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RAPPORT DE STAGE

Semestre 4 — Année universitaire 2024-2025

La Douane Marocaine à l'Épreuve de la Modernisation :

Organisation des Services, Transformation Digitale et Enjeux Contradictoires

Lieu de stage :
Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII)
Direction préfectorale de Rabat Salé et la direction de Kenitra

Période : Année universitaire 2025-2026


04/05/2026 au 30/06/2026
Encadrant professionnel : M. ETTABTI Abdessadek
Encadrant pédagogique : M. BOUACHOUCH Mustapha
Réalisée par : HAFSA Chaoui

Remerciements
Au terme de ce stage de fin de semestre réalisé au sein de l’Administration des Douanes et
Impôts Indirects (ADII), je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des
personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réussite de cette expérience
professionnelle ainsi qu’à l’élaboration du présent rapport.

J’ adresse mes sincères remerciements à Monsieur le Directeur de la Direction Régionale des


Douanes et Impôts Indirects de Rabat-Salé-Kénitra pour m’avoir accordé l’opportunité
d’effectuer ce stage au sein de l’ADII, et pour m’avoir permis d’évoluer dans un cadre
professionnel structuré et enrichissant.

Je tiens également à remercier le Service de la Gestion des Ressources Humaines et de la


Formation pour son accueil, sa disponibilité, ainsi que pour avoir accepté ma demande de
stage au sein de l’ADII. Je leur suis également reconnaissante pour l’accompagnement et les
orientations qui m’ont été apportés tout au long de cette expérience.

Je remercie l’ensemble des agents et cadres de la Direction Préfectorale de Rabat-Salé ainsi


que de la Direction Provinciale de Kénitra pour leur encadrement, leur disponibilité et la
qualité de leur accompagnement. Leurs conseils et le partage de leur expérience ont
grandement contribué à ma compréhension du fonctionnement de l’administration
douanière.

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à mon encadrant pédagogique, Monsieur


BOUACHOUCH Mustapha, pour la qualité de son encadrement, ses conseils avisés et son
suivi rigoureux tout au long de la réalisation de ce travail.

Enfin, j’adresse mes plus sincères remerciements à ma famille pour son soutien indéfectible,
ses encouragements constants et sa confiance, qui ont constitué un pilier essentiel durant
mon parcours académique et professionnel.

Par ce travail, j’espère avoir honoré l’image de l’ENCG de Fes et avoir répondu aux attentes
des responsables et collaborateurs ayant contribué à cette expérience.

Que toutes les personnes ayant contribué, directement ou indirectement, à la réalisation de


ce stage trouvent ici l’expression de ma plus profonde gratitude.
Abréviations et Sigles :
ADII : Administration des Douanes et Impôts Indirects
BADR : Base Automatisée des Données Récupérables
PORTNET : Portail National de Commerce Extérieur
DIWANATI : Plateforme centrale de dématérialisation des procédures
douanières
SAAD : Système d'Assistance et d'Appui à la Décision
DRRSK : Direction Régionale Rabat-Salé-Kénitra
DPRS : Direction Préfectorale de Rabat-Salé
DPK : Direction Provinciale de Kénitra
DUM : Déclaration Unique des Marchandises
ZAIK / ZAI : Zone d'Accélération Industrielle de Kénitra
MCV : Mise à la Consommation des Véhicules / Module de Contrôle de
Valeur
AT : Admission Temporaire
OEA : Opérateur Économique Agréé
PDA : Procédure de Dédouanement Automatisé
DSU : Déclaration Simplifiée Unique
RED : Régime Économique Douanier
GMSD : Gestion des Marchandises Saisies et Déposées
GRC : Gestion de la Relation Client
OMD : Organisation Mondiale des Douanes
OMC : Organisation Mondiale du Commerce
ALE : Accord de Libre-Échange
ZLECAf : Zone de Libre-Échange Continentale Africaine
TIC : Taxes Intérieures de Consommation
DASF : Déclaration Administrative de Solde à Facturer
Table des Matières
Remerciements
Abréviations et Sigles
Introduction Générale

PARTIE I : CADRE CONCEPTUEL DE LA TRANSFORMATION DIGITALE


DOUANIÈRE
Chapitre 1 : Présentation de l'ADII
Section 1 : Missions et organigramme de l'ADII
Section 2 : Direction Régionale Rabat-Salé-Kénitra
Chapitre 2 : La digitalisation dans l'administration douanière
Section 1 : Les outils digitaux déployés par l'ADII
Section 2 : Les enjeux de la digitalisation — fluidité et contrôle

PARTIE II : CADRE PRATIQUE ET ÉTUDE EMPIRIQUE


Chapitre 1 : Présentation du stage et des tâches réalisées
Section 1 : Services observés durant le stage
Section 2 : Travaux et missions effectués
Chapitre 2 : Étude de la problématique
Section 1 : Méthodologie du questionnaire
Section 2 : Analyse des résultats du questionnaire
Section 3 : Recommandations

