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Virtualisation

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UNIVERSITE HASSAN II

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DES


ARTS ET METIERS
- CASABLANCA -

Polycopié du module

Sécurité des réseaux et Virtualisation des


systèmes
* * *

Élément II : Virtualisation

Filière : Cybersécurité et Cloud Computing (1ère année)

Professeur : Mouaad Mohy-eddine

Année universitaire : 2025 / 2026


Table des matières
I. LA VIRTUALISATION ................................................................... 3
1. INTRODUCTION ................................................................................ 3
a. Principe de fonctionnement ..................................................... 3
b. Virtualisation en pratique ........................................................ 3
c. Les avantages ........................................................................... 7
2. ARCHITECTURE DE LA VIRTUALISATION ................................................. 7
a. Architecture native (Hyperviseur de type 1) ............................. 7
d. Architecture invitée (Hyperviseur de type 2) ............................ 8
3. METHODES DE VIRTUALISATION .......................................................... 8
a. Virtualisation complète ............................................................ 8
b. Virtualisation partielle .............................................................. 9
4. FONCTIONNEMENT DES HYPERVISEURS ................................................ 9
a. Le stockage ............................................................................... 9
b. Le réseau ................................................................................ 25
5. PROBLEMES LIEES A LA VIRTUALISATION ............................................. 29
a. VM Sprawl (Etalement des VMs) ............................................ 29
b. VMs zoombie .......................................................................... 30
c. VM Orpheline ......................................................................... 30
d. Solution................................................................................... 30
II. VIRTUALISATION DES CONTENEURS ET DOCKER ...................... 30
1. INTRODUCTION .............................................................................. 30
2. DEFINITIONS IMPORTANTES ............................................................. 31
a. Image...................................................................................... 31
b. Alpine Linux ............................................................................ 31
c. DockerFile ............................................................................... 31
d. Conteneur ............................................................................... 31
e. Compose ................................................................................. 31
f. Volume ................................................................................... 31
g. Swarm Mode .......................................................................... 32
3. CONTENEURS VS MACHINES VIRTUELLES ............................................ 32
4. AVANTAGES DE LA CONTENEURISATION .............................................. 32
III. REFERENCES ............................................................................. 34

2
I. LA VIRTUALISATION

1. Introduction

a. Principe de fonctionnement

Le principe de base de la virtualisation est de séparer le système d’exploitation des ressources


physiques. Des logiciels appelés hyperviseurs, sont spécialisés dans cette tâche (isoler les
ressources physiques des environnements virtuels).

Si on installe un SE sur une machine physique, ce SE est lié au hardware, même si on déplace
le disque dur vers un autre serveur, ceci pourrait ne pas fonctionner. La virtualisation offre
une couche entre le SE et le hardware, qui est l’hyperviseur, le SE devient une instance
installée.

Pourquoi c’est important ? Parce que si vous installez un autre serveur, vous avez l’option de
déplacer le SE vers ce serveur. C’est le gain le plus important de la virtualisation.

Le deuxième gain est qu’on peut installer plusieurs différents SE sur le même serveur. Donc
au lieu d’avoir plusieurs serveurs pas chers, on peut avoir un seul serveur mais qu’il soit bon.

Ces hyperviseurs peuvent fonctionner de deux manières :

• Reposer sur un système d'exploitation (ordinateur portable, par exemple) ou


• Etre directement installés sur un système physique (tel qu'un serveur).

Les hyperviseurs répartissent vos ressources physiques pour permettre aux environnements
virtuels de les utiliser, ces environnements sont également appelés machines virtuelles ou
hôtes. Ces ressources sont partitionnées à partir de l'environnement physique et distribuées
aux différents environnements virtuels. Les utilisateurs interagissent avec ces environnements
et y exécutent des calculs. La machine virtuelle opère comme un fichier de données unique.
Comme n'importe quel fichier numérique, vous pouvez la transférer d'un ordinateur à un
autre, l'ouvrir sur l'un ou l'autre et l'utiliser de la même manière.

Lorsque l'environnement virtuel est exécuté et qu'un utilisateur ou un programme émet une
instruction nécessitant des ressources supplémentaires à partir de l'environnement physique,
l'hyperviseur transmet cette requête au système physique et met en cache les modifications.
Le processus est presque aussi rapide que sur un système natif.

b. Virtualisation en pratique

En pratique, les ressources nécessitant le plus la virtualisation sont : les serveurs, les
machines, les applications et les réseaux (un peu moins).

Virtualisation des applications

L’objectif de ce type de virtualisation est de pouvoir utiliser une application dans un système
d'exploitation sans que cette application ne soit installée dedans.

Les applications sont installées une seule fois dans le serveur, transformées en services
virtuels administrés de façon centralisée, et envoyées autant de fois que nécessaires vers les
machines, sans nécessiter d'installation sur ces dernières.

3
Pour ce faire, l’application doit être installée sur un serveur (de distribution d’application),
puis un logiciel dit « App Receiver » doit être utilisé par la machine hôte pour recevoir et
utiliser l’application localement.

Pour cela, différents logiciels doivent être utilisés pour assurer la virtualisation des
applications : Citrix XenApp, Microsoft AppV, VMware ThinApp, etc.

La plupart du temps, ces logiciels envoient l’application sous la forme de pixels qui transitent
entre le serveur et le client, et ce, en utilisant le protocole Remote Display Protocol.
L’utilisateur peut donc utiliser l’application comme si elle était installé en locale sur sa
machine, et chaque action qu’il effectue est transmise au serveur qui la traite et rafraichit
l’interface de l’application.

Les avantages de la virtualisation des applications sont :

• Les administrateurs du parc informatique installent les applications une seule fois.
• Les mises à jour sont appliquées à une seule application et ne sont donc pas
compliquées.
• La gestion des droits utilisateur est centralisée.
• Isoler l’application distante des applications locales, ce qui permet d’éviter les
incompatibilités.
• Les applications ne sont pas accessibles uniquement par un périphérique ou par un
seul système d’exploitation.

Les inconvénients de la virtualisation des applications sont :

• Les applications très chargées en composants graphiques peuvent ne pas fonctionner


correctement comme application virtuelle.
• L’accès aux périphériques de la machine hôte n’est pas toujours garantie du moment
que l’application s’exécute sur le serveur.

La virtualisation des applications peut se faire via différentes techniques :

• Le mode virtual Locally installed Applications : Ce mode installe les applications en


local, mais les isole du système d’exploitation de telle sorte à laisser le dossier
c:\windows\system32 (exemple) propre et à mettre les fichiers nécessaires dans des
dossiers nommés c:\app1\windows\system32 et c:\app2\windows\system32. Ainsi
chaque application est isolée dans un environnement séparé.
• Le mode streaming : au niveau du serveur, l’application est installée et une fois
l’application installée, son profil est enregistré dans ce qu’on appelle profil, ce profil
sera envoyé entièrement à la machine hôte, collé dans un cache local et exécuté

4
comme si l’application est installée localement. Tout ce qui est nécessaire au
fonctionnement de l’application est transféré à la demande depuis le serveur vers la
machine hôte, une fois l’application fermée, les fichiers sont supprimés. On peut
changer ce comportement si on souhaite garder les fichiers en local et d’éviter de les
« streamer » à chaque nouvelle utilisation.
• Le mode en pixel : l’application ne s’exécute pas localement et ne consomme pas les
ressources locales de la machine hôte, le serveur délivrent les pixels de l’application
via un canal vers la machine hôte, et c’est ainsi que l’utilisation est effectuée.

Virtualisation des postes de travail

De la même manière que la virtualisation des applications permet l’utilisation des applications
sans les avoir installées auparavant sur les machines hôtes, la virtualisation des postes de
travail permet d’utiliser tout un poste de travail (Système d’exploitation et application
nécessaires).

Les machines clientes sont utilisées comme une fenêtre d’accès distant à un poste de travail
hébergé dans un serveur de virtualisation.

Le poste de travail est transmis à la demande à l’utilisateur soit en mode pixel ou en


streaming selon le paramétrage du serveur et la configuration matérielle et logicielle de la
machine cliente.

