existe N > 0 tel
i∈Jxn
que xN ∈ ωi0 .
[ [
[a, xN ⊂ ωi donc [a, x] ⊂ ωi ∪ ωi0 .
i∈JxN i∈JxN
Donc x ∈ A.
A est ouvert fermé de [a, b] qui est connexe donc A = [a, b] donc b ∈ A
donc [a, b] compact.
Donc K est fermé dans un compact, donc compact.
Corollaire 3.2 Si x ∈ (RN )N est bornée, on peut en extraire une sous-
suite convergente.
Démonstration. Il existe R > 0 tel que pour tout n, xn ∈ B(O, R) qui est
fermée bornée donc compacte donc séquentiellement compacte, ce qui assure
le résultat.
Théorème 3.2 Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie N et no-
tons (e1 , . . . , eN ) une base de E.
• L’application :
(R , k·k∞ ) (E, k·kE )
N
→
T : N
X
(x1 , . . . , xN ) 7→
xi ei
i=1
est un homéomorphisme.
• K est compact ssi K est fermé borné.
• Les normes sont équivalentes.
• Toute application linéaire est continue.
Démonstration.
• T est clairement une bijection.
N
X N
X
kT (x)kE 6 |xi | kei kE 6 kxk∞ kei kE
i=1 i=1
Donc T est lipschitzienne donc continue.
Il reste à montrer que T −1 est continue.
S = S∞ (O, 1) est compact et :
S → R
T :
x 7 → kT (x)kE
• K compact ssi T −1 (K) compact ssi T −1 (K) fermé borné ssi K fermé
borné.
• T −1 est un homéomorphisme donc toutes les normes sont équivalentes
à la norme infinie.
• Les projections sont continues car on est en dimension finie, + et · sont
continues donc :
E
→ E
f : N
X N
X
xi ei
7→ xi f (ei )
i=1 i=1
le reste.
Démonstration.
(R
n [X], k·k) → (R, k·k)
T :
Q 7 → kQ − f k
est continue et lim T (Q) = +∞ car kf − Qk > kQk − kf k.
kQk→+∞
Il existe donc R > 0 tel que kQk > R ⇒ T (Q) > inf T (Q) + 1.
Q∈Rn [X]
On a de plus inf T (Q) = inf T (Q) qui est donc atteint car
Q∈Rn [X] Q∈B(O,R)
B(O, R) est compacte.
Théorème 3.3 Riesz Soit E un espace vectoriel normé.
B E (O, 1) est compacte ssi dim(E) est finie.
Démonstration. p
[ 1
⇒ B = B E (O, 1) est compact donc précompact donc B ⊂ B(xi , ).
i=1 2
Posons F = Vect {x1 , . . . , xp }.
1 3 1 1
B ⊂ F + B ⊂ F + B ⊂ ... ⊂ F + nB
2 2 4 2
Donc B ⊂ F = F donc E ⊂ F . Donc dim(E) = p.
Démonstration. BEλ (O, 1) = BE (O, 1) ∩ Eλ ⊂ λ1 T (BE (O, 1)) qui est donc
inclus dans un compact.
Donc BEλ (O, 1) est fermé dans un compact donc compact et dim(Eλ ) est
finie.
∀x, y ∈ E 2 , x ∼ y ssi x − y ∈ F
Proposition 3.7 Si F est fermé, la topologie quotient sur E/F est une
topologie d’espace vectoriel normé via la norme :
Démonstration. On a le diagramme :
χ1
E (E/F, k·k)
χ2
f1 = Id
χ
(E/F, τ )
χ
ϕe
E/ Ker(ϕ)
On a alors un isomorphisme ϕe entre E/ Ker(ϕ) et R = Im(ϕ).
On a donc dim(E/ Ker(ϕ)) = 1 donc ϕe est linéaire dans un espace de
dimension finie donc continue donc ϕ l’est aussi car χ l’est.
χ
pfF
E/G
Espaces complets
Démonstration.
• En fixant p = N dans la définition, on a ∀q > N, d(uq , uN ) < ε donc
pour tout q > N, uq ∈ B(uN , ε).
Donc u est ultimement bornée donc bornée.
1. pour la distance d : (x, y) 7→ | arctan(x) − arctan(y)|
2. Toujours pour cette distance !
33
CHAPITRE 4. ESPACES COMPLETS
• S’il existe ϕ, l tel que u ◦ ϕ converge vers l, il existe K tel que pour tout
n > K, d(uϕ(n) , l) < ε.
Il existe aussi K ′ > K tel que pour tout n > K ′ , ϕ(n) > N.
