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Sciences et Techniques Administratives

2025-2026
Mardi : 10h-12h
Intervenante : Pre Ndeye Astou NDIAYE, Agrégée de Science politique,
Université Cheikh Anta Diop
Faculté des Sciences Juridiques et Politiques

Description du cours :
Cursus : Science politique
Diplôme : Licence Science politique/ Troisième année
Intervention : Cours semestriel/ 1er semestre
Compétences apportées :
Prérequis :
Ce CM est appréhendé avec des connaissances préalables en Science politique. L’idéal est de
le mettre en place parallèlement aux enseignements de Droit administratif, d’institutions
administratives, de finances publiques, d’HIP, etc.
Objectif :
Ce cours a pour objectif d'offrir une lecture à la fois historique, sociologique, politique,
gestionnaire, juridique et parfois même économique, du phénomène administratif, dans une
perspective comparatiste, autant que faire se peut. En d'autres termes, il s'agit de prendre du
recul sur l'administration et de l'analyser sous un autre angle que sous l'angle juridique comme
c'est souvent le cas.

Ce cours peut ainsi servir à la préparation de concours de la fonction publique, par exemple.

Contenu de l’activité :
La science administrative est une science sociale qui mobilise plusieurs disciplines –
sociologie, histoire, science politique, science de gestion, droit…- et qui interroge les
problèmes d’administration dans une double perspective, théorique et pratique.
Ce cours propose d’envisager différents objets administratifs, traités sous un angle de science
administrative.
1
Après avoir envisagé la construction puis les contours de l’espace administratif, on
s’intéressera à la structure même de l’appareil administratif et à ses interactions avec la
société, aux politiques de modernisation administrative, aux transformations de la gestion
publique et à la reconfiguration de la relation administrative que ces politiques impliquent,
pour conclure sur les nouvelles formes de contrôle de l’administration.

Activités d'apprentissages prévues et méthodes d'enseignement :


Le cours magistral est accompagné du syllabus présentant le plan. Le CM se veut interactif.
Les étudiant-e-s ont la possibilité d'intervenir et de poser leurs questions durant le cours. Le
CM est prévu pour le premier semestre. Les étudiant-e-s doivent comprendre le cours et en
assimiler les points saillants. Comme tout bon apprenant en Science politique les étudiant-e-s
doivent se familiariser avec la lecture et la quête de l’information fondée ce qui lui permet
d’avoir un esprit synthétique.
Une lecture obligatoire (un ou plusieurs articles, ou un bref ouvrage) est imposée.
Cette lecture sera discutée en cours.

Méthodes d'évaluation :
L'évaluation prend la forme de questions ouvertes relatives au cours et aux explications
fournies lors des séances de cours magistraux.

Plan :
Introduction générale :
2
- Définition, objet et cadre théorique et épistémologique
- La science administrative, science de l’Administration publique
et outil d’analyse des pratiques de l’État
- Construction et autonomie de la Science administrative

Étudier la science et les techniques administratives reviendrait-il à investir empiriquement le


mode de déploiement du pouvoir d’État – portée et limites du régime juridique et des
mécanismes institutionnels sur lesquels il s’appuie pour gouverner et administrer la société –
et les modalités politiques et techniques de la mise en œuvre effective des prérogatives
exorbitantes du droit commun qui s’attachent à la puissance publique ? Ou alors s’agit-il de
comprendre par quels mécanismes éprouvés de rationalisation, la bureaucratie d’État se donne
les moyens d’administrer via le service public et les organismes parapublics ? Dans cette
seconde hypothèse, faut-il envisager l’effectivité de l’Administration sous l’angle de la
rationalité instrumentale ou sous celle de la rationalité axiologique ? En toute hypothèse ces
interrogations liminaires pointent trois éléments essentiels : le pouvoir, l’autorité et la règle de
droit, inhérents à l’acte d’administrer qui suppose un réquisit, la légitimité et un but,
l’effectivité de l’allocation autoritaire des biens et des valeurs suivant le schéma systémique
eastonien.
En réalité l’objet de ce cours transcende les limites de l’approche institutionnelle
classique de l’Administration. En l’occurrence, cette notion est définie à la fois sous l’angle
juridique et sociologique. Juridiquement l’administration renvoie à :
1- L’ensemble des personnes morales de droit public (État, départements, communes et
établissements publics) jouissant de prérogatives exorbitantes du droit commun ;
2- l’instrument d’exécution des décisions politiques du pouvoir exécutif ;
3- l’ensemble du personnel remplissant des tâches d’exécution.
Sociologiquement, sous l’influence des études de management, la science administrative
étudie les problèmes de production, d’organisation, de bureaucratie, communication,
décision, commandement, etc.
Or, il apparaît dans les deux définitions que ce sont des pratiques qui sont au cœur de la
recherche ; d’où la réserve exprimée par certains auteurs quant à la scientificité même de
cette discipline.
Ainsi Prévost-Paradol écrivait, caustique, qu’il n’y avait pas plus ridicule « pédantisme » que
« celui que les esprits faux puisent dans cette prétendue science ». Pierre Legendre contestait