Virtualisation de serveurs

Les serveurs sont des ordinateurs conçus pour traiter un volume élevé de tâches spécifiques
afin de permettre aux autres ordinateurs d'effectuer diverses autres tâches. La virtualisation
d'un serveur permet d'optimiser l'exécution de ces fonctions spécifiques et implique son
partitionnement, de sorte que les composants puissent être utilisés pour exécuter différentes
fonctions.

5
Virtualisation des machines (ou de systèmes d’exploitation)

La virtualisation des systèmes d'exploitation intervient au niveau du noyau, qui correspond au


gestionnaire de tâches central de ces derniers. Cette approche permet notamment d'exécuter
des environnements Linux et Windows côte à côte. Les entreprises peuvent également
transférer les systèmes d'exploitation virtuels vers des ordinateurs, ce qui présente les
avantages suivants :

• Réduction des coûts de matériel, étant donné que les ordinateurs ne nécessitent pas un
nombre élevé de fonctionnalités prêtes à l'emploi
• Renforcement de la sécurité grâce à la possibilité de surveiller et d'isoler les instances
virtuelles
• Réduction du temps consacré aux services informatiques, tels que les mises à jour de
logiciel.

Virtualisation des (fonctions) réseaux

La virtualisation des fonctions réseau sépare les fonctions clés d'un réseau (telles que les
services d'annuaire, le partage de fichiers et la configuration des adresses IP) afin de les
répartir entre les différents environnements. Lorsque les fonctions logicielles sont
indépendantes des machines physiques sur lesquelles elles étaient hébergées, il est possible de
regrouper des fonctions spécifiques dans un nouveau réseau et de les assigner à un
environnement. La virtualisation des réseaux réduit le nombre de composants physiques
nécessaires à la création de plusieurs réseaux indépendants, tels que les commutateurs, les
routeurs, les serveurs, les câbles et les hubs. Elle est particulièrement répandue dans le secteur
des télécommunications.

6
c. Les avantages

• Gestion du load balancing


• Migration de tout un système d’exploitation comme étant un seul fichier
• Allocation statique de la mémoire
• Allocation dynamique de la mémoire

La virtualisation ne se limite pas aux processeurs ou à la mémoire : elle s’étend également au


stockage et au réseau, constituant les deux piliers des infrastructures modernes.

2. Architecture de la virtualisation

Il existe deux architectures de virtualisation :

a. Architecture native (Hyperviseur de type 1)

L’hyperviseur de type 1 est un système qui s’installe directement sur la couche matérielle du
serveur. Ces systèmes sont faits pour être très légers, de manière à se « concentrer » sur la
gestion des systèmes d’exploitation invités c'est-à-dire ceux utilisés par les machines
virtuelles qu’ils contiennent. Ceci permet de libérer le plus de ressources possible pour les
machines virtuelles.

Les hyperviseurs de type 1 les plus connus sont :

• Xen server,
• Oracle VM,
• Microsoft Hyper-V,
• VMware ESXi,
• Proxmox.

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d. Architecture invitée (Hyperviseur de type 2)

Un hyperviseur de type 2 est un logiciel qui s’installe et s’exécute sur un système


d’exploitation déjà en place. De ce fait, plus de ressources sont utilisées étant donné qu’on fait
tourner l’hyperviseur et le système d’exploitation qui le supporte, il y a donc moins de
ressources disponible pour les machines virtuelles. L’intérêt qu’on peut trouver c’est le fait de
pouvoir exécuter plusieurs hyperviseurs simultanément vu qu’ils ne sont pas liés à la couche
matérielle.

Les hyperviseurs de type 2 les plus connus sont :

• VMware Player,
• VMware Workstation,
• VirtualPC et
• VirtualBox.

Infrastructure hyperconvergée (HCI) qui intègre calcul, stockage et réseau dans une même
plate-forme.

3. Methodes de virtualisation

Il existe deux méthodes de virtualisation :

a. Virtualisation complète

Les hyperviseurs de type 2 utilisent cette méthode. Cette méthode permet d’exécuter tout OS
(invité) sans modifier l’OS de l’hôte. Les hyperviseurs se comportent comme des émulateurs
du matériel. Des logiciels simulent donc les pilotes (drivers) des différents périphériques
(cartes réseau, disque SATA, processeur…).

Les systèmes invités, les VM, ne dialoguent jamais directement avec le matériel réel mais
avec l’émulateur. On peut même dire que les VMs ne savent pas qu’elles sont virtualisées.

Il est important de préciser que tous les OS ne sont pas vraiment utilisables avec cette
technique. Mais les Linux ou BSD ainsi que Windows fonctionnent en virtualisation. Les
produits de virtualisation complète sont les plus connus du grand public :

• VMware Player
• VirtualBox (Oracle)

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• VirtualPC (Microsoft)
• QEMU

b. Virtualisation partielle

Utilisée par les hyperviseurs de type 1. L’OS invité a parfaitement conscience qu’il est
virtualisé. La différence avec la virtualisation complète permet alors d’optimiser le système
pour la virtualisation. Ceci implique de pouvoir modifier le noyau, ce qui ne pose pas
véritablement de problème avec les systèmes Linux ou BSD du fait de l’orientation open
source, mais qui n’est pas envisageable avec les OS de type Windows.

Les hyperviseurs de type 1 les plus connus sont :

• KVM
• XEN, XenServer
• VMware ESX
• Hyper-V (Microsoft)

La virtualisation partielle permet des performances accrues. Si la modification du noyau pour


la virtualisation est possible, alors l’accès au matériel est quasi identique par rapport au
système natif. À ce jour, c’est la solution Xen qui est la plus performante sur le sujet, mais les
acteurs comme VMware et Microsoft ne sont pas en reste.

4. Fonctionnement des hyperviseurs

a. Le stockage

Le stockage des VMs sur le disque de l’hôte peut se faire de différents modes :

Stockage par fichiers

C’est la méthode la plus courante et aussi la plus simple à configurer. Le disque dur de la VM
est contenu dans un simple fichier disque. La taille de ce fichier définit la dimension du
disque dur de la VM. Il est possible d’utiliser deux types de fichiers :

• Fichier plein ou complet ;


• Fichier à trou (sparse file) ou encore alloué dynamiquement.

Stockage Managé

Cette fonctionnalité est bien connue des administrateurs Linux. LVM permet la modification
d’un système de fichiers de manière dynamique, à chaud et sans perte. Appliqué au stockage
des VM, il permet l’agrandissement du disque dur de manière souple.

Stockage partagé

Lors de la mise en place d’une plate-forme de production de virtualisation, c’est la solution la


plus intéressante. Dans ce type de configuration, les disques des VM sont accessibles par tous
les hôtes de virtualisation. Grâce à ce principe, la migration à chaud des VM d’un hôte vers
un autre est très facile.

Mettre en place un stockage partagé peut être simple. Le protocole NFS (Network File
System) utilisé sous Unix depuis sa création est une solution.

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4.a.1 Stockage adapté

Le stockage des VMs sur le disque de l’hôte peut se faire de différents modes … Le protocole
NFS utilisé sous Unix depuis sa création est une solution.

4.a.1.a) Stockage en réseau (SAN et NAS)

Le stockage en réseau désigne l’ensemble des solutions permettant de mutualiser les


ressources de stockage entre plusieurs serveurs ou environnements virtuels.
Cette approche favorise la centralisation des données, la sécurité, et la flexibilité de
l’infrastructure.
Deux architectures principales dominent dans les datacenters modernes : le SAN (Storage
Area Network) et le NAS (Network Attached Storage).
Bien que partageant un objectif commun – la mise à disposition de l’espace disque sur le
réseau – elles se distinguent par leur niveau d’accès, leurs protocoles et leurs performances.

1. Le SAN (Storage Area Network)

Le SAN est un réseau spécialisé, distinct du réseau local, qui permet aux serveurs d’accéder à
des volumes de stockage au niveau bloc.
Ainsi, le système d’exploitation perçoit le disque distant comme un disque local.
Cette architecture est conçue pour les applications critiques exigeant de hautes
performances, comme les bases de données ou les infrastructures de virtualisation.

