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Cours Micro 2

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Université HASSAN 1ER DE SETTAT

Département des Sciences Economiques


S II – GROUPES : GESTION 03 ET 04

Microéconomie 2

Pr Jaouad LAAMIRE
[Link]@[Link]

2025-2026
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Objectif de ce cours

1. Vous initier aux méthodes utilisées dans la microéconomie


2. Vous initier à une analyse des phénomènes économiques à tra-
vers de la microéconomie (comportement de la firme)
3. Vous faire comprendre pourquoi le marché est si important pour
les économistes
4. Vous faire comprendre pourquoi le marché ne résout pas tout

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Plan du cours

Chapitre 1 : Étude du comportement du producteur


1. Notions et fondements de la théorie du producteur
2. Le comportement du producteur à court terme
3. Le comportement du producteur à long terme
Chapitre 2 : Offre et Comportement du marché
1. Fonctionnalités du marché
2. Le marché de concurrence pure et parfaite (CPP)
3. Le marché de monopole

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Mise en garde

ATTENTION
Ces diapositives ne remplacent aucunement le cours interactif en
amphi.
Elles sont destinées à faciliter le travail des étudiants qui doivent les
voir comme un complément et non un substitut.

La présence active en amphithéâtre est PRIMORDIALE

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Introduction : La science économique

Définition étymologique
Économie : du grec «oïkos» (maison) et «nomos» (loi ou règle)
⇒ La gestion des affaires de la maison

Problème fondamental :
Comment affecter des ressources rares ou limitées à la satisfaction
de besoins illimités ?

La science économique vise à :


1. Comprendre les choix individuels et collectifs
2. Analyser pourquoi ces choix ne sont pas toujours efficaces
3. Proposer des solutions pour optimiser l’utilisation des
ressources

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Introduction : La microéconomie
Objet d’étude
Au centre de l’analyse microéconomique se trouve la question de
l’allocation des ressources rares entre des usages alternatifs dans
les économies modernes et le rôle que jouent les prix et les marchés
dans ce processus.

Le problème de rareté :
I Insuffisance des ressources pour produire tous les biens et ser-
vices nécessaires
I Nécessité de faire des choix dans l’affectation des ressources
disponibles

Mécanisme de coordination
Cette affectation est le résultat d’une multitude de décisions in-
dépendantes prises par les consommateurs et les producteurs qui
agissent par l’intermédiaire du mécanisme de marché.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Introduction : Concepts de base de la microéconomie

Définition
La microéconomie étudie le comportement des agents économiques
individuels (consommateurs, producteurs) et leurs interactions sur
les marchés.

Principes fondamentaux :
1. Rareté : Les ressources sont limitées face à des besoins illimités
2. Choix rationnel : Les agents maximisent leur objectif sous
contrainte
3. Coût d’opportunité : Renoncer à la meilleure alternative
4. Analyse marginale : Décisions basées sur les variations à la
marge

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Les composantes principales des théories microéconomiques

Fondements de l’analyse microéconomique


La microéconomie repose sur quatre piliers essentiels :

1. Les agents économiques


I Qui prend les décisions ?
2. La rationalité
I Comment les agents prennent-ils leurs décisions ?
3. Les arbitrages et les choix
I Pourquoi doivent-ils choisir ?
4. Les prix et les marchés
I Comment se coordonnent les décisions ?

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Les agents économiques

Qui prend les décisions économiques ?


Les décisions économiques sont prises par trois groupes d’agents
dont l’action influe sur l’équilibre :

MÉNAGES ENTREPRISES ÉTAT


Consommateurs Producteurs Régulateur

Échanges entre agents :


I Par l’intermédiaire des marchés des produits et des marchés
des facteurs
I Flux réels : biens et services
I Flux monétaires : revenus et dépenses

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. La rationalité
Hypothèse fondamentale
Quelle que soit la classification adoptée entre les agents économiques,
deux éléments principaux caractérisent l’approche microéconomique :

1. L’unité de base de l’analyse


I L’adoption des décideurs individuels comme unité de base
I Analyse des comportements individuels (et non agrégés)
2. L’hypothèse de rationalité
I Le décideur individuel est rationnel
I Il cherche à maximiser son objectif sous contraintes
I Consommateur → maximise utilité
I Producteur → maximise profit

Agent rationnel
Un agent qui fait des choix cohérents pour atteindre au mieux ses
objectifs compte tenu de ses contraintes
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Les arbitrages et les choix

Principe fondamental
Une grande partie de la microéconomie concerne les limites :
Les agents ne peuvent ni tout avoir, ni tout faire.

Ces contraintes concernent :


1. Les consommateurs
I Revenu limité à dépenser en biens et services
I Doivent choisir entre différents paniers de consommation
2. Les entreprises
I Budget et technologies limitées pour produire
I Doivent choisir combien et comment produire
3. Les travailleurs
I Nombre d’heures hebdomadaires limitées
I Doivent allouer leur temps entre travail et loisir

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Les arbitrages et les choix (suite)
Objectif de la microéconomie
Montrer de quelle façon tirer le meilleur de ces limites.
Pour cela, les agents doivent faire des arbitrages et des choix.
Exemples d’arbitrages :
I Théorie du consommateur :
I Comment les consommateurs maximisent leur bien-être en
arbitrant pour acheter plus de certains produits et moins
d’autres
I Théorie de la firme :
I Comment les entreprises, compte tenu de leurs contraintes
financières et des prix, doivent arbitrer entre les quantités
d’output à produire et les quantités d’input à utiliser
I Arbitrages des travailleurs :
I Accès au marché du travail vs accumulation de capital humain
I Salaire immédiat vs salaire futur plus élevé
I Allouer plus de temps au travail et moins au loisir
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Prix et marchés : Les prix
Rôle des prix
Tous les arbitrages décrits précédemment sont fondés sur les prix
auxquels les consommateurs et les entreprises sont confrontés pour
prendre leurs décisions.
La microéconomie décrit aussi comment les prix sont
déterminés :
Économie de marché
Les prix sont le résultat des
Économie planifiée
interactions entre :
Les prix sont fixés par :
I L’offre (producteurs)
I L’État
I La demande
I Décisions centralisées
(consommateurs,
travailleurs)

Les prix coordonnent les décisions des agents économiques


Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Prix et marchés : Le marché
Définition
Un marché est un groupe d’acheteurs et de vendeurs qui déter-
minent par leurs actions effectives ou potentielles le prix d’un bien
ou d’un ensemble de biens.
Objet d’étude de la microéconomie :
I Les décisions des unités économiques individuelles
I Les interrelations entre les consommateurs et les entreprises
qui forment les marchés et les industries
I Le fonctionnement de ces marchés
La microéconomie s’intéresse à deux types de marchés :
1. Marchés de pure concurrence
I Un acheteur ou un vendeur seul ne peut influer sur les prix
I Agents = price takers
2. Marchés non concurrentiels
I Des entités individuelles peuvent avoir un impact sur les prix
I Pouvoir de marché
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Rappel : Comportement du consommateur

Préférences du C/teur :
Contrainte budgétaire :
I Fonction d’utilité U(x, y )
I Revenu limité : R
I Courbes d’indifférence
I Prix des biens : Px , Py
I Taux marginal de
I Équation :
substitution (TMS)
Px · x + Py · y = R
∆y Umx
TMS = − = Pente : − PPyx
∆x Umy

Hypothèse clé
Le consommateur cherche à maximiser son utilité sous contrainte
de revenu.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Rappel : Équilibre du consommateur
Condition d’équilibre
Le consommateur est en équilibre au point de tangence entre la
courbe d’indifférence la plus élevée et la droite de budget.

Condition mathématique :
Px Umx Px
TMS = ⇔ =
Py Umy Py

Interprétation :
Umx Umy
=
Px Py
L’utilité marginale par dirham dépensé est égale pour tous les biens

Exemple
Umy
Si Um
Px >
x
Py Le consommateur doit acheter plus de x et moins
de y
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Du consommateur au producteur
CONSOMMATEUR PRODUCTEUR
Objectif : Objectif :
Maximiser l’utilité Maximiser le profit
Contrainte : Contrainte :
Budget limité Coûts de production
Outils : Outils :
I Courbes d’indifférence I Courbes isoquantes
I Droite de budget I Droite d’isocoût
I TMS I TMST

Même logique d’optimisation sous contrainte !