3
l’emploi d’un singulier qui selon lui tendrait à faire « basculer dans un univers de présupposés
indiscutables » et à canaliser les études « vers une topique idéale, vers un espace céleste où se
fabrique le savoir des chinoiseries bureaucratiques ».
Jacques Chevallier – qui pose cette problématique pour la dépasser ensuite – se demande s’il
n’est pas vain et illusoire de prétendre théoriser de simples pratiques en les parant des attributs
de la science. Il écrit : « On pourrait tout au plus parler d’un « art d’administrer », relevant
d’un savoir-faire pratique, qui ne serait au demeurant qu’un simple « art d’application »,
l’action administrative se déployant tout entière dans le cadre fixé par le droit ».
Mais le cadre juridique s’avère étroit et inapte à saisir certaines dimensions complexes du fait
administratif. La science administrative naît, en définitive, d’une double dynamique :
sociopolitique et scientifique ; la première correspond aux transformations de la société et de
l’État et la seconde à la rupture épistémologique opérée dans l’appréhension multifactorielle
de l’organisation. Le caractère évolutif du rôle social assigné à l’institution étatique informe
l’approche du phénomène administratif. On observera ainsi que le contexte absolutiste suscite
la science de la police ; que la philosophie de l’État libéral circonscrit le domaine
d’intervention de la bureaucratie administrative soumise de surcroît au droit ; que l’avènement
de l’État-providence au lendemain de la crise de 1929 et plus tard, à la faveur des besoins de
reconstruction engendrés par la seconde guerre mondiale, s’accompagne logiquement d’un
souci d’efficacité administrative.
Par ailleurs, l’épistémè conditionne largement l’analyse du phénomène administratif. Ainsi, la
suprématie de la science juridique explique le monopole qu’exercent les juristes sur les études
administratives à la fin du XIX e siècle. Ce monopole s’effiloche progressivement sous l’effet
conjugué de la sociologie et surtout de la science politique et de la théorie des organisations
après la seconde guerre mondiale.
Les recherches qui donnent naissance à la science administrative se focalisent sur deux objets
différents : il s’agit, d’une part, de l’administration publique conçue comme bras séculier de
l’État – et donc instrument d’action – et, d’autre part, de l’organisation lato sensu qui irrigue
la vie sociale tout entière et transcende le clivage public/privé.
Les deux épistémès produisent deux paradigmes correspondant à un certain contexte
sociopolitique caractérisé dans un cas par l’édification de l’État-nation, et dans l’autre par
l’essor de la société industrielle.
En réalité la question se pose moins aujourd’hui quant au statut scientifique de cette discipline
dont il convient de retracer brièvement l’historique (II) avant d’en exposer les différentes
approches opposées (III).

4
II- La science administrative, science de l’administration publique et outil
d’analyse des pratiques de l’État

La mise en place et l’institutionnalisation progressive de structures étatiques et


administratives modernes requérait un effort de rationalisation des pratiques qui sera
systématisé dans une science appliquée de l’Administration. Toutefois, l’avènement de l’État
libéral pousse à reconsidérer cette perspective et à repenser l’ordre des priorités. Le droit
administratif – produit de l’autolimitation de l’État – ne tarde pas à supplanter cette
« science » appelée à ressusciter et à se dégager de l’emprise du droit, à la faveur du
développement de l’interventionnisme étatique. Il convient de voir comment le cadre
absolutiste de la cour du roi secrète progressivement une science appliquée de
l’administration publique(A) et, a contrario, dans quelle mesure la consolidation de l’État
libéral s’est faite au détriment d’une science administrative appelée à s’effacer
progressivement(B) avant de connaître un nouveau souffle avec l’avènement de l’État-
providence(C).

