CHAPITRE 2
Le génie qui ne dormait jamais
Paul Samuelson
Prix Nobel 1970
« Je ne prétends pas être un grand économiste. Je prétends seulement avoir rendu
l'économie un peu plus rigoureuse. »
— Paul Samuelson, entretien, 1996
Cambridge, Massachusetts, 1970
Le téléphone sonne à l'aube dans la maison de Paul Samuelson. À cinquante-cinq ans, le professeur
du MIT est déjà debout, comme à son habitude. Il travaille depuis quatre heures du matin, une
routine qu'il maintient depuis des décennies. La voix à l'autre bout du fil vient de Stockholm.
Samuelson vient de devenir le premier Américain à recevoir le prix Nobel d'économie. Sa réaction ?
Un simple « Ah, bon » suivi d'un retour à ses équations. Ce n'était pas de l'arrogance. C'était la
caractéristique d'un homme pour qui les mathématiques étaient plus naturelles que la parole, et dont
l'esprit ne s'arrêtait jamais de travailler.
Pourtant, ce prix reconnaissait une transformation sans précédent dans l'histoire de l'économie.
Samuelson avait fait ce que Frisch et Tinbergen n'avaient pu accomplir : il avait rendu l'économie
mathématiquement rigoureuse sans sacrifier sa pertinence pratique. Il avait écrit le manuel qui allait
former des générations d'économistes. Il avait transformé le MIT en la Mecque de l'économie
mondiale. Et il avait fait tout cela tout en étant profondément humain — un homme capable de rire
de ses propres erreurs, de reconnaître ses doutes, et de maintenir une curiosité enfantine jusqu'à ses
derniers jours.
I. L'enfant de Gary, Indiana
Paul Anthony Samuelson est né le 15 mai 1915 à Gary, Indiana, une ville industrielle au bord du lac
Michigan. Son père, Frank Samuelson, était un immigrant juif polonais qui avait fui la pauvreté et
les persécutions de l'Europe de l'Est. Sa mère, Ella Lipton, était également issue d'une famille
d'immigrants. Les Samuelson n'étaient pas riches, mais ils croyaient en l'éducation comme seul
moyen d'ascension sociale. Young Paul grandit dans un environnement où les livres étaient rares
mais précieux, où le travail était une valeur suprême, et où l'avenir semblait pouvoir être construit
par la seule force de la volonté.
À l'âge de seize ans, Samuelson entra à l'Université de Chicago. C'était 1932, en pleine Grande
Dépression. Le jeune homme était arrivé au moment exact où l'économie mondiale s'effondrait, et
où les économistes étaient incapables d'expliquer pourquoi. Cette coincidence allait façonner toute
sa carrière. Samuelson se souviendrait toujours de cette période : « J'arrivai à Chicago le jour où les
économistes étaient les plus humiliés. Ils ne pouvaient pas expliquer la Dépression, ils ne pouvaient
pas la résoudre, et ils ne pouvaient même pas dire quand elle se terminerait. C'était une humiliation
totale pour la profession. »
À Chicago, Samuelson découvrit deux choses qui allait définir sa vie. La première était les
mathématiques supérieures. Jusque-là, l'économie était enseignée comme une discipline littéraire,
avec des textes, des arguments et des analogies. Samuelson réalisa que les mathématiques pouvaient
transformer cette discipline floue en une science rigoureuse. La deuxième découverte était l'œuvre
de John Maynard Keynes. Le « Traité sur la monnaie » puis la « Théorie générale de l'emploi, de
l'intérêt et de la monnaie » venaient d'être publiés, et ils offraient une nouvelle façon de comprendre
l'économie. Samuelson allait passer sa carrière à mathématiser l'intuition keynésienne.
Mais Chicago avait aussi ses limites. L'université était dominée par des économistes
conservateurs qui voyaient d'un mauvais œil ce jeune prodige trop brillant, trop mathématique, et
trop keynésien. Samuelson était souvent le plus jeune de sa classe, et parfois le plus intelligent.
Cette combinaison créait des tensions. Ses professeurs le respectaient, mais ils ne le comprenaient
pas toujours. Ses camarades admiraient ses capacités, mais se sentaient menacés. Samuelson apprit
jeune que l'excellence pouvait être solitaire.