Mais objets d’étude différents : satisfaction vs production

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Consommateur et producteur : des similitudes
Le consommateur et le producteur présentent des comportements
analogues dans l’analyse microéconomique.

1. Le consommateur achète des produits avec lesquels il «produit»


de la satisfaction alors que le producteur achète des inputs avec
lesquels il produit des outputs.
2. Le consommateur a une fonction d’utilité ; le producteur a une
fonction de production.
3. La droite de budget du consommateur est une fonction linéaire
exprimant une contrainte en vertu du principe de rareté ; la
droite d’isocoût du producteur est une fonction linéaire expri-
mant une contrainte liée au prix des inputs achetés.
4. Le consommateur cherche à maximiser son utilité tandis que le
producteur cherche à maximiser son profit.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Consommateur et producteur : des différences

1. Une fonction d’utilité est subjective : sa mesure cardinale pose


de redoutables problèmes. Une fonction de production est ob-
jective : l’output du producteur est quantifiable sans difficulté.
2. Un seul producteur peut produire plus d’un output ce qui rend
le processus de maximisation du profit plus complexe à étudier.
3. Le consommateur maximise son utilité pour une contrainte de
revenu donnée. Le producteur maximise bien son profit, via son
volume de production, pour un niveau de coût donné mais les
coûts sont divers (certains sont fixes et d’autres variables).

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
CHAPITRE 1
Étude du comportement du
producteur

1. Notions et fondements de la théorie du producteur

2. Le comportement du producteur à court terme

3. Le comportement du producteur à long terme

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Chapitre 1 : Notions et fondements

Objectif du chapitre
Introduire les concepts clés de la théorie du producteur : production,
facteurs, fonction de production, coûts et profit.

Au programme :
1. Production et Producteur
2. Facteurs de production
3. Fonction de production
4. Coûts et Profit du producteur

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Production et Producteur

Questions centrales
I Qu’est-ce que la production ?
I Qui est le producteur ?
I Quel est son objectif ?

Cette section introduit les concepts fondamentaux


de la théorie du producteur

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Production et Producteur
Qu’est-ce que la production ?

Définition
La production est l’activité économique qui consiste à créer des biens
et services destinés à satisfaire des besoins individuels ou collectifs.
Caractéristiques de la production :
I Transformation : Combiner des inputs (facteurs de production)
pour obtenir des outputs (biens et services)
I Création de valeur : Ajouter de la valeur aux ressources utili-
sées
I Processus technique : Utilisation de technologies et de savoir-
faire

Exemple
Un boulanger utilise farine + travail + four (inputs) pour produire
du pain (output)
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Production et Producteur
Les différents types de production

Classification selon la nature de l’output :

Production de biens
Production de services
Création de produits matériels,
tangibles Création de produits
immatériels, intangibles
I Biens de consommation
I Services marchands
I Biens d’équipement
I Services non marchands
I Biens intermédiaires

Important
En microéconomie, on étudie principalement la production de biens,
mais les principes s’appliquent aussi aux services.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Production et Producteur
Qui est le producteur ?

Définition
Le producteur (ou firme, entreprise) est un agent économique qui
organise la production en combinant des facteurs de production pour
créer des biens et services destinés à la vente sur le marché.

Rôle du producteur :
1. Acquérir les facteurs de production (travail, capital, matières
premières)
2. Organiser le processus de production (technologie, gestion)
3. Produire des biens et services
4. Vendre la production sur le marché
5. Supporter les coûts et percevoir les revenus

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Production et Producteur
Quel est l’objectif du producteur ?

Hypothèse fondamentale
En microéconomie, on suppose que le producteur est rationnel et
cherche à maximiser son profit.

Pour maximiser son profit, le producteur doit :


I Maximiser ses recettes (produire efficacement, vendre au bon
prix)
I Minimiser ses coûts (utiliser les facteurs de manière optimale)

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Facteurs de production

Questions centrales
I Qu’est-ce qu’un facteur de production ?
I Quels sont les différents types de facteurs ?
I Comment les classer ?

Les facteurs de production sont les inputs


nécessaires au processus de production

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Facteurs de production
Qu’est-ce qu’un facteur de production ?

Définition
Les facteurs de production sont l’ensemble des ressources (inputs)
utilisées dans le processus de production pour créer des biens et
services (outputs).

Caractéristiques des facteurs de production :


I Ressources productives : contribuent à la création de valeur
I Combinables : peuvent être utilisés ensemble
I Rares : disponibilité limitée
I Coûteux : leur utilisation génère des coûts

Exemple
Pour produire du pain : farine (matière première), boulanger (travail),
four (capital)
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Facteurs de production
Classification traditionnelle

La théorie économique classique distingue trois facteurs prin-


cipaux :

1. Le Travail (L - Labor)
I Effort physique et intellectuel des travailleurs
I Rémunération : salaire
2. Le Capital (K - Kapital)
I Biens d’équipement, machines, outils, bâtiments
I Rémunération : intérêt, profit
3. La Terre (T - Terra)
I Ressources naturelles, sols, sous-sol
I Rémunération : rente foncière

Toutefois la théorie microéconomique ne retient que le travail


et le capital comme arguments de la fonction de production.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Facteurs de production
Hypothèses théoriques

Les principales caractéristiques des facteurs de production :

3 Parfaite divisibilité
I Possibilité de fractionner un facteur en unités utilisables
I L peut prendre des valeurs continues : 1, 1.5, 2, 2.5...

3 Parfaite substituabilité
I On peut substituer K à L tout en gardant le même niveau de
production
I Flexibilité dans la combinaison des facteurs

3 Homogénéité
I Toutes les unités d’un même facteur sont identiques
I Permet l’application du calcul intégral

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Fonction de production

Questions centrales
I Qu’est-ce qu’une fonction de production ?
I Comment relier les inputs aux outputs ?

La fonction de production est la relation technique


entre les facteurs utilisés et la production obtenue

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Fonction de production
Qu’est-ce qu’une fonction de production ?
Définition
La fonction de production exprime la relation technique entre les
quantités de facteurs de production utilisées (inputs) et la quantité
maximale de produit obtenue (output) pour un niveau technologique
donné.
Notation mathématique :
Q = f (L, K )
Où :
I Q = Quantité produite (output)
I L = Quantité de travail (Labor)
I K = Quantité de capital (Kapital)
Important
La fonction de production représente la production maximale tech-
niquement réalisable pour chaque combinaison de facteurs.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Inputs et Outputs
I Inputs : les inputs sont tous les biens et services qui sont utilisés
et combinés par le producteur pour produire des outputs :
I Biens et services intermédiaires
I Facteurs de production : capital (biens d’équipements) et
travail

I Outputs : les outputs sont le résultat de la production pour


le producteur, c’est-à-dire les biens et services qu’il produit et
vend sur un marché

Fonction de
Inputs Outputs
production

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur

Questions centrales
I Quels sont les différents types de coûts ?
I Comment calculer le profit ?
I Comment le producteur maximise-t-il son profit ?

Le profit est la différence entre les recettes


et les coûts de production

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Qu’est-ce qu’un coût de production ?
Définition
Les coûts de production représentent l’ensemble des dépenses en-
gagées par le producteur pour acquérir et utiliser les facteurs de
production nécessaires à la fabrication des biens et services.

Les coûts comprennent :


I Coût du travail : Salaires versés aux employés (w × L)
I Coût du capital : Location ou amortissement des
équipements (r × K )
I Coût des matières premières : Achats de biens
intermédiaires
I Autres coûts : Énergie, loyers, assurances, etc.