A- L’édification de l’État absolutiste et l’ébauche d’une science


administrative.

Le contexte monarchique se prêtait fortement au déploiement de la force et de la logique


coercitive comme mode de gouvernement et d’administration. La police étant l’instrument
privilégié de l’absolutisme, la science administrative en faisait son objet. Nous exposerons
successivement les éléments constitutifs d’une science de la police (1) et les auteurs qui ont
posé les jalons de ce qui deviendra la science administrative (2).

1- La police comme objet


C’est en France et dans les pays germaniques qu’éclot, au XVIII e siècle, la science de la
police. Elle a vocation, dans un contexte marqué par l’absolutisme, à formaliser et rationaliser
les fonctions régaliennes de l’administration monarchique notamment la prise en charge des
conditions matérielles et légales du bien–être collectif. La variation de la sémantique que
recouvre la notion de police traduit une évolution politique et administrative liée à l’histoire et
aux soubresauts sociaux qui l’accompagnent. Ainsi comme l’observe Jean-Louis Mestre :

5
« Au XVe siècle, le mot désigne la situation de « bon ordre » dans laquelle se trouve une
collectivité et par extension les « voies et moyens » qui permettent d’y parvenir. Puis, à
partir du XVIe siècle, en liaison avec le renforcement du pouvoir royal, il renvoie à un type
particulier d’activité de l’État, distinct de la justice, de la diplomatie ou de la défense, visant
à assurer le bon ordre et le bien-être général du pays, notamment par la réglementation
économique. À la fin du XVIIIe siècle, le mot « administration » se substitue progressivement
à celui de « police » pour désigner cette fonction de l’État, la police ne désignant plus que le
seul maintien de la sécurité intérieure ».
On retrouve, mutatis mutandis, une conception similaire dans les pays de tradition
germanique où les sciences camérales s’inspirent de l’organisation collégiale des institutions
administratives de la Prusse. Au départ, confiné au « bon ordre » et à la sécurité, le mot
« police » en vient à recouvrir l’idée générale de bien-être et de « bonnes mœurs ».
S’inscrivant dans une perspective pragmatique, les travaux de science administrative vont au-
delà des aspects juridiques et s’emploient à recenser les textes, exposer le droit positif et
décrire le fonctionnement des structures administratives. Le cas échéant, ils donnent lieu à des
conclusions prescriptives comme ce fut le cas des codes de police et dictionnaires
administratifs, œuvres de juristes et praticiens. [i.e. le Traité de police de Nicolas De la Mare
(1705-1710)]. Ces ouvrages, utiles à la gestion et à la rationalisation des affaires publiques,
renseignent sur les logiques et les pratiques administratives. Notons enfin une
institutionnalisation plus marquée dans les États germaniques où, à côté du droit public, existe
une science de la police à l’intention des fonctionnaires et qui prône l’éthique administrative.
On peut citer parmi les célèbres caméralistes Von Justi (1717-1771), de Bielfeld (1716-1770)
et Von Sonnenfels titulaire de la chaire de langage et de prose bureaucratique à Vienne (1780,
par Joseph II) aux fins d’une codification de l’écriture administrative (littérature grise). Si
l’apport de ces auteurs est important, les véritables précurseurs apparaîtront plus tard avec une
orientation nouvelle et un souci de théorisation.
2- Les précurseurs de la science administrative0
. Il en résulte comme le note Jacques Chevallier que :
« Droit administratif et science administrative progressent alors de concert, ce qui traduit un
équilibre complexe et précaire entre l’ancienne logique sous-jacente à la science de la police
et l’exigence nouvelle d’encadrement juridique de l’action administrative ».

