S1 Sebbagh
S1 Sebbagh
Polycopié
Réalisé par :
Intitulé :
Préface iv
2 Ensembles et Applications 12
2.1 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.1 Définition des ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.2 Opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 Image directe, Image réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2.2 Application injective, surjective et bijective . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2.3 Application réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3 Relation d’équivalence sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.4 Relation d’ordre sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
i
3 Nombres réels 28
4 Suites numériques 44
ii
5.4.5 Dérivée n-ième d’un produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.6 Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.7 Théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.4.8 Règle de L’Hospital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.4.9 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
iii
Préface
Ce présent document est destiné aux étudiants de tronc commun Hydrocarbures, do-
maine Sciences et Technologie. Il peut aussi servir aux étudiants de première année uni-
versitaire pour les autres filières.
Ce document se compose de cinq chapitres. Chaque chapitre contient des exemples qui
mettent en évidence l’utilisation des résultats présentés et suivis par des séries d’exercices
qui ne sont pas corrigés pour permettre à l’étudiant de s’entraîner à utiliser les résul-
tats appris en cours. Dans le premier chapitre, nous définissons les notions du langage
mathématique et nous expliquons les différents modes de raisonnement dans l’intérêt
d’apprendre à l’étudiant d’écrire des textes mathématiques. Dans le deuxième chapitre
nous présentons quelques notions fondamentales en théorie des ensembles, notamment
les opérations usuelles sur les ensembles. Ensuite, nous traitons les applications ainsi que
les relations d’équivalence et les relations d’ordre. Le troisième chapitre est consacré à
l’étude des nombres réels, nous traitons les deux concepts qui sont considérés très impor-
tants dans la dernière partie de ce chapitre synonyme de la borne inférieure et la borne su-
périeur d’un ensemble. Dans le quatrième chapitre, nous rappelons quelques notions sur
les suites numériques réelles (Vus en terminal). Nous définissons les notions suivantes :
convergence d’une suite, suites adjacentes, suite de Cauchy, suites récurrentes et nous
donnons quelques propriétés fondamentales liées à ces notions. Dans le dernier chapitre
nous étudions les fonctions réelles d’une variable réelle : nous définissons la notion de li-
mite, continuité d’une fonction et nous terminons par l’étude de la dérivabilité. Plusieurs
résultats théoriques découlent de la notion de dérivée. Ces derniers permettent d’étudier
les propriétés locales (approximation affine, tangente) et globales (sens de variation) d’une
fonction.
iv
Chapitre 1
Les mathématiques sont un langage qui permet de s’exprimer de façon rigoureuse, adapté
aux phénomènes complexes, qui rend les calculs exacts et vérifiables. La logique est très
importante en mathématique, elle nous permet d’être rigoureux dans nos écritures et dans
nos raisonnements. L’objectif de ce chapitre est de nous aider à lire et à écrire des textes
mathématiques et de faire des raisonnements mathématiques.
Définition 1.1 (Proposition) On appelle proposition un énoncé ou une expression pouvant être
vrai ou faux. On associe à toute proposition une valeur de vérité V (vrai) ou F (faux).
Définition 1.3 (Axiome) On appelle axiome toute proposition considérée comme évidente, ad-
mise vraie sans démonstration.
1
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
Exemple 1.4 Axiome d’Euclide : il affirme que par un point donné passe une unique parallèle a
une droite donnée.
Définition 1.5 (Assertion) On appelle assertion (proposition) toute phrase mathématique dont
on peut affirmer si elle est vraie ou fausse. Tout assertion admet une valeur logique vrai (V) ou
faux (F), on note aussi 1 pour V et 0 pour F.
Remarque 1.6 Il est d’usage de noter une assertion en utilisant une lettre majuscule.
Pour énoncer la définition suivante on a besoin de définir la notion d’ensemble : c’est une
famille d’éléments bien déterminés et distincts.
Définition 1.7 (Prédicat) On appelle prédicat un énoncé contenant des lettres appelées variables
tels que quand on remplace chacune de ces variables par un élément d’un ensemble donné, on
obtient une assertion.
Exemple 1.9 L’énoncé P (n) : "n est un multiple de 2" est un prédicat. Il devient une assertion
quand on donne une valeur entière à n ; par exemple, l’assertion P (10) est vraie mais P (11) est
fausse.
Définition 1.10 (Théorème) On appelle théorème toute proposition que l’on démontre vraie.
Définition 1.11 (Corollaire) Un corollaire est une conséquence directe d’un théorème.
Définition 1.12 ( Lemme) On appelle lemme toute proposition vraie préparatoire à l’établisse-
ment d’un théorème de plus grande importance.
Définition 1.13 (Les connecteurs logiques) Les connecteurs logiques permettent à partir des
propositions P, Q, R, · · · de créer de nouveaux prédicats dits prédicats composés dont on peut dé-
terminer la valeur de vérité à partir des valeurs de vérité de P, Q, R, · · ·
2
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
Définition 1.14 La négation d’une proposition P est le prédicat noté par non (P) =⌉P = P, qui
est vrai lorsque P est faux, et est faux lorsque P est vrai.
Il est d’usage de présenter les valeurs de vérité de P en fonction des valeurs de vérité de
P dans le tableau suivant appelé table de vérité.
P P
V F
F V
Exemple 1.15 La négation de "24 est un multiple de 2 "(V) est "24 n’est pas un multiple de
2"(F) .
Définition 1.16 Soient P et Q deux propositions. La proposition "P et Q" est appelée conjonction
de P et de Q, est une proposition qui est vraie lorsque P et Q sont vraies simultanément, et fausse
dans tous les autres cas. On la note aussi P ∧ Q.
Définition 1.17 Soient P et Q deux propositions. La proposition "P ou Q" appelé disjonction de
P et de Q, est un prédicat qui est vrai lorsque l’un au moins des deux prédicats P et Q est vrai, et
faux lorsque les deux sont faux. On le note par P ∨ Q.
La table de vérité
P Q P∧Q P∨Q
1 1 1 1
1 0 0 1
0 1 0 1
0 0 0 0
Exemple 1.18 La proposition P défini par "10 est divisible par 2"(c’est une assertion) est vrai. Le
prédicat Q définie par "10 est divisible par 3" est faux. Ainsi P ∧ Q (c’est encore une assertion)
est faux. En revanche P ∨ Q est vrai.
3
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
Implication, équivalence
Définition 1.20 Soit P, Q" deux propositions, on dit que " P implique Q" et on note P ⇒ Q.
Si on a "si P, alors Q" est un énoncé vrai.
P Q P⇒Q
1 1 1
1 0 0
0 1 1
0 0 1
Définition 1.23 Soit P et Q deux propositions. On dit que P et Q sont equivalentes et on note par
P ⇔ Q lorsque P et Q sont simultanément vrais ou faux, et faux dans tous les autres cas. Elle se
lit "P équivaut à Q" ou "P si et seulement si Q.
Remarque 1.24 L’équivalence de P et de Q s’appelle aussi double implication. On dit que P (res-
pectivement, Q) est une condition nécessaire et suffisante pour Q (respectivement, pour P).
P Q P⇔Q
1 1 1
1 0 0
0 1 0
0 0 1
4
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
À partir d’un prédicat P (x) définie sur un ensemble E, on peut construire de nouvelles
assertions dites assertions quantifiées en utilisant les quantificateurs " il existe" et " quel
que soit". Notons que dans tout ce qui suit E et F sont deux ensembles.
∀x ∈ E, P (x)
∃x ∈ E, P (x)
qui est vraie lorsqu’on peut trouver (au moins) un élément x appartenant à E vérifiant
l’énoncé P (x) .
Remarque 1.27 Le quantificateur ∀ est qualifié d’universel et le quantificateur ∃ "il existe" d’exis-
tentiel.
Exemple 1.28 L’énoncé x2 + 2x − 3 ≤ 0 est un prédicat. Il peut être vrai ou faux selon la valeur
de x. L’énoncé
∀x ∈ [−3, 1], x2 + 2x − 3 ≤ 0 .
Exemple 1.29 x2 = 4 est vraie car il existe un élément de R qui vérifié x2 = 4 (x = 2 et x = −2) .
∃!x ∈ E, P (x) .
5
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
Définition 1.31 (Négation d’une assertion quantifiée) La négation de " Pour tout élément x
de E l’énoncé P (x) est vrai " est " il existe un élément x de E pour lequel l’énoncé P (x) est faux "
et la négation de " il existe un élément x de E pour lequel l’énoncé P (x) est vrai " est " pour tout
élément x de E l’énoncé P (x) est faux ". Autrement dit
Exemple 1.32 On a
Exemple 1.33 L’assertion : ∀n ∈ N n (n − 3) > 0 fausse puisque sa négation est vraie "il existe
un élément n de N (par exemple : n = 0, n = 1, n = 2, n = 3) pour lequel l’énoncé est faux".
Quantificateurs multiples
Définition 1.34 La proposition "∀x ∈ E, ∀y ∈ F, P (x, y)" est vraie lorsque tous les éléments x
de E et tous les éléments y de F vérifient P (x, y) . La proposition "∃x ∈ E, ∃y ∈ F, P (x, y)" est
vraie lorsqu’il existe (au moins) un élément x de E et lorsqu’il existe (au moins) un élément y de F
qui vérifient P (x, y) .
∀x ∈ R, ∀n ∈ N : (1 + x)n ≥ 1 + nx,
6
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
∃y ∈ F, ∀x ∈ E : P (x, y) ,
∃y ∈ N, ∀x ∈ N, x ≤ y,
(a − b)2 = a2 + b2 − 2ab ≥ 0,
d’où
a2 + b2 ≥ 2ab,
ce qui implique
a2 + b2
ab ≤ .
2
7
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
Corollaire 1.39 (Raisonnement direct par une implication) Le résultat à démontrer est de la
forme : soit P et Q deux propositions, tels que P ⇒ Q. Pour montrer ce résultat, nous supposons
que la proposition P est vraie et on montre alors la proposition Q est vraie.
1 √
√ = 1 − x ⇒ x = 0.
1+ x
On a :
1 √ √ √
√ = 1 − x ⇒ 1 = (1 + x)(1 − x),
1+ x
⇒ 1 = 1 − x,
⇒ x = 0,
On a :
1 1
= ⇒x−1=y−1
x−1 y−1
⇒ x = y.
8
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
2b2 = a2 , (1.2)
a = 2k, k ∈ Z, (1.3)
en remplaçant (1.3) dans (1.2), il vient b2 = 2k2 , ce que implique que b est pair, alors
PGCD(a, b) ̸= 1, (nous avons trouvé une contradiction).