Important
Tous les coûts doivent être pris en compte pour calculer le profit.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Classification des coûts
On distingue deux types de coûts :

Coûts FIXES (CF) Coûts VARIABLES (CV)


Ne dépendent pas du niveau de Dépendent du niveau de
production production
I Loyer de l’usine
I Matières premières
I Amortissement des
I Énergie consommée
machines
I Salaires des ouvriers
I Salaires du personnel fixe
I Transport
I Assurances

CF = constante CV = CV (Q)

Même si Q = 0, CF > 0 Si Q = 0, alors CV = 0

Coût Total (CT) = Coûts Fixes (CF) + Coûts Variables (CV)


Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Le coût total

Définition
Le coût total (CT) est la somme de tous les coûts de production,
fixes et variables.
Formule :
CT = CF + CV
ou encore :

CT = w · L + r · K + autres coûts
Propriétés :
I Le CT augmente avec la quantité produite Q
I Même si Q = 0, on a CT = CF (coûts fixes incompressibles)
I Le CT représente la dépense totale du producteur
Exemple
Si CF = 1000 DH et CV = 500 DH, alors CT = 1000 + 500 =
1500 DH
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Le coût moyen
Définition
Le coût moyen (CM) est le coût de production par unité produite.

Formule : CT
CM =
Q
On peut aussi décomposer :
CF + CV CF CV
CM = = + = CFM + CVM
Q Q Q
Où :
I CFM = CFQ : Coût fixe moyen
CV
I CVM = Q : Coût variable moyen
Exemple
Si CT = 10 000 DH pour produire Q = 200 unités :
10 000
CM = = 50 DH par unité
200
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Le coût marginal

Définition
Le coût marginal (Cm) est le coût supplémentaire engendré par la
production d’une unité supplémentaire.

Formule :
∆CT dCT
Cm = =
∆Q dQ
Interprétation :
I Le Cm mesure la variation du coût total quand on augmente la
production de 1 unité
I C’est un outil de décision crucial pour le producteur
I Le Cm peut augmenter ou diminuer selon l’efficacité de la
production

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Exemple : Tableau de coûts
Une entreprise a des coûts fixes de 100 DH

Q CF CV CT CM Cm
0 100 0 100 - -
1 100 50 150 150 50
2 100 90 190 95 40
3 100 120 220 73.3 30
4 100 160 260 65 40
5 100 210 310 62 50
6 100 270 370 61.7 60

Observations :
I CF reste constant (100 DH)
I CT = CF + CV
I CM décroît sur toute la période (économies d’échelle)
I Cm diminue puis augmente
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Les recettes
Définition
Les recettes (ou revenus) correspondent au montant total perçu
par le producteur suite à la vente de sa production.
Recette Totale (RT) : RT = P × Q
Où :
I P = Prix de vente unitaire
I Q = Quantité vendue
Recette Moyenne (RM) :
RT P ×Q
RM = = =P
Q Q
La recette moyenne est égale au prix
Recette Marginale (Rm) :
∆RT
Rm =
∆Q
Recette supplémentaire obtenue en vendant une unité de plus.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Définition du profit

Définition
Le profit (ou bénéfice) est la différence entre les recettes totales et
les coûts totaux.
Formule du profit : Π = RT − CT
Où :
I Π (pi) = Profit
I RT = Recette Totale = P × Q
I CT = Coût Total = CF + CV
Trois situations possibles :
I Si RT > CT : Π > 0 PROFIT (bénéfice)
I Si RT = CT : Π = 0 Seuil de rentabilité (point mort)
I Si RT < CT : Π < 0 PERTE (déficit)

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Objectif du producteur
Hypothèse fondamentale
Le producteur rationnel cherche à maximiser son profit.
Condition de maximisation du profit :

Rm = Cm
Interprétation :
I Le producteur augmente sa production tant que la recette
marginale (Rm) est supérieure au coût marginal (Cm)
I Il s’arrête quand Rm = Cm : produire une unité de plus
coûterait plus que ce qu’elle rapporte
I Si Rm > Cm : il faut produire plus (profit additionnel positif)
I Si Rm < Cm : il faut produire moins (profit additionnel
négatif)
La quantité optimale Q ∗ est celle qui égalise Rm et Cm

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Exemple : Énoncé
Une entreprise vend ses produits au prix de 80 DH l’unité. Ses
coûts fixes sont de 200 DH.
Données :
I Coûts variables selon la production (voir tableau)
Quantité (Q) Coûts Fixes (CF) Coûts Variables (CV)
0 200 0
1 200 30
2 200 50
3 200 65
4 200 85
5 200 115
6 200 165
7 200 235
8 200 325
Questions :
1. Calculer le coût total (CT), la recette totale (RT) et le profit
(Π) pour chaque niveau de production
2. Déterminer la quantité optimale qui maximise le profit
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Coûts et Profit du producteur
Exemple : Solution
Prix de vente : P = 80 DH/unité | Coûts fixes : CF = 200 DH
Q CF CV CT RT Π Cm
0 200 0 200 0 -200 -
1 200 30 230 80 -150 30
2 200 50 250 160 -90 20
3 200 65 265 240 -25 15
4 200 85 285 320 35 20
5 200 115 315 400 85 30
6 200 165 365 480 115 50
7 200 235 435 560 125 70
8 200 325 525 640 115 90
Conclusion :
I Le profit maximal est de 125 DH pour Q ∗ = 7 unités
I À ce niveau : RT = 560 DH et CT = 435 DH
I L’entreprise commence à être rentable (Π > 0) à partir de
Q = 4 unités
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Synthèse du Chapitre 1
Notions et fondements de la théorie du producteur
1.1 Production et Producteur
I La production transforme des inputs en outputs
I Le producteur est un agent rationnel qui maximise son profit
1.2 Facteurs de production

I Trois facteurs : Travail (L), Capital (K), Terre (T)


I Facteurs fixes (CT) vs variables (LT)
1.3 Fonction de production

I Relation technique : Q = f (L, K )


I Inputs et Outputs
1.4 Coûts et Profit
I CT = CF + CV CT ∆CT
| CM = Q | Cm = ∆Q
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Chapitre 2 : Le comportement du producteur à court terme

Objectif du chapitre
Analyser le comportement du producteur à court terme : distinction
court/long terme, productivités, rendements marginaux décroissants,
zones économiques et équilibre du producteur.

Au programme :
1. Distinction court terme et long terme en microéconomie
2. Productivités et rendements du producteur
3. Loi des rendements marginaux décroissants
4. Zones économiques : Incitation, Rentabilité, Perte
5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
6. Équilibre du producteur à court terme

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Distinction court terme et long terme

Pourquoi distinguer court terme et long terme ?


En microéconomie, le comportement du producteur diffère selon l’ho-
rizon temporel considéré. Cette distinction est fondamentale pour
analyser les décisions de production.

Idée centrale
À court terme, certains facteurs de production ne peuvent pas être
ajustés de manière rationnelle, alors qu’à long terme, tous les fac-
teurs deviennent variables.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Distinction court terme et long terme
Définitions

Court Terme (CT) Long Terme (LT)


Période durant laquelle au Période durant laquelle tous les
moins un facteur de produc- facteurs de production sont
tion est fixe et ne peut pas être variables et peuvent être ajustés
modifié de manière rationnelle. librement.

I Capital (K) : FIXE I Capital (K) : VARIABLE


I Travail (L) : VARIABLE I Travail (L) : VARIABLE

Q = f (L, K ) Q = f (L, K )
Le court terme et le long terme ne correspondent pas
à une durée fixe,
mais à la possibilité d’ajuster les facteurs de production
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Distinction court terme et long terme
Exemple : Une boulangerie
Une boulangerie souhaite augmenter sa production de baguettes.
À Court Terme À Long Terme
I Le four (K) est fixe I Le four (K) devient variable
I On ne peut pas acheter I On peut acheter un nouveau
un nouveau four immédiate- four
ment de manière rationnelle I Solution : Augmenter L et
I Solution : Embaucher plus K simultanément
de boulangers (L variable) I Production peut augmenter
I Production limitée par la ca- sans contrainte
pacité du four
Remarque importante
Le court terme ne signifie pas qu’il est impossible d’ajuster le capital,
mais qu’il est économiquement irrationnel de le faire (coûts trop
élevés).
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Productivités et rendements du producteur
Objectif
Mesurer l’efficacité du producteur à court terme en analysant la rela-
tion entre les quantités de facteurs utilisées et la production obtenue.

