Atelier : Sécurité des Réseaux
Mobiles
2G, 3G, 4G
Introduction à la sécurité des réseaux mobiles — les mots clés
Réalisé par :
EL-MANSOUR Othman
ZITOUNI Omar
Module : Connectivité Cellulaire et Réseaux Mobiles Avancés
Encadrant : Pr. Tomader Mazri
Type de livrable : Compte Rendu
12 mai 2026
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Table des matières
1 Introduction 2
2 Sécurité Informatique 2
2.1 Menaces principales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3 Sécurité des Réseaux Mobiles 3
3.1 Architecture de sécurité par génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.1.1 Réseaux 2G (GSM / GPRS) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3.1.2 Réseaux 3G (UMTS / HSPA) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3.1.3 Réseaux 4G (LTE / LTE-Advanced) . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4 Normes ISO relatives à la Sécurité 5
4.1 ISO/IEC 27001 — Système de Management de la Sécurité de l’Information 5
4.2 ISO/IEC 27005 — Gestion des Risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4.3 ISO/IEC 27011 — Télécommunications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5 Intégrité, Confidentialité, Disponibilité (CIA Triad) 6
5.1 Confidentialité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5.2 Intégrité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5.3 Disponibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
6 Authentification et Protocoles d’Authentification 8
6.1 Authentification en 2G — Challenge-Response . . . . . . . . . . . . . . . . 8
6.2 Authentification en 3G et 4G — AKA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
6.3 Architectures d’Authentification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
7 Chiffrement et Algorithmes de Chiffrement 10
7.1 Algorithmes par génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.1.1 2G — Famille A5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.1.2 3G — KASUMI et SNOW 3G . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
7.1.3 4G — AES, SNOW 3G, ZUC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
8 Points d’Accès (Access Points) 11
8.1 Points d’accès par génération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
8.1.1 2G — BTS (Base Transceiver Station) . . . . . . . . . . . . . . . . 11
8.1.2 3G — Node B / RNC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
8.1.3 4G — eNodeB (eNB) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
9 Tableau Comparatif de la Sécurité 2G / 3G / 4G 13
10 Conclusion 13
1 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
1. Introduction
Les réseaux mobiles ont connu une évolution remarquable depuis l’apparition de la première
génération analogique jusqu’aux standards actuels de la 4G LTE. Chaque saut technologique
a apporté non seulement un gain de débit et de couverture, mais également de nouveaux
enjeux de sécurité informatique.
Ce compte rendu traite des fondements de la sécurité appliqués aux réseaux 2G (GSM/GPRS),
3G (UMTS/HSPA) et 4G (LTE/LTE-A), en s’articulant autour des mots clés définis dans
le cahier des charges de l’atelier : sécurité informatique, sécurité des réseaux, normes ISO,
intégrité, confidentialité, disponibilité, authentification, chiffrement et points d’accès.
Figure 1 – Évolution des générations de réseaux mobiles (2G → 4G)
2. Sécurité Informatique
Définition
La sécurité informatique désigne l’ensemble des moyens techniques, organisation-
nels, juridiques et humains mis en place pour protéger les systèmes d’information
contre les accès non autorisés, la destruction ou l’altération des données, ainsi que
les perturbations de service.
Dans le contexte des réseaux mobiles, la sécurité informatique repose sur trois piliers
fondamentaux souvent résumés par l’acronyme CIA : Confidentiality, Integrity, Availability
(Confidentialité, Intégrité, Disponibilité).
2.1. Menaces principales
— Écoute passive (eavesdropping) : interception des communications radio non
chiffrées.
— Attaque de l’homme du milieu (MITM) : interposition entre l’équipement mobile
et le réseau pour relayer ou modifier les échanges.
— Usurpation d’identité (spoofing) : utilisation frauduleuse de l’identité d’un abonné
légitime.
2 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
— Déni de service (DoS/DDoS) : saturation des ressources réseau pour rendre le
service indisponible.
— Attaques par rejeu (replay attacks) : réutilisation de messages interceptés pour
s’authentifier à nouveau.
3. Sécurité des Réseaux Mobiles
Définition
La sécurité des réseaux englobe les politiques, procédures et mécanismes tech-
niques destinés à protéger l’intégrité, la confidentialité et la disponibilité du réseau
et des données qui y transitent.