6
B- La consolidation de l’État libéral au détriment de la science
administrative.
À la fin du XIXe le triomphe du libéralisme s’accompagne d’une logique subséquente :
l’encadrement juridique de l’État ; le renforcement de la puissance étatique cesse d’être un
impératif et inversement, il s’agit de donner des garanties contre elle : de brider les tendances
à l’excès de pouvoir. Pour ce faire, le droit acquiert un statut vertueux et passe d’instrument
d’action au service de l’État comme dans le contexte de l’« État de police » (Polizeistaat) à un
moyen de limitation de sa puissance dans la doctrine de l’État de droit.
C- L’État-providence : un nouveau souffle pour la science administrative
Ce qui caractérise l’État-providence, c’est son interventionnisme tous azimuts du fait de sa
vocation à garantir une capacité responsive optimale aux besoins sociaux exprimés par les
populations paupérisées. Il y a donc une extension subséquente des fonctions de l’État qui
s’accompagne d’un développement et d’une diversification des structures administratives.

Chapitre I : La constitution et contours de l’espace administratif


Section I : Nature de l’administration : l’administration est-elle un appareil, une
organisation bureaucratique ou une institution ? La constitution de l’espace
administratif

Sous-section 1 : la notion d’appareil

Elle se rapporte à deux courants de pensée : le courant marxiste et le courant


néolibéral.

Sous-section 2 : la notion d’organisation bureaucratique

Elle est plus élaborée et plus chargée de significations que la conception marxiste.
Il découle de l’idéal type Webernien qui repose sur un mode légal rationnel de
contrôle social combiné à un mode hiérarchique d’organisation. Elle s’inspire de la
conception hégélienne de l’Etat qui a trois caractéristiques fondamentales :
L’impersonnalisation des règles, des fonctions et des procédures ;
La spécialisation et la professionnalisation ;

7
Un système de régulation hiérarchique.
Cette critique est relayée par l’Ecole de la sociologie des organisations qui voit à
travers le pouvoir la résultante de la réaction stratégique des acteurs. Pour l’Ecole
l’organisation dispose de deux solutions pour résoudre les problèmes liés à la lutte
pour le pouvoir en son sein :
Soit figer des rapports des acteurs par des structures rigides ;
Soit maintenir un minimum de cohérence à travers des équilibres
fluides permettant d’allier souplesse et stabilité de l’organisation.

Sous-section 3 : La notion d’institution

Elle s’est structurée autour de deux approches : sociologique et juridique.


Tout d’abord, pour Durkheim, les institutions correspondent à des phénomènes
sociaux collectifs présentant stabilité, permanence et continuité. Ainsi en est-il du
mariage comme institution, du veuvage, de la chefferie, etc.
Ensuite, pour Maurice Hauriou, l’institution constitue la résultante d’un processus
dialectique (comme fruit de la tension permanente entre instituant et institué. Il
distingue deux types d’institutions :
Les institutions inertes ou institutions-choses : régit par un
principe passif limitatif ;
Les institutions vivantes ou institutions-personnes : régit par
un principe actif de l’ordre social.
Ainsi les institutions choses sont des normes fixées à des moments donnés pour
établir le statut des personnes (physique ou morale) et le régime juridique de leurs
biens.

Section II : Les contours et déterminants des systèmes administratifs

Instrument de coordination, l’administration est un ensemble de structures, de


procédures et de moyens qui évoluent en fonction de la dynamique et du degré
d’évolution de la société.
En effet, les administrations se caractérisent par la diversité de leurs situations, de
leurs fonctionnements et de leurs mentalités, marquées qu’elles sont par la
diversité des évolutions historiques, des traditions nationales, des niveaux de

8
développement économique, social et culturel et des situations géographiques.
Trois éléments influencent fondamentalement le système administratif de l’Etat :
Le système politique
Les données géographiques
Le niveau de développement

Sous-section 1 : les déterminants politiques et idéologiques

La référence au système politique permet de faire la distinction entre le type


d’action libérale et le type social d’organisation administrative fondée sur la nature
des rapports existant entre pouvoir politique et système administratif ; distinction
qui recoupe celle qui met en présence un système politique autoritaire et un
système politique démocratique et libéral.

Sous-section 2 : les déterminants géographiques

Il existe une forte corrélation entre le peuplement et les configurations physiques


d’un territoire d’une part et, d’autre part, les structures et les valeurs d’une
administration. En effet, le cadre territorial et le cadre humain sont déterminants
dans la nature du système politique.

