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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE
UNIVERSITÉ M’HAMED BOUGARA-BOUMERDES

FACULTÉ DES HYDROCARBURES ET DE LA CHIMIE


DÉPARTEMENT DE TRONC COMMUN

Polycopié

Réalisé par :

Dr. SABBAGH Zineb


Maître de conférence classe B.

Intitulé :

Cours du module mathématiques I

1. Émail : zsbbagh@[Link], [Link]@[Link]


Table des matières

Préface iv

1 Notions de logique et de raisonnement 1

1.1 Logique mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1


1.2 Les quantificateurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Modes de raisonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Raisonnement direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Raisonnement par contraposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.4 Raisonnement par contre-exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.5 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2 Ensembles et Applications 12
2.1 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.1 Définition des ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.2 Opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 Image directe, Image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2.2 Application injective, surjective et bijective . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.3 Application réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3 Relation d’équivalence sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4 Relation d’ordre sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

i
3 Nombres réels 28

3.1 Principales règles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29


3.2 Quelques formules de base dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.3 Valeur absolue d’un nombre réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Fonction partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.5 Borne supérieure, borne inférieure dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.6 Exercises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

4 Suites numériques 44

4.1 Définitions et généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44


4.2 Convergence d’une suite numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.3 Propriétés des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.4 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.5 Suite de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.6 Suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

5 Fonctions réelles d’une variable réelle 60

5.1 Généralités sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60


5.1.1 Fonctions paire, impaire et périodique . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.1.2 Fonction majorée, minorée et bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.2 Limite de fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
5.3 Continuité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.3.1 Opérations sur les fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
5.3.2 Prolongement par continuité en un point . . . . . . . . . . . . . . . . 73
5.3.3 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
5.3.4 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
5.4 Dérivabilité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5.4.1 Dérivabilité en x0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5.4.2 Dérivabilité sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.4.3 Opérations sur les fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
5.4.4 Fonctions de classe Cn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

ii
5.4.5 Dérivée n-ième d’un produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.6 Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.7 Théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.8 Règle de L’Hospital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.4.9 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97

iii
Préface

Ce présent document est destiné aux étudiants de tronc commun Hydrocarbures, do-
maine Sciences et Technologie. Il peut aussi servir aux étudiants de première année uni-
versitaire pour les autres filières.
Ce document se compose de cinq chapitres. Chaque chapitre contient des exemples qui
mettent en évidence l’utilisation des résultats présentés et suivis par des séries d’exercices
qui ne sont pas corrigés pour permettre à l’étudiant de s’entraîner à utiliser les résul-
tats appris en cours. Dans le premier chapitre, nous définissons les notions du langage
mathématique et nous expliquons les différents modes de raisonnement dans l’intérêt
d’apprendre à l’étudiant d’écrire des textes mathématiques. Dans le deuxième chapitre
nous présentons quelques notions fondamentales en théorie des ensembles, notamment
les opérations usuelles sur les ensembles. Ensuite, nous traitons les applications ainsi que
les relations d’équivalence et les relations d’ordre. Le troisième chapitre est consacré à
l’étude des nombres réels, nous traitons les deux concepts qui sont considérés très impor-
tants dans la dernière partie de ce chapitre synonyme de la borne inférieure et la borne su-
périeur d’un ensemble. Dans le quatrième chapitre, nous rappelons quelques notions sur
les suites numériques réelles (Vus en terminal). Nous définissons les notions suivantes :
convergence d’une suite, suites adjacentes, suite de Cauchy, suites récurrentes et nous
donnons quelques propriétés fondamentales liées à ces notions. Dans le dernier chapitre
nous étudions les fonctions réelles d’une variable réelle : nous définissons la notion de li-
mite, continuité d’une fonction et nous terminons par l’étude de la dérivabilité. Plusieurs
résultats théoriques découlent de la notion de dérivée. Ces derniers permettent d’étudier
les propriétés locales (approximation affine, tangente) et globales (sens de variation) d’une
fonction.

iv
Chapitre 1

Notions de logique et de raisonnement

Les mathématiques sont un langage qui permet de s’exprimer de façon rigoureuse, adapté
aux phénomènes complexes, qui rend les calculs exacts et vérifiables. La logique est très
importante en mathématique, elle nous permet d’être rigoureux dans nos écritures et dans
nos raisonnements. L’objectif de ce chapitre est de nous aider à lire et à écrire des textes
mathématiques et de faire des raisonnements mathématiques.

1.1 Logique mathématique


La logique mathématique permet de modéliser et d’étudier le raisonnement mathéma-
tique.

Définition 1.1 (Proposition) On appelle proposition un énoncé ou une expression pouvant être
vrai ou faux. On associe à toute proposition une valeur de vérité V (vrai) ou F (faux).

Exemple 1.2 Soient les propositions suivantes


1. Alger est une ville côtière. (V)
2. Tamanrasset se trouve au nord d’Algérie. (F)
3. Le triangle rectangle possède un angle droit. (V)

Définition 1.3 (Axiome) On appelle axiome toute proposition considérée comme évidente, ad-
mise vraie sans démonstration.

1
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Exemple 1.4 Axiome d’Euclide : il affirme que par un point donné passe une unique parallèle a
une droite donnée.

Définition 1.5 (Assertion) On appelle assertion (proposition) toute phrase mathématique dont
on peut affirmer si elle est vraie ou fausse. Tout assertion admet une valeur logique vrai (V) ou
faux (F), on note aussi 1 pour V et 0 pour F.

Remarque 1.6 Il est d’usage de noter une assertion en utilisant une lettre majuscule.

Pour énoncer la définition suivante on a besoin de définir la notion d’ensemble : c’est une
famille d’éléments bien déterminés et distincts.

Définition 1.7 (Prédicat) On appelle prédicat un énoncé contenant des lettres appelées variables
tels que quand on remplace chacune de ces variables par un élément d’un ensemble donné, on
obtient une assertion.

Remarque 1.8 Un prédicat contenant la variable x sera noté P (x) .

Exemple 1.9 L’énoncé P (n) : "n est un multiple de 2" est un prédicat. Il devient une assertion
quand on donne une valeur entière à n ; par exemple, l’assertion P (10) est vraie mais P (11) est
fausse.

Définition 1.10 (Théorème) On appelle théorème toute proposition que l’on démontre vraie.

Définition 1.11 (Corollaire) Un corollaire est une conséquence directe d’un théorème.

Définition 1.12 ( Lemme) On appelle lemme toute proposition vraie préparatoire à l’établisse-
ment d’un théorème de plus grande importance.

Définition 1.13 (Les connecteurs logiques) Les connecteurs logiques permettent à partir des
propositions P, Q, R, · · · de créer de nouveaux prédicats dits prédicats composés dont on peut dé-
terminer la valeur de vérité à partir des valeurs de vérité de P, Q, R, · · ·

Les cinq connecteurs logiques usuels sont

non désigné par : ⌉


et désigné par : ∧
ou désigné par : ∨
implication désigné par : ⇒
équivalence désigné par : ⇔

2
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Négation, conjonction, disjonction

Définition 1.14 La négation d’une proposition P est le prédicat noté par non (P) =⌉P = P, qui
est vrai lorsque P est faux, et est faux lorsque P est vrai.

Il est d’usage de présenter les valeurs de vérité de P en fonction des valeurs de vérité de
P dans le tableau suivant appelé table de vérité.

P P
V F
F V

Exemple 1.15 La négation de "24 est un multiple de 2 "(V) est "24 n’est pas un multiple de
2"(F) .

Définition 1.16 Soient P et Q deux propositions. La proposition "P et Q" est appelée conjonction
de P et de Q, est une proposition qui est vraie lorsque P et Q sont vraies simultanément, et fausse
dans tous les autres cas. On la note aussi P ∧ Q.

Définition 1.17 Soient P et Q deux propositions. La proposition "P ou Q" appelé disjonction de
P et de Q, est un prédicat qui est vrai lorsque l’un au moins des deux prédicats P et Q est vrai, et
faux lorsque les deux sont faux. On le note par P ∨ Q.

La table de vérité
P Q P∧Q P∨Q
1 1 1 1
1 0 0 1
0 1 0 1
0 0 0 0

Exemple 1.18 La proposition P défini par "10 est divisible par 2"(c’est une assertion) est vrai. Le
prédicat Q définie par "10 est divisible par 3" est faux. Ainsi P ∧ Q (c’est encore une assertion)
est faux. En revanche P ∨ Q est vrai.

Exemple 1.19 On considère P (x) : x ≤ 1; Q (x) : x ≥ 2 où x désigne un nombre réel. Alors le


prédicat P (x) ∨ Q (x) est définie par "x ≤ 1 ou x ≥ 2". Il est vrai si x ∈] − ∞, 1] ∪ [2, +∞[ et faux
si x ∈]1, 2[. En revanche, P (x) ∧ Q (x) définie par "x ≤ 1 et x ≥ 2" est faux pour tout x ∈ R.

3
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Implication, équivalence

Définition 1.20 Soit P, Q" deux propositions, on dit que " P implique Q" et on note P ⇒ Q.
Si on a "si P, alors Q" est un énoncé vrai.

Remarque 1.21 L’implication Q ⇒ P s’appelle l’implication réciproque de P ⇒ Q.

Remarque 1.22 L’implication Q ⇒ P s’appelle la contraposée de l’implication P ⇒ Q. On dit


aussi que l’implication Q ⇒ P s’obtient par la contraposition de P ⇒ Q.

P Q P⇒Q
1 1 1
1 0 0
0 1 1
0 0 1

Définition 1.23 Soit P et Q deux propositions. On dit que P et Q sont equivalentes et on note par
P ⇔ Q lorsque P et Q sont simultanément vrais ou faux, et faux dans tous les autres cas. Elle se
lit "P équivaut à Q" ou "P si et seulement si Q.

Remarque 1.24 L’équivalence de P et de Q s’appelle aussi double implication. On dit que P (res-
pectivement, Q) est une condition nécessaire et suffisante pour Q (respectivement, pour P).

P Q P⇔Q
1 1 1
1 0 0
0 1 0
0 0 1

Remarque 1.25 Soit P et Q deux propositions. On note que P ⇒ Q est équivaut à P ∨ Q.

4
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

1.2 Les quantificateurs logiques


Quantificateurs simples

À partir d’un prédicat P (x) définie sur un ensemble E, on peut construire de nouvelles
assertions dites assertions quantifiées en utilisant les quantificateurs " il existe" et " quel
que soit". Notons que dans tout ce qui suit E et F sont deux ensembles.

Définition 1.26 Soit P (x) un prédicat défini sur un ensemble E.


1. Le quantificateur "quel que soit", noté ∀, permet de définir l’assertion quantifiée

∀x ∈ E, P (x)

qui est vrai lorsque tous les éléments x de E vérifient P (x) .


2. Le quantificateur " il existe", noté ∃, permet de définir l’assertion quantifiée

∃x ∈ E, P (x)

qui est vraie lorsqu’on peut trouver (au moins) un élément x appartenant à E vérifiant
l’énoncé P (x) .

Remarque 1.27 Le quantificateur ∀ est qualifié d’universel et le quantificateur ∃ "il existe" d’exis-
tentiel.

Exemple 1.28 L’énoncé x2 + 2x − 3 ≤ 0 est un prédicat. Il peut être vrai ou faux selon la valeur
de x. L’énoncé
∀x ∈ [−3, 1], x2 + 2x − 3 ≤ 0 .

est une assertion qui est vraie.

Exemple 1.29 x2 = 4 est vraie car il existe un élément de R qui vérifié x2 = 4 (x = 2 et x = −2) .

Remarque 1.30 Lorsqu’il existe un unique élément de E vérifiant P (x), on écrit

∃!x ∈ E, P (x) .

5
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Définition 1.31 (Négation d’une assertion quantifiée) La négation de " Pour tout élément x
de E l’énoncé P (x) est vrai " est " il existe un élément x de E pour lequel l’énoncé P (x) est faux "
et la négation de " il existe un élément x de E pour lequel l’énoncé P (x) est vrai " est " pour tout
élément x de E l’énoncé P (x) est faux ". Autrement dit

non (∀x ∈ E P (x)) ⇔ ∃x ∈ E non (P (x)) ,


non (∃x ∈ E P (x)) ⇔ ∀x ∈ E non (P (x)) .

Exemple 1.32 On a

non (∀x ∈ E (P (x) ⇒ Q (x))) ⇔ ∃x ∈ E (P (x) ∧ non (Q (x))) ,


non (∀x ∈ E (P (x) ⇔ Q (x))) ⇔ ∃x ∈ E ((P (x) ∧ non (Q (x))) ∨ (non (P (x)) ∧ Q (x))) .

Exemple 1.33 L’assertion : ∀n ∈ N n (n − 3) > 0 fausse puisque sa négation est vraie "il existe
un élément n de N (par exemple : n = 0, n = 1, n = 2, n = 3) pour lequel l’énoncé est faux".

Quantificateurs multiples

Considérons un prédicat P (x, y) à deux variables où x ∈ E et y ∈ F . L’énoncé ∀y ∈ F


P (x, y) est encore un prédicat puisque sa valeur de vérité dépend de la variable x. En
revanche, l’énoncé ∀x ∈ E, ∀y ∈ F, P (x, y) est une proposition.

Définition 1.34 La proposition "∀x ∈ E, ∀y ∈ F, P (x, y)" est vraie lorsque tous les éléments x
de E et tous les éléments y de F vérifient P (x, y) . La proposition "∃x ∈ E, ∃y ∈ F, P (x, y)" est
vraie lorsqu’il existe (au moins) un élément x de E et lorsqu’il existe (au moins) un élément y de F
qui vérifient P (x, y) .

Exemple 1.35 L’assertion suivante est vraie.

∀x ∈ R, ∀n ∈ N : (1 + x)n ≥ 1 + nx,

Exemple 1.36 L’assertion


∃x ∈ R, ∃y ∈ R : x + y = 5,

est vraie. Il suffit de considérer par exemple x = 2 et y = 3 (ou encore x = −2 et y = 7).

6
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Remarque 1.37 (Règles d’utilisation des quantificateurs multiples)


On ne peut pas permuter deux quantificateurs différents

∃y ∈ F, ∀x ∈ E : P (x, y) ,

n’est pas équivalent à


∀x ∈ E, ∃y ∈ F : P (x, y) .
Par exemple
∀x ∈ N, ∃y ∈ N : x ≤ y,
est vraie, puisque si x ∈ N, alors en prenant y = x + 1 ∈ N on a x ≤ x + 1. En revanche

∃y ∈ N, ∀x ∈ N, x ≤ y,

est fausse puisque l’ensemble N n’est pas majoré.

1.3 Modes de raisonnement


Il est important de trouver un moyen ou une méthode pour répondre à un certain pro-
blème, pour cela on s’inspire de quelques techniques de raisonnements.

1.3.1 Raisonnement direct


Il consiste à utiliser les informations (hypothèses) de l’énoncé ainsi que des résultats
connus (théorèmes ou définitions) afin de construire une démonstration qui nous permet
d’obtenir le résultat voulu.

Exemple 1.38 Pour a, b ∈ R. On montre que :


a2 + b2
ab ≤ .
2
Pour a, b ∈ R, on a

(a − b)2 = a2 + b2 − 2ab ≥ 0,

d’où
a2 + b2 ≥ 2ab,
ce qui implique
a2 + b2
ab ≤ .
2

7
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

Corollaire 1.39 (Raisonnement direct par une implication) Le résultat à démontrer est de la
forme : soit P et Q deux propositions, tels que P ⇒ Q. Pour montrer ce résultat, nous supposons
que la proposition P est vraie et on montre alors la proposition Q est vraie.

Exemple 1.40 Montrons que :

1 √
√ = 1 − x ⇒ x = 0.
1+ x

On a :
1 √ √ √
√ = 1 − x ⇒ 1 = (1 + x)(1 − x),
1+ x
⇒ 1 = 1 − x,
⇒ x = 0,

ce qui établit le résultat.

1.3.2 Raisonnement par contraposée


Ce type de raisonnement est utilisé lorsque la démonstration directe P ⇒ Q est difficile. Il
s’agit dans ce cas de montrer que : Q ⇒ P.

Exemple 1.41 Montrons que


 
1 1
∀x ∈ R − {1}, ∀y ∈ R − {1}, x ̸= y ⇒ ̸= .
x−1 y−1

La contraposée de cette propriété est donnée par :


 
1 1
∀x ∈ R − {1}, ∀y ∈ R − {1}, = ⇒x=y .
x−1 y−1

On a :
1 1
= ⇒x−1=y−1
x−1 y−1
⇒ x = y.

8
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

1.3.3 Raisonnement par l’absurde


En mathématiques une proposition est soit vraie, soit fausse. En effet, pour démontrer
qui’une proposition p soit vraie, on supposera qui’elle est fausse, c’est à dire que p est
vraie et par un raisonnement logique, on aboutit à une contradiction avec l’hypothèse de
départ. Dans ce cas p est fausse, donc p est vraie.

Exemple 1.42 . Montrons que : 2 ∈ / Q.

Supposons que 2 ∈ Q, alors il existe (a, b) ∈ Z × Z∗ tel que
√ a
2= , (1.1)
b
où le plus grand commun diviseur PGCD(a, b) = 1. En élevant au carré (1.1) :

2b2 = a2 , (1.2)

il est facile de remarquer que a est pair, donc ∃k ∈ N∗ tel que

a = 2k, k ∈ Z, (1.3)

en remplaçant (1.3) dans (1.2), il vient b2 = 2k2 , ce que implique que b est pair, alors
PGCD(a, b) ̸= 1, (nous avons trouvé une contradiction).

1.3.4 Raisonnement par contre-exemple


Si l’on veut montrer qu’une assertion du type ∀x ∈ E, P(x) est vraie, alors pour chaque
x de E il faut montrer que P(x) est vraie. Par contre pour montrer que cette assertion est
fausse alors il suffit de trouver x ∈ E tel que P(x) soit fausse.
Exemple 1.43 L’assertion "tout entier positif est somme de trois carrés" est-elle vraie ?.
L’énoncé se traduit ainsi ∀n ∈ N, ∃ (a, b, c) ∈ N3 , n = a2 + b2 + c2 . On a

0 = 02 + 02 + 02 ,
1 = 12 + 02 + 02 ,
2 = 12 + 12 + 02 ,
3 = 12 + 12 + 12 ,
4 = 22 + 02 + 02 ,
5 = 22 + 12 + 02 ,
6 = 22 + 12 + 12 .

9
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

le nombre 7 n’est pas somme de trois carrés. Cela prouve que l’assertion est fausse.

1.3.5 Raisonnement par récurrence


Celui-ci permet de démontrer qu’une proposition P(n), dépendant de l’entier n, soit
vraie à partir de n0 ∈ N fixé. La démonstration par récurrence se déroule en trois étapes :
lors de l’initialisation on prouve P(n0 ). Pour l’étape d’hérédité, en supposant n ≥ n0
donné avec P(n) vraie, et nous déterminons alors que l’assertion P(n + 1) vraie. Enfin
dans la conclusion, on rappelle que par le principe de récurrence P(n) est vraie pour tout
n ∈ N, tel que n ≥ n0 .

Exemple 1.44 Montrer que pour tout n ∈ N, 2n > n.


Pour n ≥ 0, notons P(n) l’assertion suivante :

2n > n.

Nous allons démontrer par récurrence que P(n) est vraie pour tout n ≥ 0.
Initialisation. Pour n = 0 nous avons 20 = 1 > 0. Donc P(0) est vraie.
Hérédité. Fixons n ≥ 0. Supposons que P(n) soit vraie. Nous allons montrer que P(n + 1) est
vraie.

2n+1 > n + 2n ,
>n+1 car 2n ≥ 1.

Donc P(n + 1) est vraie.


Conclusion. Du principe de récurrence, on déduit que P(n) est vrai pour tout n ≥ 0, c’est-à-dire
2n > n pour tout n ≥ 0.

10
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement

1.4 Exercices
Exercice 1.45 Déterminer si les propositions suivantes sont vraies ou fausses :
1. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ / x + y ̸= 0,
2. ∀x ∈ R, ∃y ∈ R / x + y = 3,
3. ∃x ∈ R, ∀y ∈ R / x + y = 3,
4. ∀x ∈ R, ∃y ∈ N∗ / xy ≥ 1,
5. ∀x ∈ Z, ∃y ∈ Z / x2 + y2 ≤ 9.