On a alors pour tout p > N, d(up, l) 6 d(up , uϕ(K ′) ) + d(uϕ(K ′) , l) < 2ε.
Donc u converge vers l.
• Soit f : (E, d) → (E ′ , d′ ) uniformément continue et u de Cauchy dans
(E, d).
Soit η > 0, par uniforme continuité, il existe ε > 0 tel que d(x, y) <
ε ⇒ d′ (x, y) < η.
Or, pour p, q > N, d(up , uq ) < ε donc d′ (f (up ), f (uq )) < η.
4.1.2 Applications
Proposition 4.3 Un espace vectoriel normé de dimension finie est complet.
fn
1
2
− 1
n
1
2
1
Z Z
1
1 1
2 2
On a kfp − fq k1 = |fp (t) − fq (t)| dt 6 fp (t) + fq (t) dt = +
1
−1
2 p
1
−1
2 p
2p
1
→ 0.
2q
Donc (fn )n de Cauchy mais ne converge pas. Si (fn )n converge vers f , on
Z 1 Z 1
a 1
|fn (t) − f (t)| dt → 0 donc 1
|1 − f (t) dt = 0 et f = 1 presque partout
2 2
sur ] 21 , 1].
On a de même f = 0 presque partout sur [0, 12 [ donc f a une forte tendance
à ne pas être continue.
Proposition 4.4 Soit X un ensemble non vide et (E, d) un espace métrique.
On note Fb (X, E) l’ensemble des fonctions de E X bornées et on définit
la distance (habituelle) par d∞ (f, g) = sup d(f (x), g(x)).
x∈X
Si (E, d) est complet, (Fb (X, E), d∞ ) l’est aussi.
Démonstration. Soit (fn )n de Cauchy dans (Fb (X, E), d∞ ).
Par définition de d∞ , on a pour tout x ∈ X et p, q > N, d(fp (x), fq (x)) < ε
donc (fp (x))p est de Cauchy dans E donc y converge vers f (x).
Avec q → +∞ dans la définition de la cauchytude, on a pour tout x,
d(fp (x), f (x)) 6 ε donc d∞ (fp , f ) 6 ε donc (fn )n converge uniformément
vers f .
Proposition 4.5 Soit (E, d) un complet, F ⊂ E.
(F, d|F ) est complet ssi F est fermé dans E.
Démonstration.
⇒ Soit (fn )n une suite de F qui converge vers f ∈ E. (fn )n est de Cauchy
dans E donc dans F donc y converge donc f ∈ F et F fermé.
⇐ Soit (fn )n de Cauchy dans F .
Elle est de Cauchy dans E donc y converge vers f ∈ E donc, comme
F fermé, f ∈ F et (fn )n converge dans F .
Proposition 4.6
• (C([0, 1]), k·k∞ ) est complet.
• (Cb (]0, 1[), k·k∞ ) est complet.
• (C0 (]0, 1[) = {u ∈ C(]0, 1[), lim u(x) = lim u(x) = 0}, k·k∞ ) est com-
x→0 x→1
plet.
• Pour tout ouvert borné Ω de Rn , C(Ω), Cb (Ω),
Démonstration.
• Montrons le premier point. Les quatre premiers points se font de la
même façon.
On sait que C([0, 1]) ⊂ Fb ([0, 1]) donc si on montre C([0, 1]) fermé dans
Fb ([0, 1]), on a le résultat.
Or les limites uniformes de suites de fonctions continues restent conti-
nues d’où le résultat.
• On peut appliquer le résultat précédent car la norme induite est bien
la norme uniforme : |||f ||| = kf kL∞ (B E ,F ) .
1
Démonstration.
∃ (méthode d’itération de Picard)
Considérons la suite de E définie par :
u = T (un )
n+1
u 0 ∈ E choisi
Remarque 4.3
• C’est faux si E n’est pas complet : si E =]0, 1], x 7→ x2 n’a pas de point
fixe.
• On a besoin d’une constante de Lipschitz uniforme : avec l’hypothèse
d(T (x), T (y)) < d(x, y), ça ne marche
√ pas.
Par exemple si E = R et T = x 7→ 1 + x2 , on a |T ′ (x)| < 1 pour tout
x donc, par le théorème
√ des accroissements finis, |T (x)−T (y)| < |x−y|.
Cependant, x = 1 + x2 n’a pas de solutions dans R.
• Ce théorème est l’outil essentiel pour la démonstration du théorème de
Cauchy-Lipschitz et du théorème des fonctions implicites.
Démonstration. Soit x ∈ E.
Il existe (xn )n ∈ D N qui converge vers x. Cette suite est donc de Cauchy.
Puisque T est uniformément continue, (T (xn ))n est de Cauchy donc elle
converge.