II. Harvard et l'antisémitisme académique
En 1935, Samuelson partit pour Harvard en tant qu'étudiant diplômé. L'institution était alors le
centre intellectuel de l'Amérique, le lieu où l'élite du pays se formait. Samuelson y arriva avec
l'intention d'y faire carrière. Il allait être déçu. Harvard des années 1930 était un bastion de
l'antisémitisme académique. Les étudiants juifs étaient acceptés, mais rarement embauchés comme
professeurs. Samuelson, malgré son brilliance éclatante, se heurta à ce plafond de verre invisible.
Pourtant, Harvard fut aussi le lieu où Samuelson s'épanouit intellectuellement. Il étudia avec
Joseph Schumpeter, l'économiste autrichien qui avait une vision héroïque de l'entrepreneur et du
changement économique. Il travailla avec Wassily Leontief, qui développait ses tableaux
d'entrées-sorties. Et surtout, il fit partie du cercle qui entourait John Maynard Keynes lorsque ce
dernier visita Harvard en 1936. Samuelson avait vingt-et-un ans, et il se trouvait au centre de la
révolution keynésienne américaine.
Sa thèse, qu'il soutint en 1941, était un chef-d'œuvre de rigueur mathématique. Intitulée «
Foundations of Economic Analysis », elle posait les bases d'une économie entièrement
mathématisée. Samuelson y démontrait que les comportements économiques pouvaient être dérivés
de principes d'optimisation, que les conditions d'équilibre pouvaient être formulées comme des
problèmes de maximum ou de minimum, et que la stabilité des systèmes économiques pouvait être
analysée avec les outils de la dynamique mathématique. C'était révolutionnaire. Le jury fut élogieux.
Et pourtant, Harvard ne lui offrit pas de poste permanent.
L'antisémitisme n'était pas le seul facteur. Samuelson était aussi trop keynésien pour les
économistes conservateurs d'Harvard, trop mathématique pour les traditionalistes, trop iconoclaste
pour l'establishment. En 1940, le MIT lui offrit une position. Samuelson accepta, quittant Harvard
avec un mélange de déception et de détermination. Il allait transformer le département d'économie
du MIT en le meilleur du monde, prouvant par l'action ce qu'il n'avait pu obtenir par la
reconnaissance institutionnelle.
III. Le manuel qui changea le monde
En 1948, Samuelson publia un livre qui allait transformer l'enseignement de l'économie pour des
décennies. « Economics: An Introductory Analysis » n'était pas le premier manuel d'économie. Mais
c'était le premier à présenter la discipline comme un système cohérent de principes
mathématiquement fondés. Samuelson y expliquait le multiplicateur keynésien, l'équilibre entre
l'offre et la demande, les déterminants du revenu national, et le rôle de la politique économique, le
tout dans un style clair et accessible.
Le succès fut immédiat et durable. Le manuel allait se vendre à plus de quatre millions
d'exemplaires, être traduit en plus de quarante langues, et traverser dix-neuf éditions. Pendant près
d'un demi-siècle, la plupart des étudiants en économie dans le monde ont appris la discipline à
travers les pages de Samuelson. Le manuel fit plus qu'enseigner : il définissait ce que l'économie
était, comment elle devait être pensée, et pourquoi elle importait.
La contribution du manuel allait au-delà de la pédagogie. Samuelson y introduisit le concept de «
synthèse néoclassique » — l'idée que l'économie keynésienne et l'économie néoclassique n'étaient
pas contradictoires mais complémentaires. À court terme, les rigidités de prix expliquaient le
chômage et la nécessité d'une intervention gouvernementale. À long terme, les mécanismes de
marché restaient valides. Cette synthèse devint le consensus dominant de l'économie d'après-guerre,
la vision qui guida les politiques économiques des démocraties occidentales pendant trente ans.
Mais le manuel avait aussi ses critiques. Certains keynésiens radicaux accusaient Samuelson de
diluer le message révolutionnaire de Keynes. Certains conservateurs lui reprochaient de donner une
légitimité intellectuelle à l'interventionnisme gouvernemental. Samuelson répondait avec son
humour habituel : « Je suis un modéré. Les modérés ont toujours tort aux yeux des extrêmes. Mais
les modérés ont aussi tendance à avoir raison à long terme. »
IV. L'architecte de la théorie moderne
Le manuel n'était qu'une partie de l'œuvre de Samuelson. En 1947, il publia « Foundations of
Economic Analysis », une version révisée de sa thèse. Ce livre est considéré comme l'un des textes
les plus importants de l'histoire de l'économie. Samuelson y démontrait que des principes
unificateurs pouvaient être trouvés dans des domaines apparemment disparates de l'économie. La
théorie du consommateur, la théorie de la firme, l'économie internationale, la finance — tous
pouvaient être analysés avec les mêmes outils mathématiques d'optimisation et d'équilibre.
