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 La brucellose est l’anthropozoonose la plus répandue dans le monde

avec une incidence de 500 000 nouveaux cas par an.

Endémique dans le bassin méditerranéen

 Quatre germes sont en cause:


*Brucella. Abortus / *B. suis / *B. canis / et B. melitensis.
Le dernier étant le plus virulent.

 Contamination : Contact direct avec des animaux infectés ou la


consommation de produits laitiers non pasteurisés.
 L’atteinte ostéoarticulaire est la plus fréquente et inclut :

la spondylodiscite en premier lieu (58%) , la sacro-iléite , l’arthrite,


l’ostéomyélite , la ténosynovite et la bursite.

 Adulte : 45-50 ans

 Symptomatologie clinique peu spécifique faite essentiellement de


rachialgies fébriles d’évolution subaigue..
Intérêt de l’IRM !
• Le rachis est le plus souvent atteint par voie sanguine artérielle,
accessoirement par voie veineuse.

• L’infection débute aux coins antérieurs des corps vertébraux .

• La contamination par contiguïté est rare.


La contamination directe est souvent iatrogène.
• La vascularisation du plateau inférieur de la vertèbre sus-jacente
et du plateau supérieur de la vertèbre sous-jacente provient d’une
artère commune  localisation des infections hématogènes.

•L’infection se propage au disque puis au corps vertébral voisin par


voie trans-discale.

• La propagation se fait également sous le ligament longitudinal


antérieur vers d’autres vertèbres à distance.
- Diffuse ou focale.

- Rachis lombaire ( particulièrement L4-L5) puis dorsal


et rarement le rachis cervical.

- La forme focale est souvent limitée au coin antérosupérieur


de la vertèbre.

- La forme diffuse atteind tout le corps vertèbral et s’étend au


disque adjacent , aux vertèbres et à l’espace épidural.
Femme de 40 ans , lombalgies fébriles , Sérologie de Wright positive

a b

Séquences sagittales pondérées STIR (a) et T1FS avec injection de Gadolinium (b) :
Spondylodiscite L3-L4 avec anomalies de signal des corps vertébraux en hyper STIR (flèche)
Et prise de contraste après injection de Gado (tète de flèche).
 Examen de première intention.
 Les signes radiologiques apparaissent 3 à 5 semaines après le début de la
symptomatologie.
 Les érosions focales du coin vertébral antéro-supérieur (« épiphysite
brucellienne ») sont caractéristiques de la brucellose.
 La destruction osseuse est moins importante que dans la tuberculose.
 Les constructions osseuses prévertébrales sont plus importantes et
précoces (« bec de perroquets »).
 Autres signes : Tassement vertébral , pincement discal ..

 Toutefois , elles restent souvent normales. Intérêt de l’IRM !


 Plus sensible que les radiographies conventionnelles.
 Premier signe: Hypodensité discale.
 Association de lésions érosives des plateaux, d’un pincement discal,
le signe du vide discal peut etre observé dans 25% des cas et
prédomine au niveau de la partie antérieure du disque .
 Diagnostic des abcès paravertébraux après administration de produit
de contraste.

 Guider les biopsies disco-vertébrales.


Patiente âgée de 46 ans qui consulte pour des rachialgies fébriles
sans syndrome inflammatoire biologique.

TDM TAP avec reconstructions sagittales en fenêtre


osseuse montre:
Destruction par des lésions géodiques des plateaux
vertébraux supérieur de D7 et inférieur de D6 (flèche):
Spondylodiscite D6-D7.
Même patiente

a b

Coupes axiales avant (a)et après injection de PDC (b):


Spondylodiscite compliquée d’une collection des parties molles
prévertébrales rehaussée en périphérie (flèche).
On a complété par une IRM :

a
Séquences axiale (a) et sagittale(b)
En pondération T1FS avec injection de
Gadolinium montrant cette même collection.

b
 Recommandée lorsque l’IRM est contre indiquée ou ne permet pas
d’affirmer le caractère infectieux d’une anomalie disco vertébrale.

 précocement positive (2 jours après l'apparition des symptômes).

 montre une hyperfixation linéaire intense aux 3 temps sur une partie ou
sur la totalité du corps vertébral. L’hyperfixation en « sandwich » est
quasi-pathognomonique du diagnostic de spondylodiscite.

 La sensibilité de la scintigraphie est de 87 à 90% mais sa spécificité et


son exactitude sont faibles
IRM = Gold standard !

 Sensible dès les stades précoces.

 Meilleure définition de l’extension paravertébrale et


épidurale.

 Détection des autres localisations vertébrales.


IRM : Dans quel délai ?

1/ Il est fortement recommandé de réaliser une IRM de tout le rachis dans un


délai de 48-72H en cas de suspicion clinique et biologique de
spondylodiscite brucellienne, même lorsque les radiographies sont normales .

