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Thèse Corrigée Réné

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BURKINA FASO

Unité-Progrès-Justice
*******************
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
*******************
CONSEIL NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE
*******************
UNIVERSITE SAINT THOMAS D’AQUIN

FACULTE DE MEDECINE
*******************

Année universitaire 2016-2017 Thèse n°

LESIONS TRAUMATIQUES DU GRELE :


ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES,
CLINIQUES, THERAPEUTIQUES ET
EVOLUTIFS AU CHU-YO
Thèse présentée et soutenue publiquement le à heures
Par
Komlan Mokpokpo Réné SEGNANOU
Né le 17/09/1991 à Agu-Nyogbo-Dzidzolé (TOGO)

POUR L’OBTENTION DU GRADE DE DOCTEUR EN MEDECINE


(Diplôme d’Etat)
Directeur de thèse : Président du jury :
Pr Si Simon TRAORE Dr Théodore OUEDRAOGO (M.C.A)
Co-directeur de thèse : Membres du jury :
Dr N. L. Marie OUEDRAOGO Dr Maurice ZIDA (M.C.A)
Dr Roch Justin KAFANDO

Dr N. L. Marie OUEDRAOGO
LISTE DES RESPONSABLES
ADMINISTRATIFS ET DES
ENSEIGNANTS DE L’UNIVERSITE
SAINT THOMAS D’AQUIN

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


LISTE DES RESPONSABLES ADMINISTRATIFS

1- Recteur Pr Jacques SIMPORE


2- Vice-Recteur Pr Norbert NIKIEMA
3- Doyen Pr Rambré Moumouni OUIMINGA
4- Directeur des Etudes et des Stages Dr Dieudonné OUEDRAOGO, M.C.A
5- Secrétaire Général M. Pascal TOE (In memorium)
6- Secrétaire Général Adjoint M. Prosper NIKIEMA
7- Directeur de cabinet Frère Honoré OUEDRAOGO
8- Directeur de l’Administration et des Finances M. Henri BAYIRE
9- Directeur des Affaires Académiques et Scolaires M. Bernard D. YONLI (In
memorium)
10- Directeur de la Bibliothèque Centrale M. François Xavier ILBOUDO
11- Secrétaire du Doyen Mlle Fatoumata TRAORE
12- Secrétaire à la Scolarité Mlle Djénéba BILGO

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO ii


LISTE DES ENSEIGNANTS

I- PROFESSEURS TITULAIRES
1- Rambré Moumouni OUIMINGA Anatomie
2- Robert T. GUIGUEMDE Parasitologie
3- Robert B. SOUDRE Anatomie Pathologique
4- Fallou CISSE (UCAD) Physiologie
5- Innocent Pierre GUISSOU Pharmacologie et Toxicologie
6- Blaise K. SONDO Santé Publique
7- Joseph Y. DRABO Médecine interne/Endocrinologie
8- Jean Didier ZONGO Génétique
9- Amadou TOURE (UM) Histologie-Embryologie
10- Jacques SIMPORE Génétique
11- Franco MARCHESANI (Pavie-ITALIE) Pneumo-phtisiologie
12- Jean LANKOANDE Gynécologie-Obstétrique
13- Daniel P. ILBOUDO (In memorium) Hépatologie, Gastro-entérologie
14- Adama TRAORE Dermatologie-Vénéréologie
15- Kampadilemba OUOBA Oto-rhino-laryngologie
16- Mamadou SAWADOGO Biochimie
17- Arouna OUEDRAOGO Psychiatrie
18- Patrice ZABSONRE Cardiologie
19- Jean B. KABORE Neurologie
20- Rabiou CISSE Radiodiagnostic et Imagerie Médicale
21- Rasmata OUEDRAOGO/TRAORE Bactériologie-Virologie
22- Si Simon TRAORE Chirurgie viscérale
23- Diarra YE/OUATTARA Pédiatrie
24- Adama LENGANI Néphrologie
25- Martial OUEDRAOGO Pneumo-phtisiologie
26- Olga M. GOUMBRI/LOMPO Anatomie Pathologique
27- Boubacar NACRO Pédiatrie
28- Alain BOUGOUMA Hépatologie, Gastro-entérologie
29- Nazinigouba OUEDRAOGO Anesthésie-Réanimation

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO iii


30- Lassana SANGARE Bactériologie-Virologie
31- Antoine Pascal NIAMBA Dermatologie-Vénéréologie
32- Blandine THIEBA/BONANE Gynécologie-Obstétrique
33- Joachim SANOU Anesthésie-Réanimation
34- Claudine LOUGUE/SORGHO Radiodiagnostic et Imagerie Médicale
35- Jean SAKANDE Biochimie
36- Idrissa SANOU Bactériologie-Virologie
37- Abel KABRE Neurochirurgie
38- Jean Gabriel OUANGO Psychiatrie
39- Ali OUEDRAOGO Gynécologie-Obstétrique
40- Dieu-Donné OUEDRAOGO Rhumatologie
41- Dieudonné Nonfounikoun MEDA Ophtalmologie
42- Théophile L. TAPSOBA Biophysique, Médecine nucléaire
43- André K. SAMANDOULOUGOU Cardiologie
44- Emile BANDRE Chirurgie pédiatrique
45- Fla KOUETA Pédiatrie
46- Adama SANOU Chirurgie générale
47- Apollinaire SAWADOGO Hépatologie, Gastro-entérologie

II- MAITRES DE CONFERENCES AGREGES


1- Théodore OUEDRAOGO Anatomie
2- Abel Y. BAMOUNI Radiodiagnostic et Imagerie Médicale
3- Fatou BARRO/TRAORE Dermatologie-Vénéréologie
4- Abdel Karim SERME Hépatologie, Gastro-entérologie
5- Kapouni KARFO Psychiatrie
6- Daman SANO Chirurgie viscérale
7- Françoise D. MILLOGO/TRAORE Gynécologie-Obstétrique
8- Elie KABRE Biochimie
9- Eléonore KAFANDO Hématologie biologique
10- Christophe Songahir DA Orthopédie-Traumatologie
11- Barnabé ZANGO Urologie

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO iv


12- Dieudonné OUEDRAOGO Stomatologie/Chirurgie maxillo-faciale
13- Sheick Oumar COULIBALY Parasitologie
14- Séni KOUANDA Santé publique
15- Nicolas MEDA Santé publique
16- Ahgbatouhabeba ZABSONRE/AHNOUX Ophtalmologie
17- Roger Arsène SOMBIE Hépatologie, Gastro-entérologie
18- Assita SANOU/LAMIEN Anatomie Pathologique
19- Charlemagne OUEDRAOGO Gynécologie-Obstétrique
20- Yves TRAORE Immunologie
21- Oumar TRAORE Mathématiques-Statistiques
22- Vincent OUEDRAOGO Médecine du Travail
23- Ousséïni DIALLO Radiodiagnostic et Imagerie Médicale
24- Moussa OUEDRAOGO Pharmacologie et Toxicologie
25- Moustapha SEREME Oto-rhino-laryngologie
26- Hervé TIENO Médecine interne
27- Armel R. Flavien KABORE Anesthésie-Réanimation
28- Gisèle BADOUM/OUEDRAOGO Pneumo-Phtisiologie
29- Georges OUEDRAOGO Pneumo-Phtisiologie
30- Maurice ZIDA Chirurgie viscérale
31- Edgar OUANGRE Chirurgie générale
32- Gérard COULIBALY Néphrologie
33- Oumar GUIRA Médecine interne
34- Nina N. KORSAGA/SOME Dermatologie-Vénérologie
35- Isso OUEDRAOGO Chirurgie pédiatrique
36- Solange OUEDRAOGO/YUGBARE Pédiatrie
37- Aristide Flavien KABORE Urologie
38- Madina A. NAPON Radiodiagnostic et Imagerie Médicale
39- Carole Gilberte KYELEM Médecine interne

III- MAITRES ASSISTANTS


1- Gomtibo OUEDRAOGO (In memorium) Physique

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO v


2- Rigobert THIOMBIANO Maladies Infectieuses
3- Mathieu R. OUEDRAOGO Anglais
4- Lady Kadiatou TRAORE Parasitologie
5- Boubacar TOURE Gynécologie-Obstétrique
6- Pétronille KAFANDO Physique
7- Abdoulaye ZAN Chirurgie générale
8- Marie Antoinette TRAORE Pédiatrie
9- Blandine BILA/OUEDRAOGO Epidémiologie/Santé Publique
10- Aïssata OUEDRAOGO Pédiatrie
11- Kisito NAGALO Pédiatrie
12- Valentin N. YAMEOGO Cardiologie
13- Christian G. R. MILLOGO Cardiologie
14- Mamoudou SAVADOGO Maladies infectieuses
15- Apolline K. OUEDRAOGO/SONDO Maladies infectieuses
16- Sonia KABORET Pédiatrie
17- Aïssata KABORE Pédiatrie
18- Caroline YONABA/OKEN’GO N Pédiatrie
19- Ernest R. TRAORE Génétique

IV- ASSISTANTS
1- Serges Aimé SAWADOGO Immunologie
2- Fousseini DAO Pédiatrie
3- Wélébnoaga Norbert RAMDE Médecine légale
4- Jérôme KOULIDIATI Hématologie
5- Privat Patrice GOUMBRI Psychiatrie
6- Éric NAO Oto-rhino-laryngologie
7- Muriel S. OUEDRAOGO/OUEDRAOGO Dermatologie-Vénérologie
8- Aminata OUEDRAOGO Dermatologie-Vénérologie
9- Raphaël KABORE Neurologie
10- Adama ZIDA Parasitologie
11- Laure TOGUEYINI/TAMINI Pédiatrie

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO vi


12- Souleymane ZAN Gynécologie-Obstétrique
13- Hyacinthe ZAMANE Gynécologie-Obstétrique
14- Sibraogo KIEMTORE Gynécologie-Obstétrique
15- Yobi Alexis SAWADOGO Gynécologie-Obstétrique
16- Zébouré Yacouba ZANRE Gynécologie-Obstétrique
17- Adama OUATTARA Gynécologie-Obstétrique
18- Paul Dantola KAIN Gynécologie-Obstétrique
19- Issa OUEDRAOGO Gynécologie-Obstétrique
20- Emile OUEDRAOGO Pharmacologie
21- Hervé KPODA Raisonnement Médical
22- Mamadou CISSE Raisonnement Médical/Parasitologie
23- Joëlle ZABSONRE/TIENDREBEOGO Rhumatologie
24- Bertrand MEDA Epidémiologie/Santé Publique
25- Hermann LANOU Epidémiologie/Santé Publique
26- Roger ZERBO Epidémiologie/Santé Publique
27- Danielle YOUGBARE/BELEMSAGA Epidémiologie/Santé Publique
28- Abel BICABA Epidémiologie/Santé Publique
29- Charles KABORE Epidémiologie/Santé Publique
30- Théodora ZOHONCON Génétique
31- Nerbewendé SAWADOGO Génétique
32- Yaya BOCOUM Epidémiologie/Santé Publique
33- Frère Joseph SAWADOGO Ethique et Morale
34- Tiéba MILLOGO Epidémiologie
35- Kadiatou BONCOUNGOU/NIKIEMA Pneumologie
36- Abdoul Risgou OUEDRAOGO Pneumologie
37- Marcel SAWADOGO Parasitologie
38- Thierry GUIGUEMDE Parasitologie
39- Absatou KY/BA Bactériologie–Virologie
40- Franck GARANET Epidémiologie/Santé Publique
41- N. L. Marie OUEDRAOGO Chirurgie générale

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO vii


V- Autres
1- Madame Cécile OUEDRAOGO Anglais
2- Père François SEDOGO Sciences sociales
3- Monsieur Youssoufou MILLOGO Anglais
4- Monsieur Ismaël KONATE Economie de la santé
5- Monsieur Kisito KABORE Informatique
6- Monsieur Simon TIENDREBEOGO Bio-statistique
7- Monsieur Maurice YAMEOGO Informatique médicale

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO viii


DEDICACES

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


In memorium

A mon très cher père Kokou SEGNANOU : à toi, je dis juste merci et pardon
à tous les manquements à ton égard. Ton aptitude à travailler et à aller toujours
plus loin ne cessera jamais de nous inspirer. Tu as toujours été présent et tout ce
que tu as accompli dans ta vie tu l’as fait pour nous. Tu as souhaité voir ce jour,
mais le Seigneur en a décidé autrement. Cependant aujourd’hui encore je ressens
ta présence dans nos vies et je te dis merci pour cela. Ce jour est à toi et rien
qu’à toi. Pour tout ce que nous sommes aujourd’hui, nous te serons à jamais
reconnaissants. Merci mille fois d’avoir été un père idéal, pour tout ce que tu
fais et continueras de faire pour nous depuis là-haut. Affectueusement ton fils
bien-aimé.
A mes grand-mères
A mes oncles et tantes

A Mme Afi Sénadé Martine KEDAGNI née GBOBADA

A Maïmouna dite Oliviane Djamila KONATE

A Sylvère KABORE

A Mme Aminata KOUANDA née OUEDRAOGO

A M. Patawassi TAKPALA

A tous nos défunts

Vous avez été arrachés si prématurément de ce monde et à notre affection. Si la


mort physique est inévitable, vous survivez dans vos descendants. Vous vivrez à
jamais dans nos cœurs. Puisse Dieu vous accueillir dans son infinie miséricorde.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO x


Je dédie ce travail :

A DIEU le Père tout puissant,


Tu m’as toujours assisté dans toutes les étapes de ma vie. Merci de m’avoir
guidé toutes mes études durant. C’est par ta grâce et ton assistance que je suis
parvenu au bout de ce travail. Que toute la gloire te revienne et que ta volonté
s’accomplisse !
A ma mère chérie Adjowa MIDEDJI : Dada, tout simplement merci pour le
don de la vie. Tu nous as nourris, soignés et aimés depuis tant d’années. Nous ne
cesserons jamais de te dire merci. Encore aujourd’hui tu es là, à la fois dans le
rôle de père comme dans celui de mère. Ce document je te le dédie pour qu’il
puisse, ne serait-ce qu’un bref instant, te combler de bonheur. Encore merci pour
tout et que le Seigneur te donne la grâce d’une vie pleine de joie et d’amour à
nos côtés. Que Dieu te bénisse !
A mes très chères sœurs Xuefa Ama et Afi Enyo : ce travail est le fruit de
votre soutien indéfectible et de vos encouragements. Cultivons toujours cet
amour fraternel et puissions rester à jamais unis comme nos parents nous l’ont
toujours appris. Courage et succès dans vos vies ! Que l’Eternel vous guide en
toute chose et vous aide à réaliser vos projets !
A mon petit frère Komlanvi Martin : le chemin de la réussite n’est pas
rectiligne, mais parsemé d’embûches. J’ai tenu à te montrer la voie. Continue de
me prendre pour exemple et continue de travailler aussi dur. Que Dieu te
bénisse !
A mon oncle Sédégnan Prosper KEDAGNI : vous avez toujours manifesté un
intérêt particulier à la réussite de mes études. Vous êtes pour moi la personne
qui se rapproche le plus d’un père. Considérez ce travail comme le vôtre.
Veuillez trouver ici toute ma gratitude et toute mon affection. Que Dieu vous
bénisse !

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xi


A mes neveux Arsène et Antonio et à ma nièce Léonce : vous êtes pour moi
une fierté et une source de bonheur. Puisse ce travail vous servir d’exemple dans
la vie et que Dieu le tout puissant vous comble au-delà de vos attentes ! Tonton
vous aime.

A ma petite maman Ayawa YEBOU : je te serai à jamais reconnaissant.


Infiniment merci, et que Dieu te bénisse !

A mes grands frères Maintchi, Kokou et Koffi : vous m’avez toujours porté
au fond de vos cœurs. Je me suis efforcé de ne pas vous décevoir à travers ce
travail accompli. Merci pour tout. Que Dieu vous bénisse !
A mes beaux-frères Yves et Valentin : merci pour tout et que Dieu vous
bénisse.
A mes oncles et tantes : merci pour votre confiance, votre soutien et votre
accompagnement. Que Dieu vous bénisse vous et toutes vos familles !

A mes cousins et cousines : merci pour votre présence, votre soutien et pour
avoir toujours cru en moi. Je vous dédie ce travail. Que Dieu vous bénisse !

A tous les membres de ma famille : merci pour votre confiance, votre soutien,
votre accompagnement et vos prières. Recevez ce travail en guise de
reconnaissance. Que Dieu vous bénisse vous et toutes vos familles et vous
comble au-delà de vos espérances !

A Prisca O. Marina : je ne saurai t’exprimer en ces quelques mots tout mon


amour pour toi. Merci pour tout ton amour et pour ton indéfectible soutien. Que
Dieu te bénisse et qu’il nous donne une longue vie comblée de bonheur
ensemble !

A Mintchieb David, Marie Eric, Kodjo Elom, Jéchonias, Olivier Prudence,


Régino M. Ricardo: fidèles compagnons, je tiens à vous dire merci pour votre
précieuse amitié. Vous avez été là dans les moments les plus sombres et les plus
heureux, toujours disponibles pour me servir d’appui, de repère et de guide. Plus

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xii


que des collègues et amis, vous êtes des frères et ce travail est le vôtre. Que Dieu
veille sur vous et vos familles ; qu’il ouvre grand la porte de la réussite et du
bonheur à chacun de vous !

A Aïssatou, Aubin, Bérenger, Clarisse, César, Fabien, Murielle Farida,


Jules, Rahim, Rachidatou, Armel Rosario, Mohamed Stéphane, Diane
Eléonore, Pierre : il est vrai que nous ne sommes pas nés de la même mère,
mais vous êtes des frères et sœurs pour moi. Je vous demande pardon pour mes
manquements, et je vous dis merci pour votre soutien et que le Seigneur vous
comble de bonheur et qu’il nous donne cette grâce de toujours être ensemble !

