Discrétisation de l’équation de Poisson par la méthode des
volumes finis
1 Introduction
On considère l’équation de Poisson dans un domaine Ω ⊂ R2 :
−∆v = f dans Ω,
avec des conditions aux limites appropriées. La méthode des volumes finis repose sur une discrétisation
spatiale où le domaine est partitionné en cellules (mailles) polygonales K.
2 Formulation intégrale sur une cellule
On intègre l’équation de Poisson sur une cellule K et on applique la formule de la divergence :
Z Z
− ∆v dK = f dK.
K K
En utilisant le théorème de la divergence, le terme de gauche devient une intégrale de bord :
Z
− (∇v · n) dΓ = mK fK ,
∂K
où mK = |K| est l’aire de K et fK est la moyenne de f sur K (souvent fK ≈ f (xK )).
3 Décomposition du bord
La cellule K est polygonale, donc son bord ∂K est constitué d’arêtes σ. On note EK l’ensemble des arêtes
de K : [
∂K = σ.
σ∈EK
On écrit alors une équation approchée :
X
FK,σ = mK fK ,
σ∈EK
où FK,σ est le flux numérique à travers l’arête σ, approchant le flux exact :
Z
FK,σ ≈ − ∇v · nK,σ dΓ.
σ
4 Approximation du flux
On note :
• vK : la valeur approchée de v au centre de K (ou la moyenne sur K).
• vσ : la valeur approchée de v au centre de l’arête σ (pour les arêtes au bord).
• dK,σ : la distance entre le centre de K et le centre de σ (dans la direction normale à σ).
• mσ = |σ| : la longueur de l’arête σ.
1
Le gradient normal est approché par différences finies :
vσ − v K
∇v(x) · nK,σ ≈ .
dK,σ
D’où le flux numérique :
vσ − v K
FK,σ = −mσ .
dK,σ
5 Condition de conservation sur les arêtes internes
Pour une arête σ partagée entre deux cellules K et L, on impose la continuité du flux :
FK,σ = −FL,σ .
En remplaçant les expressions :
vσ − v K vσ − v L
−mσ = mσ .
dK,σ dL,σ
On simplifie par mσ > 0 :
vσ − v K vσ − v L
− = .
dK,σ dL,σ
On résout cette équation pour vσ :
vσ vK vσ vL
− + = − ,
dK,σ dK,σ dL,σ dL,σ
vK vL 1 1
+ = vσ + .
dK,σ dL,σ dK,σ dL,σ
En notant dK,L = dK,σ + dL,σ (distance entre centres de K et L), on obtient :
dL,σ vK + dK,σ vL
vσ = .
dK,L
On reporte cette expression dans FK,σ :
dL,σ vK +dK,σ vL
dK,L − vK
FK,σ = −mσ .
dK,σ
Calculons le numérateur :
dL,σ vK + dK,σ vL dL,σ vK + dK,σ vL − dK,L vK
− vK = .
dK,L dK,L
Mais dK,L = dK,σ + dL,σ , donc :
dL,σ vK − (dK,σ + dL,σ )vK = −dK,σ vK .
Ainsi :
−dK,σ vK + dK,σ vL vL − v K
= dK,σ .
dK,L dK,L
Finalement :
1 vL − v K vL − v K
FK,σ = −mσ dK,σ = −mσ .
dK,σ dK,L dK,L
6 Arêtes au bord
Si σ ⊂ ∂Ω, on ne peut pas utiliser la conservation. On connaît la condition aux limites. Par exemple,
pour une condition de Dirichlet homogène v = 0 sur ∂Ω, on a vσ = 0. Dans le cas général, on garde vσ
comme inconnue au bord. Le flux s’écrit directement :
vσ − v K
FK,σ = −mσ .
dK,σ
2
7 Schéma volumes finis final
En résumé, le schéma s’écrit, pour toute cellule K :
X
FK,σ = mK fK ∀K ∈ T ,
σ∈E K
vL − v K
(Ph ) −mσ d
si σ ̸⊂ ∂Ω (arête interne),
K,L
F =
K,σ
vσ − v K
−mσ si σ ⊂ ∂Ω (arête au bord).
dK,σ
Ici T désigne le maillage, dK,L la distance entre les centres de K et L, dK,σ la distance centre-arête, mσ
la longueur de l’arête, mK l’aire de K, et fK la valeur moyenne de f sur K.
8 Interprétation
Ce schéma est conservatif (le flux sortant d’une cellule est égal à l’opposé du flux entrant dans la cellule
voisine). Il est précis à l’ordre 1 en espace si le maillage est régulier, et il préserve la propriété de
maximum pour les opérateurs elliptiques. La mise en œuvre pratique consiste à assembler un système
linéaire AV = b où V contient les inconnues vK (et éventuellement vσ au bord).