Exercice 1.46 L’objectif de cet exercice est d’établir une formule simple d’une somme de n termes,
définie pour n ≥ 1, par :

1 1 1
Sn = + + ··· + .
1×2 2×3 n × (n + 1)

1. Calculer S1 , S2 , S3 et S4 .
1 1 1
2. Trouver une formule en n pour Sn . (Indication : n(n+1)
= n
− n+1
).
3. Démonter cette formule par récurrence.

Exercice 1.47 On appelle nombre irrationnel tout développement décimal illimité non pério-

dique, par exemple le nombre irrationnel 2 a un développement décimal illimité :

2 = 1, 41421356237309504880168872420969807856967187537694807317668 · · ·

1. Montrer que la somme d’un nombre rationnel et d’un nombre irrationnel est un nombre
irrationnel.
— Que peut-on dire de la somme de deux nombres irrationnels ?
2. Montrer que le produit d’un nombre rationnel non nul et d’un nombre irrationnel est un
nombre irrationnel.
— Que peut-on dire du produit de deux nombres irrationnels ?.

11
Chapitre 2

Ensembles et Applications

2.1 Ensembles
On peut définir de manière intuitive un ensemble comme la réunion dans une même
entité de certains objets bien déterminés. On appelle ces objets les éléments de l’ensemble.

2.1.1 Définition des ensembles


Un ensemble est une famille d’éléments bien déterminées et distincts

Exemple 2.1 A = {0, 1}, B = { vert , noir}, N = {0, 1, 2, 3, ...}.

Définition 2.2 Un ensemble est dit fini s’il contient un nombre fini d’éléments. On dit qu’il est
infini s’il n’est pas fini .

Exemple 2.3 L’ensemble des entiers naturels N est infini, {a, b} est un ensemble fini.

Remarque 2.4
⋆ Un ensemble vide est un ensemble qui ne contient aucun élément. On le note ∅. Par convention,
l’ensemble ∅ est inclus dans tout ensemble.
⋆ Un ensemble réduit à un seul élément a est noté {a}. Il est appelé singleton.

Définition 2.5 Si x est un élément contenu dans E, alors on dit que x est un élément de E et on
note par x ∈ E. Si x n’est pas un élément de E, alors on note par x ∈
/ E.

12
Chapitre 2. Ensembles et Applications

2.1.2 Opérations sur les ensembles


Proposition 2.6 (Partie, sous-ensemble) Soient A et B deux ensembles. On dit que A est in-
clus dans B (ou que "A est contenu dans B") (ou que "B contient A"), et on note ACB, si tout
élément de A est un élément de B.
L’ensemble A est alors qualifié de partie ou de sous-ensemble de B .

Définition 2.7 (Inclusion) Soient A et B deux ensembles. On dit que A est inclus dans B (on
dit aussi A est un sous ensemble de B ou A est une partie de B) si et seulement si tout élément de
A est un élément de B et on note par A ⊂ B.

A⊂B⇔ x ∈ A ⇒ x ∈ B.

Définition 2.8 (Égalité) Soient A et B deux ensembles. On dit que A et B sont égaux et on note
par A = B si et seulement si tout élément de A est élément de B et si tout élément de B est élément
de A. Autrement dit,
A = B ⇔ A ⊂ B et B ⊂ A.

Dans le cas contraire, on dit qu’ils sont distincts et on note A ̸= B.

Définition 2.9 (Union) Soit A et B deux ensemble. L’union (ou la réunion) de A et B est un
ensemble noté par A ∪ B est défini par tous les éléments qui sont dans A ou dans B.

A ∪ B = {x/ x ∈ A ou x ∈ B}.

Remarque 2.10 Si A et B sont des sous-ensembles de A ∪ B , c’est-à-dire :

A ⊂ (A ∪ B) et A ⊂ (A ∪ B).

13
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Définition 2.11 (Intersection) Soit A et B deux ensemble. L’intersection de A et B est un en-


semble noté par A ∩ B est défini par tous les éléments qui sont à la fois dans A et dans B.

A ∩ B = {x/ x ∈ A et x ∈ B}.

Si A ∩ B = ∅ alors les deux ensembles A et B sont dits disjoints.

Remarque 2.12 L’intersection de A et B est à la fois un sous-ensemble de A et un sous-ensemble


de B, c’est-à-dire :
(A ∩ B) ⊂ A et (A ∩ B) ⊂ B.

Définition 2.13 Soit E un ensemble. L’ensemble des parties de E est l’ensemble défini par tous les
sous-ensembles de E. On le note par P(E), y compris l’ensemble vide et l’ensemble E lui même.

Remarque 2.14 Le cardinal d’un ensemble fini E est le nombre d’éléments que possède cet en-
semble. On note Card(E). Nous avons la propriété suivante :

Card(E) = n ⇒ Card (P(E)) = 2n .

Exemple 2.15 E = {1, 2, 3}, P(E) = {∅, {1}, {2}, {3}, {1, 2}, {1, 3}, {2, 3}, {1, 2, 3}} .
En comptant les éléments de P(E), on remarque que Card(E) = 3. On déduit de la remarque
précédente que Card (P(E)) = 23 = 8.

Définition 2.16 Soit E un ensemble non vide. Une partition de E est une famille F définie par les
sous-ensembles de E vérifiant :
∀A, B ∈ F, on a A ∩ B = ∅.
S
A∈F A = E.

14
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Définition 2.17 (Complémentaire) Soit E un ensemble non vide. Soit A un sous-ensemble de


E. On définit le complémentaire de A dans E par tous les éléments qui sont dans E mais ne sont
pas dans A. On le note par ∁E A. Autrement dit :

∁E A = {x/ x ∈ E et x ∈
/ A}.

Définition 2.18 (Différence) Soit A et B deux ensembles. La différence entre A et B est définie
par l’ensemble des éléments qui sont dans A mais ne sont pas dans B. On la note par A − B.
Autrement dit :
A − B = {x/ x ∈ A et x ∈
/ B}.

Définition 2.19 (Produit cartésien) Soit A et B deux ensembles. On définit le produit cartésien
de A et B par l’ensemble des couples (x, y) tels que x ∈ A et y ∈ B. On le note par A × B.

A × B = {(x, y)/ x ∈ A et y ∈ B}.

Exemple 2.20 R2 = R × R = {(x, y) : x, y ∈ R}.

15
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Proposition 2.21 Soient A, B, C trois ensembles quelconques, alors on a


• A ∩ B = B ∩ A et A ∪ B = B ∪ A.
• (A ∩ B) ∩ C = A ∩ (B ∩ C) et (A ∪ B) ∪ C = A ∪ (B ∪ C).
• A∩∅=∅ et A ∪ ∅ = A.
• A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) et A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C).
• A − (B ∩ C) = (A − B) ∪ (A − C) et A − (B ∪ C) = (A − B) ∩ (A − C).
• A⊂B⇔A∩B=A et A ⊂ B ⇔ A ∪ B = B.

Démonstration. Laissée en exercice. 2

2.2 Applications
Définition 2.22 Soient E et F deux ensembles non vides.
• On dit que f est une fonction définie dans E à valeurs dans F, si à un élément x de E on associe
au plus un élément y dans F qu’on note f(x).
• On dit que f est une application si à tout élément x ∈ E on associe un unique élément y dans F.
Autrement dit,
∀x, ∃!y ∈ E, f(x) = y.

• L’ensemble E s’appelle l’ensemble de départ de f et F s’appelle l’ensemble d’arrivée de f.


• f(x) est appelée image de x par f et x est appelé l’antécédent de y par f.

16
Chapitre 2. Ensembles et Applications

• On représente généralement une application de la manière suivante :

f : E −→ F
x 7−→ f(x).

• On appelle l’application identité d’un ensemble E et on note IdE ou 1E , l’application qui à


tout x ∈ E fait correspondre x à lui même. On a donc par définition :

IdE : E −→ E
x 7−→ IdE (x) = x.

Exemple 2.23 Considérons les applications suivantes :


⋆ La fonction définie par :
f : R∗ −→ R
1
x 7−→ f(x) = .
x
est une application de R∗ dans R.
⋆ La suite définie par :
u : N −→ R
n 7−→ u(n) = un .
est une application de N dans R.

Définition 2.24 (Graphe d’une application) On appelle graphe de f : E −→ F, l’ensemble Γf


défini par : Γf = {(x, f(x)) ∈ E × F : x ∈ E}.

17
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Définition 2.25 Deux applications f et g sont égales si elles ont le même ensemble de départ E, le
même ensemble d’arrivée F et que ∀x ∈ E, f(x) = g(x).

Définition 2.26 Soient f : E −→ F et g : F −→ G deux applications.


L’application g ◦ f : E −→ G définie par : (g ◦ f)(x) = g[f(x)], pour tout x ∈ E est appelée fonction
composée de f et g.

Définition 2.27 (Restriction) Étant donnée une application f : E −→ F.


On appelle restriction de f à un sous ensemble non vide A de E, l’application g : A −→ F
telle que ∀x ∈ A, g(x) = f(x) et on note g = f̃.

Définition 2.28 (Prolongement) Étant donnée une application f : E −→ F.


On appelle prolongement de l’application f à un sous ensemble G ⊂ E, toute application h de G
dans F telle que f est la restriction de h à E.

Exemple 2.29 Soit l’application

f : R+ −→ R
x 7−→ f(x) = log x

alors l’application
g : R −→ R
x 7−→ g(x) = log |x|.
est un prolongement de f à R.

18
Chapitre 2. Ensembles et Applications

2.2.1 Image directe, Image réciproque


Définition 2.30 (Image directe) Soit f : E −→ F une application, A ⊂ E.
L’image directe de A par f, notée f(A) est l’ensemble des f(x) tels que x ∈ A

f(A) = {f(x), x ∈ A}.

Exemple 2.31 Soit


f : R −→ R∗+
x 7−→ f(x) = |x| + 2.
L’image directe de l’ensemble A = {−1, 0, 1, 2}, est donnée par :

f(A) = {f(x), x ∈ A} = {3, 2, 4}.

Définition 2.32 (Image réciproque) Soit f : E −→ F une application, B ⊂ F.


L’image réciproque de B par f, notée f−1 (B) est l’ensemble des éléments x de E tels que f(x) appar-
tient à B,
f−1 (B) = {x ∈ E/ f(x) ∈ B}.

Exemple 2.33 Soit


f : R −→ R∗+
x 7−→ f(x) = |x| + 1.
L’image réciproque de l’ensemble B = [1, 2] par f est donnée par

f−1 (B) = {x ∈ R/ f(x) ∈ B}.

19
Chapitre 2. Ensembles et Applications

On a :
f(x) ∈ B ⇔ |x| + 1 ∈ B
⇔ −3 ≤ |x| + 1 ≤ 2
⇔ 0 ≤ |x| ≤ 1
⇔ x ∈ [−1, 1]
et donc f−1 (B) = [−1, 1].

2.2.2 Application injective, surjective et bijective


Définition 2.34 (Injection) Soit f : E −→ F une application.
On dit que f est injective si tout élément de F admet au plus un antécédent par f (c’est-à-dire un
ou aucun). Ce qui se traduit par l’équivalence suivante :
f est injective ⇔ ∀x1 , x2 ∈ E, f(x1 ) = f(x2 ) ⇒ x1 = x2 .
Par contraposé, on peut écrire :
f est injective ⇔ ∀x1 , x2 ∈ E, x1 ̸= x2 ⇒ f(x1 ) ̸= f(x2 ) .
C’est à dire que pour deux éléments distincts ont des images différentes.
Autrement dit :
f injective ⇔ l’équation y = f(x) admet au plus une solution.

D’après les règles de négation, une application f : E −→ F n’est pas injective si

∃x1 , x2 ∈ E, x1 ̸= x2 et f(x1 ) = f(x2 ) .

Autrement dit :

20
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Une application f : E −→ F n’est pas injective s’il existe deux éléments de E distincts qui
ont même image par f.

Exemple 2.35 Soit f l’application définie comme suit

f : R −→ R
x 7−→ f(x) = 5x + 3.

Soient x1 , x2 ∈ R tels que f(x1 ) = f(x2 ). A-t-on x1 = x2 ?

f(x1 ) = f(x2 ) ⇒ 5x1 + 3 = 5x2 + 3


⇒ x1 = x2

d’où f est injective.


Ou bien
y−3
y = f(x) ⇒ y = 5x + 3 ⇒ x = ,
5
donc l’équation y = f(x) admet une unique solution, alors f est injective.

Définition 2.36 (Surjection) Soit f : E −→ F une application.


• L’application f est surjective si pour tout élément y de F, il existe au moins un élément x de E
tel que y = f(x)
• f est surjective ⇔ ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, y = f(x).
Autrement dit :
f surjective ⇔ l’équation y = f(x) admet au moins une solution.

21
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Exemple 2.37 Soit


f : R −→ R+
x 7−→ f(x) = x2 .
Soit y ∈ R, existe-t-il x ∈ R tel que y = f(x) ?

y = f(x) ⇒ y = x2

⇒ x = ± y,

donc pour tout y ∈ R, ∃x = ± y tel que y = f(x) = x2 , par suite f est surjective.

Définition 2.38 (Bijection) Soit f : E −→ F une application.


— f est bijective si elle est à la fois injective et surjective.
— f est bijective ∀y ∈ F, il existe un unique x ∈ E, y = f(x).
Autrement dit :
f bijective ⇔ l’équation y = f(x) admet une unique solution.

Exemple 2.39 Soit


f : R −→ R
x 7−→ f(x) = 5x − 3.
∗ L’application f est injective comme l’exemple précédent.
∗ Soit y ∈ R, existe-t-il x ∈ R tel que y = f(x) ?
y+3
∗ Soit y ∈ R, nous cherchons x ∈ R tel que 5x − 3 = y, nous trouvons que x = , et par
5
suite l’application f est surjective.
∗ f est bijective de R dans R car elle est à la fois injective et surjective.
On a aussi,
y = f(x) ⇒ y = 5x − 3
y+3
⇒x= ,
5
y+3
donc l’équation y = f(x) admet une unique solution x = , donc f est bijective.
5

22
Chapitre 2. Ensembles et Applications

2.2.3 Application réciproque


Théorème 2.40 Soit f : E −→ F une application.
Alors les conditions suivantes sont équivalentes.
1. L’application f est bijective.
2. Il existe une unique application g : F −→ E telle que f ◦ g = IdF et g ◦ f = IdE .
g est appellée application réciproque de f et notée f−1 . De plus (f−1 )−1 = f.
Proposition 2.41 Soient f : E −→ F et g : F −→ G deux applications, alors on a
1. f et g injectives =⇒ g ◦ f injective.
2. f et g surjectives =⇒ g ◦ f surjective.
3. f et g bijectives =⇒ g ◦ f bijective et (g ◦ f)−1 = f−1 ◦ g−1 .
4. g ◦ f injective =⇒ f injective.
5. g ◦ f surjective =⇒ g surjective.
6. g ◦ f bijective =⇒ f injective et g surjective.
Le résultat suivant est une caractérisation des ensembles finis.
Définition 2.42 Un ensemble E est fini s’il existe un entier naturel fini n et une bijection de E
sur l’ensemble {1, 2, ..., n}. Le nombre n est unique et s’appelle le cardinal de E noté Card E = n.
Exemple 2.43 L’ensemble E = {1, 2, 3} est fini et Card E = 3.
Proposition 2.44 Soient A et B deux ensembles
• Soit A un ensemble fini et B ⊂ A, alors B est fini et Card B ≤ Card A.
• Si A et B deux ensembles finis alors les ensembles A ∪ B et A ∩ B sont finis, on a
Card (A ∪ B) = Card A + Card B − Card (A ∩ B).
Proposition 2.45 Soient E, F deux ensembles finis et f : E −→ F une application, alors on a
1. Si f injective alors Card E ≤ Card F.
2. Si f surjective alors Card E ≥ Card F.
3. Si f bijective alors Card E = Card F.
4. Si Card E = Card F, alors les assertions suivantes sont équivalentes :
i) f est injective.
ii) f est surjective.
iii) f est bijective.

23
Chapitre 2. Ensembles et Applications

2.3 Relation d’équivalence sur un ensemble


Définition 2.46 (Relation binaire)
On appelle relation binaire sur un ensemble E, toute assertion entre deux objets, pouvant être
vérifiée ou non, notée ℜ.
• Lorsque (x, y) ∈ E × E, on dit que x est relié à y par la relation ℜ (ou x est en relation avec y)
et l’on exprime ceci par l’écriture xℜy.
/ E × E, on dit que x n’est pas en relation avec y et l’on exprime par x ̸ ℜy.
• Lorsque (x, y) ∈

Définition 2.47 (Relation d’équivalence)


Soit ℜ une relation binaire définie sur un ensemble E. On dit que ℜ est une relation d’équivalence
si elle est :
• Réflexive : ∀x ∈ E, xℜx.
• Symétrique : ∀x, y ∈ E, xℜy ⇒ yℜx.
• Transitive : ∀x, y, z ∈ E, (xℜy et yℜz) ⇒ xℜz.

Exemple 2.48 Voici quelques exemples


1. Sur tout ensemble, l’égalité de deux éléments est une relation d’équivalence.
2. La relation ≤ sur E = R par exemple n’est pas une relation d’équivalence parce que la
symétrie n’est pas vérifiée.

Définition 2.49 (Classes d’équivalence )


Soit ℜ une relation d’équivalence définie sur un ensemble.
La classe d’équivalence de x suivant la relation ℜ est l’ensemble des éléments y de E qui sont en
relation avec x, on la note Cx ou ẋ donc :

Cx = {y ∈ E / yℜx}.

La classe d’équivalence Cx est non vide car ℜ est réflexive et contient de ce fait au moins x.

Définition 2.50 (Ensemble Quotient) Soient ℜ une relation d’équivalence définie sur un en-
semble E et x ∈ E.
L’ensemble Quotient de E par ℜ, on le note E⧸ℜ est l’ensemble de toutes les classes
d’équivalence des éléments de Eet on a : E⧸ℜ = {Cx / x ∈ E}.

24
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Proposition 2.51 Soit E un ensemble non vide, on a les propriétés suivantes :


• ∀x ∈ E, x ∈ Cx .
• ∀x, y ∈ E, Cx = Cy ⇔ xℜy.
• ∀x, y ∈ E, Cx ̸= Cy ⇔ Cx ∩ Cy = ∅.
[
• E= Cx .
x∈E

2.4 Relation d’ordre sur un ensemble


Définition 2.52 Soit ℜ une relation binaire définie sur un ensemble E. On dit que ℜ est une
relation d’ordre, si elle est
• Réflexive : ∀x ∈ E, xℜx.
• Antisymétrique :∀x, y ∈ E, (xℜy et yℜx) ⇒ x = y.
• Transitive :∀x, y, z ∈ E, (xℜy et yℜz) ⇒ xℜz.

Définition 2.53 (Ordre total et ordre partiel) Soit ℜ une relation d’ordre définie sur un en-
semble E.
• La relation ℜ est totale si

∀x, y ∈ E on a : xℜy ou yℜx.

• Si la relation ℜ n’est pas totale, elle est partielle.

∃x, y ∈ E on a : x ̸ ℜy et y ̸ ℜx.

Exemple 2.54 1. La relation ≤ définie sur R, Q, Z et N est une relation d’ordre totale.
2. La relation "divise" définie sur N∗ est une relation d’ordre partiel. En effet, ∃ 7 ∈ N∗ ,
∃ 8 ∈ N∗ , tels que " 7 ne divise pas 8 " et "8 ne divise pas 2."
3. Sur le plan R2 la relation (x, y)ℜ(x′ , y′ ) ⇔ x ≤ x′ et y ≤ y′ est un ordre partiel. Par
exemple, (0, 2) n’est pas en relation avec (2, 0) et (2, 0) n’est pas en relation avec (0, 2).

25
Chapitre 2. Ensembles et Applications

2.5 Exercices
Exercice 2.55 Soient A, B, C trois parties d’un ensemble E.
1. Montrer que A − (B ∩ C) = (A − B) ∪ (A − C).
2. Montrer que A − (B ∪ C) = (A − B) ∩ (A − C).
3. Montrer que si A ⊂ B alors (A ∩ C) ⊂ (B ∩ C).

Exercice 2.56 Soit l’application f : R −→ R définie par

∀x ∈ R, f(x) = |x| + 3.

1. Trouver l’image par f de l’ensemble A = {−2, − 1, 1, 2, 3}.


2. Trouver l’image réciproque de l’ensemble B = [3, 4].

Exercice 2.57 Soit f l’application de R dans [−1, 1] définie par f(x) = cos x.
1. f est-elle injective ?.
2. Soit f l’application de ]0, + ∞[ dans R définie par f(x) = ln x,
f est-elle injective ?.
x
3. Montrer que l’application f de R dans ] − 1, 1[ définie par f(x) = . f est injective et
1 + |x|
surjective.
4. Soit f l’application de [0, 2π] dans [−1, 1] définie par f(x) = sin x, f est-elle injective ?.

