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Fiche méthode CPGE – La dissertation

La dissertation comparée de français-philosophie est pour vous un exercice inédit. Il s’agit, à partir d’un
sujet donné, de mobiliser et d’organiser les connaissances acquises au cours de l’année. La dissertation suppose
ainsi :
- une bonne maîtrise des enjeux soulevés par le thème au programme
- une connaissance intime des œuvres au programme,
- la capacité à tisser des liens entre ces œuvres, en explorant les éléments de convergence ou de divergence.
Il ne s’agit en aucun cas d’une récitation de cours, mais d’une réflexion méthodique et personnelle à partir
de savoirs attendus. Ce sont donc la cohérence et la rigueur de la démarche argumentative par rapport au sujet
proposé que seront évaluées.
Enfin, la qualité de la rédaction est un critère important de notation. Vous devez écrire de façon
intelligible, dans un français correct.

I. De l’analyse du sujet à la problématisation

I. 1. L’analyse du sujet

Le sujet se compose d’une citation suivie d’une consigne.


Commencez par recopier la citation sur une feuille de brouillon afin de pouvoir l’analyser en détail : vous
devez repérer les mots clés, en cerner le(s) sens, et examiner les relations logiques qui s’établissent entre eux.
Reformulez ensuite la thèse de l’auteur en une ou deux phrases, de manière simple et accessible, afin de
souligner l’enjeu principal du sujet.

I. 2. La problématisation

À partir de l’analyse du sujet et de sa reformulation, vous devez trouver ce qui pose problème dans le
sujet : ce que l’auteur considère comme évident et qui ne correspond pas forcément à votre lecture des œuvres au
programme. La thèse de l’auteur est ainsi ramenée à une « hypothèse soumise au crible de la critique » (rapport
Centrale 2018).
Cette problématique peut se présenter sous la forme d’une question totale (à laquelle on répond par oui ou
par non), d’une question partielle (« Dans quelle mesure… ? », « En quoi… ? », « Pourquoi… ? », etc.), ou de
plusieurs questions (lorsque la problématique offre plusieurs temps de réflexion – mais attention à ne pas multiplier
les questions). La problématique ne doit être ni trop restrictive, ni trop générale, et doit rendre compte de
l’ensemble du sujet.

II. La construction du plan

Ce plan doit répondre à la question posée dans votre problématique.


Les jurys déclarent accepter toute démonstration efficace en deux ou trois parties qui suit une
progression logique et cohérente.
Il faut dans un premier temps valider la thèse de l’auteur par un recours organisé aux œuvres ; ce n’est
qu’ensuite que vous pourrez montrer que la citation n’est que partiellement confirmée par les œuvres au
programme : la deuxième, puis l’éventuelle troisième partie, vous conduiront à apporter des nuances ainsi que des
compléments. Attention en tout cas à ne pas vous enfermer dans une contradiction indépassable.

Le plan dialectique est fortement conseillé mais n’est pas obligatoire :


- première partie (thèse) : démonstration partielle ou totale de la thèse de l’auteur
- deuxième partie (antithèse) : discussion partielle de la thèse de l’auteur
- troisième partie (synthèse) : dépassement de la contradiction des deux premières parties. Le risque majeur de
cette dernière partie est le hors-sujet : veillez à toujours maintenir un lien conceptuel avec les mots clés du sujet.

Pour construire votre plan, distinguez clairement :


- les thèses : les idées générales défendues, les différentes réponses à la problématique
1
- les arguments : les preuves apportées pour démontrer la validité d’une thèse
- les exemples : les cas particuliers qui illustrent les arguments.
Chaque grande partie de la dissertation développe une thèse. Chaque sous-partie correspond à un argument
distinct et comprend plusieurs exemples.

En effet, la confrontation des œuvres au programme doit être systématique. Deux œuvres au moins
doivent ainsi être convoquées pour chaque argument. Veillez en outre à accorder la même importance à chacune
des œuvres, en équilibrant le nombre et l’importance des références que vous proposez.

N.B. Ce travail au brouillon est essentiel : un tiers du temps au moins doit lui être consacré.

III. La rédaction

La dissertation est entièrement rédigée : elle ne comporte pas de plan apparent. Il faut donc être clair et
efficace dans sa présentation afin que le correcteur suive sans difficulté la progression de votre devoir.

III. 1. L’introduction

Il s’agit d’un moment clef et très codifié, dont il convient de respecter scrupuleusement les étapes :
- l’amorce : brève, elle permet d’introduire le thème et la citation. Elle doit être précise et directe ;
- la reproduction intégrale de la citation et son analyse. Il s’agit là d’une étape essentielle ; appuyez-vous pour ce
moment d’analyse sur le travail réalisé au brouillon en le synthétisant de façon claire et efficace ;
- la formulation de la problématique (attention à la syntaxe des questions indirectes, que vous confondez trop
souvent avec des questions directes) ;
- le rappel des œuvres au programme (ordre chronologique ou ordre logique accompagné d’une brève
justification) ;
- l’annonce du plan : elle doit être claire et se réduire aux grandes parties.

III. 2. Le développement

Le développement comporte deux ou trois grandes parties. Chacune de ces parties se présente idéalement
ainsi :
- § 1 : annonce rapide du thème développé dans cette partie
- § 2 : sous-partie 1 : un argument, un ensemble d’exemples commentés, un rapide bilan partiel
- § 3 : sous-partie 2 : un argument, un ensemble d’exemples commentés, un rapide bilan partiel ;
- § 4 : sous-partie 3 (s’il y a lieu) : un argument, un ensemble d’exemples commentés, un rapide bilan partiel ;
- § final : bilan intermédiaire et transition vers la grande partie suivante. Il est bon que ce bilan reprenne des mots
du sujet.

N.B. Soignez particulièrement les enchaînements logiques entre vos parties : votre pensée doit progresser et
s’approfondir.

N.B. Veillez à correctement exploiter les exemples que vous convoquez. En effet, les exemples tirés des œuvres
(citations, références à un passage…) ne sont pas de simples vignettes illustratives. Vous devez dire explicitement
en quoi tel exemple constitue une bonne illustration de l’argument que vous êtes en train d’explorer. Tout exemple
sera donc suivi d’une ou deux phrases de commentaire.

III. 3. La conclusion

C’est elle qui laissera la dernière impression sur le correcteur : veillez donc à ne pas la bâcler. Prenez le
temps de la rédiger au brouillon, dans l’idéal juste après votre introduction pour que les deux moments du devoir
se répondent.
La conclusion comprend traditionnellement deux parties :
- le bilan de la réflexion : reprise des résultats intermédiaires de la réflexion et réponse à la problématique. Ce
bilan, qui synthétise le cheminement argumentatif de votre dissertation, doit avoir une longueur raisonnable ;
- l’ouverture (ou élargissement) : elle ne doit pas être plaquée artificiellement sur le bilan mais en découler
logiquement. Mieux vaut sinon s’en passer.

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