Sous-section 3 : les déterminants économiques et techniques

Par ailleurs, phénomène irrésistible, les progrès technologiques ont une influence
sur le système administratif. Les nouvelles technologies de l’information et de la
communication entraînent une modification de plus en plus accrue des pratiques et
des schémas administratifs : circulation de l’information, développement des
administrations en réseaux, ce qui n’est pas sans remettre en cause le modèle
hiérarchique d’organisation administrative tout en impulsant de nouveaux
comportements au sein des structures et de nouvelles méthodes de conduite des
activités administratives.

Partie II- Les techniques : La gestion du courrier administratif

9
Le courrier administratif constitue l'un des instruments essentiels du
fonctionnement des administrations publiques. Il assure la circulation de
l'information, facilite la coordination entre les services et matérialise les décisions
prises par les autorités compétentes. À travers les différents documents
administratifs, l'administration exprime sa volonté, transmet des instructions,
informe les usagers ou rend compte de ses activités.
La maîtrise des techniques de correspondance administrative représente ainsi une
compétence fondamentale pour tout agent public. Elle exige non seulement une
connaissance des différents types de documents administratifs, mais également le
respect des règles formelles qui garantissent la clarté, la sécurité juridique et
l'efficacité de la communication administrative.
Section 1 : Les différents types de courrier administratif
Les administrations produisent quotidiennement une grande variété de documents
dont la nature varie selon leur objet, leur destinataire et leur degré de
confidentialité. On distingue généralement le courrier ordinaire et le courrier
confidentiel.
A. Le courrier ordinaire
Le courrier ordinaire regroupe l'ensemble des documents utilisés dans les échanges
administratifs courants. Il constitue l'instrument privilégié de la communication
interne et externe des services publics.
1. La lettre administrative
La lettre administrative est un document écrit permettant à une administration de
communiquer avec une autre administration, un organisme public ou privé ou un
particulier.
Elle peut avoir plusieurs finalités :
transmettre une information ;
demander des renseignements ;
notifier une décision ;
répondre à une requête ;
accuser réception d'un document.
La lettre administrative obéit à un formalisme rigoureux comprenant :
l'en-tête ;
les références ;
l'objet ;

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le corps de la lettre ;
la formule de politesse ;
la signature de l'autorité compétente.
La qualité rédactionnelle de la lettre administrative participe à l'image de sérieux et
de crédibilité de l'administration.
2. La note administrative
La note administrative est un document interne destiné à transmettre rapidement
une information ou une consigne à un ou plusieurs services.
Elle peut prendre différentes formes :
note de service ;
note d'information ;
note de transmission ;
note explicative.
La note se caractérise par sa brièveté et son caractère essentiellement fonctionnel.
3. Le rapport administratif
Le rapport est un document plus élaboré qui présente une situation, analyse un
problème et formule éventuellement des propositions.
Le rapport comprend généralement :
une introduction ;
une présentation des faits ;
une analyse ;
des conclusions et recommandations.
Le rapport constitue un instrument d'aide à la décision. Il permet aux autorités
hiérarchiques de disposer d'informations fiables avant de prendre une décision.
4. Le compte rendu
Le compte rendu consiste à restituer fidèlement le déroulement d'une réunion,
d'une mission ou d'une activité.
Il peut être :
intégral ;
analytique ;
synthétique.
Le compte rendu favorise la traçabilité des décisions administratives et constitue
un moyen de mémoire institutionnelle.
B. Le courrier confidentiel