Caractéristiques principales :

• Architecture :
o Composée de serveurs (hôtes), de baies de stockage et de commutateurs
dédiés.
o Utilisation de cartes HBA (Host Bus Adapter) pour connecter les serveurs au
réseau SAN.
• Technologies utilisées :
o Fibre Channel (FC) : standard ANSI T11, débits de 2 à 32 Gbps, latence très
faible.
o iSCSI (Internet SCSI) : encapsulation des commandes SCSI dans des paquets
TCP/IP, permettant l’utilisation d’un réseau Ethernet classique.
o FCoE (Fibre Channel over Ethernet) : remplace les couches physiques FC
par Ethernet, unifiant réseau et stockage.
• Fonctionnalités avancées :
o Zoning : isolation logique des serveurs et des volumes (LUNs).
o Multipathing : chemins d’accès multiples assurant la tolérance aux pannes.
o VSAN (Virtual SAN) : partition logique d’un SAN physique, comparable à un
VLAN.

Avantages :

• Hautes performances et latence minimale.


• Haute disponibilité grâce à la redondance matérielle et logicielle.
• Gestion centralisée des ressources de stockage.

Inconvénients :

• Coût élevé (switches FC, HBA, baies professionnelles).


• Mise en œuvre complexe, nécessitant des compétences spécialisées.

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Cas d’usage :

• Bases de données à fort volume d’accès.


• Environnements de virtualisation (VMware vSphere, Hyper-V).
• Infrastructures à haute disponibilité et reprise après sinistre.

2. Le NAS (Network Attached Storage)

Le NAS repose sur un principe plus simple : il fournit un accès au niveau fichier via un
réseau IP classique.
Le système de fichiers est géré directement par le serveur NAS, ce qui permet aux clients d’y
accéder comme à un dossier partagé.
Cette approche est idéale pour le partage de fichiers, la sauvegarde et la collaboration
multi-utilisateur.

Caractéristiques principales :

• Protocoles standards :
o NFS (Network File System) pour Unix/Linux.
o SMB/CIFS (Server Message Block) pour Windows.
o pNFS (Parallel NFS) pour l’accès parallèle et la montée en performances.
• Modes de déploiement :
o Scale-up : ajout de disques dans un serveur NAS unique.
o Scale-out : mise en cluster de plusieurs nœuds NAS (NetApp ONTAP, Dell
EMC Isilon, QNAP Enterprise).

Avantages :

• Déploiement simple et maintenance réduite.


• Coût global inférieur à celui d’un SAN.
• Accès universel et partage facile des fichiers.

Inconvénients :

• Performances moindres : le protocole IP ajoute une latence réseau.


• Dépendance au serveur NAS pour la gestion des fichiers.
• Moins adapté aux environnements hautement transactionnels.

Cas d’usage :

• Espaces collaboratifs (bureautique, archives).


• Sauvegardes, snapshots et archivage centralisé.
• Plateformes de partage multi-système (Windows/Linux).

3. Comparaison SAN / NAS


Critère SAN (Storage Area Network) NAS (Network Attached Storage)
Niveau d’accès Bloc (LUNs) Fichier (système de fichiers distant)
Protocoles FC, iSCSI, FCoE NFS, SMB/CIFS
Performances Très élevées (< 1 ms) Moyennes à élevées
Complexité Configuration avancée Administration simplifiée
Coût Élevé (infrastructure dédiée) Moyen à faible
Cas d’usage Datacenters, bases de données, VDI Collaboration, sauvegarde, archivage

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Critère SAN (Storage Area Network) NAS (Network Attached Storage)
Gestion Console SAN centralisée Interface NAS ou GUI web

4. Tendances actuelles

L’évolution du stockage en réseau tend à rapprocher les mondes du SAN et du NAS :

• NVMe-over-Fabrics (NVMe-oF) : combine la rapidité du NVMe et la flexibilité du


réseau Ethernet, permettant un accès distant quasi local aux disques SSD.
• Stockage objet (Object Storage) : solutions comme Ceph, MinIO ou Amazon S3
introduisent un modèle d’accès via API REST, plus adapté au big data et au cloud
hybride.
• Convergence réseau/stockage : les architectures hyperconvergées (HCI) intègrent
désormais le stockage NAS et SAN dans une même plate-forme logicielle.

Le SAN et le NAS sont deux approches complémentaires :


le premier vise la performance et la fiabilité, tandis que le second privilégie la simplicité et
la flexibilité.
Leur intégration dans les environnements virtualisés modernes constitue la base du stockage
adapté, capable de répondre aux exigences des entreprises en matière de disponibilité,
d’efficacité et de centralisation des données.

4.a.1.b) Stockage défini par logiciel (SDS)

Le stockage défini par logiciel constitue une évolution majeure dans la virtualisation des
ressources de stockage. Il s’agit d’une approche où la logique de gestion et de contrôle du
stockage est dissociée du matériel physique sous-jacent.
Autrement dit, la valeur ne réside plus dans la baie de disques elle-même, mais dans le
logiciel capable d’orchestrer, de virtualiser et d’automatiser l’utilisation de l’ensemble des
ressources disponibles.

1. Principe général

Dans un système traditionnel, chaque baie ou serveur de stockage dispose de son propre
contrôleur et d’un ensemble de fonctions (RAID, cache, réplication, etc.).
Cette architecture rigide complique la gestion et limite l’évolutivité.
Le SDS introduit une couche logicielle unique, indépendante du matériel, qui regroupe tous
les disques — HDD, SSD ou NVMe — dans un pool logique de stockage.

• Abstraction : séparation entre matériel et logique d’administration.


• Automatisation : le système alloue dynamiquement l’espace et les performances
selon les besoins.
• Virtualisation : présentation des ressources physiques sous forme de volumes
logiques ou de “data stores” accessibles par les hyperviseurs.

Cette approche rejoint la philosophie du Software Defined Data Center (SDDC), où le


calcul, le réseau et le stockage sont entièrement pilotés par logiciel.

2. Architecture fonctionnelle

Un environnement SDS s’articule généralement autour de trois couches :

i. Couche physique :

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o Disques locaux des serveurs (HDD, SSD, NVMe).
o Réseau d’interconnexion Ethernet / InfiniBand.
ii. Couche logicielle de virtualisation du stockage :
o Assure la création de volumes logiques, la réplication, la tolérance aux pannes
et la gestion de la QoS.
o Implémente des mécanismes de thin provisioning, caching et data
deduplication.
iii. Couche d’orchestration et d’administration :
o Interface centrale pour définir les politiques (policy-based management).
o API REST pour intégration dans les orchestrateurs de cloud (OpenStack
Cinder, Kubernetes CSI, etc.).

3. Exemples de solutions SDS


Solution Type / Fabricant Spécificités techniques principales
Open Source (Red Stockage unifié objet / bloc / fichier, réplication,
Ceph
Hat) erasure coding, intégration OpenStack.
Open Source (Red Système de fichiers distribué, tolérant aux
GlusterFS
Hat) pannes, scale-out horizontal.
Intégré à vSphere ; agrège les disques locaux
Commercial
VMware vSAN des hôtes ESXi ; gère la résilience au niveau
(VMware)
cluster.
Regroupe les disques des nœuds Windows
Microsoft Storage Commercial
Server ; intégration Hyper-V et Azure Stack
Spaces Direct (S2D) (Microsoft)
HCI.
Open Source
OpenEBS / Longhorn Solutions SDS légères pour clusters Kubernetes.
(Cloud-native)
4. Avantages du SDS

• Indépendance matérielle : possibilité d’utiliser du matériel standard (commodity


hardware) tout en offrant des services comparables aux baies propriétaires.
• Évolutivité horizontale : ajout de nœuds ou de disques sans interruption de service.
• Haute disponibilité : réplication automatique des données sur plusieurs nœuds.
• Optimisation des coûts : réduction du CAPEX et du OPEX grâce à l’automatisation
et à la consolidation.
• Gestion centralisée : administration simplifiée depuis une console ou via des API
programmables.
• Intégration cloud : compatible avec les plates-formes IaaS et les orchestrateurs de
conteneurs.