3.1. Architecture de sécurité par génération
3.1.1. Réseaux 2G (GSM / GPRS)
Le réseau GSM (Global System for Mobile communications), déployé dès 1991, a introduit
les premières mesures de sécurité dans les réseaux mobiles grand public.
— Authentification unidirectionnelle : le réseau authentifie l’abonné, mais l’abonné
n’authentifie pas le réseau — faille exploitée par les IMSI catchers.
— Chiffrement partiel : le chiffrement n’est appliqué qu’entre le terminal et la BTS ; le
cœur de réseau reste en clair.
— Algorithmes : A3 (authentification), A5/1 et A5/2 (chiffrement de la voix), A8
(génération de clé de session).
Exemple — 2G — Attaque IMSI catcher
Un faux réseau GSM (IMSI catcher) se fait passer pour une station de base légitime.
Comme le terminal 2G ne vérifie pas l’authenticité du réseau, il s’y connecte, révélant
l’IMSI de l’abonné et permettant l’interception des communications.
Figure 2 – Architecture de sécurité GSM (2G)
3 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
3.1.2. Réseaux 3G (UMTS / HSPA)
L’UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) a corrigé les lacunes du GSM en
introduisant une authentification mutuelle et un chiffrement renforcé.
— AKA (Authentication and Key Agreement) : procédure d’accord mutuel d’au-
thentification et de clés entre l’UE et le réseau cœur.
— Intégrité des données de signalisation : protection via l’algorithme f9 (KASUMI).
— Chiffrement : algorithme f8 (KASUMI) sur les canaux radio.
— USIM : SIM évoluée stockant les vecteurs d’authentification.
Exemple — 3G — AKA (Authentication and Key Agreement)
Lors de la connexion d’un terminal UMTS :
1. Le réseau envoie un nombre aléatoire RAND et un jeton d’authentification AUTN.
2. L’USIM vérifie AUTN (authentification du réseau) puis calcule RES (réponse
d’authentification).
3. Le réseau compare RES à XRES — si égaux, l’abonné est authentifié.
4. Les clés de chiffrement CK et d’intégrité IK sont dérivées.
3.1.3. Réseaux 4G (LTE / LTE-Advanced)
LTE (Long Term Evolution) apporte une architecture tout-IP et renforce encore la sécurité
avec une séparation claire des plans de contrôle et d’utilisateur.
— EPS-AKA : version améliorée du protocole AKA pour le cœur EPC.
— Hiérarchie de clés : K → KASM E → KeN B → {KU P enc , KRRCint , KRRCenc }.
— Algorithmes : SNOW 3G, AES, ZUC pour le chiffrement et l’intégrité.
— Protection NAS/AS : chiffrement et intégrité sur les couches NAS (Non-Access
Stratum) et AS (Access Stratum).
Exemple — 4G — Hiérarchie de clés LTE
La clé maîtresse K (256 bits) est stockée sur l’USIM et dans le HSS. À chaque
attachement, une clé de session KASM E est dérivée, puis déclinée en sous-clés
spécifiques pour chiffrer le trafic utilisateur (KU P enc ) et protéger la signalisation
radio (KRRCint , KRRCenc ).
4 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Figure 3 – Hiérarchie de clés dans LTE (4G)
4. Normes ISO relatives à la Sécurité
Définition
Les normes ISO (International Organization for Standardization) fournissent un
cadre international de bonnes pratiques et d’exigences permettant aux organisations
de gérer la sécurité de l’information de manière systématique et auditée.
4.1. ISO/IEC 27001 — Système de Management de la Sécurité
de l’Information
La norme ISO/IEC 27001 définit les exigences pour établir, mettre en œuvre, maintenir
et améliorer en continu un SMSI (Système de Management de la Sécurité de l’Information).
Table 1 – Domaines de contrôle ISO/IEC 27001 applicables aux réseaux mobiles
Clause Application aux réseaux 2G/3G/4G
A.9 — Contrôle d’accès Politique d’accès aux éléments réseau (HLR, HSS, MME)
A.10 — Cryptographie Politique de chiffrement (A5/1, KASUMI, AES-128)
A.13 — Sécurité réseau Segmentation, pare-feu, surveillance des interfaces
A.14 — Développement Sécurité intégrée dans les protocoles (NAS, AS)
A.16 — Incidents Procédure de gestion des incidents de sécurité
4.2. ISO/IEC 27005 — Gestion des Risques
La norme ISO/IEC 27005 fournit des lignes directrices pour la gestion des risques liés
à la sécurité de l’information. Dans le cadre des réseaux mobiles, elle permet d’identifier
5 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
et de traiter les risques tels que l’interception radio, les attaques sur les protocoles de
signalisation (SS7, Diameter) et les vulnérabilités des équipements réseau.