Conclusion Générale
Bibliographie et Webographie
Annexes

Introduction Générale
Dans un contexte de mondialisation accélérée et d’intégration
économique croissante, l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects (ADII), placée sous la tutelle du Ministère de l’Économie
et des Finances, occupe une place stratégique dans le tissu
économique national. Elle assure des missions fondamentales
telles que la perception des recettes fiscales, la facilitation des
échanges commerciaux, la protection de l’économie nationale
ainsi que la lutte contre la fraude, la contrebande et les diverses
infractions douanières.
Dans ce cadre, l’administration douanière est confrontée à un
double impératif : d’une part, faciliter et fluidifier les échanges
commerciaux afin de renforcer la compétitivité des entreprises et
soutenir l’ouverture économique du Maroc ; d’autre part, assurer
un contrôle rigoureux des marchandises afin de préserver la
sécurité et l’intégrité du territoire national. Ce paradoxe entre
fluidité des échanges et renforcement du contrôle constitue
aujourd’hui un enjeu central de la modernisation de l’ADII.
Afin de répondre à ces défis, l’ADII a engagé depuis les années
2000 une stratégie de transformation digitale ambitieuse,
reposant sur le déploiement de plateformes intégrées telles que
BADR, PORTNET, DIWANATI, SAAD ,RIAD ou encore ADIL. Ces
outils permettent la dématérialisation des procédures, la
réduction des délais de dédouanement, l’amélioration de la
traçabilité des opérations ainsi que l’optimisation du ciblage des
contrôles grâce à l’analyse des risques.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le présent stage de fin de
semestre, réalisé au sein de la Direction Préfectorale de Rabat-
Salé et de la Direction Provinciale de Kénitra, relevant de la
Direction Régionale Rabat-Salé-Kénitra. Cette immersion a permis
d’observer le fonctionnement réel de l’administration douanière
et de comprendre la mise en œuvre concrète de la transformation
digitale à travers différents services tels que l’ordonnancement,
la recette, le contentieux, la logistique, les systèmes
d’information et les unités de contrôle , brigade douanière de la
ZAI, etc.
Ainsi, la problématique centrale de ce rapport est la suivante :
Dans quelle mesure la transformation digitale de l’ADII permet-
elle de concilier deux impératifs fondamentalement antagonistes,
à savoir la fluidité des échanges commerciaux et le renforcement
du contrôle douanier, au sein de la Direction Préfectorale de
Rabat-Salé et de la Direction Provinciale de Kénitra ?
Pour répondre à cette problématique, le présent rapport est
structuré en deux parties principales. La première partie présente
le cadre conceptuel et organisationnel de l’ADII ainsi que sa
stratégie de transformation digitale et ses principaux outils. La
deuxième partie est consacrée à l’aspect pratique du stage, en
décrivant les missions effectuées, les services observés, ainsi que
la méthodologie et les résultats d’une enquête par questionnaire
menée auprès des agents de l’ADII, suivie de recommandations.

PARTIE I — CADRE CONCEPTUEL DE LA TRANSFORMATION


DIGITALE DOUANIÈRE

Chapitre 1 : Présentation de l'ADII

Section 1 : Missions et organisation de l'ADII


1.1 Contexte historique et cadre institutionnel
L’histoire de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) est indissociable de
celle du Maroc indépendant. À partir de 1956, le Royaume a entrepris un vaste processus de
construction institutionnelle visant à affirmer sa souveraineté économique et fiscale. Dans ce
contexte, le renforcement du système douanier s’est inscrit naturellement dans la
dynamique de reconstruction nationale. Des réformes fiscales ambitieuses ont
progressivement été mises en œuvre afin de soutenir la croissance économique, d’assurer le
financement des politiques publiques et de renforcer la position du Maroc sur la scène
internationale.
L’administration douanière s’est ainsi progressivement structurée pour répondre aux
besoins d’un État en pleine construction. Ses missions portaient principalement sur la
perception des recettes publiques ainsi que sur le contrôle des flux transfrontaliers de
marchandises et de capitaux. Elle constituait alors un instrument essentiel de la politique
économique et financière du pays.
À partir des années 1980, face aux profondes mutations de l’économie mondiale et aux
exigences croissantes de l’ouverture commerciale, la Douane marocaine a engagé un
tournant stratégique majeur. Elle est progressivement passée d’une administration
essentiellement fiscale à un acteur central du développement économique national. Cette
évolution s’est traduite par la réorganisation des structures administratives, la
modernisation des infrastructures douanières, l’adaptation de la législation aux nouvelles
réalités économiques, le renforcement du partenariat avec les opérateurs économiques ainsi
que la conclusion de nombreux accords de coopération régionale et internationale.
Cette dynamique de modernisation s’est poursuivie au cours des années 2000 avec
l’adoption d’une stratégie de transformation digitale visant à améliorer l’efficacité des
services douaniers, à simplifier les procédures administratives et à renforcer la qualité du
service rendu aux usagers.
1.1.1 Organisation générale de l’ADII
Sur le plan organisationnel, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects est pilotée par
une Direction Générale basée à Rabat et placée sous l’autorité du Ministère de l’Économie et
des Finances. La Direction Générale assure la définition des orientations stratégiques de
l’administration et veille à la coordination de l’ensemble des structures douanières.