5. Limites et précautions

Malgré ses atouts, le SDS présente certains défis :

• Performance : dépend fortement du réseau ; la latence inter-nœuds peut dégrader les


E/S.
• Complexité logicielle : nécessite une supervision continue et une configuration
précise des politiques de réplication et de QoS.
• Compatibilité : certains hyperviseurs ou applications critiques exigent une validation
matérielle spécifique.
• Sécurité : la virtualisation du stockage élargit la surface d’exposition ; il faut donc
chiffrer les flux (en transit et au repos).

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4.a.1.c) Stockage distribué et hyperconvergence

L’évolution du stockage dans les environnements virtualisés et cloud ne se limite plus à la


centralisation des disques dans des baies dédiées. Les besoins actuels en scalabilité, résilience
et simplification de la gestion ont donné naissance à deux approches complémentaires : le
stockage distribué et l’infrastructure hyperconvergée (HCI). Ces technologies visent à
rapprocher le stockage du calcul, tout en supprimant les silos traditionnels entre serveurs, réseau
et baies.

1. Le stockage distribué

Le stockage distribué consiste à répartir les données sur plusieurs serveurs (ou nœuds),
interconnectés par un réseau rapide. Chaque nœud dispose de ses propres disques, qui sont
agrégés logiquement dans un pool de stockage global. Les données sont fragmentées, répliquées
et réparties entre plusieurs machines pour garantir la tolérance aux pannes et améliorer la
performance globale.

Principes de fonctionnement :

• Fragmentation (sharding) : chaque fichier ou bloc est découpé en fragments distribués


sur plusieurs nœuds.
• Réplication ou erasure coding : chaque fragment est dupliqué ou codé de manière
redondante pour prévenir la perte de données.
• Rééquilibrage automatique : lorsqu’un nœud est ajouté ou retiré, les données sont
redistribuées sans interruption.
• Accès parallèle : plusieurs nœuds peuvent répondre simultanément à une requête, ce
qui améliore le débit global d’E/S.

Exemples de solutions :

• Ceph : système de stockage unifié (bloc, fichier et objet) massivement distribué.


• GlusterFS : stockage de fichiers scale-out open source, basé sur la réplication et la
distribution des volumes.
• HDFS (Hadoop Distributed File System) : conçu pour le big data, optimise le
traitement parallèle sur des ensembles de données volumineux.
• Amazon S3 / MinIO : stockage objet distribué accessible via API REST, utilisé dans
les environnements cloud.

Avantages du stockage distribué :

• Évolutivité horizontale quasi illimitée.


• Résilience accrue grâce à la réplication multi-nœuds.
• Haute disponibilité sans point de défaillance unique.
• Répartition de la charge et montée en performance linéaire.

Limites :

• Dépendance à un réseau performant (bande passante et latence).


• Complexité de synchronisation et de cohérence des données.
• Besoin d’outils de supervision et de monitoring avancés.

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2. L’infrastructure hyperconvergée (HCI – Hyper-Converged Infrastructure)

L’hyperconvergence est une évolution naturelle de la virtualisation et du stockage distribué.


Elle consiste à fusionner le calcul, le stockage et le réseau dans une même plate-forme
logicielle, gérée de manière centralisée. Chaque nœud d’un cluster HCI intègre à la fois des
ressources de calcul (CPU, RAM) et des disques locaux (SSD, HDD, NVMe). Ces ressources
sont ensuite agrégées par un moteur logiciel de stockage défini par logiciel (SDS) intégré à
l’hyperviseur.

Caractéristiques clés :

• Architecture modulaire : le cluster peut croître en ajoutant simplement de nouveaux


nœuds.
• Gestion unifiée : toutes les ressources sont administrées depuis une interface centrale.
• Automatisation : équilibrage de charge, réplication et haute disponibilité intégrées.
• Résilience : en cas de panne d’un nœud, les autres continuent à assurer le service sans
interruption.

Exemples de solutions hyperconvergées :

Solution Fabricant Particularités


Intégré à ESXi et vCenter ; agrège les disques locaux des
VMware vSAN VMware
hôtes.
Plateforme HCI pionnière, intégrée à AHV ou ESXi ;
Nutanix AOS Nutanix
administration unifiée Prism.
Microsoft Azure Solution hybride connectée à Azure ; SDS basé sur
Microsoft
Stack HCI Storage Spaces Direct.
OpenStack avec Ceph Open Implémentation HCI via Ceph + compute OpenStack
/ Kolla Source Nova.

3. Comparaison entre stockage distribué et hyperconvergence


Critère Stockage distribué Hyperconvergence
Disques distribués sur plusieurs Serveurs intégrant calcul, stockage et
Composants
serveurs réseau
Ajout de nœuds de stockage Ajout de nœuds complets (CPU, RAM,
Évolutivité
uniquement stockage)
Gestion Dédiée au stockage Unifiée via console centrale
Usage
Cloud storage, Big Data, archives Virtualisation, VDI, cloud privé
typique
Exemples Ceph, GlusterFS, HDFS vSAN, Nutanix, Azure Stack HCI

4. Avantages de l’hyperconvergence

• Simplicité de déploiement : une seule plate-forme remplace les silos de serveurs, de


stockage et de réseau.
• Haute disponibilité intégrée : réplication automatique entre nœuds.
• Flexibilité et scalabilité : ajout ou retrait de nœuds à la demande.
• Réduction des coûts opérationnels : moins de matériel dédié, moins de gestion
manuelle.

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• Automatisation et résilience : intégration native du SDS, du clustering et de la
sauvegarde.

5. Limites et perspectives

Les infrastructures hyperconvergées conviennent parfaitement aux petits et moyens


datacenters, mais leur coût initial peut être important pour de très grandes entreprises disposant
déjà d’un SAN robuste. Cependant, la convergence avec les technologies cloud hybrides et
Kubernetes permet aujourd’hui d’étendre la flexibilité de l’HCI vers le cloud public, grâce à
des solutions telles qu’Azure Arc, VMware Cloud Foundation, ou Nutanix Cloud Platform.
Les prochaines générations d’HCI intègrent également le NVMe-over-Fabrics et des réseaux
100 Gbps, rendant les performances locales et distantes pratiquement équivalentes.

En résumé, le stockage distribué constitue la base logicielle de la résilience et de la scalabilité,


tandis que l’hyperconvergence représente une approche intégrée et automatisée, réunissant
calcul, réseau et stockage au service de la virtualisation et du cloud computing modernes.

4.a.1.d) Interfaces ATA, SATA, SAS et NVMe

Le choix des interfaces de stockage joue un rôle essentiel dans les performances, la fiabilité et
la compatibilité des infrastructures virtualisées. Ces interfaces définissent la manière dont les
disques communiquent avec le contrôleur ou le processeur, et elles conditionnent directement
les débits, la latence et la topologie de stockage. Les principales technologies rencontrées dans
les environnements virtualisés sont ATA (PATA), SATA, SAS, et NVMe, chacune
représentant une génération d’évolution vers davantage de rapidité, de flexibilité et
d’intégration au cloud.

1. ATA – Advanced Technology Attachment (Parallel ATA ou PATA)

L’interface ATA, souvent appelée PATA (Parallel ATA), est apparue dans les années 1980 et
a dominé le marché pendant près de deux décennies. Elle repose sur une transmission parallèle
des données à travers des nappes à 40 ou 80 fils. Le contrôleur est intégré directement au disque,
d’où l’appellation IDE (Integrated Drive Electronics).

Caractéristiques techniques :

• Débits maximums : 16 à 133 Mo/s selon la version (ATA, ATA-2, Ultra ATA).
• Connectique interne parallèle, limitée à 2 périphériques par canal (master/slave).
• Longueur de câble maximale : 40 cm, ce qui restreint la flexibilité d’installation.
• Extension ATAPI (ATA Packet Interface) : adaptation de PATA à d’autres
périphériques (CD/DVD-ROM, bandes magnétiques).

Limites :

• Interférences électromagnétiques et pertes de synchronisation (skew) sur les


transmissions parallèles.
• Faible évolutivité, non adaptée aux environnements serveurs et datacenters.

Aujourd’hui, le PATA est considéré comme obsolète et remplacé par des interfaces série plus
rapides et plus fiables.