A mes amis et promotionnaires : merci pour ces années agréables que nous
avons vécues à la faculté. Le chemin reste encore long, mais persévérons.
Restons unis, et que notre vie socioprofessionnelle soit comblée de grâce. Que
Dieu vous bénisse !

A mes ainés de la première, deuxième et troisième promotion de médecine


de l’USTA, à mes cadets de l’USTA.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xiii


REMERCIEMENTS

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


Au terme de ce travail, mes remerciements s’adressent en premier lieu à mes
Professeurs et enseignants à qui j’exprime mes sentiments de profonde gratitude
pour m’avoir encadré tout au long de ma formation.

Au Pr Si Simon TRAORE,

Chef de service de chirurgie générale et digestive du Centre Hospitalier


Universitaire Yalgado OUEDRAOGO, notre Maître et Directeur de thèse.
Malgré vos multiples occupations, vous n’avez ménagé aucun effort pour
l’aboutissement de ce travail. Merci pour votre simplicité et votre disponibilité.

Au Dr N. L. Marie OUEDRAOGO,
Notre Maître et Co-directeur de thèse. Pour votre disponibilité, votre simplicité
et votre soutien pour l’élaboration de ce travail. Trouvez ici l’expression de nos
sincères remerciements.

A mes ainés : Dr Fadel SOUROKOU, Dr Achille BAYALA, Dr Clétus


YAMEOGO, Dr Fafa AHOLOU, Dr Thierry KUNAKE, Dr Auguste
ATTOH, Dr Pérrin CATRAYE …
A M. et Mme DJEREGOU
A M. et Mme EDIHE
A Mme Bibata TRAORE née SANOU
Aux familles ANITE, AGBODJINOU, BARRY, TRAORE, ZOUNGRANA

A tout le personnel du service de chirurgie générale et digestive du CHU-


YO.

Aux membres de l’Association des Ressortissants Togolais de l’Université


Saint Thomas d’Aquin (ARTU).

Que chacun trouve ici le fruit de ses efforts.

Au Burkina Faso, ma terre adoptive et d’accueil. Merci.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xv


Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux dont j’ai omis de citer le nom et qui de
près ou de loin m’ont apporté leur soutien. Merci infiniment.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xvi


HOMMAGE A NOS MAITRES ET
JUGES

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


A notre honorable Maître et Directeur de thèse
Professeur Si Simon TRAORE
Vous êtes :
 Professeur Titulaire en chirurgie générale et digestive à L’UFR/SDS
de l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO ;

 Chef de service de la chirurgie générale et digestive du CHU-YO ;

 Directeur des stages du DES de chirurgie générale et digestive ;

 Chevalier de l’ordre national ;

 Chevalier des Palmes Académiques.

Cher maître,
Vous avez accepté de diriger ce travail malgré vos nombreuses sollicitations.
C’est grâce à vos directives rigoureuses, vos conseils judicieux, votre
disponibilité permanente, et votre souci du travail bien accompli que ce
document a pu voir le jour. Nous avons eu le privilège de bénéficier de votre
enseignement au cours de notre formation. Votre rigueur dans le travail, votre
engagement pour des études de médecine de qualité, vos immenses
connaissances scientifiques et vos qualités humaines forcent l’admiration de
tous. Nous espérons avoir été à la hauteur de vos attentes dans la réalisation de
ce travail. Cher maître, qu’il nous soit permis de vous exprimer notre
admiration, notre gratitude et notre profond respect.

Que Dieu Tout puissant vous bénisse, vous et votre famille et vous comble
de sa grâce immense. Amen

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xviii


A notre honorable Maître et Président du jury
Docteur Théodore OUEDRAOGO
Vous êtes:
 Maître de Conférence Agrégé en Anatomie Humaine et en
Organogenèse à l’Unité de Formation et de Recherche en Science De
la Santé (UFR/SDS) de l’Université Ouaga I professeur Joseph KI-
ZERBO ;
 Chirurgien des hôpitaux;

 Ancien interne des hôpitaux de Dakar ;

 Chirurgien-chef de la polyclinique Notre Dame de la Paix ;

 Chevalier de l’Ordre national ;

 Chevalier des Palmes académiques.

Cher maître,
Nous vous sommes très reconnaissant, d’avoir accepté de présider ce jury de
thèse et ce malgré vos innombrables tâches. Cela nous touche énormément et
humblement merci. Vous êtes des maîtres qui nous ont impressionné durant
toutes nos études médicales à travers vos enseignements, vos qualités
scientifiques, votre compétence et surtout vos qualités humaines. Votre abord
facile, votre courtoisie et votre simplicité forcent l’admiration de tous.
Présider ce jury de thèse est un grand privilège.
Trouvez ici cher maître notre profond respect et notre gratitude.
Que Dieu Tout puissant vous comble de grâce en abondance et vous bénisse.
Amen

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xix


A notre honorable Maître et Juge
Docteur Maurice ZIDA
Vous êtes:
 Maître de Conférence Agrégé en chirurgie viscérale à l’UFR/SDS de
l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO ;

 Chirurgien général et viscéral au Centre Hospitalier Universitaire


Yalgado OUEDRAOGO ;

 Chef de l’unité d’hospitalisation du service de chirurgie générale et


digestive ;

 Colonel major des forces armées nationales ;

 Chevalier de l’ordre national.

Cher maître,
Permettez-nous de vous témoigner toute notre gratitude pour avoir
spontanément accepté de prendre part à ce jury de thèse malgré vos multiples
sollicitations. Nous avons bénéficié de votre encadrement au cours de notre
formation.
Nous avons été impressionné par votre rigueur scientifique et technique, votre
ardeur au travail et votre souci constant dans la formation de vos étudiants.
Trouvez ici cher maître l’expression de notre profond respect.
Que Dieu vous accorde une longue vie, à vous et à votre famille. Amen.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xx


A notre honorable Maître et Juge
Docteur Roch Justin KAFANDO
Vous êtes :
 Chirurgien dans le service de chirurgie générale et digestive du
Centre Hospitalier Universitaire Yalgado OUEDRAOGO ;
 Chef de l’unité du bloc opératoire.

Cher maitre,

Nous sommes très honoré de vous avoir dans notre jury et de pouvoir bénéficier
de votre apport pour l’amélioration de ce travail.

Nous vous prions d’accepter cher Maître, notre sincère reconnaissance et notre
respectueuse considération.

Que Dieu vous comble de ses grâces, vous et votre famille et qu’il vous
guide tout au long de votre carrière.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxi


A notre honorable Maître et Co-directeur de thèse
Docteur N. L. Marie OUEDRAOGO
Vous êtes :
 Religieuse de la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception
de Ouagadougou ;

 Assistante en chirurgien générale ;

 Chirurgienne permanente à l’Hôpital Saint Camille de


Ouagadougou ;

 Agent administratif à l’USTA.

Cher maître,
Nous sommes particulièrement sensible à l’honneur que vous nous faites en
acceptant de codiriger ce travail.
Veuillez accepter, cher maître, nos chaleureux remerciements et l’expression de
notre profonde reconnaissance.

Puisse Dieu Tout puissant vous combler de ses riches bénédictions ainsi
qu’à votre famille. Amen

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxii


SIGLES ET ABREVIATIONS

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


SIGLES ET ABREVIATIONS

% : pour cent

/mm3 : par millimètre cube

°C : degré Celsius

µmol/L : micromole par litre


0
/00 : pour mille

ASP : Abdomen Sans Préparation

BNSP : Brigade nationale des sapeurs-pompiers

cc : millilitre

CHR : Centre Hospitalier Régional

CHU : Centre Hospitalier Universitaire

CHUP-CDG : Centre Hospitalier Universitaire Pédiatrique Charles De Gaules

CHU-YO : Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo

cm/min : centimètre par minute

CMA : Centre Médicale avec Antenne Chirurgicale

CSPS : Centre de Santé et Promotion Sociale

ENSP : Ecole Nationale de la Santé Publique

FAF : Femme au foyer

g/dL : gramme par décilitre

GS-RH : Groupe Sanguin- Rhésus

Hb : Hémoglobine

Km² : kilomètre carré

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxiv


ml : millilitre

mmHg : millimètre de mercure

mmol/L : millimole par litre

NFS : Numération Formule Sanguine

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

PLP : Ponction Lavage du Péritoine

RL : Ringer lactate

SAT : Sérum antitétanique

SGI : Sérum glucosé isotonique

SSI : Sérum salé isotonique

TA : Tension artérielle

TDM : Tomodensitométrie

UFR/SDS : Unité de Formation et de Recherche en Sciences de la Santé

USTA : Université Saint Thomas D’Aquin

VAT : Vaccin antitétanique

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxv


LISTES DES FIGURES ET
TABLEAUX

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Les quadrants de l’abdomen . ............................................................... 6
Figure 2 : Vue antérieure de l’étage sous-mésocolique de l’abdomen . ............... 7
Figure 3 : Vue schématique de la structure du grêle . ......................................... 10
Figure 4 : Vue schématique des artères du grêle . .............................................. 15
Figure 5 : Vue schématique des veines du grêle . ............................................... 17
Figure 6: Répartition annuelle des traumatismes du grêle ................................. 54
Figure 7 : Répartition saisonnière des traumatismes grêliques . ......................... 55
Figure 8: Répartition des patients selon la tranche d’âge ................................... 56

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxvii


LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Siège et mécanismes d’absorption des différents nutriments . ......... 22


Tableau II: Répartition des patients selon le statut socioprofessionnel . ............ 57
Tableau III: Répartition des patients en fonction de leur mode d’admission . ... 57
Tableau IV: Répartition des patients en fonction du point d’impact lésionnel . 60
Tableau V: Répartition des patients en fonction des lésions extra-abdominales
associées . ...................................................................................................... 62
Tableau VI: Répartition des patients en fonction du siège des lésions sur le grêle
. ...................................................................................................................... 65
Tableau VII: Répartition des patients en fonction du nombre de lésions grêliques
. .............................................................................Erreur ! Signet non défini.
Tableau VIII: Répartition des patients en fonction des lésions intra-abdominales
associées . ...................................................................................................... 66
Tableau IX: Répartition des patients en fonction des gestes chirurgicaux . ....... 67

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxviii


AVERTISSEMENT

« Par délibération, la Faculté de Médecine de


l’USTA a arrêté que les opinions émises dans
les dissertations qui seront présentées doivent
être considérées comme propres à leurs
auteurs et qu'elle n'entend leur donner aucune
approbation ni improbation. »

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxix


TABLE DES MATIERES

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


Table des matières
INTRODUCTION ET ENONCE DU PROBLEME................................................. 1
PREMIERE PARTIE : GENERALITES .................................................................. 3
1. DEFINITIONS .................................................................................................... 4
2. RAPPELS ANATOMIQUES ............................................................................. 4
2.1. Cavité abdominale ....................................................................................... 4
2.1.1. Limites de la cavité abdominale ............................................................ 4
2.1.2. Anatomie de surface............................................................................... 5
2.1.3. Contenu de la cavité péritonéale ............................................................ 5
2.2. Anatomie descriptive de l’intestin grêle ...................................................... 6
2.2.1. Situation et orientation des anses ........................................................... 7
2.2.2. Configuration externe ............................................................................ 8
2.2.3. Structure ................................................................................................. 8
2.2.4. Moyens de fixité du jéjunum et de l’iléon ........................................... 11
2.2.5. Rapports ............................................................................................... 11
2.2.6. Vascularisation et innervation ............................................................. 12
2.3. Mésentère.................................................................................................... 18
2.3.1. Forme ................................................................................................... 18
2.3.2. Contenu ................................................................................................ 19
2.3.3. Dimensions moyennes ......................................................................... 20
3. RAPPELS PHYSIOLOGIQUES ..................................................................... 20
3.1. Digestion jéjuno-iléale................................................................................ 20
3.1.1. Phénomènes mécaniques...................................................................... 20
3.1.2. Phénomènes chimiques ........................................................................ 20
3.2. Absorption jéjuno-iléale ............................................................................. 21
4. ETIOLOGIES ET MECANISMES DES TRAUMATISMES ........................ 23
4.1. Etiologies .................................................................................................... 23
4.1.1. Contusion ............................................................................................. 23
4.1.2. Plaies pénétrantes ................................................................................. 24
4.2. Mécanismes ................................................................................................ 24
5. ANATOMIE PATHOLOGIQUE ..................................................................... 25
5.1. Contusion abdominale ............................................................................... 25
5.1.1. Les lésions pariétales ........................................................................... 25
5.1.2. Les lésions du grêle .............................................................................. 25

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxxi


5.2. Plaies abdominales .................................................................................... 26
5.2.1. Les lésions pariétales ........................................................................... 26
5.2.2. Les lésions du grêle .............................................................................. 26
6. DIAGNOSTIC ................................................................................................. 27
6.1. Patients avec instabilité hémodynamique ................................................... 27
6.2. Patients à état hémodynamique stable ........................................................ 28
6.2.1. Plaie abdominale .................................................................................. 28
6.2.2. Contusion abdominale.......................................................................... 34
6.2.3. Polytraumatisme................................................................................... 35
7. TRAITEMENT ................................................................................................ 36
7.1. But du traitement ........................................................................................ 36
7.2. Moyens thérapeutiques ............................................................................... 36
7.2.1. Traitement médical .............................................................................. 36
7.2.2. Traitement chirurgical abdominal ........................................................ 37
7.3. Indications .................................................................................................. 38
7.3.1. Lésions grêliques par contusion abdominale isolée ............................. 38
7.3.2. Lésions grêliques par plaie abdominale ............................................... 39
7.3.3. Lésions grêliques lors d’un polytraumatisme ...................................... 39
8. COMPLICATIONS POSTOPERATOIRES ................................................... 39
8.1. Complications communes aux interventions chirurgicales ........................ 40
8.2. Complications propres aux interventions sur l’abdomen ........................... 40
8.2.1. Péritonite postopératoire ...................................................................... 40
8.2.2. Abcès profonds .................................................................................... 40
8.2.3. Occlusions postopératoires .................................................................. 41
8.2.4. Complications pariétales ...................................................................... 41
8.2.5. Complications lointaines ...................................................................... 41
DEUXIEME PARTIE:NOTRE ETUDE ................................................................. 42
1. OBJECTIFS ...................................................................................................... 44
1.1. Objectif général .......................................................................................... 44
1.2. Objectifs spécifiques................................................................................... 44
2. METHODOLOGIE ........................................................................................... 46
2.1. Cadre d’étude .............................................................................................. 46
2.2. Patient et méthode ...................................................................................... 49
2.2.1. Type d’étude et période d’étude .......................................................... 49

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxxii


2.2.2. Population d’étude ............................................................................... 49
2.2.3. Définitions opérationnelles .................................................................. 50
2.2.4. Collecte des données ............................................................................ 50
2.2.5. Sources des données de la collecte ...................................................... 51
2.2.6. Variables de l’étude ............................................................................. 51
2.2.7. Traitement des données........................................................................ 51
2.2.8. Considérations éthiques et déontologiques .......................................... 52
3. RESULTATS .................................................................................................... 54
3.1. Caractéristiques sociodémographiques ...................................................... 54
3.1.1. Fréquence générale .............................................................................. 54
3.1.2. Fréquence annuelle .............................................................................. 54
3.1.3. Incidence saisonnière ........................................................................... 55
3.1.4. Sexe ...................................................................................................... 55
3.1.5. Age ....................................................................................................... 55
3.1.6. Provenance ........................................................................................... 56
3.1.7. Profession ............................................................................................. 56
3.2. Aspects cliniques et paracliniques .............................................................. 57
3.2.1. Délai de consultation ............................................................................ 57
3.2.2. Mode d’admission ................................................................................ 57
3.2.3. Circonstances de survenue ................................................................... 58
3.2.4. Diagnostic ............................................................................................ 58
3.2.5. Lésions extra-abdominales associées ................................................... 62
3.3. Traitement ................................................................................................... 63
3.3.1. Délai de prise en charge chirurgicale ................................................... 63
3.3.2. Réanimation ......................................................................................... 63
3.3.3. Traitement des lésions .......................................................................... 64
3.4. Aspects évolutifs......................................................................................... 67
3.4.1. Complications postopératoires ............................................................. 67
3.4.2. Délai de rétablissement de la continuité digestive après iléostomie .... 68
3.4.3. Durée d’hospitalisation ........................................................................ 68
3.4.4. Mortalité ...................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. DISCUSSION ET COMMENTAIRES ............................................................ 70
4.1. Limites et contraintes de l’étude................................................................. 70
4.2. Aspects sociodémographiques.................................................................... 70

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxxiii


4.2.1. Fréquence ............................................................................................. 70
4.2.2. Age ....................................................................................................... 71
4.2.3. Sexe ...................................................................................................... 71
4.2.4. Provenance ........................................................................................... 71
4.3. Aspects cliniques et paracliniques .............................................................. 72
4.3.1. Délai de consultation ............................................................................ 72
4.3.2. Circonstances de survenue ................................................................... 72
4.3.3. Tableaux cliniques ............................................................................... 73
4.3.4. Lésions extra-abdominales associées ................................................... 74
4.4. Traitement ................................................................................................... 74
4.4.1. Délai de prise en charge chirurgicale ................................................... 74
4.4.2. Aspects anatomopathologiques ............................................................ 75
4.5. Aspects évolutifs......................................................................................... 76
4.5.1. Morbidité .............................................................................................. 76
4.5.2. Durée d’hospitalisation ........................................................................ 77
4.5.3. Mortalité ............................................................................................... 77
CONCLUSION........................................................................................................ 78
SUGGESTIONS ...................................................................................................... 80
BIBLIOGRAPHIE................................................................................................... 83
ANNEXES ............................................................................................................... 90
ICONOGRAPHIE ................................................................................................... 96
SERMENT D’HIPPOCRATE................................................................................. 99
RESUME/SUMMARY ......................................................................................... 100

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO xxxiv


INTRODUCTION

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


INTRODUCTION ET ENONCE DU PROBLEME
Les lésions traumatiques du grêle ont été définies comme étant des lésions du
grêle secondaire à une contusion abdominale ou à une plaie abdominale [50].

