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L Inflation

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L’inflation

 Définition :
L’inflation est la perte du pouvoir d'achat de la monnaie matérialisée par une augmentation générale et durable des
prix, mesurée par l’indice des prix à la consommation.
A. Les causes de l’inflation :
1. L’inflation par la monnaie :
La hausse des prix peut résulter d’une création monétaire excessive. Une croissance trop importante de la masse
monétaire par rapport à la production de biens et services augmente la demande des ménages et des entreprises. Il
en résulte une pression à la hausse sur le niveau général des prix.
2. L’inflation par la demande :
L’inflation par la demande résulte d’une demande globale supérieure à l’offre globale. Si les entreprises ne peuvent
pas, à court terme, répondre à ce surcroît de demande, à cause des capacités de production insuffisantes (plein
emploi des facteurs de production), elles vont augmenter leurs prix pour rétablir l’équilibre entre offre et demande.
* Ce décalage entre l’offre et la demande peut provenir :
✓ D’une augmentation des salaires ➛ la demande des ménages augmente.
✓ D’un déficit budgétaire ➛ si les dépenses de l’Etat sont supérieures aux recettes publiques, cela entraîne une
hausse de la consommation.
✓ De la baisse des taux d’intérêt ➛ cela rend le crédit moins cher et va inciter les ménages et les entreprises à
accroître leur demande.
3. L’inflation par les coûts :
Evidemment, les entreprises fixent leurs prix en fonction de leurs coûts, or les coûts de production peuvent
augmenter (hausse des salaires, des matières premières, des prélèvements, des taux d’intérêt...) et l'entreprise
répercutera cette hausse sur le prix de vente.
Illustration : La France a connu en 1974 et en 1979-1980 deux chocs pétroliers qui ont été à l’origine de deux fortes
poussées inflationnistes.
B. Les conséquences de l’inflation :
1. Une inflation modérée est bonne pour l’économie :
Une hausse régulière mais modérée du niveau général des prix est le but principal des politiques monétaires
conduites par les grandes banques centrales.
À un niveau modéré d’inflation sont, en effet, associés plusieurs avantages :
o Elle réduit le taux de chômage : La courbe de Phillips.
o Elle facilite les investissements et la consommation :
En effet, les ménages s’attendent à des hausses de prix et accélèrent leurs achats.
De plus, les achats à crédit sont mieux supportés car les remboursements s’opèrent avec une monnaie qui se
déprécie. {Plus la différence entre les taux d’intérêt et le taux d’inflation diminue, moins le crédit est cher}.
o Elle réduit les déficits publics :
La hausse des prix favorise les rentrées fiscales.

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2. Une inflation trop forte est toutefois nocive :
Cela entraîne une dégradation de la compétitivité prix des produits fabriqués dans le pays par rapport aux produits
fabriqués à l’étranger. En effet, si les prix des produits domestiques deviennent plus élevés que les mêmes produits
fabriqués à l’étranger pour une qualité comparable, la demande étrangère risque de diminuer (baisse des
exportations) alors que la demande interne pour les produits étrangers risque d’augmenter (hausse des
importations). Il en résulte une baisse de l’activité pour les entreprises domestiques qui est susceptible d’entraîner
des réductions d’effectifs et donc une progression du chômage.
Cela renforce l’incertitude quant au niveau futur des prix. Aussi, les entreprises adoptent des comportements
prudents en matière d’investissement car la rentabilité de ceux-ci est difficile à anticiper. Une trop forte inflation
risque donc de réduire les investissements productifs et donc le potentiel de croissance.
Cela pénalise les ménages si leurs salaires ne sont pas indexés sur la hausse des prix. Ils subissent alors une perte
de pouvoir d’achat qui peut les amener à réduire leur consommation ou à désépargner pour maintenir leur niveau
de vie.
C. La politique de stabilité des prix :
a. La lutte contre l’inflation d’origine monétaire : utilisation de la politique monétaire :
La politique monétaire consiste pour l’Etat à limiter la masse monétaire en circulation.
Pour lutter contre l’inflation, la Banque Centrale Européenne cherche à réduire la masse monétaire en circulation en
augmentant ses taux d’intérêts (taux directeurs). Les banques commerciales répercutent la hausse des taux directeurs
sur les taux d’intérêts débiteurs qu’ils proposent aux entreprises et aux particuliers. Ainsi, si les taux d’intérêts
augmentent, il y aura moins de recours au crédit dans l’économie. La consommation et les investissements
diminuent, la baisse de la demande entraîne donc une baisse de l’inflation.
b. La lutte contre l’inflation par la demande : utilisation de la politique budgétaire :
En cas de tension inflationniste, l’Etat peut agir sur l’inflation en réduisant la demande, c’est-à-dire le revenu
disponible des ménages. Pour cela, l’Etat doit réduire le déficit budgétaire :
 En réduisant les dépenses publiques (baisse des allocations, réduction du nombre de fonctionnaires,
ralentissement du programme de travaux publics, …) ;
 En accroissant la pression fiscale (TVA, IR, IS…).
c. La lutte contre l’inflation par les coûts : utilisation de la politique des revenus :
Les pouvoirs publics interviennent en s’efforçant de contrôler les revenus et tout particulièrement les revenus
salariaux dans le cadre de la politique des revenus.
d. La lutte contre l’inflation structurelle : la politique structurelle :
L’Etat peut d’efforcer de restaurer les lois du marché en permettant que se développe la concurrence, facteur de
baisse des prix (lutte contre les ententes, les abus de position dominante).
D. Relation inflation-chômage :
• La courbe de Phillips établit une relation inverse entre le taux d’accroissement du salaire nominal et le taux de
chômage.
• Interprétation de la nouvelle école classique : considère la courbe de Phillips verticale même à court terme car
les agents économiques ne sont plus victimes d’illusion monétaire puisqu’ils font des anticipations rationnelles.

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