16
2. SATA – Serial ATA

Introduite en 2003, l’interface Serial ATA (SATA) succède au PATA en remplaçant la


transmission parallèle par une communication série point à point. Elle devient la norme dans
les ordinateurs personnels, puis dans les serveurs d’entrée et de milieu de gamme.

Caractéristiques techniques :

• Débits théoriques :
• SATA I : 1,5 Gbps (150 Mo/s)
• SATA II : 3 Gbps (300 Mo/s)
• SATA III : 6 Gbps (600 Mo/s)
• Connectique fine et flexible (câbles de 1 mètre maximum).
• Support du hot-plug, facilitant le remplacement à chaud des disques.
• Compatibilité descendante avec les versions antérieures.

Extensions notables :

• eSATA (external SATA) : pour connecter des disques externes haute vitesse.
• mSATA et M.2 SATA : formats miniaturisés pour ordinateurs portables et serveurs
compacts.

Avantages :

• Coût faible, forte disponibilité des composants.


• Simplicité d’intégration et compatibilité universelle.

Limites :

• Débits plafonnés à 6 Gbps.


• Faible tolérance aux charges I/O concurrentes (latence accrue).

Le SATA reste aujourd’hui pertinent pour le stockage de masse et les environnements à faible
coût, mais tend à être remplacé dans les datacenters par le SAS ou le NVMe.

3. SAS – Serial Attached SCSI

Le SAS (Serial Attached SCSI) est une évolution professionnelle du SCSI parallèle.
Il a été conçu pour offrir des performances élevées, une meilleure fiabilité et une compatibilité
avec les environnements serveurs.

Caractéristiques techniques :

• Débits : 6, 12, voire 24 Gbps selon les générations.


• Transmission série point à point, évitant les interférences du SCSI parallèle.
• Connecteurs compatibles avec les disques SATA (interopérabilité descendante).
• Capacité de chaînage de centaines de périphériques via des expanders.
• Support du full duplex, contrairement au SATA (half duplex).

Avantages :

• Fiabilité industrielle (MTBF élevé, correction d’erreurs renforcée).


• Optimisé pour les environnements 24/7.
• Capacité multi-utilisateur et haute concurrence I/O.

17
Inconvénients :

• Coût supérieur au SATA.


• Légère complexité de configuration.

Le SAS est très présent dans les baies de stockage SAN, les serveurs virtualisés et les
infrastructures critiques où la fiabilité prime sur le coût.

4. NVMe ( Non-Volatile Memory Express)

Le NVMe (Non-Volatile Memory Express) représente la dernière génération d’interfaces de


stockage. Il a été conçu spécifiquement pour exploiter le potentiel des mémoires flash et des
SSD modernes, en s’affranchissant des limites du protocole SCSI.

Caractéristiques techniques :

• Interface directe sur le bus PCI Express (PCIe).


• Débits dépassant 3 à 7 Go/s par disque selon la génération PCIe (x4, x8).
• Latence inférieure à 100 microsecondes, contre plusieurs millisecondes pour le SATA.
• Jusqu’à 64 000 files d’attente parallèles (contre 1 seule pour SATA/SAS).
• Support des topologies réseau via NVMe-over-Fabrics (NVMe-oF) :
• transport sur Ethernet, Fibre Channel ou InfiniBand pour une virtualisation distribuée
des SSD.

Avantages :

• Performances extrêmes pour les applications temps réel, bases de données et IA.
• Très faible latence et forte densité d’E/S simultanées.
• Idéal pour les clusters hyperconvergés et les clouds privés.

Inconvénients :

• Coût encore élevé par rapport au SATA.


• Sensibilité à la surchauffe et nécessité d’un refroidissement efficace.

5. Tableau comparatif des principales interfaces


Type de Débit Usage
Interface Année Fiabilité Statut
transmission maximal typique
PATA PC de bureau
Parallèle 133 Mo/s 1986 Moyenne Obsolète
(IDE) anciens
Serveurs,
SATA III Série 6 Gbps 2003 Bonne Courant
postes clients
Série (Full Serveurs, Très
SAS 3.0 12 Gbps 2013 Professionnel
Duplex) datacenters élevée
NVMe Cloud, HPC, Moderne /
Série (PCIe) 7 Go/s 2019 Excellente
(PCIe 4.0) IA Premium

6. Choix de l’interface selon le contexte

• Environnements économiques ou d’archivage : SATA pour son coût et sa


compatibilité.

18
• Infrastructures virtualisées professionnelles : SAS pour sa robustesse et ses
performances soutenues.
• Cloud privé, HPC ou IA : NVMe pour sa rapidité et son parallélisme.
• Systèmes anciens ou embarqués : PATA uniquement à des fins de rétrocompatibilité.

7. Tendances actuelles

L’évolution du stockage se dirige vers la fusion entre NVMe et le SDS (Software Defined
Storage). Les protocoles NVMe-over-Fabrics (NVMe-oF) permettent déjà d’exploiter des SSD
distants comme s’ils étaient locaux, tout en conservant des performances quasi équivalentes.
De plus, la désagrégation du stockage (disaggregation storage) et l’intégration dans les
architectures cloud-native ouvrent la voie à des systèmes où chaque application peut
consommer dynamiquement du stockage haute performance via des API.

L’évolution des interfaces du PATA au NVMe illustre la transformation du stockage, passée


d’un modèle local et statique à une architecture distribuée, performante et programmable. Dans
les environnements virtualisés, le SAS et surtout le NVMe constituent aujourd’hui les
références pour concilier performance, fiabilité et évolutivité.

4.a.1.e) Virtualisation du stockage (RAID et Thin Provisioning)

La virtualisation du stockage ne se limite pas à l’agrégation physique des disques : elle repose
également sur des mécanismes logiques capables de transformer, répartir et optimiser
l’utilisation des ressources disponibles. Deux techniques essentielles contribuent à cette
abstraction : les niveaux RAID (Redundant Array of Independent Disks) et le Thin
Provisioning.
Ces méthodes, bien que différentes, partagent le même objectif : améliorer la performance, la
tolérance aux pannes et l’efficacité du stockage dans les environnements virtualisés et cloud.

1. Le concept de RAID

Le terme RAID (Redundant Array of Independent Disks) désigne une technique consistant à
combiner plusieurs disques physiques en une seule unité logique. L’idée est d’améliorer la
performance, la fiabilité et parfois la capacité globale d’un système de stockage. Inventé à
l’Université de Berkeley par Patterson, Gibson et Katz, le RAID constitue la base de nombreux
systèmes de virtualisation du stockage modernes.

Les données sont réparties entre les disques selon une logique spécifique : répartition (striping),
duplication (mirroring) ou parité (calcul de redondance). Chaque combinaison définit un niveau
RAID offrant un compromis particulier entre vitesse, tolérance aux pannes et coût.

2. Les principaux niveaux de RAID


Niveau Tolérance
Principe Performances Utilisation typique
RAID aux pannes
Striping (répartition des
Données
blocs sur plusieurs Très élevée en
RAID 0 Aucune temporaires, scratch
disques sans lecture/écriture
disks
redondance)
Mirroring (duplication Panne d’un Excellente lecture, Systèmes critiques,
RAID 1
exacte sur deux disques) disque écriture modérée OS, bases de données
Striping + parité Panne d’un Serveurs de fichiers,
RAID 5 Bon compromis
distribuée disque NAS d’entreprise

19
Niveau Tolérance
Principe Performances Utilisation typique
RAID aux pannes
Deux pannes Lecture élevée, Baies de grande
RAID 6 Striping + double parité
simultanées écriture modérée capacité
Panne d’un
RAID Combinaison mirroring Virtualisation, bases
disque par Très élevées
10 (1+0) + striping transactionnelles
paire

Remarques techniques :

• Le RAID 0 n’apporte aucune sécurité : la perte d’un seul disque provoque la perte de
toutes les données.

• Le RAID 1 assure une haute disponibilité mais divise la capacité utile par deux.

• Les RAID 5 et 6 nécessitent au minimum trois disques (RAID 5) ou quatre disques


(RAID 6).