Exercice 2.58 Soit f : R −→ R une application définie par f(x) = x2 − 3x + 5.


1. Résoudre dans R, l’équation f(x) = f(0).
2. Est-ce-que l’application f est injective ?
3. Montrer que si g ◦ f est injective, alors f est injective.
4. Montrer que si g ◦ f est surjective, alors f est surjective.
z
Exercice 2.59 Soit ℜ une relation définie sur C∗ par : z ℜ z′ ⇐⇒ ′
∈ R∗+ .
z
1. Montrer que ℜ est une relation d’équivalence.
2. Quelles sont les classes d’équivalence ?.
3. Déterminer l’ensemble quotient.

26
Chapitre 2. Ensembles et Applications

Exercice 2.60 Soit f : R −→ R une application. On définit la relation ℜ sur R par


x ℜ y ⇔ f(x) = f(y).
1. Montrer que ℜ est une relation d’équivalence.
2. Décrire la classe Cx , x∈R.
3. Discuter suivant la valeur de x le nombre d’éléments contenus dans la classe de x
x
dans le cas où f(x) = x3 − 3x + 2 et f(x) = x .
e
Exercice 2.61 Sur R2 , on considère la relation ℜ définie par
(x, y)ℜ(x′ , y′ ) ⇐⇒ x2 + y2 = (x′ )2 + (y′ )2 .
1. Montrer que ℜ est une relation d’équivalence.
2. Déterminer la classe d’équivalence d’un élément de R2 .
3. En déduire l’ensemble quotient de R2 par ℜ.

Exercice 2.62 Soit ℜ la relation sur N∗ définie par : ∀x, y ∈ N∗ , x ℜ y ⇔ x divise y.


1. Montrer que ℜ est une relation d’ordre sur N∗ .
2. ℜ est-elle une relation d’ordre total ?.

Exercice 2.63 Dans N∗ , on définit la relation ℜ par :


∀x, y ∈ N∗ , x ℜ y ⇔ ∃n ∈ N∗ tel que y = xn .
1. Montrer que ℜ est une relation d’ordre partiel sur N∗ .
2. On considère que l’ensemble N∗ est ordonné par la relation ℜ. Soit A = {2, 4, 16}. Déter-
miner le plus grand élément et le plus petit élément de A.
3. La relation ℜ est une relation d’ordre total sur A ?.

Exercice 2.64 Dans R2 , on considère la relation ℜ définie par :


∀(x, y), (x′ , y′ ) ∈ R2 , (x, y) ℜ (x′ , y′ ) ⇔ x ≤ x′ et y ≤ y′ .
1. Montrer que ℜ est une relation d’ordre .
2. L’ordre est-il total ?.
3. Priciser minorants, majorants, bornes inférieure et supérieure
de la partie A = {(1, 5), (2, 1)}.
4. La partie A possède-t-elle un plus grand élément ? un plus petit élément ?

27
Chapitre 3

Nombres réels

La résolution de certaines équations algébriques donnent différents types de nombres.


Ensemble des entiers naturels : l’ensemble des entiers naturels noté N, est donné par :

N = {0, 1, 2, · · · n, . . .} .

Ensemble des entiers relatifs : Les entiers naturels ne peuvent pas résoudre certaines
équation comme : x + 5 = 0. On doit alors construire un ensemble plus grand que N. Cet
ensemble noté Z, est appelé l’ensemble des entiers relatifs :

Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, . . .} .

Ensemble des nombres rationnels : La solution de l’équation 2x − 5 = 0, dans Z montre


5
que l’ensemble des entiers relatifs est insuffisant (x = 2

/ Z). Dans ce cas il faut introduire
un ensemble agrandi du précédent. Cet ensemble noté Q est appelé ensemble des nombres
rationnels.
a
Q= , avec a ∈ Z et b ∈ Z∗ .
b
Nous pouvons écrire le nombre rationnel ab , comme un développement décimal limité :
5 1
2
= 2.5 ou illimité périodique, par exemple 3
= 0.333333...
2
Ensemble des nombres réels : L’équation x − 2 = 0 n’admet aucune solution dans Q car

(x = 2 ∈
/ Q). D’où la nécessite de la construction d’un ensemble de nombres plus vaste
que Q. Cet ensemble noté R est appelé l’ensemble des nombres réels formé des nombres
rationnels et irrationnels.

28
Chapitre 3. Nombres réels

Définition 3.1 Le nombre irrationnel signifie qu’on ne peut pas l’écrire sous la forme d’un quo-
a
tient de deux entiers relatifs b
(tout développement décimal illimité non périodique), qui appartient
à R et n’appartient pas à Q. On note par : R | Q = {x ∈ R et x ∈
/ Q}, l’ensemble des nombres ir-
rationnels.

Dans ce chapitre, nous rappelons d’abord les principales règles de calcul dans l’en-
semble des nombres réels. Nous précisons ensuite la propriété de la borne supérieure et
la borne inférieure. À la fin de ce chapitre, nous étudions la propriété d’Archimède.

3.1 Principales règles de calcul


Nous admettons l’existence d’un ensemble R, contenant Q, muni de deux lois de compo-
sition interne + et × et d’une relation d’ordre total qui prolongent celles définies sur Q et
qui possède les propriétés suivantes.

Axiomes de l’ensemble des nombres réels


1. L’addition est associative : ∀ (x, y, z) ∈ R3 (x + y) + z = x + (y + z) .
2. L’addition est commutative : ∀ (x, y) ∈ R2 x + y = y + x.
3. R possède un élément neutre pour + qui est l’entier 0 : ∀x ∈ R, x + 0 = x.
4. Tout élément x de R possède un symétrique dans R pour la loi + et le note −x :

∀x ∈ R, ∃ (−x) ∈ R, x + (−x) = 0.

Pour x et y réels, on note x − y la somme de x avec l’opposé de y. C’est une loi de compo-
sition interne appelée soustraction qui n’est ni associative, ni commutative.
La commutativité et l’associativité de la loi + ont pour conséquence la possibilité de consi-
dérer des sommes de réels de la forme x1 + x2 + · · · + xn sans se préoccuper de l’ordre des
termes. On note une telle somme
X
n
xk = x1 + x2 + · · · + xn .
k=1

29
Chapitre 3. Nombres réels

Les propriétés de la somme donnent les règles de calcul suivantes : pour m ≤ n


X
n X
n X
n
1) (ak + bk ) = ak + bk ;
k=m k=m k=m
Xn X
n
2) (λak ) = λ ak ;
k=m k=m
Xn
3) 1 = n − m + 1;
k=m
Xn X
n+l X
n+l
4) ak + l = aj = ak (Changements d’indices) .
k=m
| {z } j=m+l k=m+l
j

Propriétés du produit
1. La loi × est associative : ∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x × y) × z = x × (y × z) ;
2. La loi × est commutative : ∀ (x, y) ∈ R2 , x × y = y × x;
3. L’ensemble R possède un élément neutre pour × qui est l’entier 1 : ∀x ∈ R, x×1 = x;
4. Tout élément x de R différent de 0 possède un symétrique dans R pour la loi ×
appelé "inverse de x" et noté x−1 : ∀x ∈ R, ∃x−1 ∈ R, x × x−1 = 1.
5. La loi × est distributive sur + : ∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x + y) × z = (x × z) + (y × z) .
x
6. Pour x et y réels, y ̸= 0, on note le produit de x avec l’inverse de y. C’est une loi
y
de composition interne appelée division qui ni n’est associative, ni commutative.

La commutativité et l’associativité de la loi × ont pour conséquence la possibilité de consi-


dérer des produits de réels de la forme x1 × x2 × · · · × xn . On note
Y
n
xk = x1 × x2 × · · · × xn .
k=1

Les propriétés de produit donnent les règles de calcul suivantes : pour m ≤ n, on a

Y Y Y
n n
! n
!
1) (ak bk ) = ak bk ;
k=m k=m k=m
Yn Y
n
2) λak = λn−m ak .
k=m k=m

30
Chapitre 3. Nombres réels

Par définition, on note n! (se lit factorielle de n)


Y
n
n! = k (n ∈ N∗ ) et 0! = 1.
k=1

Définition 3.2 Pour tout réel x, on définit la puissance n-ième de x (n ∈ N) par la relation :
x0 = 1, (x ̸= 0) et pour tout n ∈ N∗ , xn = x × xn−1 . Pour tout n ∈ N, on a 1n = 1 et pour tout
n ∈ N∗ , on a 0n = 0. Si x est un réel non nul, on note x−n l’inverse du réel xn .

Propriétés de la relation d’ordre dans R


La relation ≤ est une relation d’ordre sur R car

1. elle est réflexive : ∀x ∈ R, x ≤ x;


2. elle est anti-symétrique : ∀ (x, y) ∈ R2 , (x ≤ y et y ≤ x) ⇒ x = y;
3. elle est transitive : ∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y et y ≤ z) ⇒ x ≤ z.

Cette relation d’ordre est compatible avec les lois + et ×,

∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y ⇒ x + z ≤ y + z )

∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y et 0 ≤ z ) ⇒ x × z ≤ y × z.

On écrit aussi x ≥ y pour y ≤ x. On définit la relation < sur R par :

∀ (x, y) ∈ R2 , x < y si (x ≤ y et x ̸= y) .

On note aussi y > x pour x < y.


On note par ailleurs

R+ = {x ∈ R | x ≥ 0} l’ensemble des réels positifs.


R− = {x ∈ R | x ≤ 0} l’ensemble des réels négatifs.
R∗+ = {x ∈ R | x > 0}l’ensemble des réels strictement positifs.
R∗− = {x ∈ R | x < 0} l’ensemble des réels strictement négatifs.
R∗ = {x ∈ R | x > 0 ou x < 0} l’ensemble des réels non nuls.

Proposition 3.3 Donnons quelques proporitétés elementaire sur la relation d’ordre "≤"

31
Chapitre 3. Nombres réels


x≤y
1. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ x + u ≤ y + v.
u≤v

x≤y
2. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ x + u < y + v.
u<v

0≤x≤y
3. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ xu < yv.
0≤u≤v

x≤y
4. ∀x, y, u ∈ R, ⇒ xu ≤ yu.
u≥0

x≤y
5. ∀x, y, u ∈ R, ⇒ xu ≥ yu.
u≤0
1 1
6. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , 0 < x ≤ y ⇒ 0 < ≤ .
y x
1 1
7. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , x ≤ y < 0 ⇒ ≤ < 0.
y x
1 1
8. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , x < 0 < y ⇒ < 0 < .
x y
9. ∀n ∈ N , ∀x ∈ R , ∀y ∈ R , x ≤ y ⇔ x ≤ yn .
∗ + + n

10. ∀x ∈ R+ , ∀n ∈ N, ∀m ∈ N, x ≤ 1 et n ≤ m ⇒ xn ≥ xm .
11. ∀x ∈ R+ , ∀n ∈ N, ∀m ∈ N, x ≥ 1 et n ≤ m ⇒ xn ≤ xm .

3.2 Quelques formules de base dans R


Proposition 3.4 (Formule du binôme de Newton) Soient x et y deux réels et n un entier.
On a
n
X
n
(x + y) = Ckn xk yn−k
k=0
X
n
= Ckn xn−k yk
k=0

= C0n xn−0 y0 + C1n xn−1 y1 + · · · + Cnn x0 yn ,


n!
Ckn = (coefficient binomial, lu : "k parmi n" ou "combinaison de k parmi n").
k! (n − k) !

32
Chapitre 3. Nombres réels

Propriétés 3.5 Pour tous entiers naturels n et k, on a

C0n = Cnn = 1, ∀n ∈ N. (3.1)

Ckn = 0, ∀k > n. (3.2)

Ckn + Ck+1
n = Ck+1
n+1 . ∀n ≥ k. (3.3)

Démonstration. On montre la propriété (3.3), on a


n! n!
Ckn + Ck+1
n = +
k! (n − k) ! (k + 1) ! (n − (k + 1)) !
comme (k + 1) ! = k! (k + 1) et (n − k) ! = (n − k − 1) ! (n − k) , on obtient
 
k k+1 n! 1 1
Cn + Cn = +
k! (n − k − 1) ! n − k k + 1
 
n! n+1
=
k! (n − k − 1) ! (n − k) (k + 1)
(n + 1) !
=
(k + 1) ! (n − k) !
= Ck+1
n+1 .

Triangle de Pascal

Voici le triangle de Pascal qui donne les premières valeurs des coefficients binomiaux,
obtenue à l’aide de la relation (3.3) pour 0 ≤ k ≤ 5.

n\k 0 1 2 3 4 5
0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
5 1 5 10 10 5 1

33
Chapitre 3. Nombres réels

Proposition 3.6 Pour tous réels x et y et pour tout n ∈ N∗ , on a

X
n−1
n n
x − y = (x − y) xn−1−k yk
k=0

= (x − y) xn−1 + xn−2 y + · · · + xyn−2 + yn−1 .




Exemple 3.7 Pour tout entier n ≥ 1, on a

xn − 1 = (x − 1)(xn−1 + xn−2 + · · · + 1).

3.3 Valeur absolue d’un nombre réel


La valeur absolue d’un nombre permet de considérer ce nombre sans tenir compte de
son signe. Autrement dit, si un nombre x est positif, alors la valeur absolue de x est x, mais
si x est négatif, alors la valeur absolue de x est son opposé.

Définition 3.8 On appelle valeur absolue d’un réel x le nombre réel positif, noté |x| défini par

x si x ≥ 0,
|x| =
−x si x < 0.

Voici le graphe de la fonction valeur absolue :

Propriétés 3.9 On a les propriétes suivantes :


1. ∀x ∈ R, |x| = max {x, −x} et |−x| = |x|.
2. ∀x ∈ R, |x| = 0 ⇔ x = 0.

34
Chapitre 3. Nombres réels

3. ∀ (x, y) ∈ R2 , |xy| = |x| |y|.


4. ∀x ∈ R, − |x| ≤ x ≤ |x|.
√   
5. ∀x ∈ R, x = |x| ∧ |x| = x .
2 2 2

6. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a.
7. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≥ a ⇔ ((x ≥ a) ∨ (x ≤ −a)) .
8. ∀x ∈ R, |xn | = |x|n .
9. ∀ (x, y) ∈ R2 , |x + y| ≤ |x| + |y| (1re inégalité triangulaire).
10. ∀ (x, y) ∈ R2 , ||x| − |y|| ≤ |x − y| (2e inégalité triangulaire).

Démonstration.
1. Montrons la propriété 9. On a par définition de la valeur absolue :

− | x |≤ x ≤| x | et − | y |≤ y ≤| y | .

En additionnant membre à membre, on obtient

− (| x | + | y |) ≤ x + y ≤| x | + | x |,

d’où
|x + y| ≤ |x| + |y| .

2. Montrons la propriété 10. On a


 
| x |=| x − y + y |≤| x − y | + | y | | x | − | y |≤| x − y | (a)

| y |=| y − x + x |≤| y − x | + | x | | x | − | y |≥ − | x − y | (b)

Les inégalités (a) et (b), nous donnons

− | x − y |≤| x | − | y |≤| x − y |⇔ || x | − | y || ≤| x − y | .

Ce qui achèves la démonstration. 2

35
Chapitre 3. Nombres réels

3.4 Fonction partie entière


Théorème 3.10 Pour tout x ∈ R, il existe un unique n ∈ Z tel que n ≤ x < n + 1. L’entier
relatif n est appelé partie entière de x, noté E (x) ou [x]. Autrement dit : La fonction partie entière
est l’application

E : R → Z,
x 7→ E (x) .

Exemple 3.11 On a

E (π) = 3, E (2, 99999) = 2,


E (−π) = −4, E (−4) = −4.

La fonction partie entière possède les propriétés suivantes :

Propriétés 3.12 Soit x un nombre réel. On a


1. E (x) ≤ x < E (x) + 1 et x − 1 < E (x) ≤ x.
2. E (x) = x ⇔ x ∈ Z.

36
Chapitre 3. Nombres réels

3. ∀n ∈ Z E (x + n) = E (x) + n.
4. La fonction x 7→ E (x) est croissante sur R.
5. ∀x, y ∈ R E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ {0, 1}.

Démonstration. Nous démontrons la propriété 5, ∀x, y ∈ R, on a les inégalités :


 

 x − 1 < E(x) ≤ x, 
 −x ≤ −E(x) < −x + 1,

 

y − 1 < E(y) ≤ y, ⇒ −y ≤ −E(y) < −y + 1,

 


x + y − 1 < E(x + y) ≤ x + y. 
x + y − 1 < E(x + y) ≤ x + y.

En sommant membre à membre, on obtient

−1 < E(x + y) − E(x) − E(y) < +2,

comme E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ Z, alors

E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ {0, 1} .

Définition 3.13 (Intervalle) Un intervalle de R est un sous-ensemble I de R vérifiant :

∀a, b ∈ I ∀x ∈ R (a ≤ x ≤ b =⇒ x ∈ I) .

Les types d’intervalles


Soit (a, b) ∈ R2 , tels que a < b.
1. Un intervalle fermé :

[a, b] = {x ∈ R | a ≤ x et x ≤ b}.

2. Un intervalle ouvert borné :

]a, b[= {x ∈ R | a < x et x < b}.

3. Un intervalle semi-ouvert borné :

[a, b[= {x ∈ R | a ≤ x et x < b} ou ]a, b] = {x ∈ R | a < x et x ≤ b}.

37
Chapitre 3. Nombres réels

4. Un intervalle minoré :

[a, +∞[= {x ∈ R | a ≤ x} ou ]a, +∞[= {x ∈ R | a < x }.

5. Un intervalle majoré :

] − ∞, b[= {x ∈ R | x < b} ou ] − ∞, b] = {x ∈ R | x ≤ b}.

6. Un intervalle ni majoré ni minoré : ]−∞, +∞[ = R.

Exemple 3.14 I = [1, 2], est un intervalle. Par contre : D = I ∪ J = [1, 2] ∪ [4, 5] n’est pas un
intervalle, car : pour x ∈ I ⊂ D et y ∈ J ⊂ D ∃z = 3, x < z = 3 < y mais 3 ∈
/ D.

Définition 3.15 (Radicaux) Pour x ∈ R+ , on appelle racine carrée de x et on note x l’unique
élément y de R+ tel que y2 = x. Plus généralement
— si n est un entier naturel pair (n ≥ 2) et si x ∈ R+ , on appelle racine n-ième de x et on
√ 1
note n x = x n l’unique élément y de R+ tel que yn = x;
— si n est impair, la racine n-ième de x est définie pour tout x ∈ R : c’est l’unique réel y tel
que yn = x.
Ainsi, par définition,

si n est pair ∀x ∈ R+ y = n
x ⇔ yn = x et y ≥ 0,

si n est impair ∀x ∈ R y = n x ⇔ yn = x.

3

3
Exemple 3.16 −8 = −2 et 8 = 2.
√ √ √ √
Remarque 3.17 On appelle quantité conjuguée de a+ϵ b (ϵ = ±1) l’expression a−ϵ b;
les égalités suivantes :
√ √ a−b
a+ϵ b= √ √ ,
a−ϵ b
√ √
3 a−b
3
a− b= √
3
√ √
3
,
a + 3 ab + b2
2

sont très utiles pour étudier les expressions irrationnelles.

38
Chapitre 3. Nombres réels

3.5 Borne supérieure, borne inférieure dans R


L’ensemble des nombres rationnels possède de nombreuses propriétés. L’ensemble des
réels possède une propriété supplémentaire qui joue un rôle fondamental : c’est la pro-
priété de la borne supérieure et la borne inférieure.

Définition 3.18 Soit A une partie non vide de R.


1. On dit que A est majorée si et seulement si ∃M ∈ R, ∀x ∈ A x ≤ M.
2. On dit que A est minorée si et seulement si ∃m ∈ R, ∀x ∈ A x ≥ m.
3. On dit que A est borné si et seulement si A est majorée et minorée :

∃(M, m) ∈ R2 , ∀x ∈ A m ≤ x ≤ M.

Exemple 3.19 Soit A = [0, 1[ un intervalle bernée


— les majorants de A sont exactement les éléments de [1, +∞[,
— les minorants de A sont exactement les éléments de ] − ∞, 0].

Remarque 3.20 Les majorants et les minorants n’existent pas toujours, quand ils existent ne sont
pas uniques.

39
Chapitre 3. Nombres réels

Définition 3.21 Soit A une partie non vide de R.