La valeur ajoutée de cette approche était considérable. Avant Samuelson, l'économie était une
collection de théories partielles, chacune avec ses propres hypothèses et méthodes. Samuelson
montra que ces théories pouvaient être unifiées, que des résultats apparemment différents étaient en
fait des cas particuliers de principes généraux. Cette unification ne satisfaisait pas seulement une
exigence esthétique — elle permettait de transférer des résultats d'un domaine à l'autre, de voir des
connexions invisibles, de prédire des phénomènes nouveaux.
Ses contributions spécifiques étaient nombreuses. En théorie du consommateur, il développa
l'approche de la « préférence révélée », montrant que les préférences pouvaient être déduites du
comportement observable sans avoir à postuler des fonctions d'utilité abstraites. En économie
internationale, il formula avec Wolfgang Stolper le théorème de Stolper-Samuelson, qui établit le
lien entre commerce international et distribution des revenus. En finance, il contribua à la théorie
des marchés efficients et anticipa de nombreux développements ultérieurs.
Peut-être plus important que ses contributions individuelles était l'exemple qu'il donnait.
Samuelson montrait que l'économie pouvait être rigoureuse sans être ésotérique, mathématique sans
être déconnectée de la réalité. Il établissait un standard que les économistes suivants devraient
respecter. Comme l'écrivit plus tard Robert Solow, son collègue au MIT et futur lauréat Nobel : «
Paul nous a montré ce que signifiait être un économiste professionnel. Il a élevé le métier au niveau
d'une science. »
V. La valeur ajoutée à la science économique
Quelle est la contribution fondamentale de Samuelson à l'économie ? On pourrait la résumer en un
mot : rigueur. Avant Samuelson, les économistes pouvaient construire des théories avec des
hypothèses implicites, des raisonnements flous, des conclusions mal justifiées. Samuelson changea
cela. Il montra que chaque hypothèse devait être explicitée, chaque raisonnement formalisé, chaque
conclusion dérivée logiquement des prémisses. L'économie pouvait prétendre au statut de science
non parce qu'elle étudiait des faits objectifs, mais parce qu'elle appliquait la méthode scientifique à
ses théories.
Cette rigueur avait un prix. Certains accusèrent Samuelson de transformer l'économie en une
branche des mathématiques appliquées, de perdre de vue les dimensions humaines et sociales du
sujet. Les économistes littéraires, les historiens de la pensée, les philosophes de l'économie se
sentirent marginalisés par une discipline de plus en plus technique. Samuelson reconnaissait cette
tension. Il écrivit un jour : « Les mathématiques sont un langage. Parfois, c'est le seul langage
capable d'exprimer certaines vérités. Mais ce n'est pas le seul langage qui compte. »
Pourtant, la valeur ajoutée de Samuelson va au-delà de la méthodologie. Il contribua aussi à
résoudre des problèmes concrets. Son analyse du multiplicateur keynésien permit de mieux
comprendre comment les politiques budgétaires affectaient l'économie. Son travail sur le commerce
international éclaira les gagnants et les perdants de la mondialisation. Ses réflexions sur la finance
aidèrent à comprendre la formation des prix sur les marchés. Samuelson n'était pas un pur théoricien
enfermé dans une tour d'ivoire — il était un praticien de la rigueur appliquée aux problèmes réels.
Sa capacité à unifier des domaines disparates eut aussi des conséquences pratiques. Les
économistes pouvaient désormais parler un langage commun, utiliser les mêmes outils, construire
sur les mêmes fondations. Cette standardisation facilita l'accumulation des connaissances, la
comparaison des résultats, la reproduction des analyses. L'économie devint une discipline
cumulative, où chaque génération pouvait s'appuyer sur les travaux de la précédente plutôt que de
tout reconstruire.
