Travail préparatoire en philosophie
Réalisé par :
Camille St-Amant,
Coralie Michaud
Groupe : 00003
Travail présenté à
André Lemaire
La société doit-elle rejeter la « fast fashion »?
La mode est un élément important pour plusieurs personnes, elle représente la culture
et elle permet à de nombreux de s’exprimer comme ils le désirent. Avec l’apparition de
la « fast fashion », renouveler sa garde-robe à un faible coût est devenue une
possibilité très intéressante pour des millions de consommateurs. Néanmoins, cette
émergence nous amène à se poser la question suivante : la société doit-elle rejeter la
« fast fashion »? En effet, la « fast fashion » est pratique pour plusieurs, mais la
fabrication associée à celle-ci entraîne des conséquences nuisibles, telles que
l’exploitation des travailleurs, ainsi que de la pollution environnementale massive. Dès
lors, pouvons-nous réellement continuer à soutenir un système qui, bien que moderne,
semble compromette notre avenir? Selon nous, la « fast fashion » devrait être rejeté par
la société, afin d’encourager des méthodes de production respectueuses de
l’environnement et des droits humains.
En premier lieu, la mode éphémère désigne la production rapide de grandes quantités
de vêtements, reproduisant les dernières tendances de la mode et les rendant
facilement accessibles aux consommateurs à des prix bas. C’est pour de nombreuses
personnes, une solution rapide à leurs envies de style en constante évolution.
Cependant, cela n’est qu’une satisfaction temporaire et énormément nuisible pour la
planète. En effet, Naomi Yoder, une scientifique de l’équipe de Healthy Gulf affirme
que : « les matériaux utilisés par les compagnies de « fast fashion » sont des polymères
plastiques qui se décomposent et sont ensuite distribués davantage dans
l’environnement, se transformant en produits chimiques. » Ces produits chimiques ne
sont non seulement dangereux pour les écosystèmes, mais aussi très nuisible pour le
changement climatique, effectivement, ils accélèrent le réchauffement global qui a déjà
beaucoup augmenté dans les dernières années. La plupart des matières plastiques
utilisées par la mode éphémère sont non biodégradable et restent dans l’environnement
pendant des centaines d’années. De plus, European Parliament estime que : « la
production textile est responsable d’environ 20% de la pollution mondiale d’eau potable,
à cause des teintures et autres produits de finitions », ce qui correspond à énormément
d’eau. Il affirme aussi que « le lavage des produits synthétiques entraîne l’accumulation
de plus d’un demi-million de tonnes de microplastiques au fond des océans chaque
année. » En plus, la production des matières premières elle-même nécessite des
ressources naturelles en quantité massive. Par exemple, le polyester, qui est
grandement utilisé dans la « fast fashion », dérive du pétrole, une ressource non
renouvelable et hautement polluante lors de sa production. La plupart de ces vêtements
sont fabriqués en Asie, alors l’impact environnemental des transports internationaux est
lui aussi immense, car les vêtements sont expédiés à travers le monde pour être
vendus. Cela engendre une énorme empreinte carbone, en raison des émissions liées
aux transport aériens, maritimes et terrestres. Bref, nous devrions rejeter la « fast
fashion » puisqu’elle ne fait que nuire à notre planète et polluer les écosystèmes.