1. S’il existe α ∈ A, ∀x ∈ A, x ≤ α. On dit que α le plus grand élément de A. (α = max A).
2. S’il existe β ∈ A, ∀x ∈ A x ≥ β. On dit que β le plus petit élément de A, (β = min A).
Le plus grand élément s’appelle aussi le maximum et le plus petit élément s’appelle le minimum.

Définition 3.22 Soit A une partie non vide de R.


1. Si A est majorée et si l’ensemble des majorants de A contient un plus petit élément M, on
dit que M est la borne supérieure de A. On note : M = sup A.
2. Si A est minorée et si l’ensemble des minorants de A contient un plus grand élément m, on
dit que m est la borne inférieure de A. On note : m = inf A.

Théorème 3.23
1. Tout sous-ensemble A non vide et majoré de R admet une borne supérieure M qui vérifie

∀x ∈ A, x ≤ M,
M = sup A ⇔
∀ε > 0, ∃xε ∈ A, M − ε < xε .

2. Tout sous-ensemble A non vide et minoré de R admet une borne inférieure m qui vérifie

∀x ∈ A, x ≥ m,
m = inf A ⇔
∀ε > 0, ∃xε ∈ A, m + ε > xε .

Exemple 3.24 Montrons que Sup ([0, 2[) = 2. En utilisant la propriété de la borne supérieure :

∀x ∈ E; x ≤ 2,
Sup ([0, 2[) = 2 ⇔
∀ε > 0 ∃x ∈ A; 2 − ε < x .
ε ε

Soit ε > 0, trouvons xε ∈ E tel que : 2 − ε < xε , xε existe dans E, il suffit de prendre :
2−ε+2 ε
xε = 2
=2− 2
∈ E, (car E est un intervalle), d’où Sup(E) = 2.

40
Chapitre 3. Nombres réels

Exemple 3.25 Déterminons (s’ils existent) : les majorants, les minorants, la borne supérieure, la
borne inférieure, le plus grand élément et le plus petit élément de l’ensemble A dans R.
6
A= x=3− , n ∈ N, n ≥ 3 .
n−2
1. Montrons d’abord que A est non vide et borné ?
6
• A ̸= ∅, car ( pour n = 4 ∈ N − {0, 1, 2}, nous trouvons 0 = 3 − ∈ A ).
4−2
• Aest borné ⇔ ∃M, m ∈ R ∀x ∈ A; m ≤ x ≤ M, on a
1
n≥3⇒n−2≥1⇒0< ≤1
n−2
6 6
⇒0< ≤ 6 ⇒ −6 ≤ − <0
n−2 n−2
6
⇒ −3 ≤ 3 − < 3 ⇒ −3 ≤ x < 3,
n−2
donc, 3 est un majorant de A et −3 est un minorant de A.
2. Déterminons : Min(A), Inf(A), Sup(A), et Max(A) s’ils existent?
• ∀x ∈ A − {3} ≤ x, on remarque que −3 ∈ A car : ( pour n = 3 , on a : − 3 =
6
3− ∈ A, donc Min(A) = −3).
3−2
Comme Min(A) existe, alors Inf(A) existe, donc Min(A) = Inf(A) = −3.
• Montrons que Sup(A) = 3. En utilisant la caractérisation de la borne supérieure

∀x ∈ A; x ≤ 3,
Sup(A) = 3 ⇔
∀ε > 0 ∃x ∈ A; 3 − ε < x .
ε ε


 6
∀n ∈ N − {0, 1, 2} ; 3 − ≤ 3, (1)
⇔ nε − 2

∀ε > 0, ∃nε ∈ N − {0, 1, 2} ; 3 − ε < 3 −
6
. (2)
nε − 2
La première inégalité est déjà démontrée.
Examinons la seconde inégalités
Soit ε > 0. On cherche nε ∈ N − {0, 1, 2} ; tel que :
6 6 6 6
3− >3−ε⇔− > −ε ⇔ ε > ⇔ nε > + 2.
nε − 2 nε − 2 nε − 2 ε
 
6
Il suffit de prendre nε = E + 2 + 1 ∈ N − {0, 1, 2} .
ε
Ainsi, Sup(A) = 3.

41
Chapitre 3. Nombres réels

Par exemple : Si on prend ε = 0, 3 > 0, on trouve :


   
6 6
nε = E +2 +1=E + 2 + 1,
ε 0, 3
= E(22) + 1 = 23 ∈ N − {0, 1, 2} .

Donc :
6 6
xε = 3 − =3− = 2, 71 ∈ A.
nε − 2 23 − 2
6 6
Donc Sup(A) = 3 ∈
/ A, car : 3 = 3 − ⇔− = 0 ⇔ −6 = 0, ce qui
n−2 n−2
impossible, on déduit alors que Max(A) n’existe pas.

42
Chapitre 3. Nombres réels

3.6 Exercises
Exercice 3.26 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponse.
1. L’ensemble vide est un intervalle.
2. Pour tout entier n ∈ N∗ , (2n + 1)! est pair.
3. Soit A une partie non vide de R , majorée de R. Si α = supA, alors α ∈ A.
4. Toute partie majorée de R possède une borne supérieure.

Exercice 3.27
1. Soient x, y ∈ R, a > 0. Montrer que :
a) |x| ≤ a ⇔ − a ≤ x ≤ +a, b) |x + y| ≤ |x| + |y|,
c) |x| ≥ a ⇔ x ∈] − ∞; −a] ∪ [a; +∞[, d) ||x| − |y|| ≤ |x − y|.
2. Résoudre dans R, les équations et les inéquations suivantes :
a) |x + 2| = −1, b) |x − 3| ≥ −2,
c) |x − 1| − |x + 2| + |x − 5| = 0, d) |x + 2| − |x − 3| + |x − 4| > 0.

Exercice 3.28 Déterminer (s’ils existent) : les majorants, les minorants, la borne sup, la borne inf,
le plus grand élément et le plus petit élément des ensembles suivants :
 
A = n ∈ N, n2 + 2n ≤ 0 ; D = x ∈ R x2 ≤ 5 ;

B = {x ∈ Z, − 3 ≤ x < 3} ; E = x ∈ Q, x2 ≤ 5 ;

C = {x ∈ R, − 3 ≤ x < 3} ; F = sin nπ

4
, n∈Z .

Exercice 3.29 Soient A et B deux ensembles non vides et bornés de R.


1. Montrer que :
i) Si A ⊂ B, alors SupA ≤ SupB et InfB ≤ InfA ;
ii) Sup(A ∪ B) = max(SupA, SupB);
iii) Inf(A ∪ B) = min(InfA, InfB).
2. Application
i) Déterminer les bornes supérieures et les bornes inférieures des deux ensembles suivants :
1 1 1
A= 1+ , n ∈ N∗ ; B = −1 + , n ∈ N . C (−1)n + , n ∈ N∗ .
2n 2n + 1 n

ii) En déduire max A, min A, max B et min B, max C, min C.

43
Chapitre 4

Suites numériques

Dans ce chapitre, on rappelle quelques généralités sur les suites, nous donnons les dé-
finitions et les principaux théorèmes des suites convergentes et des suites divergentes.
Ensuite nous étudions le critère de Cauchy qui nous permet de dire s’il y a une limite sans
connaître cette limite.

4.1 Définitions et généralités


Définition 4.1 Une suite réelle est une application d’un sous-ensemble infini de N dans R.

u: N → R
n 7→ u (n) .

On note u par (un )n . Pour n ∈ N, le terme un est appelé terme général de rang n de la suite
numérique (un ). Autrement dit, (un )n est une suite de terme général un .

Définition 4.2 On dit qu’une suite réelle (un )n est à termes positifs (resp. négatifs) si pour
tout n ∈ N, on a un ≥ 0 (resp. un ≤ 0).

Suites stationnaires, suites périodiques


Définition 4.3 On appelle suite stationnaire une suite dont les termes sont constants à partir
d’un certain rang. Soit encore :

∃a ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 un = a.

44
Chapitre 4. Suites numériques

 
5
Exemple 4.4 La suite de terme général un = E est une suite définie sur N∗ . On a ∀n ≥ 6,
n
un = 0, d’où
(un )n : (5, 2, 1, 1, 1, 0, 0, · · · )
est une suite stationnaire.

Définition 4.5 (Suites périodiques ) Une suite réelle est périodique s’il existe un entier k ≥ 1
tel que, pour tout entier n , on ait un+k = un . Soit encore

∃k ∈ N∗ , ∀n ∈ N un+k = un .

Définition 4.6 (Suites monotones)


1. On dit que la suite réelle (un )n est croissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≥ un .
2. On dit que la suite réelle (un )n est strictement croissante si : ∀n ∈ N, un+1 > un .
3. On dit que la suite réelle (un )n est décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 ≤ un .
4. On dit que la suite réelle (un )n est strictement décroissante si : ∀n ∈ N, un+1 < un .
5. On dit qu’une suite réelle est monotone si elle est croissante ou décroissante.
6. On dit qu’une suite réelle est strictement monotone si elle est strictement croissante ou
strictement décroissante.

Exemple 4.7
Xn
1
1. La suite (un )n de terme général un = p
où p ∈ N∗ est strictement croissante puisque
k=1
k
pour tout n ∈ N,
X
n+1
1 Xn
1
un+1 − un = p

k=1
k k=1
kp
X X
n
! n
1 1 1
= + −
k=1
k p (n + 1)p k=1
kp
1
= > 0.
(n + 1)p
 
1
2. Montrons que la suite (un )n de terme général un = exp 2n + est strictement crois-
n
sante. Il s’agit d’une suite à termes strictement positifs. Pour tout n ∈ N∗ , on a
1
un+1 e(2(n+1)+ n+1 ) 1
= 1
= e2− n(n+1) .
un e(2n+ n )

45
Chapitre 4. Suites numériques

Comme 0 < 1
n(n+1)
< 1 pour tout n ∈ N∗ , on a 1 < 2 − 1
n(n+1)
< 2. La fonction exponen-
tielle étant croissante, on obtient
un+1
> e1 > 1.
un
Définition 4.8 (Suites bornées)
1. Une suite réelle (un )n est dite majorée s’il existe un réel A tel que pour tout n ∈ N, on ait
un ≤ A. Ce réel A est appelé un majorant de la suite (un )n .
2. Une suite réelle (un )n est dite minorée s’il existe un réel B tel que pour tout n ∈ N, on ait
un ≥ B. Ce réel B est appelé un minorant de la suite (un )n .
3. Une suite réelle (un )n est dite bornée s’il existe un réel positif M tel que pour tout n ∈ N,
on ait |un | ≤ M.

Exemple 4.9
1. La suite (un )n de terme général un = sin (n) est bornée car ∀n ≥ 0 |un | ≤ 1.
2. La suite (un )n de terme général un = en n’est pas bornée.

Théorème 4.10 Une suite réelle est bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et minorée.

Démonstration. La première assertion se démontre aisément en utilisant les propriétés de


la valeur absolue. Si la suite réelle (un )n est bornée par M ∈ R∗+ alors M est un majorant
et −M est un minorant de la suite. Réciproquement, si la suite réelle (un )n est majorée par
le réel A et minorée par le réel B alors elle est bornée par M = max(A, B). 2

Remarque 4.11 On considère une suite numérique de terme général un .


1. Une suite bornée n’est pas nécessairement convergente. C’est le cas de la suite de terme
général (−1)n qui est bornée par 1 mais qui diverge.
2. Une suite réelle tendant vers plus l’infini n’est pas majorée mais une suite qui n’est pas
majorée ne tend pas nécessairement vers plus l’infini. C’est le cas de la suite de terme général
(−1)n qui n’est pas majorée et qui ne tend pas vers plus l’infini.

Définition 4.12 (Sous-suite) Une suite numérique (vn )n est une suite extraite ou une sous-
suite de la suite (un )n s’il existe une application h strictement croissante, telle que

∀n ∈ N, vn = uh(n) .

46
Chapitre 4. Suites numériques

Exemple 4.13
1. L’application h : n ∈ N 7→ 2n est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de terme
général vn = u2n est appelée suite des termes pairs extraite de la suite (un )n .
2. L’application h : n ∈ N 7→ 2n + 1 est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de
terme général wn = u2n+1 est appelée suite des termes impairs extraite de la suite (un )n .
3. L’application h : n ∈ N 7→ n3 est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de terme
général vn = un3 est une suite extraite de la suite (un )n .
4. La suite de terme général vn = ucos( nπ
3
) n’est pas une suite extraite de la suite (un )n puisque

h : n ∈ N 7→ cos( nπ
3
) n’est pas à valeurs dans N.

4.2 Convergence d’une suite numérique


Définition 4.14 On dit que la suite numérique (un )n converge vers le réel l, si

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ |un − l| < ε) .

Le réel l est appelé limite de la suite.

Remarque 4.15 L’assertion précédente définissant la convergence de la suite (un )n vers l, s’inter-
prète ainsi : une fois un réel ε strictement positif fixé, on peut trouver un entier N à partir duquel
tous les termes de rang supérieur à N sont à une « distance » de l, inférieure à ε. On peut donc
trouver un rang à partir duquel les valeurs de la suite sont arbitrairement proches de l.

Définition 4.16 (Suites divergentes) Soit (un )n une suite réelle. On dit que cette suite tend
vers +∞ (resp. −∞) si l’on a :

∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un > A,

( resp. ∀B ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un < B ).

On écrit alors lim un = +∞ (resp. lim un = −∞) et on dit que la suite (un )n est divergente.
n→+∞ n→+∞

Théorème 4.17 Si la suite numérique (un )n converge, alors la limite de la suite est unique. On
la note
lim un = l.
n→+∞

47
Chapitre 4. Suites numériques

Démonstration. Raisonnons par l’absurde et supposons que la suite (un )n converge et qu’elle a
deux limites l1 et l2 distinctes. Alors on a

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ |un − l1 | < ε)


∀ε > 0, ∃n1 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n1 ⇒ |un − l2 | < ε)

ε étant donné, n0 et n1 n’ont aucune raison d’être égaux.


1
Prenons en particulier ε = |l2 − l1 | > 0. On obtient donc
3
1 1
∀n ≥ max(n0 , n1 ), |un − l1 | < |l2 − l1 | et |un − l2 | < |l2 − l1 | .
3 3
Ecrivons alors l2 − l1 = l2 − un + un − l1 . L’inégalité triangulaire donne

|l2 − l1 | ≤ |un − l2 | + |un − l1 | .

Par conséquent si n ≥ max(n0 , n1 ), on a

1 1 2
|l2 − l1 | ≤ |un − l2 | + |un − l1 | < |l2 − l1 | + |l2 − l1 | ; i.e |l2 − l1 | < |l2 − l1 | .
3 3 3
D’où la contradiction. 2
1
Exemple 4.18 Soit la suite (un )n définie sur N∗ par un = . Alors lim un = 0.
n n→+∞ 
1
Il nous faut démontrer ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N∗ , ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ −0 <ε .
n

48
Chapitre 4. Suites numériques

1
Soit ε trouvons n0 tel que n ≥ n0 ⇒ − 0 < ε, alors
n
1 1
− 0 = < ε.
n n
 
1
Il suffit donc de prendre n0 = E +1.
ε
Si on prend ε = 10−2 , on obtient n0 = 101.

4.3 Propriétés des limites


Théorème 4.19 Soit (un ) une suite numérique , on a l’équivalence suivante

lim un = 0 ⇔ lim |un | = 0.


n→+∞ n→+∞

Démonstration. On a

lim un = 0 ⇔ ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ |un − 0| < ε)


n→+∞

⇔ ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ ||un | − 0| < ε)


⇔ lim |un | = 0.
n→+∞

2
n
(−1)
Exemple 4.20 Soit la suite (un )n définie sur N∗ par un = , alors
n
(−1)n (−1)n
lim =0 ⇔ lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ n
Théorème 4.21 Si la suite réelle (un )n converge vers le réel l alors la suite réelle de terme général
|un | converge vers le réel positif |l| .

Démonstration. Supposons que lim un = l, c’est-à-dire


n→+∞

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ |un − l| < ε) .

D’après la deuxième inégalité triangulaire, on a ||un | − |l|| ≤ |un − l| . Alors

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ ||un | − |l|| < ε) ⇔ lim |un | = |l| .


n→+∞

c’est-à-dire que la suite numérique de terme général |un | converge vers |l| . 2

49
Chapitre 4. Suites numériques

Remarque 4.22 En général, on ne peut rien conclure sur la nature de la suite de terme général
un à partir de la nature de la suite de terme général |un | Considérons la suite de terme général
un = (−1)n . La suite de terme général |un | converge vers 1 mais la suite (un )n diverge. Dans le
cas où la suite converge vers 0, on a toutefois le résultat suivant.

Démonstration. La suite numérique (un )n converge vers 0 si et seulement si la suite réelle de


terme général |un | converge vers 0 . 2

Théorème 4.23 Si une suite réelle à termes positifs converge, sa limite est un réel positif.

Démonstration. Considérons une suite (un )n à termes positifs qui converge vers un réel l, c’est-
à-dire,
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ l − ε < un < l + ε) .

Pour montrer que le réel l est nécessairement positif, En utilisant le raisonnons par l’absurde. Si
1
on suppose que l est strictement négatif alors on établit en prenant ε = |l| > 0, nous obtenons
2
1 1 3 1
l− |l| < un < l + |l| ⇔ l < un < l < 0,
2 2 2 2
ce qui est impossible puisque la suite (un )n est à termes positifs. On en conclut que le réel l est
nécessairement positif. 2

Théorème 4.24 Si la suite réelles (un )n converge vers l alors toute sous-suite de la suite (un )n
converge également vers l.

1
Exemple 4.25 La suite de terme général wn = 3 converge vers 0 car il s’agit d’une suite extraite
n
1
de la suite de terme général un = dont on a montré la convergence vers 0.
n
Théorème 4.26 Toute suite réelle convergente est bornée.

Démonstration. Supposons que la suite (un )n converge vers l, d’après la définition, on a pour
ε = 1,

∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ |un − l| < 1) i.e l − 1 < un < l + 1.

Posons M = max(u0 , u1 , · · · , un0 −1 , l + 1), m = min (u0 , u1 , · · · , un0 −1 , l − 1) on a bien ∀n ∈


N, m ≤ un ≤ M (séparer les deux cas n < n0 , n ≥ n0 ), ce qui achève la preuve. 2

50
Chapitre 4. Suites numériques

Remarque 4.27 La réciproque est fausse.

Exemple 4.28 La suite un = (−1)n est bornée mais elle n’a pas de limite, donc elle n’est pas
convergente.

Théorème 4.29 Soient (un )n une suite bornée et (vn )n une suite convergente de limite nulle, alors
(un vn )n est convergente de limite nulle.

Démonstration. Puisque (un )n est une suite bornée, il existe M ∈ R∗+ , |un | ≤ M, comme
lim vn = 0, on a
n→+∞
ε
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |vn | < .
M
Alors
ε
∀n ≥ n0 |un vn | = |un | |vn | < M × = ε,
M
ce qui montre bien que la suite (un vn )n converge vers 0. 2

sin (n)
Exemple 4.30 Considérons la suite (un )n de terme général un = . Compte tenu du fait
1
 n2
que la fonction sinus est bornée et la suite n2 n tend vers 0, le théorème précédent permet de
conclure que la suite (un )n converge vers 0.

Théorème 4.31 Soient (un )n et (vn )n deux suites réelles convergentes telles que, à partir d’un
certain rang, on a un ≤ vn . Alors lim un ≤ lim vn .
n→+∞ n→+∞

Démonstration. Considérons la suite (vn − un )n . Cette suite est positive ou nulle et on a

lim (vn − un ) = lim vn − lim un .


n→+∞ n→+∞ n→+∞

Comme toute suite réelle à termes positifs converge, sa limite est un réel positif. D’où lim vn −
n→+∞
lim un ≥ 0. 2
n→+∞

Théorème 4.32 Soient (un )n , (vn )n et (wn )n trois suites telles que, à partir d’un certain rang, on
ait un ≤ vn ≤ wn . Alors, si (un )n et (wn )n sont convergentes de même limite l, la suite (vn )n est
convergente de limite l.

51
Chapitre 4. Suites numériques

Démonstration. On a lim un = lim wn = l, i.e


n→+∞ n→+∞

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |un − l| < ε, d’où l − ε < un ,


∀ε > 0, ∃n1 ∈ N, ∀n ≥ n1 , |wn − l| < ε, d’où wn < l + ε.

Soit n2 le rang à partir duquel on a un ≤ vn ≤ wn . Pour n ≥ max (n0 , n1 , n2 ) on peut écrire


l − ε < un ≤ vn ≤ wn < l + ε et par conséquent :

l − ε < vn < l + ε i.e |vn − l| < ε.