• La limite ne dépend que de x. En effet, si (x′n )n converge vers x,
d′ (T (xn ), T (x′n )) tend vers 0 car d(xn , x′n ) tend vers 0 et T est uni-
formément continue.
Donc lim T (xn ) = lim T (x′n ). On note Te (x) cette limite.
n→+∞ n→+∞
• On a de plus clairement Te |D = T .
4.2.3 Complétion
Définition 4.3 On dit que (E ′ , d′) est un complété de (E, d) ssi (E ′ , d′ ) est
complet et existe une isométrie I : E → E ′ telle que I(E) soit dense dans
E ′.
Théorème 4.3 (Unicité du complété) Soit (E, d) un métrique.
S’il existe un complété E ′ de E, il est unique au sens où si (E ′′ , d′′ ) est
un autre complété, E ′ et E ′′ sont isométriques. On dit que (E ′ , d′) et (E ′′ , d′′ )
sont des réalisations du complété de E.
Démonstration. On a I : E → E ′ et I ′ : E → E ′′ .
Considérons I ◦ I ′−1 : I ′ (E) → E ′ . C’est une isométrie.
Par densité de I ′ (E) dans E ′′ , on peut la prolonger en une isométrie I ′′
de E ′′ dans E ′ . Montrons que celle-ci est surjective (on a déjà l’injectivité).
I ′′ (E ′′ ) est dense car elle contient I ′ (E) qui est dense. De plus, I ′′ (E ′′ ) est
fermée (car E ′′ est complet donc I ′′ (E ′′ ) aussi) dans E ′ donc I ′′ (E ′′ ) = E ′ et
on a la surjectivité.
Théorème 4.4 Soit (E, d) un métrique. Il admet un complété.
Démonstration. Posons E ′ = S(E)/ ∼ avec S(E) l’ensemble des suites de
Cauchy de E et ∼ la relation d’équivalence :
C’est bien une isométrie : d′ (I(x), I(y)) = lim d(x, y) = d(x, y).
n→+∞
I(E) est de plus dense : soit χ((xn )n ) ∈ E ′ , on a d′ (χ((xn )n ), I(xp )) =
lim d(xn , xp ) = dp .
n→+∞
Et on a lim dp = 0 car les suites sont de Cauchy.
p→+∞
• Il reste à montrer que (E ′ , d′ ) est complet, ce qui est laissé en exercice.
I est une isométrie car d∞ (d(·, a), d(·, b)) = sup |d(x, a) −d(x, b)| 6 d(a, b)
x∈E
et c’est une égalité car x = a réalise le sup.
I(E) est un fermé dans un complet donc complet, c’est une réalisation
du complété de E.
Remarque 4.5 Si E est un espace vectoriel normé, il admet un complété qui
est lui-même un espace vectoriel normé (Banach)
Corollaire 4.2 Il n’existe pas de norme sur R[X] qui le rende complet.
Lemme 4.9.1
La suite de polynômes définie par :
X 2 − Pn2
P0 = 0 et Pn+1 = Pn +
2
converge uniformément sur [−1, 1] vers la fonction x 7→ |x|.
Définition 4.6 On dit que H est fortement séparant ssi pour tout x 6= x′ ∈
X et α, α′ ∈ R, il existe u ∈ H tel que u(x) = α et u(x′ ) = α′ .
Lemme 4.9.2
Si Card(X) > 1 et si H ⊂ C 0 (X, R) réticulé et fortement séparant, alors H
est dense.
Cas complexe
Théorème 4.10 Soit H ⊂ C 0 (X, C).
Si H est une sous-algèbre séparante stable par conjuguaison et qui contient
les constantes, alors H est dense.
Corollaire 4.4 (Stone-Weierstraß trigonométrique) Les poly-
nômes trigonométriques (en eiθ ) sont denses dans les fonctions continues
périodiques.
Démonstration.
⇒ Soit (un )n absolument convergente. On va montrer qu’elle est conver-
gente via la cauchytude des sommes partielles : si p < q,
q
X p
X q
X q
X
un − un = un 6 kun k → 0
n=0 n=0 n=p+1 n=p+1
Applications :
• L1 est complet
∞
X Mn
• Définition de exp, sin, cos, (In + ·)−1 dans Mn (K) : eM = qui
n! n=0
converge absolument (si on prend une norme d’algèbre, mais ce choix
nous chaut peu puisqu’on est en dimension finie et que les normes sont
donc équivalentes).
Proposition 4.8 Soient E et F des espaces de Banach.
L’ensemble des application linéaires inversibles à réciproque continue est
un ouvert de Lc (E, F ).
Exercices
47