4.3. ISO/IEC 27011 — Télécommunications
Spécifiquement dédiée aux organismes de télécommunication, ISO/IEC 27011 étend le
cadre 27001 aux opérateurs mobiles en précisant les contrôles adaptés aux infrastructures
2G/3G/4G.
5. Intégrité, Confidentialité, Disponibilité (CIA Triad)
5.1. Confidentialité
Définition
La confidentialité garantit que l’information n’est accessible qu’aux personnes
autorisées. Dans les réseaux mobiles, elle porte sur les données utilisateur (voix,
SMS, données) et les données de signalisation.
Table 2 – Mécanismes de confidentialité par génération
Génération Mécanisme Algorithme
2G (GSM) Chiffrement partiel (BTSterminal) A5/1, A5/2, A5/3
3G (UMTS) Chiffrement bout-en-bout RRC UEA1 (KASUMI), UEA2 (SNOW
3G)
4G (LTE) Chiffrement NAS et AS EEA1 (SNOW 3G), EEA2 (AES),
EEA3 (ZUC)
Exemple — Confidentialité — Chiffrement A5/1 en 2G
En GSM, chaque rafale de données (burst) est chiffrée avec le générateur de flux
A5/1 utilisant une clé de session Kc (64 bits) dérivée à partir du Ki de la SIM
et du RAND du réseau. En pratique, des tables arc-en-ciel permettent de casser
A5/1 en quelques secondes, ce qui a motivé l’introduction de l’A5/3 (KASUMI) en
GPRS/EDGE.
5.2. Intégrité
Définition
L’intégrité assure que les données ne sont pas altérées, ni accidentellement ni
intentionnellement, pendant leur stockage ou leur transmission.
6 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Table 3 – Mécanismes d’intégrité par génération
Génération Mécanisme Algorithme
2G (GSM) Aucune protection d’intégrité de la —
signalisation
3G (UMTS) MAC-I sur messages RRC/NAS UIA1 (KASUMI-f9)
4G (LTE) MAC-I sur NAS et RRC EIA1 (SNOW 3G), EIA2 (AES-
CMAC)
Exemple — Intégrité — MAC-I en 3G et 4G
Un Message Authentication Code for Integrity (MAC-I) est calculé sur chaque
message de signalisation en utilisant la clé d’intégrité IK (3G) ou KRRCint (4G) et
un compteur de séquence. Si un attaquant modifie le message en transit, le MAC-I
calculé à la réception ne correspond plus, et le message est rejeté.
5.3. Disponibilité
Définition
La disponibilité garantit que les ressources et services réseau sont accessibles aux
utilisateurs légitimes au moment où ils en ont besoin.
— 2G : protection limitée contre le DoS ; le brouillage radio reste une menace réelle.
— 3G : introduction de mécanismes de contrôle de congestion (RRC) et de redondance
dans le RNC.
— 4G : architecture EPC redondante, séparation plan contrôle / plan données, mécanismes
anti-DDoS sur les interfaces S1 et X2.
7 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Figure 4 – Triade CIA appliquée aux réseaux mobiles
6. Authentification et Protocoles d’Authentification
Définition
L’authentification est le processus qui permet de vérifier l’identité d’un utilisateur,
d’un terminal ou d’un élément réseau avant de lui accorder l’accès aux ressources.
6.1. Authentification en 2G — Challenge-Response
1. Le réseau (AuC) génère un nombre aléatoire RAND.
2. Le réseau calcule SRES = A3(Ki, RAND) et envoie RAND au terminal.
3. La SIM calcule sa propre réponse SRES’ = A3(Ki, RAND).
4. Si SRES = SRES’, l’abonné est authentifié.
Limite : seul l’abonné est authentifié ; le réseau ne prouve pas son identité → vulnérabilité
aux fausses BTS.