Trois mesures de la productivité :


1. La Productivité Totale (PT)

2. La Productivité Moyenne (PM)

3. La Productivité Marginale (Pm)

À court terme : Capital fixe (K ) et Travail variable (L)

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Productivités et rendements du producteur
La Productivité Totale (PT)

Définition
La Productivité Totale (PT) est la quantité totale produite pour
un niveau donné de facteur variable (L), avec un capital fixe (K ).

Notation :

PT = Q = f (L, K )

Propriétés :
I PT augmente quand L augmente (au début)
I PT atteint un maximum puis peut diminuer
I PT dépend de la technologie disponible

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
2. Productivités et rendements du producteur
La Productivité Moyenne (PM)
Définition
La Productivité Moyenne (PML ) est la production obtenue en
moyenne par unité de facteur variable utilisée.
Formule :

PT Q
PML = =
Interprétation : L L
I Mesure l’efficacité moyenne de chaque unité de travail
I Indique la production par travailleur
I Outil de comparaison entre différents niveaux de production
Exemple
Une usine emploie L = 5 ouvriers et produit Q = 100 unités :
100
PML = = 20 unités par ouvrier
5

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2. Productivités et rendements du producteur
La Productivité Marginale (Pm)
Définition
La Productivité Marginale (PmL ) est la variation de la produc-
tion totale engendrée par l’utilisation d’une unité supplémentaire de
facteur variable.

Formule :

∆PT ∆Q dQ
PmL = = =
∆L ∆L dL
Interprétation :
I Mesure la contribution du dernier travailleur embauché
I Outil clé pour les décisions d’embauche
I PmL > 0 : production augmente
I PmL = 0 : production maximale atteinte
I PmL < 0 : production diminue
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2. Productivités et rendements du producteur
Exemple numérique

Une entreprise avec K = 2 machines

Travail (L) PT = Q PML = Q/L PmL = ∆Q/∆L


0 0 - -
1 20 20 20
2 50 25 30
3 90 30 40
4 120 30 30
5 140 28 20
6 150 25 10
7 155 22.1 5
8 150 18.75 -5
Observations :
I PT est maximale pour L = 7 (Q = 155)
I PmL est maximale pour L = 3 (PmL = 40)
I PmL < 0 pour L = 8 : production diminue
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2. Productivités et rendements du producteur
Représentation graphique

Production Totale Productivités Moyenne et Marginale

PT PmL
150 40

Productivités
PML
100
PT

20
50
0
0
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
L L

Relations graphiques :
I Quand PmL > PML : PML est croissante
I Quand PmL < PML : PML est décroissante
I Quand PmL = PML : PML est à son maximum
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2. Productivités et rendements du producteur
Les phases de rendements
Définition
Les rendements décrivent l’évolution de la production lorsqu’on aug-
mente la quantité d’un facteur variable (L), le capital (K) restant
fixe.

On distingue trois phases :


1. Rendements marginaux croissants
I PmL augmente
I Chaque travailleur supplémentaire est plus productif que le
précédent
2. Rendements marginaux constants
I PmL constante
I Chaque travailleur supplémentaire a la même productivité
3. Rendements marginaux décroissants
I PmL diminue (mais reste positive)
I Chaque travailleur supplémentaire est moins productif que le
précédent
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2. Productivités et rendements du producteur
Identification des phases de rendements

L PT PmL Phase de rendement


0 0 - -
1 20 20
Rendements CROISSANTS
2 50 30
3 90 40 PmL maximale
4 120 30
5 140 20
Rendements DÉCROISSANTS
6 150 10
7 155 5
8 150 -5 Rendements NÉGATIFS

Observations :
I Phase 1 (L=1 à 3) : PmL croît (20 → 30 → 40)
I Phase 2 (L=4 à 7) : PmL décroît mais reste positive (30 →
5)
I Phase 3 (L=8) : PmL < 0, la production diminue
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2. Productivités et rendements du producteur
Graphique : Les trois phases de rendements

Croissants Décroissants Négatifs


PmL 40

20

0 2 4 6 8
Travail (L)

Interprétation :
I Zone verte : efficacité croissante (spécialisation)
I Zone orange : efficacité décroissante (saturation du capital)
I Zone rouge : contre-productif (trop de travailleurs)
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2. Productivités et rendements du producteur
Pourquoi ces différentes phases ?

Rendements CROISSANTS Rendements DÉCROISSANTS


Pourquoi ? Pourquoi ?
I Division du travail I Capital fixe saturé
I Spécialisation I Encombrement
I Meilleure utilisation du I Attente pour utiliser les
capital machines
Exemple : Avec 1 ouvrier et 2 ma- Exemple : Avec 6-7 ouvriers et 2
chines : sous-utilisation. machines : les ouvriers se gênent, at-
Avec 2-3 ouvriers : meilleure coor- tendent leur tour.
dination.

Rendements NÉGATIFS
Trop de travailleurs pour le capital disponible : ils se gênent mutuel-
lement, la production diminue.
Exemple : 8 ouvriers pour 2 machines = chaos, désorganisation totale.
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Application : Productivités et rendements
Exercice

Situation
Une entreprise textile possède 3 machines à coudre (capital fixe : K =
3). Elle fait varier le nombre de couturières employées. Le tableau
suivant donne la production totale observée.

L 0 1 2 3 4 5 6 7 8
PT 0 15 35 60 80 95 105 110 110

Questions :
1. Calculer la productivité moyenne (PML = PT L ) et la productivité
∆PT
marginale (PmL = ∆L )
2. Identifier les phases de rendements marginaux (croissants, dé-
croissants, négatifs)
3. À partir de combien de couturières les rendements deviennent-ils
décroissants ?
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Application : Correction

Phases de rendements :

L PT PML PmL
3 Croissants (L=1-3)
0 0 - -
PmL : 15 → 20 → 25
1 15 15 15
2 35 17.5 20 3 Décroissants (L=4-7)
3 60 20 25 PmL : 20 → 15 → 10 → 5
4 80 20 20
5 95 19 15 3 Nuls (L=8)
6 105 17.5 10 PmL = 0 (production stagne)
7 110 15.7 5
8 110 13.75 0
PT ∆PT
Formules : PML = L
; PmL = ∆L
Réponse : Rendements décroissants à
partir de L = 4

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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Question centrale
Que se passe-t-il lorsqu’on augmente continuellement la quantité
d’un facteur variable (le travail L) tout en maintenant l’autre fac-
teur fixe (le capital K) ?

Observation empirique
À court terme, avec un capital fixe, la productivité marginale du
travail finit toujours par diminuer lorsqu’on augmente le nombre
de travailleurs.

C’est la Loi des rendements marginaux décroissants


Une des lois fondamentales de la microéconomie

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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Énoncé de la loi
Loi des rendements marginaux décroissants
À court terme, lorsqu’on augmente la quantité d’un facteur de pro-
duction variable (L), en maintenant au moins un autre facteur fixe
(K), la productivité marginale de ce facteur variable finit par dé-
croître.
En d’autres termes :
I Au début, chaque travailleur supplémentaire peut être très
productif
I Mais progressivement, chaque nouveau travailleur apporte
moins que le précédent
I La productivité marginale (PmL ) diminue

Ne pas confondre rendements marginaux décroissants et


rendements négatifs : La production additionnelle peut
baisser alors que la production totale augmente.