Ce qui montre que la suite (vn )n est convergente de limite l. 2

4.4 Suites adjacentes


Théorème 4.33 (Suites adjacentes) Soit (un )n et (vn )n deux suites réelles convergentes. (un )n
et (vn )n sont dites adjacentes si les deux conditions suivantes sont satisfaites :
1. l’une des deux suites est croissante et l’autre est décroissante ;
2. lim (un − vn ) = 0. (Les deux suites ont la même limite).
n→+∞
Autrement dit : deux suites adjacentes sont convergentes et ont la même limite.
Pn 1
Exemple 4.34 La suite (un )n≥1 de terme général un = 2
est croissante puisque pour tout
k=1 k
n ≥ 1,

P
n+1 1 Pn 1
un+1 − un = 2
− 2
k=1 k k=1 k
1 1
= > 0.
k 2
(n + 1)2
1
La suite (vn )n de terme général vn = un + est décroissante puisque pour tout n ≥ 1
n
   
1 1
vn+1 − vn = un+1 + − un +
n+1 n
1 1 1
= 2
+ −
(n + 1) n+1 n
1
=− < 0.
n (n + 1)2

52
Chapitre 4. Suites numériques

1
Par ailleurs : lim (un − vn ) = lim = 0. Les suites (un )n et (vn )n sont donc adjacentes.
n→+∞ n→+∞ n

Théorème 4.35 (Convergence d’une suite monotone) Soit (un )n une suite réelle.

1. Si (un )n est croissante, alors (un )n elle converge si et seulement si elle est majorée.
2. Si (un )n est décroissante, alors (un )n elle converge si et seulement si elle est minorée.

Démonstration. Montrons (1) . On sait que toute suite convergente est bornée. Il reste à démon-
trer que toute suite (un )n croissante majorée est convergente. Soit M un majorant de la suite (un )n
on a donc ∀n ∈ N, un ≤ M. Par conséquent l’ensemble {un , n ∈ N} est une partie non vide de
R majorée. D’après la propriété de la borne supérieure elle admet une borne supérieure [Link] al-
lons montrer que la suite (un )n converge vers l. La caractérisation de la borne supérieure permet
d’écrire :
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, l − ε < un0 ≤ l.
Mais, puisque la suite est croissante et majorée par l, on en déduit :

∀n ≥ n0 , un0 ≤ un ≤ l

c’est-à-dire
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , l − ε < un ≤ l.
D’où
lim un = l = sup{un , n ∈ N}.
n→+∞

Exemple 4.36 Considérons la suite (un )n définie sur N∗ par


Pn 1 1 1 1
un = k=0 = + + ··· + .
k+n n n+1 2n
Pour tout n > 0 on a
   
1 1 1 1 1 1
un+1 − un = + + ··· + − + + ··· +
n+1 n+1 2n + 2 n n+1 2n
1 1 1
= + −
2n + 1 2n + 2 n
(3n + 1)
=− < 0.
n (2n + 1) (2n + 2)
Donc la suite (un )n est strictement décroissante. Cette suite étant minoré par 0, (∀n > 0, un > 0),
on en déduit qu’elle est convergente.

53
Chapitre 4. Suites numériques

Théorème 4.37 (Bolzano-Weierstrass) De toute suite bornée de nombres réels on peut extraire
une suite convergente.

Exemple 4.38 La suite (sin (n))n est divergente, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass on
sait qu’on peut toutefois extraire de cette suite une sous-suite qui converge. Le théorème de Bolzano-
Weierstrass ne nous indique malheureusement pas comment obtenir une telle sous-suite.

Théorème 4.39 (Comparaison) Soient (un )n et (vn )n deux suites réelles telles que, à partir d’un
certain rang, on ait un ≤ vn .

1. Si la suite (un )n tend vers +∞ alors la suite (vn )n tend vers +∞.
2. Si la suite (vn )n tend vers −∞ alors la suite (un )n tend vers −∞.

Théorème 4.40 Soit (un )n une suite réelle.


1. Si (un )n est croissante et non majorée alors lim un = +∞.
n→+∞

2. Si (un )n est décroissante et non minorée alors lim un = −∞.


n→+∞

Démonstration.
Montrons (1) . Supposons (un )n croissante et non majorée. On a alors

∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, un0 > A (puisque A n’est pas un mojorant)

et comme (un )n est croissante : ∀n ≥ n0 , un ≥ un0 > A. On en déduit bien lim un = +∞.
n→+∞
2

Remarque 4.41 En prenant la contraposée de l’assertion énoncée dans la proposition précédente


4.24, on obtient une condition suffisante pour qu’une suite n’admette pas de limite dans R : il suffit
que deux suites extraites aient deux limites distinctes.

Exemple 4.42 La suite de terme général

1
un = (−1)n +
n+2
est une suite divergente car la suite des termes pairs converge vers 1 et la suite des termes impairs
converge vers −1.

54
Chapitre 4. Suites numériques

4.5 Suite de Cauchy


Si l’on veut démontrer la convergence d’une suite (un ) en appliquant la définition de
limite, il faut d’abord connaître (ou deviner) cette limite présumée l. Le critère de Cauchy
permet de démontrer la convergence d’une suite, sans savoir quelle en est la limite. Intui-
tivement parlant, le critère de Cauchy dit qu’une suite (un ) converge si pour des indices
p et q suffisamment grands, les deux termes up et uq sont aussi proches que l’on veut. De
façon précise :
Définition 4.43 Soit (un )n une suite de nombres réels. On dit que (un )n est une suite de Cauchy
si l’on a :

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀p, q ∈ N, tels que (p ≥ q ≥ n0 ) ⇒ |up − uq | < ε

i.e. (un ) est une suite de Cauchy si pour tout ε > 0 les distances entre termes |up − uq | sont
inférieures à ε à partir d’un certain rang.
1
Exemple 4.44 Montrons que la suite (un )n de terme général un = est une suite de Cauchy.
n2
Pour p, q ∈ N avec p ≥ q, on a
1 1
|up − uq | = 2
− 2
p q
(p + q) (p − q)
= ,
p 2 q2
2
comme 0 ≤ p − q ≤ p et 0 ≤ p + q ≤ 2p, nous obtenons |up − uq | ≤ 2 .
r ! q
2
Soit ε un réel strictement positif et n0 = E + 1. Quels que soient les entiers p et q vérifiant
ε
2
p ≥ q ≥ n0 on a, 2 < ε et par conséquent |up − uq | < ε. D’après la définition, la suite de
q
1
terme général un = 2 est une suite de Cauchy. Ou bien nous choisissons p = 2n et q = n, le
n
résultat est immédiat.

Théorème 4.45
1. Toute suite de Cauchy est bornée.
2. Toute suite réelle convergente est une suite de Cauchy.
3. Toute suite réelle de Cauchy est convergente.

Démonstration. Laissée en exercice. 2

55
Chapitre 4. Suites numériques

4.6 Suites récurrentes


Soit E un sous-ensemble de R et f : E −→ E une application de, on peut définir la suite
(un )n par :
1. La donnée du terme initial u0 où u0 ∈E.
2. La donnée d’une relation de récurrence : ∀n ∈ N, un+1 = f (un ) .
On dit alors que la suite (un )n est définie par récurrence. Notons que la condition f (E) ⊂ E
assure que cette suite est bien définie.
1
Exemple 4.46 Soit la suite définie par u0 > 0 et ∀n ∈ N, un+1 = 2 + . La suite (un )n est bien
u2n
définie et à valeurs ≥ 2 à partir du rang 1. On ne restreint pas donc la généralité en supposant
u0 ≥ 2 et on peut alors écrire la relation de récurrence sous la forme un+1 = f (un ) où

f : [2, +∞[ → [2, +∞[,


1
x 7→ f(x) = 2 + .
x2

Le cas où f est croissante

Théorème 4.47 Soit (un )n une suite définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) . Si f est
croissante, alors la suite est monotone. Plus précisément :

1. Si u1 − u0 ≥ 0, la suite (un )n est croissante.


2. Si u1 − u0 ≤ 0, la suite (un )n est décroissante.

Dans le cas (1), la suite (un )n converge si et seulement si elle est majorée, sinon elle tend vers +∞.
De même, dans le cas (2) la suite (un )n diverge si et seulement si elle est minorée, sinon elle tend
vers −∞.

56
Chapitre 4. Suites numériques

4.7 Exercices
Exercice 4.48 Répondre par vrai ou faux, justifier votre réponse :
1. Il existe des suites qui ne sont ni croissantes ni décroissantes.
2. Toute suite convergente est bornée.
3. Toute suite bornée est convergente.
4. La somme de deux suites divergentes est une suite divergente.
5. Le produit de deux suites divergentes est une suite divergente.
6. Si lim |un | = 0, alors lim un = 0.
n→+∞ n→+∞
7. Si (|un |) converge alors (un ) converge.
8. Si (un ) et (vn ) majorées alors (un .vn ) croissante.
9. Si (un ) converge vers l, alors l = sup {un , n ≥ 1}.
10. Si (un ) majorée, alors lim un = +∞.
n→+∞

Exercice 4.49
3n + 1
1. Soit la suite numérique réelle définie par : un = .
5n + 2
— En utilisant la définition de la limite montrer que : lim un = 35 .
n→+∞
3 −4
— À partir de quel rang a-t-on : un − 5
< 10 ?
3
− 10−4 ; 35 + 10−4 .

— Combien de termes de la suite (un )n∈N n’appartiennent pas à l’intervalle : 5

2. En utilisant la définition de la limite d’une suite montrer que :


(−1)n
 
n 1
1) lim 2 = +∞, 2) lim = 0, 3) lim ln = −∞.
n→+∞ n→+∞ n n→+∞ n
Exercice 4.50 Etudier la nature des suites suivantes :
E n2 sin n1 X
n

sin(n) 1
1) un = , 2) un = , 3) un = √ ,
n 2n k=1
n2 + k
1 + 2 + ··· + n Xn
1 an − bn
4) un = , 5) un = (a > 1), 6) un = ; a > 0; b > 0,
n3 k=1
ak a n + bn

√ √ √ √ 1
9) un = (−1)n +
3 3
7) un = 1 + n − n, 8) un = 1+n− n, ,
n
n! an 5 × 7 × 9 · · · (2n + 5)
10) un = n , 11) un = , 12) un = ,
n n! 4 × 7 × 10 · · · (3n + 4)
 2 n
 x n n −n+3 n + (−1)n
13) un = 1 + , x ∈ R, 14) un = , 15) un = .
n n2 + 3n − 1 2n + (−1)n

57
Chapitre 4. Suites numériques

Exercice 4.51 Les suites (un )n et (vn )n suivantes sont-elles adjacentes ?

1 1 1 1 1
1) un = 1 + + + + + ··· + et vn = un + , (n ∈ N∗ ),
1! 2! 3! n! n!
1 1 1 1
2) un = 1 + 2 + 2 + · · · + 2 et vn = un + , (n ∈ N∗ ).
2 3 n n
Exercice 4.52 Soient p et q deux réels tels que p > q > 0. On définit deux suites (un )n et (vn )n
par :

 p q
un = un−1 + vn−1 , n ≥ 1,
p+q p+q

 vn =
q
un−1 +
p
vn−1 , n ≥ 1.
p+q p+q
On suppose : u0 < v0 .
1. Montrer que pour tout n ∈ N : vn > un .
2. Montrer que (un ) et (vn )n sont adjacentes.
3. Montrer que la somme un + vn est indépendante de n.
4. En déduire lim un et lim vn .
n→+∞ n→+∞

5. Application : On prend p = 3 et q = 2.

Exercice 4.53 En utilisant des sous-suites convenables, montrer que les suites de terme général :
 nπ  n + (−1)n n  nπ 
1) un = cos , 2) vn = , 3) wn = cos ,
4 n − (−1)n n2 3

sont divergentes.

Exercice 4.54 Soit (un ) une suite numérique. Montrer que :


1. Si les sous suites (u2n )n , (u2n+1 )n et (u3n )n sont convergentes, alors (un )n est conver-
gente.
2. Si les sous suites (u2n )n et (u2n+1 )n sont adjacentes, alors (un )n est convergente.

Exercice 4.55 En utilisant le critère de Cauchy, déterminer la nature des suites (un )n défines par :

Xn
1 X
n
sin k
1) un = , 2) un = .
k=2
ln k k=1
2k

58
Chapitre 4. Suites numériques

Exercice 4.56 Soit (un )n une suite numérique telle que :

|un+1 − un | ≤ k |un − un−1 | avec 0 < k < 1.

1. Montrer que : |un+1 − un | ≤ kn |u1 − u0 | , n ≥ 1.


2. Montrer que ∀(p, q) ∈ N × N; 0 ≤ q ≤ p, on a :
kq
|up − uq | ≤ |u1 − u0 | .
1−k
3. En déduire la nature de la suite (un )n
4. Application : Soit (un )n une suite numérique donnée par :

u0 ∈ R,
u 1 5
n+1 = sin un + , ∀n ∈ N.
2 2
Indication : ∀a, b ∈ R |sin b − sin a| ≤ |b − a| .

Exercice 4.57 On considère la suite (un )n définie par :




u0 ∈ R,
 un
un+1 = , n ∈ N.
(un )2 + 1
1. On pose : u0 = α.
a) Déterminer α pour que la suite (un )n soit nulle.
2. Pour : u0 > 0.
a) Montrer que : ∀n ∈ N, un > 0.
b) Montrer que (un )n est strictement décroissante.
c) Déduire qu’elle est convergente et calculer sa limite.
3. Pour : u0 < 0.
a) Montrer que : ∀n ∈ N, un < 0.
b) Montrer que (un )n est strictement croissante.
c) Déduire qu’elle est convergente et calculer sa limite.
4. Déterminer sup, inf, max et min s’ils existent de l’ensemble

E = {|un | , n ∈ N} .

59
Chapitre 5

Fonctions réelles d’une variable réelle

Dans ce chapitre, nous commençons par un rappel sur les fonctions d’une variable
réelle. Puis nous étudions la notion de limite. Nous terminons ce chapitre par les notions
de continuité, continuité uniforme et énoncer ensuite quelques théorèmes fondamentaux.

5.1 Généralités sur les fonctions


Définition 5.1 On appelle fonction réelle sur un sous ensemble E de R tout procédé qui, à tout
élément x de E, permet d’associer un élément de l’ensemble R, appelé alors image de x et noté f(x).
Les éléments de E qui ont une image par f forment l’ensemble de définition de f, noté Df , dans ce
cas la fonction est aussi appelée application.

Exemple 5.2 La fonction f : x 7→ x2 − 1 est définie pour tout x ∈ R tel que x2 − 1 ≥ 0. Donc

x ∈ ]−∞, −1] ∪ [1, +∞[ = Df . L’image de 4 par f est 15, on dit que 4 est un antécédent de 15.

Définition 5.3 (Graphe d’une fonction) On appelle graphe ou courbe d’une fonction f l’en-
semble des couples (x, f(x)) tels que : x ∈ Df , et y = f(x). En notant le graphe de f par Γf , on
a

Γf = (x, y) ∈ R2 : x ∈ Df , y = f(x) ⊂ R2 .

60
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Définition 5.4 (Égalité de fonctions) Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur
Df et Dg .

Df = Dg ,
f = g si
f(x) = g(x) quel que soit x ∈ Df .

2 x3 + 2x2
Exemple 5.5 La fonction f définie par f(x) = x et la fonction g définie par g(x) = sont
x+2
égales sur R − {2}.

Définition 5.6 (Restriction, prolongement) Soit A un sous-ensemble de Df . La restriction de


f à l’ensemble A est la fonction notée par fA ou bien f̃ définie par :

f̃(x) = f(x), ∀x ∈ A.

alors f est un prolongement de fA . à Df .

Exemple 5.7 Soit f l’application définie par :

f:R→R
x 7→ cos x.

La restriction de f à l’intervalle [0, π[ est donnée par :

f̃ : [0, π[ → R
x 7→ cos x.

61
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.1.1 Fonctions paire, impaire et périodique


Définition 5.8 Soit f : Df → R, une fonction définie sur Df qu’est symétrique par rapport à
l’origine
1. La fonction f est dite paire si, pour tout x ∈ Df tel que −x ∈ Df on a f(−x) = f(x).
2. La fonction f est dite impaire si, pour tout x ∈ Df tel que −x ∈ Df on a f(−x) = −f(x).

Exemple 5.9
1. f(x) = xn , où n ∈ N, alors Df = R et f(−x) = (−1)n f(x), donc si n pair f est paire et n
impair alors f est impaire.
x+2
2. La fonction f(x) = 2 ni paire, ni impaire.
x +1

Définition 5.10 Une fonction est dite périodique de période T > 0, si le nombre T est le plus
petit tel que f(x + T ) = f(x) quel que soit x ∈ Df .

Exemple 5.11 Soit f(x) = x − E(x), x ∈ R. f est périodique, de période T = 1, car :

f(x + 1) = (x + 1) − E (x + 1)
= x + 1 − [E (x) + 1]
= f(x).

62
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.1.2 Fonction majorée, minorée et bornées


Définition 5.12 Soit f : D → R, on dit que f est majorée (resp. minorée, bornée) si

f (D) = {f (x) | x ∈ D}

est une partie majorée (resp. minorée, bornée) de R.

Théorème 5.13 Soit f : D → R, f est bornée sur D si et seulement si |f| est majorée sur D, i.e.

∃B ∈ R∗+ , ∀x ∈ D, |f (x)| ≤ B.
cos x
Exemple 5.14 Soit f(x) = , alors Df = R. D’un coté 0 ≤ |cos x| ≤ 1 et d’un autre coté :
1 + x2
1
1 + x2 ≥ 1 ⇒ ≤ 1,
1 + x2
1 |cos x|
et comme 2
≥ 0, alors : |f(x)| = ≤ 1, et par suite f est bornée.
1+x 1 + x2
Définition 5.15 (Fonction composée) Soit f une fonction numérique définie sur Df et si g est
une autre fonction définie sur Dg tel que f (Df ) ⊂ Dg . On définit la fonction h, "composée de f
par g" , par
h(x) = g[f(x)], x ∈ Df .
On note : h = g ◦ f. On a donc le schéma
f g
x −→ y = f (x) −→ z = g (y)
⧹ ⧸
−→ g ◦ f ←−

63
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Définition 5.16 (Fonction monotone) Soit f une fonction numérique définie sur D. On dit que
1. f est croissante (resp. décroissante) sur D si :

∀x1 , x2 ∈ D, x1 ≤ x2 ⇒ f (x1 ) ≤ f (x2 ) (resp. x1 ≤ x2 ⇒ f (x1 ) ≥ f (x2 )).

2. f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur D si :

∀x1 , x2 ∈ D, x1 < x2 ⇒ f (x1 ) < f (x2 ) (resp. x1 < x2 ⇒ f (x1 ) > f (x2 )).

3. f est monotone (resp. strictement monotone) sur D si f est croissante sur D ou décroissante
sur D (resp. strictement croissante ou strictement décroissante sur D).

Définition 5.17 (Voisinage d’un point x0 ∈ R) Soit x0 ∈ R, on dit que f : Df −→ R est définie
dans un voisinage de x0 sauf peut être en x0 , s’il existe ϵ > 0 tel que :

]x0 − ϵ, x0 + ϵ[⊂ Df ou éventuellement ]x0 − ϵ, x0 + ϵ[\ {x0 } ⊂ Df .

Exemple 5.18 Soit la fonction suivante :

f : R \ {2} → R,
3x
x 7→ .
x−2

64
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

1. La fonction f est définie au voisinage de x0 = 4 car : ∃α = 1 > 0 tel que ]x0 − α, x0 + α[=
]4 − 1, 4 + 1[=]3, 5[ un intervalle contenant 4 et ]3, 5[⊂ Df .
2. La fonction f est définie au voisinage de x0 = 2 car : ∃α = 2 > 0 tel que ]x0 − α, x0 + α[=
]2 − 2, 2 + 2[=]0, 4[ un intervalle contenant 2 et ]0, 4[\ {2} ⊂ Df .

Définition 5.19 Soit x0 ∈ R ∪ {±∞}, on dit que f : Df −→ R est définie au voisinage de


x0 = +∞, s’il existe α ∈ R tel que : ]α, +∞[⊂ Df .

Exemple 5.20 Soit la fonction suivante :

f : ]0, +∞[ → R
x 7→ ln x.

La fonction f est définie au voisinage de +∞ car : ∃α = 2 ∈ R tel que : ]2, +∞[⊂ Df .

Définition 5.21 Soit x0 ∈ R ∪ {±∞}, on dit que f : Df −→ R est définie au voisinage de


x0 = −∞, s’il existe λ ∈ R : tel que ] − ∞, λ] ⊂ Df .