20
• Le RAID 10, dit “miroir de stripes”, combine les avantages du RAID 0 et du RAID 1,
au prix d’un coût en capacité.

Exemples concrets :

• Les hyperviseurs comme VMware ESXi ou Proxmox VE reposent souvent sur des
volumes RAID 1 ou RAID 10 pour le stockage des VMs.
• Les serveurs NAS professionnels (Synology, QNAP) utilisent le RAID 5/6 pour garantir
la disponibilité tout en maximisant la capacité.

3. Les architectures RAID avancées

Les combinaisons de niveaux RAID (ou RAID imbriqués) permettent d’adapter la performance
et la redondance selon les besoins.

• RAID 50 (RAID 5 de RAID 0) : combine striping et parité distribuée, équilibrant


vitesse et sécurité.
• RAID 60 (RAID 6 de RAID 0) : renforce la tolérance aux pannes pour de très grands
volumes.
• RAID 01 et RAID 10 : la différence réside dans l’ordre d’application (striping avant ou
après mirroring).

Certaines baies de stockage modernes (Dell EMC, HPE 3PAR, NetApp) utilisent des
algorithmes RAID adaptatifs, capables de rééquilibrer dynamiquement les blocs en cas de
défaillance.

4. Le Thin Provisioning

Le Thin Provisioning est une autre forme de virtualisation du stockage, orientée optimisation
de capacité plutôt que redondance. Au lieu d’allouer la totalité de l’espace disque dès la création
d’un volume, le système attribue seulement les blocs réellement utilisés. Cette méthode repose
sur le principe du provisionnement à la demande (on-demand allocation).

Principe :

• L’administrateur peut déclarer un disque virtuel de 10 To, alors que seuls 4 To


physiques sont réellement disponibles.
• Les blocs supplémentaires seront alloués automatiquement au fur et à mesure de leur
utilisation.

21
• Cette technique est rendue possible par une couche logicielle de virtualisation du
stockage (SDS ou hyperviseur).

Avantages :

• Optimisation des ressources physiques : évite le surprovisionnement.


• Souplesse d’administration : possibilité d’allouer de grands volumes logiques sans
investir immédiatement dans le matériel.
• Compatibilité cloud : facilite la facturation “pay-as-you-grow”.

Inconvénients :

• Si l’espace physique sous-jacent est saturé, le système peut rencontrer des erreurs
d’écriture.
• La supervision doit être stricte (monitoring de l’espace libre et alertes automatiques).

Applications courantes :

• Hyperviseurs (VMware vSphere, Hyper-V) et solutions SDS (Ceph, vSAN) utilisent le


thin provisioning pour optimiser l’espace global.
• Les environnements de cloud privé ou multi-tenant en dépendent pour garantir une
allocation dynamique et équitable des volumes.

5. Réplication et synchronisation des données

La virtualisation du stockage intègre également des mécanismes de réplication synchrone ou


asynchrone, essentiels pour la haute disponibilité et la reprise après sinistre (DR – Disaster
Recovery).

• Réplication synchrone : chaque écriture sur le volume principal est immédiatement


copiée sur un volume secondaire avant validation.
→ Avantage : cohérence parfaite entre les sites.
→ Inconvénient : latence accrue, dépendance à la distance.
• Réplication asynchrone : les écritures sont validées localement puis répliquées
ultérieurement.
→ Avantage : rapidité et flexibilité.
→ Inconvénient : risque de perte de quelques transactions en cas d’incident brutal.

Ces mécanismes complètent les niveaux RAID, qui eux opèrent localement, alors que la
réplication s’applique entre sites ou clusters.

6. Synthèse comparative
Objectif Tolérance Gain de Type
Mécanisme Performance
principal aux pannes capacité d’environnement
Répartition
RAID 0 Non Oui Très élevée Temporaire / test
(striping)
Duplication
RAID 1 Oui Non Moyenne Critique / OS
(mirroring)
Parité Bon
RAID 5 / 6 Oui Oui Serveurs / NAS
distribuée compromis
Miroir de Virtualisation /
RAID 10 Oui Non Excellente
stripes BDD

22
Objectif Tolérance Gain de Type
Mécanisme Performance
principal aux pannes capacité d’environnement
Thin Allocation
Si mal géré Oui Moyenne Cloud / SDS
Provisioning dynamique
Réplication Cohérence Latence
Oui Non HA / Datacenter
synchrone parfaite élevée
Réplication Sauvegarde
Décalage Non Rapide DR / Multi-site
asynchrone distante

7. Tendances actuelles

Les solutions modernes combinent ces mécanismes dans des environnements définis par
logiciel (SDS) ou hyperconvergés (HCI). Les technologies comme Ceph, vSAN ou Azure Stack
HCI gèrent automatiquement les niveaux de redondance et les politiques de provisionnement,
en ajustant dynamiquement la réplication selon la charge et la topologie réseau.
De plus, les architectures NVMe-over-Fabrics permettent désormais d’appliquer ces logiques
de RAID et de thin provisioning à des volumes distants, tout en conservant une latence quasi
locale.

La virtualisation du stockage repose sur deux piliers :

• Le RAID, qui assure la sécurité et la performance via la redondance.


• Le Thin Provisioning, qui optimise l’utilisation des ressources physiques. Leur
combinaison permet de bâtir des systèmes de stockage flexibles, intelligents et adaptés
aux exigences de la virtualisation et du cloud computing modernes.

4.a.1.f) Avantages du stockage adapté

Le stockage adapté constitue une composante essentielle de toute infrastructure virtualisée


moderne. Il ne s’agit pas seulement d’une évolution matérielle, mais d’une transformation
architecturale et logicielle qui permet de répondre simultanément aux exigences de
performance, de disponibilité, d’évolutivité et de rentabilité. Grâce à la virtualisation et à la
définition logicielle du stockage, les entreprises peuvent désormais adapter dynamiquement
leurs ressources à la charge, sans dépendre d’un matériel spécifique ou d’une topologie rigide.

1. Performance et réactivité

Les solutions modernes de stockage, qu’il s’agisse de SAN haut débit, de SAS/NVMe, ou de
pools SDS, offrent des performances adaptées aux charges de travail intensives des
environnements virtualisés.

Les gains proviennent de plusieurs leviers :

• Accès parallèle : les systèmes distribués et les architectures RAID exploitent plusieurs
disques simultanément, améliorant le débit d’E/S.
• Technologies NVMe et caches SSD : réduisent la latence à quelques microsecondes,
garantissant une exécution fluide des machines virtuelles.
• Optimisation logicielle : les moteurs SDS (Ceph, vSAN, S2D) allouent
dynamiquement les ressources selon les priorités des applications.

Ces avancées permettent d’atteindre des performances équivalentes, voire supérieures, à celles
du matériel propriétaire des générations précédentes.

23
2. Disponibilité et tolérance aux pannes

La disponibilité des données constitue un impératif absolu pour les datacenters et les
plateformes cloud. Les mécanismes de redondance (RAID 1, 5, 6, 10), de réplication synchrone
ou de clustering SDS assurent une continuité de service même en cas de défaillance matérielle.

Principaux moyens mis en œuvre :

• Redondance locale via RAID matériel ou logiciel.


• Réplication géographique entre sites distants pour le Disaster Recovery (DR).
• Failover automatique et migration à chaud dans les environnements virtualisés.

Ainsi, un hôte ou un disque défaillant n’entraîne plus d’interruption majeure, et la reprise


d’activité est quasi instantanée.

3. Flexibilité et évolutivité

L’un des apports majeurs du stockage adapté est la capacité d’évolution sans interruption.
Les architectures distribuées et hyperconvergées permettent d’ajouter des disques, des nœuds
ou des volumes logiques à la volée, sans reconfigurer l’ensemble du système.

Exemples de flexibilité :

• Thin Provisioning : allocation dynamique des blocs en fonction de l’usage réel.


• Scale-out : ajout de nœuds pour augmenter capacité et performance (Ceph, GlusterFS,
Nutanix).
• Scale-up : extension de la capacité d’un nœud existant sans modification logicielle.

Cette élasticité répond parfaitement aux besoins des environnements cloud privés et hybrides,
où la charge peut varier en temps réel.