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Loi des rendements marginaux décroissants
Conditions d’application
Cette loi s’applique sous certaines conditions :

1. Court terme
I Au moins un facteur doit être fixe (généralement K)
I Pas applicable au long terme où tous les facteurs sont variables

2. Technologie constante
I Pas de changement technologique pendant la période
I Même méthode de production

3. Homogénéité du facteur variable


I Tous les travailleurs ont la même qualification
I Unités identiques du facteur

Si ces conditions sont réunies, la loi s’applique


universellement

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Loi des rendements marginaux décroissants
Pourquoi cette loi ?
Exemple : Une boulangerie avec 2 fours

Phase de saturation (L
Phase initiale (L faible) : élevé) :
I 1 boulanger pour 2 fours I 5 boulangers pour 2 fours
⇒ Sous-utilisation ⇒ Début d’encombrement
I 2 boulangers pour 2 fours I 7 boulangers pour 2 fours
⇒ Bonne utilisation ⇒ File d’attente
I 3 boulangers pour 2 fours I 10 boulangers pour 2 fours
⇒ Spécialisation possible ⇒ Désorganisation totale
Productivité croissante
Productivité décroissante
Raison fondamentale
Le capital fixe (les fours) devient le facteur limitant. Il ne peut pas
absorber indéfiniment des travailleurs supplémentaires de manière
efficace.
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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Représentation graphique

Maximum
40

Croissance Décroissance
PmL

20

0
0 2 L∗ 4 6 8
Travail (L)

Interprétation :
I Jusqu’à L∗ = 3 : PmL croît (rendements croissants)
I À partir de L∗ = 3 : PmL décroît (rendements décroissants)
I La loi stipule que la phase décroissante est inévitable.
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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Exemple numérique
Entreprise avec K = 2 machines

L PT PmL Type de rendement


0 0 - -
1 20 20 Croissants
2 50 30 Croissants
3 90 40 Maximum
4 120 30 Décroissants
5 140 20 Décroissants
6 150 10 Décroissants
7 155 5 Décroissants
8 150 -5 Négatifs

Vérification de la loi :
I À partir de L = 4, la PmL diminue : 30 → 20 → 10 → 5
I La loi des rendements marginaux décroissants est vérifiée
I À L = 8, les rendements deviennent même négatifs
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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Relation entre PT et Pm

Production Totale Productivité Marginale


Décroissants
150 40

PmL
100
PT

20
50
0
0
0 2 L max
Pm 4 PT
6 max
8 0 2 4 6 8
L L

Relations importantes :
I Quand PmL > 0 : PT croît
I Quand PmL = 0 : PT est à son maximum
I Quand PmL < 0 : PT décroît
I La loi s’applique dans la zone orange (rendements décroissants)
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3. Loi des rendements marginaux décroissants
Importance et conséquences économiques
Implications pour le producteur :
1. Décisions d’embauche
I Ne pas embaucher indéfiniment
I Comparer le coût du travailleur (w ) à sa productivité
marginale (PmL )
I Condition optimale : w = PmL × P (prix du produit)
2. Investissement en capital
I À long terme, augmenter le capital pour éviter la saturation
I Acheter de nouvelles machines pour maintenir la productivité
3. Limites de la croissance à court terme
I Impossible d’augmenter indéfiniment la production
I Le capital fixe impose une contrainte

Conclusion
La loi des rendements marginaux décroissants explique pourquoi les
entreprises doivent investir dans le capital pour maintenir leur crois-
sance à long terme.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
4. Zones économiques

Objectif
Diviser l’espace de production en différentes zones selon l’efficacité
et la rentabilité de l’utilisation des facteurs de production.

Question centrale
Tous les niveaux d’utilisation du facteur variable (L) sont-ils égale-
ment rationnels pour le producteur ?

On distingue trois zones économiques :


1. Zone d’Incitation (ou zone irrationnelle de sous-utilisation)
2. Zone de Rentabilité (ou zone rationnelle de production)
3. Zone de Perte (ou zone irrationnelle de sur-utilisation)

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4. Zones économiques
Zone 1 : Zone d’Incitation
Définition
Zone où la productivité moyenne (PML ) est croissante et où la
productivité marginale est supérieure à la productivité moyenne
(PmL > PML ).

Caractéristiques :
I Le capital (K) est sous-utilisé
I Trop peu de travailleurs pour le capital disponible
I Chaque travailleur supplémentaire augmente l’efficacité moyenne
I Rendements marginaux croissants

Exemple
Une usine avec 5 machines et seulement 2 ouvriers : les machines sont
sous-utilisées, il faut embaucher plus de personnel.
Décision du producteur
Augmenter L : Il y a une incitation à embaucher plus de travailleurs pour
mieux utiliser le capital fixe.
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4. Zones économiques
Zone 2 : Zone de Rentabilité
Définition
Zone où la productivité marginale est positive mais décroissante et
inférieure à la productivité moyenne (0 < PmL < PML ).
Caractéristiques :
I Utilisation optimale du capital
I Production totale (PT) continue de croître
I Rendements marginaux décroissants
I PML est décroissante
I Zone de production rationnelle

Exemple
L’usine fonctionne normalement avec un bon équilibre entre travailleurs et
machines. Chaque travailleur supplémentaire ajoute à la production mais
moins que le précédent.
Décision du producteur
Zone de production optimale : C’est dans cette zone que le producteur
rationnel choisit son niveau de production selon ses coûts et prix.
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4. Zones économiques
Zone 3 : Zone de Perte
Définition
Zone où la productivité marginale devient négative (PmL < 0). La
production totale diminue quand on ajoute des travailleurs.
Caractéristiques :
I Le capital (K) est saturé
I Trop de travailleurs pour le capital disponible
I Les travailleurs se gênent mutuellement
I PT décroît : embaucher nuit à la production
I Rendements marginaux négatifs

Exemple
10 ouvriers pour 2 machines : encombrement total, les ouvriers attendent,
se gênent. La production baisse par rapport à 7 ouvriers.
Décision du producteur
Réduire L : Il faut licencier des travailleurs. Cette zone est irrationnelle
économiquement.
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4. Zones économiques
Vue d’ensemble

Zone Condition Caractéristique Décision


Zone 1 PML croissante Sous-utilisation Augmenter L
Incitation PmL > PML du capital (incitation)
Zone 2 PML décroissante Utilisation Zone de
Rentabilité PmL < PML optimale production
PmL > 0 rationnelle
Zone 3 PmL < 0 Sur-utilisation Réduire L
Perte PT décroît du capital (perte)

Le producteur rationnel opère dans la Zone 2


(zone de rentabilité)

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4. Zones économiques
Représentation graphique

40 PML
PmL
Productivités

Zone 1

Zone 2
Rentabilité
Incitation

Zone 3
20

Perte
0

0 2 L1 4 6 L2 8 10 12
Travail (L)

Points de séparation :
I L1 : où PmL = PML (maximum de PML )
I L2 : où PmL = 0 (maximum de PT)
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5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
Question centrale
Quelle est la relation entre la productivité marginale (PmL ) et la pro-
ductivité moyenne (PML ) ? Comment l’une influence-t-elle l’autre ?

Observation empirique
Il existe une relation mathématique et économique très forte entre
ces deux mesures de productivité.

Rappels :
I Productivité moyenne : PML = QL (production par
travailleur)
I Productivité marginale : PmL = ∆Q
∆L (apport du dernier
travailleur)

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5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
Les trois cas possibles

Relation Effet sur PML Interprétation


PmL > PML PML croissante Le dernier travailleur est
% plus productif que la moyenne
PmL = PML PML maximale Le dernier travailleur a
Maximum exactement la productivité moyenne
PmL < PML PML décroissante Le dernier travailleur est
& moins productif que la moyenne

Règle fondamentale
La productivité marginale tire la productivité moyenne :
I Si PmL > PML : la moyenne augmente
I Si PmL < PML : la moyenne diminue
I Si PmL = PML : la moyenne est à son maximum

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5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
Analogie : Les notes d’un étudiant

Exemple : Moyenne des notes


Un étudiant a une moyenne de 12/20 sur 3 examens. Il passe un
4ème examen.