0 = 02 + 02 + 02 ,
1 = 12 + 02 + 02 ,
2 = 12 + 12 + 02 ,
3 = 12 + 12 + 12 ,
4 = 22 + 02 + 02 ,
5 = 22 + 12 + 02 ,
6 = 22 + 12 + 12 .
9
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
le nombre 7 n’est pas somme de trois carrés. Cela prouve que l’assertion est fausse.
2n > n.
Nous allons démontrer par récurrence que P(n) est vraie pour tout n ≥ 0.
Initialisation. Pour n = 0 nous avons 20 = 1 > 0. Donc P(0) est vraie.
Hérédité. Fixons n ≥ 0. Supposons que P(n) soit vraie. Nous allons montrer que P(n + 1) est
vraie.
2n+1 > n + 2n ,
>n+1 car 2n ≥ 1.
10
Chapitre 1. Notions de logique et de raisonnement
1.4 Exercices
Exercice 1.45 Déterminer si les propositions suivantes sont vraies ou fausses :
1. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ / x + y ̸= 0,
2. ∀x ∈ R, ∃y ∈ R / x + y = 3,
3. ∃x ∈ R, ∀y ∈ R / x + y = 3,
4. ∀x ∈ R, ∃y ∈ N∗ / xy ≥ 1,
5. ∀x ∈ Z, ∃y ∈ Z / x2 + y2 ≤ 9.
Exercice 1.46 L’objectif de cet exercice est d’établir une formule simple d’une somme de n termes,
définie pour n ≥ 1, par :
1 1 1
Sn = + + ··· + .
1×2 2×3 n × (n + 1)
1. Calculer S1 , S2 , S3 et S4 .
1 1 1
2. Trouver une formule en n pour Sn . (Indication : n(n+1)
= n
− n+1
).
3. Démonter cette formule par récurrence.
Exercice 1.47 On appelle nombre irrationnel tout développement décimal illimité non pério-
√
dique, par exemple le nombre irrationnel 2 a un développement décimal illimité :
√
2 = 1, 41421356237309504880168872420969807856967187537694807317668 · · ·
1. Montrer que la somme d’un nombre rationnel et d’un nombre irrationnel est un nombre
irrationnel.
— Que peut-on dire de la somme de deux nombres irrationnels ?
2. Montrer que le produit d’un nombre rationnel non nul et d’un nombre irrationnel est un
nombre irrationnel.
— Que peut-on dire du produit de deux nombres irrationnels ?.
11
Chapitre 2
Ensembles et Applications
2.1 Ensembles
On peut définir de manière intuitive un ensemble comme la réunion dans une même
entité de certains objets bien déterminés. On appelle ces objets les éléments de l’ensemble.
Définition 2.2 Un ensemble est dit fini s’il contient un nombre fini d’éléments. On dit qu’il est
infini s’il n’est pas fini .
Exemple 2.3 L’ensemble des entiers naturels N est infini, {a, b} est un ensemble fini.
Remarque 2.4
⋆ Un ensemble vide est un ensemble qui ne contient aucun élément. On le note ∅. Par convention,
l’ensemble ∅ est inclus dans tout ensemble.
⋆ Un ensemble réduit à un seul élément a est noté {a}. Il est appelé singleton.
Définition 2.5 Si x est un élément contenu dans E, alors on dit que x est un élément de E et on
note par x ∈ E. Si x n’est pas un élément de E, alors on note par x ∈
/ E.
12
Chapitre 2. Ensembles et Applications
Définition 2.7 (Inclusion) Soient A et B deux ensembles. On dit que A est inclus dans B (on
dit aussi A est un sous ensemble de B ou A est une partie de B) si et seulement si tout élément de
A est un élément de B et on note par A ⊂ B.
A⊂B⇔ x ∈ A ⇒ x ∈ B.
Définition 2.8 (Égalité) Soient A et B deux ensembles. On dit que A et B sont égaux et on note
par A = B si et seulement si tout élément de A est élément de B et si tout élément de B est élément
de A. Autrement dit,
A = B ⇔ A ⊂ B et B ⊂ A.
Définition 2.9 (Union) Soit A et B deux ensemble. L’union (ou la réunion) de A et B est un
ensemble noté par A ∪ B est défini par tous les éléments qui sont dans A ou dans B.
A ∪ B = {x/ x ∈ A ou x ∈ B}.
A ⊂ (A ∪ B) et A ⊂ (A ∪ B).
13
Chapitre 2. Ensembles et Applications
A ∩ B = {x/ x ∈ A et x ∈ B}.
Définition 2.13 Soit E un ensemble. L’ensemble des parties de E est l’ensemble défini par tous les
sous-ensembles de E. On le note par P(E), y compris l’ensemble vide et l’ensemble E lui même.
Remarque 2.14 Le cardinal d’un ensemble fini E est le nombre d’éléments que possède cet en-
semble. On note Card(E). Nous avons la propriété suivante :
Exemple 2.15 E = {1, 2, 3}, P(E) = {∅, {1}, {2}, {3}, {1, 2}, {1, 3}, {2, 3}, {1, 2, 3}} .
En comptant les éléments de P(E), on remarque que Card(E) = 3. On déduit de la remarque
précédente que Card (P(E)) = 23 = 8.
Définition 2.16 Soit E un ensemble non vide. Une partition de E est une famille F définie par les
sous-ensembles de E vérifiant :
∀A, B ∈ F, on a A ∩ B = ∅.
S
A∈F A = E.
14
Chapitre 2. Ensembles et Applications
∁E A = {x/ x ∈ E et x ∈
/ A}.
Définition 2.18 (Différence) Soit A et B deux ensembles. La différence entre A et B est définie
par l’ensemble des éléments qui sont dans A mais ne sont pas dans B. On la note par A − B.
Autrement dit :
A − B = {x/ x ∈ A et x ∈
/ B}.
Définition 2.19 (Produit cartésien) Soit A et B deux ensembles. On définit le produit cartésien
de A et B par l’ensemble des couples (x, y) tels que x ∈ A et y ∈ B. On le note par A × B.
15
Chapitre 2. Ensembles et Applications
2.2 Applications
Définition 2.22 Soient E et F deux ensembles non vides.
• On dit que f est une fonction définie dans E à valeurs dans F, si à un élément x de E on associe
au plus un élément y dans F qu’on note f(x).
• On dit que f est une application si à tout élément x ∈ E on associe un unique élément y dans F.
Autrement dit,
∀x, ∃!y ∈ E, f(x) = y.
16
Chapitre 2. Ensembles et Applications
f : E −→ F
x 7−→ f(x).
IdE : E −→ E
x 7−→ IdE (x) = x.
17
Chapitre 2. Ensembles et Applications
Définition 2.25 Deux applications f et g sont égales si elles ont le même ensemble de départ E, le
même ensemble d’arrivée F et que ∀x ∈ E, f(x) = g(x).
f : R+ −→ R
x 7−→ f(x) = log x
alors l’application
g : R −→ R
x 7−→ g(x) = log |x|.
est un prolongement de f à R.
18
Chapitre 2. Ensembles et Applications
19
Chapitre 2. Ensembles et Applications
On a :
f(x) ∈ B ⇔ |x| + 1 ∈ B
⇔ −3 ≤ |x| + 1 ≤ 2
⇔ 0 ≤ |x| ≤ 1
⇔ x ∈ [−1, 1]
et donc f−1 (B) = [−1, 1].
Autrement dit :
20
Chapitre 2. Ensembles et Applications
Une application f : E −→ F n’est pas injective s’il existe deux éléments de E distincts qui
ont même image par f.
f : R −→ R
x 7−→ f(x) = 5x + 3.
21
Chapitre 2. Ensembles et Applications
y = f(x) ⇒ y = x2
√
⇒ x = ± y,
√
donc pour tout y ∈ R, ∃x = ± y tel que y = f(x) = x2 , par suite f est surjective.
22
Chapitre 2. Ensembles et Applications
23
Chapitre 2. Ensembles et Applications
Cx = {y ∈ E / yℜx}.
La classe d’équivalence Cx est non vide car ℜ est réflexive et contient de ce fait au moins x.
Définition 2.50 (Ensemble Quotient) Soient ℜ une relation d’équivalence définie sur un en-
semble E et x ∈ E.
L’ensemble Quotient de E par ℜ, on le note E⧸ℜ est l’ensemble de toutes les classes
d’équivalence des éléments de Eet on a : E⧸ℜ = {Cx / x ∈ E}.
24
Chapitre 2. Ensembles et Applications
Définition 2.53 (Ordre total et ordre partiel) Soit ℜ une relation d’ordre définie sur un en-
semble E.
• La relation ℜ est totale si
∃x, y ∈ E on a : x ̸ ℜy et y ̸ ℜx.
Exemple 2.54 1. La relation ≤ définie sur R, Q, Z et N est une relation d’ordre totale.
2. La relation "divise" définie sur N∗ est une relation d’ordre partiel. En effet, ∃ 7 ∈ N∗ ,
∃ 8 ∈ N∗ , tels que " 7 ne divise pas 8 " et "8 ne divise pas 2."
3. Sur le plan R2 la relation (x, y)ℜ(x′ , y′ ) ⇔ x ≤ x′ et y ≤ y′ est un ordre partiel. Par
exemple, (0, 2) n’est pas en relation avec (2, 0) et (2, 0) n’est pas en relation avec (0, 2).
25
Chapitre 2. Ensembles et Applications
2.5 Exercices
Exercice 2.55 Soient A, B, C trois parties d’un ensemble E.
1. Montrer que A − (B ∩ C) = (A − B) ∪ (A − C).
2. Montrer que A − (B ∪ C) = (A − B) ∩ (A − C).
3. Montrer que si A ⊂ B alors (A ∩ C) ⊂ (B ∩ C).
∀x ∈ R, f(x) = |x| + 3.
Exercice 2.57 Soit f l’application de R dans [−1, 1] définie par f(x) = cos x.
1. f est-elle injective ?.
2. Soit f l’application de ]0, + ∞[ dans R définie par f(x) = ln x,
f est-elle injective ?.
x
3. Montrer que l’application f de R dans ] − 1, 1[ définie par f(x) = . f est injective et
1 + |x|
surjective.
4. Soit f l’application de [0, 2π] dans [−1, 1] définie par f(x) = sin x, f est-elle injective ?.
26
Chapitre 2. Ensembles et Applications
27
Chapitre 3
Nombres réels
N = {0, 1, 2, · · · n, . . .} .
Ensemble des entiers relatifs : Les entiers naturels ne peuvent pas résoudre certaines
équation comme : x + 5 = 0. On doit alors construire un ensemble plus grand que N. Cet
ensemble noté Z, est appelé l’ensemble des entiers relatifs :
Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, . . .} .
