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Nucléaire

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I. L’énergie nucléaire est-elle renouvelable ou non renouvelable ?

Une énergie renouvelable est définie en tant que telle, lorsqu’il s’agit d’une ressource illimitée
dont le renouvellement est rapide. Les énergies renouvelables employées pour produire de
l’énergie verte et du chauffage sont l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, la géothermie
ainsi que la biomasse.
Mais alors, l’énergie nucléaire est-elle renouvelable ? La réponse est NON, puisqu’elle
utilise, pour générer de l’électricité, un élément radioactif qui existe en quantité limitée.
Comment fonctionne une centrale nucléaire ? Qu’est-ce que l’uranium, l’énergie fossile qui
est employée pour créer de l’électricité ?
Explications.

II. Qu’est ce qu’une centrale nucléaire ?


Les centrales nucléaires fonctionnement grâce à la fission des atomes d’uranium, un procédé
qui a pour propriété de créer de la chaleur, qui sera transformée en vapeur puis en électricité.
Voici, un peu plus en détail, ces différentes étapes :
 Le circuit primaire et la production de chaleur : la fission des atomes d’uranium a
lieu dans les réacteurs de la centrale nucléaire. Cette fission permet de générer une
quantité très importante de chaleur, ce qui aura pour effet de chauffer l’eau, que l’on
retrouve autour du réacteur. Celle-ci atteint alors une température de 320 degrés. Afin
de l’empêcher de bouillir, elle est maintenue sous pression dans un circuit fermé, ou
primaire.
 Le circuit secondaire et la création de vapeur : un générateur de vapeur se situe
entre le circuit primaire et secondaire. Lorsque l’eau arrive dans le générateur, celle-ci
est à 320 degrés. Aussi, elle chauffe l’eau du circuit secondaire et permet de créer de
la vapeur, dont la pression produire va entraîner un mécanisme de turbines. En
tournant, ces dernières vont activer un alternateur, qui aura pour but de créer un
courant d’électricité alternatif. Interviens alors un transformateur, qui assure le
transport de l’énergie dans les lignes à très haute tension.
 Le refroidissement : lorsque l’eau sous forme de vapeur sort de la turbine, celle-ci
doit être refroidie dans un condensateur. Elle retrouve alors son état liquide, grâce au
refroidissement opéré par l’eau contenue dans le condensateur. Celle-ci provient de la
mer, de la rivière ou du fleuve environnant.

III. Centrale nucléaire et uranium


L’uranium est donc le carburant des centrales nucléaires, un élément radioactif qui est utilisé
sous sa forme enrichie pour produire de l’énergie. Il a été découvert en 1789, mais ce n’est
qu’en 1841 qu’il parvient à être isolé pour être ensuite utilisé dans les procédés de fission
nucléaire.
Définition de l’uranium :
 L’uranium, une énergie fossile : l’uranium ne peut être créé que par une supernova,
c’est-à-dire l’explosion d’une étoile. Si cet élément radioactif est présent sur Terre,
c’est uniquement grâce à l’un de ces évènements. De ce fait, il s’agit d’une ressource
limitée, que l’on qualifie de fossile. S’il est toutefois présent en abondance, il n’est que
faiblement concentré. Aussi, son exploitation est difficile et économiquement très
onéreuse. Si l’on en croit l’Agence pour l’énergie nucléaire, les réserves d’uranium
pourraient permettre aux centrales de fonctionner pendant encore 100 ans.
 Les propriétés de cet élément radioactif : on retrouve cet élément radioactif dans la
nature, et notamment dans les roches, les sols, les plantes, et même dans les animaux y
compris l’homme. L’uranium est également un composant de l’air. Sous sa forme
purifiée, il se présente sous forme de métal blanc et brillant, plus solide que d’autres
matériaux de ce type.
 Les autres utilisations de l’uranium : si l’uranium constitue le seul carburant des
centrales nucléaires, il intervient également dans la fabrication d’armes, et notamment
la première bombe atomique tombée sur Hiroshima en 1945. Il est présent également
dans la composition de pigments, utilisés dans des domaines tels que la faïencerie ou
la verrerie.
IV. Fusion nucléaire et durabilité
Nous avons vu que les centrales nucléaires fonctionnaient sur le principe de la fission,
impliquant l’utilisation d’une ressource fossile non renouvelable. Toutefois, des recherches
sont actuellement en cours pour mettre au point un procédé de fusion nucléaire. Il s’agit du
projet International thermonuclear experimental reactor, dont le laboratoire est implanté
dans les Bouches-du-Rhône.
L’objectif est de démontrer que le procédé de fusion permettrait de créer lui aussi de
l’électricité. Dans ce cas, l’uranium serait remplacé par le deutérium. Il s’agit également
d’une énergie fossile, néanmoins, elle est disponible dans des quantités particulièrement
importantes, ce qui permettrait de produire de l’électricité pendant plusieurs centaines de
milliers d’années.
Le deutérium est présent dans les océans, il s’agit d’un composant que l’on retrouve à
l’intérieur des étoiles. D’autre part, les centrales nucléaires fonctionnant par fusion
n’émettraient aucun rejet de CO2, les déchets nucléaires seront également moindres.
Justement, intéressons-nous dès à présent à l’impact environnemental d’une centrale.