Cas 1 Cas 2 Cas 3


Note = 15/20 Note = 12/20 Note = 8/20
15 > 12 12 = 12 8 < 12
Moyenne augmente Moyenne stable Moyenne diminue
Pm > PM Pm = PM Pm < PM
⇒ PM % ⇒ PM max ⇒ PM &
Même logique pour la productivité :
La productivité marginale tire la productivité moyenne dans
sa direction

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5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
Exemple numérique : Vérification de la relation

L PT PML PmL Évolution de PML


1 20 20 20 -
2 50 25 30 Pm > PM : PM %
3 90 30 40 Pm > PM : PM %
4 120 30 30 Pm = PM : PM max
5 140 28 20 Pm < PM : PM &
6 150 25 10 Pm < PM : PM &
7 155 22.1 5 Pm < PM : PM &

Observations :
I Tant que PmL > PML (L = 2, 3) : PML augmente (20 → 25
→ 30)
I Quand PmL = PML (L = 4) : PML atteint son maximum (30)
I Dès que PmL < PML (L ≥ 5) : PML diminue (28 → 25 →
22.1)
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
5. Relation Productivité marginale et Productivité moyenne
Représentation graphique

40 PML
PmL
PmL = PML
30
Productivités

PM %

PML maximum PM &

20
Pm > PM

Pm < PM
10

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Travail (L)
Propriétés graphiques :
I PmL coupe PML au maximum de PML
I Avant l’intersection : PmL au-dessus de PML
I Après l’intersection : PmL au-dessous de PML
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6. Équilibre du producteur à court terme
Question centrale
Comment le producteur rationnel détermine-t-il la quantité optimale
de facteur variable (L) à utiliser pour maximiser son profit ?

Objectif du producteur
Maximiser le profit : Π = RT − CT
Rappels :
I À court terme : Capital fixe (K ), Travail variable (L)
I Recette Totale : RT = P × Q
I Coût Total : CT = w × L + r × K
I Profit : Π = P × Q − (w × L + r × K )

L’équilibre est le niveau optimal de L qui maximise le


profit

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Application : Chapitre 2 - Comportement du producteur à
CT
Situation
Une entreprise de confection possède 4 machines à coudre (capital
fixe : K = 4). Elle produit des pantalons et fait varier le nombre de
couturières employées. Le tableau suivant donne la production totale
quotidienne observée.
L PT
(couturières) (pantalons/jour) Questions :
0 0 1. Calculer PML et PmL
1 12 2. Identifier les phases de
2 30 rendements marginaux
3 54 3. Délimiter les 3 zones
4 72 économiques
5 85 4. À quel niveau de L la PML
6 93 est-elle maximale ?
7 98 5. Vérifier que PmL = PML au
8 100 maximum de PML
9 99
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Application : Correction
Question 1 : Calcul de PML et PmL
PT ∆PT
L PT ∆PT PML = L
PmL = ∆L
0 0 - - -
1 12 12 12 12
2 30 18 15 18
3 54 24 18 24
4 72 18 18 18
5 85 13 17 13
6 93 8 15.5 8
7 98 5 14 5
8 100 2 12.5 2
9 99 -1 11 -1

Formules utilisées :
I Productivité moyenne : PML = PTL
I Productivité marginale : PmL = ∆PT
∆L = PTn − PTn−1
Observations préliminaires :
I PmL maximale à L = 3 : PmL = 24
I PML maximale à L = 4 : PML = 18
I PmL devient négative à L = 9
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Application : Correction
Question 2 : Phases de rendements marginaux
L PT PmL Phase de rendement
0 0 - -
1 12 12
Rendements CROISSANTS
2 30 18
3 54 24 PmL maximale
4 72 18
5 85 13
6 93 8 Rendements DÉCROISSANTS
7 98 5
8 100 2
9 99 -1 Rendements NÉGATIFS
Analyse :
I Phase 1 - Rendements croissants (L = 1 à 3) :
I Meilleure utilisation du capital (4 machines)
I Spécialisation et division du travail
I Phase 2 - Rendements décroissants (L = 4 à 8) :
I Capital commence à être saturé
I Loi des rendements marginaux décroissants vérifiée
I Phase 3 - Rendements négatifs (L = 9) :
I Trop de couturières pour 4 machines
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Application : Correction
Question 3 : Délimitation des zones économiques
L PT PML PmL Zone économique
1 12 12 12
2 30 15 18 Zone 1 - INCITATION
3 54 18 24
4 72 18 18 Frontière Zone 1/2 (PmL = PML )
5 85 17 13
6 93 15.5 8 Zone 2 - RENTABILITÉ
7 98 14 5
8 100 12.5 2 Limite Zone 2
9 99 11 -1 Zone 3 - PERTE

1. Zone 1 - Incitation (L = 1 à 3) :
I PmL > PML : 12 > 12, 18 > 15, 24 > 18
I PML croissante : 12 → 15 → 18
I Zone irrationnelle : il faut augmenter L
2. Zone 2 - Rentabilité (L = 5 à 8) :
I 0 < PmL < PML
I PML décroissante
I Zone rationnelle : zone de production optimale
3. Zone 3 - Perte (L = 9) :
I PmL < 0 : production diminue
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Application : Correction
Questions 4 et 5 : Maximum de PML et relation PmL /PML
Question 4 : À quel niveau de L la PML est-elle maximale ?
En observant les valeurs de PML :
L 1 2 3 4 5 6 7 8
PML 12 15 18 18 17 15.5 14 12.5
Réponse : PML est maximale à L = 4 couturières avec
PML = 18 pantalons/couturière
Question 5 : Vérifier que PmL = PML au maximum de PML
ÀL =4:
I PM4 = 724 = 18 pantalons/couturière
I Pm4 = 72 − 54 = 18 pantalons
I Vérification : Pm4 = PM4 = 18 3
Conclusion
La relation théorique PmL = PML ⇔ PML maximale est vérifiée.
De plus, ce point marque la frontière entre la Zone 1 (Incitation) et
la Zone 2 (Rentabilité).
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Chapitre 3 : Le comportement du producteur à long terme
Objectif du chapitre
Analyser le comportement du producteur à long terme lorsque tous
les facteurs de production sont variables : choix optimal de la com-
binaison de facteurs, contrainte budgétaire, équilibre et rendements
d’échelle.
Au programme :
1. Comment produire à long terme ?
2. Courbe « isoquante » de production
3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
4. Droite d’isocoût et contrainte des coûts
5. Équilibre du producteur à long terme
6. Sentier d’expansion
7. Les rendements d’échelle

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
Du Court Terme au Long Terme
Chapitre 2 → Chapitre 3

Court Terme (Ch. 2) Long Terme (Ch. 3)


I Capital FIXE : K
I Capital VARIABLE : K
I Travail VARIABLE : L
I Travail VARIABLE : L
I Q = f (L, K )
I Q = f (L, K )
I Une seule décision :
I Double décision : L et K
combien de L ?
I Choix de combinaison
I Productivités, rendements
optimale
décroissants
Nouvelle question : Comment combiner L et K de
manière optimale ?
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
3. Comment produire à long terme ?
Question fondamentale
À long terme, le producteur peut modifier tous ses facteurs de pro-
duction. Comment doit-il choisir la combinaison optimale de travail
(L) et de capital (K) ?

Différence majeure avec le court terme :


I Court terme : Une seule variable (L), K fixe
I Question : Combien de travailleurs embaucher ?
I Long terme : Deux variables (L et K)
I Question : Quelle combinaison (L, K) choisir ?