28
Chapitre 3. Nombres réels
Définition 3.1 Le nombre irrationnel signifie qu’on ne peut pas l’écrire sous la forme d’un quo-
a
tient de deux entiers relatifs b
(tout développement décimal illimité non périodique), qui appartient
à R et n’appartient pas à Q. On note par : R | Q = {x ∈ R et x ∈
/ Q}, l’ensemble des nombres ir-
rationnels.
Dans ce chapitre, nous rappelons d’abord les principales règles de calcul dans l’en-
semble des nombres réels. Nous précisons ensuite la propriété de la borne supérieure et
la borne inférieure. À la fin de ce chapitre, nous étudions la propriété d’Archimède.
∀x ∈ R, ∃ (−x) ∈ R, x + (−x) = 0.
Pour x et y réels, on note x − y la somme de x avec l’opposé de y. C’est une loi de compo-
sition interne appelée soustraction qui n’est ni associative, ni commutative.
La commutativité et l’associativité de la loi + ont pour conséquence la possibilité de consi-
dérer des sommes de réels de la forme x1 + x2 + · · · + xn sans se préoccuper de l’ordre des
termes. On note une telle somme
X
n
xk = x1 + x2 + · · · + xn .
k=1
29
Chapitre 3. Nombres réels
Propriétés du produit
1. La loi × est associative : ∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x × y) × z = x × (y × z) ;
2. La loi × est commutative : ∀ (x, y) ∈ R2 , x × y = y × x;
3. L’ensemble R possède un élément neutre pour × qui est l’entier 1 : ∀x ∈ R, x×1 = x;
4. Tout élément x de R différent de 0 possède un symétrique dans R pour la loi ×
appelé "inverse de x" et noté x−1 : ∀x ∈ R, ∃x−1 ∈ R, x × x−1 = 1.
5. La loi × est distributive sur + : ∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x + y) × z = (x × z) + (y × z) .
x
6. Pour x et y réels, y ̸= 0, on note le produit de x avec l’inverse de y. C’est une loi
y
de composition interne appelée division qui ni n’est associative, ni commutative.
Y Y Y
n n
! n
!
1) (ak bk ) = ak bk ;
k=m k=m k=m
Yn Y
n
2) λak = λn−m ak .
k=m k=m
30
Chapitre 3. Nombres réels
Définition 3.2 Pour tout réel x, on définit la puissance n-ième de x (n ∈ N) par la relation :
x0 = 1, (x ̸= 0) et pour tout n ∈ N∗ , xn = x × xn−1 . Pour tout n ∈ N, on a 1n = 1 et pour tout
n ∈ N∗ , on a 0n = 0. Si x est un réel non nul, on note x−n l’inverse du réel xn .
∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y ⇒ x + z ≤ y + z )
∀ (x, y, z) ∈ R3 , (x ≤ y et 0 ≤ z ) ⇒ x × z ≤ y × z.
∀ (x, y) ∈ R2 , x < y si (x ≤ y et x ̸= y) .
Proposition 3.3 Donnons quelques proporitétés elementaire sur la relation d’ordre "≤"
31
Chapitre 3. Nombres réels
x≤y
1. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ x + u ≤ y + v.
u≤v
x≤y
2. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ x + u < y + v.
u<v
0≤x≤y
3. ∀x, y, u, v ∈ R, ⇒ xu < yv.
0≤u≤v
x≤y
4. ∀x, y, u ∈ R, ⇒ xu ≤ yu.
u≥0
x≤y
5. ∀x, y, u ∈ R, ⇒ xu ≥ yu.
u≤0
1 1
6. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , 0 < x ≤ y ⇒ 0 < ≤ .
y x
1 1
7. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , x ≤ y < 0 ⇒ ≤ < 0.
y x
1 1
8. ∀x ∈ R∗ , ∀y ∈ R∗ , x < 0 < y ⇒ < 0 < .
x y
9. ∀n ∈ N , ∀x ∈ R , ∀y ∈ R , x ≤ y ⇔ x ≤ yn .
∗ + + n
10. ∀x ∈ R+ , ∀n ∈ N, ∀m ∈ N, x ≤ 1 et n ≤ m ⇒ xn ≥ xm .
11. ∀x ∈ R+ , ∀n ∈ N, ∀m ∈ N, x ≥ 1 et n ≤ m ⇒ xn ≤ xm .
où
n!
Ckn = (coefficient binomial, lu : "k parmi n" ou "combinaison de k parmi n").
k! (n − k) !
32
Chapitre 3. Nombres réels
Ckn + Ck+1
n = Ck+1
n+1 . ∀n ≥ k. (3.3)
Triangle de Pascal
Voici le triangle de Pascal qui donne les premières valeurs des coefficients binomiaux,
obtenue à l’aide de la relation (3.3) pour 0 ≤ k ≤ 5.
n\k 0 1 2 3 4 5
0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
5 1 5 10 10 5 1
33
Chapitre 3. Nombres réels
X
n−1
n n
x − y = (x − y) xn−1−k yk
k=0
Définition 3.8 On appelle valeur absolue d’un réel x le nombre réel positif, noté |x| défini par
x si x ≥ 0,
|x| =
−x si x < 0.
34
Chapitre 3. Nombres réels
6. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a.
7. ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≥ a ⇔ ((x ≥ a) ∨ (x ≤ −a)) .
8. ∀x ∈ R, |xn | = |x|n .
9. ∀ (x, y) ∈ R2 , |x + y| ≤ |x| + |y| (1re inégalité triangulaire).
10. ∀ (x, y) ∈ R2 , ||x| − |y|| ≤ |x − y| (2e inégalité triangulaire).
Démonstration.
1. Montrons la propriété 9. On a par définition de la valeur absolue :
− | x |≤ x ≤| x | et − | y |≤ y ≤| y | .
− (| x | + | y |) ≤ x + y ≤| x | + | x |,
d’où
|x + y| ≤ |x| + |y| .
− | x − y |≤| x | − | y |≤| x − y |⇔ || x | − | y || ≤| x − y | .
35
Chapitre 3. Nombres réels
E : R → Z,
x 7→ E (x) .
Exemple 3.11 On a
36
Chapitre 3. Nombres réels
3. ∀n ∈ Z E (x + n) = E (x) + n.
4. La fonction x 7→ E (x) est croissante sur R.
5. ∀x, y ∈ R E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ {0, 1}.
∀a, b ∈ I ∀x ∈ R (a ≤ x ≤ b =⇒ x ∈ I) .
[a, b] = {x ∈ R | a ≤ x et x ≤ b}.
37
Chapitre 3. Nombres réels
4. Un intervalle minoré :
5. Un intervalle majoré :
Exemple 3.14 I = [1, 2], est un intervalle. Par contre : D = I ∪ J = [1, 2] ∪ [4, 5] n’est pas un
intervalle, car : pour x ∈ I ⊂ D et y ∈ J ⊂ D ∃z = 3, x < z = 3 < y mais 3 ∈
/ D.
√
Définition 3.15 (Radicaux) Pour x ∈ R+ , on appelle racine carrée de x et on note x l’unique
élément y de R+ tel que y2 = x. Plus généralement
— si n est un entier naturel pair (n ≥ 2) et si x ∈ R+ , on appelle racine n-ième de x et on
√ 1
note n x = x n l’unique élément y de R+ tel que yn = x;
— si n est impair, la racine n-ième de x est définie pour tout x ∈ R : c’est l’unique réel y tel
que yn = x.
Ainsi, par définition,
√
si n est pair ∀x ∈ R+ y = n
x ⇔ yn = x et y ≥ 0,
√
si n est impair ∀x ∈ R y = n x ⇔ yn = x.
√
3
√
3
Exemple 3.16 −8 = −2 et 8 = 2.
√ √ √ √
Remarque 3.17 On appelle quantité conjuguée de a+ϵ b (ϵ = ±1) l’expression a−ϵ b;
les égalités suivantes :
√ √ a−b
a+ϵ b= √ √ ,
a−ϵ b
√ √
3 a−b
3
a− b= √
3
√ √
3
,
a + 3 ab + b2
2
38
Chapitre 3. Nombres réels
∃(M, m) ∈ R2 , ∀x ∈ A m ≤ x ≤ M.
Remarque 3.20 Les majorants et les minorants n’existent pas toujours, quand ils existent ne sont
pas uniques.
39
Chapitre 3. Nombres réels
Théorème 3.23
1. Tout sous-ensemble A non vide et majoré de R admet une borne supérieure M qui vérifie
∀x ∈ A, x ≤ M,
M = sup A ⇔
∀ε > 0, ∃xε ∈ A, M − ε < xε .
2. Tout sous-ensemble A non vide et minoré de R admet une borne inférieure m qui vérifie
∀x ∈ A, x ≥ m,
m = inf A ⇔
∀ε > 0, ∃xε ∈ A, m + ε > xε .
Exemple 3.24 Montrons que Sup ([0, 2[) = 2. En utilisant la propriété de la borne supérieure :
∀x ∈ E; x ≤ 2,
Sup ([0, 2[) = 2 ⇔
∀ε > 0 ∃x ∈ A; 2 − ε < x .
ε ε
Soit ε > 0, trouvons xε ∈ E tel que : 2 − ε < xε , xε existe dans E, il suffit de prendre :
2−ε+2 ε
xε = 2
=2− 2
∈ E, (car E est un intervalle), d’où Sup(E) = 2.
40
Chapitre 3. Nombres réels
Exemple 3.25 Déterminons (s’ils existent) : les majorants, les minorants, la borne supérieure, la
borne inférieure, le plus grand élément et le plus petit élément de l’ensemble A dans R.
6
A= x=3− , n ∈ N, n ≥ 3 .
n−2
1. Montrons d’abord que A est non vide et borné ?
6
• A ̸= ∅, car ( pour n = 4 ∈ N − {0, 1, 2}, nous trouvons 0 = 3 − ∈ A ).
4−2
• Aest borné ⇔ ∃M, m ∈ R ∀x ∈ A; m ≤ x ≤ M, on a
1
n≥3⇒n−2≥1⇒0< ≤1
n−2
6 6
⇒0< ≤ 6 ⇒ −6 ≤ − <0
n−2 n−2
6
⇒ −3 ≤ 3 − < 3 ⇒ −3 ≤ x < 3,
n−2
donc, 3 est un majorant de A et −3 est un minorant de A.
2. Déterminons : Min(A), Inf(A), Sup(A), et Max(A) s’ils existent?
• ∀x ∈ A − {3} ≤ x, on remarque que −3 ∈ A car : ( pour n = 3 , on a : − 3 =
6
3− ∈ A, donc Min(A) = −3).
3−2
Comme Min(A) existe, alors Inf(A) existe, donc Min(A) = Inf(A) = −3.