Exemple 5.22 Soit la fonction suivante :

f : ] − ∞, 1] → R+

x 7→ 1 − x.

La fonction f est définie au voisinage de −∞ car : ∃α = −3 ∈ R tel que ] − ∞, −3[⊂ Df .

5.2 Limite de fonctions réelles


Soit f est une fonction définie sur I = ]x0 − x, x0 + x[ sauf peut être au point x0 .

Définition 5.23 (Limites finies en x0 ) Le réel l est la limite de f(x) quand x tend vers x0 si,
pour chaque ε strictement positif on peut associer α strictement positif, c’est à dire :

∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ D, (|x − x0 | < α ⇒ |f(x) − l| < ε) .

On note : lim f(x) = lim f(x) = l.


x→x0 x→x0
x̸=x0

65
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle


Exemple 5.24 Montrons que lim x + 1 = 2.
x→3

Soit ε > 0. On va chercher un réel α > 0 vérifiant :

|x − 3| < α ⇒ |f(x) − 2| < ε.



La fonction f : x 7→ x + 1 est définie en x = 3. On a
√ x−3
f(x) − 2 = x+1−2= √ ,
x+1+2
donc
|x − 3| 1
|f(x) − 2| = √ < |x − 3| ,
x+1+2 2

car x + 1 > 0, pour tout x ∈ D

|x − 3| < 2ε ⇒ |f(x) − 2| < ε.



Il suffit donc de choisir α = 2ε. On a démontré que lim x + 1 = 2.
x→3

Exemple 5.25 Montrons que lim x3 + x = 2.
x→1

Soit ε > 0. On va chercher un réel α > 0 vérifiant :

|x − 1| < α ⇒ |f (x) − 2| < ε.



On a f (x) − 2 = x3 + x − 2 = (x − 1) x2 + x + 2 . Intuitivement on raisonne ainsi : pour
rendre cette quantité < ε, on va jouer sur le facteur (x − 1) . On cherche donc dans un pre-

mier temps à se débarrasser de x2 + x + 2 par une majoration "grossière", en se plaçant

66
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

dans un voisinage arbitraire de 1, par exmple x ∈]0, 2[.


Supposons |x − 1| < α ≤ 1. En particulier |x| < 2, et donc

|f (x) − 2| ≤ |x − 1| . x2 + x + 2 ≤ |x − 1| x2 + |x| + 2


≤ 22 + 2 + 2 |x − 1| = 8 |x − 1| .


ε
Et donc pour avoir |f (x) − 2| < ε, il suffit d’avoir |x − 1| < .
 ε 8
Finalement, on pose α = min 1, et on obtient le résultat souhaité.
8
Théorème 5.26 Si f admet une limite, celle ci est unique.

Démonstration. Laissez en exercice. 2

Définition 5.27 (Limite à droite, limite à gauche)


1. Si x tend vers x0 par valeurs supérieures, on définit la limite à droite de x0 que l’on note
lim f(x) ou bien lim+ f(x), par :
→x0
> x→0
x−

lim f(x) = l1 ⇔ ∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x : x < x0 + α} ⇒ |f(x) − l1 | < ε.


| 0 < x {z
→x0
>
x−
0<x−x0 <α

2. Si x tend vers x0 par valeurs inférieures, on définit la limite à gauche de x0 que l’on note
lim f(x) ou bien lim− f(x), par :
→x0
< x→0
x−

lim f(x) = l2 ⇔ ∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x : x < x < x}0 ⇒ |f(x) − l2 | < ε.


| 0 − α {z
→x0
<
x−
0<x0 −x<α

Remarque 5.28 lim f(x) = l si et seulement si lim f (x) = l et lim f (x) = l.


x→x0
→x0 →x0
> <
x− x−

Exemple 5.29 Soit 


cos x, si x ≤ 0,
f(x) =
1 − x, si x > 0.

La fonction f est définie sur R


— lim+ f(x) = lim+ cos x = 1,
x→0 x→0
— lim− f(x) = lim− (1 − x) = 1.
x→0 x→0
d’où limf(x) = 1.
x→0

67
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Définition 5.30 (Limites infini) Soit x0 ∈ R. On pose par définition :

lim f(x) = +∞ ⇔ ∀A > 0, ∃α > 0, ∀x : 0 < |x − x0 | < α ⇒ f(x) > A,


x→x0

lim f(x) = −∞ ⇔ ∀A > 0, ∃α > 0, ∀x : 0 < |x − x0 | < α ⇒ f(x) < −A,


x→x0

lim f(x) = −∞ ⇔ ∀A > 0, ∃B > 0, ∀x : x > B ⇒ f(x) < −A.


x→+∞

1
Exemple 5.31 Soit f : x 7→ f(x) = .
x2
Montrer (en utilisant la définition) que :
1
lim = +∞.
x→0 x2

Démonstration. Soit A > 0, alors


1 1 1
f(x) > A ⇔ 2
> A ⇔ x2 < ⇔ |x| < √ ,
x A A
on prend α = √1 , car
A
1
∀x : |x − 0| < α = √ ⇒ f(x) > A.
A
2
Le théorème suivant fait le lien entre les notions de limite pour une suite et une fonction.

Théorème 5.32 La fonction f définie de D dans R admet pour limite l ∈ R en x0 si et seulement


si pour toute suite réelle (un )n d’éléments de D convergeant vers x0 la suite de terme général f(un )
tend vers l.

Remarque 5.33 On peut également prouver que la fonction f n’a pas de limite en x0 en exhibant
deux suites (un )n et (vn )n convergeant toutes les deux vers x0 mais pour lesquelles les suites de
terme général f(un ) et f(vn ) tendent vers deux réels distincts.

Exemple 5.34 La fonction f définie par


 
1
f (x) = cos .
x
Cette fonction n’a pas de limite en 0. En effet, on considère les deux suites :
1 1
un = et vn = .
2nπ (2n + 1)π
On a :
lim un = lim vn = 0.
x→+∞ x→+∞
Avec :

68
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

 
1
1. f(un ) = cos = cos(2nπ) = 1, donc lim f(un ) = 1.
un x→+∞
C’est-à-dire (f(un ))n converge vers +1.
 
1
2. f(vn ) = cos = cos((2n + 1)π) = −1, donc lim f(vn ) = −1.
vn x→+∞
C’est-à-dire (f(un ))n converge vers −1.
Donc :
lim f(un ) ̸= lim f(vn ).
x→+∞ x→+∞

Par conséquent :  
1
limf (x) = cos n’existe pas.
x→0 x

Remarque 5.35 (Formes indéterminées)

∞ 0 ∞
−∞ + ∞; 0 × ∞; ; ; 1 ; ∞0 ; ∞∞ .
∞ 0
Exemple 5.36 On a
1. On détermine la limite du rapport de deux polynômes en x quand x → +∞
 
3 1
x −1
x2 − x3 x
lim = lim   = −∞.
x→+∞ x2 − 3 x→+∞ 3
2
x 1− 2
x

P(x)
2. Si P(x) et Q(x) sont deux polynômes et P(a) = Q(a) = 0, on simplifie la fraction
Q(x)
par x − a comme suit

x2 − 2x x(x − 2)
lim = lim = +∞.
x→2 x2 − 4x + 4 x→2 (x − 2)2

5.3 Continuité d’une fonction


Définition 5.37 (Continuité en un point) Soient f une fonction définie sur D et x0 ∈ D. La
fonction f est dite continue en x0 si lim f(x) = f(x0 ).
x→x0
Autrement dit :

∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ D, (|x − x0 | < α ⇒ |f(x) − f(x0 )| < ε) ,

69
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

c’est-à-dire, en posant I =]x0 − α, x0 + α[ et J =]f(x0 ) − ε, f(x0 ) + ε[: ∀x ∈ D ∩ I, f (x) ∈ J.


C’est dire que la courbe représentative de la fonction f est contenue dans le rectangle de centre
M0 (x0 , f (x0 )) .

Par définition de la limite, il existe une fonction ε telle que, quel que soit x ∈ D

f(x) = f(x0 ) + ε(x) avec lim ε(x) = 0.


x→x0


Exemple 5.38 Soit f(x) = x. Quel que soit x0 > 0, on peut écrire

|x − x0 | 1
0 < |f(x) − f(x0 )| = √ √ < √ |x − x0 | .
x + x0 x0

En utilisant le théorème d’encadrement on en déduit :


√ √ 
lim x− x0 = 0.
x→x0

La fonction est continue en x0 .

Exemple 5.39 La fonction sinus est continue en tout x0 réel. En effet


   
1 1
sin x − sin x0 = 2 cos (x + x0 ) sin (x − x0 )
2 2

donc
   
1 1
|sin x − sin x0 | = 2 cos (x + x0 ) sin (x − x0 )
2 2
 
1
≤ 2 sin (x − x0 )
2
≤ |x − x0 | .

Par conséquent, pour tout réel strictement positif ε, il existe un réel strictement positif α (il suffit
de prendre α = ε) tel que pour tout réel x,

|x − x0 | < α ⇒ |sin x − sin x0 | < ε.

Définition 5.40 (Continuité à droite, continuité à gauche)


La fonction f est dite continue à droite en x0 si et seulement si

1. f est définie en x0 ,

70
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

2. lim+ f(x) esiste.


x→x0

3. lim+ f(x) = f(x0 ).


x→x0

On définit de même la continuité à gauche en x0 si et seulement si


1. f est définie en x0 ,
2. lim− f(x) existe.
x→x0

3. lim− f(x) = f(x0 ).


x→x0

Remarque 5.41 f est dite continue en x0 si et seulement si lim+ f(x) = lim+ f(x) = f(x0 ).
x→x0 x→x0

Exemple 5.42 Étudions la continuité de f en x0 = 1



x + 1, si x ≤ 1,
f(x) =
3 − x2 si x > 1.

La fonction f est définie sur R. On a


1. f(1) = 1,
2. lim− f(x) = lim− x + 1 = 2,
x→1 x→1
3. lim+ f(x) = lim+ (3 − x2 ) = 1.
x→1 x→1
Donc f est continue en x0 = 1.

Cas de discontinuité
1. La fonction f n’est pas définie en x0 .
1
Exemple 5.43 La fonction x 7→ n’est pas définie donc n’est pas continue en x = 0.
x2
2. La fonction f possède en x0 une limite à droite et une limite à gauche distinctes.

Exemple 5.44 La fonction de la partie entière x 7→ E(x), elle est continue à droite en tout
point entier n ∈ Z, mais elle ne l’est pas continue à gauche en ces points car :

lim E(x) = n − 1 et lim E(x) = E(n) = n.


x→n− x→n+

Les limites à gauche et à droite sont différentes, donc la fonction E n’est pas continue à
gauche de n ∈ Z.

71
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.3.1 Opérations sur les fonctions continues


Théorème 5.45 (Continuité d’une somme, du produit et d’un quotient)
Soient λ un réel et f et g deux fonctions définies sur un intervalle I de R. Si f et g sont continues
en x0 ∈ I alors on a les propriétés suivantes :
1. La fonction |f| est continue en x0 ;
2. La fonction f + g est continue en x0 ;
3. La fonction f × g est continue en x0 ;
4. La fonction λf est continue en x0 ;
f
5. si de plus g (x0 ) ̸= 0 alors est continue en x0 .
g
Théorème 5.46 (Continuité des fonctions composée)
Soient f une fonction définie au voisinage de x0 et g une fonction définie au voisinage de y0 = f(x0 ).
Si lim f (x) = y0 et si g est continue en y0 alors lim g (f (x0 )) = g (y0 ).
x→x0 x→x0

sin x
Exemple 5.47 Puisque lim = 1et que la fonction exponentielle est continue en 1, on en
x→0 x
déduit que
sin x
lime( x ) = e.
x→0

Définition 5.48 (Continuité sur un intervalle) On dit que la fonction f est continue sur l’in-
tervalle I si f est continue en x0 pour tout point x0 ∈ I.

Théorème 5.49 (Continuité des fonctions usuelles)


1. Toute fonction polynômiale est continue en tout point.
2. Toute fonction rationnelle est continue en tout point de son ensemble de définition.
3. Les fonctions sin et cos sont continues en tout point.
4. Les fonctions tan et cot sont continues en tout point où elle sont définies.

Remarque 5.50 Les fonctions construites à partir des fonctions usuelles par opérations algé-
briques et composition sont continues sur tout intervalle où elles sont définies.

Exemple 5.51 On considère la fonction réelle f donnée par :


 √ √

 1 + x − 1+x
√ x > 0,
f(x) = x

1 + sin x x ≤ 0.

72
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

1. Déterminons Df , le domaine de définition de f.

Df = ]−∞, 0] ∪ ]0, +∞[


= R.

2. Étudions la continuité de f sur D√


f √
1+ x− 1+x
— Sur ]−∞, 0[, on a : x 7→ √ continue (car : quotient et somme de fonc-
x
tions continues).
— Sur ]0, +∞[, on a : x 7→ 1 + sin x continue (car : x 7→ sin x, continue sur R en
particulier sur ]0, +∞[)
— Au point x0 = 0

f est continue en 0 ⇔ lim+ f(x) = lim− f(x) = f(0).


x→0 x→0

D’une part, on a
√ √
x− 1+x
1+
lim f(x) = lim+ √ = F.I.
x→0+ x→0 x
√ √ √ √ √ √
1+ x− 1+x 1 + x − 1 + x (1 + x + 1 + x)
= lim+ √ = lim+ √ √ √
x→0 x x→0 x (1 + x + 1 + x)
2
= lim+ √ √
x→0 1 + x+ 1+x
= 1,

alors lim+ f(x) = f(0), donc f est continue à droite en 0.


x→0
D’autre part, on a

lim f(x) = 1 + sin x


x→0−

= 1,

alors lim− f(x) = f(0) = 1 + sin(0) = 1, donc f est continue à gauche en 0.


x→0
D’où f est continue en 0, ce qui implique que f est continue sur R.

5.3.2 Prolongement par continuité en un point


Définition 5.52 Soit f une fonction définie sur I\ {x0 } tel que f admet une limite finie ℓ, en x0 .
On définit la fonction g par

f(x) si x ∈ I\ {x0 } ,
g(x) =
ℓ si x = x0 ,

73
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

g est dite prolongement par continuité de f au point x0 .

sin(ax)
Exemple 5.53 La fonction à valeurs réelles, définie, pour x0 ̸= 0 par f(x) = x
, peut se
prolonger par continuité en 0, car :
sin(ax) sin(ax)
lim = lim a = a.
x→0 x x→0 ax
Donc 
sin(ax)
x
si x ̸= 0,
g(x) =
a si x = 0.
Remarque 5.54 Pour que f soit prolongeable par continuité au point x0 , il suffit que :

lim f(x) = lim− f(x) = l.


x→x+
0 x→x0

Exercice 5.55 Soit 




cos x − sin(x)
x > π4 ,
f(x) = x − π4

− √ 2 + π
4
x < π4 .
Peut-on prolonger la fonction f par continuité au point x0 = π4 .
π
Solution 5.56 f est prolongeable par continuité au point x0 = 4
si et seulement si lim
π+
f(x) =
x→ 4
π
lim f(x) = l. Dans ce cas le prolongement par continuité de f au point x0 =
− 4
, définie par :
x→ π
4


 cos x − sin(x)
x > π4 ,



 √ x− 4
π

g(x) = − 2 + π − x x < π4 ,

 4



 limπ f(x) x = π4 .
x→ 4

74
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Calculons leslimites de f à gauche et à droite, on a


√ π
 √
— lim π−
− 2 + 4
− x = − 2.
x→ 4
cos x − sin(x) 0
— lim π = FI.
π+
x→ 4 x− 4 0
On pose :  
y = x − π , x = y + π ,
4
⇒ 4
x → π . y → 0.
4

√ √ √ √
π π
  2 2 2 2
cos y + 4
− sin y + 4 2
cos y − 2
sin y − 2
sin y − 2
cos y
lim = lim
y→0 y y→0 y
√ sin y
= lim − 2
y→0 y

= − 2.

π
Par conséquent f est prolongeable par continuité au point x0 = 4
et on a :

 cos x − sin(x)

 x > π4 ,

 x − π4
g(x) = −√2 + π − x x < π4 ,

 4


−√2 x = π4 .

5.3.3 Théorème des valeurs intermédiaires


Théorème 5.57 Soit f une fonction continue sur un intervalle I, alors l’image f (I) est également
un intervalle (I n’est supposé ni fermé ni borné à priori) .

Corollaire 5.58 Si f prend au moins une valeur négative et au moins une valeur positive, alors
f prend la valeur 0. Autrement dit : si f une fonction continue sur un intervalle [a, b]. Si f(a) ×
f(b) < 0 alors il existe c ∈ ]a, b[tel que f(c) = 0.

75
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exemple 5.59 Considérons l’application f : x ∈ [0, 2π] 7→ sin(x) + (x − 1) cos(x). Cette appli-
cation est continue car les fonctions sinus et cosinus ainsi que la fonction polynomiale x 7→ x − 1
sont continues sur [0, 2π]. Puisque f(0) = −1 < 0 et f(2π) = 2π − 1 > 0, d’après le théorème des
valeurs intermédiaires, il existe (au moins) un réel c ∈ ]0, 2π[tel que f(c) = 0.

Remarque 5.60 Le réel c ∈ ]a, b[ pour lequel f(c) = 0 n’est pas nécessairement unique.

Exercice 5.61 On considère la fonction




 π sin(x) x ̸= −π,
f(x) = x(x + π)

1 x = −π.

1. Déterminer le domaine de définition Df .


2. Étudier la continuité de f sur Df .
3. La fonction f admet-elle un prolongement par continuité en 0 ? Si oui, donner le.
4. Montrer que : i πh
∃c ∈ 0; , f(c) = c.
2
Solution 5.62

76
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

1. Soit
π sin(x)
f1 (x) = , Df1 = R − {−π, 0} .
x(x + π)
f2 (x) = 1, Df2 = R.

D’où

Df = (Df1 ∩ R − {−π}) ∪ (Df2 ∩ {−π})


= R − {0}
= R∗ .

2. — Sur R − {−π, 0}, f est un rapport de produit de fonctions continues, donc f est continue.

— Au point x0 = −π.
∗ On a : f(−π) = 1.
π sin(x) 0
∗ lim f(x) = lim = FI.
x→−π x→−π x(x + π) 0
On pose :  
y = x + π, x = y − π,

x → −π. y → 0.

π sin(x) π sin(y − π)
lim = lim .
x→−π x(x + π) y→0 y(y − π)
On sait que :


 sin(α ± β) = sin α cos β ± cos α sin β,




sin(−x) = − sin(x),



 sin(π − x) = sin(x),



sin(π + x) = − sin(x).
Alors :
π sin(y − π) −π sin(y)
lim = lim
y→0 y(y − π) y→0 y(y − π)

−π sin(y)
= lim
y→0 (y − π) y
=1
= f(−π).

77
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Alors f est continue en −π et alors f est continue sur Df .


3. f n’est pas définit en 0 mais définit au voisinage de 0 et on a :
π sin(x) π sin(x)
lim f(x) = lim = lim = 1.
x→0 x→0 x(x + π) x→0 (x + π) x
Alors f admet un prolongement par continuité donnée par :

f(x) x ̸= 0,
g(x) =
1 x = 0.

4. Posons : h πi
h(x) = g(x) − x, x ∈ 0; .
2
La fonction h est continue sur 0; π2 car g est continue sur 0; π2 , h(0) = g(0)−0 = 1 > 0
   
π π π 8 − 3π2
et h =g − = < 0, par le théorème des valeurs intermédiaires
2 2 2 6π
i πh
∃c ∈ 0; , h(c) = g(c) − c = 0,
2
mais comme c ̸= 0, alors g(c) = f(c), c’est-à-dire :
i πh
∃c ∈ 0; , f(c) = c.
2

5.3.4 Continuité uniforme


Considérons une fonction f continue sur un intervalle I. Si l’on se reporte à la définition
de la continuité, nous choisissons une valeur x0 ∈ I et un réel ε strictement positif, on peut
trouver un réel α strictement positif tel que pour tout |x − x0 | < α on ait |f(x) − f(x0 )| < ε.
Le réel α dépend du réel ε et en général de x0 et il varie si l’on choisit une autre valeur
dans I pour x0 . Dans certains cas, on peut trouver un réel α strictement positif qui reste
le même pour toute valeur x0 choisie dans l’intervalle I. On dit alors que la fonction f est
uniformément continue sur I.