Les services centraux constituent le cœur du système de pilotage de l’ADII. Ils sont chargés
de l’élaboration des politiques douanières, de l’encadrement réglementaire, de la
supervision des activités opérationnelles ainsi que du développement des projets de
modernisation. Ces services sont organisés autour de divisions, de cellules et de sous-
directions spécialisées.
1.1.2 Les divisions centrales
Les divisions centrales sont dirigées par des responsables ayant rang de Directeur Adjoint
des Douanes. Elles regroupent :
DGD1 : Brigade des enquêtes ;
DGD2 : Brigade des enquêtes et du contentieux ;
DGD3 : Division de la législation et de la coopération internationale ;
DGD4 : Division de l’informatique ;
DGD6 : Division de la surveillance ;
DGD7 : Division de la statistique et du recouvrement.
Ces divisions participent à la définition et à la mise en œuvre des politiques douanières, à la
lutte contre la fraude, à la gestion des systèmes d’information ainsi qu’au suivi des recettes
douanières.
1.1.3 Les cellules et sous-directions
Les cellules sont dirigées par des responsables ayant rang de Sous-Directeur des Douanes.
Elles comprennent :
DGD8 : Cellule des Études ;
DGD9 : Cellule de suivi des régimes suspensifs et des exonérations.
L’administration dispose également de la Sous-Direction des Ressources Humaines et des
Affaires Générales (DGD5), chargée de la gestion administrative du personnel, du
développement des compétences, de la formation et du bon fonctionnement des services de
l’administration.
1.1.4 Les directions centrales de l’ADII
Afin d’assurer l’ensemble de ses missions, l’ADII s’appuie sur quatre directions centrales
spécialisées aux compétences complémentaires.
La Direction des Études et de la Coopération Internationale :Cette direction est chargée
d’élaborer le cadre juridique et fiscal de l’administration, de développer la coopération
internationale dans le domaine douanier et de veiller à l’alignement de la politique
douanière sur les engagements internationaux du Maroc. Elle prépare également les textes
législatifs et réglementaires et assure la correcte application des règles d’origine dans le
cadre des accords commerciaux internationaux.
La Direction de la Facilitation et de l’Informatique : Cette direction est chargée d’élaborer
des procédures douanières simplifiées conciliant fluidité des échanges et efficacité des
contrôles. Elle assure le pilotage du schéma directeur informatique de l’administration —
levier majeur de modernisation et de rationalisation des procédures —, intervient dans le
développement et la gestion des systèmes d’information, et accompagne les investisseurs
ainsi que l’amélioration continue des services numériques destinés aux opérateurs
économiques.
La Direction de la Prévention et du Contentieux :Cette direction est chargée de concevoir
et d’harmoniser les méthodes de contrôle, à travers l’analyse et l’évaluation des risques, la
lutte contre la fraude et la contrebande ainsi que l’application des mesures anti-dumping.
Elle assure par ailleurs la coordination, le suivi et l’évaluation des contentieux douaniers, des
contrôles a posteriori ainsi que du recouvrement des créances douanières.
La Direction des Ressources et de la Programmation :Cette direction est chargée de la
gestion prévisionnelle des ressources humaines, de la planification budgétaire et matérielle,
du développement des programmes de communication ainsi que du pilotage stratégique de
l’ensemble des services douaniers, en veillant à l’amélioration de l’organisation
administrative et au suivi de la performance globale de l’administration.
1.1.5 La Division de l’Audit et de l’Inspection
Aux côtés des quatre directions centrales, l’ADII dispose d’une Division de l’Audit et de
l’Inspection directement rattachée au Directeur Général.
Cette division a pour mission de veiller à l’efficacité, à l’efficience et à la conformité des actes
de gestion aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Elle assure des missions
d’audit, d’inspection et de contrôle interne afin de garantir la qualité de gestion des services
douaniers et de contribuer à leur amélioration continue.
Elle est composée de quatre services spécialisés :

 le service des audits comptables et financiers ;