• Montrons que Sup(A) = 3. En utilisant la caractérisation de la borne supérieure
∀x ∈ A; x ≤ 3,
Sup(A) = 3 ⇔
∀ε > 0 ∃x ∈ A; 3 − ε < x .
ε ε
6
∀n ∈ N − {0, 1, 2} ; 3 − ≤ 3, (1)
⇔ nε − 2
∀ε > 0, ∃nε ∈ N − {0, 1, 2} ; 3 − ε < 3 −
6
. (2)
nε − 2
La première inégalité est déjà démontrée.
Examinons la seconde inégalités
Soit ε > 0. On cherche nε ∈ N − {0, 1, 2} ; tel que :
6 6 6 6
3− >3−ε⇔− > −ε ⇔ ε > ⇔ nε > + 2.
nε − 2 nε − 2 nε − 2 ε
6
Il suffit de prendre nε = E + 2 + 1 ∈ N − {0, 1, 2} .
ε
Ainsi, Sup(A) = 3.
41
Chapitre 3. Nombres réels
Donc :
6 6
xε = 3 − =3− = 2, 71 ∈ A.
nε − 2 23 − 2
6 6
Donc Sup(A) = 3 ∈
/ A, car : 3 = 3 − ⇔− = 0 ⇔ −6 = 0, ce qui
n−2 n−2
impossible, on déduit alors que Max(A) n’existe pas.
42
Chapitre 3. Nombres réels
3.6 Exercises
Exercice 3.26 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponse.
1. L’ensemble vide est un intervalle.
2. Pour tout entier n ∈ N∗ , (2n + 1)! est pair.
3. Soit A une partie non vide de R , majorée de R. Si α = supA, alors α ∈ A.
4. Toute partie majorée de R possède une borne supérieure.
Exercice 3.27
1. Soient x, y ∈ R, a > 0. Montrer que :
a) |x| ≤ a ⇔ − a ≤ x ≤ +a, b) |x + y| ≤ |x| + |y|,
c) |x| ≥ a ⇔ x ∈] − ∞; −a] ∪ [a; +∞[, d) ||x| − |y|| ≤ |x − y|.
2. Résoudre dans R, les équations et les inéquations suivantes :
a) |x + 2| = −1, b) |x − 3| ≥ −2,
c) |x − 1| − |x + 2| + |x − 5| = 0, d) |x + 2| − |x − 3| + |x − 4| > 0.
Exercice 3.28 Déterminer (s’ils existent) : les majorants, les minorants, la borne sup, la borne inf,
le plus grand élément et le plus petit élément des ensembles suivants :
A = n ∈ N, n2 + 2n ≤ 0 ; D = x ∈ R x2 ≤ 5 ;
B = {x ∈ Z, − 3 ≤ x < 3} ; E = x ∈ Q, x2 ≤ 5 ;
C = {x ∈ R, − 3 ≤ x < 3} ; F = sin nπ
4
, n∈Z .
43
Chapitre 4
Suites numériques
Dans ce chapitre, on rappelle quelques généralités sur les suites, nous donnons les dé-
finitions et les principaux théorèmes des suites convergentes et des suites divergentes.
Ensuite nous étudions le critère de Cauchy qui nous permet de dire s’il y a une limite sans
connaître cette limite.
u: N → R
n 7→ u (n) .
On note u par (un )n . Pour n ∈ N, le terme un est appelé terme général de rang n de la suite
numérique (un ). Autrement dit, (un )n est une suite de terme général un .
Définition 4.2 On dit qu’une suite réelle (un )n est à termes positifs (resp. négatifs) si pour
tout n ∈ N, on a un ≥ 0 (resp. un ≤ 0).
∃a ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 un = a.
44
Chapitre 4. Suites numériques
5
Exemple 4.4 La suite de terme général un = E est une suite définie sur N∗ . On a ∀n ≥ 6,
n
un = 0, d’où
(un )n : (5, 2, 1, 1, 1, 0, 0, · · · )
est une suite stationnaire.
Définition 4.5 (Suites périodiques ) Une suite réelle est périodique s’il existe un entier k ≥ 1
tel que, pour tout entier n , on ait un+k = un . Soit encore
∃k ∈ N∗ , ∀n ∈ N un+k = un .
Exemple 4.7
Xn
1
1. La suite (un )n de terme général un = p
où p ∈ N∗ est strictement croissante puisque
k=1
k
pour tout n ∈ N,
X
n+1
1 Xn
1
un+1 − un = p
−
k=1
k k=1
kp
X X
n
! n
1 1 1
= + −
k=1
k p (n + 1)p k=1
kp
1
= > 0.
(n + 1)p
1
2. Montrons que la suite (un )n de terme général un = exp 2n + est strictement crois-
n
sante. Il s’agit d’une suite à termes strictement positifs. Pour tout n ∈ N∗ , on a
1
un+1 e(2(n+1)+ n+1 ) 1
= 1
= e2− n(n+1) .
un e(2n+ n )
45
Chapitre 4. Suites numériques
Comme 0 < 1
n(n+1)
< 1 pour tout n ∈ N∗ , on a 1 < 2 − 1
n(n+1)
< 2. La fonction exponen-
tielle étant croissante, on obtient
un+1
> e1 > 1.
un
Définition 4.8 (Suites bornées)
1. Une suite réelle (un )n est dite majorée s’il existe un réel A tel que pour tout n ∈ N, on ait
un ≤ A. Ce réel A est appelé un majorant de la suite (un )n .
2. Une suite réelle (un )n est dite minorée s’il existe un réel B tel que pour tout n ∈ N, on ait
un ≥ B. Ce réel B est appelé un minorant de la suite (un )n .
3. Une suite réelle (un )n est dite bornée s’il existe un réel positif M tel que pour tout n ∈ N,
on ait |un | ≤ M.
Exemple 4.9
1. La suite (un )n de terme général un = sin (n) est bornée car ∀n ≥ 0 |un | ≤ 1.
2. La suite (un )n de terme général un = en n’est pas bornée.
Théorème 4.10 Une suite réelle est bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et minorée.
Définition 4.12 (Sous-suite) Une suite numérique (vn )n est une suite extraite ou une sous-
suite de la suite (un )n s’il existe une application h strictement croissante, telle que
∀n ∈ N, vn = uh(n) .
46
Chapitre 4. Suites numériques
Exemple 4.13
1. L’application h : n ∈ N 7→ 2n est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de terme
général vn = u2n est appelée suite des termes pairs extraite de la suite (un )n .
2. L’application h : n ∈ N 7→ 2n + 1 est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de
terme général wn = u2n+1 est appelée suite des termes impairs extraite de la suite (un )n .
3. L’application h : n ∈ N 7→ n3 est strictement croissante à valeurs dans N. La suite de terme
général vn = un3 est une suite extraite de la suite (un )n .
4. La suite de terme général vn = ucos( nπ
3
) n’est pas une suite extraite de la suite (un )n puisque
h : n ∈ N 7→ cos( nπ
3
) n’est pas à valeurs dans N.
Remarque 4.15 L’assertion précédente définissant la convergence de la suite (un )n vers l, s’inter-
prète ainsi : une fois un réel ε strictement positif fixé, on peut trouver un entier N à partir duquel
tous les termes de rang supérieur à N sont à une « distance » de l, inférieure à ε. On peut donc
trouver un rang à partir duquel les valeurs de la suite sont arbitrairement proches de l.
Définition 4.16 (Suites divergentes) Soit (un )n une suite réelle. On dit que cette suite tend
vers +∞ (resp. −∞) si l’on a :
∀A ∈ R, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , un > A,
On écrit alors lim un = +∞ (resp. lim un = −∞) et on dit que la suite (un )n est divergente.
n→+∞ n→+∞
Théorème 4.17 Si la suite numérique (un )n converge, alors la limite de la suite est unique. On
la note
lim un = l.
n→+∞
47
Chapitre 4. Suites numériques
Démonstration. Raisonnons par l’absurde et supposons que la suite (un )n converge et qu’elle a
deux limites l1 et l2 distinctes. Alors on a
1 1 2
|l2 − l1 | ≤ |un − l2 | + |un − l1 | < |l2 − l1 | + |l2 − l1 | ; i.e |l2 − l1 | < |l2 − l1 | .
3 3 3
D’où la contradiction. 2
1
Exemple 4.18 Soit la suite (un )n définie sur N∗ par un = . Alors lim un = 0.
n n→+∞
1
Il nous faut démontrer ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N∗ , ∀n ∈ N, n ≥ n0 ⇒ −0 <ε .
n
48
Chapitre 4. Suites numériques
1
Soit ε trouvons n0 tel que n ≥ n0 ⇒ − 0 < ε, alors
n
1 1
− 0 = < ε.
n n
1
Il suffit donc de prendre n0 = E +1.
ε
Si on prend ε = 10−2 , on obtient n0 = 101.
Démonstration. On a
2
n
(−1)
Exemple 4.20 Soit la suite (un )n définie sur N∗ par un = , alors
n
(−1)n (−1)n
lim =0 ⇔ lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ n
Théorème 4.21 Si la suite réelle (un )n converge vers le réel l alors la suite réelle de terme général
|un | converge vers le réel positif |l| .
c’est-à-dire que la suite numérique de terme général |un | converge vers |l| . 2
49
Chapitre 4. Suites numériques
Remarque 4.22 En général, on ne peut rien conclure sur la nature de la suite de terme général
un à partir de la nature de la suite de terme général |un | Considérons la suite de terme général
un = (−1)n . La suite de terme général |un | converge vers 1 mais la suite (un )n diverge. Dans le
cas où la suite converge vers 0, on a toutefois le résultat suivant.
Théorème 4.23 Si une suite réelle à termes positifs converge, sa limite est un réel positif.
Démonstration. Considérons une suite (un )n à termes positifs qui converge vers un réel l, c’est-
à-dire,
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ n0 ⇒ l − ε < un < l + ε) .
Pour montrer que le réel l est nécessairement positif, En utilisant le raisonnons par l’absurde. Si
1
on suppose que l est strictement négatif alors on établit en prenant ε = |l| > 0, nous obtenons
2
1 1 3 1
l− |l| < un < l + |l| ⇔ l < un < l < 0,
2 2 2 2
ce qui est impossible puisque la suite (un )n est à termes positifs. On en conclut que le réel l est
nécessairement positif. 2
Théorème 4.24 Si la suite réelles (un )n converge vers l alors toute sous-suite de la suite (un )n
converge également vers l.
1
Exemple 4.25 La suite de terme général wn = 3 converge vers 0 car il s’agit d’une suite extraite
n
1
de la suite de terme général un = dont on a montré la convergence vers 0.
n
Théorème 4.26 Toute suite réelle convergente est bornée.