L’OMS a défini le traumatisme comme étant un « dommage physique subi par


un corps humain lorsqu’il est brutalement soumis à des quantités d’énergie
(mécanique, thermique, chimique, rayonnée) qui dépassent le seuil de tolérance
physiologique ou privé d’un ou de plusieurs éléments vitaux (oxygène, chaleur)
». Et l’une des classifications couramment utilisées est celle en fonction du
caractère intentionnel ou non du traumatisme [40] :

 les traumatismes intentionnels sont causés par des actes de violences envers
autrui (agressions, homicides, faits de guerre) et par des actes de violences
contre soit même (mutilation, tentative de suicide, suicide) ;
 les traumatismes non intentionnels sont provoqués par des évènements non
induits par les personnes : les traumatismes de la route, les traumatismes liés
au sport, traumatismes dans le cadre du travail, traumatismes liés aux
activités de loisirs au domicile, à l’école (les accidents de la vie courante).
Les traumatismes constituent un problème de santé publique dans le monde
entier du fait de leur ampleur. Environ 20 à 50 millions de personnes sont
victimes de traumatismes dans le monde chaque année avec une mortalité
relativement élevée de 10% [40].

Les traumatismes de l’abdomen représenteraient une part très importante


environ 20 à 30% des lésions observées en traumatologie [20]. Il a été distingué
les traumatismes fermés (contusions abdominales) et les traumatismes ouverts
(plaies de l’abdomen).

Les traumatismes abdominaux seraient isolés dans 30 à 40% des cas mais, le
plus souvent, s’accompagneraient de lésions associées ou s’intègrent dans un
contexte de polytraumatisme [28]. Les traumatismes abdominaux constituent

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 1


une urgence médico-chirurgicale dont le retard de la prise en charge engage le
pronostic vital. Plus de 80% des contusions de l’abdomen résulteraient d’un
accident de la circulation routière [60], alors que les plaies pénétrantes de
l’abdomen seraient essentiellement dues aux armes blanches et aux armes à feu
[36].

En France, les plaies de l’abdomen en pratique civile représenteraient environ


20% des traumatismes abdominaux [36], tandis que les contusions
représenteraient 80% des traumatismes abdominaux. Ils seraient en rapport dans
75 % des cas avec un accident de la circulation routière [51].

En Afrique, la prévalence n’en est pas des moindres. Selon une étude menée sur
les traumatismes abdominaux à Bembéréké au nord du Bénin de 1 er janvier 2010
à 31 juillet 2013, les contusions et les plaies pénétrantes de l’abdomen
représentaient respectivement 74,50% et 25,50% [52].

Une étude réalisée par Diallo D, au CHU Gabriel Touré au Mali sur une série de
55 cas de traumatismes abdominaux, trouvait 30,10% de plaies abdominales
contre 69,90% de contusions abdominales [11].

Le grêle est le troisième organe le plus souvent lésé lors des traumatismes
abdominaux après la rate et le foie [36].

Ouédraogo A en 2010 au Burkina Faso trouvait 60,20% de contusions et 39,80%


de plaies, et 22,90% de ces traumatismes abdominaux intéressaient le grêle [41].

La fréquence des lésions grêliques n’est donc pas négligeable.

Face à une fréquence sans cesse croissante des traumatismes et vu l’importance


de ces lésions au Burkina Faso, il nous a paru nécessaire de faire cette étude sur
les lésions traumatiques du grêle en vue d’en déterminer les aspects
épidémiologiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 2


PREMIERE PARTIE :
GENERALITES

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


1. DEFINITIONS
Le traumatisme abdominal se définit comme un traumatisme intéressant la
région comprise entre le diaphragme en haut et le plancher pelvien en bas, quel
que soit le point d’impact [36]. Il regroupe les plaies et les contusions de
l’abdomen.

Une contusion de l’abdomen est un traumatisme fermé sans solution de


continuité entre la cavité péritonéale et l’extérieur. Elle peut survenir de façon
isolée (agression, accident de sport), ou, plus fréquemment, entrer dans le cadre
d’un polytraumatisme [33].

Les plaies de l’abdomen sont des traumatismes avec rupture de la continuité


pariétale abdominale. Si ces plaies atteignent la cavité péritonéale, on parle de
plaies pénétrantes ; quand elles entraînent une lésion des viscères sous-jacents,
la plaie est dite perforante [46].

2. RAPPELS ANATOMIQUES

2.1. Cavité abdominale [19, 26]

2.1.1. Limites de la cavité abdominale


La cavité abdominale est séparée crânialement du thorax par les coupoles
diaphragmatiques. Elle est limitée dorsalement par la colonne vertébrale et par
les muscles profonds de la paroi lombaire; latéralement et en avant par les
groupes médiaux et latéraux des muscles de la paroi abdominale et leurs gaines
tendineuses. La paroi musculaire de la cavité abdominale est renforcée par les
rebords chondrocostaux et le sternum; caudalement et latéralement par les ailes
iliaques osseuses. Vers le bas, la cavité abdominale est fermée par la
musculature du plancher et le diaphragme pelvien.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 4


2.1.2. Anatomie de surface
Les divisions topographiques de l’abdomen sont utilisées pour décrire la
localisation des organes abdominaux et les douleurs associées aux troubles
abdominaux.

Le modèle le plus utilisé est celui à neuf régions fondé sur deux plans
horizontaux et deux plans verticaux.

Ces quatre plans établissent une organisation topographique à neuf régions.

Les désignations suivantes sont utilisées pour chaque région de droite à gauche :
en haut, on a l’hypochondre droit, la région épigastrique, l’hypochondre gauche;
au milieu se trouvent le flanc droit, la région ombilicale et le flanc gauche; en
bas, la région inguinale droite, la région pubienne et la région inguinale gauche
(Voir figure1).

2.1.3. Contenu de la cavité péritonéale


La cavité abdominale contient la cavité péritonéale tapissée de péritoine; le
péritoine pariétal tapisse certaines parties des organes pelviens comme le
rectum, l’utérus et la vessie, puis se réfléchit ensuite sur la paroi abdominale
antérieure. Il sépare également l’espace sous-péritonéal de la cavité péritonéale
proprement dite. Dans cette cavité abdominale, se trouve une grande partie des
organes de l’appareil digestif qui ont différents rapports avec le péritoine. Les
organes situés dans la cavité péritonéale sont discrètement tapissés de péritoine
viscéral.

On distingue deux étages dans la cavité péritonéale ouverte: l’étage sus-


mésocolique ou haut abdomen et l’étage sous-mésocolique ou bas abdomen. La
limite horizontale entre les deux segments est formée par le côlon transverse.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 5


Figure 1 : Les quadrants de l’abdomen [14].

1. l’hypochondre droit 4. le flanc droit 7. la région inguinale droite


2. l’épigastre 5. la région ombilicale 8. la region pubienne
3. l’hypochondre gauche 6. le flanc gauche 9. la région inguinale gauche

2.2. Anatomie descriptive de l’intestin grêle [29]


L’intestin grêle est fait de deux parties à savoir le jéjunum et l’iléon. Il s’étend
de l’angle duodéno-jéjunal, sur le bord gauche de L2, jusqu'à la jonction iléo-
colique, dans la fosse iliaque droite.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 6


Figure 2 : Vue antérieure de l’étage sous-mésocolique de l’abdomen [37].

2.2.1. Situation et orientation des anses

[Link]. Situation
Les anses grêles occupent l’étage sous-mésocolique de l’abdomen : il existe
environ 16 anses grêles en formes U avec 2 branches presque parallèles (branche
afférente et branche efférente).

[Link]. Orientation et disposition


 Les anses proximales (2/5) constituant le jéjunum sont empilées de façon
horizontale ; elles occupent la partie supéro-gauche de l’étage sous-
mésocolique de l’abdomen ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 7


 Les anses distales (3/5) constituant l’iléon sont juxtaposées de façon
verticale ; elles occupent la partie inféro-droite de l’étage sous-mésocolique.

2.2.2. Configuration externe

[Link]. Formes, aspect général


 Les anses grêles (disposées en 2 groupes) ont l’aspect d’un tube cylindrique,
décrivant une série de flexuosités, depuis l’angle duodéno-jéjunal jusqu’à
l’angle iléocæcal.
 Chaque anse présente :
- 2 faces convexes (en contact avec les anses voisines),
- un bord libre convexe (libre dans la cavité abdominale),
- un bord adhérent concave (en regard duquel le péritoine se continue par
les deux feuillets du mésentère).
 La dernière anse est fortement oblique en haut et à droite (repérage
radiologique).
 Le diverticule iléal (Meckel), reliquat du canal de vitellin, peut persister de
façon anormale (environ 2% des cas) : il se présente alors comme un petit
diverticule en doigt de gant, long de 4 à 8cm, siégeant sur l’iléon à environ
80cm de l’angle iléocæcal.

[Link]. Dimensions
 Longueur : 30 à 40 cm pour chaque anse grêle, 5 à 6m pour la totalité de
l’intestin grêle mobile. Le jéjunum mesure environ 2,5m tandis que l’iléon,
plus long, fait environ 3,5m ;
 Diamètre : 3cm.

2.2.3. Structure
Le jéjunum et l’iléon sont constitués par 4 tuniques superposées de dehors en
dedans :

 la séreuse (feuillet viscéral du péritoine) ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 8


 la musculeuse avec ses 2 couches : superficielle (longitudinale), profonde
(circulaire) ;
 la sous-muqueuse, faite du tissu cellulaire lâche ;
 la muqueuse ; présentant des villosités intestinales, des plis circulaires ou
valvules conniventes (nombreuses sur le jéjunum, absentes sur l’iléon
terminal), des amas de follicules lymphoïdes ou plaques de Peyer (siégeant
surtout sur l’iléon terminal).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 9


Figure 3 : Vue schématique de la structure du grêle [37].

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 10


2.2.4. Moyens de fixité du jéjunum et de l’iléon
L’intestin grêle est fixé seulement par les extrémités (angle duodéno-jéjunal et
angle iléocæcal) et un long méso (le mésentère).

L’angle duodéno-jéjunal est rattaché au pilier gauche du diaphragme par le


muscle de Treitz, et l’orifice iléocæcal est accolé à la paroi par la limite
inférieure du mésôcolon droit.

2.2.5. Rapports
 Les anses grêles forment une masse qui occupe l’espace vacant dans la cavité
abdominopelvienne (étage sous-mésocolique) ; cet espace est plus étendu
vers la gauche (le caeco-côlon ascendant occupant, à droite, toute l’épaisseur
de la cavité abdominale).
 Elles rentrent en rapport avec :
- en arrière : la paroi abdominale postérieure (notamment la colonne
lombaire sur la ligne médiane), dont elles sont séparées par les organes
rétropéritonéaux :
 médiaux : gros vaisseaux pré-vertébraux : aorte et veine cave
inférieure ;
 latéraux : reins, uretères, partie sous-mésocolique du duodénum et le
côlon : caeco-côlon ascendant à droite et le côlon descendant à
gauche ;
- en avant : la paroi abdominale antérieure, dont elles sont séparées par le
grand omentum ;
- en haut : les organes sus-mésocoliques (foie, estomac, rate, pancréas) dont
elles sont séparées par le côlon et le mésocôlon transverse ;
- en bas : le côlon sigmoïde, et les organes du petit bassin : rectum, vessie,
ligaments larges et l’utérus chez la femme ;
- à droite : le côlon ascendant, volumineux, refoulant les anses grêles vers
la ligne médiane ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 11


- à gauche : le côlon descendant, de plus petit calibre, plaqué contre la paroi
postérieure, et précroisé par les anses grêles qui atteignent la paroi
abdominale.

2.2.6. Vascularisation et innervation [29]

[Link]. Les artères


La vascularisation du jéjuno-iléon est assurée par les branches gauches de
l’artère mésentérique supérieure.

[Link].1. L’artère mésentérique supérieure


 Origine : elle nait de la face antérieure de l’aorte abdominale (à la hauteur de
L1) ;
 Trajet : longue de 20 à 25 cm pour un calibre de 12 mm à son origine (2 mm
à sa terminaison), globalement oblique en bas, en avant et à droite, elle
comporte deux segments :
- un segment fixe,
 où elle est successivement :
o rétropancréatique, en arrière de l’isthme du pancréas ;
o prépancréatique, en avant du processus uncinatus ;
o préduodénal, en avant de la partie horizontale du duodénum
(comprise dans une pince artérielle), avant de gagner le 2 e segment
de la racine du mésentère ;
 dans ce segment, elle donne plusieurs branches collatérales
importantes :
o l’artère pancréatico-duodénale inférieure ;
o l’artère pancréatique inférieure (parfois) ;
o une artère à destinée hépatique (artère hépatique droite) dans 20%
des cas ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 12


- un segment terminal, mobile,
 où l’artère chemine entre les 2 feuillets du mésentère, obliquement en
bas et à droite ;
 dans ce segment, elle donne 2 types de branches collatérales :
o par son bord droit : les artères du côlon droit ;
o par son bord gauche : les artères jéjuno-iléales.
 Terminaison : elle se termine à environ 60 cm de l’angle iléo-caecal : c’est en
regard de sa terminaison que l’on peut retrouver le diverticule iléal (Meckel).

[Link].2. Les artères jéjuno-iléales


Au nombre de 8 à 16, elles sont réparties en 2 groupes :

 supérieur : 3 à 6 branches longues et volumineuses (pour le jéjunum) ;


 inférieur : 5 à 10 branches courtes et grêles (pour l’iléon).

[Link].3. Terminaisons des artères jéjunales


 Les arcades :
Ces artères se divisent en 2 rameaux : un rameau ascendant et un rameau
descendant anastomosés avec les branches homologues sus et sous-jacentes.

Ainsi sont constituées des arcades de premier ordre, de la convexité desquelles


naissent des branches qui, s’anastomosant entre elles, forment les arcades de 2 e,
3e et 4e ou même de 5e ordre.

La dernière arcade (ou arcade parallèle), chemine à quelques centimètres du


bord mésentérique de l’anse grêle et donne une série de branches
perpendiculaires : les vaisseaux droits.

 Les vaisseaux droits :


Ils naissent tous les 2 mm environ, par pairs (ou se divisent en 2 branches),
destinés à chacune des 2 faces droite et gauche de l’intestin grêle.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 13


Ils abordent l’intestin grêle tous les 4 mm ; leur écartement délimite, avec les
vaisseaux parallèles, une série de « lunettes vasculaires ».

Au contact des anses grêles, ils traversent la musculeuse et se résolvent en un


réseau sous-muqueux (donnant le rameau sous-muqueux).

[Link].4. Vascularisation des 2 extrémités


 L’angle duodéno-jéjunal.
L’artère de l’angle duodéno-jéjunal née soit de l’artère pancréatico-duodénale
inférieure, soit d’un tronc commun à cette artère et à la première artère jéjunale,
peut assurer la vascularisation des 6 à 7 premiers cm de la 1ère anse.

La première artère jéjunale a donc une importance variable ; parfois


l’anastomose avec la deuxième artère jéjunale peut manquer.

 La partie terminale de l’iléon.


La dernière artère iléale s’anastomose avec la branche iléale née de l’artère iléo-
colique.

La dernière anse grêle apparaît donc mal vascularisée, de même que la partie
inférieure du mésentère (aire vasculaire de Trèves), comprises entre ces
vaisseaux : il est ainsi recommandé lors des hémicolectomies droites
(nécessitant la ligature de l’artère iléo-colique) de réséquer la dernière anse
iléale.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 14


Figure 4 : Vue schématique des artères du grêle [37].

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 15


[Link]. Les veines
Grossièrement satellites des artères, les veines se drainent dans des troncs
(moins nombreux que les branches artérielles) tributaires de la veine
mésentérique supérieure, et par là même du système porte.

 Trois troncs principaux drainent les arcades juxta-intestinales :


- un gros tronc iléal, vertical, drainant les anses iléales (et recevant la veine
iléo-colique drainant la dernière anse) ;
- un tronc intermédiaire oblique en haut et à droite ;
- un gros tronc jéjunal, transversal, drainant toutes les anses proximales,
parfois remplacé par 2 ou 3 branches jéjunales.
 La veine mésentérique supérieure comporte 2 segments :
- segment mobile dans le mésentère (en avant de l’artère) ;
- segment fixe : d’abord dans la racine du mésentère (à droite de l’artère),
puis dans la loge duodéno-pancréatique, où la veine s’unit en arrière de
l’isthme du pancréas au tronc splénomésaraïque pour constituer la veine
porte.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 16


Figure 5 : Vue schématique des veines du grêle [37].

[Link]. Les lymphatiques


Très développés, ils jouent un rôle dans l’absorption digestive au niveau de la
muqueuse iléale.