Exemple 5.63 Montrons que la fonction f : x ∈ R 7→ x2 est continue sur R, c’est-à-dire montrons
que pour tout x0 ∈ R, f est continue en x0 . Commençons par remarquer que pour x0 ∈ R, on a
pour tout x ∈ ]x0 − α, x0 + α[.

|f (x) − f (x0 )| = x2 − x20 = |x − x0 | |x + x0 | < α |x + x0 | < α (|2 |x0 | + α|) .

78
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Soient ε > 0 et α > 0 tel que α (|2 |x0 | + α|) < ε ⇒ α < x20 + ε − |x0 | .
p

On a
|x − x0 | < α ⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε

d’où f est continue en x0 ∈ R. Remarquer ici que α dépend de ε et x0 .

Définition 5.64 Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On dit que f est uniformément
continue sur I si

∀ε > 0, ∃α > 0, ∀ (x, x0 ) ∈ I2 (|x − x0 | < α ⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε) .

Théorème 5.65 Soit f une fonction définie sur l’intervalle I. Si f est uniformément continue sur
I alors f est continue sur I.

Remarque 5.66 La réciproque est fausse : une application peut être continue sur un intervalle
sans être uniformément continue sur cet intervalle. Par exemple l’application f : x ∈ R 7→ x2 est
continue sur R mais n’est pas uniformément continue sur R.

Exercice 5.67 Soit f une fonction définie et continue sur [a, +∞[. Montrer que si lim f (x) existe
x→+∞
et finie alors f est uniformément continue sur [a, +∞[.

Définition 5.68 (fonction lipschitzienne) Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On
dit que f est lipschitzienne de rapport k sur I si

∃K ∈ R∗+ ∀ (x, y) ∈ I2 tel que |f (x) − f (y)| ≤ k |x − y| .

On dit que f est contractante sur I si f est lipschitzienne de rapport k sur I avec k ∈]0, 1[.

Exemple 5.69 La fonction sinus est lipschitzienne sur R de constante de Lipschitz K = 1.

∀ (x, y) ∈ R2 , |sin (x) − sin (y)| ≤ |x − y| .



Exercice 5.70 Montrons que x 7→ x n’est pas lipschitzienne sur R+ .

Théorème 5.71 Si f est une fonction lipschitzienne sur un intervalle I donné alors elle est uni-
formément continue sur I (et en particulier, elle est continue sur I).

79
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Démonstration. Soit f une fonction lipschitzienne sur un intervalle I i.e.

∃K ∈ R∗+ ∀ (x, y) ∈ I2 |f (x) − f (y)| ≤ K |x − y| .


ε
Soit ε > 0, posons α = , soient x, y ∈ I tels que |x − y| < α, on a alors
k
|f (x) − f (y)| ≤ k |x − y| < ε.

Ceci prouve que f est uniformément continue sur I. 2


Conclusion : f lipschitzienne ⇒ f uniformément continue ⇒ f continue

5.4 Dérivabilité d’une fonction


La notion de dérivée permet d’étudier les propriétés locales (approximation affine,
tangente) et globales (sens de variation) d’une fonction. Dans ce chapitre, nous donnons
certains résultats théoriques généraux qui découlent de la notion de dérivée.

5.4.1 Dérivabilité en x0
Définition 5.72 Soient I un intervalle ouvert, f : I → R, une fonction et x0 un point de I. On dit
f(x)−f(x0 )
que f est dérivable en x0 si le rapport x−x0
admet une limite finie quand x tend vers x0 . Cette
limite est alors appelée dérivée de f en x0 , et notée f ′ (x0 ).
f (x) − f (x0 )
f ′ (x0 ) = lim .
x→x0 x − x0
Il est souvent pratique de se ramener à une limite en 0 :
f (x0 + h) − f (x0 )
lim .
h→0 h
Exemple 5.73 Calculons la dérivabilité de la fonction suivante au point x0 = 1.
 2

 sin (πx) x ̸= 1,
f(x) = x−1

0 x = 1.

On a
f(x) − f(1) sin2 (πx) 0
lim = lim 2
= FI .
x→1 x−1 x→1 (x − 1) 0
En faisant un changement de variable afin de faire apparaitre des limites usuelles :

80
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

 
y = x − 1, x = y + 1,

x → 1. y → 0.

Alors : 2
sin2 (πx) sin2 (π(y + 1))

sin(πy + π)
lim = lim = lim .
x→1 (x − 1)2 y→0 (y)2 y→0 y
Comme sin(πy + π) = − sin πy, donc
 2  2
sin(πy + π) sin πy
lim = lim π2 = π2 .
y→0 y y→0 πy
D’où f est dérivable en x0 = 1 et f ′ (1) = π2 .

Proposition 5.74 Toute fonction dérivable en x0 est continue en x0 .



La réciproque est fausse : les fonctions (x 7→| x |) ou (x 7→ x), par exemple, sont continues, mais
non dérivables en 0.

Définition 5.75 (Dérivée à droite, dérivée à gauche) Soient I un intervalle ouvert, f : I →


R, une fonction et x0 un point de I ou bien une extrémité de I. On dit que f est dérivable en x0
f(x)−f(x0 ) f(x)−f(x0 )
à droite si x−x0
admet une limite finie quand x tend vers x+
0 . La limite lim+ x−x0 est notée
x→x0
f(x)−f(x0 )
fd′ (x0 ). De même si x−x0
a une limite à gauche quand x tend vers x−
0, on dit que f est dérivable
en x0 à gauche et la limite lim− f(x)−f(x
x−x0
0)
se notée fg′ (x0 ).
x→x0

Proposition 5.76 f est dérivable au point x0 si et seulement si fd′ (x0 ) = fg′ (x0 ) = f ′ (x0 ).

f(x) − f(x0 )
Remarque 5.77 1. Si lim = ∞.
x − x0
x→x0
2. La fonction n’est pas dérivable en x0 .
3. La courbe Cf possède alors en x0 une tangente parallèle à Oy.

Exemple 5.78 f(x) = 3
x n’est pas dérivable en x0 = 0. En effet,
√3
f(x) x
lim = lim = ∞.
x→0 x x→0 x

La tangente en O est l’axe Oy.


f(x) − f(x0 )
Si le rapport possède une limite à droite et une limite à gauche distinctes la
x − x0
fonction f n’est pas dérivable en x0 . La courbe Cf possède en x0 une demi tangente à droite
et une demi tangente à gauche : M(x0 , f(x0 )) est un point anguleux.

81
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exemple 5.79 Si f(x) = |sin x| . On a :


f(x) − f(0) sin x
lim = lim+ = 1.
x→0+ x−0 x→0 x
Et
f(x) − f(0) − sin x
lim− = lim− = −1.
x→0 x−0 x→0 x
f(x) − f(x0 )
Si le rapport ne possède pas une limite en x0 , f n’est pas dérivable en x0 .
x − x0
Exemple 5.80 Soit 
 x sin 1 si x ̸= 0,
f(x) = x
 0 si x = 0.
Étudions la dérivabilité de f en 0
f(x) − f(0)
f est dérivable en 0 ⇔ lim = l, l ∈ R. Alors :
x→0 x
x sin x1

f(x) − f(0)
lim = lim
x→0 x x→0 x 

1
= lim sin ,
x→0 x
d’où f n’est pas dérivable au point x0 = 0.

5.4.2 Dérivabilité sur un intervalle


Définition 5.81 Une fonction f définie sur un intervalle I est dite dérivable sur I si elle est déri-
vable en tout point de I. Dans ce cas l’application :

f ′ : I 7→ R
x 7→ f ′ (x),

est appelée fonction dérivée de f.

Exemple 5.82 La fonction x 7→ cos x admet un nombre dérivé en tout point x0 de R, en effet,
−2 sin x+x x−x0
 
f (x) − f (x0 ) cos x − cos x0 2
0
sin 2
lim = lim = lim
x→x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0 x − x0
−2 sin x+x sin x−x
0
 0

2 2
= lim = − sin x0
2 x−x

x→x0 0
2

= f ′ (x0 ).

82
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exemple 5.83 La fonction x 7→ xn admet un nombre dérivé en tout point x0 de R, en effet,

f (x0 + h) − f (x0 ) (x0 + h)n − xn0


lim = lim
h→0 h h→0 h
Pn
n n−k k

k
x0 h − xn0
k=0
= lim
h→0 h
Pn
n n−k k

k
x0 h
k=1
= lim
h→0 h
Xn  
n n−k k−1
= lim x0 h
h→0
k=1
k
 
n X n  
n n−k k−1 
n−1
= lim  x0 + x0 h 
 
h→0  1 k 
|k=2 {z }
tend vers 0

= nxn−1
0

= f ′ (x0 ).

Exemple 5.84 Soit f la fonction définie sur [0, +∞[ par :



f(x) = x x.

1. Montrons que f est dérivable sur ]0, +∞[. f est le produit de deux fonctions u :7→ x et

v :7→ x. Or u est dérivable sur [0, +∞[ mais v n’est dérivable que ]0, +∞[, donc f est
dérivable sur ]0, +∞[.
2. Calculons f ′ (x)
3√
f ′ (x) = x.
2
3. Démontrons, à l’aide de la définition du nombre dérivée, que f est dérivable en 0.
√ √
∀x, x > 0, f(x)−f(0)
x
= x. Or, lim x = 0, donc f est dérivable en 0 et f ′ (0) = 0.
x→0

5.4.3 Opérations sur les fonctions dérivables


Dès que l’on connaît quelques dérivées des fonctions, on peut en construire de (nom-
breuses) autres en utilisant les procédés suivants :

83
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Définition 5.85 (Dérivée d’une somme, d’un produit et d’un quotient) Si les fonctions f et
f
g sont dérivables sur I, alors les fonctions f + g, λf (λ ∈ R) , fg et sont dérivables et :
g

1). (f + g)′ = f′ + g′
2). (λf)′ = λf′
3). (fg)′ = f′ g + g′ f
 ′
f f′ g − g′ f
4). = si g(x) ̸= 0.
g g2

Théorème 5.86 (Dérivée d’une fonction composée) Si f est dérivable en x0 et g dérivable en


y0 = f(x0 ) alors la fonction composée g ◦ f est dérivable en x0 et

(g ◦ f)′ (x0 ) = g′ [f(x0 )] × f′ (x0 ) .

Exemple 5.87 On considère la fonction f(x) = cos(x2 ) qui est dérivable sur R, pour tout réel x :

f ′ (x) = −2x sin(x2 ).

Propriétés 5.88 Si f est une fonction dérivable :


√  ′ f′
1. f = √ (si f > 0 ne s’annule pas) ;
2 f
2. (fn ) ′ = nfn−1 f ′ , ( si f > 0 et α ∈ R) ;
f′
3. (ln | f |) ′ = (si f ne s’annule pas) ;
f
4. (ef ) ′ = f ′ ef .

Définition 5.89 (Dérivées successives) On définit les dérivées successives d’une fonction f qui
est dérivable dans I un intervalle de R par : f(n) : I → R vérifiant :

f(0) = f,
f(k+1) = f(k)  ′ , pour tout k = 0, 1, 2, . . . , n − 1.

Exemple 5.90 Calculons les dérivées successives de la fonction :

1
f(x) = ,
x+1

84
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

la fonction f est définie et dérivable sur Df = R − {−1} (car c’est une fonction rationnelle)
Tout d’abord
1
f(0) (x) = f(x) = .
(x + 1)1
La première dérivée
1
f ′ (x) = − .
(x + 1)2
La seconde dérivée
1×2
f(2) (x) = + .
(x + 1)3
La troisième dérivée
1×2×3
f(3) (x) = − .
(x + 1)4
Le calcul des premières dérivées successives nous permet d’établir la formule suivante :
(n) (−1)n n!
f (x) = .
(x + 1)n+1
Utilisons un raisonnement par récurrence pour montrer que :
(−1)n n!
∀n ∈ N, f(n) (x) = . (5.1)
(x + 1)n+1
Pour n = 0, la relation (5.1) est évidente car :


 1
f(0) (x) = f(x) = ,
(x + 1)1

 (−1)0 0! 1
 0+1
= .
(x + 1) (x + 1)1
Supposons que la relation (5.1) vraie pour un entier naturel n donné et montrons qu’elle est vraie
pour l’entier suivant n + 1, c’est-à-dire supposons que :
(−1)n n!
f(n) (x) = ,
(x + 1)n+1
et montrons que
(−1)n+1 (n + 1)!
f(n+1) (x) = .
(x + 1)n+2
On a
′ ′
(−1)n n!
 
(n)
′ n 1
f (x) = = (−1) n!
(x + 1)n+1 (x + 1)n+1
−1 × (n + 1)(x + 1)n −1 × (−1)n × n! × (n + 1)
= (−1)n n! × =
(x + 1)2n+2 (x + 1)n+2
(−1)n+1 × (n + 1)!
= = f(n+1) (x).
(x + 1)n+2

85
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

La relation (5.1) est démontrée.

5.4.4 Fonctions de classe Cn


Définition 5.91 Pour n ∈ N, on dit que f : I −→ R est une fonction de classe Cn sur I si elle est
n fois dérivable sur I On notera Cn (I) l’ensemble des fonctions de calasse Cn , on dit que
— La fonction f est de calasse C0 si elle est continue sur I.
— La fonction f est de calasse Ck où k ≥ 1 si toute les dérivées de f jusqu’à l’ordre k existent
sur I et si fk est continue sur I.
— La fonction f est de calasse C1 si elle est dérivable sur I, et f′ est continue sur I.
— La fonction f est de calasse C∞ si elle est indéfiniment dérivable sur I (c’est-à-dire fn existe
pour tout n).

Exemple 5.92 On a :
1. La fonction exponentielle f(x) = ex est de classe C∞ sur R, car :

∀n ∈ N et ∀x ∈ R, f(n) (x) = ex .

2. La fonction f(x) = xn est de classe C∞ sur R, car :


On a :
f(x) = xn ,

La première dérivée :
f ′ (x) = nxn−1 ,

La première dérivée :
f(2) (x) = n(n − 1)xn−2 .

On conclut :


 f(k) (x) = n(n − 1) · · · (n − k + 1)xn−k , si k < n,


f(k) (x) = n!, si k = n,



f(k+1) (x) = 0, si k > n.

86
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.4.5 Dérivée n-ième d’un produit


Théorème 5.93 (formule de Leibniz) Si f et g sont des fonctions de R dans R, n fois dérivables
sur un intervalle I, la fonction fg est n fois dérivable sur I et :

(n)
Xn  
n (k) (n−k)
(fg) = f g .
k=0
k

5.4.6 Théorème de Rolle


Théorème 5.94 Soit f : [a, b] → R
Si :
— f est continue sur [a, b]
— f est dérivable sur ]a, b[
— f(a) = f(b).
Alors :
∃c ∈ ]a, b[ tel que : f ′ (c) = 0.

3
Exemple 5.95 Appliquons le théorème de Rolle à la fonction f(x) = 8x − x2 , sur [0, 8]. Les
hypothèses du théorème sont vérifiées puisque la fonction f est continue sur [0, 8], dérivable sur
]0, 8[ et f(0) = f(8), alors ∃c ∈ ]0, 8[ tel que f ′ (c) = 0. Dans ce cas, on a
1 − 2 8 − 2x
∀x ∈ ]0, 8[ f2′ (x) = 2 , et f (c) = 0 ⇒ c = 4.

8x − x2 3 (8 − 2x) =
3 2
(8x − x ) 3

5.4.7 Théorème des accroissements finis


Théorème 5.96 Soit f : [a, b] → R
Si :
— f est continue sur [a, b]
— f est dérivable sur ]a, b[
Alors :
∃c ∈ ]a, b[ tel que : f(b) − f(a) = (b − a)f ′ (c).

Exemple 5.97 Appliquons le théorème


 des accroissements finis à la fonction sur [0, 2].

 3 − x 2
si x ∈ ]−∞, 1[ ,
f(x) = 2

1 si [1, +∞[ ,
x

87
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Les hypothèses du théorème des accroissements finis sont vérifiées puisque :


— La fonction f est continue sur la réunion [0, 1[ ∪ ]1, 2].
Au point x = 1, on a

3 − x2 1
lim− = 1, lim+ = 1 et f(1) = 1,
x→1 2 x→1 x

d’où f est continue en 1. Alors la fonction f est continue sur [0, 2] .


— La fonction f est dérivable sur la réunion ]0, 1[ ∪ ]1, 2[.
Au point x = 1, on a

f(x) − f(1) −1
lim+ = lim+ = −1,
x→1 x−1 x→1 x
f(x) − f(1) −(x + 1)
lim− = lim− = −1,
x→1 x−1 x→1 x
d’où f est dérivable en 1 et f ′ (1) = −1. Alors la fonction f est dérivable sur ]0, 2[ .
La fonction f satisfait aux hypothèses des accroissements finis sur [0, 2], il existe c ∈ ]0, 2[ tel que
f(2) − f(0) = 2f ′ (c) donc f ′ (c) = − 21 .

Exemple 5.98 Utilisons le théorème des accroissement finis pour montrer l’inégalité suivante :
x
∀x ≥ 0 : ≤ ln(x + 1) ≤ x.
x+1
Considérons l’application f : t ∈ [0, +∞[ 7→ ln(t+1) et appliquons le théorème des accroissements
finis entre 0 et x, où x désigne un réel strictement positif. La fonction f est continue sur [0, +∞[
en particulier [0, +x] et dérivable sur ]0, +∞[ en particulier ]0, x[ avec pour tout t ∈ ]0, +∞[, on
a f ′ (t) = 1
1+t
. D’après le théorème des accroissements finis, il existe c ∈ ]0, x[, tel que :
x
f(x) − f(0) = xf ′ (c) c’est-à-dire ln(x + 1) = .
1+c

D’autre part : 0 < c < x ⇒ 1 < 1 + c < 1 + x ⇒ 1


1+x
< 1+c1
< 1 et puisque x > 0 on en déduit
que x
1+x
< x
1+c
< x. On en conclut que pour tout x ∈ R∗+ , on a
x
< ln(x + 1) < x, (5.2)
x+1
et donc pour tout x ≥ 0, on a
x
∀x ≥ 0 : ≤ ln(x + 1) ≤ x.
x+1

88
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.4.8 Règle de L’Hospital


Théorème 5.99 (La Règle de L’Hospital) Soient f, g deux fonctions définies sur un voisinage
I de a. On suppose que f et g sont continues sur I et dérivable sur I ∖ {a}. On suppose en outre que
f (a) = g (a) = 0 et que ∀x ∈ I ∖ {a}, g′ (x) ̸= 0. Alors
f′ (x) f (x)
lim ′
= l =⇒ lim = l.
x→a g (x) x→a g (x)

Exemple 5.100 En appliquant la règle de l’Hospital, calculons la limite :


2 cos(x) − 2 + x2
lim .
x→0 x sin x − x2
La limite de la forme 00 . Posons f : x 7→ 2 cos x − 2 + x2 et g : x 7→ x sin x − x2 , ces deux fonctions
sont continues et dérivables sur R. La fonction g ′ ne s’annule pas au voisinage de 0. D’après la
règle de l’Hôpital, on en déduit que
f ′ (x) −2 sin x + 2x 0
lim = lim = FI de type
x→0 g ′ (x) x→0 sin x + x cos x − 2x 0
et de même
f ′′ (x) −2 cos x + 2 0
lim ′′
= lim = FI de type ,
x→0 g (x) x→0 −x sin x + 2 cos x − 2 0
et de même
f ′′′ (x) 2 sin x 0
lim ′′′
= lim = FI de type ,
x→0 g (x) x→0 −3 sin x − x cos x 0
donc  4
f(x) 2 cos x 1
lim = lim =− .
x→0 g(x) x→0 −4 cos x + x sin x 2
Exemple 5.101 En appliquant la règle de l’Hospital, calculons la limite :
2
ex − 1
lim 2 .
x→0 x + 2x

En appliquant la règle de l’Hôpital, calculons la limite : La limite de la forme 00 . Posons f : x 7→ ex


2

et g : x 7→ x2 + 2x, ces deux fonctions sont continues et dérivables sur R avec f ′ : x 7→ 2xex et
2

g ′ : x 7→ 2x + 2. La fonction g ′ ne s’annule pas au voisinage de 0 et


2
f ′ (x) 2xex
lim ′ = lim = 0.
x→0 g (x) x→0 2x + 2

D’après la règle de l’Hôpital, on en déduit que :


2
ex − 1 f(x) − f(0) f ′ (x)
lim 2 = lim = lim ′ = 0.
x→0 x + 2x x→0 g(x) − g(0) x→0 g (x)

89
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Remarque 5.102 La réciproque de la règle de l’Hospital est fausse comme on peut le constater si
l’on prend

x2 sin 1 x ̸= 0,
g(x) = x, et f(x) = x

0 x = 0.

f(x) f ′ (x)
lim = 0, mais lim ′ n’a pas de limite.
x→0 g(x) x→0 g (x)

5.4.9 Formules de Taylor


Nous présentons, dans ce qui suit, les formules de Taylor, qui généralisent la formule des
accroissements finis pour les fonctions plusieurs fois dérivables.