 le service des audits thématiques ;
 le service de l’audit des structures ;
 le service de l’audit de la filière de surveillance.
1.1.6 L’organisation territoriale de l’ADII
Au niveau territorial, l’ADII est répartie en dix Directions Régionales constituant les services
extérieurs de l’administration. Cette organisation déconcentrée permet d’assurer une
présence douanière de proximité sur l’ensemble du territoire national et de garantir
l’application uniforme de la réglementation douanière.
Les directions régionales supervisent les différents bureaux douaniers implantés dans les
ports, les aéroports, les postes frontaliers terrestres ainsi que les bureaux intérieurs. Elles
assurent l’exécution des missions opérationnelles de l’administration en matière de
contrôle, de recouvrement et de facilitation des échanges.
Parmi ces structures figure la Direction Régionale de Rabat-Salé-Kénitra (DRRSK), au sein de
laquelle s’est déroulé le présent stage. Cette direction assure la coordination des services
douaniers relevant de son ressort territorial et contribue à la mise en œuvre des orientations
définies par l’administration centrale.
1.2 Les missions de l'ADII
Les missions de l'ADII s'organisent autour de quatre axes fondamentaux et
complémentaires, qui font de cette administration un acteur transversal dont l'action irrigue
l'ensemble de la vie économique, fiscale et sécuritaire du pays.
La protection de l'économie nationale
L'ADII joue un rôle fondamental dans la protection de l'économie nationale. Elle lutte
activement contre la contrebande, la fraude et la contrefaçon, contribuant ainsi à instaurer
un environnement attractif et propice à l'investissement et au développement des affaires. À
travers les diverses mesures de facilitation qu'elle met en place, elle joue également un rôle
majeur dans le développement des échanges commerciaux et dans l'accompagnement des
entreprises pour renforcer leur compétitivité. En parallèle, elle veille à l'application de droits
de douane appropriés, notamment une taxation plus élevée sur les produits concurrentiels,
afin de protéger les secteurs sensibles de la production nationale. Une attention particulière
est par ailleurs accordée à la valeur des marchandises importées, afin de prévenir toute
action de dumping susceptible de porter préjudice à l'économie nationale.
La promotion de l'investissement
L'ADII contribue activement au développement économique du Maroc à travers son
intervention dans la promotion de l'investissement. Cette mission se manifeste à travers
plusieurs actions concrètes : l'application des dispositions relatives aux avantages fiscaux
accordés aux matériels, outillages et biens d'équipements importés ; la promotion des
régimes économiques en douane, notamment l'Admission Temporaire pour
perfectionnement actif et l'entrepôt industriel franc ; la simplification des procédures de
dédouanement, afin de réduire les délais et les coûts pour les entreprises, en rendant les
opérations douanières plus fluides et prévisibles ; et enfin la modernisation des services
douaniers grâce à une organisation efficace et un recours accru aux technologies
numériques. La généralisation de l'informatisation permet aujourd'hui un traitement
automatisé des formalités, renforçant ainsi la transparence, la rapidité et la sécurité des
opérations.
La protection du consommateur : La mission de protection des consommateurs figure parmi
les principales missions de l'ADII. Dans le cadre de la mise en application de certaines
législations particulières, l'administration veille, aussi bien à l'importation qu'à l'exportation,
au respect de plusieurs réglementations portant sur le contrôle de la qualité, le respect des
normes techniques, les mesures sanitaires, vétérinaires et phytosanitaires, ainsi que la
protection de la propriété intellectuelle et la répression des fraudes. Elle est également
chargée d'appliquer les dispositions relatives à la lutte contre la fraude alimentaire, au
respect des normes industrielles et qualitatives obligatoires, et à la prévention de la
contrefaçon. Il convient de souligner que cette intervention ne se traduit pas nécessairement
par une vérification physique systématique : lorsqu'un document atteste de la conformité
réglementaire et qu'il est produit par l'opérateur, la vérification physique ne s'impose pas
automatiquement, témoignant d'une approche fondée sur la confiance et l'analyse du
risque.
L'équité fiscale : l'ADII veille à garantir l'équité fiscale dans le traitement des opérations
d'importation. Elle s'assure que les importations d'une même marchandise — de même
origine, même nature et même valeur — sont soumises aux mêmes droits et taxes, quel que
soit l'importateur ou le bureau d'importation concerné. Cette équité de traitement passe
également par une lutte constante et déterminée contre la fraude et la contrebande sous
toutes leurs formes, qui constituent des atteintes directes à l'intégrité du système fiscal
douanier et à la compétitivité des opérateurs économiques réguliers.
Section 2 : Direction Régionale Rabat-Salé-Kénitra
2.1 Organisation de la Direction Régionale de Rabat-Salé-Kénitra (DRRSK)
La Direction Régionale des Douanes de Rabat-Salé-Kénitra (DRRSK) constitue une structure
déconcentrée de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII), chargée d’assurer
la mise en œuvre des missions douanières au niveau régional. Elle est dirigée par un
Directeur Régional, représentant de l’autorité centrale sur le territoire concerné, et assurant
la coordination entre la Direction Générale et les différents services opérationnels. Dans
l’exercice de ses fonctions, il est assisté par plusieurs responsables de services spécialisés
garantissant le bon fonctionnement des activités douanières.
L’organisation de la DRRSK repose sur une répartition fonctionnelle des missions, permettant
une meilleure efficacité opérationnelle et une complémentarité entre les différentes unités.
Le service de la recette occupe un rôle central dans la gestion financière, puisqu’il est chargé
du recouvrement des droits et taxes, du traitement des déclarations douanières ainsi que du
contrôle de la régularité des flux financiers liés aux opérations d’importation et
d’exportation.
Parallèlement, le service des opérations douanières intervient dans la gestion des
procédures de dédouanement, le suivi des régimes économiques en douane et la vérification
des marchandises afin de garantir la conformité des opérations avec la réglementation en
vigueur.
Le service du contentieux et de l’ordonnancement assure, quant à lui, la prise en charge des
infractions douanières, la gestion des sanctions administratives et financières, ainsi que le
traitement des procédures de régularisation des litiges.
Le service comptable est responsable de la tenue des écritures, de la consolidation des
données financières et de leur transmission à la Direction Générale, tout en veillant à la
fiabilité des documents comptables et des pièces justificatives.
Le service de la caisse intervient dans l’exécution des opérations d’encaissement des
recettes, le règlement des frais liés aux marchandises saisies ou abandonnées, ainsi que la
gestion des recettes annexes.
Enfin, les brigades mobiles de contrôle assurent une mission essentielle de surveillance sur le
terrain. Elles sont chargées de la lutte contre la fraude et la contrebande, ainsi que de la
réalisation de contrôles inopinés sur l’ensemble du territoire régional, contribuant ainsi au
renforcement de la sécurité douanière.

Organigramme de la DRRSK :