2/ Il est fortement recommandé de réaliser une IRM en urgence, dans un délai


de moins de 6 H en cas de signes neurologiques déficitaires de compression
radiculaire ou médullaire, d’installation récente .
Protocole de l’IRM

 IRM vertébro-médullaire : explorer tout le rachis


 Séquences sagittales T1, T2 , +/- STIR
 Séquences axiales T2
 Séquences axiales et sagittales T1 avec injection de gadolinium et
saturation de la graisse
 Les coupes frontales permettent une bonne analyse de l’extension
du processus infectieux dans les parties molles périvertébrales.
Résultats

 L’imagerie en pondération T1 est la plus sensible, notamment pour mettre


en évidence l’effacement de l’hyposignal linéaire du plateau, signe
précoce majeur du diagnostic.

 L’hypersignal T2 en rapport avec de l ’oedème, mieux visible sur la


séquence STIR .
 Le disque n’est classiquement intéressé que secondairement , il sera
le siège d’un hypersignal focal en T2 avec disparition du Cleft .

 L’injection de produit de contraste est indispensable : elle entraîne


le plus souvent un rehaussement de l’os sous-chondral et du disque.
La prise de contraste est homogène dans les phlegmons alors que,
dans les abcès, seule la capsule périphérique prend le contraste.
Fièvre, altération del’état général avec raideur rachidienne, sérologie de wright positive.

a b c

Séquences sagittales pondérées STIR (a), T1 (b) et T1 après injection de PDC paramagnétique
(c) mettant en évidence des anomalies de signal en miroir de l’os sous chondral à l’étage T9-
T10 en hyposignal T1, hyper T2 (flèches) ainsi qu’un hypersignal T2 franc du disque
correspondant (tête de flèche) avec disparition de sa cleft centrale puis rehaussement disco-
somatique après injection cadrant avec une spondylodiscite.
a b c
Homme de 40 ans, traité
pour spondylodiscite
brucellienne, contrôle.

Séquence axiale pondérée


T1 avec saturation de la Séquences sagittales pondérées STIR (a), T1 (b) et T1 avec
graisse et injection de PDC saturation de la graisse et injection de PDC paramagnétique
paramagnétique objectivant (c) mettant en évidence des anomalies de signal du
deux petites collections pré spongieux osseux en hyposignal T1, hyper T2 prenant le
vertébrales infra contraste après injection (flèches), cet examen met en
centimétriques (flèches). évidence la régression de l’hypersignal T2 du disque
intervertébral avec persistance du rehaussement à son niveau
(têtes de flèche).
Epidurite
 Mieux définie sur les séquences sagittales comme une
lésion extradurale en hypersignal T2 rehaussée après
injection de Gadolinium.

Séquences axiale (a) et sagittale (b)


en pondération T1FS GADO
mettant en évidence la prise de
contraste épidurale antérieure (flèche)
en rapport avec une épidurite.
Forme focale

L’atteinte focale, intéressant classiquement L4, reste confinée


au plateau vertébral antérieur, sans extension discale ou
paravertébrale.
Elle peut évoluer vers la destruction osseuse de la jonction
discovertébrale, puis en foyer d’ostéosclérose avec
ostéophytose en « bec de perroquet ».
Du gaz se collecte parfois entre le disque et le plateau, ce qui
est inhabituel avec les autres germes.
a b

Jeune femme de 29 ans,


lombalgies fébriles avec
radiculalgies L1 bilatérale.
Sérologie brucellienne positive.

c d

Séquences sagittales pondérées STIR (a), T2


(b), T1 (c) et T1 avec saturation de la graisse
et injection de PDC paramagnétique (d)
mettant en évidence des anomalies de signal
intéressant le corps vertébral de L2 en
hyposignal T1, hypersignal T2 et STIR, prenant
le contraste après injection (têtes de flèche).
On note l’absence d’anomalie de signal du
disque intervertébral correspondant.
Le tout étant en rapport avec une spondylite.
Forme diffuse

 L’atteinte diffuse se caractérise par une extension de l’infection au plateau


vertébral adjacent par voie sous-ligamentaire ou via le réseau artériel
anastomotique.

 Comme dans l’infection tuberculeuse, l’atteinte discale survient


secondairement.

 En revanche, les lésions ostéodiscales apparaissent moins destructrices : la


hauteur du corps vertébral et du disque est souvent conservée, sans
déformation rachidienne importante. L’arc postérieur, l’espace épidural, ainsi
que les parties molles paravertébrales, sont habituellement épargnées
Formes atypiques

Forme pseudo-pottique
• L’imagerie met en évidence :
-une importante destruction disco vertébrale, pouvant contenir des
séquestres osseux,
-de larges collections paravertébrales mimant un mal de Pott.
Formes atypiques

Signe du vide discal


• Le vide discal est observé dans 30% des cas.
• Il prédomine au niveau de la partie antérieure du disque .
• Le diagnostic différentiel se pose avec la discopathie
dégénérative.
Formes atypiques
Localisation cervicale ou thoracique

Reconstructions coronales sur une tomodensitométrie


en fenêtre osseuse :
Atteinte de l’étage dorsal D6-D7.
Formes atypiques

Larges collections périvertébrales

 Volumineuses collections périvertébrales parfois calcifiées.


