CAT DEVANT UNE HEMATURIE
- présence de sang dans les urines lors de la miction
- rarement grave par son abondance mais impose la recherche de son étiologie
Diagnostic positif :
Clinque :
hématurie macroscopique : urines rouges contenant parfois des caillots de sang
hématurie microscopique : découverte fortuite
Paraclinique :
bandelettes réactives :
moyen de dépistage et surveillance (+) au-delà de 5 GR/mm3
peu spécifique, positive également en cas d’hémoglobinurie, myoglobinurie, eau de javel dans le
flacon
examen du culot urinaire :
le seul examen qui permet d’authentifier la présence de GR dans les urines (+) si > 10GR/ml
recherche également des cylindres hématiques => néphropathie
leucocyturie >= 105 /ml => infection urinaire
protéinurie des 24h si >3g => syndrome néphrotique
glucosurie => diabète compliqué
compte d’Addis (étude dynamique) :
décelée microscopiquement à partir de 1000 GR/mn
significatif à partir de 5000 GR/mn
Dc différentiel :
sur le plan clinique :
- coloration urinaire alimentaire (betterave), médicamenteuse (laxatif à base de phénol et phtaléine)
- urétrorragies : surviennent en dehors des mictions
- souillure : métrorragies, sécrétions vulvo-vaginales
- traumatisme : après sondage urinaire par exemple
sur le plan biologique :
- faux positif des bandelettes : myoglobinurie, hémoglobinurie isolée, porphyurinurie
Dc étiologique :
interrogatoire + examen clinique
épreuve des trois verres de Lyon :
H. initiale = urétrale
H. terminale = vésicale
H. totale = associant les deux ou rénale
paraclinique :
- biologie : ECBU (élimine l’infection urinaire), protéinurie des 24h (glomérulonéphrite), examen du culot,
compte d’Addis
- ASP, échographie, UIV, TDM (surtout en cas de pathologies tumorales suspectées)
étiologies :
1) contexte traumatique :
a. contusion lombaire : contusion rénale écho, UIV, TDM
b. traumatisme hypogastrique : rupture vésicale UIV
2) causes néphrologiques :
- HTA, œdème des membres inférieurs, hématurie, IR
a. Glomérulonéphrite aigue post-streptococcique :
o ↓ fraction C3 et C4 du complément, évolution favorable
b. Autres glomérulonéphrite rapidement progressive:
o associée à d’autres maladies systémiques (LED, purpura rhumatoïde)
c. Glomérulonéphrite chronique :
o maladie de Berger (dépôts mésangiaux d’IgA)
d. Glomérulonéphrite provoquée :
o D-pénicillinase, sels d’or, AINS
e. Nécrose papillaire aigue:
o douleurs lombaires unilatérales, fièvre, hématurie, poussées d’IR
o Se voit dans le diabète, pyélonéphrite grave, drépanocytose
o UIV => destruction ou séquestre au niveau du parenchyme
3) infarctus rénal :
- syndrome douloureux lombaire ou abdominal
- secondaire à une thrombose, anévrysme, dissection aortique, rarement embolie
4) causes urologiques :
- douleurs lombaires unilatérales + signes fonctionnels urinaires + absence de protéinurie
a. tumeurs rénales : écho, TDM
b. tumeurs urothéliales : UIV, TDM
c. tumeurs vésicales : 1ère cause d’hématurie, Dc = cystoscopie
d. tumeurs prostatiques : saignent par envahissement de l’urètre (l’adénome de la prostate ne
donne jamais d’hématurie)
e. infections urinaires : ECBU TRT ATB, si persistance des hématuries rechercher une autre
cause (bilharziose, TBK,)
f. malformation vasculo-rénales : artériographie
g. cancer rénal, polykystose rénale, lithiase urinaire