Démonstration. Supposons que la suite (un )n converge vers l, d’après la définition, on a pour
ε = 1,
50
Chapitre 4. Suites numériques
Exemple 4.28 La suite un = (−1)n est bornée mais elle n’a pas de limite, donc elle n’est pas
convergente.
Théorème 4.29 Soient (un )n une suite bornée et (vn )n une suite convergente de limite nulle, alors
(un vn )n est convergente de limite nulle.
Démonstration. Puisque (un )n est une suite bornée, il existe M ∈ R∗+ , |un | ≤ M, comme
lim vn = 0, on a
n→+∞
ε
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |vn | < .
M
Alors
ε
∀n ≥ n0 |un vn | = |un | |vn | < M × = ε,
M
ce qui montre bien que la suite (un vn )n converge vers 0. 2
sin (n)
Exemple 4.30 Considérons la suite (un )n de terme général un = . Compte tenu du fait
1
n2
que la fonction sinus est bornée et la suite n2 n tend vers 0, le théorème précédent permet de
conclure que la suite (un )n converge vers 0.
Théorème 4.31 Soient (un )n et (vn )n deux suites réelles convergentes telles que, à partir d’un
certain rang, on a un ≤ vn . Alors lim un ≤ lim vn .
n→+∞ n→+∞
Comme toute suite réelle à termes positifs converge, sa limite est un réel positif. D’où lim vn −
n→+∞
lim un ≥ 0. 2
n→+∞
Théorème 4.32 Soient (un )n , (vn )n et (wn )n trois suites telles que, à partir d’un certain rang, on
ait un ≤ vn ≤ wn . Alors, si (un )n et (wn )n sont convergentes de même limite l, la suite (vn )n est
convergente de limite l.
51
Chapitre 4. Suites numériques
P
n+1 1 Pn 1
un+1 − un = 2
− 2
k=1 k k=1 k
1 1
= > 0.
k 2
(n + 1)2
1
La suite (vn )n de terme général vn = un + est décroissante puisque pour tout n ≥ 1
n
1 1
vn+1 − vn = un+1 + − un +
n+1 n
1 1 1
= 2
+ −
(n + 1) n+1 n
1
=− < 0.
n (n + 1)2
52
Chapitre 4. Suites numériques
1
Par ailleurs : lim (un − vn ) = lim = 0. Les suites (un )n et (vn )n sont donc adjacentes.
n→+∞ n→+∞ n
Théorème 4.35 (Convergence d’une suite monotone) Soit (un )n une suite réelle.
1. Si (un )n est croissante, alors (un )n elle converge si et seulement si elle est majorée.
2. Si (un )n est décroissante, alors (un )n elle converge si et seulement si elle est minorée.
Démonstration. Montrons (1) . On sait que toute suite convergente est bornée. Il reste à démon-
trer que toute suite (un )n croissante majorée est convergente. Soit M un majorant de la suite (un )n
on a donc ∀n ∈ N, un ≤ M. Par conséquent l’ensemble {un , n ∈ N} est une partie non vide de
R majorée. D’après la propriété de la borne supérieure elle admet une borne supérieure [Link] al-
lons montrer que la suite (un )n converge vers l. La caractérisation de la borne supérieure permet
d’écrire :
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, l − ε < un0 ≤ l.
Mais, puisque la suite est croissante et majorée par l, on en déduit :
∀n ≥ n0 , un0 ≤ un ≤ l
c’est-à-dire
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , l − ε < un ≤ l.
D’où
lim un = l = sup{un , n ∈ N}.
n→+∞
53
Chapitre 4. Suites numériques
Théorème 4.37 (Bolzano-Weierstrass) De toute suite bornée de nombres réels on peut extraire
une suite convergente.
Exemple 4.38 La suite (sin (n))n est divergente, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass on
sait qu’on peut toutefois extraire de cette suite une sous-suite qui converge. Le théorème de Bolzano-
Weierstrass ne nous indique malheureusement pas comment obtenir une telle sous-suite.
Théorème 4.39 (Comparaison) Soient (un )n et (vn )n deux suites réelles telles que, à partir d’un
certain rang, on ait un ≤ vn .
1. Si la suite (un )n tend vers +∞ alors la suite (vn )n tend vers +∞.
2. Si la suite (vn )n tend vers −∞ alors la suite (un )n tend vers −∞.
Démonstration.
Montrons (1) . Supposons (un )n croissante et non majorée. On a alors
et comme (un )n est croissante : ∀n ≥ n0 , un ≥ un0 > A. On en déduit bien lim un = +∞.
n→+∞
2
1
un = (−1)n +
n+2
est une suite divergente car la suite des termes pairs converge vers 1 et la suite des termes impairs
converge vers −1.
54
Chapitre 4. Suites numériques
i.e. (un ) est une suite de Cauchy si pour tout ε > 0 les distances entre termes |up − uq | sont
inférieures à ε à partir d’un certain rang.
1
Exemple 4.44 Montrons que la suite (un )n de terme général un = est une suite de Cauchy.
n2
Pour p, q ∈ N avec p ≥ q, on a
1 1
|up − uq | = 2
− 2
p q
(p + q) (p − q)
= ,
p 2 q2
2
comme 0 ≤ p − q ≤ p et 0 ≤ p + q ≤ 2p, nous obtenons |up − uq | ≤ 2 .
r ! q
2
Soit ε un réel strictement positif et n0 = E + 1. Quels que soient les entiers p et q vérifiant
ε
2
p ≥ q ≥ n0 on a, 2 < ε et par conséquent |up − uq | < ε. D’après la définition, la suite de
q
1
terme général un = 2 est une suite de Cauchy. Ou bien nous choisissons p = 2n et q = n, le
n
résultat est immédiat.
Théorème 4.45
1. Toute suite de Cauchy est bornée.
2. Toute suite réelle convergente est une suite de Cauchy.
3. Toute suite réelle de Cauchy est convergente.
55
Chapitre 4. Suites numériques
Théorème 4.47 Soit (un )n une suite définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) . Si f est
croissante, alors la suite est monotone. Plus précisément :
Dans le cas (1), la suite (un )n converge si et seulement si elle est majorée, sinon elle tend vers +∞.
De même, dans le cas (2) la suite (un )n diverge si et seulement si elle est minorée, sinon elle tend
vers −∞.
56
Chapitre 4. Suites numériques
4.7 Exercices
Exercice 4.48 Répondre par vrai ou faux, justifier votre réponse :
1. Il existe des suites qui ne sont ni croissantes ni décroissantes.
2. Toute suite convergente est bornée.
3. Toute suite bornée est convergente.
4. La somme de deux suites divergentes est une suite divergente.
5. Le produit de deux suites divergentes est une suite divergente.
6. Si lim |un | = 0, alors lim un = 0.
n→+∞ n→+∞
7. Si (|un |) converge alors (un ) converge.
8. Si (un ) et (vn ) majorées alors (un .vn ) croissante.
9. Si (un ) converge vers l, alors l = sup {un , n ≥ 1}.
10. Si (un ) majorée, alors lim un = +∞.
n→+∞
Exercice 4.49
3n + 1
1. Soit la suite numérique réelle définie par : un = .
5n + 2
— En utilisant la définition de la limite montrer que : lim un = 35 .
n→+∞
3 −4
— À partir de quel rang a-t-on : un − 5
< 10 ?
3
− 10−4 ; 35 + 10−4 .
— Combien de termes de la suite (un )n∈N n’appartiennent pas à l’intervalle : 5
√ √ √ √ 1
9) un = (−1)n +
3 3
7) un = 1 + n − n, 8) un = 1+n− n, ,
n
n! an 5 × 7 × 9 · · · (2n + 5)
10) un = n , 11) un = , 12) un = ,
n n! 4 × 7 × 10 · · · (3n + 4)
2 n
x n n −n+3 n + (−1)n
13) un = 1 + , x ∈ R, 14) un = , 15) un = .
n n2 + 3n − 1 2n + (−1)n
57
Chapitre 4. Suites numériques
1 1 1 1 1
1) un = 1 + + + + + ··· + et vn = un + , (n ∈ N∗ ),
1! 2! 3! n! n!
1 1 1 1
2) un = 1 + 2 + 2 + · · · + 2 et vn = un + , (n ∈ N∗ ).
2 3 n n
Exercice 4.52 Soient p et q deux réels tels que p > q > 0. On définit deux suites (un )n et (vn )n
par :
p q
un = un−1 + vn−1 , n ≥ 1,
p+q p+q
vn =
q
un−1 +
p
vn−1 , n ≥ 1.
p+q p+q
On suppose : u0 < v0 .
1. Montrer que pour tout n ∈ N : vn > un .
2. Montrer que (un ) et (vn )n sont adjacentes.
3. Montrer que la somme un + vn est indépendante de n.
4. En déduire lim un et lim vn .
n→+∞ n→+∞
5. Application : On prend p = 3 et q = 2.
Exercice 4.53 En utilisant des sous-suites convenables, montrer que les suites de terme général :
nπ n + (−1)n n nπ
1) un = cos , 2) vn = , 3) wn = cos ,
4 n − (−1)n n2 3
sont divergentes.
Exercice 4.55 En utilisant le critère de Cauchy, déterminer la nature des suites (un )n défines par :
Xn
1 X
n
sin k
1) un = , 2) un = .
k=2
ln k k=1
2k
58
Chapitre 4. Suites numériques
E = {|un | , n ∈ N} .
59
Chapitre 5
Dans ce chapitre, nous commençons par un rappel sur les fonctions d’une variable
réelle. Puis nous étudions la notion de limite. Nous terminons ce chapitre par les notions
de continuité, continuité uniforme et énoncer ensuite quelques théorèmes fondamentaux.
Définition 5.3 (Graphe d’une fonction) On appelle graphe ou courbe d’une fonction f l’en-
semble des couples (x, f(x)) tels que : x ∈ Df , et y = f(x). En notant le graphe de f par Γf , on
a
Γf = (x, y) ∈ R2 : x ∈ Df , y = f(x) ⊂ R2 .
60
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Définition 5.4 (Égalité de fonctions) Soient f et g deux fonctions définies respectivement sur
Df et Dg .
Df = Dg ,
f = g si
f(x) = g(x) quel que soit x ∈ Df .
2 x3 + 2x2
Exemple 5.5 La fonction f définie par f(x) = x et la fonction g définie par g(x) = sont
x+2
égales sur R − {2}.
f̃(x) = f(x), ∀x ∈ A.
f:R→R
x 7→ cos x.
f̃ : [0, π[ → R
x 7→ cos x.