Nouveau problème du producteur


Pour produire une quantité Q donnée, le producteur a plusieurs
combinaisons possibles de L et K. Il doit choisir celle qui minimise
ses coûts.
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Comment produire à long terme ?
La flexibilité du long terme
À long terme, tous les facteurs sont variables :

Travail (L) Exemple : Boulangerie


Court terme (1 mois) :
I Embaucher ou licencier
I 2 fours (fixe)
I Modifier les heures de travail
I Peut embaucher 3, 4 ou 5
I Ajuster la qualification
boulangers
I Variable
Long terme (2 ans) :
Capital (K) I Peut acheter 1, 2, 3 ou 4
I Acheter de nouvelles fours
machines I Peut embaucher 2 à 10
I Vendre des équipements boulangers
I Agrandir l’usine I Flexibilité totale
I Variable
Le producteur choisit la combinaison (L, K) qui maximise
son efficacité
Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Comment produire à long terme ?
Substituabilité des facteurs de production

Concept clé : Substituabilité


À long terme, le producteur peut substituer un facteur à un autre
pour produire la même quantité.
Deux approches pour produire Q = 100 unités :

Méthode Travail (L) Capital (K) Caractéristique


Intensive en travail 20 travailleurs 2 machines Beaucoup de L
Peu de K
Intensive en capital 5 travailleurs 10 machines Peu de L
Beaucoup de K
Équilibrée 10 travailleurs 5 machines Moyenne

Question
Quelle combinaison choisir ? → Celle qui minimise le coût total

Pr J. LAAMIRE Microéconomie 2
1. Comment produire à long terme ?
Les deux décisions du producteur
Le producteur à long terme fait face à deux décisions :
1. COMBIEN produire ? (Niveau de production Q)
I Dépend de la demande du marché
I Dépend du prix de vente P
I Objectif : maximiser le profit

2. COMMENT produire ? (Combinaison L et K)


I Dépend des prix des facteurs (w pour L, r pour K)
I Dépend de la technologie disponible
I Objectif : minimiser le coût pour un niveau Q donné

Problème d’optimisation à long terme

Choisir (L∗ , K ∗ ) qui minimise CT = w · L + r · K


sous contrainte de produire Q = f (L, K )
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1. Comment produire à long terme ?
Exemple : Plusieurs façons de produire
Situation
Une entreprise veut produire Q = 100 unités. Salaire w = 1000
DH, Coût du capital r = 500 DH.
Différentes combinaisons possibles :
Combinaison L K Q Coût Total
A 25 2 100 25(1000) + 2(500) = 26 000 DH
B 15 5 100 15(1000) + 5(500) = 17 500 DH
C 10 10 100 10(1000) + 10(500) = 15 000 DH
D 5 20 100 5(1000) + 20(500) = 15 000 DH
E 2 40 100 2(1000) + 40(500) = 22 000 DH
I Toutes les combinaisons produisent Q = 100
I Combinaisons C et D sont optimales (coût minimal = 15 000 DH)
I Combinaison A : trop intensive en travail (coûteux)
I Combinaison E : trop intensive en capital (coûteux)
Conclusion
w
Le choix optimal dépend des prix relatifs des facteurs r
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1. Comment produire à long terme ?
La fonction de production à long terme
Rappel : Fonction de production

Q = f (L, K )
Relation technique entre les quantités de facteurs (L, K) et la
production maximale (Q)

Formes usuelles de fonctions de production :


1. Cobb-Douglas : Q = A · Lα · K β
I Facteurs substituables
I Exemple : Q = 10 · L0.5 · K 0.5
2. Leontief (proportions fixes) : Q = min{ La , Kb }
I Facteurs complémentaires parfaits
I Exemple : Q = min{L, 2K } (1 chauffeur pour 1 camion)
3. Linéaire (substituts parfaits) : Q = aL + bK
I Facteurs parfaitement substituables
I Exemple : Q = 2L + 3K
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1. Comment produire à long terme ?
Les contraintes du producteur
Le producteur fait face à deux contraintes principales :
1. Contrainte technique : La fonction de production
I Q = f (L, K ) limite les possibilités de production
I Dépend de la technologie disponible
I Définit les combinaisons techniquement réalisables
2. Contrainte budgétaire : Le coût des facteurs
I Coût total : CT = w · L + r · K
I w = salaire (coût du travail)
I r = loyer/intérêt (coût du capital)
I Budget limité : C0 = w · L + r · K
I Définit les combinaisons financièrement accessibles

Optimisation sous contraintes


Le producteur doit trouver la combinaison (L, K) qui :
I Respecte la contrainte technique (produire Q)
I Respecte la contrainte budgétaire (minimiser CT)
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1. Comment produire à long terme ?
Objectifs et stratégies
Deux formulations équivalentes du problème :

Problème 2 : Maximisation de
Problème 1 : Minimisation du la production
coût
Objectif :
Objectif :
Maximiser Q = f (L, K )
Minimiser CT = w · L + r · K
Sous contrainte :
Sous contrainte :
Budget C0 = w · L + r · K
Produire Q0 = f (L, K )
« Produire le maximum avec un
« Produire Q au moindre coût »
budget donné »

Ces deux approches conduisent au même équilibre


optimal

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2. Courbe « isoquante » de production
Question centrale
Comment représenter graphiquement toutes les combinaisons de tra-
vail (L) et de capital (K) qui permettent de produire une même
quantité Q ?

Outil graphique : L’isoquante


Une isoquante (ou courbe d’isoproduit) est une courbe qui repré-
sente toutes les combinaisons de facteurs (L, K) permettant de pro-
duire le même niveau de production Q.
Terminologie :
I Iso = même
I Quante = quantité
I Isoquante = même quantité

L’isoquante est l’équivalent pour le producteur de la


courbe d’indifférence pour le consommateur

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2. Courbe « isoquante » de production
Définition
Définition
Une isoquante est le lieu géométrique des combinaisons de facteurs
de production (L, K) qui permettent d’obtenir un niveau de produc-
tion donné Q0 .
Équation d’une isoquante :
f (L, K ) = Q0
où Q0 est une constante (niveau de production donné)
Interprétation :
I Chaque point (Li , Ki ) sur l’isoquante produit la même quantité Q0
I Le producteur est indifférent entre ces combinaisons du point de
vue technique
I Le choix entre ces combinaisons dépendra du coût
Exemple
Si Q = 2L0.5 K 0.5 et Q0 = 20, alors l’isoquante est :
2L0.5 K 0.5 = 20 ou encore K = 100
L
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2. Courbe « isoquante » de production
Représentation graphique
12

A
10

8
Capital (K)

6
B

4 C Q0 = 20

2
D

0
0 2 4 6 8 10 12
Travail (L)
Interprétation :
I Tous les points A, B, C, D produisent Q0 = 20 unités
I Point A : beaucoup de K, peu de L (intensive en capital)
I Point D : peu de K, beaucoup de L (intensive en travail)
I Le producteur peut choisir n’importe quel point sur l’isoquante
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2. Courbe « isoquante » de production
Propriétés fondamentales
Les isoquantes possèdent quatre propriétés importantes :
1. Décroissantes
I Pente négative : si L augmente, K doit diminuer pour garder Q
constant
I Reflète la substituabilité des facteurs
2. Convexes par rapport à l’origine
I La pente (en valeur absolue) diminue quand on se déplace vers
la droite
I Reflète le taux marginal de substitution décroissant
3. Ne se coupent jamais
I Deux isoquantes différentes ne peuvent pas avoir de point
commun
I Sinon : contradiction (même combinaison = deux niveaux de
production différents)
4. Isoquantes plus éloignées = production plus élevée
I Plus on s’éloigne de l’origine, plus Q est élevé
I Plus de L et K ⇒ plus de production
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2. Courbe « isoquante » de production
Illustration graphique des propriétés

12

10

8
Capital (K)

6
Q3 = 30
Q croissant
4
Q2 = 20
2 Q1 = 10

0
0 2 4 6 8 10 12
Travail (L)

I Pentes négatives (décroissantes)


I Convexes (courbure vers l’origine)
I Ne se coupent pas
I Q1 < Q2 < Q3 : production croissante en s’éloignant de l’origine
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2. Courbe « isoquante » de production
Carte d’isoquantes
Définition
Une carte d’isoquantes est l’ensemble des isoquantes représentant diffé-
rents niveaux de production dans le même graphique.
10

8
Capital (K)

4 Q = 40
Q = 35
Q = 30
Q = 25
2 Q
Q
=
=
20
16
Q = 12
Q = 8

0
0 2 4 6 8 10 12 14
Travail (L)
Utilité de la carte d’isoquantes :
I Visualiser tous les niveaux de production possibles
I Comparer différentes stratégies de production
I Analyser l’expansion de la production
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2. Courbe « isoquante » de production
Types d’isoquantes
La forme des isoquantes dépend du degré de substituabilité
entre L et K :