6.2. Authentification en 3G et 4G — AKA
Le protocole AKA (Authentication and Key Agreement) introduit l’authentification
mutuelle et la dérivation de clés de session :
8 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
1. Le HSS/AuC génère un quintuplet {RAND, AUTN, XRES, CK, IK}.
2. AUTN = SQN ⊕ AK ∥ AMF ∥ MAC-A permet à l’USIM de vérifier l’authenticité du
réseau.
3. L’USIM calcule RES et l’envoie au réseau.
4. Le réseau compare RES avec XRES.
5. CK et IK (3G) ou KASM E (4G) sont dérivées pour protéger la session.
Figure 5 – Procédure AKA en UMTS/LTE
6.3. Architectures d’Authentification
Table 4 – Éléments d’authentification par génération
Génération Élément réseau Rôle
2G HLR / AuC Stockage Ki, génération
RAND/SRES
3G HLR / AuC + VLR/SGSN Génération quintuplets AKA
4G HSS + MME Génération vecteurs EPS-AKA, dé-
rivation KASM E
9 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
7. Chiffrement et Algorithmes de Chiffrement
Définition
Le chiffrement est un processus cryptographique transformant des données lisibles
(texte clair) en données inintelligibles (texte chiffré) à l’aide d’un algorithme et
d’une clé, de façon à ne permettre la lecture qu’aux parties possédant la clé de
déchiffrement.
7.1. Algorithmes par génération
7.1.1. 2G — Famille A5
— A5/1 : chiffrement flot propriétaire, clé 64 bits, déployé en Europe et Amérique du
Nord. Cassé en 2010 via tables arc-en-ciel.
— A5/2 : version affaiblie pour l’exportation. Officiellement abandonné depuis 2007
(vulnérable en <1 seconde).
— A5/3 : basé sur KASUMI (dérivé de MISTY1), 128 bits, utilisé en GPRS/EDGE et
rétrocompatible UMTS.
7.1.2. 3G — KASUMI et SNOW 3G
— KASUMI (f8/f9) : chiffrement en mode OFB et MAC via UMAC, clé 128 bits.
— SNOW 3G (UEA2/UIA2) : générateur de flot synchrone, retenu comme second
algorithme obligatoire en UMTS Release 7.
7.1.3. 4G — AES, SNOW 3G, ZUC
— AES-128 (EEA2/EIA2) : chiffrement en mode CTR et MAC via CMAC, standard
mondial recommandé.
— SNOW 3G (EEA1/EIA1) : maintenu pour continuité 3G→4G.
— ZUC (EEA3/EIA3) : algorithme chinois, introduit dans LTE Release 11 pour
répondre aux exigences réglementaires chinoises.
10 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Figure 6 – Comparaison des algorithmes de chiffrement 2G/3G/4G
Exemple — 4G — Chiffrement AES-CTR du trafic utilisateur
Le trafic IP d’un abonné LTE est chiffré paquet par paquet avec la clé KU P enc (128
bits) et un compteur de séquence PDCP. Même si un attaquant intercepte les trames
radio, il ne peut déchiffrer le contenu sans connaître KU P enc , dérivée de façon unique
pour chaque session.
8. Points d’Accès (Access Points)
Définition
Un point d’accès est tout équipement ou interface permettant à un terminal mobile
de se connecter au réseau. Sa sécurisation est critique car il constitue la frontière
entre l’environnement radio (potentiellement hostile) et le réseau cœur.
8.1. Points d’accès par génération
8.1.1. 2G — BTS (Base Transceiver Station)
— Interface Um : lien radio GSM entre le mobile (MS) et la BTS.
— Interface Abis : liaison entre la BTS et le BSC (Base Station Controller) — souvent
non chiffrée dans les déploiements anciens.
— Vulnérabilités : rogue BTS (IMSI catcher), absence d’intégrité sur Um, déni de service
par brouillage.
11 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Exemple — 2G — Rogue BTS / IMSI Catcher
Un attaquant déploie un équipement se comportant comme une BTS légitime. Les
mobiles 2G, attirés par un niveau de signal plus élevé, s’y attachent automatiquement,
révélant leur IMSI et permettant la désactivation forcée du chiffrement (mode A5/0).
8.1.2. 3G — Node B / RNC
— Node B : équivalent UMTS de la BTS, interface radio Uu (WCDMA).
— RNC (Radio Network Controller) : gère la mobilité, le chiffrement et l’intégrité
RRC entre le Node B et le cœur réseau.
— Interface Iub : entre Node B et RNC — peut être sécurisée par IPsec.