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Certaines informations présentent un caractère sensible et nécessitent des mesures
particulières de protection. C'est le cas du courrier confidentiel.
1. Les circulaires
La circulaire est un document par lequel une autorité administrative donne des
indications à ses services sur les modalités d'application d'une réglementation.
Elle assure :
l'harmonisation des pratiques administratives ;
la diffusion des instructions ;
l'interprétation des textes.
La circulaire ne crée en principe pas de nouvelles règles de droit mais précise les
conditions d'application des dispositions existantes.
2. Les instructions
Les instructions constituent des directives adressées aux agents et aux services afin
de préciser les modalités d'exécution des missions administratives.
Elles traduisent l'exercice du pouvoir hiérarchique et contribuent à la cohérence de
l'action administrative.
3. Les correspondances réservées
Certaines correspondances, en raison de leur contenu, sont soumises à des règles
particulières de confidentialité.
Elles concernent notamment :
les questions de sécurité ;
les affaires disciplinaires ;
les dossiers contentieux ;
les informations classifiées.
Le traitement de ces documents exige le respect du secret professionnel et des
règles relatives à la protection des données.
Section 2 : Les règles de rédaction administrative
La rédaction administrative obéit à des principes spécifiques destinés à assurer
l'efficacité et la sécurité des échanges écrits.
A. Les principes de la rédaction administrative
1. La clarté
Le document administratif doit être compréhensible et accessible à son
destinataire.
La clarté suppose :

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l'utilisation d'un vocabulaire simple ;
une construction logique des phrases ;
l'absence d'ambiguïtés.
Une rédaction obscure peut entraîner des erreurs d'interprétation et compromettre
l'efficacité de l'action administrative.
2. La précision
L'administration doit employer des termes exacts et éviter les formulations
approximatives.
La précision garantit :
la sécurité juridique ;
la bonne compréhension du message ;
la limitation des risques de contentieux.
3. L'objectivité
Le document administratif doit se limiter aux faits et éviter toute appréciation
subjective.
L'objectivité constitue une traduction du principe de neutralité du service public.
4. La concision
L'administration doit aller à l'essentiel.
La concision implique :
des phrases courtes ;
un style direct ;
une présentation structurée.
5. La courtoisie
Même lorsqu'elle refuse une demande, l'administration doit observer les règles de
politesse et de respect à l'égard des usagers.
La courtoisie participe à l'amélioration des relations entre l'administration et les
citoyens.
B. Les caractéristiques du style administratif
Le style administratif possède des traits distinctifs qui le différencient du style
littéraire ou journalistique.
1. L'impersonnalité
Le rédacteur s'exprime au nom de l'administration.
Les formules utilisées privilégient :
« Il convient de… »

13
« Il est demandé de… »
« J'ai l'honneur de… »
Cette impersonnalité traduit la continuité et la neutralité du service public.
2. La neutralité
Le langage administratif doit être exempt de toute passion ou considération
personnelle.
Il reflète l'impartialité de l'administration.
3. La précision
Le style administratif exclut les expressions vagues et les approximations.
Chaque terme utilisé doit avoir une signification précise.
4. La sobriété
La correspondance administrative se caractérise par sa simplicité.
Les figures de style, les métaphores et les tournures emphatiques sont
généralement proscrites.
5. La rigueur
La rédaction administrative exige une grande discipline dans la présentation et le
choix des mots.
Cette rigueur contribue à la crédibilité et à l'autorité des documents produits.
Conclusion du chapitre
Le courrier administratif constitue un outil essentiel de gestion et de
communication. Sa maîtrise suppose une connaissance des différents documents
utilisés ainsi qu'une parfaite compréhension des règles qui gouvernent la rédaction
administrative. Ces exigences participent à la qualité du service public et à la
sécurité juridique de l'action administrative.

L'action administrative se matérialise essentiellement à travers des actes juridiques


qui permettent à l'administration d'exercer ses missions et de poursuivre l'intérêt
général. Ces actes constituent les instruments privilégiés de mise en œuvre des
politiques publiques et traduisent concrètement l'exercice des prérogatives de
puissance publique. Ils sont au cœur du droit administratif et occupent une place
centrale dans le fonctionnement de l'État moderne.
Traditionnellement, les actes administratifs se répartissent en deux grandes
catégories : les actes unilatéraux, qui expriment la volonté d'une seule personne
publique, et les actes conventionnels, qui reposent sur un accord de volontés entre