2.2 Ordonnancement de Kenitra :


La Direction Provinciale de Kénitra, relevant de la Direction Régionale des Douanes de Rabat-
Salé-Kénitra, constitue une structure déconcentrée de l’Administration des Douanes et
Impôts Indirects. Elle joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre des missions douanières
au niveau local, notamment à travers l’accompagnement des opérateurs économiques, la
facilitation des procédures administratives et le rapprochement de l’administration des
usagers.
Dans ce cadre, l’ordonnancement de Kénitra représente une entité opérationnelle clé au
sein de cette direction provinciale. Il est placé sous la responsabilité de l’ordonnateur-
liquidateur, qui assure la supervision générale des inspecteurs et veille à la bonne exécution
des opérations douanières relevant de son périmètre. Ce dernier est assisté par un
ordonnateur adjoint ainsi que par un bureau d’ordre chargé d’assurer la coordination
administrative, la circulation de l’information et le suivi des documents officiels.
L’organisation interne de l’ordonnancement de Kénitra repose sur plusieurs cellules
spécialisées, chacune intervenant dans un domaine précis afin d’assurer un traitement
efficace et structuré des différentes opérations douanières.
La cellule du bureau d’ordre constitue un élément central dans la gestion administrative
quotidienne. Elle est chargée de la réception, de l’enregistrement, de la diffusion et du suivi
des courriers ainsi que de l’ensemble des documents administratifs, garantissant ainsi une
circulation fluide et organisée de l’information entre les différents services.
La cellule du contentieux douanier intervient dans le traitement des infractions, des litiges et
des procédures de régularisation. Elle joue un rôle important dans la gestion des dossiers
contentieux, en veillant à l’application des dispositions réglementaires et au respect des
procédures en vigueur.
La cellule des ventes des marchandises saisies et abandonnées en douane assure la gestion
des biens placés sous contrôle douanier et non réclamés. Elle est responsable de
l’organisation des procédures de vente, de liquidation et de cession conformément à la
réglementation applicable.
La cellule de mise en consommation des véhicules (MCV) est dédiée aux opérations de
dédouanement des véhicules importés destinés à une mise en circulation définitive sur le
territoire national. Elle veille à la conformité des dossiers et au respect des conditions
réglementaires liées à l’importation des véhicules.
Parallèlement, la cellule d’admission temporaire des véhicules (AT) traite les demandes
d’entrée temporaire de véhicules étrangers sur le territoire marocain. Elle assure le suivi des
autorisations accordées et veille au respect des délais et des engagements liés à ce régime
particulier.
La cellule des régimes économiques en douane intervient dans la gestion des régimes
douaniers spécifiques, tels que l’admission temporaire pour perfectionnement actif ou
encore l’entrepôt sous douane. Elle accompagne les opérateurs économiques dans
l’utilisation de ces régimes en vue d’optimiser leurs opérations d’importation et
d’exportation.
La cellule des archives assure la conservation, le classement et la gestion documentaire de
l’ensemble des dossiers traités par l’ordonnancement. Elle garantit la traçabilité des
opérations et la disponibilité des informations en cas de besoin de consultation ou de
contrôle.
Le magasin constitue un espace logistique dédié au stockage et à la gestion des
marchandises placées sous contrôle douanier. Il permet d’assurer la sécurité, la traçabilité et
la bonne conservation des biens en attente de traitement administratif ou de régularisation.
Enfin, le service de gestion des opérations d’import et d’export assure le suivi des flux
commerciaux entrants et sortants relevant de la compétence de la direction provinciale. Il
contribue à la coordination des opérations douanières et au bon déroulement des échanges
commerciaux dans le respect de la réglementation en vigueur.

Organigramme de l’ordonnancement de Kénitra :

Chapitre 2 : La digitalisation dans l'administration douanière

Section 1 : Les outils digitaux déployés par l'ADII


Face à l’accélération des échanges commerciaux internationaux et à la nécessité de
renforcer l’efficacité des contrôles douaniers, l’Administration des Douanes et Impôts
Indirects (ADII) a engagé depuis plusieurs années une importante stratégie de
transformation digitale. Cette démarche vise à moderniser les procédures administratives,
améliorer la qualité des services rendus aux opérateurs économiques et renforcer la
transparence ainsi que la traçabilité des opérations douanières.
La digitalisation constitue aujourd’hui un levier essentiel permettant à l’ADII de concilier
deux objectifs souvent perçus comme contradictoires : faciliter la circulation des
marchandises tout en maintenant un niveau élevé de contrôle et de sécurité.
La plateforme BADR :
Le système BADR (Base Automatisée des Données Récupérables) constitue
aujourd'hui le principal système d'information utilisé par l'Administration des
Douanes et Impôts Indirects. Mis en place dans le cadre de la modernisation de
l'administration douanière marocaine, il représente le cœur du processus de
dématérialisation des opérations douanières. Cette plateforme a été développée afin
de remplacer progressivement les procédures papier par un système informatisé
permettant une gestion intégrée et sécurisée des opérations d'importation et
d'exportation. Le déploiement de BADR, dans sa version complète, a eu lieu Janvier
2009, marquant ainsi le basculement définitif de l'administration douanière
marocaine vers le dédouanement électronique. Ce système est venu remplacer
l'ancien dispositif SADOC (Système de l'Administration des Douanes et de l'Office des
Changes), qui reposait sur une architecture client-serveur limitée et largement
dépassée par l'évolution des besoins du commerce extérieur.
Avant la mise en place de BADR, les formalités douanières reposaient essentiellement sur
des documents physiques nécessitant de nombreux déplacements et un traitement manuel
des dossiers. Cette situation engendrait des délais relativement importants, augmentait le
risque d'erreurs administratives et compliquait le suivi des opérations. L'introduction de
BADR a permis de moderniser profondément le fonctionnement de l'administration
douanière en offrant une plateforme unique capable de centraliser l'ensemble des
informations relatives aux opérations du commerce extérieur.
Aujourd'hui, BADR est utilisé quotidiennement par les agents des douanes, les transitaires,
les importateurs, les exportateurs ainsi que les différents partenaires intervenant dans la
chaîne logistique. Grâce à son architecture intégrée, il assure le traitement rapide des
déclarations douanières, la gestion des paiements, le suivi des contrôles ainsi que la
traçabilité de l'ensemble des opérations effectuées.
 Les principales fonctionnalités de BADR :

Le système BADR couvre la quasi-totalité des opérations douanières réalisées au Maroc. Il


permet notamment la saisie électronique des déclarations, le calcul automatique des droits
et taxes, la gestion des paiements, la consultation des dossiers, le traitement des
contentieux et l'archivage des informations.
L'une des principales forces de BADR réside dans sa capacité à centraliser les données
relatives aux opérations douanières au sein d'une base unique. Cette centralisation facilite le
partage de l'information entre les différents services de l'administration et améliore
considérablement la coordination des opérations.
Par ailleurs, le système permet aux opérateurs économiques de suivre en temps réel l'état
d'avancement de leurs dossiers. Cette transparence contribue à renforcer la confiance entre
l'administration et les usagers tout en améliorant la qualité du service rendu.
BADR assure également l'automatisation de plusieurs tâches administratives qui étaient
auparavant réalisées manuellement. Cette automatisation permet de réduire les risques
d'erreurs, d'améliorer la productivité des agents et de diminuer les délais de traitement des
déclarations.