Homme âgé de 52 ans qui consulte pour des lombalgies , fièvre à 40 , CRP à 120

Séquences axiale et sagittale


en pondération T1FS GADO
mettant en évidence
une spondylodiscite L2-L3
compliquée de volumineuses
collections des parties molles
prévertébrales (flèche) .
Diagnostic de certitude = Diagnostic biologique

* Diagnostic bactériologique :
• Hémocultures : souvent négatives.
• Culture du pus ou du matériel prélevé par une biopsie disco-vertébrale.

* Diagnostic immuno sérologique :


• Sérologie de Wright : réaction de référence recommandée par l’OMS
taux minimal significatif : 1/80 UI, rapidement positive, non spécifique.
• Réaction à l’antigène tamponné (Card test).
• Immunofluorescence indirecte : positive dans les formes chroniques,
spécifique.
Ponction biopsie disco-vertébrale

 Une ponction biopsie disco-vertébrale (PBDV) n’est


indiquée qu’en 2ème intention si l’agent pathogène n’a
pas été identifié sur les prélèvements (Hémocultures,
ECBU,…) et si les sérologies sont négatives.

 Il est fortement recommandé de faire la PBDV sous


contrôle fluoroscopique ou tomodensitométrique dans
des conditions d’asepsie chirurgicale .
Diagnostic histologique

 Le diagnostic histologique se fait généralement par biopsie


discovertébrale sous contrôle tomodensitométrique.

 Il est non spécifique.

 Il met en évidence un petit granulome fait de cellules épileptoïdes,


cellules géantes et lymphocytes, parfois associées à une nécrose
fibrinoide et des phagocytes.
DIAGNOSTIC
DIFFERENTIEL
Brucellose Versus Tuberculose
Spondylodiscite brucellienne Spondylodiscite tuberculeuse

• Siège lombaire bas • Dorsal bas ++ ou Lombaire haut


• Un seul étage • Pluriétagée

• Destruction osseuse discrète • Destruction osseuse importante


• Reconstructions osseuses • Séquestres osseux

• Abcès de petite taille , • Collections volumineuses ,


inconstants fréquentes

• Rareté de l’atteinte de l’arc • Atteinte plus fréquente et


postérieur parfois isolée de l’arc postérieur
Patiente âgée de 65 ans , antécédent de tuberculose pulmonaire , dorsalgies

a b c
Cas illustrant une spondylodiscite tuberculeuse
Noter bien l’atteinte dorsale (D6-D7)
L’imoportance de la destruction osseuse en T1 (a)
La collection épidurale antérieure (d)

d
Spondylodiscite inflammatoire

 Au cours de la SPA, il peut y avoir dans 1 à 18% des cas


des spondylodiscites rhumatismales.

 Les signes les plus importants en faveur de ce diagnostic


sont:
- L’absence d’abcès des parties molles et/ou
intracanalire.
- Le rehaussement généralisé du disque après injection de
gadolinium.

 Au cours de la polyarthrite rhumatoïde, l’atteinte du


rachis cervical est fréquente.
Discopathie dégénérative érosive
 En IRM, l'analyse des anomalies de signal du disque et des
plateaux vertébraux aide à faire la part entre la spondylodiscite
infectieuse et la DDE :

 Dans les spondylodiscites : l'hypersignal T2 du disque est de type


liquidien proche de celui du LCR.
 L'hypersignal discal T2 des DDE est moins intense, inférieur à celui
du LCR.
 La prise de contraste dans les spondylodiscites est périphérique
annulaire , cernant un abcès de signal liquidien.
 Elle est cependant linéaire et située sous les plateau dans la DDE.
Il est fortement recommandé de ne pas faire d’IRM si l’évolution clinique et
biologique est favorable (diminution de 25 à 33% de la VS et de la CRP).

Il est recommandé de faire une IRM de contrôle si l’évolution clinique et


biologique est défavorable, afin d’évaluer les abcès épiduraux et des tissus mous.
 Une dissociation radioclinique est habituelle avec
normalisation lente de l’imagerie.
 Le signe le plus précoce est la diminution de la prise de
contraste ostéodiscale . Toutefois, la persistance du
rehaussement n’a pas de caractère péjoratif.
 L’hypersignal discal en pondération T2 se normalise
progressivement.
 L’hypersignal en T1 en périphérie des lésions traduit la
reconstitution de la moelle osseuse, mais ce signe est tardif
(médiane de 15 semaines).
 La spondylodiscite brucellienne est une pathologie
fréquente.
 Deux formes sont identifiées : Forme focale et Forme
diffuse.
 La pauvreté des signes cliniques et la longue latence
avant l’apparition des signes radiologiques peuvent
mener à des complications neurologiques irréversibles.

 l’IRM , couplée à la sérologie, reste l’examen de choix


dans le diagnostic précoce et le suivi de cette
pathologie.

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