 Trois réseaux d’origines, anastomosés :


- un réseau muqueux (recevant les chylifères des villosités) ;
- un réseau sous-muqueux ;
- un réseau sous-séreux (situé au bord mésentérique).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 17


 Les collecteurs lymphatiques.
- très nombreux (3 à 4 fois plus nombreux que les vaisseaux sanguins), sont
arrêtés par 3 relais ganglionnaires :
 périphérique, juxta-intestinal, le long de l’arcade bordante ;
 intermédiaire, le long de l’arcade de premier ordre ;
 central, dans la racine du mésentère, au tour du tronc de l’artère et de
la veine mésentériques.
- ensuite, le tronc iléal véhicule la lymphe (en arrière du pancréas) vers le
tronc lombaire gauche, puis vers l’origine du canal thoracique.

[Link]. Les nerfs


La double innervation (sympathique et parasympathique) provient du plexus
mésentérique supérieur.

Les filets verveux, satellites des vaisseaux, gagnent la paroi du jéjunum et de


l’iléon.

2.3. Mésentère
On appelle méso les replis péritonéaux qui unissent à la paroi abdominale un
segment du tube digestif et qui renferment des vaisseaux nourriciers.

Le mésentère est le méso qui relie les anses grêles à la paroi postérieure et
véhicule leurs vaisseaux et nerfs.

2.3.1. Forme
Il a la forme d’un éventail dont la corde représente l’attache pariétale et l’arc
périphérique, le bord intestinal ; l’attache pariétale est courte (15 à 18cm), le
bord intestinal étant aussi long que le jéjunum et l’iléon : le mésentère apparait
donc plissé.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 18


 Le bord pariétal (racine du mésentère) : court (15 à 18 cm), oblique en bas et
à droite, il présente 3 segments :
- premier segment, oblique en bas et à droite, depuis l’angle duodéno-
jéjunale jusqu’à la partie horizontale du duodénum ;
- deuxième segment, vertical, plus court et plus large, croisant la face
antérieure de la partie horizontale du duodénum, en avant de l’aorte ; il
contient le pédicule mésentérique supérieur ;
- troisième segment, oblique en bas à droite, depuis la ligne médiane (en
regard du disque L4-L5) jusqu’à l’angle iléocæcal, en regard de
l’articulation sacro-iliaque droite ; il croise successivement la veine cave
inférieure, puis l’uretère droit et les vaisseaux génitaux (testiculaires ou
utéro-ovariens) en avant du muscle grand psoas droit.
 Le bord viscéral, ou intestinal : il est aussi long que le jéjunum et l’iléon (5 à
6 m) dont il suit les sinuosités ; au contact des anses grêles, les 2 feuillets du
mésentère s’écartent pour les engainer.
 Les faces sont très plissées :
- face antérieure (et droite), semblant se poursuivre par le mésôcolon droit
(accolé), à droite de la racine du mésentère ;
- face postérieure (et gauche), semblant se poursuivre par le mésôcolon
gauche, à la racine du mésentère.
 Les 2 extrémités sont fixes :
- l’extrémité supérieure répond à l’angle duodéno-jéjunal où peut se
constituer une fossette duodéno-jéjunale ;
- l’extrémité infrieur répond à l’angle iléocæcal.

2.3.2. Contenu
Le mésentère engaine au niveau de sa partie périphérique le jéjunum et l’iléon.

Dans le reste de son étendue, il contient dans un tissu cellulo-adipeux, les


vaisseaux et les nerfs du jéjuno-iléon.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 19


2.3.3. Dimensions moyennes
 Hauteur du mésentère : 15 à18cm en regard de sa partie moyenne.
 Epaisseur : maximale en regard de la racine, diminuant jusqu’au bord
intestinal, elle est fonction de l’adiposité du sujet.

3. RAPPELS PHYSIOLOGIQUES [5, 21, 54]

3.1. Digestion jéjuno-iléale

3.1.1. Phénomènes mécaniques


Le grêle a pour fonction essentielle de terminer la digestion des aliments et de
réabsorber les produits de dégradation conjointement avec l’eau et des
électrolytes. On peut distinguer quatre sortes de mouvements intestinaux, tous
dépendants de l’innervation autonome :

 la motilité propre des villosités grâce à la musculature de leur membrane


muqueuse, ce qui permet un contact étroit entre l’épithélium et le chyme ;
 les mouvements pendulaires, conséquence de la contraction isolée des fibres
longitudinales qui mobilisent une petite partie de l’anse intestinale selon son
grand axe de façon à épandre et homogénéiser son contenu ;
 les mouvements de segmentation qui résultent de la contraction localisée des
fibres circulaires. Cette segmentation rythmique fragmente le chyme et le
mélange avant que le péristaltisme le fasse progresser.
 Les ondes péristaltiques (30-120cm/min) servent à faire avancer le contenu
intestinal (à environ 1cm/min) en direction du gros intestin. La contraction
des fibres longitudinales coïncide avec le relâchement des fibres circulaires et
vice-versa seulement dans la direction de l’anus.

3.1.2. Phénomènes chimiques


Le grêle sécrète un suc intestinal fait de mucus, de bicarbonates, de peptidases et
de disaccharides. La muqueuse jéjuno-iléale sécrète aussi des

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 20


immunoglobulines, de l’histamine et de la sérotonine. Cette sécrétion a un
volume de deux litres par 24 heures. Sa commande est double, nerveuse et
hormonale.

Cette sécrétion est mise en jeu par l’activité du chyme et des produits de la
digestion protidique ainsi que la distension et la motricité du grêle.

Les sécrétions biliaires et pancréatiques alcalines neutralisent le chyme gastrique


acide permettant l’action des enzymes intestinales.

Les glucides (amidon, glycogène) sont transformés en oligo, di et


monosaccharides par l’amylase.

Les protéines sont transformées en di ou en tri-peptides par les sucs intestinaux


et pancréatiques.

Les lipides (triglycérides) sont hydrolysés en deux monoglycérides et en acides


gras par les lipases pancréatiques. Après l’émulsification par les sels biliaires et
la lécithine, le cholestérol est estérifié par l’estérase.

3.2. Absorption jéjuno-iléale


Elle se fait à travers la cellule intestinale vers la lymphe et le sang portal.

Elle est entièrement liée à la digestion intestinale. La surface d’absorption


constituée de la muqueuse du grêle est très étendue (environ 300 mètres carrés
grâce aux valvules conniventes et aux villosités).

Il existe plusieurs mécanismes de traversée de la barrière cellulaire : diffusion


passive, transport actif et un transport facilité. Chaque nutriment a un lieu
d’absorption spécifique.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 21


Tableau I : Siège et mécanismes d’absorption des différents nutriments [21].

Nutriments Lieux d’absorption Mécanismes


d’absorption

Glucides Jéjunum Transport facilité

Protides Jéjunum Transport actif

Lipides et les vitamines Jéjunum Transport facilité


liposolubles (A, D, E, K)

Vitamines hydrosolubles Jéjunum (B1, C) et iléon Diffusion passive


(B12)

Eau Jéjunum et iléon Diffusion passive

Sodium (Na+) Jéjunum et iléon Transport actif

Potassium (K+) Jéjunum et iléon Diffusion passive

Bicarbonates (HCO3-) et Jéjunum Transport actif


chlore (Cl-)

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 22


4. ETIOLOGIES ET MECANISMES DES TRAUMATISMES [44, 60]

4.1. Etiologies

4.1.1. Contusion
 Traumatismes directs
- par percussion
Le choc direct est responsable de la compression directe des organes entre la
force antérieure et le plan postérieur. Les conséquences lésionnelles sont
dépendantes d’une part, de l’impact, c’est-à-dire son intensité, sa surface et la
durée de son application, et d’autre part de la résistance du plan postérieur. Dans
le cas des anses grêles, leur écrasement sur un plan osseux tel que le rachis peut
être à l’origine d’hématomes du mésentère ou de la paroi du grêle, ceux-ci
siégeant préférentiellement sur le bord mésentérique.

- par pression
L’élévation brutale de la pression intraluminale peut être à l’origine d’une
rupture ou d’une perforation d’organes en dehors de la zone d’impact. Une
rupture de l’intestin grêle peut être secondaire à une hyperpression brutale
intraluminale entre deux zones partiellement occluses, d’un côté par le choc, et
de l’autre par une zone anatomique de fixation : angle duodéno-jéjunal et la
valvule iléo-caecale, ou un point fixe acquis (adhérence postopératoire). Les
lésions secondaires à ce mécanisme siègent préférentiellement sur le bord
antimésentérique.

 Traumatisme indirect
Décélération brutale : les lésions de décélération sont causées par une
immobilisation brutale du corps alors que les viscères et les vaisseaux
poursuivent leur mouvement avec une énergie cinétique qui est proportionnelle à
leur masse et au carré de leur vitesse ; la décélération peut être horizontale
(collision frontale avec un véhicule roulant à grande vitesse), ou verticale (chute

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 23


d’un lieu élevé). Ce mécanisme provoque un étirement des zones d’attaches des
organes que sont les pédicules vasculaires, les mésos et les ligaments ; des
ruptures et des déchirures peuvent intéresser directement une zone d’attache et
être à l’origine d’hémorragie, voire d’ischémie de l’organe, et peuvent
également intéresser l’organe lui-même, à partir des points d’insertion des
attaches. Ainsi, ce mécanisme est responsable au niveau intestinal de lésions
d’étirement et de déchirures au niveau de l’angle de Treitz et la région iléo-
caecale.

4.1.2. Plaies pénétrantes


L’agent vulnérant franchit le péritoine pariétal et peut provoquer des lésions
viscérales en fonction du point de pénétration.

 Par arme blanche


Elles visent en effet la partie médiane de l’abdomen supérieur blessant plutôt le
foie, l’estomac, le grêle et le colon transverse. Il n’existe pas de dévitalisation
parenchymateuse en général, sauf en cas d’atteinte pédiculaire d’un organe.
Dans le cas d’une plaie pénétrante par arme blanche, le trajet seul est vulnérant
et ne donne pas lieu à des foyers d’attrition.

 Par arme à feu


Les plaies par balle entrainent une destruction profonde et le danger qui en
découle ici provient essentiellement des atteintes viscérales multiples.

4.2. Mécanismes
Dans la contusion de l’abdomen, il y a trois mécanismes principaux à savoir:

 Ecrasement
Il se voit aussi bien dans les lésions des viscères creux que dans celles des
viscères pleins comme la rate, le foie, le pancréas.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 24


 Arrachement
Il s’applique surtout aux éléments pédiculés: rate, foie, rein pour les viscères
pleins; grêle, et la partie mobile du côlon pour les viscères creux. Il est le fait du
coup lui-même tantôt, dû à un traumatisme en direction tangentielle ou oblique
entrainant directement l’élongation du pédicule. Tantôt, il est le résultat de la
décélération qui génère plusieurs lésions spléniques, hépatiques et intestinales.

 Association de ces différents mécanismes


Elle se voit lors des grands traumatismes et est à l’origine de la multiplicité et de
la diversité des lésions.

5. ANATOMIE PATHOLOGIQUE

5.1. Contusion abdominale [12, 17]

5.1.1. Les lésions pariétales


Ce sont d’éraflures, des ecchymoses, des hématomes et des ruptures
musculaires.

5.1.2. Les lésions du grêle


Rencontrées dans 12 % des contusions abdominales, ces lésions se manifestent
soit sous forme de déchirure, de perforation ou d’éclatement de l’intestin. Elles
conduisent à une péritonite dont la symptomatologie est retardée de quelques
heures dans les cas de contusions abdominales.

La lésion du mésentère peut être également responsable de lésion de grêle. Elle


s’observe le plus souvent au cours d’une décélération. Il peut s’agir d’une
déchirure ou d’une désinsertion avec un risque d’ischémie voire une nécrose
intestinale. Elles sont responsables d’hémorragie foudroyante mortelle en
quelques heures.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 25


5.2. Plaies abdominales [45, 47]

5.2.1. Les lésions pariétales


Les lésions sont très variables et dépendent de l’agent vulnérant.

[Link]. Les lésions par armes blanches


Elles posent le problème de leur caractère pénétrant ou non. Elles sont linéaires,
à bords réguliers, ou punctiformes.

La profondeur et l’étendue dépendent de l’énergie mise en œuvre. Les lésions


engendrées sont d’importance variable.

[Link]. Les lésions par armes à feu


La reconstitution du trajet projectilaire théorique, à partir des orifices d’entrée et
de sortie, est capitale, elle permet de prévoir les organes lésés. Mais le bilan
lésionnel définitif ne peut être fait qu’à la laparotomie. En effet, nous savons que
certaines balles à haute vélocité ont une trajectoire qui peut être modifiée par la
rencontre d’élément de forte densité (os), et qu’elles peuvent donner des lésions
à distance même de leur trajectoire, par effet de cavitation. L’orifice d’entrée
(multiple en cas de polycriblage) est classiquement plus petit que l’orifice de
sortie. Les orifices peuvent échapper à un examen sommaire s’ils siègent au
niveau de la région lombaire ou de l’aisselle.

L’étude du siège précis des orifices projectilaires permet de différencier :

 la plaie transfixiante, avec orifice d’entrée et un orifice de sortie ;


 la plaie borgne, caractérisée par la présence d’un orifice d’entrée et l’absence
d’orifice de sortie (l’agent vulnérant est inclus).

5.2.2. Les lésions du grêle


Les lésions du grêle sont fréquentes dans les plaies de l’abdomen, 48 % des cas.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 26


Ces lésions se présentent sous forme de lésions multiformes, linéaires ou par
éclatement associé le plus souvent à une atteinte vasculaire mésentérique
engendrant un hémopéritoine et un risque d’ischémie secondaire.

6. DIAGNOSTIC [9, 17, 28, 30, 32, 33, 36]


L’examen clinique doit apprécier en premier l’état hémodynamique du blessé.

6.1. Patients avec instabilité hémodynamique


L’état du blessé peut être évocateur d’un tableau de choc hypovolémique.

Ce tableau de choc peut être évident chez un patient couvert de sueurs, à la


respiration superficielle, répondant mal aux questions, avec une soif vive, aux
extrémités froides et glacées, le pouls filant, la tension artérielle abaissée mais
non pincée: c’est le choc confirmé.

Ailleurs le malade est angoissé, anxieux, inquiet, répondant bien aux questions,
avec une soif intense, une tachycardie et une tension artérielle pincée, tendance
syncopale aux changements de position (le tilt test) : choc latent.

Devant ce tableau de choc, il faut entreprendre rapidement les mesures de


réanimation visant au rétablissement de l’hémodynamique. Cela consisterait en
la prise d’une ou plusieurs voies veineuses pour assurer le remplissage du
patient. Ce dit remplissage se fera par la perfusion de macromolécules et la
transfusion de sang isogroupe isorhésus. La mise en place d’une sonde urinaire
serait un impératif pour la surveillance de la diurèse qui est un bon indicateur du
succès ou non de la correction du choc.

Malgré cet état de choc, un examen clinique rapide doit être entrepris. Il
recherche un point d’impact, une immobilité de l’abdomen, un météorisme, une
défense ou une contracture abdominale, une matité des flancs. L’examen
recherche des lésions associées.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 27


Malgré une réanimation correcte, si l’hémodynamique reste instable, le malade
est conduit au bloc opératoire pour une laparotomie d’hémostase sans aucun
examen complémentaire.

6.2. Patients à état hémodynamique stable

6.2.1. Plaie abdominale

[Link]. Circonstances de découverte


Les lésions du grêle sont souvent découvertes au décours d’une agression
physique, d’un empalement, d’une chute sur un objet tranchant, d’un accident de
chasse, d’un accident de travail, d’un accident de jeu, d’un accident de la
circulation, d’une tentative d’autolyse.

L’agent vulnérant le plus souvent incriminé est une arme blanche ou une arme à
feu.

[Link]. Signes fonctionnels


Ils sont retrouvés à l’interrogatoire du patient. Il s’agit de douleurs abdominales,
de nausées et/ou vomissements alimentaires ou sanguinolents, d’une hémorragie
antérieure ou présente, d’une éviscération ayant pu être réintégrée ou non dans
la cavité abdominale.

[Link]. Antécédents
On recherchera rapidement la présence d’une tare pouvant influer sur la prise en
charge (une cardiopathie, une allergie médicamenteuse, l’existence d’une
grossesse, une coagulopathie sous-jacente…) et une notion de prise
médicamenteuse.

[Link]. Signes généraux


Lorsque le patient est vu tardivement, une altération de l’état général peut être
observée avec la présence d’un syndrome infectieux et/ou d’un état de choc.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 28


[Link]. Signes physiques
L’examen de l’abdomen fournit les renseignements les plus importants.

 Inspection : Elle précise la topographie de la plaie, le degré de souillure ainsi


que la présence de tout élément anatomique (côlon, grêle, épiploon…),
liquide (sang, matières…) ou gaz éventuellement extériorisés. Une plaie
potentiellement liée à un projectile doit faire rechercher minutieusement
l’orifice d’entrée et de sortie s’il existe.
 Palpation : Elle peut retrouver :
- une douleur provoquée de l’abdomen soit uniquement aux alentours de la
plaie ou alors diffuse à tout l’abdomen ;
- une défense ou une contracture abdominale;
- un cri de l’ombilic.
 Percussion : Elle peut noter :
- une matité déclive des flancs avec un tympanisme central, signant
l’épanchement intrapéritonéal ;
- une disparition de la matité préhépatique signant un pneumopéritoine.
 Auscultation : Elle recherche une disparition des bruits hydro-aériques
intestinaux.
 Touchers pelviens systématiques : Ils notent une douleur à la pression du
cul-de-sac de Douglas (cri du Douglas) et un bombement du Douglas
évoquant l’épanchement intrapéritonéal.

A l’issue de l’examen physique, une indication opératoire peut être donnée


d’emblée. Dans l’éventualité d’un tableau douteux, un bilan paraclinique est
nécessaire.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 29


[Link]. Signes paracliniques

[Link].1. Examens biologiques


Le bilan biologique doit être réalisé le plus rapidement possible sur un patient
stable. Cependant, l’absence des résultats ne doit pas faire retarder un geste
chirurgical de sauvetage.