8.1.3. 4G — eNodeB (eNB)
— eNodeB : station de base LTE autonome (pas de RNC centralisé) gérant directement
le chiffrement et l’intégrité AS.
— Interface X2 : entre eNodeBs voisins pour le handover — sécurisée par IPsec/TLS
obligatoire.
— Interface S1 : entre eNodeB et EPC (MME/SGW) — sécurisée par IPsec.
— Femtocells (HeNB) : eNodeBs résidentiels connectés via Internet public, sécurisés
par un Security Gateway (SeGW).
Exemple — 4G — Sécurisation des interfaces S1 et X2
La norme 3GPP TS 33.401 impose l’utilisation d’IPsec ESP en mode tunnel sur
les interfaces S1 (eNBMME/SGW) et X2 (eNBeNB). IKEv2 est utilisé pour la
négociation des associations de sécurité (SA), avec authentification par certificats
X.509 ou clés partagées (PSK).
Table 5 – Récapitulatif de la sécurité des points d’accès
Génération Équipement Interface radio Sécurisation back-
haul
2G BTS / BSC Um (GSM) Faible (optionnel)
3G Node B / RNC Uu (WCDMA) IPsec recommandé
4G eNodeB LTE-Uu IPsec obligatoire
12 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
9. Tableau Comparatif de la Sécurité 2G / 3G / 4G
Table 6 – Synthèse des mécanismes de sécurité par génération
Critère 2G (GSM) 3G (UMTS) 4G (LTE)
Authentification Unidirectionnelle Mutuelle (AKA)
Mutuelle (EPS-
AKA)
Chiffrement données A5/1, A5/3 (par- KASUMI, SNOW AES, SNOW 3G,
tiel) 3G ZUC
Intégrité signalisation Absente KASUMI-f9 AES-CMAC,
SNOW 3G
Protection identité TMSI (partiel) TMSI + chiffre- GUTI + chiffre-
ment ment
Sécurité backhaul Faible IPsec recommandé IPsec obligatoire
Normes 3GPP TS 03.20 TS 33.102 TS 33.401
Longueur de clé 64 bits 128 bits 128–256 bits
10. Conclusion
Ce compte rendu a permis de passer en revue les principaux concepts de sécurité des réseaux
mobiles — sécurité informatique, normes ISO, triade CIA, authentification, chiffrement et
points d’accès — en les illustrant systématiquement pour chaque génération (2G, 3G, 4G).
Les points essentiels à retenir sont :
1. La 2G a introduit les bases de la sécurité mobile mais souffre d’une authentification
unidirectionnelle et d’un chiffrement fragile.
2. La 3G a résolu la plupart des failles 2G grâce à l’AKA et à la protection de l’intégrité
des données de signalisation.
3. La 4G consolide et étend la sécurité avec une hiérarchie de clés robuste, des algorithmes
standardisés (AES) et une sécurisation obligatoire des interfaces réseau (IPsec).
4. Les normes ISO (27001, 27005, 27011) fournissent le cadre organisationnel indispen-
sable pour compléter les mécanismes techniques.
La transition vers la 5G poursuivra cette évolution en introduisant notamment le chif-
frement de l’IMSI (SUCI), une authentification secondaire et une séparation encore plus
stricte des plans de sécurité.
13 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.
Sécurité des Réseaux Mobiles 2G/3G/4G Atelier — Compte Rendu
Références
[1] 3GPP, TS 33.401 — 3GPP System Architecture Evolution (SAE) ; Security architecture,
Release 17, 2022.
[2] 3GPP, TS 33.102 — 3G Security ; Security architecture, Release 16, 2020.
[3] ISO/IEC, 27001 :2022 — Information security, cybersecurity and privacy protection
— Information security management systems — Requirements, 2022.
[4] ISO/IEC, 27005 :2022 — Information security, cybersecurity and privacy protection
— Guidance on managing information security risks, 2022.
[5] S. M. Redl, M. K. Weber, M. W. Oliphant, An Introduction to GSM, Artech House,
1995.
[6] M. Sauter, From GSM to LTE-Advanced Pro and 5G, Wiley, 3ème éd., 2017.
[7] D. Forsberg, G. Horn, W.-D. Moeller, V. Niemi, LTE Security, Wiley, 2ème éd., 2012.
14 EL-MANSOUR O. & ZITOUNI O.