VI. Le bâtisseur du MIT
Samuelson ne fut pas seulement un théoricien brillant. Il fut aussi un bâtisseur institutionnel.
Lorsqu'il rejoignit le MIT en 1940, le département d'économie était une modeste section d'un institut
technologique. Quarante ans plus tard, c'était le département d'économie le plus prestigieux du
monde. Samuelson en fut l'architecte principal, recrutant les meilleurs talents, établissant des
standards d'excellence, créant une culture de rigueur et de créativité.
Parmi ses recrues se trouvaient des futurs lauréats Nobel : Robert Solow, Franco Modigliani,
Paul Krugman. Samuelson savait identifier les talents, les encourager, leur donner l'espace
nécessaire pour s'épanouir. Il n'était pas jaloux de ses étudiants qui surpassaient parfois leur maître.
Au contraire, il prenait fierté de leurs succès. Cette générosité intellectuelle était rare dans un milieu
académique souvent marqué par les rivalités et les egos.
Samuelson fut aussi un maître engagé. Il enseignait avec passion, transformant chaque cours en
une performance intellectuelle. Ses étudiants se souviennent de sa capacité à rendre les concepts les
plus abstraits intuitifs, à trouver les exemples qui illuminaient les théories, à répondre aux questions
avec une patience inépuisable. Samuelson avait une mémoire phénoménale — il pouvait citer des
articles entiers, rappeler des conversations datant de décennies, connecter des idées apparemment
sans lien. Cette mémoire était au service de son enseignement et de sa recherche.
Le MIT devint le centre de gravité de l'économie américaine, puis mondiale. Les étudiants du
MIT allaient occuper des positions clés dans les universités, les banques centrales, les
gouvernements. La « mafia du MIT » , comme on l'appelait parfois, domina la profession pendant
des décennies. Samuelson, modestement, attribuait ce succès à la chance : « J'ai eu la chance de
rejoindre le MIT au bon moment. J'ai eu la chance de trouver des collègues brillants. J'ai eu la
chance que le monde ait besoin d'économistes rigoureux. » La chance, peut-être. Mais aussi le génie
de reconnaître et de saisir les opportunités.
VII. L'homme derrière le génie
Derrière le théoricien rigoureux se cachait un homme d'une grande humanité. Samuelson était connu
pour son humour, souvent autodérisoire. Il racontait volontiers l'histoire de son premier cours à
Chicago : « J'étais si nerveux que j'ai écrit toutes mes notes au tableau avant que les étudiants
n'arrivent. Quand ils sont entrés, je n'avais plus rien à dire. » Cette capacité à rire de lui-même était
une forme de sagesse, une reconnaissance que même les plus grands esprits ont leurs moments de
faiblesse.
Samuelson était aussi un homme de convictions politiques. Libéral dans le sens américain du
terme, il croyait au rôle du gouvernement pour corriger les défaillances du marché, à la nécessité
d'un filet de sécurité sociale, à l'importance de la régulation financière. Ces convictions lui attirèrent
des critiques, notamment de la part des économistes de l'École de Chicago comme Milton Friedman.
Samuelson et Friedman étaient des adversaires intellectuels mais des amis personnels. Ils
débattaient avec passion mais se respectaient mutuellement. Cette capacité à séparer le désaccord
intellectuel de l'animosité personnelle était caractéristique d'une époque où les économistes de tous
bords pouvaient encore se parler.
Sa vie familiale était une source de joie et parfois de tragédie. Il épousa Marion Crawford, une
économiste brillante qui avait été son étudiante. Ensemble, ils eurent six enfants, dont trois triplets
— une rareté statistique que Samuelson, avec son humour mathématique, aimait commenter.
Marion mourut en 1978, laissant Samuelson dévasté. Il se remaria plus tard avec Risha Clausen, qui
le accompagna jusqu'à sa mort.
Samuelson travaillait sans relâche. Il se levait à quatre heures du matin pour écrire, corriger,
réviser. Il répondait à chaque lettre, lisait chaque article qu'on lui envoyait, participait à chaque
débat. Cette énergie inépuisable était alimentée par une curiosité qui ne s'estompa jamais. Même
dans ses dernières années, Samuelson continuait de publier, de débattre, d'innover. Il mourut en
2009, à quatre-vingt-quatorze ans, laissant une œuvre inachevée — simplement parce qu'il y avait
toujours plus à découvrir.