14
l'administration et d'autres personnes publiques ou privées. Cette distinction
fondamentale reflète la dualité des modes d'action de l'administration, oscillant
entre autorité et contractualisation.
Section 1 : Les actes administratifs unilatéraux
L'acte administratif unilatéral est une manifestation de volonté émanant d'une
autorité administrative et destinée à produire des effets de droit sans le
consentement préalable de ses destinataires.
Selon Prosper Weil, l'acte unilatéral constitue l'une des manifestations les plus
caractéristiques de la puissance publique.
Les actes unilatéraux bénéficient du privilège du préalable : ils s'imposent aux
administrés sans qu'il soit nécessaire d'obtenir l'autorisation préalable du juge.
A. Le décret
Le décret est un acte administratif pris par le Président de la République ou, dans
certains cas, par le Premier ministre.
Il occupe une place importante dans la hiérarchie des normes administratives et
intervient notamment dans :
l'application des lois ;
l'organisation des services publics ;
les nominations aux emplois supérieurs ;
l'exercice du pouvoir réglementaire.
1. Les différentes catégories de décrets
a. Les décrets réglementaires
Ils contiennent des dispositions générales et impersonnelles destinées à s'appliquer
à un nombre indéterminé de personnes.
Exemple :
décret fixant les modalités d'organisation d'un ministère ;
décret portant statut particulier d'un corps de fonctionnaires.
b. Les décrets individuels
Ils concernent une personne ou une situation déterminée.
Exemples :
nomination d'un ambassadeur ;
révocation d'un haut fonctionnaire ;
naturalisation d'un étranger.
2. Les décrets simples et les décrets en Conseil des ministres

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Les décrets peuvent être :
simples ;
délibérés en Conseil des ministres ;
pris après avis du Conseil d'État lorsque la législation l'exige.
B. L'arrêté
L'arrêté est une décision prise par une autorité administrative subordonnée.
Peuvent prendre des arrêtés :
les ministres ;
les gouverneurs ;
les préfets ;
les sous-préfets ;
les maires ;
les présidents de certaines institutions administratives.
L'arrêté peut être :
1. Réglementaire
Il fixe des règles générales applicables à une catégorie de personnes ou de
situations.
Exemple :
arrêté ministériel fixant les programmes scolaires ;
arrêté municipal relatif à la circulation.
2. Individuel
Il concerne une personne déterminée.
Exemple :
nomination d'un agent ;
autorisation administrative ;
suspension d'un fonctionnaire.
Les arrêtés jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement quotidien des
administrations déconcentrées et décentralisées.
C. La décision administrative
La décision administrative est un acte juridique créateur ou modificateur de droits
et d'obligations.
Elle constitue l'expression du pouvoir de décision de l'administration.
Les décisions administratives peuvent être :
1. Explicites

16
Elles résultent d'une manifestation formelle de volonté.
Exemples :
délivrance d'un permis ;
refus d'une autorisation ;
sanction disciplinaire.
2. Implicites
Elles résultent du silence gardé par l'administration pendant une certaine durée.
Selon les systèmes juridiques, le silence peut valoir :
acceptation ;
rejet.
La décision administrative doit respecter les principes de légalité et peut faire
l'objet d'un recours devant le juge administratif.
D. La circulaire
La circulaire est un acte par lequel une autorité hiérarchique adresse des
instructions ou des commentaires à ses services.
Elle vise à :
assurer l'unité d'interprétation des textes ;
harmoniser les pratiques administratives ;
préciser les modalités d'application d'une réglementation.
Traditionnellement, la jurisprudence distingue :
1. Les circulaires interprétatives
Elles se bornent à expliquer les textes existants et ne créent pas de nouvelles
règles.
2. Les circulaires réglementaires
Elles ajoutent des prescriptions nouvelles et peuvent être contestées devant le juge
administratif.
Les travaux du Conseil d'État français, notamment l'arrêt Institution Notre-Dame
du Kreisker (1954) puis l'arrêt Duvignères (2002), ont profondément renouvelé le
régime juridique des circulaires.
E. Les instructions
Les instructions administratives constituent des directives internes destinées à
préciser les conditions d'exécution des missions administratives.
Elles traduisent le pouvoir hiérarchique et visent à :
coordonner les services ;