Substituabilité Complémentaires
Substituts parfaits
normale parfaits
K

K
L
L L

Q = aL + bK
Q = Lα K β Q = min{aL, bK }
Droites
Convexes Angle droit

Type Forme Exemple


Substituts parfaits Droites Énergie : gaz ou électricité
Normale (Cobb-Douglas) Convexes Production manufacturière
Complémentaires parfaits Angle droit 1 chauffeur + 1 camion

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2. Courbe « isoquante » de production
Exemple : Construction d’une isoquante
Situation
Fonction de production : Q = 2L0.5 K 0.5 . Construire l’isoquante
pour Q0 = 20 unités.
Étape 1 : Équation de l’isoquante
2L0.5 K 0.5 = 20

L0.5 K 0.5 = 10
100
K=
L
Étape 2 : Tableau de valeurs
L 1 4 10 25 50 100
K 100 25 10 4 2 1
Q 20 20 20 20 20 20
Observations :
I Toutes les combinaisons produisent Q = 20
I Quand L augmente, K diminue (substituabilité)
I Relation hyperbolique typique de Cobb-Douglas
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2. Courbe « isoquante » de production
Analogie : Isoquante vs Courbe d’indifférence

Élément Consommateur Producteur


Courbe Courbe d’indifférence Isoquante
Axes Bien X, Bien Y Travail L, Capital K
Signification Même utilité U Même production Q
Équation U(X , Y ) = U0 f (L, K ) = Q0
Pente TMS (Taux Marginal TMST (Taux Marginal
de Substitution) de Substitution Technique)
Propriétés Décroissante, convexe, Décroissante, convexe,
ne se coupent pas ne se coupent pas
Objectif Maximiser utilité Minimiser coût
sous contrainte budget pour produire Q
Les isoquantes sont l’outil graphique du producteur, exactement comme
les courbes d’indifférence sont l’outil du consommateur. Les concepts
sont parfaitement symétriques.
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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Question centrale
Comment mesurer la pente d’une isoquante ? Quelle est la significa-
tion économique de cette pente ?

Concept clé : Le TMST


Le Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) mesure
le taux auquel le producteur peut substituer un facteur à un autre
tout en maintenant le même niveau de production.

Question économique :

Si le producteur augmente L de 1 unité, de combien


doit-il réduire K
pour maintenir la production Q constante ?

Notation : TMSTL,K ou TMST


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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Définition
Définition
Le Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) est la
quantité de capital (K) que le producteur doit abandonner pour aug-
menter le travail (L) d’une unité, tout en maintenant la production
constante.
Formule (variation discrète) :
∆K
TMSTL,K = −
∆L Q=Q0
Formule (variation infinitésimale) :

dK
TMSTL,K = −
dL Q=Q0
Interprétation :
I Le TMST est la valeur absolue de la pente de l’isoquante
I Le signe négatif indique que K et L varient en sens inverse
I Le TMST est toujours positif (par convention)
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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Relation avec les productivités marginales
Lien fondamental entre TMST et productivités marginales :
Le long d’une isoquante, la production reste constante : dQ = 0
Or, la différentielle totale de Q est :
∂Q ∂Q
dQ = · dL + · dK = 0
∂L ∂K
PmL · dL + PmK · dK = 0
D’où : PmL · dL = −PmK · dK
dK PmL
=−
dL PmK
Formule importante

dK PmL
TMSTL,K = − =
dL PmK
Interprétation : Le TMST est le rapport des productivités marginales
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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Interprétation économique
PmL
Formule : TMSTL,K = PmK

Interprétation
I Numérateur PmL : Ce qu’on gagne en augmentant L de 1 unité
I Dénominateur PmK : Ce qu’on perd en réduisant K de 1 unité
I TMST : Nombre d’unités de K à abandonner pour compenser 1
unité de L supplémentaire

Exemple numérique
Si PmL = 10 et PmK = 5, alors :
10
TMST = =2
5
Signification : Pour augmenter L de 1 unité, il faut réduire K de 2
unités pour maintenir Q constant.
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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Loi du TMST décroissant
Loi du TMST décroissant
Le long d’une isoquante, lorsque L augmente et K diminue, le TMST
diminue. C’est-à-dire qu’il faut renoncer à de moins en moins de K
pour obtenir une unité supplémentaire de L.
Raison économique :
I Quand L augmente : PmL diminue (rendements décroissants)
I Quand K diminue : PmK augmente (K devient plus rare, plus
précieux)
I Donc : TMST = PmPmL
K
diminue
Conséquence graphique :
I Les isoquantes sont convexes par rapport à l’origine
I La pente (en valeur absolue) diminue quand on se déplace vers la
droite
Le TMST décroissant reflète la difficulté croissante de
substituer K par L

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3. Taux marginal de substitution technique (TMST)
Exemple numérique
Fonction de production
Q = 4L0.5 K 0.5 , avec Q0 = 40 unités
Étape 1 : Calculer les productivités marginales r
∂Q −0.5 0.5 K 0.5 K
PmL = = 4 × 0.5 × L × K = 2 0.5 = 2
∂L L L
r
∂Q L 0.5 L
PmK = = 4 × 0.5 × L0.5 × K −0.5 = 2 0.5 = 2
∂K K K
Étape 2 : Calculer le TMST q
K
PmL 2 L K
TMST = = q =
PmK 2 L L
K
Étape 3 : Application numérique
Pour (L = 4, K = 25) : 25
TMST = = 6.25
4
Le producteur doit abandonner 6.25 unités de K pour augmenter L de 1
unité
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Application : TMST
Énoncé
Situation
Une entreprise a la fonction de production Q = 6L0.6 K 0.4 . Elle pro-
duit Q0 = 120 unités en utilisant L = 10 travailleurs et K = 20
machines.

Questions :

1. Calculer la productivité marginale du travail (PmL ) et la


productivité marginale du capital (PmK ) au point
(L = 10, K = 20)
2. Calculer le TMST au point (L = 10, K = 20)
3. Interpréter la valeur du TMST obtenue
4. Si l’entreprise augmente L de 1 unité (à L = 11), de combien
doit-elle réduire K pour maintenir Q = 120 ?
5. Vérifier que le TMST diminue quand L augmente (calculer le
TMST en L = 15, K =?)
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Application : Correction
Questions 1 et 2
Données : Q = 6L0.6 K 0.4 , Point actuel : (L = 10, K = 20), Q0 = 120

Question 1 : Calculer PmL et PmK


Formules générales :
∂Q K 0.4
PmL = = 6 × 0.6 × L−0.4 × K 0.4 = 3.6 × 0.4
∂L L
∂Q L0.6
PmK = = 6 × 0.4 × L0.6 × K −0.6 = 2.4 × 0.6
∂K K
Application numérique au point (L = 10, K = 20) :
200.4 3.314
PmL = 3.6 × 0.4 = 3.6 × = 3.6 × 1.319 ≈ 4.75
10 2.512
100.6 3.981
PmK = 2.4 × = 2.4 × = 2.4 × 0.533 ≈ 1.28
200.6 7.464
Question 2 : Calculer le TMST
PmL 4.75
TMST = = ≈ 3.71
PmK 1.28

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Application : Correction
Questions 3, 4 et 5
Question 3 : Interpréter le TMST = 3.71
Pour augmenter le travail de 1 unité tout en maintenant la production à
Q = 120, l’entreprise doit réduire le capital de 3.71 unités. Autrement
dit : 1 travailleur supplémentaire peut remplacer environ 3.71 machines.
Question 4 : Réduction de K si L passe de 10 à 11
∆K ≈ −TMST × ∆L = −3.71 × 1 = −3.71
L’entreprise doit réduire K d’environ 3.71 unités : K ≈ 20 − 3.71 = 16.29
Question 5 : Vérification du TMST décroissant
Pour L = 15, on cherche K tel que Q = 120 :
6 × 150.6 × K 0.4 = 120
120
K 0.4 = = 3.35
6 × 5.97
K ≈ 12.14
TMST en (15, 12.14) :
PmL 3.6 × (12.14/15)0.4
TMST = = ≈ 2.43
PmK 2.4 × (15/12.14)0.6
Vérification : TMST diminue de 3.71 à 2.43 3 (loi du TMST décroissant)
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