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LEÇON X
L’ÉGLISE (Deuxième partie)
I – LE PAPE
Parce qu’Elle est une société visible, l’Église doit avoir un chef visible. Or, Notre
Seigneur, quoiqu’Il reste avec nous jusqu’à la consommation des siècles, n’est plus visible
depuis son Ascension dans la gloire. Il a donc établi un représentant visible de son Autorité :
c’est le pape.
a) Définition : Le pape est le successeur de Saint Pierre, le représentant de Notre
Seigneur, le chef visible de l’Église.
- Notre Seigneur a promis à Saint Pierre qu’Il lui confierait tout son troupeau : ̏ Et Moi, Je te
dis que tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai mon Église ̏ (Matthieu XVI, 18) ;
- Il a tenu sa promesse le soir de sa Résurrection en lui confiant cette charge : ̏ Pais mes
agneaux…̏, ̏ Pais mes brebis… ̏ (Jean XXI, 15-17) ;
- Le successeur de Saint Pierre est toujours l’évêque de Rome, dans la même charge occupée
25 ans par Saint Pierre, il est élu par ses curés, appelés ̏ cardinaux ̏ au cours d’un conclave.
b) Les pouvoirs du pape : Ils sont les mêmes que ceux de l’Église tout entière et donc
ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. Ces pouvoirs sont triples :
LE CHRIST EST : L’EGLISE A LE POUVOIR DE :
Roi → → gouverner = Gouvernement
Juridiction
Pouvoirs Prophète → → enseigner = le Magistère
Prêtre → sanctifier = l’Ordre
On appelle juridiction les deux pouvoirs d’enseigner et de gouverner (tout ce qui
n’est pas l’ordre) :
- l’Ordre se transmet par un sacrement = pouvoir physique des diacres, des
prêtres et des évêques et ne peut donc leur être enlevé ;
- la Juridiction est habituellement donnée par le supérieur et peut être enlevée
par lui mais elle est extraordinairement donnée par le droit lui-même : exemple = en cas de
danger de mort ou de grave nécessité.
Le Pape a ces trois pouvoirs sur l’Église tout entière, l’évêque sur son seul diocèse, le curé
sur sa paroisse.
c) Le Pape peut-il se tromper ?
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Oui, sauf quand il prend quatre précautions, par lesquelles il est alors la voix de l’Eglise et
devient infaillible comme Elle. Il faut donc conjointement :
- qu’il parle comme Pape, pasteur suprême de l’Eglise ;
- qu’il s’adresse à toute l’Église ;
- qu’il enseigne la Foi ou les mœurs ;
- qu’il ait l’intention d’obliger tous les fidèles (exemple = l’ultime document
infaillible est le document de Jean-Paul II sur ̏ le sacerdoce des femmes ̏).
I I- LES NOTES DE L’ÉGLISE
Notre Seigneur n’a fondé qu’une Église, qui est l’Église Catholique Romaine. Or, il
existe d’autres églises qui revendiquent, chacune, d’être de Jésus-Christ. On peut reconnaître
la véritable Église à quatre marques caractéristiques, ̏ propres ̏ ou ̏ notes ̏, qui n’appartiennent
vraiment qu’à Elle. Elles sont dans le credo : l’Eglise est une, sainte, catholique, apostolique.
a) L’unité : c’est la propriété de l’Église d’être une, sans division en Elle-même.
L’Église est une :
- par sa doctrine
- par ses sacrements
- par son chef unique = le pape
Remarque : Les sectes sont multiples et divisées = exemple, les protestants.
a) La sainteté : propriété de l’Eglise de faire des saints : c’est la plus caractéristique
des notes. Aucun saint n’existe en dehors d’Elle.
L’Église est sainte :
- par son fondateur, Jésus-Christ (cf. a contrario = Luther, Henri VIII,
Cérulaire) ;
- par sa doctrine (ex : unicité et indissolubilité du mariage)
- par les faits = la sainteté est le propre des fidèles de l’Eglise.
Remarque : Il n’y a pas de sainteté sans la Foi ( ̏ Sans la Foi, il est impossible de plaire à Dieu ̏
Hébreux XI, 6).
c) La catholicité : l’Église est universelle, indépendante du temps et du lieu, attachée
à aucun gouvernement, pays ou culture que ce soit. Détruite ici, elle revit là. Son caractère
surnaturel l’adapte à toute situation possible.
d) Apostolicité : l’Église se rattache à son fondateur par les Apôtres et à eux par une
succession ininterrompue d’évêques qui persévèrent :
- dans la Foi des apôtres ;
- dans l’Autorité des apôtres.
Remarque : C’est la continuité dans la Foi des Apôtres et leur reconnaissance de Pierre
qui est le formel de l’apostolicité ; la succession sacramentelle n’en est que la matière !
Conclusion : Celui qui veut savoir qu’elle est la véritable Église le peut, quelles que soient
l’époque et les crises que traverse l’Église. A certaines époques (la nôtre !) ces notes peuvent
être amoindries par le péché ; cependant, en tout temps, elles continuent depuis 2000 ans de
manifester l’essence de l’Église qui est d’être une société surnaturelle, épouse du Christ.