 Groupe sanguin, facteur Rhésus et anticorps irréguliers

Obligatoires en vue d’une transfusion sanguine. Cependant, en cas de réelle


urgence, le centre de transfusion sanguine peut délivrer des concentrés
globulaires O négatifs.

 Numération formule sanguine

Le taux d’hémoglobine est en urgence le bon reflet d’un choc hémorragique. Il


chute en cas d’hémorragie. Par contre, l’hématocrite est normal les 12 ou 24
heures qui suivent l’hémorragie.

La leucocytose est en général perturbée (hyperleucocytose surtout). Après un


traumatisme, il existe de manière quasi constante une élévation des
polynucléaires neutrophiles liée à un phénomène de démargination. En cas de
traumatisme abdominal plus ancien, la constatation d’une neutropénie est un
élément de pronostic très défavorable. L’hyperleucocytose est également le fait
de l’installation d’une infection.

Le taux de plaquettes n’est pas à lui seul un bon reflet de l’importance d’une
hémorragie intrapéritonéale. De plus, les transfusions massives dépourvues de
plaquettes induisent une thrombocytopénie.

 Biochimie

L’ionogramme sanguin est souvent normal à l’admission. Il peut ensuite


révéler une hypokaliémie et une hypernatrémie en cas de troisième secteur
intestinal par iléus réflexe.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 30


L’élévation précoce de l’urée et de la créatininémie témoigne d’une
insuffisance rénale préexistante, alors que leur augmentation secondaire signe
une insuffisance rénale aiguë, facteur de gravité supplémentaire.

[Link].2. Radiographie de l’abdomen sans préparation


Elle comprend classiquement trois incidences : deux clichés de face, patient
debout puis couché, et un cliché de face centré sur les coupoles
diaphragmatiques. Si l’état du patient ne permet pas sa verticalisation, le cliché
de face debout peut être remplacé par un cliché couché de profil. On y
recherchera :

 un pneumopéritoine qui signe la perforation d’organe creux. Il se traduit par


la présence d’un croissant gazeux inter-hépato-diaphragmatique et/ou sous-
phrénique gauche ;
 une grisaille diffuse abdominale faisant poser le diagnostic d’épanchement
liquidien intrapéritonéal ;
 La présence d’un corps étranger radio-opaque intra-abdominal.

Les clichés d’abdomen sans préparation en incidence de profil ou de trois quarts


peuvent permettre de repérer un projectile en situation profonde et confirmer
ainsi le caractère pénétrant d’une plaie par balle.

[Link].3. Echographie abdominopelvienne


L’échographie a pour principal objectif de détecter un épanchement péritonéal,
permettant de dépister des épanchements de petite abondance de l’ordre de 100
ml, localisés au début dans le cul-de-sac de Douglas, les gouttières
pariétocoliques, ou plus tardivement l’espace de Morrison (récessus inter-
hépato-rénal), mais pouvant également se concentrer autour des organes lésés.
En revanche, ses performances en termes de détection de lésion du tube digestif
sont beaucoup plus limitées, en raison notamment de l’important iléus intestinal
qui suit tout traumatisme abdominal.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 31


Ainsi, malgré un certain nombre d’avantages : facilité de réalisation,
performance dans le diagnostic et la surveillance d’un épanchement péritonéal,
son rôle essentiel en urgence reste celui de sélectionner les indications des
examens tomodensitométriques et la surveillance des contusions ou hématomes
de la paroi digestive dans les jours qui suivent le traumatisme.

[Link].4. Tomodensitométrie (TDM) abdominopelvienne


Elle est aujourd’hui la méthode d’imagerie de choix pour l’exploration de
l’abdomen en urgence. Elle est utilisée aussi bien pour les abdomens aigus non
pénétrants que pour certains traumatismes ouverts, et détecte la plupart des
lésions intra et extra-péritonéales. L’exploration, si possible réalisée sans et avec
injection de produit de contraste intraveineux intéresse toute la cavité
abdominale, des coupoles au pelvis.

Elle permet de visualiser les signes indicateurs de lésions du tube digestif :

 un épanchement liquidien intra-abdominal, présent dans trois quarts des


lésions digestives abdominales et d’autant plus suggestif de ces lésions
digestives qu’on note une absence de lésions traumatiques des organes pleins
;
 un pneumopéritoine, inconstant, mais signe cardinal d’une perforation
digestive ;
 un épaississement focal et une prise de contraste anormale et segmentaire de
la paroi du tube digestif causés par une interruption post-traumatique de
l’apport sanguin, modifiant et augmentant la perméabilité de la paroi ;
 une solution de continuité de la paroi intestinale (rarement visible) sous la
forme d’une lésion transmurale ou d’une brèche limitée à la muqueuse
associée à une pneumatose localisée ;
 un hématome localisé dans la paroi digestive (épaississement excentrique de
la paroi) ou dans le mésentère (prenant un aspect triangulaire ou polygonal).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 32


Malgré le fait que la spécificité et la sensibilité de cet examen n’atteignent
jamais 100 %, une TDM « normale » constitue un argument important en faveur
de l’absence de lésion significative.

[Link].5. Cœlioscopie ou laparoscopie exploratrice


Etant à visée diagnostique et thérapeutique dans certains cas, la cœlioscopie ne
peut être envisagée que chez des blessés dont l’hémodynamique est stable, qui
ne présentent aucun signe clinique de péritonite, aucune anomalie radiologique
ou d’imagerie évocatrice de perforation d’organe creux. En effet, pratiquée dans
les heures qui suivent un traumatisme abdominal (ouvert ou fermé), elle permet
certes de retrouver une effraction péritonéale, mais il est très difficile de mettre
en évidence une effraction minime intestinale, car le plus souvent, l’intestin est
spasmé.

[Link].6. Ponction Lavage du Péritoine (PLP)


Depuis l’avènement de l’échographie et du scanner, les équipes des urgences ont
peu recours à la PLP, ces deux examens d’imagerie apportant le plus souvent un
nombre d’informations supérieur à la PLP. Cependant, en l’absence de plateau
technique adéquat ou disponible, la PLP reste un examen relativement
performant en urgence pour les traumatismes abdominaux.

On l’utilisera dans un traumatisme par un objet pénétrant (arme blanche,


encornement…) avec ou sans exploration de la plaie ou dans certaines plaies
tangentielles par arme à feu.

La PLP se pratique chez un blessé en décubitus dorsal dont la vessie a été si


possible préalablement vidée. Un cathéter est introduit dans la cavité péritonéale
à travers la plaie et dirigé vers le cul-de-sac de Douglas. Cinq cent (500) à mille
(1 000) ml de sérum physiologique ou de solution de Ringer lactate sont
perfusés. Ce liquide est ensuite recueilli par simple déclivité. Un minimum de

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 33


500 ml de liquide est nécessaire pour le comptage des globules rouges et blancs.
En cas d’épanchement abdominal, du liquide est recueilli avant l’instillation.

Les critères de positivité de la PLP sont : une aspiration initiale de plus de 5 ml


de sang, un compte de globules rouges supérieur à 100 000/mm3, un compte de
globules blancs supérieur à 500/mm3, la présence d’autres produits (matières
fécales, germes ou pus, bile, urine...). L’opérateur peut ainsi évaluer l’existence
d’une complication. Des prélèvements peuvent également être réalisés pour le
dosage de l’amylase ou un examen bactériologique. Bien réalisée, la PLP a une
sensibilité de 90 à 99 % et une spécificité supérieure à 85 %. Le risque de faux
positif est important en cas d’hématome sous-péritonéal ou de fracture du
bassin.

Le principal reproche de la technique est de ne donner aucune information sur


l’organe lésé et le volume de l’hémopéritoine. Elle détecte rapidement les
hémorragies, mais doit être répétée, car une lésion d’organe creux ne peut se
traduire par une infection péritonéale qu’après un délai de quelques heures. En
effet, un délai de trois à cinq heures est nécessaire pour qu’une élévation
significative des leucocytes permette de suspecter une plaie d’organe creux.

[Link]. Evolution
Non traité, l’évolution se fait vers le décès dans un tableau de choc
hypovolémique, de septicémie ou de défaillance multiviscérale.

6.2.2. Contusion abdominale


Elle survient le plus souvent au décours d’un accident de la circulation, d’un
accident de sport, d’un accident de travail, d’un accident de jeu, d’une chute du
haut d’un lieu élevé, d’une ruade d’animaux ou de personnes.

L’examen clinique recherche un tableau de péritonite associé ou non à un état de


choc hypovolémique. Mais il faut noter que la triade classique : douleur
abdominale, défense et disparition des bruits hydro-aériques intestinaux ; n’est

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 34


retrouvée que dans un tiers des cas. L’inspection notera en plus la présence de
signes évocateurs d’impact (éraflures, ecchymose, hématome…).

A l’issue de l’examen clinique, l’indication opératoire est posée d’emblée


devant la présence de signes péritonéaux et/ou d’instabilité hémodynamique.
Dans le cas contraire, les examens paracliniques recherchent les signes de
perforation et d’épanchement intrapéritonéal.

6.2.3. Polytraumatisme
Le polytraumatisé est un blessé grave, atteint de deux ou plusieurs lésions dont
une au moins met en jeu à court terme le pronostic vital. Le polytraumatisme
survient habituellement dans un contexte de traumatisme violent.

Le traitement des détresses vitales, circulatoires, ventilatoires, et neurologiques


est intégré au bilan initial. L’examen clinique est complété par la suite.

L’interrogatoire du patient ou de son entourage détermine les circonstances du


traumatisme, les signes fonctionnels, les zones d’impact, l’heure du dernier
repas.

L’examen physique précise au niveau de l'abdomen l’existence d’une ouverture


pariétale avec ou sans éviscération et recherche des signes de péritonite. Il est
souvent décevant lorsque le patient est dans le coma, et l’on peut mettre en
évidence une défense ou une matité des flancs signant un épanchement
abondant. Au niveau extra-abdominal, il recherche des signes d’atteintes graves.

Le bilan paraclinique est réalisé selon l’état du patient et son tableau clinique.
Les radiographies de l’ensemble du rachis et du bassin sont systématiques chez
le polytraumatisé.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 35


7. TRAITEMENT [9, 18, 28, 30, 33, 55, 61]

7.1. But du traitement


 Juguler un éventuel choc hypovolémique ;
 Supprimer l’infection et réparer les lésions.

7.2. Moyens thérapeutiques

7.2.1. Traitement médical


Il est fondamental quelque soit l’attitude chirurgicale. Il sert à préparer le patient
avant l’intervention chirurgicale. Il comporte :

[Link]. Réanimation
Il comprend :

 la prise d’une ou plusieurs voies veineuses de gros calibres au niveau des


membres supérieurs ou du cou avec des solutés de remplissage ;
 la mise en place d’une sonde d’aspiration continue et d’une sonde urinaire à
demeure ;
 l’utilisation de macromolécules (en cas de choc hypovolémique), de sang ou
de culot globulaire (en cas d’anémie sévère) ;
 la ventilation assistée en cas de détresse respiration.

[Link]. Antibiothérapie
Il s’agit d’une antibiothérapie probabiliste. Elle est administrée par voie
intraveineuse avec utilisation d’antibiotiques à large spectre en bi ou trithérapie.
Le prélèvement de pus en peropératoire permettra de l’adapter.

[Link]. Antalgiques
Il s’agit d’antalgiques purs. Ils sont administrés par voie intraveineuse en cas de
douleur abdominale.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 36


[Link]. Couverture antitétanique
Elle associe le sérum et le vaccin antitétaniques en cas de plaie si le patient n’est
pas à jour de sa vaccination antitétanique.

7.2.2. Traitement chirurgical abdominal

[Link]. Principes thérapeutiques

[Link].1. Anesthésie
Une anesthésie générale sera toujours pratiquée.

[Link].2. Voie d’abord


La laparotomie par voie médiane est préférable en urgence aux autres voies
d’abord. Elle permet une exploration systématique de l’ensemble de la cavité
abdominale, peut être élargie vers le thorax en cas de nécessité.

[Link].3. Exploration
Dès l’ouverture de la cavité péritonéale et après aspiration du liquide qu’elle
contient, l’exploration du contenu abdominal recherche la ou les lésions du grêle
et les lésions des autres viscères intra-abdominaux.

L’exploration du contenu de l’abdomen étant effectuée, il est indispensable de


s’assurer de l’intégrité des coupoles diaphragmatiques, d’examiner
attentivement l’espace retropéritonéal depuis la région cœliaque jusqu’au pelvis,
d’un flanc à un autre de façon à dépister tout épanchement retropéritonéal.

[Link]. Traitement des lésions

[Link].1. Lésions du grêle


Les gestes chirurgicaux utilisés sont la suture simple ou avivement-suture, la
résection-anastomose immédiate et l’iléostomie avec rétablissement ultérieur de
la continuité ultérieure.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 37


[Link].2. Lésions associées
Il s’agit du traitement des lésions viscérales associées (gastrique, splénique,
hépatique, mésentérique, colique, etc.).

[Link].3. Autres gestes chirurgicaux


Le traitement fait systématiquement appel, outre le traitement des lésions
viscérales, à une toilette péritonéale au sérum physiologique préchauffé (tiède),
un drainage abdominal large.

Le traitement d’éventuelles portes d’entrée et de sortie nécessite un parage des


berges avec extraction d’éventuels corps étrangers (débris de vêtements,
projectile), une désinfection soigneuse de la plaie, une réparation aponévrotique,
un drainage de l’espace cellulaire sous-cutané et une fermeture cutanée lâche de
façon à limiter le risque de suppuration pariétale.

[Link]. Traitement extra-abdominal


Il s’agit du traitement des lésions extra-abdominales associées (crâne, thorax,
membres, bassin, colonne vertébrale, etc.).

7.3. Indications

7.3.1. Lésions grêliques par contusion abdominale isolée


Le traitement médical associe la réanimation, l’antibiothérapie et les
antalgiques.

Le traitement chirurgical comprend :

 le traitement des lésions du grêle : les perforations uniques seront suturées.


Les perforations multiples délabrantes, les ruptures totales et les perforations
avec désinsertion mésentérique seront traitées par résection-anastomose
termino-terminale immédiate. L’iléostomie est réservée aux grands
délabrements intestinaux chez les patients en choc hémorragique sévère et
prolongé, et aux péritonites vues tardivement. Pour ce qui est des lésions de

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 38


nécrose du grêle secondaire ou non à une lésion du mésentère, elles seront
traitées soit par résection-anastomose termino-terminale immédiate ou soit
par confection d’une iléostomie.
 le traitement des lésions viscérales abdominales associées.

7.3.2. Lésions grêliques par plaie abdominale


Le traitement médical associe en plus de la réanimation, de l’antibiothérapie et
des antalgiques, une couverture antitétanique.

Le traitement chirurgical est le même que dans la contusion abdominale. La


seule particularité à prendre en compte est le traitement de la porte d’entrée et de
sortie.

7.3.3. Lésions grêliques lors d’un polytraumatisme


La seule particularité à prendre en compte dans cette forme est le traitement des
lésions extra-abdominales associées.

8. COMPLICATIONS POSTOPERATOIRES [18, 36, 61]


Les complications de la chirurgie peuvent être liées à l’évolution du
traumatisme, à sa prise en charge chirurgicale et à la présence d’une éventuelle
tare.

Ces complications peuvent assombrir le pronostic à plus ou moins long terme.


Le décès peut survenir à la suite des complications postopératoires. Mis à part
les décompensations de tares, ces complications de gravité inégale se
répartissent en deux grands groupes :

 Complications communes aux interventions chirurgicales,


 Complications propres aux interventions sur l’abdomen.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 39


8.1. Complications communes aux interventions chirurgicales
Il peut s’agir d’infections urinaires et pulmonaires, d’escarres, d’insuffisance
rénale aigüe, d’embolie pulmonaire, de thrombophlébite, etc.

8.2. Complications propres aux interventions sur l’abdomen

8.2.1. Péritonite postopératoire


Elle peut être due à une contamination peropératoire, mais le plus souvent elle
est secondaire à une contamination du péritoine par lâchage de l’anastomose ou
de la suture. Sont rapportés comme facteurs de risque de lâchage de suture le
tabagisme, l’insuffisance coronarienne, la corticothérapie, l’hypovolémie, la
dénutrition, la transfusion, la durée d’intervention, l’infection locale ainsi que le
niveau d’anastomose.

Le diagnostic clinique peut être très difficile du fait de présentations


polymorphes parfois trompeuses.

La prise en charge est centrée sur le contrôle de la source de l’infection par la


chirurgie associée à une antibiothérapie adaptée initialement probabiliste.

8.2.2. Abcès profonds


Ils regroupent les abcès inter-anses et l’abcès sous-phrénique se manifestant par
un tableau de suppuration fait d’une altération progressive de l’état général, d’un
syndrome infectieux avec fièvre, de douleurs. En cas d’abcès sous phréniques la
douleur est basithoracique avec une toux. En cas d’abcès entre les anses, elle est
abdominale avec ou sans épanchement péritonéal réactionnel.

L’échographie ou la TDM est d’un grand apport tant sur le plan diagnostique
que thérapeutique. Un drainage percutané ou parfois chirurgical est l’ultime
solution.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 40


8.2.3. Occlusions postopératoires
La difficulté réside dans la distinction entre occlusion mécanique par obstacle et
une occlusion fonctionnelle par iléus paralytique.

Schématiquement, les occlusions fonctionnelles se manifestent pendant les


premiers jours postopératoires et se traduisent par un tableau occlusif plus ou
moins franc.