61
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exemple 5.9
1. f(x) = xn , où n ∈ N, alors Df = R et f(−x) = (−1)n f(x), donc si n pair f est paire et n
impair alors f est impaire.
x+2
2. La fonction f(x) = 2 ni paire, ni impaire.
x +1
Définition 5.10 Une fonction est dite périodique de période T > 0, si le nombre T est le plus
petit tel que f(x + T ) = f(x) quel que soit x ∈ Df .
f(x + 1) = (x + 1) − E (x + 1)
= x + 1 − [E (x) + 1]
= f(x).
62
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
f (D) = {f (x) | x ∈ D}
Théorème 5.13 Soit f : D → R, f est bornée sur D si et seulement si |f| est majorée sur D, i.e.
∃B ∈ R∗+ , ∀x ∈ D, |f (x)| ≤ B.
cos x
Exemple 5.14 Soit f(x) = , alors Df = R. D’un coté 0 ≤ |cos x| ≤ 1 et d’un autre coté :
1 + x2
1
1 + x2 ≥ 1 ⇒ ≤ 1,
1 + x2
1 |cos x|
et comme 2
≥ 0, alors : |f(x)| = ≤ 1, et par suite f est bornée.
1+x 1 + x2
Définition 5.15 (Fonction composée) Soit f une fonction numérique définie sur Df et si g est
une autre fonction définie sur Dg tel que f (Df ) ⊂ Dg . On définit la fonction h, "composée de f
par g" , par
h(x) = g[f(x)], x ∈ Df .
On note : h = g ◦ f. On a donc le schéma
f g
x −→ y = f (x) −→ z = g (y)
⧹ ⧸
−→ g ◦ f ←−
63
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Définition 5.16 (Fonction monotone) Soit f une fonction numérique définie sur D. On dit que
1. f est croissante (resp. décroissante) sur D si :
∀x1 , x2 ∈ D, x1 < x2 ⇒ f (x1 ) < f (x2 ) (resp. x1 < x2 ⇒ f (x1 ) > f (x2 )).
3. f est monotone (resp. strictement monotone) sur D si f est croissante sur D ou décroissante
sur D (resp. strictement croissante ou strictement décroissante sur D).
Définition 5.17 (Voisinage d’un point x0 ∈ R) Soit x0 ∈ R, on dit que f : Df −→ R est définie
dans un voisinage de x0 sauf peut être en x0 , s’il existe ϵ > 0 tel que :
f : R \ {2} → R,
3x
x 7→ .
x−2
64
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
1. La fonction f est définie au voisinage de x0 = 4 car : ∃α = 1 > 0 tel que ]x0 − α, x0 + α[=
]4 − 1, 4 + 1[=]3, 5[ un intervalle contenant 4 et ]3, 5[⊂ Df .
2. La fonction f est définie au voisinage de x0 = 2 car : ∃α = 2 > 0 tel que ]x0 − α, x0 + α[=
]2 − 2, 2 + 2[=]0, 4[ un intervalle contenant 2 et ]0, 4[\ {2} ⊂ Df .
f : ]0, +∞[ → R
x 7→ ln x.
f : ] − ∞, 1] → R+
√
x 7→ 1 − x.
Définition 5.23 (Limites finies en x0 ) Le réel l est la limite de f(x) quand x tend vers x0 si,
pour chaque ε strictement positif on peut associer α strictement positif, c’est à dire :
65
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
√
Exemple 5.24 Montrons que lim x + 1 = 2.
x→3
66
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
|f (x) − 2| ≤ |x − 1| . x2 + x + 2 ≤ |x − 1| x2 + |x| + 2
≤ 22 + 2 + 2 |x − 1| = 8 |x − 1| .
ε
Et donc pour avoir |f (x) − 2| < ε, il suffit d’avoir |x − 1| < .
ε 8
Finalement, on pose α = min 1, et on obtient le résultat souhaité.
8
Théorème 5.26 Si f admet une limite, celle ci est unique.
2. Si x tend vers x0 par valeurs inférieures, on définit la limite à gauche de x0 que l’on note
lim f(x) ou bien lim− f(x), par :
→x0
< x→0
x−
67
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
1
Exemple 5.31 Soit f : x 7→ f(x) = .
x2
Montrer (en utilisant la définition) que :
1
lim = +∞.
x→0 x2
Remarque 5.33 On peut également prouver que la fonction f n’a pas de limite en x0 en exhibant
deux suites (un )n et (vn )n convergeant toutes les deux vers x0 mais pour lesquelles les suites de
terme général f(un ) et f(vn ) tendent vers deux réels distincts.
68
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
1
1. f(un ) = cos = cos(2nπ) = 1, donc lim f(un ) = 1.
un x→+∞
C’est-à-dire (f(un ))n converge vers +1.
1
2. f(vn ) = cos = cos((2n + 1)π) = −1, donc lim f(vn ) = −1.
vn x→+∞
C’est-à-dire (f(un ))n converge vers −1.
Donc :
lim f(un ) ̸= lim f(vn ).
x→+∞ x→+∞
Par conséquent :
1
limf (x) = cos n’existe pas.
x→0 x
∞ 0 ∞
−∞ + ∞; 0 × ∞; ; ; 1 ; ∞0 ; ∞∞ .
∞ 0
Exemple 5.36 On a
1. On détermine la limite du rapport de deux polynômes en x quand x → +∞
3 1
x −1
x2 − x3 x
lim = lim = −∞.
x→+∞ x2 − 3 x→+∞ 3
2
x 1− 2
x
P(x)
2. Si P(x) et Q(x) sont deux polynômes et P(a) = Q(a) = 0, on simplifie la fraction
Q(x)
par x − a comme suit
x2 − 2x x(x − 2)
lim = lim = +∞.
x→2 x2 − 4x + 4 x→2 (x − 2)2
69
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Par définition de la limite, il existe une fonction ε telle que, quel que soit x ∈ D
√
Exemple 5.38 Soit f(x) = x. Quel que soit x0 > 0, on peut écrire
|x − x0 | 1
0 < |f(x) − f(x0 )| = √ √ < √ |x − x0 | .
x + x0 x0
donc
1 1
|sin x − sin x0 | = 2 cos (x + x0 ) sin (x − x0 )
2 2
1
≤ 2 sin (x − x0 )
2
≤ |x − x0 | .
Par conséquent, pour tout réel strictement positif ε, il existe un réel strictement positif α (il suffit
de prendre α = ε) tel que pour tout réel x,
1. f est définie en x0 ,
70
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Remarque 5.41 f est dite continue en x0 si et seulement si lim+ f(x) = lim+ f(x) = f(x0 ).
x→x0 x→x0
Cas de discontinuité
1. La fonction f n’est pas définie en x0 .
1
Exemple 5.43 La fonction x 7→ n’est pas définie donc n’est pas continue en x = 0.
x2
2. La fonction f possède en x0 une limite à droite et une limite à gauche distinctes.
Exemple 5.44 La fonction de la partie entière x 7→ E(x), elle est continue à droite en tout
point entier n ∈ Z, mais elle ne l’est pas continue à gauche en ces points car :
Les limites à gauche et à droite sont différentes, donc la fonction E n’est pas continue à
gauche de n ∈ Z.
71
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
sin x
Exemple 5.47 Puisque lim = 1et que la fonction exponentielle est continue en 1, on en
x→0 x
déduit que
sin x
lime( x ) = e.
x→0
Définition 5.48 (Continuité sur un intervalle) On dit que la fonction f est continue sur l’in-
tervalle I si f est continue en x0 pour tout point x0 ∈ I.
Remarque 5.50 Les fonctions construites à partir des fonctions usuelles par opérations algé-
briques et composition sont continues sur tout intervalle où elles sont définies.
72
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
D’une part, on a
√ √
x− 1+x
1+
lim f(x) = lim+ √ = F.I.
x→0+ x→0 x
√ √ √ √ √ √
1+ x− 1+x 1 + x − 1 + x (1 + x + 1 + x)
= lim+ √ = lim+ √ √ √
x→0 x x→0 x (1 + x + 1 + x)
2
= lim+ √ √
x→0 1 + x+ 1+x
= 1,
= 1,
73
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
sin(ax)
Exemple 5.53 La fonction à valeurs réelles, définie, pour x0 ̸= 0 par f(x) = x
, peut se
prolonger par continuité en 0, car :
sin(ax) sin(ax)
lim = lim a = a.
x→0 x x→0 ax
Donc
sin(ax)
x
si x ̸= 0,
g(x) =
a si x = 0.
Remarque 5.54 Pour que f soit prolongeable par continuité au point x0 , il suffit que :
g(x) = − 2 + π − x x < π4 ,
4
limπ f(x) x = π4 .
x→ 4
74
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
√ √ √ √
π π
2 2 2 2
cos y + 4
− sin y + 4 2
cos y − 2
sin y − 2
sin y − 2
cos y
lim = lim
y→0 y y→0 y
√ sin y
= lim − 2
y→0 y
√
= − 2.
π
Par conséquent f est prolongeable par continuité au point x0 = 4
et on a :
cos x − sin(x)
x > π4 ,
x − π4
g(x) = −√2 + π − x x < π4 ,
4
−√2 x = π4 .
Corollaire 5.58 Si f prend au moins une valeur négative et au moins une valeur positive, alors
f prend la valeur 0. Autrement dit : si f une fonction continue sur un intervalle [a, b]. Si f(a) ×
f(b) < 0 alors il existe c ∈ ]a, b[tel que f(c) = 0.
75
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exemple 5.59 Considérons l’application f : x ∈ [0, 2π] 7→ sin(x) + (x − 1) cos(x). Cette appli-
cation est continue car les fonctions sinus et cosinus ainsi que la fonction polynomiale x 7→ x − 1
sont continues sur [0, 2π]. Puisque f(0) = −1 < 0 et f(2π) = 2π − 1 > 0, d’après le théorème des
valeurs intermédiaires, il existe (au moins) un réel c ∈ ]0, 2π[tel que f(c) = 0.
Remarque 5.60 Le réel c ∈ ]a, b[ pour lequel f(c) = 0 n’est pas nécessairement unique.
76
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
1. Soit
π sin(x)
f1 (x) = , Df1 = R − {−π, 0} .
x(x + π)
f2 (x) = 1, Df2 = R.
D’où
2. — Sur R − {−π, 0}, f est un rapport de produit de fonctions continues, donc f est continue.
— Au point x0 = −π.
∗ On a : f(−π) = 1.
π sin(x) 0
∗ lim f(x) = lim = FI.
x→−π x→−π x(x + π) 0
On pose :
y = x + π, x = y − π,
⇒
x → −π. y → 0.
π sin(x) π sin(y − π)
lim = lim .
x→−π x(x + π) y→0 y(y − π)
On sait que :
sin(α ± β) = sin α cos β ± cos α sin β,
sin(−x) = − sin(x),
sin(π − x) = sin(x),
sin(π + x) = − sin(x).