V. Impact d’une centrale nucléaire


Une centrale nucléaire rejette du CO2. Toutefois, ces émissions sont nettement moindres que
celles d’une centrale à charbon par exemple, elles ne permettent pas d’augmenter de manière
significative l’effet de serre.
Toutefois, d’autres impacts méritent d’être mentionnés :
 Le réchauffement de l’environnement : nous avons vu que pour fonctionner, une
centrale nucléaire avait besoin de chauffer de l’eau à haute température. Aussi, cela
entraîne un réchauffement de l’environnement ambiant, notamment un réchauffement
des eaux. La biodiversité autour des centrales est donc menacée. D’autre part, cette
chaleur n’est pas en mesure d’intervenir dans le chauffage urbain, puisque les
centrales sont généralement excentrées.
 Les rejets et déchets radioactifs : l’eau des centrales nucléaires est bien évidemment
traitée et nettoyée de ses particules radioactives. Toutefois, cela n’est pas suffisant
pour éviter une pollution des fleuves, des rivières et des mers, ainsi que des nappes
phréatiques. De plus, 200 tonnes de déchets nucléaires sont générées par année, dans
lesquels se trouvent 99% de la radioactivité de l’uranium. L’Agence nationale pour la
gestion des déchets radioactifs impose aux propriétaires des centrales d’entreposer les
déchets dans des centres de stockage. Le conditionnement des substances les plus
radioactives est encore sujet à des recherches. Le projet Cigéo vise à enfouir les
déchets radioactifs à plusieurs centaines de mètres sous terre.
IV. La France parvient à faire reconnaître le nucléaire dans la directive
européenne sur les énergies renouvelables
Un accord a enfin été trouvé sur la directive européenne sur les énergies renouvelables au sein
des 27. La France, qui bloquait les discussions depuis des mois, créant un malaise au sein du
continent, a obtenu des garanties pour reconnaître le rôle du nucléaire en tant qu'énergie
décarbonée dans la transition. Le texte doit désormais être validé par le Parlement et le
Conseil européens.
Cette fois c’est la bonne. Les 27 réunis vendredi 16 juin ont enfin trouvé un accord sur la
directive révisée sur les énergies renouvelables (RED III). Le texte prévoit d’atteindre 42,5%
de renouvelable dans la consommation finale d’énergie d’ici à 2030. La France, qui bloquait
les discussions depuis plusieurs mois, a obtenu gain de cause sur la prise en compte du
nucléaire. L’accord "correspond aux attentes de la France", a réagi Agnès Pannier-Runacher,
la ministre de la Transition énergétique, dans une déclaration à la presse. Il " acte la
reconnaissance du nucléaire dans l’atteinte de nos objectifs de décarbonation", ajoute-t-elle.
Paris demandait qu’en plus de l’hydrogène renouvelable, produit à partir d’énergies
renouvelables, l’hydrogène bas-carbone, produit à partir d’électricité nucléaire, la première
source d’électricité en France, soit reconnu dans la décarbonation de l’industrie, au risque
sinon de ne pas atteindre les nouveaux objectifs fixés par l’Union européenne. Un accord de
principe avait été obtenu le 30 mars dernier après de longs mois de négociations, mais la
France avait finalement fait volte-face, réclamant de nouvelles garanties.
Feu vert à l’énergie nucléaire
La Commission européenne a finalement dû se fendre d’une déclaration reconnaissant que
"d’autres sources d’énergies sans fossile que les énergies renouvelables contribuent à
atteindre la neutralité climatique d’ici 2050". Une façon de donner son feu vert à l’énergie
nucléaire. La France a aussi obtenu des concessions sur la production d’ammoniac, dont la
synthèse pour les engrais et la chimie est aujourd’hui issue de l’hydrogène fossile.
La directive consacre ainsi que "certaines installations intégrées de production d’ammoniac
existantes" pourront être exemptées des objectifs de décarbonation si elles prouvent qu’un
"processus de transformation" a déjà été entamé pour éliminer l’hydrogène d’origine fossile
au plus tard en 2035. "C’est essentiel pour ces usines qui jouent un rôle clé pour notre
souveraineté alimentaire", a commenté la ministre. Le texte doit désormais être validé par le
Parlement européen avant une adoption définitive du Conseil.
Ligne de faille
Ce dossier confirme la ligne de faille entre pro et anti-nucléaires au sein de l’Union
européenne. Pour parvenir à ses fins, la France est allée jusqu’à créer une alliance du
nucléaire, regroupant une quinzaine d’États parmi lesquels la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie,
la Finlande, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la
Slovénie, la Slovaquie et la Suède, s’opposant notamment à l’Allemagne et aux "Amis du
renouvelables" qui regroupent l’Autriche, l’Espagne, la Grèce, Malte, le Danemark, l’Estonie
ou encore le Portugal.
Un bras de fer qui se poursuit sur la réforme du marché de l’électricité actuellement en cours
et qui rappelle celui qui avait déjà opposé la France et l’Allemagne sur l’intégration du
nucléaire et du gaz fossile dans la taxonomie européenne, une classification des activités
économiques ayant un impact favorable sur l’environnement. Des scissions qui révèlent à quel
point le Pacte vert, qui doit permettre au continent d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050,
est fragile. En début d’année, l’Allemagne avait failli faire capoter la loi sur la fin des
véhicules thermiques en 2035. Plus récemment, c’est le PPE et l’extrême-droite qui sont
montés au créneau contre la loi sur la restauration de la nature. Certains craignent que cela
n’ait ouvert une brèche.

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