Les occlusions mécaniques reconnaissent plusieurs étiologies :

 Agglutinations d’anses,
 Etranglement d’une anse dans une brèche de péritonisation,
 Brides précoces,
 Torsion d’une anse

8.2.4. Complications pariétales


Il s’agit essentiellement de :

 l’hémorragie et les hématomes pariétaux,


 la suppuration pariétale,
 le lâchage des fils de suture en postopératoire entrainant une éviscération.

8.2.5. Complications lointaines


Il peut s’agir d’occlusions postopératoires par brides ou par adhérences,
d’éventrations postopératoires surtout pour les incisions médianes.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 41


DEUXIEME PARTIE:NOTRE
ETUDE

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


OBJECTIFS DE NOTRE ETUDE

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


1. OBJECTIFS

1.1. Objectif général


 Etudier les lésions traumatiques du grêle au CHU-YO du 1er janvier 2009 au
31 décembre 2015.

1.2. Objectifs spécifiques


 Décrire les principaux aspects épidémiologiques des lésions traumatiques du
grêle au CHU-YO ;
 Déterminer les circonstances de survenue des lésions traumatiques du grêle
au CHU-YO ;
 Décrire les aspects cliniques des lésions traumatiques du grêle au CHU-YO ;
 Décrire les aspects paracliniques des lésions traumatiques du grêle au CHU-
YO ;
 Décrire les différentes méthodes thérapeutiques utilisées dans les lésions
traumatiques du grêle au CHU-YO ;
 Déterminer les modalités évolutives des lésions traumatiques du grêle au
CHU-YO.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 44


METHODOLOGIE

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


2. METHODOLOGIE

2.1. Cadre d’étude


Notre étude a été menée dans le service de chirurgie générale et digestive du
Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo à Ouagadougou, au
Burkina Faso.

 Burkina Faso
Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, dans la zone soudano-sahélienne, le
Burkina Faso est un pays enclavé qui est limité par le Mali au Nord, le Bénin au
Sud-est, le Togo et le Ghana au Sud, le Niger à l’Est et la Cote d’Ivoire au Sud-
Ouest.
Sur le plan sanitaire, le taux de mortalité globale est de 14.8‰ et le taux de
mortalité infantile est de 83‰ des naissances vivantes.
Le paludisme est de loin le principal motif de consultation (35.9%), suivi des
affections respiratoires et des parasitoses intestinales.

 La ville de Ouagadougou
Ouagadougou est la capitale politique et administrative du Burkina Faso. En
2012 sa population est estimée à 2 231 807 habitants avec un taux
d’accroissement de 7,6%.
Située dans la région sanitaire du centre, elle comporte 5 districts sanitaires
(Kossodo, Paul VI, Pissy, Secteur 30, Baskuy), 3 centres hospitaliers
universitaires (CHU-YO, CHUP-CDG et l’hôpital national Blaise Compaoré), 4
centres médicaux avec antenne chirurgicale et plus de 150 formations sanitaires
privées (polycliniques, cabinets médicaux, cabinets de soins).

 Le Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo

Créé en 1956 et fonctionnel depuis 1961, le CHU-YO est devenu en mars 1990
le Centre Hospitalier National Yalgado Ouédraogo et en 2002 le Centre

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 46


Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo. Il constitue aujourd’hui avec le
CHU Sanou Sourou de Bobo Dioulasso, le CHU pédiatrique Charles De Gaulle
et l’Hôpital National Blaise Compaoré, les quatre centres hospitaliers
universitaires de référence au Burkina Faso. En tant que centre de santé national
de référence, le CHU-YO offre des soins de spécialités aux malades des
structures périphériques, qui y sont référés. Outre sa mission de soins, le CHU-
YO a pour vocation de développer la recherche et d’être un partenaire privilégié
pour la formation des praticiens médicaux. Il abrite en son sein les services
administratifs, cliniques et médico-techniques, dont le service de chirurgie
générale et digestive.

Il comprend dix (10) départements :


 le département de médecine et spécialités médicales,
 le département de chirurgie et spécialités chirurgicales,
 le département de gynécologie et d’obstétrique,
 le département de pédiatrie,
 le département de la pharmacie,
 le département des laboratoires,
 le département d’imagerie médicale et de radiodiagnostic,
 le département de médecine nucléaire,
 le département de réanimation,
 le département de santé publique

 Le service de chirurgie générale et digestive du CHU-YO

Situé du côté Est de l’enceinte du CHU-YO, il fait partie du département de


chirurgie et spécialités chirurgicales.

Il comprend trois grandes unités : une unité des urgences, une unité du bloc
opératoire et une unité d’hospitalisation.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 47


 L’unité des urgences chirurgicales est située dans un bâtiment annexe au
grand bâtiment, et comprend :

- Une salle d’accueil ;


- Deux salles de mise en observation avec une capacité de douze (12) lits ;
- Une salle de pansement des malades externes ;
- Un bloc opératoire avec deux salles dont une salle fonctionnelle ;
- Un dépôt de kit de médicaments d’urgence.

 L’unité du bloc opératoire est située dans le bâtiment central au rez-de-


chaussée, et est constituée de:
- Deux salles opératoires, dont une salle pour les interventions dites
« septiques » ;
- Un bureau du surveillant d’unité de soins ;
- Un magasin pour le stockage du matériel médicochirurgical ;
- Une salle de stérilisation.

 L’unité d’hospitalisation : elle occupe deux pavillons du 1er étage du grand


bâtiment central, dispose de 48 lits qui se répartissent dans 14 chambres.
Elle reçoit les patients opérés des urgences pour leur suivi postopératoire,
mais également d’autres patients hospitalisés pour des pathologies
chirurgicales en dehors des situations d’urgence et/ou en attente d’une
intervention chirurgicale. On y pratique des consultations de chirurgie.
La mission du service de Chirurgie Générale et Digestive consiste dans
l’accueil, l’information, la dispensation des soins globaux et intégrés aux
adultes dont l’état requiert une prise en charge chirurgicale en chirurgie
générale ou viscérale (diagnostic, traitement, surveillance générale).
Le service a aussi une mission de formation des étudiants en médecine et des
médecins en spécialisation de chirurgie générale. Il mène également des
activités de recherche.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 48


 Le personnel de chirurgie générale et digestive est composé de :
- un professeur titulaire en chirurgie viscérale, générale et digestive
- un maître de conférences agrégé en chirurgie viscérale,
- un maître de conférences agrégé en chirurgie générale,
- un chirurgien-oncologue,
- trois chirurgiens,
- un oncologue médical,
- un médecin généraliste,
- quatorze (14) infirmiers attachés de santé en chirurgie,
- vingt un (21) infirmiers spécialisés en anesthésie et réanimation (ISAR),
- onze (11) infirmiers diplômés d’Etat (IDE),
- vingt-huit (28) infirmiers brevetés (IB),
- quatorze (14) garçons de salle et onze (11) filles de salle,
- une secrétaire.
En outre, on note également la présence des stagiaires de l’USTA, de
l’UFR/SDS et de l’ENSP sur ce site.

2.2. Patient et méthode

2.2.1. Type d’étude et période d’étude


Il s’agissait d’une étude retrospective de type descriptif sur une durée de 7 ans
allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2015 dans le service de chirurgie
générale et digestive du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo
(CHU-YO).

2.2.2. Population d’étude


La population a été constituée de tous les patients d’âge supérieur ou égal à 15
ans admis aux urgences viscérales du CHU-YO pendant notre période d’étude et
qui ont été pris en charge pour un traumatisme du grêle.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 49


[Link]. Critères d’inclusion
Ont été inclus dans notre étude tous les patients qui ont été opérés pour lésion du
grêle d’origine traumatique ayant :

 un compte-rendu opératoire confirmant la lésion grêlique ;


 un dossier médical mis à jour régulièrement après l’intervention.

[Link]. Critères d’exclusion


Ont été exclus de notre étude tous les contus ou les plaies pénétrantes de
l’abdomen présentant de lésions d’un organe creux autre que le grêle.

2.2.3. Définitions opérationnelles


Toutes les lésions traumatiques du grêle ont été prises en compte dans notre
étude.

La date d’admission était la date à laquelle le patient a été enregistré aux


urgences viscérales.

Le patient a été considéré comme admis directement s’il était venu consulter de
lui-même aux urgences viscérales.

Le patient référé était le patient adressé par une formation sanitaire aux services
des urgences viscérales.

Les aspects de l’examen clinique ont été ceux observés et retenus par le
personnel médical.

Les diagnostics retenus ont été ceux retenus par le personnel médical en
peropératoire.

2.2.4. Collecte des données


Les données sociodémographiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et
évolutives ont été relevées sur une fiche d’enquête individuelle établie à cet effet
(confère annexe).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 50


2.2.5. Sources des données de la collecte
Au cours de notre étude, nous avons eu recours aux sources suivantes :
 les registres des entrées des urgences ;
 les registres de compte-rendu opératoire ;
 les dossiers cliniques de patients opérés pour lésions grêliques par contusion
abdominale et plaie de l’abdomen ;
 Les registres de l’unité d’hospitalisation du service de chirurgie générale et
digestive.

2.2.6. Variables de l’étude


Ces variables ont été regroupées en :

 Variables sociodémographiques : il s’agissait des fréquences annuelles, de


l’incidence saisonnière, de l’âge, du sexe, de la provenance et de la
profession.
 Variables liées au traumatisme : il s’agissait des circonstances de survenue
du traumatisme.
 Variables cliniques et paracliniques : il s’agissait du mode d’admission, du
délai de consultation, de l’examen général, des signes physiques, de lésions
extra-abdominales associées et les résultats des examens radiologiques et
biologiques.
 Variables thérapeutiques : il s’agissait des moyens thérapeutiques, du type de
lésions grêliques, des lésions intra-abdominales associées, des indications
thérapeutiques, du délai de prise en charge chirurgicale et de l’évolution post-
opératoire.

2.2.7. Traitement des données


Les données ont été saisies et analysées sur micro-ordinateur à l’aide du logiciel
Epi Info [Link] dans sa version française. Les tableaux et les graphiques ont été
réalisés grâce aux logiciels Word et Excel 2010.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 51


2.2.8. Considérations éthiques et déontologiques
Pour avoir accès aux sources de données, nous avons eu l’autorisation du chef
du service de chirurgie générale et viscérale du CHU-YO. Les informations
recueillies sont restées strictement anonymes et confidentielles.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 52


RESULTATS

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


3. RESULTATS

3.1. Caractéristiques sociodémographiques

3.1.1. Fréquence générale


Durant la période d’étude allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2015, nous
avons enregistré 932 cas de traumatismes abdominaux parmi lesquels 376 ont
été opérés.

Pendant cette période, nous avons colligé 161 cas de traumatismes du grêle.

Les traumatismes du grêle ont donc représenté 17,27% des traumatismes


abdominaux et 42,82% des traumatismes abdominaux opérés. Il s’agissait de 90
cas de contusions (55,90% des cas) et de 71 cas de plaies pénétrantes (44,10%
des cas).

3.1.2. Fréquence annuelle


La répartition annuelle des traumatismes grêliques a été représentée par la figure
6.

40
35
30
Nombre de cas

25
20
15
10
5
0
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Années

Figure 6: Répartition annuelle des traumatismes du grêle (n=161)

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 54


Nous avons noté en moyenne 23 cas/an.

3.1.3. Incidence saisonnière


La répartition saisonnière des traumatismes grêliques a été représentée par la
figure 7.

20
18
16
Nombres de cas

14
12
10
8
6
4
2
0

Saisons

Figure 7 : Répartition saisonnière des traumatismes grêliques (n=161).

Les traumatismes du grêle sont survenus le plus dans les mois de janvier et de
juin.

3.1.4. Sexe
Les patients se répartissaient en 146 hommes (90,68% des cas) et 15 femmes
(9,32% des cas), soit un sex-ratio de 9,73.

3.1.5. Age
La distribution des patients selon l’âge a été représentée par la figure 8.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 55


60

50
Nombre de cas

40

30

20

10

0
15-24 25-34 35-44 45-54 55-64 65-74 76-84
Tranches d'âge

Figure 8: Répartition des patients selon la tranche d’âge

L’âge moyen des patients a été de 34,34 ans avec des extrêmes de 15 ans et 82
ans.

3.1.6. Provenance
Cent deux (102) patients (63,35% des cas) provenaient de la ville de
Ouagadougou et 59 (36,65% des cas) des autres provinces.

3.1.7. Profession
La répartition des patients selon le statut socioprofessionnel a été représentée par
le tableau II.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 56


Tableau II: Répartition des patients selon le statut socioprofessionnel (n=161).

Profession Effectif Proportion (%)


Secteur informel 42 26,09
Elève/Etudiant 33 20,50
Sans emploi 9 5,59
Salarier 33 20,50
FAF 11 6,83
Cultivateur 28 17,39
Retraité 5 3,11
Total 161 100,00

3.2. Aspects cliniques et paracliniques

3.2.1. Délai de consultation


Le délai moyen de consultation a été de 21,60 heures avec des extrêmes de 1
heure et de 168 heures (7 jours).

3.2.2. Mode d’admission


Le mode d’admission des patients a été représenté par le tableau III.

Tableau III: Répartition des patients en fonction de leur mode d’admission


(n=161).

Mode d’admission Effectif Proportion (%)


Références 99 61,49
Transféré (UT*) 36 22,36
Evacuation (BNSP**) 18 11,18
Direct 8 4,97
Total 161 100,00
UT* urgences traumatologiques
BNSP** Brigade nationale des sapeurs-pompiers

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 57


Les références à partir d’une formation sanitaire ont été effectuées dans 99 cas
soit 61,49% des cas.

3.2.3. Circonstances de survenue


 les contusions abdominales (90 cas)
Parmi les cas de contusions abdominales, 70 cas (77,78%) ont été dus à un
accident de circulation, 7 cas (7,78%) à un accident de sport, 4 cas (4,44%) de
chute du haut d’un arbre, 3 cas (3,33%) d’accident de travail, 3 cas (3,33%)
d’agression, 2 cas (2,22% des cas) de rixe et 1 cas (1,11% des cas) de ruade
d’animaux.

 Les plaies abdominales (71 cas)


En ce qui a concerné les plaies abdominales, 40 cas (56,34%) ont été dus à
une agression par arme blanche, 16 cas (22,54%) à une agression par arme à feu,
11 cas (15,49% des cas) à un accident de circulation, 4 cas (5,63% des cas) ont
été iatrogène (post aspiration manuelle intra-utérine).

3.2.4. Diagnostic

[Link]. Patients à hémodynamique instable


Vingt-sept (27) patients (16,77% des cas) ont été reçus dans un état de choc
hypovolémique, parmi lesquels :

- Dix-neuf (19) patients (11,80% des cas) avaient une respiration


superficielle, répondaient mal aux questions et avaient une soif vive, des
extrémités froides et glacées, un pouls petit et accéléré, une tension
artérielle abaissée (TAS<80mmHg) ;
- Ailleurs, 8 patients (4,97% des cas) étaient angoissés, anxieux, inquiets
avec une soif intense, un pouls imperceptible fuyant et filant, une
tachycardie, une tension artérielle pincée et une tendance syncopale au
moindre changement de position.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 58


Devant ces signes d’instabilité hémodynamique, ces patients ont bénéficié d’une
réanimation visant à rétablir l’état hémodynamique. Cela a consisté en la prise
d’une voie veineuse avec un cathéter de gros calibre (G16 ou G18), en la mise
en place d’une sonde nasogastrique et d’une sonde urinaire. Des prélèvements
sanguins (GS/RH) ont été réalisés en urgence puis la correction du choc a été
assurée par perfusion de macromolécules et de sang isogroupe isorhésus.

Même après ces mesures de réanimation, l’instabilité hémodynamique a persisté


chez 23 des patients (14,29% des cas) ; ce qui a nécessité une laparotomie
d’hémostase d’urgence.

[Link]. Patients à hémodynamique stable

[Link].1. Signes fonctionnels


La douleur abdominale a été mentionnée chez les 138 patients (85,71% des cas)
qui avaient un état hémodynamique stable spontanément ou après réanimation.

Les autres signes fonctionnels qui ont été notés étaient des vomissements chez
18 patients (11,18% des cas) et un arrêt des matières et des gaz chez 12 patients
(7,45% des cas).

[Link].2. Antécédents
Un patient était drépanocytaire.
Quarante-quatre (44) patients consommeraient de l’alcool.

[Link].3. Examen général


L’état général était conservé chez 97 patients (60,25% des cas), mais a été
mauvais dans 37 cas (22,98% des cas).

La conscience était obnubilée chez 6 patients (3,73% des cas).

La température à l’entrée était supérieure à 38°C chez 14 patients (8,70% des


cas).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 59


[Link].4. Examen physique
 A l’inspection, le météorisme abdominal a été observé chez 4 patients
(2,48% des cas), une éviscération dans 26 cas (16,15% des cas) et un point
d’impact lésionnel chez 54 patients (33,54% des cas).
La répartition de l’impact sur la paroi abdominale a été représentée dans le
tableau IV.

Tableau IV: Répartition des patients en fonction du point d’impact lésionnel


(n=54).

Point d’impact Effectif Proportion (%)


Epigastre 4 7,41
Hypochondre gauche 3 5,36
Hypochondre droit 3 5,36
Flanc droit 6 10,71
Flanc gauche 9 16,07
Région péri-ombilicale 13 23,21
Fosse iliaque droite 5 8,93
Fosse iliaque gauche 6 10,71
Hypogastre 5 8,93
Total 54 100,00

Le reste de l’examen a noté :

 chez 134 patients (83,23% des cas) une contracture abdominale avec une
douleur à la pression de l’ombilic (cri de l’ombilic) à la palpation, une matité
des flancs à la percussion et une douleur vive au cul-de-sac de Douglass au
toucher rectal ;
 chez 41 patients (25,47% des cas) un tympanisme préhépatique à la
percussion ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 60


 chez 4 patients (2,48% des cas) une sensation de résistance élastique à la
palpation, un tympanisme abdominal à la percussion et un silence
auscultatoire.
Les orifices herniaires étaient libres.