Alors :
π sin(y − π) −π sin(y)
lim = lim
y→0 y(y − π) y→0 y(y − π)
−π sin(y)
= lim
y→0 (y − π) y
=1
= f(−π).
77
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
4. Posons : h πi
h(x) = g(x) − x, x ∈ 0; .
2
La fonction h est continue sur 0; π2 car g est continue sur 0; π2 , h(0) = g(0)−0 = 1 > 0
π π π 8 − 3π2
et h =g − = < 0, par le théorème des valeurs intermédiaires
2 2 2 6π
i πh
∃c ∈ 0; , h(c) = g(c) − c = 0,
2
mais comme c ̸= 0, alors g(c) = f(c), c’est-à-dire :
i πh
∃c ∈ 0; , f(c) = c.
2
Exemple 5.63 Montrons que la fonction f : x ∈ R 7→ x2 est continue sur R, c’est-à-dire montrons
que pour tout x0 ∈ R, f est continue en x0 . Commençons par remarquer que pour x0 ∈ R, on a
pour tout x ∈ ]x0 − α, x0 + α[.
78
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Soient ε > 0 et α > 0 tel que α (|2 |x0 | + α|) < ε ⇒ α < x20 + ε − |x0 | .
p
On a
|x − x0 | < α ⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε
Définition 5.64 Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On dit que f est uniformément
continue sur I si
Théorème 5.65 Soit f une fonction définie sur l’intervalle I. Si f est uniformément continue sur
I alors f est continue sur I.
Remarque 5.66 La réciproque est fausse : une application peut être continue sur un intervalle
sans être uniformément continue sur cet intervalle. Par exemple l’application f : x ∈ R 7→ x2 est
continue sur R mais n’est pas uniformément continue sur R.
Exercice 5.67 Soit f une fonction définie et continue sur [a, +∞[. Montrer que si lim f (x) existe
x→+∞
et finie alors f est uniformément continue sur [a, +∞[.
Définition 5.68 (fonction lipschitzienne) Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On
dit que f est lipschitzienne de rapport k sur I si
On dit que f est contractante sur I si f est lipschitzienne de rapport k sur I avec k ∈]0, 1[.
Théorème 5.71 Si f est une fonction lipschitzienne sur un intervalle I donné alors elle est uni-
formément continue sur I (et en particulier, elle est continue sur I).
79
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
5.4.1 Dérivabilité en x0
Définition 5.72 Soient I un intervalle ouvert, f : I → R, une fonction et x0 un point de I. On dit
f(x)−f(x0 )
que f est dérivable en x0 si le rapport x−x0
admet une limite finie quand x tend vers x0 . Cette
limite est alors appelée dérivée de f en x0 , et notée f ′ (x0 ).
f (x) − f (x0 )
f ′ (x0 ) = lim .
x→x0 x − x0
Il est souvent pratique de se ramener à une limite en 0 :
f (x0 + h) − f (x0 )
lim .
h→0 h
Exemple 5.73 Calculons la dérivabilité de la fonction suivante au point x0 = 1.
2
sin (πx) x ̸= 1,
f(x) = x−1
0 x = 1.
On a
f(x) − f(1) sin2 (πx) 0
lim = lim 2
= FI .
x→1 x−1 x→1 (x − 1) 0
En faisant un changement de variable afin de faire apparaitre des limites usuelles :
80
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
y = x − 1, x = y + 1,
⇒
x → 1. y → 0.
Alors : 2
sin2 (πx) sin2 (π(y + 1))
sin(πy + π)
lim = lim = lim .
x→1 (x − 1)2 y→0 (y)2 y→0 y
Comme sin(πy + π) = − sin πy, donc
2 2
sin(πy + π) sin πy
lim = lim π2 = π2 .
y→0 y y→0 πy
D’où f est dérivable en x0 = 1 et f ′ (1) = π2 .
Proposition 5.76 f est dérivable au point x0 si et seulement si fd′ (x0 ) = fg′ (x0 ) = f ′ (x0 ).
f(x) − f(x0 )
Remarque 5.77 1. Si lim = ∞.
x − x0
x→x0
2. La fonction n’est pas dérivable en x0 .
3. La courbe Cf possède alors en x0 une tangente parallèle à Oy.
√
Exemple 5.78 f(x) = 3
x n’est pas dérivable en x0 = 0. En effet,
√3
f(x) x
lim = lim = ∞.
x→0 x x→0 x
81
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
f ′ : I 7→ R
x 7→ f ′ (x),
Exemple 5.82 La fonction x 7→ cos x admet un nombre dérivé en tout point x0 de R, en effet,
−2 sin x+x x−x0
f (x) − f (x0 ) cos x − cos x0 2
0
sin 2
lim = lim = lim
x→x0 x − x0 x→x0 x − x0 x→x0 x − x0
−2 sin x+x sin x−x
0
0
2 2
= lim = − sin x0
2 x−x
x→x0 0
2
= f ′ (x0 ).
82
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
= nxn−1
0
= f ′ (x0 ).
1. Montrons que f est dérivable sur ]0, +∞[. f est le produit de deux fonctions u :7→ x et
√
v :7→ x. Or u est dérivable sur [0, +∞[ mais v n’est dérivable que ]0, +∞[, donc f est
dérivable sur ]0, +∞[.
2. Calculons f ′ (x)
3√
f ′ (x) = x.
2
3. Démontrons, à l’aide de la définition du nombre dérivée, que f est dérivable en 0.
√ √
∀x, x > 0, f(x)−f(0)
x
= x. Or, lim x = 0, donc f est dérivable en 0 et f ′ (0) = 0.
x→0
83
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Définition 5.85 (Dérivée d’une somme, d’un produit et d’un quotient) Si les fonctions f et
f
g sont dérivables sur I, alors les fonctions f + g, λf (λ ∈ R) , fg et sont dérivables et :
g
1). (f + g)′ = f′ + g′
2). (λf)′ = λf′
3). (fg)′ = f′ g + g′ f
′
f f′ g − g′ f
4). = si g(x) ̸= 0.
g g2
Exemple 5.87 On considère la fonction f(x) = cos(x2 ) qui est dérivable sur R, pour tout réel x :
Définition 5.89 (Dérivées successives) On définit les dérivées successives d’une fonction f qui
est dérivable dans I un intervalle de R par : f(n) : I → R vérifiant :
f(0) = f,
f(k+1) = f(k) ′ , pour tout k = 0, 1, 2, . . . , n − 1.
1
f(x) = ,
x+1
84
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
la fonction f est définie et dérivable sur Df = R − {−1} (car c’est une fonction rationnelle)
Tout d’abord
1
f(0) (x) = f(x) = .
(x + 1)1
La première dérivée
1
f ′ (x) = − .
(x + 1)2
La seconde dérivée
1×2
f(2) (x) = + .
(x + 1)3
La troisième dérivée
1×2×3
f(3) (x) = − .
(x + 1)4
Le calcul des premières dérivées successives nous permet d’établir la formule suivante :
(n) (−1)n n!
f (x) = .
(x + 1)n+1
Utilisons un raisonnement par récurrence pour montrer que :
(−1)n n!
∀n ∈ N, f(n) (x) = . (5.1)
(x + 1)n+1
Pour n = 0, la relation (5.1) est évidente car :
1
f(0) (x) = f(x) = ,
(x + 1)1
(−1)0 0! 1
0+1
= .
(x + 1) (x + 1)1
Supposons que la relation (5.1) vraie pour un entier naturel n donné et montrons qu’elle est vraie
pour l’entier suivant n + 1, c’est-à-dire supposons que :
(−1)n n!
f(n) (x) = ,
(x + 1)n+1
et montrons que
(−1)n+1 (n + 1)!
f(n+1) (x) = .
(x + 1)n+2
On a
′ ′
(−1)n n!
(n)
′ n 1
f (x) = = (−1) n!
(x + 1)n+1 (x + 1)n+1
−1 × (n + 1)(x + 1)n −1 × (−1)n × n! × (n + 1)
= (−1)n n! × =
(x + 1)2n+2 (x + 1)n+2
(−1)n+1 × (n + 1)!
= = f(n+1) (x).
(x + 1)n+2
85
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exemple 5.92 On a :
1. La fonction exponentielle f(x) = ex est de classe C∞ sur R, car :
∀n ∈ N et ∀x ∈ R, f(n) (x) = ex .
La première dérivée :
f ′ (x) = nxn−1 ,
La première dérivée :
f(2) (x) = n(n − 1)xn−2 .
On conclut :
f(k) (x) = n(n − 1) · · · (n − k + 1)xn−k , si k < n,
f(k) (x) = n!, si k = n,
f(k+1) (x) = 0, si k > n.
86
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
(n)
Xn
n (k) (n−k)
(fg) = f g .
k=0
k
87
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
3 − x2 1
lim− = 1, lim+ = 1 et f(1) = 1,
x→1 2 x→1 x
f(x) − f(1) −1
lim+ = lim+ = −1,
x→1 x−1 x→1 x
f(x) − f(1) −(x + 1)
lim− = lim− = −1,
x→1 x−1 x→1 x
d’où f est dérivable en 1 et f ′ (1) = −1. Alors la fonction f est dérivable sur ]0, 2[ .
La fonction f satisfait aux hypothèses des accroissements finis sur [0, 2], il existe c ∈ ]0, 2[ tel que
f(2) − f(0) = 2f ′ (c) donc f ′ (c) = − 21 .
Exemple 5.98 Utilisons le théorème des accroissement finis pour montrer l’inégalité suivante :
x
∀x ≥ 0 : ≤ ln(x + 1) ≤ x.
x+1
Considérons l’application f : t ∈ [0, +∞[ 7→ ln(t+1) et appliquons le théorème des accroissements
finis entre 0 et x, où x désigne un réel strictement positif. La fonction f est continue sur [0, +∞[
en particulier [0, +x] et dérivable sur ]0, +∞[ en particulier ]0, x[ avec pour tout t ∈ ]0, +∞[, on
a f ′ (t) = 1
1+t
. D’après le théorème des accroissements finis, il existe c ∈ ]0, x[, tel que :
x
f(x) − f(0) = xf ′ (c) c’est-à-dire ln(x + 1) = .
1+c
88
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
et g : x 7→ x2 + 2x, ces deux fonctions sont continues et dérivables sur R avec f ′ : x 7→ 2xex et
2
89
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Remarque 5.102 La réciproque de la règle de l’Hospital est fausse comme on peut le constater si
l’on prend
x2 sin 1 x ̸= 0,
g(x) = x, et f(x) = x
0 x = 0.
f(x) f ′ (x)
lim = 0, mais lim ′ n’a pas de limite.
x→0 g(x) x→0 g (x)
Théorème 5.103 (Formule de Taylor avec reste de Lagrange) Soit f : I → R, une fonction
définie et dérivable jusqu’à l’ordre n + 1 et soit x0 ∈ I, alors on a les formules suivantes :
1). Pour tout x ∈ I, il existe un réel c entre x0 et x tel que :
90
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
π
intervalle qui contient x0 = 4
( on prend I = [− π2 ; + π2 ] ).