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uniformiser les pratiques ;
améliorer le fonctionnement administratif.
Les instructions n'ont généralement d'effets qu'à l'intérieur de l'administration.
Section 2 : Les actes administratifs conventionnels
L'évolution contemporaine de l'action publique se caractérise par un recours
croissant à la contractualisation.
L'administration n'agit plus exclusivement par voie d'autorité ; elle recourt
également à des conventions et accords qui permettent une gestion plus souple des
affaires publiques.
Cette évolution traduit le passage progressif d'une administration de
commandement à une administration de négociation et de gouvernance.
A. Les contrats administratifs
Le contrat administratif est un accord de volontés auquel participe une personne
publique et qui est soumis à un régime juridique exorbitant du droit commun.
Selon Gaston Jèze, le contrat administratif constitue une modalité particulière
d'exercice du service public.
1. Les critères du contrat administratif
Un contrat est administratif lorsqu'il :
associe une personne publique ;
contient des clauses exorbitantes du droit commun ;
est lié à l'exécution d'un service public.
2. Les principales catégories
On distingue notamment :
les contrats de travaux publics ;
les contrats de fourniture ;
les contrats de concession ;
les contrats d'affermage ;
les contrats de partenariat.
3. Les prérogatives de l'administration
L'administration dispose de pouvoirs particuliers :
pouvoir de contrôle ;
pouvoir de modification unilatérale ;
pouvoir de résiliation unilatérale ;
pouvoir de sanction.

18
Ces prérogatives traduisent la primauté de l'intérêt général sur les intérêts privés.
B. Les marchés publics
Les marchés publics constituent des contrats conclus entre une personne publique
et un opérateur économique afin de répondre aux besoins de l'administration.
Ils concernent :
les travaux ;
les fournitures ;
les prestations de services.
1. Les principes fondamentaux des marchés publics
Les marchés publics sont gouvernés par plusieurs principes :
a. La liberté d'accès à la commande publique
Tout candidat remplissant les conditions requises doit pouvoir participer à la
procédure.
b. L'égalité de traitement des candidats
Tous les soumissionnaires doivent bénéficier des mêmes garanties.
c. La transparence
Les procédures doivent être claires et objectives.
d. L'efficacité économique
L'administration doit rechercher le meilleur rapport qualité-prix.
2. Les modes de passation
Les principaux modes de passation sont :
l'appel d'offres ;
la demande de renseignements et de prix ;
l'entente directe dans certains cas exceptionnels.
Au Sénégal, l'Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) veille
au respect des règles de transparence et de bonne gouvernance.
C. Les délégations de service public
La délégation de service public est un procédé par lequel une personne publique
confie la gestion d'un service public à une personne privée ou à une autre personne
publique.
Le délégataire est rémunéré principalement par les résultats de l'exploitation du
service.
1. Les formes de délégation
On distingue :

19
la concession ;
l'affermage ;
la régie intéressée ;
la gérance.
2. Les objectifs de la délégation
La délégation de service public vise :
l'amélioration de l'efficacité des services ;
la mobilisation de ressources privées ;
la modernisation des infrastructures ;
la satisfaction des usagers.
Toutefois, elle soulève également des interrogations relatives :
à la protection de l'intérêt général ;
au contrôle de l'administration ;
à la qualité du service rendu ;
aux risques de privatisation excessive.
Conclusion du chapitre
Les actes administratifs constituent les principaux instruments juridiques de
l'action publique. Qu'ils soient unilatéraux ou conventionnels, ils traduisent les
mutations contemporaines de l'administration, marquées par une coexistence entre
les logiques traditionnelles d'autorité et les mécanismes plus récents de
contractualisation et de gouvernance.
L'évolution actuelle témoigne du passage progressif d'une administration
exclusivement fondée sur la puissance publique à une administration davantage
orientée vers la négociation, le partenariat et la recherche de l'efficacité, sans que
soient pour autant remis en cause les principes fondamentaux du service public et
la primauté de l'intérêt général.

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Partie à voir normalement et qui sera omise par manque de temps

Chapitre II : L’Administration comme pouvoir


I- Système administratif et système politique
II- Système administratif et système judiciaire
Chapitre III : L’Administration comme appareil
I- L’appareil administratif : l’analyse pyramidale
II- L’appareil administratif : la bureaucratie
Chapitre IV : Le principe d’action de l’administration
I- Agenda institutionnel et politique publique
II- Techniques administratives : les instruments
Chapitre V : L’idéologie administrative et la problématique de la
greffe en Afrique
I- L’administration africaine : une administration
néopatrimoniale
II- État prédateur et administration en Afrique
Conclusion générale :

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