4. Optimisation des coûts

L’adoption de solutions de stockage adaptées permet une réduction significative du coût total
de possession (TCO).

Cette optimisation s’appuie sur :

• L’utilisation de matériel standard (commodity hardware) plutôt que de baies


propriétaires.
• La mutualisation des ressources via la virtualisation et le SDS.
• L’automatisation des tâches de gestion et de surveillance.
• Le modèle “pay-as-you-grow”, rendu possible par le thin provisioning et le cloud
hybride.

En réduisant le surprovisionnement, les entreprises optimisent à la fois leurs dépenses


d’investissement (CAPEX) et leurs coûts opérationnels (OPEX).

5. Intégration et simplification de la gestion

Le stockage adapté s’intègre de manière homogène aux plateformes de virtualisation (VMware,


Hyper-V, Proxmox) et aux environnements cloud (OpenStack, Azure, AWS).
Les administrateurs disposent d’une console de gestion unifiée, souvent accessible via API ou
interface web, permettant de :

24
• Surveiller les performances, la santé et la capacité en temps réel.
• Définir des politiques automatiques de réplication et de sauvegarde.
• Orchestrer le stockage en cohérence avec les besoins applicatifs.

L’automatisation et la visibilité offertes par ces systèmes contribuent à simplifier la gestion du


stockage, même dans les architectures complexes.

6. Tableau récapitulatif des bénéfices du stockage adapté


Domaine Objectif principal Technologies clés Résultats obtenus
Réduction de la NVMe, SSD, RAID, Exécution fluide des VMs,
Performance
latence, débit accru caching temps de réponse réduit
RAID, réplication, Haute disponibilité, reprise
Disponibilité Tolérance aux pannes
clustering instantanée
Extension sans Adaptation dynamique aux
Évolutivité SDS, HCI, scale-out
interruption besoins
Allocation à la Thin provisioning, Utilisation optimale des
Flexibilité
demande pools dynamiques ressources
Réduction CAPEX / Matériel standard, Baisse du coût total
Économie
OPEX automatisation d’exploitation
Administration Orchestrateurs, API Supervision simplifiée,
Gestion
centralisée REST politiques unifiées

Le stockage adapté représente la fusion entre innovation matérielle (SSD, NVMe,


interconnexions rapides) et intelligence logicielle (SDS, virtualisation, orchestration).
Il s’impose comme le pilier du data center défini par logiciel (Software Defined Data Center –
SDDC), où chaque ressource devient programmable et dynamique.
Grâce à cette approche, le stockage n’est plus un simple support de données, mais une
infrastructure intelligente, capable d’évoluer automatiquement avec les besoins des applications
et des utilisateurs.

En conclusion, la maîtrise du stockage adapté permet de construire des infrastructures plus


performantes, plus fiables et plus économiques. C’est l’une des conditions essentielles pour
réussir la transition vers le cloud computing, la virtualisation avancée et l’industrie 4.0.

b. Le réseau

Il s’agit d’un autre point important à considérer lors de la création d’une VM. Il existe
plusieurs possibilités :

• Non associé
• NAT
• Routage
• Bridge ou pont
• Réseau privé (interne)
• Hôte seul (Host-only)
• Réseau NAT (NAT Network)

Le choix dépend de ce que l’on souhaite faire avec les VM.

Non associé (Not Attached)

25
En mode « Non associé », l’interface réseau de la VM n’est reliée à aucun commutateur virtuel
ou réseau défini. La VM ne se voit attribuer aucune adresse IP et demeure ainsi totalement
isolée. Cette configuration est utilisée dans des cas précis où aucune connectivité n’est requise,
ou dans des contextes de sécurité renforcée, afin d’éliminer tout vecteur de communication
externe.

NAT (Oracle Documentation)

Le principe du NAT (Network Address Translation) est de faire correspondre le plus souvent
des adresses internes non routables (192.168…) vers une ou des adresses routables. Son mode
de fonctionnement est quasiment identique à celui du routage, sauf que les IPs des VMs ne sont
pas accessibles de l’extérieur. Le NAT est très utilisé pour partager une connexion Internet pour
laquelle il n’existe qu’une adresse IP publique. Le NAT permet de faire un réseau isolé pouvant
communiquer avec l’extérieur (principe de passerelle).
Le mode NAT est ce qui est par défaut configuré sue la plupart des hyperviseurs. C’est aussi le
plus simple à gérer au niveau réseau car la configuration de l’hôte est nulle.

26
Routeur

Le principal atout du mode routeur pour les VM est que celles-ci, bien qu’étant dans un réseau
différent de l’hôte, restent accessibles de l’extérieur. Le schéma est quasi identique au mode
NAT sauf au niveau de la configuration.

Le bridge (Oracle Documentation)

Un bridge (ou pont) est un équipement matériel qui permet d’interconnecter deux réseaux
physiques. Le pont travaille au niveau 2 du modèle OSI (un routeur travaille au niveau 3). Le
transfert des paquets est effectué suivant l’adresse Ethernet (adresse MAC) et non avec
l’adresse IP. Un pont peut être vu comme une sorte de hub ou de switch virtuel. La
conséquence directe de la configuration en bridge est que les IP des VM et de l’hôte sont dans
le même sous-réseau.

27
Le mode bridge est très souvent utilisé afin que les VM soient vues par les clients comme des
serveurs physiques.

Réseau interne (Oracle Documentation)

Ce mode crée un réseau privé strictement réservé aux VMs connectées à ce réseau interne.
Les VMs peuvent communiquer entre elles, mais elles n’ont pas accès à l’hôte ni à Internet.
Cela permet de créer des environnements de test totalement isolés du reste de l’infrastructure.

Hôte seul (Host-only) (Oracle Documentation)

Le mode Hôte seul établit un réseau virtuel privé restreint à l’hôte et aux VMs qui y sont
attachées. Chaque entité reçoit une adresse IP issue d’un sous-réseau dédié, généralement
administré par un service DHCP interne. Ce mode se révèle pertinent pour des scénarios
d’expérimentation nécessitant une isolation du réseau externe, tout en maintenant la capacité
d’interaction entre l’hôte et ses VMs.

28
Réseau NAT (NAT Network)

Le mode Réseau NAT reprend le principe du NAT classique en y ajoutant la possibilité de


constituer un sous-réseau privé partagé entre plusieurs VMs. Ainsi, les VMs connectées à ce
réseau peuvent interagir entre elles de manière transparente, tout en conservant la possibilité
d’accéder à Internet par l’intermédiaire du mécanisme de traduction d’adresses. Toutefois,
comme pour le mode NAT standard, les VMs demeurent inaccessibles depuis le réseau
physique.

5. Problèmes liées à la virtualisation

a. VM Sprawl (Etalement des VMs)

La technologie de virtualisation est simple, peu coûteuse et efficace. Mais parce que c'est si
facile, cela peut devenir un peu incontrôlable.

29
Dans le monde des serveurs physiques, il existe des contraintes intégrées pour lutter contre
l'étalement (budget pour acheter un nouveau serveur, délai de livraison, place dans le
Datacenter, alimentation, refroidissement, connexion). En fin de compte, nos centres de
données ne disposent que d’une capacité limitée en termes d’espace, d’alimentation, de
refroidissement et d’accès réseau.
Dans le monde virtuel, besoin d'un nouveau serveur ? Il suffit de cloner l’un de vos serveurs
existants sans se soucier des problèmes d’infrastructure.

b. VMs zoombie

Le VM Sprawl peut conduire à la création de différentes VMs, de test, de recette, etc. Sans
une procédure de gestion des VMs, ces machines peuvent être oubliées dans les serveurs
physique et deviennent des VMs zoombies. Une VM zoombie est une VM qui consomme des
ressources, mais personne ne sait vraiment pourquoi. On ne peut pas la supprimer car on ne
sait pas pourquoi elle a été créée, surtout si celui qui l’a créée n’est plus là.

c. VM Orpheline

En réalité, une VM orpheline est une VM dont les fichiers existent encore, même la machine
virtuelle à laquelle ils étaient attachés a été supprimée. C’est un espace perdu sans doute, mais
il peut être un peu difficile à repérer.