 Le système de gestion des risques intégré à BADR :


L'un des éléments les plus innovants du système BADR est son module de gestion des
risques. Face à l'augmentation constante des flux commerciaux, il est devenu impossible
pour l'administration de contrôler physiquement l'ensemble des marchandises entrant ou
sortant du territoire national.
Afin d'optimiser l'utilisation de ses ressources, l'ADII s'appuie sur une approche basée sur
l'analyse des risques. Cette méthode consiste à identifier les opérations présentant un
niveau de risque élevé afin de concentrer les contrôles sur les dossiers les plus sensibles.
Le système BADR analyse automatiquement plusieurs critères tels que l'historique de
l'opérateur, la nature des marchandises, le pays d'origine, la valeur déclarée ou encore les
antécédents de fraude. À partir de ces informations, le système attribue un circuit de
contrôle adapté au niveau de risque détecté.
Cette approche permet de renforcer l'efficacité des contrôles tout en évitant de ralentir
inutilement les échanges commerciaux légitimes.

 Les circuits de contrôle : Vert, Orange et Rouge


Le système BADR repose sur un mécanisme de sélectivité permettant de classer
automatiquement les déclarations douanières selon trois principaux circuits.
Le circuit vert concerne les opérations considérées comme présentant un risque faible. Les
déclarations orientées vers ce circuit bénéficient d'une mainlevée automatique sans contrôle
documentaire ni inspection physique des marchandises.

Ce dispositif permet aux opérateurs économiques fiables de bénéficier d'un traitement


rapide et simplifié de leurs opérations. Il contribue directement à la fluidité des échanges
commerciaux et à la réduction des délais de dédouanement.
Le circuit orange correspond à un niveau de risque intermédiaire. Dans ce cas, les
marchandises ne font pas l'objet d'un contrôle physique, mais les documents accompagnant
la déclaration sont examinés par les services douaniers.
Les agents vérifient notamment la conformité des factures, certificats d'origine, documents
de transport et autres pièces justificatives. Ce contrôle permet de détecter d'éventuelles
anomalies tout en limitant l'impact sur les délais de traitement.
Le circuit rouge est réservé aux opérations présentant un niveau de risque élevé. Les
déclarations concernées font l'objet d'un contrôle documentaire approfondi ainsi que d'une
visite physique des marchandises.
Les agents procèdent alors à l'ouverture des conteneurs, à la vérification de la nature des
marchandises et à la comparaison entre les produits effectivement importés et les
informations figurant sur les documents déclaratifs.
Bien que ce circuit soit plus contraignant pour les opérateurs, il joue un rôle essentiel dans la
lutte contre la fraude, la contrebande, la sous-facturation et les autres infractions
douanières.
À partir du 2019, l'ADII a franchi une étape déterminante dans sa stratégie de digitalisation
en généralisant la dématérialisation totale du circuit de dédouanement à l'ensemble des
régimes douaniers, après une première phase ayant couvert les régimes de cessions dès
2018. Concrètement, le dépôt physique de la déclaration en détail et de ses documents
annexes a été abandonné au profit d'un circuit entièrement électronique, ce qui a permis de
réduire les déplacements inutiles des opérateurs économiques, d'accélérer le passage en
douane et de renforcer la transparence du traitement des dossiers. Cette généralisation,
dont l'annonce a notamment été faite dans le ressort de la Direction Régionale des Douanes
Rabat-Salé-Kénitra, est considérée comme l'année charnière du passage de l'administration
douanière marocaine vers le « zéro papier ».
 Les modules spécialisés de BADR

Afin de répondre à la diversité des missions de l'administration douanière, BADR intègre


plusieurs modules spécialisés.
Le profil « Plaque d'Immatriculation » permet le suivi des véhicules transportant des
marchandises à travers le territoire national. En analysant les données relatives aux
transporteurs et aux véhicules, ce module facilite l'identification des situations à risque et
contribue à renforcer la sécurité des flux logistiques.
Le module de gestion du contentieux permet quant à lui de centraliser l'ensemble des litiges
douaniers. Il assure le suivi des infractions, des recours administratifs et des procédures de
régularisation. Cette fonctionnalité améliore la traçabilité des dossiers et réduit les délais de
traitement des contentieux.
BADR intègre également un système de traitement des déclarations prévisionnelles
permettant aux opérateurs économiques de transmettre certaines informations avant
l'arrivée effective des marchandises. Cette anticipation favorise une préparation plus efficace
des contrôles et accélère les procédures de dédouanement.

Le système prend également en charge la Déclaration Simplifiée Unique (DSU), un dispositif


destiné à simplifier les formalités administratives pour certains opérateurs. Grâce à cette
procédure, les entreprises peuvent bénéficier d'un traitement plus rapide de leurs
opérations tout en respectant les exigences réglementaires.
 Défis et limites du système BADR
Malgré les avancées qu'il a permises, le système BADR n'est pas exempt de limites.
L'interopérabilité avec les systèmes d'information des autres administrations intervenant
dans le processus de dédouanement reste un point sensible : si la plateforme PortNet a
contribué à renforcer la coordination entre les différents acteurs, de nombreuses démarches
nécessitent encore l'intervention conjointe de plusieurs organismes, ce qui peut complexifier
le traitement de certains dossiers. À cela s'ajoute la question de l'appropriation du système
par l'ensemble des opérateurs économiques, en particulier les petites et moyennes
entreprises, qui ne disposent pas toujours des compétences numériques ou des moyens
techniques suffisants pour exploiter pleinement les fonctionnalités offertes par la
plateforme. Par ailleurs, le maintien et l'amélioration continue de BADR exigent des
investissements constants en maintenance technique, en développement informatique et en
cybersécurité, la sécurisation des échanges électroniques et la protection des données
constituant aujourd'hui des enjeux majeurs pour préserver la fiabilité du système. Ces
contraintes n'enlèvent toutefois rien à la place centrale qu'occupe BADR dans la
modernisation de l'administration douanière marocaine, dont le déploiement a permis
d'accélérer les procédures, de renforcer la transparence des opérations et d'améliorer
l'efficacité des services douaniers, contribuant ainsi à la compétitivité du commerce
extérieur national.