Pour tout x ∈ I, il existe c entre x0 et x tel que :
f(3) (x) = −21 cos(x) sin2 (x) + 6 cos3 (x), d’où f(3) (c) = −21 cos(c) sin2 (c) + 6 cos3 (c).
D’où :
7 cos(c) sin2 (c) − 2 cos3 (c)
1 3 π 3 π 2 π 3
f(x) = √ + √ x − + √ x− + x− .
2 2 2 2 2 4 2 2 2 4
√
3 x x2 5x3
∀x ≥ 0, 0 ≤ 1+x−1− + ≤ . (5.5)
3 9 81
91
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
√
3
On considère la fonction : f(x) = 1 + x.
Si x = 0, on a : 0 ≤ 0 ≤ 0, c’est évident. Si x > 0, la fonction f est indéfiniment dérivable
sur ] − 1; +∞], donc f ∈ C2 ([0; x]) et f est dérivable sur ]0; x[, alors on applique la formule
de Mac-Laurin-Lagrange à f à l’ordre 2, donc il existe c ∈]0; x[ tel que :
x1 x2 x3
f(x) = f (0) + f ′ (0) + f ′′ (0) + f ′′′ (c) .
1! 2! 3!
√
3
f(x) = 1 + x, d’où f(0) = 1,
′ 2 ′
f (x) = 13 (1 + x)− 3 , d’où f (0) = 13 ,
′′ 5 ′′
f (x) = 10 27
(1 + x)− 3 , d’où f (0) = − 92 ,
− 83 8
f ′′′ (x) = 10
27
(1 + x) , d’où f ′′′ (c) = 10
27
(1 + c)− 3 .
Donc :
1 1 5x3
f(x) = 1 + x − x2 + 8 .
3 9 81 (1 + c) 3
On peut écrire :
1 1 5x3 5x3
f(x) − 1 − x + x2 = 8 , et 8 > 0.
3 9 81 (1 + c) 3 81 (1 + c) 3
Ce qui implique :
√
3 x x2
0< 1+x−1− + . (5.6)
3 9
D’autre part :
8
5x3 5x3
c > 0 ⇒ 1 + c > 1 ⇒ (1 + c) 3 > 1 ⇒ 1
8 <1⇒ 8 < 81
.
(1+c) 3 81(1+c) 3
Ce qui implique :
1 1 5x3
f(x) − 1 − x + x2 < . (5.7)
3 9 81
De (5.6) et (5.7), la relation (5.5) est démontrée.
92
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Notation 5.108 Le terme (x − x0 )n ε(x) où lim ε(x) = 0 est souvent abrégé en «petit o» de
x→x0
(x − x0 )n et est noté o((x − x0 )n ). Donc o((x − x0 )n ) est une fonction telle que :
o((x − x0 )n )
lim = 0.
x→x0 (x − x0 )n
Il faut s’habituer à cette notation qui simplifie les écritures, mais il faut toujours garder à l’esprit
ce qu’elle signifie.
π π
f′ = 1 + tan2 x etan x = 2e.
f = e,
4 4
π 2
f ′′ = 2 tan x 1 + tan2 x etan x + 1 + tan2 x etan x = 8e.
4
π
Donc la formule de Taylor-Young de f en 4
à l’ordre 2, est donnée par :
π π 2 π 2
f(x) = e + 2e x − + 4e x − +o x− .
4 4 4
Proposition 5.110 (Formule de Mac-Laurin-Young) Si x0 = 0, la formule de Taylor-Young
s’appelle formule de Maclaurin-Young et prend alors la forme suivante :
93
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
x1 x2 x3 xn
f(x) = f (0) + f ′ (0) + f ′′ (0) + f ′′′ (0) + · · · + f(n) (0) + o (xn ) .
1! 2! 3! n!
Il suffit de calculer les dérivées successives de f.
La première dérivée :
1
f ′ (x) = , donc f ′ (0) = +1.
x+1
La seconde dérivée :
1
f ′′ (x) = −1 × , donc f ′′ (0) = −1.
(x + 1)2
La troisième dérivée :
1
f ′′′ (x) = +2 × , donc f ′′′ (0) = +2.
(x + 1)3
..
.
Le calcul des n premières dérivées successives permet d’établir la formule suivante :
1
f(n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)! × .
(x + 1)n
1
∀n ∈ N∗ , f(n) (x) = (−1)n−1 (n − 1)! × .
(x + 1)n
et donc :
f(n) (0) = (−1)n−1 (n − 1)!.
Par conséquence :
x2 x3 n−1 x
n
f(x) = x − + + · · · + (−1) + o (xn ) .
2 3 n
94
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exercice 5.112
1. Énoncer la formule de Mac-Laurin-Lagrange à l’ordre n.
2. Soit la fonction :
f(x) = ln(1 + x).
— Calculer la dérivée n-ième de f.
— Donner la formule de Mac-Laurin-Lagrange de f à l’ordre 2, 3 et n.
3. Montrer :
1 1 1
∀x > 0, x − x2 < ln(x + 1) < x − x2 + x3 .
2 2 3
4. Soit la suite de terme générale :
1 1
un = 1 − + · · · + (−1)n .
2 n
Calculer la limite lim un .
n→+∞
Solution 5.113
1. Formule de Mac-Laurin-Lagrange c’est la formule de Taylor Lagrange sur [0, x], x > 0. Si
f est de classe Cn sur [0, x] et la dérivée d’ordre n + 1 existe sur ]0, x[, alors :
∃c ∈ ]0, x[ tel que :
95
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
1 1
3. ∗ D’après (5.9), (5.10) et Comme 3
x3 > 0, x4 > 0, on obtient
3(1 + c) 4(1 + c)4
1 1 1
∀x > 0, x − x2 < ln(x + 1) < x − x2 + x3 .
2 2 3
∗ En remplaçant x = 1, dans (5.11), on a
1 1 1 (−1)n
ln(2) = 1 − + + · · · + (−1)n−1 + ; 0 < c < 1.
2 3 n (n + 1)(1 + c)n+1
Par suite
1 1 1 1
1 − + + · · · + (−1)n−1 − ln 2 = → 0.
| 2 3 {z n} (n + 1)(1 + c)n+1
un
Alors
lim un = ln 2.
n→+∞
96
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
5.5 Exercices
Exercice 5.114 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponses.
1. La somme de deux fonctions monotones est monotone.
2. Toute fonction strictement monotone est injective.
3. Toute fonctions est soit croissante soit décroissante.
4. La fonction x 7→ x2 définie sur [0, +∞[, est paire.
5. L’image d’un intervalle ouvert par une fonction continue est un intervalle ouvert.
6. Toute fonction continue sur un intervalle borné est bornée.
7. Toute fonction est continue sur son domaine de définition.
8. Soit f une fonction de R dans R, alors :
f2 continue ⇒ f continue.
97
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exercice 5.118 Montrer que la fonction la fonction suivante est continue en zéro.
x E 1
2
si x ̸= 0,
f(x) = x
0 si x = 2.
Exercice 5.120 Étudier la continuité des fonctions suivantes sur leurs domaines de définition :
x2 + x si x ≤ 0,
|sin x|
si x ̸= 0,
1) f(x) = sin x si 0 < x ≤ π, ; 2) g(x) = x
1
1 + cos x si x > π. si x = 0.
sin πx 1
1) f(x) = , x = 1; 2) g(x) = e x−α , x0 = α.
x−1
1
1) f(x) = , x ∈ ]0, 1] ; 2) g(x) = ln x, x ∈ ]0, +∞[ .
x
Exercice 5.123 Répondre par vrai ou faux aux affirmations suivantes : justifier votre réponse.
1. Toute fonction dérivable en un point est continue en même point.
2. Toute fonction continue est dérivable.
3. Toute fonction dérivable à droite et à gauche en un point est dérivable en ce point.
4. Si f n’est pas dérivable ni à droite ni à gauche en x0 alors le graphe de f n’admet pas de
tangente ou de demi-tangentes en x0 .
5. Si une fonction dérivable admet un extremum local en un point, sa dérivée s’annule en ce
point.
98
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exercice 5.124 En utilisant la définition de la dérivée d’une fonction, calculer les limites suivantes
sin x
1). lim ,
x→0 x
xf(a) − af(x)
2). lim (f : R → R dérivable en a).
x→a x−a
Exercice 5.125
1. En appliquant la règle de L’Hospital, calculer les limites suivantes :
x − sin x
1). lim ,
x→0 x3
ln(1 + x) − x
2). lim .
x→0 x2
2. La règle de L’Hôpital admet-elle la réciproque ?
99
Chapitre 5. Fonctions réelles d’une variable réelle
Exercice 5.129
1. Énoncer le théorème de Rolle.
2. Peut-on appliquer le théorème de Rolle dans les cas suivants ?
3 − x2 x ≤ 1 p
1) f1 (x) = 1 sur [0, 2] ; 2) f2 (x) = 3 (x − 2)2 sur [0, 4] .
x>1
x
Exercice 5.130
1. Énoncer le théorème des accroissements finis.
2. Peut-on appliquer le théorème des accroissements finis dans les cas suivants ?
r
1
1) f1 (x) = |1 − x| sur [0, 3] ;
3
2) f2 (x) = x − sur [−1, 1] .
2
3. En appliquant cette théorème pour démontrer les inégalités suivantes :
— Montrer les inégalités suivantes :
x 1
∀x > 0 ≤ ln(x + 1) − ln x ≤ ;
x+1 x
∀x, y ∈ R |sin x − sin y| ≤ |x − y| .
1
— En appliquant le théorème des accroissements finis à la fonction φ : x 7→ xe x sur
l’intervalle [x, x + 1]. Calculer :
1 1
lim (x + 1) e x+1 − xe x .
x→+∞
Exercice 5.131
1. Énoncer la formule de Mac-Laurin-Lagrange à l’ordre n.
2. Soit la fonction :
f(x) = ex .
i) Calculer la dérivée n-ième de f.
ii) Donner la formule de Mac-Laurin-Lagrange de f à l’ordre n.
i) Montrer :
1 1 1 1 1 1 e
1+ + + ... + < e < 1 + + + ... + + .
1! 2! n! 1! 2! n! (n + 1)!
ii) Soit la suite de terme générale :
1 1
un = 1 + + ··· + .
1! n!
Calculer la limite lim un .
n→+∞
100
Bibliographie
101