[Link].5. Aspects paracliniques

[Link].5.1. Imagerie
 La radiographie de l’abdomen sans préparation a été réalisée chez les 138
patients. Elle a retrouvé :
- une grisaille diffuse abdominale avec des niveaux hydro-aériques chez
82 patients,
- un croissant gazeux inter-hépato-diaphragmatique dans 47 cas,
- des images hydro-aériques centrales plus larges que hautes dans 4 cas,
- des images de projectile intra-abdominal dans 5 cas.
 L’échographie abdominale a été réalisée chez 52 patients (32,30% des cas).
Elle a révélé un épanchement liquidien intrapéritonéal dans tous les cas.
 La TDM abdominopelvienne a été réalisée chez 29 patients. Elle a mis en
évidence dans tous ces cas la présence d’un pneumopéritoine avec un
épanchement liquidien intrapéritonéal.

[Link].5.2. Biologie
La numération formule sanguine a mis en évidence :

 une anémie normochome normocytaire (taux d’hémoglobine<11g/dl) dans 16


cas (9,94% des cas);
 une hyperleucocytose (globules blancs>10000/mm3) avec prédominance
neutrophile dans 112 cas (69,57% des cas).

La glycémie mesurée non à jeun a révélé une hyperglycémie (>11,1mmol/l)


dans 3 cas (1,86% des cas).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 61


La créatininémie a été supérieure à 120mmol/l, chez 12 patients (7,45% des
cas).

L’ionogramme sanguin a révélé des troubles ioniques (hyponatrémie,


hypocalcémie, hypokaliémie, hypomagnésémie) chez 25 patients (15,53% des
cas).

3.2.5. Lésions extra-abdominales associées


Le siège des lésions extra-abdominales associées a été représenté dans le tableau
V.

Tableau V: Répartition des patients en fonction des lésions extra-abdominales


associées (n=33).

Lésions extra-abdominales Effectif


Tête 3
Thorax 9
Membre thoracique 9
Membre pelvien 11
Bourses 1
Total 33

Il s’est agi au niveau :

 de la tête, d’une plaie du scalpe dans 2 cas et d’une plaie du scalpe associée à
une plaie de la joue droite et à une plaie sous mentonnière dans un cas;
 du thorax, d’une plaie des parties molles dans 6 cas, d’un hémothorax dans 2
cas et d’une plaie soufflante du thorax associée à un hémothorax;
 des membres thoraciques, de plaies des parties molles dans 5 cas, une
fracture fermée du bras dans un cas, une fracture fermée des 2 os de l’avant-
bras dans 2 cas, une fracture ouverte type I de Cauchoix et Duparc de la

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 62


diaphyse humérale droite associée à une fracture du 1/3 distale des deux os
de l’avant-bras gauche dans un cas ;
 des membres pelviens, de plaies des parties molles dans 6 cas, d’une fracture
fermée de la hanche dans 2 cas, d’une fracture fermée tibiale dans un cas,
d’une fracture fermée de la malléole interne gauche dans un cas et d’une
fracture ouverte type 2 de Cauchoix et Duparc de la malléole interne du pied
gauche dans un cas ;
 des bourses, d’une plaie.

3.3. Traitement

3.3.1. Délai de prise en charge chirurgicale


Le délai de prise en charge a été en moyenne de 20 heures avec des extrêmes de
1 heure et de 96 heures (04 jours).

3.3.2. Réanimation
La réanimation a consisté en :

 la prise d’une voie veineuse périphérique avec un cathéter de gros calibre ;


 la mise en place d’une sonde nasogastrique et d’une sonde urinaire à
demeure;
 la correction des désordres hydro-électrolytiques chez 25 patients, la
transfusion de sang iso-groupe iso-rhésus de concentrés de globules rouges
dont la quantité variait de 500 ml à 3000ml chez 38 patients ;
 une antibiothérapie systématique et probabiliste chez tous les patients. Il s’est
agi d’une bithérapie à base de céphalosporine de troisième génération
(ceftriaxone 2g/jour) et d’imidazolé (métronidazole 500mg/8heures) ;
 un traitement antalgique chez tous les patients fait essentiellement de
paracétamol associé ou non à du néfopam ;
 l’administration de vaccin et de sérum antitétanique qui avait été effective
dans tous les cas de plaies abdominales.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 63


3.3.3. Traitement des lésions

[Link]. Type d’anesthésie


Tous les patients ont été opérés sous anesthésie générale avec une intubation
orotrachéale.

[Link]. Voie d’abord


Tous les patients ont bénéficié d’une laparotomie médiane sus et sous-
ombilicale, à l’exception de 2 patients qui ont bénéficié d’une laparotomie par
élargissement de la plaie abdominale.

[Link]. Exploration

[Link].1. Cavité abdominale


L’exploration a retrouvé :

 un hémopéritoine dans 52 cas (par nécrose du grêle secondaire à une lésion


du mésentère) ;

 du liquide digestif associé à un hémopéritoine dans 85 cas ;


 du pus dans 24 cas (ce pus a été prélevé pour étude bactériologique avec
culture en milieu aérobie et anaérobie).

[Link].2. Lésions grêliques


 Siège de la lésion
L’exploration a permis de préciser le siège des lésions du grêle représenté dans
le tableau ci-dessous.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 64


Tableau VI: Répartition des patients en fonction du siège des lésions sur le
grêle (n=161).

Siège de la lésion Effectif Proportion (%)


Jéjunal 71 44,10
Iléal 84 52,17
Jéjuno-iléal 6 3,73
Total 161 100,00

6 patients ont présenté des lésions grêliques de sièges multiples.

 Nombre des lésions


L’exploration a retrouvé des lésions du grêle qui ont été uniques dans 147 cas
(91,30%) et multiples chez 14 patients (8,7%).

[Link].3. Lésions intra-abdominales associées


Les lésions intra abdominales associées ont été retrouvées dans 71 cas sur 161.

Elles ont été représentées dans le tableau VII.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 65


Tableau VII: Répartition des patients en fonction des lésions intra-abdominales
associées (n=71).

Lésions intra-abdominales associées Effectif


Plaie diaphragmatique 2
Perforation de l’estomac 4
Plaie hépatique 6
Plaie splénique 6
Perforation du duodénum 2
Contusion de la vésicule biliaire 1
Plaie de la queue du pancréas 1
Brèche mésentérique 22
Perforation du côlon 17
Déchirure du mesocôlon 4
Brèche utérine 4
Plaie de la vessie 2
Total 71

[Link]. Gestes chirurgicaux

[Link].1. Traitement des lésions grêliques


Tous nos patients ont été opérés. Les gestes chirurgicaux réalisés ont été
résumés dans le tableau VIII.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 66


Tableau VIII: Répartition des patients en fonction des gestes chirurgicaux
(n=161).

Gestes chirurgicaux Effectif Proportion (%)


Suture grêlique unique 61 37,89
Suture grêlique multiple 17 10,56
Résection-anastomose immédiate 59 36,65
Iléostomie temporaire 24 14,91
Total 161 100,00

Les longueurs de grêle réséquées étaient comprises entre 5 cm à 170 cm avec


une moyenne de 56,42 cm.

[Link].2. Traitement des lésions associées


Les différentes lésions intra et extra-abdominales associées ont été prises en
charge dans les mêmes temps opératoires.

[Link].3. Drainage
Tous les patients ont bénéficié d’une toilette et d’un drainage de la cavité
abdominale par un drain tubulaire non aspiratif.

3.4. Aspects évolutifs

3.4.1. Complications postopératoires


L’évolution a été favorable chez 139 patients (86,34% des cas).
Des complications postopératoires ont été notées chez 22 patients (13,66% des
cas). Il s’est agi :
 de suppuration pariétale chez 13 patients qui fut traitée par des soins locaux ;
 de choc septique chez un patient ayant motivé une réanimation intense ;
 de nécrose de la stomie chez un patient ayant nécessité une intervention pour
la confection d’une nouvelle stomie ;

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 67


 d’une fistule pyostercorale associée à un abcès sous-phrénique chez un
patient ayant nécessité une laparotomie ;
 d’une fistule stercorale chez 3 patients ayant nécessité une reprise de
l’intervention chez deux patients, la fistule avait tari spontanément chez un
patient ;
 d’une suppuration pariétale associée à un lâchage de la paroi entrainant une
éviscération chez un patient ayant nécessité une intervention avec
réintégration des viscères et réfection de la paroi ;
 de péritonite postopératoire chez un patient ayant nécessité une reprise de
l’intervention ;
 d’éventration chez un patient ayant nécessité une laparotomie avec mise en
place d’une prothèse.

3.4.2. Délai de rétablissement de la continuité digestive après iléostomie


Le délai moyen de rétablissement a été de 39,82 jours avec des extrêmes de 19
jours et de 74 jours.

3.4.3. Mortalité
Dans notre étude, dix (10) cas de décès ont été enregistrés. Le taux de mortalité
a été de 6,21%.

Deux (2) cas (1,24% des cas) de décès ont été dus aux plaies abdominales. Et les
autres huit (8) cas (4,97% des cas) de décès ont été enregistrés dans les
contusions abdominales. Tous ces décès sont survenus en postopératoire par
choc hypovolémique et par choc septique.

3.4.4. Durée d’hospitalisation


La durée moyenne d’hospitalisation a été de 16,16 jours avec des extrêmes de
1jour et de 108 jours.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 68


DISCUSSION

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


4. DISCUSSION ET COMMENTAIRES

4.1. Limites et contraintes de l’étude


Notre étude a connu des limites et des contraintes tels que :

 les comptes rendus opératoires et les dossiers cliniques mal renseignés ;


 l’absence de base de données électronique ;
 le non-renseignement de certains items importants des dossiers cliniques
comme l’adresse complète du patient, les antécédents, les constantes
anthropométriques…
 une faible notification du suivi postopératoire qui a limité la collecte des
éléments évolutifs.
Malgré ces limites et contraintes, nous avons pu aboutir à des résultats que nous
avons comparés à ceux de la littérature.

4.2. Aspects sociodémographiques

4.2.1. Fréquence
Du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2015, il a enregistré aux urgences viscérales
du CHU-YO 932 cas de traumatismes de l’abdomen parmi lesquels on a noté
161 cas de lésions traumatiques du grêle (soit 17,27% des cas de traumatismes
abdominaux).

Nos résultats sont similaires à ceux des séries africaines : Diakité [10] et
Ouédraogo [41] ont rapporté respectivement 17% et 22,90%. Par contre, nos
résultats sont supérieurs à ceux de la littérature [33, 36] qui rapportait moins de
5% de lésions du grêle constatées chez les traumatisés de l’abdomen.

Cette atteinte relativement élevée du grêle au cours des traumatismes


abdominaux pourrait s’expliquer par le fait que la plupart des patients étaient en
réplétion digestive lors des traumatismes.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 70


4.2.2. Age
Dans notre série, les patients étaient relativement jeunes avec un âge moyen de
34,34 ans avec des extrêmes de 15 ans et 82 ans. La tranche d’âge comprise
entre 15 et 34ans représentait 68,94% de nos patients. Essomba [16],
Ouédraogo [41] et Massengo [31] trouvaient respectivement un âge moyen de
23,5 ans, 29,70 ans et 35ans.

Le même constat a été fait par plusieurs auteurs [2, 3, 4, 6, 7, 10, 15].

Cela s’expliquerait par le fait que les jeunes, représentant la population active et
prenant plus de risques, sont les plus exposés aux aléas de la circulation surtout
dans un pays où le parc automobile augmente en dépit d’une situation routière
précaire.

4.2.3. Sexe
La prédominance masculine dans les traumatismes abdominaux a été classique
[13, 23, 42, 43, 49, 53].

Dans notre série, le sex-ratio a été de 9,73 en faveur des hommes soit 90,68%.
Sambo [52], Odimba [38], Es Sakoumy [15] ont également mentionné cette
prédominance masculine avec des sex-ratios respectivement de 7,17, 8 et 14.

Cela pourrait s’expliquer en partie par l’importance de l’imprudence masculine


pendant la jeunesse.

4.2.4. Provenance
La majorité de nos patients (63,35%) provenaient de la ville de Ouagadougou.
Cette tendance est également notée par Tapsoba [57] en 2008 et Ouédraogo
[41] en 2010 au Burkina Faso qui notaient respectivement 64% et 63% de
patients provenant de la ville de Ouagadougou.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 71


Cette majorité pourrait s’expliquer par l’augmentation constante des accidents
de la circulation routière et également des agressions dans une ville en pleine
effervescence.

4.3. Aspects cliniques et paracliniques

4.3.1. Délai de consultation


Le délai moyen de consultation était de 21,60 heures. Quarante un (41) patients
sur 161 avaient consulté dans les 6 premières heures suivant le traumatisme et
75 patients sur 161 dans les 12 premières heures.

Ayité [2] au Togo en 1996 retrouvait 86,4% des patients qui avaient consulté
dans les 6 heures.

Ce long délai de consultation dans notre série pourrait s’expliquer par le fait que
plus de la moitié de nos patients ont été évacuée d’une formation sanitaire,
allongeant ainsi le délai entre le moment du traumatisme et l’arrivée aux
urgences.

4.3.2. Circonstances de survenue


Dans les contusions abdominales, les circonstances de survenue sont dominées
par les accidents de circulation (77,78%). Nos résultats sont simillaires à ceux de
El Hassani [13] et de BA [3] qui avaient noté respectivement 66% et 77,27%.
Cette prédominance des accidents de circulations s’expliquerait non seulement
par la prolifération des engins à deux roues, l’étroitesse des voies, mais
également par le non-respect du code de la route et le mauvais état des
infrastructures routières. La situation étant aggravée du fait de l’occupation
anarchique du trottoir par les vendeurs ambulants. Les lésions internes lors des
traumatismes surviennent le plus souvent lors des chocs violents comme dans le
cas des accidents de circulation.
Dans les plaies abdominales, l’agression (56,34%) a été la principale
circonstance de survenue. Les mêmes constats ont été faits par plusieurs auteurs

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 72


qui retrouvaient un contexte d’agression dans 31 à 85% [2, 7, 23]. Dans notre
contexte de vie chère, la pauvreté de la population et l’appât du gain facile
pourraient favoriser les agressions.

4.3.3. Tableaux cliniques

[Link]. Patients à hémodynamique instable


La plupart des blessés de l’abdomen présentaient à leur arrivée un choc
provoqué par le traumatisme. L’instabilité hémodynamique a été notée chez 27
patients (16,77% des cas) dans notre série.

Nos résultats sont inférieurs à ceux de Traoré [58] qui notait un état de choc
chez 68 % des patients dans sa série.

[Link]. Patients à hémodynamique stable

[Link].1. Aspects cliniques


L’expression clinique dans notre série n’est pas différente de celle décrite dans
la littérature. Les lésions traumatiques du grêle donnent un tableau de péritonite
typique [33, 36]. Ce tableau a été retrouvé chez 134 patients (83,23% des cas).

Essomba [16] et Massengo [31] ont rapporté des résultats inférieurs au nôtre
avec respectivement 77,78% et 40%.

Ce fort taux de péritonite dans notre série pourrait s’expliquer par le retard à la
consultation et le retard de prise en charge des patients victimes de traumatismes
abdominaux.

[Link].2. Aspects paracliniques


 La radiographie de l’abdomen sans préparation réalisée a retrouvé une
grisaille diffuse abdominale avec des niveaux hydro-aériques chez 82
patients (50,93%), un croissant gazeux inter-hépato-diaphragmatique dans 47
cas (29,19%), des images hydro-aériques centrales plus larges que hautes

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 73


dans 4 cas (2,48%) et des images de projectiles intra-abdominaux dans 5 cas
(3,11%).
 L’échographie abdominale a été réalisée chez 52 patients (32,30% des cas) et
a révélé un épanchement intra-abdominal dans tous les cas.

Dans la littérature, elle est moins fiable pour reconnaître un pneumopéritoine en


relation avec un traumatisme d’un organe creux [41] mais est d’une grande
sensibilité pour détecter un épanchement intra-abdominal [25].

 La TDM abdominopelvienne a été réalisée chez 29 patients (18,01%). Elle a


mis en évidence dans tous ces cas la présence d’un pneumopéritoine avec un
épanchement liquidien intrapéritonéal en faveur du diagnostic de perforation
digestive. El Hassani [13] avait retrouvé les mêmes résultats chez 25% de
ses patients.

4.3.4. Lésions extra-abdominales associées


Dans notre série, les lésions extra-abdominales ont été retrouvées dans 20,50%
des cas et ont concerné surtout le thorax et les membres.

Ces lésions étaient surtout associées aux contusions abdominales.

Nos résultats sont supérieurs à ceux de Ba [3] et de Ouédraogo [41] qui


rapportaient respectivement des lésions extra-abdominales associées dans
18,52% et 6,52%.
L’importance des accidents de circulation et la violence des chocs traumatiques
dans notre série justifieraient en partie de nos résultats.

4.4. Traitement

4.4.1. Délai de prise en charge chirurgicale


Dans notre étude le temps moyen mis entre l’admission aux urgences et le début
de l’intervention chirurgicale était de 20 heures. Seulement 18,63% de nos

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 74


patients ont été prise en charge avant les 6 premières heures et 34,78% avant les
12 premières heures.
Nos résultats sont différents de ceux de Guébré [23] et de Ouédraogo [41] qui
notaient respectivement un délai de prise en charge de 7,61 heures et de 10,5
heures ; mais se rapprochent de ceux de Ba [3] qui notait un délai de prise en
charge de 23,32 heures.
Ce long délai de prise en charge pourrait s’expliquer par l’absence d’un kit
opératoire gratuit pour les cas très urgents, l’état grabataire de certains patients
nécessitant une bonne mise en condition avant l’intervention chirurgicale.