Théorème 5.103 (Formule de Taylor avec reste de Lagrange) Soit f : I → R, une fonction
définie et dérivable jusqu’à l’ordre n + 1 et soit x0 ∈ I, alors on a les formules suivantes :
1). Pour tout x ∈ I, il existe un réel c entre x0 et x tel que :

f ′ (x0 ) f(n) (x0 ) f(n+1) (c)


f(x) = f(x0 ) + (x − x0 )1 + · · · + (x − x0 )n + (x − x0 )n+1 . (5.3)
| 1! {z n! } | (n + 1)!
{z }
Partie régulière : Pn (x) Le reste : Rn (x)

2). ∀x ∈ I, ∃θ, 0 < θ < 1 tel que :

f ′ (x0 ) f(n) (x0 )


f(x) = f(x0 ) + (x − x0 )1 + · · · + (x − x0 )n +
| 1! {z n! }
Le polynôme : Pn (x)

f(n+1) (x0 + θ(x − x0 ))


+ (x − x0 )n+1 , (5.4)
(n + 1)!
| {z }
Le reste : Rn (x)

le reste Rn (x) est dit reste de Lagrange.

Exemple 5.104 Soit la fonction :


f(x) = sin3 (x).
π
On applique la formule de Taylor avec reste de Lagrange à f en x0 = 4
à l’ordre n + 1 = 3. La
fonction f est de classe C∞ en tout point de R et donc elle admet un développement de Taylor avec
reste de Lagrange sur tout intervalle de R et de tout ordre. Donc on peut choisir n’importe quel

90
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

π
intervalle qui contient x0 = 4
( on prend I = [− π2 ; + π2 ] ).
Pour tout x ∈ I, il existe c entre x0 et x tel que :

f ′ (π/4)  π  f ′′ (π/4)  π 2 f ′′′ (c)  π 3


f(x) = f (π/4) + x− + x− + x− .
1! 4 2! 4 3! 4
On a :

f(x) = sin3 (x), π 1



d’où f 4
= √
2 2
,

f ′ (x) = 3 cos(x) sin2 (x), f′ π 3



d’où 4
= √
2 2
,

f ′′ (x) = −3 sin3 (x) + 6 cos2 (x) sin(x), d’où f ′′ π 3



4
= √
2 2
,

f(3) (x) = −21 cos(x) sin2 (x) + 6 cos3 (x), d’où f(3) (c) = −21 cos(c) sin2 (c) + 6 cos3 (c).

D’où :
7 cos(c) sin2 (c) − 2 cos3 (c) 

1 3  π 3  π 2 π 3
f(x) = √ + √ x − + √ x− + x− .
2 2 2 2 2 4 2 2 2 4

Proposition 5.105 (Formule de Taylor Mac-Laurin) Si x0 = 0, les formules de Taylor avec


reste de Lagrange (5.3) et (5.4) s’appellent formules de Taylor Mac Laurin avec reste de Lagrange
et prennent alors les formes suivantes :
1). ∀x ∈ I, ∃c, 0 < c < x, tel que :

f ′ (0) 1 f ′′ (0) 2 fn (0) n f(n+1) (c) n+1


f(x) = f(0) + x + x + ··· + x + x .
| 1! 2!{z n! } (n + 1)!
| {z }
Le polynôme : Pn (x) Le reste : Rn (x)

2). ∀x ∈ I, ∃θ, 0 < θ < 1, tel que :

f ′ (0) 1 f ′′ (0) 2 f(n) (0) n f(n+1) (θx) n+1


f(x) = f(0) + x + x + ··· + x + x .
| 1! 2!{z n! } |(n + {z1)!
}
Le polynôme : Pn (x) Le reste : Rn (x)

Exemple 5.106 Montrer que :


3 x x2 5x3
∀x ≥ 0, 0 ≤ 1+x−1− + ≤ . (5.5)
3 9 81

91
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle


3
On considère la fonction : f(x) = 1 + x.
Si x = 0, on a : 0 ≤ 0 ≤ 0, c’est évident. Si x > 0, la fonction f est indéfiniment dérivable
sur ] − 1; +∞], donc f ∈ C2 ([0; x]) et f est dérivable sur ]0; x[, alors on applique la formule
de Mac-Laurin-Lagrange à f à l’ordre 2, donc il existe c ∈]0; x[ tel que :
x1 x2 x3
f(x) = f (0) + f ′ (0) + f ′′ (0) + f ′′′ (c) .
1! 2! 3!

3
f(x) = 1 + x, d’où f(0) = 1,
′ 2 ′
f (x) = 13 (1 + x)− 3 , d’où f (0) = 13 ,
′′ 5 ′′
f (x) = 10 27
(1 + x)− 3 , d’où f (0) = − 92 ,
− 83 8
f ′′′ (x) = 10
27
(1 + x) , d’où f ′′′ (c) = 10
27
(1 + c)− 3 .
Donc :
1 1 5x3
f(x) = 1 + x − x2 + 8 .
3 9 81 (1 + c) 3
On peut écrire :
1 1 5x3 5x3
f(x) − 1 − x + x2 = 8 , et 8 > 0.
3 9 81 (1 + c) 3 81 (1 + c) 3
Ce qui implique :

3 x x2
0< 1+x−1− + . (5.6)
3 9
D’autre part :
8
5x3 5x3
c > 0 ⇒ 1 + c > 1 ⇒ (1 + c) 3 > 1 ⇒ 1
8 <1⇒ 8 < 81
.
(1+c) 3 81(1+c) 3

Ce qui implique :
1 1 5x3
f(x) − 1 − x + x2 < . (5.7)
3 9 81
De (5.6) et (5.7), la relation (5.5) est démontrée.

Théorème 5.107 (Formule de Taylor-Young) Soit f : I → R, une fonction définie et dérivable


jusqu’à l’ordre n et soit x0 ∈ I. Alors pour x ∈ I, on a :
f ′ (x0 )(x − x0 )1 f ′′ (x0 )(x − x0 )2 fn (x0 )(x − x0 )n
f(x) = f(x0 ) + + + ··· + + (x − x0 )n ε(x),
| 1! 2!
{z n! } | {z }
Le reste : Rn (x)
Le polynôme : Pn (x)

avec lim ε(x) = 0.


x→x0

92
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Notation 5.108 Le terme (x − x0 )n ε(x) où lim ε(x) = 0 est souvent abrégé en «petit o» de
x→x0
(x − x0 )n et est noté o((x − x0 )n ). Donc o((x − x0 )n ) est une fonction telle que :

o((x − x0 )n )
lim = 0.
x→x0 (x − x0 )n
Il faut s’habituer à cette notation qui simplifie les écritures, mais il faut toujours garder à l’esprit
ce qu’elle signifie.

Exemple 5.109 Soit la fonction :


f(x) = etan x .

Faisons une application de la formule de Taylor-Young pour la fonction f, en posant x0 = π4 , pour


n = 2, on a :
x 7→ tan x est de classe C∞ sur ] − π2 ; + π2 [ à valeurs dans R et x 7→ ex est de classe C∞ sur R, donc
la fonction f(x) = etan x est de classe C∞ sur ] − π2 ; + π2 [. Elle admet par conséquence à tout ordre
en π4 , pour x ∈] − π2 ; + π2 [, un développement de Taylor-Young de la forme :
π f ′ (π/4)  π 1 f ′′ (π/4)  π 2  π 2
f(x) = f + x− + x− +o x− .
4 1! 4 2! 4 4
Il suffit de calculer les dérivées successives de f.
On a :

π π
f′ = 1 + tan2 x etan x = 2e.

f = e,
4 4
π 2
f ′′ = 2 tan x 1 + tan2 x etan x + 1 + tan2 x etan x = 8e.

4
π
Donc la formule de Taylor-Young de f en 4
à l’ordre 2, est donnée par :
 π  π 2  π 2
f(x) = e + 2e x − + 4e x − +o x− .
4 4 4
Proposition 5.110 (Formule de Mac-Laurin-Young) Si x0 = 0, la formule de Taylor-Young
s’appelle formule de Maclaurin-Young et prend alors la forme suivante :

f(1) (0) 1 f(2) (0) 2 f(n) (0) n


f(x) = f(0) + x + x + ··· + x + xn ε(x)
| 1! 2!
{z n! | {z }
} Le reste : R (x)
n
Le polynôme : Pn (x)

avec lim ε(x) = 0.


x→x0

93
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exemple 5.111 Soit la fonction :


f(x) = ln(x + 1).

Faisons une application de la formule de Maclaurin-Young à la fonction f, pour n quelconque.


Alors :
x 7→ f(x) = ln(x+1) est de classe C∞ sur ]−1; +∞[, (f est indéfiniment dérivable sur ]−1; +∞[).
Elle admet un développement de Maclaurin-Young à tout ordre en 0, pour x ∈] − 1; +∞[, est donc
de la forme :

x1 x2 x3 xn
f(x) = f (0) + f ′ (0) + f ′′ (0) + f ′′′ (0) + · · · + f(n) (0) + o (xn ) .
1! 2! 3! n!
Il suffit de calculer les dérivées successives de f.

La première dérivée :
1
f ′ (x) = , donc f ′ (0) = +1.
x+1
La seconde dérivée :
1
f ′′ (x) = −1 × , donc f ′′ (0) = −1.
(x + 1)2
La troisième dérivée :
1
f ′′′ (x) = +2 × , donc f ′′′ (0) = +2.
(x + 1)3
..
.
Le calcul des n premières dérivées successives permet d’établir la formule suivante :
1
f(n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)! × .
(x + 1)n

Par récurrence on montre que :

1
∀n ∈ N∗ , f(n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)! × .
(x + 1)n

et donc :
f(n) (0) = (−1)n−1 (n − 1)!.

Par conséquence :
x2 x3 n−1 x
n
f(x) = x − + + · · · + (−1) + o (xn ) .
2 3 n

94
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exercice 5.112
1. Énoncer la formule de Mac-Laurin-Lagrange à l’ordre n.
2. Soit la fonction :
f(x) = ln(1 + x).
— Calculer la dérivée n-ième de f.
— Donner la formule de Mac-Laurin-Lagrange de f à l’ordre 2, 3 et n.
3. Montrer :
1 1 1
∀x > 0, x − x2 < ln(x + 1) < x − x2 + x3 .
2 2 3
4. Soit la suite de terme générale :
1 1
un = 1 − + · · · + (−1)n .
2 n
Calculer la limite lim un .
n→+∞

Solution 5.113
1. Formule de Mac-Laurin-Lagrange c’est la formule de Taylor Lagrange sur [0, x], x > 0. Si
f est de classe Cn sur [0, x] et la dérivée d’ordre n + 1 existe sur ]0, x[, alors :
∃c ∈ ]0, x[ tel que :

f(0) 1 f(0) 2 f(0) n f(n+1) (c) n+1


f(x) = f(0) + x + x + ··· + x + x . (5.8)
| 1! 2!
{z n! } (n + 1)!
| {z }
Le polynôme : Pn (x) Le reste : Rn (x)

2. ∗ La fonction x 7→ ln(x + 1) est de classe C∞ sur ] − 1; +∞[ (f est indéfiniment dérivable


1
sur ] − 1; +∞[). On peut conjecturer l’expression f(n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)! × (x+1)n
et la vérifier par récurrence.
∗ On applique (5.8) à f à l’ordre 2, on trouve
x2 1
ln(x + 1) = x − + 3
x3 . (5.9)
2 3(1 + c)
On applique (5.8) à f à l’ordre 3, on trouve
x2 x3 1
ln(x + 1) = x − + − x4 . (5.10)
2 3 4(1 + c)4
On applique (5.8) à f à l’ordre n, on trouve
x2 x3 n−1 x
n
(−1)n
ln(x + 1) = x − + + · · · + (−1) + n+1
xn+1 . (5.11)
2 3 n (n + 1)(1 + c)

95
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

1 1
3. ∗ D’après (5.9), (5.10) et Comme 3
x3 > 0, x4 > 0, on obtient
3(1 + c) 4(1 + c)4

1 1 1
∀x > 0, x − x2 < ln(x + 1) < x − x2 + x3 .
2 2 3
∗ En remplaçant x = 1, dans (5.11), on a

1 1 1 (−1)n
ln(2) = 1 − + + · · · + (−1)n−1 + ; 0 < c < 1.
2 3 n (n + 1)(1 + c)n+1

Par suite

1 1 1 1
1 − + + · · · + (−1)n−1 − ln 2 = → 0.
| 2 3 {z n} (n + 1)(1 + c)n+1
un

Alors
lim un = ln 2.
n→+∞

96
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

5.5 Exercices
Exercice 5.114 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponses.
1. La somme de deux fonctions monotones est monotone.
2. Toute fonction strictement monotone est injective.
3. Toute fonctions est soit croissante soit décroissante.
4. La fonction x 7→ x2 définie sur [0, +∞[, est paire.
5. L’image d’un intervalle ouvert par une fonction continue est un intervalle ouvert.
6. Toute fonction continue sur un intervalle borné est bornée.
7. Toute fonction est continue sur son domaine de définition.
8. Soit f une fonction de R dans R, alors :

f2 continue ⇒ f continue.

où f2 est le produit de f avec elle même.

Exercice 5.115 Déterminer les ensembles de définition des fonctions suivantes :



x  sin(1/x) si x > 0,
ln x
1) f1 (x) = √ ; 3) f3 (x) =
1− 1−x  cosx si x ≤ 0.
x2 −π2
1
!
(1 − x − x2 ) 2 p
2) f2 (x) = log ; 4) f4 (x) = sin(2x).
|x|2

Exercice 5.116 Calculer les limites suivantes :


√ √
xn − 1 3
1 + x2 − 3 1 − x2
1) lim x − E(x), a ∈ Z; 4) lim , n ∈ N; 7) lim ;
x→a
 
x→1 x − 1 x→0 x2
1 ln x 1 − cos(αx)
2) lim xE ; 5) lim 3 ; 8) lim ;
x→0 x x→1 x − 1 x→0 x2
 x p
x−1 x2 + p2 − p sin(αx) − sin(βx)
3) lim ; 6) lim p ; 9) lim .
x→+∞ x+1 x→0 x 2 − q2 − q x→0 sin(ax) − sin(bx)

Exercice 5.117 Etudier (l’existence) des limites suivantes :


 
1
1) lim cos ; 3) lim cos (ln |x|) ;
x→0 x x→0
 1
2) lim sin(x); 4) lim sin e x .
x→+∞ x→0

97
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exercice 5.118 Montrer que la fonction la fonction suivante est continue en zéro.


 
x E 1
2
si x ̸= 0,
f(x) = x

0 si x = 2.

Exercice 5.119 Pour quelles valeurs de a et b la fonction suivante est continue


 

 2
si x < −2, 
 si x < π2 ,
(x − 1)
 −2 sin x

1) f(x) = a si x = 2, 2) g(x) = a sin x + b si − π2 ≤ x < π2 ,

 


(2x + b)2 si x > 2; 
cos x si x ≤ π . 2

Exercice 5.120 Étudier la continuité des fonctions suivantes sur leurs domaines de définition :

 
 x2 + x si x ≤ 0,

  |sin x|

si x ̸= 0,
1) f(x) = sin x si 0 < x ≤ π, ; 2) g(x) = x

 
1

1 + cos x si x > π. si x = 0.

Exercice 5.121 Étudier le prolongement par continuité des fonctions suivantes en x0 :

sin πx 1
1) f(x) = , x = 1; 2) g(x) = e x−α , x0 = α.
x−1

Exercice 5.122 Étudier la continuité uniforme des fonctions suivantes

1
1) f(x) = , x ∈ ]0, 1] ; 2) g(x) = ln x, x ∈ ]0, +∞[ .
x
Exercice 5.123 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponse.
1. Toute fonction dérivable en un point est continue en même point.
2. Toute fonction continue est dérivable.
3. Toute fonction dérivable à droite et à gauche en un point est dérivable en ce point.
4. Si f n’est pas dérivable ni à droite ni à gauche en x0 alors le graphe de f n’admet pas de
tangente ou de demi-tangentes en x0 .
5. Si une fonction dérivable admet un extremum local en un point, sa dérivée s’annule en ce
point.

98
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

6. Si la dérivée d’une fonction s’annule en un point, cette fonction admet un extremum en ce


point.
7. Si f est une fonction dérivable sur R et paire alors f ′ est impaire.
8. Si f est dérivable une fois en x0 alors f est dérivable deux fois en x0 .
9. L’inégalité des accroissements finis est un cas particulier de l’inégalité de Taylor-Lagrange.

Exercice 5.124 En utilisant la définition de la dérivée d’une fonction, calculer les limites suivantes
sin x
1). lim ,
x→0 x
xf(a) − af(x)
2). lim (f : R → R dérivable en a).
x→a x−a
Exercice 5.125
1. En appliquant la règle de L’Hospital, calculer les limites suivantes :
x − sin x
1). lim ,
x→0 x3
ln(1 + x) − x
2). lim .
x→0 x2
2. La règle de L’Hôpital admet-elle la réciproque ?

Exercice 5.126 Étudier la dérivabilité des fonctions suivantes au point x0 indiqué :

1) f1 (x) = |x| + x2 , x0 = 0; 3) f3 (x) = |x − n| E(x), x0 = n ∈ Z;


 2

 sin (πx) x = ̸ 2,
|x − 2|.
p
2) f2 (x) = x−π x0 = 2; 4) f4 (x) =

0 x = 2,

Exercice 5.127 Soit




 
xn sin 1 x ̸= 0,
fn (x) = x n ∈ N.

0 x = 0.

Étudier suivant les valeurs de n, la dérivabilité de la fonction fn et calculer sa dérivé.

Exercice 5.128 Calculer la dérivée n-ième des fonctions suivantes :


1
1) f(x) = ,
1 − x2
2) g(x) = ex sin x.

99
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle

Exercice 5.129
1. Énoncer le théorème de Rolle.
2. Peut-on appliquer le théorème de Rolle dans les cas suivants ?

3 − x2 x ≤ 1 p
1) f1 (x) = 1 sur [0, 2] ; 2) f2 (x) = 3 (x − 2)2 sur [0, 4] .
 x>1
x
Exercice 5.130
1. Énoncer le théorème des accroissements finis.
2. Peut-on appliquer le théorème des accroissements finis dans les cas suivants ?
r
1
1) f1 (x) = |1 − x| sur [0, 3] ;
3
2) f2 (x) = x − sur [−1, 1] .
2
3. En appliquant cette théorème pour démontrer les inégalités suivantes :
— Montrer les inégalités suivantes :
x 1
∀x > 0 ≤ ln(x + 1) − ln x ≤ ;
x+1 x
∀x, y ∈ R |sin x − sin y| ≤ |x − y| .
1
— En appliquant le théorème des accroissements finis à la fonction φ : x 7→ xe x sur
l’intervalle [x, x + 1]. Calculer :
 1 1

lim (x + 1) e x+1 − xe x .
x→+∞

Exercice 5.131
1. Énoncer la formule de Mac-Laurin-Lagrange à l’ordre n.
2. Soit la fonction :
f(x) = ex .
i) Calculer la dérivée n-ième de f.
ii) Donner la formule de Mac-Laurin-Lagrange de f à l’ordre n.
i) Montrer :
1 1 1 1 1 1 e
1+ + + ... + < e < 1 + + + ... + + .
1! 2! n! 1! 2! n! (n + 1)!
ii) Soit la suite de terme générale :
1 1
un = 1 + + ··· + .
1! n!
Calculer la limite lim un .
n→+∞

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Bibliographie

[1] H. Osmanov et S. Khelifati, Brochure d’analyse mathématique I, (2013).


[2] K. Alla, Eléments d’Analyse, O.P. U., (Réimpression 1991)
[3] E. Azoulay, J. Avignant, G. Auliac, Les Mathématiques en licence, 1er année. Tome 1 :
(Dunod pour la nouvelle édition) Paris 2003.
[4] J. M. Monier, Cours de Mathématiques : Maths sup-Analyse 1 dunod 1994. Paris, 1996.
[5] H. Muller, Mathématiques - méthodes, savoir-faire et astuces, Collection DEUG
Sciences, Bréal, 2003.
[6] A. Denmat et F. Héaulme, Algèbre linéaire, travaux dirigés, Dunod, 1999.

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