La plateforme PORTNET
PORTNET est le Guichet Unique National des Procédures du Commerce Extérieur au Maroc.
Mis en place dans le cadre de la modernisation de l'administration publique et de la
transformation digitale du commerce extérieur, ce système a pour objectif de simplifier,
sécuriser et dématérialiser l'ensemble des formalités administratives et logistiques liées aux
opérations d'importation et d'exportation.
La plateforme permet de centraliser les échanges d'informations et de documents entre les
différents acteurs intervenant dans la chaîne du commerce international, notamment
l'Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII), les autorités portuaires, les
transitaires, les compagnies de transport, les banques ainsi que les différents organismes de
contrôle. Grâce à cette interconnexion, les opérateurs économiques peuvent accomplir leurs
démarches de manière électronique à travers une interface unique, ce qui réduit
considérablement les contraintes administratives et les délais de traitement.
Connectée aux différents systèmes d'information de l'administration, notamment le système
BADR, PORTNET facilite le traitement électronique des dossiers douaniers et améliore la
coordination entre les différents intervenants. Les utilisateurs peuvent ainsi déposer leurs
documents en ligne, suivre l'évolution de leurs dossiers en temps réel et obtenir une
meilleure visibilité sur l'ensemble des opérations liées au commerce extérieur.
Au-delà de sa fonction administrative, PORTNET joue un rôle essentiel dans l'amélioration de
la coordination logistique nationale. En favorisant l'échange rapide et sécurisé des
informations entre les différents acteurs, la plateforme contribue à fluidifier les opérations
portuaires et douanières, à réduire les temps d'attente des marchandises et à optimiser la
gestion des flux logistiques. Elle facilite également la synchronisation des contrôles
administratifs et renforce la communication entre les institutions concernées, ce qui permet
de limiter les retards et d'améliorer l'efficacité globale des opérations.
Par ailleurs, PORTNET participe au renforcement de la transparence et de la traçabilité des
procédures grâce à la dématérialisation des documents et au suivi électronique des
opérations. Les opérateurs disposent ainsi d'une meilleure visibilité sur l'état d'avancement
de leurs dossiers, tandis que les administrations bénéficient d'un contrôle plus efficace et
plus sécurisé des échanges commerciaux. À ce titre, PORTNET constitue aujourd'hui un outil
stratégique de la transformation digitale du commerce extérieur marocain et un levier
important pour le renforcement de la compétitivité économique du pays.

Le système DIWANATI
DIWANATI représente l'une des principales initiatives de dématérialisation mises en œuvre
par l'Administration des Douanes et Impôts Indirects dans le cadre de sa stratégie de
transformation numérique. Cette plateforme vise à moderniser les relations entre
l'administration douanière et les opérateurs économiques en permettant la gestion
électronique des procédures douanières.
Le système facilite la transmission, le traitement et le suivi des déclarations douanières tout
en assurant une meilleure fluidité des échanges d'informations entre les différents
intervenants. Grâce à la dématérialisation des procédures, les opérateurs peuvent accomplir
un grand nombre de formalités à distance, ce qui réduit considérablement les contraintes
administratives et les délais de traitement.
Au-delà de la simplification des démarches, DIWANATI contribue à renforcer la transparence
des opérations douanières, à améliorer la qualité du service public et à garantir une
meilleure traçabilité des échanges. Son intégration avec les autres systèmes d'information
de l'ADII participe à la création d'un environnement numérique cohérent favorisant
l'efficacité des opérations de dédouanement.
L'application ADIL
L'Assistant au Dédouanement des marchandises à l'Importation en Ligne (ADIL) est une
application numérique développée par l'Administration des Douanes et Impôts Indirects afin
de faciliter l'accès à l'information douanière et de rapprocher les services administratifs des
opérateurs économiques.
Cette application permet aux utilisateurs de consulter rapidement les réglementations en
vigueur, les tarifs douaniers applicables ainsi que les différentes procédures liées aux
opérations d'importation. Elle constitue un outil d'assistance qui accompagne les entreprises
dans la préparation et la réalisation de leurs formalités douanières.
ADIL s'inscrit dans une logique d'amélioration continue de la qualité des services publics en
offrant aux usagers un accès simplifié, rapide et permanent aux informations nécessaires à
leurs activités. Elle contribue ainsi à réduire les risques d'erreurs, à améliorer la conformité
réglementaire des opérations et à renforcer la relation entre l'administration et les
opérateurs économiques.

Le système SAAD
Le Système d'Assistance et d'Appui à la Décision (SAAD) constitue un outil stratégique
développé par l'ADII pour renforcer les capacités d'analyse et d'aide à la décision au sein de
l'administration douanière. Basé sur l'exploitation des données massives et des technologies
d'analyse avancée, ce système permet de transformer un volume important d'informations
en indicateurs utiles à la prise de décision.
L'objectif principal de SAAD est d'améliorer la gestion des activités douanières à travers
l'analyse des flux commerciaux, l'identification des tendances économiques et la détection
précoce des anomalies susceptibles de révéler des comportements frauduleux. Le système
fournit ainsi aux responsables administratifs des informations fiables leur permettant
d'orienter efficacement les actions de contrôle et de gestion.
En favorisant une prise de décision fondée sur l'analyse des données, SAAD participe à
l'amélioration de la performance globale de l'administration, à l'optimisation de l'allocation
des ressources et au renforcement de la lutte contre la fraude douanière.