4.4.2. Aspects anatomopathologiques

[Link]. Lésions grêliques


Le diagnostic de traumatisme du grêle a été fait dans tous les cas en
peropératoire. L’intervention a permis de localiser le siège de la lésion grêlique.

Les lésions du grêle, qui surviennent lors des traumatismes abdominaux, siègent
indifféremment sur le jéjunum et l’iléon. Ouédraogo [41], Essomba [16],
Massengo [31] ont également fait le même constat.

Dans notre série, les lésions ont été uniques dans 91,30% et multiples dans
8,7%.

Les armes à feu seraient le plus souvent responsables de lésions multiples et de


délabrement de par leur vitesse et leur trajectoire [8].

[Link]. Lésions intra-abdominales associées


Ces lésions ont été retrouvées chez 71 patients dans notre série, soit 44,10%.

Cette fréquence est similaire à celle de Ouédraogo [41] qui retrouvait une
fréquence de 47,83%. Notre résultat est par contre supérieur à ceux de
Massengo [31] et Gustavo [24] qui avaient rapporté respectivement une lésion
intra-abdominale associée dans 24% et 31%.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 75


Dans notre série, les lésions associées ont surtout concerné le mésentère et le
côlon avec respectivement 30,99% et 23,94% des cas.

L’importance des lésions intra-abdominales associées serait due à l’importance


du traumatisme, la violence ou la gravité du choc et de l’impact.

[Link]. Traitement chirurgical des lésions grêliques


Dans notre série, après la réanimation qui avait pour but de préparer les patients
à l’intervention chirurgicale, le traitement des lésions du grêle a consisté
essentiellement aux sutures uniques et multiples (48,44%), à la résection-
anastomose immédiate dans 36,65% des cas à la confection d’une iléostomie
dans 14,91% des cas.

Essomba [16], Massengo [31] n’ont réalisé dans leurs séries que des sutures
simples et des résections-anastomoses immédiates.

Sur une étude réalisée sur les perforations du grêle par contusion au Portugal en
1984, Olivera [39] rapportait une iléostomie dans seulement 4,76% des cas.

Cette forte fréquence d’iléostomie dans notre série pourrait s’expliquer par
l’importance du sepsis de la cavité péritonéale associée à l’altération de l’état
général de nos patients.

4.5. Aspects évolutifs

4.5.1. Morbidité
Dans notre série, les suites opératoires ont été simples dans 139 cas (86,34% des
cas) et compliquées chez 22 patients (13,66% des cas). La suppuration pariétale
était la complication la plus rencontrée avec 13 cas sur les 22.
Cette morbidité était supérieure à celle rencontrée dans la série de Ouédraogo
[41] qui rapportait un taux de morbidité de 7,61%, mais faible par rapport à celle
rencontrée dans la série de Massengo [31] (28% des cas).

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 76


4.5.2. Durée d’hospitalisation
La durée moyenne d’hospitalisation dans notre série était de 16,16 jours. Cette
moyenne est supérieure à celle de Ouédraogo [41] qui retrouvait une durée
moyenne d’hospitalisation de 14,35jours.

L’importance des complications postopératoires expliquerait ce long séjour


hospitalier dans notre série.

4.5.3. Mortalité
La mortalité postopératoire dans notre série était de 6,21%. Le taux de mortalité
varierait de 0 à 9% dans la littérature [13, 41, 16, 31].

Ainsi, El Hassani [13], Ouédraogo [41], Essomba [16], Massengo [31] et


Wisner [59] ont noté respectivement: 0% ; 5,43% ; 5% ; 8% et 9%.

Le bas niveau socioéconomique des patients, le mauvais état général et la


dénutrition expliqueraient ce taux élevé de mortalité dans notre série.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 77


CONCLUSION

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


CONCLUSION

Les lésions grêliques ont été relativement fréquentes. Ces lésions ont constitué
une urgence médico-chirurgicale. Elles ont concerné principalement les adultes
jeunes et surtout les sujets de sexe masculin. Les circonstances étiologiques ont
été surtout dominées par les accidents de la circulation routière par choc direct
sur l’abdomen suivis des agressions physiques par arme blanche ou par arme à
feu.

La clinique a été dominée par le tableau de péritonite. La laparotomie


systématique a été pratiquée chez les patients avec état de choc hypovolémique
persistant malgré la réanimation.

Les lésions uniques ont été retrouvées surtout dans les cas de contusions
abdominales, tandis que dans les cas de plaies abdominales il s’agissait surtout
de lésions multiples. Les lésions intra-abdominales associées ont été importantes
et ont surtout été le fait des traumatismes par arme à feu. Les lésions associées
ont surtout concerné le mésentère et le côlon.

Le traitement chirurgical a été dominé par les sutures uniques et multiples


suivies de la résection avec anastomose immédiate. L’iléostomie a été réalisée
chez les patients ayant une importante contamination de la cavité péritonéale et
en mauvais état général.

L’évolution a été favorable pour la plupart des patients. Dix décès ont été
constatés dans notre étude.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 79


SUGGESTIONS

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


Suite aux résultats obtenus par notre étude réalisée dans le service de chirurgie
générale et digestive du CHU-YO, nous avons fait les recommandations et
suggestions suivantes :

Aux autorités politiques :

 Organiser des campagnes d’information et de sensibilisation de la population


relatives aux conséquences des accidents de la circulation routière en
insistant sur les mesures de prévention ;
 Prendre des mesures de sanction individuelle concernant le non-respect du
code de la route ;
 Améliorer l’état des routes ;
 Lutter efficacement contre la pauvreté et le grand banditisme qui sont des
facteurs favorisants des agressions.

Au Ministre de la Santé :

 Mieux organiser les urgences et former des médecins urgentistes.

Au Directeur général du CHU-YO :

 Rendre effectif la prise en charge sans prépaiement aux urgences viscérales ;


 Assurer la disponibilité et l’accessibilité en urgence aux examens de biologie
et d’imagerie médicale ;
 Mettre en place une base de données des patients aux urgences viscérales.

A l’intention du personnel médical :

 Planifier la bonne gestion des urgences pour prendre en charge rapidement et


efficacement les contus ou les plaies pénétrantes de l’abdomen ;
 Favoriser une bonne collaboration interdisciplinaire (chirurgiens,
réanimateurs, radiologues et biologistes) pour une prise en charge rapide et
efficace des patients.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 81


A l’intention des étudiants

 Bien remplir les dossiers cliniques des patients.

A l’intention de la population

 Participer aux efforts de lutte contre le banditisme en signalant à la police


tout acte ou comportement suspect constaté ;
 Respecter le code de la route ;
 Consulter rapidement une structure sanitaire en cas de contusion ou de
plaies pénétrantes abdominales.

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 82


BIBLIOGRAPHIE

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


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Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 89


ANNEXES

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


FICHE DE COLLECTE Numéro d’ordre:……………
I. DONNEES D’IDENTIFICATION
1. Nom :……………………………………………..
2. Prénom(s) :…………………………………………………………
3. Sexe : Masculin □ Féminin □
4. Age :……………………..
5. Profession : élève/étudiant□ fonctionnaire□ cultivateur/ménagère □
secteur informel □ sans emploi□ autre□……………………
6. Provenance : milieu rural□ milieu urbain□
7. Date d’entrée :…………………………………………………
8. Date du traumatisme :…………………………………………
II. DONNEES CLINIQUES
1. Mode d’admission aux urgences : direct□ transféré□
Référé : CSPS □ CMA□ CHR□
2. Délai de consultation :…………………………………
3. Mécanisme du traumatisme : Accident de la voie publique □
Accident de sport □ Accident de travail □ Chute □ Ruade□
Rixe □ Agression □ Jeu □ Autre □………………………
4. Type de traumatisme : fermé □ ouvert □
5. L’étiologie du traumatisme : ……………………………………………....
6. Antécédents : chirurgicaux :……………………………………………….
médicaux :…………………………………………………..
gynécologiques :…………………………………………….
7. Signes fonctionnels à l‘entrée : sueurs□ agitation□ soif□ vertiges□
pâleur□ extrémités froides□ nausées□ vomissements□
8. Signes généraux à l’entrée : état général : bon□ passable□ altéré□
conscience : claire □ obnubilée□ coma□
conjonctives : colorées □ pales □
Constantes : température :.………°C TA :……./.…..…mmHg

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 91


pouls :…..…….pulsations/minutes
Fréquence cardiaque :……………battements/minutes
Fréquence respiratoire :…..………cycles/minutes
9. Signes physiques : - point d’impact : ouverture pariétale□
ecchymoses□ éraflures□ hématome□ hémorragie□
éviscération□ autres ………………........................................
- douleurs abdominales : spontanées □ provoquées □
siège : …………………………………………
- défense □ contracture□
- météorisme□
- cri de l’ombilic □
- cri du douglas □
- autres ……………………………….............................
III. DONNEES PARACLINIQUES
1. ASP : normale□ Grisaille diffuse □ pneumopéritoine□
Niveaux hydro-aériques □ autres :…..........................
2. Echographie abdominale : épanchement intra péritonéal□
épanchement dans le Douglas□
autres :……………………………………...
3. Scanner abdominal : épanchement intra péritonéal □
épanchement dans le Douglas □
pneumopéritoine □
autres :………………………………………………
4. Biologie : NFS : Hb :…...g/dL
Globules blancs :………...…/mm3
Plaquettes :………...../mm3
Gs/Rh :………
Glycémie :…………mmol/L
Azotémie :……….. mmol/L

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 92


Créatininémie :……………µmol/L
5. Autres :……………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
VI. DONNEES THERAPEUTIQUES
1. Délai de prise en charge chirurgicale :……………………………………
2. Réanimation : voie veineuse □ Sonde nasogastrique □ Sonde urinaire □
- Solutés de perfusion : macromolécules quantité :……………….cc
SSI □ SGI □ RL □
- Transfusion : sang total □ Concentré de globules rouges □
quantité :…………………cc
3. Médicaments :
- Antibiotiques : ceftriaxone □ amoxicilline +acide clavulanique □
gentamycine □ métronidazole □ autres :………………………………
- Antalgiques : paracétamol □ néfopam □ tramadol □
autres …………........................................
- Anti inflammatoires □ si oui préciser ……………………..
- SAT/VAT □
- Autres :……………………………………………………………………
4. Laparotomie :
- Type d’anesthésie : générale □ locorégionale □
- Voie d’abord : Médiane sus et sous ombilicale □
autre ……………………………
- Aspiration: sang □ liquide séreux □ pus □ autres ……………….
quantité :………………......cc
- Exploration : état du péritoine : selles □ sang □ pus □
fausses membranes □ autres ……………………………
type de la lésion grêlique :………………………………..
Siège de la lésion grêlique :

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 93


jéjunum nombre :…………..
iléon nombre :…………..
mésentère nombre :…………..
Taille :…………………………
Lésions intra abdominales associées : estomac □ colon □ foie □
rate□ pancréas□ rein□ vessie□ duodénum □
autre …………………………….
Type :…………………………..
Lésions extra abdominales : crâne□ thorax□ membre supérieur □
bassin □ membre inférieur □ autres ……………………
type :……………………………………….
5. Gestes chirurgicaux :
- Suture grelique □
- Résection intestinale avec anastomose immédiate □
- Résection intestinale + stomie □ type :……………………………….
- Autres :…………………………………………………………………...
- Traitement des lésions associées : ……………………………………….
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
V. EVOLUTION
1. Suites opératoires : simple □ compliquée □
2. Complications : hémorragie de la plaie opératoire □ suppuration □
lâchage de suture □ fistule digestive □ occlusion post opératoire □
éviscération □ péritonite post opératoire □ abcès sous phrénique □
autre :………………………………
3. Rétablissement secondaire de la continuité digestive après stomie
- délai du rétablissement :…………………………………..jours

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 94


- complications secondaires : hémorragie □ suppuration □ fistule
digestive□ occlusion post opératoire □ éviscération □ péritonite post
opératoire □ abcès sous phrénique□ autre :……………………………..
4. Traitement des complications :…………………………………………...
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
5. Délai de guérison :…………………………….jours
6. Durée d’hospitalisation :...............................jours
7. Mode de sortie : guéri□
Transféré □
Décédé □ date du décès :………………………………
cause du décès :………………….…………….

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 95


ICONOGRAPHIE

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


Photos N° 1 : lésion du grêle suite à un traumatisme par arme blanche
Source : Service de chirurgie générale et digestive du CHU-YO

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 97


Photos N° 2 : lésion du grêle suite à une contusion abdominale
Source : Service de chirurgie générale et digestive du CHU-YO

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 98


SERMENT D’HIPPOCRATE
« En présence des maîtres de cette école et de mes condisciples, je promets et je
jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la
médecine.

Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et je n’exigerai pas de salaire au-


dessus de mon travail.

Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés, et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser les crimes.

Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants


l’instruction que j’ai reçu de leurs pères.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis resté fidèle à mes promesses,
que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque. »

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 99


RESUME/SUMMARY

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO


RESUME
Titre : Lésions traumatiques du grêle : aspects épidémiologiques, cliniques,
thérapeutiques et évolutifs au CHU-YO.
Introduction : Les lésions traumatiques du grêle sont des lésions du grêle
secondaire à une contusion abdominale ou à une plaie pénétrante abdominale.
Objectif : Décrire les caractéristiques sociodémographiques, les méthodes de
diagnostic et de traitement et les aspects évolutifs des lésions traumatiques du
grêle au CHU-YO.
Matériel et méthode : Nous avons mené une étude rétrospective à caractère
descriptif sur 161 cas opérés pour traumatisme abdominal grave dans le service
de chirurgie générale et digestive du CHU-YO sur une période de 7 ans allant du
1er janvier 2009 au 31 décembre 2015.
Résultats : Les lésions grêliques ont été secondaires aux plaies abdominales
dans 71 cas et aux contusions abdominales dans 90 cas. Il y avait 146 hommes et
15 femmes soit un sex-ratio de 9,73. L’âge moyen était de 34,34 ans. La plupart
des patients (63,35% des cas) provenaient de la ville de Ouagadougou. Les
accidents de circulations et les agressions par arme blanche ou par arme à feu
ont constitué l’essentiel des circonstances étiologiques. Le délai moyen de
consultation était de 21,60 heures. L’état de choc était présent chez 16,77% des
patients à l’entrée et le reste des patients a présenté majoritairement un tableau
de péritonite. L’ASP a mis en évidence un pneumopéritoine dans 29,19%. Le
délai opératoire moyen était de 20 heures. Le siège des lésions était iléal dans 84
cas, jéjunal dans 71 cas et jéjuno-iléal dans 6 cas. Les sutures uniques et
multiples ont été réalisées dans la majorité des cas (48,44%), suivie de la
résection-anastomose immédiate (36,65%) et de l’iléostomie temporaire
(14,91%). La durée moyenne d’hospitalisation était de 16,16 jours. La morbidité
était de 13,66% et le taux de mortalité de 6,21%.
Conclusion : les lésions traumatiques du grêle sont de plus en plus fréquentes
dans notre milieu. Elles constituent une urgence médico-chirurgicale.
Mots clés: lésions du grêle, Plaies abdominales, contusions abdominales,
péritonite, traitement.
Auteur: Komlan M. Réné SEGNANOU. Email: segnanour1@[Link]
Tél : 71632152

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 101


SUMMARY

Title: Traumatic injuries of the hail: epidemiological, clinical, therapeutic and


evolutionary aspects in the University Hospital center-YO.

Introduction: The traumatic injuries of the hail are injuries of the hail caused by
abdominal contusions or an abdominal penetrating wound.

Purpose: describe the socio-demographic characteristics, the diagnosis methods,


the treatment methods and the evolutionary aspects of the hail traumatic injuries
in the University Hospital center-YO.

Material and methods: we carried out a retrospective and descriptive study on


161 patients operated for severe abdominal trauma in the department of general
and digestive surgery of the University Hospital center-YO on a period of 7
years from January 1, 2009 to December 31, 2015.

Results: the hail injuries have been secondary to abdominal wounds in 71 cases
while 90 cases were due to abdominal contusions. There were 146 men and 15
women; that corresponds to a sex-ratio of 9.73. The average age was 34.34 years
old. Most of the patients (63.35% of the cases) came from Ouagadougou
(Burkina Faso). Road accidents and attacks with knives or firearms were the
main etiological circumstances. The average delay of consultation was 21.60
hours. The state of shock was noted on 16.77% of the patients at the admission
and the remaining ones showed mostly a table of peritonitis. The ASP
discovered a peneumoperitoneum in 29.19%. The average operating delay was
20 hours. The injuries area was ileal in 84 cases ; jejunal in 17 cases and jejuno-
ileal in 6 cases. The unique and multiple sutures were done in most of the cases
(48, 44%) ; and then the immediate anastomosis resection (36.65%) and the
temporary ileostomy (14.91%). The average time of the hospitalization was
16.16 days. The morbidity was 13.66% and the death rate was 6.21%.

Conclusion: Traumatic injuries of the hail are more and more frequent in our
area. They constitute a medico-surgical emergency.

Key words: Injuries of the hail; abdominal wounds; abdominal contusions;


peritonitis, treatment.

Author: Komlan M. Réné SEGNANOU; E-mail: segnanour1@[Link]


Tel: 71 63 21 52

Lésions traumatiques du grêle au CHU-YO 102

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