En deuxième lieu, la « fast fashion » est non seulement nuisible pour la planète, mais
elle affecte aussi énormément les travailleurs des usines. On peut associer leurs
conditions de travail à de l’esclavage moderne, « dans l'optique d'attirer les
investisseurs étrangers, l'Éthiopie a instauré le salaire minimum le plus bas de tous les
pays producteurs de vêtements : seulement 26 dollars par mois, soit environ 23 euros
», source de Clean Clothes Campaign. Un appartement d’une chambre en dehors du
centre-ville en Éthiopie coute au minimum 150$ par mois, il est donc impossible pour un
ouvrier de l’industrie du textile de se payer l'appartement le moins cher. Il devrait être
une famille de 6, travaillant à temps plein et payant seulement le loyer en excluant les
autres dépenses essentielles comme la nourriture ou l’électricité pour pouvoir vivre
dans un logement comportant seulement une chambre. Beaucoup d’enfants sont
obligés de quitter l’école pour aider à subvenir aux besoins de leur famille, ils perdent
donc l’opportunité d’étudier pour avoir un métier plus payant. C’est un cercle vicieux
dans lequel se retrouve les ouvriers d’usines de textiles et leurs familles. «L’argent ne
représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel à la place de l’ancien
esclavage personnel. » a dit le philosophe Léon Tolstoï. Aussi, les conditions de travail
dans les usines sont généralement très mauvaises. Les employés travaillent
énormément et ont peu de jours de repos, ils sont aussi parfois obligés de faire des
heures supplémentaires non rémunérées. Leurs travails dans les usines ne leur
procurent aucune sécurité d'emploi et aucune protection sociale ou syndicale. Plusieurs
accidents ont eu lieu dans les dernières années. Il y a entre autres l’usine de Rana
Plaza au Bangladesh qui s'est effondrée en 2013 causant la mort de 1138 personnes et
en blessant 2500 autres personnes. Les compagnies de « fast fashion » se logent
stratégiquement à des endroits où les normes environnementales et sociales sont
moins exigeantes, les habitants locaux en subissent les conséquences. Les ouvriers
développent multiples problèmes de santé causés par les produits toxiques utilisés
dans les usines. Ils sont constamment exposés à ces produits toxiques et ils n’ont pas
d’équipement pour s’en protéger. L’une des tâches la plus dangereuse qu'ils ont à
effectuer est le sablage des jeans, qui est fait manuellement afin de leur donner une
apparence délavée, la poussière causée par le sablage cause de la silicose aux
personnes exposées, une maladie pulmonaire toujours sans remède. Les personnes
atteintes de cette maladie perdent généralement la vie un à deux ans à la suite de
l’apparition des premiers symptômes. Les employeurs ne se préoccupent aucunement
de la santé et sécurité des employés et continuent à les obliger à travailler même si ça
devient dangereux pour les ouvriers.
En troisième lieu, certaines personnes pourraient aussi dire que la « fast fashion » a
également des avantages, comme de permettre aux personnes à faible revenus de
s’acheter des vêtements. Ce n’est pas faux, mais il existe plusieurs autres alternatives
qui permettent d’éviter la « fast fashion » tel que les vêtements de seconde main, donc
d’acheter un vêtement qui a déjà été porté et le surcyclage qui consiste à transformer
de vieux vêtements qu’on ne met plus en un morceau qu'on va utiliser. Quand on
compare les prix on se rend compte que l’usager est plus avantageux, un chandail qui
couterait environ 10 $ dans une boutique de « fast fashion » couterais 5 $ dans une
friperie. Cependant, trouver quelque chose à notre goût dans la seconde main est
beaucoup plus difficile que dans les magasins de mode rapide et plusieurs personnes
préfèrent la facilité de ces grandes chaînes de vêtement à l’effort de chercher pour des
vêtements de seconde main. Néanmoins, quand les prix sont trop beaux pour être vrai,
il faut se demander où le budget a été coupé. La majorité des consommateurs ne sont
pas conscient de l’impact de la mode éphémère sur l’environnement et sur
l’augmentation de l’exploitation des ouvriers, ils veulent seulement acheter des
vêtements abordables. À long terme, consommer uniquement de la mode rapide
deviendra plus couteux que d’investir dans quelques morceaux de qualité. Après un ou
deux lavages la plupart des vêtements de « fast fashion » ne sont même plus utilisables
et doivent être remplacés par d'autres, nous obligeant à consommer encore plus. C’est
une spirale sans fin dans laquelle les clients de mode éphémère restent coincés. Ils
veulent dépenser de moins grosses sommes, mais ils se retrouvent à dépenser plus
souvent de petits montants, ce qui leur coûte plus cher au bout du compte.
En conclusion, nous croyons fortement que la société devrait rejeter la « fast fashion »
à cause des tous les effets négatifs qu’elle a sur l'environnement et sur les ouvriers qui
travaillent dans ces usines, malgré la facilité qu’elle apporte il est possible de trouver
d’autres alternatives. Ainsi, rejeter la « fast fashion » ne signifie pas renoncer à la mode,
mais plutôt adopter des pratiques de consommation plus réfléchies et responsables.
Nous croyons que la société doit réévaluer ses priorités en matière de consommation et
de production pour construire un avenir plus juste et plus durable. Le rejet de la fast
fashion pourrait être le catalyseur d’un changement profond dans notre manière de
produire et de consommer. Si nous voulons réellement préserver notre planète pour les
générations futures, ne devons-nous pas commencer par adopter une mode qui
respecte à la fois l'environnement et les droits humains ?