La plateforme BASSEM
La plateforme BASSEM s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à développer
l'interopérabilité entre les administrations publiques et à simplifier les démarches
administratives des usagers. Son objectif principal est de permettre l'échange automatisé et
sécurisé de données entre l'Administration des Douanes et Impôts Indirects et plusieurs
organismes publics partenaires.
Grâce à cette interconnexion, les informations administratives nécessaires aux opérations
douanières peuvent être consultées directement auprès des bases de données concernées
sans exiger leur présentation répétitive par les opérateurs économiques. Cette approche
contribue à réduire les formalités administratives, à limiter les risques d'erreurs et à
améliorer la qualité des informations utilisées dans les procédures douanières.
BASSEM participe ainsi à la modernisation de l'administration publique en favorisant la
fluidité des échanges d'informations, l'efficacité des contrôles et l'amélioration du climat des
affaires. Elle constitue un élément important de la politique de digitalisation engagée par les
pouvoirs publics marocains.

Le système RIAD
RIAD est la plateforme de gestion des ressources humaines de l'Administration des Douanes
et Impôts Indirects. Elle a été mise en place dans le cadre de la modernisation des fonctions
administratives internes et de l'amélioration de la gestion du capital humain.
Ce système permet la centralisation et la gestion des informations relatives aux agents de
l'administration, notamment les données administratives, les parcours professionnels, les
formations, les évaluations et les mouvements de personnel. La digitalisation de ces
processus contribue à renforcer l'efficacité de la gestion des ressources humaines tout en
améliorant la transparence des procédures internes.
Par ailleurs, RIAD favorise une meilleure planification des besoins en compétences et
accompagne le développement professionnel des agents. En permettant un suivi plus
rigoureux des ressources humaines, cette plateforme participe à l'amélioration de la
performance organisationnelle de l'ADII et soutient les objectifs de modernisation de
l'administration douanière.

MCV (Module de Contrôle de Valeur)


Le MCV est un outil utilisé par l’administration douanière pour contrôler la cohérence entre
la valeur déclarée par l’importateur ou l’exportateur et les valeurs de référence établies sur
le marché ou par les bases de données officielles. Son objectif principal est de lutter contre la
sous-évaluation ou la surévaluation des marchandises afin d’assurer une taxation juste et
conforme à la réglementation en vigueur. Lorsqu’une anomalie est détectée, la douane peut
demander des justificatifs complémentaires, procéder à une réévaluation de la valeur
déclarée ou appliquer des ajustements selon les règles en vigueur.

E-requête
L’e-requête est une plateforme numérique mise en place pour faciliter la communication
entre les opérateurs économiques et les administrations. Elle permet de déposer, suivre et
gérer à distance différentes demandes telles que les réclamations, les demandes de
régularisation ou encore les requêtes d’information, sans avoir besoin de se déplacer
physiquement. Grâce à la dématérialisation des procédures, l’e-requête améliore la rapidité
de traitement, réduit les délais administratifs et assure une meilleure traçabilité des
échanges entre les usagers et les services concernés.
Section 2 : Les enjeux de la digitalisation — fluidité et contrôle
 Enjeux et outils de la digitalisation douanière
La transformation numérique des administrations douanières repose sur l’adoption de
plusieurs outils technologiques destinés à simplifier les procédures, améliorer la circulation
de l’information et renforcer l’efficacité du contrôle douanier. Dans cette optique, plusieurs
instruments sont utilisés, notamment l’Échange de Données Informatisé (EDI), le guichet
unique, la dématérialisation des procédures ainsi que les systèmes intégrés de gestion
douanière.
Ces outils participent à la modernisation globale du commerce extérieur en permettant une
meilleure organisation des échanges, une réduction des délais de traitement et une
amélioration de la qualité des services administratifs.

A) L’Échange de Données Informatisé (EDI)


L’Échange de Données Informatisé (EDI) est un système qui permet l’échange électronique
des informations et des documents entre les différents acteurs du commerce extérieur, tels
que les importateurs, les exportateurs, les transitaires et les administrations douanières. Il
facilite la transmission rapide, fiable et sécurisée des déclarations douanières, des factures
commerciales, des certificats d’origine ainsi que d’autres documents administratifs, sans
recours au support papier.

Ce système contribue à réduire les délais de traitement des opérations, à limiter les erreurs
liées aux saisies manuelles et à diminuer les coûts administratifs. Au Maroc, l’EDI est intégré
dans les procédures de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) à travers le
système BADR, permettant ainsi la gestion électronique des opérations douanières.

Une cohérence d’ensemble au service d’un double objectif


Au-delà de leurs fonctionnalités propres, les outils présentés dans la section précédente —
BADR pour le dédouanement, PORTNET pour la coordination des acteurs du commerce
extérieur, DIWANATI pour le suivi des opérations, ou encore SAAD et le MCV pour l’analyse
et le contrôle de la valeur — s’inscrivent dans une même logique d’ensemble. Chacun, à son
niveau, contribue à concilier les deux impératifs au cœur de la problématique de ce rapport :
faciliter la circulation des marchandises et des informations, tout en maintenant un contrôle
rigoureux des opérations à risque.
Cette articulation entre fluidité et contrôle ne repose donc pas sur un seul système, mais sur
l’interconnexion de plusieurs plateformes complémentaires, dont l’efficacité dépend
largement de la qualité de leur coordination et de leur appropriation par les différents
acteurs — agents douaniers comme opérateurs économiques. C’est précisément cette mise
en œuvre concrète, observée durant le stage au sein de la Direction Préfectorale de Rabat-
Salé et de la Direction Provinciale de Kénitra, qui fait l’objet de la deuxième partie de ce
rapport.

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