d. Solution

Des outils de gestion des VMs existent. Toutes les principales applications de gestion de la
virtualisation aident à identifier et à gérer l’étalement des machines virtuelles. Choisissez-en
un qui soit facile à utiliser, optimise vos ressources et fournit une vue globale des éléments de
calcul, de stockage, de réseau et d’applications de votre centre de données virtuel. Quelques
uns de ces outils sont :

• RV Tools from [Link] (free)


• PowerShell from Microsoft (free)
• Citrix Essentials from Citrix (paid/free)
• vControl from Vizioncore (paid)

II. VIRTUALISATION DES CONTENEURS ET DOCKER

1. Introduction

Docker permet la mise en œuvre de conteneurs s’exécutant en isolation, via une API
(interface utilisateur). Construit sur des capacités du noyau Linux (surtout les cgroups et
espaces de nommage), un conteneur Docker, contrairement machines virtuelles
traditionnelles, ne requiert aucun système d’exploitation séparé et n’en fournit aucun. Il
s’appuie plutôt sur les fonctionnalités du noyau et utilise l’isolation de ressources (comme le
processeur, la mémoire, les entrées et sorties et les connexions réseau) ainsi que des espaces
de noms séparés pour isoler le système d’exploitation tel que vu par l’application. Docker
accède aux capacités de virtualisation du noyau Linux, soit directement à travers la
bibliothèque runc (disponible depuis Docker 0.9), soit indirectement via libcrt, LXC (Linux
Containers) ou systemd-nspawn. Le systemd-nspawn est comme la commande chroot sur
30
Linux mais en plus puissante. Il peut être utilisé pour rentrer une commande ou un OS dans
un espace léger tel un conteneur. Il peut complètement virtualiser la hiérarchie des fichiers
systèmes, comme l’arborescence des processus.)

Utiliser Docker pour créer et gérer des conteneurs peut simplifier la mise en œuvre de
systèmes distribués en permettant à de multiples applications, tâches de fond et autres
processus de s’exécuter de façon autonome sur une seule machine physique ou à travers de
multiples machines isolées. Ceci permet de déployer des nœuds en tant que ressources sur
besoin, fournissant ainsi une plateforme de déploiement de style PaaS.

2. Définitions importantes

a. Image

Une image Docker représente le système de fichiers sans les processus. Cette image contient
ce que vous avez décidé d’installer (tel qu’une base de donnée (MySQL), Java, PHP, un
script, etc…) mais en étant inactif. Elles sont créées à partir de fichiers de configuration
« Dockerfiles ». Dockerfiles décrie exactement ce qui doit être installé sur le système, le
conteneur est l’exécution d’une image.

b. Alpine Linux

Alpine Linux est une très simple distribution Linux et d’une faible taille (5MB seulement, un
conteneur de 8MB est requis pour l’installation et 130MB de stockage sur votre disque). Cette
distribution est fréquemment utilisée par les utilisateurs de Docker.

c. DockerFile

C’est votre fichier source qui donne une image une fois qu’il est compilé. Il peut être inclus
dans un autre Dockerfile et être à la base de plusieurs images différentes. Vous avez le choix
d’utiliser des images officielles ou des images modifiées présentes sur le Docker Hub
([Link] ) ou, si vous le souhaitez, de personnaliser vos propres images en
écrivant un Dockerfile.

d. Conteneur

Comme dit précédemment, un conteneur Docker n’a besoin d’aucun système d’exploitation
séparé. Il se sert de fonctionnalités du noyau du système d’exploitation. Ainsi il utilise
l’isolation de ressources. (CPU, mémoire, I/O, connexions réseau etc…).

e. Compose

C’est un outil qui permet de définir et exécuter des applications multi-conteneurs. Les
conteneurs sont idéaux pour des applications pour de simple micro services. C’est pour cela
qu’il est idéal de faire une interconnexion entre plusieurs conteneurs. L’exemple le plus
parlant et celui d’un serveur web contenant les service php, mysql et nginx dans des
containers différents.

f. Volume

C’est le mécanisme le plus adapté pour la persistance des données qui sont générés et utilisées
par les conteneurs de Docker. Les volumes de Docker ont différents avantages tels qu’une
simplicité de sauvegarde ou de migration ou encore leurs gestions facilités grâce aux outils et
commandes Docker.

31
g. Swarm Mode

Le mode Swarm indique à Docker que vous exécuterez de nombreux containeurs Docker et
que vous souhaitez coordonner les opérations entre eux. Le mode Essaim combine la
possibilité de définir non seulement l’architecture de l’application, comme Composer, mais
aussi de définir et de maintenir des niveaux de haute disponibilité, la mise à l’échelle,
l’équilibrage de charge, etc. Avec toutes ces fonctionnalités, le mode Swarm est plus souvent
utilisé dans les environnements de production que Compose.

3. Conteneurs VS machines virtuelles

Après avoir découvert ce qu’est DOCKER, on peut se demander quelle est la différence entre
les conteneurs et les machines virtuelles, car à première vue, cela se ressemble fortement. Les
machines virtuelles et les conteneurs diffèrent de plusieurs façons. La principale différence est
liée à l’architecture logiciel de ceux-ci. La machine virtuelle, elle est composée d’un OS host
sur lequel est exécuter un hyperviseur comme Hyper-V sous Windows ou KVM sous Linux.
L’hyperviseur lui va virtualiser le « Guest OS » ou le système d’exploitation invité tout en
virtualisant également la matériel et périphérique présent sur une station de travail classique
comme par exemple la RAM, le CPU…

Le container lui fonctionne toujours sur un OS host mais utilise le moteur Docker (Docker
Engine) pour interagir et utilisé les fonctionnalités du noyau linux, les librairie et bibliothèque
sont partager et donc utilisé par les différents containers hébergeant les applications.

Les containers sont donc plus polyvalents et performants que des VMs. Les containers Docker
peuvent démarrer en quelques secondes et s’arrêter aussi rapidement.

4. Avantages de la conteneurisation

Les conteneurs sont particulièrement utiles pour développer, déployer et tester des
applications distribués modernes et micro-services pouvant fonctionner dans des
environnements d'exécution isolés sur les mêmes machines hôtes. Avec la conteneurisation,
les développeurs n'ont pas besoin d'écrire du code dans différentes VMs. Les conflits des
bibliothèques ou des composants ne se produisent pas lors de l'exécution et le conteneur

32
d'applications peut être déplacé efficacement entre les instances de cloud ou de centre de
données.

La différence architecturale offre les propositions de valeur clés suivantes pour le personnel
informatique et les entreprises :

• L’intégration continue, le déploiement et les tests : dans les organisations dirigées par
DevOps, les organisations peuvent utiliser des conteneurs pour faciliter les processus
du pipeline CI/CD. Les conteneurs fonctionnent comme un environnement
d’infrastructure cohérent, de sorte que les développeurs n’ont pas besoin de tâches de
configuration complexes pour chaque sprint, les charges de travail migrant entre les
ressources physiques.

• Portabilité de la charge de travail : les charges de travail informatiques peuvent


basculer entre différentes instances d'infrastructure et environnements virtuels sans
modification importante de la configuration ni modification du code de l'application.

• Qualité et conformité logicielles : une collaboration transparente entre les


développeurs et le personnel chargé des tests pour la fourniture des blocs
d'exploitation de l'application entraîne une meilleure qualité logicielle, des cycles de
développement plus rapides et une conformité améliorée.

• Optimisation des coûts : les conteneurs optimisent l'utilisation des ressources dans
leurs propres environnements virtualisés isolés. Cela permet aux organisations de
planifier avec précision la capacité et la consommation de l'infrastructure.

• Infrastructure agnostique: les conteneurs rendent les composants de l'application


agnostiques, permettant aux entreprises de déplacer des charges de travail entre
serveurs neutres vers des environnements virtualisés vers une infrastructure cloud en
réponse aux besoins changeants de l'entreprise.

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III. REFERENCES
• [Link]
• [Link]
• [Link]
VM-Sprawl
• [Link]
management-tools
• [Link]
• [Link]
• [Link]

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