VIII. L'héritage d'un géant
Paul Samuelson laisse un héritage sans équivalent dans l'histoire de l'économie. Ses « Foundations »
restent un texte de référence. Son manuel continue d'influencer de nouvelles générations. Ses
articles — plus de trois cents — ont exploré presque tous les domaines de la discipline. Mais son
héritage le plus profond est peut-être invisible : c'est la transformation de l'économie elle-même, de
discipline littéraire en science mathématique.
Cette transformation n'était pas sans coûts. L'économie devint plus technique, plus difficile
d'accès, parfois plus déconnectée des réalités humaines. Les économistes mathématiciens
dominèrent les départements universitaires, marginalisant d'autres approches. La crise financière de
2008 amena certains à questionner cette évolution : l'économie était-elle devenue trop mathématique
? Avait-elle perdu de vue les facteurs psychologiques, institutionnels, historiques qui façonnent les
comportements économiques ?
Samuelson lui-même reconnaissait ces limites. Dans ses dernières années, il s'intéressa à
l'économie comportementale, qui intégrait les enseignements de la psychologie. Il admirait les
travaux de Daniel Kahneman et d'Amos Tversky, qui montrèrent que les humains ne se comportent
pas toujours comme des optimisateurs rationnels. Samuelson avait la sagesse de reconnaître que sa
révolution, pour importante qu'elle fût, n'était qu'une étape dans l'évolution de la discipline.
Son prix Nobel, reçu en 1970, honorait « les travaux scientifiques par lesquels il a développé la
théorie économique statique et dynamique et contribué activement à élever le niveau de l'analyse
dans la science économique ». C'était un hommage sobre à une œuvre révolutionnaire. Samuelson,
quant à lui, resta modeste : « J'ai eu la chance d'être au bon endroit au bon moment. L'économie
avait besoin de rigueur. J'ai essayé de la lui donner. »
Le chapitre suivant de notre histoire nous mène à un homme différent. Là où Samuelson avait
transformé l'économie par la rigueur mathématique, Simon Kuznets allait la transformer par la
mesure. Là où Samuelson construisait des théories élégantes, Kuznets construisait des comptes —
les comptes nationaux qui allaient permettre aux gouvernements de voir leurs économies pour la
première fois. Mais avant de quitter Samuelson, retenons cette leçon : le génie ne réside pas
seulement dans la découverte, mais dans la capacité à voir ce que les autres ne voient pas encore.
Samuelson vit que l'économie pouvait être une science rigoureuse. Et il passa sa vie à prouver qu'il
avait raison.
Notes et références
1. Samuelson, P. A. (1947). Foundations of Economic Analysis. Harvard University Press. L'ouvrage fondateur de
l'économie mathématique moderne.
2. Samuelson, P. A. (1948). Economics: An Introductory Analysis. McGraw-Hill. Le manuel le plus vendu de
l'histoire de l'économie.
3. Stolper, W. F. & Samuelson, P. A. (1941). « Protection and Real Wages », Review of Economic Studies. Le
théorème fondamental sur le commerce et la distribution.
4. Samuelson, P. A. (1938). « A Note on the Pure Theory of Consumer's Behaviour », Economica. L'article fondateur
de la préférence révélée.
5. Solow, R. M. (2009). « Paul Samuelson (1915-2009) », Science. L'hommage de son collègue et ami.
6. Backhouse, R. E. (2015). « Paul Samuelson and the Keynesian Revolution », History of Political Economy. Analyse
de la contribution de Samuelson à la macroéconomie.
Bibliographie
Sources primaires
Samuelson, P. A. (1965). « A Theory of Induced Innovation Along Kennedy-Weisäcker Lines », Journal of Political
Economy.
Samuelson, P. A. (1969). « Lifetime Portfolio Selection by Dynamic Stochastic Programming », Review of
Economics and Statistics.
Samuelson, P. A. (1970). « Maximum Principles in Analytical Economics », Nobel Lecture.
Sources secondaires
Klein, M. (2002). « The Many Lives of Paul Samuelson », Journal of Economic Perspectives.
Nasar, S. (1995). « Paul Samuelson, Economist, Dies at 94 », New York Times. Nécrologie détaillée.
Sensier, B. (2010). « Paul Samuelson: A Profile », European Journal of the History of Economic Thought.